Jedino

Membre
  • Compteur de contenus

    47 352
  • Inscription

  • Dernière visite

À propos de Jedino

  • Rang
    Jedi pas oui, jedi pas no
  • Date de naissance 03/04/1993

Informations Personnelles

  • Sexe
    Homme

Visiteurs récents du profil

118 757 visualisations du profil
  1. Je les avais encore vus au Download Festival il y a un mois.
  2. Je te le concède, et cela évitera de tourner autour du sujet, certains termes sont galvaudés. Il suffit de voir à quel point il est facile d'être apparemment fasciste. Possible, cela dépend pour beaucoup de la culture aussi des personnes. Tu peux sans doute trouver des différences sans aller si loin dans le militantisme politique. D'ailleurs, ce n'est pas un problème que de l'être. Ce qui te gêne là-dessous, je suppose, c'est que ce soit un militantisme que tu estimes voué à porter les valeurs de la religion musulmane à la hauteur de la loi, voire de la Constitution. Oui et non. Oui, car le fait de se rassembler qu'avec ceux estimés semblables, indépendamment des raisons, amène à se replier sur son groupe. Non, car tu peux avoir de la xénophobie malgré cela et tu en auras sans doute toujours après, certains étant indécrottables. Mais pour la majorité, en effet et comme je le disais, peut-être peu clairement, le fait d'être amené à se replier sur sa communauté, indépendamment des causes, limite évidemment l'ouverture au dialogue avec quiconque à l'extérieur. Cependant, et c'est là finalement ce que je souhaite dire à ce sujet, c'est qu'il est important de ne pas simplifier le problème en expliquant que la seule raison de cette situation est leur tendance communautaire intrinsèque, ce qui est faux puisque beaucoup sont intégrés par ailleurs. Maintenant, les solutions sont identiques et dépendent beaucoup du degré de fermeture de cette communauté. Ah oui ? Comment crois-tu que les femmes sont parvenues à acquérir des droits, notamment vestimentaires, en ce cas ? Ce n'était certainement pas en restant soumises au système qu'elles ont réussi à se défaire du machisme ambiant. L'oppression est bien souvent une volonté de conformisme social, et dans tous ces cas-là nous sommes là-dedans. Et je ne fais pas une comparaison mais une analogie pour voir que les causes (et non pas les conséquences) de ce désamour sont bien souvent les mêmes et qu'il est proportionné, comme on peut le voir, au nombre de personnes dont il est question. Il suffit d'ailleurs qu'une minorité ne soit pas conforme à ce que nous attendons d'eux pour estimer que l'essentiel ne sont pas conformes à ce que nous attendons d'eux. Je note toutefois qu'on se demande assez peu souvent ce qu'ils peuvent attendre de nous, de la France. Et, à mon avis et pour l'essentiel, c'est simplement de vivre en paix, "transparent" comme tu disais. Très clairement, en effet, l'école est le premier vecteur d'intégration. Là-dessus, nous sommes parfaitement d'accord. Mais c'est vrai de toute personne et de tous ceux qui peuvent être mis à la marge pour une quelconque différence.
  3. Tout le monde se sent un peu victime du système, c'est ça qu'est embêtant. Suffit de voir ceux qui sont assommés par les impôts. Je ne comprends pas Et nous sommes parfaitement d'accord : il ne s'agit pas de reconnaître, mais d'admettre le fait qu'un être humain, quel qu'il soit, appartient nécessairement à plusieurs groupes sociaux avec des codes différents. Cela, c'est un fait. Nous ne sommes pas les mêmes avec nos amis, notre famille, au travail, ou toute autre situation amenant à des groupes différents. Bien évidemment que si qu'il y a des soucis avec la communauté asiatique : elle est victime fréquemment de violences à son égard, mais aussi la moquerie. On entend simplement plus parler du musulman parce que, apparemment, c'est la cause de tous nos maux. Un bouc-émissaire, classiquement, le bouc-émissaire n'étant pas sans cause celui-ci, mais pas non plus le diable qu'on aimerait dessiner. En fait, tout ce qui est différent pose problème. Pour certains, cela s'est amélioré, je te le concède et c'est heureux, mais on en est pas encore à pouvoir dire qu'aucun élan xénophobe n'habite au moins une partie de la population. Cet élan à l'extrême droite est au moins là depuis la fin du XIXème, sans interruption d'ailleurs. Dans les années 1930, tu as eu des lois protégeant la "main d'oeuvre nationale". Les choses se sont calmées après la Deuxième Guerre mondiale, c'est vrai, mais depuis que ce spectre est relativement "passé", la xénophobie est l'une des choses qui reprend de la ferveur. Et là, je parle des années 70/80. Ce ne sont donc pas les premiers et ce n'est pas nouveau, et les problèmes sont largement proportionnés par les difficultés que nous avons par ailleurs, notamment économiquement. Ont-ils conscience qu'on parle d'une minorité de musulmans, l'essentiel étant comme eux, toi et moi ? D'autre part, a-t-on la même exigence à l'égard des bonnes sœurs, certes peu nombreuses mais que j'ai pu croiser, ou de tout autre signe d'appartenance ? Je sens dans cette logique comme un deux poids deux mesures, tu m'en excuseras. Si je demande à une personne portant le costard, qui manifeste sa reconnaissance de richesse par là, l'enlèvera-t-il parce que je lui demande ? Suis-je vraiment légitime à lui demander ? Qu'ils attachent une symbolique à leurs vêtements, grand bien leur fasse. Cela ne me concerne pas, sauf à estimer qu'il y a un code à écrire et à définir de comment il est raisonnable de se vêtir. Et je te l'accorde, j'ai pour horreur ce code implicite laissant penser que la chemise, le costard, sont des tenues "sérieuses". Va-t-on donc supprimer cela car cela insupporte mon égo ? Ou est-il plus raisonnable que chacun fasse bien ce qu'il veut ? Et je te l'ai dit, face à l'adversité tu as trois positions : l'indifférence, la soumission ou la rébellion. La rébellion, ici, consiste à le faire d'autant plus qu'on exige de toi de ne pas le faire. Crois-tu qu'un dialogue consiste à donner des ordres ? Et tout ceci sera encore renforcé par notre tendance à vouloir en faire une communauté fermée pour d'autant plus pouvoir en parler. Un cercle vicieux, en somme. Le nommer facilitera sans doute son identification mais ne règlera en aucun cas le problème. Crois-tu sincèrement qu'après avoir exigé cette personne sera ouverte à discuter avec toi, d'égal à égal ? Par métaphore, crois-tu que ceux qui sont employés se considèrent comme les égaux de leurs responsables ? Tu sais sans doute mieux que moi que c'est bien souvent hypocrite au mieux, conflictuel au pire. Qu'ils soient une communauté n'est en soi pas un problème tant qu'elle respecte le droit du pays : le souci est si cette communauté est leur seule alternative, donc si aucun autre groupe ne vient enrichir leurs existences. De fait, un repli n'est pas surprenant, et une fermeture au reste non plus, surtout si le reste t'indique que tu es bien à ta place, que cette place soit la "bonne" ou la "mauvaise".
  4. Ne te presse pas, y'a pas le feu au lac non plus !

  5. Les médias ne sont sans doute pas sans responsabilité, mais ils ne sont au fond que le reflet de ce qu'ils estiment être la pensée de nous, Français, puisque c'est nous qui faisons l'audimat et donc ce qui a valeur ou non monétairement. Le racisme peut exister dans tous les sens, il n'est pas utile de le préciser. Je ne sais pas s'il faut aller en revanche jusqu'à l'interdiction d'un certain vocabulaire ou le muselage des artistes qui sont tout autant en droit que quiconque de s'exprimer. Ma réserve est vraie de manière générale pour tous les interdits : cela ne vaut que dans l'espace public, l'espace privé étant plus difficile à régir si rien n'en sort. De fait, interdire quelqu'un de s'exprimer ne changera rien à son opinion, et c'est pourtant l'opinion qui doit être changée. On est là, je crois, dans un paradoxe : l'interdiction est faite pour protéger ceux qui sont agressés (verbalement), mais en réalité cela ne fait que masquer une pensée qui est bien là. Or, pour ne serait-ce qu'essayer de toucher une pensée, il faut au contraire pouvoir dialoguer avec elle. Eduquer ne peut se faire dans le tabou, mais tolérer la violence verbale n'est pas davantage raisonnable. Avec un tel schéma, le problème que tu poses ne sera pas réglé puisque tu proposes davantage la restriction de s'exprimer là où, au contraire, il faudrait pouvoir le faire plus et, surtout, mieux. La situation est nécessairement différente, en effet. Il n'en reste pas moins que la communauté juive était/est souvent vue comme renfermée sur elle-même, massée dans certains quartiers, en quelque sorte sectaire. Et ce qui est sectaire est souvent craint, vu comme mystérieux, et donc par extension vu comme dangereux. De plus, la vision que certains Français ont de ces personnes est-elle, elle, différente ? Sont-ce les premiers à venir en France pour vivre mieux ? Sont-ce les premiers qu'on accuse de venir "voler" le travail de Français ou vivre sur le dos de la France ? N'y a-t-il vraiment pas une once de xénophobie ambiante et pas tout à fait récente chez les Français, parfois même chez ceux qui sont eux-mêmes issus de l'immigration ? Là encore, tu réduis ta pensée à un sens : ils ont une culture, une religion, qui pose des difficultés et amène de rares personnes à se tourner vers des solutions radicales. La question du diplôme ici n'a en fait rien à voir, et je ne comprends toujours pas pourquoi on insiste tant là-dessus. Est-ce qu'il y a un problème ? Assurément. Est-ce que ce problème est seulement lié à ce qu'ils sont eux ? Assurément pas. Je te propose une expérience de pensée. Imaginons que tu migres dans un pays. Imaginons que tu le fasses, par exemple, dans l'espoir de vivre un peu moins bien que ça ne l'est dans ton pays. Imaginons maintenant qu'une fois arrivé on t'explique que tu es un problème. Imaginons que certaines personnes que tu croises dans la rue et dans ta vie te regardent d'un air étrange, presque accusateur. Imaginons qu'on te refuse systématiquement du travail et qu'on t'explique que ta place n'est pas ici. Face à un rejet réel ou ressenti, trois attitudes me semblent possibles : l'indifférence, la soumission ou la rébellion. La plupart sont dans les deux premiers cas, avec ou sans repli sur leur propre communauté (quoi d'étonnant à ce que les gens se referment entre eux si on leur dit qu'ils ne sont pas les bienvenus ?). Certains dégénèrent dans le dernier. Oui, le problème se pose, mais pas uniquement chez eux : nous aussi, nous avons à le poser. Quand on m'explique qu'on est regardé de travers dans la rue, voire insulté, quand on me démontre qu'il y a une véritable discrimination à l'embauche alors même qu'on va être diplômé d'ingénieur, quand je me fais dire qu'ils sont véritablement en train d'envahir avec conscience notre pays, je te le demande : le problème se réduit-il à une communauté par essence problématique ? Je ne le crois pas. Le drame est en effet de penser que le problème se résoudra comme cela, qu'une intégration est le fait d'une personne qui vient dans un groupe et s'y fait accepter. Sauf que là, comme toujours, tout se fait dans les deux sens : si la personne n'essaie pas de se faire intégrer, cela pose un problème ; mais si le groupe refuse de l'intégrer et ne va pas vers cette personne, là encore, il y a problème. Si certains refusent de s'intégrer, et il y en a sans doute (mais c'est vrai de manière générale, ça n'est pas lié à ces personnes-là en particulier), as-tu vraiment le sentiment que nous soyons tous par notre attitude si accueillants ? Alors non, cela ne règlera pas le problème du terrorisme, mais une cohésion sociale véritable en réduira forcément le risque. Car poser un problème et l'admettre est une chose, admettre ses solutions en est une autre. Et la solution, comme pour le psychologisme, ne se réduit pas à simplement couper certaines libertés. Dans notre société individualisante, nous avons tendance à oublier que le dialogue fait parfois quelques miracles et, ma foi, qu'il est l'essence de la démocratie si je ne me trompe pas sur sa définition. En revanche, tant que tu réprimes, soupçonnes, accuses, exclus en acte ou en pensée, verbalement ou physiquement, il ne faut pas s'étonner que les réactions ne sont pas celles de la cordialité. Cela ne veut pas dire que des moyens moins cordiaux ne sont pas nécessaires, mais ils ne sont que des palliatifs à notre échec, à tous.
  6. Et dans laquelle la méfiance est présente et grandissante, en effet. Sans parler des préjugés. C'est aussi le symptôme, comme tu le dis à propos de tes exemples, d'un défaut bien souvent de culture (même si le savoir n'est pas le garant d'une pensée tolérante à l'égard de tous). Il y a en effet, comme tu le soulèves, la force du conformisme qui amène tant à se méfier des dits extrêmes que de se méfier de ce qui est différent ou vu comme étranger car justement "non conforme". Les choses sont plus claires quand elles sont lisses, comme un gazon parfaitement tondu où aucune brindille ne dépasse. Plus encore, et historiquement, dès lors que des problèmes se posent, et particulièrement les économiques et sociétaux, un bouc-émissaire est souvent donné. Il en était ainsi du banquier juif complotant pour dominer le monde, il en est aujourd'hui du musulman venant envahir l'Europe pour prendre notre argent qu'on leur donnerait grassement. Bref, nous simplifions la réalité, par essence complexe, pour pouvoir se rassurer et mieux l'appréhender. Avec les risques que l'on connaît et peut imaginer. JMLP est sans doute cultivé mais cela ne l'empêcherait pas d'être xénophobe, négationniste ou raciste (qu'il le soit ou non, je ne connais pas cette personne, mais certaines de ses sorties sont loin d'être modérées à ces sujets). Que ce soit lui ou un autre, le savoir n'interdit en rien ces convictions. Il suffit de voir Goebbels qui était loin d'être un abruti si l'on en croit ses diplômes. Au contraire, il est assez aisé d'être victime d'un biais de confirmation, assez commun, et de finalement voir ce qui arrange ce que nous pensons comme vrai.
  7. Ah mon but n'était pas de tirer sur ta tentative, mais il ne faut pas s'aveugler sur le constat pour aller de l'avant ! Il n'y a aucun lien de cause à effet entre le trait de caractère et la position politique, et il s'est vu des gens sauter du coq à l'âne sans aucun souci. Je partage ton non-fatalisme et, si j'en ai donné l'impression, c'est que je me suis mal exprimé. Tout ce miroitement autour de la personne est un constat que je fais, j'ai profondément en horreur tout ceci, et je me scandalise des scandales vestimentaires que l'on peut faire. Je me rappelle encore de la remarque de BFM sur la tenue de Poutou au débat qui était somme toute normale. Il n'est pas suffisant d'être "élégant" pour qu'on le croit, mais c'est assez souvent nécessaire, sans quoi nous aurions des gens habillés normalement et non pas en costards comme candidats. Il y a justement, si, un souci à associer les deux car tu peux penser que tu sauras faire la part des choses, et c'est sans doute vrai : mais dès lors que tu mélanges les patates et les carottes, tu finiras tôt ou tard par te tromper. C'est dans la clarté que le débat peut s'élever. Si tu ne fais pas cette distinction entre la personne et son discours, il n'est pas scandaleux de boycotter certaines voix dès lors qu'elles expriment de l'intolérable, l'intolérable étant défini par la loi. Si tu fais cette distinction, cette voix peut intervenir, à la condition toutefois de respecter les règles (je ne suis pas partisan d'une libre-expression totale et débridée dès lors que cela n'est pas respectueux). Quelqu'un de mauvaise foi, ou transgressant les lois, ne peut pas se plaindre sans une once de mensonge à soi d'être mis à l'écart par la suite et d'être mal écouté. Mais il est anormal, également, d'exclure quelqu'un, d'autant plus que l'isolement n'amène généralement pas à une intégration véritable aux règles de la majorité. Autrement dit, il est anormal qu'une majorité tyrannise une minorité et ne l'écoute pas (sauf prétexte précis car je reste persuadé que la tolérance ne doit pas être naïve, et il est anormal de laisser quelqu'un exprimer sa haine à l'égard de personnes publiquement à mes yeux), mais il est anormal aussi qu'une minorité abuse de son droit de s'exprimer et vienne ensuite se plaindre d'une exclusion. Tout ceci est à double sens, tout comme le dialogue. Et si l'association est inévitable, ce que tu trouves normal finalement, la minorité est prise au piège par son identité : l'étiquette mise, il est difficile de s'en débarrasser. Par exemple, il ne suffit pas de changer le nom d'un parti pour que ce parti soit considéré autrement, surtout si les personnes restent les mêmes. C'est une conséquence inévitable de la l'association que de faire des deux une seule chose, sans aucune distinction.
  8. Ce que tu m'évoques ressemble à du conformisme qui est effectivement un biais cognitif. Ce que tu m'évoques me fait penser également au péril d'une démocratie qui est que la majorité tyrannise une minorité par manque de conformisme. Donc, objectivement, le péril est intrinsèque aussi à la démocratie. Maintenant, concernant les questions que peuvent soulever cette minorité, je pourrais éluder le problème en te disant qu'une minorité inaudible est effectivement inaudible. Certaines questions ne sont-elles pas bonnes à poser pour autant ? Probablement : il est rare de croiser une personne, un parti, un groupe, qui ne pose aucune vraie question. Pour préciser encore ma pensée, je te dirais que pour être audible, il faut déjà se rendre audible. Par exemple, si historiquement je suis un parti réputé pour ses sorties xénophobes, il ne suffit pas de prétendre avoir changé pour paraître, aux yeux de tous, un autre. La réputation, et donc le risque d'être déformé, est un phénomène complexe, comme tu le sais. Le débat politique n'étant pas un débat d'idée mais un lieu de provocations et d'image, et dès lors que tu participes ou es figé dans une image particulière, tu deviens nécessairement inaudible pour partie ou tous des personnes. Le fond est important, mais dans notre société, la forme est (malheureusement) essentielle. Il est donc difficile, par exemple, de prétendre poser la question de l'immigration après des sorties passées très limites, quand bien même ce sont des autres personnes. Un parti a une identité dans notre logique, il va donc de soi dans cette même logique de donner une continuité à son histoire. Cela ne signifie pas que le problème ne se pose pas, en effet. La manipulation d'opinion pourrait être une explication, celle en quelque sorte du bouc-émissaire. Mais cela est rarement si simple. Lorsqu'on cultive une image, on finit par être associé à cela. L'être humain a cela qu'il aime simplifier, et donc catégorise. Une fois rangé, il est difficile d'en changer. C'est pourquoi il ne suffit pas de dire "Je suis un autre" pour être effectivement considéré comme tel, même si cela peut être vrai. Les personnalités politiques ne sont pas, je pense, dupes de ces choses-là et elles jouent largement dessus. Lorsqu'on préfère politiser les passions que les raisons, il est difficile d'être audible en le reprochant par la suite. C'est une question de continuité, de cohérence, qui est nécessaire lorsqu'on souhaite participer au débat politique. Maintenant, je suis en accord avec toi, il est dommage d'associer nécessairement la personne et son discours dans un débat. Mais les choses sont ainsi faites aujourd'hui. C'est pourquoi, pour qu'une question puisse être entendue, il faut d'abord que l'image que les autres ont de nous soient celle de quelqu'un qui peut l'être. Ceci est artificiel mais, malheureusement, nécessaire. En effet, le débat démocratique ressemble bien plus à des monologues qu'à un dialogue, et ce n'est effectivement pas que je/nous faisons de la chose. En effet aussi, la politique, celle médiatisée, tient plus de la rhétorique, de la joute verbale, que de la réflexion. D'où une culture de l'image, d'où le fait que le débat politique des dernières élections fût si pauvre. Ce n'est pas ce que nous semblons attendre de cela, mais c'est ce qui nous est vendus pour faire nos choix politiques au moment des votes. Et, à moins d'une volonté d'aller soi-même s'informer, nous en restons là. Parler d'un débat politique me semble du coup abusif, oui. Typiquement, les "débats" organisés pour la présidentielle étaient amusants, mais assez peu constructifs. C'était un monologue contre un autre, à celui qui taclera le mieux l'autre pour paraître le petit chef de la classe le plus apte à commander le pays. Une logique de cours d'école qui n'est pas digne d'un débat démocratique. D'ailleurs, le dernier fût explicitement de la présentation et correspondait finalement à ce qu'étaient tous ces "débats". En cela, je crois que nous sommes d'accord. Reste que le débat démocratique peut être un débat porté par quelques candidats ou partis, et c'est une façon de le concevoir. Mais dans démocratie, il y a "demos", et cela signifie en réalité que ce soit à tout un chacun de faire en sorte que ce débat soit ce qu'il doit être et non pas ce qu'il est actuellement. Il ne tient qu'à nous, en somme. Pour finir, je rebondis sur l'idée du "seul courant de pensée" qui, en effet, me semble avoir toujours été une chose dangereuse lorsque la conviction devient idéologie, fermeture à toute contradiction ou toute réflexion. La logique de parti ne me semble pas être la bonne, la force du conformisme (ou de l'opportunisme) pouvant dès lors faire tout son travail. Le sérieux d'une discussion dépend davantage de ses interlocuteurs que de la thématique en elle-même. Il ne tient qu'à nous de faire en sorte que
  9. Quand, dans un débat d'arguments, objectif, se mêle les passions, subjectives, il ne peut qu'y avoir un biais dans l'analyse qui en est faite. C'est un biais cognitif assez commun de se penser capable de lire les intentions derrière les lignes ou les paroles de l'autre, parfois avec réussite (ce qui le renforce), souvent à tort. De fait, il suffit de se penser en mesure d'y parvenir et donc d'y croire pour se fermer à tout débat. C'est là le défaut de ceux qui voient un débat comme un échange entre deux personnes au lieu de le voir comme une confrontation d'idées. Dans un domaine comme la politique, où la passion est d'autant plus forte que ce sont souvent des convictions qui sont mises en avant et où ce sont davantage des personnalités qui s'affrontent que des idées (comme on peut le voir sur la scène politique), rien de surprenant à ce que chacun prétend comprendre qui est son adversaire, tantôt l'ultra-libéral, tantôt le communiste ou fasciste. De manière générale, toutes activités de l'ordre de la raison est menacée par l'ensemble des biais cognitifs. Est-ce que la démocratie est menacée par cela ? Toute discussion de cet ordre est parasitée, très probablement. Mais ceci n'a rien de nouveau et est profondément humain. De là à menacer la démocratie ? Je n'en suis pas convaincu. Mais on peut noter qu'en politique la passion dominant bien souvent la raison, l'objectif étant d'élire davantage un chef, le débat raisonné d'idées n'a que peu de sens puisqu'il est inaudible. L'est-il par les personnes ? Je ne pense pas, mais ce n'est pas ce qu'il a été appris. Les médias sont le relai du débat politique : si celui-ci est de raison, donc autour de débats politiques construits et raisonnés, les personnes apprendront à raisonner de cette manière ; si, au contraire, celui-ci est de passion, les personnes que nous sommes apprendront à juger la personne en face pour décrédibiliser ses idées, l'idée étant consubstantielle ici à la personne. De fait, critiquer l'un revient à critiquer l'autre, et il est plus facile d'attaquer la personne puisqu'elle est plus vulnérable et bien rarement parfaite, sauf dans l'aveuglement. C'est donc la culture politique que nous avons qui veut que nos débats soient pourris par le jugement d'autrui. Cela ne menace pas la démocratie tant que la raison parvient à encadrer malgré tout les passions, mais elle peut très bien dégénérer dès lors qu'un chef, plus vicieux que les précédents, aura suffisamment manipulé l'opinion pour parvenir à ses fins. Mais cela ne veut pas dire que l'inverse n'est pas possible, à savoir tomber sur celui qui cultivera le contraire et fera tendre, lentement, vers un débat plus raisonné. Cela ne veut pas dire non plus que les biais cognitifs seront absents, que le psychologisme dont tu parles disparaîtra, mais il ne sera plus aussi prégnant. Car, je tiens à le souligner, l'un des biais que nous avons est de croire que la menace est constamment imminente, de par nos peurs qui ne sont pas illégitimes mais nous détournent toutefois de ce qui est vraiment. L'Histoire humaine est ponctuée de périodes où la fin du monde était attendue. Il suffit donc, pour éviter le psychologisme, d'apprendre mutuellement à changer de paradigme. Le but d'un débat, politique ou non, n'est pas d'attaquer la personne mais ses idées, comme tu le dis. Le problème est en réalité double : la personne peut associer dans ses attaques la personne, mais les idées attaquées peuvent aussi être prises personnellement par la personne dans l'autre sens. Il est difficile de se détacher dès lors que ce sont nos convictions qui sont mises en jeu et meurtries. Donc, pour conclure, je dirais qu'il est nécessaire d'être capable d'un certain détachement, en politique plus qu'ailleurs, pour pouvoir atteindre un débat raisonné plutôt que passionné.
  10. Strasbourg, évidemment. Et ensuite on peut envisager de fusionner avec l'Allemagne et en faire la capitale au centre du pays. Tout est prévu.
  11. C'est marrant, mais pour avoir fait l'exercice de ça quelques années, ce que je lis de Luc Ferry, si c'est bien une citation de lui, me donne l'impression d'être bien à côté de ce qu'est vraiment l'exercice. Le "bon pour/contre" me laisse des plus sceptiques, une traduction assez dangereuse du thèse/antithèse/synthèse. Pour répondre au sujet en tant que tel, j'aurais trois conseils. 1) Lire de la philosophie. Cela permet de s'en imprégner, d'apprendre, de comprendre. Même si à la fin ce n'est pas utilisé, cela en fait (à mes yeux) partie. Platon, comme cité par Ferry, est assez abordable, mais ce n'est pas le seul, y compris sur un sujet comme la raison. 2) Synthétiser les arguments au cours de l'année sur chacune des thématiques, de façon à pouvoir se remémorer rapidement les arguments et leurs logiques pour chaque et auteur et chaque thématique peu avant le grand jour. 3) Personnellement, je n'ai jamais raisonné en termes de plan, selon un oui/non, thèse/antithèse/synthèse. Je ne peux que conseiller, au contraire, de raisonner sur le sujet et autour de celui-ci pour en dégager sa problématique et le plan qui ira avec, appuyé des arguments qui permettront de renforcer ton discours, de le nuancer. Ca ne paraît pas forcément simple au départ, mais tu seras aidé (je pense) par ton professeur et auras plusieurs tentatives pour comprendre parfaitement l'exercice. Ce que l'on te demande, ce n'est pas de forcer par une copie artificielle, comme semble apparemment le suggérer Luc Ferry, mais de montrer que tu sais raisonner et argumenter. On se contrefout de ton avis personnel dans l'histoire, il n'est donc pas important de se demander s'il est bon. En revanche, on souhaite qu'à la fin les arguments que tu as apporté, compte-tu de la problématique et du plan, sont logiques et démontrent que ta réponse (la conclusion) puisse tenir. Autre conseil que tu entendras sans doute : préférer le format en trois parties qui force, justement, à apporter de la nuance. Je reste assez abstrait, mais je peux tout à fait te le préciser par ailleurs via un exemple si tu le souhaites.
  12. Jaloux va !
  13. Si par "utile" tu entends cela comme une étape souvent inévitable te permettant de passer d'une période de joie/plaisir à une autre, différente, de joie/plaisir, alors oui elle est. D'autre part, n'est-ce pas aller trop loin que de considérer que le temps heureux passé avec quelqu'un, quand bien même cela finit en divorce, fût un temps "gâché" ? Les mauvaises expériences sont aussi le lot de notre existence, il faut savoir passer outre. Il y a problème dès lors qu'elles sont trop nombreuses ou que le sentiment qu'elles le sont s'installe. Pour le reste, il est illusoire de penser que ta vie peut ne pas être ponctuée de moments plus tragiques : c'est un rêve que notre monde de consommation nous a vendu, mais il est bien loin de la réalité.