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Dompteur de mots

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À propos de Dompteur de mots

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  1. Dompteur de mots

    La soumission

    Vous avez tout à fait raison. En l'occurrence, distinguons la fierté comme vanité de la fierté comme respect de soi-même.
  2. À une situation difficile qui normalement inspirerait cette réaction normale et souvent constructive que l'on appelle la peur, on peut parfois répondre par le déni. C'est-à-dire s'enfermer dans un scénario imaginaire dans lequel tout est censé bien aller. Comme le font par exemple les climato-sceptiques ou les climato-positivistes. Ou il y a une forme encore plus subtile de déni qui consiste à se séparer le cerveau en deux pour reconnaître d'une part que ça va mal mais d'autre part à continuer d'agir comme si tout allait bien. Comme le font par exemple ceux qui ne sont pas climato-sceptiques ou climato-positivistes. On peut dire que le déni constitue une forme de facilité et qu'il faut du courage pour le dépasser. Et cela notamment parce que ce dépassement suppose... d'avoir peur.
  3. Dompteur de mots

    La soumission

    Un raisonnement bien ciselé a le don de soumettre des interlocuteurs d'une façon admirable, dans la mesure où cette domination s'exerce dans l'optique de la recherche d'une juste résolution au-dessus, au lieu par exemple de la vaine recherche de quelque fierté personnelle. Inversement, nous dirons que le fait de se soumettre à un raisonnement supérieur est noble, dans la mesure où l'être consent ainsi à sacrifier sa fierté pour un but plus élevé. En revanche, il est abject de chercher à soumettre un interlocuteur par des moyens par exemple sophistiques et par pure vanité, tout comme il serait abject de se ranger à un raisonnement pour s'attirer des faveurs, par crainte de s'exprimer ou par indolence intellectuelle. Dans mon cas, le fait d'être le participant le plus avisé du forum comporte l'inconvénient que je me dois d'être mon propre contradicteur puisque personne ne le fera d'une façon satisfaisante. Également, cela vient avec tous les inconvénients qui découlent de l'habitude d'avoir raison: cynisme, arrogance, mépris, etc.
  4. L'explication chimico-nerveuse de la douleur n'est qu'une représentation qui nous permet d'avoir prise sur ce phénomène. D'ailleurs, en général, toute science n'a jamais pour fin que de nous permettre d'avoir prise sur le monde qui nous entoure. En l'occurrence, le fait de pouvoir représenter le phénomène de la douleur de la sorte nous permet par exemple d'inventer des méthodes pour la soulager ou au contraire pour la causer. Seulement, cette représentation ne dit rien de mon vécu. La douleur est quelque chose qui existe dans le monde des objets, dans le monde de la science, mais c'est aussi quelque chose qui existe dans mon vécu. La chimie ne dit pas le chagrin qu'elle peut me causer, la colère, l'angoisse, elle ne dit pas les pensées qu'elle peut provoquer en moi, elle ne dit pas la teneur de ces pensées, ni les résolutions éthiques qui peuvent en émaner, etc. Un être qui affirme que seule ne vaut que la représentation du monde par les objets et par la science fait du même coup au fond l'aveu qu'il traverse une crise d'identité et qu'il ne ressent plus rien ou qu'il ne sait plus ce qu'il ressent. Il n'a plus la compréhension de son propre vécu. Je pense qu'on passe tous par là à un moment ou l'autre.
  5. Un homme peut temporairement s'extraire en quelque sorte de lui même pour adopter une posture que j'appelle devant-le-monde (je mets des tirets parce que ça fait plus technique), lui permettant de considérer le monde comme un objet dont les éléments sont liés par des relations de cause à effet qui peuvent être formalisés par le moyen du langage. Mais il s'avère que le monde ne saurait être réduit à un objet. Et cela parce que le monde comme objet n'est qu'une vue de l'esprit, une commodité que je me donne afin d'accroître mes possibilités de réflexion et d'action. Et le fait est que je demeure plutôt foncièrement engagé-dans-le-monde. Je suis foncièrement lié à ce qui m'entoure au point que je m'y fonds quelque peu et que le monde se fond quelque peu en moi. Cet engagement est à bien des égards l'objet de la poésie (au sens large) ou encore de la spiritualité. Mais parfois, par une déviation causée par l'habitude ou l'indolence, l'homme risque d'appréhender ce fonds spirituel en adoptant une posture devant-le-monde, c'est-à-dire en cherchant des objets là où il n'y en a pas. Nous dirons alors qu'il fait de la métaphysique. Dans un ancien texte, j'utilisais, en guise d'image pour décrire la posture du métaphysicien, celle d'un homme qui tenterait d'apercevoir le son: On peut s’imaginer avec amusement le faciès profondément imbécile de l’homme qui tenterait d’apercevoir le son : front tendu, yeux dilatés, scrutant l’air comme un égaré, afin d’entrevoir ce qui n’appartient qu’au seul domaine de l’oreille. Cette vision ridicule, c’est la caricature parfaite du métaphysicien. J’aime à penser que nous en portons tous les traits parfois, incluant même votre humble serviteur. Ah ! C’est qu’il est fermement inscrit au cœur de l’homme le rêve de pouvoir saisir le mystère qui sourd du mouvement éternel des choses, et d’en édicter la loi !
  6. Disons que la vie en société passe par un processus de temporisation de certains affects. Et lorsque (immanquablement ?) beaucoup (trop ?) d'affects sont temporisés, ils finissent par coaguler et par former quelque chose comme un autre qui nous habite. Par suite, cette double vie devient une habitude, et les autres peuvent alors profiter de la situation gaiement - la plupart en toute innocence, certains en toute conscience. Les habitudes sont toutes difficiles à dénouer. Il y a la manière forte: demain je m'habille en fille ou je me fais un mohawk, et il y a la manière douce: je fais évoluer mon personnage par un lent et méthodique travail d'affirmation de mon autre.
  7. Dompteur de mots

    Art et vérité

    Quel sens donnes-tu ici au concept de vérité ? S'agit-il du potentiel de la nature ? De ce qu'elle a à nous offrir en termes de créations possibles ? La technique est-elle davantage porteuse de vérité selon toi parce qu'elle exprime directement l'une de ces potentialités, alors que l'art ne fait en quelque sorte que faire miroiter abstraitement de monde ce possibles ?
  8. Nous pourrions définir l'intelligence comme la capacité de mettre sur pied des plans d'action efficaces. Par exemple, d'aucuns pourraient affirmer que j'ai une certaine intelligence philosophique parce que je suis apte à formuler des jugements philosophiques propres à orienter le cours général de l'existence d'une façon somme toute crédible et constructive. Un autre pourrait être dit doté d'intelligence politique parce qu'il est apte à former des schémas de navigation au travers des composantes de la vie politique propres à rendre possible l'aboutissement de projets (législatifs ou autres). Quant à l'intelligence morale, que me semble recouper l'idée de malignité (celle-ci en étant le pendant négatif, soit l'idiotie morale), elle pourrait être définie comme l'aptitude à former des jugements quant à sa conduite et quant à la conduite de la collectivité qui soient propres à favoriser l'épanouissement de cette collectivité.
  9. Mon Dieu ! Comme vos lectures sont constipées ! (Pas seulement la tienne Riad, si cela peut te consoler.) Peu importe que le hasard n'existe pas comme cause opérante : nous avons tout de même des réactions affectives face aux événements imprévus de notre existence, et nous les accueillons comme nous accueillerions les gestes d'un être de sang et de chair: nous nous fâchons, nous maudissons le destin, ou au contraire nous remercions les dieux. Or, ce que nous dit Nietzsche, c'est que si effectivement le hasard, l'inconnu, l'imprévisible est un être, alors il doit s'agir d'un enfant qui joue avec les ressorts du monde sans trop d'égard quant aux conséquences. Mais peut-être que l'esprit de ce que nous dit le moustachu philosophe devient plus clair si nous formulons la chose d'une façon éthique, c'est-à-dire d'une façon normative: ainsi dirions-nous qu' "il vaut mieux considérer le hasard comme un être innocent".
  10. Je vous ai jadis insulté AnnaLevine, et par conséquent il est tout à fait légitime que vous cherchiez à vous venger, et cela mérite a priori mon respect. Je sens toutefois que vous avez maladroitement sauté sur la première occasion de le faire, ce qui n'est pas sans me décevoir. En l'occurrence, je vous dirai que même les actes de conquête peuvent être interprétés comme des tentatives d'aménagement du monde. Je dirais même plus: l'aménagement d'un chez-soi - ne fut-ce que la plus chétive cambuse, n'exige-t-il pas un acte de conquête ? Par ailleurs, je vous pousserai cet argument d'autorité, à savoir que mon idée, par laquelle j'interprète Heidgger, a été piochée chez Arendt. Or, je suis convaincu que vous êtes du genre à encenser Arendt.
  11. Je vous confirme que je l'ai lu. J'ai un recueil intitulé "Essais et conférences" (que j'ai fait purifié par un prêtre en l'achetant). Il contient un autre essai intitulé "... L'homme habite en poète..." ou la notion d'habitation connaît des développements supplémentaires. Un autre passage intéressant réside dans la conclusion du 1er texte: où Heidegger critique l'idée que les hommes de son temps se font de la crise de l'habitation - c'est-à-dire comme pénurie de logements. Heidegger maintient pour sa part, sans nier la pénurie de logements, que la véritable crise de l'habitation réside dans le fait que les hommes ne savent plus habiter.
  12. Je doute que vous soyez capable de me proposer une lecture de Bataille que je n'ai déjà faite. Si la philosophie ne peut traiter des concepts qui ne relèvent pas spécifiquement de sa discipline, alors elle est condamnée à n'être qu'un bavardage stérile. Qu'est-ce que cela signifie de dire que la culture est un concept anthropologique ? Voulez-vous dire que c'est quelque chose dont ne devraient parler que les anthropologues ? Quant aux liens entre la culture et le bâtiment, je vous ferai d'abord remarquer que l'art du bâtiment fait partie de la culture. Par ailleurs, même si a priori deux mots n'ont pas de lien formel, le langage nous permet parfois de tisser des connections spéciales entre ceux-ci, par le moyen d'un assemblage analogique. Nous dirons alors que l'auteur veut faire image. Par exemple, je pourrais parler de l'"édifice de la culture" afin de montrer qu'elle n'est jamais que le produit de l'activité des hommes. Heidegger mange à la gauche de Belzébuth, quelques rangs après Goebbels et Himmler. Je ne m'approche jamais d'un livre de Heidegger sans m'assurer que la pièce dans laquelle je me trouve contient un crucifix. Quant à Sartre, il dort dans l'ombre de Staline qui lui-même dort dans l'ombre d'Azraël l'ange de la mort, qui lui-même dort aux côtés de Lucifer.
  13. "[...] nous pensons, à partir de l'habitation, ce qu'on appelle d'ordinaire l'existence de l'homme. À vrai dire, nous délaissons ainsi la représentation courante de l'habitation. Cette représentation ne voit dans l'habitation qu'un comportement de l'homme parmi beaucoup d'autres."
  14. L'un des propres de l'homme est effectivement d'aménager le monde afin de le rendre familier. Non pas seulement physiquement mais aussi et surtout par le moyen de la culture. Nous nous donnons des rites, des lois, des traditions qui nous permettent de nous sentir chez nous dans le monde. C'est une vision très humaniste en ce sens où cette oeuvre culturelle ne peut advenir que par un travail collectif.
  15. De plus, les nazis descendent directement de Belzébuth. Vous lisez les nazis, vous lisez Belzébuth.
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