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La boîte de filles

Jedino

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- Allez, dis quelque chose !

- ...

- Fais au moins semblant ! Un geste, si tu veux !

Il tire au même moment sur la ficelle en haut à gauche, faisant bouger son bras.

- Ah ! Enfin ! Je te reconnais bien là : une vraie taquine !

Il se lève, va se chercher à boire. Il la regarde, esquisse un sourire. Qu'elle est belle, se dit-il, heureux. Il n'aurait pu rêver meilleure femme. Il revient s'asseoir.

- Je repensais à notre premier voyage. Tu te souviens ? Quand nous étions partis ensemble, oh pas très loin, mais bien assez pour se sentir ailleurs ? On faisait encore jeune, à cet âge-là. Regarde-nous maintenant ! Qu'importe. Tu as soif, toi ? Je n'ai pas songé à te le proposer, excuse-moi. J'ai la tête un peu ailleurs, ces derniers temps. Où as-tu mis la tienne, à ce propos ?

Aucun changement dans la situation.

- Tu ne me facilites pas la tâche, vraiment. J'ai retrouvé tous les morceaux, sauf celui-là. Tu vas me dire que c'est ma faute, et tu n'as pas tort. Je n'aurais pas dû m'énerver ainsi et jeter dans tous les sens tes membres. Tu n'aurais pas dû non plus me mettre en colère, tu sais. Tu me comprends, je pense ? J'ai jamais été de caractère facile, faut se l'avouer. Mais là, tu as exagéré. Attends, ne bouge pas ! Je crois m'en rappeler.

Il se lève, prend la porte sur la gauche, sort à l'extérieur, et va fouiller derrière un gros buisson. Effectivement, je n'ai pas regardé là-dessous, se reproche-t-il presque. Et effectivement, elle se cache là, très sage, le visage presque doux. Loin, très loin, du visage accusateur qui l'avait menacé hier de le quitter. Il revient à l'intérieur.

- Hey ! Tu la reconnais ? Bien sûr ! C'est toi. Ah ! Je suis content, tu es à nouveau entière.

Il place la tête sur le haut du corps.

- Tu es tout de même mieux ainsi.

Il se lève, va dans la salle de bain et en revient avec sa trousse de toilette.

- On va te refaire une beauté ! Comme tu as toujours aimé être. Ni trop, ni pas assez. Juste comme il faut pour me plaire. Une femme magnifique, dans le fond. Je ne sais pas si je te l'avais déjà dit. Mais je le pense, tu sais.

Et ils continuèrent à bavarder toute la journée durant, heureux tel un jeune couple. A l'arrivée des policiers, la semaine suivante, ils discutaient toujours autant ensemble. En effet, elle exprimait tant de joie, contait avec tant de conviction, qu'ils ne remarquèrent pas tout de suite qu'elle était seule à converser dans la pièce. Par la suite, elle ne cessera de se défendre contre les accusations, expliquant mille fois qu'elle n'y était pour rien, qu'elle ignorait ce qui était arrivé à sa copine et qu'elle n'avait pas même remarqué son état. Il avait complètement disparu.


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5 Commentaires


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Merryh : Mais non, ça se passe ainsi dans ma tête.

zera : toi aussi, tu adores cette petite réplique ? J'me suis fait rire tout seul, pour le coup (oh le mégalo) !

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