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Arkadis

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  • Date de naissance 12/10/1980

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  1. Arkadis

    Philosophons

    Il y a une limite à notre volonté de connaître. Il n’est pas possible de savoir ce qui peut bien exister dans le monde quand nous avons retranché de ce dernier le vivant. Ce n’est pas possible justement parce que nous restons vivant, nous ne pouvons pas nous retrancher du monde en tant que vivant. Nous ne pouvons ni percevoir ni penser le monde sans humaniser le monde. Nous ne pouvons pas accéder à ce qui dans la réalité n’est pas humain. Le non humain pur nous est inaccessible. Il y a une dimension de la réalité qui nous sera à jamais inaccessible du seul fait que, dès que nous accédons à une connaissance quelconque, cette connaissance est humanisée. Je pose l’existence d’un inconnu qui restera à jamais inconnu (sauf si nous arrivions à ne plus être humain). Cet inconnu agit dans notre univers humanisé. Nous pouvons à partir de cette action imaginer cet inconnu, mais même dans notre imagination nous continuons d’humaniser le monde. Il restera toujours un facteur d’imprévisibilité dans toutes nos perceptions, dans toutes nos pensées du fait même que nous ne pouvons pas connaître cet inconnu sans l’humaniser sans lui donner une finalité qui n’est pas la sienne mais la nôtre. Je pense que cette dimension inaccessible de la réalité agit aussi bien dans nos perceptions que dans nos pensées. Nous rejoignons là le concept d’inconscient utilisé en psychologie. Ce qui me paraît en revanche certain, même s’il y a un facteur d’imprévisibilité dans toutes nos projections du futur, c’est que non seulement l’être humain finit par mourir mais que l’espèce humaine aussi finit par mourir. Or la mort de l’espèce humaine ne peut pas être neutre dans notre façon de vivre quotidienne. En particulier une telle mort ruine la notion de « sens » en ôtant à cette notion toute certitude, toute permanence. Le « sens » n’est plus alors qu’un outil, qu’un moyen d’action, ce n’est plus un « donné » qui pourrait nous transcender. Il n’ y a par exemple pas de sens de l’Histoire, un tel sens est un outil, seulement un outil que nous pouvons remiser dans notre boite quand nous jugeons qu’il ne nous sert plus. Il est toujours possible de nier la mortalité de l’espèce humaine, mais toute pensée souple et ouverte doit pouvoir inclure tous les possibles, y compris celui de l’extinction de l’espèce humaine. Une pensée qui présuppose un fait que nous ne pouvons pas observer est une pensée qui a toutes chances d’être aberrante.
  2. Arkadis

    Philosophons

    La disparition de l'espèce humaine est posée comme une évidence (non dite toutefois) par les purs physiciens. Quand j'étais enfant j'entendais mes parents parler de la disparition de la Terre et je m'étonnais déjà qu'ils n'en tirent pas les conséquences. Ensuite, quand je fus ado, quand il fut évident que l'Univers avait une histoire je les entendis parler d'expansion et de contraction et je m'étonnais encore que, dans le cas d'une contraction, ils n'en tirent pas les conséquences, l'humanité ne pouvait pas en réchapper. Aujourd'hui ce sont encore les physiciens qui mettent les points sur les i, et encore, uniquement ceux qui font de la recherche fondamentale. Ca fait pas grand monde. Cela dit cette disparition est (parait) si lointaine dans le temps qu'il est inutile d'en faire une question sentimentale. Si je m'applique à faire cette expérience de pensée : j'imagine un univers sans humanité, sans vie même, j'imagine un univers dans lequel même le souvenir que l'être humain a existé est effacé, alors je constate que les concepts et idées, tels que : Dieu, le Bien, le Mal, le Beau, le Vrai, la Conscience etc. n'existent pas. Ces "réalités" n'ont pas d'existence dans un Univers sans homme voire sans vie. J'en tire la conséquence suivante : ces "réalités" n'existent que dans l'univers humain. Se pose alors la nature de leur existence. Je serais tenté de penser : ces réalités n'existent pas, mais j'aurais tort. Elles existent. Je pense que ces réalités sont des instruments, des outils conçus par les êtres humains en vue de gérer, d'animer les rapports qu'ils entretiennent entre eux. La Conscience par exemple n'existe pas comme réalité indépendante de l'humain, c'est un outil de communication entre les humains. Ces outils semblent en outre avoir une fonction essentiellement affective. Ainsi quand quelqu'un vient parler de Vérité il rentre dans un rapport affectif avec les autres humains même si cette affectivité est cachée sous un discours rationnel. S'il y a bien une dimension affective dans l'élaboration de ces outils alors nous n'en aurons jamais fini avec Dieu, la Vérité, le Bien, le Mal, etc. Ces "réalités" resteront fluctuantes comme sont fluctuants les rapports affectifs humains. Si j'en reviens à mon expérience de pensée je me pose alors la question : est-ce qu'il existe encore quelque chose dans un univers débarrassé de toute présence humaine, voire de toute vie (ce qui finira par arriver) ?
  3. Arkadis

    Philosophons

    C'est une idée difficile à tenir présente dans le champ conscient : l'espèce humaine (comme toutes les espèces ) disparaitra. C'est une idée facile à énoncer bien sûr, mais à peine énoncée elle est oubliée, tant, en fait, elle anéantit nos espoirs, nos croyances, nos philosophies, etc. J'éprouve une certaine admiration pour Katie Mack cette jeune cosmologiste qui tient cette idée fermement en conscience quand tous ou presque autour d'elle pourtant convaincus eux aussi de la mortalité de l'espèce humaine ne peuvent continuer à vivre qu'en effaçant cette idée. Garder cette idée vivante, en soi, participe de cette autre idée : plus je serai lucide sur les choses et sur soi plus j'aurai de chances de découvrir ce que nul encore n'a découvert. Mais le risque c'est qu'une lucidité trop "intense" de la réalité des choses ne finisse par devenir mortelle. Ce serait curieux que développer l'acuité de notre capacité à être conscient nous conduise à l'anéantissement.
  4. Arkadis

    Philosophons

    Katie Mack, 44 ans, astrophysicienne américaine « Comment va finir l’Univers » Il existe une poignée de scénarios (décrivant l’évolution finale de l’Univers) tous se rejoignent sur un point : il y aura bien une fin » [ le Big Crunch, la mort thermique, le Big Rip, la désintégration du vide, le Rebond]. « Il y aura à tout le moins une transition qui...détruira tout, rendant le cosmos inhabitable par quelque structure organisée que ce soit » Pulvérisation ou désagrégation finales. Ce que nous avons donc devant nous, au plus loin, c’est une disparition finale et inéluctable de l’humanité, de toute vie. Cette perspective affecte surtout celles et ceux qui se vouent à la transmission. Transmettre implique cet acte de foi : la vie continue, toujours, le chemin continue, toujours...Si le chemin sombre dans un néant final faut-il encore transmettre ? La volonté de transmettre face au non-sens de la transmission. C’est une contradiction sévère dans laquelle il est difficile de rester. Soit la volonté de transmettre et même le désir de se reproduire s’affaiblit, avant de s’éteindre, soit il faut faire un sacré effort sur soi et engendrer un nouvel imaginaire, qui transcende cette contradiction, sans nier le fait, qu’in fine, disparaissent à jamais tout humain, toute humanité, toute vie.
  5. Arkadis

    Philosophons

    Quand je vois les photos du baby prises par O. je vois qu'il perçoit "autre chose" que l’enfant tel que nous avons l’habitude de voir un enfant. C’est non seulement un enfant qui vient mais c’est aussi comme une présence venue d’un autre monde. L'enfant est émerveillé face au monde qu’il découvre, son émerveillement engendre à son tour l’émerveillement de O. qui, du coup, prend cette photo. Ce qui apparaît, ce qui vient est un universel, ce n’est pas seulement propre à un enfant d’une famille, une communauté, c'est propre à tout enfant. Le sens de l’universel ne provient pas de la raison mais de la sensibilité. Quand le sens de l’universel vient de la raison alors cet universel n’est plus respecté dès lors qu’il vient en contradiction avec les intérêts particuliers, Il est possible de clamer le respect pour tout enfant sans être gêné par la mise à mort de l’enfant de l’ennemi. Le Hamas n’est pas gêné de massacrer un enfant juif et les Israéliens ne sont pas gênés de tuer un enfant palestinien. Un anthropologue expliquera cette sensibilité devant l’enfant en produisant un discours explicatif aveugle à ce que présente la sensibilité. L’anthropologue se fera géologue et expliquera pourquoi l’eau de la source-là tient cette position-là mais il ne verra pas l’eau en soi. Il voit le chemin qui conduit, il en voit pas ce qui est conduit. Notre usage de la raison est tel que nous immobilisons par le langage tout ce qui est en mouvement. Le scientifique comprend le monde dès lors qu’il l’a au préalable immobilisé. Pour rendre au monde sa mobilité il faut autre chose que la raison.
  6. Arkadis

    Philosophons

    Comment est il encore possible d'agir, c'est à dire de peser sur l'évolution de notre monde ? Notre rayon d'action réel, au delà de soi-même, c'est la famille, le quartier, l'entreprise... Au delà de soi-même. Il est aussi possible d'agir sur soi, seul, en visant sa seule évolution personnelle. Dans ce cas nous nous enlisons me semble t il dans l'élaboration de représentations mentales destinées à être telles que nous nous y sentions bien. A l'intérieur. Si je veux être en accord avec moi la seule action possible que je puisse engager c'est l'action fondée sur la transmission. Le champ d'action pour ma part est alors la famille. A l'heure où mes enfants commencent à avoir des enfants je me rends compte qu'ils sont toujours en attente de leurs parents. Le plus jeune est plus complexe à comprendre, tout est dans le sentiment avec lui. Le sentiment voyage de conscience en inconscience et vive versa, c'est difficile d'agir de manière créatrice, sans faire d'erreurs. Quand il me tend son fils nouveau né je le vois dans une attente que je ne déchiffre pas tout de suite. Je comprends qu'il me demande d'accepter son fils, il attend que je transmette à son fils. Mon attitude va influer sur son attitude avec son propre fils. Je le rassénère, je prends son fils et le lui rend, je tente de lui dire : à ton tour de transmettre, je te confie désormais le soin de transmette. Il prend l'enfant, lui donne le biberon et je sens dans le regard qu'il porte sur son fils un amour qui me touche, c'est comme cela que commence la transmission, dans des actes de partage comme celui là. Donner le biberon ce n'est pas seulement participer aux taches du ménage comme le pense la belle mère c'est d'abord et surtout accomplir un acte d'amour entre l'enfant et le parent. L'acte de transmettre est somme toute délicat. L'ainé je suis obligé là aussi de deviner. De lever en moi toute résistance à son attente, ce n'est pas là non plus facile. Il semble choisir pour lui l'identité juive et je vois bien qu'il attend mon assentiment, plus, bien que je ne sois pas juif moi-même il attend que je l'instruise. La transmission entre sa mère, juive, et lui est fondée sur le seul sentiment. Il attend une transmission plus intellectualisée. Cela m'oblige à reconsidérer toute ma vision du judaïsme, il s'git maintenant de réussir à lui transmettre le meilleur de cette culture. Toutes ces actions peuvent paraitre microcosmiques. Mais au moins elles sont action dans le monde, elles participent à la création du monde.
  7. J'ai déjà commencé ce récit...L'évolution des conditions sociales de vie depuis le milieu des années 50 et les interactions avec les individus, leurs ressentis. En me centrant sur mon expérience, dont une mère immigrée russe, née en Russie, un père français de souche, et celle de mon épouse, immigré juive du Maghreb, née au Maroc. Ces interactions entre une évolution globale sociale et les individus qui la vivent permet de mieux comprendre les états d'esprit d'aujourd'hui. Cela risque d'être une œuvre longue.
  8. C'est de la psychologie de comptoir ça, OK, il a dit une connerie, inutile d'en faire tout un plat et d'appeler papa Freud à la rescousse.
  9. Intéressant. Donc des établissements comme ça, c'est uniquement la qualité des bâtiments dont vous vous rappelez ? Rien concernant les relations entre les moines et les enfants ? Ce "rien" me fait penser à votre relation à l'inconscient. Quand à Bétharram quand je passais devant dans les années 87 à 91 ça me faisait froid dans le dos. Tout le monde comprenait ce qu'il pouvait s'y passer. Je tremblais pour mes enfants rien qu'en passant devant.
  10. Arkadis

    Philosophons

    Dans une de ses vidéos que Todd émet en ce moment sur youtube il part du constat que les populations françaises sont aujourd'hui sur-éduquées et que cela les rend ingouvernables. Plus les populations font des études, notamment des études supérieures, plus elles tombent dans l'esprit critique, dans la déconstruction de toutes pensées, dans la relativité des valeurs, dans la défiance envers l'autorité, dans la destruction des croyances et mythes, dans une exclusive rationalité. Il y voit une menace pour la démocratie laquelle a besoin de croyances collectives, de mythes fondateurs, d'adhésion... Il incrimine surtout les savoirs des sciences humaines, sociologie, psychologie, philosophie. Il me semble qu'en effet la philosophie actuelle, en France, telle qu'elle est enseignée, participe à cette destruction des récits collectifs. Par exemple dans l'enseignement dispensé par Jostein Gaarder dans "Le Monde de Sophie" l'auteur apprend à une jeune fille que la philosophie grecque a su se libérer de la pensée mythique pour la remplacer par la pensée fondée sur l'expérience et la raison. C'est évidemment faux, les Grecs ont su garder leurs mythes fondateurs, ils ont simplement complété la pensée mythique par la pensée rationnelle. Je ne crois pas du tout comme Todd que cette disparition de toute pensée construite, de tout engagement créatif soit une conséquence de l'instruction croissante des populations françaises. Il y a des causes certes, mais tout autres. Si je prends la communauté juive française bien que super éduquée elle ne tombe pas dans le bavardage philosophique, ni dans l'impuissance à l'action. Et il me semble que la communauté musulmane française ne sombre pas non plus dans cette asthénie. Je remarque que ces deux communautés ont su garder et respecter leurs mythes fondateurs. Mais si j'essaye de faire un historique de cette impuissance, de cette stérilité des classes francaises au carré éduquées force est de conster que ça remonte à loin. Il y a eu un choc et une révolte culturelle face à l'ouverture aux marchés économiques mondiaux et aux nouveaux modes de production lentement diffusés en France par le néo-capitalisme de l'occident. Mais cette révolte n'a pas pu trouver un terrain à partir duquel résister. Les Français au carré subissent l'évolution mondiale des modes de production, des modes de management dans laquelle ils ne se reconnaissent pas culturellement mais sans avoir aucune idéologie sérieuse à opposer (stérilité conceptuelle et incapacité à la mise en oeuvre de nouveaux modes de production). Ils ont voulu dans le même temps qu'ils s'exposaient aux assauts idéologiques mondiaux (essentiellement américains) détruire leurs croyances religieuses, mais ce faisant ils ont remplacé leurs croyances par...rien. Ils sont enfoncés. Pour être honnête ils ont essayé de lutter en adhérant à des représentations communistes, socialistes ou nationalistes ( De Gaulle), mais ces représentations ont fait flop. Aujourd'hui ils sont nus et désarmés face aux puissances, aux empires qui émergent. Cette défaite cantonne au nihilisme, au narcissisme, à l'égoïsme. Mais il reste à se battre pour les enfants, et là, il est encore possible de continuer le combat en les armant.
  11. Arkadis

    Philosophons

    Il est possible que le vieillissement de la population française dite au carré soit un problème plus grave qu'il n' y parait. Nous sommes nombreux à vieillir. Et le risque c'est que notre vieillissement si nous n'y prenons pas grade finisse par provoquer le vieillissement moral des moins âgés et même des jeunes qui finissent par penser comme les vieux pour certains. Mais quel est le plus grand danger du vieillissement pour un pays ? Celui ci : l'incapacité croissante à agir ou à renouveler son action (action dans sa dimension créatrice) Les boomers (nés avant 65) sont classés dans cette catégorie de gens incapables d'action créatrice en raison surtout du fait qu'ils perçoivent une rente qui leur permet de ne plus se battre. C'est un peu dur, mais c'est vrai, sans le combat, la lutte et même la guerre (la guerre pilote l'univers, Héraclite) il n' y plus d'action créatrice nouvelle. De plus la frange de la population, de plus en plus mince, capable d'action créatrice doit payer les pensions des personnes devenues incapables d'action créatrice. Mais ce vieillissement touche aussi beaucoup les personnes âgées disons entre 50 et 60 ans qui agissent de manière mécanique, de manière répétitive, de manière routinière en attendant la retraite. La répétition aussi provoque la vieillissement mental prématuré. Le pays est en effet mal barré. Pourtant l'émigration tant décriée par le Français au carré apporte un espoir grâce à sa jeunesse. Pour ma part si je considère ce problème à ma dimension il n' y a qu'une action créatrice encore à ma portée : la transmission, il s'agit de trouver le vecteur de cette transmission. J'ai choisi d'enseigner les maths il y a quelques temps, bénévolement, mais je n'en peux plus, j'ai arrêté, cette transmission a fini par m'épuiser. Je dois trouver un nouveau vecteur de transmission, et finalement ce n'est pas pour moi que je dois trouver cela, mais pour mes enfants, pour tous les enfants. Ceux qui vont vivre après nous. J'admire mon amie ancienne prof de philo, qui, à 85 ans, ne se satisfait plus de philosopher, de lancer des mots, elle va chaque soir enseigner les enfants...Quand un enfant apprend alors le monde continue de vivre. Ca me rappelle un film Barberousse. Il faut que je retrouve dans ma mémoire la scène qui m'avait bouleversé.
  12. Arkadis

    Religion et Science

    Ce n'est probablement pas dans le rayon philosophie qu'il sera possible de traiter de la différence entre Religion et Science objectivement. Il faudrait pour cela que la philosophie ait un soupçon de rigueur scientifique. Mais si la philosophie devient une sorte de langage spécifique où les mots sont prononcés en fonction de leur pouvoir émotionnel ou de leur pouvoir à faire rêver alors la philosophie devient ou magie ou religion. Elle réalise même ce tour de force : faire de la science une magie ou une religion en lui piquant ses propres mots. Chapeau.
  13. Arkadis

    Inconscient et philosophie

    Le code de la conscience. Dehaene fait remarquer que l'on attribue à Sigmund Freud (1856-1939) la paternité de la découverte que de nombreuses opérations mentales se déroulent hors de notre conscience. Il écrit "en réalité il s'agit d'une légende que Freud lui même a contribué à forger". Marcel Gauchet en 1980 "Quand Freud déclare qu'avant la psychanalyse il était de règle d'identifier psychisme et conscience force nous est de constater que c'est rigoureusement faux" Au cours du XVIII et du XIX siècle les neurologues découvrent l'omniprésence dans le système nerveux de circuits inconscients. Gabriel Tarde (1843-1904) découvre l'imitation inconsciente (bien avant donc toutes les théories actuelles sur l'imitation). En 1899 Sigmund Exner, neurologue, écrit que nous ne devrions pas dire "je pense", "je ressens" mais plutôt "ça pense en moi, ça ressent en moi", bien avant que Freud théorise sur le "ça". Dans la lettre du voyant Rimbaud écrit "je est un autre" et spécule comme Exner : "on" me pense. Dehaene conteste le caractère scientifique des travaux de Freud qui se contenta de proposer des modèles métaphoriques de l'esprit. Vladimir Nabokov, dans Intransigeances " laissons les crédules et les vulgaires continuer à croire que toutes les infortunes mentales peuvent être guéries par une application quotidienne de vieux mythes grecs sur les parties intimes" A vrai dire ce qui me surprend à l'heure actuelle c'est que l'EN continue d'enseigner nos enfants en leur faisant croire que la notion de "l'inconscient" a été engendrée par Freud. C'est lier l'inconscient exclusivement au sexe, puisque telle était l'obsession de Freud, et cela me parait tout de même malsain. Mais ce qui me surprend le plus c'est que tant d'adultes en France en soient encore à croire que l'inconscient c'est le lieu des refoulements sexuels. Pour moi c'est stupéfiant une telle inculture. Pas seulement stupéfiant mais aussi inquiétant. J' y vois là encore les conséquences du formidable vieillissement de la population française. Bien sûr que les Français au carré vieillissent et meurent ce n'est pas important mais c'est leur influence sur la population jeune qui est inquiétante. Il y a intérêt à protéger nos enfants.
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