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Etude - I

L’être humain est actuellement la plus aboutie des créatures évoluant sur notre globe : c’est nous qui l’affirmons, et nos arguments paraissent assez solides, d’après l’analyse des individus et de leur filiation tout au long des âges. Ce qui pose problème, et qui pèse de plus en plus sur notre devenir, c’est la médiocrité de notre intelligence collective, laquelle, au-delà de notre créativité et de nos savoir-faire, repose d’abord sur nos aptitudes à nous organiser ensemble, et c’est là que le bât blesse ; sur ce dernier point l’Histoire, et particulièrement la plus récente, l’a abondamment démontré _ et n’a jamais cessé depuis de nous en administrer les preuves, accessibles à qui veut bien les appréhender.

 Non qu’il n’existe, partout et continuellement, de très nombreux contre-exemples de réussites bien construites, au premier rang desquelles des entreprises, et aussi toutes sortes de communautés, territoriales ou associatives. Mais c’est justement leur durabilité, leur existence même, qui est à tout moment remise en cause, du fait de l’instabilité désormais persistante du monde humain dans sa généralité.
Comment préjuger que l’adaptation des personnes _ et celle du genre Homo lui-même _ puisse se poursuivre dans un tel contexte ? Et comment souffrir que ce qui est possible et faisable à différents échelons de la société soit perçu comme irréalisable à l’échelle de l’humanité ?
 D’où l’exigence de rechercher les causes de ce hiatus entre l’achèvement organique et l’épanouissement collectif, de nature à compromettre notre maturation psychologique, chaînon fondamental de la viabilité de notre espèce.  A l’origine de notre adaptation se trouve en chacun la conscience de sa propre fragilité face au monde, la perception des menaces précises ou diffuses qu’il recèle, induisant le stress, et donc la nécessité impérative de réagir ; d’utiliser tous nos moyens, au premier rang desquels notre cerveau, qui nous permet d’analyser les éléments d’une potentielle agression à notre encontre, et en fin de compte de l’anticiper : d’imaginer la mise en œuvre de dispositifs d’évitement ou de défense, voire d’accommodement.
 Tout cela ne se fait pas sans dépense d’énergie, d’abord pour éliminer ou atténuer les contraintes subies, ensuite pour organiser le quotidien afin de récupérer au plus tôt l’équilibre, de le maintenir coûte que coûte. Suivant le bilan de cette opération, celle-ci se traduit par une sensation de confort ou de stress plus ou moins marquée.
   La réponse au stress est orientée grâce à l’identification des contraintes subies, limitée en revanche par le niveau de l’énergie disponible et par le degré d’urgence requise.
Il est clair qu’une erreur d’orientation ou d’ajustement, un retard, peuvent la rendre inadéquate.

La pertinence de cette réponse repose essentiellement sur l’expérience, vécue ou transmise : l’éventail des options qu’elle peut offrir avec la connaissance des contraintes, subies ou à venir, permet d’en préciser l’objectif, l’ampleur et le délai de réalisation.

 D’où l’importance capitale de l’information et de l’éducation pour s’adapter.

Reo

Reo

 

Apprendre à chanter (Débutant)

Bonjour , j'ouvre un sujet concernant mon chant , est ce qu'il serait possible d'avoir votre avis sur ma reprise de M.Pokora sur le monde ?
Je vais prendre des cours de chant en septembre , j'en ai trouver et je suis content Je voudrais avoir votre avis concernant ce registre en vers ma voix , je voudrais savoir si le placement de la voix est bon ou pas si la justesse est en place ou pas et le rythme aussi ou pas ? Je tiens vraiment à m'amélioré car j'aime énormément chanter mais seulement pour le plaisir et l'envie de m'amélioré , je ne conte pas en faire un métier , c'est juste un passe temps ou j'ai envie de m'amélioré quand même J'ai peu être finit de mué mais le souffle est long à se faire je trouve J'ai eu la mue tardif car je vais faire 26 et je vois une spécialiste pour la voix , elle ma dit que la mue n'était pas réserver qu'aux ados ^^ Merci ! Je laisserais mon sujet ouvert ce coup si car j'ai vraiment envie de m'amélioré  

thealex40

thealex40

 

Apprendre à danser (débutant)

Bonjour , est ce qu'il serait possible d'avoir votre avis sur ma danse improvisé que sur la nouvelle chanson de nicki minaj ariana grande sur bed
Je voudrais savoir si j'ai un bon ou un mauvais niveau ? Mes mouvements sont très répétitif ou pas et est ce que je danse en rythme ou pas , je tiens vraiment à m'amélioré car j'aime énormément danser Je tiens vraiment à m'amélioré car j'aime énormément danser Merci  https://youtu.be/DAEZCQY6rl0

thealex40

thealex40

 

Apprendre à danser (Débutant)

Bonjour , est ce qu'il serait possible d'avoir votre avis sur ma danse improvisé sur la nouvelle chanson de justin bieber sur no brainer ? Je sais que ce n'est pas un forum de danse mais j'aimerais avoir votre avis concernant ma danse ? Mes mouvements sont comment très répétitif ou pas et est ce que je danse en rythme ou pas ? Qu'en pensez vous en toute sincérité ?  Je tiens vraiment à m'amélioré car j'aime énormément danser Merci ...      

thealex40

thealex40

"Rebirth, How To Revive A Broken Mind"

Je suis sortie du Royaume des Ombres, dans la nuit éternelle, au sein des ténèbres profondes, entourée de mânes aux lueurs tremblotantes. Je viens de surgir dans le monde de la Lumière. J’ai aperçu l’éclair, j’ai vu la lueur, diadème scintillant dans la nuit. Je suis revenue aux sources de la Vie, je viens m’y désaltérer.   ********                             Texte : @satinvelours Sélection des visuels & playlist : Karla*   Descriptif et explications du choix des visuels  

Karla*

Karla*

"Whisperings From The Inside, The Story Of A Haunted Dream"

J’ai mes idées, mes idées folles. Souvent elles me persécutent la nuit. Dans ma solitude, dans mes rêves comme dans mon sommeil elles me poursuivent. Je ferme les yeux. Mais ces idées folles, tapageuses tournent et valsent dans mon cerveau ! Elles réclament tout. Elle brodent et tissent cent mille rêves. J’ouvre les yeux… Il n’y a que fantôme et fumée. Mes idées folles ne sont que fantômes et fumées, et je suis une incorrigible chasseresse de fantômes et de fumées .   ********             - Lisa Germano -
"...To Dream" Only when its real,
When it speaks to you and
No one else can hear.
Don't give up your dream,
Its really all you have
And I dont wanna see you die. To dream, to live. In your darkest moments,
In your deepest thoughts,
Then it speaks to you,
To dream.
Listen you are dreaming,
This is who you are,
You don't have to run away         "Johnny can you talk ?"   "...laissez venir à moi les petits enfants..."                           Texte : @satinvelours Sélection des visuels & playlist : Karla*   Descriptif et explications du choix des visuels  

Karla*

Karla*

"Life : a birth, a love, a death, a place where feelings are expressed by contrast..."

Je marche en un désert de pierre et de fer
Que le soleil consume en des fusions d’enfer
Je marche en une rue qu’un soleil évapore
Sous un ciel lourd de bleu, un ciel indifférent
Je peine de chercher et de chercher encore
Le port où aborder à l’abri du néant.
Je plane en un cosmos épris de lassitude
Où le soleil m’aveugle de ma solitude
Je flotte en des lueurs qui vident ma pensée
En des rayons hantés par des rayons d’absence
Je me perds et ne peux en elle m’évader
Tant sont loins souvenirs, rêves et espérances
Je ne sens plus en moi souffrir que le présent...
Un port où aborder à l’abri du néant !   ********                   - Dakota Suite -
"Because Our Lie Breathes Differently" In half light turn to see you sleep
another day of beeing scared to live
and I will never have the way
to look this whole again
to touch you heart. You and I both know
that this is all that I could ever be
but thats not enough to keep you here with me
and i reach to hold you
and then i let you go
and watch you fall...             Texte : @satinvelours Sélection des visuels & playlist : Karla*   Descriptif et explications du choix des visuels  

Karla*

Karla*

 

Apprendre à danser (Débutant)

Bonjour , est ce qu'il serait possible d'avoir votre avis sur ma danse improvisé sur la nouvelle chanson de justin bieber sur no brainer ? Je sais que ce n'est pas un forum de danse mais j'aimerais avoir votre avis concernant ma danse ? Mes mouvements sont comment très répétitif ou pas et est ce que je danse en rythme ou pas ? Qu'en pensez vous en toute sincérité ?  Je tiens vraiment à m'amélioré car j'aime énormément danser Merci ... https://youtu.be/4wx3rWb5QYI

thealex40

thealex40

Quatrains — 12

Comme il est irréel, je chuchote son nom
À la nuit, à l'absence, à mes envies aussi
Et au lieu dormir, je me souviens de son
Odeur et de ses bras, idéaux paradis. 

Isadora.

Isadora.

 

Apprendre à chanter (Débutant)

Bonjour , est ce qu'il serait possible d'avoir votre avis sur mon chant sur ma reprise de guillaume grand sur toi et moi ? Je prends des cours de chant et j'ai très envie de m'amélioré   Je voudrais savoir si je chante horriblement mal ou pas ? Je chante juste ou très faux et est ce que je suis en rythme ou pas ?   Qu'en pensez vous sincèrement ? Je tiens vraiment à m'amélioré car je ne chante que pour le plaisir de chanter seulement    Merci      

thealex40

thealex40

 

Apprendre à danser (débutant)

Bonjour , est ce qu'il serait possible d'avoir votre avis sur ma danse improvisé sur la nouvelle chanson de camila cabello sur never be the same ? Je voudrais savoir si j'ai un bon ou un très mauvais niveau ?   Mes mouvements sont comment , très répétitif ou pas et est ce que je danse en rythme ou pas ? Je tiens vraiment à m'amélioré car je suis très passionné de danse   Qu'en pensez vous ?   Merci   

thealex40

thealex40

 

Midinette, 3. − Clore ou conclure.

Les semaines ont passé. Fauchée, détachée de lui, prise dans d'autres turpitudes, j'ai appris à écrire chez moi. Je pense à lui parfois mais je suis heureuse d'avoir retrouvé une forme, même paradoxale de tranquillité.  Un soir de pluie, nous nous rapatrions chez lui. Je le revois, ça me fait un choc mais je reste impassible, saluant les uns et les autres, ne lui adressant qu'un vague salut. J'ai l'impression qu'il a un regard qui me dit, presque en m'engueulant, ah bah ça y est, tu es revenue et aussitôt, je me dis que j'ai dû l'halluciner. Puis, je vais commander : « Je vais te prendre une triple.
− En pinte ? 
− Ouais… Quoi d'autre ? 
− C'est parti ! 
− Tu t'es coupé la barbe ? 
− Ah euh… ouais. Tous les ans, je la rase, parce qu'à force, ça repousse dur et… voilà. 
− C'est la tonte annuelle, quoi. » Il rit et approuve la formule. Je me sens comme un gros lourd qui fait du rentre dedans à la pauvre serveuse. Dans le fond, c'est vraiment ça. J'ai tout imaginé, je le colle, ça doit être insupportable. Je remonte avec les autres et je lui fous la paix. Dans la soirée, on discute et c'est plutôt fluide. Je retrouve les autres. Ça se prolonge, je suis. Je rentre ivre. Le lendemain, j'ai la tête en vrac mais j'ai réservé une visite de musée alors je me motive pour une expédition au bout du monde − vraiment, j'ai cru que je n'y arriverais jamais − pour visiter un lieu très étonnant, situé sur une base militaire désaffectée.  Le chemin du retour est non moins éprouvant, même si je le fais sans aucune pression, heureuse d'avoir appris des tas de choses. Mes pas me conduisent machinalement chez lui, où je m'installe sans aucune envie d'écrire. Je suis là, au comptoir, fermement vissée sur mon tabouret. Nous papotons. Il s'en va. Je dégaine le Dude Manifesto, qui me brûle les doigts. Il bosse et me voit éclater de rire à chaque page. Il me demande pourquoi je ris. Je lui demande s'il a déjà vu The big Lebowsi. Il me dit que oui, mais je doute de la véracité de sa réponse. Je lui raconte l'histoire et là, ça revient. Il l'a vu. Je lui explique que des gars ont fait de la manière de vivre du petit Lebowski une pseudo-religion et que c'est un livre qui explique comment vivre en Dude en France. Il me regarde, un peu hagard, l'air de ne pas comprendre pourquoi lire ce livre. Je me dis qu'il y a des gens sur cette terre qui ne connaissent pas le bonheur immense de lire un bouquin marrant et je me demande quelle serait sa réaction s'il me voyait en train de lire Les écritures de Cavanna ou Vivons heureux en attendant la mort de Desproges. Je lui lis un passage. L'auteur préconise d'arrêter la muscu et de se mettre au jokari. Il ne pige pas le second degré. C'est un désastre. Ça ne le fait pas rire du tout.  Quand je lui explique que c'est un bouquin à la con, il ne semble pas comprendre l'intérêt de cette lecture. Je m'abstiens d'une explication approfondie de type bah c'est drôle, du coup ça fait rire, du coup c'est chouette parce que rire, ça fait oublier les problèmes. Non, décidément, je ne peux pas expliquer l'intérêt de lire pour oublier ses emmerdes à quelqu'un pour qui la lecture a toujours été une souffrance. Je pense à ces gens qui m'expliquent l'intérêt d'aller courir et j'opte pour l'abstention. Mais je replonge dans ma lecture.  Quelques instants plus tard, je ressors de mon bouquin pour lui dire : « Finalement, c'est pas un bouquin si à la con que ça. » Il m'interroge, je lui raconte que l'auteur explique que pour être un vrai Dude, il faut acheter le moins possible et aller plutôt au marché, chez les petits commerçants et les artisans du quartier. À mon plus total non-étonnement, il s'enthousiasme et commence à développer. C'est fou cette tendance des gens à haïr l'écoute et à se ruer sur la moindre occasion de parler. Je ne comprendrai jamais en quoi c'est mieux de parler que d'écouter. Bref, il parle.  De fil en aiguille, serait-ce l'influence de mon récit du musée des horreurs, il me raconte qu'il a fait un stage dans un abattoir, adolescent. On ne parle pas des vegans mais de ces omnivores qui ne veulent pas savoir comment se passe la transition de animal à produit. Il y a de l'hypocrisie, dans tout cela. On ne parle pas trop fort, parce qu'il y a des clients qui mangent autour. Nous racontons nos différences expériences en matière de mise à mort d'animaux à des fins de consommation, du lien entre le truc vivant et le truc que tu manges, de comment le lien se fait ou pas. D'ailleurs, j'ai très faim, parce que je n'ai rien avalé depuis la veille au soir, et je lui commande à manger. Une valeur sûre : la planche. Laquelle ? Mixte… Petite ou grande ? Mixte, ça n'existe pas en petite. On peut s'arranger. Non, une GRANDE ! Aussi grande que moi, aussi grande que mon surpoids, parce que je suis comme ça et que j'ai faim, et que je ne veux pas de passe-droits, tu veux filer des petites mixtes à tout le monde ? Mets-les à la carte. Et arrête de surveiller ce que je mange, file-moi une grande planche. Évidemment, je n'ai fait que penser tout cela…  Ma planche arrive, et avec elle une inconnue qui demande si on peut manger. Elle s'installe au bar, à côté de moi, elle dit qu'elle veut faire un bon repas mais elle a surtout l'air d'avoir envie de parler.  Elle vient d'une autre ville. Elle passe souvent ici, mais pour voir de la famille, alors elle n'a jamais vraiment visité quoi que ce soit. Elle a eu une réduction sur le transport, elle est dans une auberge de jeunesse et elle a envie de voir quelque chose par elle-même.  Tout en saluant intérieurement l'effort du voyage et la curiosité saine que dénote cette démarche, je m'interroge ; aurais-je affaire à une de ces femmes qui se lancent dans une quête d'indépendance par obéissance à l'injonction d'indépendance de la société ? Cette joie de vivre me semble un peu nerveuse, pour ne pas dire suspecte. Cette attitude positive a des airs de dernier sprint avant la dépression, qu'il convient pour ce genre de personne d'appeler un burn-out. Peut-être suis-je trop pessimiste mais la jeune voyageuse a, de toute manière, manifesté un besoin légitime de parler.  Elle a visité tel et tel et tel quartiers dans la journée. Elle est venue en bus, d'une ville bien connue pour son luxe. Elle y vit en colocation et c'est sympa. Ils ont beaucoup fêté l'ouverture de cette colocation. Lui, il est derrière le bar, il écoute, prêt à participer. Il entre en jeu très vite, d'ailleurs, puisqu'il a vécu là-bas. Ah, il voit où elle est. Super. Formidable. Passionnant. Suis-je de mauvaise foi ? Je m'en fous, je suis le narrateur, je peux bien me le permettre, et dans cette histoire, je suis l'idiotie même.  Par une transition alambiquée, elle en arrive à évoquer ses genoux, qui se sont blessés alors qu'elle pratiquait l'escalade. J'en profite pour faire une brève parenthèse dans mon récit : la fille est très jolie, une blonde sportive, dotée d'un style vaguement bohème, discret mais remarquable par la justesse ; c'est juste sympathique et de bon goût. Sa pratique de l'escalade m'inspire une escalade de la violence narrative que je vais m'autoriser sous vos yeux ébahis, consternés, amusés, puisque, encore une fois, c'est moi qui raconte et que je fais ce que je veux de ma mémoire.  Elle parle de sport. Elle aime le sport. Elle aime beaucoup le sport, si je comprends bien, autant que moi, j'aime ce bar. Elle explique à quel point il est difficile de devoir s'en passer, le temps de se rétablir. Au début, elle ne pouvait même pas marcher, alors elle se faisait conduire par… son ex. Oui, parce que quand l'accident est survenu, elle venait de quitter son conjoint, pour aller vivre dans cette fameuse colocation. Alors il la conduisait gentiment jusqu'à la salle, pour qu'elle continue de travailler tout ce qui était au-dessus de la ceinture. Ce sont quand même les deux genoux qui ont craqué en même temps. Et à part ça, elle est graphiste. Et elle a quitté un poste qui lui rapportait un salaire tout-à-fait convenable, mais depuis qu'elle est en freelance, c'est un peu juste, pour cette ville où tout est cher. Il intervient pour confirmer, il raconte ses premiers temps là-bas, et les week-ends flambeurs au début, quand une soirée coûtait… ce serait indécent de le révéler. Quand elle a déménagé, elle a fêté, fêté, elle a beaucoup trop dépensé mais ça aussi, la double blessure l'en avait privée. Elle a l'air rigolote mais je l'imagine mal dans la débauche la plus totale. J'essaie d'imaginer ce qu'elle appelle, concrètement, fêter.  La conversation revient sur le sport. Elle fait la liste de tous ceux qu'elle pratique, s'attarde sur le running. C'est éprouvant au départ mais très vite, on atteint un stade au-delà duquel on en a besoin. Et la régularité vient d'elle-même. Il surenchérit et fait sa liste à lui, c'est impressionnant. Ces deux personnes ont pratiqué simultanément plus de disciplines que moi dans toute ma vie. J'explique que je n'ai jamais réussi à passer ce cap mais que j'ai connu cet effet avec la méditation pleine-conscience. Les deux semblent brusquement mal à l'aise et s'empressent de m'expliquer de concert que ah moi, la méditation, je n'y arrive pas, j'arrête pas de penser, c'est horrible.  J'ai beau envier quelque peu leur goût de l'activité physique, j'ai quand même un petit choc. Il y a donc des gens qui, sincèrement, ne supportent pas de s'entendre penser. Sans rien dire, je pense à cette époque où mes pensées me tenaient éveillée jusqu'au petit matin, comme des gouttes d'eau tombant régulièrement sur mon crâne. J'écoute.  Il débarrasse et lui propose un dessert, qu'elle accepte. Il se tourne vers moi, l'air de dire par politesse et professionnalisme, je dois t'en proposer un aussi mais tu sais comme moi que tu as trop mangé. Je décline, il me dit que c'est sûrement plus raisonnable.  Puisqu'on est sur la méditation, j'explique que je dois me muscler le dos pour une longue méditation et j'explique ce en quoi cela va consister. Elle écoute, mange son dessert vite et s'en va. Je lui indique une salle de concert où elle devrait trouver des gens sympa avec qui sympathiser. Bonne soirée, jeune voyageuse ! Fais gaffe à toi. J'ai l'impression que des kilos de stress se retirent d'un coup de mes épaules. On se retrouve tous les deux, visiblement désireux de débriefer mais un peu mal à l'aise tout de même. Allez, je lance le truc et on reconstitue ensemble cette histoire :  Elle vit avec un mec. Il a trompe ou commet une erreur dans ce genre. Elle trouve, comme elle peut, une colocation et souffre énormément, alors elle fuit dans l'alcool, tout en se lançant dans des entraînements très rapprochés, pour s'épuiser et compenser le manque de sexe. Au travail, l'ennui est de moins en moins supportable, elle craque. Elle démissionne. La situation s'englue, son ex lui manque de plus en plus et elle augmente les doses de sport, un peu pour compenser, un peu pour rencontrer quelqu'un d'autre, ce qui ne marche pas, jusqu'à l'accident. Là-dessus, elle s'effondre et rappelle son ex qui, par culpabilité, fait le taxi pour qu'elle puisse un peu se dépenser. Elle espère pouvoir coucher avec lui de nouveau, et là, nous ne sommes pas d'accord : lui pense qu'elle y parvient, moi je pense qu'elle n'y parvient pas.  On fait ces conjectures tranquillement, amusés. Il insiste sur le fait que lui, qui est un homme, il sait bien comment ça fonctionne, parce que l'ex qui fait le taxi, ça ne peut pas être autre chose qu'une reprise des activités. Je reste dubitative, parce qu'il y aurait, mais je n'en suis pas assez certaine alors je ne l'évoque pas, un lien entre l'activité sexuelle et la solidité des ligaments croisés, aussi parce qu'elle a continué à se ruer sur le sport… C'est à ce moment-là qu'il me demande :  « C'est pour ton bouquin ? » La question me fracasse. Comment ça, pour mon bouquin ? Celui qui écrit trahit toujours mais… pas comme ça. Et je ne veux pas trahir tout le monde. À la rigueur, l'écouter est intéressant car cela me renseigne sur la forme du discours d'une personne imbibée de pensée positive, confrontée à l'état dépressif mais c'est tout. Les pensées vont trop vite et je me sens blessée par cette remarque alors je balbutie, je nie poussivement. Il surenchérit.  « J'ai bien vu que tu lui posais beaucoup de questions. » Je m'en défends timidement, confusément, perturbée à l'idée qu'il perçoive chacune de mes interactions sociales comme une recherche destinée à alimenter le roman. Il enfonce le clou en me demandant si elle sera un personnage.  Je me sens découragée, tout-à-coup, par son incompréhension, dans le fond innocente et légitime, de mon processus de création. J'ai envie de lui expliquer mais il y a dans ma tête une phrase qui occupe toute la place et me sidère : il croit qu'il sera dans le bouquin. Si on se parle quand même, c'est qu'il veut bien y être, en fait. Il veut être dans mon bouquin. Dans ce cas, qu'est-ce qu'il m'a présenté ? Est-ce qu'il ne serait pas raisonnable de retracer toute l'histoire en prenant en compte le fait qu'il ait, sans doute, posé. Tout simplement posé, par pur narcissisme. Il ne regarde pas de séries mais il est sur Facebook. Et ces deux vidéos… Et ce snobisme constant… Je suis considérée comme un biographe ou non, plutôt comme un filtre Instagram. Cela me consterne.  Je paye et je rentre chez moi. Il me retient un peu. Les livres, c'est pas son truc, mais le Dude Manifesto, il pourrait. J'en suis fort aise.  De retour à mon bout de la rue, j'ai l'impression d'avoir traversé un monde. Quelques mois de fixation se referment. Dans mon appartement, je laisse la lumière éteinte mais j'allume une bougie, et toutes les guirlandes, toutes les LEDs que je possède. Elles m'aident à écrire, d'un seul jet « Midinette 1. » jusqu'à ce que le jour renaisse.  Je pense à cette chanson de Placebo que j'aimais tant et qui disait : I know / you like the song / but not the singer. Je pense à Cyrano, de loin. Je pense à Pygmalion, de près. Je pense à lui, triste. La tristesse ralentit le temps et c'est ainsi que nous aimons vivre, nous qui ne faisons pas de moto, nous qui lisons et méditons, nous qui craignons la mort plus que l'angoisse. Je pense à ce fœtus, que l'alcool conserve encore, lui qui n'est jamais né, lui qui aurait dû vivre au temps du Premier Empire, lui qui n'aura jamais aimé, qui n'aura jamais eu d'enfant mais que j'ai vu dans ce musée, conservé dans ce bocal comme dans un texte. Voilà ce que sont les personnages, les souvenirs et les amours inavoués. Ils peuplent la galerie de notre mémoire, ils alourdissent nos pas et hantent nos rêveries. Nous leur donnons un peu de vie quand nous y repensons et nous les trahissons à chaque instant, puisque nous les hébergeons dans un explicite sournois.  Voici venue la fin de mon éloge funèbre, voici venu le moment de te remercier, lecteur. Grâce à toi, il vivra un peu plus mais il a pu quitter mon cœur. Nous avons respecté sa dernière volonté, il est un personnage. Et puis… tu ne trouves pas que nous l'avons très bien tué ? 

Isadora.

Isadora.

Quatrains − 10

Après ta mort, tu te diras :  « Mais quel idiot ! 
Si j'avais su que tout cela n'était qu'un jeu
J'aurais joué ma vie, j'aurais joué mon je
J'aurais pu en coulisses trouver que c'était beau ! » 
 

Isadora.

Isadora.

Quatrains − 9

La bougie tendre et l'air du soir qui se balance
Tout est en paix dans mon royaume couronné 
Demain peut-être le malheur viendra sonner
Mais pour l'instant je nage dans cette présence

Isadora.

Isadora.

 

Midinette, 2. − Souvenirs minuscules.

On fait une soirée là-bas. La majorité du groupe rigole dehors, je suis accoudée au comptoir avec F., qui me parle de sa dernière relation en date… Et elle date ! C'est bien là tout le problème. Il évoque sa récente démission, son appétit de vivre renouvelé, son urgence de trouver une copine mais, surtout, cette image de mec coincé qui lui colle à la peau, son besoin de faire éclater tout cela. Durant la soirée, un des convives lui a dit qu'il était le parangon de l'homme au balai dans le cul. Il trouve cela très juste. Il le reconnaît volontiers, puisque c'est sa réalité qu'il doit changer et non les tristes constats, honnêtes, que l'on peut dresser à son propos. Il revient sur cette femme avec qui il a vécu, sur ces moments insupportables qu'il a traversés à la fin. Moi, en totale empathie, je me reconnais dans certains passages, quand il est question de la manière dont elle s'est métamorphosée au fil de la rupture. J'évoque mon ex, la mesquinerie qu'il a déployée après mon déménagement, les incohérences nombreuses de ses actes. Nous sommes deux personnes accoudées à un comptoir qui se soulagent un peu en pestant sur ceux qui ont cessé de les aimer. Rien que de très banal, et pourtant cela rapproche.  Lui, de son côté, il ne dit rien. Il fait comme si la vaisselle l'occupait tout entier mais il écoute, ça se voit, qu'il écoute. Il n'en perd pas une miette. Son visage impassible est très réussi. Nous baissons la voix, parfois. Je ne sais ni ce qu'il en pense, ni l'intérêt qu'il trouve à nous écouter.  Le bar ferme, les autres veulent prolonger, ils s'en vont. Moi et F., nous sommes toujours là, à discuter. Quand le patron s'en va, il nous demande ce que nous faisons. F. dit qu'il est un peu embêté parce qu'il habite très loin et qu'il a raté le dernier métro. Le patron est désolé pour lui, il nous salue, prend sa moto tandis que nous nous éloignons, pour finir notre conversation assis sur un muret.  Le lendemain, je retourne au bar. Il est dehors, sur le trottoir et il regarde la rue. Il y a eu une braderie, les services de nettoyage de la ville sont à l'œuvre. Il a l'air soucieux. J'ai l'impression de voir Jean de Florette chercher dans le ciel un nuage. J'arrive, souriante, et lui demande comment il va. Nous parlons de la braderie. Sans quitter sa mine maussade et sans crier gare, il tourne ses yeux vers moi et me demande, abrupt : « T'es bien rentrée, hier ? » Désarçonnée, je lui réponds que oui. Je suis étonnée, il sait pourtant que j'habite au bout de la rue. Comment aurais-je pu ne pas bien rentrer la veille ? « Et ton pote, il est bien rentré ? » C'était donc cela, la question. C'est intrusif, totalement déplacé mais cette question me flatte. Au terme de quelques jours de mauvaise foi, je finirai par descendre de mon petit nuage pour envisager toutes les autres possibilités… j'ai beau me dire que je débloque, j'ai beau savoir que ça ne rime à rien, cela me fait plaisir, l'espace de quelques jours, de l'imaginer jaloux.  ______________________________ Je viens de sortir du travail. Je suis allée là-bas. Mon havre de paix est devenu un enfer ; quand je n'y suis pas, j'y pense sans cesse. Quand j'y suis, au bout d'un moment, je dois en partir. J'y suis et ça me fait mal. Il y a un homme au comptoir, visiblement une personne qui l'a aidé à créer son entreprise, un comptable ou je ne sais pas qui. Il vient pour voir si les comptes sont ok. Ça vient de rouvrir alors il n'y a quasiment personne et j'ai l'impression forte de déranger, puisque j'entends tout.  Il y a un moment délicat, quand on devient l'habitué d'un lieu, c'est ce moment où l'on commence à se fondre dans le décor. On n'est pas encore un ami mais on n'est plus une nouveauté non plus. Typiquement, dans ce genre de configuration, ça se sent et c'est très désagréable. On n'est plus un client courtisé mais un client acquis, qui peut donc être négligé. C'est comme aller chez quelqu'un que l'on connaît ; au début, l'hôte propose d'aller chercher tout et n'importe quoi, il brique le lieu à fond, tout sent la fleur et l'opération séduction. Au bout de quelques visites, il faut aller se servir tout seul dans le frigo. Plus tard, il sera même possible de faire la vaisselle, voire de passer un coup de balai. Après seulement, on peut se voir remettre les clefs. C'est toujours comme ça. Les lieux sont comme les chats : naturellement polis, courtois et très procéduriers.  Je suis donc à ce croisement, ni proche ni lointaine. La compta, je fais semblant de ne pas l'entendre en mettant des écouteurs sans musique, juste pour le rassurer. Je ne sais pas si c'est l'effet contrôle de connaissance, ma présence ou ma paranoïa mais il a l'air très nerveux. Ses yeux se fixent à des endroits variables de la pièce, dans un ordre aléatoire. Il semble incapable de se rendre compte que je sollicite son attention quand je me présente pour reprendre un verre, jusqu'à ce que le Monsieur des chiffres me signale. Il s'agite, il fait des aller-retours que je soupçonne inutiles. Je n'aime pas l'idée de déranger, parce qu'elle suppose que je devrais partir. En même temps, c'est un bar, il est ouvert. Je n'ai aucune raison de me sentir de trop, aucune raison de m'éclipser discrètement. Nous sommes au croisement où par amitié, je devrais lui laisser de l'intimité et où, par sens du commerce, il devrait me traiter comme une cliente lambda. Toutes ces surcouches émotionnelles révèlent le malaise de cette transition.  Toutes mes surcouches émotionnelles se révèlent, aussi, douloureusement. Je voudrais partir mais je ne le peux pas. J'aimerais écrire mais je n'y parviens pas. J'ai un livre à lire mais mon attention s'est envolée bien loin. Je suis aux prises avec la douleur, l'âpre douleur spécifique de mon mal. J'ai longtemps appelé cela de l'amour mais je sais bien dorénavant que ce n'est pas le véritable nom de ce démon. Sors de ta cachette, je t'ai reconnue, dépendance affective. Toi qui me tortures depuis dix-neuf ans. Tu es née avec O., tu as culminé avec U., bien souvent tu m'as mise dans de beaux draps, vite souillés par toutes les sécrétions qu'un corps peut rejeter. Ce n'est pas lui, c'est toi qui me cloues à ma chaise, qui m'empêche de vivre normalement, c'est à cause de toi que je n'ose pas lui révéler quoi que ce soit, c'est toi qui me fais mal, quand une situation anodine me rend malade ainsi.  Je prends mon téléphone et me voilà, au comble du pathétique, à supplier une amie de me rejoindre pour m'exfiltrer. Je suis prête à lui payer tout ce qu'elle veut boire ou manger pour la dédommager, je ne sais pas comment faire autrement qu'appeler quelqu'un à l'aide pour que ce quelqu'un me sorte de là. On est là à un autre croisement, entre SOS amitié et SOS médecin. Elle m'appelle et croit dans un premier temps que je me fous de sa gueule. Elle comprend que c'est sérieux et m'explique qu'elle ne peut pas venir mais que je peux la rejoindre chez elle. Futée, elle me fixe un horaire de départ, pas trop lointain mais pas trop rapproché non plus. Ah, on reconnaît la fille qui a consulté abondamment en thérapie cognitivo-comportementale. Je me détache progressivement et je change de quartier comme un zombie, de la musique dans les oreilles et regardant mes pieds, désagréable aux touristes comme à moi-même, je me précipite dans cet asile que mon amie m'a offert et qui seul pourra me réconforter. J'arrive chez elle en sueur. Ça y est, on est en sécurité, dans le monde réel. Il me semble que je viens de traverser le Styx.  ______________________________ Je lui dis en riant que le lendemain, je dois assister à un stage de méditation utérine. C'est pour les besoins du livre et ça promet d'être très drôle. Il dit : « Ah ouais. » et il part faire autre chose.  Le lendemain, je reviens, alors que je n'aurais pas dû. Je suis invitée ailleurs mais c'était sur le chemin. Je suis crevée, je pue la sueur et j'ai une rose à la main. Quand je pose le premier pied dans le bar, vingt personnes, installées en hauteur sur la mezzanine, m'applaudissent, se lèvent. Il y en même un qui siffle. Je lève les bras dans un simulacre de victoire, riant, hochant la tête et je monte les rejoindre. On me demande : « Alors ?! » et je raconte. La soirée était tellement improbable de "pratiques" rafistolées n'importe comment que je raconte, même si ça ne devrait pas se faire. C'était complètement pourri, ce truc, mais ça m'aura permis d'entendre une personne remercier publiquement toutes ces belles âmes, toutes ces femmes, ainsi que mon utérus, qui m'a donné ce merveilleux petit être de lumière : mon fils. Il monte me demander, tout sourire, ce que je bois ; je passe ma commande et sans transition enchaîne sur les chants dédiés à l'utérus et à notre Mère la Terre. Il a l'air vexé.  Notre jeu du Maître et de l'Esclave, notre dialectique de sourds a ces moments cruels, quand on se vexe l'un l'autre. Un soir, je suis la cliente qui squatte le comptoir faute d'avoir une vie et te raconte des choses qui ne t'intéressent pas, le lendemain, tu n'es qu'un serveur. Allez, patron, si tu veux. Mais si ça ne t'intéressait pas hier, je ne vois pas pourquoi ça t'intéresserait aujourd'hui.  ______________________________ Un soir, on était proche de la fermeture, tous bourrés ou presque. On s'est mis à chanter. Ce n'est pas « La chenille » qui est sortie et on n'a pas non plus fait tourner les serviettes. C'était « Et vice et versa », que nous étions cinq à connaître par cœur. Un soir, on s'est balancé des répliques des Monty Pythons dans la gueule, une espèce de Kamoulox dans la langue d'origine. Un soir, on s'est mis à parler de cul, juste après avoir parlé de cinéma. C'était trash. Très trash.  Je ne sais pas ce qu'il pense de moi. Il me voit dans ce groupe, exubérante, souvent. Courtisée quelques fois et dans ces cas, diplomate. Parfois j'écoute, parfois je parle, parfois je ris. Je fais des blagues que tout le monde comprend, des fois je me demande s'il fait exception. Des fois, je chante. Il arrive que je me moque avec cruauté. Je mange trop. Je bois trop. Et puis le lendemain, je prends du thé, je me tais et j'écris pendant des heures, sans communiquer avec personne.  Je ne sais pas ce qu'il pense de nous. Ce que je sais, c'est que nous me protège de lui et, au travers de lui, de moi. Je sais que j'ai bousculé l'ordre des choses et qu'il faut nous remettre en place. On est bien peu de choses… Sa présence est un miroir qui reflète mes peurs. Qu'est-il ? Une pure projection de mon esprit malade, sans doute. Qui suis-je, au fond ? Dans ce miroir, je n'en sais rien.    

Isadora.

Isadora.

[Parenthèse commissariat]

Hier, je me disais que ce serait cool d'aller me promener. Je n'étais sortie de chez moi depuis samedi soir alors je commençais à me dire que ça puait la rechute. Donc il fallait aller faire un tour. Quoi d'intéressant à faire ? Ben tiens, il y a ces grottes, qui m'intéressent depuis longtemps, que je n'ai jamais vues. Ça me rappellera les carrières dans les bois, quand j'étais ado, que je faisais le mur. L'odeur de la pierre, de la terre, les arbres, la forêt, tout cela sera sûrement utile pour se recentrer. Problème : je suis piétonne, il faut prendre un train puis un bus et tout calculer. Départ : 12h35 de la gare.  Lendemain, 11h50 : j'ouvre les yeux. Loupé pour le trip caverne.  Je commence ma journée à rouiller chez moi. RAS. Je visionne les auditions de l'affaire Benalla, ça se répète, je sens que ça n'apporte plus rien, à part savoir quel haut fonctionnaire ment outrageusement ou pas. Ils n'ont pas l'air de mentir. Je sens qu'en fait, rien ne se passe. Je commence à me dire :  Hey, mais elle est passée où, ta volonté de faire un truc de ta journée ? Je commence à me dire que je pourrais aller voir des potes ou revoir une nouvelle fois la crypte de la basilique ; nan, c'est fait et refait.  14h10 : illumination. Et pourquoi pas aller au commissariat et déposer la plainte que tu as résolu de porter il y a deux mois passés ? Celle à laquelle tu penses toujours à 18h ? Celle qui t'emmerde, qui, vraiment, t'emmerde. Profondément. Bah oui. Go.  Il faut que je prenne une douche. Je la fais rapide mais sortir, surtout pour cela, pour aller faire un truc qui emmerde tout le monde, qui aura peut-être de lourdes conséquences, me crée des tracas. Alors je me maquille. Longuement. C'est dégradé, il y a trois couleurs sur les yeux. En plus, les pigments sont métallisés, je trouve que ça fait un peu pute mais la meuf de Sephora m'a assuré que c'était à la mode et j'ai vu plein de filles comme ça, ça n'avait pas l'air si vulgaire. Je repasse des vêtements que je ne porterai pas. Même s'il fait 33°C à l'ombre, je n'ose pas mettre ma jupe. Je fais tout pour retarder. Je pense aux auditions Benalla et à tous ces hauts fonctionnaires, tous ces gradés, qui sont venus en uniforme et je me dis qu'ils ont dû se chier dessus, eux aussi, dans leur salle de bains, le matin. Sauf qu'ils étaient convoqués, eux. Moi, personne ne m'attend, je vais juste spontanément relouter tout le monde et me faire faire un examen psycho-gynécologique gratos. En chemin, il y a plein de pâtisseries, de papeteries, je me dis que j'ai envie de ceci, de cela, que de l'eau, ça ne serait peut-être pas du luxe. Et si je crevais de soif au commissariat ? Et si c'était fermé à ma sortie ? Nan, faut marcher, faut avancer. Ça fait trois mois que ça traîne, tout ça. Deux mois que tu as pris ta décisions, vas-y comme un zombie.  J'arrive au commissariat. Il n'y a personne. On me dit que pour un dépôt de plainte, c'est pas là, c'est à 50m. Je vais à 50m. Là, c'est blindé. Il y a quelqu'un devant mois au guichet et une température d'au mois 35°C. Mon tour vient.  « Bonjour, vous venez pour quoi ? 
− Pour un dépôt de plainte. 
− Ça concerne quoi ? 
− Un viol. 
La salle se retourne mais sans plus d'émoi. 
− Ça date de quand ? Et vous êtes allée voir un médecin ? Ok, attendez là. » Je m'assieds. L'attente est longue. J'ai un bouquin. Je n'arrive pas trop à lire. Le bouquin est court. Je le finis. Une femme arrive avec sa fille, de plus de vingt ans. La fille a failli se faire cambrioler, elle vit au rez-de-chaussée et un mec a tenté d'entrer par la fenêtre, du coup elle vient porter plainte mais la mère accapare l'attention. Pour tout l'arrondissement, il y a neuf chaises dans la salle d'attente et on est déjà au complet. Je me demande ce que la mégère fout là. Je demande au flic si je peux aller fumer une clope.  « Ah mais vous êtes là pour un viol donc vous êtes prioritaire. » Je salue mentalement la délicatesse de la formule mais je passe au-dessus, le mec est flic et pas standardiste donc là, il a l'impression d'être puni. Il consent à venir me chercher si par miracle on m'appelait en mon absence. Je fume en deux deux et je rentre.  Une jeune femme avec une poussette est appelée, elle était déjà là quand je suis arrivée. Elle part dans les bureaux. On attend. La première heure est passée. Un mec arrive, il explique qu'il s'est fait escroquer. On lui répond qu'il n'a pas toutes les pièces, il faudra revenir demain. Un autre arrive, il pense qu'on sait qui il est et qu'on l'a attendu. Il porte ses écouteurs aux oreilles. Son ex aurait dû lui amener les enfants et ça fait un an qu'il ne les a pas vus. Il est très agressif mais je comprends parce qu'on l'a mal renseigné la dernière fois et qu'il a fallu que son avocat lui explique pourquoi et comment les policiers lui avaient affirmé, avec aplomb, n'importe quoi. Deux heures sont passées.  La femme à la poussette revient en salle d'attente, avec sa fille. Elle essaie de l'installer dans l'engin quand arrive une policière, qui tient dans sa main une menotte, au bout de laquelle  marche un homme. Ils traversent la salle et, quand ils passent la porte, la petite se met à hurler. Son corps se tend dans les bras de la mère, elle lutte de toutes ses forces pour toucher la porte par laquelle il a disparu. Elle pleure et elle baragouine un mot qui ressemble à Papa. Et c'est Papa, tordu par la souffrance de le savoir parti. Disparu. Elle a un an et demi, deux ans, mais elle a tout compris, on ne la lui fera pas. Pendant un quart d'heure, elle hurle, elle se débat. La mère a l'air pudiquement morte de culpabilité, elle tente comme elle peut de la distraire, mais ça ne marche pas. Du jus d'orange ? Rien à faire. Un gâteau ?… Ah… peut-être mais non. Tiens, mettre ses chaussures, ok mais d'un coup, elle se souvient de la porte et se remet à pleurer. Elles vont jouer dans l'escalier, et ça marche. Et puis, d'un coup, elle se remet à hurler. La mère ne sait plus quoi faire.  Moi, je suis là et je les fixe. Je chiale comme une conne en me disant qu'il faut les aider mais je ne sais pas quoi faire. Ça ne se voit pas que je chiale mais c'est le cas. Je rêve qu'on m'appelle mais on ne m'appelle pas. Putain , mais qu'est-ce qu'il faut faire, dans ces cas-là ? Quand tu ne connais pas les gens, que la mère cherche de l'aide et que tu ne s.a.i.s p.a.s q.u.o.i f.a.i.r.e. J'essaie de me dérober en explorant les toilettes, en plus j'ai soif et j'ai vraiment envie de pisser. Alors, concrètement, les mecs ont vraiment décidé de mener une guerre totale contre les femmes : t'as le choix entre les pissotières et les chiottes à la turque. Désastre sanitaire, bonjour ! Si c'est pour revenir avec les chevilles qui puent la pisse, merci, mais bon… il y a de l'eau.  Miracle, on m'appelle, au bout de deux heures et demi. Il y a une panne informatique et plus aucune plainte ne peut être reçue mais un homme me reçoit quand même, parce que c'est une affaire bien spécifique, dit-il à ses collègues. Pas besoin d'informatique ? Je flaire l'embrouille.  Il me reçoit, seul, alors la porte reste grande ouverte. Je lui dis que j'ai des notes des dates et des numéros de téléphone, il me demande de ne pas les regarder. Heureusement que je n'en ai pas vraiment besoin… Il me demande de raconter. Je vois ses notes, il écrit la date en gros, il écrit ALCOOL en gros. Il y a deux colonnes : les faits et moi. Dans ma colonne, antécédents psychiatriques. Bah ouais, connard, j'ai fait une dépression et ça allait mieux quand c'est arrivé. Ça ne veut pas dire que je délire… Il ne me demande à aucun moment si le mec a eu des antécédents psychiatriques. En revanche, il me demande quels étaient mes fantasmes et et siens à voix bien haute. Quelqu'un passe dans le couloir. Je lui demande si c'est bien obligé, la porte ouverte mais il n'entend pas ce que je dis.  Il me demande pourquoi je ne suis pas venue porter plainte avant. Je digresse pour lui expliquer les freins psychologiques mais, je ne sais pas, il devait tabler sur le fait que j'aie été retenue dans une cave durant tout ce temps alors il ne cesse de me couper la parole et j'essaie de lui expliquer que la digression est nécessaire et que je suis bien en train de répondre à sa question. J'essaie de lui expliquer ma démarche. Mes hésitations. Il me rappelle que viol, c'est les Assises et que c'est grave. Ouais, connard, je sais. T'aurais pas besoin de me le rappeler si t'avais écouté que j'étais allée voir une avocate dans une asso et que j'avais des potes juristes, quatre, à qui j'ai fait part de la situation, ce que je t'ai raconté. Il me redemande si j'ai des antécédents psy, de quelle nature, si j'étais suivie, par qui, pour quoi. Il insiste sur la question de savoir si je me suis débattue, et pourquoi vous ne vous êtes pas débattue − bah… t'es à 600 bornes de chez toi, tu as un moyen de repli dans huit heures, si tu te débats, concrètement tu te fais péter la gueule pendant huit heures, c'est ça, la bonne attitude ? Je ne raconte même pas la parenthèse ah au fait, j'ai des pratiques BDSM mais ça ne change rien au fait que là, c'était hors-contexte et la parenthèse et puis il avait dix ans de moins que moi. Il remplit une fiche à la main ; j'ai pitié de lui quand je vois à quel rythme il trace les lettres sur la feuille et je rage que ce gros con soit le fonctionnaire dont dépend ma démarche. Je vérifie à l'envers tout ce qu'il note.  Finalement, il m'annonce que les plaintes pour viol, c'est pas chez eux, c'est centralisé dans un autre commissariat. Là, on est mercredi donc y aura sûrement pas de rendez-vous avant la semaine prochaine. J'en déduis que l'interrogatoire porte ouverte, c'était gratos. Il me raccompagne en salle d'attente. Quand je rentre dans la salle d'attente, la sombre connasse qui accompagne sa fille dit : « Ah, elle a eu de la chance ! » Je la fusille des yeux, je la hais, je la vomis, je la déteste, cette salope de merde qui estime que j'ai eu de la chance parce que je suis arrivée avant elle et que les dépôts de plainte pour viol, c'est plus urgent que les dépôts des plainte pour tentative d'effraction. C'est comme à l'opéra, les vieux bobos, c'est des gros cons qui estiment que les gens qui sont assis quand eux sont debout ont toujours moins de raisons qu'eux d'être assis. Non mais tu crois quoi, grosse pute ? Tu crois que l'ordre d'attente, c'est pour les autres et que toi, ta qualité de bourgeasse blanche te permet de légitimement ne pas perdre du temps au commissariat quand personne ne t'a demandé de venir accompagner ton assistée de fille, qui n'est même pas foutue d'aller porter plainte toute seule à son âge ? Ouais, c'est le service public, y a des noirs et des arabes et des ordres de passage. Non, concrètement, je ferme ma gueule et je vais m'acheter un thé à le menthe dégueulasse au distributeur parce qu'il n'y a pas de boisson fraîche et je suis bien contente parce que la machine déconne et qu'elle me rend mes 0,50€. J'ai encore les jambes en coton. Je vais m'asseoir ; le mec qui veut revoir ses gosses a étendu son bras, il prend trois places. Il y a sa main contre mon dos mais ça ne le perturbe pas plus que ça qu'on ait l'air de sortir ensemble. Je me satisfais de ne pas perturber Monsieur… et je me dis que c'est peut-être pas par hasard que son ex enfreint les règles du droit de visite.  Dix minutes plus tard, mon héros de la journée vient m'annoncer la bonne nouvelle : « Finalement, vous avez rendez-vous demain matin à 9h00. Vous avez de la chance ! »   Eh ouais, bande de connards, c'est comme ça, moi je suis une meuf chanceuse. Vous voyez mon cul ? Vous voyez les nouilles qui le bordent ? Allez vous faire mettre ! Pour fêter ça, je vais m'acheter des bouquins et me bourrer la gueule dans mon bar préféré.  Youpi, la vie, c'est trop la fête et j'ai de la chance.   MORALITÉ : si j'aurais su, j'aurais pas venu. La pré-plainte en ligne, ça aurait été mieux !  

Isadora.

Isadora.

 

En résumé

On a affaire à une crise mondiale et globale. Ce qui signifie qu’il existe dans tous les secteurs des obstacles qu’on a les plus grandes difficultés à aborder, des conflits qu’on n’arrive pas à aplanir.
 L’intérêt qu’il y a à s’organiser, c’est de faciliter l’adaptation individuelle aux difficultés de la vie, physique et sociale. L’élimination des obstacles et la réduction des conflits diminuent les risques de violences; il s’ensuit que l’agressivité, base du dynamisme, est alors acceptée comme telle et trouve plus facilement ses limites.
 Mais l’organisation elle-même doit s’adapter à l’évolution et le constat de crise apporte un doute sérieux sur son adaptation actuelle. On peut comparer son fonctionnement à celui d’un véhicule, d’une installation industrielle ou domestique : plus il y a de frottements, plus il y a de pertes de rendement et d’usure d’organes. Réduire les frictions, récupérer la chaleur, c’est bien, mais, en même temps, si on ne veut pas ou ne peut pas changer de modèle, il est préférable de se pencher sur les erreurs de conception et/ou les dérives d’utilisation.
 Lorsque nous nous apercevons que des centaines de millions de gens connaissent les pires difficultés à se nourrir, se loger, se soigner, parce qu’il n’y a pas d’argent pour ça, mais que par ailleurs, on en dépense énormément afin de trouver des consommateurs pour des produits que tous les êtres vivants de la planète  et la biosphère elle-même, rencontrent de plus en plus de difficultés à absorber, nous ne pouvons pas nous dire qu’il suffit d’attendre que les mécanismes se remettent en place d’eux-mêmes; c’est le genre de confiance aveugle qu’on retrouve à l’origine de comportements irrationnels, dangereux parce que non maîtrisés.
 Chercher l’origine de ce déséquilibre dans une approche de la pratique économique me paraît donc logique dans la mesure où les difficultés se situeraient au niveau de l’échange plutôt qu’à celui des techniques de production. Cela ne veut pas dire que pour moi l’économie est la source de tous nos maux, mais que comme tout passe par elle, on est bien obligé d’entreprendre le «démontage» par là.
 Ayant mis en parallèle d’une part, ménage et entreprise, d’autre part personnes physiques et personnes morales, je crois que c’est dans leurs oppositions et leurs convergences qu’il faudrait rechercher les premiers indices de dysfonctionnement.  Et, en tout premier lieu, de s’interroger sur ce renversement des objectifs et des charges qui nous a conduits, sans qu’on y prenne garde :

   _de
       _ l’institution des personnes morales, dans le but de faciliter les missions d’appui propres à garantir
 .la  satisfaction des besoins (relationnels autant que biologiques) des personnes tout court, comme
une meilleure gestion de leurs contraintes,
 .par là  même, l’amélioration et l’enrichissement de leurs relations mutuelles,
 
  _ à
       _ l’alourdissement progressif de la charge imposée, comme priorité absolue, aux individus et aux collectivités humaines pour pérenniser _ sans réelles garanties en retour _ les revenus des personnes morales qui les représentent,…
…les revenus et services destinés aux gens n’étant dorénavant, quant à eux, créés ou maintenus qu’à proportion de la sauvegarde des objectifs comptables, naguère garants d’un équilibre des prestations _ en qualité comme en répartition _ ce qui, à l’évidence, n’est plus le cas.

Reo

Reo

Quatrains − 6

Depuis que nous avons perdu ce parfum-là
J'ai perdu le Visage, oublié Lévinas
Dans ce vaste univers, on ne sent plus que ça
Y a que du fric, du cul, l'ego et la vinasse.

Isadora.

Isadora.

 

Apprendre à danser (débutant)

Bonjour , est il possible d'avoir votre avis sur ma danse improvisé sur la nouvelle chanson d'ariana grande sur god is woman ? Je voudrais savoir si j'ai un bon ou un mauvais niveau ?   Mes mouvements sont très répétitif ou pas et est ce que je danse en rythme ou pas ?   Qu'en pensez vous sincèrement ?   Je tiens vraiment à m'amélioré car j'aime énormément danser    Merci Alystair    

thealex40

thealex40

  • Commentaires des blogs

    • Quelque peu (et même beaucoup) outrancier , mais voila un joli brin de plume . Bravo .    
    • Alors, tous les articles intitulés « Quatrains » sont censés être des quatrains écrits en alexandrins, avec la césure au milieu. La règle que je ne respecte pas du tout, c'est celle de l'alternance des rimes masculines et féminines, que je trouve totalement désuète.  Il ne t'aura pas échappé qu'il y a des quatrains de cinq vers, des vers ternaires sans respect de la césure, des quatrains avec moins de douze syllabes, etc. C'est normal. Tout l'intérêt des formes fixes, pour moi, c'est de jouer sur les codes en enfreignant les règles.  Là, pour les treize syllabes, tu as le choix. Soit tu lis comme si le tiret était une fin de vers, auquel cas il manque le "que" de "manque", soit tu lis bien "manque" et "manque" est de trop. Il aurait mieux valu avoir rien. ^^
    • Y'a pas de souci : je n'avais pas compris qu'il s'agissait de vers libres. Je ne le fais pas tout le temps, compter le nombre de vers, mais comme j'ai pris l'habitude d'écrire en respectant la métrique, j'ai tendance à lire la poésie en faisant de même : là ça m'a sauté à l'oreille interne. Puis tu as enlevé l'article devant "permanence du vide", je me suis donc dit que tu pouvais faire de même avec "sensation d'un manque".
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