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Xénomorphe

Tequila Moor

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Egout, où les égos s’égarent, où grandissent faune et flore de l’asphalte, en berceaux de basalte. Caniveau, où s’éventent secrets et aveux, où se vendent bruits et brisures, où se vante le fait de faire le mur.

Impasse de violence, où le silence se rompt quand les pleurs se propagent, impasse en sursis se dissout dans la rage. Peut-on s'y relever fièrement comme une escouade en déploiement, survie menacée par le sombre, et savourer la force hostile du nombre ? En cette rue une fleur de bitume, pour tuer la petite mort, loue son corps pour un rien : rue qui s'éteint d'un rouge qui s'allume.

Artère où se dressent des poubelles comme autant de tourelles de Babel, artère de corps incandescents, de cœurs qui espèrent, de cerveaux effervescents. Même les enfants doivent jouer contre le temps, attendre dans l'ombre agile, amasser la fureur pour leurrer les vigiles. À éviter : les boulevards de rêves qui crèvent, d'abcès en cauchemars, d’excès en largage d’amarres.

Périphérique où la décadence s'éveille telle une danse acide en sommeil ; périphérique crucifié, périphérique mortifié. Va falloir y trouver la trace de l'instant d'avant, cette éternité si tranquille, afin d'oublier l'amour qui va faiblir. Malgré la cité défiance où l'on chasse une idée nommée volonté, méfiance envers sa propre foi, cité où l'on invective l'envie et l'amitié.

Quartier chaud, quartier ghetto, où se fondent tendresse et histoires de fesses, quartier d'anges et de démons, où subsistent frange et sermon. Âpres au gain, certains entraînent leur cuir, dans leurs rondes autour des périls, à joindre les endroits d'où ils pourraient s'enfuir. Pourtant ville d'exil, où chacun s'annihile, où le voisin est île fossile ; ville d'aliénation, ville d'exploitation.

Alors errer dans la nuit sans donner un seul cri : rester les yeux ouverts, terminer dans l'éclair. Alors franchir le seuil, ne plus subir le deuil : sortir à l'unisson puis cueillir la passion – fruit d’espoirs, de clins d’oeil et d’aplomb. Alors, Métropolis : que gise le vice !


   Alerter


3 Commentaires


Commentaires recommandés

@ Ocytocine :

Oui mais pas plus que certains d'autres de mes textes. Je crois que c'est l'urbanité du thème qui donne surtout cette impression.

@ Safa :

Non ! Car je suis un Serial Banner pervers... :dev:

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