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Ambre Agorn

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À propos de Ambre Agorn

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  1. J'avais pourtant cru que les différences étaient enrichissantes. C'est justement parce que votre pensée n'est pas construite comme la mienne qu'il est nécessaire pour moi de vous écouter. Je vous ai fait confiance en vous dévoilant ma pensée qui n'est pas la vôtre, je l'ai soumise à votre critique et je suis assoiffée d'entendre ce que vous dites. Tout le monde tient compte de l'Histoire, mais de son Histoire, celle qu'il a eu en héritage. C'est pour ne pas toujours tomber dans les mêmes pièges que je conçois l'utilité d'un pont entre vôtre pensée et la mienne. L'histoire du peuple juif est inscrit dans l'Histoire, et, grâce à vous je suis un peu plus au fait de cette partie de l'Histoire. Mais on ne corrige pas en quelques jours une construction entière de pensée. J'ai besoin de temps. Peut-être même que je ne comprendrai pas, peut-être que ce sera la génération suivante qui comprendra, mais que m'importe, ce qui compte c'est l'implication que j'y mets. La famille c'est la partie aléatoire et accidentelle du sang. Les liens qui sont plus forts sont ceux que l'on choisit. Mais là encore ce n'est peut-être que ma construction mentale qui me fait penser ceci? De ce qui m'a frappé dans les récits que vous faites du peuple juif, c'est que partout où ils allaient, ils s'intégraient bien. Leur religion ne font pas d'eux des êtres supérieurs, prêts à toutes les violences pour faire accepter leur religion, et c'est presque toujours les autres qui ne veulent plus d'eux, alors ils se font maltraiter. Leurs objectifs sont incompréhensibles pour bien des peuples, parce que ces mêmes peuples ne prennent pas le temps de considérer leur point de vue. Mon inconfort était recherché, et vous même avez dit que vous aimiez l'inconfort qui vous permettait de sortir de votre propre cheminement de pensée. Je ne sais pas pourquoi vous êtes désolé de "m'avoir embarqué dans une vision du monde qui m'est étrangère", je suis là pour apprendre, par me complaire dans ce que je sais déjà. Prenez le chemin que vous voudrez, je vous suis. Je ferai communauté que vous le vouliez ou non. Si j'ai fait des erreurs et que cela vous a blessé, c'est la seule chose que je regrette, pas mes erreurs, mais mon manque d'attention envers vous.
  2. Bonjour C'est la seconde fois que vous me parlez de la kabbale. Je n'ai pas encore bien cerné de quoi il s'agissait, même si j'en ai une petite idée maintenant. Je suis donc allé faire quelques recherches sur "les dix Sephiroth", l'Arbre de Vie de la Kabbale. Je n'ai pas eu l'impression que ça parlait de différents mondes, mais plutôt différents "niveaux" de compréhension, de maîtrise et d'organisation d'un seul monde. Mais comme je vous dit, je commence tout juste à faire des recherches et ce n'est que ma première impression. J'ai eu une autre impression, plus "souterraine": je me suis sentie enfermée, oppressée, piégée. Oui j'ai ressentit, à la lecture des descriptions, utilisation et symbolique de ces dix Sephiroth comme un piège tellement élaboré qu'il allait m'empêcher d'en voir les limites. Un piège qui donne l'illusion d'un certain contrôle. Veuillez m'excuser, mais je me méfie toujours, d'autant plus quand c'est trop tentant. C'est vrai, ça semble tellement clair et bien organisé, tellement sophistiqué et complet, logique et rangé que ça en devient hypnotisant, reposant et excitant à la fois. Là, tout mon être sonne l'alarme. Il n'y a pas de limites dans le monde. Les limites sont des leurres utiles, cependant absorbables et repoussables à l'infini. En effet, je ne conçois ni dix ni deux mondes. Pour moi, il y a une infinité de mondes, les nommer fait fantaisiste, mais peut s'avérer utile. Cela dit, il faudrait pour cela y avoir accès physiquement ou "psychologiquement" (oups, j'ai un doute sur le terme à utiliser, je voulais un mot qui dise "accès avec l'esprit"), mais ce n'est pas suffisant, parce que nous possédons d'autres ressources que le corps et l'esprit, mais les mots et l'expérience manquent, et ces mondes sont aussi accessibles de façon et manière infini. Une réflexion me vient à l'esprit: j'ai cherché les significations de "En Sof" et de "Sof", et je n'ai pas pu y adhérer. En effet, je ne conçois pas que nous soyons "fini" (inverse d'infini), le fait de dire ça nous empêche de remettre cette vérité en question. Prendre ça pour base empêche d'élargir notre vision des choses. Je ne dis pas que nous soyons infinis, mais réduire notre nature à l'individu qui naît et meurt est une illusion bien pratique, réconfortante et rationnelle. Si ça vient de la raison, ce n'est pas faux, mais c'est insuffisant. Un seul point de vue peut paraître totalement l'inverse d'un autre point de vue et pour autant les deux peuvent être justes. C'est comme vivre sans l'autre, sans les autres. La raison seule est puissante, mais l'intuition à sa propre puissance, le sentiment la sienne, l'esprit, la conscience, le subconscient, l'onde pure, etc., le défit étant de tenter quelque chose avec l'aide de ces puissances réunies. Le fait de se sentir fini, n'est que le fait de reconnaître être séparé du tout. Comment pourrait-on être une "émanation de l'Etre" et se concevoir fini? Nous sommes une émanation, c'est à dire que nous sommes comme chargés d'un rôle, mais que nous ne pouvons qu'évoluer, non pas revenir à l'esprit, mais évoluer et ainsi évoluer l'Etre. Si l'Etre est infini, alors nous sommes infini parce que nous sommes aussi l'Etre. Nous ne sommes qu'une facette de son évolution (je ne sais pas trop si j'utilise le bon terme qui corresponde à mon idée, ma sensation), et non pas différent de lui. Là est toute la beauté du mot "émanation", car il ne sous-entend pas une rupture d'avec l'"émanant", cela sous-entend plutôt une transformation, une extension, surtout si l'on conçoit l'infini pour l'"émanant". Je viens de relire le dernier paragraphe, et je m'aperçois que j'ai dit ne pas penser que nous soyons infinis, alors que je dis l'inverse à la fin! Comme quoi, j'ai de quoi faire avant d'être logique et rationnelle dans mes propos. Qu'importe, se tromper ne m'inquiète pas, parce qu'il m'ébranle. Ca m'aide à toujours chercher, et ne pas trop me fixer sur un fait acquit. L'équilibre a ce prix pour le moment. Je reviendrai plus tard, passez une bonne journée.
  3. J'ai l'impression d'un langage qui me parle, qui retient mon attention quand vous écrivez, mais j'avoue que pour le moment son sens m'échappe. J'espère vous lire plus souvent et mieux pour me faire un peu à votre vision des choses. Merci pour votre temps.
  4. Lol! Heu...Je ne sais pas! Sauf si vous faites allusion au site sur lequel j'ai piqué le pseudo, c'est ça? Sinon, comme le suggère @Tamar Hanna, votre petite sœur peut-être, c'est plausible? Lol Non, mais sans rire, je ne suis personne, ou tout le monde; en plus ici sur le forum, je suis juste ce que je dis! Par contre j'ai pas bien compris de qui vous ne vouliez pas prendre la place?
  5. Je ne conçois pas les valeurs comme pouvant être inférieures ou supérieures, elle sont différentes et indivisibles. La Vie, l'Amour, la Nature ne sont que des facette d'une même vérité. Plus ou moins s'annule pour celui qui est humble et conscient de l'importance de toute chose: petit ou grand, la sciure et la poutre sont également du bois. La lucidité ne se place pas à savoir comparer et peser, la lucidité se place dans la vie, ou l'amour. C'est à dire que vouloir détruire ou supprimer quelque chose, revient à vouloir supprimer ou détruire la vie. Changer de point de vue et accepter la poutre ou la paille ou la sciure, revient à accepter la nature des choses et accepter pleinement la vie telle qu'elle se manifeste en soi ou en les autres. Le jugement est un problème, parce que c'est toujours une comparaison, une mise en grade ou une dégradation, et cela en prenant pour base un point de vue particulier. Changer ce point de vue et tout est à refaire. Accepter les différents points de vue, c'est accepter la richesse de la Vie.
  6. Toi aussi tu es en manque? Alors je vais te décrire ton village tel que je le vois à travers ce que tu en dis. Les cigales scandent un rythme bien entêtant, qui donne le ton et la couleur des gens d'ici. Avec les cigales, il semble que les odeurs leurs sont inséparables, celle, lourde des résineux, celle, capiteuse des lavandes, thyms et autre marjolaine, et celle, plus douce, des amandiers, abricotier et acacias. On ne voit presque plus la route, elle s'enfonce dans un moelleux tapis de verdure exubérante, serpente à travers les forêts et paresse un court instant au bord de la rivière. Le village se dessine de loin, coincé entre les collines aux couleurs pastelles. Le clocher dresse un pied d'ancrage pour ce fier coq que le mistral tourne en dérision. La fontaine, les maisons chargées de leurs générations de villageois et de leurs souvenir gravés dans chaque pierre, le parler franc et chantant des hommes fait écho à leur environnement. Et le caractère de ces verdures et ces pierres imprime celui de ses habitants, à moins que ce ne soit l'inverse. L'un ne va pas sans l'autre, car la pierre ou l'homme qui quitte son village est dépouillé de ses racines, de son origine et de son histoire. Un chemin quitte le confort rassurant du village pour se perdre un peu plus loin, aux portes d'un petit paradis hors du temps. Ici se côtoient les époques, figurée dans l'argile, maquillées d'émail ou non, des pots de toutes formes pour toutes utilités et tous les goûts, des formes aussi qui accrochent l'œil mais qui dépassent l'entendement rationnel. Le jardin est présent partout parce qu'ici n'est cultivé que ce qui y pousse, là où ça pousse, ici la nature est cultivée par l'homme, ou alors c'est l'inverse, la nature cultive son homme. Ici se rajoute à la mélodie de la nature le bruit répétitif du tour du potier, la guitare de ce même potier et parfois les cris des enfants. C'est beau un petit village français, pour celui qui veut bien le voir.
  7. Mais de qui parlez-vous? Je n'ai jamais rencontré de plouc; de gens différents, oui, des gens riches de ce qu'ils sont, des gens beaux dans leur humanité. Nos points de vue font la différence et nos jugements créent la dévalorisation et son pendant la valorisation. La nuit s'offre à nous, notre droit est d'y répondre pleinement ou de nous rebeller pleinement, qu'importe, il n'y a pas de bons choix, il n'y a que notre implication et notre amour qui crée le bon équilibre. Vous voulez de bons baisers tendres? Prenez ce qu'il vous plaît, et dormez sur mon cœur, il n'est là que pour vous.
  8. Oui, ou moi! Se tromper n'est pas important, tout fait parti du chemin: l'avant et l'après, l'amont et l'aval, les chutes et chaque pas. C'est la direction où tendent nos pas qui importe, l'intention qui donne vie à chacun de nos actes.
  9. @Annalevine Trop fatiguée hier, et je n'arrivais pas à me fixer suffisamment pour bien répondre. Je recommence alors. Pour pouvoir vous répondre ou répondre en général, je suis obligée d'utiliser beaucoup de temps pour assimiler ce qui m'a été dit, et pour tenter de répondre "sur la même longueur d'onde". Essayer de changer mon propre point de vue pour épouser celui de l'autre et être en mesure de lui montrer ce qu'il m'a demandé de lui montrer. Pour cela il est impératif que je ne fasse pas d'erreur et que je comprenne bien ce qui m'a été demandé, parce que souvent la demande n'est pas contenue dans chaque mot utilisé, mais se dessine comme une trame. Et vous avez fait une demande, je l'ai perçue et j'y réponds comme je peux. Vous sentez ma puissance, et votre assurance me galvanise. Votre rationalité me force à plus de discipline. Je veux vous prendre tout ce que je pourrai prendre, parce que je lâche tout ce que j'ai. Votre façon de voir le monde, de me voir, m'offre un point de vue nouveau et ça n'a pas de prix. L'attention que l'on accorde aux autres offre de nouveaux points de vue qui élargit notre conscience. Mais ce n'est pas un enrichissement personnel, c'est un exercice de connection qui enrichit le monde. Vous avez entièrement raison quand vous dites ceci: "Non pour vous il est nécessaire que je reste libre, hors de vous, mais suffisamment proche pour contempler la grâce de votre expression." C'est exactement ça. Il est vital que vous restiez libre, et vital que tout le monde reste libre, mais il est autant vital que le lien entre chaque individu se ressert, que l'attention devienne une priorité. La liberté ne se trouve pas dans le fait que nous pouvons faire ce que nous voulons ou se battre pour avoir continuellement et en toute occasion le loisir de choisir. Le choix est une illusion. La liberté se situe dans l'amour. La liberté, c'est accepter et vivre pleinement les liens qui nous ont choisis. L'amour permet la liberté parce qu'il a le don de maintenir l'équilibre que le monde tend à maintenir, un équilibre fait de sobriété dans l'abondance. Au fait, quand j'utilise le mot "monde", je l'utilise dans un sens très particulier. De par sa définition dans le dictionnaire, le monde est ce qui réunit ce qui existe de façon réelle et concrète. Quand j'utilise ce mot, je lui adjoint une dimension, celle de réunir aussi ce qui n'est pas concret, pas réel, pas palpable, ce qui n'est pas défini précisément, ce qui n'est pas forcément préhensible par le mental.
  10. Je ne suis jamais sûre de rien, et je ne serai jamais déçu. Ce sont les certitudes qui nous brisent, les mettre en morceaux nous procure une stabilité tranquille. L'amour ne peut pas être déçu.
  11. J'espère bien ne jamais m'y habituer, je veux garder la possibilité de toucher du doigt la beauté de l'instant présent, la beauté de l'instant de la découverte. C'est juste ma façon à moi de voir les choses, mais je ne connais rien de moi, tout ce que j'ai l'impression de savoir s'efface et s'écrit continuellement. Je n'ai pas de maître, ou alors je suis l'élève du monde et je ne le dépasserai jamais. Je veux juste en faire partie. Ce n'est pas pour vous contredire, parce que je pense tout haut (oui, j'écris!), et faire l'effort de préciser ma pensée fait que j'y vois plus clair. C'est à propos de l'illumination que vous dites être intérieure. J'ai du mal avec ça: pour moi elle ne peut venir que de l'extérieur. Mais peut-être est-ce juste pour vous une façon de parler, ou bien le pensez-vous vraiment? (désolée pour le hors sujet...)
  12. @Annalevine C'est beau ce que vous dites! J'ai savouré votre première réponse de la journée, elle est belle. Pour le second message, j'ai fait une erreur, je n'ai plus cette question de savoir pourquoi on est là, pourquoi on fait tout ceci, mais quand j'écrivais hier, je m'étais reportée au moment où c'était le cas, parce que j'avais mal interprété votre propre questionnement. Non, je ne me pose plus du tout cette question, c'est justement parce qu'il n'y a plus de but à atteindre que tout ce qu'on fait a une saveur exceptionnelle. (Cela dit, je vous écouterai volontiers parler de...tout ce que vous voulez!) Et du coup, je comprends mieux votre questionnement de l'action dans l'immédiat. Là, je ne dois pas vous répondre. Par contre, vous me comprenez au-delà de mes propres compétences. Dans votre première réponse, vous avez su voir quelque chose qui passe malgré la pauvreté de mes mots. Vous savez, vous pourriez inverser chaque sujet de votre réponse (vous et je) et l'image du miroir prendrait toute sa valeur: en me voyant, vous vous voyez et je me vois en vous regardant. Mais il n'y a pas que vous et moi, il y le monde entier.
  13. Ho Zut, j'ai perdu ce que j'ai écris! Tant pis, je retourne à l'essentiel: Si je comprens bien, vous ne voyez pas trop ce que le fait de "me suivre dans le sentiment" va vous apporter, et que pour agir vous avez besoin de voir un but qui se dessine au loin, c'est ça? Si c'est le cas, je comprends bien là une préoccupation qui ronge certaines parties de mes nuits et journées! En fait j'étais persuadée que si je trouvais la réponse, je pourrai faire n'importe quoi tant que j'aurai la certitude de la direction à suivre, du but à atteindre: tout est facile quand la certitude guide nos actes. Mais je ne sais pas attendre, il faut que je fonce, que j'arrange les problèmes autour de moi, que je tente de répare ce qui est brisé, que je défende celui qui est en mauvaise posture, que je prenne la parole pour celui qu'on n'écoute pas, qui j'asticote les uns et les autres pour qu'ils fassent enfin ce qu'ils disent qu'ils feront, etc...Oui je suis chiante! Mais tout ça n'a aucun sens si ce n'est pas mis au service d'une cause, d'un idéal. J'ai besoin de quelque chose qui m'oblige à sortir de ma zone de confort, qui me demande des sacrifices, qui me rendrait ma dignité d'être humain. J'ai beau tourner le problème dans ma tête, je n'ai trouvé que ça: il faut que j'élargisse ma conscience. Si la réponse à la question: "pourquoi faire tout ce que je peux faire?" n'est pas dans mon répertoire, dans mon environnement, dans mon expérience du monde, il faut que j'élargisse mon point de vue, que je m'ouvre à autre chose que tout ce qui fait la vie et le monde tels que je les perçois. Alors je fais tout ce que je n'avais jamais fait, je pense à l'envers en cherchant les questions à partir des réponses, je déraisonne et je tente d'être plus rationelle, je cligne des yeux pour déstabiliser mon habitude de ma vision du monde et je marche à reculons, je divise ma personnalité pour mieux m'en séparer et ne plus m'identifier à ce qui fait que je suis moi, je cours de nuit, j'écris et parle, je tire à l'arc et je me traque, je traque mon quotidien pour le déstabiliser et tenter de briser ce monde si solide et trouver une réponse à ma question.
  14. Oulala! Je panique à chaque fois que je dois répondre! Mais ça me permet une chose que j'ai mis très longtemps à identifier. Quand je suis acculée, je cherche une porte de sortie. Et j'ai découvert une porte qui m'a fait ouvrir un monde nouveau. En fait je deviens quelqu'un d'autre littéralement. Il y a quelque chose qui prend le pas, prend le contrôle. Ho non! Ce n'est pas vraiment visible pour les autres, ce n'est pas une autre personnalité, c'est comme moi, mais en plus clairvoyant. Ces moments sont magiques, j'ai l'impression que rien ne peut m'arrêter, pas parce que je brise tous les obstacles, mais parce que je les absorbe, ils ne sont plus. Parfois je relis ce que j'ai publié et je ne comprends pas, je suis parfois estomaquée (ben oui, ça peut paraître assez narcissique!), je me sais incapable de reproduire de tels élans, de tels moments de clarté, d'écrire de tel mots et pourtant je sais que, les conditions réunies, je fais ça. Ou plutôt, non, je ne fais rien, c'est comme si une force qui est en moi et en dehors de moi agissait à travers moi. Parfois je m'entends parler à ma fille et j'apprends par ma propre bouche, je suis comme en train de m'écouter parler et j'accède à une connaissance que je sais ne pas pouvoir venir de moi. Parfois mes actions ont une justesse et un impact qui dépasse totalement mes capacités, j'en ai parfois le vertige, parce que ma raison ne peux pas et ne veux pas accepter ces donnée. Après diverses expériences, entreprises suite à des observations de comportement sur moi et d'autres, je peux dire que la musique me donne parfois accès à une force, une connaissance, une maîtrise qui n'est pas de moi, une force qui ne brise rien, mais qui absorbe tout, une force à qui l'on ne peut dire non, une force qui nous emporte et nous brûle en même temps. Tout ce que je fais dans cet état, je ne peux pas m'en prévaloir ou m'enorgueillir ou en avoir honte, car je sais que ce n'est qu'un genre de communication , un genre de lien qui nous unit tous, et que je n'ai fait que servir d'outil. Vous parlez souvent d'action, et c'est drôle parce qu'en parlant de vous à mes voisins, je vous pensais homme de savoir, mais, de plus en plus, il est pour moi évident que vous êtes un homme d'action. C'est parce que je me suis battue, parce que j'ai été obligée à un moment de faire ce choix: disparaître ou me battre. J'ai cru que la guerre était la seule option. Mais à force de violence, à force de me vider en actions, de faire ma place dans ce monde comme on se fait une place dans la jungle, j'y ai perdu des plumes. J'ai eu des coups de semonce, et j'ai compris que seule, je n'arriverai qu'à dresser la violence qui me détruisait. A force d'écoute, d'attention, j'ai un peu ouvert mon horizon. J'ai alors découvert cette force en moi, autour de moi: une force qui ne prenait pas sa source dans la violence, mais dans le silence, dans l'amour. Non, l'émergence de cette force, cet accès à une connaissance, la suppression de tout doute, une clarté aveuglante, non, cela ne me suffit pas, cela me permet de faire des choses qui m'étaient alors impossibles, d'être un pont entre ce qui paraissait séparé. Il y a forcément différentes façons d'être sous cette influence-là, en passant du boycotte total à la plus époustouflante et incompréhensible façon d'agir ou d'être. Mais je me relis et je trouve tout cela fade à côté de ce que j'aurai voulu pouvoir exprimer, on dirait que je suis devenue mystique, alors que je ne le pense pas du tout. Pourtant je ne regrette rien, parce que j'ai fait comme si c'était ma seule chance. Heureusement que vous me complétez ou comblez mes lacunes, vous et bien d'autres! Ha non, il faut que je revienne dessus: "Mais il me semble qu'il suffit pour vous de sentir cet être se révéler en vous pour être contentée, satisfaite, alors que l'émergence de cet être en moi engendre aussitôt cet impératif : fais, agis. Mais quelle action pourrait bien satisfaire cet être ? Sinon semble-t-il une action continue et éternelle visant à engendrer le monde, ou du moins à en poursuivre la genèse commencée. " C'est impossible de rester de pierre lorsqu'on est sous cette influence, on ne peut que se consumer dans l'appel du monde, l'ordre impératif en l'instant, mais l'humain est très instable et souvent il occulte de sa mémoire ou efface de son fonctionnement une telle réalité. Il s'accomode de peu, se satisfait de la médiocrité, et se complait dans son confort. Il faut un don entier de soi pour pouvoir répondre à une telle nécessité. L'impératif engendré est adapté à chaque capacité, chaque humain, chaque être, chaque instant.
  15. Ambre Agorn

    L'angoisse

    L'intéressant serait de savoir pourquoi nous restons accrochés à ce genre d'expérience? L'angoisse semble fournir des réponses, mais la vérité que vous en retirez, comment agit-elle sur votre vie, sur vous? Ces réponses, que pouvons-nous en faire?
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