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Loufiat

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    Forumeur alchimiste
  • Date de naissance 07/10/1990

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  1. Le soucis c'est que la lutte contre les discriminations ne constitue pas un "projet de société" et à terme c'en est la négation. Agir et penser c'est toujours discriminer, on ne peut pas faire autrement. C'est le piège où on se trouve à devoir discriminer qui discrimine... mais avec bonne conscience. On ne sort pas si facilement de la police de la pensée. Perso je suis très peu confronté à des problématiques raciales, je n'encourage personne à adopter ce prisme et ne subit pas de prosélytisme sauf type religieux, en l'occurrence musulman, et le féminisme. Je vis pourtant dans le 94 et suis amené à travailler avec des gens de tous horizons. Ces problématiques me semblent un peu... surfaites. Les contrôles sont davantage un problème d'apparence et de comportement à mon avis que racial. Un blanc habillé en wesh sera contrôlé comme les autres. C'est le revers d'une culture de la violence que les intéressés doivent être prêts à affronter. Par contre il est vrai que des connaissances plus basanées sont presque systématiquement contrôlées, non parce qu'elles auraient une quelconque apparence menaçante, mais parce que ce sont des arabes. Et c'est tout. Je comprends que ça les gonfle et ils ont bien le droit de le dire. Quand tu vas chercher ta fille à l'école et qu'une fois par semaine le même flic te contrôle sur le même trottoir, t'as le droit de lui expliquer que ça t'amuse plus, en bon français.
  2. Tu sais (ou pas) que j'apprécie que tu tranches en étant synthétique. Mais le sujet est l'enquête demandée par Vidal qui va porter sur les universités et pas sur les médias. Mon observation est que nous sommes dans la manœuvre et la propagande. Mme Vidal désavouait publiquement Blanquer il y a quelques mois quand il a utilisé le terme. Je suppose qu'on lui a demandé de changer d'avis et de le faire sur cnews. C'est pourquoi il m'étonne de voir des personnes habituellement plus critiques se mettre à faire le service après-vente. J'en suis stupéfait. Je croyais que le bitcoin était porteur, la politique est bien plus simple encore. Tu estimes que ce n'est qu'un outil de campagne. Une phénomène comme BLM est bien plus large, compliqué, chaotique. Que la propagande structure de part en part ce mouvement, c'est la conséquence inévitable du monde dans lequel nous vivons : la forme de l'espace public est la propagande. Ce qui ne signifie pas que BLM est téléguidé ou se réduit aux tentatives de le téléguider. Il en est allé de même pour les gilets jaunes, il en sera de même pour tout phénomène émergent dans ce contexte. Quelle est la sortie de cette situation ? Peux-tu développer sur ces sociologues ? C'est quoi une démarche scientifique ? Ce n'est pas que ça n'a aucun impact, c'est que ce n'est pas de la propagande alors tu dis : ça n'existe pas. Et je veux bien croire que ça n'a pas d'effet constatable pour toi. Mais ça existe. Et ça peut être saisi dans le débat public mais alors ça prendra la forme de propagande. C'est bien plus évidemment, mais ça intéresse moins que d'encapsuler dans une phrase bien sentie qui fera son effet. Les sciences visent à connaître le réel, elles admettent que la réalité mérite d'être connue. Les sciences sociales trouvent leur motif dans le fait que la société ne soit pas ou plus connue de soi. Ce n'est pas par hasard qu'elles émergent avec la modernité et accompagnent la constitution de l'espace public. Espace public comme expression et régulation par la parole des valeurs dont l'affrontement opère finalement dans le politique. Les sciences existent comme réalités institutionnelles dans la mesure où le politique reconnaît ou concède que la réalité n'est pas connue et mérite de l'être. La propagande repose sur un autre jugement, en fait une absence de jugement, un suicide du jugement. C'est l'effet qui compte. L'erreur est de croire que cet effet reste subordonné à une fin particulière. J'ai vu un documentaire qui m'a frappé et j'en parle avec passion. La naïveté est de croire que j'en parle pour son sens. Si j'en parle c'est pour répercuter l'effet qu'il a eu sur moi ; le sens en est seulement l'occasion. Toutes les techniques de com, les médias dans leur être même sont subordonnées à cet fin : augmenter l'effet. Mais plus l'effet est puissant, moins le sens est maîtrisé, et moins le phénomène peut correspondre à une finalité particulière. Plus la propagande prend d'envergure, moins le sens et le jugement peuvent s'exercer. Oui la France est certainement malade d'une haine de soi singulière. Mais que vient faire la socio là dedans ? Tu veux parler sciences sociales mais tu en reviens toujours à journalistes, plateaux tv, réseaux sociaux. C'est un "narrative".
  3. Oui l'argument se retourne comme une crêpe. Au fond, Fassin place les racismes relativement les uns aux autres, et se pose en décideur de ce qui est grave ou non. Il est à noter quand même qu'il répond à un article qui revient sur le fait que la justice ait retenu l'injure à caractère racial comme circonstance aggravante dans le cas d'une agression ("sale blanc"). Fassin ne décide pas dans ce pays. Je suis d'accord que c'est malhonnête et tendancieux.
  4. Ton argument est rigoureusement le même que celui de Fassin, selon lequel il n'y a pas un racisme anti-blanc (ou anti-noir) en France aujourd'hui de même nature, également constatable, que celui dans le sud américain jusque dans les années 70. Simplement, tu fais semblant que Fassin répondait oui à la question "les blancs sont-ils racistes contre les noirs" alors qu'il répondait non à la question "y a t il un racisme anti-blanc en France aujourd'hui". Le reste... Pour avoir assister régulièrement aux jurys d'attribution des contrats doctoraux dans une école doctorale de sciences humaines, tu amplifies de façon totalement disproportionnée, à mes yeux, l'influence américaine, qui d'ailleurs n'en est pas une puisque les critiques sociales américaines (minoritaires !) sont biberonnées à la French theory. Courant que l'on pourrait parfaitement mobiliser pour analyser, par exemple, la construction de la condition des populations non-musulmanes en terres musulmanes. Cela te semblerait-il devoir être nécessairement le fait de menteurs, idiots ou corrompus, parce qu'il s'agit d'un courant qui s'est d'abord structuré en France ? Je ne peux que souligner le caractère sinon délirant en tout cas très immodeste de ta déclaration que personne ne travaille sur les populations maghrébines. Que les universitaires t'ont-il attendus, pour s'intéresser au monde méditerranéen plutôt que de vivre constamment tournés vers les US, leur histoire, leurs problématiques... (le racisme anti-blanc n'est-il pas par excellence une problématique importée ??) As-tu la moindre idée de l'intensité des échanges universitaires entre pays d'Europe et du Maghreb sur des problématiques économiques, démographiques, sociales, culturelles, religieuses, techniques... ??? Que reste-t-il de valable ? Les "névroses" typiquement françaises sont d'une autre nature que celles américaines ; nous avons manifestement un problème avec la religion (et avec la science, la "raison"), ça a été et ça reste l'échec majeur de la Révolution et de notre entrée dans la modernité. Et ce qui est révoltant, c'est l'introduction artificielle de catégories raciales dans le débat public (du fait de l' "islamo-gauchisme" ??????) et la désignation systématique du blanc en particulier hétéro mâle et chrétien comme coupable de tous les maux de la terre (ce que ne fait pas Fassin, du reste). Ok pour ça. Tu estimes qu'il y a en France un racisme anti-blanc de même nature, également constatable, que le racisme dans le sud américain évoqué par Fox ? Fassin s'en tient à ce qui est constatable au niveau sociologique à l'instant T, dans la généralité. Il est couard !
  5. Je ne connais pas bien les travaux de Fassin, il s'agit d'un court extrait d'une interview, soit une participation au débat public (en tant que chercheur). A ce niveau, pour moi, Fassin fait preuve de mauvaise foi, quoi que ses propos soient justifiés (on observe bien statistiquement les tendances qu'il souligne, et on comprend bien l'idée que l'insulte et la violence à caractère racial puissent avoir ou non un caractère "systémique"). Il accentue un phénomène qui est sinon terminé, sur le déclin depuis des décennies et il atténue sciemment (voire excuse !) un phénomène qui au contraire monte en puissance. Après, il faudrait regarder en détail ses travaux, et plus seulement tel fragment d'une interview, pour se prononcer plus en avant : je ne peux pas. Mais je ne vois pas que Fassin face ici dans la pure opinion. Il y a bien une posture (débat public) et il l'étaie avec des arguments auxquels on peut opposer d'autres arguments. On ne demande pas autre chose à un chercheur qui intervient dans le débat public.
  6. Il faut apprendre à lire. Je disais : le propos de Fassin s'expose à la contradiction. Et tu entends démontrer ma malhonnêteté et mon erreur, en contre-argumentant, c'est bien ça ? Reprends calmement, tu veux ?
  7. Désolé, mais j'ai rien compris. Est-ce que tu peux évacuer l'ironie (je crois ?) et poser calmement ? Tu veux dire que le racisme ce n'est pas les 3 points évoqués ? Mais où Fassin a-t-il dit que ça se réduisait à ça ? ce sont des exemples qu'il prenait.
  8. Tu as raison mais ce n'est pas contradictoire dans la mesure où Fassin (que tu cites) situe son propos dans la généralité : on vérifie statistiquement que le facteur ethnique joue dans les embauches, dans l'accès au logement, etc. Après ponctuellement on trouve toujours le contre-exemple, etc.
  9. Oui mais quelles sanctions ? Sur l'exemple que je vous ai donné.
  10. Il y a quelques années une jeune géographe de ma connaissance a été (presque) empêchée de prononcer une conférence sur une espèce animale exotique invasive en région parisienne. Les militants dénonçaient l'association de "exotiques" et "invasives" à cause de l'analogie possible avec des populations humaines. Mais il s'agissait de militants, pas de chercheurs. Sans doute étudiants d'ailleurs pour certains. Comment voudriez-vous pénaliser ceci ? On ne peut que taper sur les doigts. Après, pour moi il y a un vrai sujet de société, dans le durcissement des opinions, l'espace public, etc., mais qui dépasse de loin ce sujet. Et sur le plan théorique et des valeurs, le post-structuralisme, la French theory qui a eu un tel succès outre Atlantique, a fait des ravages. Mais c'est sur le plan théorique, universitaire et académique qu'il peut y avoir un dépassement. C'est difficilement pénalisable.
  11. Bah (je me permets), Fassin avance des arguments quand il dit que : " dire qu’au fond, traiter de “sale Blanc” ou traiter de “sale Noir” c’est la même chose, c'est faire comme si quand on dit “sale Blanc” ça résonnait avec toute une histoire, avec toute une expérience sociale ordinaire et avec tous les discours politiques. Je n’entends pas de discours politique anti-Blancs, je ne vois pas de discrimination à l’embauche ou au logement pour les Blancs, je ne vois pas de contrôle au faciès pour les Blancs. Donc les expériences sociales ne sont pas les mêmes pour tout le monde." C'est un discours qui s'expose à la contradiction. On peut trouver, éventuellement montrer de la discrimination à l'embauche ou au logement, et des discours politiques. Et on peut lui reprocher la vision statique, quand d'une part les débats se racialisent de plus en plus (avec la complicité de certains théoriciens) et que d'autre part la population dite racisée augmente en nombre et en influence.
  12. Vous voudriez pénaliser certaines opinions comme ça a été fait pour le négationnisme ?
  13. Bonjour Lionel, "Sciences" ou "disciplines", quelle importance ? Maintenant, il serait problématique de dénier à la discipline qui pourrait se charger de faire cette étude sur l'islamo-gauchisme, la capacité d'y parvenir. Soit on veut que cette étude soit menée et c'est la sociologie qui peut s'en charger ; soit la sociologie ne peut rien éclaircir et il n'y a rien à espérer de cette étude. Personnellement, par "islamo-gauchisme" je comprenais intuitivement la dénonciation d'une tolérance qu'on juge aveugle voire coupable des gens plutôt de gauche, vis à vis de l'Islam. Ce qui pour moi faisait sens. Maintenant, peut-être est-ce une compréhension trop partielle et en fait, par islamo-gauchisme, on se contente de mettre en parallèle ce qu'on estime être en soi deux fléaux : l'islam et la gauche, sous toutes leurs formes ? Ou bien, s'agit-il au contraire d'être bien plus spécifiques et de viser des réseaux d'influence voire de la corruption ? Bref, je suis curieux de voir comment les chercheurs vont se dépatouiller avec ce merdier...
  14. Loufiat

    L'habit

    D’ethnies vivant nues, sans vêtements. De mémoire, je n'ai eu connaissance que d'ethnies pouvant ne pas avoir de vêtements, ou en ayant, selon les circonstances. Je chercherai davantage de mon côté mais si tu as des indications, je suis preneur. Oui, je serais également enclin à le penser. Merci pour ton retour.
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