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La fusion sociale ou le statut social


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Il existe deux approches opposées par rapport à l'angoisse existentielle. D'un coté, on a la recherche du statut social et de l'autre on a la recherche de la fusion dans le groupe. Les deux correspondent à deux stratégies différentes pour s'assurer la sécurité, la bienveillance et la considération des autres. Une troisième stratégie qu'on peut aussi développer est de favoriser l'empathie avec le respect mutuel.

La fusion dans le groupe est une stratégie qui ressemble à une négation de soi ou bien une soumission à ce qu'on considère être le désir du groupe. Comme le groupe n'est pas une entité pensante, il ne s'agit bien entendu pas vraiment d'un désir réel mais d'un présupposé que nous avons. Notre présupposé peut être éventuellement renforcé par ce que disent les autres ou bien leurs attitudes. Cependant, les gens n'expriment pas souvent leur pensée véritable parce qu'ils suivent ce qu'ils considèrent eux-mêmes comme la pensée du groupe. Au final, ce qui est exprimé peut en fait ne correspondre à la pensée de personne. Il se peut que ce soit compatible avec une moyenne des avis individuels, mais cela peut aussi être différent, voire complètement absurde.

La recherche de fusion dans le groupe peut s'expliquer par l'idée de dilution du danger. Nous avons une prédisposition à voir des prédateurs alors qu'il n'y en a pas, et donc à avoir peur pour rien. D'autre part, il n'est pas facile pour notre cortex frontal d'inhiber volontairement l'activation de l'amygdale qui est assez automatique. Il en résulte une angoisse existentielle psychotique, c'est-à-dire non corrélée à la réalité. Pour réduire ce danger imaginaire, l'on peut avoir recours à la fusion dans le groupe. Plus on ressemble aux autres et plus l'on est inclus dans le groupe, moins l'on a peur de ce qu'on ne contrôle pas, parce que la probabilité que cela tombe sur nous diminue avec le nombre de personnes.

L'obéissance au groupe, la soumission à ce que les autres disent, rassure aussi par rapport au pouvoir du groupe. En effet, si l'on a pas de pouvoir individuellement, on peut cependant croire que le groupe a le pouvoir sur la réalité. La coopération entre les individus permet de realiser plus que les individus isolément. Les compétences des autres peuvent nous paraitre magique, comme un pouvoir sur les lois de la physique. Pourtant, personne ne peut vraiment remettre en question la réalité. Et collectivement, cela n'est pas possible non plus. Pourtant, par extrapolation, les gens imaginent plus ou moins inconsciemment que le groupe social a un pouvoir au-delà de la réalité. S'ils croient que la soumission à la volonté du groupe est essentielle a la réalisation de ce pouvoir, ils peuvent vouloir désespérément se soumettre et soumettre les autres. Ou bien si l'on croit que l'harmonie est essentielle au groupe, on n'a moins de chance de garder notre calme quand l'harmonie n'est pas au rendez-vous. Ainsi, on peut effectuer une sorte de fétichisme du groupe, qui prend parfois la forme de coutumes et traditions.

La stratégie du statut social semble a priori opposée. En effet, il s'agit de s'affirmer vis-à-vis des autres, de se définir comme une autorité dans le groupe social ou bien d'affirmer qu'on a des privilèges. Cela nous met en avant dans le groupe, cependant, dans le même temps, c'est aussi une forme de fusion. En effet, si l'on se définit comme une autorité, on ne se définit plus vraiment comme un individu mais comme quelque chose qui transcende notre individualité. D'autre part, on peut envoyer les autres vers ce qu'on considère être le danger pour qu'il se fasse dévorer à notre place par les prédateurs imaginaires. Tout cela peut-être à l'avantage de la personne qui prend l'autorité ou affirme ses privilèges.

Cependant, en faisant cela, on devient une cible évidente pour les autres personnes qui seront d'autant plus motivés à renverser l'autorité que celle-ci semble lui prendre la laine sur le dos. Les gens aiment bien avoir un cadre, mais souvent n'aiment pas être soumis ou bien qu'autrui ait des privilèges. Par exemple, on peut être frustré de ne pas être libre ou bien jaloux d'autrui. On peut ainsi préférer une vie tranquille où l'on est ni soumis ni dominant.

La balance peut tout de même pencher dans le sens d'une hiérarchie si l'on considère que les personnes d'autorité guident le groupe, que cela permet au groupe de se realiser et d'obtenir le pouvoir sur la réalité. Vu comme cela, les dominants seraient les serviteurs du groupe car ils permettraient d'obtenir une force collective qui protège contre les prédateurs imaginaires. Notez que les plus machiavéliques des dominants sont prêts à soutenir des ennemis réels. Cela se fait notamment en politique. Cependant, la plupart du temps, il ne s'agit que d'exagérer la dangerosité d'une situation ou d'inventer des ennemis. Il suffit que les gens croient à la nécessité de la protection. Or si les prédateurs sont imaginaires, il s'agit d'une croyance en un pouvoir magique sur quelque chose d'imaginaire.

Ainsi la fusion dans le groupe et le statut social sont deux stratégies qui se rejoignent. A l'intersection des deux se trouve la notion de dieu. En effet, les croyants s'unissent dans leur croyance et dans le même temps, ils invoquent le nom de dieu pour avoir autorité sur autrui. Cela dit, il y a d'autres choses qu'on peut trouver à cette intersection. Par exemple, les normes, comment bien faire les choses, la bienséance, etc. Quand on invoque des normes, on fusionne avec le groupe, puisque l'on affirme que ce sont les normes du groupe, et d'autre part, on prend pouvoir sur autrui en lui disant des actions qu'on exige. Cela peut prendre les formes suivantes :

- tu dois/devrais faire cela, on doit faire cela...

- il faut que...

- c'est bien de faire cela, c'est mal de faire cela

- tout le monde sait bien que...

- c'est propre, c'est sale (quand la notion de propreté est exagérée ou bien n'a rien à voir)

- il est l'heure de...

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