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Du texte, et du texte.

Billets dans ce blog

 

De l'art abstrait d'être simple d'esprit

Douze juillet. L'année a été perdue. Un petit homme, mais pas piqué des hannetons, se promène. Un papillon ? Il s'en émerveille. Une brebis ? Il la remercie. Il n'en reste pas moins affamé. De son air simplet, il laisse entendre qu'il est en quête de quelque chose. S'il pouvait croiser qui que ce soit, sûrement, ils l'éviteraient par crainte d'une conversation gênante. De sa marche assurée, son intellect se persuade qu'il est davantage Narcisse que Goldmund. Il a pourtant tout : un toit

Jedino

Jedino

 

La vie c'est joli !

D'aucuns diraient que ma situation est compliquée. Pourtant, j'arrive à relativiser : vont-ils vraiment laisser faire jusqu'au bout ? Je sais pourtant qu'il se disait que oui, je n'y ai jamais trop cru. Je suis bien trop raisonnable pour ça, mon esprit rationnel s'y refusait. Et je les vois tous, là, devant moi, à me fixer du regard. Il faudrait peut-être que je trouve en moi la force d'éprouver une quelconque haine à leur égard, mais rien n'y fait. Je terminerai donc cette histoire définitiveme

Jedino

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Le suicidé

Vous n'avez jamais souhaité être immortel, comme éternel ? Eh bien moi, voyez-vous, mon problème est là : malgré ma persévérance, impossible de mourir. J'ai pourtant tout essayé, récentes comme anciennes méthodes. Je vous épargne les quelques détails morbides, mais les faits sont là. Pourtant, ce n'est pas la motivation qui manque. Parce qu'en réalité, vivre cent ans, deux ans, passe encore. Mais quand vous atteignez le millénaire, que vous avez plus que rêvé tourné en rond, et que la dernière c

Jedino

Jedino

 

?

S'interroger. Sur le temps, sur la vie, sur l'interrogation elle-même. S'interroger sur les raisons qui font que tout s'érode, que tout passe et se meurt, sur le sens unique de l'écoulement des secondes ou l'intérêt de terminer des vies pour en lancer d'autres. S'interroger sur toutes ces choses, et quelques unes à côté encore aussi. Dans quel but ? Assurément trouver des réponses, se rassurer, en somme. Car, en effet, comment concevoir qu'une question formulée ne puisse pas admettre de répons

Jedino

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Je suis un philosophe

Je ne sais pas pour vous, mais l'affirmation "Je suis un philosophe" à tendance à me déconcerter. En effet, à quel moment peut-on dire, sait-on, en fait, que nous sommes, au sens fort du terme, un philosophe ? Est-ce parce que nous sommes parvenus à écrire une oeuvre à teneur philosophique, ou bien plutôt plusieurs ? Est-ce plutôt davantage un ressentiment, une sorte d'accomplissement qu'on estime avoir atteint et qui correspondrait à une définition plus ou moins claire de ce qu'il est ? Il fau

Jedino

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La vie d'un autre

Ils m'ont empoisonné la cervelle avec leurs conneries. Regarde-toi, tu parles, te comportes et espères comme eux. Regarde toutes ces fantaisies malsaines qui dansent et courent devant toi. N'y vois-tu donc pas le malin ? Ma parole, tu es même tombé dans le social. Et pourquoi pas les aimer, non plus ? Où sont donc passés tes plans et tes rêves, ceux d'un avenir incendié, crucifié au pilori des bizarres ? C'est pathétique. Franchement pathétique. Tu comptais refaire le monde, et voilà que tu ne c

Jedino

Jedino

 

Le rire jaune est un rire d'oeuf

J'aime voyager. Voir tous ces animaux enfermés dans leurs habitudes se mouvoir chez eux, derrière les barreaux emmurés. Regardez bien ! Ne sont-ils pas mignons, à coasser et meugler ? Donc je me promène au gré des allées. Les refuges s'enchaînent et se ressembles tous. C'en devient monotone. Jusqu'au moment où l'un cherche à se démarquer, pensant là affirmer son rang : le voilà qu'il se lève, roucoulant plus fort que les autres. Oui, vraiment, j'aime voyager. Cela permet de comprendre qu'on a

Jedino

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La philosophie du promenoir

Vroum ! Vroum ! Et qu'elle y va à fond sur la route, la pensée ! Et qu'elle y va ! Un petit tour sur soi, un deuxième, et ... Allez hop ! Oh que je le deviens, oui, que je le deviens ! Je le sens ! Je deviens génial, génial ! Plus vite, encore plus vite ! Je vais saturer, la voiture va quitter la voie ! Doucement ! Non, pas là, non ! Mais, où suis-je ? Oh ! On dirait un neurone. Oh ! Un autre. Non, ce sont plutôt des roues. Elles tournicotent, touc, touc ! Ah quelle vitesse ! Quelle beauté !

Jedino

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Les Luminaires

- OOOOOH LE MONSTRE ! OOOOOH L'ASSASSIN ! Il venait d'arracher sadiquement la tête du cafard. Il riait. Il riait fort. Il riait de son air supérieur. - A MOIIIII ! A L'AIDEEEEE ! Le boucher s'installa avec joie sur le bas-côté, à l'occasion d'un petit rocher. - Allons, calme-toi. Regarde, c'est tout à fait comestible. En veux-tu un morceau ? - Je ne discute pas avec une chose comme vous ! - Vas-tu cesser tes jérémiades ? Personne ne s'intéresse à tes appels ridicules. Viens donc manger

Jedino

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Le carrefour des ressuscités

- Bonjour, Monsieur. Vos papiers, je vous prie. - Mes papiers ? - C'est cela. - Mais où je suis ? - Au bureau des ressuscités, Monsieur. Il me faudrait cependant vos papiers, si vous le voulez bien. Il tapote ses poches. - Mais... Je... Il me semble les avoir perdu avant de mourir. - Cela ne fait rien. Donnez-moi votre nom. Il réfléchit. - Je ne suis pas certain... - Détendez-vous. Vous faites une crise post mortem. Allez vous asseoir sur le côté, juste là, et respirez tranquillement.

Jedino

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De l'art du renouveau

Il était un temps où l'homme, à l'état de nature, gambadait gaiment dans la prairie. Il se montrait sautillant, souriant, aimable avec tous. Il n'avait de cesse de se faire pardonner, de demander à la bête si elle accepterait de mourir pour le nourrir, et ceci, avec grande tristesse. Bref, il ressemblait à un sage, capable de pleurer avec les arbres et de partager son logis avec les animaux. Arriva alors en ce paradis le démon. Certains l'appellent femme, d'autres diable. Mais de ces histoires,

Jedino

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Et de cent

Paraît que j'ai le goût du morbide. Paraît aussi que je suis un con. Pour l'un, c'est mon côté artiste génial. Pour l'autre, il faut bien que les gens aient une opinion. Il paraît finalement beaucoup de choses, et probablement pas mal de choses vraies. Mais au fond, est-ce que c'est important ? Je vais vous faire une confidence : autrefois, j'étais fou. Je me suis laissé convaincre que mes agissements et mes pensées tenaient de la déraison. Maintenant, je me sens en phase avec moi-même. Quelqu'

Jedino

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L'avant dernier

Juste parce que c'est l'avant dernier. L'avant dernier de quoi, me direz-vous ? Excellente question ! Bon, très bien, installons-nous, c'est l'heure des confidences. Hier soir, je me suis installé sur un divan et j'ai répondu aux questions que me posait le psychanalyste, à savoir moi, ou plutôt mon autre moi qui parlait à travers l'enregistrement que j'ai composé. Il m'est ainsi possible de me confesser en toute sincérité, et ceci, dans une entière gratuité. Il ne faut cependant pas trop être r

Jedino

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La pêche aux idées

- Ca mord, chez toi ? - Ah non ! C'est mort de chez mort. - On doit pas avoir de bol, aujourd'hui. Tu te souviens, l'autre jour, quand tu as eu la Peur ? J'ai bien cru qu'il allait nous sauter dessus. Féroce, la bête ! - Ouai, je me souviens très bien. Paraît que quelqu'un a déjà chopé la Liberté. T'imagines ?! Mais j'y crois pas franchement. - Raconte pas n'importe quoi ! T'as vu le mec tout comme moi, quand il s'est pointé dans le village. Un foutu chanceux, moi j'te l'dis ! - Ouai. Il

Jedino

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La désolation du bonheur

Il était une fois un couple heureux. Ne voyez point de l'ironie de ma part, je ne suis là que pour conter. Ils eurent évidemment beaucoup d'enfants, bien assez pour qu'ils s'en soient satisfaits. Beaux, jeunes, éduqués comme il convient : tous étaient parfaits, à leurs façons. De qualités, ils ne manquaient pas. Mais quoi qu'heureuse, cette sympathique famille restait modeste : les acquis ne devenaient pas religion. Mais comme les histoires qui devraient se finir avec la joie et le sourire,

Jedino

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D'erreurs et de roc

Il était un nain qui, habitant sur les lunes, Y verdissait gaiement courgettes, pommes et prunes. Voyageur de l'univers, il était chez lui Partout. Serait-ce donc son lointain monde qu'il a fui ? Nul ne le sait. Mais, quand il a ici fini De donner la vie, il retourne à l'infini Retrouver un ailleurs qui l'attend en dormant. Car, si en partant la paix y règne en chantant, Ce n'est bien là que le temps de le voir allé. Rapidement, le chaos s'y est installé : Les fleurs luxuriantes do

Jedino

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Jeu entre amis

- Tu comptes jouer bientôt, mec ? - Putain ouai, on t'attend ! - Deux secondes ! Je réfléchis. - Depuis quand tu sais réfléchir, toi ? C'est la vodka qui te rend lucide ? - Connard ! Bref, voilà une sympathique soirée entre amis. A quoi bon vous la conter ? Vous le connaissez. - T'es sérieux, là ? Tu joues ça ? - Bah ouai. - Tu te moques de nous ? - J'en ai l'air ? - Laisse-le donc jouer ce qu'il veut, merde ! S'il est con il est con, cherche donc pas. - Va te faire ! Que voulez-v

Jedino

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Et je l'avais rencontré

Nous nous sommes rencontrés, c'était en septembre, peu après la reprise des cours. Je ne l'avais pas remarqué tout de suite. Elle paraissait timide, aimait se cacher. Peut-être cherchait-elle à m'éviter ? Mais ce ne fût pas le cas. Elle m'avait d'abord causé quelques soucis. Je ne comprenais pas pourquoi elle prenait tant de distance avec moi. Certes, nous étions des inconnus, et comme tout inconnu, je méritais d'être traité comme tel. Certes, c'était moi qui l'avait abordé ainsi, au détour d'u

Jedino

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La boîte de filles

- Allez, dis quelque chose ! - ... - Fais au moins semblant ! Un geste, si tu veux ! Il tire au même moment sur la ficelle en haut à gauche, faisant bouger son bras. - Ah ! Enfin ! Je te reconnais bien là : une vraie taquine ! Il se lève, va se chercher à boire. Il la regarde, esquisse un sourire. Qu'elle est belle, se dit-il, heureux. Il n'aurait pu rêver meilleure femme. Il revient s'asseoir. - Je repensais à notre premier voyage. Tu te souviens ? Quand nous étions partis ensemble,

Jedino

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L'homme qui conversait avec son âme

Elle me disait à quel point j'avais raison dans mes choix, que je devais poursuivre ainsi si je voulais réussir. Je me sentais grandi, enfin valorisé par quelqu'un. Vous savez, nous avons tous un peu tendance à créditer d'importance ceux qui semblent nous pousser à aller au bout de nous-mêmes, à faire confiance à ces personnes-là alors qu'elles peuvent être en train de nous tromper. Il est difficile de sortir de cet engrenage censé nous laisser dans l'illusion qu'il a effectivement de l'intérêt

Jedino

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De l'art de gouverner

Il est des gens comme des bêtes : un coup de trique et ça se remet en marche. L'autre stratégie, plus vicieuse et moins radicale, c'est d'aguicher la proie comme on appâte un poisson : une promesse, et vous voilà devenu prophète, homme à mener ses fidèles jusqu'à la Voie Sainte. Bref, il suffit de manier quelques tours de main pour arriver à ses fins. Il est autre chose de chercher à vraiment faire le Bien. Celui des philosophes et des sages, vous savez. Bien pour tous, et tous par un. Autreme

Jedino

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De la logique

- Tu l'as foutu où, du con ? - Elle était juste là... - J'te demande d'y garder un oeil cinq minutes, cinq foutues minutes, et t'es capable de merder ! C'était pas compliqué : simplement poser tes deux putains d'yeux sur la gonzesse morte ! - Bah, à ce sujet... Si elle n'est plus là, c'est que... - Elle était morte. - Sûr ? - Sûr. - Tu crois que c'est une morte-vivante, du coup ? Parce qu'on ferait bien de se barrer vite fait, dans ce cas ? - Arrête tes conneries et suis-moi, elle doit

Jedino

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D'un clic ou d'une claque

Abstrait. Ils disaient que ce n'était que trop hermétique, que derrière ces simagrées se terrait en fait une réalité chaotique. Difficile, toujours, de dire si le pire tenait dans l'erreur ou la fausse agitation que cela provoquait. Erreur, car personne ne serait allé croire que le malheur se répandrait. Mais fausse agitation, également, puisque de toute façon nul n'y échapperait. Essence universelle, donc. Cela tient finalement d'une incandescente vérité : les chemins sont faits pour être cab

Jedino

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Soit

Parfois, tu as juste besoin de te poser et de réfléchir. De repenser à tout ce qui est arrivé, à tout ce qui a fait que tu en es là, maintenant. Tu penses, tu penses, tu penses. Tu te souviens. A ces trucs qui obsèdent ta cervelle, à ce que tu crois avoir vécu mais n'a jamais su si tu l'as réellement vu. T'aimerais que tout ça soit justifié, donc tu creuses pour trouver des raisons. Tu creuses. Tu creuses, pour ne rien déterrer. Pas de quoi comprendre, en tous les cas. Est-ce seulement po

Jedino

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La clef dans la serrure

Vous n'allez pas me croire mais hier, alors que je trainais assis par terre en simulant une pauvreté qui ne me concerne pas, un homme s'était approché de moi avec un chèque et me l'a tendu. Je l'avais pris, pensant à une blague, et il s'était en allé sans mot dire. Ce matin, je suis passé à la banque le faire encaisser et ai constaté avec joie que mon compte a été crédité de quelques millions. J'aurais pu avoir des remords en ayant abusé la philanthropie d'un inconnu qui me pensait être un cloch

Jedino

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