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Arkadis

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  1. Nous avions jadis des manuels que nous pouvions consulter lorsque nous rencontrions un problème avec nos enfants. Ils m'ont bien aidé. Ils m'ont permis de sortir des convictions culturelles venues des parents ou du milieu d'origine. Aujourd'hui les IA conversationnelles peuvent aussi être perçues comme des encyclopédies, des recensions d'informations. Mes fils les utilisent pour des cas bien précis. Ils restent bien sûrs libres d'en tenir compte ou pas. Il n'est pas impossible de conserver son esprit critique lorsque nous consultons une IA. Se couper d'informations recueillies à partir d'expériences issues du monde entier est, à mon avis, une erreur. L'éternel conflit entre la culture familiale et la reconduction de toutes les névroses qui ne manquent pas souvent de s'y développer et la culture du monde, toujours ouverte, ouverture qui ne vient pas détruire la culture familiale mais qui vient l'amender et parfois la réparer.
  2. Arkadis

    Philosophons

    Nous n'avons probablement pas les moyens (intellectuels) de comprendre le monde dans lequel nous vivons. Si, au sein des mathématiques, nous ne rencontrons aucun problème avec le zéro et les infinis, dans le monde physique, en revanche, aussi bien l'origine que l'infini sont impensables. Nous pouvons toujours spéculer sur ce fait que la réalité est inaccessible, que notre réalité est une transcription de cette réalité inaccessible, il n'empêche que notre réalité, notre univers, existe. Ce peut être frustrant ou agaçant de ne pas avoir accès au réel. Nous ne pouvons même pas l'imaginer, il nous faudrait pour cela penser au delà du temps, au delà de l'espace, ce qui nous est impossible. Il existe néanmoins , probablement, un lien entre ce réel inaccessible et notre réel, et, si la transcription actuelle de ce monde inaccessible nous donne notre univers à bien des égards absurde rien n'interdit de penser que cette transcription puisse changer, sortir des cadres actuels, il est même possible que notre univers soudain disparaisse. Nous ne sommes sûrs de rien. Penser qu'il existe une réalité inaccessible n'est pas forcément frustrant. Cela ouvre aussi quantité de possibles. C'est frustrant dès lors que nous constatons que notre désir de tout maitriser a des limites indépassables mais c'est excitant aussi car cela nous permet de tout imaginer, même l'impensable. Nous gagnons en créativité ce que nous perdons en maitrise.
  3. Arkadis

    Philosophons

    Pierre Musso, dans son livre : La religion Industrielle, cite, page 311 [Editions Fayard], Francis Bacon [1561-1626] « Qu’un homme travaille à restaurer et à accroître la puissance et l’empire du genre humain lui-même sur l’univers, cette ambition-là sans doute...est plus sage et plus noble que les autres. Or l’empire de l’homme sur les choses repose tout entier sur les arts et les sciences »[Novum Organum, aphorisme 129] Voilà exprimée l’ambition de l’homme « moderne » [en Occident] agir et transformer la Nature (l’Univers pour Bacon). L’œuvre de Bacon, continue Musso, est une de celles qui ont exercé la plus grande action sur les transformations qui conduisirent de la pensée antique et de la pensée médiévale à la pensée moderne. La science (les arts) s’accomplit et valorise « la Dynamique moderne contre la Statique des Grecs. » Nous passons de la philosophie loisir ou contemplative pour laquelle être et penser c’est la même chose, à la philosophie engagée dans le monde pour laquelle penser ce n’est plus être, c’est faire. Pour Francis Bacon les inventions (il parle de la boussole, de la poudre et de l’imprimerie) à elles seules suffisent à transformer le monde. Cette nouvelle vocation de la philosophie,Transformer le Monde, sera reprise plus tard par Karl Marx, mais pas seulement, nous retrouvons aussi cette affirmation chez les philosophes anglo-saxons, dont la philosophie est qualifiée par les Européens de philosophie utilitariste. Francis Bacon veut réformer la philosophie jusque là réduite à la vie contemplative : « le but du moraliste n’est pas d’écrire des œuvres à lire dans le loisir : il est véritablement de donner des armes à la vie active et de l’équiper. » Une nouvelle vision du monde s’élabore : il s’agit de transformer le monde par la science. La Nature doit être dominée, soumise et vaincue par les techniques. Cette transformation de la vision du monde, de l’Imago Mundi, met fin à la coupure entre Nature et artifice. Chez les Antiques grecs l’art ne peut qu’imiter la Nature sans jamais en atteindre la perfection, maintenant c’est le contraire c’est la Nature qui devient le miroir de l’art (dont la science). La Nature est soumise à des lois, cette soumission fait d’elle non plus une Mère mais un objet, elle devient objet exploitable. Cette transformation de l’image de la Nature, image Mère à image objet n’est pas aussi idéaliste que ne le pense Russo (il s’appuie sur le catholicisme et les monastères). Il faut aussi qu’adviennent des événements historiques contingents. Par exemple en 798 Irène l’impératrice byzantine proposa à Charlemagne un mariage afin de reconstituer un Empire romain réunifié. Charlemagne refusa cette alliance. A l’époque l’Empire de Charlemagne ne pesait pas lourd face à celui des Abbassides et à celui de Byzance. En s’isolant il ralentit le commerce entre son Empire et les autres et il dut ne compter que sur ses forces pour tenter de trouver dans la Nature, là présente, la terre en fait, des ressources qui permettent de survivre. Il s’en suivit des innovations cruciales : la substitution de la charrue à l’araire, l’utilisation du cheval avec un attelage nouveau, Pierre Musso, dans son livre : La religion Industrielle, cite, page 311 [Editions Fayard], Francis Bacon [1561-1626] « Qu’un homme travaille à restaurer et à accroître la puissance et l’empire du genre humain lui-même sur l’univers, cette ambition-là sans doute...est plus sage et plus noble que les autres. Or l’empire de l’homme sur les choses repose tout entier sur les arts et les sciences »[Novum Organum, aphorisme 129] Voilà exprimée l’ambition de l’homme « moderne » [en Occident] agir et transformer la Nature (l’Univers pour Bacon). L’œuvre de Bacon, continue Musso, est une de celles qui ont exercé la plus grande action sur les transformations qui conduisirent de la pensée antique et de la pensée médiévale à la pensée moderne. La science (les arts) s’accomplit et valorise « la Dynamique moderne contre la Statique des Grecs. » Nous passons de la philosophie loisir ou contemplative pour laquelle être et penser c’est la même chose, à la philosophie engagée dans le monde pour laquelle penser ce n’est plus être, c’est faire. Pour Francis Bacon les inventions (il parle de la boussole, de la poudre et de l’imprimerie) à elles seules suffisent à transformer le monde. Cette nouvelle vocation de la philosophie,Transformer le Monde, sera reprise plus tard par Karl Marx, mais pas seulement, nous retrouvons aussi cette affirmation chez les philosophes anglo-saxons, dont la philosophie est qualifiée par les Européens de philosophie utilitariste. Francis Bacon veut réformer la philosophie jusque là réduite à la vie contemplative : « le but du moraliste n’est pas d’écrire des œuvres à lire dans le loisir : il est véritablement de donner des armes à la vie active et de l’équiper. » Une nouvelle vision du monde s’élabore : il s’agit de transformer le monde par la science. La Nature doit être dominée, soumise et vaincue par les techniques. Cette transformation de la vision du monde, de l’Imago Mundi, met fin à la coupure entre Nature et artifice. Chez les Antiques grecs l’art ne peut qu’imiter la Nature sans jamais en atteindre la perfection, maintenant c’est le contraire c’est la Nature qui devient le miroir de l’art (dont la science). La Nature est soumise à des lois, cette soumission fait d’elle non plus une Mère mais un objet, elle devient objet exploitable. Cette transformation de l’image de la Nature, image Mère à image objet n’est pas aussi idéaliste que ne le pense Russo (il s’appuie sur le catholicisme et les monastères). Il faut aussi qu’adviennent des événements historiques contingents. Par exemple en 798 Irène l’impératrice byzantine proposa à Charlemagne un mariage afin de reconstituer un Empire romain réunifié. Charlemagne refusa cette alliance. A l’époque l’Empire de Charlemagne ne pesait pas lourd face à celui des Abbassides et à celui de Byzance. En s’isolant il ralentit le commerce entre son Empire et les autres et il dut ne compter que sur ses forces pour tenter de trouver dans la Nature, là présente, la terre en fait, des ressources qui permettent de survivre. Il s’en suivit des innovations cruciales : la substitution de la charrue à l’araire, l’utilisation du cheval avec un attelage nouveau, la mise en place de l’assolement triennal. Un autre événement historique : les restrictions opposées par l’Empire ottoman au commerce entre l’Europe et l’Orient. Ces restrictions décidèrent les Européens à tenter d’atteindre les Indes en partant sur les mers, dans la direction de l’ouest, puisque la direction de l’est était bloquée. Là encore un événement historique contingent eut des conséquences énormes (qui dynamisa notamment la recherche scientifique vu tous les problèmes posés par cette navigation hardie). Russo néglige aussi les influences culturelles venues d’autres continents. Nous considérons qu’un autre Bacon, Roger Bacon (1212-1294) philosophe et alchimiste fut le père de la méthode scientifique européenne. C’est négliger l’influence sur Roger Bacon des travaux d’Alhazen, savant persan du XI siècle qui vécut à Bagdad sous la dynastie des Buwayides et qui fonda la démarche dite aujourd’hui « objective », base de la démarche scientifique. Certes face aux nécessités il faut encore qu’il y ait eu un « travail » mental préalable, une philosophie ou une religion en action, pour que l’être humain trouve de nouvelles réponses, mais sans la nécessité il n’ y a pas de « révélation » spirituelle même s‘il y a un substrat mental en gestation. Il faut que surgisse la nécessité, laquelle est parfois contingente. La nécessité et le hasard en quelque sorte. la mise en place de l’assolement triennal. Un autre événement historique : les restrictions opposées par l’Empire ottoman au commerce entre l’Europe et l’Orient. Ces restrictions décidèrent les Européens à tenter d’atteindre les Indes en partant sur les mers, dans la direction de l’ouest, puisque la direction de l’est était bloquée. Là encore un événement historique contingent eut des conséquences énormes (qui dynamisa notamment la recherche scientifique vu tous les problèmes posés par cette navigation hardie). Russo néglige aussi les influences culturelles venues d’autres continents. Nous considérons qu’un autre Bacon, Roger Bacon (1212-1294) philosophe et alchimiste fut le père de la méthode scientifique européenne. C’est négliger l’influence sur Roger Bacon des travaux d’Alhazen, savant persan du XI siècle qui vécut à Bagdad sous la dynastie des Buwayides et qui fonda la démarche dite aujourd’hui « objective », base de la démarche scientifique. Certes face aux nécessités il faut encore qu’il y ait eu un « travail » mental préalable, une philosophie ou une religion en action, pour que l’être humain trouve de nouvelles réponses, mais sans la nécessité il n’ y a pas de « révélation » spirituelle même s‘il y a un substrat mental en gestation. Il faut que surgisse la nécessité, laquelle est parfois contingente. La nécessité et le hasard en quelque sorte.
  4. Arkadis

    Philosophons

    Les discussions sur la conscience ou encore sur le libre arbitre, ou bien d'autres questions apparaissent stériles. Elles ne peuvent déboucher sur rien. Ce sont des discussions qui opèrent dans un espace déconnecté du réel, du vécu, de l'action, ce sont des discussions qui opèrent dans le cadre d'une philosophie contemplative ou encore, c'est pareil, dans une philosophie du loisir, du divertissement. La philosophie "loisir" est la philosophie pratiquée par nombre d'illustres philosophes, elle a donc sa fonction, probablement une fonction sociale, il faudrait alors considérer cette philosophie dans le cadre de la sociologie. Mais toute idée, dans la vie vécue, engagée, sort de la sphère contemplative, du divertissement, et finit sa route dans le réel, et dans cette réalité, les réflexions sur la conscience ou sur le libre arbitre n'ont plus cours. Nous agissons au quotidien comme si nous disposions du libre arbitre, nous rentrons en communication avec des IA par exemple aujourd'hui sans nous demander si elles ont une conscience ou pas. Nous sommes bien obligés d'ailleurs de composer avec ces nouvelles IA tout simplement parce que, dans le réel, elles commencent à prendre nos emplois, je pense aux agents IA. Lesquels agents en plus apprennent de leur propre expérience ce qui les rend inquiétants, et là, on s'en fout de savoir si ces agents sont réellement conscients ou pas, puisque de toute façon tout se passe comme s'ils l'étaient. Aux USA Altman a dû subir deux tentatives d'assassinat de jeunes, qui se foutent de connaitre les états d'âme des "vieux" sur les IA, eux se rendent compte qu'ils ne peuvent plus rentrer dans le monde du travail, alors les vieux qui aiment ou dénigrent les IA, ils n'en ont rien à faire, eux sont concernés dans leur vie vécue, réelle. Lorsque nous sommes confrontés au réel, un type qui nous agresse par exemple, ou un agent IA qui me met au chômage, je ne suis plus dans la contemplation, je me fous de savoir si l'agresseur est déterminé ou pas, je me fous de savoir si l'IA est consciente ou pas. Dès que je suis concerné et que je suis obligé de sortir de ma bulle contemplative mes idées philosophiques sont rangées dans un tiroir que je referme. Si j'ai une personne aimée dans le coma, je me fous de savoir ce qu'est la conscience ou pas, je vais interroger le chirurgien et lui demander s'il arrivera à faire que la personne aimée redevienne consciente. Et je sais que ce n'est pas en philosophant sur la conscience en soi que les chercheurs avanceront, mais ce sera en faisant des expériences sur le cerveau, en observant, en travaillant sur ces expériences pratiques, sans pourtant savoir ce qu'est vraiment la conscience. Face à l'incapacité des chercheurs conventionnels à comprendre comment une onde électromagnétique peut voyager dans l'espace vide Einstein a tranché : je me fous de savoir comment elle fait, je sais qu'elle le fait. Dehors l'éther. Le type a avancé en tranchant le nœud gordien d'un coup d'épée mental. C'est moins par son génie qu'il a avancé (les autres étaient géniaux aussi) c'est surtout grâce à son audace. Passer par dessus les conventions. Je finis par me demander s'il existe une question en philosophie contemplative (loisir) qui se pose aussi à la philosophie active. Depuis quelque temps, de plus en plus de personnes pensent à la fin de l'humanité. Cette "fin de l'humanité" a longtemps été une idée sans portée, c'est à dire une idée jamais intégrée dans la réflexion, jamais intégrée d'ailleurs dans la philo. De plus en plus de personnes impliquées dans les responsabilités les plus hautes, dans les recherches en cosmologie les plus pointues se posent la question de cette fin. Il me semble que c'est là la question la plus ardue à intégrer dans tout système de pensée. Il apparait qu'il est peut être impossible en fait de penser la fin de l'humanité. Il est possible que cette fin (de l'humanité) inspire les esprits de nos nouveaux conquérants, ceux de la tech. Ils dépensent des efforts inouïs pour ...s'en sortir. Face à la possible fin de l'humanité ils choisissent d'agir, ils refusent la contemplation, ils refusent en fait de céder, de s'incliner. Dans leur esprit il ne s'agit pas de combattre la mort, il s'agit de combattre toute fin, il s'agit d'ouvrir une route qui ne s'arrête jamais, au moins pour eux. Le contemplatif s'arrête sur l'idée de mort, l'actif se concentre sur le chemin, qu'il veut sans fin. L'actif est l'héritier de la marche éternelle des nomades, le contemplatif est l'héritier du sédentaire. Il est possible que l'actif, celui qui veut franchir toutes les limites, y compris celle de la "fin" soit piloté par "quelque chose". En fait c'est ce que je crois. Quelque chose va son chemin et utilise l'être humain pour aller son chemin.
  5. Arkadis

    Le paradoxe de Newcomb

    Il faut donc reformuler cet énoncé. Je simplifie et je me débarrasse du folklore (le devin) : soit deux boites A et B. J'ai le choix entre soit prendre la boite A soit prendre les deux boites A et B. Je connais le contenu de la boite B : 1000 euros. En revanche je ne connais pas le contenu de la boite A et ce contenu dépend de mon choix : selon que je choisisse de prendre la boite A ou l'ensemble des deux boites A et B, la boite A contiendra ou ne contiendra pas 1 million d'euros. Je ne sais bien sûr pas quel choix entraine que la boite A contienne ou ne contienne pas 1 million d'euros. Le lecteur lui sait quel choix entraine que la boite A contienne ou ne contienne pas 1 million d'euros. Il y a donc divergence entre le lecteur et l'acteur. Le paradoxe joue sur le fait que c'est une même personne qui va devoir cogiter sur le problème et donc s'embrouiller dans les rôles distincts de lecteur et de spectateur. Celui qui choisit de répondre à ce paradoxe (quel choix faire ?) n'est pas sorti de l'auberge.
  6. Arkadis

    Le paradoxe de Newcomb

    Plutôt que d'aller chercher sur l'internet un énoncé plus "scientifique" (logique) je vais continuer de critiquer cet énoncé. Les qualificatifs "première" et "deuxième" ne sont pas objectifs. Nous devons donc trouver des qualificatifs objectifs, scientifiques dira-t-on. Par exemple nous pouvons adresser les deux boites ainsi : boite A et boite B. L'énoncé devient : je rentre dans une pièce, sur une table il y a deux boites A et B. A côté de la table il y a un devin, capable de faire des prédictions exactes à 100 %. Je rentre donc et j'ai le choix entre prendre soit la boite A soit les deux boites A et B. (Exit donc a priori un troisième choix : ne rien prendre du tout, autrement dit je DOIS faire un choix, ça ajoute une condition au sujet). Avant que je rentre dans la pièce le devin a prédit le choix que je ferai et il a rempli les boites en conséquence. A ce stade qui est au courant de cette information ? Le lecteur de l'énoncé. OK. Mais celui qui rentre dans la pièce, l'autre "moi" pas le lecteur mais l'acteur, est il au courant ? Si l'acteur n'est pas au courant il n' y a plus d'énigme, l'acteur fait ce qu'il veut selon son inspiration dans l'indifférence totale de l'existence du devin. Le lecteur de l'énoncé, le spectateur en fait, constate le choix fait par l'acteur et selon ce choix se dit : il a eu du pot (l'acteur) ou : il n'a pas eu de pot. La question alors pourrait être : quelle est la probabilité que l'acteur fasse le bon choix, sachant qu'il ne sait pas que le devin est intervenu dans le remplissage des boites en fonction de sa prédiction. Cette probabilité va dépendre de la connaissance que l'acteur a ou n'a pas du contenu de la boite B. On voit que ça se complique, pourquoi ? A cause de l'imprécision de l'énoncé. Ce genre d'imprécision malheureusement abonde dans l'enseignement des mathématiques. Il arrive souvent que nous critiquions l'incompétence des élèves alors que cette incompétence est parfois, et même souvent, provoquée par le manque de précision des énoncés, ou par la possibilité dans laquelle se trouve l'élève de comprendre l'énoncé de cette manière- là ou d'une autre manière. Un énoncé doit être tel qu'il ne puisse n' y avoir qu'une seule interprétation. En plus ce sont souvent les élèves les plus doués qui s'égarent devant un énoncé qui manque de rigueur car les plus doués sont dotés d'une imagination débordante.
  7. Arkadis

    Le paradoxe de Newcomb

    Votre énoncé est incohérent. Je pense que l'énoncé véritable doit être autre que celui ci. Prendre la "première" boite ne veut rien dire, il est possible de prendre une boite A ou B ou une boite différente de l'autre, mais "première" boite... Première en rentrant à droite, en rentrant à gauche ? bref, manque de rigueur. La "deuxième" boite contient toujours 1000 euros. Information qui sert à quoi en l'occurrence ? Encore une incohérence. Enfin quel est le rapport du joueur avec le prédicteur ? Soit il connait la prédiction alors le choix est vite fait. Soit il ne connait rien de la prédiction alors il fait un choix selon son inspiration, peu importe, soit il sait quelque chose de cette prédiction, mais que sait-il alors de cette prédiction ? Il faut au moins qu'il sache de cette prédiction, qu'elle prédit que, selon qu'il choisit une ou deux boites le résultat ne sera pas le même. Non ca va pas votre énoncé, je pense qu'il vaut mieux aller sur internet voir quel est l'énoncé correct.
  8. Arkadis

    Philosophons

    Edgar Morin, décédé le 29 mai 2026, à l’âge de 104 ans, a dit ceci, lors d’un entretien réalisé par Laure Adler, le 11octobre 2023 (extraits) : « Je crois qu’il existe quelque chose de très mystérieux qui fait que le monde existe, que les étoiles existent...qui fait que moi-même j’existe. Que j’ai survécu à des hasards incroyables. Je pense qu’on est environné de mystère. Je crois au mystère sans pouvoir le nommer. Sans pouvoir dire de quoi il s’agit. Mais je le sens omniprésent, partout. Ce qui m’étonne, c’est qu’on s’étonne si peu de vivre » Il passe d’un verbe à l’autre, « je crois », « je pense », « je sens », il dessine des passerelles entre chacun de ces verbes, apparaît un autre verbe qui les synthétise, qu’il n’est pourtant pas possible de prononcer.
  9. - Grandpa j'ai cherché la conscience partout et je ne l'ai pas trouvée. - Tu as cherché dans la cave ? Va voir en bas si elle n' y est pas. - Grandpa j'ai cherché partout et je ne l'ai pas trouvée. - Peut être qu'elle n'existe pas. - Mon copain philosophe me dit qu'elle existe, parce que, si elle n'existait pas je ne pourrais pas être conscient. - Dis moi si je te demande de trouver la marche, penses-tu que tu vas la trouver ? Non, n'est ce pas ? Nous pourrions dire alors que la marche n'existe pas. Est ce que la marche existe ou est ce qu'elle n'existe pas ? As tu besoin d'elle pour pouvoir marcher ? -Elle existe et pourtant elle n'existe pas. - Ce sont les pièges du langage. Nous avons la faculté de créer des mots qui ne correspondent pas à un objet observé mais ces mots ont pourtant une fonction interne au langage. Il faut savoir distinguer les mots qui correspondent à une observation de ceux qui correspondent à une fonction interne au langage. Si je te parle de la raison tu pourrais me dire que tu n'as pas trouvé la raison, tu pourrais dire : la raison n'existe pas, mais si je te dis : la raison c'est l'action de raisonner, c'est raisonner, alors tu auras quelque chose de concret, de réel à laquelle penser. La conscience est l'un de ces mots, créés au sein du langage, la conscience ne désigne pas un acte mais ce mot désigne une qualité, c'est une façon de passer d'une qualité à un substantif dans le cadre d'une simplification du langage. La conscience c'est la qualité d'un être d'être conscient. Comme par exemple le jaune est la qualité d'un objet, d'un être d'être jaune, et pourtant le jaune, employé comme un substantif, ne désigne rien qui soit observable. Le jaune ne se balade pas, tout seul, quelque part. - Qu'est ce qu'être conscient ? -C'est la grande question. Nombreux sont ceux qui se cassent les dents sur ce qualificatif. C'est tellement obscur que beaucoup finissent par dire que la conscience soit n'existe pas soit qu'elle est inutile. Pourtant si nous n'étions pas conscients nous ne pourrions même pas parler ensemble comme nous le faisons, nous ne pourrions même pas commencer à parler de nos observations, nous ne pourrions même pas fonder une science, une philosophie, une religion, une politique puisque pour les fonder il faut au moins disposer d'un langage conscient. Nous sommes sans cesse conscients, sans cesse dès lors que nous sommes en veille, attentionnés à ce que nous faisons, alors dire que la conscience ne sert à rien c'est tout bonnement une aberration c'est dire : être conscient ça ne sert à rien, c'est dire par exemple en parlant de la vie, en tant que substantif, la vie n'existe pas et dire donc : être vivant ça ne sert à rien...
  10. J.B.S. Haldane n'est pas un nul dans le domaine de la biologie. Jacques Monod lui-même, que je ne considère pas non plus comme un nul le cite dans son livre "Le hasard et la nécessité" pour asseoir son discours. Le sujet du fil nous invite à faire une distinction entre observations brutes et la causalité, entre autres, prise par les scientifiques "techniciens" comme une observation brute. La causalité, selon eux, nous est exposée par la Nature, elle est indépendante de l'esprit humain. Concernant la théorie de l'évolution nous ne sommes pourtant plus dans le cadre strict de la physique et de la chimie, mais dans une utilisation de celles-ci pour établir des enchainements, une causalité que je trouve discutables. Les tenants de cette théorie parlent de sélection, de compétition universelle, de performance, comme si ces concepts étaient des données objectives. Alors que ce sont des constructions idéologiques à l'intérieur desquelles le raisonnement et sa causalité vont se déployer. Quand Lynn Margulis introduit l'idée non plus de compétition mais de symbiose entre micro-organismes pour expliquer la présence et la fonction des mitochondries au sein de la cellule elle est aussitôt attaquée, ridiculisée par les mandarins de la théorie brute de l'évolution qui sont d'ailleurs tous des mâles. Elle est renvoyée à sa féminité qui, pour les mâles dominants, introduit une notion "affective "qui les fait gondoler de rires. L'affectivité, la sensibilité, la solidarité suggérée par Margulis sont pour eux sont des qualités secondaires de l'esprit humain, ce n'est pas sérieux, en tout cas JAMAIS l'affectivité, la sensibilité ou la solidarité pourraient avoir RAISON contre la raison scientifique. Il n' y a pour eux que de raison...scientifique. La science est un medium froid dirait Mac Luhan. A propos des classifications du vivant il est intéressant d'écouter la vidéo sur YouTube d'une conférence donnée par Jean Jacques Hublin : "spéciation et extinction chez les Hominines" qui estime que le concept par exemple d'espèce semble se tenir d'une manière objective mais que les autres classifications sont peut être arbitraires et concèdent aux nécessités de fonctionnement de notre raison humaine. La raison humaine n'est plus alors conçue comme un mécanisme de connaissance objective mais comme une faculté déterminée par notre humanité, déterminé par des intentions. Bien sûr les "techniciens" vont nous dire que les conditions d'exercice de notre raison ont ceci de merveilleux qu'elles nous permettent de nous saisir du réel , de le transformer à notre profit ( ce qui justifie la science). C'est vrai. Mais la transformation efficace du réel, à notre profit, suppose tout de même que nous ayons une idée de ce que peut bien être "notre profit", et de faire de "notre profit" un absolu, pourtant discutable à mon sens. La contestation introduite par Dattier déplait aux "techniciens" mais plait aux chercheurs. Les chercheurs ont besoin de s'autoriser tous les imaginaires possibles pour trouver, alors qu'au contraire les techniciens doivent élaguer tout imaginaire qui pourrait affecter leur efficacité. Les jeunes chercheurs tentent de trouver en quoi Einstein se trompe (ouh les iconoclastes !) mais les jeunes ingénieurs appliquent le plus strictement possible les savoirs que leurs employeurs leur demandent d'utiliser, ce qui fait d'ailleurs que les techniciens vont être progressivement remplacés par des IA, certaines d'entre elles déjà codent mieux que nos programmeurs. La contestation introduite par Dattier nous renvoie à de vieux débats, notamment entre empiristes et rationalistes. Quand Hume estime que la causalité n'est pas autre chose qu'une systématisation des observations brutes récurrentes il alerte Kant qui pense que suivre Hume ôte tout fondement à la science : il n'y a plus de science possible. Kant va phosphorer et produire sa monumentale CRP. Dattier donne du souffle quand il réhabilite Hume. C'est certes malvenu dans le monde des "techniciens" mais c'est bienvenu dans le monde des chercheurs, des créateurs qui ont besoin de s'autoriser à tout casser pour trouver.
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