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  1. NuitDencre

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Contenu populaire

Affichage du contenu avec la meilleure réputation le 10/06/2021 dans toutes les zones

  1. Avoir des enfants est quand même une chose naturelle, le regretter par moments aussi je suppose comme avoir envie de les jeter par la fenêtre ou contre le mur.
    7 points
  2. Voui, comme ça on passe à autre chose...... parce que voire en boucle la beigne du président, j'en ai ma claque
    5 points
  3. Il semblerait que l’on confonde bien souvent instinct maternel et amour maternel. L’amour maternel ne réduit pas les femmes à une fonction génitrice, ou une animalité, il laisse la part belle à toute une palette de sentiments, de réflexion, d’ajustements. Et, s’il y a des comportements de protection, ils seraient davantage fruits d’une maturation que d’un instinct dont seraient pourvues certaines et qui ferait défaut à d’autres. La maternité se construit affectivement, intellectuellement, cognitivement…longuement. On ne cesse jamais vraiment d’être mère. Comme on ne cesse jamais vraiment d’être père. On a le droit de douter, de paniquer. D’être fatigué(e). On a le droit d’avoir le coeur brisé. De regretter et même de jurer parfois, après soi, après les autres. Cet instinct dont on n’a jamais réellement prouvé l’existence tant il s’agit de femmes (plus que de chattes et de chiennes), est effectivement continuellement invoqué, et revêt un caractère culpabilisant pour celles qui cherchent aux tréfonds de leurs gènes, sans parvenir jamais à lui mettre la main dessus. On en a fait une idole, un sacré, du fameux instinct, au même titre qu’un dieu finalement, dont on a jamais non plus prouvé l’existence. À quels fins ? Les hormones, si elles existent aussi effectivement chez l’être humain, ne dictent pas leurs lois. Ce serait là oublier l’influence de l’environnement, et l’amour, le choix, la volonté interviennent également. Nous nous plaisons à nous émerveiller, de plus, quant à notre cerveau supérieur et nous oublierions dès lors qu’il s’agit de maternité, à quel point, il peut être complexe ? La construction du lien mère-enfant dépend ainsi et aussi de son environnement, de son expérience, de son vécu, peut-être parfois même du propre lien avec notre mère voire nos grands-mères ou toute femme ayant joué un rôle pour le pire ou le meilleur dans nos vies. Nous nous construirions à l’exemple ou en contre, en assemblant tel un patchwork (de ce que nous lisons aussi, des femmes inspirantes), en nous désolidarisant, parfois. Nous faisons surtout comme nous le pouvons. Les influences sont nombreuses. Cette construction reste unique, singulière, d’une femme à l’autre. Il est essentiel que nous nous délestions de ce concept, de cette propagande, incapacitants, véritablement.
    5 points
  4. La pression sociale, familiale.. Oui. Il y a un autre genre, de regret. L'enfant est voulu, absolument désiré. Et c'est encore pire que de l'avoir conçu par convenance. Ce pire des cas c'est l'enfant pansement. Cet enfant-là, quand il est regretté plus tard (et c'est presque toujours le cas), sa vie devient souvent un cauchemar et il lui faudra du temps pour s'en remettre. Et quand il n'est pas regretté sa vie est souvent un cauchemar aussi puisque tenant à bout de bras sa mère selon le rôle qui lui a été assigné dès sa naissance. "Si je ne t'avais pas eu je me serais suicidée" Enjoy.
    5 points
  5. Non ce n'est pas paradoxal, j'en ai moi-même 2 et ça me suffit largement. Par contre j'aurais été très triste de ne pas en avoir, puisque je les désirais vraiment, surtout la 2e. Je suis issue d'une fratrie de 4 enfants, bien élevés sur le plan éducatif et tous avec un pet au casque côté affectif et confiance en soi, on se demande bien pourquoi.
    4 points
  6. Bien sûr que c'est un carcan, et c'est surtout très culturel : une femme sans enfant, c'est forcément triste ou anormal. Les répercussions sur les enfants peuvent être terribles, je trouve bien plus monstrueux d'avouer à son enfant qu'on regrette de l'avoir mis au monde que de ne pas en faire. On peut avoir des moments de regrets, évidemment, surtout à bout de nerfs, mais ce n'est pas à l'enfant qu'il faut le confier.
    4 points
  7. @jacky29 moi c'est le contraire ils m'ont attendue 10 ans, j'étais pas pressée d'arriver, et, dernièrement aussi, ils m'ont dit que ça avait été la plus belle chose dans leur vie, aucun regret, j'étais pas un frein ils m'amenaient partout mais ils reconnaissent qu'actuellement la vie est moins facile
    4 points
  8. Chiffres #Covid19 : • 68 personnes décédées en milieu hosp. (10/06), en baisse sur 7 j. (-3) • 297 admissions à l'hôpital (10/06), en baisse sur 7 j. (-161) • 7163 cas positifs (07/06), en baisse sur 7 j. (-4595) + d'infos : http://covidtracker.fr
    3 points
  9. Encore du "négationnisme" Autrefois il y avait Faurisson qui contestait l'existence des chambres à gaz des nazis. Maintenant sur le Covid19 et la vaccination, à longueur de journée on a le cantique nihiliste de service par "Solatgès premier". Ils s'inspire d'un maître en la matière : Goebbels qui citait Francis Bacon : : "calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose"
    3 points
  10. 3 points
  11. Ils les éduquent mais parfois il y a des couacs. Personne ( à moins d’être barge) ne souhaite que son gamin soit drogué, décrocheur, fugueur .... personne n’éduque son gamin en ce sens là. Ce sont des phrases de personnes qui ne galèrent pas ou n’ont pas galère ou qui tolèrent beaucoup de choses. Mais chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il est face au gamin qu’il a.
    3 points
  12. L'éthique, sur ce coup : fourguer un max de doses avant que plus personne n'en veuille comme aux USA. En attendant faire raconter des mensonges au plan de l'efficacité et de la toxicité.
    3 points
  13. Pour ma part à cette question j'aurais répondu : la famille que j'ai créée et tout ce que j'ai entrepris et réussi dans ma vie. Fort heureusement, en dehors de ma famille, tout n'est pas qu'échecs et moments de tristesse, même s'il y eut des échecs et de la tristesse en certaines occasions mais aussi et surtout, tant et tant de choses positives et de sujets de satisfaction !! Les Miens font partie d'un TOUT; ils font partie intégrante de ma vie et sont sources de bien des satisfactions et de moments de joie mais il y a le reste, ma vie en dehors d'eux puisque maintenant, ils et elles mènent leur vie d'adultes. Il est certain que pour que je sois sereine, il me faut savoir que les Miens vont bien; si tel n'était pas le cas, je serais rongée par l'inquiétude et plongée dans le mal-être...
    3 points
  14. Oui je suis prêt à aimer ma prochaine ... Quant à aimer son prochain, je ne suis pas encore prêt à franchir le pas
    3 points
  15. BIEN QUE l'amour ne se commande pas, ce sentiment apparaît à l'improviste, sans programmation.
    3 points
  16. Certaines ne le seront jamais, même eme après avoir enfanté.
    3 points
  17. Un jour De Gaulle rencontre Massu et lui déclare : " Toujours aussi con Massu ?" et Massu de répondre : "Toujours gaulliste mon général !" Et donc Massu n'était pas aussi con qu'il en avait l'air puisqu'il n'a pas suivie le quator des généraux d'Alger : Salan, Jouhaud, Challe et Zeller. et cela lui a permis de monter en grade pendant que les autres étaient dégradés !
    2 points
  18. Elle va être jugée, début juillet ! https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/annemasse_74012/insultes-racistes-contre-une-caissiere-a-annemasse-la-cliente-sera-jugee-debut-juillet_42494721.html Espérant qu'elle va se calmer, respecter ses semblables, et arrêter ses couneries !... Des insultes qui auraient été proférées car la cliente était soupçonnée de vol par la salariée visée. C’est pourquoi la trentenaire sera également jugée pour des faits de tentative de vol commis en état de récidive légale. La caissière insultée et un autre membre du personnel ont également porté plainte.
    2 points
  19. Non. Il n'y a plus d'essence, ou de sang, dans mon cœur tout aride.
    2 points
  20. Des fois, t'as une lumière qui s'allume, tu me laisses sans voix
    2 points
  21. C’est marrant finalement, je crois que hanss est une vraie mère poule avec ses enfants. Mais tous les enfants se détachent un jour de leurs parents, pour s’affirmer, par esprit d’indépendance, c’est dans l’ordre des choses. Un détachement, c’est aussi une rupture, mais en général, une fois que l’opération est réalisée, les enfants sont fiers de montrer à leurs parents qu’ils ont réussit à leur tour, dès lors en qualité de parents, on ne regarde plus ses enfants sous le même angle. Bref, ce sont les étapes de la vie tout simplement.
    2 points
  22. Elle nie en bloc malgré tout ce qu’on peut lui dire. Il y a la peur aussi, peur de les perdre peur qu’ils en fassent une, peur qu’il leur arrive quelque chose...
    2 points
  23. Ma mère ne s’emmerde pas avec ce genre de détails : « toi j’aurais du t’avorter, toi aussi, toi ça va » . Mais je la comprends rien à voir avec l’amour ou quoi, c’est vous me faites chier à ne pas en faire une de droite. Je comprends aussi que le rôle de mère puisse ne pas être épanouissant du tout et regretter amèrement ce choix. J’ai 4 enfants et je ne le conseillerais à personne personnellement même si cela peut paraître paradoxal.
    2 points
  24. Sociétés religieuses .... Ou alors je veux bien que tu me donnes une source de cette société qui aurait avancé sans ladite religion . Les sociétés d'extrème orient, qui n'avait pas un Dieu créateur, et qui était plus en avance que les civilisations du Croissant Fertile!
    2 points
  25. Toute crise est une opportunité, évidemment ils essayent de retourner la situation à leur avantage en trouvant un exemplaire de Mein Kampf chez un mec qui est "complice de claque" et qui "a des armes" ce qui est totalement normal jusqu'à preuve du contraire. On est en plein délit de non-appartenance au gauchisme.
    2 points
  26. Elle n'est pas de moi, hélas ! Juste pour un petit clin d'oeil à @Izanami et tous les photographes...
    2 points
  27. Tu imagines l'effet désastreux ? Chaque fois qu'il mettra les pieds quelque part on lui sortira des répliques des visiteurs. "Mont Joie Saint Denis" "Que trépasse si je faiblis" "et on lui pèlera le jonc comme au bailli du Limousin qu'on a pendu avec ses tripes". Ce serait un peu comme choisir de se suicider par empalement. Macron n'a pas mis ce truc là en scène.
    2 points
  28. donc il est urgent de laisser en paix la vaccination qui ne représente que peu de cas d'embolies pour s'occuper de celle qui survient avec l'infection, n'est-ce pas?
    2 points
  29. Parce qu'une image est plus parlante qu'une description... Entre parenthèses, elle est superbe cette photo...
    2 points
  30. D'accord avec toi dans l'ensemble ! Mais : Là je crois que tu es encore sous influence de la propagande qu'on nous serine depuis 2000 ans ! Bien d'autres sociétés ont existé avant ces prétendus commandements divins elles avaient leur propres règles sans doute proches de celles-là et ont été florissantes... Souvent suffisamment stables pour permettre à l'humanité d'avancer... Pour caricaturer, c'était quand même plus utile d'inventer l'écriture (Summer, les phéniciens) que de dire qu'Eve a été fabriquée à partir d'une côte d'Adam ! Et il est à signaler que c'est à partir du moment où on a mis tous ces délires religieux entre parenthèses qu'on a réellement fait un bond en avant... (Je pense au "vrai savoir".) Je ne pense pas que les sociétés ou civilisations sumériennes, grecques, égyptiennes; chinoises ou romaines dans leur ensemble étaient foncièrement plus immorales que la société "judéo-chrétienne". Même si affectivement nous avons tendance à préférer cette dernière, ce qui est normal. (Je dis ça en partie pour me désintoxiquer moi-même vu que j'aurais aussi tendance à penser pareil ! ) "Le vrai sens moral" que l'on nous inculque comme étant le fruit exclusif de ces religions existait déjà bien avant. Je ne sais plus quel présocratique disait "qu'on pouvait juger de la qualité des hommes à leur façon de traiter les animaux !" Ça allait déjà très loin question humanisme...
    2 points
  31. Pas seulement. Combien déclarent : De quoi êtes vous fières , ce qui vous rend heureuses dans votre vie ? Réponse : mes enfants. C 'est dramatique. Cela suppose qu'en dehors des enfants conçus, tout n'est qu'échec, tristesse.
    2 points
  32. Quelle sensation étrange que de s'endormir dans un lit inconnu. Les draps qui n'ont ni la texture, ni la couleur à laquelle l'on s'est habituée ; le matelas qui semble différent, un peu moins doux, plus ferme ; l'odeur du tissu lavé par d'autres produits. Les angles de la lumière qui éclairent la petite pièce sous un jour trop différent pour que l'on puisse s'imaginer être chez soi ou en terrain connu. Et un silence qui paraît lui aussi différent. Même une fois glissée sous la couverture, la position ajustée jusqu'à trouver quelque compromis — tout paraît bizarre, et le silence est trop profond. L'atmosphère est autre. Il fait nuit noire. J'éteins la lampe, et c'est l'obscurité qui m'enveloppe. Jusqu'à ce que, petit à petit, les yeux s'habituent à la pénombre, et se ré-étonnent de l'agencement inconnu. Les fragrances deviennent plus prononcées, dans le noir ; mais c'est juste le plancher boisé, les draps propres, et la seule odeur plus familière : les cheveux fraîchement lavés. Dans ces moments — une question revient toujours. — Comment me suis-je retrouvée là ? ☆ La veille. — Quelques souvenirs me revenaient ; l'après-midi venait déjà de toucher à sa fin, et je me trouvais dans un minuscule appartement étudiant, à l'autre bout de la ville. Nous nous étions retrouvées toutes les quatre serrées dans la salle de bain, tentant de partager un recoin de l'unique miroir, afin de soigneusement apporter la dernière touche au maquillage. Un petit trait, une petite pointe, un rire, un parfum ; nous nous apprêtions à partir danser dans un endroit inconnu. Nous : — moi, bien entendu ; Maria, l'étudiante slovène ; Ana, la fleuriste brésilienne ; et Capucine, l'étudiante Erasmus belge. Nous avions été invitées à l'une de ces fêtes dont nous ne connaissions ni la raison, ni le comment, ni le pourquoi ; ç'avait été un contact rencontré par hasard par Maria qui s'était révélé être l'un des organisateurs coutumiers de ces soirées. Il nous avait immédiatement invitées, n'hésitant jamais lorsqu'il s'agissait d'ouvrir les portes à quatre jeunes étudiantes de plus. Le son d'un portable qui vibre. Maria se précipita vers le sofa, récupéra avec dextérité le smartphone, puis elle se précipita vers l'au-dehors tout en répondant d'un ton enjoué : — "Allô ? Tu es déjà là ? J'arrive, on est prêtes." En un instant, elle avait disparu ; quelques bruits de pas jusqu'à l'ascenseur, le vague ronronnement d'une mécanique... pendant que de son côté, Ana pestait, n'étant manifestement pas encore prête. — "Parfois j'ai l'impression qu'elle nous emmène quelque part juste pour ne pas se présenter seule en soirée". Je l'écoutais, un peu gênée. À la fois le fait de ne pas aimer parler de quelqu'un qui n'était pas là ou qui venait de partir, car je préférais le faire en face si nécessaire, ou un silence patient ; mais surtout, le fait de réaliser soudainement qu'elle avait en fait parfaitement raison. Je ne connaissais pas bien Maria, mais les quelques occasions précédentes s'étaient terminées à peu près de la même façon : on partait ensemble, on se séparait peu de temps après être arrivées ; puis, elle rencontrait un homme qui lui plaisait, et elle oubliait toutes les autres personnes. Moi, je faisais comme pour mes amies : discrète, j'essayais de lui parler brièvement, lui posant les quelques questions : "Tu vas bien ? Tu restes ? Tu as besoin de quelqu'un pour te débarrasser de lui ? Non — tu nous appelles s'il y a besoin ?"... — Et elle, n'ayant pas compris que l'on faisait cela pour elle, à la fois pour sa sécurité et pour sa liberté : — "Mais non, ça va, au revoir." — Cet "au revoir" qui m'écartait, qui avait prit congé, cela m'avait fait mal déjà à l'époque. Ana, enfin prête, semblait avoir lu dans mes pensées : — "Tu vois, tu es d'accord avec moi, j'ai raison." — "Oui". L'aveu. La porte s'ouvrit à nouveau : Maria et l'un de ses amis. Les tons redevinrent gais ; nous n'étions pas là pour se faire des reproches, mais pour aller danser dans quelque endroit original. Tous les futurs étaient possibles. Découvririons-nous une piste agréable ? Rencontrerions-nous des personnes étonnantes ? Ririons-nous de milles feux ? — Allègrement, nous voulions déjà nous en convaincre, et donc c'était déjà un peu le cas. L'ami : — "Vous êtes prêtes ? Je suis garé en double-file, il faut qu'on file." ☆ La musique nous transportait. Les basses vibraient fortement ; c'étaient à la fois celle du kick, qui nous agitait, nous faisait sautiller — parfois d'un rythme simple, parfois de la cadence plus langoureuse d'un dembow... — et celle des mélodies à basse-fréquence, celles-là qui noient toutes les autres lorsque le volume est trop fort et l'esprit devient chamanique... Selon les fréquences, le son résonnait différemment avec son propre corps ; parfois simple caresse, parfois brise entre la peau et l'habit ; parfois presque saisissante. Le toucher de la note était plus net que le toucher d'un inconnu effleuré. Nous dansions. — Nous entrions en communication sur un autre mode. Chacune un peu différemment ; je voyais au loin Maria danser avec un homme de grande taille, plutôt beau. Elle alternait des grands mouvements qui l'amenaient souvent un peu trop près de lui ; lui, maniait la position de l'équilibriste qui devait rester proche, réceptif, mais sans laisser le corps prendre les commandes pour ne pas l'enlacer trop tôt. Pour un regard extérieur, il s'en tirait plutôt bien. Un peu plus loin, Capucine dansait dans un groupe de ses amies, qui nous avaient rejointes. Elle avait déjà trop bu ; elle sursautait, tressautait, puis s'élançait sur un pas incertain à droite et à gauche. Toutes riaient ; c'étaient encore les instants où il n'y avait que ces sautilles enjouées. À côté de moi, Ana ondulait, cherchant un endroit auquel perdre son regard. Parfois le recoin d'une ombre au plafond, ou le reflet de l'une de ces barres métalliques qui portaient les couleurs sautillantes dans la foule ; parfois le sol pour voir où mènerait le prochain pas de danse ; et parfois un ou une inconnue, mais alors c'était une silhouette au loin, plutôt qu'une présence trop proche. De temps en temps, elle vérifiait quand même que des visages connus étaient là ; moi ; quelques autres connaissances ; et lorsque ses yeux croisaient les miens, elle les refermait en me souriant, peut-être rassurée. À vrai-dire, je faisais presque la même chose, tout en étant entrée dans cette transe. Heureusement, la personne qui s'occupait de la musique n'interrompait pas la magie de ce son, qui était perçu à la fois par l'ouïe et par le toucher. — — Personne ne savait combien de temps s'était écoulé ainsi, à danser et à ondoyer. Il me semblait que je venais de rouvrir les yeux, et que cette fois-ci, la scène était devenue différente ; pourtant, à l'évidence, chaque petite variation avait dû s'inviter petit à petit, étape par étape — mais c'était comme si elle formaient un tout seulement maintenant, finalement visible. Ou alors, la transe qui s'était momentanément estompée ; à cet instant, il me semblait que peu de gens dansaient encore. Un titre mal choisi, et c'était tout le monde qui se réveillait... Puis, du coin de l'œil, je vis Capucine qui tomba au sol. Nous nous approchâmes pour lui venir en aide ; sa peau était devenue blême, elle était malade. Sa meilleure amie l'emmena en vitesse au fond de la salle, là où se trouvait le corridor menant jusqu'aux lavabos et toilettes. Elle avait dû trop boire — à nouveau. Heureusement, elle était entre de bonnes mains. À ce bout de la salle, un peu sur le côté, nous aperçûmes Maria, toute occupée à embrasser sa conquête. Relativement près d'eux, l'ami qui nous avait conduit jusqu'au lieu les regardait lui aussi... l'air nostalgique. L'homme timide avait donc perçu des débuts d'espoirs, mais ceux-là trépassaient sous les baisers de la demoiselle, donnés à un autre. Pourtant, il continuait à les regarder, comme pour se faire le plus de mal possible, ou y étudier quelque chose. J'échangeai un regard avec Ana. — "Tiens ! Tu étais là depuis tout ce temps !" Une voix cassée, mais très familière, qui me parvenait juste d'en-dehors mon champ de vision. Je me tournai vers sa provenance. Il devait y avoir erreur sur la personne, car je ne le reconnus pas. Un homme grand, châtain clair, avec un sourire enjoué et des yeux qui pétillaient. Était-ce... Je passai en revue les quelques personnes pour lesquelles il me semblait me souvenir plus facilement du nom que du visage, plutôt que l'inverse ; mais rien ne me parut évident. Pourtant, sa voix m'avait semblé connue. — "Tu ne me reconnais pas, sans lunettes ?", perçut-il enfin. Je hochai la tête. Il devait s'approcher près de mon oreille, pour que je l'entende. — "Adrien" — y souffla-t-il. Cela prit un instant, mais alors le prénom évoqua, comme s'il avait tiré sur le fil qui amenait maintenant le reste de mes pensées, un souvenir. Effectivement, il avait porté des lunettes ; n'avait-il pas été... un collègue de travaux dirigés ? Quelque chose comme cela : le souvenir n'était pas si clair que cela, mais je me rappelai des interactions plaisantes, des rires. Je réalisai juste que je ne l'avais jamais vraiment tout à fait remarqué auparavant. Il rejoignit notre groupe, et ainsi, lorsque la musique reprit d'une manière qui nous plut à tous, nous partageâmes quelques pas de danse, quelques pas de transe. — Ç'avait été le dernier soubresaut de la piste musicale... Pas si longtemps après, nous comprîmes tous que la soirée se terminait. Toutes les personnes qui se connaissaient prenaient leurs arrangements quant au suite de la soirée. Capucine rentrerait, malade, avec ses autres amies. Maria nous avait ignoré, et venait de disparaître au-dehors avec l'homme capturé. Adrien proposa de nous ramener. — À l'intérieur, les couleurs des néons, la chaleur, les quelques gouttes de sueur qui perlaient encore à la peau. À l'extérieur, l'atmosphère était toute autre : le silence, maintenant accompagné d'un bruissement vague, évoqué par la musique trop forte ; un vent d'été qui paraissait froid ; les sons déformés de quelques personnes ayant trop bu, et en payant le prix dans les rues de la ville. Et le bruit du claquement de nos talons, en s'éloignant. ☆ Finalement, nous étions juste deux, dans un bus vide. Ana nous avait accompagnés sur un bout de trajet, jusqu'à être suffisamment près de sa rue pour nous laisser seuls, après s'être assurée, par quelques mots secrets, que cela me convenait. — Puis nous avions dû nous presser, et incroyablement, réussir à capturer le dernier bus de la nuit. Nous nous installâmes près du fond, à deux places côte-à-côte. Il n'était pas évident de savoir si nous y étions seuls ; sans doute pas, mais l'on ne devinait pas si les formes sombres çà et là à d'autres places étaient des manteaux abandonnés durant le reste de la soirée, ou des voyageurs endormis attendant le terminus. La lumière du bus était blafarde ; elle colorait l'intérieur du véhicule d'un ton froid, un jaune qui paraissait presque verdâtre. De temps en temps, à peine le temps d'un clignement d'œil, l'ampoule hésitait, comme si elle allait s'endormir comme les autres, devenir une veilleuse. Par la fenêtre, nous ne voyions que de rares points de lumière et nos reflets pâlis. Le trajet dura longtemps. Je m'étonnai de ne pas encore percevoir les premières lueurs du jour, à l'horizon ; mais à vrai-dire je n'avais pas vérifié l'heure... peut-être que tout s'était passé plus tôt, et plus rapidement, que j'en avais la sensation. Cela expliquerait pourquoi je n'étais pas fatiguée. Je me sentais en pleine forme. L'esprit un peu hypnotisé par les précédentes transes. — Longtemps. — "Terminus". Nous descendîmes. Je sentis encore sur le côté de mon corps le geste qu'avait eu mon compagnon : l'espace d'un instant, il avait posé, délicatement, la paume de sa main contre mon côté droit — juste à l'espace entre les côtes et la hanche. Le contact chaud m'avait presque fait frémir. Pourtant, je ne le voyais pas de cette manière ; mais ç'avait été un automatisme de mon corps. Au-dehors : une place baignée dans une faible lumière orangée. Les caniveaux en pierres presque toutes délogées, et dans lesquels poussaient de petites touffes de plantes. Un muret ondulé, à la manière de ceux que l'on trouve dans certains jardins britanniques. Un vaste espace sombre, moitié-champ moitié-bois. D'autres bâtiments, comme ceux d'un village. Où étions-nous ? Nous ne reconnaissions pas du tout cet endroit. Soit nous avions pris le mauvais bus, soit nous avions été tout ce temps sur le trajet contraire, dans l'autre sens, jusqu'au terminus qui se trouvait peut-être à un lieu diamétralement opposé de celui où nous pensions nous rendre... Nous rîmes un instant, amusés du comique de la situation. Puis, je portai la main dans mon sac pour récupérer mon téléphone, qui me permettrait de rentrer ce soir, avec tel ou tel service. Le rire coupa court en m'apercevant que son écran noir ne s'allumait plus. Le verdict était clair : il n'y avait plus de batterie. Mon compagnon ayant eu le même mouvement — mais plutôt que vers un sac, il avait cherché dans une poche. Sauf que lui était moins chanceux : il s'aperçut qu'il n'avait plus le sien. Il devait l'avoir perdu. Ou alors, on le lui avait volé. À cette heure-là, et à cet endroit-ci, il n'y a plus personne au-dehors depuis des heures. Nous étions donc finalement seuls, loin, et quelque peu coupés du monde. Nous étudiâmes soigneusement la grande feuille couverte de chiffres indiquant les prochains horaires de la ligne de bus. Une pluie récente avait rendu l'exercice plus difficile que d'habitude, mais nous réussîmes toutefois rapidement à nous rendre compte qu'effectivement, il y aurait un problème. Car non seulement nous avions bien pris le dernier bus pour cette nuit, et donc nous ne pourrions pas rentrer — mais également, et surtout : cette ligne-ci n'avait pas cours le samedi ni le dimanche. Rentrer par ce moyen prendrait donc deux jours d'attente. Nous devions trouver un autre moyen de transport, et comme il n'y avait personne à qui poser une question, nous serions au minimum coincés ici jusqu'au matin. L'homme étouffa un juron. Il conservait une façade calme, mais je sentais qu'immédiatement son sens de l'humour en avait pris un coup, apparemment fatal. Il ne pensait plus au contact effleuré, à la sortie du bus, ou dans certains virages. Maintenant, c'était le "Que faire ?" qui lui occupait l'esprit. ☆ L'attente devenait interminable, et l'homme n'avait plus vraiment de sujets de conversation. De plus, les nuits étaient encore froides. Je voyais que de temps en temps, son corps tremblait quelque peu, et cette fois plus du tout du fait d'être reparti de soirée avec une jeune femme. Non ; il devait avoir froid. Je m'étonnai de ne pas ressentir la même chose — tout du moins pas encore — puisque nous étions tous les deux encore en tenue de soirée ; et mon tissu était certainement plus fin. Je me demandai soudain si c'était une autre raison, m'inquiétant soudain que l'on attrape tous les deux un rhume ; tentant de me souvenir si j'avais un jour entendu parlé d'un risque plus grand dans les brumes pré-matinales, comme celles que je voyais se former à l'orée des champs. — "Je vais aller vérifier s'il y a quelqu'un là-bas", fit-il soudain. Alors que je faisais un pas pour l'accompagner, il indiqua d'un geste qu'il n'y en avait pas besoin, comme s'il allait rapidement courir jusqu'à l'angle de la rue, pour se réchauffer les jambes, jeter un coup d'œil, et revenir. Ce serait plus difficile en sandales. Il s'éloigna prestement, tourna dans une rue parallèle. Et puis plus rien. L'attente devenait interminable, et plus les minutes passaient, plus je me sentais mal à l'aise ; seule et vulnérable, en pleine nuit, à un arrêt de bus en bout de ligne dans une partie de la ville que je ne connaissais pas. Le froid semblait encore plus prononcé, une fois seule. Je n'avais ni ma montre, ni de téléphone en état de marche, et donc je ne pouvais juger que subjectivement du temps qui s'écoulait de plus en plus lentement. — Un long moment après, je commençai à sentir pointer un grand doute en moi : m'avait-il simplement abandonnée ? Je n'y tins plus, et m'éloignai de l'arrêt de bus pour suivre ses pas. Une fois à l'angle, je pus voir au loin des deux côtés de la rue parallèle : personne. Il avait disparu. Voilà que j'étais seule. Ce fut à ce moment-là que je ressentis finalement un frisson — cette fois de froid. Était-il vraiment parti ? M'avait-il plantée là ? Mais pourquoi, s'il était parti à pied, pourquoi ne pas m'emmener ? D'autant plus si je lui plaisais, alors pourquoi m'abandonner ? Un instant, je commençais à me demander s'il n'était pas dans l'une de ces maisons — pourtant sans lumières aux fenêtres — en train d'arranger quelque chose pour nous aider à retourner en ville. L'instant d'après, j'avais peur qu'il lui fût arrivé quelque chose ; et encore un instant après, je me rendais à l'évidence qu'il avait dû m'amener jusqu'ici de manière préméditée, j'avais dû lui faire une remarque que j'avais oubliée mais pas lui, et qu'il voulait me faire payer de cette façon cruelle, peut-être même il y a longtemps à l'université. Il avait dû prévoir cet instant depuis le début de la soirée, dès cet — "Adrien" dit à l'oreille. Et maintenant, il devait bien rire de moi... Peut-être dans l'une de ces maisons, à m'observer dans le noir depuis une haute fenêtre, refrénant la tentation de m'adresser une remarque moqueuse. Et pourtant, il n'avait vraiment pas eu l'air d'être comme ça... J'alternais ainsi scénario avec scénario. Pour autant, j'étais toujours seule, perdue, dans un endroit froid et solitaire. Je ne pouvais pas attendre ici toute la nuit. Il fallait bien que j'aille quelque part, ne serait-ce, au début, qu'en rond autour des maisons silencieuses pour me réchauffer les jambes. — J'attendis un dernier instant, rejoignis l'arrêt de bus une fois, puis revins jusqu'ici. Personne. D'accord. En jetant parfois un coup d'œil aux lucarnes des hauteurs — au cas où j'y devine un visage — je décidai de partir. Je m'éloignai, d'un pas plus assuré que je ne l'étais. ☆ Soudain, des rires. Je me figeai et rejoignis une ombre. Le regard alternant entre les façades et la rue. Toutes les lumières des habitations étaient éteintes ; impossible de savoir si ce quartier était inhabité ou si tout le monde y dormait d'un profond sommeil. Dans la rue, les lampadaires créaient de petits îlots dans la brume. Celle-ci était encore faible, mais elle enveloppait déjà l'horizon avec le ciel ; on avait l'impression de naviguer entre les ombres. Les rires venaient d'un peu plus loin dans la rue. Puis, l'écho des pas me parvint. Je m'abritai dans ma cachette ; l'on n'avait pas pu me voir. Les voix se rapprochèrent. — "Ah mais oui, quelqu'un comme lui, il fera toujours ça..." — "Quel mec bête..." Les deux voix d'hommes semblaient faire écho avec les pensées sombres de tout à l'heure. Mais je me rendis vite compte qu'ils parlaient d'autre chose. Les pas étaient un peu irréguliers, les voix hésitantes ; ils devaient être fatigués ou éméchés. J'aurais peut-être pu leur demander des indications ; mais la situation me paraissait trop dangereuse. J'étais trop vulnérable, dans un endroit trop solitaire. Cela me paralysait. Je retins mon souffle lorsqu'ils passèrent à quelques mètres de moi, sans me discerner parmi les ombres. Je ré-émergeai du seuil de porte comme une infiltrée en territoire ennemi. Puis, petit à petit, mes pas devenaient moins hésitants, et se rapprochaient de la direction qui me semblait la plus habitée. C'était là qu'il pourrait y avoir une aide potentielle, ou peut-être, au moins, le plan d'une autre ligne de bus, active en fin de semaine. Ou même un taxi ; je devais avoir assez pour le trajet du retour. En passant de rue en rue — ralentissant avant chaque angle mort — je passais en revue ces différents possibles, avec l'impression d'être perdue dans une ville-fantôme. Tout restait sombre, sans vie. Je pris une nouvelle rue parallèle. Une lumière ! Là, au coin à l'intersection de deux rues, un établissement était encore ouvert. Il n'y avait personne au-dehors ; ce n'était pas un lieu de fête. La lumière, trop franche, très blanche, permettait de voir à l'intérieur sans être vue. Je m'approchai et jetai un coup d'œil pour décider de si rentrer ou non. Il y avait quelques personnes. Au comptoir, un homme, grand, brun, avec une barbe qu'il devait venir de tailler, car les angles y étaient encore trop nets. C'était le barman. À côté de lui, deux autres hommes plus âgés qui semblaient à moitié endormis : immobiles, avachis sur leurs tabourets, contre le zinc. Dans l'espace étroit où avaient été placées quelques tables, qui ressemblaient à celles d'une école plutôt que d'un bistrot, un groupe de jeunes personnes, manifestement des fêtards désormais sans énergie, avalant un repas nocturne avec appétit. Trois hommes, trois femmes. La présence du groupe et le fait qu'il soit masculin/féminin me rassura ; je décidai d'entrer et de les rejoindre. La porte faisait tinter une petite cloche. Mais même sans le son aigu, l'effet aurait été le même : tout le monde s'était tu, et tout le monde m'observait. Étonnés, fascinés que quelqu'un puisse les rejoindre à cette heure. Qui plus est : une inconnue, en tenue courte et fine, l'air fatiguée, apparue comme de nulle part dans les froideurs de la brume. — "Bonjour..." fis-je par automatisme, devant tant d'yeux. Finalement, je m'installai à côté du groupe. M'apercevant qu'ils servaient encore du café à cette heure, et qu'une nouvelle carafe venait d'être préparée, ce choix me parut la meilleure option ; je resterais alerte, ne pouvant pas imaginer absorber une seule goutte d'alcool fort dans ces circonstances. Comme prévu en prenant ce siège-ci, le groupe m'associa à leurs bribes de conversations. Après ce qu'ils appelaient pudiquement leur "grosse soirée", ils s'apprêtaient à rentrer chez eux en voiture. Ils étaient sympathiques et accueillants. J'hésitai. Je leur dis que je pensais à appeler un taxi pour rentrer. En même temps, il aurait fallu attendre ici, et je trouvai les piliers du zinc de plus en plus louches — je préférerais rester avec le groupe. J'hésitai à nouveau, de moins en moins certaine de la meilleure option. — "Si tu veux, tu peux venir avec nous." ☆ — "Est-ce que vous avez un chargeur de téléphone ?" J'avais espéré un instant que je puisse utiliser l'allume-cigare du véhicule pour au moins pouvoir rallumer l'objet. Malheureusement, personne n'en avait un dans la voiture. À cinq à l'intérieur (l'un des couples avait choisi de partir ailleurs, j'étais restée avec ceux-là), la position n'était pas la plus confortable. Le véhicule serpentait un peu trop rapidement dans la brume des routes de campagne. Nous étions seuls sur la route ; là encore, c'était comme si nous nous étions retrouvés à l'heure des plus profondes solitudes, d'autant plus que nous nous éloignions encore un peu plus de la ville. Ils devaient habiter plus loin, dans l'un de ces petits villages où pour le prix d'un studio en ville, on acquérait toute une métairie et même ses dépendances. Ou alors ce serait un squat dans une vieille usine désaffectée, me demandai-je soudain, réalisant qu'avec la poisse de cette nuit tout pouvait encore arriver. Et — presque comme pour le confirmer — le conducteur cria : — "Il y avait un véhicule de gendarmerie feux éteints !" Je me retournai. De longues secondes passèrent, à se demander si soudain les feux colorés s'illumineraient, ou qu'une sirène se mettrait à hurler juste derrière nous. Mais pour l'instant : rien. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi le conducteur, qui n'avait jusque là que conduit un peu trop vite, se mettait à multiplier les virages dangereux. Avait-il quelque chose à se reprocher ? Il devait être nerveux et véritablement vouloir échapper à un danger qui n'existait peut-être pas... jusqu'à... dans un crissement, je vis le véhicule glisser sur la route — trop de gravas qui râpaient contre les pneus — et, heureusement avec une relative douceur au vu du freinage, la dépassa pour se retrouver dans le bas-côté. L'horizontale était devenue diagonale. L'une des femmes s'était serrée contre moi ; son parfum me vint désagréablement aux narines, c'était surtout l'odeur de trop de mojitos — qui j'espérais n'allaient pas revoir le jour, car il ne manquerait plus que ça. Petit à petit, se contorsionnant tels des équilibristes vers le côté gauche de la voiture, nous nous en extirpâmes tous. Aucune égratignure ; plus de peur que de mal. Tout le monde était indemne ; par contre, la lumière blafarde de la lune était suffisante pour s'apercevoir qu'il serait presque impossible de déloger le véhicule de sa position, en tout cas certainement pas en pleine nuit, et le tout sans garantie qu'il roule encore après cette embardée. Il avait l'air en bon état, juste en équilibre précaire. — "Ils vont venir, il faut qu'on taille !" cria le même homme, décidément craintif. Peut-être n'était-ce pas la première fois que les autres entendaient cela : toujours est-il... qu'ils s'enfuirent tous en courant dans la pénombre, et dans des directions différentes. L'un à travers champs, les autres longeant la route. La soudaineté de cette fuite m'estomaqua. — Je me retrouvais plantée là, seule, droite, sans presque rien, et encore plus loin de la ville qu'aux autres étapes de mon périple. L'aventure nocturne continuait. Bon. Je n'allais pas rester là. Je commençai à suivre le chemin de la route d'un pas rapide. Le silence de la campagne était particulièrement prenant ; je n'entendais pas de bruits d'insectes, tout au plus les doux bruissements des feuillages. Un seul son, rythmique, qui ponctuait ce calme de la nuit : le claquement de mes propres pas. Un vent se levait petit à petit, et ballottait les arbres. À nouveau seule. Je commençais à avoir vraiment froid. ☆ Combien de kilomètres avais-je parcouru ? Je ne savais pas. La cadence de la marche, le silence de la campagne nocturne, la route grise dans un décor gris, tout m'avait rapidement amené à un état hypnotique, dans lequel j'aurais pu marcher des heures. Tout autour, les arbres, les arbustes, les champs, tous cachés dans la pénombre lunaire. Mes yeux s'étaient rapidement habitués à celle-ci, aussi mon pas n'hésitait plus. Je longeais la route, espérant que tôt ou tard elle croise quelque habitation où je pourrais demander de l'aide — ne serait-ce que passer un appel. La direction avait été choisie au hasard, je n'étais pas sûre si je m'éloignais de la ville ou m'en approchais ; ou alors, ce serait peut-être la découverte d'un village, peut-être comme ces lieux pittoresques, isolés de tout, encore figés à un autre siècle... Je ne savais déjà plus si j'avais débuté cette marche il y a cinq minutes ou il y a plusieurs heures. Pourtant, je ne me sentais pas fatiguée. Et j'étais toujours étrangement calme. J'avais déjà remarqué, un jour d'enfance où je m'étais perdue dans les bois avec une amie, cette aptitude à ne pas paniquer devant l'imprévu. Elle avait rapidement craqué, crié, pleuré ; je n'avais eu aucune réaction. Et en peu de temps, j'avais retrouvé le sentier, et il n'y avait plus de problème. La peur ne m'avait pas même effleurée. Aujourd'hui encore, dans cette nuit sans fin, je me sentais dans un état similaire ; presque une transe — sans émotions négatives : juste l'action. Mais la marche étant méditative, mille pensées me passaient en esprit. Je revoyais des scènes de nos danses, des soirées précédentes aussi ; je me demandais où s'était retrouvé Adrien — dire que l'on aurait pu tout simplement passer la nuit assis quelque part à discuter, au lieu de ça — et je commençai à jouer avec des pensées superstitieuses : était-ce parce que j'avais avoué que Maria m'irritait ? Ou alors était-ce le contraire, un signe qu'elle portait la poisse, et qu'il faudrait l'éviter, la prochaine fois ? Une lueur orange apparut soudain, très proche. Je venais de passer quelques grands arbres feuillus ; ainsi je n'avais pas vu, dans le noir, que je m'étais approchée d'une sorte de petite maison. Isolée, perdue ici, juste par-delà ce qui paraissait être une prairie. La lumière, ce devait être quelqu'un, éveillé à cette heure imprécise de la nuit. Je me demandai si avec toutes mes péripéties j'allais avoir la malchance suprême, celle de tomber face-à-face avec l'antre glauque d'un tueur en série, peut-être même déjà occupé à des travaux de découpe... et si c'était le cas, j'allais droit dans la gueule du loup... Alors, avant de toquer à la porte, je m'approchai discrètement de la fenêtre éclairée, pour jeter un œil à l'intérieur. Une cuisine. Moderne, propre ; une corbeille avec des fruits encore frais. Le frigidaire était couvert de petits motifs aimantés, dont je ne devinais pas la signification. Sûrement des mots, arrangés comme dans un poème. Au début, je n'y voyais personne ; et alors, je sursautai alors qu'une forme ouvrit la porte et me parut être trop proche. C'était un homme. Il ne m'avait pas vue. Il aurait eu une de ces frayeurs... deviner les contours du visage blême d'une inconnue à la fenêtre de sa maison, isolée en campagne... ç'aurait été comme l'apparition d'une banshee, un sombre présage. Par réflexe, j'avais fait deux pas vers l'arrière, pour rester cachée dans le noir. Mais je réalisai aussitôt une chose imprévue. — Avait-ce réellement été le hasard qui m'avait ballottée çà et là, jusqu'à cet endroit si improbable, si lointain et si imprévu ? — Avait-ce été autre chose ? Une perception, un appel, un sixième sens ou quel que fut le nom que l'on aurait pu lui donner ? Car cet homme, je le reconnaissais. C'était Ewen. — Un très bon ami. Grand, châtain clair, une barbe légèrement taillée ; l'expression du visage exactement comme je me la remémorai, cette sorte de neutralité bienveillante avec à la fois un presque-sourire et un petit soupçon de ruse. Cela devait venir de son habitude d'alterner à l'envi le jeu et le sérieux ; il avait développé ce sens de l'humour particulier, qui aimait nous remettre devant nos tropismes, nos façons de pensées, nos désirs inconscients ; à la manière d'un koan. Si ma nuit se terminait avec quelques-uns de ces contes, en partageant une tisane — alors tout ce périple en aurait valu la peine. Je l'observai un instant se servir un grand verre d'eau... Je réalisai également que c'était la première fois de la journée que je me retrouvais avec quelqu'un en qui j'aurais entièrement confiance. Non — ça ne pouvait pas être un hasard. Nous devions avoir des choses à nous dire. Les pensées légères, je me dirigeai donc prestement vers la porte et toquai avec empressement. Il devait être tout aussi étonné que moi. Il ouvrit, eut une pause, ce silence imprévu — certainement estomaqué par mon apparition nocturne — et puis il esquissa un large sourire, tout en m'invitant d'un geste à entrer chez lui. — "Mais... c'est toi... Flora !"
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  33. C'est imagé, tu vas pas prendre Mélenchon pour un type sérieux, c'est un danger public ce mec, perso je le compare à Hitler, mais bon c'est moi, je ne suis pas une référence. Le type qui s'imagine que Mélenchon va le sortir de sa merde est un cocul de la politique, si après il vote pour un autre il sera aussi cocul, car ce type va courir toute sa vie vers des illusions. Bonne nuit je vais mettre la viande dans le torchon.
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  34. Le mec le plus cynique du pays, ça c'est clair. Et il faut avoir le cul bien dans la graisse pour avoir envie d'en rire.
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  35. NOUS n'avons pas cédé et nous en plaisantions entre nous en pensant au jour où ENFIN nous lui annoncerions " la bonne nouvelle "
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  36. On ne fait pas le poids avec le métis aux yeux bleus dont elle s’est emmourachée. Si il était tranquille ça irait mais pas du tout. Conclusion elle nie en bloc malgré toutes les preuves et je crois qu’elle va partir et que je ne vais plus jamais la revoir.
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  37. Ces pressions là peuvent effectivement virer au harcèlement et s'il n'y a pas une absolue cohésion à ce sujet au sein du couple, ça devient vite infernal. En tous cas, merci à tous de débattre en si bonne intelligence
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  38. la pression sociale et familiale est obsédante , je n'ai eu mon premier enfant , volontairement , qu'après 6 ans de mariage durant lesquels ma belle-mère m'a littéralement harcelée pour que j'aille voir " le docteur " car elle me croyait stérile , elle ne pouvait pas croire que c'était NOTRE décision et pensait que son fils , sans le dire était très malheureux !
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  39. Article intéressant ... et ma mère est justement de ces femmes là. Par contre même ne rien dire à ses enfants, je te dirais qu'ils le ressentent et en souffrent du "non-dit" parce qu'on le ressens quand même très fort, en tout cas moi j'ai l'impression de l'avoir toujours su ou deviné, même gamine j'ai eu ce ressenti toute ma vie ... C'est pas comme si j'avais eu l'impression de le découvrir à l'âge adulte quand elle a osé le dire mais les relations ont toujours été très conflictuelles avec elle depuis aussi loin que je me souvienne. Je la poussais à bout et j'étais infernale parce que je ressentais ses regrets et en quelques sorte un "non amour", je ne l'intéressais pas, elle était totalement désinvestie ou quand elle s'occupait de moi c'était vraiment la "corvée", même si elle ne le disait pas tu le sentais et elle avait vraiment pas besoin de parler pour te faire sentir comme un poids à longueur de vie si on peut dire ça comme ça ... Parfois je le dis en rigolant mais ... heureusement que j'ai eu mon père, j'ai l'impression qu'il a été mon seul réel "parent" en fait. Avec ça disons que tu te construis ensuite comme tu peux mais c'est pas les failles qui manquent à l'âge adulte. J'ai pas eu l'impression d'avoir une mère, un automate géniteur féminin peut être mais une mère c'est pas dit .... Elle ne voulait pas être mère, ou elle a crû le vouloir, elle a tellement regretté qu'ensuite j'étais plus ou je n'ai jamais été sa fille je ne sais pas, mais ouais, j'étais une corvée de ma naissance jusqu'à mon indépendance. Les démonstrations d'affection je ne connais pas, j'ai jamais vraiment connu ... je le vois aujourd'hui dans les rapports que j'ai avec les gens en général et même jusque dans ma vie amoureuse ça a pu avoir certaines répercussions, je suis restée quelqu'un d'assez froid, de peu démonstratif, qui ne veux pas être un poids pour les autres et têtue à vouloir me débrouiller toute seule tout le temps pour ne peser sur personne ... J'ai tellement eu l'impression de "gêner ma mère" ou d'être un poids pour elle dans son quotidien depuis l'enfance que ... j'ai pas l'habitude, et j'ai pas eu tellement de "modèle". Je n'ai eu que mon père quoi ... donc niveau construction adulte tout ça, ouais je les vois les failles, je sais d'où ça me vient aussi. Elle était là mais elle était pas là en même temps ou alors en mode "pilote automatique" en soupirant et en te faisant ressentir très fort que tu la faisais chier quoi. Je pense qu'il faut vraiment mesurer les choses avant de faire un enfant, moi je regrette qu'elle ne m'ait pas avorté, je vais être franche, j'aurais été moins malheureuse qu'avec l'enfance que j'ai pu avoir. Aujourd'hui perso je ne veux pas d'enfants et je la subis la pression autour de moi, tout les jours ... En fait je ne peux pas en avoir, des soucis de stérilité ... et je peux te dire que pour nombre de femmes, apprendre une stérilité c'est un peu la fin du monde pour celles qui veulent enfanter par tout les moyens mais moi quand cette annonce m'a été faite, ça a été un vrai soulagement, comme si on m'enlevais un poids des épaules. Déjà parce que je ne me sens pas capable d'être mère, tout comme la mienne, ou parce que j'ai peur de ressembler à ma propre mère et de faire souffrir même sans le vouloir un enfant comme ça a pu être mon cas plus jeune .... du coups cette annonce, c'était comme un fardeau de retiré de mes épaules parce que j'avais "une bonne excuse pour ne pas être mère" d'un seul coups ! Plutôt que l'annonce couperet, pour moi c'était l'annonce libératrice ! Bon à la place des jugement, j'ai droit à de la compassion et des "Han ma pauvre" et je laisse dire .. mais je pense souvent "Ouais en même temps j'en ai rien à faire mais si tu veux ouais, si ça te fait plaisir ...". Mais je ne comprends pas les gens qui sont là à me plaindre parce que je ne peux pas en avoir ... Pourquoi faudrait il à tout prix que ce soit une chose triste ? Est ce qu'on est vraiment toutes obligées d'en vouloir et de devoir se sentir ultra triste quand ce n'est pas possible ?
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  40. Peut être parce qu'elles ne sont pas toutes assez fortes pour y faire face ? Lorsque durant près de 20 ans tu la subis, cette pression, c'est pas toujours facile d'y résister. Ma femme n'a jamais ressenti le besoin d'être mère. Elle en a entendu des vertes et des pas mûres pendant de longues années. Les gentils ne faisaient que lui demander ce qui pouvait la bloquer alors que notre couple était stable. Les méchants lui assènaient que : "une femme qui n'a pas d'enfant n'est pas une vraie femme !" Et les prédicateurs la prévenaient qu'elle le regretterait profondément lorsqu'il sera trop tard. L'ensemble de la société est tellement insistante à ce sujet que je crois que pour les moins déterminées il y a de quoi céder. Décider de ne pas vouloir faire d'enfant, pour une femme, lorsque l'on n'a pas vécu une enfance malheureuse, lorsque l'on n'est pas malade, lorsque tout semble aller pour le mieux au niveau sentimental et sociétal n'est que très rarement accepté. Les bonnes âmes disent toutes : "c'est un choix et il vaut mieux celui ci que d'en faire un pour faire comme tout le monde" mais restent très souvent figées sur le fait qu'il doit y avoir, quand même, quelque chose qui cloche Par contre ce choix attire bien des confidences. Celles de toutes les femmes qui n'osent pas avouer qu'elles regrettent et qui se sentent en confiance auprès de quelqu'un qui a fait ce choix.
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  41. Une ophrys insectifera, drôle de bonhomme Les ancolies sont aussi de sortie
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  42. Aujourd'hui balade en forêt ... Venus a chaussé ses sabots (en retard cette année)
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