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La Lettre

C’était une journée de septembre, qui sentait l’été. Des âmes éteintes, mues par d’invisibles ficelles Coulaient vers leurs cercueils de rues en ruelles. Dans le tumulte fluvial de ces vies, j’errais… Le soleil, résigné, inondait la ville bouillonnante Des ultimes instants à s’affairer dans la foule bruyante. Seul comme tous, les yeux rivés sur le sol, La musique guidant mes jambes ballantes, La main moite, le regard fuyant, la tête molle J’esquivais les « non-présences » environnantes Quand tu sortis. Légère, souriante, fière et heureuse. Dégageant cette espèce d’aura métaphysique Dont les poètes s’amusent, tu semblais Amoureuse Tu piétinais en une seconde des jours pathétiques, Terrassais d’un regard l’amorphe des heures. Quelle maladie étrange. Mes entrailles tremblent encore. Cette nuit là fut bavarde à m’offrir une Petite Mort Vibrante de ton souvenir. Le temps s’était accroché A la toile de ta beauté sobre et sincère. Il y est resté. Alors j’écris une lettre, que jamais tu ne liras Je préfère le secret. Si c’est à d’autres que moi Que tu réserves ta magie, laisses moi les chimères Ignore que chaque soir, je commet l’impair De perdre mes yeux dans ta robe volage Et dérobe la joie à tes charmes de passage Secrètement, X.

Loopy

Loopy

 

Chapitre 206 : Le dragon mort (HS)

Bonjour tout le monde. Le chapitre n'est malheureusement pas sorti ce samedi, j'avais du boulot et ça arrive mais n'ayez pas peur. ce chapitre a été décalée que de quelque jours rien de grave enfin pour moi mais pour vous je m'en excuse sincèrement. Chapitre : L'étrange homme avance avec le dragon et se dit : " Je m'attendais à quelque chose de plus exceptionnel... Quoi qu'il en soit deux kages ont été battu. Il en reste trois". Au grand tournois. l'alarme se met en route et l'arbitre écoute l'alarme et réunis les personnes. Aizen et fabien écoutent également et l'arbitre dit : " Un intru est sur l'île." et goku réplique : " un intru ?. Il est seul ?". et l'arbitre dit : " Oui, il est seul. Nous devons réunir quelque informations. Ulquiorra.... Herbu votre mission sera de battre cette personne mystérieuse qui rôde sur l'île". et la personne dans les airs réponds : " Intéressant". Tout le monde lève sa tête et Vegeta dit : " C'est lui ?". Vegeta fonce sur la personne mystérieuse et la personne dit : " Tu es donc mon premier adversaire ?. Très bien ! ça me va.... Cependant !". Le dragon au dessus de la personne lance des flammes et vegeta est étonné. Urahara active son bouclier pour protéger vegeta et dit : " Ola... C'était juste..." et Vegeta réplique : " Ne te mets pas en travers de mon chemin. Sale bestiole !". et l'étrange homme active son sharigan et dit : " Vas-y... Détruit les !." Le dragon fonce sur vegeta et goku apparait et frappe le dragon avec son poings mais celui-ci bouge qu'un peu et puis réplique avec sa patte. Goku recule et dit : " C'est chaud..." et Yoruichi crie : " Kisuke éloigne toi de lui !". Yoruichi active son boost de vitesse et frappe le dragon à son tour et le dragon ouvre sa bouche et Urahara crie : " éloigne toi !." Gin met son épée et dit : " Transperce le Shinzou !." L'épée de Gin s'allonge et le dragon bouge un peu mais son aile est transpercé et Herbu se dit : " Il est vraiment résistant ce dragon...." Gaara agite son sable et dit : " C'est mon tour désormais. Je vais lui montrer ce que veut dire : " Kage !". Gaara fait agir son sable et le dragon est aveuglé par le sable et Majin buu lance une grande boule de feu vers le sable et la boule de feu explose. la fumée disparait peu à peu et l'étrange personne dit : " Apparemment ce fut un échec. Ce dragon était imparfait... Non. Incompatible." et Toshiro dit : " Qu'entends tu par Incompatible ?". To be continue !.

Haku

Haku

 

Notre âme d'enfant

Comme des enfants Nous sommes apeurés Par ce monde que nous ne maîtrisons pas toujours Comme des enfants Nous sommes attirés Par ses phénomènes qui nous surprennent chaque jour Nous jetons un caillou dans la marre Et sommes tout étonnés des ondes créées Nous comprenons peu à peu que cette étendue d’eau Calme, trouble ou agitée N’est autre que le miroir de nos états d’âme Notre âme d’enfant, au fond, sait déjà tout Mais elle a pourtant gardé, bien au creux de nous Ce trésor qu’est l'émerveillement

Marioons

Marioons

 

Adieu boulets

Adieu boulets d’orgueil Qui m’empêchent de pardonner Adieu fardeaux de culpabilité Qui m’empêchent de me pardonner Adieu charges des obligations Poids des conventions Brouillards de doutes Voiles glacés de peurs Vous pouvez lâcher, vous dissiper Cesser de vous agripper Laissez-vous fondre au Soleil... Je n’ai plus besoin de vous Plus besoin de vos œillères, de vos réserves d’illusions Plus envie de vous dans ma vie Il y a tant de mondes à découvrir Tant de beauté, tant d’intensité... Je sais que j’ai tout mon temps Et encore toutes mes dents Mais pourquoi patienter ? La vie, n'est-ce pas maintenant ? Pourquoi attendre ? Qu’attendre ? Qui attendre ? Depuis tout ce temps, c’était moi que j’attendais Je suis venue à ma rencontre Je me suis timidement souris, puis tendu la main J’ai lentement fait ma connaissance Et puis j’ai décidé de prendre les rennes Et de partir au galop, pour voir… Alors j’ai découvert Que toutes les limites de ma vie N’étaient que pures créations de mon esprit

Marioons

Marioons

 

L'homme qui conversait avec son âme

Elle me disait à quel point j'avais raison dans mes choix, que je devais poursuivre ainsi si je voulais réussir. Je me sentais grandi, enfin valorisé par quelqu'un. Vous savez, nous avons tous un peu tendance à créditer d'importance ceux qui semblent nous pousser à aller au bout de nous-mêmes, à faire confiance à ces personnes-là alors qu'elles peuvent être en train de nous tromper. Il est difficile de sortir de cet engrenage censé nous laisser dans l'illusion qu'il a effectivement de l'intérêt pour nous, qu'il se préoccupe vraiment de ce que nous souhaitons. Il manipule nos envies pour mieux contrôler nos désirs. Va-y ! Va-y ! Pourquoi tu hésites ? Pourquoi tu ne te lances pas à corps perdu dans ce qui t'attire tant ? Tu sais que tu le veux, tu sais que tu le feras. Ne te frustre pas à le contenir, tu perds ton temps et ne fais que l'exacerber. Laisse-la... Laisse-la s'exprimer. Cette bête qui est en toi. Cette bête qui n'attend qu'une chose : se réveiller. Il, elle. Je ne sais pas trop ce qui convient le mieux. Ce n'est pas tant que je ne sache pas à quoi cette personne ressemble, c'est simplement que je ne sais pas qui, de ces pronoms, reflète parfaitement ce qui m'a longuement convaincu de me dépasser. A vrai dire, je crois qu'il m'a réalisé, me libérant de toutes ces contraintes qui pourrissaient mon âme. Cela m'importait peu, au départ : comme chacun, je restais sceptique face à sa proposition, ne croyant pas en de telles paroles, en ces promesses qui résonnaient comme des mensonges. Je faisais erreur. Ainsi elle a pris forme, dévorant les malheureux qui croisent sa route. Son atout majeur est de paraître endormie en dehors. Elle peut alors épier sa proie doucement, l'amenant dans un piège dont elle ne pourra s'extirper. Elle s'infiltre, pénètre les pores de sa conscience, et empoisonne de toute sa noirceur ce qui peu avant était encore en vie. Maintenant, ce n'est plus qu'une apparence. Une apparence qui masque l'agonie ineffable et inaudible. La sienne. Elle m'avait expliqué que je devais guider les autres, que sans moi ils ne pourraient pas quitter cet état d'ignorance dans lequel ils gisaient depuis toujours. Elle me répétait chaque instant que j'étais l'élu, l'être choisi pour briser les chaînes qui les étouffaient. Que tout ça, je devais le faire. Grâce à elle, grâce à sa voix. Les amener sur sa voie, pour qu'elle se charge de les sauver. Je ne sais pas si j'avais raison ou tort de l'écouter, mais je sais qu'aujourd'hui je ne souffre plus de mes fautes : elle a complètement avalé mes souffrances en avalant mon âme. Viens, approche-toi ! Ne crains rien, je suis le rédempteur. Abandonne-toi à moi et tu seras sauf. Refuse, et tu connaîtras l'éternel enfer. Celui du souvenir et du regret. Viens, que j'entre en toi ! Mon travail est de travailler pour toi. Tu es mien. L'un parmi d'innombrables. Je peux te chuchoter ce que tu ne sais, te montrer ce que tu ignores. Avec moi, tu ne rêveras plus de vérité : tu la prêcheras. Il te suffit de t'approcher. Lentement. Très lentement.

Jedino

Jedino

 

De l'art de gouverner

Il est des gens comme des bêtes : un coup de trique et ça se remet en marche. L'autre stratégie, plus vicieuse et moins radicale, c'est d'aguicher la proie comme on appâte un poisson : une promesse, et vous voilà devenu prophète, homme à mener ses fidèles jusqu'à la Voie Sainte. Bref, il suffit de manier quelques tours de main pour arriver à ses fins. Il est autre chose de chercher à vraiment faire le Bien. Celui des philosophes et des sages, vous savez. Bien pour tous, et tous par un. Autrement dit, il s'agit de trouver celui qui, par un hasard de l'expérience, en est venu à transcender son être avec une idée ô combien supérieure à lui. Un anti-dictateur, en quelque sorte, qui sait incarner les idées bonnes et les mettre au mieux en application. C'est d'un tel homme que je vais, ce soir, vous parler. Notre philosophe-roi, comme nous pourrions le nommer, se levait ce matin tout à fait joyeux. En effet, il allait commencer aujourd'hui à répandre sa bénédiction sur tous les gens qui lui ont accordé sa confiance, et même, à ceux qui se sont méfiés de lui. Son altruisme naturel l'avait donc mené à réformer massivement toute la journée, et toute la semaine durant. Les gens l'acclamaient, et la confiance qu'ils lui louaient ne cessait de grandir. Mais les pays voisins aux rois parfaitement installés commençaient à sentir les conséquences d'une telle réussite : les populations demandaient la même chose et le revendiquaient progressivement, les obligeant à sortir le bâton plus qu'à l'accoutumée. En outre, ils faisaient écrire par leurs journaux libres combien ce chef d'Etat était ridicule et sans éloquence. Ce personnage grossier, venant d'en bas, ne méritait pas son titre. Le bien-être de son pays continua cependant à grimper. Alors ils prirent la décision qui s'imposait : une fermeture des liens qui unissaient autrefois les nations afin d'endiguer le mal et, surtout, de le réduire jusqu'à le détruire. S'il le fallait, ils iraient songer à désinfecter complètement cette plaie. Il suffirait pour cela de faire quelques exemples, et les troupes se mettraient en rang d'elles-mêmes. Ils n'avaient toutefois pas tort : bien que sage, il n'avait pas l'élégance et la subtilité des hommes anciens. Il ne connaissait que la vérité de la terre et la saleté de l'usine. Il ne s'habillait jamais comme il faut, laissant les costumes à ceux qui avaient besoin du paraître pour arriver à taire le non-être de leurs actions. Un jour qu'il rencontra ses semblables à l'occasion de l'ultime discussion avant la guerre, il refusa de revenir en arrière sous-prétexte de nuire à des carrières. Finalement, faute d'avoir été soutenu par autre chose que le peuple qu'il avait rendu heureux, le monde retrouva son état intermédiaire entre le pire et le meilleur, préférant rester dans l'incertitude que d'affronter le poids d'une certitude, fusse-t-elle positive. C'est pourquoi il termina son mandat devant un juge, condamné à avoir tenté de créer un déséquilibre profond dans le monde et à avoir sans cesse négligé la hauteur de sa fonction pour la railler de par son attitude.

Jedino

Jedino

 

De la logique

- Tu l'as foutu où, du con ? - Elle était juste là... - J'te demande d'y garder un oeil cinq minutes, cinq foutues minutes, et t'es capable de merder ! C'était pas compliqué : simplement poser tes deux putains d'yeux sur la gonzesse morte ! - Bah, à ce sujet... Si elle n'est plus là, c'est que... - Elle était morte. - Sûr ? - Sûr. - Tu crois que c'est une morte-vivante, du coup ? Parce qu'on ferait bien de se barrer vite fait, dans ce cas ? - Arrête tes conneries et suis-moi, elle doit pas être bien loin. Ils se mettent ainsi à chercher le corps de la morte. Le problème, c'est qu'après dix minutes à balayer les alentours, ils n'ont rien trouvé. Plus aucune trace. Il avait fait attention, pourtant, et il s'était assuré qu'elle ne respirait plus. Et avec une balle dans la cervelle et l'autre dans le coeur, cela ne pouvait pas être possible, qu'elle ait finalement survécu. - On ferait bien d'y aller. - Faut la trouver et s'en débarrasser. - Toi qu'a tiré, je risque rien, moi ! - Tu risques de finir comme elle si tu me fais un plan pareil, ouai ! Alors ramène ton cul et continue de faire ce que t'as pas été foutu de faire. Mais elle apparait au coin de la rue, bien debout et bien vivante. - Tu vois ce que je vois..., qu'il lui chuchote. - Faut vraiment qu'on dégage, que l'autre ne cesse de répéter. - T'es fou ou quoi ? J'lui ai mis deux balles. Regarde ! Elle est trouée. Et ça a l'air d'aller ! - Elle marche normalement, elle doit pas se souvenir. Allez ! - Non, j'suis censé la buter, alors je vais la buter. - Va-y tout seul, alors. - T'as raison : tu vas y aller tout seul, et je t'observe. Correctement, promis. - Va te faire voir ! C'est pas ma crasse. - C'est autant la mienne que la tienne. Amène-toi. Ils s'avancent, la rattrapent. Elle s'étonne d'être suivie de la sorte et d'être interpelée avec si peu de politesse par deux inconnus. - Pourquoi vous n'êtes pas morte ? - Je vous demande pardon. - Pourquoi je vous ai pas crevé alors que votre tête et votre poitrine sont trouées ? Elle remarque, surprise, qu'il semble dire vrai puisqu'il y a une marque sur son haut. - Ecoutez, je ne sais pas de quoi vous parlez mais... - Et toi, mon pote, t'expliques ça comment ? - Bah ma foi... - Tu sers vraiment à que dalle. Il sort son arme, la braque sur la fille et tire à nouveau sur son front. Elle s'effraie, est touchée, mais ne manifeste aucune réaction autre que la peur. Elle se met à courir, pensant qu'il a raté sa cible. Il tire plusieurs coups successifs encore, sans plus de succès. - J'y comprends rien... - On fait quoi ? Il le regarde. Lève son pistolet et troue son ami. Celui-ci s'effondre. - Y'a vraiment un truc qui m'échappe. Et il s'en va. Son ami, lui, reste au sol quelques minutes, avant de se relever, l'air de rien. Et il se met à marcher, sans savoir pourquoi il est là. Il sait seulement qu'il y est. Son dernier souvenir, avant cela, est la discussion d'où a émergé l'idée de flinguer une personne, histoire de se marrer.

Jedino

Jedino

 

Confession

Bonjour "petite fleur". J’avais envie de t’emmener dans un lieu qui défit la morale. Inventer une histoire de sang, de sexe, de violence et de tous les stupéfiants interdits qui nous sont tabous. Sans conscience ni scrupule, je voulais bousculer les esprits et les rendre perméables à un peu d’immondice pour que tu sentes ma véritable puanteur. J’aurais craché sur ta pitié et ri de ta souffrance, sadique à m’en trancher la gorge devant l’innocente vierge violée, je ne vis que pour détruire. Tel est mon don si encore je devais m’en trouver un. Je voulais te faire visiter mon univers malade, saccagé par ma propre arrogance. Mais je ne peux me résoudre à faire de toi une victime de mon enfer. Alors je me suis assis et ai jeté sur le papier, sans ordre ni logique, une confession, unique trace d’un pardon que je refuse. Ma tendre petite fleur La nuit, quand je parle à la lune dans le vide des "gravités", les étoiles m’observent. J’y vois bien plus qu’un univers mystérieux qui résiste à nos théories. La poésie a décidé qu’en ce royaume gouverné par des Dieux inconnus, les sujets soient ceux qui partirent. Ecoutant les vers de ces illustres (h)auteurs, je me suis moi-même pris à croire qu’il y avait en cet endroit des yeux accusateurs et qu’il n’y avait pour me cacher que la profondeur d’un enfer. C’est ici que pour la première fois j’ai rencontré celui qui devint mon Pendu. Le Roi des abimes de mon inconscient me fit comprendre que c’est moi que je fuyais et qu’à travers les autres, c’est moi que je cherchais à détruire en vain. Pourquoi ne me suis-je pas mort? Je dis souvent que c’est parce que je respecte trop la vie, mais c’est un mensonge car j’ai peur de ce qui m’attends après, je me demande si, en mourant, je ne serais pas confiné éternellement dans cet Enfer. Oui petite fleur, il y a de beaux jours ici. Quand je vois pétiller tes yeux, quand j’entends qu’on me parle des libertés, quand je vois le vent qui se lève sur la Méditerranée et le soleil qui se couche sur l’atlantique. Quand je vois ceux-là, qui combattent cœurs et âmes à leur conviction, qui veulent briser tous les murs pour un avenir meilleur. Quand je vois ceux qui se battent face à eux même, les yeux plongés dans la connaissance des Hommes, prêt à en ingurgité toute l’imbuvable substance. Quand je vois le monde qui se dresse, comme uni, enfin, contre l’injustice. Oui, il y a de beaux jours ici-bas, et je veux y rester encore un peu pour sentir monter moi l’excitation de la joie. Je veux encore pouvoir regarder les étoiles et me confier à la nuit, je veux voir le "Diable qui danse ,larmoyants". Je veux croire, une seconde, au sentiment et connaitre encore la paix de leur acceptation. Petite fleur, sur ma route tu m’as demandé de te protéger, mais de Petit Prince il n’y a en moi que le désir de voyager. Sans aucune pitié, je t’ai déracinée et pour ce prix ne t’ai offert que la glace de mon regard, la froideur de mes caresses et la souffrance de mon âme. Je le regrette petite fleur presqu’autant que je regrette ce qui m’a conduit là. Je n’attends aucun pardon pour cela, comme je n’attends aucun pardon d’un passé encore plus lointain. Je n’ai pas toujours été un monstre, je te supplie au moins de la croire. Autant de haine ne peut venir que d’un profond amour et même moi, j’ai su aimer… S’il est un sujet sur lequel je suis maladroit, c’est bien celui-ci. Tu le sais, je ne parle pas d’amour, je le conchie. Sauf aujourd’hui. Ignorant des choses de la vie, j’avais alors à peine passé l’âge d’être un puceau boutonneux, quand me sont tombés dans les bras, le bonheur et celle qui l’enfanta. Unique, belle, aimante, elle avait des cheveux blond clair, lumineux, des yeux d’océans où pour tout ce que je possédais j’aurais été marin. Elle avait le charme insaisissable d’une tendre timidité et malgré cela un esprit piquant et fin, qui ne manquait aucunement d’intelligence et de répartie. Elle avait surtout, un air de liberté qui plus d’une fois nous a ébouriffé les cheveux, aux quatre coins du monde. Je me souviens d’un soir d’été, sur le bord d’un chemin à la fin d’une belle promenade, où son sourire se perdait dans ses fins cheveux d’or mêlés des derniers rayons du soleil Argentin. Tu es, petite fleur, ce que j’ai jamais connu de plus semblable, et à l’instant précis où tu posa ton regards sur moi, j’aurais pu mourir. J’aurais peut-être dû, car l’oubli que je recherchais était la dernière chose que tu pouvais m’offrir : tu es le souvenir de ce qui fut, et qui ne sera plus. Revenir sur les circonstances d’un tel drame n’est pas à l’ordre du jour. Je ne saurais l’écrire. J’ai essayé, pour libérer ma haine, mais je ne suis allé que de rature en "rature". Incapable d’exprimer mon mal, je me suis noyé dans les pires atrocités pour l’oublier. J’ai voulu prouver qu’on pouvait souffrir plus que moi, et y suis arrivé. J’ai voulu voir en pleine face toute la douleur du monde, et m’en réjouir. J’ai voulu briser tout ce qui m’entourait, et m’en réjouir. Mais toutes les réjouissances n’ont jamais eu le gout que j’ai senti auparavant. J’ai erré dans mon propre cerveau, l’ai détruit lui aussi. Quelques mains aidantes se sont tendues. Je les ai attrapées, mais aucune ne m’a vraiment extraite de l’huile visqueuse dans laquelle je m’étais depuis longtemps enfoncé. Depuis, sur mon chemin je ne sème que le mal et la destruction, pour me convaincre que ce qu’il y a devant est mieux que ce qui est derrière. Tu es, petite fleurs, une tristesse de plus dont se nourri ma folie. Vas t’en, avant qu’il ne soit trop tard, vas-t-en offrir tes pétales à d’autres qui sauront les sentir, vas-t-en planter tes épines dans ceux qui en sentiront la douleur. Car pour moi, petite fleur, tu es en retard, mon cœur est déjà parti. Regarde dans le ciel l’étoile qui brille au fond, c’est lui… Quand tu la verras, dis-toi que tu as été mon plus beau et mon plus douloureux remède. J’ai failli t’aimer, et pour cela, ai renoncé à te détruire. Fuis, avant que le pendu ne nous voit. Adieu.

Loopy

Loopy

 

Jeux d'enfants

Ce temps est si loin. Où les mondes baignaient de choses étranges. Autant de créatures et d’inconnues imaginaires, produits des rêves tissés par nos yeux d'enfants. Nous foulions les grandes étendues sauvages, nous les partagions de vallées en montagnes. Les plus petits espaces se transformaient en immenses contrées, verdoyantes souvent, enneigées parfois. Puis quand les fabriquer ne suffisaient plus nous sautions à en perdre les altitudes au fond de ces images. Et cette chaise, qui était un dragon, et cette table, qui était une maison, en sont aujourd'hui les ultimes témoins. Affreusement pentu ce couloir n’avait d’horizontale qu’une réalité qui ne nous touchait guère. Nous descendions ce ravin vers les trésors que les pirates enterrèrent près de la porte. Nous traversions les marécages dangereux d’une tonnelle sans verrières. Nous éborgnions des cyclopes, et campions dans une forêt sombre. Enfoncés dans la noirceur des grottes, sous l'évier, se cachaient nos trophés de chasse et nos trésors durement volés. Puis, en un pas de géant, les sept lieux parcourus nous menaient dans la clairière isolée, respirant le bonheur d’une chambre. Les mondes habitées d’âmes solitaires et errantes du grenier nous effrayaient, tu m’y attrapais la main, et dans cette confiance commune, laissais évaporer un peu de nos craintes. Et cette chaise qui était un dragon, et cette table, qui était une maison, ont pudiquement cessés de compter ces souvenirs. Je voudrais m’envoler encore vers ces pays abandonnés. Avec toi, recommencer nos voyages sans fin. Découvrir encore des elfes au fond des bois endormis d’un salon. Sous une pluie de rires, encore t’emmener vers de ces quêtes d’enfants, où les bonbons étaient de l’or, et quelques plastiques, de précieux diamants. Partir si loin, pour ne jamais revenir. Tendre un espoir vers les lendemains qui n’existent que les heures passant, et rêver, doucement, d’un futur qui nous échappe. Reprendre ta main, pour voir s’envoler mes peurs, et sourire aux sombres destinées, rassurer d’une douceur sans faille. Effleurer ta lèvre d’un regard tendre, et danser sans mouvement dans une joie qui toi seule peut comprendre. Rire au nez des monstres sur une balançoire. Faire de ces souvenirs le matelas de notre vie. Mais tu as tout oublié. Et, seul au fond d’un grenier, j'ai peur de combattre le sérieux des adultes, ces monstres qui t’ont fait grandir, ces monstres qui transformèrent notre maison en table et notre dragon en chaise. Je voudrais encore porter sur ton front, la couronne charmante de l’univers que nous avions construit, le faire revivre, par ta magie, d’entre les morts pour s’y blottir, quand il fait froid, quand les temps sont durs, ou quand nous le voulons. Ma reine, pour que les contes existent, il faut des enfants pour les faire naître, de l'insouscience pour les arroser, de la folie pour les rendre plus beau. Il faut cette chaise qui est un dragon et cette table qui est une maison. Peut être un jour, te souviendras tu. Au détour d’une musique, d’une histoire ou d’une route parsemée de lilas. Peut être te rappelleras tu tout ce que nous vécûmes, d’une seule âme. Peut être viendras tu à la mémoire de nos esprits complices qui s’aimaient à tout rompre. Peut être te souviendras tu que les aventures perdurent encore dans ces mondes qui n'ont de limites que celles qu'on leur impose. Peut être referas tu le voyage d’une exploratrice pour faire une exception à la réalité. Ce jour là, rejoins moi dans ce monde, suis la route que tu souhaites, et tu me trouveras et enfin cette chaise, sera un dragon, et enfin cette table sera une maison. Je t’accueillerai d’une fleur violette, le sourire aux lèvres, et t’embrasserai. Je te donnerai la main pour effacer tes peurs, et nous irons nous venger des infâmes ennemis adultes, en leur lançant à la figure, d’un geste moqueur, et d'un rire bruyant, une maison, un dragon, et la folie heureuse qui nous lie encore...

Loopy

Loopy

 

Arménédia

A l’ouest palpitent les néants. Scylla Ri et dans le noir – mon cher ami – Miroitent ses sourires où s’accroche le Nid Ephémère d’une trop ancienne alchimie. Nul doute qu'au plus sombre l’Eden Embrume encore mon coeur atone. Danses ton frénétique mobile perpetuum, Irreversible, danses encore sans céder Aux tristesses enragées, Arménédia

Loopy

Loopy

 

Terrain de jeu

La vie, ce réservoir infini d'expériences, Ce territoire illimité, Qui à mesure qu'on l'explore avec sincérité Nous offre une vision de plus en plus large, Des espoirs jusqu'alors même pas imaginés. La vie, ce terrain de jeu fantastique Dont on ne saisi les règles qu'en jouant, Nous offre après chaque déception une nouvelle épreuve, Nouvelle occasion de comprendre. La vie, je ne sais pas qui a eu cette idée Mais bon Dieu, elle est sacrément bien ficelée...

Marioons

Marioons

 

Spoiler (billet sans grand intérêt)

Yo, Après presque trois semaines à tenter en vain de renouer avec Erato, ou à défaut avec Pégase, j'en viens à la conclusion, évidente à crever les yeux d'un cyclope borgne, que je risque fort de me heurter à une page blanche pendant encore quelque temps avant de pouvoir enfin écrire la suite de Douze mois d'avril. Comme j'imagine, ironiquement parlant bien entendu, que vous brûlez de découvrir le fin mot de l'histoire, je vais glisser la solution en spoiler en commentaire dudit poème. A la revoyure.

konvicted

konvicted

 

D'un clic ou d'une claque

Abstrait. Ils disaient que ce n'était que trop hermétique, que derrière ces simagrées se terrait en fait une réalité chaotique. Difficile, toujours, de dire si le pire tenait dans l'erreur ou la fausse agitation que cela provoquait. Erreur, car personne ne serait allé croire que le malheur se répandrait. Mais fausse agitation, également, puisque de toute façon nul n'y échapperait. Essence universelle, donc. Cela tient finalement d'une incandescente vérité : les chemins sont faits pour être cabossés. L'uniformité n'est que la singularité d'un ensemble brûlant d'innombrables irrégularités. Les pierres qui font chuter ne sont qu'un ordre que nous cherchons vainement à gommer, pensant effacer ce qui blesse nos pieds et ralentit notre pas. - Condamné, levez-vous. La peine encourue pour une ignorance consciente de l'évidence est la capitale : une dose létale d'existence. Quoi de plus terrible que d'être interdit de mourir ? Sinon ce besoin vital de penser avoir prise sur notre vie ? Rien. - Avez-vous quelque chose à ajouter ? J'aimerais dire que nous le sommes tous. Des chiens battus par l'espoir et égarés par les illusions avec lesquelles elle nous titille. Gouzi gouzi ! Allez rigole. Zou ! Quelques années encore. Te voilà bien arrangé. Tu finiras par crever vivant, bien mal installé dans ta chambrette à te saouler de tes habitudes. Ivre de bêtises, ivre de temps. Si mon corps se traîne encore, le feu de mon âme s'est éteint depuis longtemps, ne laissant plus que cendres à l'arrière de cette chair. - Je tiens à m'excuser auprès de la famille que j'ai brisé. Je ne souhaitais pas tout cela. A l'époque, j'étais idiot. Je n'avais pas cherché à connaître la suite, à comprendre que mon avenir ne méritait en rien ma passivité d'aujourd'hui. Que finalement, gagner du temps demain en le sacrifiant dès à présent était un mauvais calcul. Tu sais, j'ai passé mes années à rêver de devenir quelqu'un. Je veux dire, à être l'un de ceux qui aura le droit d'être un souvenir pour tout le monde, et pour toujours. Une espèce de résurrection bien après ma disparition. Puis j'ai pigé que ça n'était qu'un songe. Alors je me suis tourné vers autre chose. D'abord des amusements humains, ensuite leurs démons les plus malsains. Les premiers virevoltent entre l'ennui et l'anéantissement. Les deuxièmes, entre le pathétique et l'accomplissement. Et, une fois que toutes les possibilités sont épuisées, que tout ce qui peut rallumer l'intérêt est consumé, il ne reste qu'une dernière option : pourrir de l'intérieur avant d'aller pourrir sous terre. Rejoindre la saleté d'un monde sous-terrain. Un monde sur lequel s'en construit un nouveau, hypocritement blanc. Aussi blanc que le visage d'un mort enterré.

Jedino

Jedino

 

Chapitre Universe 205 : L'ombre d'une personne inconnu (HS)

Bonsoir tout le monde. Voici le chapitre 205 de Chapitre Universe que verra-t'on aujourd'hui ?. Je vous laisse le deviner et bonne lecture. Ne faîtes pas attention, Ce hs ne va certainement pas durer longtemps. Chapitre : Un étrange homme se tient au aguet de la colline et dit : " Aujourd'hui ce monde m'appartiendra, je prendrai contrôle de ce foutu monde." L'étrange homme pose sa main au sol et invoque un dragon immense et puis l'étrange homme dit au dragon : " Déchaine toi comme bon te semble. Montre au monde entier ce que vaut cette légende qui à autre fois fait trembler le monde." Le dragon s'envole et crache des flammes partout... Tsunade qui est sorti avec le raikage observe ce ciel orage très loin et le raikage dit : " Qu'est-ce que c'est ?". et Tsunade réplique : " Je ne vois qu'un moyen de le savoir est d'y aller !". Tsunade fonce droit vers le nord et le raikage aussi... Le raikage dit à tsunade : " On dirait vraiment un aspect de la guerre, pas vous ?". et Tsunade dit : " Je trouve aussi". Majin buu pose ses deux index sur son front et se dit : " Deux personnes sont sorti du tournois ?. C'est une belle occasion de tester leur force." Majin buu disparait. Goku se dit : " Ce combat risque de durer longtemps !." Tsunade et le raikage continuent et le raikage dit : " On s'approche de l'objectif !". et tsunade réplique : " Oui." et le raikage observe et se dit : " Toujours ce ciel et rien". Le raikage et tsunade posent son pied au sol et quatre dispositifs s'activent et forme un bouclier triangle Rouge. le raikage dit : " Merde". et Tsunade réplique : " on a foncé droit dans un piège... Qui a eu l'idée de le faire..." Un Homme noir, noir comme l'obscurité dit : " On dirait bien que j'ai eu le gros lot." Le raikage crie : " Qui es-tu !." et tsunade dit : " Cet homme. Je ne peux pas voir à quoi il ressemble." et l'étrange homme dit : " Cela ne vous concerne pas Raikage..." et le raikage l'observe et l'ombre ouvre un oeil et un sharigan s'active et le raikage dit : " Uchiha madara ?". et Tsunade se dit : " Cheveux long, une armure, un sharigan.. Aucun doute possible... C'est bien uchiha madara !". et l'étrange homme dit : " Qui sait !. Vous auriez sans doute la réponse à votre question !." Un dragon arrive et se pose sur le sol et l'étrange homme dit : " Je ne vais pas perdre mon temps à discuter avec vous. J'y vais. Je vous souhaites bon courage pour sortir de ce triangle vivant !. To be continue !.

Haku

Haku

 

Requiem

Te voilà qui arrive, arrogante et fière sur ton nuage noir, Ton outil à la main qui ma tête tranchera. Viens voir. Viens voir les Dieux que je vénère, plein de panache Encore, dans le dernier souffle que tu m'arraches... Note bien, divine faucheuse, impatiente dramatique, Dans le creux de ta mémoire, mes dernières rondes. Ah tu voudrais entendre de tristes musiques, Quand enfin mon corps restera en ce monde Cependant que mon âme fugue, discrète Toccata ? Mais non, je veux des Adieux aux sons de l'Appassionata. Sous un Requiem au Lacrymosa Pathétique Quand Mozart rencontre Beethoven,sous le Clair D'une Flûte enchantée par la palette symphonique, Sous l'Hymne à la joie, je souhaite que l'on m'enterre Point de Bagatelle ! Près de Waldstein, où l'on posera La dernière stèle, j'aimerais que reposent avec moi Mes quelques Lettres pour Elise. Et dans la profonde Musique d’un Dvorak, je trouverai le Nouveau Monde Alors quand je prendrais avec Rachmaninov Mes envols sur les airs légers de Korsakov Aux ténébreuses heures... Point de recueillement C'est plein de joie, de frissons et sans rancune Que je veux voyager. Aux lèvres un sourire célébrant Ce tout dernier mouvement à l'ombre de Ma Lune

Loopy

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La Vieille et la Mandragore

I. La Mandragore La Lune, Rousse, éclaire majestueusement la campagne des environs. Une chouette ulule seul affront au calme qui règne depuis longtemps déjà. Glissés sous les chuchotements du vent caressant l'herbe et le feuillage, quelques pas feutrés, étouffés s'approchent. C'est une horrible vieille, petite, courbée, ployée, rabougrie, estropiée, boitant, sale et odorante, qui marche à reculons avec un rictus infâme. Si elle ne s'aidait pas d'une canne, sans doute s'écroulerait-elle contre terre, entraînée par le simple poids de ses hardes sombres... l'inconnu qui irait la secourir alors, soulevant le grand tissu de voile, ne verrait rien en-dessous. La poussière retourne à la poussière. D'une démarche louvoyante, elle recule vers le carrefour oscille vaguement un pendu aux lèvres plus trè frais, ancienne décoration des lieux dont les braves gens se sont lassés. Son odeur de charnier et son visage dévoré par les insectes sont révulsants. Le cadavre en décomposition, déformé sous son propre poids, a laissé au sol une flaque visqueuse de sang pourri. Personne ne pourrait devant se spectacle rester de marbre. Pourtant, presque aussi laide que lui, la sorcière se penche sans sciller et attrape une curieuse branche au-dessous du cadavre qui, pourrissant, a fertilisé la terre morte. D'un coup sec, elle arrache la mandragore en poussant un cri. Un liquide rouge vif coule sude sa main— Tout saigne. II. La Vielle On l’avait attrapé, cette fois, et on l’avait battu, insulté. Il avait eu peur, il avait eu mal. Puis, on l’a emmené ici, dans un noir naissant. Il se souvint de celui-ci, le simplet qui le confondit sans avoir vu son visage. Il se souvint de cette seigneurette désinvolte, qui portait le jugement. Et de cet homme d’église, acquiesçant la sentence, qui lui offrait de se confesser. Puis tout est devenu rouge, puis tout est devenu noir. Et après ? … Il se sentait bien, léger, sain, heureux, propre, il n’avait pas froid, il n’avait ni faim ni soif. Au dessus, au bout d’une corde craquant sourdement, funestement, son corps pendait. Qu’avait il fait ? … Qu'importe. Un vent fit vaguement osciller son ancienne ressemblance d’où le sang perlait encore. Il n’était plus. Il était mort. Il se senti soudain extraire à son bien être douloureux. Une force qu’il ne connaissait pas, un être l’arrachait à la Mort comme plutôt on l'arrachait à la vie. C’était une horrible vielle souriante, une sorcière de la fôret, de celle qu'on brule sur les buchets. Dans un cri, tout saigne. III. La distribution — Je voudrais un philtre d'amour qui le fasse revenir, dit la châtelaine. L'horrible vieille aux cent verrues lui tendit d'une main olivâtre un petit flacon en verre. À l'intérieur, quelques gouttes à peine d'une substance capiteuse — une huile? Noire en était la couleur, brune la coloration du verre, d'œufs la fragrance. — Je voudrais un élixir me stimulant le cœur et l'esprit, dit le petit prêtre tonsuré. L'acariâtre matrone sortit d'une étagère, derrière un crâne de bouc et des monticules de poussière— dans un cliquetis de verre — un petit flacon rempli d'une huile noirâtre. L'odeur de soufre qui s'en exhalait empuanta la pièce dès qu'elle en ôta subrepticement le bouchon. — Je voudrais une décoction triplant de volume ma virilité intime, dit le jeune, beau et grand berger. La sorcière puante marmonna pour elle-même d'une voix éteinte et malfaisante des mots sans queue ni tête ; durant cette glossolalie, elle tira d'un coffre une petite flasque contenant une larme d'essence graisseuse et sombre. Dans l'odeur de renfermé de son laboratoire on discernait une vague odeur aigre-douce de pourriture. Trois maux, un remède. IV. L'effet Papillon - La châtelaine vit son chevalier revenir sale et ensanglanté. La guerre faisait rage encore au loin, mais il était là. "Ô , mon chevalier, mon roi, mon empereur, vous qui jadis avez si bien embrasé mon coeur, et qui aujourd'hui préfèrez aux douceurs de ma couche, les larme et le sang de votre guerre, je vous en conjure, restez que je vous vois, car si je ne fais plus votre bonheur, vous gouvernez encore mes joies" Une flèche venue de nulle part fusa alors, traversant le coeur du chevalier. La vieille sorcière l'avait murmuré, la mort l'empèchera de bouger. - Le prêtre retourna dans son église. Heureux. Il s'agenouilla devant la croix de son Dieu. Ses larmes témoignaient de l'émotion presque parfaite. "Mon Dieu, je vous ai tout offert, mon coeur et mon esprit sont à vous... Dussent elles être impénétrables je les souhaite pour seules guides, faites moi entendre vos voies" L'église fut emplie d'un vacarme soudain. Des hurlements, des craquements qui semblaient provenir de tout, de la gravure à la statuette, l'église vibrait des cris torturés de toutes les choses, ponctués par ceux du prêtre... Il pressa ses oreilles si fort pour ne plus les entendre, qu'il s'écroula, mort, sans que personne ne l'entende. La vieille sorcière l'avait pourtant murmuré. C'est folie de se croire Dieu, car seule la folie pourra guider cette route. - Fort d'une virilité de cheval, le jeune, grand et beau berger retourna voir l'élue de son coeur. Il la trouva se morfondant sur la dépouille de son chevalier, coeurs brisé, percé de part en part. La fraicheur de sa naïveté le fit alors espérer. "Ô mon amante, maintenant qu'il n'y plus de barrière à notre amour, que votre rang gît à nos pied, prennez ma main pour vous relever et mon coeur pour vous consoler" Il n'eut pour réponse qu'un cri, des larmes, et cette dague plantée dans sa poitrine. La vieille sorcière l'avait dit. Si tu lui donne ton coeur, alors, elle le prendra. En sortant de la ville, la vielle se retourna. Elle sourit. Un point noir tombait de la plus haute tour du château. L'espace d'un instant, ses oreilles fripées crurent entendre autre chose que le battement du coeur de la mandragore qu'elle tenait serrée contre elle. On aurait dit le bruit sourd des os qui se fracassent contre le sol. Elle rit. Puis, forte de sa victoire nouvelle, porta sa puanteur jusqu'à la ville voisine. Un mal, sans remède. V. Moralité En ce monde, l’injustice est affaire quotidienne. Mais prudence. A faire couler en remède le sang des autres, en guise de salaire coulera le notre.

Loopy

Loopy

 

Voir au-delà

Puissé-je Derrière la froideur, voir la peur d'être blessé Derrière les critiques, voir l'inquiétude Derrière le repli, voir la souffrance de ne pas être compris Derrière l'orgueil, voir la crainte de se mettre à nu Derrière le fatalisme, voir les espoirs trop souvent déçus Derrière la colère, voir la tristesse Derrière la volonté de contrôle, voir le sentiment d'insécurité Derrière la violence, voir l'appel à l'aide Puissé-je, Parce que je veux voir clair, Parce que je veux voir au-delà de mon masque et du tiens Avec les yeux de l'amour et non plus ceux de la peur Désamorcer le cycle infernal des réactions Et dissoudre par cette douce lumière Tous ces malentendus qui nous séparent

Marioons

Marioons

 

Cinq sens (Partie V : Impromptue)

La nuit était claire. On se serait cru en plein jour. Un jour grisonnant, certes, légèrement argenté même. Mais cette lumière à demi teinte offrait à la campagne un manteau original, un maquillage étrange digne des plus mythiques contes. Il imaginait déjà les chevaliers chassant les sorcières à l'orée du bois, là bas des elfes nocturnes dansaient autour d'un feu blanchâtre dans leurs légers voilages blancs, tout en souplesse et volupté, des farfadets plus loin charmés par ce spectacle tombaient doucement amoureux… Tout ces Magiques enfantins qui peuplent le monde jusqu'aux âges de raison, âges auxquels ils disparaissent dans de ténébreux souvenirs. Il les entendait gémir au fond de son cœur, il les entendait pleurer leur captivité… Ils voulaient vivre, eux aussi, peupler encore l'univers. Marchant sur la route l'œil attiré par quelques fleurs dont on ne pourrait dire la couleur, un sourire béa aux lèvres, il savourait l'agréable friction de la terre sèche sous sa chaussure, le strident grésillement de quelques insectes nocturnes. La nuit éveillait une musicalité nouvelle à ce monde, encore méconnue, sur un rythme à la fois frénétique et calme. Fermant les yeux, il écouta, inspira la mélodie, et senti monter la fièvre fraîche des moments de bonheur incompris. Puis il s'enfonça plus loin, invisible à l'œil du dormeur. Un rire sonnant tel un écho parvint à sont oreille, et soudain, il n'entendit plus les grillons. Ils laissèrent place à une note pianistique, répétée. Le rire, était plus aiguë, semblait-il, Impromptu même, étrangement inexistant. Ses pas, les tambours des sabots chevaleresques ramenant quelques sorcières au bûché, soutenait l'ensemble qu'ensuite le chant elfique venait parer de soie fine. Il ferma les points pour ne pas perdre sa trouvaille, et couru chez lui. Il s'installa de devant son Piano, une plume à la main, rabaissa le pupitre au dessus de la table d'harmonie. De son encre noire un peu vieillie, il inscrivit alors soigneusement : «F. F. Chopin, Fantaisie Impromptue, Opus 66 ». Dans un sourire, le compositeur laissa parler la Folie qui l'habitait. Libérant les êtres enfermés dans ses confins, il les fit danser sur les touches noires et blanches. On aurait alors pu voir de la couleur sur l'ivoire, si la lune ne s'était pas penchée, toute Argent, pour admirer l'artiste et ses muses jouant ensembles dans la pénombre nocturne. Parfois la nuit, on peut apercevoir sur la tombe du Grand Homme, une Fée pleurant son ami.

Loopy

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Cinq sens (Partie IV : Folie innachevée)

C’est un endroit fantastique Qui pourtant a toujours existé Le moment où la plume artistique Lancée telle une épée Au blanc vierge de la toile Etire les traits d’un geste frénétique On dirait des lueurs d’étoiles Qui naissent aux éclats féeriques Brisent les lignes étroites, et meurent Dans l’infini d’une ligne de fuite Quand la folie des ardeurs S’éteint avec elle. Alors, Ne touchant plus guère A la parfaite imperfection Nous laissons’échapper l’air Reprenons notre respiration Et dans ce souffle muet En reposant le crayon Observons insatisfait La beauté d’un brouillon

Loopy

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Cinq sens (partie III : Jouissance)

Sur la table, une dizaine de flacons ouverts. Les étiquettes, un peu effacées par le temps, Eurent révélé certains de ces secrets sous verre, Si la vue n'était bridée par un noir enivrant. Dans les oreilles, des bouchons solidement ancrés Bloquant ces microscopiques vibrations aériennes. Entre le Marteau et l'Enclume, pas une persienne. Les pieds bien encrés dans l'Étrier. Sous la langue, une pastille d'un puissant Anesthésique, local. Cela fait maintenant Longtemps qu'aucun goût ne se laisse deviner Longtemps qu'il ne fait plus que respirer. Sur ses poignets, des bandages. Restes pathétiques Des lacérations qu'il s'est faites en voulant trancher Les autoroutes électriques du toucher. Nerfs parasites A son plaisir. On peinera à les lui reconnecter. Seul un sens persiste… Il inspire, en se penchant, Profondément le premier flacon. Une odeur d'alcool. Soudaine et très perceptible fragrance désorientant Plus encore que toutes ces choses qu’on inhale. Il se sent comme ailleurs, transporté. Cette odeur le pénètre, exacerbée Le viole de toute part. Elle s'incruste Dans les moindres recoins et investit tout. Elle arrache, dans une douleur jouissive Les minuscules particules de consciences Qui enferment l'esprit. Elle libère tout, Elle frappe, elle cogne, elle caresse, elle coure... Ses idées fusent, instantannées. Tout se bouscule. Très vite, Son voyage le mène dans les lieux imperceptibles De son inconscient. Les monstres de son imagination Surgissent, l'attaquent, le frôlent, il se sent trembler. Son esprit frissonne, foisonne, dans une explosion Gigantesque, gargantuesque. Le big bang de ses paradoxes Crée l'univers, le modifie, à une vitesse fabuleuse. Puis, comme si le temps s'était soudain inversé, L'explosion se rétracte aussi vite qu'elle était arrivée Laissant place au vide olfactif... apaisant. Il s'était relevé. L'odeur ne subsistait pas. Mais son voyage l'avait mené en des endroits Où la limite de l'orgasme psychologique, D'ordinaire effluve violente, intemporelle, Avait des accents d'éternité… Onirique… Il sourit, se remettant à peine De ses émotions, l'estomac encore noué Par ses acrobaties. L’âme toute déchirée. Son cœur frappe si fort… Il sent sa vibration… Oh oui ! Encore ! - Il se penche sur le second flacon...

Loopy

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Cinq sens (partie II : Heroïne)

J’ai encore sur les lèvres, le goût de ta peau, Les frissons caressants d’une pénombre plus claire Que la transparence de tes sourires. Dans mon dos Tes ongles se plantent, me piquent et me lacèrent. J’ai encore sur les lèvres, le goût des tiennes, Offertes en sacrifice aux plaisirs facétieux Des douceurs transpirantes d’amours pérennes. Elles brilleront toujours au fond de tes cieux. J’ai encore sur les lèvres, le goût de ton sang La couleur du soir, dans les matins, vacillant, D’étranges mixtures et d’obscures médecines. J'ai encore dans le sang, le goût de tes rêves Sur mes remparts, ils déchaînent sans trêve, Leur horrible addiction… Ténébreuse Héroïne.

Loopy

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Cinq sens (Partie I : Le frissons)

C'est dans le pinceau lumineux D’une porte restée entrouverte Que je vis, mouvement silencieux, Un sommeil plein de découvertes. On devinait le sourire, posé En fine plume sur tes lèvres A peine sèches. Une envie réprimée De t’embrasser, plein de fièvre. Recouvrantes, les âmes volages De tes rêves calmes, libéraient La pièce toute entière de sa cage. Ta présence rayonnait dans l'obscurité. Oui, dans cette pénombre, Tu avais une force certaine. Unique merveille de mon monde, Contre qui tout lutte reste vaine. Je voudrais déposer mes doigts Et les laisser glisser sur ton corps. Sentir monter l’onde, soumis à ta loi, A jamais sous l’effet de tes sorts. Je veux garder au plus profond Les vagues fumées que deviennent Ces doux souvenirs, ces frissons De ma peau sur la tienne

Loopy

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  • Commentaires des blogs

    • Aucun doute sur la nécessité _ l'urgence _ de mettre en œuvre une autre gestion de notre espace planétaire, ce qui implique une autre économie (fondée sur le service).
       Cependant, c'est de l'exercice de conducteurs du train actuel dont il importe de se débarrasser préalablement, et non des personnes physiques qui y ont été promues, quelles que soient les origines de ces promotions. Et on ne peut pas sauter du train. C'est la prise de conscience d'une immense majorité de personnes sur le globe, indépendamment de leurs opinions politiques, qui seule peut faire la décision, prise de conscience du caractère dérisoire (*) de leurs attentes (*) actuelles devant la réalité du danger. Et leur permettre de prendre les initiatives constructives susceptibles de ralentir, voire de l'arrêter, pour être en mesure de lui donner cette nouvelle orientation.
      (*) NB : Contrairement aux préoccupations quotidiennes, qui ne sont pas dérisoires, mais qui, elles, sont de plus en plus menacées par la dérive actuelle.
    • Votre résumé se rapproche de mon analyse: https://lejustenecessaire.wordpress.com/ Il faut que nous sautions du train néo-libéral, mais d'abord, se débarrasser des conducteurs de ce train, pour l'orienter vers un futur possible, avec une autre économie et une autre gestion de la planète TERRE.  
    • Quelque peu (et même beaucoup) outrancier , mais voila un joli brin de plume . Bravo .    
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