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  1. Il était une fois un jour, où je gambadais dans la vie comme Bambie dans sa prairie, où je devais rejoindre un ami, pour aider un autre ami à déménager.

    En fait, déménager est un bien grand mot, chacun savait, qu'on allait se contenter de boire, au mieux de boire du café, en glandouillant sévèrement, en devisant avec des airs sérieux, et aussi que nôtre ami allait finir par nous filer deux ou trois babioles dont il n'avait plus besoin, ce qui venant de sa part, pouvait être de parfaits trésors.

    Fut en temps, j'ai quasiment vécu en voisine avec cet ami qui déménageait, je passais souvent mes nuits dans un appartement situé deux étages en dessous. Je passé mes nuits entourée de plein de monde, mais finalement, n'étant ni propriétaire ni locataire, mais seule habitante, disons que j'y vivais seule.

    Et ce voisin que nous appellerons A. par pure convention, devint rapidement ma seule attache, les personnes que je croisais souvent, étant de fourbes idiots inintéressants, dont les apparitions suffisaient à m'irriter, des gens de passage qui faisaient comme chez eux, car je n'étais pas chez moi.

    A. était un type grand, large, surement fort, mais néanmoins, un peu gras. La première fois que je suis monté le voir pour lui piquer un truc à bouffer, je m'attendais à tout sauf à voir un type de ce genre ouvrir la porte. Il avait l'air sombre, bien que finalement très réservé, et discret...je me suis souvent demandée à cette époque, comment pouvait-on être un tel monument, et faire si peu de bruit.

    Au début, j'en avais peur, un peur bleue...il fallait voir ses grosses mains, poilues, et son visage, non pas laid, mais tout plein de plis, et cette barbe drue, dont aucun rasoir 5 lames ne parviendrait jamais à venir à bout. Il semblait créé pour cogner, arracher, détruire...au point qu'au bout de 5 minutes à le regarder, je me disais que si jamais il tentait quoi que soit: viol, extorsion de fond, lecture de contes, ménage non rémunéré...il fallait céder, tant sa force semblait inhumaine et la perspective de douleur énorme.

    Mais dès l'instant où il me fit assoir à table, dès qu'il eut sorti sa cafetière, et se mit à farfouiller dans son garde manger...il apparut tel qu'il était: un humain comme moi, embarrassé par son effrayante carcasse. Il devait lui aussi se sentir seul, de semaines en semaines, mon habitude squatter sa table crasseuse ne semblait pas le gêner, je devinais que ça égayais sa journée.

    Naturellement, il n'était pas très causant, mais pour autant, au fur et à mesure que je m'incrustais dans son quotidien, il finissait par échanger des banalités. Cette amitié, entre un moineau, tel que j'étais à l'époque, et une sorte de sosie de "Leon" faisait pas mal jaser, personne ne connaissait son passé, mais moi je ne voulais pas le connaître.

    Je voyais un type sympa, qui me cuisinait des raviolis quand je voulais pas manger toute seule, une bête muette qui finissait par trouver les bons mots avec le temps. Et donc on est devenu amis, sans vraiment le choisir.

    Et c'est pour ça que des mois, que dis-je des années plus tard, je m'invitai à son anti-crémaillère, en espèrant lui piquer un bibelot, un morceau de ce jour où j'ai sonné à sa porte avec le ventre plein de gargouillis.


  2. Ca fait longtemps que je suis pas venue dépoussiérer ce blog (mis à part un passage éclair y a presque un an) et à vrai dire ça fait un bail aussi que je n'étais pas revenue forumer tout simplement et ça me manquait. Il faut dire que ces dernières années ça a été un beau foutoir ma vie ;O Le temps d'y remettre un peu d'ordre ... c'est dingue ce que ça passe vite.

    JP : Dis nous Clo, ce retour, tes impressions ?

    Ehh bien jean pierre .. ça me fait tout drôle, j'ai l'impression de recommencer à zéro, pourtant l'endroit a toujours l'air bien familier :D

    JP : Alors, heureuse ?

    Oquewwiii alors ! Passe moi une clope .. merde c'est vrai je fume pas :blush:

    JP : T'as foutu quoi ces dernières années ?

    Laisse moi réfléchir. Il semblerait que j'ai divorcé, que j'ai un peu voyagé aussi, changé radicalement de carrière et repris des études et puis j'ai déménagé par 2 fois et c'était particulièrement casse noix. Je déteste ranger et faire et défaire des cartons. Il me faut 3 plombes pour en emballer un déjà et si je te dis que dans peu de temps je vais remettre ça ... imagine l'angoisse. Monsieur n'est pas content. Il me file un coups de main et s'inquiète du boulot en prévision et des charges à porter ... tiens, je te fais la dernière tranche de vécu en date pour la peine ...

    Monsieur en colère : "On jette ça ou on jette pas ?"

    Moi avec des yeux de cocker attendrissant : "Bah et si on le gardais ?"

    Monsieur exaspéré : "Mais c'est vieux moche et encombrant, on va quand même pas déménager ça, t'imagines pas le bordel qu'on a accumulé ! On s'en sortira jamais, va falloir toute l'année pour emballer tout ça. Faut aller à l'essentiel"

    Moi, aventureuse : "Mais c'est vachement essentiel ça, je l'utilise encore !"

    Monsieur, passablement agacé : "C'était quand la dernière fois ?"

    Moi qui me fait toute petite : "Je sais pas, y a 2 ou 3 ans peut être bien mais ça pourrais resservir ! Non ? .. Non ? .. Vraiment .. pas ? :snif: "

    Et d'un seul coups, ses yeux commencent s'assombrir, son visage change de couleur et je sais pas pourquoi je commence à pas me sentir rassurée :D

    (.....) Auuuu secours .. A l'assassin ! Il veux m'emballer dans le carton !!! (....) :snif:

    Eh oui .. Kai est un animal sentimental, on ne jette rien (mais c'est permis quand je ne m'en rends pas compte et qu'on le fais derrière mon dos :sleep: ) Je suis toujours aussi frappadingue, il y a certaines qui ne changent jamais heing ? :blush:

    La suite au prochain épisode :D

    * générique de fin *

    Et sinon tout le monde par ici, ça va bien ? :o°



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    minouche123
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    Bonjour à toutes et a tous.Comme vous le savez, l’utilisation répétée de produits ménagers, les carences alimentaires ou de mauvais soins sont souvent la cause de la mauvaise santé des ongles, mais heureusement, il existe de nombreuses "techniques" pour avoir des ongles impeccables !

    Lorsqu’ils sont abîmés, ils sont en fait assez simples à soigner avec des gestes élémentaires et des attentions quotidiennes.

    - vous pouvez trempez vos ongles dans de l'huile d'olive pour les fortifiés et les faire briller

    -ou prendre de la levure de bière qui fortifie les ongles ainsi que les cheveux.

    Il existe également des recettes miracles pour les ongles tels que:

    -huile d'olive et sel

    -eau chaude et sel (8 grammes de sel par litres d'eau)

    -jus de citron et huile d'olive

    et pour une pousse plus rapide, trempez vos ongles dans tu thé vert!

    Utilisez régulièrement une crème mains/ongles, pour protéger et tonifier vos ongles.

    Voila! j'espère vous avoir aider pour la mise en beauté de vos ongles :)

    bisous à tous :bisou:


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    in cauda venenum !

    Je commence fort ; il y à longtemps que je me demande quel est la vrai nature des gens en ce qui concerne leur sexualité. Que ce passe t'il dans la grande majorité des gens dit "normaux" . Quels sont les déviations les plus courantes, que pensez du dicton "en amour il n'y à rien de sale ?".

    Bref des questions des questions et encore des questions,je vais me servir de ce blog à la manière d'un forum,où tout le monde pourra raconter un peu leurs exploits,ou leurs misères sexuelles,leurs complicité avec le ou les partenaires sexuels.

    Bien sur rien n'est tabous sauf la vulgarité.thumbsup.gif

    Freeman59


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    zim88
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    Avoir son matériel de puériculture sans se ruiner.


  3. A l'Institut du monde arabe, une fastueuse exposition donne à voir et à admirer plus de 300 oeuvres que ces contes ont inspiré dans tous les domaines de l'art. Voyage en Orient.

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    Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris, jusqu'au 28 avril 2013.

    30 décembre 2012, par Frédéric Joignot

    Les Frères musulmans font taire Schéhérazade

    affiche-mille-et-une-nuit-IMA-Paris-Select.jpg

    "Les femmes qui accompagnaient la sultane se découvrirent le visage et quittèrent de longs habits qu’elles portaient par dessus d’autres plus courts. Mais Schahzenan, roi de Grande Tartarie, fut extrêmement étonné de voir que dans cette compagnie(...) Les plaisirs de cette troupe amoureuse durèrent jusqu’à minuit." Nous sommes au début des Contes des Mille et Une Nuits, dans leur traduction Galland. Témoin de cette scène, le roi Schahzenan révèle à son frère le sultan Schahriar les orgies de la reine. Celui-ci, fou de colère, décide d’épouser chaque jour une jeune vierge, puis de l’immoler au matin. Alors, ayant "dessein d’arrêter le cours de cette barbarie", Schéhérazade, la fille du grand vizir, "heureusement appliquée à la philosophie, à la médecine, à l’histoire et aux arts" s’offre au sultan. Nous connaissons la suite, Les Mille et Une Nuits étant un des livres les plus lus au monde : chaque soir, Schéhérazade commence le récit de contes si captivants que Schahriar renonce à l’exécuter...

    LITS MAGIQUES, LIBIDO EFFERVESCENTE

    Les Mille et Une Nuits servent de trame à la grande exposition proposée par l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 28 avril, annoncée par une magnifique affiche tirée d’une aquarelle inspirée par le Schéhérazade de Rimski-Korsakov, interprété par les Ballets Russes en 1910 à Paris. On y voit Nijinsky en "Nègre d’Or" jeté aux pieds de la sultane Zobéïde à moitié déshabillée. Cette affiche est sans doute la pièce la plus audacieuse de l’exposition, enfin c’est l’avis du fin connaisseur des lettres arabes, l'algérien Malek Chebel, qui voit là l’occasion de donner sa vision des Mille et Une nuits – selon lui le plus formidable manifeste anti-intégriste jamais écrit. "Les Mille et Une Nuits sont pleines d’histoires de désir fou et de maris trompés, de lits magiques et de scènes lubriques, rappelle-t-il. Le grand historien de l’art Elie Faure, disait que "l’adultère et le cocuage en sont le sujet permanent, et à peu près unique". Il a raison. C’est la rançon de la polygamie, la face cachée d’un monde viril où les femmes rusent sans cesse pour satisfaire leurs désirs." Rieur, le regard pétillant, toujours intarissable dès qu'il s'agit d'évoquer la littérature amoureuse, il reprend : "L’affiche montre bien cette libido effervescente, tout comme la traduction plus littérale faite ces années-là par Joseph-Charles Mardrus, l’ami d’André Gide, beaucoup moins édulcorée que celle d’Antoine Galland."

    Anthropologue des religions, traducteur du Coran (Fayard, 2009), Malek Chebel a publié un fourmillant Dictionnaire amoureux des Mille et Une Nuits (Plon, 2010, 920 pages), qui lui a valu d’être consulté par le comité scientifique de l’IMA. Il publie ces jours-ci deux essais percutants "L’islam de chair et de sang", consacré aux manière dont le Coran parle du corps, tout juste sorti (Librio), et Changer l’islam en janvier, un dictionnaire des grands réformateurs de l'islam (Albin Michel).

    Remontant le vaste labyrinthe de l’exposition, parfois enchanteur, où se mêle l’univers arabe des contes (les dédales palais des sultans et des villes médiévales, les artisans des souks, les harems revus par les orientalistes, les portraits d'Aladin et de Sinbad, les génies fusant des lampes, les danseuses du ventre...) et ses interprétations européennes (cinéma hollywoodien ou italien, délire foutraque de Méliès, chorégraphie des années 1920...), il regrette qu’il n’y ait pas eu assez de place pour montrer toute "la gourmandise érotique et l’impertinence des Nuits". C’est-à-dire ? "L’éphèbe 'beau comme la lune' aimantant des jeunes filles de l’Histoire du Portefaix, Myriam qui donne du haschich à son mari pour rejoindre le séduisant Nour-Eddin, les amours et les cajoleries entre femmes comme dans l’histoire du Capitaine Moïn, devant qui l’adolescente s’écrie : 'Sache, que je suis une femme éperdument éprise d'une jouvencelle. Et son amour est dans mes entrailles à l'égal d'un feu pétillant.' Sans oublier les coups de foudre entre garçons, entrecoupés de poèmes lyriques, comme dans l’histoire de Kamar ou de Grain de Beauté..."

    POURQUOI "LES NUITS" DÉRANGENT LES INTÉGRISTES

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    A entendre Malek Chebel parler des Mille et Une Nuits, "un chef-d’œuvre universel qui ne finit pas de s’écrire et a influencé le Voltaire de Zadig, le Diderot des Bijoux indiscrets, mais encore Shakespeare, Poe, Borges ", nous assistons depuis trente ans, dans tout le monde musulman, et désormais dans une certaine élite européenne, à un gigantesque "refoulement" de la grande culture arabe classique et populaire, érotique aussi, une véritable démolition d’un passé brillant – "celui de la dynastie des Abassides [sunnites, VIIIe-XIVe], du monde arabo-andalou [Xe-XVe] et des grands réformateurs de l’islam du XIXe et XXe siècle".

    Selon lui, les puristes et les piétistes actuels de l’islam, les salafistes et la plupart des Frères musulmans veulent revenir à la religion du IXe siècle – une véritable "régression intellectuelle", qui, en retour, alimente la virulence des nationalistes européens contre tous les musulmans.

    Manuscrit syrien des Mille et Une Nuits (XVe siècle)

    Nous continuons notre visite après un aparté moqueur sur l’Union des organisations islamiques de France, proche justement des Frères musulmans, qui ont affirmé le 14 novembre dernier que le mariage homosexuel risque de mener la France à reconnaître "la polyandrie et la zoophilie" : "Ils devraient relire les Mille et Une Nuits, qui s’ingénient à montrer, s'amuse Malek Chebel, toutes les formes d’amour imaginables, orgie, homosexualité, bisexualité, sado-masochisme, fétichisme, narcissisme, usages d’aphrodisiaques, travestissement et même la zoophilie dans l’histoire de Wardan le boucher. Ces vieux barbons apprendraient peut-être la tolérance !"

    Il rappelle qu’en 1980, la version arabe populaire des Nuits dite "de Boulaq" (un quartier du Caire) a été interdite à la demande des Frères Musulmans, puis brûlée en place publique en 1985. Une seconde version édulcorée, publiée par le gouvernement Moubarak en 2010, fut attaquée par des avocats islamistes pour "offense à la décence" et "encouragement au vice et au péché". Un autre fin connaisseur des Nuits, Jamel Eddine Benckheikh, co-traducteur de l’édition La Pléiade (Gallimard) estime que les Mille et Une Nuits choquent les officiels et les religieux arabes depuis leurs premières publications (sans doute au XIIIe) : "Les clercs ont qualifié de futile un texte pervers pour en annuler les effets."

    Devant le tableau orientaliste de Paul Emile Destouches représentant une toute jeune Schéhérazade ensorcelant le sultan (1824), Malek Chebel reprend : "Des versions réécrites des Nuits circulent aujourd’hui dans le monde arabe, où on a ajouté un narrateur masculin à Schéhérazade. Ils veulent rétablir l’autorité du roi berné. Ils ne supportent pas qu’une femme se montre plus intelligente, cultivée et rusée qu’un homme. Ils détestent qu’elle raconte des histoires d’amour qui dissocient la jouissance et la maternité, l’amour du devoir, et se gaussent des maris." D’ailleurs, l’extraordinaire personnage de Schéhérazade, au nom "immortellement familier" selon Proust (qui a dévoré les contes enfant), continue de séduire les féministes de culture arabe (et pas seulement), qu’elles se réclament de sa parole émancipatrice – comme Assia Djebar, Leïla Sebar en France –, ou qu’elles veulent se libérer de toute tutelle, comme la libanaise Joumana Haddad dans J’ai tué Schéhérazade (Actes Sud, 2010).)

    LE GRAND REFOULEMENT

    Après une pause devant une scène de danse au harem (une laque iranienne du XIXe), Malek Chebel constate que partout où les islamistes – en Arabie, au Yémen, en Egypte, au Soudan – font pression pour interdire l’étude des Mille et Une Nuits et les bannir des bibliothèques, ils font aussi la chasse aux homosexuels (très presents dans les Nuits) et condamnent un des plus vieux arts d’Orient, la danse du ventre, l’ancienne "danse de fertilité" (mais aussi le maquillage, le maillot de bains et les tenues occidentales). Aujourd’hui en Egypte, après un âge d’or lié à l’essor du cinéma dans les années 1930, puis après-guerre, seules quelques dizaines de professionnelles de danse classique exercent encore dans les lieux touristiques, la plupart étrangères (Brésiliennes ou même Coréennes), alors qu’il y en avait plus de 5 000 dans les années 1950. Les islamistes, sait-on, les maltraitent sans cesse. Il y a quelques jours, Sama al-Masri, une danseuse égyptienne partie exercer à Londres, a même posté sur YouTube une vidéo dansée où elle dénonce la nouvelle constitution des Frères Musulmans, qu’elle traite de "marchands de religion" et de "terroristes".

    Cette peur des musulmans radicaux pour la danse du ventre et ses jeux de voilages fait sourire Malek Chebel. Formé à la psychanalyse (il a exercé un temps), auteur d’une Encyclopédie de l’amour en islam (Payot, 2003), il sait bien que le désir de liberté et l'Eros refoulé ressurgit toujours : "On vient de s’en apercevoir pendant le printemps arabe, s'exclame-t-il, redevenant grave, et le retour d’une opposition laïque, qui a commencé de résister !"

    Il propose encore cette analyse nuancée de l’Eros islamique, qui fait autant grincer des dents les talibans de tous les pays que les pourfendeurs de toute culture islamique. "Depuis des siècles, le voile traditionnel oriental, le simple hijab qui encadre le visage, est un code dans un monde qui se veut vertueux, familial et patriarcal. Longtemps, le voile a protégé les femmes des désirs trop violents des hommes, mais il n’a jamais empêché toute une stratégie de séduction. Les yeux doux, les clins d’œil, les paroles troubles, les billets, les signes secrets, sans compter tout l’art de le broder, le décorer, et celui de se dévoiler. Cet Eros arabe a toujours existé dans les grandes villes comme Le Caire, Bagdad, Damas, Téhéran, Marrakech. D’ailleurs, une femme qui se cache de tous sous un grand châle va peut-être, comme dans les Mille et Une Nuits, retrouver son amant en dessous affriolants. Allez aujourd’hui à Casa, à Beyrouth, à Alexandrie, à Amman ou à Tunis, vous trouverez des magasins de dessous sexy devant lesquels les femmes se bousculent."

    "Les Fleurs des Mille et Une Nuits" de Pier Paolo Pasolini (1974).

    Il faut se plonger dans Le Kama Sutra arabe, 2000 ans de littérature érotique en Orient, une anthologie réalisée par Malek Chebel en 2006 (chez Pauvert), pour comprendre son profond rejet du rigorisme musulman, tout comme des discours anti-islamistes brutaux - "Que d’ignorance crasse !", dit-il, haussant une épaule. En effet, la littérature érotique persane et arabe, lyrique ou crue, est riche et foisonnante. Il faut se rappeler qu’à la fin du VIIIe siècle, Bagdad comptait un million d’habitants, 70 000 juifs y vivaient, la ville connaissait une vie nocturne agitée, il y avait des salons littéraires, athées et réformistes religieux s’exprimaient, on buvait du vin dans les tavernes. Cette effervescence intellectuelle et des mœurs, parfois soumise à des répressions dures, mais jamais démentie, va durer cinq siècles.

    L’AGE D’OR DE L’ISLAM

    Malek Chebel n’est pas seul à remettre à l’honneur cette époque. L’universitaire marocain Driss Belmlih, spécialiste de littérature abasside, Abdelfattah Kilito, le professeur de Rabat qui a enseigné à Harvard le font aussi. Ils nous parlent des odes à l’amour du poète Omar Ibn Rabia (644-712), lues dans les mosquées. De l’écrivain Abû Nuwâs (mort en 815), un des plus grands poètes classiques, qui a passé sa vie à défier la religion : grivois, libertin, plein d’humour, ivrogne, chantant l’homosexualité, la masturbation et la débauche féminine, il fut soutenu par le calife Al-Amin. Du sceptique Al Maari (973-1057), qui écrivait "Tous les hommes se hâtent vers la décomposition. Toutes les religions se valent dans l'égarement", et rendait les oulémas responsables de la corruption et l’ignorance. Et, bien sûr, du mathématicien et poète perse Omar Khayyam (1048,1131), hédoniste et d’esprit libre, qui disait : "S’il existait un enfer pour les amoureux et les buveurs, le paradis serait désert."

    L’épisode arabo-andalou, du XIe au XV siècle, a lui aussi donné de grands écrivains irrévérencieux, des réformateurs, une musique langoureuse et des libres-penseurs. André Miquel, co-traducteur des Mille et Une Nuits pour La Pléiade, a montré combien Ibn Hazm (994-1064), le poète de Cordoue, a contribué à fonder l’amour courtois français, lyrique et passionnel, et développé un scepticisme philosophique. Malek Chebel reprend : "Aujourd'hui, l'islam et le monde arabe paient encore le prix de la disparition de la société arabo-andalouse, urbaine, inventive, tolérante et amoureuse, détruite au XVe siècle par la Reconquista catholique, oubliée par tous les radicaux musulmans."

    La dernière fois que je l’ai rencontré, Malek Chebel revenait d’une visite au département permanent des Arts de l’islam, au Louvre. Ce jour-là, il était très remonté par tous ceux qui, en Europe, rejettent la civilisation de l’islam - "les islamophobes, les frères ennemis des fondamentalistes, leur miroir inversé " dit-il -, la considérant comme intolérante et agressive depuis toujours, ou alors anachronique et incapable de s'adapter à la modernité, sans en rien savoir, ignorant ses plus grands chefs d'oeuvre : "En déniant au monde arabe et à l’islam toute incursion dans le domaine du beau, des arts et de l’érotisme, hier comme aujourd’hui, ces artificiers entretiennent la haine et la suspicion du musulman, où qu’il se trouve."

    Pourtant, l’exposition du Louvre révèle de nombreuses œuvres "admirables", que ce soit, s'enthousiasme Malek Chebel "les miniatures, les calligraphies, l’art extraordinaire du tapis, le métal incrusté, la mosaïque, la céramique, le travail de l’or, du verre et de l’argent, mais encore les armures, les frises murales, la sculpture sur ivoire, j’en oublie..." Il ajoute non sans tristesse d'un coup : " A titre personnel, je prétends que la beauté est une arme contre l’oubli et le déni de soi. Elle permet aux jeunes Français issus de l’immigration de se connecter à une histoire plus flamboyante. L’oubli des chefs-d’œuvre de sa propre culture, encouragée par des intégristes bornés, contribue à isoler les populations immigrées dans leurs cages d’escalier, y compris celles qui sont nées en France."

    (une version courte de cet article a été publié dans Le Monde Week-end de vendredi)

    On trouve "Les Mille et Une Nuits" en "bouquins" Laffont (traduction Mardrus, plus crue, plus érotisée, avec les poèmes), en Folio (traduction Galland, très littéraire et réécrite) et à La Pléiade (plus proche de l'original).

    http://sexe.blog.lem...e-scheherazade/

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    Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris, jusqu'au 28 avril 2013. L'excellent catalogue de l'exposition est une édition IMA/Hazan. Voir aussi Les Mille et Une Nuits par les commissaires dans la collection «Découvertes» de Gallimard. Une récente traduction des Nuits par André Miquel et Jamel Eddine Bencheikh, qui fait déjà référence, est parue (en trois volumes) dans La Pléiade. Les Mille et Une Nuits dans une version très richement illustrée, Editions Citadelles & Mazenod.


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    yplaure
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    Le 30 décembre 2012, l'avant-dernier jour de l'année 2012, je suis en mauvaise humeur.

    Au début, j'ai été assez naïf pour penser que ma vie, c'est à moi. Mais, maintenant, je le doute. Car il existe trop de choses objectives de déranger notre propre vie. On vit selon notre goût, c'est impossible! La société, les règles conservatrices, formalistes et inégales, tous nous étouffent! Les droits, ils sont toujours aux hommes au pouvoir. Donc, la réalité nous pousse de chercher sans cesse le pouvoir et l'argent. Ainsi, l'homme perd un peu le soi-même...


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    En Chine, le trèfle possède d’un sens spécifique. Dans ce pays magique, milliers de personnes se prétendent «trèfle». Pourquoi? Car ils sont tous les fans de S.H.E, un groupe célèbre de trois chanteuses---Selina, Hebe et Ella. Comme les autres fans, chacun de «trèfle» espère une vie heureuse de ses idoles. Et pour supporter ses idoles, ils achètent les albums, assistent aux conserts, organisent des matchs eux-mêmes, etc. De plus, en tant qu’un trèfle, ils ne mangent que les aliments végétariens chaque lundi pour protéger les animaux et la nature. Bien sûr, le «trèfle» dispose de leur propre fondation ayant but d’aider les pauvres et les animaux. L’année dernière, le «trèfle» a fondé une école primaire d’espoir. Grâce à des activités divers, beaucoup de «trèfles» ont devenu de bons amis, voire des couples. C’est, la force des idoles. A l’heure actuelle, il existe de nombreux groupes de fans comme ça en Chine, par exemple, «maïs», «vermicelle», «bactérie», etc. Ils se réunissent et se rencontrent en raison de la même admiration, mais aussi, ils aiment partager cette amour avec les autres, surtout les personnes qui ont besoin d’aide. En un mot, les groupes de fans en Chine sont en train de mûrir. Et ils vont sans doute nous apporter plus de surprises dans l’avenir. :smile2:


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    lastel
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    Je déambule au milieu de ces meubles, témoins principaux de ce qui nous est arrivé, de nos premiers instants, premiers ébats, premiers hurlements... Mais aussi derniers.

    Mes amis riaient je le sais, d'une joie sale, qui était celle d'enfin me voir traverser ce dont ils m'avaient parlé.

    Oui, j'aurais dû savoir que ce n'était qu'éphémère. En étant aveuglé, on ne reconnait pas certaines choses.

    En étant aveuglé, on ne peut voir l'autre s'éloigner, jusqu'à-ce que tout s'éteigne de façon brusque.

    L'enfer, ce n'est pas les autres, l'enfer c'est de t'aimer, et de te voir en aimer d'autres.

    Alors je noie le feu qui me consume. Mais l'alcool ravive parfois les flammes. Et je suis là, à hurler ton nom au fond de mon verre, comme pour lui reprocher l’amertume de ton départ.

    Et quelque soient les chemins que j'emprunte, tous ne font que me mener à ma peine.

    Et le fil des saisons me fait mal. Le soleil, le vent et la pluie sont emplis de ton souvenir qui m'est aussi douloureux que cher.

    Je me meurs de toi.


  4. Lina57
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    noel-2012--5-.gifflorapaindepicenoel-16232c2.gif

    Bienvenue Si vous aimez mon blog pensez à laissez un com' Merci :coeur: :coeur: :coeur: Vive noël et ses gourmandises :coeur: :coeur: :coeur:

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    Temps de préparation : 30 minutes

    Temps de cuisson : 60 minutes

    Ingrédients (pour 6 personnes) :

    - 250 g de miel

    - 250 g de farine

    - 100 g de sucre en poudre

    - 1 sachet de levure chimique

    - 1 sachet de sucre vanillé

    - 1 cuillère à café d’anis vert

    - 1 cuillère à café de muscade râpée

    - 1 cuillère à café de cannelle en poudre

    - 1 cuillère à café de gingembre en poudre

    - 1 cuillère à café de quatre épices

    - 2 œufs

    - 10 cl de lait

    Préparation de la recette :

    Faites chauffer 250 g de miel à la casserole ou au micro-ondes, puis versez-le bien chaud dans un saladier sur 250 g de farine, mélangée à 1 paquet de levure chimique, les deux sucres et 1 cuillère à café de chaque épice : anis vert, muscade râpée, cannelle, gingembre.

    En remuant cette préparation avec une cuillère en bois, incorporez petit à petit 2 œufs, puis un peu de lait juste tiède pour amalgamer le tout.

    Préchauffez le four à thermostat 5/6 (160°C).

    Versez la préparation dans un moule à cake bien beurré et fariné ou un moule flexipan :bo:(sans beurre et farine).

    Enfournez et laissez cuire pendant 1h à 1h15.

    Démoulez le pain d'épice lorsqu'il a totalement refroidi. Attendez 24 heures au minimum avant de le déguster.

    Il se garde une semaine, enveloppé dans du papier d'aluminium.

    Une vraie recette, elle est excellente très aéré et léger Les épices et le miel un pur bonheur :bave: :bave:

    Nougat glacé :coeur: C'est méga bon :coeur:

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    Ingrédients (pour 8 personnes) :

    - 3 œufs

    - 40 cl de crème fleurette ou crème entière semi épaisse Président

    - 120 g de sucre

    - 100 g de miel d'acacia

    - 150 g d'amandes ou noisettes

    - 75 g de pistaches

    Coulis de fruits rouge :

    - 300 gr (fraise et framboise)

    - 1/2 de citron

    - 75g de sucre environ + ou - selon goût

    Préparation de la recette :

    Faire griller les pistaches ou noisettes (vous pouvez faire 50/50) et les amandes dans une poêle ( les poudrer de sucre pour laisser caraméliser selon goût).

    Séparer les blancs des jaunes monter les blancs en neige.

    Faite chauffer à feu moyen le miel environ 3 minutes .

    Puis les versez le miel bouillant dans les blanc en neige.

    Mettre les 120g de sucre aux jaunes et fouetter jusqu’à que le mélange blanchisse et incorporer les blancs.

    Monter la crème fleurette en chantilly et l'ajouter au mélange précédent (sucre, œuf et blanc en neige miel).

    Puis enfin mettre les pistaches les noisettes et les amandes concassées.

    Mettre dans un moule à cake de préférence en silicone sinon mettre un film alimentaire au fond du moule afin de pouvoir démouler le nougat plus facilement.

    Mettre au congélateur au moins 12 h avant de servir.

    10 minutes avant le service sortez le nougat glacé du congélateur Otez le film étirable.

    Pour le coulis de fruits rouge :

    Mixer les fruits crus ou décongelés, le sucre et le jus de citron.

    Servir le nougat glacé accompagné du coulis de fruits rouge.

    Quelque conseils de dressage :

    Pour les fruits sec, vous pouvez utiliser aussi bien des pistaches des noisettes et des amandes. Quelque framboises ou des fraises peuvent également être ajouter à la préparation du nougat.

    Pour le dressage, coupez le nougat et arrosez le du coulis puis ajoutez autour des pistaches ou autre concassées pour décorer.

    Petit conseil très important :

    Avant de monter en chantilly la crème fleurette ou la crème président. La mettre au congélateur dans un plat en alu ou en verre qui adhère au froid pendant 30 minutes. C'est super important pour que la chantilly prenne.

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  5. benfaitsonshow
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  6. Zala's Blog

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    Elsa
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    Bienvenue à tous sur cette 32ème édition du Mag FFR...

    Ce mois-ci, les participations forumiennes sont à l'honneur, avec:

    - Le coin du geek, de Nathaniel

    - L'art pré-colombien, d'Amazones,

    - Et bien sur la suite de l'article de Mad_World sur la recherche scientifique...

    Signalons aussi le retour d'Adenar, qui reprend sa rubrique sur la photo, avec un article sur le Flash !

    Mais vous retrouverez aussi toutes les rubriques habituelles:

    - Le micro-trottoir d'Eva, qui continue à nous régaler de récit de mariages

    - Cinéma, avec Noisettes, qui nous parle du dernier film de Fantomas

    - Beauté, Zala nous dit tout sur la cellulite

    - Cuisine, Eloba s'attaque aux macarons !

    - L'acrostiche du mois, merci Eva

    - Japon, où Yakiba aborde le sujet des Geishas

    - Et bien sur les paroles de Stars !

    Bonne lecture à tous, et au mois prochain !

    Retrouvez nous ICI


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    La Passion de Simon Kimbangu

    Préliminaire de la deuxième édition

    Cette nouvelle édition du livre de Jules Chomé « La passion de Simon Kimbangu » que nous publions de nouveau, intervint plusieurs années après l'édition originale de l'auteur lui-même. Il va de soi que pendant ces années, quelques détails de l'histoire parfois présentés de manière peu probable, ont connu des précisions dans leurs matérialités par d'autres sources auxquelles l'auteur n'avait pas forcément eu, à l'époque, connaissance. Dans le souci d'éclairer le lecteur, nous portons quelques précisions sur certains faits pour lequel l'auteur de l'ouvrage n'avait que peu d'informations ou encore n'avait recouru qu'à des sources peu dignes de foi.

    1. La date de naissance de Simon Kimbangu. Son Eminence Joseph Diangienda Kuntima, dans son ouvrage : « L'Histoire du Kimbanguisme », a fixé l'opinion sur la date de naissance de son père qu'il affirme au Mercredi 12 septembre 1887 à Nkamba. Cette date est célébrée chaque année par les fidèles kimbanguistes du monde entier.

    2. La première guérison miraculeuse.

    La guérison miraculeuse qui a enclenché la mise en route du ministère religieux et de la renommée de Simon Kimbangu le 06 avril 1921 est partie de la guérison d'une femme du nom de Nkiantondo qui

    agonisait depuis plusieurs jours dans le village de Ngombe-Kinsuka, situé sur la colline en face de Nkamba.

    Cette version confirmée par son Eminence Joseph Diangienda Kuntima renvoi celle de Budimbu telle que rapportée au pasteur P.H.J. Lebrigo M.D. citée dans l'article « Prophet Mouvement » in Congo, publié dans the International Review of missions 1922, pp. 270 et suivant.

    3. Le Refuge de Simon Kimbangu et son arrestation.

    Après la tentative échouée d'arrestation de Simon Kimbangu le 06 juin 1921 par l'Administrateur du Territoire de Mbanza-Ngungu, Monsieur Morel, Simon Kimbangu s'est réfugié pendant plus de trois mois à Mbanza - Nsanda qu'il a quitté définitivement le samedi 10 septembre 1921 pour retourner à Nkamba et se livrer le lundi 12 septembre à l'autorité coloniale (Monsieur Snoeck) contrairement à la date de son arrestation.

    4. La Relégation de MANDOMBE Mikala. Bien que le jugement du Conseil de Guerre rendu par le Juge De Rossi ait condamné Mandombe à deux ans de servitude pénale, en réalité, elle a été déportée à Lowa dans la province Orientale avec les autres relégués où elle a passé 39 ans de prison. Sa peine a été donc injustement et irrégulièrement ajoutée.

    Avertissement de l'Editeur

    Notre propos, en publiant l'écrit de Jules Chomé n'est pas, on le pense bien, d'entretenir le climat d'agitation qui existe au Bas-Congo. Au contraire, nous croyons que le fait de réhabiliter Simon Kimbangu ne peut favoriser l'apaisement souhaité par tous. Les autorités coloniales, cet ouvrage le prouve à suffisance, ont commis une grave erreur en faisant condamner injustement un homme qui personnellement était extrêmement pacifique. Durant des années, des milliers de personnes furent reléguées, parce que membres du mouvement kimbanguiste. Cependant ce mouvement, s'il s'est montré parfois xénophobe du fait de la répression qui s'exerçait sur lui, restait fondamentalement religieux et non politique.

    Sans doute, l'Etat a-t-il cru que l'ordre public était menacé et que l'on risquait d'aboutir à des troubles graves ? C'est le réflexe de tous les pouvoirs coloniaux et l'histoire nous prouve assez combien ils se sont trompés. Ces mesures se révélèrent être une erreur, et le maintien encore actuellement de milliers de relégués pour le seul fait d'appartenir à un mouvement religieux prophétique constitue une injustice grave. Les autorités semblent d'ailleurs avoir compris l'inefficacité et le danger d'une telle politique, puisqu'elles envisagent, sous la pression de l'opinion africaine, de rendre au mouvement kimbanguiste une existence légale en

    lui attribuant la personnalité civile.

    Jules Chomé a défendu dans ce livre une cause qui lui est chère, celle de la liberté et des dignités humaines. Ce faisant, il témoigne de préoccupations qui sont les nôtres à Présence Africaine.

    S'il n'a pas eu accès à toutes les archives de l'Etat qui contiennent les procès-verbaux et rapports établis à l'occasion de la répression, ces archives ne se trouvant ni au ministère du Congo ni au Musée de Tervueren, nul plus que lui ne souhaite la publication de ces documents qui, sans aucun doute, apporteront une confirmation à l'étude qu'il nous livre.

    La dénonciation faite par l'auteur, du procès inique et de la condamnation de Kimbangu contraire à toutes les règles du droit, ne peut qu'être versée à son crédit. Il fut le seul jusqu'ici à avoir le courage de percer le mur de silence créé autour de la personne de ce prophète. Il était important qu'un belge dise à ce sujet la vérité et se désolidarise de l'action répressive entreprise par l'autorité coloniale, sous la caution des pouvoirs métropolitains successifs.

    Sur le plan religieux enfin, il est également important pour l'avenir des Eglises catholique et protestantes autochtones que des chrétiens soient associés à cette réhabilitation de Simon Kimbangu, écrite par un incroyant.

    Voyant les joueurs de flûtes et une foule qui faisait grand bruit, il leur dit : « Retirez-vous, car la jeune fille n'est pas morte, mais elle dort » et ils se riaient de lui. Lorsqu'on eut fait sortir cette foule, il entra, prit la main de la jeune fille et elle se leva. Et le bruit s'en répandit dans tout le pays.'

    Simon Kimbangu est né à Nkamba, au Nord de Thysville (actuel Mbanza-Ngungu), probablement le 24 septembre' 1889.3 Dans la région, les missions catholiques n'ont pas pénétré.

    Le pays est évangélisé par la « Baptist Mission Society » (B.M.S) de Wathen (Ngombe - Lutete à 12 km de Nkamba). A la mère de Simon, pendant sa grossesse, un missionnaire protestant a dit : « Femme, cet enfant que vous attendez, sera appelé à de grandes choses4 ». Simon, après avoir été le boy attitré du Révérend Philipps, deviendra catéchiste de la B.M.S en son village natal de Nkamba. Il semble qu'il ait aussi exercé divers métiers à Kinshasa et Matadi. Mais l'on ne dispose, à cet égard, d'aucun renseignement précis. Il aurait été boy au service d'européens, travailleur aux Huileries de Kinshasa (HCB), peut être même au Chemin de fer du Bas-Congo.5 Dans ces centres où toutes les races du Congo se rencontrent, il prendra contact avec le monde extérieur. C'est de là que datent sans doute des préoccupations qui, au-delà de son ethnie Mu-kongo, embrasseront le

    Congo tout entier, voire l'Afrique elle-même.

    De ses fonctions de catéchiste, il à gardé une connaissance personnelle et profonde de la Bible. Le protestantisme, surtout celui de l'Eglise baptiste, rejette toute autorité extérieure en matière religieuse. Simon Kimbangu a pris l'habitude d'interpréter librement l'Ancien et le Nouveau Testament dans lesquels il puise des conseils et des enseignements pour toutes les circonstances de la vie. 6 Il est marié. Il a trois enfants.

    Au début de l'année 1921, il est de retour au pays. C'est à ce moment et plus précisément, le 18 mars, que se produit l'événement merveilleux qui va marquer sa vie.

    Budimbu, un noir parlant anglais, rapportera au pasteur P.H.J. Lebrigo M.D' l'histoire8 qui lui a été racontée par Simon Kimbangu lui-même : Un de ses amis était mort dans un autre village. Simon Kimbangu s'était rendu à son enterrement, porteur, selon la coutume, d'un cadeau consistant en vêtements. A son arrivée, les gens en étaient à la danse. Au cours de la cérémonie, il s'évanouit et sombra dans l'inconscience. Son père et sa mère9 le ramenèrent à la maison. En chemin, la famille rencontra un homme « qui n'était ni noir, ni blanc et qui n'était pas non plus un mulâtre. ».

    Il était très bien habillé.

    - « Où emmenez-vous le jeune homme » demanda-t-il.

    - « Nous le ramenons à la maison, il est malade »

    répondit le père de Kimbangu.

    - « Non, dit l'étranger, il n'est pas malade. Il sera bientôt tout à fait bien. »

    La famille continua sa route. Le soir, il fallut

    camper. Au milieu de la nuit, Simon eut soif et dit :

    - « Mère, je m'en vais chercher de l'eau. »

    Il se dirigea vers le fleuve mais tomba dans un trou profond.

    Après quelque temps, sa mère et son père l'appelèrent :

    - « Fils, pourquoi restes-tu si longtemps pour chercher de l'eau ?-»

    Ses parents se mirent à sa recherche. Bientôt, il s'aperçut que sa mère était tombée à coté de lui dans le trou. Mais tout à coup, ils se sentirent, tous les deux, soulevés jusqu'à l'orifice, sans faire eux mêmes aucun effort.

    Après son retour à la maison, il tomba malade de la « makwanza » et son corps fut recouvert de pustules. Un homme vint, vêtu d'une mince couverture, lui aussi tout couvert de pustules. Il demanda de l'eau et la mère de Simon, qui était une bonne chrétienne, prit l'écuelle du ménage et donna à boire à l'étranger. Il partit et Simon demanda à sa mère :

    - Pourquoi lui as-tu donné à boire dans notre écuelle ?

    Il est couvert de pustules. L'étranger l'entendit et revint sur ses pas.

    - Pourquoi parles-tu ainsi ? Demanda-t-il. Toi aussi, tu es recouvert de pustules. Si tu t'enduis d'huile de palme, tu seras guéri. Cette nuit-là Simon a une vision. L'étranger lui apporte une Bible. Lui dit :

    - « Voici un bon livre ! Tu dois l'étudier et prêcher. »

    - « Non, répond Simon. Je ne suis ni prêcheur ni professeur. Je ne puis faire cela. »

    - « Alors, porte le livre à ta mère et dis-lui qu'elle doit prêcher ! »

    - « Pourquoi ne lui parles-tu pas toi-même ? répond Simon. Alors l'étranger lui parle d'un enfant malade dans un village voisin, lui disant d'y aller et de prier pour sa guérison. Mais Simon refuse, alléguant que les gens ne le croiraient pas et pourraient le persécuter et le tuer.

    Plus tard, l'homme apparaît en rêve à la mère de Simon et lui dit que son fils doit prêcher et guérir mais qu'il s'y refuse. Enfin il revient à Simon et lui dit : « Il y a un enfant malade dans un certain village. Tu dois aller là-bas, prier, poser tes mains sur l'enfant et le guérir. Si tu n'y vas pas, je réclamerai ton âme. » C'est ainsi que le lendemain, Simon s'en fut et trouva l'enfant malade, comme il lui avait été dit, dans son rêve. Les gens étaient assemblés, pleurant et se lamentant. Simon les écarte, prie un long moment pour l'enfant. Ensuite il lui impose les mains. Au même moment, il subit

    une secousse extrêmement violente.

    L'enfant est guéri et, blotti contre le sein de sa mère, commence à téter. « Alors, racontait Kimbangu à son ami Budimbu, ils m'ont amené d'autres malades ; j'ai prié. Je les ai touchés et ils furent guéris. »

    Il prêchait l'Evangile du royaume de Dieu et guérissait toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie et on lui présentait tous les malades atteints d'infirmités et de souffrances diverses, des possédés, des lunatiques, des paralytiques et les guérissait.'

    <BR style="PAGE-BREAK-BEFORE: always; mso-break-type: section-break" clear=all>

    La nouvelle de ces guérisons miraculeuses se répand comme une traînée de poudre.

    Dès mars 1921, d'interminables caravanes sillonnent les routes qui conduisent au village de Nkamba. De toutes les directions les foules accourent vers le guérisseur. On lui apporte les malades, les mourants, des morts même parfois. Les gens bien portants viennent aussi pour le voir ou pour intercéder en faveur de leurs parents malades et intransportables. Entre Matadi et Léopoldville (actuel Kinshasa), les trains sont bondés. La compagnie du chemin de fer doit mettre en service des voitures supplémentaires." Lon dit même qu'elle fit circuler des trains spéciaux pour les pèlerins de Nkamba. Des milliers de noirs, de deux à cinq milles, se pressent quotidiennement autour du prophète." Dès le mois de mai quatre mille pèlerins doivent trouver chaque jour un logement dans le village et les environs immédiats. On se serre dans les cases. On loge à la belle étoile. On organise un service de ravitaillement. 13


  7. Nezyn
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    J'emmerde toutes ces putes qui se font défoncer par 30 keums et qui s'empressent de sortir toute fière de leur bukkake la bave aux lèvres pour donner des leçons de sexualité à la terre entière.

    Tout ça parce que dans l'hypersexualisation de notre société, on a fait croire à ces petites connes écervelées que nourrir sa névrose obsessionnelle en se faisant trouer la viande le plus violemment possible, c'est être au sommet de la hiérarchie féminine du 3eme millénaire.

    Résumé de cet article : Il faut que j'arrête mon abonnement Bangbros.



  8. Dans de nombreux sujets du forum, j'ai pu constater que beaucoup reniait l'anticléricalisme français, l'anticléricalisme de nos ancêtres. Mais il fait partie intégrante des valeurs et des racines de la France.

    :France: :France: :France:

    L'anticléricalisme a été source de nombreux progrès en France, en voila quelques exemples :

    • L'école obligatoire, qui fut un combat de l'instituteur contre le curé
    • La Laïcité, une valeur dont nous pouvons être fier. Certes, les anticléricaux ne sont pas les seuls à avoir permis la laïcité, mais ils y ont grandement contribué.
    • De nombreux écrivains/philosophes qui contribuent rayonnement intellectuel de la France, qui ne nous envierait pas Voltaire ?
    • etc...

    voltaire-litterature-philosophie-650829-jpg_446161.JPG

    "Dieu ne doit point pâtir des sottises du prêtre."

    Voltaire

    Le rejet de l'anticléricalisme vient souvent de la volonté de trouver une racine unique (religieuse et chrétienne) à la France. Du coup, on ignore la très riche pensée anticléricale, athée ou déiste.

    Faire des "racines chrétiennes" de la France les seules racines de notre pays et effacer le reste de l'Histoire est dangereux.

    Cette volonté vient d'un catholicisme fantasmé, idéalisé, qui aurait existé dans notre passé.


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    Je me permets d’écrire un article sur un sujet que j’ai vu ce matin sur le forum. La question «C’est quoi le bonheur pour vous ? », posé par Fistone.

    Dans le monde actuel, comment pouvons-nous définir le bonheur quand les medias annonces que la France est en crise, que nos impôts augmenterons chaque années, que 11% des salariés français sont au smic, que le pouvoir d’achat baisse, que l’immobilier a flambé ces derniers années, des révolutions et des guerres tue des soldats français, que des enfants se font percuter par des chauffards alcoolisé et sans permis, qu’un juge à acquitter des gosses qui ont violé une gamine en bande…etc.</SPAN>

    Comment je fais pour définir le mot bonheur sans être égoïste ?


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    Hello, tout le monde. Le commencement de mon blog est enfin arrivé. J'espère que ça vous plaira et que vous laisserez des commentaires. :)

    Deux musiques pour commencer. (Oui !!! Il faut un peu d'ambiance tout de même!)

    Alors ceux sont deux morceaux largement différent, vous allez bientot voir pourquoi en les écoutants :p. Pas la peine de vous expliquer, vous allez comprendre par vous même :-)

    Coeur de pirate

    Stratovarius.

    Bonne écoute à tous !



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    Melisse-211
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    Salut tout le monde déjà merci de ne pas dire des conneries et de ma faire la morale sur MON blog et aussi merci de m'aider pour cette conversation: Titre pour mon livre.

    Merci de me demander en ami et de laisser des commentaires.

    A+:smile2:


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    CYRRIC
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    Opening :

    Version complete :

    Ending :

    Mise à jour

    un magnifique anime mais si vous êtes dépressif je vous le conseil pas :)

    //////////\\\\\\\\\\

    \\\\\\\\\\//////////

    Musique manga

    Musique manga (2)



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    Chloé s'etait redressée dans le fauteuil, les coudes posés sur ses genoux, une mine peu embetée et s'exprimait a voix très basse:

    _et bien en fait je rencontre disons quelques soucis dans mon sommeil. je crois que je fais des cauchemars et ça me tourmente beaucoup.

    du coup je n'arrive pas bien a récupérer assez de repos durant mes nuits.

    :gurp:

    _vous croyez que vous faites des cauchemars? vous ne vous en souvenez pas? lui demandais je en m'adossant contre mon bureau.

    :hu:

    _pas vraiment, non. je sais juste que je me réveille souvent en sursaut et parfois toute en sueurs et aussi que j'ai le cœur qui bat très vite.

    :snif:

    _hum... je vois. et sinon avez vous des tracas dans votre quotidien durant la journée?

    :hu:

    _non pas spécialement. c'est d'ailleurs ce qui m'intrigue le plus. je ne vois vraiment pas ce qui pourrait expliquer ces cauchemars.

    vous savez Mr Hope, je mène une vie très calme et routinière, je travaille comme secrétaire médicale chez un dentiste. alors a part la paperasserie administrative habituelle,il n'y a pas grand chose qui m'occupe l'esprit en ce moment.

    :mouai:

    _et vous êtes célibataire je présume?

    _...

    :|

    Chloé marqua un instant de silence, l'air un peu perturbé que je lui pose une question aussi personnelle.

    _aaah! excusez moi je ne voulais pas être indiscret. mais je vous demande ca d'un point de vue strictement professionnel hein! ne vous méprenez pas! parfois les causes ne sont pas la ou on les pense.

    :unknw:

    _oui je suis célibataire. a vrai dire je l'ai même toujours été.

    :sleep:

    _ah? lui demandais je, de nouveau.

    _oui. me repondis t-elle sechement.

    je compris que je n'obtiendrais pas davantage d'informations la dessus. pour l'instant. je me mis a faire les cents pas dans mon bureau et lui expliquer sur un ton très sérieux:

    _tres bien, très bien. alors voici comme ça se passe: ma méthode est toute simple de votre point de vue. il nous suffit de programmer une séance durant laquelle vous viendrez dormir dans ce très confortable canapé ici présent, et moi je me chargerai d'identifier la cause de votre tourment pour ensuite le résoudre. vite fait, bien fait! ajoutai-je avec un large sourire tout en tapotant ledit canapé.

    :D

    Chloé fixa le canapé un moment puis me regarda droit dans les yeux, fixa a nouveau le canapé, me regardera encore et enfin commenta avec sarcasme:

    _en fait vous faites de l'hypnose ou quelque chose comme ça?

    :mouai:

    je repondis avec un sourrire forcé:

    _ce serait plutôt quelque chose comme ça. mais rassurez vous la séance entière est vidéo-filmée donc vous pourrez vérifier que rien ne vous arrivera durant tout ce temps.

    :p

    _hum... souffla t-elle peu convaincue. et quels sont vos tarifs?

    :hu:

    _100billets, mais uniquement payable une fois que votre mal est résolu et il le sera! garanti!

    :bo:

    _ca va alors... combien de séances pensez vous seront nécessaires?

    _oh, j'ai toujours résolu tous mes cas une seule fois, vous verrez c'est assez expéditif, héhé...

    _tres bien. Quand pouvons nous débuter alors? j'aimerais être débarrassé de ce problème le plus tôt possible.

    _et bien des ce soir si vous etes disponible!

    _parfait, retenons donc ce soir, 21h. dois je prévoir des effets particuliers?

    _euh... si par effets vous entendez des symptômes, il n'y en aura aucun, l’opération est totalement indolore, par contre vu qu'il vous faut complétement dormir je vous recommande de prendre votre propre oreiller, souvent les clients ont un attachement personnel a cela, et puis aussi votre ourson en peluche si vous en avez un! héhé!

    :p

    _ je n'en ai pas non. dit elle en froncant un sourcil.

    :sleep:

    _ah. d'accord. donc a ce soir!

    je lui tendis la main mais elle se leva lentement gardant les siennes derriere son dos, elle fit un hochement de tete pour me saluer puis s'en alla aussi legerement qu'elle etait entrée. mon impression générale fut clairement que cette cliente n'etait pas du tout du genre commode. cela dit depuis un mois deja que mon cabinet etait ouvert c'etait ma troisieme patiente, sachant que mon premier fut mon frere, et le second etait ma prioprietaire qui me louait l'appartement. je ne pouvais donc pas encore me permettre de rechigner toute personne qui se presentait a ma porte puisqu'il me fallait bien faire rentrer un minimum de billets dans mon portefeuille pour couvrir mes depenses. j'essayais donc de me rassurer que cette distance et ce froid que Chloé avait posé etaient parfaitement normal pour une premiere rencontre, et je ne voulais pas douter qu'au cours de la thérapie, le climat entre nous allait se rechauffer.

    mais pour l'instant il me fallait me préparer a ce rendez vous, et cela passait entre autre par un bon coup d'aspirateur pour rendre le cabinet plus décent.


  9. Ce fut assez exténué que le petit groupe de voyageurs débarqua dans l'ancien Sultanat d'Oman. Céline, Romain et Kate furent laissés un instant par Hans et Lars qui prirent la peine de discuter à l'écart dans le hall de l'aéroport.

    -A l'arrivée, on devra se battre, dit Lars.

    -Mais bien entendu, si tu croies que j'avais l'intention de faire trop copain avec eux... bien sûr, on se battra tous les deux en priorité pour aller sur l'île. Et plus vite on y sera, mieux ce sera.

    Après un voyage en tramway de trois quart d'heures jusqu'au port commercial de Mascate, ils embarquèrent à bord d'un vieux paquebot de croisière, au timonier saoudien, mais avec ses deux seconds australien et birman.

    Prenant leurs quartiers dans de petites couchettes dans les hauteurs du navire, ils montèrent sur le pont. La vue sur le palais royal de Mascate était magnifique, cet ancien petit royaume ultra-conservateur était issu de la dislocation de l'Empire Ottoman. Jusque dans les années 2030, soit plus d'un siècle après sa création, il avait été une monarchie radicale sur le plan religieux et politique, puis la démocratie dura une vingtaine d'années, avant la révolution. Des insurgés venus d'Inde, d'Afrique et de Turquie avaient ravagé la région et exproprié les grands propriétaires terriens.

    Hans et Lars occupaient à eux deux une cabine avec deux couchettes dans les quartiers de vie du Transindian. C'était rudimentaire et parfois mal entretenu, la révolution ayant balayé certaines bonnes manières en matière d'accueil. Ils jouaient aux échecs durant leurs journées, et lisaient fréquemment. Ils réfléchissaient longuement à leur arrivée sur Concordia. Kate lisait également, Céline et Romain préféraient s'entretenir dans une salle de sport située dans les bas étages du paquebot.

    Le voyage devait durer une semaine. Long. Après environ quarante-huit heures, l'escale à Bombay dura trois heures. Un peu plus de deux jours après, ce fut une escale à Rangoon, où le Transindian se rechargea en carburant. Le voyage dura encore quatre jours, après deux escales à Singapour et Jakarta. A l'approche de l'Australie, de plus en plus de voyageurs montaient à bord. Cela inquiétait les futurs concordians, qui craignaient de devoir se battre pour accéder à l'île.

    A huis-clôts dans leur cabine, les deux danois observèrent la carte fournie par Céline par Internet avant le voyage. Concordia devait mesurer environ quinze kilomètres de large, dix-huit en prenant en compte les barrières de coraux. Elle formait un atoll, et en son centre une moyenne montagne avec un cratère en son sommet traduisait un volcanisme révolu depuis. Concordia était située au large de Brisbane, un peu au sud de la Nouvelle-Calédonie, mais au nord de la Nouvelle-Zélande. La capitale concordianne, Libertas, était située au nord de l'île, elle comptait déjà selon la carte environ huit cents habitants. Au sud, un petit village, Providence Harbor, en comptait environ deux cents.

    Au bout de quelques jours, ils débarquèrent sous le soleil de Perth, dont les biuldings avaient été sérieusement endommagés par la révolution. Les beaux quartiers avaient été réquisitionnés et certaines villas de luxe, saccagées avec sauvagerie, bien que toujours habitables. Les insurgés chinois et indonésiens qui étaient venus effectuer la besogne comptaient détruire le caractère luxueux de ces vastes demeures, tout en conservant leur fonctionnalité élémentaire.

    Ils dormirent tous les cinq une nuit à Perth, dans un hôtel-restaurant collectif tenu par un argentin. Le lendemain matin, ils attrapèrent un train à sept heures tapantes pour Sydney. Une fois montés à bord, ils devaient attendre dix-huit heures pour l'arrivée à Sydney, puis deux heures de train supplémentaires pour rallier Brisbane, grande ville australienne la plus proche de Concordia Island.

    Hans avait terminé sa lecture d'un essai français sur la dictature de Nicholson aux Etats-Unis. L'essai prédisait que le régime ne serait pas éternel. En effet, une partie de la population américaine commençait à exprimer son ras-le-bol et le général Nicholson ne pouvait contenir toute la population de ce pays de presque 400 millions d'habitants. Lars jouait à des jeux d'adresse sur son WorkPod tandis que leurs trois autres compagnons dormaient alors que les paysages australiens ne changeaient qu'avec une lenteur assez importante, le pays étant en superficie, bien plus vaste qu'un ancien état européen, surtout le Danemark.

    Le lendemain midi, ils étaient arrivés à Brisbane. Ils se réunirent tous les cinq dans un bar sur le port afin de décider de la stratégie à adopter pour gagner Concordia. Et surtout, par où faudrait-il pénétrer sur l'île...

    -Il faudra nécessairement détourner le navire ou l'avion que nous emprunterons, présenta Hans. Par la mer serait plus sûr. Et encore faut-il être sûr de la localisation de l'île.

    -Qu'on atteigne Libertas, la capitale, affirma Céline, sera le plus souhaitable. Cela sera le plus avenant vis-à-vis des autorités de l'île.

    -Reste qu'il ne faudra pas se rater, dit Lars. Si nous échouons, notre entreprise sera sanctionnée par la justice post-révolutionnaire océanique. Nous encourrions alors cinq ans en camp de travaux forcés dans le désert australien.

    Tous les autres mesurèrent avec sérieux l'étendue du problème.

    Ils ne devront pas échouer. Ce sera Concordia, et pas autre chose.


  • Commentaires des blogs

    • Oui, le chewing gum convient bien comme description à ce qui me sert de coeur : consistance malléable, agréable au début mais très vite irritante ; arômes artificiels trop forts et sucrés qui s'estompent vite en goût carton ; déchet peu biodégradable en fin de consommation. Et faut voir ce que ça génère chez qui en use : mastication salivante qui se mue en rictus constant, bulles à gonfler difficilement qui éclatent en suaire synthétique, rumination disgracieuse qui obère toute possibilité de lien social... Le jeu n'en vaut pas la chandelle gomme à mâcher.  
    • Circé n'est pas qu'une enchanteresse, c'est aussi une sorcière... une étrange dualité qui réunit Isis et Nephtys à la fois... elle se contente d'un amour à sens unique, ce qui ne me satisferait pas....et puis, ma maison non plus ne propose aucun gain, ne fait pas crédit et ne propose aucun service après-vente.  Que cherchons-nous d'autre en ces lieux que la distraction? La puissance évocatrice me permet de sentir les mystères se frôler, d'en deviner un peu plus en se masquant davantage... sublime esquisse d'un tableau éphémère, tel mains et loup de Picasso... Ta maison est hospitalière, mais ton coeur, est-il en chewing gum? Parce que moi, je joue...  
    • Je ne sais quel type d'homme attire les "dames de ma qualité", mais moi, je n'aime que les fous... les fous comme ça : Soyons esprits, c'est très bien ainsi... brillons sous la lune, au milieu de l'univers, et parmi les étoiles... noires...
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