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Locataire

Tequila Moor

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Atone et assis sur le trône, en matinée :
Là j’entends sonner, plusieurs fois ; mais je m’en fiche.
Atone et pas pressé, j'ânonne : « laiss’pisser »
Mais la clé tourne dans la serrure ! hey ho, fichtre ?

Fâché, je m’empresse de vêtir mon derrière…
Serait-ce ma belle revenant par surprise ?
Non ! Mon proprio m’apportant maintes affaires :
Me croyant au taff il en faisait à sa guise.

Fâché, je le jette : interdit de me surprendre
En rentrant tel un voleur chez moi ; j’ai des droits !
Il dépose ses trucs et repart se faire pendre,
Referme la porte – ici, je suis toujours roi.

Locataire ! Tu le vois au jour dans ta rue :
Loque à terre, pas de chez-soi, les pieds qui puent,
Sale à rayer de la carte ou purger fissa…
Salarié il fut, puis au feu se hissa.


Plus tard, après ma douche, enfin je veux sortir :
Là j’ai l’air naze, ne pouvant aller ailleurs.
Les serrures bloquées, car aussi – sans mentir –
Il ferma celle ne s’ouvrant de l’intérieur...

Ne sachant que faire, je pose un cul un temps,
Puis j’ai l’idée lumineuse – pour une fois ! –
D’aller sur le Net, l’annuaire du moment :
À mon adresse, phoner des voisins sympas.

J’en essaye 5 mais ça sonne dans le vide ;
Le 6ème – cool ! – veut bien m’aider, c’est trop bien !
Je lui envoie mes clés, il me sort de ce bide :
Fenêtre restée ouverte… Bof, ça fait rien.

Locataire ! Tu le vois au jour dans ta rue :
Loque à terre, pas de chez-soi, les pieds qui puent,
Sale à rayer de la carte ou purger fissa…
Salarié il fut, puis au feu se hissa.


En fin de journée, après différents bizness
J’hésite, ne sachant : ce soir, je sors ou rentre ?
Pour moi, le temps décide et me chauffe les fesses :
Je me mets à l’abri, l’orage éclate ; diantre !

Me souvenant alors de cette damnée fenêtre,
Il me faut braver la pluie, mouiller le costard.
Mais ce sont mes pompes à qui je fais la fête
Car elles prendront l’eau dans ma course de tocard.

Le pire ? Tout cela ne servit à rien, certes !
Dans mon appartement, l’eau s’était imposée
Or le convecteur, sous la vitre grande ouverte,
Avait court-circuité ; hop, un feu déclaré !

Morale de l’histoire ? Mon proprio me fait un procès…
Mais deviendrais-je SDF ou pyromane : no lo sé !


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2 Commentaires


Invité Out of Paprika

Posté(e)

Mais sinon, euh... ton proprio s'est réellement permis de rentrer sans te prévenir?

Les salariés sont bien conscients pour la plupart qu'ils ne sont à l'abris de rien, c'est bien ce qui leur fait souvent baisser les yeux;) ça fait trop peur, on veut pas voir, bouh...

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:smile2: Hormis la fin (mon appartement n'a pas pris feu, et je ne suis encore ni SDF ni pyromane) tout est vrai : y'a aussi un télescopage de souvenirs, vu que l'orage qui m'a ruiné les chaussures est certainement arrivé un autre jour que l'intrusion de ce brave proprio dans mon appart, mais c'est un peu flou dans ma tête...

Oui je suis d'accord pour le fait que le salarié sait qu'il n'est pas à l'abri de grand-chose : je trouve mon refrain un peu gnan gnan, et inutilement rude, mais le but du jeu était d'utiliser les jeux de mots "sale à rayer / salarié" et "loque à terre / locataire", après ça je n'ai pas vraiment travaillé le message.

[EDIT] Merci Papri ! J'ai trouvé mieux que "Salarié ! Crois tu que rien ne t'arrivera ?" grâce à ce que tu m'as dit : ça colle mieux avec le texte. :)

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