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Don Juan

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À propos de Don Juan

  • Date de naissance 02/05/1955

Informations Personnelles

  • Sexe
    Homme
  • Lieu
    Dans la forêt
  • Intérêts
    Condition humaine

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Réputation sur la communauté

  1. Don Juan

    L'amour

    Lorsque Musashi franchit le portail de bois, le maître ne leva pas aussitôt la tête. Il poursuivit encore quelques instants son ouvrage, puis dit : — Tu marches plus lourdement que d’habitude. As-tu subi une blessure au cours de tes combats ? Musashi se tut. Il avait traversé la cour sans même ôter la poussière de ses sandales. Son visage portait les traces d’un voyage rapide. Mais ce n’était pas la fatigue du chemin qui durcissait ainsi ses traits. Le maître coupa encore une petite branche. — Depuis combien de jours ne dors-tu presque plus ? Musashi esquissa un geste d’agacement. — Vous posez toujours des questions dont vous connaissez déjà la réponse. Le vieil homme posa enfin son outil. — Non. Je connais seulement certaines conséquences et je sais lire, sur les visages, le manque de sommeil. Un silence passa entre eux. Le vent remua faiblement les bambous derrière le mur du jardin. Musashi regarda le bassin, puis dit enfin ce qui le tourmentait avec une sorte de nudité rude : — Elle est partie. Le maître inclina la tête, comme s’il avait entendu une évidence usée. Pas d’étonnement. Pas de compassion visible. Seulement cette attention calme qu’il portait aux choses lorsqu’il attendait qu’elles se disent d’elles-mêmes. Mais Musashi ne poursuivit pas. Il semblait lutter contre autre chose que l’absence elle-même. — Ce n’est pas son départ qui me trouble le plus, dit-il en prenant une inspiration. Le vieil homme attendit. — C’est ce qu’il révèle de moi. Le moine guerrier se releva lentement, prit le bol d’argile et se dirigea vers le bassin pour y rincer ses mains. — Si ce départ t’a donné l’occasion de voir un peu plus clair en toi, tout n’est pas perdu… et qu’as-tu découvert ? Musashi hésita avant de répondre. Le fait que Takuan se détourne de lui sans interrompre les tâches qui lui semblaient insignifiantes l’irrita davantage encore. — Que je suis devenu dépendant d’une présence. De sa présence. J’ai fini par prendre l’habitude qu’elle soit là lorsque je rentrai de mes pérégrinations sauvages. La maison était tenue. Il y avait toujours quelque chose qui mijotait sur le poêle, je croyais en avoir fini avec la solitude. — Oui. — Que mon esprit revenait sans cesse vers elle comme un chien revient à la porte où on le nourrit. — Oui. — Que l’idée même d’être oublié m’est insupportable. Le maître laissa l’eau couler entre ses doigts. Musashi eut l’impression qu’elle descendait dans sa gorge, il se sentit moins sec subitement. — Voilà déjà une observation plus utile que beaucoup de philosophies, dit Takuan avec une légère pointe d’ironie.
  2. Certains hommes aiment croire que la maîtrise rend l’homme supérieur à sa nature. Les amoureux croient que leurs émotions les élèvent au-dessus de l’animal. Les religieux pensent que l’âme les sépare du corps. Et les philosophes imaginent parfois que leurs idées les libèrent de leurs instincts.
  3. La réflexion sur les mécanismes de la psyché humaine est présente dans l'art théâtrale antique il me semble. Peut-être que ce que vous appelez : la philosophie, en découle naturellement. Mais au fond, la plus grande des anarques peut avoir son utilité et ses effets bénéfiques. L'humain se rend malade à partir des mots et peut se soigner à partir des mots aussi.
  4. Don Juan

    L'amour

    C'est parler d'attachement et non d'amour. L'amour ne fait pas souffrir. L'attachement influence totalement la façon dont nous identifions. Car c'est lui qui nourrit les besoins et nous sommes identifiés à nos besoins.
  5. Mais je ne pensais pas au droit. J'ai pris le terme juger avec l'angle Chrétien. Donc oui, juger, donc condamner, n'est pour moi pas moral. L'amour n'a pas besoin de religion. Tu viens de vendre un dieu écrasant, non merci.
  6. On ne peut s'empêcher de juger. Le cerveau est fait pour cela. Il jugera avec nous ou sans nous. Mais, si l'on remplace le verbe juger par le verbe condamner, on obtient alors quelque chose de possible. On peut s'interdire de condamner, que l'on comprenne ou non.
  7. Tu as raison. Un dieu qui attend derrière la porte pour juger tout le monde ne peux pas recommander à ses brebis de ne pas juger. C’est du : " faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais".
  8. Ce n'est pas possible si juger, ce n'est pas comprendre....
  9. Et lorsqu'on ne peut pas comprendre, On fait quoi ?
  10. Ce sera un dialogue de sourd. Chacun essaye de démontrer quelque chose de vrai en le présentant comme une oposition, mais il n'y a pas d'oposition. La matière existe et la conscience existe. Y a t-il un vrai débat, une vraie question sur l'inter-relation entre ces deux aspects du monde. Ils sont étroitement imbriqués, ils sont "un" en fait. Il n'y a dons pas de débat nécessaire. Mais, s'il est facile de trouver un accord entre ceux qui parlent de la matière, il n'a pas été encore vraiment possible de trouver un accord entre ceux qui veulent parler de la conscience. Chacun se la représente à sa façon. L'un dit c'est dans le cerveau, ce sont les neurones (et pourquoi pas les celulles gliales, et pourquoi pas dans le sang ?). L'autre dit : ah non! le cerveau n'en est pas le producteur, ni même l'hôte. La conscience vest un champ qui traverse l'univers. Mais de quoi voulons-nous parler réellement. De notre petite conscience ? De notre "moi" ? De notre petit appareil à fabriquer de l'idée ? Le "soi" est ce qui se reçoit. Le "moi" se fait des émois.
  11. Don Juan

    Vivre.

    Ne le prend pas personnellement, mais je pense que c'est très cliché vieilli ce que tu dis là. Nier que les animaux ont des émotions, des raisonnements, de la conscience, etc. est une approche surperficielle. L'homme aussi obéi à ses instincts, bien plus qu'on le croit, et sa morale est un petit verni qui ne résiste pas longtemps aux assauts de la vie réelle.
  12. Don Juan

    Vivre.

    Les deux mon capitaine, ce n'est pas une alternative. Bien que l'on puisse vivre sans se regarder, ou sans s'écouter.
  13. Don Juan

    La vie

    Approche ton oreille de la chair en putréfaction et tu entendras une symphonie que Wolfgang Amadeus Mozart lui-même n’aurait su écrire. C’est encore la vie qui travaille. Pour elle, construire et défaire sont un seul et même geste. Une oreille fine entend la musique même au milieu du chaos. Des mains délicates devinent l’objet à travers son emballage. Ainsi faut-il marcher dans le monde sans se laisser distraire par les apparences et les pensées parasites. Voler comme la flèche vers sa cible. La corde a vibré. Un doigt venu d’ailleurs l’a effleurée non comme une chose étrangère, mais comme le prolongement de lui-même. Et la corde ne vibre jamais seule. L’instrument entier danse avec elle, la soutient d’une force invisible qui remonte peut-être jusqu’aux mains du luthier. Et plus loin encore : dans ce qu’il aimait, dans ce qu’il craignait, dans la voix de sa femme, dans les rires de ses enfants. Le son poursuit sa route en arrière, toujours plus loin, jusqu’à l’enfant qu’il fut peut-être, et jusqu’à l’œuf silencieux où dormait déjà le luthier. Juan
  14. Don Juan

    Les animaux

    On devient ce que l'on mange. Disait Sri Salamalèque.
  15. Don Juan

    Les animaux

    Tuer avec une seringue létale ?
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