Aller au contenu

Jedino

Membre
  • Compteur de contenus

    47 530
  • Inscription

  • Dernière visite

À propos de Jedino

  • Rang
    Jedi pas oui, jedi pas no
  • Date de naissance 03/04/1993

Informations Personnelles

  • Sexe
    Homme

Visiteurs récents du profil

126 118 visualisations du profil
  1. Il existe des travers dans tous les excès. Le siècle dernier fût celui de la nation à outrance, et ce schéma-là a lui aussi montré ses limites. L'équilibre se trouve probablement ailleurs, entre l'attachement à la région, la nation, l'institution, et sa personne propre ou sa communauté sociale directe propre. Il existe des événements qui tendent à rassembler les populations. Je pense aux (grands événements), qu'ils soient sportifs, musicaux, ou finalement toute activité qui fait se rencontrer les uns avec les autres. Comme le rappelait quasi modo également, nous avons une éducation commune, bien qu'elle ne soit pas semblable et pas nécessairement équitable. Ainsi, certaines valeurs sont communes, certaines convictions aussi, même si cela n'interdit pas d'être en désaccord avec ce qu'édicte les institutions. Au fond, et en y réfléchissant mieux, je suis effectivement d'accord pour dire que la différence est une nécessité et évidence. Jamais nous ne pourrons avoir un peuple de clone et c'est d'ailleurs bien inutile. Mais je suis d'accord avec vous aussi pour dire qu'une base commune permet de marcher dans une même direction qui, certes, peut aller un peu plus à gauche ou à droite, mais gardera le même sens. L'acceptation de la Constitution et de nos lois est le premier acte de citoyenneté et représente le premier jalon de cette base que nous pourrions expliciter. D'ailleurs, celui qui les refuse est jugé comme les ayant enfreintes et sera prié de revenir à une attitude qui les respecte. Si c'était si simple, les choses seraient vite réglées ! Mais en effet, les guerres rapprochent assez peu les peuples, sauf cas isolés.
  2. Nous parlons de la France car c'est là l'exemple que nous connaissons pour le mieux pour la plupart d'entre nous ici, je suppose. Mais c'est vrai de manière générale, je ne réduis pas ma réflexion à un franco-centrisme quelconque. Nous sommes d'accord sur le "comment" parvenir à une identité, une intégration, qui soit commune. Mais un programme, aussi semblable soit-il d'une ville à l'autre, sera-t-il assimilé, intégré, intériorisé, selon ta préférence, de la même manière ? Est-ce que la notion de "liberté" est, dans ma tête d'habitant de l'Est, semblable à celui de quelqu'un d'une région qui peut être éloignée de la culture que je peux avoir ? Pour être plus concret peut-être, mon expérience dans le Sud m'a tout de même montré qu'il existait des divergences sur certains points de vocabulaire, d'habitudes, de façon d'être et de raisonner. En cela, je supposais possible que ce que nous estimons commun à tous est en fait vécu très différemment, ce que toi-même et d'autres avant toi ont rappelé, ce qui est en soi assez "banal" à dire. Ce que j'interroge n'est pas tant s'il existe des différences, déjà-utilisé a rappelé que voir de l'homogène dans ces affaires-là est illusoire, mais si ces différences ne deviennent pas des freins lorsqu'il s'agit de jongler entre les différentes échelles de culture que nous avons à assimiler et partager, cela le devenant comme tu le dis ensuite à des échelles plus éloignées de notre individualité, le nombre de personnes et la distance géographique gommant sans doute toute proximité. Je suis plus mitigé sur notre non-capacité à se sacrifier pour une cause. Ce n'est pas parce qu'une personne paraît éteinte, parce qu'elle a la culture et l'éducation pour comprendre que cela ne mène à rien, que cela lui interdira le jour venu de trouver une ferveur qu'elle ne se connaissait pas. Je suis d'autant plus prudent que je sais à quel point l'effet de groupe peut avoir une influence déterminante sur les individualités, y compris face à l'évidence. Comme pour la plupart des précédentes interventions je partage ton point de vue, mais comment expliques-tu en ce cas que, si on reste sur le cas de la France, tu trouves à ce point des divergences sur l'appartenance et le souhait d'unité nationale ? La Corse est actuellement l'exemple canonique montrant que ce qui semblait aller de soi ne le va jamais vraiment. Pour le formuler autrement : est-ce qu'il est réellement possible de créer une unité sur des bases très hétérogènes, c'est-à-dire des cultures ayant une affirmation de soi qui dépasse toute acceptation d'avoir une échelle au-dessus d'elle ? Puisqu'en effet le régionalisme revient à vouloir faire de la région le dernier échelon d'appartenance, sans aller plus loin.
  3. Je suis parfaitement d'accord. Je me permets tout de même de te titiller : n'existe-t-il pas aussi dans le monde animal des rivalités de fourmis à fourmis, de lions à lions, de chimpanzés à chimpanzés, des communautés se formant et pouvant entrer en conflit, en tout cas ne s'estimant pas comme du même groupe bien que de la même espèce ? Pour le dire autrement, n'est-il pas justement très animal de vouloir se rassembler en tribu, royaume ou Etat, appelons cela comme on le souhaite ? Et n'est-il pas au contraire humain, dans le sens humaniste, de dépasser cette logique de séparation, ridiculement formulée sous le terme "citoyen du monde" ? L'UE n'est jamais qu'une partie du monde. Certes, elle est un progrès aux yeux de l'Histoire, mais elle est aujourd'hui un ensemble d'Etats qui n'ont de point commun qu'un accord surtout économique, et un accord économique ne crée pas d'amitié entre les peuples (surtout si la logique est à la concurrence), quand bien même la politique aimerait nous le laisser penser. Si demain la guerre est déclarée, croyez-vous que le rêve naïf communiste d'une grève générale des ouvriers pour éviter la guerre arriverait ? Pire, les Etats eux-mêmes sont des ensembles hétérogènes pour la plupart, et les guerres en relation avec des communautés de personnes n'aimant pas vivre avec les autres ne sont pas si lointaines. L'UE est une belle idée, nécessaire et à poursuivre, mais elle repose aujourd'hui sur des bases branlantes et factices. Transposé à un autre niveau, c'est le même problème qu'une région avec une identité propre et affirmée et son pays. Regardez donc le Royaume-Uni s'échappant de l'UE, regardez l'euroscepticisme qui s'affirme ici et là. Ce sont les signes que tout n'est pas si évident et réglé. C'est effectivement sur le principe cette question-là et, parallèlement, s'il est possible de vivre pleinement plusieurs identités, ou bien si nous ne sommes jamais que faits pour n'en vivre qu'une et s'accommoder plus ou moins bien des autres. Intéressant, en effet ! J'en retiens effectivement que rien n'est jamais homogène et est souvent fantasmé, ce avec quoi je suis plutôt d'accord. Si je comprends bien ta réponse, chacune aurait donc un intérêt différent et n'entrerait pas en conflit avec les autres. A la lecture, je ne peux qu'être d'accord et c'est en effet ainsi que, je pense, nous le vivons pour la plupart. Reste à comprendre pourquoi certains et certaines, bien que les intérêts soient différents, souhaitent affirmer jusqu'à l'exclusivité l'une ou l'autre de ces identités. A quoi bon vouloir s'inscrire dans une et une seule de ces identités, jouant la carte de la fermeture, alors que la logique est à l'ouverture et donc à son élargissement ? L'ouverture étant entendue, souvent, comme le moyen de régler les conflits puisque permettant plus aisément leur résolution par la communication d'égal à égal.
  4. Ma réflexion utilisait des références franco-centrée mais elle porte sur tout groupe ayant un quelconque attachement à "son" identité ou, plutôt, "ses" identités. Je ne remettais nullement en cause l'attachement des Réunionnais ou de tout autre groupe de personne, je m'interrogeais sur le fait que cet attachement soit semblable d'un groupe à l'autre, à une époque où on retrouve comme depuis toujours des volontés plus régionales. Je remarquais du coup l'ambivalence qu'il y avait à vouloir toujours agrandir finalement notre sens de la communauté, c'est ce qu'est finalement l'UE, alors que d'autres tendent à vouloir la réduire, typiquement la Corse, qui trouve pour une partie d'entre elle la France déjà trop grande. Trivialement, je suis en tout point d'accord avec vous. Mais l'humain s'étant monté la tête avec des appartenances communautaires et sociales, cela en fait malgré tout une question qui est, je le crains, actuelle. Et malheureusement, en effet, devrais-je dire, toujours encore. Qu'est-ce qu'être Français, Breton ou Européen pour vous en ce cas ? C'est là vrai pour l'échelle qu'est la France. Mais à l'échelle européenne, typiquement ? Cela n'a aucun sens. Or, il existerait la volonté pourtant de créer une communauté européenne, et donc une identité européenne. Le deuxième Réunionnais à me charger, j'ai apparemment mal formulé mon sujet ! Je ne doutais en aucun cas de l'attachement de la Réunion et j'aurais très bien pu citer tout autre chose, le titre était là pour le suggérer. Mais la Réunion était un cas intéressant, quoi que pas l'unique, qui montre que l'attachement à une communauté n'est pas nécessairement une affaire de kilomètres. La France métropolitaine possède ses contre-exemples avec des exigences régionales et une proximité géographique. Mais mon sujet n'est pas tant de savoir si quantitativement l'attachement est le même, je ne vois pas ça comme mesurable de toute façon. En revanche, je supposais comme possible que qualitativement cela puisse différer puisque bien que d'un même pays notre culture est finalement assez variée. C'est une chose assez visible et qui n'est pas que vrai de cela, le langage pouvant différer. En cela, les raisons de notre attachement, donc notre façon de vivre le fait d'être Réunionnais, Français, Breton, Européen, ou toute autre chose, l'est aussi. La question, au-delà de tout ceci, est de savoir si nous pouvons réellement être tout cela à la fois. Le fait est que souvent nous avons une préférence. Je note également que l'identité européenne est un sentiment assez peu partagé, bien que conscientisé, dans le sens où "être européen", en dehors des frontières géographiques et économiques, n'a pas le moindre sens. Il n'y a pas de culture européenne. En cela, créer une communauté européenne, et c'est aussi cela qui lui est reproché. En tant que tel, une région peut reprocher la même chose d'un pays, ce que fait la Catalogne avec l'Espagne, la Corse avec la France. Bref, dans une logique vers plus vaste, les plus petits ensembles se font plus résistants. Je notais ce fait-là, tout simplement.
  5. A une époque où certains combats perdurent et éclatent parfois avec la volonté de posséder un Etat qui soit propre à cette relative communauté de personne (Catalogne, Corse) ; à une époque qui, au contraire, cherche à unifier dans des unions plus grandes plusieurs nations (Union européenne), j'ai plusieurs interrogations qui pourraient, si je me les posais, m'occuper l'esprit quelque peu. D'une part, peut-on véritablement appartenir en toute conscience et avec force à une même communauté de personnes lorsque le chiffre devient important, typiquement plusieurs millions de personnes ? Peut-on dire, typiquement, qu'un Breton se sent aussi Français qu'un Francilien ? Est-ce que leur simple appartenance à une même nation, que chacun reconnaît plus ou moins explicitement, suffit à considérer à l'échelle personnelle que moi, en Bretagne, je puisse être de la même communauté de personnes que celui qui sera à la Réunion ? Pour le dire autrement, je m'interroge sur la force suffisante de Lois communes, aussi constitutionnelles puissent-elles être, pour unir réellement les personnes. Cela me paraît bien plus fort à l'échelle d'une région, région qui possède nécessairement des coutumes, une Histoire, et nombre de particularismes explicites ou tacites qui font qu'il existe un lien plus important qu'avec celui qui sera à l'autre bout de la France. En tant qu'individu, je suis très logiquement davantage porté à m'attacher et à ressembler à l'environnement qui me voit naître. Suis-je plutôt Alsacien, Français, Européen, voire même un citoyen du monde? Suis-je les quatre? Je m'interroge, oui, sur le sens du patriotisme que certains regrettent parfois : comment s'animer d'un quelconque patriotisme lorsque notre identité est à ce point morcelée entre différentes composantes ? La réponse à un tel problème peut être triple : soit un délitement vers le bas, supprimant ainsi les couches les plus hautes en abstraction (je suis Corse avant d'être Français) ; soit une indifférence (je suis les trois à la fois, sans m'attacher plus que nécessaire à aucun) ; soit, enfin, je tente de monter en abstraction et de m'attacher à ce qui est finalement le plus contre-intuitif, à savoir m'attacher à une communauté qui dépasse mon entendement et mes simples habitudes. De fait, compte-tenu de cela, est-il possible de raisonnablement construire une nation avec des communautés portées à se disloquer vers le bas ? Est-il raisonnable, aussi, de vouloir porter le sentiment européen tout en prônant le rôle de la France, l'importance de ses choix et son indépendance ? Le schéma que nous nous proposons de suivre aujourd'hui me paraît assez peu clair, suffisamment peu pour nourrir davantage les basses échelles et l'indifférence plutôt que de tendre vers une plus grande abstraction. En cela, le dernier étage, "citoyen du monde", me paraît le plus clair, car le plus à même de corriger tous les défauts des étages plus réduits, mais aussi le plus obscur, puisque le moins évident à atteindre et à concevoir à titre individuel, et donc le plus moins à même de nourrir un certain attachement qui est la condition nécessaire pour que cela soit davantage qu'une couche administrative. Sur ces réflexions désordonnées, je vous laisse, bonne semaine à venir à vous. Je reviendrai en fin de semaine répondre aux passants et passantes éventuels !
  6. N'est-il pas amusant de discuter de l'inutilité des mathématiques au quotidien quand nous utilisons des outils fondés sur la mathématique d'un bout à l'autre ? Si vous ne pratiquez pas cette discipline personnellement, vous en êtes très largement utilisateurs et utilisatrices. Il me paraît donc abusif de parler d'inutilité au quotidien puisque votre quotidien en est implicitement truffé. De fait, certaines notions sont nécessairement plus utiles pour une chose que pour une autre. Il est évident qu'à moins d'avoir une occupation nécessitant de faire appel aux nombres complexes, peu de gens iront s'amuser à en utiliser pour résoudre certains petits problèmes au quotidien puisque ça n'a aucune pertinence. Pour le reste, faire la cuisine est une activité qui, typiquement, fait implicitement appel à des notions mathématiques. Une recette est effectivement une chose qui s'apparente beaucoup à ce que serait un algorithme puisqu'avec certaines entrées et certains traitements il est possible d'obtenir en sortie un résultat. Lorsque je cherche à connaître l'heure de départ idéale selon une certaine distance pour arriver à un endroit, et d'autant plus si je dois alterner plusieurs étapes comme différents transports, je fais à nouveau davantage que les simples opérations que nous avons apprises puisque c'est de l'ordre de la résolution d'équation, ayant à décider de différentes inconnues que sont les horaires des différents transports compte-tenu de la connaissance de mon heure souhaitée d'arrivée. Tout ça pour dire que s'il n'est pas marqué l'étiquette "mathématique" à l'entrée, cela ne veut pas dire que vous êtes, bon gré mal gré, complètement conditionnés à ce type de raisonnements que vous utilisez assez naturellement dans votre vie.
  7. La connaissance rend-elle heureux ?

    La prise de conscience a pour origine la connaissance, elle n'apparaît pas ex nihilo, c'en est donc une issue possible que nous pouvons refuser pour diverses raisons, issues qui peuvent être le déni ou le refoulement, en effet. Je pense donc comme vous sur les oppositions connaissance/ignorance et prise de conscience/déni-refoulement.
  8. La connaissance rend-elle heureux ?

    Si j'estime que savoir, et donc acquérir des connaissances et compétences, est une condition nécessaire à une certaine sérénité de ma personne, alors la connaissance peut me rendre heureux ou, tout du moins et plus raisonnablement, y participer. Si, en revanche, j'estime autant le savoir qu'autre chose, il n'est pas plus un atout qu'autre chose dans cette insatiable quête humaine d'un peu de bonheur. Dans la mesure où je rattache beaucoup la notion de bonheur à la réalisation de soi, et en sachant que se réaliser ne se fait pas de la même manière d'une personne à l'autre, la question qui est posée ne me paraît pas avoir de réponse universelle. En tant que tel, la connaissance n'apporte pas plus de bonheur que de malheur. Elle est désespérément neutre. Si elle nous affecte négativement, ce n'est que parce qu'elle vient troubler ce que nous aimerions croire ou ce que nous aimerions ignorer, ce que déjà-utilisé appelle une prise de conscience. J'en veux pour argument que nombres de personnes refusent la vérité de faits pourtant avérés, typiquement les négationnistes.
  9. De l'inutilité de discuter !

    As-tu déjà lu "Siddhartha" de Hermann Hesse ? J'avais lu ça dans mon adolescence et ça a beaucoup fait évoluer ma conception de ce que je comprends de la sagesse. Si tel n'est pas le cas, je te le recommande, même si en tant que tel cela peut paraître comme étant un livre adressé plutôt à de jeunes personnes. La fin de cette histoire, tout comme son déroulé, est de mémoire une parfaite réponse et illustration de ce que tu me dis là. En effet ! Ah je n'ai pas dit s'exprimer, j'ai bien dit dialoguer et parvenir à ce que je nomme un consensus. Et, pour parvenir à un consensus qui suppose, en théorie tout du moins, des échanges dans un sens comme dans l'autre, tu ne peux pas te contenter de t'exprimer dans un monologue. En cela, je pense que nous serons d'accord. Notre seule différence, qui est sans doute fondamentale, est que je n'irai pas jusqu'à parler de "devoir" de dire le vrai et de volonté de compréhension : combien de fois n'a-t-on pas vu quelqu'un simplement ironiser, recaler sur la base de ses a priori, une personne et ses éventuels sujets ? Pour te poser la question autrement : faut-il vraiment une visée qui soit parfaitement commune pour avoir un échange qui soit prolifique pour chacun ? Bien à toi !
  10. Au secours qui suis-je ?

    Êtes-vous la pierre que vous observez ? En toute hypothèse, vous répondriez que non. Si maintenant vous mangez un aliment, devient-il une partie de vous ? Dans la mesure où vous l'utilisez en partie, en effet. Êtes-vous, vous personnellement, un corps identifié ou tout un univers ? Votre corps n'étant pas un système autonome et isolé du reste de l'univers, la réponse se trouve à la croisée des deux possibilités : "vous" êtes un corps, spatialement distinct, mais vous interagissez avec le reste de l'univers, prenant et donnant à votre tour. Vous n'êtes donc pas qu'un corps ou le reste de l'univers, vous êtes un corps dans un système plus grand que nous appelons univers. Pour le dire autrement, une partie d'un ensemble plus vaste qui communique avec d'autres parties proches, cette communication impactant la partie, l'être, que vous êtes. Et en même temps, vous êtes un univers : votre corps, celui que vous voyez tous les jours, est un monde complexe et vaste en tant que tel. L'organisme est un système complexe où échangent et vivent de nombreuses espèces qui vous sont essentielles et pour qui vous êtes tout aussi essentiels. Donc, ce n'est en réalité qu'une question de perspective : au regard de l'univers céleste, vous n'êtes que peu de choses, une infime partie d'une partie plus grande dans un ensemble plus vaste encore. A votre échelle, vous êtes une partie d'un système humain complexe, la société, la Terre, et qui vous dépasse. Et, enfin, vous êtes un monde à vous tout seul, monde que vous méconnaissez mais qui vous constitue intrinsèquement. Si, toutefois, "vous" êtes bien un corps, ce qui est là l'hypothèse que vous avez formulé au départ.
  11. De l'inutilité de discuter !

    En effet, nous aimons à penser que notre influence serait/devrait être de convaincre l'autre que notre point de vue est le bon et, dans ce but-là, nous y mettons une certaine fougue et une certaine énergie à trouver les arguments et contre-arguments qui le permettront. Mais posons le problème autrement : si, après quelques discussions tu en constates la rareté, qu'est-ce qui te fait continuer à participer si longtemps, et on parle là d'années ? On peut faire l'hypothèse de l'illusion, de celle qui laisse penser qu'on va y arriver, que ce n'est qu'une question de temps. Mais en réalité, en tout cas c'est ainsi que j'ai fini par le comprendre, on cherche davantage l'échange et, comme tu le dis, l'adversité : quelqu'un qui partage ton avis ne fera que te répéter, il ne t'enrichira pas véritablement. D'où l'intérêt que tu as pu trouver à discuter avec Zeugma, et d'autant plus si après des allers et retours vous finissez par parvenir à un consensus. Nous ne signons aucun contrat, je ne te dois rien pas plus que tu ne me dois quelque chose. Comme je le disais plus tôt, je suis périodique dans mes interventions car je suis de ces gens qui partent très vite sur un tout autre sujet et se détournent de certaines autres habitudes. Mais il n'y a pas à être mal à l'aise par rapport au fait de s'exprimer. N'est-ce pas, au fond, la fonction première de cet endroit ? Et c'est à mon tour d'être mal à l'aise, là !
  12. Ce qu'on doit faire et ce qu'on fait vraiment

    Il y a plusieurs raisons. La première que j'ai lu ici est, qu'en effet, nous ne sommes pas tous aussi aisément pliés à une planification en règle qui nous permettrait de suivre le schéma "planification-->action". Tu as ensuite une autre raison, soulevée par Jankélévitch, à savoir que nous avons tendance à vouloir les fins sans y mettre les moyens. Pour le dire un peu différemment, planifier/imaginer un projet est souvent aisé, le mettre en application souvent plus fastidieux. C'est la différence entre la volonté et la velléité. Ensuite, avoir conscience de ce qu'on doit faire, au sens moral du terme, n'implique pas nécessairement que nous partageons fortement cet acquis. Par exemple, on peut savoir qu'on doit payer nos impôts, que cela a des bénéfices collectifs, on n'en rechigne souvent pas moins à le faire, le voyant comme une perte individuelle. Enfin, avoir conscience de ce qu'on doit faire n'implique pas qu'on puisse toujours le faire. Il existe des déterminismes qui parfois nous dépassent. Je pense notamment à ces personnes qui peuvent psychologiquement souffrir d'une telle tension entre ce qu'elles savent "devoir" faire, car c'est ce qu'on attend d'elle ou ce qu'on lui demande, et sa capacité à le faire.
  13. Les théorèmes de Gödel et leurs implications

    Je passais par hasard quand j'ai vu que tu m'avais cité, ce qui m'étonne assez, puisque je n'ai pas eu de notification. Et "<=>" est pour vous une équivalence ? Car en ce cas, je ne vois pas pourquoi l'incohérence serait équivalente à la cohérence. Mais je dois sûrement mal interpréter ce signe.
  14. De l'inutilité de discuter !

    Un poète psychanalyste ! Quelle chance j'ai de vous avoir. Vous nous faites votre auto-introspection, pour voir ?
  15. De l'inutilité de discuter !

    Les périodes "avec" et les périodes "sans" vis-à-vis du forum, cela est assez normal, je crois. En tout cas, depuis les bientôt neuf années que je suis ici, j'ai eu des périodes très actives et des périodes longues d'absence. J'ai hésité un jour à quitter le forum aussi pour, finalement, préférer faire des allers et retours selon mon envie du moment. Il n'est pas anormal de vouloir faire autre chose de temps à autre ! Pour le reste, il n'est jamais facile de savoir quand nous sommes dans des monologues ou dans un dialogue, dans un échange ou dans une confrontation de positions. Par habitude, on cerne un peu qui on a en face de soi, ou du moins qui on pense avoir en face de soi. Mais la véritable finalité est-elle de convaincre l'autre, ce qui en général d'ailleurs est notre moteur dans un débat jusqu'à parfois se montrer agressif, ou bien est-ce plutôt la construction plus ou moins maladroite et collective qui se fait autour d'un thème ou d'une question ? A moins d'être fermé totalement à ce que l'autre dit, tu en viens au moins à affiner ton discours, tes arguments et ta propre pensée à travers un échange. En cela, ce n'est pas vain. Avec le temps, je me suis persuadé que ce n'est pas tant convaincre que dialoguer qui est important. En prenant la posture de quelqu'un qui veut convaincre, car c'est là le jeu que veut l'exercice, mais en n'étant pas dupe que rarement cela se fera. Cela revient au même que de lire l'oeuvre d'un auteur ou d'une auteure dont on ne partage pas du tout les convictions : on ne se laissera pas forcément convaincre, mais on s'enrichira sans doute à sa lecture. Maintenant, si mon esprit borné te manque, je peux bien faire un effort
×