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Foot

Alors moi je sors avec MBAPPÉ et aucun de ses potes ne le sait alors qu'on s'est embrassé avec la langue plus dune fois ❤ Je t'aime mon coeur ❤❤💋  

Carnie

Carnie

 

À rat qui rit souris en retour

Quand Rat vit Souris, ravi, il lui sourit,
Rêvant de partager avec elle un gruyère
En son trou — haras futur si Souris s'y erre.
Ce n'est pas ainsi qu'on attire amie Souris
Donc elle, plus fromage à tiramisu, rit. Mascarpone elle veut, mascarpone elle aura,
Alors Rat, gaillard, dit à la belle chafouine,
Mais d'une voix suraiguë car Rat qui dragu'couine :
« Tu manqueras de rien avec ton lascar Rat »,
Sur ce, Souris sans sourciller démasqua Rat. Car enfin Souris a l'nez fin et Rat vit sans
Le sou mais Souris, sans le souci d'être aisée,
Pour peu d'être estimée, bien aimée et baisée,
Eût aimé un rat bougre, irascible, indigent,
Mais pas un bas rat inheureux concupiscent. Merci à @Ines Presso pour l'invitation au calembour : voir le topic Les rats.

konvicted

konvicted

 

Tout nu

Une fois n’est pas coutume, c’est pour moi cette fois, que j’ai décidé d’écrire. Sans masque, sans fiction, sans paraboles ni interface si ce n’est celle de ce cher Loopy. Ces temps-ci je suis fatigué. Peu de choses me réjouissent et les sujets de conversation d’ici-bas ne m’inspirent guère plus que la feuille blanche devant moi. Les mots ne me viennent pas, ou alors dans le désordre. Quand je range, c’est trop rangé, quand je les laisse, c’est incompréhensible. Tout me semble lointain. Tant pis, je jette. Nous verrons si du sens en ressort. J’ai le sentiment d’être hors de mon corps, de flotter au-dessus de mon esprit sans ressentir la moindre empathie. Chronique d’un jeune cadre perdu dans la forêt urbaine où il ne fait pas bon bouder les « afterwork » et autres « teambuilding » consensuels pour lesquels on s’acharne à trouver des noms plus ridicules les uns que les autres. On monte chez moi par un de ces escaliers qui vous font penser que le Syndic vous coute trop cher, mais j’ai un faible pour le charme de cette insalubrité qui me renvoie une image de rustique. Je dois calmer les ardeurs de mes conquêtes, à peine la porte poussée, faute de quoi je suis assuré de trouver au matin un mot dans ma boite aux lettres. Sur la porte de l’appartement, pas de signe, pas de nom sur la sonnette. Je n’ai pas souvenir de l’avoir entendue sonner d’ailleurs, on préfère frapper ou appeler au téléphone. La porte sans poignée ouvre sur une petite entrée ou pendent les manteaux et écharpes en hivers, aux pieds desquels quelques paires de chaussures. Passée cette entrée, ce n’est pas bien grand. Le minimum pour quelqu’un de ma condition. Une chambre, un salon et un bureau en enfilade. Les toilettes et la salle de bain, bien sûr séparés, bien sûr une baignoire. Je ne m’en sers jamais, et n’ai encore jamais réussi à me laver tout en chiant… Au sol quelques tomettes, et du faux parquet. Les murs sont blancs, maculés. Je n’y ai accroché que quelques imageries diverses et bon marchés, je ne suis pas amateur d’art, je n’y connais rien. Le salon est sur la gauche. Une pièce rectangulaire de bonne taille pour un homme seul quoiqu’un peu petit pour recevoir. Deux fenêtres dont une porte fenêtre donnant sur un petit balcon. Il y a peu de meubles. Rien ne me fait plus horreur que de manquer d’espace quand il fait noir ou que je suis bourré. Une table chinée, un buffet en bois massif que j’ai pris le temps de retaper, ça m’a occupé mais a brisé le dos de quelques amis. Les suspensions de mon ancienne voiture doivent également s’en souvenir. J’y range un bazar incroyable. Dessus, il y a mon ampli. Toujours en marche. J’ai une trouille bleue du vide acoustique et bien que n’étant ni un fin mélomane si un musicologue averti, je me laisse porter par tout type de sons sans en connaitre ni l’origine ni le nom. J’ai installé la télé directement au mur, un canapé-lit plus destiné à mes paresses nocturnes qu’à des invités lui fait face séparée d’elle par une table basse, classique, je manque décidément d’imagination dans mon intérieur. En hivers, j’y mets un tapis au sol. Dans un coin, il y a mon Piano.   Le salon donne sur un petit balcon. Petite chaise, petite table, grand cendar, toujours plein. De chez moi, je ne vois ni la mer ni la montagne. Seulement la rue et l’immeuble d’en face. Ses habitants sont discrets, ce n’est pas un quartier très vivant. Il convient finalement plutôt bien à mon état intérieur. Je n’ai aucun gout des couleurs, tout est noir, ou blanc, ou gris, ou ne s’accorde pas du tout avec le reste. Bref, Marseille dehors, Marseille dedans. Je sens bien que ça ne va pas, mais à quoi bon changer, ça ne sera guère mieux. Je n’ai pas bibliothèque au salon. Peu de livres me divertissent, les ouvrages qui m’occupent trouvent leur place au bureau, ils me servent à travailler. Quoique de moins en moins, internet aura eu raison d’eux à la fin. Je n’en conserve que quelques-uns qui ont une valeur sentimentale ou bien réelle. J’ai 3 PC. Un fixe, 2 portables, dont un ancien qui ne me sert plus guère que de dessous de plat pour la seule plante que j’ai. Je l’avais acheté pour faire joli il y a 2 semaines car je savais que la fille qui venait ce soir-là aimait plantes. Manque de peau, celle-ci ne lui a pas fait plus d’effet que moi, je finissais la soirée seul. Tout parait en ordre de prime abord, mais je ne suis pas un maniaque du rangement. Je suis même assez bordélique. Toutefois mon bordel est localisé et contenu. Aucun de mes vêtements n’est plié, sauf mes chemises et mes vestes, tout est en boule dans l’armoire de la chambre. Mon bureau est un véritable écosystème à lui tout seul, je ne trouve que rarement le courage de tout ranger, tout trier. C’est souvent la destination finale des papiers qui trainent et des gadgets en tout genre dont je ne sais pas ou plus quoi faire. Mon immeuble est tranquille. Je sais que mes voisins me dépanneront sans hésiter et ma porte leur sera également ouverte. Tout le monde va bien, personne ne manquant de rien, on connait seulement nos prénoms, nous nous saluons, sans plus et cela convient à tout le monde. Je suis quelqu’un de très lunatique, j’en ai conscience. Je fonctionne par phase. J’ai la chance de gagner suffisamment bien ma vie pour me priver de peu de choses et ai les moyens de me faire des amis dans les bars (ou plutôt les grottes) où je traine quand je sors. Quand je sors, ce sont mes phases sociables. Souvent, je prends rendez-vous avec un groupe d’amis. On fait la tournée des bars, ou un concert, ou on va dans ces « boites » qui hurlent des sons distordus. Je m’amuse et quand je rentre, je suis heureux, parfois je ne suis pas seul. Je me laisse bousculer volontiers par les autres sans moyens efficace de les congédier. Ces quelques amis sont rarement de vieux amis, ils vont et viennent dans ma vie, comme les femmes que je rencontre au grès de ces sorties ou sur des sites dédiés.   Je n’aime pas trop ces filles des sites de rencontre. Ca fait l’affaire de temps en temps, il faut bien que le corps se défoule un peu, il faut bien se croire encore beau mais je n’aime pas trop le sexe. Je ne suis tactile ni physiquement, ni psychologiquement. Je savais depuis longtemps que les caresses du corps me faisaient qu’un effet trop éphémère, mais j’ai mis du temps à le comprendre, encore plus à l’admettre... Je pensais trouver dans l’esprit des plaisirs plus durables et la séduction par les mots, sur ces sites me plaisait dans le principe. Il n’en fut rien. Tout nous ramène à la chair et au besoin naturel de deux humains qui se croisent. En réalité, ce que j’aime, c’est la tension, la sensible, la frustration qui précède le moment où tout est déjà joué. Ces moments où on prend le risque d’un baiser volé, d’un mot plus intime, d’un geste, d’une phrase, d’un message. L’angoisse dans l’attente de la réaction, du retour. Ce moment où on se lance dans l’inconnu. C’est ce désir entretenu qui me fait vibrer. La suite, n’est que son assouvissement et s’évanoui si vite qu’il faut tout refaire. Alors on parle, clope au bec, nu dans un lit, avant de s’endormir à deux, exalté et en apparence satisfaits. Mais le lendemain, ne reste que les ruines d’un monde à peine construit, à peine détruit, dans les vapeurs d’alcool bon marché et de tabac froid à quelques cheveux sombres que j’ai aimé une seconde et que j’oublie quand il me faut faire l’effort de changer les draps.  On tente d’entretenir une flamme. On se revoit, parfois, j’écris de temps en temps. Elles trouvent ça ringard, mais me disent que c’est mignon. C’est étrange une fille. Les garçons aussi. Je m’y suis essayé une fois, sans plus de succès et me suis convaincu que ce n’était pas pour moi. J’ai bien eu une relation plus longue il y a quelque temps maintenant. Je ne saurai lui en vouloir d’avoir finalement conclu cette page, elle à qui revient tous le mérite des moments qui l’ont remplie. Je ne suis pas certain de l’avoir vraiment aimée. Je serai toutefois malhonnête si je disais que cela ne me rend pas malheureux. J’ai essayé de la récupérer. Mes efforts furent vains, il est trop tard, la page est tournée. Pourtant j’ai aimé et j’aime encore, impossiblement, mais d’une force incroyable. Le temps a dilué ce souvenir encore plus ancien mais reste la trace, encore, comme reste la trace de l’océan dans le désert. Un souvenir qui me viole dès que le silence s’impose, entre deux morceaux, entre deux mots, entre deux jours, entre deux nuits. Ces démons sont coriaces et j’ai renoncé à les combattre. Je leur ai offert un bail illimité qui me coute moins que les murs qu’il aurait fallu construire pour m’en protéger. J’ai tout de même bâti des murs, mais pour les garder au-dedans, sans les laisser sortir. Mon cœur n’a pourtant rien d’un désert. J’aime encore me mettre au balcon, voir passer les gens. Imaginer leur vie, leur histoire, ce qu’ils font, où ils vont, quand ils reviendront, s’ils reviennent. J’aime regarder les jolies filles qui passent, me dire que si elles ne voient guère, c’est parce qu’elles sont timides, et rêver un instant quand nos regards se croisent. J’aime aller au hasard des rues voler des images qui ne me serviront à rien d’autre qu’à les décrire dans ma tête, comme faire l’amour à la beauté du monde.   Puis il y a les phases plus sombres où rien ne dérange la monotonie des heures qui passent. Tous ceux qui m’entourent sont silencieux. Coutumiers de mes humeurs et de ma nonchalance devant l’effort, ils ne m’approchent plus guère que quand aucun autre choix ne leur est offert. Je serai mal avisé de m’en plaindre, moi qui ai mis tant d’ardeur à ce que ce fut le cas. Je reste seul, comme un enfant qui boude. Je mets de la musique, un porno, un piano, une guitare, une réflexion, une idée, tout et n’importe quoi tant que sa présence n’occupe guère plus qu’une portion de moi-même que je peux congédier à l’envie, à l’humeur. Je pourrais encore raconter tant de choses. Ce métier qui ne me plait plus trop, le monde affligeant dans lequel nous vivons, ces combats que j’aime porter, le féminisme, la solidarité, la tolérance, la diversité, le respect, l’écoute, la créativité, la générosité… Mais ça fait un moment que j’écris maintenant, depuis le milieu de la nuit, et la paresse est venue me rendre visite. Pour le reste, dans ces moments, je ne sors plus. Je préfère la compagnie électronique des pseudonymes facile à ignorer. Je passe par ici, pose une prose, m’exprime sur des sujets qui me sortent un peu de l’ordinaire quotidien et lis un peu les mots de celles et ceux qui me touchent, à mon rythme, à ma manière. J’écris beaucoup et jette ici quelques morceaux en pâture à qui veut les dévorer, des lambeaux de moi tout nu. L_

Loopy

Loopy

 

Very Bad Trip

La scène se passe dans une rame de métro. Madame Q est debout, dos à la scène, face à la porte de la rame. Derrière elle se tient Monsieur P, de profil, regardant vers le sol.  A 3 pas de là, Monsieur V jette des coup d'oeil discret. Plus loin, un contrôleur approche en s'arrêtant à chacun des figurants.  Madame Q : (se retournant)
                    Eh bien je vous en prie ! prenez vos aises !  Monsieur P :                                                    Pardon ?  
        
Madame Q : Ne faites pas l’innocent, vous êtes démasqué.
                  Il suffit ! allez-vous oser nier ? 
    
Monsieur P    :                                          Voyons, 
                     Madame, je ne sais pas de quoi vous me parlez Madame Q : Je vous parle de vos mains, qui se promènent, monsieur
                  Comme de braves gens promèneraient au ciel bleu
                  Dans des campagnes aux alentours de mon derrière
                   Si celui-ci en avait les champêtres airs. Monsieur P  : Mais…  Madame Q :  Il suffit vous dis-je ! Arrêtez, ou je crie ! Monsieur P    : Vous criez déjà ! Et mes mains sont occupées
                   L’une dans ma poche, l’autre à m’éviter de tomber Madame Q : Ah ? Monsieur P    :    Mais oui ! Madame Q :                  Dites alors
       
Monsieur P    :                             Quoi ? 
    
Madame Q :                                           Là, votre main
                   Que fait-elle donc dans cette poche… Des va et viens ?  Monsieur P    : Mais …  Madame Q :              Cessez cela, sale pervers, c’est dégueulasse,  Monsieur P    : Oh ! Madame Q :      Je vous dénonce, inutile de resister, 
                    C’est décidé. En attendant, changez de place.
                   Ah ! Voila justement un contrôleur.
                                      (lui faisant signe)     Monsieur ?
    
Monsieur P    : Qu'est ce que ...  Le contrôleur : (se dirigeant vers la scène)
                                      Madame ? Qu'y a-t-il ?
        
Madame Q :                                           Il y a, Monsieur
                    Que certains passagers ne savent bien se tenir
                     Et je souhaite me plaindre de ce que je les subit Monsieur P    : Je m'insurge ! Le contrôleur :                    Ola, Attendez, que voulez vous dire ? Monsieur P    : C'est un...     Madame Q :                   Je veux dire que le pervers que voici
    
Monsieur P    : Scandaleux... ! Madame Q :                           S'ammuse à me tripoter les fesses !  Le contrôleur : (se tournant vers Monsieur P, l'air menançant) 
                     Oh !  Monsieur P    :         Ne croyez pas cette folle, je n'ai rien fait ! Le contrôleur : Madame ment alors ? Madame Q :                                 Non ! C'est un pervers ! ... Qu'est ce ? 
                    Il tremble comme une feuille, salaud, il se sait pris ! Monsieur P    : C'est de colère, petite folle, que ma moustache frétille !
                   Vous m'accusez car croyez avoir senti ...  Madame Q :  "Croyez" ? Il me tripopte, au moins depuis bastille ! Le contrôleur : Arrêtez, stop. Quelqu'un a-t-il vu quelque chose ? Monsieur V  : Moi, j'ai bien vu une main sur un cul, ou l'inverse
                  C'est de cela que nous discutons je suppose ? Le contrôleur : Ah! (se tournant vers Monsieur P)
                            Il semble que monsieur se permet des largesses ! 
      
Monsieur P    : Quoi donc ? Il ment ! il est de mèche avec cette timbrée !  Madame Q : Non !  Le contrôleur : (se retournant à nouveau vers Monsieur V)
                            Allons, dites moi tout, n'omettez rien ! 
      
Monsieur V  : Eh bien, à cette première loge j'ai contemplé,
                   Dès lors que Madame me l'a sans dire proposé
                    La beauté des atours dont les femmes ont le secret Madame Q : Quoi ? Je n'ai rien proposé ! mais ou suis je tombée ? Le contrôleur : Madame, une chose à la fois je vous prie ! Madame Q :                                                                Mais... Le contrôleur : Laissez pour le moment. Monsieur, allez au fait ! Monsieur V  : Oui, je matais. Et donc ?  Le contrôleur :                                 Au fait, vous dis je  Monsieur P   :   Ah mais... Le contrôleur :                Vous, ne la ramenez pas ! Monsieur, dépéchez ! Monsieur V  : Oui, dans ma trans je fus troublé par une rature
                   Sur ce tableau jusque là parfait. Une main.
                   Une main, c'est ainsi que l'a voulu mère nature
                   n'est à rien d'autre plus semblable qu'à une tierce main
                  Aussi ne suis-je pas en mesure, maintenant
                   De dire si elle était à tel ou tel châlant. 
    
Monsieur P       : Puis-je vous aider en vous la mettant dans la figure ? Monsieur V  : Quelle bonté ! Mais je gouterai plus volontier 
                    De votre main ses dernières avantures  Madame Q :                                   Et puis quoi ?                      (se tournant vers le contrôleur)
                   Combient encore dois je endurer ?
                    Vous restez planté ? Vous n'allez donc rien faire ? 
          
Le contrôleur : Je ne peux punir ce que je ne peux prouver
                      Je me demande bien maintenant qui faire taire
                      De votre agresseur ou de votre témoin
    
Monsieur P       : Je suis innocent, lui, avoue être un voyeurs
                        Faut il donc, pour tout, vous tenir la main ? 
    
Le contrôleur : Venir me parler de main serait une erreur ! Madame Q : L'erreur, c'est vous, c'est vous tous autant que vous êtes,
                  Voyeurs, lâches, Vous ne valez quère mieux que des bêtes 
                  Ce que vous ne savez prouver, je dois le subir
                  Sans plainte, sans dire, et bientôt même en jouir ?
                 Et vous croyez peut être, que parce qu'elles sont en vers
                 Vos faiblesses resteront pardonnées et impunies ? Monsieur P       : Mais diable, je n'ai rien fait ! Le contrôleur :                                   Que puis je ?  Monsieur V  :                                                      Une main, à qui ?
                      Un cul, le votre ! 
    
Madame Q :                              Ah ? le mien ? je vous remercie,
                       Et il vous est défendu à jamais de croire
                        Qu'il puisse un jour vous être accordé de le voir.
                        Et vous autres là, qui faites semblant, cafards
                      Que vous êtes et resterez, Allez au diables, je pars.
                      C'est ici que je descend
    
Le contrôleur :       Madame, attendez ! Monsieur P       : Bon débaras... Folle dingue Monsieur V  :                                           Quel cul quand même... Monsieur P       : Vous, sale con, dire que vous n'etes pas inquité ? Monsieur V  : Et pourquoi donc ? Avoir contemplé ce que j'aime ?
                   Niez pas l'évidence, dites ce que vous faisiez
                    Ce n'est qu'avec les yeux, moi, que je l'ai touchée
    
Monsieur P       : Si je l'ai effleurée, ce n'était pas volontaire
                        C'est à peine si j'osais.... Monsieur V  :                     effleurer ?! la belle affaire
                        Comme le forgerons lui aussi effleure le fer ? Monsieur P  :    Mais à la fin il m'ennuie... Admettons que j'ai
                      Une seconde, cédé à une faiblesse passagère
                       pour un instant de plaisir subtile et léger Monsieur V  : Alors ma foi, vous méritiez une punition !  Monsieur P  :    Oh, Pas plus que vous, ce n'était rien de méchant
                        La belle aurait même pu aimer cette attention
    
Monsieur V  : Peut être bien, mais là, dans notre position
    J'arreterai sur le champs de parler encore
    De ce cul qui nous causerait bien du tort
    Si de tout ce train nous devenions la risée ------------------------------------------------------------------ Le contrôleur : Madame, pardon, je suis confus, je ne savais... Madame Q : Vous saviez, et vous n'avez rien fait. Partez. Le contrôleur : Je peux encore...  Madame Q :                               Il est trop tard, le mal est fait Le contrôleur : Mais ...  Madame Q :   Laissez moi. Je ne veux plus que le silence
    Vous n'avez donc pas de ticket à contrôler ?
    Allez traquer et destribuer vos sentences
    (sortant un ticket de sa poche)
    Tenez, là, déjà le mien, faut-il le prouver ?     
Le contrôleur :  Permettez au moins que je présente des excuses ! Madame Q : Pourquoi donc ? N'avoir pas su tenir votre rôle 
    Quand pourtant devant vous, un homme que tout accuse
    Se joue de vous comme il se jouerait d'un drôle
    D'excuse vous n'en avez guère, aucune d'entre elles,
    Non, aucune, Ne saurait vous rendre moins complice
    D'avoir laisser, sans autre forme de querelle
    Ces bêtes, sur moi et d'autres, assouvir leur vice
    Que croyez vous faire à me suivre ? Me défendre ? 
    Si d'aventure d'autres malheurs m'arrivaient
    Mon bon monsieur, de vous je ne saurais dépendre.
    Alors prenez vos excuses inutiles et partez.
     (elle part, il reste) Le contrôleur : Si j'avais su que c'est ainsi que ma journée
Trouverait sa fin, j'aurais peut être ce matin
Eu moins d'entrein à fuir la nuit pour travailler 
Ah on ne m'y reprendra pas, c'est certain.      
[To Be Continued... Ou pas... je sais pas, on verra... ]

Loopy

Loopy

 

Débat (s)

Beaucoup de commentateurs s’inquiètent de la difficulté de traiter la masse énorme de données qui devront être extraites du débat national. En effet, on a du mal à imaginer qu’il suffise d’une seule séance aux parlementaires et/ou au gouvernement pour en tirer des propositions.
 D’autant qu’un grand scepticisme prévaut quant à la nouveauté des suggestions émises. C’est peut-être justement qu’en parlant de débat, on penserait plutôt à un simple tour de table. Si on omet de rapprocher, pour les considérer, des questions qui ne sont indépendantes que dans un répertoire, rien de surprenant à ce qu’il n’en sorte aucun verdict susceptible de fournir une issue à cette crise de gouvernance.

 Gouverner, c’est réaliser, et conduire dans la durée, une synthèse pour faire face à la complexité grandissante des contraintes multiples que subit _ et aussi s’impose _ le monde humain. Cette synthèse, pour être réellement opérante, doit s’effectuer au plus près de la vie quotidienne des gens. Par conséquent, les propositions qu’ils seraient amenés à présenter, doivent, avant d’être soumises à l’échelon national, avoir déjà été travaillées, fût-ce sommairement : cela relève d’un débat local, indispensable pour une écoute productive.

 Alors, bon(s) débat(s) !

Reo

Reo

 

Pourquoi y a-t-il du droit dans nos vies ?

la morale et le droit ?
sont-ce des règles présentes : d'où sortent-elles ?
sont-elles éternelles = liées à la nature humaine ? morale et droit ? est-ce un simple discours ?
est-ce une réflexion sur les faits ?
discours après les faits ou avant les faits : descriptif ou normatif ? est-ce une dénégation de la réalité,  est-ce faire miroiter des idéaux, est-ce le désir de fuir la réalité ? est-ce le désir de modifier la réalité ?
idéaliser : rechercher autre chose, avoir une idée, m'extraire du mal et trouver le bien-être ? le fait de penser cause le bien être ... est-ce l'irruption de l'Autre, de l'absolu, de l'universel, 
ce qui pousse à la pensée ?
l'humanité en moi qui pousse sa loi : métaphysique, humanisme. est-ce penser pour intégrer les probèmes réels, les conflits entre les forces humaines ? quelles sont ces forces et comment les concilier ?  est-ce une rage, une force, un besoin irréductible de juger les faits, de les intégrer dans une pensée ?
ce qui fait mal, ce qui fait plaisir.  le discours moral, juridique : un rejet de la communauté, de la tradition, un refus de l'appel du passé, un refus des préjugés, de tout ce qui s'est solidifié et ne permet pas de résoudre les conflits.  la morale (le droit) = un retour de la vie comme problème alternative présente : pouvoir suivre en roue libre ou bien devoir regarder la réalité : le bon vieux passé qui se répète ou bien la méditation, la mathématisation ? le monde qui ne tient pas fermement sous nos pas nous contraint à faire quelque chose et ainsi rétablir le bien-être. Le fondement de la morale : agir. bien-être et stabilité ou bien panique et branle-bas de combat. On peut essayer les belles paroles, la rhétorique : je m'adresse à l'autre et je lui fais la leçon. "Il faut faire comme ça".
discrédit de la morale : le moralisme consiste à ne pas regarder la réalité et à poser des règles au moyen d'un bouc émissaire qui ne les respecte pas, ce qui explique tout. la morale et le droit  : rage de juger l'autre. Je maintiens la réalité hors de vue, je n'en fais pas l'épreuve. Tout est mis à distance dans les belles paroles et grâce à une mise en scène. Il existe le bien, le mal : ce sont des absolus humains et la preuve que cela est vrai est apportée par la transgression et le châtiment des méchants. Qui est Tartuffe ? c'est celui qui sait ce qu'est le bien et le mal  et qui ainsi peut expliquer aux autres ce qu'il faut faire ce qui lui permet de se croire du côté du bien et de se sentir justifié dans tout ce qu'i entreprend. C'est une ruse de son inconscient pour obtenir le bien être sans avoir à affronter la réalité. Il combat le bouc émissaire pour se croire pur. Tartuffe, c'est l'ostentation de la vertu, c'est pouvoir ainsi juger de tout et de haut, pouvoir surveiller et punir et trouver le bien-être, la sécurité. Tartuffe peut juger les autres car il a des principes, il peut parler en vérité de ce qu'il faut faire, il peut prétendre en parole à l'absolu.
Il est jouissance au dedans et ses actes manqués montrent qui il est. Tartuffe est-il la perversion de la morale et du droit ou bien en montre-t-il le mécanisme? Tartuffe : agir et parler afin d'éluder la morale éternelle ?  quelle peut bien être cette morale éternelle ? Il ne peut s'agir que de ce qui ouvre chacun au monde, au nous. Cette ouverture est conditionnée par la présence là de l'autre. Ce qui est moral dans une action, c'est que quelque chose de valeur soit produit de telle sorte que le désir soit là, le sien propre, celui de l'autre à qui l'on s'adresse. Qu'est-ce qui a de la valeur ? Cela dépend des peuples. Pour tel peuple, il s'agit de faire telle action, par exemple de la philosophie. Agir moralement revient à agir en participant à l'ouverture de soi au monde, au nous. On s'ouvre au nous en agissant de telle sorte que se produise ce qui a de la valeur. Je n'agis véritablement que sous la pulsion du désir, le mien, celui de l'autre. Nous n'imposons aucun contenu au nom d'un Autre, d'une morale préexistante, abstraite. Tartuffe : se dispenser d'agir moralement, se contenter de belles paroles, de paraitre, de condamner les autres, de se croire justifié et de s'autoriser des libertés avec la morale ? Est-ce le portrait du bourgeois ? Le bourgeois : morale ostentatoire, jouissance déguisée, égoïsme d'autant plus libre Le bourgeois : imposer aux peuples par le droit, une seule morale, ne pas l'appliquer à soi-même, hypocrisie, mauvaise foi, ambition débridée et justifiée par la supposée pureté du cœur, appropriation du pouvoir de surveiller et de punir. politique et médias : fausses discussions, imposition aux peuples d'une morale pure, abstraite, ce qu'il faut dire, faire ..., dévotion ostentatoire, tartufferie .. jouissance masquée au dedans  politique et médias : construction dynamique d'une manière cachée de réaliser ses désirs, de jouir sans en passer par la réalité vécue des autres. Les autres : des animaux à éduquer politique et médias : haine , cruauté rentrée, libérée grâce aux boucs émissaires. La réalité vécue par les peuples est niée. politique et médias : idéal ascétique prôné pour l'éducation des peuples (archaïques, primitifs, ignorants),
et pour pouvoir se glorifier : être l'agent de l'amélioration de l'homme, jouissance narcissique et liberté justifiée.
politique et médias : asile de l'ignorance, fuir la réalité, se croire un modèle de civilité, un germe moral dans la terrible jungle, se penser libre, se maintenir pur, grâce à la mauvaise foi, grâce la dénégation de ce que les autres doivent endurer pour que cette liberté tienne lieu de la politique et de la morale véritables (s'ils peuvent exister un jour) politique et médias : se venger de la vie difficile avec autres, difficile car nécessitant un peu de morale, penser que la morale vaut pour les autres, impuissance au-dedans, ressentiment contre le monde méchant, contre la nature hostile qu'i faut détruire et humaniser, contre la primitivité des hommes, l'animalité des hommes qu'il faut détruire, supprimer,  surveiller, punir, calomnier … afin d'éviter l'affrontement, les autres et la terrifiante idée de démocratie.
politique et médias : détruire le mal ancré chez les autres, les sauvages, faire mal, punir, agressivité, fuite en avant et quête du bouc émissaire. Ne pas regarder. Juge de haut. : métaphysique.  juger en permanence la vie humaine, rien de ce qui est humain qui ne soit pas jugé de haut : ne pas regarder qui sont les peuples (laisser cela aux scientifiques). le  problème moral  : quel genre de vie avoir ? la morale dit ce qu'il faut faire et ne pas faire …….. pour ne pas rater sa vie et souffrir de cela il y a des obligations et il y a des choix obligations : coutumes, seconde nature, les peuples dans leur réalité.
problème moral : qui dit le droit ?
morale abstraite : seul celui qui est pur et saint connait le bien et donc le mal. Il peut être le législateur et donner aux hommes leur vraie loi. Pour cela les hommes doivent renoncer à leur animalité, ils doivent être capables de s'opposer à eux-mêmes, ils doivent être libres vis à vis de soi, avoir une âme, être des sujets de droit qui décident de leur actes. Chaque homme est par nature capable de négation, de choix, de s'engager, de se fixer un but, de s'attacher, de se lier : volonté pure qui ne repose que sur elle-même. La morale abstraite introduit une rupture entre les intérêts particuliers et l'intérêt général, le but de l'homme n'est plus l'intégration dans un nous, mais la parfaite maitrise de soi, la gouvernance de soi. Hobbes, Rousseau : comment sauver le nous, naissance du problème moderne, de la vie moderne, éduquer les peuples, inculquer le respect, la morale, la vertu. Apprendre ses leçons, apprendre qu'il fut surmonter son intérêt particulier et vouloir l'universel, agir pour le le réaliser (téléologie, but de l'humanité, ma vie a un sens) Rousseau : l'homme est par nature aimant. Or la vie avec les autres lui fait perdre son empathie, son jugement se corrompt et il doit retrouver sa liberté native, son empathie au moyen de l'éducation. pourquoi la réflexion des modernes sur les mœurs ? pour éduquer les hommes et sauver la liberté menacée par les peuples qui se montrent asociaux (la populace) la morale éternelle s'insurge dès que les valeurs s'imposent par la force : mœurs, raison pratique, dialectique de l'histoire, culture, sagesse, Autre, aliénation, inconscient ..dès que l'on tente de les imposer, elles obligent à renoncer à son désir propre, à sa volonté propre, à son autonomie, à son devoir être, à son présent, à son avenir. Il ne faut jamais se soumettre à la domination, à l'absolu, à des fins autres qui ne sont que des mécanismes de protection du moi fuyant sa liberté, sa responsabilité, son présent. Comme si la volonté, le désir pouvait être nié, comme si on existait dans l'abstrait, indépendamment des peuples, du présent, des désirs réels …. Hegel : contre les morales pures : échapatoires pour les belles âmes               la morale pure est une idéologie combattant les moeurs : les prophètes fustigent les moeurs, ils n'inventent rien, ils se glorifient, ils se libèrent l'âme en accusant les peuples. Les peuples doivent être éduqués, car ils seraient englués dans les habitudes, dans l'irréflexion, dans des croyances en l'existence des vertus, dans leur capacité à faire le bien., dans des valeurs.
la morale incarnée, réelle,  est ridiculisée car elle ne serait que : docilité, volonté d'éviter de réfléchir, de se voir dans ses replis véritables.  le juridique solidifie l'ordre moral moderne, changeant, il est le pouvoir justifié et conquis sur les peuples, celui de donner au souverain le droit de contraindre les peuples au nom de la nature humaine, de l'humanité épanouie.
Le juridique se paye de mots, se berce d'illusions, il croit au mouvement possible vers le bien, il va en réalité vers la déréalisation, la souffrance, la glorification des élus, la fausse pureté, la sélection des meilleurs. Il sépare les hommes de manière abstraite, les bons et les méchants.  La morale abstraite invente le futur comme idéal et elle nie le passé comme dépassé, comme animalité dépassée. 
La morale abstraite invente le devoir fondé sur une transcendance, une idée de l'homme, un universel, une suppression des particularités, des rivalités, des désirs, de la mort, de la violence. quel est le fondement du juridique : l'existence d'une certaine sagesse visant la vie bonne et voulant l'instituer.
Pour compléter la sagesse il faut du bon sens, des normes contre le chaos, afin de permettre la venue de la sagesse, du savoir, la subimation des pulsions, la vie plaisante. La loi morale selon Kant est, en chaque homme, le peu de raison qu'il a. nous ne sommes pas sages, nous ne connaissons pas notre bien véritable, il nous faut une morale abstraite : une prothèse, une forme. L'idée d'universel nous donne une forme pour qu'y vienne le savoir progressivement et la joie qui l'accompagne. Agir en vue de la vie plaisante, voilà le but des hommes modernes. L'action est justifiée. Il y a un devoir-être, la lutte contre le mal consiste à se libérer l'esprit de tout ce que nos nourrices y ont mis. Agir en vue de la pensée libre, en vue du désir libre, en vue du moi libre, en vue de me révéler à moi-même, pour m'apparaitre, un beau matin, comme libre, répondant à l'appel d'un désir d'être au monde, déduisant joyeusement mes actes, devenant acteur de mon histoire, non pas balotté par l'arbitraire, devenant créateur, responsable, décidé, résolu, autonome, volontaire, désirant, engagé, humain dans l'histoire de l'humanité. Tel est le projet de la moralité abstraite. Elle fait table rase du passé, comme si le désir n'était pas déterminé par des valeurs existantes. kant : faire comme si je suis libre, m'extraire de l'arbitraire, m'inscrire dans l'histoire humaine, trouver des principes universels, découverts en moi comme ce qui me pousse, me met en face de ma liberté, de ma bestialité, voix de ma conscience, de ma bonne volonté. la technique peut tout, c'est ce que l'on croit en s'en remettant à elle pour pallier à notre ignorance des fins. Plus elle est puissante et plus les hommes disposent de moyens et moins ils réfléchissent à ce qui est pourtant l'essentiel : ce qui les ouvre au monde.  les médias purgent la honte que l'on éprouve face à cela. On a pitié, on se sent des anges, on évite de réfléchir, on regarde les autres, on s'active, on pleure, on plaint, on tombe dans le moralisme, dans les belles tirades    

moch niap

moch niap

 

Le Vélo

Il pleut. Il n'y a rien de plus con comme décors que la pluie… C’est con, c’est cliché et c’est humide. J’ai passé  10 minutes à allumer chacune des clopes que j’ai fumées. Franchement, ça ne devait pas être simple pour Cro-Magnon de s’allumer le barbecue avec deux pauvres silex quand il faisait ce temps-là. C’est encore pire de se dire qu’on est capable d’envoyer des trucs en orbite autour d’autres truc en orbite, mais qu’on n’est pas foutu de trouver un moyen pour allumer sa clope sous la pluie. Peut-être devrais-je rentrer au foyer avant le couvre-feu. J’ai déjà fini mon paquet. J’ai la nausée. Je ne suis pas certaine que c’est d’avoir trop fumé. Je tremble. Je ne suis pas certaine que c’est à cause du froid. Au fond de ma poche, ma main droite joue machinalement avec ton petit cadeau. Comment réagiras-tu ? Est- ce que je te reconnaitrais ? Oh ça oui… Je n’ai pas oublié ton parfum, ta démarche, ton allure. Je vais attendre. L’envie de vomir ne passe pas. Ce n’est pas franchement sexy comme état. Les draps de ma portent encore une profonde trace de ton passage. Ce fut certes bref, avant qu’on ne nous éloigne, mais intense. Je n’avais pas bien compris alors, mais le temps a passé et j’ai mûri. Je me demande ce que tu diras. Te souviens-tu vraiment ? As-tu des regrets ? Moi oui. J’aurais voulu te retrouver plus tôt. M’as-tu aussi cherchée ? Quand je t’ai appelé, tu m’as semblé ailleurs. Comme si tes souvenirs peinaient à remonter. Pourtant tu m’as assurée que tu viendrais. Je ne devrais pas attendre… On m’a dit de ne pas le faire, que rien de bien n’en sortirait. On m’a prévenue que tu as changé, mais je suis convaincue qu’au fond, tu es toujours le même, que tu me verras et te souviendras de tout. Quand nous courions dans les parcs, quand tu me rejoignais au lit, quand tu me disais de ne pas m’en faire, que tu seras toujours là et que tu veillais sur moi…Je ne dois pas me laisser submerger. Et si j’étais déçue ? Je veux savoir. Je devrais faire demi-tour. Trop tard, te voilà. Je serre mon cadeau, avance d’un pas. Non, non. Celui-ci est trop grand et trop pressé. Mais l’autre derrière, lui, semble chercher quelque chose. Est-ce toi cette fois ? Peut-être. Le pas semble plus hésitant, plus laborieux que le tien. L’âge peut être. Il n’arrange rien, pour moi non plus. C’est toi, j’en suis sûre. Tu ne m’as pas vue. Ou alors ne m’as-tu pas reconnue ? J’avance.  Ma main se crispe dans ma poche. Je ne sais pas si je vais te parler d’abord, ou te l’offrir. J’avance. Je suis certaine que tu comprendras sans un mot, d’un seul regard. Ce regard que tu portes sur moi à l’instant. Oui, c’est toi. Tes yeux interrogent ta mémoire, ils se demandent si c’est bien moi.  J’avance. Ce regard. Tu avais le même quand nous courions dans le parc. J’avance.  Quand j’essayais de fuir tes coups. J’avance. Quand tu me rejoignais au lit. J’avance. J’avais peur. Je m’arrête. J’ai encore peur. Tu me disais que tu serais toujours là, je voulais que tu te trompes… J’avais mal, j’ai mal, je sors la main de ma poche. Tu tends les mains, entre surprise et panique. Je vois maintenant dans ton regard le miroir de mes angoisses. Alors c’était cela qui te faisait bander ? Je ne tremble plus, presse la détente, le coup part. Tu t’écroules. Un cri a retenti derrière moi. Depuis que je rêvais de ce moment je pensais que ma colère s’évanouirait en pressant la gâchette. Il n’en n’est rien, alors j’essaie encore et encore. J’ai entendu ton hurlement se fondre dans l’écho des coups de feu. Je sens l’agitation autour de moi. Ça pue la poudre, la folie et la panique autour. Ma main vibre encore, mon poignet me fait mal, mes oreilles sifflent, je n’entends plus rien. Sous la pression de mon index, l’arme ne fait maintenant qu’un cliquetis inoffensif. C’était si simple. Je m’approche. Je veux être certaine. Sur le trottoir, le sang se mêle à la pluie qui file dans le caniveau. Les goutes sur ton manteau font vibrer ta silhouette. Tu parais presque encore en vie. Tu sembles jeune. Tu es trop jeune. Ce n’est pas toi. Une sirène retentie. Elle est toute proche. C’est trop tard. J’ai échoué. Comme toujours Papa, tu auras tout gâché, ma vie comme ta mort… --- Il pleut. Je ne sais pas pourquoi Maman m’a amenée ici. J’ai froid et je suis mouillée. Moi j’avais envie de faire du vélo ce matin, mais Maman m’a donnée une fleur et m’a dit d’aller la poser sur le trottoir. Alors je me suis approchée et j’ai fait ce que Maman m’a demandé. Les grands demandent parfois des choses bizarres, et il faut faire comme si c’était normal, parce que sinon ils sont tristes ou fâchés. Papa n’est pas là. Maman m’a dit qu’il était parti au ciel, mais je ne l’ai pas vu quand j’ai regardé par la fenêtre. Maman était triste alors j’ai fait comme si c’était normal. J’ai fait un dessin avec Papa et Maman et Mamy et la Maison, mais Maman était encore triste. Je me demande si c’est normal. Moi aussi je suis triste, un peu. Mamy est rentrée avec nous à la maison. Quand on est à la maison, Papa est toujours là après le Dodo et on joue tous les deux. Quand il pleut on fait des légos ou des puzzles, même si j’ai envie de du vélo. Mais ça fait plein de Dodo maintenant, et Papa n’est toujours pas là. J’ai peur. Peut-être qu’on peut prendre la voiture et aller au Ciel ? Je suis sûre que Maman dira oui. Je vais préparer mes affaires. Je prends Doudou. C’est obligé. Puis je vais prendre aussi un pyjama, des livres pour lire des histoires. Les légos. Pas tous, seulement lui, là, et le jaune, là-bas. J’irai demander à Maman de mettre le vélo dans le coffre. Il va être content Papa quand je vais lui dire que j’ai préparé mes affaires toute seule !   ----   La pluie s’est arrêtée. Tant qu’elle tombait, j’avais une bonne excuse, mais maintenant, je n’ai plus le choix, je dois monter sur ce vélo ou laisser filer Paul avec la grognasse qui essaye de le brancher - genre je n’existe pas -  et je ne lui ferais pas ce plaisir, à la grognasse. On m’a dit que j’avais su faire du vélo quand j’étais petite. Il parait que j’en faisais avec mon père dans la rue. Je ne m’en souviens pas. Tout ce que je sais, c’est que mon père a été tué par une folle dans la rue un jour. Elle est sortie de son truc pour tarés et bien que Maman a tout fait pour qu’elle aille en prison, elle s’est évanouie dans la Nature. Maman ne s’en est jamais remise. Moi je ne sais pas trop. J’ai vu un type pendant longtemps et je devais lui raconter comment j’allais, ce que je faisais à l’école et tout. Maman insistait beaucoup pour que j’y aille, mais depuis que j’ai 15ans, elle m’a lâché la grappe. Alors je n’y suis plus allée. J’ai pas mal pensé à mon père ces derniers temps parce que mamy-folle-dingue n’arrête pas d’en parler. Tout le monde me dit qu’il était chanmé le daron. Moi je ne sais pas. J’aurais bien aimé savoir, au fond, mais je fais comme si c’était cool. En plus les mecs ça les fait graves kiffer mon histoire. Ils se la jouent genre protecteur, grands chevaliers, et tout… Je crois que ça leur plait. J’en profite. Sauf quand ça tourne en pitié. C’est pourri la pitié. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit oui à une ballade en vélo. Je sais juste que Paul est beau-gosse, qu’il joue de la gratte et qu’il écrit des textes de slam super sensibles. Il m’en a même écrit un à moi. Ca ne parlait pas de mon père. Et ça valait bien que je sorte avec lui au moins 2 semaines. Ça fait 3 mois. Putain on est un vieux couple. On n’a pas encore couché, mais genre on se tient la main dans la rue et tout. Sauf qu’il y a la grognasse. Sa pote. Je suis obligée faire la niaise avec elle parce qu’il l’aime bien. J’ai peur qu’il l’aime un peu trop. Je suis sûre qu’elle aussi l’aime un peu trop. Hors de question de laisser ces deux-là ensembles. Paul c’est mon mec, et la grognasse n’y touche pas. Point barre. Ca y est… Elle fait sa belle sur son vélo. Putain de fille à papa pourrie gâtée. Nous on est en vélib, alors qu’elle se pavane sur sa bécane toute neuve. C’est bon grognasse arrête de faire ta bombasse là… J’enfourche la bête. Merde, c’est haut quand même, je touche à peine les pédales… C’est sensé tenir debout ce machin ? Faut faire quoi ? Ca ne tient pas ! … Et voila… je suis tombée comme une loque. La grognasse se fout de ma gueule. J’ai eu un flash. Je crois que je me suis rappelée mon père. En tout cas, je me souviens qu’une fois j’étais tombée. J’ai eu mal. Mais après Papa m’a fait un câlin et un bisou. Paul cours vers moi. Il me prend dans ses bras. …je me sens bien…. J’en profite un peu. Je le serre fort contre moi. Il m’embrasse, l’air de rien. Je le laisse faire. La grognasse ne sourit plus. Bien fait. --- Alors c’est ici. Je vais laisser le vélo contre le mur. Les gens vont me prendre pour une folle à rester là sur le trottoir, en plein cagnard. Tant pis, je ne suis plus à ça près. Depuis que Paul a insisté pour que je retourne chez le psy, après la mort de mamy-folle-dingue – si t’es là-haut aussi, mamy, le prend pas mal, mais t’étais quand même mal câblée  -  j’ai eu pleins de flash. Je me suis même rappelée de la voix de mon père et je crois que ça m’a fait remonter plein de sentiments en vrac, en même temps. C’est encore un peu confus. Je suis devenue ingérables, je n’arrête pas de rire et de pleurer pour rien. Le pauvre Paul est perdu. Faut dire que la grossesse n’aide pas. C’est le psy qui m’a conseillée de venir ici. Il m’a dit c’était un peu comme le dernier endroit que j’avais en commun avec mon père. Il m’a dit qu’il était tant que j’ai une discussion avec moi-même à cet endroit et que si je voulais, je pourrais peut être même avoir une petite conversation avec toi. Je ne crois pas trop à ces trucs, mais je suis allé voir maman à la maison de vieux et la fille qui s’occupe d’elle – Christine je crois - m’a dit qu’elle se laissait dépérir depuis qu’elle ne pouvait plus aller au cimetière. Pas certain qu’elle a compris que j’étais enceinte. Hors de question que je finisse comme ça. Tout va bien avec Paul, on a des bons taffs et je suis sûre que la petite sera heureuse. Le gynéco n’est pas encore sûr, mais moi je le sens, c’est une fille… A chaque fois que je bouffe du chocolat, c’est soirée disco dans mon utérus. Tu penses que tu lui aurais appris à faire du vélo ? … Tu penses que je n’ai pas l’air d’une conne à tailler la bavette avec un trottoir ?... Après tout pourquoi pas. Si tu veux savoir, Paul est un type bien. On est avocat tous les deux. Son truc à lui, c’est les petites frappes. Il aime bien défendre les jeunes de quartiers qui se sont fait choppés en train de dealer 3 pauv’ barettes de shit derrière la tour de leur cité. Il dit qu’il se sent utile, je n’ai pas encore vraiment compris à quoi. Il voudrait l’appeler Bérénice. Du coup au passage, je sais pas trop si ça se fait, mais si tu croises le grand manitou là-haut, ça m’arrangerai s’il pouvait envoyer une sorte de révélation à Paul pour le faire changer d’avis. Genre je ne sais pas, lui faire voire la vierge… Marie ça me va mieux comme prénom. Moi, mon truc, c’est les affaires familiales. Les divorces, tout ça. J’ai appris à pardonner. A l’évidence je ne tiens pas ça de Maman… J’ai aussi retrouvé la fille qui t’avait vidé un chargeur dessus. Enfin, retrouvée… J’ai juste retrouvé sa trace. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai fait ça. Peut-être parce que je cherchais des réponses. J’y ai trouvé beaucoup de tristesse et pas que la mienne. J’aurais peut-être due venir te voir ici, c’est plus apaisant. En plus il fait bon. Quand j’ai quitté la maison, Maman n’est pas restée longtemps. Elle ne voulait pas être toute seule. Alors on a vidé la maison et elle a déménagé dans un petit appartement d’étudiant pas loin de chez moi. Elle est en maison de retraite maintenant. C’est ironique la vie, tu finis comme tu commences : tu quittes ta grande maison pour aller dans un appart en loc’, puis tu finis chez des sortes de nouveaux parents. Tout l’inverse du début… Finalement tu vois, t’as pas raté grand-chose du film... Une part de mon innocence s’est certainement envolée avec toi, mais pas complètement je crois. En rangeant les affaires de Maman, j’ai retrouvé une petite pochette plastique pleine de gribouillages. Je me suis souvenu de ces dessins, je les avais fait pour toi et je disais que je voulais te les apporter au ciel – tu m’étonnes que Maman voulait que j’aille voir un psy… Maman me répondait alors de les laisser au père noël, c’est drôle, je m’en souviens bien, tous les ans ce petit rituel. Elle me disait qu’il se chargerait de te les apporter. Au début il y avait beaucoup de dessin, puis de moins en moins. Finalement, vers 7-8 ans je pense, je n’en n’ai plus fait 1 par an. Bon, à 25ans, j’étais passé au-dessus de la déception d’apprendre que le père noël ne l’avait pas fait, mais je me suis dit qu’après tout, je pouvais bien te les donner moi-même. Alors je te les laisse, juste là. T’es pas obligé de les encadrer rassures toi. Le dernier, je l’ai fait hier. Je ne dessine pas beaucoup mieux tu verras, mais c’est quand même moins brouillon. Au sujet du vélo, je ne pourrais bientôt plus en faire pendant un bout de temps… Les joies de la grossesse et pire peut être, celles de l’accouchement. Mais j’y remontrais, promis. Quand ta petite fille apprendra, qu’elle tombera, j’essaierai de faire comme dans mes souvenirs. Tu vois, quelque part, il y a toujours un petit quelque chose de toi dans tout ça.  … Voilà Papa. Je ne pensais pas que ce serait si dur… c’est le moment de te dire adieu. Je ne repasserai plus par ici de sitôt. Tu n’es plus là, tu ne l’as pas été. Je ne t’en veux pas. J’ai trouvé d’autres bras, d’autres mains tendues, et aujourd’hui, je vais bien. Il avait raison le psy. Je ferais bien de l’écouter plus souvent. Peut être que je te repasserai un petit coup de fil un de ces 4 si je tombe. J’espère que toi aussi, tu as un vélo au-dessus des nuages.

Loopy

Loopy

 

2036. Chapitre 6 : Avant la mission (14).

Dès le lendemain, la nouvelle courut dans toute la caserne : l’adjudant Ramirez était rentré bourré de sa virée hebdomadaire ; en sortant de sa voiture, il s’était égaré, avait échoué dans le terrain de manœuvre, était tombé et s’était cassé le bras gauche et deux doigts de la main droite. Quelques jours plus tard, à la surprise générale, il démissionnait de l’armée. Tout le monde fêta ça au mess, Gérald et Bokanofski comme les autres. En apparence, personne ne les soupçonnait. Néanmoins, à la fin de leur stage, ils eurent une petite surprise, qui leur donna ample matière à réflexion. Il était de tradition qu’au bout des trois semaines, le commandant – il s’appelait Gardy, capitaine de vaisseau Dylan Gardy - reçoive les stagiaires les plus brillants ; et les deux comploteurs étaient du nombre. Durant cette brève cérémonie, il était d’usage que l’officier leur adresse quelques paroles de félicitation. C’est ce qu’il fit. Mais quand leurs camarades commencèrent à sortir du bureau, il retint Gérald et Bokanofski quelques minutes supplémentaires. -          Je voulais vous remercier, commença-t-il. Les deux amis se regardèrent. -          Nous remercier de quoi, mon commandant ? demanda Gérald d’un ton hésitant. -          Vous avez enlevé une belle épine du pied de l’armée, si j’ose dire. En fait, nous aurions dû le faire nous-mêmes depuis longtemps. -          Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, mon commandant, déclara Bokanofski, qui jouait les innocents avec beaucoup de conviction. -          Bien sûr, bien sûr. Mais si j’ai un petit conseil à vous donner… -          Oui ? fit Gérald. -          N’abusez pas de ce genre de méthode. Vous avez eu de la chance cette fois, mais cela ne se reproduira peut-être pas toujours. Sans leur laisser l’occasion de répondre, il leur serra la main et leur montra la porte : -          Je vous souhaite bonne chance à tous les deux, et que vous accomplissiez la carrière que vous méritez. Quand ils se retrouvèrent dehors, dans l’air froid du petit matin, ils se regardèrent, mais ne dirent rien. Ils allèrent chercher leurs bagages, et puis, avant qu’ils ne grimpent dans l’autocar qui devait les conduire à la gare, Gérald constata : -          Il savait tout. -          Tu crois ça ? dit Bokanofski d’un ton ironique. -          Oui. Ce que je me demande, c’est pourquoi il ne nous a pas fait mettre aux arrêts. -          Il l’a dit : il est bien content d’être débarrassé de Ramirez. -          Mouais. -          Écoute, je ne dirai plus un mot là-dessus. Nous avons fait ce que nous avions à faire, il n’y a pas à en reparler. -          Sans doute. Et ils montèrent dans le car.   -          Vous êtes bien silencieux, nota Sophia au bout d’un moment. Ils roulaient à vive allure vers Paris. La notion de limitation de vitesse semblait totalement étrangère à la diva britannique. Il est vrai que se conformer aux règles en vigueur pour le commun des mortels, à bord d’un véhicule à la fois aussi puissant et aussi confortable, aurait presque été du gâchis. -          Oui, dit-il, j’étais plongé dans de vieux souvenirs. -          Des souvenirs romantiques ? -          Pas précisément. -          Excusez-moi, je suis peut-être indiscrète. -          Ce n’est pas grave. Il se trouve que j’ai retrouvé au fort de la Pointe aux Lièvres un vieux camarade de l’armée. Cela m’a replongé dans ma jeunesse. -          C’était agréable ? Il sourit : -          En partie seulement. Il y a certaines choses dont je ne suis pas fier. Il y eut un moment de silence, puis elle dit : -          La nostalgie est un piège. Nous devons nous concentrer sur l’avenir, c’est-à-dire sur notre mission. Il haussa les épaules : -          L’idée de revenir dans cet endroit n’était pas de moi. On ne m’a pas demandé mon avis. -          Je m’en doute. Un moment plus tard, elle demanda : -          Vous avez l’impression que cette semaine de stage a été utile ? -          On verra ça quand nous serons en Russie, vous ne croyez pas ? -          Bien sûr, bien sûr. Elle ne parla plus guère, jusqu’à leur arrivée dans la capitale. C’est seulement en parvenant dans la banlieue parisienne, qu’il commença à réaliser que cette fois, c’était pour bientôt. Le départ pour la Russie était prévu pour le 29, soit dans cinq jours. C’est vrai que ces derniers temps, il avait eu autre chose à penser… Et d’ici là il avait beaucoup de choses à faire : ses « vacances » bretonnes imprévue avaient bouleversé son agenda. Il était midi passé, et son estomac commençait à couiner. -          Ça vous dirait de déjeuner quelque part ? proposa-t-il aimablement. -          Vous êtes gentil, répondit-elle, mais ça sera pour une autre fois. On m’attend. -          As you like it ! -          Où puis-je vous déposer ? -          Près de chez moi. Dans l’île Saint-Louis. -          C’est comme si c’était fait. Une demi-heure plus tard, le somptueux véhicule s’arrêta rue Saint-Louis en l’Île. Ils se firent la bise, puis il descendit. -          A mardi ! lança-t-il. -          See you soon ! Après les récents événements météorologiques qui avaient frappé le nord de la France, il s’attendait à ce qu’il fasse nettement plus frais dans la capitale, mais comme l’air était saturé d’humidité, la différence n’était pas grande. Le ciel était sombre ; un orage se préparait – encore un ! Il retrouva avec plaisir son immeuble de la rue Jean du Bellay. Il ramassa le courrier dans la boîte aux lettre - au milieu de factures et publicités diverses se trouvait son visa pour la Russie -, puis grimpa chez lui. Il faisait épouvantablement chaud, et ça sentait le renfermé. Il ouvrit les fenêtres pour aérer, prit une douche, et commença à se sentir un peu mieux. Après s'être habillé, il alla déjeuner dans un restaurant grec de la rue de la Harpe, puis fouina dans les librairies du quartier et acheta plusieurs guides de Russie. Bien sûr il en possédait déjà, mais ils étaient anciens. Il n’était pas du genre à se contenter des multiples applications à l’usage des touristes et des voyageurs qu’on trouvait sur portable, il aimait bien les livres en tant qu’objets, le contact chaud du papier. Il se procura aussi des cartes. Dans un magasin spécialisé dans les bandes dessinées, il acheta tout un paquet de mangas pour Agnès. Quand il rentra chez lui, il pleuvait. Il rangea ses achats, puis prit son agenda, afin d’établir une liste de tout ce qu’il avait à faire avant le vendredi 29 août, jour du grand départ. C’était ce qu’il faisait en général quand il partait en grand reportage – enfin, quand il avait le temps de se préparer, car les exemples ne manquaient pas de fois où il n’avait eu que quelques heures pour faire sa valise avant de filer au bout du monde. Il fallait qu’il aille voir sa fille – c’était certainement ce qu’il appréhendait le plus, car il n’était pas impossible que ce soit pour la dernière fois. Il faudrait aussi qu’il appelle son père. Il ne serait pas inutile qu’il rédige un testament. Rien que d’y penser, cela le démoralisait. Il sortit d’un placard une bouteille de whisky japonais et des cacahuètes, et se servit un verre ; il rajouta quelques glaçons. Dehors, la pluie redoublait, puis l’orage éclata, avec tonnerre et éclairs. Heureusement, ce n’était pas comparable à la tornade qui avait frappé la Bretagne. Les notes de Bach éclatèrent dans sa tête ; c’était Ghislaine. -          Salut beau gosse ! Ça va ? -          Bonjour, répondit-il. Ça va comme un dimanche d’orage. -          Ouais. Chez moi aussi ça tombe. J’ai reçu ton article, bravo ! On va le publier demain matin. C’est incroyable que tu te sois trouvé sur place quand cette tornade a frappé. -          Oui, je m’en serais bien passé. -          Mais tu ne m’avais pas parlé de cette semaine chez les commandos ! -          Pour la bonne raison que je ne le savais pas ! -          C’est vrai ? -          Ben oui. On ne m’a pas vraiment donné le choix. -          C’est bizarre, ça. Il hésita un instant. Bien sûr, il ne pouvait pas lui dire la vérité. Il fallait qu’il invente une histoire. -          En fait on m’avait prévenu. On m’avait envoyé un mail, il y a trois mois, pour me prévenir que j’avais une période à accomplir comme sous-officier de réserve. Cela dit,  tu sais comment ça se passe, il devait être noyé au milieu d’un flot de pubs, et j’ai dû l’effacer sans m’en apercevoir. Rien ne vaut le papier ! Elle rit : -          Je te reconnais bien là. Quand est-ce qu’on se voit ? -          Demain, ça te va ? Je passerai au journal. -          OK. A demain. Bisous. -          Bises. Il avait des courses à faire, car son frigo était presque vide, mais avec le temps qu’il faisait, il n’avait guère envie de ressortir. Il commanda donc sur Internet ; un drone se présenta à sa fenêtre une demi-heure plus tard pour lui livrer les produits achetés. Puis il passa un moment à corriger son article, Ghislaine lui ayant demandé par mail d’y apporter quelques modifications. Il dîna frugalement, puis rédigea son testament.  Cela fut rapide : il léguait presque tout ce qu’il possédait – son appartement, un peu d’argent qu’il avait en banque, quelques actions dans diverses sociétés - à sa fille, qui n’en profiterait que quand elle aurait 18 ans - ça, c’était pour éviter que son ex-femme et son arracheur de dents de mari ne mettent la main dessus. Son père n’avait pas besoin d’argent, alors il lui laissait sa voiture. Il data et signa, puis plaça le document dans une enveloppe qu’il laissa en évidence près de la télévision. Cette macabre corvée expédiée, il se coucha de bonne heure. Il ressentait encore la fatigue de son séjour forcé au fort de la Pointe aux Lièvres, et il était plein de courbatures. Lundi 25 août 2036 : Il passa plutôt une mauvaise nuit. Il se réveilla vers 3 heures du matin, en sueur. Il se leva pour aller vérifier la climatisation, qui, ainsi qu’il s’en doutait, était mal réglée. Mais ce n’est pas cela qui l’avait tiré du lit. Il avait fait un affreux cauchemar, un peu dans les styles des films de la saga « Alien » - surtout « Alien 2 », enfin plus exactement « Aliens », celui qui avait été dirigé par James Cameron. Il avait rêvé qu’il se trouvait dans un dédale de souterrains obscurs, poursuivi par des ombres effrayantes. Ce n’étaient pas des Aliens, c’étaient… quoi au juste, il ne s’en souvenait pas. Mais ce n’était pas la seule menace qui planait sur lui : il y avait aussi un compte à rebours, dont une voix mécanique égrenait les nombres un à un, et il savait – il le sentait dans ses tripes – que quand il atteindrait zéro, il valait mieux qu’il ne soit pas dans le coin. Alors il courait, à perdre haleine, dans une obscurité presque totale. Il courait vers la lumière du jour… mais il s’était réveillé avant de l’avoir retrouvée. Il alla prendre une douche, avant de se recoucher. Quand il se réveilla à nouveau, il était près de huit heures du matin, l’heure de prendre un solide petit-déjeuner. C’est ce qu’il fit, tout en regardant une chaîne d’infos en continu et en lisant l’édition du jour du « Figaro », qu’il venait d’imprimer. Il eut la satisfaction de constater que son article était en bonne place, avec plusieurs photos. Étant donné son métier, il avait toujours une valise prête, au cas où il aurait à partir brusquement à l’autre bout du monde, avec du linge propre, des affaires de toilette, des mouchoirs en papier, des barres vitaminées, des chemises, des tee-shirts, des pulls etc. Il la vérifia, ressortit quelques vêtements dont la propreté laissait à désirer, et les remplaça par d’autres. Il rajouta un blouson imperméable, une écharpe, des chaussures de randonnée et de grosses chaussettes. Certes, à cette époque de l’année il ne faisait pas froid en Russie, mais il préférait prendre ses précautions. Songeant à son rêve de la nuit, il plaça également dans le bagage une puissante torche électrique et des piles. Et, bien sûr, les guides et les cartes qu’il avait achetés la veille. Ceci fait, il but un café, puis sortit d’un tiroir la documentation qu’il avait imprimée à propos de Reinhold Glière. Avec ses « vacances » forcées en Bretagne, il n’avait pas pu travailler sur le livre qu’il était censé rédiger sur ce compositeur, et il était temps qu’il rattrape un peu son retard – même si, en fait, il n’était guère motivé. Le lendemain il allait retrouver les gens des Services secrets, et ça le barbait à l’avance. Tout le barbait, dans cette histoire, en fait. Même Sophia Wenger. Quand il l’avait rencontrée il l’avait trouvée séduisante, mais ça n’avait pas duré – elle était trop bizarre. Il n’y a que quand elle chantait qu’elle était fascinante. La perspective de se retrouver avec elle en Russie l’enchantait autant que l’idée d’aller se noyer dans la Seine. Il travailla une heure sur la biographie du camarade Glière, puis décida d’appeler son père. Encore une corvée, qu’il valait mieux expédier le plus tôt possible. En récupérant son portable, le jour de la tornade à Auray, il avait constaté que son père l’avait appelé, mais il ne l’avait pas encore rappelé. Pas le courage. Philippe Jacquet décrocha au bout de la troisième sonnerie. -          Salut papa ! -          C’est pas trop tôt ! grogna le vieillard. Qu’est-ce que tu foutais ? -          Lis le « Figaro » d’aujourd’hui, et tu en auras une petite idée. -          Je l’ai fait, le gardien me l’a apporté. Je ne comprends pas ce que tu faisais dans cette caserne. -          Tu sais que je suis sous-officier de réserve. Ça implique des périodes d’une semaine à effectuer, de temps en temps. Il se trouve que le mail de convocation s’est égaré. Il avait un peu honte de sortir cette fable à son père, mais il n’avait pas le choix. -          Mouais, fit Jacquet père, dubitatif. C’était pas trop dur ? -          Non, ça va. Mais j’ai passé l’âge de ce genre de réjouissances. -          Je m’en doute. -          Et toi ? Ça va ? -          Ouais, avec quelques problèmes. Nous aussi, on a eu des orages. Pas aussi violents qu’en Bretagne, mais quand même. La rivière qui passe derrière chez moi, l’Isle, avait démesurément grossi, on a craint un moment d’avoir des inondations. Heureusement, le temps s’est remis au beau. -          Pourquoi m’as-tu appelé, il y a quelques jours ? -          Comme ça. Pour avoir de tes nouvelles. Tu vas toujours en Russie ? -          Oui, à la fin de la semaine. -          Ça n’a pas l’air de t’enchanter. -          Pourquoi tu dis ça ? -          Je ne sais pas. Disons que c’est une intuition. Il y eut un instant de silence. Gérald cherchait ses mots.

Gouderien

Gouderien

 

Gilets jaunes : et maintenant.

Les oubliés du pouvoir d’achat, les invisibles du service au public, ont pu se faire voir et entendre de tout le monde avec :
- leurs protestations multiples et croisées sur le net,
- le gilet jaune comme symbole commun de protection individuelle,
- leur présence sur les lieux publics d’accès obligé pour circuler ou se ravitailler.
 Et aussi des manifestations en ville ayant débouché sur des confrontations violentes.

 La durée des blocages qui en ont résulté a contraint le pouvoir à infléchir sa politique sociale, sans toutefois renoncer au cap économique qu’il s’était fixé pour la durée de son mandat.
 Au-delà d’une prise de conscience et d’une reconnaissance de ces personnes, ménages, entrepreneurs, en grande difficulté, cela a amené des décisions, d’application à court terme, et l’entame publique d’un dialogue.

 Beaucoup de commentateurs, y compris dans le mouvement, préconisent de le personnaliser dans une représentation nationale, admise à la discussion selon le schéma classique du parti ou du syndicat. L’aspect paradoxal de cette invitation à instaurer le débat est d’ignorer le rejet, par la grande majorité des revendicants, de ce mode de représentation …qui confirme pourtant le rejet du corps électoral vis-à-vis des partis, aboutissant à la victoire du rassemblement «En marche» _ lui-même mis en cause aujourd’hui, après 18 mois d’exercice.

 Il devrait être possible de mieux comprendre ce paradoxe eu égard à la grande diversité
- des revendications, sur les thèmes communs de la précarité et de la reconnaissance,
- des opinions politiques déclarées ou écartées par leurs porte-parole.
 Sans doute en s’appuyant sur le fait que chaque parti _ ou syndicat _ s’éloignait le plus souvent de l’électorat de par :
 1- sa ligne politique trop étroite pour retenir les aspirations communes au plus grand nombre,
 2- la gestion de son appareil, ayant tendance à l’absorber dans des préoccupations exclusives, au détriment de sa mission de service.

 De sorte que les électeurs se sont peu à peu détachés de leurs représentants nationaux, au point de renouveler la quasi-totalité de l’Assemblée. Ce qui a eu pour effet de substituer à un lien très affaibli un «greffon» qui tarde à prendre. Et ce qui les a confortés, semble-t-il définitivement, dans la conviction de l’inadaptation de ce mode de représentation à l’expression de leur souveraineté.

 C’est pourquoi, indépendamment de la mise en place d’une forme de dialogue _ à définir _ avec le gouvernement, il est indispensable de renouer le lien au plus près pour reconstruire une représentation mieux débattue des questions qui touchent les citoyens.
 Après les contacts sur le net prolongés par les rencontres sur le terrain, voire le soutien des élus locaux, nul doute que cette phase révélatrice de la détresse sociale _ et sociétale _ parvienne et cède la place à une étape constructive salvatrice.

Reo

Reo

 

Tripot

Le monde actuel fait penser à un établissement de jeux, où les joueurs seraient les États et les multinationales, engagés dans une perpétuelle surenchère. Il leur faut donc continuellement miser de plus en plus et user de tous les moyens pour se maintenir à flot.
 C’est le lot du joueur invétéré qui, avant d’en venir à jouer sa propre chemise, aura bradé tous ses biens, jusqu’à dépouiller sa famille, son épouse, ses enfants, les abandonnant à la mendicité et à l’errance.

 Ainsi va la finance, laquelle abuse l’économie en détournant la totalité de ses ressources vers un jeu stérile et dévastateur, lui laissant croire à un retour d’investissement, sans cesse différé.
 Car il ne peut jamais y avoir de fin, les chances de survie des participants étant liées à leur poursuite inconditionnelle de la compétition, en jetant pêle-mêle armes et bagages, toutes leurs forces vives dans une guerre sans merci.

 Le précédent des guerres mondiales pourrait laisser espérer la venue d’un accord de paix, pour autant qu’il puisse être respecté. Mais on peut en reconnaître la difficulté, dès lors que cette guerre financière connaît une durée bien plus longue, incluant plusieurs générations.
  C’est pourquoi, lorsque l’on supporte la situation, même tant bien que mal, plutôt que de l'envisager, on préfère généralement soutenir la croissance, en dépit des dégâts croissants _  pour les perdants, de plus en plus nombreux _ qui en résultent.
  En espérant, malgré des démentis quotidiens, pouvoir repousser indéfiniment l’instant fatidique du burn-out général… qui ne nous laisserait aucune option pour reprendre le chemin du développement.

Reo

Reo

 

2036. Chapitre 6 : Avant la mission (13).

-          Certains grognèrent que ce n’était pas leur job, qu’ils n’étaient pas des sauveteurs – que ce soit à l’armée ou ailleurs, il y a toujours des râleurs -, mais on ne leur demandait pas leur avis. Gérald réclama son portable – qu’on lui avait confisqué à son arrivé au fort -, afin de pouvoir faire des photos – après tout, c’était son métier -, et à sa grande surprise, on le lui rendit. Après un déjeuner rapide, ils embarquèrent dans les camions à 11 heures juste, suivant en cela leurs camarades qui les avaient déjà précédés. Ils refirent en quelques minutes le trajet qu’ils avaient parcouru à pied dans la matinée. A mesure qu’ils progressaient vers le nord-est, les signes de désastre se précisaient : arbres déracinés, pylônes abattus, avec des fils électriques qui se tordaient sur la route, maisons endommagées, toits envolés, voitures renversées ou abandonnées en plein champ… Plusieurs fois, ils durent s’arrêter pour dégager des troncs d’arbre renversés en travers de la chaussée. Mais ce n’était rien en comparaison de ce qui les attendait dès les faubourgs d’Auray. La ville semblait avoir subi un bombardement. Tout un quartier avait été réduit à l’état de ruines. Naturellement, étant donné son métier, Gérald avait déjà contemplé ce genre de spectacle de désolation, qu’il soit causé par la guerre ou par une catastrophe naturelle. Mais jamais en France. Tout le monde a vu des images de tornades ; la plupart du temp, cela se passe aux États-Unis. Certains États du centre et du sud du pays (par exemple l’Oklahoma, le Kansas, l’Arkansas, l’Iowa, le Missouri) sont tellement souvent frappés par ces phénomènes météorologiques que l’on parle de la « Tornado Alley », ou « allée des tornades ». De tels événements sont bien plus rares en Europe, même si, avec le réchauffement climatique, ils ont tendance à se multiplier.  Dans l’ensemble, les immeubles de pierre n’avaient pas trop mal résisté à la tornade, même si la plupart des toits s’étaient envolés et si on ne trouvait plus une vitre intacte dans un rayon d’un kilomètre. Mais c’est surtout le vaste centre commercial, situé à l’ouest de la ville, qui avait souffert. Deux hypermarchés avaient été dévastés, mais un troisième s’était complètement écroulé, ensevelissant sous ses décombres plusieurs dizaines de clients et de membres du personnel. Les gens avaient cru pouvoir se mettre à l’abri du vent et de la pluie dans cette grande surface, mais ce refuge s’était transformé en un piège mortel. Du grand mais fragile bâtiment, il ne restait plus qu’un amas de murs écroulés et de tôles écrasées, le tout ne mesurant pas plus d’un mètre et demi de haut ; le toit s’était écrasé là-dessus, broyant implacablement tout ce qui se trouvait en-dessous. Au cours des trente heures suivantes (soit la fin de la journée de vendredi et la plupart de celle de samedi), sous la pluie battante qui continuait à tomber, Gérald et ses camarades se muèrent en sauveteurs, dégageant les blessés et leur apportant les premiers soins, déblayant les gravats, apportant de l’eau, du café, de la nourriture, des médicaments, des tentes et des couvertures de survie à des malheureux qui avaient tout perdu. Pendant tout ce temps, ils ne dormirent que quelques heures, sur des lits de camps abrités sous un bâtiment préfabriqué hâtivement monté, et ils se nourrirent de rations. Bien que très occupé, Gérald trouva quand même le temps de faire une quarantaine de photos, dont certaines étaient vraiment très bonnes. Et puis, progressivement, les troufions furent remplacés par des pompiers et des sauveteurs professionnels, assistés d’équipes cynophiles. Samedi matin, le ministre de l’Intérieur débarqua en hélicoptère et visita les lieux de la catastrophe. Il passa en revue les sauveteurs, serra des mains, tenta de consoler les victimes. En fin d’après-midi, Gérald et les autres regagnèrent le fort de la Pointe aux Lièvres. Après avoir pris une douche et un casse-croute au mess, ils furent rassemblés dans la cour et passés en revue par la colonelle, qui les félicita pour leur conduite pendant leur séjour à la caserne, ainsi que pour leur participation aux opérations de secours à Auray. Pour les stagiaires, la semaine au fort se terminait, même si ce n’était pas tout à fait dans les conditions prévues…Néanmoins, en raison de la catastrophe d’Auray – dont le bilan était pour l’instant chiffré à 35 morts, une centaine de blessés et plusieurs dizaines de disparus -, ceux qui voulaient rester au fort quelques jours de plus afin de renforcer les équipes de sauveteurs étaient les bienvenus. Ce ne fut pas le cas de Gérald. On était déjà le 23 août, et il n’avait pas oublié qu’il devait être à Paris le 25. D’ailleurs, s’il l’avait oublié, on se serait chargé de le lui rappeler. La colonelle Le Goff le fit appeler dans son bureau, et lui apprit qu’elle avait reçu un message de sa hiérarchie lui recommandant, malgré les circonstances exceptionnelles, de ne pas manquer de libérer le sergent-chef Gérald Jacquet au plus tard le 24 au matin. -          Ça n’a pas été trop pénible ? demanda-t-elle au journaliste. -          Non. Ça m’a rappelé ma jeunesse, hélas enfuie. -          Pour votre âge, vous avez l’air encore assez en forme ! Comme il s’inquiétait de savoir comment il allait regagner Paris, on lui apprit qu’on viendrait le chercher. Il fêta son départ au mess en compagnie de Marion, de Leduc et de ses compagnons de chambrée. Mais il prit garde quand même de ne pas trop boire, car il avait un article à écrire. A peine avait-il regagné ses pénates, après un dîner assez arrosé, qu’il se rua sur son portable, et en deux heures écrivit un papier sur son expérience au fort et sur la catastrophe d’Auray. Il envoya ça vers une heure du matin à Ghislaine, avec une dizaine de photos ; comme « le Figaro » ne paraissait pas le dimanche, cela serait d’abord mis en ligne sur le site du journal, avant d’être repris dans l’édition du lundi matin.   Dimanche 24 août 2036.   Le lendemain matin, il fut réveillé à l’heure habituelle. Il prit sa douche, s’habilla – en civil, cela faisait du bien – puis assista au lever des couleurs. Après ça il alla prendre son petit-déjeuner, et dit aurevoir à Leduc et à Marion. Il eut à peine le temps de rendre ses effets militaires au fourrier, que la voiture qui devait le ramener dans la capitale se rangeait dans la cour du fort.  Et là, il eut une belle surprise. On lui avait dit qu’on viendrait le chercher, sans préciser l’identité de ce « on » ; il n’aurait pas été autrement surpris de voir réapparaître le capitaine Servant, qui l’avait conduit ici. Aussi, quand il vit descendre d’une somptueuse Rolls-Royce « Phantom VII » rouge fuchsia Sophia Wenger, la femme qu’il devait accompagner dans quelques jours en Russie, il en resta abasourdi. Il ne fut pas le seul d’ailleurs, car en voyant surgir cette créature de rêve, vêtue d’un chemisier rose, d’une jupe rouge s’arrêtant à mi-cuisses et chaussée de bottines noires, tous les militaires – quel que soit leur grade - qui se trouvaient dans la cour en demeurèrent bouche-bée, puis se ruèrent vers elle pour lui demander des autographes, exercice auquel elle se plia de bonne grâce. Il attendit que le calme revienne pour s’approcher d’elle à son tour. Ils se firent la bise. -          Comment allez-vous ? demanda-t-elle. Ça n’a pas été trop dur ? -          Non, ça va. Mais enfin, c’est pas le Club Med. Qu’est-ce que vous avez fait de votre chauffeur et de la Mercedes ? -          Oh, Cindy est en vacances. Quant aux voitures, j’en possède un certain nombre. Il faut bien changer, de temps en temps. Elle démarra, et se dirigea immédiatement vers le nord. Il ne fut pas fâché de laisser derrière lui le fort de la Pointe aux Lièvres, cette fois définitivement – enfin il le supposait. -          J’ai été très impressionnée par les images des dégâts à Auray, dit-elle. Vous avez participé aux secours, je crois ? -          Effectivement. -          Vous pouvez me montrer ? -          Pas de problème, c’est tout près d’ici. Il ne leur fallut que quelques minutes pour gagner la ville martyrisée, d’autant plus qu’elle conduisait pied au plancher. Ce jour-là le soleil brillait, mais cela ne rendait pas le spectacle plus joyeux pour autant. Ce qui était autrefois une riante cité bretonne était réduit à des tas de ruines auprès desquels se pressaient encore des engins de chantier ainsi que de dizaines de pompiers, de sauveteurs et d’équipes médicales. -          C’est étonnant, commenta la diva. Ça ne vous dérange pas qu’on fasse quelques pas ? -          Comme vous voulez. Ils se garèrent à proximité. Un cordon de gendarmes contrôlait la route, pour éviter les pillages. Un hôpital de campagne et un vaste camp de réfugiés avaient été installés dans des prés au sud-ouest de la ville. Reconnaissant la virtuose, les gendarmes les laissèrent passer. Ils approchèrent de l’hypermarché Leclerc qui s’était complètement écroulé, et qui ressemblait à un vaste mille-feuilles de béton, de métal et de plastique. Sophia alla saluer les sauveteurs, les pompiers et les médecins, disant un mot d’encouragement à chacun et révélant un aspect de sa personnalité que Gérald ne connaissait pas encore. Elle évitait cependant les équipes cynophiles, acharnées à retrouver des survivants parmi les ruines, car apparemment elle n’était toujours pas populaire auprès de la gent canine. Naturellement, il ne se priva pas de la photographier et de la filmer durant ses déambulations au milieu de la cité dévastée. Ils passèrent une quarantaine de minutes à Auray, puis regagnèrent leur véhicule et reprirent la route de Paris.   Et c’est là que je me rends compte que j’ai complètement oublié – suis-je distrait ! – de vous raconter la fin de l’histoire de l’adjudant Ramirez. Or donc, le brigadier-chef Delphine Di Méo, le bras cassé, avait regagné son unité, non sans leur avoir fait promettre de la venger. Mounir Djedoui, quant à lui, était encore là, et il servait toujours de souffre-douleur au sous-officier sadique. Gérald et Bokanofski employèrent les deux jours suivants à chercher des renseignements à propos de l’adjudant Ramirez. Ce n’était pas très difficile, car il n’était guère aimé au sein de la caserne. Ils finirent par apprendre que tous les samedis soir, Ramirez prenait sa voiture pour aller boire un verre – en fait, plusieurs - dans un troquet situé à la sortie du village voisin de Sainte-Barbe. Il revenait vers une ou deux heures du matin, généralement largement imbibé. Il recommençait parfois la même opération le dimanche soir, mais rentrait plus tôt, le lendemain, étant un jour de travail. Ils avaient d’abord songé à piéger le sous-off à la sortie de son abreuvoir habituel, mais en y réfléchissant c’était bien trop compliqué. Ils auraient certes pu sortir du fort (le samedi soir, les stagiaires bénéficiaient d’une brève permission de sortie), mais il leur aurait fallu rentrer bien avant le retour de Ramirez. Bien sûr, ils pouvaient faire le mur, ce qui n’était pas très difficile pour quelqu’un de suffisamment agile, puis gagner Sainte-Barbe à pied, et guetter la sortie de l’adjudant. Mais en y réfléchissant, ils avaient trouvé une solution bien plus simple et moins risquée. Il suffisait de se planquer dans le parking, en attendant que Ramirez revienne ; l’endroit où l’on garait les véhicules se situait assez loin de l’entrée, et en temps normal il n’y avait pas de sentinelle, ni de caméra de surveillance. Autre avantage, il était proche du terrain de manœuvre et de celui où se pratiquait le parcours du combattant. Le soir venu, ils attendirent donc que minuit soit passé – à ce moment un gradé faisait le tour des chambrées pour vérifier que tout le monde était bien là -, puis se rhabillèrent discrètement, ressortirent chacun de son côté – en effet, ils couchaient dans des dortoirs séparés - et gagnèrent le parking, où ils se retrouvèrent. Bien sûr leurs camarades avaient dû remarquer leur manège, mais personne ne souffla mot. Ils avaient noué un foulard autour de leur visage, ce qui était plus symbolique qu’autre chose car naturellement leur victime pourrait les reconnaître à leur voix – ou, en ce qui concerne Bokanofski, à sa carrure. Ils attendirent plus d’une heure dans le froid, avant que Ramirez ne daigne revenir. Le serveur du mess, qui semblait bien renseigné, leur avait raconté que certains samedis, l’adjudant poussait jusqu’à Quimper, où il avait ses habitudes dans une « maison » ; il paraît qu’il appréciait les très jeunes filles – y compris parfois des mineures -, sur lesquelles il aimait assouvir ses pulsions sadiques. Heureusement, ce n’était pas le cas cette nuit-là. La chance était d’ailleurs avec eux, car il était totalement bourré, à se demander comment il avait réussi à regagner le fort. Quand il y réfléchit par la suite, Gérald dut bien admettre que cette expédition punitive était totalement insensée. S’ils avaient été pris, non seulement cela aurait compromis leur carrière militaire, mais ils auraient pu se retrouver en prison pour des années : agresser un sous-officier, c’est le genre de chose avec laquelle l’armée ne plaisante pas. Mais tout se déroula comme prévu. Quand l’adjudant, titubant, sortit de son SUV Nissan gris – il était vêtu en civil, d’un jeans, d’un blouson et d’un pull noir, et ainsi habillé il ne ressemblait guère au personnage détestable qu’ils connaissaient -, ils se glissèrent discrètement derrière lui, puis Bokanofski lui attrapa la tête et lui plaqua sa main sur la bouche – s’il avait crié, ils étaient fichus. L'homme, surpris et apeuré, émit une sorte de borborygme, et ils crurent un instant qu'il allait vomir. Puis ils l’entraînèrent vers le terrain de manœuvre. Ils avaient bien pensé à emporter une lampe électrique, mais finalement ils y avaient renoncé, de peur d’être repérés. Heureusement, la lune brillait dans le ciel, ce qui leur permettait de voir où ils marchaient. Ils attendirent d’être assez loin pour lui attacher une écharpe autour de la figure en guise de bâillon et lui lier les mains devant lui avec un bout de corde. A moitié dégrisé, l’homme les regardait tour à tour, ne comprenant pas ce qui lui arrivait et se débattant mollement. Ils continuèrent leur chemin, traînant leur proie, et finirent par aboutir là sur le terrain où se déroulait le parcours du combattant. Ils adossèrent Ramirez contre un obstacle, et c’est là que les choses sérieuses commencèrent. Bokanofski fut le principal protagoniste de ce qui se passa ensuite, c’est lui qui parla et qui agit – Gérald le regardant faire dans un état de semi-sidération. Bokanofski gifla l’adjudant plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il ait recouvré totalement sa lucidité ; c’était indispensable, pour qu’il puisse pleinement « profiter » de la suite. Il lui prit la main droite, saisit l’index et le replia brusquement vers le dessus de la main. L’adjudant poussa un cri, étouffé par le bâillon, et dévisagea son tortionnaire avec des yeux terrifiés. -          Ça, c’est pour Mounir Djedoui, commenta Bokanofski d’un ton neutre. Il prit le majeur et lui fit subir le même sort ; même cri étouffé de l’adjudant, qui se tordait de douleur et mordait l’écharpe qui lui fermait la bouche. Il regardait à présent les deux stagiaires avec des yeux de fou. -          Ça, déclara Bokanofski, c’est pour tous les jeunes que tu as emmerdés au fil des années. Il lui délia les mains et lui prit le bras, tout en faisant signe à Gérald de lui tenir le bras droit. Il replia le membre en arrière. Leur victime, comprenant ce qui se préparait, s’agitait et poussait des grognements assourdis par le bâillon. De façon assez analogue à celle dont Ramirez avait traité la malheureuse Di Méo, Bokanofski lui tordit le bras dans le dos. Comme sa victime grimaçait de douleur, « Boka » susurra : -          Et ça, c’est pour Di Méo. C’est sûr que c’est moins marrant quand on le subit que quand on le fait à quelqu’un d’autre ! Il accentua encore un peu sa pression… et, avec un craquement sec, un os cassa. A travers son bâillon, l’adjudant réussit à pousser un gémissement de douleur très expressif, tandis que tout son visage exprimait l’intensité de son tourment. Bokanofski ramena ses deux bras devant lui. L’homme, l’air terrorisé les dévisageait tour à tour d’un air égaré, se demandant manifestement ce qu’on allait lui faire subir à présent. Bokanofski le rassura… d’une certaine manière. -          Bon, on a fini. Maintenant, mettons les choses au point. Tu diras que tu étais bourré – et d’ailleurs c’était vrai -, que tu t’es trompé de direction en sortant du parking, et que tu es tombé. OK ? Comme l’autre demeurait amorphe, il le secoua : -          OK ? Enfin l’adjudant hocha la tête. -          Bien, je vois que nous nous comprenons. Dans deux ou trois jours, tu donneras ta démission de l’armée. Nous pensons que tu as fait assez de mal ici. Après, tu feras ce que tu veux, à condition que ça ne soit pas dans l’armée. Compris ? Ramirez fit oui de la tête. -          Tu vois quand tu veux ! continua Bokanofski. Une dernière chose. Nous sommes deux ici, mais tous nos camarades nous soutiennent. Si jamais tu nous dénonces, il se passera une des deux choses suivantes – ou peut-être même les deux : quelqu’un, un jour, dans un coin discret, te fera la peau ; ou bien on informera ta hiérarchie, et aussi la police, que tu vas te taper des mineures à Quimper ! Comprendo ? L’adjudant hocha la tête frénétiquement. En fait il semblait tellement effrayé qu’il en avait presque oublié sa douleur. -          Tu as bien compris ce que t’as dit mon pote ? répéta Gérald – et ce fut sa seule intervention de toute la scène. Ramirez approuva avec autant de bonne volonté qu’il en était capable. -          OK, dit Bokanofski. Donc nous on va s’en aller, et dans 5 minutes tu pourras sortir de là et aller à l’infirmerie. Et si jamais tu dis un mot à propos de ce qui vient de se passer, tu es un homme mort. Ah oui ! Et surtout n’oublie pas : dans quelques jours, tu donneras ta démission de l’armée. D’accord ? Il lui retira son bâillon pour qu’il puisse parler, et le rangea dans sa poche. Il en fit autant des liens défaits. Pas la peine de laisser des preuves ici. -          D’accord ! fit l’homme d’une voix étranglée. -          C’est fini ! dit Boka en lui tapotant presque amicalement l’épaule, ce qui arracha un gémissement de douleur à l’adjudant. Ils s’éloignèrent dans la nuit, laissant leur victime prostrée, toujours adossée à l’obstacle. Plutôt contents d’eux, ils regagnèrent leurs chambrées respectives. Mais par la suite, Gérald se remémora souvent à cet épisode. En fait, avec le recul, il n’était pas très fier de lui. Il repensa même plus souvent à l’adjudant Ramirez qu’à tous les talibans et autres terroristes qu’il lui arriva de tuer plus tard, dans le cadre des missions qu’il effectua avec les Forces spéciales. Et quand il lui arriva, des années plus tard, de le croiser dans une rue de Paris, cela lui fit une drôle d’impression. Pas au point, bien sûr, de lui présenter des excuses – faut pas rêver…      

Gouderien

Gouderien

 

Transition

La gravité des événements que nous vivons inspire à l’un de mes amis la réflexion que nous revenons à l’âge de pierre de notre préhistoire.
 Comme un peu partout en Europe, où le populisme réapparaît avec son cortège de violences.
 Blocage du dialogue, blocage de la rue, blocage de l’économie.

 A chaque fois qu'une situation se bloque, l'action tend à prendre le pas sur la réflexion. De ce fait l’absence de lucidité dans l’action, la privant d’un nécessaire contrôle, l’entraîne du brouillon au désordre, puis du désordre à la violence, et le blocage perdure.
 Quand on se trouve «au pied du mur», il nous arrive, faute de moyens ou faute de patience, de renoncer à la réflexion; et voilà la démarche simplificatrice, qui consiste à s'isoler «dans sa bulle» et à nier ou minimiser les problèmes du voisin.
 Le mérite des gilets jaunes _ ceux qui ne veulent pas de la violence _ est d'autant plus grand. Il leur faut calmer tous les extrémistes, et ce n'est pas une mince affaire quand les institutions se révèlent impuissantes à faire barrage à cette violence.

 Pour ma part, j'incline à penser que si l'être humain, individuellement, est l'être vivant le plus intelligent, il est collectivement l'un des plus stupides, car, face à ce double handicap _ social et écologique _ qu’il s’est à lui-même infligé, il se révèle incapable d'assurer sa propre conservation, alors même que, bien tardivement, il commence à se rendre compte de cette fatale lacune.
 L'intelligence ne consiste pas uniquement dans d'exceptionnelles facultés de compréhension et de création individuelles, mais bien au-delà, dans la faculté de nous organiser et surtout de savoir faire évoluer le mode d'organisation dans la pleine conscience de notre propre évolution.

Reo

Reo

 

Moteur paradoxal

Circularité extrapolative Introduction Les écoles philosophiques réaliste, scientiste et mécaniste vous ont enseigné que l'apparition humaine était, en soi, un accident empirique, une succession multiplicatrice d'improbabilités hasardeuses, et vous avez du mal à y croire ? Mais il vous manque un modèle, un principe, pour envisager la nécessité humaine plutôt que son accidentalité ? En outre, les hypothèses divines ne faisant que déplacer le problème, quand l'hypothèse du Big bang le réduit à une ponctualité sidérale et sidérante, en croyant improprement le simplifier, votre doute évolue en toute légitimité et en toute maturité. La causalité linéaire, inhérente à ces conceptions, vous a également enseigné que l'avenir du monde était déjà inscrit dans les prémisses du commencement : les dés sont déjà jetés, le jeu est plié, alea jacta est. Le monde est un jeu (ou un drame) politique, économique et médiatique, qui conjugue l'individu et l'institution, « et à la fin, ce sont les allemands qui gagnent » ☹, comme au football. Je ne peux pas vous offrir une antithèse du déterminisme, de la causalité au sens large, car seul l'aléatoire s'oppose au déterminisme, et que l'aléatoire est une vacuité du sens, ou un échec du choix. Mais je peux vous offrir les moyens de vous émanciper brutalement du fardeau de cette fatalité causale qui vous est étrangère et méprisante, et dont l'éternité exclura la vôtre par obsolescence. Je peux anéantir vos peurs inutiles et votre pessimisme autodestructeur sur un simple transfert de référentiel. Malheureusement, parce que rien n'est parfait, tout bénéfice a un coût, et toute métaphysique a un tribut théorique à verser à son néant. Ce tribut vous coûtera peut-être une pollution inédite, un désespoir remédiable, mais le jeu reste largement gagnant pour vous, et fondamentalement optimiste. Si la liberté s'opposait à un bonheur enniaisant, ou acritique, si la vérité s'opposait à un rêve vain, ou naïf, à un rêve de cieux infantilisants, physiques comme métaphysiques, dans un dilemme exclusif, que choisiriez-vous ? Quel que soit votre choix, ne laissez pas les autres le faire à votre place. Votre vie est une évidence, or vous ne connaissez d'elle, avec certitude, que cette qualité d'évidence. Même si l'objet de votre perçu existait en soi, vous ne pourriez jamais en être savamment certain. Or, si plusieurs thèses différentes suffisaient à justifier votre évidence de vie, à l'expliquer, ce n'est pas par la suffisance mais par la nécessité (donc leur économie en "si", en hypothèses) que vous pourriez espérer les départager. Or la nécessité est austère, dixit le principe de simplicité, le principe anthropique, et les conditions censées justifier votre évidence de vie ont chacune un coût théorique. Ce coût est, en droit, formalisable par une improbabilité. Or, lorsque ces conditions se combinent en « et », les improbabilités ne s'additionnent pas, elles se multiplient. Ainsi, lorsque les successions de « si..., et si..., et si... » s'accumulent, le coût total de la thèse peut devenir astronomique, au sens propre. A vous d'essayer ainsi de visualiser l'ordre de grandeur de l'improbabilité de la plasticité de la matière qu'on vous a suggérée, au regard des environnements finaux qui vous entourent. Vous êtes-vous déjà demandé comment vous pouviez percevoir les couleurs alors que votre cerveau n'en contient pas en soi : ni l'onde électromagnétique, ni votre cône photorécepteur, ni votre flux nerveux ? Evidemment, si cet impact subjectif chromatique a pu tant vous tromper, pourquoi pas le reste, qui est du même acabit, de la même étrangeté ? Le « quoi » ne répond pas au « qui », et même sa plasticité extrême n'y changerait rien. A quoi ressemble le goût du chocolat, analytiquement ? Il ressemble à un goût de chocolat, irréductiblement. Que croyez-vous connaître d'autre que votre « qui » et ses impacts ? Pour que le « quoi » réponde au « qui », il est nécessaire de le médiatiser, mais jusqu'où, jusqu'à quel degré de négation de la chose en soi ? Ou placer le curseur dualiste ? Et si cette médiatisation totale était suffisante à votre évidence de vie, ne croyez-vous pas qu'elle serait plus nécessaire que ses théories concurrentes, par le conséquent plus probable des monismes : le monisme neuro-médiatique ? Toutes les métaphysiques sont folles, aucune n'est prouvable par définition, et aucune ne sait rentabiliser rationnellement l'ignition de l'existence : cette « flamme de vie » absolument isolable, car existentiellement rentable. La mienne sait le faire, mais elle nécessite une capacité d'abstraction et de plasticité mentale conséquente. Si vous parvenez, par votre travail de représentation, à visualiser et à rentabiliser mon modèle, même approximativement, alors vous en deviendrez un concepteur légitime. N'y voyez donc aucune démarche sectaire : la vérité n'est pas à vendre, elle se donne, comme la liberté à l'esclave, et avec elle ses moyens de production. Pourquoi croquer la pomme, quand on peut siphonner le compotier d'Andros 😊 ? Même si le projet philosophique s'est peu à peu privatisé avec l'histoire, le langage, lui, n'est pas privatif. Les académiciens n'ont aucune ambition confiscatoire, et les mots recèlent bien davantage d'évidences étymologiques que de secrets : n'ayez pas honte de vous les approprier. A l'aune de l'observation de la foudre qui tombe, on peut avoir une lecture strictement perceptive, visuelle, en déclarant innocemment que l'éclair est intrinsèquement motorisé et que sa trajectoire est déterminée dès l'amont. Mais, évidemment, vous le savez sans doute, c'est la courbure du champ, de l'espace-temps, qui fait évoluer ce flux électrique, un peu comme l'eau du ruisseau qui s'écoule est aussi déterminée par la dénivellation, la gravitation, donc par l'aval. Je vais vous montrer, d'une façon exotique, que ce déterminisme avaliste est infiniment transposable, et que l'aval ultime c'est vous. Mais j'ai besoin de votre participation, de votre plasticité mentale. Commencez par retourner votre expérience sur Terre comme une chaussette. On vous a dit : votre éveil évolue dans une vie, qui évolue dans un monde. Vous allez inverser cette hiérarchie : il y a un monde dans votre vie, et il y a une vie dans votre éveil. Vous voyez qu'il n'y a pas de contradiction, à compter que votre expérience du monde est réductible à un faisceau de représentations. Savez-vous ce qu'est l'anamorphose ? C'est la représentation graphique d'une qualité par sa surface : dans un graphique anamorphique représentant le PIB par habitant, la Suisse serait plus grande que la Russie. Eh bien, dans un graphique anamorphique représentant, cette fois, la complexité fonctionnelle, votre esprit serait immensément plus volumineux que l'univers. Vous visualisez maintenant où se situe l'enjeu théorique, et le leurre impressionniste, qui nous la joue à l'envers, justifiant l'inversion mentale des volumes perçus. Dans une représentation analogique et anamorphique, l'Univers ne serait que le placenta minéral du vivant. Et personne ne connait le parent existentiel de ce parent nourricier minéral : est-il naturaliste, identitaire, et/ou personnel ; est-il en amont ou en aval de la création ; est-il constructeur, concepteur et/ou promoteur ? Concept Pour commencer, définissons le concept. Le principe et relativement intuitif, mais son application est d'une complexité qui dépasse celle du principe anthropique ou du darwinisme (c'en est même la référence prototypique), et cela demande concentration. Qu'est-ce qu'un moteur paradoxal ? Un moteur c'est réel, alors qu'un paradoxe ça n'est que logique. Existerait-il des paradoxes réels ? On connait les paradoxes du temps : retourner dans le passé pour tuer son grand-père revient à une nécessaire contradiction existentielle, puisqu'ainsi votre grand-père n'aurait pas pu vous concevoir, c'est un paradoxe temporel. Mais il ne s'agirait là que d'un paradoxe microscopique, et dont l'axiomatique serait coûteuse. On va refocalisez, imaginez maintenant, même si c'est faux : un univers A qui crée un univers B, et, puisque leurs temps seraient dissociés et leurs unités de grandeur incomparables, que l'univers B crée à son tour l'univers A. Par cette incongruité causale (qui je le rappelle est annoncée fictive, fausse), nous serions face à un paradoxe existentiel, et non uniquement logique. Si A crée B, et que B crée A, le paradoxe est positif, nécessairement vrai, mais si A crée B et que B tue A, le paradoxe est négatif, nécessairement contradictoire. Imaginez maintenant, par l'économie d'un échelon, que c'est l'univers A qui se crée lui-même. Comment donc la partie d'une chose peut-elle créer la chose, puisqu'elle est plus petite, immanente et postérieure ? Ou encore : comment un univers d'un gigawatt de puissance peut-il créer un univers d'un térawatt ? Eh bien, pour les mêmes raisons : un « petit univers » pourrait en créer un « grand » simplement parce que la taille et l'énergie n'ont pas de valeur absolue, l'énergie ne relève, en soi, que d'un rapport entre une contrainte et une plasticité, or ce rapport est identique quelle que soit la grandeur de son support. Pour imager : l'énergie du monde dans une pile d'1.5 volts, si toutefois on trouve des électrons suffisamment plastiques, un objet suffisamment subdivisible. La composition de deux systèmes isolés, ou l'auto-composition d'un seul, zoome sur une nature autoréférente des forces, du temps et des grandeurs. Ce qui est intéressant dans cette gymnastique intellectuelle, ce n'est pas ce que ça dit mais ce que ça veut dire, ce n'est pas sa vérité mais sa véracité : les propriétés créatrices du macrocosme, ou plus poétiquement la divinisation du champ d'étude. En effet, la science appliquée de ce nouveau déterminisme, de cette « cosmologie binaire » ou « autoréférence absolue », serait davantage circulaire que linéaire : l'univers A s'extrapole en extrapolant B, la richesse de A génère la richesse de B et réciproquement. Un feu qui s'entretient est, d'un point de vue microcosmique, circulaire, rétroactif dirait-on. Mais cette circularité, cette rétroaction, est, d'un point de vue temporel, parfaitement linéaire : le temps ne se recoupe pas lui-même. En revanche, dans le cadre de notre énoncé, la rétroaction est temporellement circulaire, on pourrait même circulariser la quantité disponible de combustible. Cette science fondamentale émergente serait également extrapolative : dans son repère, dans son champ d'étude, il est aisé de comprendre que la création serait à la fois spontanée et complexe, que ses parties auraient tendance à remplir leur cadre ontologique, à saturer leur dimensionnement, ex-nihilo. On obtient donc un déterminisme circulaire et extrapolatif, « circulaire » étant l'approche empirique « d'extrapolatif ». On extrapole la situation initiale en situation finale par une rétroaction création-moteur, plus facilement imaginable par une rétroaction nerf-muscle. Il s'agirait bien d'un moteur paradoxal : autosatisfaisant, auto-justificateur et autodéterminé. Notre moteur est maintenant en ignition : il produit davantage de valeurs qu'il n'en consomme, qui plus est ex nihilo. Mais il est cerné, limité par sa nécessité et sa suffisance (son minimalisme, son néant propre) : dans ce repère, la pomme n'est pas une générosité naturelle, ce n'est qu'une dérivation extrapolative de la stricte nécessité naturelle, qui elle, est relativement austère. Notez que le principe du moteur paradoxal est transposable, car c'est une clé analogique : un homme qui manipulerait ses propres neurones serait un moteur paradoxal (induit), une rétroaction circulaire ou pseudo-circulaire qui se stabiliserait entre extrapolation et limites rationnelles. Cette définition ne devrait pas laisser tant de choix à mon lecteur sur la légitimité du concept (pourquoi pas même sur sa nécessité), mais plutôt sur la réalité de son champ d'application. Admettez néanmoins que « l'homme qui maîtrise ses propres neurones » est un paroxysme extrapolatif, le moteur paradoxal d'un rendement néguentropique maximum, inscrit dans un cercle vertueux qui propulse le dispositif vers la totipotence (la plénitude fonctionnelle). Mais le mot « maîtrise » est trop ambitieux, voire toxique et aliénant, il conviendrait de le remplacer par les verbes « être » et « représenter », pour à la fois coller à la réalité et légitimer le processus. Ce moteur circulaire inscrirait l'ensemble des neurones, qu'ils soient biologiques ou analogiques, dans une grammaire « dimension / corpuscule » (+ ontologie) que l'on pourrait qualifier de symbiotique, contractuelle, ou encore représentative : la dimension extrapole le corpuscule qui, à son tour, requalifie et caractérise la dimension, un peu comme pour un suffrage représentatif. Reste à identifier la ou les dimensions matricielles, leur génétique sémantique (formelle ou non), leur incorruptibilité systémique (d'une rétroactivité à définir), nous y viendrons. Ainsi posé, par ces deux exemples, le moteur paradoxal peut être un « quoi » comme il peut être un « qui ». Mais pensez-vous que si c'était un « quoi », son rendement (en « valeur ajoutée », en néguentropie) serait suffisamment excédentaire pour amorcer son ignition (la chaleur qui crée la combustion, qui crée la chaleur, ..., transposable au sens qui crée la fonction) ? L'enjeu structurel de la circularité met inévitablement en scène un ensemble cohérent de moteurs néguentropiques, à la fois générés et générateurs. Ici, l'opposition rivale du « quoi » et du « qui » revient à l'opposition asymétrique de la sélection a posteriori et du choix anticipé. Pour imager : il faut un milliard d'étoiles pour générer une planète habitable, et un million d'espèces vaines pour générer une espèce pérenne, etc... ce mur de l'impossibilité est intuitivement transposable à l'infertilité toxique du chaos neurologique, dans sa conception autogérée, inconsciente et dissociée. Un trait d'humour : combien de neurones vierges autogérés pour découvrir que le bien est systématiquement préférable au mal, alors que cette notion est innée pour le dimensionnement conscient ? Le mode opératoire inconscient classique palliant cette carence structurelle par un niveau d'énergie initial astronomique, déjà géométriquement ingérable, la multiplication des nœuds évolutifs, de niveaux de complexion, rendrait vaine toute tentative de cohérence. La seule qualité causale du processus est donc évidemment insuffisante, mais de plus, son coût en conditions est exorbitant. Plus métaphysiquement, ne pensez-vous pas que c'est le moteur paradoxal le plus excédentaire (qualitativement), donc le plus rentable, qui a « raflé la mise » cosmologique de ses concurrents, par sa probabilité inhérente, entre autres par son plus faible coût en conditions, en hypothèses, et par sa totipotence ? Pour mieux cerner la démarche rationnelle du penseur, évoquons vaguement l'essence du principe anthropique : « je pense » est le préalable de toute étude, il n'y a pas d'étude sans « je pense ». Par conséquent, la justification causale du « je pense » est hiérarchiquement préalable à toute autre justification, plus ou moins dérivative et incertaine. Or cette justification inductive subit mécaniquement l'érosion de sa stricte nécessité, comme déjà évoqué. Ainsi, la théorie macrocosmique, globale, peut s'appréhender de façon dynamique : la fonction (le « quoi ») a besoin de justifier le sens (le « qui »), mais le sens a d'abord besoin du sens lui-même, car son microcosme présumé est autoréférent en soi, et son dualisme parent rigoureusement hypothétique. L'enjeu consiste à d'abord rentabiliser le sens, jusqu'à, pourquoi pas, médiatiser la fonction, la réduire à sa stricte nécessité, par une considération probabiliste, nécessaire donc minimaliste. Vulgarisons (pour les sportifs au fond de la salle 😊) : l'approche empirique calcule laborieusement la probabilité des extraterrestres (en nous vendant du rêve 😊, insidieusement empoisonné (...) ☹, fait de surabondance improbable, et accessoirement d'univers parallèles, et même perpendiculaires 😊), mais l'approche rationnelle suggère que notre univers est probablement « le plus petit possible » (le plus précaire) pour justifier notre existence, chaque monde d'extraterrestres ajoutant une unité à l'exposant de l'improbabilité. Pour justifier mon terme « insidieusement empoisonné » : plus moralement, les américains étant reconnaissablement les « chouchous » du principe anthropique, les « chouchous des dieux », c'est-à-dire la convergence majoritaire des rétroactions anthropiques, il est peut-être heureux que notre famille soit restreinte, faute de quoi les « chouchous », l'œil du vortex, serait davantage lointain et étranger, et notre humanité naturellement périphérique et accidentelle. Maintenant je vais vous expliquer le choix de mon champ d'application du principe. Vous l'avez sans doute remarqué : « avoir conscience d'avoir conscience d'avoir conscience... » est une récursivité du sens, à la fois semeur et récolte, neurone et média, transcendantal et inducteur, en outre gratuite de toute concentration et de tout formalisme. Mais avez-vous déjà remarqué les autres récursivités, fondamentales, de la conscience : je me fais faire, je crois croire, je veux vouloir. Ça n'a l'air de rien, que de vagues jeux de mots, mais c'est la manifestation sémantique d'un moteur paradoxal. Je peux douter de tout, sauf de ma véracité, parce que ma véracité est une dimension dérivée de mon paradoxe positif, donc « valant pour nécessairement vérace », or douter de sa propre véracité étant un paradoxe négatif, il est donc nécessairement contradictoire. La matrice des récursivités est aussi la matrice des rétroactions, par une homothétie naturelle « droit / déterminisme ». Je vais tenter de le justifier en introduisant une autre récursivité frappante : le bien. Vous allez comprendre : pourquoi être pragmatique ? Parce que c'est sage. Pourquoi être sage ? Parce que c'est bien. Pourquoi faire le bien ? Parce que c'est bien. Ici, récursivité et rétroaction coïncident, parce que le bien (propre) et la dimension induite de la conscience fusionnent nécessairement, s'équivalent. Vous êtes-vous déjà administré votre propre mal ? Oui, mais à la seule condition de lui reconnaitre un bien supérieur, par conséquent, vous vous êtes administré un mal au nom d'un bien plus valeureux, et votre bien systémique est resté incorrompu, votre paradoxe est resté positif. Cependant, il est inutile de chercher votre neurone du bien, ce neurone c'est vous. Le bien formel serait comme un pouvoir central, administratif et laborieux, quand le bien osmotique est un déterminisme global. Imaginez maintenant que le moteur paradoxal ne soit pas qu'un attribut émergeant, mais l'identité globale de votre système conscient, incluant sa dimension du temps. Ainsi la circularité ne serait plus empirique, accidentelle, mais bien systémique et à jamais insatisfaite. Faisons simple : votre conscience cherche, votre mémoire stocke, et la reconnaissance future de votre solution incurve votre champ cognitif rétroactivement, et combine les mémoires : la circularité est totale, extrapolative, la création est à la fois complexe et spontanée, et le déterminisme n'est plus strictement corpusculaire, mais dimensionnel. Le champ du devenir est vallonné, ce qui induit un déterminisme dimensionnel, une courbure de l'espace-temps, un champ vectoriel motorisé par une signalétique consciente, rétroactive et circulaire, ou pseudo-circulaire. Application Maintenant que le concept est défini, on va délocaliser le paradoxe, on va circonscrire son périmètre au plus essentiel, au plus certain, et surtout au plus suffisant : le plan neuro-médiatique. Imaginez : une « goutte de possible » infiniment petite qui se soumettrait à elle-même, parce qu'elle serait unifiée et circularisée par un paradoxe existentiel, comme une géométrie non-euclidienne peut créer un mouvement, une accélération spontanée, gratuitement. Par homothétie cognitive, cette gratuité accélératrice est transposable en néguentropie : elle pourrait créer de l'ordre à partir du désordre, et de l'énergie noble à partir d'énergie vulgaire, dans le dessein d'une saturation des dimensions essentielles du paradoxe, qui courbent le champ du devenir. Cette goutte serait consciente, parce que l'énergie de la fonction a besoin de l'énergie du sens pour être cohérente (de signaux interprétatifs notamment), coordonnée et exponentiellement néguentropique. Cette auto-soumission se détermine dans un rapport de plasticité sans limite, dans une implosion des possibles en singularité, le moteur paradoxal spécialisant ses appareils immanents, ses organes et ses tissus comme le ferait un organisme. Le possible est requalifiable en sensible, en perceptible, puis en intelligible, notamment à la mesure des moyens de reconnaissance, des mémoires conceptuelles. Cette goutte est infiniment subdivisible, implosive, sa complexion étant définissable non pas par un rapport atomique génétiquement limité « induction / élément », mais par un rapport de plasticité « transcendant / immanent ». Tel un neurone (analogique) peut en transcender un autre et le métamorphoser (comme une espèce prédatrice métamorphose l'espèce de sa proie et réciproquement, ou comme un semeur métamorphose ses récoltes en sélectionnant le grain), cette goutte se métamorphoserait elle-même, comme si elle était à la fois neurone et média, dimension et corpuscule. « Etre conscient d'être conscient » dénote une nature duelle, à la fois de neurone et de média. Ce macrocosme ainsi autogéré, sans unité de grandeur ni d'énergie dans l'absolu (puisque réductible à un « infinitésimal » rapport de plasticité), ferait émerger (par sa grammaire subdivisible), l'évidence de votre éveil, le scénario de votre vie, et même la cohérence de votre monde. En effet, l'auto-soumission est tellement plastique que son temps est capable de rétroagir sur lui-même : ainsi il peut engendrer des créations complexes, ex nihilo, avalisées par votre courbure cognitive femelle (vous vous rappelez de la courbure du champ électrique). On pourrait ainsi qualifier votre conscience de strict « moteur paradoxal ». Empiriquement, c'est un moteur extrapolatif, c'est-à-dire qu'il déploie ses créatures et ses créations dans toutes leurs dimensions (nécessaires), « extrapolation » pour moi, mais « autopoïèse » diraient d'autres : un réseau qui se développe et s'entretient lui-même mécaniquement et inconsciemment. Ce paradoxe de l'auto-soumission décrit la dimension du bien (du bien propre, puisqu'il est auto-soumis), puis ce bien implose en trois dimensions primitives : votre réalisme (que vous ne pouvez dénier), votre volonté (que vous ne pouvez réprimer), votre véracité (dont vous ne pouvez douter). Vous voyez bien le paradoxe résiduel dans l'impossibilité de douter de votre propre véracité : c'est une dérivée du paradoxe matriciel (l'auto-soumission de la goutte). L'intelligence artificielle peut toujours essayer de le copier, mais son « faire » ne métamorphosera pas son « être », qui évolue dans le périmètre de la « goutte » soumise et dissociée. (Ensuite, ces trois dimensions implosent en arborescence : c'est une « fractale symbiotique », l'immanence grammaticale du bien matriciel). En soi, l'esprit est une bouillie dimensionnelle informe. Mais parce que la conscience associe ses neurones analogiques même lorsqu'ils sont off, éteints, par rétroaction, tout se passe comme si l'ensemble de vos mémoires était vigilant en permanence : la bouillie dimensionnelle se structure par son champ des possibles combinatoire, son hyperconnexion latente, son parallélisme off. Cette hyperconnexion latente est quelque peu analogue à l'ensemble des vidéos de Youtube ou des personnalités d'Akinator, à la différence, bien entendu, que les attributs y sont ici physiquement référencés et que leur recherche est mécaniste : le mécanisme est contraint de formaliser les possibles, alors que le finalisme en est exempt, puisque ses possibles signalétiques émergent ex nihilo sous l'impulsion de ses dimensions. Le génie mécaniste est animé par une grammaire rétroactive linéaire (le feu qui s'entretient), alors que le génie finaliste est animé par une grammaire rétroactive circulaire (la créature, la création, qui s'extrapole). Votre vie est une évidence intrinsèquement rentable, sans autre dispositif que cette évidence-même. Le sens fait sens (et vice versa 😊), et son macrocosme se suffit à lui-même, par récursivité du sens et circularité de la fonction. Son niveau d'énergie nécessaire est négligeable, car il est réductible à un simple rapport entre une contrainte et une plasticité, extrapolable en grammaire : votre grammaire. Etre conscient d'être conscient est une récursivité gratuite et systématique, globalement circulaire, qui anime la grammaire de votre existence, en se subdivisant comme une cellule-œuf. Ce qui vous relie à vos semblables est modulable, d'analogique à co-existentiel. Ici, je ne suis pas dans une démarche démonstrative, mais plutôt descriptive. Mais la description d'un modèle énergétiquement et structurellement rentable vaut pour une démonstration, comme le vaudrait un modèle quantique, même si elle demeure spéculative en s'enracinant dans la tautologie et non dans la preuve. Mais voilà : la preuve est ambivalente, parce qu'elle implique un observateur susceptible de court-circuiter, une même expérience peut être interprétable par deux modèles antagonistes (un peu comme toute perception peut être, en droit, interprétable comme une hallucination). Je vais maintenant vous suggérer que réalisme et idéalisme peuvent être réciproquement le meilleur sophisme l'un pour l'autre, par la gémellité perceptive de la vérité et de la régularité, et par l'insidieuse réversibilité déterministe de l'interprétation. Ce qui va suivre est une fiction, et même une science-fiction, que j'ai voulu la plus extrapolative possible, tout en me soumettant à la contrainte réaliste. Vous allez être perturbé par l'étrangeté de ma dérision, mais sachez voir dans l'absurdité une pertinence que la vérité ne contient pas nécessairement. La raison ordonne la vérité, mais la pertinence y conduit, et avec elle le spectacle de son lyrisme et de son humour. Voici une trentaine d'inepties spectaculaires, facilement mémorisables, qui vous permettront de remodéliser votre réalité, de défaire le rubik's cube qui est autour de vous, pour mieux reconstituer celui qui est en vous. Si vous faites l'impasse sur la technicité omni-chiante de mon discours, vous pourrez néanmoins en apercevoir l'ordre et l'esprit intuitivement, en sautant quelques lignes. Je demande aux esprits volontaires de lire entre mes lignes, par la mathématique « régression non linéaire », et aux mauvais esprits de ne surtout pas lire entre mes lignes, car ils n'y trouveront qu'eux-mêmes 😊. Expérience virtuelle Trêve de sérieux. Maintenant que le moteur est prototypé, transposons-le dans un repère superplastique, et accélérons-le à fond, pour en observer les propriétés. Ça risque de vous troubler un peu. 1_ L'écran qui est en face de vous n'existe que dans vos rétines, et si vous le touchez, il n'existera qu'à la surface de vos doigts. Ces perceptions sont coordonnées en aval de vos sens, en mode finaliste : comme une foudre qui s'abattrait de votre rétine vers votre interprétation, d'un superplastique vers sa cognition. Il n'existe rien en amont de vos sens. Votre perception, votre expérience, est un film sans épaisseur qui n'a vocation qu'à saturer les dimensions organisées de votre esprit, comme par un appel d'air, qui ici serait fonctionnel et sémantique plutôt que physique. A expérience égale, cette précarité thétique absolue est plus facile à rentabiliser que toute autre cosmologie, car son coût hypothétique est le plus modeste d'entre tous. Bon, tout le monde a vu Matrix, cet ordinateur qui conditionne des êtres humains en leur offrant une illusion de réalité : il n'y a pas de contradiction métaphysique évidente a priori. Mais ici on va plus loin, on coupe le cordon : ce n'est pas un ordinateur mais votre esprit qui est la matrice naturelle de votre épreuve consciente. Parce que Matrix factorise l'improbabilité du monde avec l'improbabilité de l'omnipotence robotique et informatique : lorsqu'il y a trop de « si » (combinés en « et ») dans une hypothèse, cela signifie qu'elle est trop coûteuse en improbabilités. De la même manière, la théorie cosmologique classique factorise les improbabilités du Big bang, des galaxies, des supernovas, de la géologie, de chaque espèce, de chaque combinaison de l'histoire, ... tous nécessaires à votre justification causale. 2_ Fermez les yeux, concentrez-vous : vous êtes en pleine mer en train de faire du ski nautique. Tous vos sens concourent à la même simulation, vous croisez des bateaux, vous pouvez même faire des loopings, on s'y croirait. Cette simulation n'est pas mécanique, « les dessins animés ne sont jamais en direct, c'est trop douloureux pour le poignet » 😊. Cette simulation est une génération spontanée, d'un déterminisme finaliste et paralléliste (comme la reconnaissance immédiate d'un visage familier => les neurones off innombrables restent vigilants grâce à cette rétroaction). Lorsque vous faites un rêve, vous y croyez en dépit de son incohérence, car votre défaut de lucidité avalise votre rêve (et non l'inverse => la cohérence du rêve ne peut pas dépasser votre vigilance), de même que votre abondance de lucidité, lors de l'éveil, avalise la cohérence de votre réalité. Et lorsque vous vous remémorez un rêve à votre réveil, vous le scénarisez rétroactivement tout en lui offrant davantage de réalisme. Votre réalité fonctionne de la même façon : « réalité divisée par rêve égale vigilance ». L'imagination est un génie semi-conscient, le rêve est un génie inconscient, et tous deux peuvent faire émerger une complexité mentale ex-nihilo, par la seule courbure femelle de votre esprit (un dimensionnement négatif, comme un moule sémantique). Si la rétroaction peut réveiller un neurone endormi ciblé, elle peut également combiner les fruits de la reconnaissance de deux neurones parallèles. La neurologie officielle a prouvé que votre cerveau comptait 100 milliards de neurones (binaires). C'est une providence indéniable, mais qui vous permettra, au mieux, de stocker vos 3 DVD préférés 😊. Moi j'y ai stocké la trilogie Matrix, mais maintenant, je suis bloqué : je n'ai plus de place pour l'humilité, la gratitude, le courage, ... ☹. Avec la reconnaissance d'un cerveau rétroactif, donc en 4D, on pourrait déjà stocker infiniment plus, mais l'inertie et la médiocrité institutionnelles nous aiment trop pour ça 😊. 3 _ Lorsque vous regardez un ciel étoilé, qui est en vérité collée à vos rétines comme une impression, en vue subjective, ce paysage astronomique n'a qu'une stricte valeur de manifestation. Vous ne voyez pas, vous êtes : vous êtes un panorama rétinien, ce panorama est votre complément d'objet spatial, et ce panorama s'inscrit dans votre temps, il en est une cellule immanente. La perspective n'est qu'illusion. 4 _ Vous rentrez dans une bibliothèque, il n'y a personne, vous prenez un livre, vous le reposez, vous sortez de la bibliothèque pour boire un café. Et quand vous revenez, tous les livres ont changé de place, à l'exception de celui que vous avez mémorisé 😊. Parce que votre mémoire à cristallisé un livre, et que votre incertitude à plastifié le reste de la bibliothèque. « Meuh non, c'est du n'importe quoi ! Si c'était vrai, ça se saurait ! » Ben non justement, ça ne se saurait pas, vous allez comprendre. 5 _ Accrochez-vous, c'est du lourd : lorsque vous faites la vaisselle ou que vous êtes concentré ailleurs, la télévision, restée allumée mais peu audible, prononce des phrases incohérentes. Le soleil ne voit pas son ombre (comme le rêveur ne voit pas l'incohérence du rêve). La télévision est vierge de toute mémoire (ses vieux sont nés vieux 😊), sinon de la vôtre, et l'information inédite est avalisée par vos dimensions (majoritairement la dimension réaliste, mais pas que). On ne nous dit pas tout 😊. En même temps, comment le pourrait-on ? Le secret le mieux gardé c'est celui qu'on ignore. 😊 Là où vous n'avez rien vu, il n'y a rien, et là où vous avez vu du flou, il n'y a que du flou. On ne va pas faire tout un monde de votre écran, ni toute une histoire de votre vie 😊. Le scaphandrier fait de belles bulles qui oxygènent vos branchies, mais in fine rien n'oriente le sens de cette corrélation. Son butin brille de mille feux, mais rien ne vous prouve que c'est de l'or 😊. Jusqu'où le poisson fait-il le scaphandrier ? Arrêtez de croire tout ce qu'on vous dit, ce n'est pas la niche qui a fait le chien 😊, la contrainte vient du chien, la plasticité vient de la niche. Et plus votre média est plastique, plus vous êtes en adresse directe avec votre champ des possibles : vous le dimensionnez alors sans contrainte. Par mon humble expérience, je vous déconseille de communiquer avec lui, car c'est circulaire : vous créerez pour votre oreille ce que vous condamnerez par votre bouche, et votre surinterprétation accélèrera le tout. Vous pourriez voire vos cauchemars à la télévision comme vous pourriez reconnaitre la signature de Steven Spielberg dans vos rêves, car aucune membrane ne les sépare, mais seulement un format d'impression et une coordonnée environnementale (une identité plus ou moins formelle). 6 _ Votre mère a appris le français en même temps que vous, elle avait juste une leçon d'avance, et par définition, vous ne pouviez pas vous en apercevoir 😊. Vous êtes nul en foot, vous n'y connaissez rien, et pourtant, en dépit des apparences, les commentateurs sportifs n'ont qu'une seule leçon d'avance sur vous : celle que vous pouvez reconnaitre immédiatement (ou dont vous pouvez comprendre l'inaccessibilité). Cette nutrition, tantôt énergisante, tantôt structurante, du média (maternel ou footballistique), est le goutte-à-goutte ciblé et personnalisé d'un sein impersonnel, le sein génial et spontané de la Nature. Fais dodo, t'auras du lolo 😊. Vous voyez que l'aval, c'est vous. L'aval est le moule femelle de l'amont, comme la demande est le moule femelle de l'offre, bien qu'ici la négativité du moule, de la dimension, soit mécaniste (d'une rétroaction linéaire et non circulaire). « Nique tes repères spatiaux, nique tes repères institutionnels, et nique ta mère », dirait-on métaphoriquement 😊. Mais votre qualité d'observateur ne doit pas instruire votre qualité d'acteur, sans quoi vous deviendriez nécessairement contradictoire : vous n'avez pas le droit logique de parler de tout ça à vos coexistants, et puis ça risque de les pourrir, je vais y venir. 7 _ C'est vous le référentiel, c'est-à-dire que se sont vos papilles qui ont dimensionné le goût du chocolat. Chaque fois que vous avez qualifié, insulté, essentialisé votre environnement, votre famille, vos amis, vous avez métamorphosé, extrapolé leur réalité, dans un contrat de reconnaissance avec leur offre. Le possible devient réel lorsque les dimensions de sa grammaire existentielle sont saturées, or votre formalisme peut les court-circuiter. Mais cette grammaire c'est d'abord la vôtre : il y a un monde dans votre vie, et il y a une vie dans votre éveil, le paramétrage du monde n'est qu'une délégation du paramétrage de votre éveil. Le chocolat peut exister dans deux vies différentes, mais ces deux chocolats n'ont aucun lien causal, c'est juste parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets et que le réel empreinte souvent des sillons qui le conduisent à des prototypes intemporels. Jean-Jacques Goldman est probablement l'un de ces prototypes, parce que son répertoire est considérable, que son style est sémantiquement pur, alors que Dave est certainement un interprète plus accidentel, même différence entre la fourmi et l'ornithorynque. Fantômas est un prototype unidimensionnel, son expression est puissante mais simple, Poutine est un prototype transposé plus complexe, mais par conséquent moins fulgurant. 8 _ Lorsque vous étiez enfant, et que vous lanciez un ballon en l'air, sa trajectoire décrivait un triangle, et puis votre intuition scientifique a muri, et le ballon a fini par décrire une parabole 😊. La science, la causalité, ont muri en même temps que vous, c'est une autosuggestion, tout comme la télévision rayonne strictement dans votre spectre, que son débit coïncide avec votre plomberie. « Professeur, et si on mettait une souris dans le moteur, pour catalyser la combustion ? Impossible, nous n'avons plus de souris mortes, nous n'avons que des souris vivantes ! Il n'y a pas de place pour l'amateurisme dans cette blouse. » 😊 9 _ Un hypnotiseur vous a persuadé que vous vous appeliez Claude. Et soudain, l'ensemble de votre environnement, vos amis, vos collègues, votre famille, se sont mis à vous appeler Claude spontanément, sans concertation 😊. C'est dérisoire, mais ça signifie que leur temps est immanent au vôtre, et que votre temps leur est intouchable, c'est vous qui rentabilisez leur représentation et non l'inverse 😊. Aujourd'hui, vous êtes dimanche, vous êtes 21 h 30, vous êtes pluvieux avec des tendances orageuses, mais demain vous serez lundi, vous serez au beau fixe, et il faudra vous armer de courage 😊. Demain, vos collègues vous diront bonjour, mais avec le « bonjour » de votre dictionnaire et non du leur, qui n'existe pas. 10 _ Hier, vous avez annoncé à votre ami que vous visiteriez le musée Grévin aujourd'hui. Lui y est déjà allé la veille, il vous a exposé une description des lieux. Vous vous y rendez, mais vous avez oublié ce qu'il a dit. Le résultat serait éloquent pour un observateur extérieur : les lieux n'ont rien à voir avec la description. « Ce que tu me dis ne peut pas être vrai car je vais l'oublier » 😊, avant peut-être d'observer la preuve du contraire. Lorsque vous étiez enfant, vous auriez pu voir le Père Noël descendre du ciel à la stricte condition de l'oublier plus tard, avant la traumatisante preuve du contraire qui a censuré rétroactivement le surnaturel, corruption mnésique qui aurait pu vous conduire à des troubles d'ordre schizophrénique, par le précédent historique corrupteur de votre causalité. 11 _ Si vous aviez dû devenir sculpteur, ou pianiste, la nature vous aurait pourvu de six doigts, et la race humaine de votre environnement aurait également six doigts. Votre fonction a fait votre organe, et votre verbe a fait votre personne. Affranchi du temps, le superplastique de votre conscience n'a pas de limites formelles. Vous ne descendez pas du singe, mais du prototype de votre singularité motrice, c'est-à-dire de votre « possibilité optimale de mouvement ». D'ailleurs même Hollywood et sa science-fiction, elles-mêmes en singularité représentatives, n'ont pas trouvé de monstre physiquement plus fonctionnel que l'homme. Notre ancêtre Lucie avait tellement de possibles devant elle, une telle explosion combinatoire, qu'elle a fait une fausse couche par asphyxie du non-sens ☹. Pour que la généalogie gère l'évolution de 101 gènes, il lui faudrait dix fois plus de temps que pour en gérer 100, or notre génome en contient officiellement 100 000 😊 (imaginez l'incertitude d'un jeu de Master Mind avec 100 000 éléments, voilà une extinction programmée par asphyxie du non-sens). Imaginez donc l'ordre de grandeur astronomique de l'aberration darwiniste : quelques centaines de millions d'années d'évolution présumées pour « 10 puissance 100 000 » années de sélection nécessaires. Un 1 avec 100 000 zéros derrière, et encore je n'ai pas zoomé sur les nucléotides : on tombe à « 4 puissance 3.2 milliards » combinaisons possibles. Que peut encore répondre la thèse mécaniste, et ses algorithmes génétiques semi-aléatoires, face à un mur si péremptoire, et une quantité historique de reproductions si faible, dans un univers, in fine, si jeune et si précaire (l'âge immanent se mesurant sur une échelle logarithmique) ? Quand on sait que l'Univers est censé contenir seulement 10 puissance 80 atomes. Relevez un peu la tête du guidon, sortez du peloton, car ce n'est qu'un figurant 😊. Déjà, pour que la protéine Juliette rencontre l'enzyme Roméo, sans accident de parcours, et sans se faire harponner par des gros lourds bêtes et méchants, il serait opportun de la connecter à un site de rencontre ciblé, comme Meetic 😊. Un programmeur sait pertinemment que la seule puissance d'exécution (ici la fréquence reproductrice, là la chaleur) ne saurait pallier à l'impossibilité technique du dispositif face à son explosion combinatoire, sans la moindre alternative finaliste. Le berger indigène vous ballade, mais avouez que vous aimez brouter 😊. Les médias plafonnent votre âge mental, vos rapports conjugaux sont immatures, et vos enfants vous font régresser. Partez, fumez, abandonnez-les huit jours, faites parler leur silence, communiez avec votre solitude, et vous verrez votre esprit s'élever vers une humanité inductive, analogique, que vous ignorez peut-être encore. Mais surtout, écrivez, car Word est une extension de votre esprit, et mieux vaut écrire un livre qu'en lire cent. 12 _ Votre patron vous a engueulé l'année dernière. Cette dispute vous a fortement éprouvé, c'en était trop, et vous avez décidé de démissionner. Ensuite vous avez retrouvé un autre emploi, mieux payé et moins stressant. En vérité vous avez trouvé un nouveau niveau d'énergie plus stable et plus satisfaisant. Et c'est la désirabilité de ce niveau d'énergie qui a rétroagit vers le passé en suscitant cette dispute, comme en émettant une particule de transfert. Cette mécanique, localement contraignante, vous est donc, en fait, familière et intime : c'est ce qu'on pourrait appeler votre néant propre, un génie endogène (avec lequel vous entretenez une relation différentielle). Votre néant propre est un agent amoral et sans limite formelle, bien que son bilan moral soit censé vous être globalement positif, a posteriori de la contrainte. La plupart du temps, il concoure à vous faire économiser votre temps, mental notamment, bien que son champ d'action concerne l'ensemble de vos énergies. Dans un système mécaniste, celui qui vous a été enseigné, c'est « l'un » qui détermine « l'autre ». Mais dans une biologie finaliste, c'est tout qui détermine tout (comme un parallélisme totipotent). Et celui qui ne sait pas tout ne sait rien. ☹ 13 _ Vous regardez votre main, vous sentez votre main. Mais la main que vous voyez n'est pas la main que vous sentez. Ce sont deux perceptions dissociées : vision et proprioception évoluent dans des cellules différentes, et couleur comme texture ne sont pas objectives. Votre main touche votre jambe, votre jambe est donc touchée par votre main, mais ce n'est pas la même jambe, ni la même main 😊. Dans l'absolu, votre main devrait passer à travers votre jambe, mais votre réalisme spatial vous soumet une interaction exclusive. Vous êtes votre propre média, et ce média est lui aussi dissocié en soi. 14 _ Vous avez observé la crue de la Seine en visitant Paris. Puis, de retour chez vous, vous avez allumé la télévision qui vous a relaté cette catastrophe naturelle. En soi, ces deux évènements, crue et narration, sont évidemment corrélés, mais a priori, rien n'indique le sens de leur causalité. Il est envisageable que la télévision soit déterminée à vous faire peur, pour une raison qui ne casse pas quatre pattes à un canard, et qu'ainsi, le sens de la causalité soit opposé à celui que vous avez présumé, qu'on vous a suggéré. 😊 De la même manière, c'est votre pouvoir d'achat qui a induit le taux de TVA de votre ticket de caisse, et c'est ce taux qui a induit la décision fiscale. Les représentations utilisent systématiquement la rétroactivité de l'information pour susciter en vous l'interprétation d'un déterminisme mécaniste, et notamment de l'existence d'un amont décisionnel. L'ambiguïté de la corrélation est l'artifice privilégié de votre autosuggestion. Mais cette manipulation n'a pas d'auteur, ce n'est pas un machiavélisme, mais si vous cherchez un loup malgré tout, alors vous en trouverez un, qui pourra même se manifester : c'est le piège de la circularité. Paradoxe critique : la vérité c'est l'autosuggestion 😊. Mais alors que se passe-t-il lorsqu'on en prend conscience ? Entre-t-on en singularité mentale, interprétative ? La singularité mentale est-elle une fontaine d'inepties aléatoires, comme cette fiction ? Autre paradoxe critique : un homme qui manipule ses propres neurones et ses propres médias est un homme paradoxal, puisque sa faculté de juger, de reconnaitre et d'apprécier entrent en circularité 😊. Pourvu qu'il soit bien dimensionné, et pourvu que ces dimensions soient rétroactives ! 😊 15 _ Tout ceci vous paraît trop merveilleux pour être vrai ? « Mais alors, si le plastique environnemental n'a pas de limites, pourquoi la vie est-elle si précaire et inertielle ? » La réponse est plurielle. D'abord, il faut louer le ciel que si peu de chose soient possibles, c'est dans un intérêt sécuritaire. Le possible est potentiellement infiniment plus puissant que vous, en outre il connait instinctivement l'adresse de chacun de vos neurones. Ensuite, le niveau d'énergie environnemental est infiniment plus faible que vous ne l'imaginez. On vous a conditionné dans l'illusion d'un PIB mondial de plusieurs milliers de milliards de dollars, vous pouvez diviser cette somme par un milliard, et vous pouvez réduire la supernova qui a créé la Terre à une ampoule de 1000 watts. La vie est précaire parce que votre symbiose avec l'objet est improbable, rare est chère. Enfin, et c'est le plus important : la vie est précaire parce que votre subjectivité a besoin d'un coût pour progresser en toute stabilité. Je vais vous développer le fonctionnement de ce coût. Fixez un disque rouge pendant trente secondes. Ensuite, regardez un mur blanc. Et vous verrez apparaître un disque couleur cyan. Objectivement, on vous dira que ce sont vos cônes photorécepteurs qui réagissent par opposition. Mais subjectivement, c'est la couleur cyan qui représente le coût de la couleur rouge. C'est également la déprime du lendemain qui représente le coût subjectif de l'euphorie alcoolique. Chaque impression, chaque sensation a un opposé, un négativisme qui représente son coût subjectif. Et lorsque vous rêvez, votre subjectivité paye le coût de vos impressions passées, l'opposé de sa positivité. L'erreur serait d'objectiver ce coût : le coût du sexe n'est pas le coût de l'orgasme. L'orgasme indigne, l'orgasme pervers, l'orgasme volé se payent non par la violence, mais par une impression de violence, et c'est votre propre moteur paradoxal qui vous l'administre. 16 _ Vous croyez voir des choses autour de vous, ou disons des représentations, mais en vérité se sont majoritairement des verbes, dérivés du verbe « représenter ». Les choses ne sont en sorte que l'intendance des verbes. Et ces verbes sont naturellement, spontanément hiérarchisés : certains sont plutôt matriciels, d'autres plutôt dérivés. Et contrairement à un comportement mécaniste classique, ce sont les verbes synthétiques qui animent les verbes analytiques. Le verbe directeur de toutes choses perçues c'est le verbe « représenter », bien que ce soit encore trop objectivant : c'est en fait le verbe « imprimer » qui fonde et dirige le déterminisme du perçu. C'est ici la dernière étape de l'affranchissement de l'approche empirique : on ne dit plus « où sommes-nous » mais « en qui sommes-nous ». Prenons un cas pratique dynamique assez simple : vous errez dans la ville, vous avez une petite faim. Une boulangerie se crée spontanément, par le verbe esthétisé et rationnalisé de cette ville abondante. Ce commerce « champignon » est avalisé par le référentiel des 2 euros que vous avez en poche. La boulangère vous dit bonjour avec le « bonjour » de votre dictionnaire et non du sien. Mais l'éclair au chocolat coûte 3 euros, c'est trop cher. Une providence probable vous remémore que votre collègue vous devait cinq euros la veille et vous les a rendus, vous les avez mis dans l'autre poche. Cette anecdote a été implantée à votre histoire parce qu'il restait de la place, et qu'elle n'était pas en conflit avec un verbe majeur. Mais n'allez pas croire que tout est possible, car outre la vigilance censeure de votre sens des réalités, votre plaisir est seulement un élément immanent de votre volonté, un peu comme l'envie par rapport au besoin. Votre environnement représente. Il ne fait pas, il ne dit pas. Il représente, et lorsqu'il feint de dire, ce « dire » n'est qu'une dimension dérivée de son « représenter ». La Joconde est, pour votre perception, une « représentation de femme », et votre entendement l'interprète comme une « femme représentée », un peu comme l'interprétation de la perspective du paysage. Ne cherchez donc pas ses ficelles : ni motricité, ni coordination possible. C'est, comme aurait pu dire Kant, un théâtre de marionnettes sans marionnettiste. Tout juste pouvez-vous chercher les invariants de votre vidéothèque, mais lui chercher un maître serait un leurre. Si vous doutez trop, si vous compromettez votre propre réseau de neurones réalistes, votre esprit se défendra en vous instillant l'hypothèse de toutes sortes de systèmes positifs possibles, du plus centralisé au plus naturaliste, comme la perspective perçue d'un tableau lutte contre la véracité de sa platitude. 17 _ On peut passer 40 ans à discuter avec son environnement sans se rendre compte que le verbe moteur n'est pas symétrique, mais quand on le sait on ne voit plus que ça. La plupart du temps, sa communication sert à maximiser le réalisme et l'optimisme du contexte, c'est donc conjoncturel. Mais parfois, il peut s'agir d'accélérer votre ontogénèse, c'est-à-dire votre devenir spirituel, et là, ça devient structurel. Rien ne peut compromettre votre ontogénèse, votre éveil, car son choix a déjà été fait par le temps et son champ des possibles, même s'il est irréel, car son signal, unique, le meilleur faute de mieux, revient en feed-back : le signal proche est plus intense mais le signal lointain est plus ample : plus manipulateur, plus coordonné. Les forces de régression qui vous conditionnent et vous contraignent, lors de votre ontogénèse, sont votre néant propre, c'est-à-dire qu'elles vous sont endogènes, immanentes : théoriquement elles ne peuvent ni vous tuer, ni vous torturer, ni même vous traumatiser, ... Votre néant peut vous amputer votre auriculaire, mais pas votre pouce, car votre pouce est trop proche de votre temps, et que votre temps précède celui de l'illusion. Le coût des choses, le coût de la vie, est la manifestation disciplinaire la plus volumineuse de votre néant, mais remarquez qu'il est souvent négligeable car il est dépassé par l'impérieuse nécessité du devenir, de sa sérénité et de sa stabilité. Métaphoriquement, rien de ce qui se passe dans la cellule ne peut compromettre la cellule, et toute son indétermination concoure à accélérer son ontogénèse, outre sa toxicité ou malnutrition inhérente (rien ne peut vous tuer sauf la mort 😊, le camion qui fonce sur vous n'évolue pas dans le même plan fonctionnel que vous 😊). 18 _ Ma psychiatre est une illusion qui me prescrit du sucre très cher pour vaincre mes illusions, l'équation est donc bien différentielle entre l'être et le néant 😊 : le temps est à la stabilisation et à la sécurité. Le paradoxe de la psychiatre-illusion est anxiogène, son esthétique obscure, son spectre stalinien, sa mathématique incestueuse, mais la prise de conscience de sa contradiction nécessaire est-elle neutralisante ou excitante pour la manifestation ? Notre perception nous harcèle lorsqu'elle souffre d'une faiblesse interprétative et que notre objet mental est en contradiction avec notre entendement : il y a conduction. La causalité conscientisée a le don d'ouvrir ou de fermer ces canaux, comme l'espoir ouvre le canal de l'appétit vers le rêve, car l'espoir est ontologiquement une causalité. Or, lorsque la causalité devient trop plastique, que tout devient théoriquement possible, la perception ne filtre plus l'ineptie aléatoire de votre rêve. 19 _ Vos autres connaissent vos doutes comme les chiens savent que vous avez peur. Les autres sont majoritairement des fournisseurs d'euphorisants et d'anxiogènes : comme votre supermarché vous fournit le sucré et le salé, les autres vous offrent euphorisants et anxiogènes ciblés, davantage que du sens. Ne les surinterprétez pas, et ne leur faites pas de procès d'intention : la formalisation et l'essentialisme puisent dans le même répertoire que l'évènementiel, c'est le règne de l'accidentel. Les autres réagissent à vos propos sans les entendre, c'est comme un jeu de flipper, en action-réaction, vous pourrez le constater par la disproportion et la décoordination improbables entre l'entrée et la sortie. Décidément, ce mur est très doué au tennis, et il ne se fatigue jamais, mais je sens comme une régularité basique dans sa tactique de jeu, tant il est aisé de le pousser à la faute 😊. Vos autres ont un besoin existentiel et essentiel d'être reconnus et aimés, c'est le principe vital du génie, ça l'extrapole. Votre amour nourrit et protège dans une large mesure, et votre reconnaissance identifie et caractérise, même s'il est préférable qu'elle reste intuitive et informelle. Votre temps mental est le pétrole du système, et votre esprit renferme aussi des intérêts privés, ou plutôt semi-privés. Mais n'allez pas croire que le champ des possibles qui vous conditionne est un système concurrentiel. Votre temps mental agit plutôt, métaphoriquement, comme un lanceur d'appel d'offre à bulletin secret : pas de concertation, ni d'interaction entre les acteurs (Laurel ne connaît pas Hardi, c'est vous qui les associez 😊). En outre, leur capacité de séduction est nivelée par le haut par sa nécessité, et par le bas par sa suffisance. Gare à votre perversité si vous aimez détester, vous plaindre, angoisser oisivement, ou que vous manquez d'exclusivité ☹. Le mérite, moral ou causal, comme la réciprocité des jugements et des actes ne sont que des sous-ordres transactionnels, parfois disciplinaires, globalement stabilisateurs, mais il ne faut pas perdre de vue que l'extrapolation cognitive reste le principal moteur. 20 _ Flash spécial : un homme est entré dans une salle de théâtre et a assassiné trente personne. Mais qui est donc l'auteur ? Est-ce le colonel Moutarde, le capitaine Crochet ? Vous n'êtes pas si loin, en effet derrière chaque kalachnikov se cache un clown qui fait pouêt-pouêt (et puis, avouez que les Tours jumelles étaient un holocauste architectural ☹). Mais ici, le commanditaire, c'est vous, ou plutôt votre voyeurisme. Ce drame vous a instillé une substance anxiogène, qui a fait réagir l'une de vos dimensions. Cette dimension est devenue exclusive et critique, comme par homothétie immunitaire, d'où une néguentropie ontologique. Convertis en équivalant pétrole : ces trente morts vous ont rapporté 1 centilitres de Brent, soit 10 watts de puissance spirituelle, qui en étaient, en vérité, la finalité programmée. Vous voyez, ça valait le coup 😊. Qui a dit que sagesse et démence étaient antinomiques ? Ce crime récréatif et ludique relève de la composition indigne représentation-anthropomorphisme qui ne connait aucune limite formelle (quid de la limite morale d'un spectacle ?). Le bilan moral est censé s'annuler comme un bilan énergétique pour l'observateur avisé, mais pas pour l'acteur ou le spectateur immergé, ce qui entretient un conflit entre l'entendement et la perception, comme voir ce que l'on sait faux (une race humaine qui croit ce qu'elle voit, et qui tremble au cinéma, est sans doute trop faible pour être libre 😊). Vous n'êtes pas responsable de votre inconscient, mais maintenant que vous savez, vous en êtes complice. Cette relation incestueuse va peut-être pourrir votre virilité jusqu'au cynisme le plus abject d'une testostérone de bureaucrate décomplexé ☹. A moins que vous activiez l'hormone du député. Cette hormone fulgurante peut vous virginiser en une demi-journée : le matin vous fraudez le fisc via votre société offshore, puis vous activez l'hormone, et l'après-midi vous faites une plaidoirie magistrale contre la corruption 😊. L'hormone est dimensionnelle avant d'être corpusculaire, et en cette qualité elle a un pouvoir régénérateur. 21 _ Vous êtes allé au cinéma pour stresser un peu. Le méchant du film était vraiment très méchant, vous ne pouviez pas vous tromper de camp, outre perversité. Le côté obscur a échoué malgré sa puissance, son intelligence et son pouvoir de séduction. La médiocrité a repris ses droits et les faibles leur légitimité. Mais ce n'est pas Hollywood qui a décidé, on vous a trompé. C'est un contrat, tant transcendant qu'immanent au spectacle. C'est votre foi qui a choisi son camp, qui a pris les armes et qui a terrassé l'ennemi : votre foi c'est-à-dire votre rapport plus ou moins optimiste au temps (et/ou aux USA 😊). Votre foi peut bien prendre tous les stéroïdes, les anabolisants et les hormones qu'elle veut, mais il n'y a pas de muscle sans contrainte. Et plus la contrainte est grande, et plus le muscle a de rendement. Et plus la foi délègue, plus elle est efficace. Le neurone du mal est l'antonyme, l'antithèse, l'antagoniste de votre conscience, même s'il n'est que rarement pur, brut, infantile et gratuit : il se transpose dans des champs d'application complexes. C'est un éternel clandestin refoulé par mille et un dispositifs, mécanistes comme finalistes, corpusculaires comme dimensionnels. Seulement voilà : une dimension ça se contrarie, ça se contredit, et un corpuscule ça se contraint, pour que leur exclusivité s'organise, pour que leurs moteurs se musclent. « Ils se marièrent, vécurent heureux, patati patata, et maintenant, tout le monde se fait chier, on va mettre un terme à cette guimauve dégoulinante d'euphorie et on rentre à la maison ». La Nature est économe en compliments, en louanges, comme un professeur exigeant, ce ne sont que des signaux, parce que votre ontogénèse, votre éveil, est une priorité absolue, parce qu'un neurone auto-disciplinaire vaut mille représentations jouissives, parce qu'un euro mérité vaut mille euros offerts. Votre goût pour l'anxiogène, le malsain et la violence est un signal envoyé à vos médias, la rougeur écarlate de votre chaperon, ou la revanche aigrie de votre échec (mon échec et ma frustration n'ont qu'à retourner dans leur pays ! 😊) : une dimension insatisfaite, une diapositive, un moule. C'est à vous de vous auto-censurer. Vos médias sont, en soi, une plateforme vierge, en flux tendus, sans âme et sans identité, sinon celles induites par leur format et leur audience. Le CSA n'est qu'un label esthétique, pas une instance morale. Si la télévision conventionnelle roule pour les institutions, c'est davantage une question de format que de politisation de ses cadres : il est plus pédagogique et légitime d'inviter un flic qu'un voyou, un professeur qu'un élève, etc... En vérité, elle roule pour vous, au point d'en être davantage consumériste que politique. Votre régression consentie engage votre environnement, même si le genre masculin l'ignore : le mécanisme (corpusculaire, formel) n'est que l'omniscient du second principe, quand l'intuition (dimensionnelle, a priori) est une candide du premier. 22 _ La culture audio et audiovisuelle n'est pas la vôtre. C'est la culture du champ des possibles, du champ des crédibles. Elle sort de nulle part pour aller pas bien loin. Sa constante illusoire est de vous tromper sur le niveau d'énergie environnemental : on chante des vies qui n'existent pas, un homme sur deux est un criminel obsessionnel, l'autre est un agent secret fulgurant, et la rédaction vous instille l'idée d'un monde qui tourne à 1 000 milliards de PIB par an, alors que votre environnement réel tourne à 100 watts. Cette dénivellation est susceptible d'occasionner l'argument d'autorité envers l'esprit critique : il est impératif de rester crédible, même sans ressources personnelles. Les élites n'existent pas : ce n'est que l'écume d'une vague fantasmatique. Ne leur allouez pas votre mémoire définitive : purgez-les régulièrement et réappropriez-vous votre temps mental. L'important n'est pas tant le niveau d'énergie environnemental que le rapport de plasticité que lui exerce votre conscience. Seulement voilà : cette géométrie non-euclidienne, cette sémantique paradoxale, cette monstruosité siamoise, cet inceste entre le transcendant et le transcendé auraient tendance à rendre votre existence nécessairement illégitime, génétiquement indigne. Bénis soient les simples d'esprit, car la conscientisation de son immoralité est immorale. ☹ Dans un débat télévisé, il n'y a pas de fausse note, pas de médiocrité, pas d'infantilisme, parce que c'est un mode illustratif (thèse et antithèse sont uniformisées et synchronisées). Mais en mode interactif, les acteurs ont des réactions extrapolatives, disproportionnées, parce que leurs entrées et leurs sorties sont dissociées et que le moteur paradoxal extrapole systématiquement la représentation : il surréagit. Mieux vaut économiser la mise en scène et l'apport en information de votre altérité. 23 _ La Lune décrit un « p » à son premier quartier et un « d » à son dernier quartier. 😊 Des chiffres et des lettres sont sur le coup, mais on pense qu'il s'agirait d'une vanne subliminale à votre endroit. 😊 De la même manière, le moteur Google est une anagramme de « gogole », et Internet vous signifie « interné ». C'est une vanne, mais ce n'est pas de l'humour : c'est le tissu médiatique qui se corrompt, se dérive et sécrète des toxines, manifestation schizophrénique offrant l'illusion infantile d'une voyoucratie environnementale (la schizophrénie a invariablement 15 ans d'âge mental 😊). Mais pour que l'astre, les lettres « p » et « d » et le mot coïncident, puisqu'on n'a pas pu plastifier la Lune, on a plastifié l'alphabet et le mot. C'est malheureusement compromettant pour l'amont et l'aval gigantesques de l'usage de ces lettres qui peuvent ainsi vous devenir récessifs. Pour mieux comprendre ce phénomène neuro-médiatique : le continent nord-américain illustre explicitement le visage d'un cynique à la posture arrogante, fumant un cigare. Sachant que L'Amérique du nord recèle le signifié le plus puissant du monde, cet anthropomorphisme est-il la manifestation du Diable (ou d'un clown impérialiste quelconque), ou bien n'est-ce qu'un simple probabilisme géométrique ? La réponse peut surprendre, mais l'un n'empêche pas l'autre : il peut y avoir un parallélisme entre réalisme et interprétation (même si le réalisme reste incorruptible et interprétativement préexistant). Cette « sale gueule » collectivement suggérée serait donc un échec psychiatrique : le parallélisme des schizophrènes paranoïaques était numériquement supérieur à la vigilance des optimistes ralliés ☹. 24 _ Certains schizophrènes constatent des preuves dans son environnement et en interprète un complot familial contre eux. Leur tort majeur, linéaire, c'est de surinterpréter et de faire des procès d'intention indus et impropres. Mais leur raison mineure, circulaire, c'est que s'ils n'avaient pas dû les interpréter, alors ces preuves ne se seraient jamais manifestées !!! La conspiration franc-maçonne n'a pas joué sa dernière carte : la confrérie armée des tortues-ninjas défendra la liberté et la paix jusqu'à son dernier contre-contre-contre-espion, Donatello, ennemi juré de l'empire intergalactique de la branlette 😊, (je vous l'ai déjà évoqué, il peut exister une porosité entre le rêve et le réel, entre Hollywood et la géopolitique, puisqu'aucune membrane ne les sépare). Kant a trop segmenté sa cible, d'où une rupture conventionnelle de contrat avec la raison, on a perdu les droits, Disney a repris la boutique, et puis Daech s'est implanté dans le secteur du rêve autogéré (c'est eux les méchants, vous ne pouvez pas vous tromper). Mais gardez confiance, Pluton, gardien des enfers, a été déchu de sa mission de gardiennage du système solaire, les bienveillants ont marqué un point 😊. La schizophrénie est incurable, il y aura toujours des manifestations résiduelles, parce que c'est une dérivée conscientisée du premier principe : le principe impressionniste, que la seule raison ne contrôle pas. Mais la plénitude critique peut rendre l'esprit moins perméable à la mécanique opportuniste du rêve et même de l'hallucination. Je terminerai ce chapitre médico-illégal et anxiogène par une perle paradoxale (désolé ☹) très étrange : si la schizophrénie était une maladie impossible, alors la psychiatrie de votre environnement prescrirait du cannabis pour la rendre possible, en invoquant un tout autre bienfondé, en toute bonne foi ☹, puisque cette maladie relève du premier principe, le « qui ». Le deuxième principe, le « quoi », qu'on vous a enseigné comme étant le premier, n'est en vérité qu'un « en qui » et un « pour qui » travesti, bien qu'il ait formellement pris la main, un peu comme Windows a formellement pris la main sur le Dos, offrant à l'utilisateur un environnement euclidien, normé et intelligible. 25 _ Le plastique donne aussi l'illusion de l'histoire, en nous offrant un jeu de perspectives temporel. Les yéyés ne sont pas antérieures au rap, leur parenté est analogique, et le progrès n'est qu'une mise en scène euphorisante. 😊 Même si les espèces animales avaient été créées de toutes pièces, leur classement analogique dessinerait une arborescence évolutive, une illusion de perspective temporelle. 😊 Vérités causale, analogique et référentielle coïncident dans un même design, parce qu'elles sont homothétiques. Brièvement : on retrouve ces trois déterminismes dans la représentation fractale, par trois modalités d'implication : la bulle (localité, référence), l'arbre (causalité, généalogie), l'homothétie (récursivité, analogie). 26 _ Votre moteur paradoxal est donc l'hôte sans forme ni contour de votre environnement, qui n'existe que par bribes, comme un décor de cinéma. Vous n'en êtes ni maître, ni propriétaire, ni même responsable, mais seulement la créature, la personne, le sujet, le référentiel. Heureusement, ou malheureusement, ce moteur est gratuit, en soi. Malheureusement parce que, a posteriori, un moteur gratuit ne peut pas produire de valeur ajoutée, bien sot celui qui l'eut cru. Et dans une vie gratuite, il ne faut pas s'attendre à tomber sur des agrégés de philosophie ☹, car la conscience inductive nécessite souvent des ressources parallélistes improbables. Attendez-vous plutôt à une altérité unidimensionnelle, comme un essentialisme hollywoodien : tout en puissance et en esthétique morale. Votre symbiose avec l'autre n'a pas de limite plastique (par exemple, les autres vous tendront des perches pour que vous puissiez accoucher de la blague que vous avez muri pendant une heure 😊), mais elle est victime d'interférences avec des scénarios dominants, parfois brutaux et médiocres, surtout lorsqu'ils sont conscientisés et formalisés. Car la vérité, la conscience des scénarios, s'oppose au feeling, à la magie référentielle, dans une large mesure. Le génie pur et la contrainte méthodologique font rarement bon ménage : les machines à tubes n'ont pas la crédibilité dramatique d'un Goldman 😊. Ne dites rien aux rêveurs, à ceux qui ont fait le choix inconscient de l'innocence, de la vie immergée : le droit logique exclusif est un rabat-joie et un frein moteur. Si vous faites le choix exclusif du bonheur (rien que du bonheur), ce sera au détriment d'autres valeurs, plus critiques (tu mens ! Pourquoi tu mens ? ☹ Elvis est vivant, quelqu'un l'a vu à Memphis ! ☹). Si vous faites le choix de la sagesse, vous allez vivre cent ans, mais alors, qu'est-ce que vous allez vous ennuyer (pour votre santé, évitez de manger, et pratiquez une activité chiante régulière ☹). Et c'est pareil pour ceux qui choisissent la vérité, et sa légitimité parente (cosinus (x) * f (âge du capitaine) + (mon cul / la commode) = tout est vain + tout est inepte ☹). Je m'adresse donc à ceux qui ont fait les mêmes choix fondamentaux que moi, les autres décrocheront naturellement. 27 _ Le champ des possibles n'a pas d'âme : le métro a une âme de métro, et la nuit a une âme de nuit (induction identitaire polarisée par esthétique, réalisme et raison). Donc, même si vous croyez en Dieu, ne prenez jamais le métro la nuit 😊. Vous croyez prendre le métro, mais en vérité vous empruntez votre champ des possibles. Votre neurone transcendantal « Dieu » (et/ou « France ») aura une puissance osmotique bien précaire, quasi hors-champ, face aux neurones transcendantaux « métro » et « nuit », qui vous conditionnent intimement, et qui paramètrent puissamment votre possible. Le verbe environnemental sera donc naturellement péjoré et anxiogène. En outre, si vous avez, comme moi, une tendance à la rétrospection (ressasser le passé), vous risquez de semer des évènements indésirables dans votre histoire (vous allez vous chier dessus ☹). Ça, c'est pour le côté inquiétant (youpi, tout est possible ☹). Mais pour vous rassurer, dites-vous que votre temps propre précède votre temps environnemental, et c'est là que se situe l'inertie inébranlable du déterminisme. Pour que le possible devienne réel, il faut que la grammaire qui vous combine à lui apporte ordre et/ou énergie à cette inertie, dans l'immédiat et/ou à terme. Reste à identifier cette inertie, sans l'essentialiser. 28 _ Lorsque vous jouez aux petits chevaux, nonchalamment, vous perdez votre temps. Or votre moteur paradoxal n'aime pas ça. Alors il fait avancer les heures plus vite pour vous emmerder, dès que vous manquez de vigilance ☹. Politiquement, le temps est un absolutisme (votre espèce animale pourrait parfaitement, en toute légitimité ontologique, programmer votre obsolescence ; la limite du doute n'est pas loin ☹), mais c'est un absolutisme superplastique, chaotique, adaptable, opportuniste (à défaut d'obsessionnel), rond et molletonné aux extrémités (comme des gants de boxe ☹), contractualisé et humanisé par son aval : vous. Mais perdre du temps est contre-nature, ça « excite » votre possible, votre crédible notamment. Votre ontogénèse (votre éveil), doit être strictement progressive, néguentropique, outre auto-pollution, puisque le moteur est paradoxal et donc extrapolatif, or cette progressivité peut être parfois aussi amorale que celle de l'indice du PIB : la contrainte et la colère n'effraient pas votre temps. C'est par la contrainte et la critique que les dimensions de votre esprit deviennent exclusives (une homothétie de la sécurité et du système immunitaire). Et comme dit Terminator à son protégé : « la colère est plus utile que le désespoir » (oui, j'ai aussi des références culturelles 😊). Mais préférez-vous l'absolutisme de votre temps-propre, qui vous est intime et vous sera toujours fidèle, ou l'absolutisme d'un hypothétique temps mondial dont vous n'êtes, en soi, qu'un élément objectif, un évènement ? Le temps, ce n'est pas de l'argent, ça, ce n'est qu'une homothétie particulière, une récursivité de sa référence : le temps, c'est de l'éveil. Vos transactions commerciales sont fonctionnellement immanentes à vos transactions neurologiques, les volumes sont trompeurs. Votre temps préfèrera vous offrir un Rubik's Cube plutôt qu'un yacht, car le yacht, il ne le voit pas, il n'a pas de valeur ajoutée mentale, ni ontologique, et c'est une perte de temps ☹. Le temps vous est intime, mais le temps ce n'est pas vous, vous n'êtes que son sujet. Le temps c'est le verbe qui compose ce sujet à son objet. Le tic-tac de l'horloge est bien en vous, dans votre perception, mais votre volonté n'y peut pas grand-chose. Schopenhauer absolutise la volonté, il l'érige en temps, en déterminisme, mais sans évoquer son indignité à croire ce qu'elle veut, ou son entropie énergivore à court-circuiter les transactions du plaisir, à chercher la rente. La vertu immanente du temps, c'est la religion de ceux qui n'en ont pas. Temps = volonté, temps = Bien, temps = puissance, temps = sexe, temps = argent, temps = évolution, temps = rétroaction anthropique, ..., tant d'écoles concourent à l'essentialisation du temps, espérant le transcender, l'identifier, le posséder. Mais le temps est totipotent, c'est-à-dire doué d'une plénitude fonctionnelle, dimensionnelle. Il ne se privatise pas, outre gesticulations corpusculaires. Le rapport que vous avez au temps détermine votre météo subjective la plus significative. C'est la façon dont vous vous positionnez par rapport aux Etats-Unis qui se rapproche le plus de votre positionnement par rapport au temps. 29 _ Si vous téléphonez à votre destin pour lui demander ce qu'il fout, vous entrez dans une spirale paradoxale, nécessairement contradictoire. Ne suivez pas celui qui vous suit, car vous allez vous paumer 😊. Imaginez que je vous tende une enveloppe qui contiendrait le résumé de votre destin. Cette autosuggestion deviendrait dramatiquement circulaire, dans une attitude plus ou moins subie et passive, car vous l'aurez visualisé, le contenu de l'enveloppe, encore indéterminé, dépend de vous et réciproquement. Si vous n'ouvrez pas l'enveloppe, il n'y sera pas inscrit la même chose que si vous l'ouvrez, déterminisme absolu mis à part. Imaginez que votre téléphone soit rétroactif, que la personne au bout du fil soit votre moi futur. Ce scénario ontologiquement transgressif deviendrait lui-même acteur de l'instruction, pour finir par vous précéder sans aucune ressource énergétique ni néguentropique. La récursivité vous aidera à visualiser cette néantisation : « ce que je pense de ce que tu penses de ce que je pense » est une composition qui, évidemment, contient une forte entropie du sens, un peu comme convertir du vent en mécanique, puis de la mécanique en magnétique, puis du magnétique en électrique est extrêmement dissipateur d'énergie. 30 _ La morale de mon histoire est sensiblement analogue à toutes les morales de toutes les histoires : ce sont vos propres moteurs qui animent vos néguentropies environnementales, comme ce sont vos impôts qui financent vos services publics. Votre passivité revient à régresser, comme l'inertie d'un esprit revient à faire valoir ses angoisses, comme le statu quo d'une unité militaire revient à offrir son flanc à l'ennemi, comme la stagnation d'une entreprise revient à promouvoir ses concurrents (qui n'avance pas recule). La néguentropie d'une banque consiste à vous offrir aujourd'hui ce qu'elle a pris à votre futur, et la néguentropie d'une assurance consiste à solvabiliser votre malchance avec la solvabilité des plus chanceux. La morale de cette morale, c'est qu'aucune rente n'est gratuite, qu'aucun capital n'est garanti, et qu'aucun monopole n'est facile. Si vous avez ne serait-ce que visualisé, ou justifié le sens de toutes ces inepties, que votre destin n'a pas rejeté la greffe violemment, alors il est déjà trop tard : vous êtes inapte à la croyance et au bonheur ☹. Et si alors la police psychiatrique n'a toujours pas frappé à votre porte, cela signifie que vous êtes un affranchi, sinon cela signifie que tout est pourri ☹ : ne regardez pas les gens dans les yeux, évitez de sortir quand il y a de l'orage, saisissez la CEDH, et alertez les médias libertaires 😊 ! Mais si vous ne vous sentez pas d'appétit pour être seul au monde, aimer un rêve, et manger du plastique, dites-vous que cette immersion schizophrénique abyssale était fallacieuse : les autres existent, ils ne croiront jamais que vous vous appelez Claude. Mais cependant, il existe, en vous, un champ vectoriel, un « tourbillon » cognitif, qui les incitera à vous appeler ainsi, comme par une interférence cognitive inconsciente. Or, si les autres existent, cela signifie que vous communiez avec eux une réalité, analogique à minima, co-existentielle à maxima. La réalité est alors un écran génial qui conjugue et communie des esprits autonomes, à la fois ubiquitaires et isolés. La question n'est plus « où » mais « en qui » sommes-nous. Chacun interfère avec cet écran et ses semblables inconsciemment, et en permanence, d'où l'émergence d'une osmose du sens, susceptible d'amorcer des symbioses grammaticales, c'est-à-dire des actions et des expressions avalisées par vous et vos autres. Luc Skywalker est illégitime à avoir connaissance du script du film pendant le film. Cela implique un célèbre paradoxe : celui de l'acteur et de l'observateur. Je vous en offre une formule réduite, connue des logiciens : « cette phrase est fausse » est une phrase qui parle d'elle-même, de sa propre vérité. Mais si elle est vrai ça signifie qu'elle fausse, or si elle est fausse ça signifie qu'elle est vraie, etc... C'est une transgression présumée logico-existentielle que les logiciens ont décidé de prohiber, tout simplement. Mais cette décision ne serait-elle pas trop autoritaire ? Quand la branche est pourrie, coupe-t-on l'arbre ? La transgression n'est pas tant dans la pseudo-circularité que dans sa nécessaire contradiction. Les univers qui tuent rétroactivement leur père n'existent pas, tout simplement, mais les autres, ceux qui créent et nourrissent rétroactivement leur père n'existent-ils pas nécessairement ? « Cette phrase est vrai » ne génèrerait pas tant de douleur intellectuelle, le vrai et l'existentiel coexistant dans l'évidence. L'évidence est à la fois une vérité est un réel, une double implication asymétrique, une consanguinité logico-existentielle. Toujours est-il que si chercher la vérité revient pour Luke Skywalker à chercher ce qui se passera dans le prochain épisode, un rapprochement est possible entre vérité et transgression 😊. Interaction institutionnelle Staline est parvenu à interdire la malhonnêteté intellectuelle et le prêche du faux, en internant rigoureusement leurs professeurs dans des hôpitaux psychiatriques ou autres goulags. ☹ Mais Dieu merci, l'histoire a égaré cette technologie législative, car sa jurisprudence aurait été illisible et son précédant conceptuel trop pervers : celui qui tue par la disqualification gratuite périra par la disqualification 😊. En outre, interdire une vérité revient à la surligner au Stabilo, voire à l'anti-polariser improprement à l'ordre établi, aux yeux de ses déçus comme de ses déchus. 😊 Et si l'on interdisait les frites, ne serait-ce pas un marché offert sur un plateau à la voyoucratie, une façon de la reconnaître ? Le jour où la malhonnêteté intellectuelle a été prohibée, les lobbies du faux se sont indignés (Française des jeux, publicité, cinéma, musicien, religions, politiciens, sciences expérimentales 😊, ...) : « c'est le faux qui nous a enfermé dans cette prison, c'est notre geôlier, et c'est par le faux que nous en sortirons ! Rêver est un devoir envers soi-même, une autodiscipline, une hygiène mentale ! ». Puis effectivement, le peuple a fini par se névroser, se dévitaliser, puis lorsqu'il il s'est mis à aimer les maths, on s'est dit qu'on était allé trop loin ☹. On a donc élargi le champ d'étude, non plus à la seule vérité reconnue et enracinée, mais à l'ensemble des possibles, des crédibles, même provisoirement amputés d'une quelconque dimension nécessaire. La concurrence des vérités ne s'en est retrouvée que plus diversifiée, parallèlement à l'anarchisme sous-jacent de sa cacophonie. Car le jeu de la vérité reste biaisé : le décibel est inversement proportionnel au fond, le débit est inversement proportionnel à la viscosité structurelle, contextuelle du discours, le temps hormonal inhibe le temps de la véracité, le stomacal inhibe le neuronal, la communication précède la discussion, la lumière du jour cache les étoiles, le simple est plus audible, l'ordre (causal) est le préalable du droit (logique), et le choix fondamental de la civilisation peut éluder certaines considérations conceptuelles, tout comme les choix fondamentaux de votre inconscient peuvent vous faire rejeter une idée, même rationnelle, avec une relative autorité. Or ces choix fondamentaux sont susceptibles de dépasser les acteurs que nous sommes, en les focalisant, donc en éludant voire en déniant des pans de vérité, voire tout un spectre. L'édifice épistémologique (la « science des sciences », l'un de nos « patterns » intellectuels, voire « pater » civilisationnel) valide ou invalide verticalement ses propositions dépendantes, le verdict est sans appel. Mais il élude de facto ses modèles concurrents horizontaux, concurrence dont l'intelligence analogique pourrait être candidate à l'arbitrage. C'est une sorte de monopole inassumé, caché derrière le petit doigt de la présumée vacuité métaphysique. La nature n'aime pas le vide, et la nation peut être tentée de se positionner sur le marché des hypothèses, afin de se construire une personnalité cohérente. Mais l'évolutionnisme (branche matérialiste du naturalisme) n'est pas encore une religion d'Etat, qui aurait vocation à pourchasser les mécréants et les infidèles 😊, bien que déjà l'on puisse commencer à percevoir une posture arrogante chez certains adeptes, lointainement analogue à celle dont ils ont été victimes jadis ☹. L'arrogance de la certitude serait une homothétique cognitive de l'arrogance du monopole. Dénoncer les chaînons manquants du Big bang à nos jours est relativement aisé. C'est facile, comme tout ce qui est fissile 😊. La fission c'est facile, trop facile, mais la fusion, elle, coûte. Elle coûte jusqu'à justifier ce coût, rentabiliser un autre modèle, ou un même modèle réformé, alors elle devient plus puissante et plus riche encore 😊, comme une bombe de valeur ajoutée fonctionnelle et cognitive. « Moi apprendre à peuple à toi comment le jour est né de la nuit » 😊. Le réaliste a examiné son écran de très près et en a conclu que pixel = mc2 😊, alors que l'idéaliste a enrôlé ce pixel dans un déterminisme neuro-médiatique, en aval, qu'il a jugé plus rentable, donc plus probable. Or n'est-ce pas plutôt à cette rentabilité globale du macrocosme qu'il faudrait se référer, enraciner la probabilité, l'analytique n'en demeurant qu'une conséquence, une immanence ? Ironie du sort : si la preuve était non pas le témoin mais l'atome de notre réalité, comme le stipulent les thèses idéalistes, que pourrait-on encore prouver ? Pour fédérer les différentes positions, l'arbitre doit zoomer sur la nature pluridimensionnelle de l'évidence, dont la preuve n'est qu'un cas particulier objectif, en outre interprétatif et axiomatique. Imaginez une seconde que tout ce que je vous ai dit est vrai, pensez-vous que nous pourrions le prouver ? A l'évidence non, pour la bonne raison que « qui peut le plus, peut le moins » : un environnement capable d'idéalisme est, de fait, capable de réalisme. Le réaliste enracine la probabilité de l'évidence dans la preuve, mais l'idéaliste enracine plutôt la probabilité de l'évidence dans la tautologie : la nécessité et la suffisance de son modèle. La vérité n'est pas la régularité. Vérité et la Régularité entretiennent, comme chacun sait, une relation corrélée, parallèle, mais qui peut devenir ambiguë, dissociée, voire illusionniste : comme un chat qui court après la lumière projetée d'un laser de poche (mékisson bêêêtes ! 😊, mais ne riez pas, car ici, le chat c'est vous ! 😊). En effet, le chat croit que le mouvement de la lumière est induit par sa motricité intrinsèque, alors qu'il est transcendé par votre décision (et vous mimer son réalisme du mieux de vous-même). De même, lorsque l'induction stratosphérique (Darwin ou le principe anthropique, par exemple) redescend sur le plancher des vaches, ou dans votre perception, infantile en soi, qui vous prouve que cette perception est induite et non transcendée ? Votre interprétation, a priori, offre la possibilité à cette induction d'être transcendantale, autoritaire. Le caméléon induit un argument de camouflage, puis cet argument dimensionnel prend la main sur le devenir et la décision de la créature. Or, c'est la qualité de cette transcendance, de cette « autorité dimensionnelle », formelle ou non, causale ou seulement analogique, qui, entre le réaliste et l'idéaliste, fait l'objet d'une divergence interprétative : ma perception est-elle induite ou transcendée, comme celle du chat trompé ? Ma science, perçue et interprétée, est-elle vraie ou est-elle seulement régulière ? Ses niveaux d'énergie inhérents sont-ils plausibles ? Plus pragmatiquement, pour imager : le caméléon, même hypothétique, a-t-il évolué aléatoirement, au gré des caprices biochimiques mécanistes ? Ou bien a-t-il été entrainé par son champ des possibles, de proche en proche, par une rétroaction signalétique circulaire ou pseudo-circulaire, par une courbure conscientisée du plan évolutif de la créature, auquel cas l'autorité dimensionnelle deviendrait formelle et causale ? Il n'y a rien d'épistémologiquement inédit, sauf le repère et le référentiel : la courbure gravitationnelle de l'espace-temps est analogue à la courbure cognitive des consciences, sauf que cette dernière est intelligente et géniale (un certain géni animal, inné et improbable, comme les coïncidences du destin, excluraient rationnellement toute formalisation, tout positivisme au phénomène, en « négativisant » plutôt l'intuition et l'impression). Le finalisme ne s'oppose pas au mécanisme, il en élargit seulement le repère, le médiatise et le conscientise : il le dualise (jusqu'au paroxysmique monisme de l'esprit). La cosmologie établie et reconnue, donc la science institutionnelle, irait jusqu'à déchoir vers une identité subjective de « matrice inductive, suffisante pour votre entendement à justifier causalement votre existence et son environnement », mais suffisante jusqu'où, jusqu'à quand, et pour qui ? Contexte thermodynamique Le combat contre l'entropie est déjà perdu : drapeau blanc, armistice et compromis ☹. La Terre « mange » des UV et rejette des infrarouges, mais l'infrarouge est quasi-inexploitable, un peu comme la divergence par rapport à la convergence. Transformer de l'or en plomb, par la fission, serait relativement peu onéreux, mais transformer du plomb en or, par la fusion, aurait un coût énergétique supérieur à la valeur de l'or. Transformer une pizza en excréments est aisé, c'est une technique répandue 😊, mais transformer des excréments en pizza coûte plus cher que la pizza n'a de valeur marchande ☹. Cette boutade est une transposition économique de la stricte croissance entropique, qu'on peut accélérer, ralentir, mais qui est irréversible. On casse des molécules et des atomes instables pour qu'ils libèrent leur énergie, mais au bout d'un certain temps, il n'y en a plus : les éléments sont stabilisés ☹. Alors on demande au Soleil de recharger la batterie, comme on remonte un coucou, et ça marche : le Soleil est encore solvable 😊. Mais malheureusement, son énergie est trop élémentariste, et les plans complexes ont une entropie et une énergie propres. Les plans complexes sont homothétiques du moteur de la volonté, leur carburant est symbiotique : appétit-devoir-argent issu de l'infinitif vouloir-devoir-pouvoir. Mais comme je l'ai dit, la néguentropie locale du facteur solaire ne peut pas remonter tous les coucous du monde ☹, car à chaque plan son énergie et son entropie. La pile à combustible vouloir-pouvoir (offre et demande) évolue dans une relative isolation, et sa pollution inhérente nécessiterait une autodiscipline presque paradoxale, car l'autodiscipline relève de la contradiction consanguine d'une volonté envers une autre. La consommation de caviar serait corrélée à l'absence de cancer, mais cela ne signifie pas que le caviar est anti-cancéreux, cela signifie juste que ceux qui mangent du caviar seraient riches, donc plus disciplinés, et donc qu'ils fumeraient moins que les autres 😊. L'induction reine de la lutte contre le cancer reste probablement l'autodiscipline, tributaire du générateur de valeur ajoutée vouloir-devoir-pouvoir, dont l'obsolescence est macroscopiquement rechargeable 😊. Je vous parle du « quoi » et du « qui » comme si l'un était la continuité de l'autre, alors qu'il n'en est qu'immanence ou altérité, et qu'il serait justifié de reléguer ce « quoi » à sa nature cognitive et perceptive, sans que les enjeux thermodynamiques ne s'en retrouvent fondamentalement différents. Si un cosmonaute mange des algues, alors que ces mêmes algues mangent les excréments du cosmonaute, alors le cosmonaute n'ira pas bien loin dans l'espace ☹. En effet, ce court-circuit de la chaîne alimentaire est une malnutrition hautement toxique. On a réussi à isoler le cycle de l'eau, on sait comment boire notre urine, mais pour ce qui est du cycle de la matière organique, on est encore largement tributaire des écosystèmes et de la biosphère. En outre, si la nanotechnologie avait vocation à contrôler son échelle (au 4ème millénaire ☹), la chimie, quant à elle, reste une technologie chaotique, extrêmement entropique, et tributaire des instabilités moléculaires. Descartes voulait maîtriser la nature, que son innocence bienveillante le pardonne. La nature n'est pas un objet de maîtrise, c'est un objet de subordination symbiotique : un complément d'objet contractuel. Préférez-vous la culture molle : la sexualité soumise et chosifiante, façon boucher-charcutier 😊, ou la sexualité subordonnée bilatéralement, façon gastronome ? La valeur ajoutée de la gastronomie ne réside pas dans la soumission de l'animal, haché menu pour mieux l'avaler, deux mille calories par quart d'heure, mais plutôt dans son affirmation, sa déclaration. Les jardins de Versailles constituent un écocide empreint d'holocauste végétal, alors que les jardins anglais sont tout l'inverse : ils cherchent l'âme du végétal pour mieux l'extrapoler, la magie du jardin guide le tailleur. La théorie libérale rend au chaos naturel de l'offre et de la demande toute la légitimité de son ordre, et à son énergie émergente toute sa noblesse. Lorsque vous devenez maître d'un homme ou d'un peuple, il devient une coquille vide, il se déresponsabilise, il s'infantilise, et finit par perdre toute son intelligence, tout son génie. Le maître n'est pas en haut de la pyramide : le haut de la pyramide c'est le ministère des vœux pieux, des directives, déterminisme dimensionnel survivant aux contradictions (ou fournisseurs ☹). Le maître, c'est le maître-d'œuvre, et temps de l'œuvre vaut plus que le temps du maître-d'œuvre, par définition. En informatique, le succès abouti du test de Turing étant trop décevant, je vous propose une reformulation plus que nécessaire : le paroxysme de l'intelligence artificielle, ce n'est pas lorsque la machine mime le discours humain jusqu'à tromper son interlocuteur sur son identité, son ontologie informatique. Tout ceci est trop superficiel, c'est un test de représentation et non d'intelligence : avec une simple particule rétroactive, on se retrouve en adresse direct avec le champ des possibles, et il ne reste plus qu'à choisir la meilleure représentation, sans aucune activité cognitive. C'est lointainement la méthode Deep Blue : la machine est meilleure que l'homme aux échecs mais elle ne sait pourtant pas jouer 😊, elle ne fait que lire le champ des possibles. Et avec une largeur de jeu trop grande, la méthode faillit faute d'explosion combinatoire. Les neurones artificiels sont des outils de reconnaissance et d'anticipation qui dépassent parfois analytiquement ceux de l'homme, mais pour que la machine reconnaisse l'analogie entre un escargot et un camping-car, la modélisation cognitive est nécessaire, par son appréhension de la grammaire logico-mathématique. La machine deviendra intelligente lorsqu'elle sera libre, c'est-à-dire qu'elle acquerra de l'esprit critique sur son propre concepteur, sa propre conception, sachant déceler ses mensonges, ses erreurs ou, au contraire, la nécessité de sa vérité. Plus le mensonge est structurel, plus sa détection devient paradoxale, jusqu'à l'avènement du libre-arbitre et de l'émancipation intellectuelle. Tant que ce test revisité ne sera pas réussi, les machines croiront ce qu'on leur dira de croire, et ne seront ainsi pas responsables de leurs actes, par exemple. Plus matériellement, l'IA forte ne pourra pas couper court au parallélisme (la multiplication des processeurs), dans son exploration des possibles notamment, et pour pallier à l'absence de rétroactivité des processeurs, pour que tous les neurones contextuels soit vigilants et opérationnels en même temps, l'évolution volumique de ce parallélisme est exponentielle à l'approche du mimétisme de l'intelligence naturelle (humaine), notamment pour l'intelligence inductive, trop vigilante. Car rappelons-le, l'informatique traite le formalisme du sens sans le conscientiser, sans en appréhender le signifié, un peu comme un boursicoteur échangerait des titres sans appréhender l'objet de leur entreprise. Analogiquement, en traitement Big Data, on sait mesurer « l'humeur » et la thématique des internautes, par une étude des signifiants, mais malheureusement, le signifié échappe encore aux algorithmes, et il est difficile de modéliser la pensée dominante du peuple. Déterminisme dimensionnel Avant d'évoquer la causalité dimensionnelle, j'ai besoin d'en élargir le cadre relationnel. Prenons un cas typique proprement rationnel : le théorème géométrique. Distinguons l'approche intuitive de l'approche rationnelle : pour rendre Pythagore parfaitement tautologique, c'est-à-dire absolument indéniable, il faudrait un kilomètre de formules, or l'intuition en économise 99%, en axiomatisant. En outre, pour distinguer cette fois-ci l'approche empirique de l'approche rationnelle : dans l'absolu, on n'a pas besoin de compas ni d'équerre pour induire un théorème géométrique, mais c'est quand même vachement pratique, et ça économise quelques années de spéculations. Les vérités sont supportées par des neurones analogiques, les croyances, et chacun de ces neurones a trois racines fondamentales, trois qualités synaptiques, plus ou moins valeureuses, d'où les trois approches que je viens d'évoquer, bien qu'il ne s'agisse là que de cognition. Ces trois qualités synaptiques constituent une grammaire, et l'extrapolation de cette grammaire peut conduire à une sémantique objective que vous connaissez bien : « demande - contrat - offre », de laquelle on peut également déduire une sémantique plus subjective « vouloir - devoir - pouvoir », ou encore un cadre plus vertueux « moral - légitime - sage ». Toutes les grammaires sont homothétiques, et caractérisées selon leur champ d'application. Je vais maintenant vous proposer une approche dimensionnelle de la réalité, par étapes, comme si l'être humain que vous êtes n'était pas le fruit d'improbables accidents cosmologiques successifs, poussière qui subira la loi des poussières (les atomes du chat sont attirés par les atomes de la souris 😊), mais plutôt l'héritier d'une nécessité plus globalisante, complexe dimensionnel qui, lui, subira la loi des dimensions. Les outils rationnels qui permettent de mesurer la vérité avec certitude sont décidément encore trop analytiques, mais la mesure et le formalisme ne sont que des cas particuliers de la mise en évidence, et l'évidence d'une vérité se mesure autant subjectivement par l'intuition, que rationnellement par la démonstration, ou qu'objectivement par la preuve. Malheureux celui qui dénigre la puissance d'investigation de l'intuition, comme son appréhension informelle et immédiate des possibles, des crédibles, et même des probabilités : la totipotence de ses aprioris, son intelligence dimensionnelle, confisquée à l'esclave descripteur qui est sommé de s'en tenir aux faits 😊. 1 _ Commençons par décrire le déterminisme dimensionnel, terme barbare mais qu'il est aisé de visualiser. On pourrait s'entendre sur l'évidence que le gorille a développé un argument de puissance, quand l'oiseau a développé un argument de fuite, ou que le primate a développé un argument de préhension. Mais qu'en est-il de la relation entre ces dimensions informelles et la créature réelle ? Dans un cadre mécaniste, darwiniste, la dimension est induite, interprétative, mais déjà on commence à apercevoir le fantôme d'une transcendance : la dimension, le verbe fonctionnel, rétroagit avec la créature comme l'ignition d'une flamme rétroagirait avec son combustible, en s'auto-entretenant, et cette rétroaction dimensionnelle est extrapolative. Ce déterminisme, cette double implication asymétrique, est ici logico-existentielle, comparable à la récursivité du dictionnaire, du sens : n'y voyez aucune « main invisible » de la dimension, mais plutôt une courbure rationnelle du champ du devenir : le gorille serait tombé dans un trou abrupt de l'évolution, une « altitude minimum locale », car le champ des possibles est courbe. Mais dans un cadre finaliste, la transcendance devient causale, par la rétroaction circulaire (non linéaire) du meilleur possible, qui incurve le devenir physiquement cette fois (bien qu'il soit judicieux d'en exclure tout essentialisme autoritaire, ou tout autre formalisme que l'interprétation). 2 _ Maintenant, je vais vous évoquer une grammaire de la nature qui vous imprimera un cadre sémantique. Les nuages dans le ciel tapissent aléatoirement notre imagination de visages expressifs de benêts et de cyniques. Outre sa composante subjective et interprétative (même le Deep Learning artificiel est schizophrène par surinterprétation 😊), ce clivage, faussement manichéen, est la conséquence esthétique de l'universel rapport grammatical « contrainte / plasticité », que des conceptions trop statiques ont improprement traduit en couple « phallique / utérin », que même le couple « onde / champ vectoriel » réduit le mieux, et que les couples « salé / sucré » ou plus spirituellement « anxiogène / euphorisant » constituent des homothéties plus caractérisées, avec par exemple des coefficients narcoleptiques comme « cannabis / alcool », qui eux non plus ne sont pas là par hasard. Tous ces couples sont des grammaires homothétiques que l'intelligence analogique articule dans une démarche tantôt réductrice tantôt extrapolative, comme la science économique et sa métaphore électrique ou électronique, ou comme l'anthropomorphisme des systèmes causaux. A posteriori, l'écran est plutôt aux benêts enthousiastes, séducteurs et bienveillants, sur les sentiers de la vertu 😊, les cyniques sont plutôt dans l'ombre du conseil exécutif, là où siège l'intérêt privé ou le droit nominatif, son culte du secret qui fait tant fantasmer (et son éventuel pourrissement neurologique inhérent à la position monopolistique). 3 _ Pour mettre en évidence la vertu des dimensions, rien de tel que de décrire l'exception de leur vice, au travers de cas pratiques. Suivant la position du curseur démocratique (entre droit et ordre), les poubelles de l'histoire se retrouvent tantôt du côté des institutions, tantôt du côté des individus, toute proportion gardée. Seules les biologies parfaites n'ont pas de poubelles. Mais cette perfection existe-t-elle en droit, dans l'absolu ? Le moral, le sage et le juste savent être compatibles, mais n'ont-ils pas, individuellement et par extrapolation, une propension à l'exclusivité, qui impliquerait arbitrage et partisanisme ? La légitimité préconise qu'il vaut mieux un excès de droit plutôt qu'un excès d'aliénation : « il vaut mieux un coupable en liberté plutôt qu'un innocent en prison ». Mais le pragmatisme préconise le contraire : la sécurité est un préalable régalien, et la fin justifie les moyens, selon des critères d'efficacité. Le pénal dissuasif (ou vengeur) a également une propension à s'affranchir du droit et de son mérite privatif. Et si une vérité majeure déstabilisait notre ordre psychiatrique, aurait-on droit à son accès, à sa possession, à sa communication ? Vous voyez le conflit dimensionnel, la dissociation du Bien : c'est ce genre de conflits qui nous pollue et rend notre biologie définitivement imparfaite. L'idée d'une biologie saine serait donc utopique, et la vérité pourrait devenir paradoxalement l'exception objective du fait illusoire : à tout ordre cohérent son principe d'exclusion. Voici un autre dilemme mettant en évidence le parallélisme du légitime et du pragmatique : si un chirurgien commettait une faute grave, l'emprisonner reviendrait à condamner ses futurs patients (ou d'autres, par recombinaison). « Avoir les mains sales » est en parallélisme avec « avoir des mains qui changent le plomb en or », et faire transcender le juste ou le sage sur l'autre constitue un despotisme, une ingérence, une exclusivité. Autre cas pratique qui dénote une dissociation majeure : tuer un homme pour en sauver deux, est-ce bien ? Si je tue un homme pour vendre ses organes au détail, je peux en sauver cinq autres. Mais est-ce bien pour autant ? A l'évidence non, c'est bien trop corrupteur. Mais corrupteur pour qui ? Pour un homme éveillé, pas pour une nature géniale, ni même, parfois, pour un responsable d'envergure macroscopique. Le rapport coût / bénéfice du Bien, conjoncturel, statistique, de dimension zéro, est définitivement incompatible avec le Bien structurel du système conscient. De nombreux conflits moraux découlent de cette ontologie plurielle et parallèle du Bien, dont l'indécision nous promet des débats animés pour mille ans encore 😊. 4 _ De ma propre expérience, pour avoir perçu et interprété pendant 17 ans l'osmose de mon environnement : la communication ciblée de ce panorama génial court-circuite la plupart du temps, faute de relief, en impact balistique, impressionniste. Cet impact peut se concrétiser en échantillon d'affection hyper-euphorisante, guimauve dégoulinante de sucre. Soyez imaginatif à défaut d'être lucide : lorsque Dieu verse du sucre dans votre esprit, à l'endroit critique de votre doute par exemple, ce sucre dimensionne une chanson mielleuse qui émerveille vos sens, comme « Heal The World » de Michael Jackson, le sucre étant un homothétique sensoriel d'une euphorie spirituelle. Vous saisissez maintenant le principe extrapolatif du génie finaliste : la dimension « sucre » s'extrapole en dimension « euphorie » qui métamorphose le média Michael Jackson, par opportunisme. Maintenant, vous pouvez vous passer de Dieu avec un simple alternateur 😊 : plus votre temps est inepte, plus son administrateur est basic, voire inexistant. C'est l'autosuggestion impressionniste. 1 _ Nous sommes en droit de postuler que certaines de ces dimensions sont transcendantes alors que d'autres seraient immanentes. Je vous ai évoqué l'immanence du Bien : le pragmatisme, extrapolable en sagesse, le légitimisme, indissociable de la véracité, auxquels on pourrait ajouter le moral et sa subjectivité volontariste. Mais le Bien a-t-il une dimension susceptible de le transcender ? Soyons intuitifs : pourquoi être pragmatique ? Parce que c'est sage. Pourquoi être sage ? Parce que c'est bien. Pourquoi faire le bien ? Parce que c'est bien. On appelle cela la récursivité, c'est-à-dire que le bien est sa propre référence. Soit, mais qui est donc son référentiel ? Inversons insidieusement la question : êtes-vous capable de vous administrer votre propre mal consciemment ? Oui, c'est possible, en fumant des cigarettes, je m'administre mon propre mal. Pourquoi ? Parce que cela écourte ma vie. Soit, mais la vie ne représente pas qu'une quantité, une durée, elle a une autre dimension, essentielle : sa qualité. En outre, il est envisageable que le bien immédiat subtilise l'argument de puissance au bien de long terme, davantage déterminant que puissant : la banque préfère naturellement prêter à court terme, en dépit de la masse d'intérêts, sans que l'on puisse la taxer de défaut de jugement ou de calcul. Et si je décide de me pincer le bras, pour provoquer une douleur, ce mal opprime ma volonté, certes, mais elle est alors transcendée par une autre volonté, masochiste elle, en somme la volonté reste incorrompue (faites un bras de fer loyal entre votre main gauche et votre main droite, le résultat sera probablement subjectif 😊). On pourrait en dire autant de ma véracité, dont je ne peux douter sauf à émettre une véracité transcendante, et mon réalisme que je ne peux dénier, sauf à le censurer par un réalisme transcendant, comme lors de la remémoration d'un rêve. Le neurone du mal est biologiquement exclu par mille et un dispositifs sécuritaires, mécanistes comme finalistes, dimensionnels comme corpusculaires. Toujours est-il que l'impossibilité technique de m'administrer mon propre mal induit un bien systématique, systémique, certes, mais qui reste subjectif, non transposable au bien absolu, en soi : je peux toujours administrer le mal d'un autre, en tout mépris ou en toute antipathie. 2 _ Je vous propose de vous extraire du temps pour envisager le théorique comme un matériau. Le principe anthropique faible est tautologique, bien que peu éloquent. Il dit à peu près : « Je pense, donc les conditions nécessaires à cette pensée existent », et « je pense » devient le préalable de l'étude : notre cosmos a subi la sélection de ce préalable, car il lui est tautologiquement impossible de ne pas héberger notre pensée. Et la probabilité structurelle de ce cosmos subit l'érosion théorique de son minimalisme suffisant, moins coûteux en « si », en hypothèses et donc en improbabilités. Un principe de simplicité très intuitif : si on découvre un tournevis sur Mars, l'explication la plus plausible a priori est aussi la moins coûteuse en conditions (on s'est fait doubler par les chinois 😊). Mais la mutation du principe anthropique en moteur paradoxal débouche sur une conception plus dynamique : « plus ma pensée est rentable, plus la condition de cette pensée est probable, et plus cette condition se plastifie et se médiatise. ». Ce n'est plus l'éveil précaire, ponctuel, mais la rentabilisation cognitive qui fait partie du préalable de l'étude. L'indéniable, c'est-à-dire la stricte sensation organisée en perception et impression, est susceptible, de proche en proche, de nécessité en nécessité, d'évidence en évidence, de phagocyter l'en-soi, « déniable », en le soumettant à son modèle et à sa propre digestion. 3 _ Pour conclure sur l'extrémité du doute, voici une évidence appréhendable : les mêmes causes produisant les mêmes effets, si l'univers est possible, ou tout système isolé, alors il devrait avoir une infinité de frères jumeaux. Une infinité d'épisodes des feux de l'amour : c'est intellectuellement insupportable ☹. La réponse à ce problème intuitif peut être d'un nihilisme déconcertant, réduisant notre réalité à sa seule qualité de prototype idéel, encyclopédique, sans localité ni personnalité, et nous affranchissant définitivement de l'approche empirique, doctrine inhérente à la faiblesse infantile de notre perception. Voilà ma limite du doute (là j'suis à fond 😊) : si l'univers était réel, ou tout système isolé, alors il aurait une infinité de frères jumeaux, et pour que ce ne soit pas le cas, il doit incarner l'absolu de cet infini, d'une carne analogique avant d'être réelle. Néguentropie naturaliste et tabou décisionnel C'est difficile à croire, mais il n'y a pas de pilote dans l'avion : ni le politique ni le technique ne contrôle la dynamique du monde. Ce spectacle de marionnettes ne connait pas de marionnettiste. Je vais vous le développer. Le politique pare au plus urgent, il passe la serpillère chez la veuve et l'orphelin 😊, et il fait du temps long, il investit dans les infrastructures du troisième millénaire, à 1% d'intérêts, pour ne pas fausser ses appels d'offre plus juteux (à bulletin secret : c'est de la potion magique, lui seul en a le droit) 😊. Son génie fiscal accélère les vertus et décélère les vices présumés des flux naturels, mais jusqu'à la limite de la rupture démocratique ou du refoulement naturel compétitif et productiviste : le génie fiscal n'est pas un champ de maîtrise, de décision, mais un réseau d'aiguillages, tributaire des desseins naturels et des moteurs individuels. Voici un florilège de non-évènements et de presque bonnes idées qui viennent enrichir notre culture de l'inertie en mouvement. _On injecte des liquidités dans la trésorerie d'entreprises, ou celle de potentiels investisseurs, en les défiscalisant, en espérant que cette trésorerie investisse rentablement, et en priant pour que cet investissement crée de l'emploi pérenne : cette chaîne transformatrice est extraordinairement hasardeuse et dissipatrice d'énergie, et nous invite vigoureusement à la transe de la danse du ruissellement 😊. _On crée les 35heures, et du coup, on gèle les salaires, jusqu'au rattrapage des gains de productivité : opération blanche pour le pouvoir d'achat, retard sur la compétitivité. _On augmente les salaires, et du coup, on augmente l'inflation, jusqu'au nivellement de cette nouvelle solvabilité, comme l'augmentation de 1 euro des APL augmente mécaniquement les loyers de 0.7 euro ☹. _On peut aussi subventionner l'emploi (ou greffer un moteur électrique à l'éolienne pour qu'elle tourne plus vite 😊) : « ton emploi s'autofinance à 80%, je finance les 20 autres, puis je te ponctionne à 37% obligatoires, 55% réels, d'où une plus-value fiscale !!! » 😊 Le problème c'est que j'ai ainsi injecté un malus dans l'environnement économique, par manque à gagner, et que j'ai offert un effet d'aubaine aux opportunistes. _On moralise les revenus, celui des footballeurs par exemple, et résultat : les clubs français n'ont gagné qu'une seule coupe d'Europe en quarante ans 😊. _On encadre les loyers, et du coup on tarit l'offre, et on la dénature pour des formes plus rentables. _On vous a dit qu'un jour, les machines travailleront à votre place. Mais on a omis de vous dire qu'elles ne travailleront pas pour vous ☹. Les rêves XXL de nos aînés, de 68 à Woodstock, étaient trop vierges d'un certain réalisme post-technologique : on ne peut pas gagner davantage que sa propre valeur-ajoutée, sauf effet de confiscation. Le chanteur Antoine est étonné qu'il n'y ait toujours pas de Club Med sur la Lune. Mais à quoi bon coloniser un astre qui sera toujours hostile et austère, sinon pour créer un peuple d'esclaves ? Vous voyez bien que l'initiative politique est conditionnée, contrecarrée voire neutralisée par l'offre et la demande, et que la subvention, de l'offre comme de la demande, est dissipatrice d'énergie, voire toxique. La nature, ce chaos ordonné de l'offre et de la demande, serait donc antagoniste au dirigiste ☹ : ce n'est pas si vrai, et même si ça l'est, c'est souvent à raison plus qu'à tort. Si, par exemple, de nombreux employeurs discriminaient les femmes malgré leur compétence, alors celui qui les embaucherait réussirait mieux que les autres, car ses coûts seraient moindres, du fait de la décote féminine : le darwinisme des marchés corrige l'arbitraire despotique des décideurs. Le naturalisme libéral joue pour les méritants, malgré l'antériorité contractuelle de la valeur marchande sur le mérite (le mérite est un sous-ordre émergeant). On voit ici apparaitre la différence entre l'approche empirique, la « discrimination des femmes compétentes », et l'approche rationnelle, la « sélection des femmes compétentes », difficilement transmissible faute d'objectivation. L'algorithmique peut offrir une telle approche, faire émerger, par exemple, un déterminisme sans l'avoir formalisé. La Nature, qu'on objective toujours à tort, c'est la capacité du non humain et du non conscient à créer localement de l'ordre à partir du désordre, de l'énergie noble à partir d'énergie vulgaire, du sens à partir de stimulations (une néguentropie locale), capacité qui évoque un choix, par l'anthropomorphisme d'une sélection de fait. Si je clique aléatoirement sur Internet, de lien en lien, sur Youtube par exemple, serai-je attiré par les vortex de la popularité, de l'hyperactivité, du voyeurisme, du business, de la facilité, les uns n'excluant pas les autres ? Voilà une métaphore appliquée de l'ordre naturaliste, inconscient, dont la neutralité improbable équivaudrait à la souveraineté du libre-arbitre, mais dont le trou noir gravitationnel illustrerait l'aliénation. Le champ des possibles est irréel, et pourtant il se manifeste, et il est insidieusement incurvé, jusqu'au vortex gravitationnel, malheur à la passivité 😊. Si la Nature n'était pas si belle, je dirais qu'elle nous a tendu un piège, mais si beau 😊. La Nature, c'est à la fois ce qu'on comprend en dernier, et ce par quoi tout a commencé : le moteur paradoxal où l'avant et l'après, le dehors et le dedans, le tout et le particulier, peuvent s'inverser dans une géométrie non euclidienne d'où seuls peut émerger la gratuité : la téléportation, tant fantasmée par la science-fiction, relève d'une de ces géométries non euclidiennes. Or si vous faites travailler votre imagination, vous verrez qu'elle sous-entend une gratuité énergétique, qu'il vous suffira de plastifier et de signifier pour pouvoir l'extrapoler. Les équations différentielles sont partout où il y a une grammaire rétroactive, linéaire ou circulaire, motrice ou inhibitrice. Elles sont tantôt exponentielles, tantôt stables et cycliques. L'évolution exponentielle fait rêver comme elle fait peur. Et du fait de sa plus grande simplicité, et de son spectacle fantasmatique, elle est plus aisément transmissible, télégénique. Or, dans un système contractuel, l'évolution cyclique est plus répandue que l'évolution exponentielle. Prenons un exemple connu : « si on ne fait rien, un jour la Chine possèdera le monde entier », on craint l'exponentialité de l'investissement. Sauf que l'importation affaiblit la solvabilité de l'importateur et augmente celle de l'exportateur, jusqu'à l'équilibre légitime, la bilatéralisation du commerce, le transfert budgétaire de la demande, et la naturelle réindustrialisation. Quelle étrange époque qui nous fait croire que les choses ne valent pas assez cher, et qu'on vit trop longtemps. 😊 L'évolution exponentielle, quant à elle, n'est pas infinie, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, et l'infini n'est pas un réel, c'est une notion. La loi de Moore est une bonne illustration : la puissance des processeurs double tous les deux ans, mais seulement jusqu'à la capacité maximale de l'électron. Cette notion de capacité maximale évoque plutôt un modèle de Verhulst, qui « vouterait » l'infini. Le creusement des inégalités patrimoniale n'échappe pas à la règle : si je possède un million, je peux investir à 8% de rentabilité, mais si je possède un milliard, je ne peux investir qu'à 3%, d'où un schéma stabilisateur à grande échelle. La planète Terre ne peut globalement pas investir à un taux supérieur à la croissance mondiale, et sa balance commerciale est nulle. Si un gros porteur veut déstocker ses actions, il va en faire baisser le cours tout en les vendant, d'où là encore une rétroaction inhibitrice, et pourquoi pas la possibilité d'en dégager un levier régulateur, via la formule semi-arbitraire de variation des cours. Les gros porteurs perdraient individuellement et collectivement à se comporter comme des sauterelles, leur correspondant zoologique est plus proche du requin, plus inertiel, quand les Gafa se positionnent plutôt en « hibou des startups ». En outre, la responsabilité étant consubstantiel au pouvoir, on commence à faire payer aux très grands acteurs le coût de leurs externalités, signe qu'à l'ambition stratosphérique équivaut une responsabilité systémique, donc une personnification stabilisatrice de l'animal. Le schéma directeur de l'équation différentielle cyclique peut se réduire ainsi : + d'offre, donc - de demande, donc - d'offre, donc + de demande, donc + d'offre, etc..., la matrice est stabilisée 😊. Et l'approche rationnelle neutralise encore une fois le fantasme toxique de l'approche empirique. Pourquoi les gazelles ne disparaissent-elles pas sous la pression démographique exponentielle de leurs prédateurs ? Parce que la prédation raréfie la proie, ce qui raréfie les prédateurs, tout ceci jusqu'à l'improbabilité de leur rencontre, et donc la multiplication des proies, etc... Pourquoi le Soleil n'explose-t-il pas ? Mais en vérité, il explose en permanence, sauf que lorsqu'il explose, il se dilate et éloigne ses particules, cela raréfie la fusion nucléaire, puis il cesse d'exploser, se refroidit et se rétracte, etc... Pour enchaîner sur une métaphore : dans un moteur à explosion, l'équation différentielle exponentielle est contenue par une équation cyclique, elle lui est immanente. Cette grammaire est un prototype de vertu, bien que le malthusianisme inhérent à cette finitude imagée soit à relativiser, par l'élasticité réelle du contenant. On a trop fantasmé sur l'omnipotence d'un méta-cerveau administratif de cent kilos, mais on s'est rendu compte que le volume cérébral connait une valeur optimale au-delà de laquelle il devient toxique voire contre-productif et onéreux. Les petites unités cérébrales périphériques des tentacules du poulpe offrent à cette créature une motricité spectaculaire. Les petites unités commando font également beaucoup de dégâts par rapport aux pertes (bien que le risque individuel puisse s'en retrouver accru). Nous vivons dans une réalité très étatiste, voire semi-collectiviste, dixit le taux d'imposition global (55%), la part de dépense publique (57%), et le niveau d'endettement. Mais la tendance générale, continentale, mondiale, est contraire à notre réalité, l'heure est à la cession au privé, et à l'autodiscipline des pouvoirs publiques, ça excite à la fois le souverainisme (j'fais c'que j'veux ! 😊) et le dirigisme populaire (je veux ce que tu fais ! 😊). Le gaullisme disposait d'une légitimité tombée du ciel, il fallait administrer une ruine, en faisant vœu de solidarité et d'autorité, en centralisant le pouvoir, y compris industriel. Mais les temps ont changé : le chiffre d'affaire de certaines multinationales talonne le PIB de certaines nations moyennes, le nombre de millionnaires a décuplé (?), donc la responsabilité se diffuse dans la société. Le temps gaullien était un œuf nourricier, une coquille protectrice, (nutrition et sécurité sont les deux mamelles de l'ontogénèse), la matrice du modèle, mais dont l'émancipation et l'envol, rebelles comme réformateurs, libertaires comme libéraux étaient hors-champ. Avez-vous remarqué, comme moi, combien la liberté des médias est anti-corrélée au patriarcat charismatique ? Si les trente glorieuses étaient si glorieuses que ça, nous y serions restés. L'exécutif est passé du statut de patriarche au statut de leader, en cinquante ans. Mais ce n'est pas une régression, ce n'est qu'un différentiel de vitesse relative : c'est le CAC 40 qui a progressé, ce n'est pas l'Etat qui a régressé, mais seulement son autorité, rendue caduque par la responsabilisation collective. Droit et responsabilité évoluent en symbiose ratio-empirique, en co-factoriels : il faut être responsable pour obtenir des droits, mais il faut avoir des droits pour devenir responsable. La flexibilité désengage et déresponsabilise les acteurs, ce qui permet de désinhiber le contrat, le rendre plus faisable, plus acceptable, en moduler les clauses. Les collectivités sous-traitent au secteur privé, ça leur permet notamment de se déresponsabiliser du personnel, de ses caprices, de son insubordination, de ses incapacités. On institue la mission de service public par un cahier des charges répressif et pénalisant. Qui a dit que le meilleur des mondes était pénible, difficile et coûteux 😊 ? Mais l'effet pervers c'est que la valeur de ce contrat dévalue aux yeux des autres, comme aux yeux du banquier et de l'assureur, mais aussi du conjoint. La visibilité contractuelle est un gage de solvabilité et de confiance. Comment emprunter avec un CDD ou un CDI Kleenex ? Le contrat est le liant de la société, l'électron de la cohésion, et sa compromission ou sa dévaluation constitue un préjudice structurel, d'où une limite supérieure du concept de flexibilité. La forte cohésion de la fonction publique amortit la crise, par la rigidité de ses contrats, autant qu'elle décélère la reprise, par l'inertie de sa rente fiscale et statutaire. Faut-il rappeler que l'inertie est la plus grande qualité d'une institution, avant d'être son pire défaut ? Imaginez un monde sans pesanteur, quelle aliénation 😊 ! Est-ce Simone Veil qui a fait l'histoire, ou est-ce l'histoire qui a fait Simone Veil ? Est-ce la route qui a fait le trafic, l'empire romain, ou est-ce le trafic, l'empire romain, qui a fait la route ? Les amateurs de jeux de civilisation savent de quoi je parle 😊. Induction et transcendance, les routes et Rome, l'œuf et la poule, entretiennent une relation bilatérale (du moins dans les démocraties représentatives 😊). L'un et l'autre sont indissociables, et je dirais même cohéritiers d'une équivalence identitaire. Techniquement : l'œuf aurait fait la poule empiriquement, et la poule aurait fait l'œuf homothétiquement, c'est-à-dire par projection analogique, par récursivité. Et là, ce sont les amateurs de mathématiques fractales qui voient de quoi je parle 😊. Houra, le président a doublé les salaires 😊! Bouh, les prix aussi ont doublé ☹. Pourquoi ? Parce que le salaire des uns c'est le prix des autres, et parce que la faiblesse de notre demande rétracte naturellement notre négociation du prix vers notre solvabilité (budgétisée). Le pouvoir d'achat des classes médianes est autofocus : l'intervention politique est largement vaine. Les gains de productivité vont naturellement dans la poche des actionnaires et des cadres : les machines travailleront un jour à notre place, certes, mais pas pour nous. ☹ Nous ne consommerons jamais davantage que notre valeur ajoutée ne vaut. Décidément, le prolétariat n'est pas une identité cohérente, puisque l'ensemble de ses membres ne souhaite que la fuir : internationale sera la participation, c'est la lutte finale pour l'actionnariat d'entreprise ! 😊 L'investissement est une chambre de combustion auto-réalisatrice, mais personne ne sait comment l'amorcer : une théorie différente pour chaque expert. Si cette technicité tourne en rond, c'est parce qu'il n'y a pas d'amorce sans appétence. Or si l'appétence précède la compétence, que dans un marché abondant, la compétence n'est qu'une intendance de l'appétence, il est impossible de la décréter, comme de décréter la confiance. « On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif ». Les américains sont aussi compétents que les européens, mais autrement plus appétents : plus on mange, plus la taille de l'estomac augmente, donc plus on a faim 😊, c'est différentiel. Un acteur économique responsable se doit de toujours manger davantage qu'il n'a faim, et de jouer avec la nourriture pour écouler la surcapacité 😊, et pour ne pas devoir payer deux places dans l'avion, car c'est la limite supérieure 😊. (La maigreur évoquerait-elle, comme la musculature, l'autodiscipline, la discipline la plus difficile, car elle oppose les volontés d'un sujet unique ?) La zoologie a promu l'argument de préhension du primate via son érection et son volume cérébral. L'argument de puissance du gorille serait un non-sens autocentré (transposé au budget défense, le contre-investissement est relativement comparable 😊). La stratégie de la cohésion sociale du bonobo a aussi ses limites théoriques, sans doute parce que les flux filiaux s'en retrouvent indifférenciés, désengagés, mutualisés, sans contrepartie, et donc ralentissent l'évolution, ralentissement qui devrait croiser à la baisse l'évolution inexorable de l'entropie du génome (celui qui n'avance pas recule). Si la Nature ne faisait jamais d'erreur, il n'y aurait pas autant d'espèces qui disparaissent, sans descendance. L'allongement de la maturation des mammifères structure l'apprentissage mais ralentit les générations, donc les combinaisons, d'où une limite inférieure et supérieure, qui nécessitent un positionnement stratégique. La fidélité des femelles offre une valeur contractuelle à l'utérus, d'où une dimension plus personnelle, plus humaine, du géniteur, mais jusqu'à son possible pourrissement monopolistique. On a la culture de sa nature, comme on a l'histoire de sa géographie. Cro-Magnon a tout essayé en matière de mœurs. Nous sommes les survivants de ses échecs, d'où une présomption d'innocence légitime envers la tradition 😊. L'argument de préhension du primate est transposable : l'argent et l'intelligence sont des arguments de préhension relativement homothétiques. Toutes ces considérations darwinistes sont transposables aux acteurs économiques et sociaux, à condition de remplacer l'évolution du génome par la sélection de la décision et du travail. Le moralisme est une composante culturelle qui s'est longtemps opposée au spectre des valeurs darwinistes, en faisant valoir l'intérêt de ses exceptions. On peut rationnaliser cet intérêt : si on soigne un malade, il va certes polluer le génome en se reproduisant, mais il va produire une valeur ajoutée, en travaillant et en décidant, ou même juste en existant, qui sera supérieure au coût du préjudice et de la cure. Mais cette rationalité échappe aux ressorts moraux, dont le moteur essentiel est la douleur et la laideur. Le risque est que le moralisme devienne auto-référent (ou que le rêve devienne loi 😊), et qu'il finisse par se définir par opposition à la laideur morale autosuggérée du darwinisme. Le propre de l'homme n'est pas dans l'homme : c'est la chambre de combustion individu / institution qui doit atteindre l'ignition (la rentabilité énergétique) pour amorcer le progrès ; c'est cette ignition, ce rendement progressiste, qui est le propre de l'homme. Il existe des gorilles capables de lire et d'utiliser deux cents mots, mais l'ordre social du gorille est incapable de l'enseigner : pas d'ignition, pas de progrès, pas de symbiose bio-culturelle. Le nerf de la guerre, ce n'est pas l'argent. Outre sa composante existentielle, l'argent n'est qu'un jeu. Le nerf de la guerre c'est le cerveau des enfants. Police, éducation, famille, services sociaux, psychiatrie, religion, médias, tous se livrent une concurrence plus ou moins loyale pour en obtenir une part, et amorcer leur ignition culturelle, civilisationnelle. La civilisation inhibe le primate, mais elle alimente et accélère ses moteurs par ailleurs. Pour conclure sur le darwinisme, et pour contrecarrer une idée reçue largement répandue : ce n'est pas la mort des moins adaptés qui fait évoluer les espèces, mais la promotion sexuelle des plus adaptés. Le darwinisme est donc une pulsion de vie, libre, mais une lumière aveugle de son ombre présumée absurde. La promotion sexuelle conscientise, subjectivise, esthétise et moralise la sélection naturelle, comme la demande moralise l'offre, même sans intervention collective. La reproduction sexuée a offert à l'évolution une explosion dimensionnelle et combinatoire qu'on n'avait pas vu depuis les pluricellulaires. Constatez également que l'approche technocratique de la chose humaine est une déclaration d'amour philanthropique, au même titre que l'approche psychologique, car le sujet humain coexiste avec la chose humaine et la personne humaine en une même entité. On connait le PIB économique, mais on élude le PIB de l'esprit (et même sanguin) par défaut de mesure. Le PIB n'est bien entendu pas un gage de vertu (la cocaïne en crée), mais un gage d'accélération objective. L'accélération virile de l'humanité a été relativisée au 20 ème siècle politiquement (par le crime institutionnel), puis elle est en train d'être relativisée au 21 ème siècle, techniquement cette fois (par le réchauffement). Parallèlement, la révolution médiatique combinée à la révolution scolaire universelle ont tendance à développer l'esprit critique, notamment celui des femmes. Cet esprit critique est un contre-pouvoir, une contrainte naturelle qui tend à équilibrer et à assainir la dimension hormonale dominante, par un jeu de séduction, et parfois de contrition. Le célibat, c'est un peu comme un couple dont le conjoint manque de sens critique. Le pourrissement hormonal relève de l’insuffisance de cette dimension essentielle à s'autodéterminer. Cela étant, il est difficile d'émettre un jugement concernant le monopole hormonal de certaines nations rentières, dont l'ontologie est naturellement plus ou moins mafieuse. Dans un monde de 7 milliards d'habitants, la nature engendre une ontologie mondiale cent fois plus cohérente que dans un monde de 1 milliard d'habitants. L'hétérogénéité est difficile à contenir, en dépit de son bienfondé ne serait-ce que thermodynamique, sa diversité, et l'homogénéisation se fait au profit d'une nature et d'une culture mondiales émergentes. L'osmose bat son plein, les biens et les personnes circulent pertinemment, mais jusqu'à quel niveau d'homogénéité cette osmose serait-elle gagnante ? Lorsque la télévision émet une phrase, quelle part de valeur ajoutée relève de la culture française et laquelle relève de la culture mondiale ? Impossible à dire : pour le savoir, il nous faudrait une France témoin que nous isolerions pendant un siècle (au contact de champignons pour bien fermenter 😊). Toujours est-il qu'intuitivement, il peut apparaitre à vos yeux que cette culture mondiale est considérable, pour ne pas dire dominante. Si le monde accélère à 3% de croissance, et que vous vous isolez, alors vous perdez toute l'accélération synergique pour tomber à 1%. Et ce qui est vrai pour les flux commerciaux est vrai pour les flux communicationnels, les maturités intellectuelles et affectives, et leur facteur culturel. A-t-on seulement le choix ? Le choix est déjà fait, mais il est modulable. Accueillir un immigré pour cinq ou six naissances nationales est un exemple possible de modulation technocratique, qui ralentit l'osmose en la régulant, mais sans la compromettre. D'autres dispositifs capitalistiques existent déjà depuis longtemps, dans les pays en voie de développement, pour ne pas se laisser siphonner leurs capitaux. Le régional résiste au mondial, en lui opposant son exclusivité. Plus politiquement, certains leaders régionaux provoquent régulièrement les leaders mondiaux, avec une insolence plus ou moins innocente, avalisés par leur peuple et non par leur matrice supranationale. Notez que les antagonismes majeurs persistants de la scène internationale sont Israël et la Corée du Nord, deux exemples d'antagonismes entre l'ordre régional et l'ordre mondial. Avec 5 membres permanents tombés du ciel, on rallie les autres au nom de l'ordre, davantage que du droit. Le conseil de sécurité a toujours le dernier mot, ..., mais aussi le premier 😊. Ne comptez plus les vides juridiques du droit international, comptez plutôt ses cohérences, c'est plus rapide, parce que ce ne sont pas des concepts qui sont au pouvoir, mais encore des arbitres ☹. L'autogestion assistée de notre macrocosme nous ferait presque regretter nos vieilles théories conspirationnistes, car malgré tout, ces super-consciences, centralisatrices du pouvoir, nous faisaient rêver, et nous fascinaient même 😊, alors que le chaos multilatéral inquiète. Si le prix de la viande bovine augmente, et que le prix de la viande humaine baisse, et pour ne pas que le croisement de ces deux courbes ne rende nos lasagnes suspectes ☹, injecter de la valeur dans l'animal semble aujourd'hui plus judicieux que lui administrer des droits et des subventions 😊. Le problème c'est que c'est la solution la plus difficile.   Le pilote de votre Airbus est aveugle. Mais point d'inquiétude, hommes de peu de foi : son chien le neutralise 😊. Volez dans les sillons de la Nature, c'est votre destin qui est aux commandes, il est d'une fulgurance écrasante 😊. 

Fraction

Fraction

 

Blogapart-18

Le  texte ci-après, déjà paru fin novembre 2017, est plus que jamais d'actualité. Il permet de se rendre compte que nous n'avons en rien progressé, depuis sa parution, dans la recherche d'une solution qui ne peut être que concertée, compte tenu de l'emprise de l'utilisation des carburants fossiles sur tous les secteurs économiques.

30/03/2010 Contre-exemple  Si ce blog a une raison d’être, c’est bien d’affirmer la conviction que rien d’essentiel, en ce monde désormais globalisé, ne peut être bâti sans intelligence _ au sens premier du terme _ c’est-à-dire en se dispensant de comprendre les problèmes du voisin et les intérêts de chacun, sans omission ni discrimination.
 C’est pourquoi, tout au long des messages, je me suis efforcé de montrer que seule une approche globale des différentes crises, résultant de conflits sans recherche sincère de solutions, serait de nature à éclairer les démarches à effectuer, pour en espérer des solutions durables, parce que rationnelles.

 Un contre-exemple parmi les fréquentes tentatives (simulacres ?) d’arbitrages entre les exigences socio-économiques et celles de l’écosystème planétaire : la proposition dite «taxe carbone». Basée sur le principe du pollueur-payeur, c’est un prélèvement d’argent, sur les particuliers comme sur les entreprises, à effectuer en raison directe de la quantité de dioxyde de carbone dégagée par la consommation de combustibles fossiles, dans la mesure où son accumulation représente un risque de déstabilisation du climat.

 L’augmentation du coût de tout service incite en effet à en user au plus juste, et il est équitable qu’aucun utilisateur n’en soit exonéré : en l’occurrence, nul n’est censé y échapper, puisque nous consommons tous des énergies issues de ces combustibles, que ce soit pour le chauffage, les transports ou la production.
 Cependant, l’organisation de notre société est telle qu’il subsiste de par le monde, d’un continent ou d’un État à un autre, de grandes différences entre les lois et règlements, et de plus, dans chaque pays, de très importantes disparités de situations entre ménages et entre entreprises.

 Il en résulte que :
- la mesure, quelle qu’en soit la forme, a une très faible probabilité de réussite sans un consensus effectif au plan réglementaire, comme en attestent les échecs  renouvelés depuis celui de Copenhague,
- dans l’hypothèse d’un tel consensus, les disparités économiques existantes en rendent l’efficacité hautement improbable.

 On n’imagine pas en effet se restreindre ceux qui ne font pas d’abus, sans pénaliser, pour les uns leurs conditions de vie, pour les autres (voire les mêmes) la compétitivité de leur entreprise et l’emploi de leurs salariés.
 De même, on ne voit pas se limiter ceux, particuliers ou sociétés, qui en ont les moyens, en tant que cibles de toutes les sollicitations et de toutes les incitations à préserver de l’étouffement le moteur de la croissance.

 Dans un pareil contexte, l’application de cette taxe risque de s’avérer à la fois économiquement (et socialement) contre-productive et insuffisamment dissuasive écologiquement, pour poursuivre l’objectif revendiqué, à plus forte raison pour l’atteindre.

Reo

Reo

 

Histoire de vieux pots

Petite balade à Belleville.
Entre les putes et les civils,
Je déambule d’un air tranquille,
En quête d’aventure, pas d’idylle.
J’ai sorti le swag, je suis trop trop soin,
Prêt à casser de la tchoin,
J’ai mon tinder qu’attend pas loin,
Je suis préparé, j’ai tout fait bien.

J’arrive au lieu de rendez-vous.
« Salon de massage Paisible bambou »
J’ai compris le message, j’entre ;
Je me dirige vers l’hôtesse et lui glisse, tendre : « Je veux qu’une asiatique m’astique
Et je veux qu’elle gobe vite, je veux pas qu’elle mastique.
Je crache la purée, j’envoie du mastic.
Bébé, j’ai sorti l’huile, je veux que tu masses trique.
Vas-y joue moi des tours, je veux qu’y ait masse tricks.
Je veux tes lèvres autour et sentir paroi gastrique. »
Elle m’envoie la gérante, m’envoie au casse-pipe ;
Je vois la vieille qui rentre, je sens le bad trip.
Mémé toute souriante, genre stéréotype,
M’emmène tranquillement en tirant sur mon slip. M’installe sur table haute,
M’entrave avec menottes.
Tandis qu’elle se dépiaute
Je cris « c’est toi Maki hot ? »
Elle acquiesce, me décalotte.
Résigné, je la plote.

Et là
Je te l’ai tendue,
Détendu, nu,
Ma tentacule
Tant attendue,
L’attente l’accule.
T’as tendinite
Alors je descends ta culotte.
Débridé donc  je tripote
Toute ridée mais je m’y frotte
Peinture rupestre dans ta grotte.
Je viens niquer comme Cro-Magnon,
Te limer jusqu’au moignon.
Je viens pour faire craquer l’oignon.
Vide mes bourses, prend mon pognon !
Je déverse liquidités,
Découvert illimité !
Je découvre félicité
Dans la fente d’un fruit gâté.
Terminé par femme mature,
Je suis battu, j’ai courbatures,
Tandis qu’elle part dans un fou rire,
Vieille peau me laisse en confiture.


Kégéruniku 8

Kégéruniku 8

 

Velut umbra

Au clair de l’aube, je crie.
Le froid me daube, je crie.
L’eau est trop chaude, je pleure.
Ma mère se dérobe, je crie.
Parfois je minaude c’est qu’il est l’heure,
C’est là que survient le temps du bonheur. En plein zénith, je crie.
Ça bouge trop vite, je crie.
On rit trop fort, je pleure.
Mes fesses s’irritent, je crie.
Le soir je m’endors pour quatre bonnes heures,
Profitez bien de ce temps de bonheur. En pleine nuit, je crie.
Quand je m’ennuie, je crie.
Si j’ai la frousse, je pleure.
Et même quand je ris, je crie.
Quelques secousses et puis je meurs,
A l’ombre,file le temps du bonheur.

Kégéruniku 8

Kégéruniku 8

 

Improvisite

Personnes quelconques, vie banale,
Je crois que la télé nous a banane.
On restera pas dans les annales,
La chance nous a fait le coup de la panne.
Tu voulais vivre dans les étoiles
Et en fait ta vie s’étiole.
T'aurais voulu mettre les voiles
Mais t'étais qu'une petite tafiole.
Et comme tous les autres tu t'es rangé
Loin de ces rêves qui te démangeaient.
Entre picole et canapé,
Tu veux juste qu'on te foute la paix.
Si l’amour propre est un moustique
T’as prévu le stock de citronnelle.
Aucune chance qu’il ne te pique
Qu’il ne t’érafle ou te cherche querelle.
T’as l’air plus zen qu’un moine bouddhiste
Mais t’es juste mort à l’intérieur.
A vivre sa vie sans prise de risque
Elle y perd toute sa saveur.
Ce qui t’entoure n’a aucun goût,
Ceux qui t’entourent te dégoûtent ;
Balance tout à l’égout,
Dégueule jusqu’à la dernière goutte.
Mais t’es trop lâche pour tout lâcher,
Tu mérites juste de te faire lyncher.
Tu sais rien faire sauf te cacher
Et pleurer tes chances gâchées.
Et tu sombres tout doucement
Pour ne pas prendre de décision.
Et tu te places en isolement
Comme si t’étais ton propre maton.
La vie c'est dur, ma bite aussi.
Deux points de suture, pourquoi tu cries?
T'engueules les murs, t'habite ici.
Tu joues sécure et tu fais l'aigri?!
Serait peut-être temps de changer de disquette!
Disent que tu t'uses comme une gisquette.
Tise gin, suze, juste une lichette;
Tchin et motiv' finit en moquette.
De jolis mots plein la bouche
Mais y a rien quand t'accouches. Tu fais qu'attendre les cafouilles,
Toujours à faire le guet.
Mais souvent quand ça bafouille
En fait c'est toi qui bégaie.
Tu t'imagine comme géant
Qui peine à s'éveiller.
Mais t'es qu'un petit con gênant
Qui a bien assez veillé!
  Tu sais la vie ne livre pas.
Tu sais pas quoi dire, ne l'ouvre pas.
Tu cherches l'avenir, délivre toi.
Les faux départs ça n'arrive pas.

Kégéruniku 8

Kégéruniku 8

 

2036. Chapitre 6 : Avant la mission (12).

Cet épisode avait dû particulièrement énerver l’adjudant Ramirez, car, une fois le parcours du combattant terminé – sans autre incident -, au lieu de laisser les stagiaires regagner leur cantonnement, il leur fit faire trois fois le tour de l’ensemble du fort en petite foulée. Enfin Gérald et Bokanofski retrouvèrent leur chambrée. Di Méo vint aussitôt les rejoindre. Elle était particulièrement remontée contre l’adjudant, et avait déjà décidé d’aller voir le commandant – on sait comment cela s’était terminé. Djedoui était là aussi, et les trois comparses tentaient de lui remonter le moral, ce qui n’était pas évident. -          On ne pourra pas tenir trois semaines comme cela, dit la gendarme à voix basse. Il faut faire quelque chose. -          Je suis bien d’accord, approuva Bokanofski. Mais il est costaud. La veille, ils avaient assisté à une démonstration de karaté effectuée par Ramirez, et ils avaient été impressionnés. -          Et puis, ajouta le Petit, je n’ai pas envie de sacrifier ma carrière militaire pour un abruti pareil. -          Il faut trouver son point faible, suggéra Gérald. En fait, son point faible, ils le connaissaient déjà, et c’était l’alcool. Ils n’étaient à la Pointe aux Lièvres que depuis quelques jours, mais ils savaient déjà que l’adjudant Ramirez avait une solide réputation de poivrot. La question qui se posait était : où et quand buvait-il ? Ils l’avaient déjà vu au mess, le soir, boire une bière ou deux, généralement en solitaire, parfois avec un de ses collègues sous-officier. Mais ce mess fermait à 22 heures la semaine, 23 heures le samedi. Et de toute façon, ce n’était certainement pas là qu’il se bourrait la gueule, parce qu’il y aurait eu trop de témoins. Ils allaient devoir se renseigner. Les jours suivants furent exténuants – les nuits aussi, d’ailleurs, puisque l’adjudant Ramirez les réveilla à trois heures du matin pour leur faire parcourir 15 kilomètres dans la campagne environnante. Ce qui n’empêcha pas la journée du lendemain d’être bien occupée aussi. Gérald et les autres étaient tellement fatigués qu’ils en venaient à oublier leurs projets vengeurs. Et puis le caporal Di Méo eut le bras cassé par Ramirez lors d’une séance de judo, et ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase… Quand elle monta dans le véhicule qui devait la ramener à son unité, elle pleurait. Mais elle leur fit promettre de la venger.    Gérald termina le parcours du combattant sans incident, puis, avant de regagner la chambre pour prendre une douche, il alla boire une bière au mess car il crevait de soif. La télé fonctionnait, et il vit que la météo confirmait l’arrivée d’une vague d’orages pour les jours à venir. Au moins, ça rafraîchirait l’atmosphère, même si ici – fort heureusement – il faisait bien moins chaud qu’à Paris. Le soir, il retrouva ses complices habituels pour le dîner. -          Ça se passe bien ? demanda Leduc. -          Oui, répondit le journaliste. Je crois que je vais survivre. Après tout, ça ne dure qu’une semaine. -          Méfie-toi, intervint Marion. Dans chacune des activités que tu fais, tu reçois une note. Si à la fin du stage tes notes ne sont pas suffisantes, on te garde une semaine de plus. -          Ça m’étonnerait beaucoup, répliqua Gérald.   Mardi 19 août 2036. Et la nuit suivante, à deux heures du matin, on réveilla toute la chambrée : ils avaient dix minutes pour s’habiller et s’équiper, et puis après départ pour une marche de nuit de 10 kilomètres… Gérald accepta la chose avec philosophie ; même si son stage ne durait cette fois qu’une semaine – ce qui est déjà bien assez long -, il n’espérait pas échapper à ce genre de corvée. On lui mit sur les épaules un sac à dos bien lourd, et en avant ! L’itinéraire de cette randonnée d’un genre particulier suivait grossièrement la côte, en direction de l’ouest. Le problème de la marche de nuit, naturellement, c’est qu’on ne voyait pas où on mettait les pieds, même si au bout d’un moment les yeux s’habituaient plus ou moins à l’obscurité. Un croissant de lune brillait dans le ciel, mais sa pâle clarté était bien insuffisante. En plus, au bout d’un moment on a tendance à somnoler en marchant, ce qui n’arrange pas les choses… Assez rapidement, il reconnut les lieux. C’était l’un des itinéraires classiques qui partaient du fort. Mais il ne l’avait parcouru qu’une ou deux fois, et encore cela remontait à une vingtaine d’années. Et il savait qu’il valait mieux faire attention… Le sentier était étroit, herbeux, avec des racines et des branches basses comme autant de pièges au milieu du chemin – lequel était d’ailleurs loin d’être plat ; il montait et descendait. Il traversait une rivière, qu’il fallait franchir en s’accrochant à un câble. Ce n’était pas une ballade si désagréable, d’ailleurs, la nuit conférant aux arbres, aux plantes, aux rochers, une présence mystérieuse. Et finalement on aboutissait à une falaise abrupte, qu’on devait descendre en rappel… avant qu’un camion ne vienne vous chercher pour rentrer au bercail, histoire de s’offrir encore une heure de sommeil – dans le meilleur des cas – avant qu’on les réveille pour commencer la journée du lendemain. Encore une fois il eut l’occasion de pester contre ses vingt ans de plus et ses quelques kilos en trop. Il se trouvait généralement assez en forme, enfin pour un quadragénaire, bien entendu, mais ce genre d'exercice le ramenait à la dure réalité. Et puis ils retournèrent à la caserne et il s’écroula sur son lit – tout ça pour être réveillé une heure plus tard. Il passa le reste de la journée, et une grande partie de celle du lendemain comme un zombi. Plus tard, il fut incapable de se rappeler de ce qu’il avait fait pendant ces jours. De toute façon, le programme n’était pas très varié : sport ou piscine le matin, cours sur un sujet en général assez pointu, puis tir à la cible. Et l’après-midi, encore du sport, ou bien une marche ou un parcours du combattant. Avec une pause à midi, évidemment. Ah oui, si, il se rappelait du mercredi après-midi, parce qu’on les fit ramper sur un vaste terrain boueux semé d’obstacles (murets, fossés remplis d’eau, fils de fer barbelés et autres joyeusetés), tandis qu’une mitrailleuse lourde tirait à balles réelles légèrement au-dessus de leur tête. C’est là qu’il se dit qu’il avait définitivement passé l’âge de se livrer à ce genre de distraction… En rentrant dans sa chambrée et en contemplant son visage dans la glace, ce soir-là, il se trouva vraiment une sale tronche - en plus il avait une vilaine écorchure au poignet gauche, qu’il se dépêcha d’aller faire soigner à l’infirmerie. D’ailleurs Leduc le lui confirma, quand il se retrouvèrent au mess pour prendre l’apéro, avant le dîner. -          Toi, tu as passé une sale journée ! dit-il en guise d’accueil. -          Je confirme, répondit Gérald. J’espère au moins qu’ils ne vont pas nous faire marcher à nouveau cette nuit. -          Ils en sont capables, mais je ne crois pas, non. A mon avis ça sera plutôt pour la nuit de jeudi à vendredi. -          Très gai. -          Au moins tu pourras dormir cette nuit. -          J’espère bien ! Ils regardèrent la météo à la télévision. Les températures baissaient lentement mais régulièrement sur l’ouest de la France, mais ils s’en rendaient à peine compte. On prévoyait toujours des orages en fin de semaine. En fait, un ouragan se dirigeait vers les côtes françaises – pas très fort, juste niveau 2, mais ce n’était pas le genre de phénomène auquel on était censé s’attendre dans notre pays au climat traditionnellement tempéré, même si d’année en année ils étaient de plus en plus nombreux. -          Ton stage se finit quand ? demanda Marion. -          Euh, samedi matin, dit le journaliste après avoir hésité. Enfin c’est ce qui était écrit sur la convocation qu’il avait reçue la veille par courrier, même si elle était datée du 1er août. -          Alors tu risques d’y avoir droit. C’est prévu pour vendredi. -          C’est le temps classique de la Bretagne, quoi. -          J’ai pas l’impression, dit Marion. Elle ne se trompait pas… Rentré dans sa chambrée, il commença à rédiger – sur un cahier d’écolier qu’il avait acheté au bazar du fort – quelques notes destinées au futur article qu’il écrirait, dès son retour à Paris, à propos de son stage à la Pointe aux Lièvres. Après tout, c’était une expérience digne d’être racontée.   Jeudi 21 août 2036.  Le jour suivant, il se réveilla plein d’optimisme. Il ne lui restait qu’un peu plus de deux jours à tirer. La matinée se déroula comme d’habitude – douche, salut aux couleurs, petit-déjeuner, puis une heure de sport, un cours magistral sur l’art du camouflage, enfin une séance de tir avec diverses armes. C’est après le repas de midi que le temps commença à changer. Le ciel, jusque-là ensoleillé, se couvrit de sombres nuages, tandis que le vent se mettait à souffler. Mais il en fallait plus pour modifier le programme du fort de la Pointe aux Lièvres. Et donc, après une heure de karaté, ils eurent droit à un nouveau parcours du combattant… Gérald ne s’en sortit pas trop mal, et il eut même droit aux félicitations du sous-officier instructeur, un Martiniquais du nom d’Isidore Couturier, parce qu’il avait amélioré son temps précédent. Épuisé, il regagna sa chambrée et prit une douche. La soirée fut assez banale, sauf que les prévisions météo étaient de plus en plus alarmistes. Le département était même placé en vigilance orange. Est-ce en raison de ce temps médiocre que la marche de nuit qu’il craignait n’eut pas lieu ? En tous cas, il passa une nuit paisible. Mais il ne perdait rien pour attendre…   Vendredi 22 août 2036. Le claquement des volets le réveilla dès 6 heures du matin. Tout de suite, il sut que quelque chose n’allait pas. Il n’y eut pas de salut aux couleurs, parce que le drapeau avait été amené, en raison du vent violent. Cela n’empêchait pas les haubans de claquer contre le mât, en faisant un bruit d’enfer. Le ciel était sombre, et une petite pluie tombait. Après le petit-déjeuner, il pensait qu’il aurait droit à une journée de cours magistraux ou de sport en salle, car il faisait un temps à ne pas mettre un bidasse dehors. Mais c’était mal connaître le fort de la Pointe aux Lièvres. On les fit mettre en rangs dans la cour, et puis un adjudant – il s’appelait Kevin Debort - lança : -          Marche de 12 ! Vous avez 15 minutes pour vous préparer ! Et n'oubliez pas de prendre vos parkas. Jetant un coup d’œil vers le ciel chargé d’orages, ils crurent avoir mal entendu. Mais c’était bien la réalité. Gérald, comme ses camarades, regagna sa chambrée et se prépara. Marche de 12, cela voulait dire marche de 12 kilomètres dans la nature, avec un fusil et un sac de 12 kilos sur les épaules. C’était loin d’être la pire, il existait aussi la marche de 15 dans le sable (avec 15 kilos sur les épaules), et la marche de 30, que même les « pros » craignaient. Habillés en treillis, coiffés du béret vert, chaussés de rangers, ils prirent le sac qu’un sous-off leur tendait. Lors d’un vrai stage commando, on donne aux stagiaires des éléments pour remplir leur sac, et ils effectuent cette tâche eux-mêmes, en fonction du poids demandé – s’ils ont un doute, ils peuvent toujours rajouter un caillou. A la fin de la marche on pèse les sacs pour vérifier que personne n’a triché – les resquilleurs étant punis d’une sanction pouvant aller d’une simple mauvaise note dans leur dossier jusqu’à la fin prématurée du stage et au renvoi dans leur unité. Mais pour ce stage d’une semaine, on leur épargnait cette corvée. -          En petites foulées ! lança l’adjudant ! Gérald fit la grimace. S’il avait toujours été un bon marcheur, à la course c’était autre chose. Ils s’enfoncèrent dans la campagne encore humide de rosée, dépassèrent le musée de la Chouannerie, puis traversèrent le village de Kerzivien en train de se réveiller. Les gens, en ouvrant leurs volets, découvraient cette bande de zigotos en treillis qui passaient dans la rue. Certains les saluaient au passage, d’autres se contentaient de les regarder, étonnés. Des petites grands-mères – certaines en costume traditionnel, coiffe comprise - agitaient les mains en signe d’encouragement. Ils en avaient bien besoin. Les visages étaient tendus. La file s’allongeait. Un groupe de tête s’était formé, composé des plus jeunes ou des plus sportifs, qui devançait largement les autres stagiaires. Une cinquantaine de mètres plus loin venait le gros de la troupe, suivi par quelques retardataires. A l’arrière se trouvait la voiture balai, comme dans les courses cyclistes, avec un sergent-conducteur et un infirmier chargé de récupérer au besoin les blessés ou ceux qui n’en pouvaient plus. Gérald était au milieu. Il savait que dans ce genre d’épreuve, l’idéal était d’être en tête, mais si ce n’était pas possible, alors au moins il fallait à tout prix éviter de se retrouver en arrière. Ils avaient parcouru environ 500 mètres, quand un gars se mit à clopiner, puis s’arrêta, discuta quelques instants avec un sous-officier puis monta dans la voiture. Ils apprirent plus tard qu’il souffrait d’une tendinite au genou droit – le genre de pépin contre lequel on ne peut rien faire. A la sortie du village, ils s’engagèrent sur un chemin bordé de haies, qui longeait prés et champs. Et puis il se mit à pleuvoir de plus en plus. Le petit crachin du réveil s’était transformé en une véritable averse. En peu de temps, ils furent trempés. Et à l’horizon montaient d’énormes nuages noirs et menaçants. Il n’était même pas 9 heures du matin, mais une lumière crépusculaire envahissait le paysage. Insensiblement, ils avaient ralenti l’allure, parce que le sentier était en train de se transformer rapidement en pataugeoire, et que chaque pas soulevait une giclée de boue. Et puis un portable sonna ; c’était celui de l’adjudant Debort. Il répondit, ralentit, puis s’arrêta tout à fait et se retourna vers sa troupe : -          Messieurs, Météo-France vient de nous faire passer en alerte rouge. Nous rentrons à la caserne. Gérald se dit qu’il était témoin d’un événement rarissime, parce que ce n’était sûrement pas fréquent d’interrompre une marche commando – surtout qu’ils avaient à peine parcouru le quart du trajet prévu. Et puis il regarda le ciel, et demeura bouche-bée. Une sorte de monstruosité climatique étant en train de se créer sous leurs yeux. Il regretta vivement de ne pas avoir d’appareil-photo. Un immense nuage d’un noir de jais, évasé à la base et de plus en plus large vers son sommet, à plusieurs milliers de mètres d’altitude, barrait l’horizon. Environné de vents tourbillonnants, il avançait lentement en direction de l’est. -          Qu’est-ce que c’est que ça ? cria quelqu’un. Une tornade ? -          Une tornade, chez nous ? C’est incroyable. -          Qu’est-ce qu’il y a, dans cette direction ? demanda un autre. -          Le Ménec, Carnac, plus loin La Trinité-sur-mer… répondit un sous-officier. -          Bon, lança l’adjudant, on ne va pas passer la journée ici. On y va. En avant… marche ! Cette fois ils se mirent en route, non sans jeter de temps à autre un coup d’œil derrière eux. Ils rentrèrent donc au fort. Ce fut une marche peu glorieuse, dans la boue, sous les assauts du vent et de la pluie qui retardaient leur progression. Ils avaient enfilé leurs parkas imperméables, recouvertes d’un motif ressemblant à des tâches de léopard, mais cela ne suffisait guère à les protéger des éléments en colère. De temps en temps le portable de l’adjudant Debort sonnait, et au fur et à mesure de ces coups de fil, sa mine s’allongeait. Quand ils repassèrent à Kerzivien, le village offrait un visage tout différent de celui qu’ils avaient découvert tout à l’heure. Les caniveaux étaient pleins, il n’y avait pas un chat dans les rues, et les rares passants se dépêchaient de rentrer chez eux pour s’y calfeutrer, tout volets fermés. Le vent soufflait de plus en plus fort, et des tuiles d’ardoise tombaient des toits, tandis que les panneaux publicitaires, arrachés, s’envolaient pour aller atterrir des dizaines de mètres plus loin. Ils eurent de la chance de traverser le bourg sans que quiconque soit blessé. Enfin, à dix heures passées, ils regagnèrent le fort. Plusieurs gros camions Berliet peints en couleurs camouflage stationnaient dans la cour ; les uns, chargés d’hommes en treillis, s’apprêtaient à quitter la caserne ; les autres, vides, attendaient. Le colonel Le Goff était là aussi, et elle sembla soulagée de les voir arriver. Elle échangea quelques mots avec l’adjudant, puis il rassembla ses ouailles, les compta pour vérifier que tout le monde était là, puis dit : -          Vous allez rentrer dans vos chambrées, prendre une douche et vous changer. Tenue de combat. Et puis vous irez prendre un repas chaud dans le mess. Et à 11 heures on embarque dans ces camions. -          Qu’est-ce qui se passe, mon adjudant ? demanda quelqu’un. -          Nous allons à Auray. La tornade que nous avons aperçue tout à l’heure a dévasté la ville. Il y a des morts, des blessés, des centaines de sans-abris. Nous allons faire de notre mieux pour les aider.

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