• billets
    113
  • commentaires
    374
  • vues
    688 142

À propos de ce blog

Que l'athéisme soit !

Billets dans ce blog

existence

Si je dis que je crois en Satan, c'est pas bien. Si je dis que je ne crois pas en Satan, c'est pas bien non plus. En psychologie, on parle de double contrainte. Il me semble que l'on peut résoudre ce paradoxe en évitant précisant le sens des expressions "croire en" ou "ne pas croire en".

On pourrait paraphraser "Je crois en A" par exemple par "Je crois que A m'apporte des choses essentielles, me permet d'orienter ma vie et d'avoir du soutien". En d'autres termes, ce n'est pas tant l'existence de A dont il est question mais de l'utilité de A dans ma vie.

Alors si je dis que je crois en Satan, cela veut dire je ne veux pas nécessairement insister sur la notion d'existence du Diable mais exprimer que le Diable est un concept qui oriente ma vie. Comme pour un croyant le Diable a de mauvaises intentions, il réagit a une telle affirmation en disant que c'est du satanisme.

Et si je dis que je ne crois pas en Satan, cela veut dire que je pense qu'il n'existe pas. Alors un croyant réagit en me dit que si Satan existe, etc. puisqu'il croit qu'il y a Dieu et Satan.

Si j'insiste que Satan n'existe pas, un croyant dira probablement que précisément Satan a pour objectif de faire croire qu'il n'existe pas. Notez que si Satan ne veut pas qu'on sache qu'il existe, alors Satan est opposé au satanisme. En effet, vouer un culte à Satan suppose qu'on considère que Satan existe.

Cela est donc contradictoire d'avoir peur du satanisme et dans le même temps d'avoir peur d'un Satan qui ne veut pas qu'on sache qu'il existe. Soit Satan veut qu'on lui voue un culte et alors il veut qu'on sache qu'il existe, soit il ne veut pas qu'on sache qu'il existe et il ne chercher pas a ce qu'on lui voue un culte.

Pour éviter les malentendus, il est plus simple de dire a un croyant que Satan n'existe pas. Ou bien de lui demander si lui pense que Satan existe. Cela dit, on voit alors qu'il y a la définition de Satan et de ce qu'il veut. Le fait qu'on utilise des mots autant utilisés que Satan ou Dieu fait qu'il y a une confusion sur ce que l'on veut dire par la.

Une façon de réduire l’ambiguïté est de se référer aux textes religieux ou bien aux images artistiques véhiculées au sujet de la religion. Le Diable avec la peau rouge et un style sadomaso, éventuellement qui joue du hard rock, voila des images culturellement construites au fil des siècles. Et les textes religieux comme la Bible et la Torah ont été écrits sur plusieurs siècles également. Le fait qu'ils soient figés aujourd'hui, notamment du fait de la fiabilité de l'imprimerie, n’empêche pas que ce soit des processus d'accumulation culturelle. Le Coran aussi, même s'il a été écrit sur une période de temps plus courte, se réfère aux textes précédents et participe donc de l'accumulation culturelle.

Pour compliquer les choses, chaque personne a son interprétation, et la plupart des gens n'ont pas lu en détail les livres religieux ni cherché à en faire une image cohérente avec tous les textes et images artistiques.

Il est sans doute plus simple de dire ce que l'on croit plutôt que ce que l'on ne croit pas. En effet, si l'on parle de ce que l'on croit, on est en mesure de répondre, de donner plus d'informations sur la croyance en question. En tout cas, on peut avoir une exigence de cohérence et de définition de ce que l'on veut dire. Tandis que l'on parle de ce que l'on ne croit pas, on n'a pas de prise sur le sens qui est donné a ces croyances.

Quand je dis que je ne crois pas en Satan, en quelle version, quelle image artistique, etc. est-ce que je ne crois pas ? Puisque Satan est un objet culturel, avec toutes son imprécision, il m'est impossible d'exiger que la définition soit précise. Si je veux être compris, il me faut préciser de quel Satan je parle. Et l'on voit alors que cela est un peu comme une passoire, un croyant peut toujours revenir avec une définition alternative et me dire que cette définition-la, je n'en ai rien dit.

Et si je dis que je ne crois a aucune version de Satan, alors on peut me faire dire ce que l'on veut puisqu'il y a sans doute une interprétation du concept de Satan que je ne contredirais pas. Par exemple, si l'on entend par Satan le fait qu'une personne puisse être malveillante, eh bien je ne vais pas nier cela. D'ailleurs, un personne peut être tentée de se justifier de sa malveillance envers moi justement pour me prouver que l'on peut être malveillant ! Je serais alors obligé de reconnaitre que la malveillance existe, ce qui serait entendu par Satan existe, puisque c'est le mot utilisé pour commencer.

Il est alors beaucoup plus clair de dire que Satan est une construction culturelle et que l'on en croit pas aux êtres surnaturels.

existence

Dieu est mou

La conscience est d'autant plus lente que le cerveau est grand. Cela résulte du fait que l'information met du temps a se déplacer. Les petits animaux peuvent percevoir plus d'images par seconde, leur conscience va plus vite. Nous humains, notre cerveau est assez gros, alors il n'est pas très rapide. On compense cela par notre intelligence. Mais on ne pourrait pas avoir un cerveau beaucoup plus gros parce qu'alors notre conscience serait trop lente.

Si l'on imagine une conscience collective, comme le serait un Dieu immanent, alors cette conscience serait très lente. D'ailleurs, vous le savez, une foule n'est pas très intelligente. Elle est plutôt émotionnelle.

D'ailleurs les croyants et les non croyants qui aiment passer du temps avec eux mettent de temps en temps en avant le coté de l’émotion qu'ils aiment quand ils sont ensemble.

Chaque croyant pense pour lui-même, mais ensemble, ils ne pensent pas, ils partagent des émotions. C'est ok pour moi, j'aime aussi passer un bon moment dans un groupe social. Cela dit, qu'on ne me dise pas que c'est intelligent. Cela est relaxant.

Par extension, j'aurais tendance a imaginer alors que Dieu est infiniment mou. Ce qui explique aussi pourquoi même s'il sait tout et même s'il est partout, il ne fait rien. Il met trop de temps a réagir. Il aura réalisé ce qui se passe sur Terre après que la race humaine se soit éteinte.

Ce qui revient a dire que Dieu n'existe pas. Cela dit, c'est toujours sympa de se rassembler autour d'un chef. Cela soude. Et on a la légitimité pour imposer des règles. Cela est rassurant. Et puis faire partie d'un groupe, on se sent protégé parce que s'il y a une tuile, il y a des chances qu'elle tombe sur quelqu'un d'autre. Et s'il nous arrive quelque chose, on viendra s'occuper de nous.

Et puis les croyants sont très flatteurs quand on les soutien. C'est toujours agréable de recevoir des compliments. Et par contre ils peuvent être diaboliques si on leur dit qu'on ne croit pas en Dieu. Alors c'est un peu choisir entre le paradis et l'enfer. Si on soutien les croyants, ils nous donnent le paradis, si on les contredit, ils nous donnent l'enfer.

Alors le paradis et l'enfer existent quand on est entourés de croyants ou de sympathisants croyants. Ils cessent d'exister quand on est entourés de personnes tolérantes. Alors je précise, tous les athées ne sont pas tolérants. Ce serait trop facile. Et certains croyants sont tolérants. C'est comme le Ying et le Yang. Pour un croyant, cela peut être difficile d’être entouré d'athées.

Peut-etre qu'au fond, c'est juste de la sociologie. On maltraite l'exogroupe et on donne de l'amour a l'endogroupe. C'est un peu ce que dit Eckart Tolle quand il dit que ce qui peut résoudre nos conflits, c'est d'inclure tout le monde dans le "nous". Si tout le monde est dans l'endogroupe, alors on aime tout le monde. Serait-ce aussi simple que cela ?

existence

Dans un billet précédent, j'explique pourquoi la critique usuelle de l'utilitarisme est infondée. Pour autant, est-ce que l'utilitarisme est une moralité complète et applicable sans limitation ?

Reprenons le dilemme proposé précédemment.

L'utilitarisme et le sauvetage d'Hitler

Si l'on sauve Adolphe Hitler de la noyade avant qu'il soit dictateur, et que l'on a pas de raison qu'il va devenir dictateur le lendemain, est-ce que l'on se rend coupable de la dictature qui suit ? Une première interprétation est de distinguer les conséquences prévisibles et les conséquences non prévisibles. En effet, puisque l'on ne sait pas lors notre moment héroïque ce que va devenir le petit Adolphe, il n'est pas possible a ce moment-la de prédire ce qu'il va advenir, et par conséquent, nous avons fait la bonne chose : sauver quelqu'un de la noyade. De plus, c'est une règle que l'on veut avoir dans une société : il est dans l'ensemble bon pour la société que l'on sauve les gens quand on le peut.

Cela dit, est-ce que cette question de la prévisibilité est pertinente ? Elle repose sur l'idée que notre action sur une personne a un moment donné est la cause des actions de la personne dans le futur. Or cela est faux. Il y a un ensemble de causes qui ont fait d'Adolphe Hitler un dictateur, par exemple son enfance, l'environnement social de l’époque et le soutien qu'il a reçu de la part de certains industriels et investisseurs. En d'autres termes, il y a un ensemble de causes indépendantes de l'action humaniste salvatrice. Il ne s'agit pas simplement de regarder ce qu'il se passe après, mais aussi le tissus de causes a l'origine des effets.

De plus, on peut envisager d'infléchir la suite des événements en se concentrant sur les vraies causes. Une aide sociale par rapport a la famille d'Hitler, une politique sociale pour lutter contre la famine, un travail pour démonter l'antisémitisme qui est a l'époque banal et comme d'ailleurs c'est encore de nos jours, il faudrait trouver un moyen de résoudre le problème des intérêts du pouvoir notamment dans l'industrie de la guerre !

Un futur négatif n'est donc a priori pas une raison pour juger un acte négativement si :

  • les conséquences ne sont pas prévisibles
  • la société dans son ensemble bénéficie que l'on effectue l'action pour quiconque
  • les suites ne sont pas dues a l'action en question mais dues a d'autre causes indépendantes
  • il serait possible d'intervenir pour infléchir les suites en se concentrant sur les vraies causes

Prenant tout cela en question est-ce que l'utilitarisme alors est une base sur laquelle on peut se reposer ?

L'utilitarisme et sa subtilité

Je propose de résumer ici les points importants a prendre en compte pour éviter les contre-sens au sujet de l'utilitarisme, et peut-être en faire une moralité digne de ce nom. Je précise qu'il y a plusieurs interprétation du termes mais que j'expose ici ce que peut être l'utilitarisme tout en gardant sa base, a savoir le bonheur du plus grand nombre.

  1. L'utilitarisme peut s'opposer au favoritisme tout comme a l'égalitarisme en raison de leurs conséquences négatives (jalousie, inutilité de la richesse excessive, valeur de la perte comme double de la valeur du gain)
  2. L'utilitarisme peut s'opposer au machiavélisme (incertitude, inquiétude du corps social, désordres sociaux)
  3. L'utilitarisme peut valoriser la règle commune (confiance des gens les uns envers les autres)
  4. L'utilitarisme peut s'opposer aux jugements hâtifs par les conséquences (subtilité du tissus de causes, valeur de la règle face a l'incertitude)

Il me semble que nous avons la quelque chose d'assez robuste. Il y a cependant peut-être une limite qui est celle de la charité excessive.

L'utilitarisme et la charité excessive

Si l'on considère que le bonheur de chacun est a prendre en compte de façon équivalente, nous arrivons a des dilemmes dans lesquels on devrait donner a des gens qu'on ne connait pas plutôt que de s'occuper de ses proches, ou bien donner a des gens dans des pays plus pauvres plutôt que de s'occuper de gens dans le pays ou l'on est.

En effet, supposez que votre enfant souffre d'une maladie qui est très chère a soigner. On peut argumenter que d'autres enfants en plus grand nombre peuvent être sauvés parce que leur maladie est moins onéreuse. Il serait donc immoral de soigner son enfant dans ce cas.

Prenons maintenant le cas de la charité envers les pays les plus pauvres. Il coute beaucoup moins cher, pour peu que l'on choisisse une organisation caritative efficace, de soigner des pauvres par milliers que de soigner les gens les gens dans le pays ou l'on est. Il serait donc immoral de contribuer a la sécurité sociale plutôt que de donner a des charités.

La question sous-jacente est celle de la proximité, géographique ou affective. C'est une forme d’égoïsme naturel. Si tout le monde est d'accord qu'il est bon de donner a des charités, en revanche si cela est au détriment des soins que l'on porte a ses proches ou aux gens de son pays ou de sa communauté, cela est moins évident.

L'utilitarisme fonctionne bien dans un groupe soudé dans lequel il est facile de faire accepter que chaque personne compte. Plus le groupe est grand, diffus et imperceptible, moins cela est possible. On ne peut pas s'occuper de toute la misère du monde, certes, mais cela est plus profond que cela. On le dit parfois par l'adage "Charité bien ordonnée commence par soi-même".

Peut-être la résolution de ce paradoxe réside dans la prise de plusieurs effets secondaires :

  • Si les gens qui sont en mesure de fournir de la charité ne prennent pas soins d’eux-mêmes, alors ils seront moins en mesure de fournir de la charité a l'avenir. Or en l'état actuel des choses, la charité sera utile pour plusieurs siècles au minimum.
  • Le principe de prendre soin de ses proches est une règle que la société entière désire. Si l'on acceptait que l'on laisse mourir ses proches, cela aurait un effet négatif sur la société entière et aussi sur les gens que l'on essaye d'aider par la charité. D'ailleurs ils pourraient refuser notre aide s'ils en avaient conscience.
  • Si les gouvernements décident de défavoriser les gens de leur pays au profit de personnes dans le monde, c'est une perspective effrayante pour tous les habitants d'un pays parce que cela est une absence de soin manifeste envers la population locale.

Tout ces arguments sont valables d'un point de vue utilitariste, cependant, ils ne me semblent pas suffire. A un moment donné, il y a un principe d'autoconservation, de prendre soin de soi et de ses proches. Cela introduit une distorsion dans le calcul utilitariste. Oui l'utilitarisme s'applique mais chacun l'applique selon son point de vue, qui rend plus important les gens qui sont proches et moins ceux qui sont lointains. Cette mise en perspective n'annule pas la charité mais la limite un peu. Les gens miséreux qui ne veulent pas avoir des morts sur la conscience vous en remercient.

L'utilitarisme pur n'est pas applicable, mais l'utilitarisme avec perspective semble l’être.

existence

L'utilitarisme a mauvaise presse et souvent les gens ne veulent pas y être associés, sans se demander ce que l'utilitarisme est vraiment.

Sans prendre pour axiome que l'utilitarisme est la bonne moralité, je voudrais tout de même éclaircir un peu ce que dit cette philosophie.

Tout d'abord, l'idée fondamentale est la suivante : ce qui compte, ce sont les conséquences concrètes pour les humains et les êtres vivants dans le monde réel. Pas les normes imposées arbitrairement ou bien basée sur la recherche d'une récompense après la mort et l'évitement d'une punition après la mort.

C'est-a-dire qu'assez naturellement, pour un athée, l'utilitarisme est une option morale possible. Réaliser le maximum de bonheur pour le plus grand nombre sur Terre, c'est un objectif qui est séduisant et pertinent dans une optique naturaliste.

L'utilitarisme et le favoritisme

La première difficulté qui vient, est que si c'est la somme du bonheur qui compte, alors favoriser des individus semble moralement neutre. Ce n'est pourtant pas le cas parce que favoriser de façon excessive certains individus entraine des conséquences négatives :

  • la jalousie des défavorisés envers les favorisés : il y a une souffrance qui peut apparaitre spontanément chez ceux qui sont défavorisés
  • la souffrance du manque pour ceux qui sont trop défavorisés : la richesse augmente beaucoup le bonheur quand on est pauvre, mais plus on est riche, moins la richesse apporte de bonheur. La somme du bonheur est donc plus grand quand on partage la richesse

Cela n'indique pas pour autant l’égalitarisme, parce que retirer du bonheur coute deux fois plus qu'en donner, alors il est a priori négatif de prendre a autrui pour donner a un tiers. Le cas des impôts ne peut se justifier que parce que le bonheur apporté par redistribution est au moins deux fois plus important que le préjudice subis. En d'autres termes, plus nous sommes riches, plus le transfert de la richesse vers des personnes pauvres entraine a priori une augmentation du bonheur collectif. Cela est valable pour la charité envers les pauvres et envers les pays pauvres.

L'utilitarisme et le machiavélisme

Un autre difficulté provient de l’idée que l'on peut imaginer des situations où nuire, et même tuer quelqu'un peut faire parti d'un plan qui semble avoir une issue positive. L'exemple classique est celui du train sans conducteur ni passager qui va écraser 5 personnes. On peut empêcher cela en faisant tomber une grue sur le passage. Cependant la grue contient une personne, qui mourra certainement si la grue tombe. Si l'on s'en tient a compter les cadavres, on peut choisir entre 5 cadavres ou 1 cadavres, et de toute évidence 1 cadavre est moins négatif que 5 cadavres.

Cependant, il faut prendre en compte que cela se passe dans un corps social, qui comprends des règles de conduites. Provoquer la mort de quelqu'un est considéré comme immoral. C'est l'opposition entre l'utilitarisme de l'acte et l'utilitarisme de la règle. L'exemple machiavélique dont nous parlons ne mentionne pas la société qui est autour, pourtant elle est sous-entendue. Si l'on accepte un tel plan, on a les conséquences négatives suivantes :

  • Tout d'abord, on n'est pas sûr que cela va sauver les 5 personnes, tandis qu'il est certain que la personne sur la grue va mourir. On a donc a priori la conséquence négative de la mort de la personne sur la grue sans certitude que cela va éviter la mort des 5 personnes.
  • Si l'on accepte le meurtre comme façon de résoudre les situations, cela a un effet sur la population entière : on ne peut plus faire confiance aux autres, ils peuvent nous tuer si cela leur semble un bon plan. Il s'ensuit une tension dans le corps social et une inquiétude généralisée. Cela affecte donc négativement la population entière. Dans un pays de 50 millions de personnes, il faut multiplier par 50 millions cette conséquence négative !
  • Il se peut que par colère contre l'acte de faire tomber la grue, des proches se vengent et tue la personne qui pousse la grue. Il y a alors en fait 2 cadavres : la personne qui pousse la grue et la personne qui tombe de la grue. De plus, une méfiance peut s'installer envers toutes les personnes proches de la personne qui pousse la grue.

En résumé, on ne doit pas seulement évaluer les conséquences directes, mais les conséquences indirectes également, notamment de savoir si le corps social peut accepter l'action effectuée. Bien entendu, l'exemple donné ici est dramatique, mais on peut imaginer des cas ou ne pas suivre la règle est préférable.

L'utilitarisme et la règle

La confiance entre les gens est essentielle et donc se mettre d'accord sur des règles de conduites a une certaine importance d'un point de vue utilitariste. Un exemple où la désobéissance est encouragée parfois est celui du mensonge. L'exemple classique est un assassin qui poursuit quelqu'un. L'assassin vous demande où est parti le fugitif. Dans ce cas, mentir est une bonne chose, puisque cela empêche ou au moins ralenti la progression de l'assassin, et donc peut empêcher la mort du fugitif. De façon moins dramatique, on ment souvent pour ne pas froisser autrui. Dans ce cas, la question morale est de savoir si la potentielle perte de confiance entre soi-même et autrui qui résulte du mensonge est compensée par la préservation de bonnes relations avec autrui.

On voit bien qu'il n'y a pas d'opposition entre le conséquentialisme et la déontologie, mais une subtile interaction entre les deux et une potentielle coopération pour s'assurer du maximum de bonheur.

Bon nombre de dilemmes moraux sont abordés par l'utilitarisme. Voila pourquoi la mauvaise image de cette philosophie n'est pas méritée. Simplement l'utilitarisme ose poser des questions auxquelles avec lesquelles on est toujours pas a l'aise.

Pour poursuivre la réflexion

Comment évaluer l'action de quelqu'un qui sauve Adolphe Hitler de la noyade, avant qu'il ne devienne dictateur ? S'agit-il d'une différence entre conséquences prévisibles (sauver un individu) et conséquences non prévisibles (la dictature) ? Ou bien s'agit-il d'une indépendance des conséquences, puisque ce n'est pas l'avoir sauvé qui l'aurait rendu dictateur ?

Vaut-il mieux donner a des organisations caritatives qui peuvent sauver la vie a des pauvres dans le monde, leur rendre la vue, les soigner, pour une quantité d'argent qui pour nous ne nous donne qu'un peu de confort ou bien un peu de divertissement ? Vaut-il mieux donner a des organisations caritatives pour soigner 100 inconnus au lieu de dépenser son argent pour soigner un de ses proches ? N'est-ce pas là la limite de l'utilitarisme ?

existence

Une réaction qui revient souvent quand on parle d'athéisme est de dire que l'on s'oppose aux autres croyances. Il me semble qu'il y a une confusion ici entre l'avis personnel et l'attitude sociale.

Être athée n'informe pas sur notre attitude sociale. Pour ma part, je suis laïque, c'est-à-dire que je considère que chacun peut avoir sa spiritualité. Je trouve même cela intéressant d'en apprendre sur la spiritualité des autres tant qu'ils n'insistent pas sur le fait que je sois d'accord avec eux. Cela n'est pas évident parce que souvent les croyants veulent nous "sauver" et donc une conversation neutre peut devenir conflictuelle.

Il arrive aussi qu'en tant qu'athée on veuille convaincre les autres. L'important encore une fois est de ne pas insister. L'idéal est que les échanges au sujet de la spiritualité soient détendus et avec l'acceptation réciproque des individus.

C'est pour cela que la laïcité est une bonne solution : dans les rassemblements publics, ne pas parler d'athéisme ni de religion, excepté si c'est un débat sur la religion et la spiritualité. Et sinon dans les lieux personnels, tels qu'un blog, on peut bien entendu parler de son avis personnel. Cela est un peu similaire aux revues que l'on achète : si on achète une revue, on ne va pas plaindre que son contenu ne correspond pas à la laïcité, que ce soit une revue chrétienne, athée, musulmane, bouddhiste, etc.

Donc peut-être qu'une solution pour éviter le malentendu au sujet de l'athéisme serait de se dire athée laïque. On exprimerait alors d'un coté notre croyance personnelle, et de l'autre notre attitude sociale.

existence

Je suis athée, cela veut dire que je suis humble. Je ne crois pas que qu'un supposé créateur omniscient de l'univers s'intéresse à ma vie personnelle, à ma vie sexuelle ni à ce qu'il se passe dans ma tête.

Je suis athée, je crois en l'amour que l'on me donne ici et maintenant, et je crois aux menaces que l'on me donne ici et maintenant. Je ne suis pas intéressé par des promesses d'amour après la mort et je me défausse des promesses de haine après la mort.

D'ailleurs après ma mort, mes molécules feront autre chose. Elle feront des plantes et des animaux, qui auront leur propre expérience.

Je fais partie des athées, un groupe humble, qui ne prétend pas connaitre les pensées d'un supposé créateur de l'univers, mais qui exprime la différence entre les choses que l'on peut vérifier par l’expérience et les spéculations métaphysiques.

Je suis athée, je crois que si l'on veut être moral, c'est en ayant de la considération pour les gens ici et maintenant, en donnant notre surplus d'argent à des charités. Si je m'indigne que des gens se payent des yachts et des jets privés, ce n'est pas parce que ce serait une offense au Dieu qui n'est pas en haut, mais parce que cet argent peut servir à sauver des vies et à aider les plus démunis ou à rendre la vie meilleure pour le plus grand nombre.

existence

Probabilisme plutot que déterminisme

Nous vivons dans un monde où nous faisons des choix tout le temps, basé sur des probabilités que nous évaluons tout le temps. Même si l'aléatoire vient initialement de l'incertitude quantique, pour l'essentiel nos neurones et le monde qui nous entoure fonctionnent de façon relativement déterministe. Cela dit nous pensons en termes de probabilités, comme si le monde était quantique a grande échelle. Notre subjectivité ne fonctionne pas vraiment comme la réalité.

Naturalisme plutot que dualisme

Le corps et l'esprit sont deux phénomenes étroitement liés. Ils ne sont pas fondamentalement séparés. Un peu comme l'eau et les vagues.

Tout peut s'expliquer a priori par la nature et son évolution, même si en pratique, on ne peut pas tout décrire par des mots.

Le monde n'a pas été créé pour nous. Au contraire, nous sommes créés par le monde, nous sommes en fait partie intégrante du monde. Nous nous sommes adaptés au monde et pas l'inverse.

Les organismes vivants peuvent organiser leur entourage et modeler leur paysage, dans la mesure où ils savent utiliser la matiere qui les entoure, que ce soit par instinct, habitude ou connaissance.

Recyclage plutot que réincarnation

La matière qui nous compose vient de l'extérieur. Nous sommes le fruit du recyclage de la matière. Et après notre vie, notre matière peut faire autre chose. La matière nous vient de partout, des plantes et des animaux, et indirectement des personnes qui ont vécu avant nous. Après notre vie, notre matière se melange au sol et à l'air, et indirectement est intégrée dans de nouveaux organismes vivants. Il n'y a pas de réincarnation au sens ou il s'agit d'un mélange, d'un recyclage perpétuel qui ne reconstitue pas les personnes mais les mélange.

Au niveau spirituel, mental, psychologique, la même chose se passe. Nous recevons des idées et en émettons. Nous échangeons perpetuellement avec les autres. Notre esprit est une collection d'idées que nous avons entendues, et aussi d'idées que nous avons produites à partir de notre expérience. Cette collection est distribuée et elle se mélange avec les autres idées.

Après notre vie, notre esprit personnel est recyclé, mélangé. Il n'est pas restitué tel quel.

Besoins et aspirations humaines plutot que normes

Les humains ont des besoins et des aspirations. Ils font leurs actions pour répondre à leur propre besoin ou pour répondre au besoin d'autrui. Il n'est pas nécessaire de contraindre les gens dans la plupart des cas. Au lieu de cela, on peut comprendre les gens et trouver comment satisfaire aux besoins de tous.

Les normes sont rarement utiles, excepté quand d'expérience on tire des conclusions sur des choses à éviter et quand il y a une fragilité que des personnes sans scrupules peuvent exploiter. La force ne doit être utilisée que de façon protrectrice.

Fluidité de communauté

La plupart des gens aiment être dans une communauté. Cependant, avec les déplacements, les séparations sont inévitables. La solution est d'avoir plein de petites communautés qu'on puisse joindre en fonction de nos déplacements au cours de notre vie, et qu'on puisse quitter quand on a besoin d'aller autre part. Ensuite libre à chacun de garder des connexions avec les gens auxquels ils sont le plus attachés.

existence

Papillons de nuit

Et la lune tombe éternellement

Dans le vaste ciel où elle séjourne.

Il semblerait qu'elle côtoie Saturne ;

Les rochers ne sont pourtant pas amants.

Si l'ignorance est une obscurité,

Alors nous naissons dans les ténèbres.

Mais est-ce que tous les candélabres

Nous assurent d'une sincérité ?

Car, oui, les papillons de nuit tournent

Autant autour des lampes de chevet

Que vers la lune claire qu'ils suivaient

Sans cesse dans leur danse nocturne.

Or nous échappons à la gravité

Avec un changement de perspective.

La beauté d'une idée est subjective ;

Le ressenti, une réalité.

La lueur des croyances nous sépare

Et même si elles sont imaginaires,

Nous ressentons vraiment dans notre chair

La division de notre cœur épars.

existence

Cela vous est sans doute arrivé : vous faites une action positive pour autrui, et là patatras, on vous dit que vous êtes un ange. Cela semble flatteur ? Eh bien pas vraiment.

Bien entendu, vous êtes un humain, alors cette remarque n'est pas sérieuse, voire ironique. Mais bon, on peut imaginer une exagération du fait d'un sentiment fort de joie ou de gratitude.

La problématique me semble plus profonde. Un ange, est un être surnaturel qui n'a pas le statut de dieu. Souvent, il est considéré ne pas avoir de liberté, mais d'être une sorte d'esclave de dieu, qui par définition veut le bien. C'est donc une négation de l'individualité, de la volonté de la personne qui agit.

Vous pensez peut-être avoir fait votre action positive parce que vous aviez un désir de contribuer ? Ou bien pour avoir un retour positif ? Pour développer de bonnes relations ? Eh bien non, vous avez agit parce que cela vous a été ordonné, vous n'avez en fait pas de liberté. Votre désir de contribution est en fait une obéissance aveugle. Vous pensiez avoir un bon fond, eh bien non, vous êtes en fait servile.

Vous vouliez exprimer votre liberté de contribuer, et vous voilà les menottes à la main. Quel drôle de compliment ! Eh bien non, vous n'êtes pas un ange, et cela ne fait pas de vous un démon non plus. Vous êtes un humain, qui désire faire le bien comme il désire respirer ou manger.

Vous n'êtes pas une créature sans sexe, avec des ailes, et qui exécute les ordres de la bureaucratie divine. D'ailleurs avez-vous remarqué que dire que quelqu'un pense avoir une mission divine est souvent une critique, alors que c'est à peu près la même chose que de dire que c'est un ange.

Enfin, vous comprenez bien que l'on aura pas de gratitude pour vous mais une gratitude envers dieu, puisque cela est censé venir de lui/elle. On vous dépossède donc de votre volonté et de votre action. Voilà qui est déprimant.

Pourquoi autrui ferait cela ? Sans doute parce qu'il ne sait pas exprimer sa gratitude autrement que par les compliments. Ou encore parce qu'il ne supporte pas l'idée de recevoir d'autrui. En effet, on annule le sentiment de dette en se disant que de toutes façons, si autrui a fait quelque chose pour nous, c'était son devoir.

C'est un peu comme les gens qui disent qu'ils ont un manque à gagner. Ils prévoient qu'ils vont gagner, et quand ils ne gagnent pas, ils considèrent qu'ils ont perdu. Alors qu'en fait, ils n'ont rien perdu.

Je suis un ange ? Ah bon, qu'entendez-vous donc par là ?

existence

Lorsque l'on parle de destin et de choix, un sujet qui émerge, presque par habitude, est le notion de libre arbitre. Cela dévie le sujet de la liberté vers cette notion, qui est profondément paradoxale et qui n'apporte pas de réponse.

Afin d'éviter de s'embourber, de nous dégager et d'apporter de la clarté sur le sujet, je propose de revenir à la question de la causalité. Le présent est en changement permanent, il est le lieu de la causalité, qui transforme l'instant. Le temps est la dimension quand on étale les instants successifs. On peut bien entendu ajouter de la subtilité avec les théories scientifiques modernes.

Mais ce qui nous intéresse ici, c'est la question de notre liberté dans des conditions où la causalité s'applique suffisamment et que l'incertitude est réduite suffisamment pour que la notion de choix ait du sens. C'est là que l'opposition entre causalité et choix fond comme neige au soleil. Sans causalité, il n'y a rien de prévisible, et donc il n'y a pas de choix significatif possible.

Pour le dire de façon caricaturale, ce n'est que parce que la réalité est enchainée par la causalité et qu'elle a un caractère prévisible que nous pouvons faire des choix significatifs. Cela entraine paradoxalement que parfois une loi juste rend libre. Cela dit, cela s'applique aussi aux fondements de la réalité, et donc au destin.

Que le processus par lequel on fait un choix soit basé sur une forme de causalité a peu d'importance. C'est pour cela que la question du libre arbitre n'est pas pertinente excepté si l'on fait l'objet d'une manipulation psychologique ou bien que des conditionnements entravent notre processus de choix. Se penser hors de la causalité, comme le suppose le libre arbitre, donne une illusion de liberté qui n'est pas conforme à ce que nous savons de la réalité. Et dans le même temps, la causalité n'empêche pas de faire des choix.

La contradiction des choix provient d'une certaine conception du destin, selon laquelle le destin est extérieur à nous-mêmes. Si c'était le cas, on pourrait imaginer le scénario suivant. On va voir un devin, qui nous dit notre destin, et ensuite on tente de le changer. Comme le destin par définition ne peut pas être changé, nous sommes face à une contradiction entre notre liberté et le destin.

Mais une prédiction correcte du destin doit prendre en compte que nous en faisons partie, et donc que nous pouvons choisir de l'éviter. Il y a en fait peu de situations où il est impossible de changer un destin personnel annoncé. Soit on a recours à des scénarios alambiqués complexes et improbables, soit il s'agit de choses dont les causes sont déjà en place. Or dans la plupart des cas, il n'y a pas grand chose qui nous empêche de choisir une autre chemin, si tant est que le destin annoncé ne nous plaise pas bien entendu.

Voila pourquoi la prédiction du destin est dans la pratique impossible, parce qu'elle ne s'applique pas dans la majorité des cas. On peut en revanche prédire des destins possibles et éventuellement apporter une probabilité, qui est susceptible de changer selon nos actions. Notre liberté repose donc sur nos choix et notre capacité à faire évoluer les probabilités selon nos souhaits.

La notion de destin est une caricature de la notion de causalité. Le destin et le libre arbitre sont deux illusions contradictoires ayant en fait peu de sens. En effet, le choix se base sur un degré suffisant de causalité et de prévisibilité du futur.

existence

Bien entendu, pour moi il n'y a pas d'entité dieu ou diable, cela dit, si on suppose qu'il y a deux divinités, certains points me semblent essentiel à prendre en considération.

Supposons que la Bible et la Torah ont été inspiré par une divinité appelée Yahvé. Ce livre, bien qu'affirmant que Yahvé fait des massacres, attaque une autre divinité appelée Satan en disant que cette divinité est mauvaise tandis que Yahvé est bon. D'un autre coté, il n'y a pas vraiment de livre inspiré par Satan et demandant qu'on lui voue un culte.

On pourrait en déduire que Satan n'existe pas, et qu'il a été inventé par Yahvé pour lui faire porter le chapeau. Et comme Yahvé fait des choses horribles, il faut qu'il dépeignent Satan comme étant encore pire. Cela n'est pas réussi, parce que d'après la Bible, la plupart des morts sont dues à la frénésie meurtrière de Yahvé.

Mais peut-être Satan existe-t-il et simplement, il n'a pas souhaité faire écrire de livre sur lui. Dans ce cas, il est plus modeste que Yahvé. Pourtant un des crimes supposé de Satan est de vouloir être le maitre. Mais n'est-ce pas ce que Yahvé veut lui-même ? Il le rappelle dans les 10 commandements, qui contiennent 4 commandements pour cela, pendant qu'ils ne contiennent rien remettant en question la notion de domination.

C'est donc comme si l'on avait deux dieux concurrents, et l'un des dieux, Yahvé reproche qu'on choisisse son concurrent. Il veut se croire unique, et essaye de convaincre qu'il est le seul à mériter le titre de dieu, parce qu'il aurait créé le monde et pas les autres. Mais la notion de dieu désigne un ensemble d'êtres surnaturels. Ce qu'on appelle les "anges" dans la Torah et la Bible sont appelés dieux dans les mythologies grecque et hindoue.

Dans les "faits" relatés dans la Bible, il y a en fait beaucoup plus de mal du coté de Yahvé, tandis que Satan ne fait que suggérer des choses aux gens, par exemple d'avoir des relations sexuelles. D'un point de vue hédoniste, le coté le plus sympathique est celui de Satan. Les morts et souffrances causées par Satan sont moindres que celles causées par Yahvé. Cela est donc une erreur de penser que Satan cause tellement de souffrance.

Comme il y a en fait peu contre Satan dans les "faits" bibliques, Yahvé joue sur la promesse d'une existence merveilleuse après la mort si on se soumet à lui. Et le Nouveau Testament ajoute qu'il y a une existence de souffrance après la mort si on se soumet à Satan. Venant de Yahvé, on ne se serait pas attendu à autre chose. Il s'agit vraisemblablement encore une fois de diffamation à l'encontre de Satan.

Pourquoi en effet Satan effectuerait la punition voulue par Yahvé ? S'il est vrai que les âmes rejoignent le dieu auxquelles elles se sont soumis durant leur existence terrestre (ce qui n'est pas évident), alors vraisemblablement Satan recevrait avec joie ceux qui ont suivi ses suggestions.

Yahvé qui veut punir les gens après leur mort, affirme que Satan est sadique. Mais c'est Yahvé qui a voulu rendre l'existence terrestre douloureuse pour punir l'éveil d'Adam et Ève, et qui affirme que la souffrance est une bonne chose pour aller au paradis. Voila le schéma sadomasochiste par excellence : souffrez votre vie sur terre pour jouir après votre mort.

Il semble évident encore que Yahvé veut faire porter le chapeau à Satan, détourner l'attention pour ne pas qu'on regarde avec lucidité ce qu'il fait. En effet, il a menti à Adam et Ève au sujet du fruit de la connaissance, ils n'en meurent pas et au contraire deviennent intelligent. Tiens, l'intelligence, voila encore quelque chose de reproché par Yahvé. N'est-il pas évident que l'intelligence rend improbable la soumission à Yahvé et plus probable la compréhension de son jeu ?

Ainsi, soit Satan est une pure invention de Yahvé, soit Satan nous donne une lueur de lucidité, l'intelligence pour comprendre les mécanismes de la domination pour y échapper. Il souhaite nous donner vraiment notre liberté, il ne fait que nous suggérer des choses et nous laisse choisir. Au contraire de Yahvé qui est obsédé par le contrôle et la punition pour forcer les gens.

Voila, cela dit, il n'y a pas d'entité Yahvé ou Satan, ce sont des personnages conceptuels. Le démonstration que je fais ici est simplement pour montrer que même en supposant l'existence de ces entités, et en utilisant notre intelligence, on aboutit facilement à la conclusion que l'enfer est probablement un endroit festif où l'on rencontre des gens libres.

existence

Au-delà

Si la religion et la spiritualité sont des sentiments et des émotions, la perspective d'être dans un espace qui englobe tout: nos perceptions, le son, l'image, le toucher, les pensées, notre imagination, nos besoins, désirs et aspirations, alors il n'y a pas besoin d'un sauveur pour nous sortir du monde que nous aimons, pas besoin d'une croyance pour être les uns avec les autres sinon celle de la solidarité. Le monde n'a pas besoin d'un avant ni d'un après puisqu'il a sa propre histoire, sa propre dynamique dont notre vie est l'expression.

Nous ne sommes pas le monde, nous sommes son expression. Le monde n'est pas fait pour nous, c'est nous qui sommes faits pour le monde et par le monde. Ce n'est que par la focalisation sur notre mort personnelle que l'on en vient à désirer un paradis, et par la complaisance envers notre colère à halluciner un enfer ou encore la fin du monde. Quand un humain n'est plus là, il n'existe que par son absence, dont certains se réjouissent et d'autres pleurent.

Ceux qui aiment cet humain font partie de ceux qui pleurent, jusqu'à ce qu'ils soient repus de leurs larmes et qu'ils se souviennent des bons moments passés. Voilà le seul paradis qu'on puisse promettre.

existence

La transition entre ces deux religions est importante. Je voudrais aborder ici le clivage qui apparait selon moi d'une point de vue psychologique et culturel.

Dans le judaïsme, on n'a pas besoin d'être sauvé. Si l'on veut rejoindre cette religion, on nous dira deux fois non avant de considérer notre demande. En effet, d'un point de vue juif, si on a un comportement suffisamment humaniste, qu'on ne fait pas de mal en particulier, tout va bien. Dans le christianisme par contre, la pensée est considérée comme effectuant des crimes, et quand bien même notre comportement et nos pensées seraient parfaits, cela n'est jamais suffisant. L'intervention de Jésus est supposée nécessaire pour notre salut, c'est-à-dire pour ne pas être torturé. En ce sens, la religion de la haine de l'humanité commence avec le christianisme. L'Islam lui emboitera le pas.

L'universalisme arrive également avec le christianisme. Alors que le judaïsme est un peu comme un devoir hérité parce qu'on fait partie d'un ensemble de personnes élues pour l'effectuer, le christianisme a pour ambition d'inclure tout le monde. Cette universalité n'est pas propre aux religions de la haine de l'humanité. Par exemple, le bouddhisme, qui est tout de même moins de ce coté, est pourtant universel dans le sens où tous les humains sont considérés capables de progresser vers l'éveil bouddhique. De façon générale, il n'est pas nécessaire de menacer les gens pour les inclure. Cela semble évident dit comme cela, mais dans le christianisme, l'inclusion universelle est profondément liée à la menace universelle.

Autre clivage, alors que dans le judaïsme, la séparation avec la transcendance était nette, avec d'un coté le dieu Yahvé et de l'autre les humains, dans le christianisme, nous avons le personnage de Jésus qui est le résultat de la relation entre une femme terrestre et un dieu (plus précisément un ange). Cela peut s'expliquer par la rencontre du judaïsme avec la culture grecque. En effet, dans la mythologie grecque, il n'est pas rare que les dieux aient des relations sexuelles avec les humains, donnant naissance à des demi-dieux. Jésus, qui est censé être un messie humain pour les juifs, est un demi-dieu dans le christianisme. Diverses périphrases expriment cela dans le christianisme et d'autres masquent cela, par exemple en disant que Marie était vierge. D'un point de vue grec classique, elle n'était plus vierge puisqu'elle a eu une relation sexuelle avec un dieu.

La séparation de la transcendance est reportée en une séparation entre un dieu unique noté Dieu et des anges, dans le judaïsme tout comme dans le christianisme. Il y a continuité ici.

Ainsi, sans affirmer explicitement le polythéisme, le christianisme absorbe le polythéisme grec qui inclut les relations sexuelles entre les humains et les dieux avec des termes tels que les anges et la virginité de Marie. Assez paradoxalement, Jésus est censé être un dieu pur, sans qu'aucune semence ne soit jamais arrivé dans le ventre de Marie. En fait, la virginité est plutôt une façon de dire "vierge de relations avec des humains", ou bien même simplement "de jeune age".

Le clivage avec le judaïsme est donc multiple : le christianisme est une religion qui affirment qu'il y a une menace dont il sauve, d'autant plus que la pensée est considérée comme criminelle, et le sauveur, mis en élément central, est un demi-dieu, fruit de l'union de Marie et de l'ange Gabriel.

Un autre élément importé est celui du culte du soleil, représenté comme des disques solaires derrière la tête de Jésus et de ses acolytes brulant du même feu. On notera le paradoxe du feu pour exprimer l'enthousiasme chrétien pour sauver les gens du feu de l'Enfer dont ils inventent la menace. Propageant la menace du feu en étant eux-memes animés par un feu, les chrétiens semblent incarner le satanisme dont ils parlent.

D'autre part, ne se trompent-ils pas au sujet de Satan ? En punissant les humains pour le compte de Dieu, Satan ne ferait que lui obéir. Pourquoi donc Satan ferait-il cela ? On voit à quel point la dualité de Satan et de Dieu n'est qu'un transfert de responsabilité. Satan est dépeint de la façon qui est fantasmée par les chrétiens pour se laver de la responsabilité de leur désir de punition par le feu.

Mais revenons au clivage. L'apparition de la haine de l'humanité va donc avec l'idée de l'Enfer de torture, et aussi avec l'apocalypse. Rappelons-le, la destruction du monde est censée etre initiée par Dieu. Elle est la version terrestre de l'Enfer supposé.

Notons tout de même que le désir de destruction est largement inspiré de la Torah, qui énumère les destructions terrestres infligées par Yahvé chaque fois qu'il est insatisfait, notamment avec la destruction totale par l'inondation de la Terre, dont l'arche de Noé est emblématique. En ce sens, l'apocalypse est un récit symétrique. Le clivage ici est que dans le judaïsme, il s'agit d'une destruction dans le passé, alors que dans le christianisme, il s'agit d'une destruction dans le futur.

Pour résumer, le clivage entre le judaïsme et le christianisme est le suivant :

  • la pensée devient la source principale du crime dans le christianisme
  • la destruction n'est plus historique mais une menace dans le futur

Ce qui a pour conséquence que :

  • le monde terrestre va être détruit par Dieu
  • il y a une haine de l'humanité par Dieu qui veut torturer les humains après la mort
  • la pratique religieuse s'adresse à tout le monde pour les "sauver" de cela

L'Islam est dans la continuité du christianisme, se démarquant essentiellement dans l'identité du sauveur, qui n'est plus le demi-dieu Jésus mais Allah.

existence

Il existe deux approches opposées par rapport à l'angoisse existentielle. D'un coté, on a la recherche du statut social et de l'autre on a la recherche de la fusion dans le groupe. Les deux correspondent à deux stratégies différentes pour s'assurer la sécurité, la bienveillance et la considération des autres. Une troisième stratégie qu'on peut aussi développer est de favoriser l'empathie avec le respect mutuel.

La fusion dans le groupe est une stratégie qui ressemble à une négation de soi ou bien une soumission à ce qu'on considère être le désir du groupe. Comme le groupe n'est pas une entité pensante, il ne s'agit bien entendu pas vraiment d'un désir réel mais d'un présupposé que nous avons. Notre présupposé peut être éventuellement renforcé par ce que disent les autres ou bien leurs attitudes. Cependant, les gens n'expriment pas souvent leur pensée véritable parce qu'ils suivent ce qu'ils considèrent eux-mêmes comme la pensée du groupe. Au final, ce qui est exprimé peut en fait ne correspondre à la pensée de personne. Il se peut que ce soit compatible avec une moyenne des avis individuels, mais cela peut aussi être différent, voire complètement absurde.

La recherche de fusion dans le groupe peut s'expliquer par l'idée de dilution du danger. Nous avons une prédisposition à voir des prédateurs alors qu'il n'y en a pas, et donc à avoir peur pour rien. D'autre part, il n'est pas facile pour notre cortex frontal d'inhiber volontairement l'activation de l'amygdale qui est assez automatique. Il en résulte une angoisse existentielle psychotique, c'est-à-dire non corrélée à la réalité. Pour réduire ce danger imaginaire, l'on peut avoir recours à la fusion dans le groupe. Plus on ressemble aux autres et plus l'on est inclus dans le groupe, moins l'on a peur de ce qu'on ne contrôle pas, parce que la probabilité que cela tombe sur nous diminue avec le nombre de personnes.

L'obéissance au groupe, la soumission à ce que les autres disent, rassure aussi par rapport au pouvoir du groupe. En effet, si l'on a pas de pouvoir individuellement, on peut cependant croire que le groupe a le pouvoir sur la réalité. La coopération entre les individus permet de realiser plus que les individus isolément. Les compétences des autres peuvent nous paraitre magique, comme un pouvoir sur les lois de la physique. Pourtant, personne ne peut vraiment remettre en question la réalité. Et collectivement, cela n'est pas possible non plus. Pourtant, par extrapolation, les gens imaginent plus ou moins inconsciemment que le groupe social a un pouvoir au-delà de la réalité. S'ils croient que la soumission à la volonté du groupe est essentielle a la réalisation de ce pouvoir, ils peuvent vouloir désespérément se soumettre et soumettre les autres. Ou bien si l'on croit que l'harmonie est essentielle au groupe, on n'a moins de chance de garder notre calme quand l'harmonie n'est pas au rendez-vous. Ainsi, on peut effectuer une sorte de fétichisme du groupe, qui prend parfois la forme de coutumes et traditions.

La stratégie du statut social semble a priori opposée. En effet, il s'agit de s'affirmer vis-à-vis des autres, de se définir comme une autorité dans le groupe social ou bien d'affirmer qu'on a des privilèges. Cela nous met en avant dans le groupe, cependant, dans le même temps, c'est aussi une forme de fusion. En effet, si l'on se définit comme une autorité, on ne se définit plus vraiment comme un individu mais comme quelque chose qui transcende notre individualité. D'autre part, on peut envoyer les autres vers ce qu'on considère être le danger pour qu'il se fasse dévorer à notre place par les prédateurs imaginaires. Tout cela peut-être à l'avantage de la personne qui prend l'autorité ou affirme ses privilèges.

Cependant, en faisant cela, on devient une cible évidente pour les autres personnes qui seront d'autant plus motivés à renverser l'autorité que celle-ci semble lui prendre la laine sur le dos. Les gens aiment bien avoir un cadre, mais souvent n'aiment pas être soumis ou bien qu'autrui ait des privilèges. Par exemple, on peut être frustré de ne pas être libre ou bien jaloux d'autrui. On peut ainsi préférer une vie tranquille où l'on est ni soumis ni dominant.

La balance peut tout de même pencher dans le sens d'une hiérarchie si l'on considère que les personnes d'autorité guident le groupe, que cela permet au groupe de se realiser et d'obtenir le pouvoir sur la réalité. Vu comme cela, les dominants seraient les serviteurs du groupe car ils permettraient d'obtenir une force collective qui protège contre les prédateurs imaginaires. Notez que les plus machiavéliques des dominants sont prêts à soutenir des ennemis réels. Cela se fait notamment en politique. Cependant, la plupart du temps, il ne s'agit que d'exagérer la dangerosité d'une situation ou d'inventer des ennemis. Il suffit que les gens croient à la nécessité de la protection. Or si les prédateurs sont imaginaires, il s'agit d'une croyance en un pouvoir magique sur quelque chose d'imaginaire.

Ainsi la fusion dans le groupe et le statut social sont deux stratégies qui se rejoignent. A l'intersection des deux se trouve la notion de dieu. En effet, les croyants s'unissent dans leur croyance et dans le même temps, ils invoquent le nom de dieu pour avoir autorité sur autrui. Cela dit, il y a d'autres choses qu'on peut trouver à cette intersection. Par exemple, les normes, comment bien faire les choses, la bienséance, etc. Quand on invoque des normes, on fusionne avec le groupe, puisque l'on affirme que ce sont les normes du groupe, et d'autre part, on prend pouvoir sur autrui en lui disant des actions qu'on exige. Cela peut prendre les formes suivantes :

- tu dois/devrais faire cela, on doit faire cela...

- il faut que...

- c'est bien de faire cela, c'est mal de faire cela

- tout le monde sait bien que...

- c'est propre, c'est sale (quand la notion de propreté est exagérée ou bien n'a rien à voir)

- il est l'heure de...

existence

Nous avons tous entendu des phrases telles que "le christianisme est une religion d'amour" ou bien "l'Islam est une religion de paix". Je ne vais pas citer ici des obscurs passages des textes religieux, qui ne sont pas très pertinents puisque sujet à interprétation. Je ne vais pas non plus mettre en avant des passages qui expriment de la haine, quelque soit la façon dont on les interprète. Cela ne fait pas beaucoup avancer le débat parce que la façon dont on les considère dépend du contexte mental dans lequel on les interprète. Ainsi, certains utilisent de tels passages pour justifier leur rejet d'autrui voire leur violence, tandis que d'autres les considèrent comme des éléments historiques qu'ils n'oseraient jamais mettre en pratique eux-mêmes, voire considèrent qu'ils ne font pas partie de leur religion, éventuellement que les textes dits sacrés auraient été déformés pour diverses raisons.

Il n'aura échappé à personne que selon la religion les humains sont mauvais, ils sont pécheurs. Cela peut sembler anodin, mais pose la base d'un rejet fondamental de l'humanité et d'un désir de punition. En ajoutant à cela la croyance en un enfer de torture, et voila tous les ingrédients pour la haine de l'humanité. Ces deux éléments sont centraux dans le christianisme et l'Islam. Les interpréter comme des messages de paix et d'amour me semble une forme d'aveuglement. Voyons en détail ces préceptes fondamentaux dans le christianisme et l'Islam. Notez que le bouddhisme peut avoir des similitudes puisque dans certaines versions, il y a la réincarnation en Enfer si on a un mauvais karma.

Les chrétiens ont la dialectique suivante : la destination par défaut après la mort est l'Enfer. On y est détruit par le feu. Et la seule façon d'éviter cela est de se faire sauver par Jésus qui nous lave de nos péchés. En d'autres termes, le terme "sauver" ici veut dire que l'on obtient une exemption de punition. Le paradis se construit alors comme un ilot au milieu de la haine de l'humanité, institutionnalisé par l'Enfer. D'ailleurs on peut s'étonner d'un tel revirement. En effet, protéger de la torture n'est pas équivalent à provoquer la jubilation d'un paradis. Par exemple, dans la Grèce Antique, les gens croyaient que la vie après la mort était par défaut ennuyeuse. On n'y était pas non plus punis ou récompensé.

Les musulmans ont une dialectique légèrement différente : Allah est miséricordieux et donc il est disposé à ne pas nous envoyer en Enfer. Cependant, il met une condition à cela : qu'on se soumette et qu'on le reconnaisse comme notre dieu. Cela est un peu plus direct cependant semblable à la dialectique chrétienne : nous sommes mauvais et méritons d'être torturés par le feu mais on peut faire un arrangement avec Allah pour qu'il nous envoie dans un paradis. Dans l'Islam, l'arrangement est avec Allah, et dans le christianisme, l'arrangement est avec Jésus.

L'Islam et le christianisme, d'après les textes dits sacrés, ne peuvent pas être définis comme des religions de paix et d'amour. En effet, elles institutionnalisent la haine de l'humanité avec l'Enfer, la destination par défaut des humains, qui sont mauvais et méritent la destruction par le feu et la torture. Voila le contexte global de ces religions. Toute religion qui considère que les humains sont mauvais et qu'ils méritent la destruction ou la torture, toute religion qui prend cela pour axiome est une religion de haine. Si l'on définit le satanisme par le désir de faire du mal, les religions qui supposent l'Enfer pour punir les humains sont d'inspiration satanique.

La malveillance envers les humains n'est pas quelque chose de caché, venant d'un Satan qui ne voudraient pas qu'on sache qu'il existe. Elle est le fondement même du christianisme et de l'Islam, qui sinon n'auraient personne à "sauver". Ce qui est caché par contre, c'est que cette malveillance est le fondement de ces religions. Cela est réalisé par l'emploi de mots qui suggèrent la punition sans le dire. Ces phrases insidieuses sont par exemple :

- les humains sont pécheurs

- repentez-vous, la fin est proche

- nous héritons de la faute originelle

- Dieu/Allah est miséricordieux

Pardonner est une bonne chose, pas qu'on l'utilise comme rançon pour mettre les humains à genoux.

existence

Les personnes en situation de pouvoir ont une tendance spontanée à valider leur propre pouvoir. En effet, le fait qu'ils aient le pouvoir leur permet de le faire, et s'ils ne le font pas, ils s'exposent à leur remise en question.

Une raison de la peur du renoncement au pouvoir est que si quelqu'un a eu le pouvoir sans que cela soit légitime, cette personne a eu tort et il est possible que les gens veuillent punir cela. En effet, le pouvoir est la remise en question de la liberté d'autrui. Quand cette liberté est restaurée, cela peut être suivi par l'expression de la frustration. Si la personne soumise avait un désir vengeance qui n'était arrêté que par l'inhibition face au pouvoir, qu'est-ce qui pourrait arrêter cela une fois l'inhibition levée ?

Malgré tout, une des forces qui s'opposent à cette violence est l'éducation. Nous sommes en effet conditionnés pendant notre enfance à réprimer notre violence physique. A moins qu'il y ait une perte complète de repères parentaux, le comportement des personnes a peu de chances de changer du tout au tout. Cette stabilité peut expliquer en partie qu'on ait un tel attachement à l'autorité parentale bien après l'enfance et qu'on trouve un tel consensus au sujet de la nécessité de l'éducation ou bien d'avoir des principes. On compte sur le contrôle des gens par eux-mêmes.

Il y a donc en fait peu de danger dans l'action de renoncer au pouvoir. Bien entendu, le plus autoritaire une personne a été, le plus de précaution est nécessaire lors de la renonciation pour avoir une transition sans trop de chamboulement. Il y a cela dit de nombreux chemins.

Un autre obstacle au renoncement est la dépendance à la guidance. Paradoxalement, certaines personnes demandent à ce qu'on leur donne un cadre alors pourtant qu'elles souhaitent leur liberté. Il peut donc y avoir une pression sociale à continuer les rôles de pouvoir. Cependant, si le renoncement au pouvoir est suffisamment clair, les personnes comprennent. Une partie des complications vient de la difficulté à renoncer avec clarté. Une fois ce pas franchi, autrui est peu enclin à exiger de façon véhémente de nous notre guidance.

Une autre peur de renoncer est l'absence de confiance en autrui. En effet, si l'on croit qu'autrui est fondamentalement dangereux, alors contrôler les autres est nécessaire pour notre sécurité. Dans une tel contexte, ce n'est pas tant la transition vers l'absence de pouvoir qui fait peur que la réalisation de la liberté d'autrui.

Un facteur important dans le comportement d'autrui est la question de savoir s'ils nous jugent ou s'ils ont du respect. En effet, quand on divise le monde en deux, avec d'un coté les bons et de l'autre les méchants, on peut s'attendre à ce que cela influence les actions. On imagine qu'on va avoir du soins pour les bons et pas de soin du tout pour les autres, voire qu'on défoule l'agressivité sur eux. En particulier, utiliser autrui comme bouc émissaire est plus facile quand on n'a pas de respect. Je dirais même que le respect empêche l'utilisation comme bouc émissaire.

La principale chose qui protège face au manque de respect est la loi humaine. Quand bien même on méprise complètement quelqu'un, on ne veut pas aller en prison pour autant. Dans le cas du travail, qui n'est pas exactement la question légale mais est très lié, on risque de perdre son travail et donc dans un tel cadre on fait attention d'avoir un comportement légal au moins en surface. Il y a donc une déontologie de base qui en découle. Cela nous protège dans la plupart des cas, à l'exception de cas extrêmes d'instabilité émotionnelle où les gens agissent parfois contre leur propre intérêt. La loi humaine est une tradition qui évolue avec le temps et que les gens remettent rarement en question. L'exception est la désobéissance civile qui parfois fait jurisprudence.

Cela dit, les cadres légaux et les contraintes provenant de l'éducation ont un effet de modération qui est seulement de surface. Même la politesse n'empêche pas complètement l'agressivité psychologique. Obtenir le respect permet d'éviter cette malveillance psychologique, parce qu'alors autrui a vraiment une attitude positive envers nous, même si cela ne va pas toujours jusqu'à la bienveillance.

Or le pouvoir donne le respect, parce que les gens ont peur d'être punis s'ils manquent de respect. Mais tragiquement, le pouvoir est un manque de respect d'autrui et avec lui, on obtient une apparence de respect qui est en réalité une forme de soumission. Un respect profond n'est pas basé sur la peur. Et le respect mutuel non plus. La soumission par la peur disparait dès que la peur disparait. D'où la recherche désespérée de pouvoir et d'intimidation quand on imagine qu'une telle stratégie donne le respect.

Le renoncement au pouvoir et aux tensions qui en découlent repose donc sur notre capacité à entretenir le respect mutuel par des moyens non-violents.

existence

Le satanisme, comme tout mot générique, désigne diverses choses. De toute évidence, la plupart des gens veulent se dire du coté du bien et classent le satanisme du coté du mal, et donc le mot désigne dans ce cas une attitude de rejet envers cetaines personnes dont on affirme qu'elles ont une philosophie que nous jugeons négativement, en tant que tel ou bien par des conséquences qu'on imagine.

Dans une dynamique de valorisation de soi par la dévalorisation d'autrui, se dire indirectement du coté du bien, de dieu, etc. est narcissique. En effet, on s'affirme indirectement comme quelqu'un ayant une valeur intrinseque supérieure ou bien contribuant positivement pour le monde. Le rejet d'autrui peut etre considéré lui-meme comme une de ces actions positives que nous faisons pour le monde. Dit trivialement, on pense sauver le monde en rejetant autrui.

Pourquoi passer par un tel conflit avec autrui pour se valoriser ? Il se peut que l'on ressente une pression à etre quelqu'un de bien, une telle pression étant souvent internalisée, c'est-à-dire que personne ou presque ne nous demande cela explicitement au jour le jour, on nous donne seulement des piqures de rappel. Voyant que nous n'avons pas la valeur attendue, on peut etre tenté de faire diversion et de pointer du doigt les gens que l'on considere comme pire que nous, et donc que l'on peut mettre en avant pour prendre les foudres à notre place. Le principe étant que s'il y a punition, elle doit s'appliquer en priorité aux pires éléments. Nous achetons du temps avec cette diversion. J'examine un tel contexte psychologique dans le texte sur la religion de la haine.

Il se peut aussi que nous voyons de la valeur en nous ou en ce que nous faisons pour les autres, et que nous n'osons pas le formuler, par peur d'etre rejeté comme prétentieux. La dévalorisation d'autrui est alors un moyen indirect d'affirmer notre valeur. Cela dit, dévaloriser autrui n'est pas une action sympathique, ce qui fait qu'on ne peut pas le faire sans couverture. Alors les personnes qui ont recours à cette méthode vont donner explicitement ou implicitement des justifications. Par exemple elles peuvent dire qu'elles font cela pour le bien du groupe, qu'elles ne font qu'obéir à des principes que tout le monde partage, qu'elles font la justice (voir l'empathie ou la vengeance).

Implicitement il y a l'idée que si une autorité ou une regle existe, c'est-à-dire une forme de pouvoir ou d'ordre, une telle autorité ou regle est nécessairement légitime. Or il est connu que le pouvoir a tendance à se valider lui-meme quoi qu'il arrive et donc que l'existence des structures, qu'elles prennent la forme d'une personne ayant autorité ou une regle communément acceptée ne sont pas en réalité de justification valide.

La désignation d'autrui comme étant satanique, adepte du satanisme, est un cas particulier de dévalorisation/valorisation basé sur les schémas religieux d'autorité et d'anti-autorité. Cela est une facon tragique de répondre à plusieurs besoin :

- se rassurer par rapport au jugement que l'on porte sur soi-meme

- faire diversion pour se rassurer par rapport au jugement du groupe

- se valoriser indirectement, en évitant de montrer notre narcissisme

- combler notre sentiment de ne pas avoir de valeur

- avoir le sentiment de contribuer au bien collectif (une illusion puisqu'on entretient le jugement et l'absence de comprehension)

- éviter de faire face au jugement et à l'autorité

Voila pour l'utilisation du mot satanisme comme un anatheme. Une telle utilisation du terme remonte jusqu'au Moyen-Age ou l'on assassinait de temps à autres les gens considéré du coté du mal, que les gens en question représente un quelconque danger ou pas. Cela etait sans doute favorisé par un contexte où il n'était pas possible de mettre en pratique un systeme judiciaire et un ordre social fiable, et par l'ignorance qui ne pouvait pas etre comblée par les moyens de documentation qui sont apparus avec l'imprimerie.

existence

Fondamentalement, toutes nos actions cherchent à répondre à notre besoin ou au besoin de quelqu'un d'autre. Cela dit, nous sommes interdépendants, et les représentations que nous avons des autres nous influencent. Alors notre désir ne correspond pas nécessairement aux besoins. Cela est particulièrement vrai dans le cas du désir mimétique de pouvoir.

La représentation, ou la croyance que nous avons besoin de pouvoir ou bien qu'autrui a besoin de pouvoir, se réalise en quelque sorte elle-même. Quand nous pensons qu'autrui a besoin de pouvoir, nous réagissons parce que nous avons besoin d'autonomie, de liberté. Pour faire face au pouvoir d'autrui, nous pensons avoir besoin de pouvoir. Pourtant, il s'agit d'une stratégie plutot que d'un besoin de soi-même ou d'autrui.

En effet, le pouvoir est comme l'argent. Avec de l'argent, on peut obtenir ce dont on a besoin. Et donc on désir l'argent. Pourtant, on n'a pas besoin d'argent en tant que tel. Ce n'est pour l'essentiel que du papier (ou bien des nombres dans des documents électroniques).

De meme, nous désirons le pouvoir parce qu'avec lui, on obtient le soin des autres. Ainsi, sous-jacent se trouve nos besoins et nos peurs. Nous sommes fondamentalement tres préoccupés par notre sécurité. Meme si nous n'avons pas le sentiment d'avoir peur, notre inconscient donne généralement le plus d'importance à la sécurité.

Ainsi, on se conforme beaucoup pour s'assurer d'etre accepté par les autres. Ou bien on cherche des stratégies individuelles de pouvoir. Parfois les deux en meme temps ou toutes sortes d'intermédiaires.

Pourtant, si autrui a de la considération pour nos besoins, si tout le monde a confiance que ses besoins seront pris en considération, est-ce que le besoin de pouvoir a du sens ? Je suis d'avis que non. Le désir du pouvoir est sous-tendu par nos peurs plus ou moins inconscientes. Et ses peurs sont entretenues par notre croyance qu'autrui a besoin du pouvoir.

Bien entendu, ne soyons pas naïfs : souvent les gens ont des stratégies de pouvoir. Cependant, quand on comprend que ce ne sont que des stratégies et pas un besoin fondamental, cela ouvre une porte à la résolution de l'opposition apparente entre l'autonomie de soi et l'autonomie d'autrui. Ces besoins sont presque toujours indépendants à un niveau fondamental.

D'autre part, quand on réalise que notre désir de pouvoir est basé sur du mimétisme, le pouvoir apparait comme vain dans la plupart des cas et l'on peut alors se détendre. S'il est un besoin qui n'est pas répondu par la lutte pour le pouvoir, c'est bien entendu celui de se détendre. En effet, les "victoires" ne sont que des détentes passagères.

Ainsi le désir mimétique de pouvoir et la croyance que nous avons besoin de pouvoir nous entraine dans une lutte sans fin, tandis que la réalisation de la vacuité de cette lutte nous ouvre une chemin de paix.

existence

Dieu sauve de la punition qu'il inflige. Il nous demande de faire certaines choses pour nous sauver comme si la menace ne venait pas de lui. Pourtant, il est censé être le juge qui nous destine à la punition. Avoir le diable comme sous-fifre pour exécuter la punition n'arrange pas son cas.

Pour dédouaner Dieu, après que quelqu'un ait mis en évidence le non-sens d'un Dieu sauveur contre lui-même, certains argumentent que ce sont les gens eux-mêmes qui se condamnent par leurs actions. Autrement dit, ce serait dans la mécanique de la réalité physico-spirituelle que certaines actions soient punies par un enfer.

Mais si la réalité est ainsi, alors Dieu n'est pas créateur d'une telle réalité, puisqu'il s'y oppose, il combat même un tel état des choses et se propose de nous protéger. Dans le christianisme, le bouclier est Jésus. Or dans ce cas, cela veut dire que Dieu est immergé dans une réalité spirituelle dont il n'a pas décidé du fonctionnement.

Si Dieu est seulement une personne qui décide de sauver certaines personnes selon leurs actions, il n'est en fait pas le juge ultime, mais au mieux un résistant contre une tyrannie, au pire un notable profitant d'une situation désastreuse, promettant de sauver avec la demande qu'on le vénère au préalable et qu'on fasse certains rituels.

Les humains qui ne font pas ce qui est demandé ne cheminent pas d'eux-même vers l'enfer, ils ne sont que les victimes d'un système judiciaire horrible dont le diable est le geôlier. En fait, nous humains n'oserions pas mettre en place un tel système judiciaire parce qu'il ne montre aucune compréhension ni aucune mesure et condamne tout le monde.

La seule façon pour que Dieu soit effectivement juge, et que la notion de pardon ait un sens, il faudrait que Dieu ait le libre arbitre de punir ou non. Dans ce cas, il ne sauve pas les humains. Ils les condamne ou pas. Or la condamnation est une absence de compréhension et de sagesse. Seul le cas de l'usage de la force pour protéger a du sens. Et Dieu n'est certainement pas en danger. D'autre part dans ce cas, le diable n'est pas ennemi de Dieu mais son serviteur qui applique les sentences.

Si Dieu est sage, alors il ne juge pas. Il n'envoie pas les gens en Enfer. Si un tel lieu existe, il n'est pas représentatif d'un légalité. Ce n'est pas un lieu de punition divine, mais un lieu où l'on peut arriver par erreur, indépendamment de notre vertu véritable.

Si Dieu ou Jésus sauve de l'Enfer, il n'est pas le créateur du monde spirituel, ni le chef du monde spirituel. Il n'est pas tout puissant, mais fait ce qu'il peut pour nous indiquer un chemin, qui n'est pas en rapport avec la vertu mais avec la sureté spirituelle. Si Dieu ne nous aide que lorsqu'on lui obéit, alors il n'est pas sage, mais tente de profiter de la situation.

existence

Une telle phrase du Nouveau Testament semble raisonnable parce qu'on ne souhaite pas se juger négativement les uns les autres, pourtant si on l'examine de plus près, elle dit implicitement que Dieu, lui, peut juger les gens.

Prenons un instant, même si nous ne croyons pas en Dieu, pour ouvrir nos yeux de sagesses sur ce sujet.

La seule raison pour laquelle les humans agissent est pour repondre à leur besoin ou au besoin d'autrui. On est parfois horrifié par les stratégies employées pour répondre aux besoins, cependant fondamentalement on ne peut rien faire d'autre que d'accepter que les gens aient les besoins qu'ils ont.

Comprenant cela, quel sens cela aurait-il de juger négativement autrui ? On peut être en désaccord sur les stratégies, ou avoir besoin de prendre soin de soi, et dans des cas extrêmes utiliser la force pour protéger, mais dans la plupart des cas, une simple discussion peut permettre d'expliquer à autrui ce dont nous avons besoin.

Si nous comprenons cela en tant qu'humains, que nous avons cette sagesse, pourquoi est-ce que Dieu, supposément infiniment sage, nous jugerait ? Lui qui de plus est censé nous avoir créé ?

La phrase "Qui suis-je pour juger mon prochain ?" dans un contexte religieux, outre le fait qu'elle présuppose un dieu, semble valider le principe de jugement comme le sommet de la sagesse, ce qui n'est pas le cas, comme expliqué plus haut.

Allons plus loin. Si de plus nous sommes censé aimer les autres comme nous mêmes, par réciprocité, nous sommes censé nous aimer comme nous aimons les autres. En effet, pourquoi faire le bien d'autrui serait bien et faire le bien de soi serait mal ?

Et pourtant, l'on trouve abondance de phrases dans la Bible demandant de se repentir. En d'autres termes, de se juger négativement soi-meme. Donc on ne devrait pas juger négativement les autres, mais se juger négativement soi-meme ? L'analogie de la poutre et de la paille est en ce sens revelateur d'un tel biais, puisque l'on considère que la personne qui pointe le doigt a necessairement beaucoup plus à se reprocher que ce qu'elle reproche.

Ainsi, si je ne suis pas Dieu pour juger les autres, eh bien, je ne suis pas Dieu non plus pour me juger moi-même. Et donc la repentance est contraire à ce principe.

Traduis en terme athées, s'il n'est pas humble de juger les autres, alors il n'est pas humble de se juger soi-même. Et comme il n'est pas sage de juger les gens, un dieu infiniment sage ne devrait pas le faire non plus.

existence

Voila une injonction qu'on trouve dans la Torah. Le contexte de l'époque était qu'il y avait de nombreux cultes et peut-être cette critique des statues était une façon d'éviter d'entrer en compétition. Plutôt que de dire "nous avons la bonne statue qui représente le bon dieu", dire "les statues ne sont pas les dieux".

C'est un peu comme de dire que les mots ne sont pas ce qu'ils désignent. C'est vrai mais en même temps, cela ne remet pas en question l'usage des mots pour communiquer et communier avec les autres. Avoir un mot pour désigner une divinité est une façon de mettre cette idée en commun, et avoir une statue pour représenter une divinité est une facon d'avoir un point de rassemblement physique commun.

Critiquer l'idolâtrie, c'est un peu comme de dire que quand on regarde un film à la télévision, on voit une boite qui fait des images plutot que de voir une histoire et des personnages avec qui on entre en empathie.

Il est intéressant de remarquer que le christianisme, dont le rapport avec l'Ancient Testament est ambigu, a oscillé entre la permission et l'interdiction des statues. Tantôt les gens ont été condamnés pour avoir des statues, tantôt ils ont été soutenus. Cela ne fait pas très sérieux. On sait de nos jours qu'au fil du temps, la permission a pris le dessus mais cela n'a pas toujours été le cas.

Dans l'Islam, les représentations sont interdites. Cela est parfois un argument utilisé pour justifier de la disqualification des autres religions. Comme expliqué plus haut, l'argument n'est pas convainquant puisqu'alors les idoles sont auditives et mentales. Et puis, l'interdiction des idoles provient du judaïsme. Enfin, les musulmans se prosternent en direction de Kaaba, une construction cubique dans la ville de la Mecque. Donc ce cube est leur idole physique, sans laquelle ils ne peuvent pas faire leur prière.

Cela dit, je pense que l'on peut aller plus loin encore dans le raisonnement. Lorsque quelqu'un se prosterne sans statue, en répétant des prières, il se fait une représentation dans son esprit. Finalement, la statue et la prière ne sont qu'une aide à la construction d'une représentation dans la subjectivité. De meme, la Kaaba qui represente un espace vide est une aide pour se representer un tel espace.

Qu'il y ait un objet physique ou pas, l'idole est en fin de compte une construction mentale. Le croyant sans idole se construit en fait des idoles dans sa tête, il sculpte ses neurones et se prosterne devant le résultat. Les mots sont utilisés pour effectuer cette sculpture mentale, et parfois les images et les objets physiques sont également utilisés.

Ainsi, toute prosternation se fait devant une idole, qu'elle soit un objet physique ou un objet mental. On pourrait dire qu'avoir un objet physique tend a standardiser la représentation visuelle tandis que sans objet physique, l'objet mental peut prendre de nombreuses apparences imaginaires. Cela dit, d'un point de vue auditif, toutes religions font appel aux prières et donc effectuent une standardisation d'un point de vue auditif.

Les réactions fortes concernant le discours athée ont peut-etre leur source dans le fait que les mots prononcés peuvent défaire les idoles construites dans les esprits de certains croyants. Ainsi dans un tel cas le croyant n'aurait pas peur qu'on brise sa statue, mais peur qu'on brise sa statue imaginaire, sa représentation, son idole mentale. Cette peur serait d'autant plus grande que l'enjeu est important, notamment s'il pense que cette idole imaginaire le protège de l'enfer et lui promet le paradis.

D'ailleurs, le paradis et l'enfer ne sont-ils pas des sortes d'idoles et anti-idoles ? Le paradis est un lieu idolâtré tandis qu'un bon dieu est un personage idolâtré. L'enfer est un lieu anti-idolâtré tandis qu'un mauvais dieu est un personage anti-idolâtré. Parfois l'enfer et le paradis sont représentés, parfois non. On a donc encore les memes cas d'idolâtrie :

- idolâtrie physique visuelle : statues d'un bon dieu, des anges et des scenes au paradis

- anti-idolâtrie physique visuelle : statues d'un mauvais dieu, des demons et des scenes de l'enfer

- idolâtrie auditive et mentale : discours sur un bon dieu et un paradis

- anti-idolâtrie auditive et mentale : discours contre un mauvais dieu et un enfer

En fait, l'athéisme est comme une application rigoureuse de l'interdit de l'idolâtrie. Ni représentation physique ni représentation mentale des dieux, des enfers et des paradis. Mais un espace, le cosmos, substance de toute chose.

existence

La CNV peut etre résumée en trois parties :

  1. déterminer nos besoins
  2. demander aux autres des actions faisables
  3. exprimer sa gratitude

Déterminer nos besoins

Il s'agit de sortir de la confusion entre les besoins, les jugements, les sentiments, les interprétations, les observations et les imaginations.

Exemple entre besoin et jugement :

  • J'ai voudrais de compagnie (besoin)
  • Quel salaud, il m'a ignoré (jugement/interprétation)

Sentiment et interprétation :

  • Je suis frustré parce que j'ai besoin de plus de facilité et liberté de mouvement (sentiment)
  • Il m'entrave dans toutes mes actions (interprétation)

Observation et imagination :

  • Cela n'a pas marché les trois dernieres fois (observation)
  • Cela ne marchera jamais (imagination)

Demander aux autres des actions faisables

Quand on demande, si l'autre se sent menacé il ne le fera pas de bon gré et cela entache les relations. L'autre peut s'attendre à ce qu'on réagisse mal à un "non" si on a déja mal réagi par le passé ou bien si quelqu'un d'autre a mal réagit à un "non".

L'on peut rappeler à l'autre qu'il est libre, et s'il dit non, tenter de comprendre ce qui l'empeche d'accéder à notre requete. En effet, il se peut que l'on comprenne le pourquoi du comment et alors que l'on trouve une solution. Parfois montrer de l'empathie peut suffire à rassurer la personne.

L'usage de la force ne peut etre justifié que pour se protéger d'une menace réelle et directe. Autrement, c'est une prise de pouvoir sur autrui, ce qui le frustre dans son désir d'autonomie et de paix.

Les demandes qui ne sont pas réalisables ou bien qui sont exprimées par une négation amene plutot de la confusion.

Par exemple :

  • j'aimerais que tu passes une soirée par semaine à la maison (concret et réalisable)
  • ne passe pas trop de temps au travail (flou et négatif)

Exprimer sa gratitude

Utiliser des adjectifs positifs n'aide pas beaucoup, et cela resemble à une récompense. Au lieu de cela, on peut se connecter à l'autre en lui disant pourquoi on a de la gratitude.

Par exemple :

  • merci de m'avoir ramené en voiture, j'avais vraiment envie de voir mon oncle qui va déjà repartir deman (on dit l'action et ce que cela apporte)
  • super, merci tu es un chef (flou et flatterie qui peut meme déplaire)

existence

Demander

La première chose pour pouvoir demander, c'est de savoir ce dont on a besoin. En effet, si l'on en reste a une stratégie précise pour répondre à nos besoins, il se peut que cela soit incompatible avec les besoins d'autrui. Tandis que si l'on en revient à ce dont on a besoin, on a plus de latitude et autrui peut être créatif avec nous pour trouver des solutions.

Mais ensuite, comment demander ?

Nous sommes plus ou moins conditionnés par nos relations passées et par notre éducation, et souvent quand les gens demandent, il y a une menace implicite. Même si l'on demande avec le sourire et avec la politesse, si l'on ne peut pas accepter le refus, et que dans ce cas, l'on crie et l'on attaque, ce n'était pas une simple demande, mais une exigence avec menace.

Ainsi, même si l'on a pas l'intention de menacer l'autre, parfois autrui prendra tout de même une demande comme une menace. On peut alors lui rappeler qu'il est libre de refuser, lui faire comprendre que l'on n'exige pas. Tout cela se fait de façon plus ou moins subtile, par le language non verbal, etc. pas nécessairement avec des mots.

Demandez sans menace, recevez avec grace

Quand autrui nous donne dans la liberté, son don n'est pas guidé par la menace. Et donc, l'on peut recevoir sans crainte. En effet, l'autre versant de la menace quand on demande, est la dette quand on reçoit. Si autrui ne nous donne pas du coeur, tout le monde paye pour cela. Mais quand autrui donne de bon coeur, c'est la vie qui donne à la vie. Le don prend une dimension transpersonnelle. L'accepter avec cette dimension, c'est recevoir avec grace.

Cela est simplement que lorsque l'on voit la vie de l'autre et que l'autre voit notre vie, on renonce à calculer.