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deja-utilise

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  1. Comment expliquer quelque chose à quelqu'un·e quand manifestement cela ne fait pas tilt, sans le·a blesser ? Mission délicate que je ne pense pas pouvoir mener correctement, mais on ne peut pas laisser passer autant de niaiseries s'imprimer sans broncher, d'autant qu'on les a sous les yeux. Après avoir essayé le raisonnement, les explications et même la monstration de ses erreurs, la personne ne tire aucune leçon, ne change rien, n'arrive pas à se remettre en cause le moins du monde ? Pire, elle pense qu'elle a une longueur d'avance, ne voit pas ses innombrables lacunes et ne parvient pas à percevoir les compétences des gens qu'elle critique ! Ironie de la situation, elle manifeste elle-même ce qu'elle croit trouver chez autrui, qu'elle fustige pourtant ! À défaut de pouvoir montrer la myriade d'erreurs commises, on pourra s'intéresser à quelques unes, qui illustrent à merveille ce qui avait été soulevé par épixès et moi durant nos échanges, cette personne sera donc le cobaye involontaire qui exemplifie assez bien tout ce qu'il ne faut pas faire ou presque, et que nous avions décrié: • Inconsistance: S'être plaint publiquement que les forumeurs étaient dans la critique facile, dans la démolition et non le partage ( et peut-être dans l'argumentum ad hominem ), alors que ce même personnage n'apporte aucune remarque constructive ici et ne fait que détruire les idées avancées et celui qui les porte de surcroit, et plus encore, extrapole outrageusement ce qui n'a pas été dit/soutenu/avancé et claironne/fanfaronne les désagréments qui s'ensuivraient si tel avait été le cas => • Affabulation • Rhétorique: Sous l'apparence d'un récit bien présenté, d'une histoire bien menée, simple à comprendre, et même simpliste, ladite personne veut nous faire croire, qu'elle a découvert quelque chose ou qu'elle détient une explication sur ce qui se joue dans la conversation, pourtant ni l'un, ni l'autre ne s'est produit dans son propos. C'est comme si nous étions en train de discuter de chaussures, et d'expliciter les avantages de certaines, et que débarquant dans le fil de discussions, elle se trouvait effarée que nous ne parlions pas des autres vêtements, spéculant abusivement que donc nous serions nus et ne portions que nos godasses en tout temps. Une présentation sophistique pour sûr, si ce n'est qu'il était question de rationalité en lieu et place de godillots ( et le listing supra, pour les autres habits métaphoriques, non discutés/exhibés, mais bien présents ). • Victime de l'effet Dunning-Kruger: Manifestement allergique aux sciences cognitives, à la psychologie ou à la socio-psychologie, elle juge sans vraiment savoir de quoi il retourne, comme si il existait une autre instance de la psyché capable de conduire sa raison autrement qu'en insistant sur la rationalité et les différents biais et autres chausse-trapes de notre intellect, comme si il y avait une méthode facile ou un moyen simple et surtout meilleur que la rationalité. Qu'elle saurait mieux en sachant moins ! • Victime aussi de l'illusion de la connaissance: Croyant pouvoir remédier d'un revers de main, sous prétexte que l'on croit savoir quelque chose que les autres semblent ignorer, à la bêtise humaine, alors même qu'elle est en train de l'exhiber magistralement de par son ignorance crasse. De croire que l'on peut tourner le dos à la raison, et que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes, que de s'en référer à on-ne-sait-pas-quoi serait plus pertinent ou d'utiliser on-ne-sait-quelle heuristique prométhéenne surpasserait la rationalité. • Incohérence ou contradiction: Ricaner d'un soit-disant cartésianisme supposé chez des intervenants, où Descartes voyait la conscience dans la glande pinéale, et en même temps soutenir soi-même un autre mythe, tout aussi loufoque, que la rationalité se trouverait dans l'hémisphère gauche, c'est assez cocasse je trouve. ( Taper dans son moteur de recherche préféré: mythe cerveau gauche droite, ou " révéler le contenu masqué " ci-dessous ) • Point aveugle des biais: Il est patent ici que même avec des explications/conseils fournis antérieurement, des erreurs grossières commises et mises sous le nez du forumeur en question, iel n'a pas su évoluer pour se corriger, iel ne voit toujours pas ses propres failles et faiblesses cognitives, mais se délecte de ce que sa croyance perceptive lui subsume incognito, flatté·e par son propre orgueil d'être la voie à suivre, alors même qu'elle suit les réactions moutonnières de la plèbe sous couvert d'une aisance verbale falsificatrice, une pensée embourbée jusqu'au cou dans l'omniprésence de la post-vérité, du bullshit ou du pipi-d'chat, esclave ignorant sa condition d'être enchainé et s'illusionnant d'une liberté qui lui fait grandement défaut, un mirage persistant et permanent, incapable d'imaginer qu'il puisse en être autrement, sûr·e de soi, pensant sans doute à tort que la culture du doute est pour les faibles... La remise en cause, l'auto-critique sont bien au contraire, une force d'esprit que peu de gens manifestent, sûrs qu'ils sont d'eux-mêmes majoritairement; certitude pourtant ô combien révélatrice d'une bêtise perpétuellement renouvelée, fière d'elle-même. • Auto-mystification: il n'y a pas pire bonimenteur que celui qui croit à ses propres mensonges. Croire et se persuader d'avoir un " truc " précieux qui nous guide, est le premier pas vers la résolution de la dissonance cognitive et d'étouffer définitivement toute manifestation désagréable d'être peut-être, sans doute, pratiquement et même certainement dans l'erreur. Mais on préfère se voir comme le héro de sa propre existence, au moins psychiquement si cela ne peut pas être accompli pratiquement, en jouant un jeu de rôle dans le grand théâtre de la vie, en se donnant ostensiblement un/le beau rôle, quitte à se mentir à soi-même du matin au soir. Se voir donc comme un chevalier blanc qui pourfend la fausseté forumique, alors que l'on n'y pige a posteriori " que dalle ", incompétent pour discerner le bon grain de l'ivraie, c'est fort, très fort, malheureusement ça ne berne que les personnes de sa trempe ou inférieure, et le plafond de verre dont j'avais parlé, empêche le·a principal·e intéressé·e de se rendre compte du ridicule de sa situation burlesque, pour ne pas dire la vacuité de l'entreprise, à laquelle iel s'accroche contre vents et marées. • Rationalisation: Partir d'un préjugé ou de toute idée arrêtée ou encore d'une croyance quelconque et se trouver ensuite des justifications par la raison, des liens, des connexions, des arguments pour donner une impression de validation aux conclusions, pourtant à l'origine du cheminement intellectif ! • Réactance dévaluative: Rabaisser l'interlocuteur ou la personne visée via ses propos, sous le seul prétexte non avoué que l'on n'est pas d'accord avec l'individu, ou plus vraisemblablement, parce qu'on ne l'apprécie pas pour une raison ou une autre cachée/dissimulée/inconsciente, c'est un effet de halo négatif en somme. On rejette en bloc sans véritablement chercher chez soi à comprendre, à apprendre, à découvrir, à rectifier, à corriger, à remplacer, etc... ce que l'autre raconte, " parce qu'on ne peut pas l'encadrer " tout bonnement. • La perversité de l'endogroupe: Les Français par-ci, les occidentaux par-là, les eux et les nous donc: début de la discrimination et de l'engourdissement puis de la polarisation de la pensée, devenue aveugle et radicale. • Pseudo-sientificité: Un peu de " neuro-porno " (C.f.: Le gorille invisible ) à la mode, pour chercher à manipuler et non convaincre son auditoire, se revendiquer de la science pour asseoir ses convictions, en l'occurrence les neurosciences. Fort malheureusement des trublions - ou handicapés du ciboulot - comme ça, y' en a à la pelle ! Et contre toute attente, ça n'empêche pas le monde de tourner - mais à quel prix ! Quand il n'y a presque que des fous sur Terre, la folie devient la norme et donc la normalité, et conséquemment ceux qui ont la tête sur les épaules passent à leurs yeux pour des(?)... (au choix)
  2. @Annalevine https://www.babelio.com/livres/Damasio-Lerreur-de-Descartes--La-raison-des-emotions/38598 https://www.babelio.com/livres/Gopnik-Comment-pensent-les-bebes-/716749 https://www.babelio.com/livres/Gourion-Eloge-des-intelligences-atypiques/1078860 https://www.babelio.com/livres/Gardner-Les-formes-de-lintelligence/155980 https://www.babelio.com/livres/Gardner-Lintelligence-et-lecole/362743 https://www.babelio.com/livres/Rich-Harris-Pourquoi-nos-enfants-deviennent-ce-quils-sont/387270 https://www.babelio.com/livres/CHATER-Et-si-le-cerveau-etait-bete/1114826 https://www.babelio.com/livres/Marmion-Psychologie-de-la-connerie/1061675 https://www.babelio.com/livres/Waal-Sommes-nous-trop-betes-pour-comprendre-lintellige/885142 https://www.babelio.com/livres/Collins-Tout-ce-que-vous-devriez-savoir-sur-la-science/227665 https://www.babelio.com/livres/Cipolla-Les-lois-fondamentales-de-la-stupidite-humaine/367752 https://www.amazon.fr/Lost-Maths-Comment-beauté-physique-ebook/dp/B07RMGYSWF/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&dchild=1&keywords=lost+in+math&qid=1590346497&sr=8-1 https://www.amazon.fr/Intuition-intuitionisme-Jean-Largeault/dp/2711611558/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&dchild=1&keywords=intuition+intuitionisme&qid=1590346403&s=english-books&sr=8-1 https://www.amazon.fr/critique-raisonné-philosophes-contemporains-doctrines/dp/2251390308/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&dchild=1&keywords=examen+critique+raisonne+philosophes&qid=1590346105&sr=8-1 https://www.amazon.fr/Connaissance-lErreur-Ernst-Mach/dp/0270335781/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&dchild=1&keywords=la+connaissance+et+l'erreur+mach&qid=1590346580&sr=8-1 https://www.babelio.com/livres/Popper-Conjectures-et-refutations/183859 https://www.amazon.fr/Mindfulness-Ellen-J-Langer/dp/0201523418 https://www.babelio.com/livres/Feyerabend-Contre-la-methode/18992 https://www.babelio.com/livres/Bohler-Le-Bug-humain/1123843 https://www.babelio.com/livres/Szasz-The-Myth-of-Mental-Illness/958495 https://www.amazon.fr/Animal-Rights-Human-Wrongs-Introduction/dp/0742533530/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&dchild=1&keywords=animal+rights+human+wrongs&qid=1590346758&sr=8-1 https://www.babelio.com/livres/Terestchenko-Un-si-fragile-vernis-dhumanite--Banalite-du-mal-/91357
  3. Avant-goût: https://www.scienceshumaines.com/la-philosophie-comme-maniere-de-vivre-pierre-hadot-2001_fr_24715.html La suite pour les acheteurs de la revue spéciale ou seulement du dossier des " 20 idées clash " ou encore du seul article sur P. Hadot.
  4. Je ne suis pas sûr de bien comprendre cette partie, j'ai le sentiment qu'il y a une contradiction entre le premier paragraphe et le deuxième, car les deux invoquent la relativité mais semblent conclure à quelque chose d'opposé !? Pour dire autrement, le principal défi de la relativité restreinte c'est la synchronisation des horloges à distance, et à cela se rajoute la vitesse à la fois finie de la lumière mais aussi, l'idée contre-intuitive que la célérité est toujours la même dans tous les référentiels, conduisant à la contraction des longueurs et à la dilatation du temps. Si les équations sont symétriques par rapport au temps, cela ne signifie pas que l'on peut inverser la flèche de l'écoulement du temps dans le monde physique comme bon nous semble, il y a là une séparation entre la représentation du monde réel par des outils mathématiques, dans lesquels les équations ont leurs propriétés propres, et les phénomènes naturels dont ils sont issus. En fait je ne pense pas qu'il en aille ainsi, je pense plutôt que c'est une illusion produite par une éthique plus ou moins développée, comme en couches d'oignon, l'éthique la plus basique centrée sur soi-même par rapport à ses caractéristiques propres ( e.g. homme blanc européen ), laisse peu à peu la place à une éthique toujours plus englobante et inclusive ( e.g. citoyen du monde ). Au départ, notre morale sera " atomiste " moi versus le-reste-du-monde, puis communautaire, nous versus eux, puis enfin en dernier ressort " universelle ", nous tous ( animaux humains et non-humains ). L'apparente contradiction vient d'une restriction à un stade intermédiaire plus ou moins archaïque comparativement à sa forme la plus achevée. Par exemple la misogynie d'aujourd'hui - dans notre culture - est révoltante alors qu'elle était communément admise dans un passé par si lointain, sous domination masculine. À l'instar des prédictions savantes, elles ne cessent de s'améliorer en précision avec le temps et le développement des sociétés scientifiques de pointe, les plus anciennes passent pour des approximations plus ou moins grossières des dernières en date, même si l'esprit est toujours le même: prédire, mais de notre point de vue actuel, elles nous paraissent à présent insuffisantes, insatisfaisantes, ridicules, voire farfelues parfois, alors qu'elles cherchaient maladroitement la même chose que nous in fine. Il nous faut manifestement du temps pour sortir de nos innombrables erreurs, nous n'avons jamais été dans le positivisme, mais dans le dé-négativisme si je puis dire, nous nous éloignions bon an mal an de l'erreur et/ou de l'ignorance. C'est vrai, je le vois également. Pourtant ce n'est pas l'idée de détenir la vérité ou le " bon " côté qui nous importe, car effectivement au nom d'un idéal on peut succomber à toutes sortes de maux, contraire parfois à l'idée sous-jacente, mais pas aux objectifs visés par ce truchement. Il y a à distinguer le moyen employé du but, comme je l'avais déjà souligné, mais aussi notre capacité à envisager les choses sous un angle qui n'est ni egocentré, ni endogroupocentré, ni anthropocentré, ou tutti quanti, il nous faut embrasser la réciprocité, ce qui est une gageure en général, que de déporter son point de référence, le nôtre, avec son cortège de valeurs aliénantes, vers autrui. Tous les exemples que tu cites, ainsi que tous ceux laissés en suspend, ont en commun de ne servir que son auteur et ses associés, pas les autres personnes ou êtres engagés dans le mouvement. Une fois que l'on est capable d'envisager d'intervertir le eux et le nous, et de vivre/sentir les conséquences et implications de nos " choix ", alors la justice saute aux yeux ! Ce qui est valable pour l'un doit l'être pour tout autre, si ce n'est pas le cas, c'est donc une injustice ! ( Injustice ) en général sciemment perpétrée. Si l'esclavagiste avait sérieusement envisagé d'être à la place de l'esclave, il aurait été le premier à promouvoir l'abolition, il préfère s'accommoder avec la réalité pour qu'elle colle à ses croyances et ainsi résoudre sa dissonance cognitive, se mentir à soi-même est la solution de facilité et n'empêche aucunement de vivre sa vie, il semble être aisé de s'arranger avec sa conscience quand on a de multiples intérêts/raisons à continuer ainsi. Bien sûr, c'est pourquoi, je dis qu'il faut défendre la Vérité coûte que coûte et traquer dans ses moindres recoins nos incohérences et nos inconsistances, sauf que les gens ne cherchent pas une telle rationalité aussi pure, ils s'en réfèrent à leurs affects et ce qui les arrangent eux le plus. Dans le livre " Toute la vérité ou presque sur la malhonnêteté " ( de Dan Ariely ), on y apprend qu'une personne qui a mis le doigt dans les engrenages de s'autoriser une entorse à la morale, a une fâcheuse tendance à poursuivre et aggraver cette première tendance, à se dédouaner davantage par la suite. Un des remèdes étant de ne pas commencer ! Cela demande donc une force d'esprit et de caractère hors du commun, ou une motivation supérieure au trouble qui guette, comme cette obsession pour le Juste ( vérité et justice ) mis au dessus de tout, en haut de nos priorités. On n'oubliera pas que cette quête n'inclut pas que notre petite personne, mais tout être sensible qui a des intérêts en propre dans l'histoire. Le plus dur n'est pas d'atteindre certains buts intéressés fixés d'avance, mais d'inclure ceux qui ne nous rapportent rien et pourtant dignes d'intérêts pour les autres parties prenantes laissé-pour-compte, de sortir de notre cécité en somme. Même quand on a toutes les informations pour bien agir, les leviers en place continuent de faire leur office, démontrant que ce n'est pas tant la complexité du monde qui nous entrave, mais nos propres défaillances psychiques ou constitutives. Il n'est pas toujours nécessaire de connaitre le détail d'un système complexe pour savoir son utilité ou plutôt son bon usage, tout comme personne ne connait vraiment comment fonctionne précisément un ordinateur, cela ne nous empêche aucunement d'en faire un bon ou mauvais emploi ! Tout à fait, et c'est il semble ce que je soulève, de pointer du doigt nos motivations souterraines à l'action, qui sont bonnes pour nous - de l'un à l'humanité entière - a priori, mais pas forcément louables sous tout rapport. Les progrès moraux consistent à mon sens, justement dans l'élucidation de nos travers dont nous étions aveugles ou permissifs. Ce n'est pas parce que 99% de la population est dans l'erreur, que tout le monde l'est stricto sensu, d'aucuns sont plus lucides/compétents que d'autres, ce qui ne veut pas dire qu'une telle personne l'est en toute chose non plus, mais certainement sur un point d'expertise plus ou moins précis. Sinon, on ne pourrait d'ailleurs pas expliquer le progrès de l'humanité, si nous étions tous aussi bêtes les uns que les autres, nous en serions encore à tailler au mieux des silex. Oui je comprends le problème sous-jacent, cela dépend en partie de ce que l'on entend par vérité, si c'est celle mathématique, on risque de ne la trouver nulle part qu'en cette science. Si on l'entend comme je le fais, ce qui est en rapport aux faits vus ou rapportés vis-à-vis de la réalité, alors on peut décider si oui ou non, nous en sommes proches ou loin; savoir si l'holocauste juif a eu lieu et dans les circonstances consensuels historiques peut obtenir une réponse, savoir si les animaux sont intelligents et ressentent des émotions, une fois débarrassés de préjugés, peut aussi permettre une réponse juste - ou plus juste que celle admise, etc... La difficulté à chaque fois ne se trouve pas dans l'objet de notre étude, mais dans notre " œil " et notre vision du monde caléidoscopique, filtrée par nos intérêts, nos attentes, nos croyances, nos idéologies, etc... Un fois que l'on arrive à démolir une de ces entraves, on a fait une progression sur le chemin de la vérité, et toute l'histoire des sciences est une telle suite de rectifications, sur base d'hypothèses plus ou moins volontaires et conscientes ! Je ne parle pas de vérités métaphysiques, au contraire, mon rapport y est très pragmatique ou empiriste. Certes le phénomène de rationalisation - entendu en sciences humaines - est un véritable poison, mais tout réduire à de simples décharges hormonales, biochimiques ou électriques, ne nous apportent aucune lumière, hormis de tout renvoyer dans un scepticisme radical délétère de mon aveu. Les sentiments que j'ai pour ma progéniture reposent sur des phénomènes entièrement naturels, on peut les décortiquer autant que l'on voudra, cela n'enlèvera en rien la force du ressenti subjectif qui s'impose à mon être. Ces affects vont effectivement orienter mes choix de vie, ils vont avoir un poids prépondérant à certains moments, tout comme j'aurais parfois un appétit colossal pour certains besoins, cela fait partie de la vie, c'est un donné de l'existence, je ne pense pas qu'il y ait besoin de savoir le pourquoi-du-comment, juste de le vivre est amplement suffisant pour notre existence, comme pour toutes les autres existences des autres animaux sentients manifestement. Défendre sa progéniture est une pulsion pour nombre d'organismes vivants, le défenseur qui s'acquitte de cette tâche agit donc pour le bien de sa descendance, si il en va autrement ce sera pour son mal, de même pour le rejeton, est bon ce qui permet d'exploiter son potentiel d'être vivant, est mauvais ce qui le contrarie. Munis de telles définitions, il est assez facile ensuite de reconnaitre le Bien du Mal, le Bon du Mauvais, valable pour d'autres que soi, même si je devais être le seul être conscient de cette planète pour émettre un tel jugement ! Oui, je suis d'accord, nous avons là le même type de difficulté que de juger un acte uniquement de par ses conséquences et/ou de par l'intentionnalité initiale. Quand il n'y a pas de conflit d'intérêts, on a plus de chance de tendre vers quelque chose de plus juste, mais malheureusement comme: chaque Homme étant la mesure de toute chose, pour paraphraser librement Parménide, nous sommes à la fois juge et partie prenante, ce qui complique drastiquement notre distinction de ce qui est bien tout court de ce qui est bon - pour nous. C'est pourquoi je préconise de changer notre point d'attaque de la situation, en se plaçant au moins par la pensée à la place du jugé, et si nous sommes pourvus d'une probité indéfectible, alors nous devrons reconnaitre de quoi il en retourne nécessairement: accepterions-nous - pour nous-même donc - toute la vie contrainte du jugé/dominé sous les conditions imposées et relatives du jugeur/dominant que nous étions l'instant d'avant ? C'est le problème finalement soulevé par Pascal, avec son Univers entièrement déterminé par un être qui serait omniscient à un instant T et qui connaitrait toutes les lois de la Nature, il connaitrait l'avenir à coup sûr. Sauf que en dehors des phénomènes chaotiques, il y a ce petit quelque chose, qui fait qu'un être vivant conscient a la faculté de défier le cours des évènements, et donc rompre le déterminisme, au moins parce qu'il peut refuser de faire ce qu'il est censé faire ou " prédestiné " ou programmé à faire ! Relançant de la sorte les dés du hasard, et par ricochet ou l'effet papillon déjouer tout pronostic...
  5. C'est tout bonnement excellent ! ( ce qui est rare dans ma " bouche ", je dois le souligner ) Sur cela nous sommes tout à fait d'accord, en fait je ne parlais pas de la même chose, bien plutôt de la recherche du divertissement de l'esprit en lieu et place de tourner l'attention ou la cognition vers elle-même. Puisque l'humain a une sainte horreur du vide comme la nature: l'ennui, la solitude et l'inconnu, son cerveau va être mis à contribution pour l'occuper, sur des choses qui le distraient, qui le divertissent, etc... y compris donc d'engager des automatismes et autres routines rassérénantes comme tu le soulignes, pourvu que cela vienne interrompre un des trois " fléaux " sus-cités. Oui, d'ailleurs d'une manière générale, toute différence - perçue comme telle - est sujette à une telle dérive potentielle, et je ne te cache pas que cela me navre terriblement. Le langage lui-même est un exemple de ce que tu dis, il est en soi un repère commun, permettant de communiquer en théorie, sauf que les mots, les idées ou les concepts ont certaines valeurs pour certains et plus ou moins différentes, convergentes ou divergentes pour d'autres, même si pris globalement sur un échantillon statistique conséquent, on lisse la " courbe ", oblitérant quelque peu toutes ces petites aspérités, pourtant tangibles entre deux individus parfois. Dans le mesure où on ne parlait pas vraiment de la même chose, il n'y a pas conflit de points de vue, mais complémentation. Sur ce que tu énonces, je n'ai rien à rajouter puisque j'en suis moi-même convaincu et parfaitement conscient, d'où mon grand désarroi existentiel quasi-permanent. Oui, et encore on ne sait certainement pas tout de l'ampleur du phénomène, sans arrière pensée complotiste, mais uniquement dans une perspective psychologique et de faiblesse humaine. Je ne peux que t'emboiter le pas, mon cher épixès. Le monde est mal fichu, ceux qui " réussissent " ne sont pas nécessairement les plus méritants, il en va de même pour la célébrité, comme par exemple en tant que comédien ou chanteur. Comme le dit Daniel Kahneman, le facteur chance est en général très sous-estimé, victimes que nous sommes du biais d'attribution, et une plus grande réussite vient tout simplement d'une chance supérieure dans le projet, tout simplement, et non d'un talent forcément proportionnel. Mais j'ai peur que même une meilleure formation ne les préservent pas d'avoir l'esprit mal tourné ! Nous savons bien que plus d'intelligence ne garantit pas d'être plus rationnel, et bien, il est du même acabit je pense que d'instruire davantage ne tendra pas ipso facto vers une plus grande maturité ou un plus grand discernement, tout bonnement parce que l'esprit a ses propres limites, et surtout certains intérêts souterrains qui orientent les choix, cela signifie qu'une formation mieux conçue permettra surtout de mieux obtenir/atteindre leur désidérata, mais ne changera pas la racine du mal ! Il ne faut pas sous-estimer la réactance psychologique je pense, un puissant levier au non-changement, sans parler des autres filtres ou biais comme celui de confirmation, dont même les scientifiques aguerris ne sont pas exempts. ( J'ai commencé Le gorille invisible, je suis persuadé qu'il pourrait te seoir ) C'est aussi ce que j'ai sans doute maladroitement formulé, oui. D'où souvent mes supplications qu'en premier, il doit il y avoir une droiture d'esprit, une quête obsessionnelle vers la vérité et ce qui est juste, ce sont ces boussoles qui seules peuvent nous permettre de rester sur le droit chemin, peu importe le point de départ, la vitesse à laquelle on avance, nos faiblesses en poche au commencement, etc... Car si nous ne savons pas vraiment d'où nous venons, ni où nous allons, au moins, nous saurons que la voie que nous empruntons est en elle-même satisfaisante, il serait assez curieux de finir par faire mal en faisant bien continument ! Ce que tu décris me semble relever surtout des sociétés dites occidentales, et pourtant, les autres sociétés qui fonctionnent sur un autre mode, ne semblent pas faire beaucoup mieux, ce qui laisse à penser que l'individualisme n'est pas le cœur de notre problème. Je dirais sans y avoir songé sans doute suffisamment encore, que ce qui manque c'est aussi une concertation mondialement collective, tant qu'il y aura des identités claniques ou sociétales, et donc des eux et des nous, il y aura rivalités, au moins commerciales, ce qui aura nécessairement un impact, puisque c'est une course en avant effrénée sans fin, comme de courir après son ombre, l'accélération du mouvement n'apporte concrètement aucune solution. Il manque une vision d'ensemble et un engagement massivement collectif de la part de tous les êtres humains de la planète, qui se sentiraient fraternels et donc à même de s'engager dans un projet commun et salutaire. Mais cela présuppose que les gens puissent sursoir sur leurs affects en se référant à la logique ou à la raison, ce que la bêtise humaine universelle sans frontière ne permet pas... Rien n'est moins sûr ! À force d'observer en tous sens les neurotypiques, je peux appeler ça " l'éthologie humaine " - qui existe en tant que science, bien que je ne m'y sois pas encore penché - j'ai fini par me rendre compte, que ce qui coule de source est ce qui est normal, dans le sens de partagé par le plus grand nombre, et c'est donc une bonne chose pour ceux qui en font partie, vu sous cet angle. Autrement dit, ce qui est bien n'est autre ce qui ne choque pas la grande majorité, c'est aussi " bête " que ça. Et si en plus, cette tendance est partagée par d'autres animaux sociaux, alors cela devient une caractéristique " universelle ", je peux citer l'aversion pour l'injustice par exemple, en tant que phénomène pris sémantiquement, il va de soi que ce qui est injuste ici ou là, aujourd'hui ou hier, pour tel être vivant ou tel autre peut avoir changé ou être différent dans son application effective, mais pas dans sa signification ontologique d'infraction à ce qui censé être juste ou équitable. Ce n'est pas tant l'acte lui-même donc, transposable ou non dans une autre situation plus ou moins similaire, mais bien " l'essence " qui donne vie à l'acte, par exemple la colère, elle dépend du contexte et d'autres facteurs, comme l'humeur, les antécédents de la journée, etc, et une autre situation semblable pourrait ne pas déclencher à nouveau la même réactions furieuse du premier cas. Peu importe la contingence particulière de l'expression de cette colère, la colère elle-même est une donnée qui peut se reproduire, ailleurs, chez quelqu'un d'autre, à un autre moment, etc... Certes la colère peut être utile ou nuisible, selon les circonstances et d'autres considérations, le meurtre aussi si l'on veut, on peut tuer pour obtenir quelque chose, ou tuer pour punir sous couvert de Justice, presque rien n'est parfaitement défini une bonne fois pour toute, cela dépend d'une foultitude de paramètres. Mais les notions d'interdit ou d'autorisé sont concomitantes à chaque fois, ce qui est interdit est Mal, ce qui est autorisé n'est pas mal, et peut même être Bien. Chez les animaux sociaux - d'un même clan - l'entraide ou la coopération est une bonne chose, prendre le bien d'autrui est une mauvaise chose, ces tendances seront renforcées pendant le développement du petit, sauf avarie, il y a donc des normes qui sont présentes, mais qui peuvent aussi apparaitre spontanément de nulle part si une collection d'individus venait à se former de but en blanc, comme par exemple réunir des chimpanzés pris dans différents zoos et qui ne se connaissent pas ou regarder les réactions spontanées du petit d'homme. Ça c'est l'utilitarisme. Est considéré bien ce qui optimise le but ou permet de l'atteindre. Mais cela ne nous dit rien sur le but lui-même ! Nous avons assez d'exemples historiques abominables pour en connaitre les limites. Et bien je pense sans pouvoir l'affirmer haut et fort, qu'avec l'aide de la raison, des sciences, de la connaissance de notre constitution biologique et psychologique comme affective, d'une certaine sensibilité, d'une humilité, avec de la patience et un peu de temps, bref avec une vision polymathique, on peut dans une certaine mesure déterminer ce qui est mal, et donc par voie de conséquence, ce que nous devons déjà éviter. Par exemple trivial, puisque nous sommes entièrement dépendants de notre milieu de vie terrestre, même si on l'oublie un peu trop facilement et ce à tout point de vue, y compris micro-biologique comme le microbiote de nos intestins dédaignés, il nous faut alors a minima préserver tout ce qui permet notre survie, et même une vie valant la peine d'être vécue, ce qui implique même égoïstement à prendre soin d'innombrables choses de notre environnement proche comme lointain, quand bien même les échelles de temps et d'espace en jeu nous sont difficilement intuitives. Ensuite, on peut aussi chercher à être cohérent entre nos paroles, nos pensées et nos actions ou non-actions, nous devons donc arrêter de nous conduire avec inconsistance, c'est hérétique, voire schizophrénique, en général cette dernière est perçue péjorativement, et pourtant c'est exactement ce que nous faisons. En clair, il n'y a pas trente-six façons de faire les choses correctement, mais mille et une autres de faire n'importe quoi, il s'ensuit donc, que ce que nous devons faire du moins en théorie, est somme toute assez accessible à l'esprit, mais ce n'est pas trop là que le bât blesse, l'ego humain est une incroyable entrave à sa réalisation concrète ou effective pour bonne part. Savoir ce que nous devons faire, beaucoup de gens le savent au fond d'eux-mêmes, mais quelque chose de pulsionnel les empêche de le faire, de passer à l'action ( C.f. Pourquoi les gens intelligents prennent-ils aussi des décisions stupides, de Y. A. Thalmann, ou Le bug humain, de S. Bohler par exemples ). Permets-moi de t'inviter à lire: Un si fragile verni d'humanité, banalisation du mal, banalisation du bien, de M. Terestchenko, tu pourras ensuite te faire une meilleure idée de la question. Il y a en ce moment effectivement beaucoup d'agitation sur l'I.A. et les " décisions " qu'elle devra prendre dans telle ou telle situation délicate à anticiper/statuer à l'avance. Je ne connais pas " l'univers bloc " ? La valeur, pour qui ? Nous en tant qu'humains(?) ou pour la machine(?), qui jusqu'à présent aucune n'a été consciente de quoi que ce soit, la valeur ne peut être le fruit que d'une conscience, car il faut soupeser ou opposer pour déterminer si elle est d'un côté ou d'un autre, que l'on conçoit comme bon ou mauvais, bien ou mal.
  6. Bonjour épixès, tu feras comme tu voudras pour le Topic sur maïeutique, c'est-à-dire de continuer ou pas, j'en profite pour te transmettre ce lien, qui je suppose, te fera sourire ou titillera ta curiosité et non peur ou suscitant une révulsion comme à la plupart des gens: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/16/The_Cognitive_Bias_Codex_(French)_-_John_Manoogian_III_(jm3).svg

    Bien à toi, D-U

    P.S.: Il me semble bien, sauf erreur de ma part, que nous nous étions tutoyés peu après nos présentations d'il y a environ deux ans.

      aa
  7. J'en suis fort aise. Certes non sommes toujours sollicités de toutes parts, peut-être plus aujourd'hui qu'avant d'ailleurs, avec le matraquage informationnel omniprésent. Il me semble aussi que c'est une sorte de choix que de sombrer dans cet accaparement de l'esprit, ce qui rejoint les peurs viscérales humaines, que je compte au nombre de trois: l'ennui, la solitude et l'inconnu. N'importe quel être humain va tout mettre en œuvre pour éviter l'un ou l'ensemble de ces points, quitte à faire de mauvais choix, au du moins peu rationnels de prime abord, comme cette expérience sur des " cobayes " où des individus devaient attendre sur une chaise assis obligatoirement dans une pièce vide sans aucun objet hormis une machine avec laquelle ils pouvaient s'administrer des chocs électriques, et bien une part importante des individus s'est auto-administrés au moins un choc électrique dans cette attente sans but défini, les hommes l'ont fait à plus de 90% au moins une fois et les deux tiers plusieurs fois, si je me souviens bien. L'ennui était si insupportable qu'ils ont préféré faire quelque chose, même de stupide, plutôt que rien ! ( Et ce pour quelques dizaines de minutes tout au plus d'attente ). Nous sommes tout bonnement incapables de maitriser nos pulsions les plus profondes de nos êtres biologiques, submergés que nous sommes par nos affects quels qu'ils soient. Je vois donc mes congénères comme des automates biologiques, bien plus que comme des êtres doués de raison, ou alors de manière purement utilitariste, ce qui n'arrange rien à l'affaire, à part de démultiplier les effets. Oui je comprends l'idée, malheureusement les choses ne se présentent pas de manière aussi " sage ", en effet, il a été montré que même lorsque l'on prend conscience de nos travers, nous continuons à en être les jouets, comme celui par exemple de " supérieur-à-la-moyenne ", ou celui que l'on pourrait appelé le biais des biais, c'est-à-dire que même en étant parfaitement informé de notre biais en jeu, nous continuons à en faire usage, comme dans ce questionnaire à des médecins conscients que les démarchages des représentants pharmaceutiques influencent les prescriptions médicales dans la profession, mais pensent chacun en être exempt. Ou celui des conducteurs automobilistes meilleurs que la moyenne à plus de 90%, y compris chez les accidentés de la route responsables ! ( C.f.: Vous allez commettre une terrible ERREUR, Olivier SIBONY, éd. Clés des champs ). Il me semble que la seule manière à peu près efficace, c'est de les avoir quasi-constamment à l'esprit, ce qui va à l'encontre du confort que tout le monde recherche ou la paix de l'esprit, voire la légèreté ou de " profiter " de la vie sans " se prendre la tête " particulièrement à la mode sous nos latitudes, les gens cherchent activement et prônent sans détour la naïveté en leitmotiv universel... Cela devrait, oui, je suis d'accord, mais nous avons un gros problème ontologique dans sa mise en œuvre: qui le fera ? Une personne qui est elle-même aguerrie dans cette tâche, ce qui n'est pas légion, c'est le moins que l'on puisse dire ! Dispenser des cours de ceci ou cela, donnera ce que l'Éducation Nationale donne depuis toujours, des têtes ( " bien " ) pleines, en fait il y a un seuil cognitif à franchir, un " gap ", qui ne dépend pas uniquement des matières, même si je te suis sur celles-là en particulier, ça ne suffira encore pas malgré tout. Comme je l'ai laissé entendre précédemment, il ne suffit pas de dispenser des cours, il faut aussi que les récipiendaires soient acteurs de leurs apprentissages, or en France, ce n'est pas encore le cas, ou alors c'est bien trop timide. Un excellent livre traite de ce sujet: Unschooled mind de H. Gardner disponible en français. Il faut amener les élèves à comprendre le pourquoi du comment, à se poser des questions, à avoir une méta-cognition, et pas seulement d'appliquer des recettes de cuisine qu'ils ne comprennent que très/trop superficiellement, et je dois dire que c'est le cas aussi à des niveaux plutôt pointus ou considérés comme tels, comme mon fils cadet me le signale en classes préparatoires MP, il y a selon lui là aussi beaucoup de bachotage, contre toute attente ! Ce n'est donc pas trop ou que, la question du quoi, mais essentiellement, celle du comment on enseigne ou fait poindre l'esprit critique chez les étudiants, comment on cultive ce qui est en germe ou à l'état latent, mais comme toute chose, si on tarde trop, cela dépérit, il s'instaure un phénomène d'inhibition ou d'épissage neuronal si tu veux, difficile à contrer ultérieurement, comme toute mauvaise habitude en général. N'ayons pas peur, commençons dès la maternelle à nourrir l'esprit scientifique de nos jeunes têtes en culottes courtes, avant le " grand aveuglement " dicté par la société et les traditions éducatives en vigueur, engourdissant la curiosité et le discernement de ces petits esprits en formation. Rangeons-nous derrière Alison Gopnik qui claironne qu'il n'est jamais trop tôt pour initier à la philosophie, dès la maternelle donc. Oui c'est tout à fait juste, les gens aiment bien les histoires... qui font sens, et ils optent pour celles qui sont faciles, rapides, simples, etc... alors que le monde est complexe, subtil, difficile, et ainsi de suite..., sans compter que le principe de réalité est souvent le cadet de leur souci, du moment qu'ils ont rassurés, ils sont contents, comme de jeunes enfants rassérénés par un doudou ou un câlin, d'ailleurs encore avec sieur Howard Gardner, il nous apprend que les adultes sont toujours les enfants de cinq-sept ans qu'ils étaient, bien qu'ils ne s'en rendent nullement compte, tout comme je le disais tantôt: un adulte n'est qu'un enfant qui s'est affranchi de l'autorité parentale. Ce n'est pas brillant, brillant, en résumé. Je n'avais pas prétention à avoir été exhaustif bien évidemment, ton explication - perspicace - est à considérer également, et d'autres encore que nous passons sous silence. Ta dernière remarque occupe régulièrement mes pensées, et je dois dire que je suis bien pris au dépourvu, tellement il y a d'occasions foisonnantes pour faire tout capoter, car il me semble, que quel que soit le système en place, si les personnes sont honnêtes, consciencieuses et volontaires, cela marchera infiniment mieux qu'un système bien huilé a priori, mais mis en branle par une bande de semi-incompétents nombrilistes, intéressées et népotiques. Mais jeter la pierre uniquement au sommet de la pyramide serait oublier ce qui lui donne son assise, et qui n'est guère mieux, car n'importe lequel pris au hasard dans la population se comporterait sans doute identiquement qu'eux, mais que nous sommes tout aussi responsables et acteurs de nos vies et que l'on se doit également de donner le " la ", i.e. l'exemple, car si chacun était droit dans ses baskets et dans sa tête, nous pourrions ne plus avoir besoin de dirigeants, de police, de tribunaux, de rustines juridiques, ni même de frontière... Toutes ces choses sont en place, justement pour juguler nos mauvais penchants ! Quelle hérésie. Au même titre que l'on donne une culture générale à nos enfants, et que l'on souhaitait tous-deux leur donner le sens de l'esprit critique, et surtout celui de l'auto-critique, par la même occasion, on pourrait par une pichenette supplémentaire leur donner le goût de " bien faire ", non pour se gausser ou écraser les autres, mais pour valoriser la consistance, la cohérence, la logique, l'harmonie, la plénitude, la quiétude, l'exactitude, les valeurs morales, esthétiques ou encore la noblesse des sentiments, la complémentarité des émotions avec notre cognition, l'humilité, la tolérance, le respect, la conciliation, la diplomatie, etc... Bref, leur apprendre préférentiellement le comment pérenne et transposable à la place de privilégier le quoi éphémère et fixiste. L'évolution a toujours cours dans l'espèce humaine, mais elle n'est plus du seul fait de la nature, elle est aussi de la main de l'homme, rappelant au passage un truisme, le premier animal domestiqué par l'Homme n'est autre que lui-même ! Dit autrement, la sélection artificielle nous suit depuis le commencement. Mais la culture et notre environnement social pèsent bien plus lourd sur le plan individuel, quand l'autre point s'adresserait à l'espèce entière sur le long terme. La sagesse c'est comme l'intelligence, elle se reconnait elle-même quand elle se voit en miroir ! Si on ne peut attendre qu'un idiot comprenne ce qui le dépasse, à l'inverse une personne sagace comprend en un certain sens l'imbécile mieux qu'il ne se comprend lui-même. Dans l'une comme dans l'autre, en chacun de nous, il y a comme un plafond de verre, où tout ce qui est au-dessus vient s'y projeter comme les astres sur la voute aux étoiles des anciens, tout ce qui est au-dessus est tapissé à la même " hauteur " sans distinction ou discernement, il n'y a dès lors que ceux qui ont un plafond positionné plus haut qui peuvent voir la profondeur de ce qui se passe entre leur propre limite et au dessus de celles des autres, manifestement. On ne peut donc pas s'attendre à ce que les " gens " comprennent ce qu'ils ignorent, si la sagesse est un concept confus, c'est qu'il ne l'ont pas encore atteinte ou ne s'en sont pas suffisamment rapprochés, de même que lorsque Marco Polo est rentré dans son pays natal, il n'a jamais pu être entendu ou compris, car lui-seul avait vécu les choses qu'il décrivait. Mais il est vrai que c'est un entrainement de tous les instants, et non quand on y songe couci-couça, c'est donc chronophage et énergivore, et même parfois déroutant, voire exaspérant/désespérant. Je ne suis pas sûr que le Bien soit si relatif que ça, il suffit de s'intéresser au développement du jeune enfant pour voir l'innéité de certaines notions, et d'autre part, l'éthologie nous apprend également moult convergences. La seule véritable différence à mon sens réside dans la mise en application de toutes ces sub-routines d'une culture à une autre, d'une époque à une autre, " l'essence " étant largement partagée par les êtres vivants, y compris d'espèces différentes. Par exemples, la colère, la jalousie ou l'injustice, la tromperie, l'ego, l'empathie sont partagés naturellement par tous les êtres sociaux humains et non-humains, ce sont leurs déclinaisons spécifiques qui fluctuent d'un groupe à un autre. Oh mais, en réalité je " chipote " sur des détails, car je sens bien depuis nos premiers échanges que nous sommes sur la même longueur d'onde si je puis dire, en revanche je suis juste inquiet par mes incompétences sociales et qui pourraient contrevenir fortement à la poursuite d'une conversation, je sais non seulement que c'est possible mais que c'est aussi arrivé, je me méfie donc de moi-même d'une certaine façon.
  8. @épixès je tiens à m'excuser si dans mon enthousiasme j'aurais été maladroit, mes intentions étaient bienveillantes et nobles. Ceci étant dit, je te donne quelques liens vidéos - inspirées d'expériences psychosociales - qui illustrent une partie de mon propos: Le conformisme: https://www.youtube.com/watch?v=kiklt9OiH-Y https://www.youtube.com/watch?v=BgRoiTWkBHU&t=3s Le poids du regard/jugement d'autrui, " contre-productif ": https://www.youtube.com/watch?v=KE5YwN4NW5o L'effet témoin avec préjugés: https://www.youtube.com/watch?v=OSsPfbup0ac Conditionnement rapide sur l'évaluation biaisée de ses (in)compétences ( ou effet Pygmalion ): https://www.youtube.com/watch?v=j9I95BJsINc Je n'ai actuellement pas dans ma musette de vidéo sur le biais d'endo-groupe, pourtant c'est un point d'achoppement récurrent et systématique: " Comme l’a montré Tajfel grâce au paradigme des groupes minimaux, une simple catégorisation arbitraire « eux-nous », sans vrai enjeux, sans relation antérieure entre les groupes ou les individus suffit à déclencher des comportements visant à favoriser l’endogroupe. " https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_de_l'identité_sociale
  9. Tout à fait ! Ou notre système de valeurs comme dit supra. Pire on peut fort bien entendre et comprendre une chose, et en faire fi ou n'y accorder qu'une faible attention ou un piètre investissement personnel, il suffit de songer à la pollution, chacun ayant entendu une foultitude de choses à faire pour agir convenablement, mais personne ne passe à l'acte véritablement, car d'autres prérogatives plus immédiates et proximales accaparent notre vigilance/ego, sans compter le biais qui veut que l'on attende que les autres agissent en masse pour nous enjoindre à faire un effort, ou celui où l'on pense toujours que l'on n'est pas le plus concerné par cette affaire. Pourtant c'est un domaine très bien documenté, qui fait consensus, tant sur sa réalité que sur les comportements des " classes sociales " et les biais psychologiques individuels. ( plus un pays et/ou un individu est riche et plus il pollue, alors que paradoxalement, ce sont aussi les mieux informés/éduqués/cultivés en général ) En fait la frontière est extrêmement mince entre un savoir plus ou moins établi et une croyance quelconque, le premier gardant son salut presque uniquement par sa reproductibilité - autant que de besoin - pour une science ou technique, ou son authenticité avérée s'agissant par exemple d'un fait historique, bien qu'on en apprenne souvent plus sur la mentalité de son rapporteur que sur l'évènement dans toute sa rigueur et sa richesse. Les experts ne sont pas toujours les mieux placés pour informer, car si ils maitrisent mieux que quiconque leur sujet, il n'en va pas de même de ceux à qui ils s'adressent, pouvant conduire à des abus, des fourvoiements ou des simplifications et autres raccourcis problématiques à l'usage, par les néophytes, on peut songer à l'emploi des tests dits génétiques dans les tribunaux ou d'une manière générale, tout ce qui a trait aux statistiques, y compris même chez des " sachants ", comme avec des médecins à qui l'on pose la question de savoir la pertinence de tel test de dépistage avec ses faux positifs et négatifs, ou encore dans un autre registre, à des étudiants du supérieur en sciences physiques à qui l'on demande d'expliquer les saisons, ne faisant pas mieux que le tout venant, i.e. en avançant une mauvaise explication ! Pas toujours, le biais d'optimisme par exemple est à double tranchant, à la fois il nous pousse à l'erreur et en même temps à agir contre nos habitudes pourtant parfois salutaires ou les héritages de sagesse des anciens. Comme l'effet barnum ou l'effet de vérité illusoire par exemples également, etc... Si ce raisonnement était valable pour il y a 100 000 ans, il ne tient plus dans nos sociétés dites modernes. Aujourd'hui la plupart des machinations sont le fruit d'un travail murement réfléchi, nous ne pouvons plus compter sur un instinct ou des intuitions pour nous en prémunir, la publicité en est le parfait exemple ou encore de manière plus subtile en politique, les nudges. Le risque premier à rester à ce niveau, est de n'être qu'un mouton qui s'ignore. Tout dépend de la situation en question, si c'est pour éviter un piéton qui traverse sans regarder à la dernière seconde, mieux vaut compter sur ses réflexes effectivement, si c'est pour diriger son existence, on peut toujours trouver le temps d'y cogiter proprement sans précipitation à un moment ou à un autre, et donc de rectifier le tir le cas échéant. Prenons un exemple de l'actualité, avec le virus, quand les gens ont écouté ce qui leur venait à l'esprit au début de l'introduction du pathogène sur notre territoire, du moins via les médias, les réactions n'ont pas été des plus heureuses ou judicieuses, le statu quo ou l'évaluation à la va vite n'a pas vraiment aidé à contenir la bête infectieuse, certes de s'imaginer porter un masque dans un lieu investi d'autres personnes alors qu'ils n'en portent pas, conduit émotionnellement au rejet du port du masque, le jugement d'autrui et la peur du verdict impose son choix sans délibération rationnelle, la peur du ridicule a été plus forte que l'enjeu de la vie ou de la mort, comme le faisait fort bien remarqué un forumeur anonyme: mieux vaut avoir l'air un peu ridicule, qu'un peu mort. Ici il n'est pas question de temps bref, la décision n'a pas à être prise instantanément, pourtant même avec ce temps additionnel, le résultat est le même que si il avait fallu agir dans l'urgence ou dans les secondes à venir. On en revient à des problèmes de probabilités et d'une compréhension du phénomène en jeu, j'ai eu l'occasion de discuter de ceci avec différentes personnes, et il m'est apparu qu'ils ne comprenaient pas vraiment de quoi il retournait, même dans ses manifestations les plus triviales, par exemple de savoir que c'est une maladie pulmonaire, et que l'infection passe par les voies respiratoires supérieures, et bien le réflexe - cautionné par nos instances dirigeantes - a été en premier... de se laver les mains ! On croit rêver. ( Je ne dis pas qu'il ne fallait pas se laver aussi les mains, mais que le bon sens nous intimait de d'abord protéger notre nez et notre bouche ) Ne pas réfléchir conduit à des réactions comportementales absurdes, qui se propagent par mimétisme et la peur de contrevenir à la nouvelle norme et donc du jugement des pairs/congénères, quand ce n'était pas par esprit de bravade. Sauf que cela fait belle lurette que nous ne sommes plus que des êtres de nature, mais autant si ce n'est plus de culture. On pourrait donc faire en sorte que la rationalité soit collectivement désirée et attrayante, comme c'est le cas de nos jours avec le culte du corps ou de l'apparence, nous cultivons essentiellement des qualités superficielles, paraitre gentil ou honnête semble amplement suffisant pour nombre d'individus, pour le vivre ensemble, qu'importe ce qui se joue en-dessous, chacun jouant son rôle d'acteur du mieux qu'il peut et tout le monde s'en réjouit ou s'en accommode bon gré mal gré. Tout repose sur des sables mouvants, et je le déplore. Il est évident que la rationalité si elle ne vise pas une fin profitable n'est pas recherchée, pas plus que la vérité lorsqu'elle est ou est potentiellement dérangeante, les individus presque sans exception choisissent la facilité ou ce qui les divertit ou les amuse si ils ont le choix ou font en sorte de l'avoir. Ce ne sont pas des concepts sexy, pourtant lorsque l'on voit les efforts importants déployés pour cultiver son physique, on ne peut pas dire que l'énergie manque, c'est simplement que ce n'est pas une chose très valorisée socialement, ce serait même plutôt l'inverse, car le sérieux n'a pas la cote lors de réunions " conviviales ", l'amusement ou le rire doit primer sur tout le reste, donc un rabat-joie qui vient décortiquer et analyser les phénomènes est le malvenu ! La rationalité et la vérité ne sont que des moyens pour madame et monsieur tout-le-monde, en vu de quelque chose d'autre, jamais une fin en soi, un objectif en soi-même, voilà un gouffre infranchissable entre la première sorte de personnes et la seconde, ou alors très très sporadiquement, comme un adulte est encore capable pour faire plaisir à son enfant de jouer un court instant à la marelle ou aux billes, mais qu'il va sitôt vaquer à ses occupations à lui dès que possible, il lui est - à présent - inconcevable de passer ses journées entières à en rester à ce niveau d'activité, et bien il en va de même entre ceux qui ne pensent qu'à jouir de l'existence et ceux qui veulent comprendre le monde et agir au mieux par voie de conséquence... La sagesse n'a pas à attendre que le monde entier soit prêt, chacun à son niveau peut déjà s'y adonner. Je sais que tu es déjà engagé sur ce chemin dont j'ai parlé dans mon précédent message, tes réponses sur le forum et les livres que tu donnes à lire le montrent, toutefois tu es plutôt l'exception que la règle malheureusement, tout comme les philosophes grecs étaient l'exception plutôt que la règle dans les cités, et deux milles ans plus tard, les choses n'ont guère changé, car les motivations intrinsèques et fondamentales du genre humain sont égales à elles-mêmes au fils des générations. En quelque sorte, oui. On peut fort bien profiter de ses émotions et sentiments sans pour autant faire n'importe quoi, l'un n'empêche pas l'autre. L'intelligence, la raison et le raisonnable peuvent se marier harmonieusement avec nos affects, et à défaut d'être un jour parfait, on peut au moins tendre toujours davantage vers l'amélioration, même de manière asymptotique. C'est ce mouvement de perfectionnement lui-même qui prévaut, puisque la perfection est inatteignable, et non celui de se complaire dans la médiocrité sous prétexte que cette dernière est inaccessible, là devrait être notre dignité et pas dans l'auto-congratulation réciproque de nourrir toujours plus nos pulsions animales débridées et perverties à l'extrême sous des oripeaux de civilisationisme. Si on veut, mais je pense que c'est plutôt comment on fait les choses que ce que l'on fait qui devrait primer dans nos choix et actions associées, quitte à savoir renoncer quand il n'existe pas de moyen de faire les choses bien, et pas uniquement dans une perspective omniprésente d'efficience ou d'utilité, voire de rentabilité, de sortir d'une vision trop mécaniste et d'embrasser celle éthique en premier lieu, sans trop se soucier de savoir l'effet plaisant ou déplaisant que cela peut entrainer. Donner primauté sur ce qui est Bien avant ce qui est Bon en somme, i.e. une inversion de paradigme sociétal. Je dirais volontiers de se demander dans quelle perspective nous le faisons, savoir ou comprendre n'est pas une finalité ultime, c'est nécessaire pour pouvoir se positionner en connaissance de causes, les bonnes comme les mauvaises, pour qui et pour quoi ou pour quoi faire ?! Ce ne sont plus des questions qui se posent, on ne pense plus qu'en terme de buts et d'objectifs, sans les questionner eux-mêmes, leur fondement, leur légitimité entre autres. Tu l'auras compris, comprendre est second, d'abord vient le questionnement, et la partie la plus délicate sans doute: se poser les bonnes questions ( : faire preuve de discernement ) ! Sinon les réponses en tout genre, les savoirs qui en découlent ou même la compréhension ou ce sentiment sublime de - croire - comprendre perdent de leur éclat ou de leur superbe si ils ne sont que l'aboutissement d'un acte presque machinal sans intentionnalité derrière autre qu'un plaisir/intérêt en bout de ligne. Le sentiment de comprendre, pour le dire autrement, ne peut pas être l'extrémité libre d'une corde que l'on aurait fait dérouler, cela n'aurait pas de sens, il faut donc l'attacher à quelque chose ou quelque part ! Et notre guide suprême est dans le Juste, ce qui est vrai et ce qui est droit, si telles ne sont pas les fins visées, alors notre désir de comprendre ne servira à presque rien, si ce n'est emplir nos coupes existentielles de vide. Je ne partage pas tout à fait cette vision, l'erreur n'est pas une bénédiction, cela reste d'abord et avant tout un échec, la seule chose pertinente que nous pouvons faire si cela arrive, c'est d'en faire quelque chose aussi de positif, que cette faute ne reste pas exclusivement négative et donc entièrement malsaine. Mais si on a la possibilité et toute occasion de ne point commettre d'erreur, alors il faut privilégier cette voie, dans ce cas, il n'en ressortira que des bons côtés. Quelles que soient les bonnes actions faites, elles ne pourront jamais compenser une seule mauvaise ! D'où l'intérêt premier d'éviter les erreurs autant que faire se peut, avant qu'elles n'adviennent. Il ne faut pas avoir à regretter plus tard...
  10. Bonsoir épixès, C'est sans doute un programme fort louable, et si toi tu y trouves ton compte, c'est probablement plus de ton fait que d'un autre, car dans un échange il y a l'émetteur et le récepteur, et quelle que soit la qualité pédagogique de l'intervenant, il faut bien aussi que l'apprenant y mette du sien, d'une manière ou d'une autre, en premier lieu. Ce que je veux dire, après avoir passé plus de deux ans assidus à chercher à comprendre où se situaient les blocages psychiques et cognitifs lorsqu'une personne sait et l'autre ne sait pas ou ne comprend pas, et que celle-ci est incapable de dépasser ce avec quoi elle est venue au départ, c'est qu'il y a moult biais ou obstacles à la compréhension, et en général le vécu, les bagages de connaissances, la personnalité, le caractère, les idoles et idéologies, ainsi que l'histoire de chacun sont plus une entrave colossale qu'autre chose, le conduisant vers une idiosyncrasie dont il aura les plus grandes peines à se départir et autant de réflexes cognitifs hors de contrôle, sans oublier, les intérêts égotiques, les sentiments ou les émotions - telle la peur de l'ennui, de la solitude ou de l'inconnu - et autres déversements hormonaux qui créent des autoroutes neuronales où les pensées se déversent sans retenue, du moins dans la boite crânienne. Autrement dit, notre principal adversaire n'est autre que nous-même, nous sommes devenus le principal rempart qui nous garde dans l'ignorance, c'est donc d'abord avec nous-même que nous devons lutter, pour pouvoir profiter pleinement d'informations extérieures/étrangères. De plus, pour rester dans la simplicité explicative, on ne peut pas omettre de signaler une certaine réalité, à savoir le système de valeurs de l'individu, et en général il est assez rare que la vérité soit de celles primaires, la plupart du temps, ses prérogatives vont ailleurs, la vérité n'est que secondaire, il préférera fuir ce qui est douloureux et s'adonner à ce qui le stimule lui et est agréable, par exemple la reconnaissance est pour un être social fondamentale dans son existence, il mettra donc tout en œuvre pour l'obtenir, au même titre que boire-manger-et-dormir est primordial pour son corps charnel, cette reconnaissance est une sorte de nourriture pour l'esprit, avec ces excès, parfois mentir un peu ou beaucoup sera employé pour l'obtenir. Un autre impératif universel est la recherche de sens dans l'existence, à tout point de vue, que ce soit sur un petit tracas du quotidien ou sur des questions existentielles, là aussi, le vrai sera très secondaire par rapport à ce besoin impérieux de réponses, les gens préférant opter pour des idées mêmes farfelues que pas de réponse ou quelque chose qu'ils ne peuvent pas s'approprier, comme les sciences, pourtant plus objectives mais en même temps obscures pour le profane. Et puis, même si c'est loin d'être tout, je peux aussi évoquer le fait que les informations enregistrées - et la manière de le faire - dans nos premières années de vie nous ont tout bonnement formatés, alors que nous n'en avons pas conscience et nous ne l'avons jamais eu, elles influent pourtant constamment nos choix, notre façon de réfléchir ou de nous orienter dans la vie. Toutes ces choses et bien d'autres nous empêchent littéralement de nous émanciper, nous sommes prisonniers des murs que nous avons nous-mêmes édifiés autour de nous, depuis toujours sans nous en rendre compte le moins du monde ! Tout notre combat devrait donc être tourné vers ces (auto-)fortifications qui nous entravent, qui nous avilissent, nous enchainent et nous condamnent à faire essentiellement du " sur place ", à barboter dans notre déchéance ou dans la bauge de notre ignorance quasi-totale. Nous ne pouvons pas attendre de l'aide de l'extérieur, car le mal est d'abord et avant tout en nous, toute aide serait vaine ou superficielle tant que notre état d'esprit n'est pas au rendez-vous, car la moindre brise qui se profilerait nous renverrait dare-dare à nos travers bien réconfortants, il ne faut pas lutter contre cette tension, il faut détruire ce ressort qui tend à nous ramener continuellement à ce que nous étions. Une fois que l'on a pris conscience de cela, puis qu'on l'accepte, alors un véritable travail de Sisyphe peut commencer... sans fin ! Ce qui sera là aussi un bon prétexte pour retourner à notre ancien modèle de fonctionnement, vu l'ampleur de la tâche incommensurable, mais c'est le prix à payer pour notre propre éveil, sinon on reste ou on retourne dans les obscurités, dans le fond de sa petite grotte que l'on connait déjà, plus rassérénante, bien que particulièrement étriquée aussi !
  11. Je ne sais pas si ce que j'ai à dire répondra véritablement/précisément à ta question: Je pense qu'au préalable il y a une première question à se poser, qui à la lecture rapide des interventions, ne semble pas avoir jailli: pourquoi privilégier la joie versus la tristesse dans l'existence ? Et qui en entraine bien d'autres: N'est-ce pas - la joie ou le bonheur - une sorte d'impératif normativo-social, voire un préjugé philosophique ou un parti-pris biologiquement/éthologiquement infondé, ou même un rêve consumériste entretenu ? Qui a dit - ou quelle loi " sacrée " impose - que la vie humaine devait être heureuse ? Est-ce naturel ou culturel, ou pire un bug ? Quid des animaux non-humains ? Malgré ces quelques questions préparatoires laissées en suspens, je vais en venir à ce qu'il y a de positif dans la tristesse, à ne pas confondre avec la mélancolie ou la dépression, ou que-sais-je d'autre, c'est que grâce à elle, notre attention n'est pas détournée ou accaparée par un objet convoité, une motivation intéressée, la recherche volontaire d'un sentiment puissamment ressenti ou d'émotions fortes, nous pouvons ainsi avoir l'occasion de voir de manière plus posée, lucide ou clairvoyante le monde tel qu'il est, et non à travers notre prisme déformant de nos envies, généralement optimisantes de par l'euphorie anticipée à leurs planifications et leurs réalisations. Une personne triste est une personne qui ne s'autorise pas ou qui ne peut pas conjointement et simultanément exprimer un affect hédoniste et un autre malheureux sans ressentir un malaise profond; qui n'est pas sous l'emprise mécanique et psychique d'une résolution à tout prix d'une dissonance cognitive, en optant pour le déni ou l'amnésie des évènements douloureux connus, vus ou vécus, i.e. de " faire l'autruche " en somme, ou faire " comme si... ". Pour le dire d'une manière plus abrupte, une personne triste c'est d'abord une personne vraie, faisant preuve de probité intérieure, en phase avec elle-même et son environnement sans faux-semblant, sans distorsion, sans perversion illusoire et rassurante, elle ne se ment pas à elle-même, ce qui est un bon début. Cela nous conduit à présent à questionner chacun d'entre-nous: Est-ce que l'on souhaite jouer à - tenir le rôle d' - être heureux une bonne partie de sa vie, ou même toute sa vie durant, essentiellement aux yeux du monde, ou être nous-même, avec ses heurs et malheurs intimement intriqués, et donc accuser une certaine tristesse inévitable lorsque l'on cesse de faire semblant ou de détourner le regard, et autres subterfuges. Pas plus que je ne peux réellement et physiquement apprécier la douce caresse sur ma peau que l'on me fait, en même temps que l'on me pique le corps avec une aiguille, la résultante s'aligne principalement avec la sensation la moins agréable, la seconde " gâchant " la première... à moins de tricher si j'ose dire - ou de falsifier ce qui se trame !
  12. Beaucoup même ! Les compétences transversales ou l'intelligence dite générale avec le facteur g est de l'ordre du mythe, il faut travailler dans chaque domaine pour devenir un tant soit peu compétent dans chacun. Pire, la compétence est même contextuelle ou conditionnée ( sous conditions ) ! C'est-à-dire qu'une personne douée en mathématique par exemple dans un cadre donné, comme scolaire ou institutionnel car c'est son emploi, peut très bien échouée aussi lamentablement qu'un novice sur une question qui ferait appel aux compétences qu'elle est censée parfaitement maitriser, dans un environnement/cadre/contexte différent !!! ( Il y a quelques exemples dans L'intelligence et l'école de Howard Gardner, à moins que ce ne soit dans Les formes de l'intelligence du même auteur, voire les deux )
  13. À quel point de vue ? ( je ne connais pas cet huluberlu, sauf de nom, que je vois trainé ci et là, et je sais seulement qu'il a " des " fonctions quelque part dans les hautes strates décisionnelles françaises, peut-être à l'Éducation pour les maths ? )
  14. Oui, possiblement. Mais elle peut perdre aussi " son homme ". ( Attention humour, mais pas de " taupe " ) Tout est relatif, de " haut niveau " par rapport à quoi/qui ? Parce que par rapport à un doctorat en mathématique, c'est pas très haut ! Ni encore moins, vis-à-vis d'un mathématicien professionnel qui a passé vingt piges sur le même problème. ( J'ai un de mes loulous en math spé., bon certes il sait des choses, mais il fait encore nombre de bourdes, et pas qu'en math, car en dehors de math-physique et un peu de philo en MP-info, il passe nécessairement à côté de beaucoup d'autres choses: psycho, socio, biolo, étho, ethno, géo, neuro, etc... ) Pas sûr: https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/neurosciences/le-reseau-social-dans-notre-cerveau-18918.php ( article incomplet en accès libre/gratuit, c'est surtout pour pouvoir le retrouver et vérifier par soi-même ) Cet article fait aussi référence à une étude sur le raisonnement abstrait, qui ne serait que le corolaire d'un tour de passe-passe ou d'un détournement de notre carte-cognitive de lieu/déplacement innée vers quelque chose de moins tangible ou immédiat, mais reposerait en dernier ressort sur la même circuiterie ! Nous ne ferions que manifester notre propre fonctionnement cognitif/cérébral en faisant de " l'abstraction " en somme, et ce réseau neuronal, lui, est bien concret/réel, même si cela se passe à un niveau " inconscient ".
  15. Pour paraphraser ironiquement Lacan, je te dirais qu'au contraire tu as très bien compris ce qui est mal exprimé ! ( Qui lui disait: " si vous m'avez compris, c'est que je me suis certainement mal exprimé ! " ) Tout dualisme philosophique porte en germe une absurdité, qui ne peut que rejaillir à un moment ou à un autre dans la réflexion/étude, il en irait de même de savoir si le Bien précède la Morale, ou si c'est l'inverse. Ou le pauvre Descartes avec son esprit et son corps étanches l'un à l'autre, misère de la raison déraisonnable ! Savoir ce qu'est l'essence avant l'existence est illogique, puisque les propriétés d'une chose ne se manifestent qu'une fois la présence dudit objet, y compris si celui est purement abstrait et se trouve exclusivement - exister - dans notre ciboulot. À moins de rentrer dans des considérations extra ou infra - comme il siéra - philosophiques: téléologiques ou métaphysiques. Savoir ce que serait l'existence sans essence, n'a pas de sens, je ne suis même pas sûr que le néant lui-même réponde à ce dilemme, puisque le néant a une propriété minimaliste, celle de ne pas en avoir ! ( comme une sorte de singleton mathématique pour faire un clin d'oeil @sinjoro au passage, qui semble avoir du temps à dépenser vu que les concours sont repoussés à juillet, si j'ai bien retenu ) En réalité, les deux vont de paire systématiquement, ils arrivent en même temps, tout comme en Physique, la lumière est à la fois onde et corpuscule, aucun des deux aspects n'est arrivé avant l'autre, ils coexistent tout simplement, et se manifestent différemment/ostensiblement suivant l'expérience en question. En clair, il n'y a pas de OU ( chronologiquement ou ontologiquement ), mais seulement un ET, comme si, dans la tête des philosophes encore fâchés avec les sciences, l'empirisme ou le principe de réalité, le revers pouvait venir avant l'avers d'une médaille ou réciproquement, alors que les deux faces existent rigoureusement en même temps.
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