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Billets dans ce blog

Les temps modernes

Epoque accusatoire, où il faut nommer des coupables, souvent sans preuves, les traîner dans la boue, les offrir à la vindicte populaire, et qu'importe s'il est démontré in fine qu'ils n'y étaient pour rien. Quelqu'un doit payer, quelqu'un doit prendre la colère comme on prend la foudre, quelqu'un doit expier, afin que tous les autres puissent déverser leur haine, se soulager de leur mauvaise bile et se croire, eux, irréprochables.  Paris-Briançon - Philippe Besson

January

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L'arme fatale

- Cessez de m'importuner, je vous prie ! avait-elle lancé au coupable. Sinon, je me verrai contrainte de vous frapper d'une arme dont les coups ne vous pardonneraient pas dans une si petite ville. Menace sibylline autant que littéraire, mais il en fallait davantage pour décourager le rustre :  - Et ce serait quoi, cette arme, mignonne ? aurait-il demandé. - Le ragot, avait répliqué Gail Godwin.    La petite amie imaginaire - John Irving

January

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Intégration

C'est là, en lisant ses cours, que j'ai compris que j'avais subi une vaste entreprise de nettoyage. Comme s'il fallait cacher notre différence et puis procéder à un effacement total. Cinq minutes consacrées à la présentation du non-francophone, où pour la seule et unique fois ses "origines" sont évoquées, à part ça, rien d'autre. Ensuite, une fois que le travail de "cleaning" a bien été accompli, on l'envoie dans la "vraie" classe. CLIN ou CLEAN, c'est tout comme. On efface, on nettoie, on nous

January

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Les gens pratiques

Je continue pourtant à penser qu'ils devraient me remercier, ces faux gentils qui se plaignent de moi.  Nous ne sommes pas nombreux à accepter d'avoir le mauvais rôle. Le nombre de gens qui se raccrochent à nous, les méchants, les sans foi ni loi ! Nous servons de prétexte à une ribambelle de faibles qui ont besoin de nous pour céder à leurs peurs et à leur lâcheté. Tout ce qu'ils font, et ne font pas, c'est à cause de nous. Le grand jeu de cette société consiste à se refiler la faute les uns au

January

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Aucun code, bien sûr...

Kevin dut également s'habituer aux codes de la tribu, assez simples mais peu explicites. Clamer la mort du patriarcat mais attendre tout de même que la maîtresse de maison ait saisi sa fourchette avant d'entamer son plat. Placer des mots anglais avec un air de regret, comme si on ne pouvait pas faire autrement. Afficher un mépris blasé pour les politiciens tout en commentant leurs moindres frasques. Revendiquer avec fierté des racines provinciales, limougeaudes dans le cas de Kevin, ce qui aurai

January

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Les gens qui "se reconnaissent"

Il y a ce type qui vit près de chez moi. C'est un ancien pandillero qui est revenu vivre dans son village. Il cultive la terre, s'occupe d'un terrain de son père où pâturent des vaches. Quelquefois il passe dans un vieux pick-up vert cabossé, quelquefois il est à pied. On se croise de temps en temps. Parfois on est l'un en face de l'autre dans le minibus qui nous conduit à la ville la plus proche. Il a des tatouages partout, jusque dans le cou, jusque sous les yeux. Il a à peu près mon âge. Nous

January

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