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Adipocire

Tequila Moor

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Le jour où je me suis tu
Sera un jour comme un autre :
Sans doute aurai-je discuté avec un apôtre
Du mieux, de l'espoir, de la tentation de ne pas passer outre
Les commandements de sa foi, la vie, à qui il faut dire d'aller se faire...

Oui : la vie, comme l'amour, se fait.
Merci de ne pas me demander comment.
Demandez aux bactéries, surtout extra-terrestres : elles s'y connaissent.

Le jour où je me suis tu
Sera au jour d'avoir patienté assez longtemps :
Avec moins d'après qu'il n'y aura d'avant,
Être sûr et certain que rien n'est à sauver –
Orée de la vieillesse, enfin soulagé, plus d'arôme neuf à goûter.

Pouvoir rêver de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, belle affaire.
Quand ne trouver comme infini à déguster qu'un pieu qui s'érige ou une crevasse qui se fend.
Être ainsi coincé entre potentiel et réalité, autre définition de la solitude.

Le jour où je me suis tu
Sera jour de compréhension, de clarté détendue :
Les mots dits ne correspondant jamais au sens qui se cache
En mon crâne, tapi.
Les vies menées ne correspondant jamais au sens qui se cache
En ma mort, tapi.

Peut-être que ce sera simple, en fait.
Peut-être que le gras de mes tissus nécrosés sera réponse suffisante.
Le gras, c'est la mort.

Le jour où je me suis tu
Sera, pour l'évolution, jour de victoire :
Non que je sois important, faut pas croire.
Mais tout silence nous unit vers l'avenir de l'univers :
En la sélection pour l'extinction déchoir,
Disparaître en l'urinoir, troublant trou noir.

Car s'il faut croire en un dieu.
Logique de croire en un dieu qui n'a rien voulu créer, mais dont la solitude était éternelle : un dieu qui voulut disparaître pour échapper à cette solitude, dieu qui s'est annihilé.
Et les forces cosmiques résultant de cette première mort devinrent la création, le corps mort du dieu devint l'univers : décomposition divine, putréfaction entropique.

Et la vie encore se maintient dans cet univers, de loin en loin, de moins en moins, par une mécanique hasardeuse.
L'univers est encore traversé par la volonté de mourir de son créateur : ainsi, tout ce qui y fut créée, qui y est créée, qui y sera créée n'a qu'une seule direction.
Être seul, voler de la matière alentour, voler du gras. S'agglutiner.
Puis mourir.

Le jour où je me suis tu
Sera le jour où je me tue :
Autant rester au lit, rester bête,
Autant profiter de la retraite ?
Non merci,
D'accord je serai habitué à l'ennui,
Mais sûrement plus à ma lâcheté drue.
Allez hue.

 

 

PS : texte également titré Adipocere, histoire de se la péter en anglais...


   Alerter


2 Commentaires


Commentaires recommandés

T'es toi! Ca me tue, moi qui suis et toi qui suie... je me tu, et tu te tues... c'est ça le je qui tu, c'est ça le jeu qui tue. C'est un beau jour pour mourir...

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Il y a 5 heures, Etoile noire a dit :

T'es toi! Ca me tue, moi qui suis et toi qui suie... je me tu, et tu te tues... c'est ça le je qui tu, c'est ça le jeu qui tue. C'est un beau jour pour mourir...

L'important est d'avoir des beaux jours, puisque si c'est un beau jour pour mourir, c'est aussi un beau jour pour vivre. :ange2:

Bin j'avais même pas pensé au je qui tu, bien joué : définitivement, il ne faut pas que ton jeu soit tu. :)

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