Aller au contenu

Criterium

Membre
  • Contenus

    2441
  • Inscription

  • Dernière visite

À propos de Criterium

  • Rang
    Nyctalope
  • Date de naissance 01/05/1985

Informations Personnelles

  • Pays
  • Intérêts
    lire, écrire, rêver

Visiteurs récents du profil

57880 visualisations du profil
  1. Criterium

    Le vert et le mauve.

    L'œil s'ouvre. C'est le matin. La lumière du soleil colore le plafond d'un joli ton franc, comme pour me susurrer "Bonjour! Il est l'heure". Il y a toutefois... quelque chose d'étonnant dans l'angle de l'éclairage matinal. Quelque chose d'inattendu et qui ne correspond pas à ce que je vois d'habitude en me réveillant. En reprenant avec peine mes esprits, je réalise que ma bouche est pâteuse, qu'une enclume résonne encore dans ce mal de tête, et que la nuit fut courte et peu reposante. À peine quelques images d'un rêve me parviennent encore par fragments — quelque histoire de goules, qui sans doute me terrifierait encore si seulement je m'en souvenais. Et bien! Dur réveil, mais rien qui ne se soigne avec une forte dose d'aspirine. Sauf qu'il y a — je le vois bien maintenant — un autre problème. C'était une belle chambre; sous la voûte, ce qui faisait que sur une partie de la pièce le plafond était incliné et baissait de quelques mètres. Le lit avec de beaux draps bleu pastel, maintenant défaits; l'armoire, la commode et le bureau dans un bois clair, sans doute du bouleau; la grande fenêtre au sud qui dès le matin inondait la pièce d'une chaleureuse atmosphère. Une chambre confortable et qui m'aurait plu — si toutefois ç'avait été la mienne. Où suis-je? Par chance, la pièce attenante est une salle de bains. Toute aussi claire; les murs aux tons crème. Et ce qu'une telle pièce a toujours, et que j'y retrouvais: un grand miroir. Ce fut avec des pas écourtés que je m'approchai, redoutant par avance quelque révélation inscrite sur le visage, si ce n'était la vision habituelle, moins clémente, des matins d'un lendemain de fête. — Le verdict tenait des deux: j'avais l'air fatiguée, les cheveux en bataille, la peau abîmée. La trace noirâtre d'un peu de maquillage qui avait coulé depuis l'œil et séché, alors que je n'en mettais jamais. Ce n'était pas la tête des grands jours — ou plutôt, si ça l'était, ce serait celle d'un 1er janvier dont les bonnes résolutions avaient déjà pris la malle. — Au même moment où cette pensée me vint, je m'apercevais que le tee-shirt que je portais était non seulement trop grand, mais surtout ne m'appartenait pas. De retour dans la chambre, j'hésitai un instant. Mes affaires n'étaient pas là — évidemment, car je n'y étais pas chez moi, mais je pensais quand même trouver au moins un sac et quelques habits. Rien sur le sol; rien sous le lit. Il faudrait sûrement explorer le reste de la demeure et réussir d'une manière ou d'une autre à se remémorer les circonstances m'ayant menée jusqu'ici. Alors que je commençais à me concentrer pour faire revenir les images, la porte s'ouvrit pour laisser paraître un homme brun, grand, et peu vêtu. Certes, il était beau et ses yeux clairs pétillaient; mais là encore, le problème: je ne le connais pas. Je le fixais du regard pour tenter d'en reconnaître un trait ou un souvenir. — "Bonjour toi!" — "Bonjour", m'entendis-je répondre d'une voix légèrement cassée. Il s'approcha; près, trop près... — je fis un mouvement de recul, et il s'arrêta, l'air étonné. Nous nous regardions en silence et tout d'abord sans savoir quoi dire. — "Je..." - hésitai-je; "J'ai mal à la tête". Autant commencer par cela plutôt que de lui dire derechef que c'est un inconnu; cela me donnerait quelques minutes pour hameçonner le reflet d'un souvenir. Heureusement, il avait l'air bienveillant; en souriant il me dit qu'il fallait que je boive de l'eau et que je mange quelque chose, et qu'il venait de préparer café et biscottes pour le petit déjeuner. "D'accord, je te rejoins". Je passai d'abord de longs moments sous une douche brûlante. La température allait peut-être me réveiller plus en douceur, ou qui sait — peut-être me réveillerais-je une seconde fois, dans mon lit enfin. Rien de tel pourtant. J'interrogeai le séchoir à cheveux, et il ne me dit rien non plus: il se contentait de me souffler question après question à l'oreille. Une fois prête et à nouveau enveloppée du tee-shirt ridicule, je le rejoignis. L'homme avait enfilé une chemise bleu clair; cela lui allait bien, me dis-je en réalisant petit à petit que j'avais au moins le souvenir de l'avoir déjà vu auparavant. Sa présence, inexplicablement, me rassurait. Sur la petite table à laquelle il était assis, il avait disposé un petit déjeuner royal: mugs de café chaud, jus d'orange, biscotte, beurre, marmelade, croissants... Au début, l'idée de manger quelque chose me donnait une impression de nausée; mais c'était juste le mal de tête qui persistait. Mais ça n'avait pas été causé par de l'alcool; la sensation était plus subtile. Une gorgée d'eau commença à clarifier mes esprits. Et ensuite, comme si j'avais manqué d'un nutrient essentiel sans lequel mon cerveau ne pouvait pas fonctionner normalement, dès le premier craquement d'une biscotte beurrée une multitude de souvenirs, d'instantanés de la veille, perlèrent un par un. Alors enfin, je me souviens de tout... * ...La veille. Nous étions un groupe d'amis; nous avions organisé une soirée entre nous. Tous ensemble, enfin ensemble après ces mois sans fin d'interrogations et de confinement. Chacun, avec la sensation qu'on lui avait subtilisé un peu de sa vie, avait développé le regard bienveillant qui venait avec l'évidence que ces moments passés entre nous étaient importants. L'ambiance était festive; nous dansions. Plus tard dans la nuit, nous étions tous épuisés; en petit comité qui se connaissaient tous, nous avions pu nous laisser emporter par des heures de danse, à virevolter et à alterner tantôt un pas de an-dro à l'unisson, tantôt de riantes improvisations. Un ami était assis en tailleur sur le sofa, et martelait son tambour d'un rythme régulier, tandis que certains d'entre nous s'essayaient à scander des poèmes. C'était un jeu d'esprit et de mélodie; il fallait improviser quelques vers en suivant la rime du chanteur précédent, puis en en proposant une nouvelle. La plupart d'entre nous préférait cette forme de transe à celle trop aisée de l'alcool. Alors je chantai à tue-tête: "L'horrible couronne nous a bien eus, Hélas — On a fait ce qu'on a pu; Maintenant elle gît dans le marécage, Tous les oiseaux sont sortis de leur cage." Les questions et les réponses se croisaient dans la belle humeur, jusqu'à ce que nos voix commencent à pâtir de tels écarts. Avec l'heure qui passait, le chant laissait maintenant la place aux longues discussions. Nos projets, nos doutes aussi. J'avais posé la tête sur l'épaule de l'homme brun aux yeux clairs. Comment avais-je pu oublier qu'il s'agissait de ma moitié... — Nous écoutions les aventures de l'un de nos amis, qui s'était semble-t-il donné pour mission d'essayer toutes les substances sur lesquelles il pouvait mettre la main. Ses anecdotes étaient souvent intéressantes et parfois tristes; nous souhaitions juste qu'il fasse attention à lui au cours de ses explorations, qu'il qualifiait toujours de psychonautiques et d'enthéogènes. Il nous montra un petit flacon contenant une substance légèrement fluorescente, verte comme l'herbe. On aurait dit une sorte d'absinthe. Il nous raconta qu'il s'agissait là d'une substance extra-terrestre qui lui avait été confiée par des visiteurs inter-galactiques. Nous rîmes — puis nous réalisions qu'il était sérieux lorsqu'il nous racontait cela. Il avait sûrement consommé quelque chose d'autre avant pour en être aussi convaincu, mais la curiosité et la perspective de l'histoire nous enchanta, et nous entraîna à lui demander de tout nous narrer depuis le début. De temps en temps, lorsque ce n'était pas dangereux, nous acceptions de goûter à de curieux mélanges. Il approcha une petite coupelle. L'ami nous raconte son aventure: — "Je rentrais du travail beaucoup plus tard que d'habitude, ce 14 février. Il n'y avait plus de Valentine, alors depuis des semaines je m'abrutissais à la tâche et finissais des piles et des piles de dossiers. La nuit était tombée depuis longtemps, et avec le long trajet jusqu'à chez moi il devait être minuit passé. Il n'y avait plus personne sur les routes dès que l'on sortait de la ville. Avec la fatigue et la monotonie du paysage de nuit — un arbre, un poteau, un autre arbre... — je me sentais comme hypnotisé; et à vrai-dire j'ai dû dormir l'œil ouvert, puisque je me rendis compte tout d'un coup que j'étais dix sorties trop loin. C'est dire à quel point je devais être éreinté. Bref, je fais demi-tour. Vous voyez le long chemin, à côté de chez moi, qui longe le bois d'un côté et la vieille usine de l'autre? — Oui? — Hé bien, c'est là que soudain quelque chose s'est passé. D'un coup, je cale. Aucune explication. Et la voiture s'éteint: plus de phares, plus de tableau de bord, plus de voyants... Je me disais que c'était bien là le pire jour de l'année: la batterie qui lâche en pleine campagne... J'allais pousser la voiture vers le rebord de la route, histoire d'être à l'abri si quelqu'un avait l'idée de faire des pointes de vitesse par ici, mais dès que je sortis du véhicule je sentais qu'il y avait quelque chose de bizarre dans l'air. C'était... électrique. Vous savez, cette lourdeur dans l'atmosphère qui arrive juste avant l'orage; c'était encore plus lourd, plus oppressant; une odeur d'ozone flottait quelque part." "Je me dis que ce n'était pas un simple orage... et le bois était trop silencieux. Je me rappelais plutôt des théories sur l'espace-temps selon lesquelles il peut y avoir des brisures à certains endroits et à certains moments; où l'on raccommode un point d'espace et de temps avec un autre point, distant, à des années-lumière d'ici et de maintenant. — Et alors que je me posais des questions sur les formules mathématiques qui auraient pu expliquer cela — comme si l'on pût l'expliquer par un tel tour de passe-passe! — j'aperçus une soudaine lueur. Juste plus loin sur la route; un peu comme des phares, mais de couleur verte." "C'était un véhicule! Il arrivait trop vite, on aurait dit que c'était du 200 à l'heure. Enfin, c'était dur à dire, étant donné qu'il faisait nuit. Et d'un coup, il était là. Juste en face de moi. Et immobile; comme si un frein instantané immobiliser la chose. C'était difficile à décrire; une sorte de demi-sphère en métal, entourée de guirlandes multicolores dont la plupart étaient vertes et avaient donné cette teinte à la lueur, à distance. Sans que je ne réalise comment cela se produisit — téléportation? — il se tenait soudain devant moi deux être humanoïdes. Ils nous ressemblaient en tout point, mais ils étaient plus petits, plus longilignes; leur yeux étaient grands et trop verts. On devinait seulement au tracé de leur visage qu'ils n'étaient pas humains: le menton assez pointu, la bouche minuscule; leur visage plutôt façonné comme un triangle inversé." "Ils me parlèrent! Ils me dirent qu'ils m'avaient aperçu naviguant dans l'espace-temps; qu'ils remarquaient toujours les explorateurs des dimensions dans ce coin-ci de la galaxie et du siècle. Ils m'invitèrent à entraîner ma conduite encore débutante en adoptant un véhicule plus adapté. Et tout disparut d'un coup: vaisseau, visiteurs, même l'impression oppressante d'un début d'orage — tout était volatilisé. Est-ce que j'avais rêvé? On le dirait, n'est-ce pas? — C'est alors que je m'apercevais que j'avais une preuve de ce qui venait de se passer: dans les mains, j'avais ce flacon, le véhicule qu'ils m'avaient conseillé d'apprendre à conduire. — Et autant vous le dire: c'est une Lamborghini." Nous rîmes tous. Qu'allait-il bien inventer! Le flacon luit étrangement — il me semblait que la phosphorescence, couleur d'émeraude, devenait plus forte encore. Nous nous demandions bien quelle était cette matière. Avec des gestes réglés et précis, il déposa une simple et unique goutte du liquide, visqueux, sur la coupelle. — "À Mademoiselle l'honneur", m'invitait-il. Il s'agissait, avait-il indiqué, de toucher la goutte du bout du doigt; la substance était lipophile et s'absorbait au contact. Je me demandais si l'effet serait subtil — l'on entend tant de fois parler de telle ou telle substance pour s'apercevoir ensuite qu'elle se contente de colorer quelques rêves. D'un geste presque cérémonial, j'approchais le doigt tendu de la coupelle. Deux centimètres. Un. Et je touchai la goutte. Aussitôt, je sentis quelque chose dans le crâne, à la fois comme si l'on me touchait le cerveau et l'on agitait un voile aux périphéries de ma vision — qui se rétrécit immédiatement. Il me semblait que j'étais sortie de mon corps et que je voyais la scène tout au bout d'une longue-vue — et qui s'allongeait encore, mètre par mètre. Et mètre par mètre. Et mètre par mètre. Kilomètres. * Des paysages hallucinés. La surface de Mars — avec des arbres gigantesques, mais sans tronc, comme des fougères démesurées. Des vapeurs glissaient depuis leurs paquets de spores au-dessous des frondes pennées. Le vert émeraude qui contrastait avec le rouge rouillé du sol martien — une photo à la saturation exagérée. Scintillations. Lumières venant de nulle part et qui pourtant reflétaient des gouttes sèches comme une buée de poussière, les chatoiements du mica. Le son assourdissant de marées invisibles, si fort mais si doux qu'il donnait l'impression de caresser l'oreille interne de l'intérieur, avec un bout de tissu angora. Chutes vertigineuses vers les étoiles — avant de se téléporter ici, à nouveau, dans la forêt cyclopéenne. Une tour immense taillée dans de la pierre noire. Menaçante, perçant le ciel rempli d'ouragans silencieux, de mauve et de pourpre. Tourbillons qui emportent tout. Le ciel devient une spirale qui tord même l'extrémité de l'immense flèche. Les éclairs qui fêlent tantôt cette ronde semblent lier les étoiles entre elles par d'hésitantes broderies électriques. Le canevas sombre et violet de nuages colossaux, voyageant entre les astres en procession. La sensation écœurante qu'une espèce inconnue de champignon dont le mycélium s'étend sur plus que sur trois dimensions m'épie, depuis quelque endroit caché aux alentours de mon champ de vision; l'oppression de multiples présences dont aucune n'est véritablement perçue. Et puis la Lune. Elle, qui devient de plus en plus grande, me dévisage, elle grisée par un sourire narquois — couverte de grains de beauté dont chacun semble tantôt convexe, tantôt concave comme un cratère. Elle m'enveloppe. Elle me prend dans ses bras et m'enfile un tee-shirt trop grand.
  2. C'est étonnant que tu parles beaucoup plus d'elle que de lui. Je trouve que ce que tu dis sur elle tend plutôt à confirmer qu'étant donné que la situation n'était pas claire du tout (de par la mauvaise communication surtout de sa part à lui), elle n'était pas prête à traiter cela comme une relation normale, officielle. Il est compréhensible qu'elle ne veuille pas prendre de photos avec un homme avec qui la relation n'était pas une relation de couple, mais celle d'un ami avec qui l'on a couché et qui ne semble pas en vouloir plus ni même avoir apprécié. De même, on ne part pas en vacances, on n'ouvre pas son cœur, on n'offre pas les câlins en public et ce qui est sensible et vulnérable à ce qui apparaît être un "plan cul" plutôt qu'une véritable relation de couple. — Et on peut encore moins lui en vouloir (à elle) étant donné que lui, pendant ce temps-là, cachait l'existence de son véritable couple...
  3. Ni allumeuse ni manipulatrice, par contre l'homme est lâche: (et a mal communiqué) — Il ne mentionne pas qu'il a une copine alors qu'il enchaîne rendez-vous romantiques et des jours et des nuits à se tourner autour de l'intéressée; sans le mentionner alors même que finalement ils s'embrassent et s'apprêtent à partager une chambre d'hôtel un week-end. — Ce week-end a plu à la jeune femme, par contre l'homme est aussitôt distant; conséquence de sa lâcheté (remords vis-à-vis de sa copine), mais comme elle ne le sait pas, elle analyse la situation plutôt ainsi: "Ah, je crois que finalement il ne m'aime pas, mais que c'était juste une petite aventure". Ce qui explique qu'elle se concentre alors aussitôt plus sur quelque chose de plus important dans sa vie (partiels, etc) étant donné que finalement cette histoire n'était pas si importante. Mais elle garde la porte ouverte. Ses invitations qui suivent sont sans doute dues au fait qu'elle accepte ce qui se présente comme une relation de "amis et un peu plus de temps en temps". — Même après un autre rendez-vous romantique, il ne définit toujours pas la relation. Si c'est une amitié saupoudrée d'un peu de gâteries, pourquoi le présenterait-elle à sa famille? Pourquoi lui confierait-elle ses passés intimes? C'est juste une friandise pour de temps en temps, ce qui alors par quiproquo semble être comment tous deux perçoivent cette relation. — Alors qu'à ce moment-là il y a encore une possibilité pour que cela puisse devenir une relation future, lui hésite encore, ne s'engage à rien, a l'air de ne rien véritablement désirer. Il n'est pas mû par une véritable attirance, mais encore par lâcheté (et par contre ne refuse pas une gâterie), comme ballotté çà et là sans prendre de décision ou oser officialiser quelque chose. Jusqu'à préférer l'ignorer, elle, lors d'un dîner commun. Évidemment, elle le prend mal, peut-être était-elle venue à ce repas en espérant justement qu'ils puissent à nouveau au moins parler et bien s'entendre. Il n'est pas clair dans ton texte quel fut le moment lorsqu'il a avoué être déjà en couple (et ce couple-là ne devait-il pas aller particulièrement mal?) mais on a l'impression que c'est à la fin, juste avant le dîner. Si c'est le cas, raison de plus pour elle pour l'avoir ignoré à cette occasion. Ça aurait pu finir à ce moment-là mais sept mois plus tard, elle, peut-être prise de nostalgie et manifestement ayant toujours des sentiments pour cet homme, lui propose le rapprochement et en quelque sorte le force enfin à faire un choix et l'occasion de manifester ce qu'il veut vraiment. — Il refuse. — C'est bel et bien fini. On pourrait dire mauvaise communication, mais à mon humble avis et en ayant seulement cette version de l'histoire, je dirais que les torts s'accumulent du côté de l'homme lâche.
  4. Et voilà que l'amie la Rose déclame: "Alors mon gus, aimes-tu la main qui te touche? Lorsque je te pénètre, tu te pâmes" Sortez les violons pour la mise en bouche. Orange, Commissure, Droite, Courbette
  5. Criterium

    pirates suite

    Voilà que le pirate psychopathe trépasse... À trop jouer avec légèreté avec la mort, il s'est aperçu trop tard que c'était en fait la mort qui jouait avec lui. La vie triste d'un personnage dur.
  6. Criterium

    pirates

    Un texte terrifiant, car le pirate est psychopathe. Il manie la mort avec tellement de facilité qu'il ne va pas s'apercevoir quand ce sera la mort qui enfin le manie. Généralement ce genre de hors-la-loi a une courte espérance de vie: son équipage poussé par l'instinct de survie ne risque pas d'attendre d'être sacrifié un par un si sagement. — Du coup c'est difficile de croire à l'honnêteté de ses sentiments dans le cœur de pierre, et l'on se dit ce qu'est forcément plutôt un symptôme émotif qu'un amour naissant. Est-ce la beauté de la demoiselle, ou ses rondeurs, ou l'enivrement de la domination, et les derniers signes du scorbut — on soupçonne quelque raison sombre. (Je n'ai pas encore lu la suite! Voyons voir ce qu'il va s'y passer!)
  7. Criterium

    Rêveries

    Joli texte C'est comme une déclaration d'amour pour ce monde qui se dessine au-delà du monde qui nous dessine. Oui, c'est généreux, et c'est aussi léger, vol d'oiseau qui virevolte dans les airs et admire la force immense de magnifiques paysages. Le poids d'une montagne. La puissance d'une vague. Le jeu des verbes. — Fais un bon voyage, sur des pages et des pages!
  8. Criterium

    Vertige.

    Merci, ça me fait plaisir J'aime bien garder beaucoup de largeur d'interprétation pour les personnages, cela aide chacun à se les imaginer différemment, et permet aussi de focaliser sur l'atmosphère. Cette dualité sommeille en nous tous, je crois. Même si ça ne se voit souvent que lorsque la distance du dédoublement devient trop grande...
  9. Criterium

    La chapelle.

    Je confirme que ça se lit d'une traite! Le personnage n'est vraiment pas chanceux, à y réfléchir: il a suffi de laisser sa fenêtre ouverte et d'être un peu trop précis au lancer de cendrier pour pour finir le jour-même avec quelques nouveaux problèmes. Pour quelqu'un qui ne sortait pas de chez lui, cette aventure l'aura bien changé...!
  10. Criterium

    Vertige.

    Vous vous réveillez en sueur et dans le noir. Quelque chose ne va pas. Une sensation diffuse; l'oppression vague et la certitude qu'il y a là une Présence. De longues secondes pour deviner les contours des objets dans la pièce, ciller la pénombre. Vous redoutez que l'une des formes soudain s'anime; vous redoutez que tout s'envenime. L'impression ne part pas; le front est en nage — par fièvre ou terreur. Est-ce la maladie? Un grand haut-le-cœur vous interroge encore. — La sensation d'une mort imminente. Pourtant vous vivez. La paralysie s'amenuise; vous vous redressez. Les draps sont lourds — trempés... comme dans un cauchemar. Chaque mouvement vous donne l'impression de voir flou; une torpeur étrange qui étreint tous les membres du corps. Une enclume silencieuse sur laquelle s'abat, régulier, le marteau de l'éveil, rythmé... rythmé par vos battements de cœur! Le sang est-il si lourd? Les yeux ne s'habituent pas à la pénombre — les pupilles n'obéissent plus aux lueurs. Tout est incertain et se trouble encore, par palpitations. Par contre... votre odorat semble vif et affiné. Il perçoit tout dans la pièce et même au-delà; aiguisé, il distingue chaque nuance enveloppant la bâtisse et les bois. Chaque touche boisée, chaque feuille de pin en aiguille... les dernières notes de l'encens de la veille; commiphore, huiles essentielles d'orange et d'agrumes orientaux — yuzu, pomelo... le vernis passé il y a des mois sur le meuble en acacia flotte encore quelque part dans l'obscurité. La gouache séchée sur de vieilles esquisses. — La sueur sur le lit, bien sûr...; mais il y a une autre fragrance dans la pièce. Le sens accru capture aisément ce parfum peu familier qui trahit la présence; l'odeur si subtile ne peut pas se dissimuler tout à fait: le soufre et le fauve. Vous vous rappelez... — Vous aviez pris l'une des cartes, face retournée, au hasard. Le vœu et la question ont été formulés intérieurement — mais dans le silence, c'était un son clair, une proclamation solennelle à l'intérieur du crâne. Vous aviez attendu — l'instant avait revêtu un aspect sacré, cérémoniel. Chaque seconde amplifiait la signifiance du choix — alors même que la carte était, elle, déjà entre vos doigts. Il fallait la retourner et enfin découvrir l'énigme et l'oracle. Votre main finit par trembler, vous vous en rappeliez bien. — Maintenant aussi, vous revoyez l'arcane. XV — Le Diable. Et cette nuit, le Diable était venu.
  11. Hier il a neigé, Aujourd'hui, givré, Demain les postiers Viendront s'y frotter. L'un glisse et sourit; L'un choit et se plie; L'autre pousse un cri, Au sol les grands plis. Et puis les danseurs Qui tous skient sans heurts Tous bien avant l'heure: Ceux-là rient sans pleurs. Ils sont venus tôt, En file comme des pros, Se cassent le dos, Repartent au galop. Et si vous voulez Un heureux courrier, Belle matinée Pour créer le papier.
  12. Farandole de porte-mine, les rêves dans la Nuit — La plume taquine décolle et danse sans un son. Elle décrit de belles valses, eux s'écrient par écrits, Imagine à foison - rejouant mes péchés mignons. Pénombre, Glisse, Écrire, Clin (d'œil)
  13. Criterium

    Cher ange

    C'est beau J'aime bien le fait que dans ce paysage onirique si glacial il subsiste encore comme une lueur d'espoir, une dernière lumière ambrée au fond du tunnel: une dernière chance, un dernier souffle de vie. Il n'est donc pas trop tard... ou tout du moins c'était le cas, étant donné que la lettre oubliée date de plusieurs mois... Sont-ce donc les brumes du désespoir ou un dernier écho en vain, on ne sait pas ce qu'il s'est passé. Belle chute également par le fait qu'au début l'on se construit cet image du chevalier qui poursuit ardemment ses conquêtes et retourne vers sa première — alors qu'il s'agit en fait d'un lien beaucoup plus direct: sa fille. Monsieur volage a laissé s'envoler son ange.
  14. Criterium

    réglement de comptes

    Mais parfois il s'agit justement de faire du bruit et d'être visible. Depuis la chaire du parrain, il s'agit d'être vu et d'être compris, et souvent le symbole a tout autant de valeur que l'action elle-même. — Qui osera encore la faire à l'envers à Mister Lucki?
  15. Merci! J'aime bien écrire... et rêver. Regardons à nouveau la vidéo des vacances : Où l'on court dans les champs et l'on danse. Même en salopette vous y alliez allegro, Insatiable de nectar et de rusés oraux. Persil, Fleur, Épice, Délice.
×