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    vous pouvais m'étre vos film préfèrés


  1. Rato Blog

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    Rato
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    Ma mère qui percevait la solde de son époux n'était, du point de vue strictement financier, pas à plaindre, même si les tickets de rationnement étaient plus précieux que les billets de la Banque de France. Elle cultivait un potager qui donnait suffisamment de légumes pour elle, mon frère, et tous ceux qu'elle approvisionnait régulièrement. Elle avait aussi un poulailler, des lapins et un cochon qu'elle appelait évidemment Adolphe. Elle habitait près de la kommandantur, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir une activité de résistance aussi conséquente que précieuse. C'est chez elle que se tenaient les nombreuses réunions de maquisards, la plupart des parachutages de la région arrivaient dans son grenier. Vers la fin de la guerre elle avait chez elle 200 uniformes de FFI ainsi que les armes et les munitions. Souvent, c'est avec la trouille au ventre qu'elle servait le café (qui n'en était pas) à quelques soldats allemands qui tapaient à sa porte pour voir mon frère qui avait 5 à 6 ans à l'époque. Ils avaient eux aussi des enfants de cet âge-là. Jamais mon frère qui trouvait de temps en temps des caisses de fusils mitrailleurs ou de grenades cachées sous les feuilles des courges du jardin, ne dit quoi que ce soit à ses copains d'école sur ce qu'il se passait chez lui. Ma mère le protégeait au mieux, mais elle ne pouvait pas tout lui cacher.

    De Gaulle établie depuis l'Angleterre les bases des Forces Françaises Libres et lance le 18 juin sur la BBC son célèbre appel à la résistance que personne ou presque n'a entendu, qui écoutait la BBC en France à cette époque? Pétain qui remplace Paul Reynaud demande l'armistice et «fait don de sa personne à la France». L'armistice qui fut signé le 22 juin fut accueilli avec un grand soulagement par la quasi-totalité des français. Il fut signé, mais avec une mise en scène qui en dit long. Goebbels, glissa dans l'oreille de son Führer une idée qui permit à ce dernier de satisfaire son besoin de vengeance. Depuis 1918, Hitler faisait recette en dénonçant l’humiliation intolérable faite à l'Allemagne par le traité de Versailles, tant sur le plan militaire que territorial ou économique. L’avant-veille de la signature de l'armistice c'est à dire dans l’après-midi du 19 juin 1940, les soldats du Génie de la Wehrmacht s'attaquent au musée qui abritait le wagon dans lequel fut signé l'armistice du 11 novembre 1918. Il fut tiré jusque dans la clairière de Rethondes près de Compiègne et c'est dans ce même wagon et au même emplacement que l'armistice de 1940 fut signé.

    La France était donc vaincue et occupée par les Allemands.

    Le petit moustachu voyait déjà l'Angleterre à portée de fusil, l'Angleterre que même Napoléon 1ier n'avait pu conquérir, mais c'était sans compter sur la détermination des sujets britanniques et sur Winston Churchill qui crée les bases de la contre attaque des alliés. Les américains entrent en guerre le 7 décembre 41 au lendemain de la bataille de Pearl Habor. Franklin Roosevelt rejoint Churchill et c'est ensemble qu'ils organiseront le débarquement

    Le 6 juin 1944, se sont 1 213 bateaux de guerre, 736 navires de soutien, 864 cargos et 4 126 engins et péniches qui débarquent 20 000 véhicules et 156 000 hommes sur les plages de Normandie. Les 177 fusiliers marins commandos (les bérets verts) formés et entrainés par l'enseigne de vaisseau Philippe Kieffer seront les seuls français à débarquer en Normandie, 10 furent tués pendant le débarquement, 27 le furent pendant la campagne de Normandie et seulement 24 seulement terminèrent cette bataille sans blessure.

    Le petit moustachu a eu les yeux plus grands que le ventre, il a voulu en même temps pisser sur le mausolée de Lénine et faire la bise à Elisabeth la future reine.

    L'arbitre siffla la fin du match. La France allait être libérée, Pétain devient un traitre et De Gaulle un héros. C'était sans doute un peu excessif pour l'un comme pour l'autre.

    En Allemagne, les soviets et les ricains purent enfin ouvrir les cages... Cinq ans! Il a fait cinq ans!...

    On pourrait pu penser que l'ouverture des camps donnerait lieu à des manifestations de joie, d'allégresse de la part des prisonniers, certes, il y en a eu, mais la plupart de ses hommes étaient usés, fatigués, malades, meurtris, cassés. Ils ont connu la faim, le froid, la promiscuité, le manque d'hygiène la maltraitance et l'infamie. En France, ils incarnaient la débâcle de juin 40, ils arrivaient, eux, les vaincus quand on honorait les maquisards, les résistants qui avaient leur part dans la victoire contre les nazis, quand la chasse aux collabos était ouverte et qu'on rasait sur la place publique les femmes qui avaient fauté avec un allemand. Certains prisonniers, ne retrouvèrent pas la fiancée ou l'épouse qu'ils avaient laissée. Mon père lui, retrouva sa femme et son fils qui avait cinq ans de plus et qui bien sûr ne le reconnaissait pas. Le maire de la ville voulait organiser une petite cérémonie en l'honneur de ma mère qui refusa et c'est chez elle qu'il retraça pour mon père seulement les années de résistance et la part que son épouse avait prise dans le combat clandestin. Chapeau Maman !

    Après la libération, il était toujours militaire, même si le grand cirque était fini. Il put profiter quand même de quelques jours de repos, mais il a bien fallu un jour remettre l'uniforme. Il fut affecté dans un camp de prisonniers allemands. Son travail consistait donc à surveiller les vaincus qui n'avaient aucune envie de se faire la belle, bien que faire du déminage reste une occupation à risque et même si une telle idée avait germer dans la tête de certains, personne ne les aurait poursuivi. Aujourd'hui, se sont 20000 soldats allemands qui reposent dans ce lieu.

    Un jour, de 1946, il reçut une feuille de route: direction l'Indochine! Alors là, il a dit non, je ne veux plus jouer à ce jeu, ça suffit. Il rendit donc son uniforme mais garda un képi et un révolver allemand. Ce fut le retour à la vie civile. C'est un petit peu après que j’ai pointé le bout de mon nez.

    Dès ma conception je devais être soucieux de ne pas faire souffrir ma mère, je me suis donc fait le moins gros possible et c'est sans trop d'effort qu'elle m'a pondu. Elle ne savait pas qu'en me donnant la vie elle allait aussi me léguer quelques gènes fainéants, mal fagotés, qui allaient me causer quelques petits soucis....

    Pour trouver du travail, c'était simple, tout était à reconstruire, pour être bien payé, c'était déjà plus difficile. Il est donc entré comme ouvrier dans une usine où les règles élémentaires d'hygiène et de sécurité étaient totalement inconnues.

    Nous habitions un village, un vrai village, des bouses de vaches dans les rues, une église qui avait encore son curé, une école, l'instituteur faisait partie des notables et il avait évidemment le droit et même le devoir de pratiquer le châtiment corporel sur les élèves réfractaires à toute forme de culture et de discipline. Les commerçants qui avaient fait de bonnes affaires pendant ces temps troublés, attendaient de voir comment ils allaient pouvoir continuer à engraisser le cochon.

    Nous habitions au premier étage d'une maison qu'il convient aujourd'hui d'appeler une maison de village en opposition aux maisons de lotissement qui sont il faut bien le reconnaître, une absurdité en matière d'urbanisme. Pour accéder à notre appartement (nous n'avons jamais utilisé ce mot pour nommer notre maison) il fallait monter un escalier en bois depuis le couloir du rez-de-chaussée et qui conduisait à un palier assez vaste, éclairé par une petite fenêtre bien plus basse que les autres, elle me permettait de regarder les orages qui étaient pour moi un spectacle sans égal, mais aussi une totale énigme. Ce palier permettait d'accéder aux trois pièces de notre logement, la cuisine, la chambre des parents et celle des enfants qui était suffisamment grande pour loger quatre lits, le coin de mes deux sœurs était séparé de celui des garçons par un rideau en plastique translucide bleu.

    Le souvenir le plus ancien que je garde de cette maison, c'est la naissance de ma sœur. J'avais deux ans. Est-il raisonnable d'affirmer qu'un enfant de deux ans puisse garder des souvenirs précis? Il me semble que c'est un peu jeune, la mémoire d'un enfant de cet âge est volatile, pourtant, je me souviens très nettement des allers et venues du médecin et la sagefemme madame Roche, entre la chambre à la cuisine. Je comprenais bien qu'il se passait quelque chose d'important mais complètement énigmatique. Savoir que ma mère était dans cette chambre m'inquiétait et je suis resté de longues heures appuyé contre la balustrade de l'escalier, jusqu'à ce que tout soit rentré dans l'ordre.

    Nous avions l'eau courante sur l'évier de la cuisine, un chauffe-eau à gaz fatigué nous donnait l'eau chaude, son humeur capricieuse au démarrage obligeait souvent ma mère à ouvrir rapidement les fenêtres. Pour cuisiner, elle disposait d'une gazinière dont l'état était proche de celui du chauffe-eau, l'allumage du four, qui n'était pas sans risque, se terminait souvent par une petite explosion qui faisait sursauter tout le monde mais qui avait mérite d'avertir ma mère qu’une fuite de gaz risquait de tout faire sauter. Le chauffage était central, une petite salamandre installée au milieu du palier, était censée, en laissant les portes ouvertes, distribuer un certain confort thermique aux trois pièces. Malgré un approvisionnement en bois régulier et copieux, cet engin sous dimensionné restait bien insuffisant. La nuit, il s'endormait, il fallait que ma mère le rallumer tôt le matin. Je pouvais ainsi tout à loisir dessiner sur les vitres en grattant la buée gelée avec mes ongles. Il arrivait, au plus dur de certains hivers que la glace ne disparaissent que vers midi ou même, dans les chambres, pas du tout.

    Nous étions locataires de l'étage, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu les propriétaires. Malgré que le loyer fût modéré, c'était le poste principal du budget. Il fallait le payer en début de mois et c'est avec une certaine inquiétude pour les jours à venir que ma mère sortait les billets. Au même étage se trouvait deux greniers remplis de vieilleries inutiles qui faisaient mon bonheur les jours de pluie. Il y avait notamment des armes africaines arc, lances, sabres que les propriétaires avaient ramenés de leurs longs séjours en Égypte et le révolver de mon père avec lequel je jouais en toute illégalité.

    Le rez-de-chaussée était plus vaste mais il ne se composait pourtant que trois pièces. Ici vivaient le Pépé et la Mémé, qui n'étaient pas du tout de la famille. C'était plus simple de les appeler ainsi surtout que nous n'avions connu aucun de nos grands-parents. Le Pépé était sourd et aveugle. D'habitude, ce qui se fait couramment, c'est sourd et muet, lui se démarquait d'un certain conformisme. Valait-il mieux être sourd et muet? Je ne l'ai jamais vu marcher, pourtant il pouvait, il ne quittait pas son fauteuil de toute la journée, la tête un peu en arrière bien calée contre le dossier. Ses yeux sans expression restaient ouverts en permanence, ils avaient été crevés à la guerre. La guerre était pour moi un concept que je ne comprenais pas, j'imaginais bien sûr que des gens qui n'étaient pas d'accord sur quelque chose se disputent, c'était comme avec mes sœurs, mais comment peut-on crever les yeux de quelqu’un! C'est monstrueux, abominable… Son poste de TSF poussé au maximum de sa puissance lui tenait compagnie, il ne fallait pas manquer la famille Duraton, les aventures de Zapi Max et du Tonneau dans 'ça va bouillir!' 'sur le banc' avec Jeanne Sourza et Raymond Souplex... Je venais souvent le voir bien qu'il me faisait un peu peur avec sa grosse moustache buissonnante et sa bouche ouverte, mais il était très gentil et aimait les enfants. Il fallait bien sûr en arrivant dans la cuisine où il passait ses journées, l'avertir d'une façon ou d'un autre de ma présence, il tendait alors les bras et me posait sur ses genoux.

    La Mémé était une petite bonne femme au visage desséché, ridé comme une pomme qu'on aurait oubliée. Elle n'aimait pas trop les enfants, il ne fallait pas attendre de sa part une quelconque manifestation de tendresse, il faut dire que par ma faute elle se déplaçait très difficilement. J'étais accusé d'avoir laissé trainer dans la cour des planches qui auraient été la cause d'une chute sévère. Oui, j'étais le coupable consterné de ce handicap bien que je ne me souvienne de rien. J'imaginais souvent la Mémé par terre, une planche clouée dans la hanche. J'avais honte de moi et c'était bien normal qu'elle ne me porta pas dans son cœur. Elle utilisait pour se déplacer, une chaise dont elle agrippait le dossier pour se maintenir en équilibre et la poussait devant elle petit pas après petit pas, c'était le déambulateur de l'époque. On pouvait ainsi, au bruit de la chaise sur le parquet de la chambre et sur le carrelage des autres pièces, suivre aisément depuis l'étage ses déplacements. Si ma mère avait pu soutenir toute la misère du monde, elle l'aurait certainement fait, alors c'est tout naturellement qu'elle aidait ces gens qui de fait, faisaient partie de la famille. C'était presque tous les jours que je leur descendais un peu de ce qu'elle avait cuisiné pour nous.

    La cour était une cour banale. J'ai entendu cet adjectif des dizaines de fois sans savoir ce qu'il voulait dire exactement. Nous devions laisser le passage aux voisins qui habitaient au fond de la cour, c'est tout ce que j'avais compris. Nous avions souvent des réprimandes de la part de ma mère quand monsieur Chapignac était obligé de slalomer avec son vélo au milieu du désordre que nous avions laissé. Même lui qui était un homme très calme et sociable, y allait de sa petite remarque. Puisque qu'il avait le droit de passage... Le droit c'est le droit, personne ne peut le contester. Lui, il avait un portail qu'il fermait consciencieusement après être entré, nous, nous ne pouvions pas en avoir et c’était bien dommage car nous aurions pu avoir un chien…

    Il arrivait du travail à heure fixe, jamais une minute de retard. C'était un homme assez petit, sa casquette bleue toujours sur la tête, une petite moustache taillée en balais brosse lui donnait un air sévère, sa petite voix presque inaudible mais douce n'allait pas du tout avec son apparente sévérité. Madame Chapignac était plus grande que son mari, les cheveux quasiment blonds, ondulaient jusqu'à ses épaules, elle ne portait jamais de tablier contrairement aux autres femmes du quartier, elle donnait l'impression d'être toujours habiller pour sortir, mais elle ne sortait jamais, son mari faisait les courses et quand il lui manquait quelque chose, c'était moi ou mes sœurs qui allions lui chercher. Elle nous demandait souvent de lui acheter une côte de porc frais, il existait sans doute du porc pas frais, un morceau de mou pour son chat et une ficelle sans sel qui faisait naitre en moi de nombreux points d'interrogation, madame Chapignac était malade et sa maladie c'était le sel! Elle avait pourtant l'air tout à fait normale, allait et venait, discutait avec les voisines, mais elle était malade même gravement. Quand on est malade, on reste au lit, elle, non.

    Monsieur Chapignac était musicien, tous les jours il jouait de l'accordéon. C'est lui qui dirigeait l'harmonie municipale, il a même composé de la musique, plusieurs morceaux pour fanfare. Comment avait-il pu faire un travail aussi compliqué. Quand il nous invitait à venir chez lui pour regarder la télévision ce qui était pour moi un immense bonheur, je voyais son instrument posé sur une petite table. Je ne pouvais imaginer que l'on puisse jouer aussi bien avec autant de boutons. J'aurais tant aimé le regarder jouer, mais je n'ai jamais osé le lui demander. Je me contentais donc quand le temps le permettait, de rester le plus près possible du portail et d'écouter.

    En face de la maison, de l'autre côté de la cour, il y avait des dépendances qui servaient un peu à tout, au rez-de-chaussée, c'était un immense foutoir qu'on appelait le garage malgré que mon père n'ait jamais eu de voiture. C'est là que je trouvais toujours de quoi m'occuper. L'étage servait de réserve de fagots de bois pour allumer le poêle et de foin pour les lapins, pour y accéder, une simple échelle. Il n'y avait pas de garde-corps, il m'était donc interdit d'y monter, mais ce n'était pas parce que c'était interdit que j'y passais de long moments mais parce que c'était le dortoir des chats.

    Derrière ce bâtiment, c'était le domaine de mon père, le jardin. Un passage pour brouette entre ce bâtiment et celui du voisin permettait d'y accéder. Toutes les maisons de la rue avaient, sur l'arrière, un jardin, un simple grillage les séparait, ainsi, chacun pouvait voir le jardin des autres et comparer l'évolution des cultures et la précocité des récoltes. Il y avait une petite compétition entre les jardiniers, c'était à celui qui allait récolter les premiers petits pois ou les premières pommes de terre. C'était le lieu où les hommes du quartier bavardaient, on y parlait surtout culture, de ce qu'il fallait planter en fonction de la lune. Ce potager me semblait grand, mais pour l'avoir revu de nombreuses années après, il était bien trop petit pour nourrir toute la famille, c'est pourquoi, mon père en cultivait un autre bien plus important. C'est pourtant, de ce petit jardin que nous arrivaient, les bonnes années pour le repas de Pentecôte, les premiers légumes que ma mère cuisinait en julienne. Mon père ne cachait pas sa fierté quand le plat arrivait sur la table, il y en avait largement pour tout le monde et c'est ma foi vrai que c'était bon...

    Le poulailler représentait une part importante de notre consommation de viande, mais il restera pour moi un théâtre dans lequel les pièces ne sont jamais jouées deux fois. Les poules sont des bestioles infatigables, elles n'arrêtent pas de gratter le sol dans une chorégraphie bien réglée. Elles s'inclinent d'abord sur le côté en prenant appui sur une seule patte, l'autre gratte deux fois le sol dans un mouvement légèrement dirigé vers l'extérieur, 'grat, grat' puis elles s'inclinent de l'autre côté, font avec l'autre patte à nouveau 'grat, grat', reculent d'un demi pas pour que la tête se trouve bien à la verticale de la zone mise au jour, se penchent en avant et fouillent le sol ameubli en deux coup de bec, de droite à gauche puis de gauche à droite, 'clic, clac' toujours deux coup ni plus ni moins, regardent si quelque chose les intéressent, si c'est le cas, un coup de bec rapide pour engloutir la trouvaille. Le plus souvent, c'est une déception, rien à se mettre dans le clapet. Elles ne sont pourtant pas difficiles, tous les vers et insectes de la création sont pour elles comestibles, elles sont aussi d'une agressivité et d'une combativité surprenante, même un serpent n'a pas le dernier mot. On pourrait croire qu'elles sont toutes complètement accaparée par leurs travaux de fouille, que nenni, elles s'observent, s'espionnent s'épient en toute discrétion, pour filouter l'éventuelle découverte de l'une d'entre elles. Quand par hasard une veinarde découvre un ver de terre et commence à le tirer hors du sol, le lombric résiste, s'allonge comme un élastique, aussitôt, toute la basse-cour aux aguets part aux trousses de la chanceuse, la guerre est déclarée, les coups de bec pleuvent et les plumes s'envolent, elles ne caquettent plus tranquillement, elles s'époumonent, s'égosillent, vocifèrent, les ailes claquent, en quelque sorte elles se volent dans les plumes, c'est une partie de bec et ongles, impossible de dire dans quel gosier finira le lombric. Puis le calme revient, chacune reprenant son occupation de fouille méticuleuse. Au milieu de toutes ses poules, le coq, il ne gratte pas lui, il surveille. De temps en temps, il se mettait à courir en direction d'une pensionnaire qui se met à piailler et qui pense trouver son salut dans la fuite, l'arrête sans ménagement, lui montait sur le dos, elle s'écrase sous le poids, puis il la libère quelques secondes après, il faut à la pauvre bête bien deux ou trois secondes pour reprendre ses esprits. J'ai longtemps pensé que le poulailler était comme une cour d'école et que le coq était le maitre, mais je trouvais quand même que les punitions étaient un peu fréquentes surtout que je n'arrivais jamais à comprendre quelles fautes elles avaient pu commettre. Le règlement d'un poulailler était bien difficile à comprendre mais c'était un spectacle perpétuel ou les poules avaient la tête en bas et le coq la tête en l'air.


  2. Ah les mots !

    Ils offrent des vérités en latence. Ils dissimulent la vérité qu'ils estimentdevoir exprimer. Ce qu'ils approchent, s'éloigne. Ce qu'ils livrent, s'enfuit.Ce qu'ils don­nent, se reprend. Cet antagonisme du sens et du non-sens,lorsqu'il est accepté en toute simplicité, permet de ne plus se prendre ausérieux et d'accéder à un peu plus d'humilité et de tolérance.

    Bernard Leblanc-Halmos - Ce que les mots veulent dire.


  3. Semaine focus 1: Race et Inegalitees.

    Un problème d’actualité

    Un certain temps a maintenant passes et la théorie des races qui affirme que certaines races sont naturellement aptes à dominer, à son apogée pendant l’Allemagne Nazie, n’est bien sur plus d’actualités. De nos jours, le Français moyen n’est pas raciste, du moins idéologiquement. Il n’y a pas de distinctions faites entre un noir et un blanc. Ils ont accès aux mêmes services, aux mêmes institutions, aux mêmes hôpitaux. Cependant, alors que l’attitude des gens (notamment des blancs) envers les différentes races a bien change en quelques années, certaines structures sociales de la société perpétuent les inégalités entre race. Le président François Hollande annonçait, durant sa campagne électorale vouloir efface le mot « race » du dictionnaire. Il a ses raisons, j’en suis certain. Pourtant un problème ne s’envole pas simplement en oubliant qu’il existe. Il y a en France, un racisme structurel évident, et enlever le mot « race » de la langue française n’aidera surement pas à résoudre ce défaut de société.

    Definition

    Il est donc important de ne pas enlever ce mot de notre langue. Il est également important de redéfinir ce terme, race. Aujourd’hui, il n’y a pas vraiment de claire définition de ce terme, ce qui crée un obstacle non négligeable pour résoudre les inégalités raciales. Deux sociologues Américains, dans l’optique de tacler le problème des inégalités raciales, donne la définition suivante : C’est un terme qui n’a pas de sens fixe, mais qui est construit et transforme par l’ « histoire-sociale » du milieu. L’histoire sociale dont ils parlent comprend tous les projets gouvernementaux qui ont servis à perpétuer ou rectifier la dominance d’une race, en termes de pouvoir. Les deux sociologues appellent ces projets gouvernementaux des projets raciaux. Ils peuvent être positifs, neutre, ou raciste. Un projet racial est dit raciste si il créé ou reproduit les structures de domination des races. Dans la société française actuelle on retrouve des projets raciaux positifs ainsi que raciste. Parmi les projets positifs on trouve la discrimination positive, est un moyen gouvernemental qui permet de rectifier la dominance d’une race-les blancs- dans l’éducation et le monde du travaille principalement. Un exemple de projet négatif serait la « guerre contre la drogue » couples, notament avec une politique du chiffre. Des études ont montrées que proportionnellement, il y a autant de consommateurs de marijuana blanc, noir et arabe. Pourtant les personnes contrôles par la police pour usage de produits stupéfiants sont très majoritairement des noires et des arabes. Clairement, dans ce cas, la guerre contre la marijuana entre dans la définition d’un projet racial négatif. De plus, l’obstination du monde politique à ne pas considérer de changements structurels sur ce sujet, en termes de législation notamment, perpétue une injustice sociale, basée sur la race. Le système carcérale, ainsi que la ségrégation spatiale, sont d’autres projets raciaux qui perpétuent les inégalités entre race. Ceux-là sont plus sérieux que l’exemple donne précédemment sur l’inégalité raciale vis-à-vis des risques encourus par les consommateurs de marijuana qu’il soit blanc ou bien noir et arabe. Dans le prochain article, je me pencherais plus sur le système carcérale et la ségrégation spatiale.


  4. Il était une fois un jour, où je gambadais dans la vie comme Bambie dans sa prairie, où je devais rejoindre un ami, pour aider un autre ami à déménager.

    En fait, déménager est un bien grand mot, chacun savait, qu'on allait se contenter de boire, au mieux de boire du café, en glandouillant sévèrement, en devisant avec des airs sérieux, et aussi que nôtre ami allait finir par nous filer deux ou trois babioles dont il n'avait plus besoin, ce qui venant de sa part, pouvait être de parfaits trésors.

    Fut en temps, j'ai quasiment vécu en voisine avec cet ami qui déménageait, je passais souvent mes nuits dans un appartement situé deux étages en dessous. Je passé mes nuits entourée de plein de monde, mais finalement, n'étant ni propriétaire ni locataire, mais seule habitante, disons que j'y vivais seule.

    Et ce voisin que nous appellerons A. par pure convention, devint rapidement ma seule attache, les personnes que je croisais souvent, étant de fourbes idiots inintéressants, dont les apparitions suffisaient à m'irriter, des gens de passage qui faisaient comme chez eux, car je n'étais pas chez moi.

    A. était un type grand, large, surement fort, mais néanmoins, un peu gras. La première fois que je suis monté le voir pour lui piquer un truc à bouffer, je m'attendais à tout sauf à voir un type de ce genre ouvrir la porte. Il avait l'air sombre, bien que finalement très réservé, et discret...je me suis souvent demandée à cette époque, comment pouvait-on être un tel monument, et faire si peu de bruit.

    Au début, j'en avais peur, un peur bleue...il fallait voir ses grosses mains, poilues, et son visage, non pas laid, mais tout plein de plis, et cette barbe drue, dont aucun rasoir 5 lames ne parviendrait jamais à venir à bout. Il semblait créé pour cogner, arracher, détruire...au point qu'au bout de 5 minutes à le regarder, je me disais que si jamais il tentait quoi que soit: viol, extorsion de fond, lecture de contes, ménage non rémunéré...il fallait céder, tant sa force semblait inhumaine et la perspective de douleur énorme.

    Mais dès l'instant où il me fit assoir à table, dès qu'il eut sorti sa cafetière, et se mit à farfouiller dans son garde manger...il apparut tel qu'il était: un humain comme moi, embarrassé par son effrayante carcasse. Il devait lui aussi se sentir seul, de semaines en semaines, mon habitude squatter sa table crasseuse ne semblait pas le gêner, je devinais que ça égayais sa journée.

    Naturellement, il n'était pas très causant, mais pour autant, au fur et à mesure que je m'incrustais dans son quotidien, il finissait par échanger des banalités. Cette amitié, entre un moineau, tel que j'étais à l'époque, et une sorte de sosie de "Leon" faisait pas mal jaser, personne ne connaissait son passé, mais moi je ne voulais pas le connaître.

    Je voyais un type sympa, qui me cuisinait des raviolis quand je voulais pas manger toute seule, une bête muette qui finissait par trouver les bons mots avec le temps. Et donc on est devenu amis, sans vraiment le choisir.

    Et c'est pour ça que des mois, que dis-je des années plus tard, je m'invitai à son anti-crémaillère, en espèrant lui piquer un bibelot, un morceau de ce jour où j'ai sonné à sa porte avec le ventre plein de gargouillis.


  5. Ca fait longtemps que je suis pas venue dépoussiérer ce blog (mis à part un passage éclair y a presque un an) et à vrai dire ça fait un bail aussi que je n'étais pas revenue forumer tout simplement et ça me manquait. Il faut dire que ces dernières années ça a été un beau foutoir ma vie ;O Le temps d'y remettre un peu d'ordre ... c'est dingue ce que ça passe vite.

    JP : Dis nous Clo, ce retour, tes impressions ?

    Ehh bien jean pierre .. ça me fait tout drôle, j'ai l'impression de recommencer à zéro, pourtant l'endroit a toujours l'air bien familier :D

    JP : Alors, heureuse ?

    Oquewwiii alors ! Passe moi une clope .. merde c'est vrai je fume pas :blush:

    JP : T'as foutu quoi ces dernières années ?

    Laisse moi réfléchir. Il semblerait que j'ai divorcé, que j'ai un peu voyagé aussi, changé radicalement de carrière et repris des études et puis j'ai déménagé par 2 fois et c'était particulièrement casse noix. Je déteste ranger et faire et défaire des cartons. Il me faut 3 plombes pour en emballer un déjà et si je te dis que dans peu de temps je vais remettre ça ... imagine l'angoisse. Monsieur n'est pas content. Il me file un coups de main et s'inquiète du boulot en prévision et des charges à porter ... tiens, je te fais la dernière tranche de vécu en date pour la peine ...

    Monsieur en colère : "On jette ça ou on jette pas ?"

    Moi avec des yeux de cocker attendrissant : "Bah et si on le gardais ?"

    Monsieur exaspéré : "Mais c'est vieux moche et encombrant, on va quand même pas déménager ça, t'imagines pas le bordel qu'on a accumulé ! On s'en sortira jamais, va falloir toute l'année pour emballer tout ça. Faut aller à l'essentiel"

    Moi, aventureuse : "Mais c'est vachement essentiel ça, je l'utilise encore !"

    Monsieur, passablement agacé : "C'était quand la dernière fois ?"

    Moi qui me fait toute petite : "Je sais pas, y a 2 ou 3 ans peut être bien mais ça pourrais resservir ! Non ? .. Non ? .. Vraiment .. pas ? :snif: "

    Et d'un seul coups, ses yeux commencent s'assombrir, son visage change de couleur et je sais pas pourquoi je commence à pas me sentir rassurée :D

    (.....) Auuuu secours .. A l'assassin ! Il veux m'emballer dans le carton !!! (....) :snif:

    Eh oui .. Kai est un animal sentimental, on ne jette rien (mais c'est permis quand je ne m'en rends pas compte et qu'on le fais derrière mon dos :sleep: ) Je suis toujours aussi frappadingue, il y a certaines qui ne changent jamais heing ? :blush:

    La suite au prochain épisode :D

    * générique de fin *

    Et sinon tout le monde par ici, ça va bien ? :o°



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    Bonjour à toutes et a tous.Comme vous le savez, l’utilisation répétée de produits ménagers, les carences alimentaires ou de mauvais soins sont souvent la cause de la mauvaise santé des ongles, mais heureusement, il existe de nombreuses "techniques" pour avoir des ongles impeccables !

    Lorsqu’ils sont abîmés, ils sont en fait assez simples à soigner avec des gestes élémentaires et des attentions quotidiennes.

    - vous pouvez trempez vos ongles dans de l'huile d'olive pour les fortifiés et les faire briller

    -ou prendre de la levure de bière qui fortifie les ongles ainsi que les cheveux.

    Il existe également des recettes miracles pour les ongles tels que:

    -huile d'olive et sel

    -eau chaude et sel (8 grammes de sel par litres d'eau)

    -jus de citron et huile d'olive

    et pour une pousse plus rapide, trempez vos ongles dans tu thé vert!

    Utilisez régulièrement une crème mains/ongles, pour protéger et tonifier vos ongles.

    Voila! j'espère vous avoir aider pour la mise en beauté de vos ongles :)

    bisous à tous :bisou:


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    in cauda venenum !

    Je commence fort ; il y à longtemps que je me demande quel est la vrai nature des gens en ce qui concerne leur sexualité. Que ce passe t'il dans la grande majorité des gens dit "normaux" . Quels sont les déviations les plus courantes, que pensez du dicton "en amour il n'y à rien de sale ?".

    Bref des questions des questions et encore des questions,je vais me servir de ce blog à la manière d'un forum,où tout le monde pourra raconter un peu leurs exploits,ou leurs misères sexuelles,leurs complicité avec le ou les partenaires sexuels.

    Bien sur rien n'est tabous sauf la vulgarité.thumbsup.gif

    Freeman59


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    zim88
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    Avoir son matériel de puériculture sans se ruiner.


  6. A l'Institut du monde arabe, une fastueuse exposition donne à voir et à admirer plus de 300 oeuvres que ces contes ont inspiré dans tous les domaines de l'art. Voyage en Orient.

    37-mille_et_une_nuits.jpg

    Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris, jusqu'au 28 avril 2013.

    30 décembre 2012, par Frédéric Joignot

    Les Frères musulmans font taire Schéhérazade

    affiche-mille-et-une-nuit-IMA-Paris-Select.jpg

    "Les femmes qui accompagnaient la sultane se découvrirent le visage et quittèrent de longs habits qu’elles portaient par dessus d’autres plus courts. Mais Schahzenan, roi de Grande Tartarie, fut extrêmement étonné de voir que dans cette compagnie(...) Les plaisirs de cette troupe amoureuse durèrent jusqu’à minuit." Nous sommes au début des Contes des Mille et Une Nuits, dans leur traduction Galland. Témoin de cette scène, le roi Schahzenan révèle à son frère le sultan Schahriar les orgies de la reine. Celui-ci, fou de colère, décide d’épouser chaque jour une jeune vierge, puis de l’immoler au matin. Alors, ayant "dessein d’arrêter le cours de cette barbarie", Schéhérazade, la fille du grand vizir, "heureusement appliquée à la philosophie, à la médecine, à l’histoire et aux arts" s’offre au sultan. Nous connaissons la suite, Les Mille et Une Nuits étant un des livres les plus lus au monde : chaque soir, Schéhérazade commence le récit de contes si captivants que Schahriar renonce à l’exécuter...

    LITS MAGIQUES, LIBIDO EFFERVESCENTE

    Les Mille et Une Nuits servent de trame à la grande exposition proposée par l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 28 avril, annoncée par une magnifique affiche tirée d’une aquarelle inspirée par le Schéhérazade de Rimski-Korsakov, interprété par les Ballets Russes en 1910 à Paris. On y voit Nijinsky en "Nègre d’Or" jeté aux pieds de la sultane Zobéïde à moitié déshabillée. Cette affiche est sans doute la pièce la plus audacieuse de l’exposition, enfin c’est l’avis du fin connaisseur des lettres arabes, l'algérien Malek Chebel, qui voit là l’occasion de donner sa vision des Mille et Une nuits – selon lui le plus formidable manifeste anti-intégriste jamais écrit. "Les Mille et Une Nuits sont pleines d’histoires de désir fou et de maris trompés, de lits magiques et de scènes lubriques, rappelle-t-il. Le grand historien de l’art Elie Faure, disait que "l’adultère et le cocuage en sont le sujet permanent, et à peu près unique". Il a raison. C’est la rançon de la polygamie, la face cachée d’un monde viril où les femmes rusent sans cesse pour satisfaire leurs désirs." Rieur, le regard pétillant, toujours intarissable dès qu'il s'agit d'évoquer la littérature amoureuse, il reprend : "L’affiche montre bien cette libido effervescente, tout comme la traduction plus littérale faite ces années-là par Joseph-Charles Mardrus, l’ami d’André Gide, beaucoup moins édulcorée que celle d’Antoine Galland."

    Anthropologue des religions, traducteur du Coran (Fayard, 2009), Malek Chebel a publié un fourmillant Dictionnaire amoureux des Mille et Une Nuits (Plon, 2010, 920 pages), qui lui a valu d’être consulté par le comité scientifique de l’IMA. Il publie ces jours-ci deux essais percutants "L’islam de chair et de sang", consacré aux manière dont le Coran parle du corps, tout juste sorti (Librio), et Changer l’islam en janvier, un dictionnaire des grands réformateurs de l'islam (Albin Michel).

    Remontant le vaste labyrinthe de l’exposition, parfois enchanteur, où se mêle l’univers arabe des contes (les dédales palais des sultans et des villes médiévales, les artisans des souks, les harems revus par les orientalistes, les portraits d'Aladin et de Sinbad, les génies fusant des lampes, les danseuses du ventre...) et ses interprétations européennes (cinéma hollywoodien ou italien, délire foutraque de Méliès, chorégraphie des années 1920...), il regrette qu’il n’y ait pas eu assez de place pour montrer toute "la gourmandise érotique et l’impertinence des Nuits". C’est-à-dire ? "L’éphèbe 'beau comme la lune' aimantant des jeunes filles de l’Histoire du Portefaix, Myriam qui donne du haschich à son mari pour rejoindre le séduisant Nour-Eddin, les amours et les cajoleries entre femmes comme dans l’histoire du Capitaine Moïn, devant qui l’adolescente s’écrie : 'Sache, que je suis une femme éperdument éprise d'une jouvencelle. Et son amour est dans mes entrailles à l'égal d'un feu pétillant.' Sans oublier les coups de foudre entre garçons, entrecoupés de poèmes lyriques, comme dans l’histoire de Kamar ou de Grain de Beauté..."

    POURQUOI "LES NUITS" DÉRANGENT LES INTÉGRISTES

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    A entendre Malek Chebel parler des Mille et Une Nuits, "un chef-d’œuvre universel qui ne finit pas de s’écrire et a influencé le Voltaire de Zadig, le Diderot des Bijoux indiscrets, mais encore Shakespeare, Poe, Borges ", nous assistons depuis trente ans, dans tout le monde musulman, et désormais dans une certaine élite européenne, à un gigantesque "refoulement" de la grande culture arabe classique et populaire, érotique aussi, une véritable démolition d’un passé brillant – "celui de la dynastie des Abassides [sunnites, VIIIe-XIVe], du monde arabo-andalou [Xe-XVe] et des grands réformateurs de l’islam du XIXe et XXe siècle".

    Selon lui, les puristes et les piétistes actuels de l’islam, les salafistes et la plupart des Frères musulmans veulent revenir à la religion du IXe siècle – une véritable "régression intellectuelle", qui, en retour, alimente la virulence des nationalistes européens contre tous les musulmans.

    Manuscrit syrien des Mille et Une Nuits (XVe siècle)

    Nous continuons notre visite après un aparté moqueur sur l’Union des organisations islamiques de France, proche justement des Frères musulmans, qui ont affirmé le 14 novembre dernier que le mariage homosexuel risque de mener la France à reconnaître "la polyandrie et la zoophilie" : "Ils devraient relire les Mille et Une Nuits, qui s’ingénient à montrer, s'amuse Malek Chebel, toutes les formes d’amour imaginables, orgie, homosexualité, bisexualité, sado-masochisme, fétichisme, narcissisme, usages d’aphrodisiaques, travestissement et même la zoophilie dans l’histoire de Wardan le boucher. Ces vieux barbons apprendraient peut-être la tolérance !"

    Il rappelle qu’en 1980, la version arabe populaire des Nuits dite "de Boulaq" (un quartier du Caire) a été interdite à la demande des Frères Musulmans, puis brûlée en place publique en 1985. Une seconde version édulcorée, publiée par le gouvernement Moubarak en 2010, fut attaquée par des avocats islamistes pour "offense à la décence" et "encouragement au vice et au péché". Un autre fin connaisseur des Nuits, Jamel Eddine Benckheikh, co-traducteur de l’édition La Pléiade (Gallimard) estime que les Mille et Une Nuits choquent les officiels et les religieux arabes depuis leurs premières publications (sans doute au XIIIe) : "Les clercs ont qualifié de futile un texte pervers pour en annuler les effets."

    Devant le tableau orientaliste de Paul Emile Destouches représentant une toute jeune Schéhérazade ensorcelant le sultan (1824), Malek Chebel reprend : "Des versions réécrites des Nuits circulent aujourd’hui dans le monde arabe, où on a ajouté un narrateur masculin à Schéhérazade. Ils veulent rétablir l’autorité du roi berné. Ils ne supportent pas qu’une femme se montre plus intelligente, cultivée et rusée qu’un homme. Ils détestent qu’elle raconte des histoires d’amour qui dissocient la jouissance et la maternité, l’amour du devoir, et se gaussent des maris." D’ailleurs, l’extraordinaire personnage de Schéhérazade, au nom "immortellement familier" selon Proust (qui a dévoré les contes enfant), continue de séduire les féministes de culture arabe (et pas seulement), qu’elles se réclament de sa parole émancipatrice – comme Assia Djebar, Leïla Sebar en France –, ou qu’elles veulent se libérer de toute tutelle, comme la libanaise Joumana Haddad dans J’ai tué Schéhérazade (Actes Sud, 2010).)

    LE GRAND REFOULEMENT

    Après une pause devant une scène de danse au harem (une laque iranienne du XIXe), Malek Chebel constate que partout où les islamistes – en Arabie, au Yémen, en Egypte, au Soudan – font pression pour interdire l’étude des Mille et Une Nuits et les bannir des bibliothèques, ils font aussi la chasse aux homosexuels (très presents dans les Nuits) et condamnent un des plus vieux arts d’Orient, la danse du ventre, l’ancienne "danse de fertilité" (mais aussi le maquillage, le maillot de bains et les tenues occidentales). Aujourd’hui en Egypte, après un âge d’or lié à l’essor du cinéma dans les années 1930, puis après-guerre, seules quelques dizaines de professionnelles de danse classique exercent encore dans les lieux touristiques, la plupart étrangères (Brésiliennes ou même Coréennes), alors qu’il y en avait plus de 5 000 dans les années 1950. Les islamistes, sait-on, les maltraitent sans cesse. Il y a quelques jours, Sama al-Masri, une danseuse égyptienne partie exercer à Londres, a même posté sur YouTube une vidéo dansée où elle dénonce la nouvelle constitution des Frères Musulmans, qu’elle traite de "marchands de religion" et de "terroristes".

    Cette peur des musulmans radicaux pour la danse du ventre et ses jeux de voilages fait sourire Malek Chebel. Formé à la psychanalyse (il a exercé un temps), auteur d’une Encyclopédie de l’amour en islam (Payot, 2003), il sait bien que le désir de liberté et l'Eros refoulé ressurgit toujours : "On vient de s’en apercevoir pendant le printemps arabe, s'exclame-t-il, redevenant grave, et le retour d’une opposition laïque, qui a commencé de résister !"

    Il propose encore cette analyse nuancée de l’Eros islamique, qui fait autant grincer des dents les talibans de tous les pays que les pourfendeurs de toute culture islamique. "Depuis des siècles, le voile traditionnel oriental, le simple hijab qui encadre le visage, est un code dans un monde qui se veut vertueux, familial et patriarcal. Longtemps, le voile a protégé les femmes des désirs trop violents des hommes, mais il n’a jamais empêché toute une stratégie de séduction. Les yeux doux, les clins d’œil, les paroles troubles, les billets, les signes secrets, sans compter tout l’art de le broder, le décorer, et celui de se dévoiler. Cet Eros arabe a toujours existé dans les grandes villes comme Le Caire, Bagdad, Damas, Téhéran, Marrakech. D’ailleurs, une femme qui se cache de tous sous un grand châle va peut-être, comme dans les Mille et Une Nuits, retrouver son amant en dessous affriolants. Allez aujourd’hui à Casa, à Beyrouth, à Alexandrie, à Amman ou à Tunis, vous trouverez des magasins de dessous sexy devant lesquels les femmes se bousculent."

    "Les Fleurs des Mille et Une Nuits" de Pier Paolo Pasolini (1974).

    Il faut se plonger dans Le Kama Sutra arabe, 2000 ans de littérature érotique en Orient, une anthologie réalisée par Malek Chebel en 2006 (chez Pauvert), pour comprendre son profond rejet du rigorisme musulman, tout comme des discours anti-islamistes brutaux - "Que d’ignorance crasse !", dit-il, haussant une épaule. En effet, la littérature érotique persane et arabe, lyrique ou crue, est riche et foisonnante. Il faut se rappeler qu’à la fin du VIIIe siècle, Bagdad comptait un million d’habitants, 70 000 juifs y vivaient, la ville connaissait une vie nocturne agitée, il y avait des salons littéraires, athées et réformistes religieux s’exprimaient, on buvait du vin dans les tavernes. Cette effervescence intellectuelle et des mœurs, parfois soumise à des répressions dures, mais jamais démentie, va durer cinq siècles.

    L’AGE D’OR DE L’ISLAM

    Malek Chebel n’est pas seul à remettre à l’honneur cette époque. L’universitaire marocain Driss Belmlih, spécialiste de littérature abasside, Abdelfattah Kilito, le professeur de Rabat qui a enseigné à Harvard le font aussi. Ils nous parlent des odes à l’amour du poète Omar Ibn Rabia (644-712), lues dans les mosquées. De l’écrivain Abû Nuwâs (mort en 815), un des plus grands poètes classiques, qui a passé sa vie à défier la religion : grivois, libertin, plein d’humour, ivrogne, chantant l’homosexualité, la masturbation et la débauche féminine, il fut soutenu par le calife Al-Amin. Du sceptique Al Maari (973-1057), qui écrivait "Tous les hommes se hâtent vers la décomposition. Toutes les religions se valent dans l'égarement", et rendait les oulémas responsables de la corruption et l’ignorance. Et, bien sûr, du mathématicien et poète perse Omar Khayyam (1048,1131), hédoniste et d’esprit libre, qui disait : "S’il existait un enfer pour les amoureux et les buveurs, le paradis serait désert."

    L’épisode arabo-andalou, du XIe au XV siècle, a lui aussi donné de grands écrivains irrévérencieux, des réformateurs, une musique langoureuse et des libres-penseurs. André Miquel, co-traducteur des Mille et Une Nuits pour La Pléiade, a montré combien Ibn Hazm (994-1064), le poète de Cordoue, a contribué à fonder l’amour courtois français, lyrique et passionnel, et développé un scepticisme philosophique. Malek Chebel reprend : "Aujourd'hui, l'islam et le monde arabe paient encore le prix de la disparition de la société arabo-andalouse, urbaine, inventive, tolérante et amoureuse, détruite au XVe siècle par la Reconquista catholique, oubliée par tous les radicaux musulmans."

    La dernière fois que je l’ai rencontré, Malek Chebel revenait d’une visite au département permanent des Arts de l’islam, au Louvre. Ce jour-là, il était très remonté par tous ceux qui, en Europe, rejettent la civilisation de l’islam - "les islamophobes, les frères ennemis des fondamentalistes, leur miroir inversé " dit-il -, la considérant comme intolérante et agressive depuis toujours, ou alors anachronique et incapable de s'adapter à la modernité, sans en rien savoir, ignorant ses plus grands chefs d'oeuvre : "En déniant au monde arabe et à l’islam toute incursion dans le domaine du beau, des arts et de l’érotisme, hier comme aujourd’hui, ces artificiers entretiennent la haine et la suspicion du musulman, où qu’il se trouve."

    Pourtant, l’exposition du Louvre révèle de nombreuses œuvres "admirables", que ce soit, s'enthousiasme Malek Chebel "les miniatures, les calligraphies, l’art extraordinaire du tapis, le métal incrusté, la mosaïque, la céramique, le travail de l’or, du verre et de l’argent, mais encore les armures, les frises murales, la sculpture sur ivoire, j’en oublie..." Il ajoute non sans tristesse d'un coup : " A titre personnel, je prétends que la beauté est une arme contre l’oubli et le déni de soi. Elle permet aux jeunes Français issus de l’immigration de se connecter à une histoire plus flamboyante. L’oubli des chefs-d’œuvre de sa propre culture, encouragée par des intégristes bornés, contribue à isoler les populations immigrées dans leurs cages d’escalier, y compris celles qui sont nées en France."

    (une version courte de cet article a été publié dans Le Monde Week-end de vendredi)

    On trouve "Les Mille et Une Nuits" en "bouquins" Laffont (traduction Mardrus, plus crue, plus érotisée, avec les poèmes), en Folio (traduction Galland, très littéraire et réécrite) et à La Pléiade (plus proche de l'original).

    http://sexe.blog.lem...e-scheherazade/

    image.jpg

    Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris, jusqu'au 28 avril 2013. L'excellent catalogue de l'exposition est une édition IMA/Hazan. Voir aussi Les Mille et Une Nuits par les commissaires dans la collection «Découvertes» de Gallimard. Une récente traduction des Nuits par André Miquel et Jamel Eddine Bencheikh, qui fait déjà référence, est parue (en trois volumes) dans La Pléiade. Les Mille et Une Nuits dans une version très richement illustrée, Editions Citadelles & Mazenod.


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    yplaure
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    Le 30 décembre 2012, l'avant-dernier jour de l'année 2012, je suis en mauvaise humeur.

    Au début, j'ai été assez naïf pour penser que ma vie, c'est à moi. Mais, maintenant, je le doute. Car il existe trop de choses objectives de déranger notre propre vie. On vit selon notre goût, c'est impossible! La société, les règles conservatrices, formalistes et inégales, tous nous étouffent! Les droits, ils sont toujours aux hommes au pouvoir. Donc, la réalité nous pousse de chercher sans cesse le pouvoir et l'argent. Ainsi, l'homme perd un peu le soi-même...


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    En Chine, le trèfle possède d’un sens spécifique. Dans ce pays magique, milliers de personnes se prétendent «trèfle». Pourquoi? Car ils sont tous les fans de S.H.E, un groupe célèbre de trois chanteuses---Selina, Hebe et Ella. Comme les autres fans, chacun de «trèfle» espère une vie heureuse de ses idoles. Et pour supporter ses idoles, ils achètent les albums, assistent aux conserts, organisent des matchs eux-mêmes, etc. De plus, en tant qu’un trèfle, ils ne mangent que les aliments végétariens chaque lundi pour protéger les animaux et la nature. Bien sûr, le «trèfle» dispose de leur propre fondation ayant but d’aider les pauvres et les animaux. L’année dernière, le «trèfle» a fondé une école primaire d’espoir. Grâce à des activités divers, beaucoup de «trèfles» ont devenu de bons amis, voire des couples. C’est, la force des idoles. A l’heure actuelle, il existe de nombreux groupes de fans comme ça en Chine, par exemple, «maïs», «vermicelle», «bactérie», etc. Ils se réunissent et se rencontrent en raison de la même admiration, mais aussi, ils aiment partager cette amour avec les autres, surtout les personnes qui ont besoin d’aide. En un mot, les groupes de fans en Chine sont en train de mûrir. Et ils vont sans doute nous apporter plus de surprises dans l’avenir. :smile2:


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    lastel
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    tumblr_l2vknmf5y81qztk1wo1_400.jpg

    Je déambule au milieu de ces meubles, témoins principaux de ce qui nous est arrivé, de nos premiers instants, premiers ébats, premiers hurlements... Mais aussi derniers.

    Mes amis riaient je le sais, d'une joie sale, qui était celle d'enfin me voir traverser ce dont ils m'avaient parlé.

    Oui, j'aurais dû savoir que ce n'était qu'éphémère. En étant aveuglé, on ne reconnait pas certaines choses.

    En étant aveuglé, on ne peut voir l'autre s'éloigner, jusqu'à-ce que tout s'éteigne de façon brusque.

    L'enfer, ce n'est pas les autres, l'enfer c'est de t'aimer, et de te voir en aimer d'autres.

    Alors je noie le feu qui me consume. Mais l'alcool ravive parfois les flammes. Et je suis là, à hurler ton nom au fond de mon verre, comme pour lui reprocher l’amertume de ton départ.

    Et quelque soient les chemins que j'emprunte, tous ne font que me mener à ma peine.

    Et le fil des saisons me fait mal. Le soleil, le vent et la pluie sont emplis de ton souvenir qui m'est aussi douloureux que cher.

    Je me meurs de toi.


  7. Lina57
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    noel-2012--5-.gifflorapaindepicenoel-16232c2.gif

    Bienvenue Si vous aimez mon blog pensez à laissez un com' Merci :coeur: :coeur: :coeur: Vive noël et ses gourmandises :coeur: :coeur: :coeur:

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    Temps de préparation : 30 minutes

    Temps de cuisson : 60 minutes

    Ingrédients (pour 6 personnes) :

    - 250 g de miel

    - 250 g de farine

    - 100 g de sucre en poudre

    - 1 sachet de levure chimique

    - 1 sachet de sucre vanillé

    - 1 cuillère à café d’anis vert

    - 1 cuillère à café de muscade râpée

    - 1 cuillère à café de cannelle en poudre

    - 1 cuillère à café de gingembre en poudre

    - 1 cuillère à café de quatre épices

    - 2 œufs

    - 10 cl de lait

    Préparation de la recette :

    Faites chauffer 250 g de miel à la casserole ou au micro-ondes, puis versez-le bien chaud dans un saladier sur 250 g de farine, mélangée à 1 paquet de levure chimique, les deux sucres et 1 cuillère à café de chaque épice : anis vert, muscade râpée, cannelle, gingembre.

    En remuant cette préparation avec une cuillère en bois, incorporez petit à petit 2 œufs, puis un peu de lait juste tiède pour amalgamer le tout.

    Préchauffez le four à thermostat 5/6 (160°C).

    Versez la préparation dans un moule à cake bien beurré et fariné ou un moule flexipan :bo:(sans beurre et farine).

    Enfournez et laissez cuire pendant 1h à 1h15.

    Démoulez le pain d'épice lorsqu'il a totalement refroidi. Attendez 24 heures au minimum avant de le déguster.

    Il se garde une semaine, enveloppé dans du papier d'aluminium.

    Une vraie recette, elle est excellente très aéré et léger Les épices et le miel un pur bonheur :bave: :bave:

    Nougat glacé :coeur: C'est méga bon :coeur:

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    Ingrédients (pour 8 personnes) :

    - 3 œufs

    - 40 cl de crème fleurette ou crème entière semi épaisse Président

    - 120 g de sucre

    - 100 g de miel d'acacia

    - 150 g d'amandes ou noisettes

    - 75 g de pistaches

    Coulis de fruits rouge :

    - 300 gr (fraise et framboise)

    - 1/2 de citron

    - 75g de sucre environ + ou - selon goût

    Préparation de la recette :

    Faire griller les pistaches ou noisettes (vous pouvez faire 50/50) et les amandes dans une poêle ( les poudrer de sucre pour laisser caraméliser selon goût).

    Séparer les blancs des jaunes monter les blancs en neige.

    Faite chauffer à feu moyen le miel environ 3 minutes .

    Puis les versez le miel bouillant dans les blanc en neige.

    Mettre les 120g de sucre aux jaunes et fouetter jusqu’à que le mélange blanchisse et incorporer les blancs.

    Monter la crème fleurette en chantilly et l'ajouter au mélange précédent (sucre, œuf et blanc en neige miel).

    Puis enfin mettre les pistaches les noisettes et les amandes concassées.

    Mettre dans un moule à cake de préférence en silicone sinon mettre un film alimentaire au fond du moule afin de pouvoir démouler le nougat plus facilement.

    Mettre au congélateur au moins 12 h avant de servir.

    10 minutes avant le service sortez le nougat glacé du congélateur Otez le film étirable.

    Pour le coulis de fruits rouge :

    Mixer les fruits crus ou décongelés, le sucre et le jus de citron.

    Servir le nougat glacé accompagné du coulis de fruits rouge.

    Quelque conseils de dressage :

    Pour les fruits sec, vous pouvez utiliser aussi bien des pistaches des noisettes et des amandes. Quelque framboises ou des fraises peuvent également être ajouter à la préparation du nougat.

    Pour le dressage, coupez le nougat et arrosez le du coulis puis ajoutez autour des pistaches ou autre concassées pour décorer.

    Petit conseil très important :

    Avant de monter en chantilly la crème fleurette ou la crème président. La mettre au congélateur dans un plat en alu ou en verre qui adhère au froid pendant 30 minutes. C'est super important pour que la chantilly prenne.

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  8. benfaitsonshow
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  9. Zala's Blog

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    Elsa
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    Bienvenue à tous sur cette 32ème édition du Mag FFR...

    Ce mois-ci, les participations forumiennes sont à l'honneur, avec:

    - Le coin du geek, de Nathaniel

    - L'art pré-colombien, d'Amazones,

    - Et bien sur la suite de l'article de Mad_World sur la recherche scientifique...

    Signalons aussi le retour d'Adenar, qui reprend sa rubrique sur la photo, avec un article sur le Flash !

    Mais vous retrouverez aussi toutes les rubriques habituelles:

    - Le micro-trottoir d'Eva, qui continue à nous régaler de récit de mariages

    - Cinéma, avec Noisettes, qui nous parle du dernier film de Fantomas

    - Beauté, Zala nous dit tout sur la cellulite

    - Cuisine, Eloba s'attaque aux macarons !

    - L'acrostiche du mois, merci Eva

    - Japon, où Yakiba aborde le sujet des Geishas

    - Et bien sur les paroles de Stars !

    Bonne lecture à tous, et au mois prochain !

    Retrouvez nous ICI


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    La Passion de Simon Kimbangu

    Préliminaire de la deuxième édition

    Cette nouvelle édition du livre de Jules Chomé « La passion de Simon Kimbangu » que nous publions de nouveau, intervint plusieurs années après l'édition originale de l'auteur lui-même. Il va de soi que pendant ces années, quelques détails de l'histoire parfois présentés de manière peu probable, ont connu des précisions dans leurs matérialités par d'autres sources auxquelles l'auteur n'avait pas forcément eu, à l'époque, connaissance. Dans le souci d'éclairer le lecteur, nous portons quelques précisions sur certains faits pour lequel l'auteur de l'ouvrage n'avait que peu d'informations ou encore n'avait recouru qu'à des sources peu dignes de foi.

    1. La date de naissance de Simon Kimbangu. Son Eminence Joseph Diangienda Kuntima, dans son ouvrage : « L'Histoire du Kimbanguisme », a fixé l'opinion sur la date de naissance de son père qu'il affirme au Mercredi 12 septembre 1887 à Nkamba. Cette date est célébrée chaque année par les fidèles kimbanguistes du monde entier.

    2. La première guérison miraculeuse.

    La guérison miraculeuse qui a enclenché la mise en route du ministère religieux et de la renommée de Simon Kimbangu le 06 avril 1921 est partie de la guérison d'une femme du nom de Nkiantondo qui

    agonisait depuis plusieurs jours dans le village de Ngombe-Kinsuka, situé sur la colline en face de Nkamba.

    Cette version confirmée par son Eminence Joseph Diangienda Kuntima renvoi celle de Budimbu telle que rapportée au pasteur P.H.J. Lebrigo M.D. citée dans l'article « Prophet Mouvement » in Congo, publié dans the International Review of missions 1922, pp. 270 et suivant.

    3. Le Refuge de Simon Kimbangu et son arrestation.

    Après la tentative échouée d'arrestation de Simon Kimbangu le 06 juin 1921 par l'Administrateur du Territoire de Mbanza-Ngungu, Monsieur Morel, Simon Kimbangu s'est réfugié pendant plus de trois mois à Mbanza - Nsanda qu'il a quitté définitivement le samedi 10 septembre 1921 pour retourner à Nkamba et se livrer le lundi 12 septembre à l'autorité coloniale (Monsieur Snoeck) contrairement à la date de son arrestation.

    4. La Relégation de MANDOMBE Mikala. Bien que le jugement du Conseil de Guerre rendu par le Juge De Rossi ait condamné Mandombe à deux ans de servitude pénale, en réalité, elle a été déportée à Lowa dans la province Orientale avec les autres relégués où elle a passé 39 ans de prison. Sa peine a été donc injustement et irrégulièrement ajoutée.

    Avertissement de l'Editeur

    Notre propos, en publiant l'écrit de Jules Chomé n'est pas, on le pense bien, d'entretenir le climat d'agitation qui existe au Bas-Congo. Au contraire, nous croyons que le fait de réhabiliter Simon Kimbangu ne peut favoriser l'apaisement souhaité par tous. Les autorités coloniales, cet ouvrage le prouve à suffisance, ont commis une grave erreur en faisant condamner injustement un homme qui personnellement était extrêmement pacifique. Durant des années, des milliers de personnes furent reléguées, parce que membres du mouvement kimbanguiste. Cependant ce mouvement, s'il s'est montré parfois xénophobe du fait de la répression qui s'exerçait sur lui, restait fondamentalement religieux et non politique.

    Sans doute, l'Etat a-t-il cru que l'ordre public était menacé et que l'on risquait d'aboutir à des troubles graves ? C'est le réflexe de tous les pouvoirs coloniaux et l'histoire nous prouve assez combien ils se sont trompés. Ces mesures se révélèrent être une erreur, et le maintien encore actuellement de milliers de relégués pour le seul fait d'appartenir à un mouvement religieux prophétique constitue une injustice grave. Les autorités semblent d'ailleurs avoir compris l'inefficacité et le danger d'une telle politique, puisqu'elles envisagent, sous la pression de l'opinion africaine, de rendre au mouvement kimbanguiste une existence légale en

    lui attribuant la personnalité civile.

    Jules Chomé a défendu dans ce livre une cause qui lui est chère, celle de la liberté et des dignités humaines. Ce faisant, il témoigne de préoccupations qui sont les nôtres à Présence Africaine.

    S'il n'a pas eu accès à toutes les archives de l'Etat qui contiennent les procès-verbaux et rapports établis à l'occasion de la répression, ces archives ne se trouvant ni au ministère du Congo ni au Musée de Tervueren, nul plus que lui ne souhaite la publication de ces documents qui, sans aucun doute, apporteront une confirmation à l'étude qu'il nous livre.

    La dénonciation faite par l'auteur, du procès inique et de la condamnation de Kimbangu contraire à toutes les règles du droit, ne peut qu'être versée à son crédit. Il fut le seul jusqu'ici à avoir le courage de percer le mur de silence créé autour de la personne de ce prophète. Il était important qu'un belge dise à ce sujet la vérité et se désolidarise de l'action répressive entreprise par l'autorité coloniale, sous la caution des pouvoirs métropolitains successifs.

    Sur le plan religieux enfin, il est également important pour l'avenir des Eglises catholique et protestantes autochtones que des chrétiens soient associés à cette réhabilitation de Simon Kimbangu, écrite par un incroyant.

    Voyant les joueurs de flûtes et une foule qui faisait grand bruit, il leur dit : « Retirez-vous, car la jeune fille n'est pas morte, mais elle dort » et ils se riaient de lui. Lorsqu'on eut fait sortir cette foule, il entra, prit la main de la jeune fille et elle se leva. Et le bruit s'en répandit dans tout le pays.'

    Simon Kimbangu est né à Nkamba, au Nord de Thysville (actuel Mbanza-Ngungu), probablement le 24 septembre' 1889.3 Dans la région, les missions catholiques n'ont pas pénétré.

    Le pays est évangélisé par la « Baptist Mission Society » (B.M.S) de Wathen (Ngombe - Lutete à 12 km de Nkamba). A la mère de Simon, pendant sa grossesse, un missionnaire protestant a dit : « Femme, cet enfant que vous attendez, sera appelé à de grandes choses4 ». Simon, après avoir été le boy attitré du Révérend Philipps, deviendra catéchiste de la B.M.S en son village natal de Nkamba. Il semble qu'il ait aussi exercé divers métiers à Kinshasa et Matadi. Mais l'on ne dispose, à cet égard, d'aucun renseignement précis. Il aurait été boy au service d'européens, travailleur aux Huileries de Kinshasa (HCB), peut être même au Chemin de fer du Bas-Congo.5 Dans ces centres où toutes les races du Congo se rencontrent, il prendra contact avec le monde extérieur. C'est de là que datent sans doute des préoccupations qui, au-delà de son ethnie Mu-kongo, embrasseront le

    Congo tout entier, voire l'Afrique elle-même.

    De ses fonctions de catéchiste, il à gardé une connaissance personnelle et profonde de la Bible. Le protestantisme, surtout celui de l'Eglise baptiste, rejette toute autorité extérieure en matière religieuse. Simon Kimbangu a pris l'habitude d'interpréter librement l'Ancien et le Nouveau Testament dans lesquels il puise des conseils et des enseignements pour toutes les circonstances de la vie. 6 Il est marié. Il a trois enfants.

    Au début de l'année 1921, il est de retour au pays. C'est à ce moment et plus précisément, le 18 mars, que se produit l'événement merveilleux qui va marquer sa vie.

    Budimbu, un noir parlant anglais, rapportera au pasteur P.H.J. Lebrigo M.D' l'histoire8 qui lui a été racontée par Simon Kimbangu lui-même : Un de ses amis était mort dans un autre village. Simon Kimbangu s'était rendu à son enterrement, porteur, selon la coutume, d'un cadeau consistant en vêtements. A son arrivée, les gens en étaient à la danse. Au cours de la cérémonie, il s'évanouit et sombra dans l'inconscience. Son père et sa mère9 le ramenèrent à la maison. En chemin, la famille rencontra un homme « qui n'était ni noir, ni blanc et qui n'était pas non plus un mulâtre. ».

    Il était très bien habillé.

    - « Où emmenez-vous le jeune homme » demanda-t-il.

    - « Nous le ramenons à la maison, il est malade »

    répondit le père de Kimbangu.

    - « Non, dit l'étranger, il n'est pas malade. Il sera bientôt tout à fait bien. »

    La famille continua sa route. Le soir, il fallut

    camper. Au milieu de la nuit, Simon eut soif et dit :

    - « Mère, je m'en vais chercher de l'eau. »

    Il se dirigea vers le fleuve mais tomba dans un trou profond.

    Après quelque temps, sa mère et son père l'appelèrent :

    - « Fils, pourquoi restes-tu si longtemps pour chercher de l'eau ?-»

    Ses parents se mirent à sa recherche. Bientôt, il s'aperçut que sa mère était tombée à coté de lui dans le trou. Mais tout à coup, ils se sentirent, tous les deux, soulevés jusqu'à l'orifice, sans faire eux mêmes aucun effort.

    Après son retour à la maison, il tomba malade de la « makwanza » et son corps fut recouvert de pustules. Un homme vint, vêtu d'une mince couverture, lui aussi tout couvert de pustules. Il demanda de l'eau et la mère de Simon, qui était une bonne chrétienne, prit l'écuelle du ménage et donna à boire à l'étranger. Il partit et Simon demanda à sa mère :

    - Pourquoi lui as-tu donné à boire dans notre écuelle ?

    Il est couvert de pustules. L'étranger l'entendit et revint sur ses pas.

    - Pourquoi parles-tu ainsi ? Demanda-t-il. Toi aussi, tu es recouvert de pustules. Si tu t'enduis d'huile de palme, tu seras guéri. Cette nuit-là Simon a une vision. L'étranger lui apporte une Bible. Lui dit :

    - « Voici un bon livre ! Tu dois l'étudier et prêcher. »

    - « Non, répond Simon. Je ne suis ni prêcheur ni professeur. Je ne puis faire cela. »

    - « Alors, porte le livre à ta mère et dis-lui qu'elle doit prêcher ! »

    - « Pourquoi ne lui parles-tu pas toi-même ? répond Simon. Alors l'étranger lui parle d'un enfant malade dans un village voisin, lui disant d'y aller et de prier pour sa guérison. Mais Simon refuse, alléguant que les gens ne le croiraient pas et pourraient le persécuter et le tuer.

    Plus tard, l'homme apparaît en rêve à la mère de Simon et lui dit que son fils doit prêcher et guérir mais qu'il s'y refuse. Enfin il revient à Simon et lui dit : « Il y a un enfant malade dans un certain village. Tu dois aller là-bas, prier, poser tes mains sur l'enfant et le guérir. Si tu n'y vas pas, je réclamerai ton âme. » C'est ainsi que le lendemain, Simon s'en fut et trouva l'enfant malade, comme il lui avait été dit, dans son rêve. Les gens étaient assemblés, pleurant et se lamentant. Simon les écarte, prie un long moment pour l'enfant. Ensuite il lui impose les mains. Au même moment, il subit

    une secousse extrêmement violente.

    L'enfant est guéri et, blotti contre le sein de sa mère, commence à téter. « Alors, racontait Kimbangu à son ami Budimbu, ils m'ont amené d'autres malades ; j'ai prié. Je les ai touchés et ils furent guéris. »

    Il prêchait l'Evangile du royaume de Dieu et guérissait toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie et on lui présentait tous les malades atteints d'infirmités et de souffrances diverses, des possédés, des lunatiques, des paralytiques et les guérissait.'

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    La nouvelle de ces guérisons miraculeuses se répand comme une traînée de poudre.

    Dès mars 1921, d'interminables caravanes sillonnent les routes qui conduisent au village de Nkamba. De toutes les directions les foules accourent vers le guérisseur. On lui apporte les malades, les mourants, des morts même parfois. Les gens bien portants viennent aussi pour le voir ou pour intercéder en faveur de leurs parents malades et intransportables. Entre Matadi et Léopoldville (actuel Kinshasa), les trains sont bondés. La compagnie du chemin de fer doit mettre en service des voitures supplémentaires." Lon dit même qu'elle fit circuler des trains spéciaux pour les pèlerins de Nkamba. Des milliers de noirs, de deux à cinq milles, se pressent quotidiennement autour du prophète." Dès le mois de mai quatre mille pèlerins doivent trouver chaque jour un logement dans le village et les environs immédiats. On se serre dans les cases. On loge à la belle étoile. On organise un service de ravitaillement. 13


  10. Nezyn
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    J'emmerde toutes ces putes qui se font défoncer par 30 keums et qui s'empressent de sortir toute fière de leur bukkake la bave aux lèvres pour donner des leçons de sexualité à la terre entière.

    Tout ça parce que dans l'hypersexualisation de notre société, on a fait croire à ces petites connes écervelées que nourrir sa névrose obsessionnelle en se faisant trouer la viande le plus violemment possible, c'est être au sommet de la hiérarchie féminine du 3eme millénaire.

    Résumé de cet article : Il faut que j'arrête mon abonnement Bangbros.



  11. Dans de nombreux sujets du forum, j'ai pu constater que beaucoup reniait l'anticléricalisme français, l'anticléricalisme de nos ancêtres. Mais il fait partie intégrante des valeurs et des racines de la France.

    :France: :France: :France:

    L'anticléricalisme a été source de nombreux progrès en France, en voila quelques exemples :

    • L'école obligatoire, qui fut un combat de l'instituteur contre le curé
    • La Laïcité, une valeur dont nous pouvons être fier. Certes, les anticléricaux ne sont pas les seuls à avoir permis la laïcité, mais ils y ont grandement contribué.
    • De nombreux écrivains/philosophes qui contribuent rayonnement intellectuel de la France, qui ne nous envierait pas Voltaire ?
    • etc...

    voltaire-litterature-philosophie-650829-jpg_446161.JPG

    "Dieu ne doit point pâtir des sottises du prêtre."

    Voltaire

    Le rejet de l'anticléricalisme vient souvent de la volonté de trouver une racine unique (religieuse et chrétienne) à la France. Du coup, on ignore la très riche pensée anticléricale, athée ou déiste.

    Faire des "racines chrétiennes" de la France les seules racines de notre pays et effacer le reste de l'Histoire est dangereux.

    Cette volonté vient d'un catholicisme fantasmé, idéalisé, qui aurait existé dans notre passé.


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    Je me permets d’écrire un article sur un sujet que j’ai vu ce matin sur le forum. La question «C’est quoi le bonheur pour vous ? », posé par Fistone.

    Dans le monde actuel, comment pouvons-nous définir le bonheur quand les medias annonces que la France est en crise, que nos impôts augmenterons chaque années, que 11% des salariés français sont au smic, que le pouvoir d’achat baisse, que l’immobilier a flambé ces derniers années, des révolutions et des guerres tue des soldats français, que des enfants se font percuter par des chauffards alcoolisé et sans permis, qu’un juge à acquitter des gosses qui ont violé une gamine en bande…etc.</SPAN>

    Comment je fais pour définir le mot bonheur sans être égoïste ?


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    Hello, tout le monde. Le commencement de mon blog est enfin arrivé. J'espère que ça vous plaira et que vous laisserez des commentaires. :)

    Deux musiques pour commencer. (Oui !!! Il faut un peu d'ambiance tout de même!)

    Alors ceux sont deux morceaux largement différent, vous allez bientot voir pourquoi en les écoutants :p. Pas la peine de vous expliquer, vous allez comprendre par vous même :-)

    Coeur de pirate

    Stratovarius.

    Bonne écoute à tous !



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    Melisse-211
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    Salut tout le monde déjà merci de ne pas dire des conneries et de ma faire la morale sur MON blog et aussi merci de m'aider pour cette conversation: Titre pour mon livre.

    Merci de me demander en ami et de laisser des commentaires.

    A+:smile2: