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  1. FFr Mag'

    Elsa
    Dernier billet

    Par Elsa,

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    Bonjour à tous, et bienvenue sur ce 43ème Mag. Un Mag un peu spécial, puisqu'il s'agit du dernier numéro.

    L'équipe tire en effet sa révérence après 43 mois de discussions, rédaction, corrections. Cette "fin" ne sera peut-être qu'une pause, mais pour l'heure nous avons pris la décision de nous arrêter.

    Un gros merci à tous les lecteurs du Mag, fidèles chaque mois. Merci aussi à l'équipe de ForumFr qui nous a offert cet espace pour 43 numéros.

    Et une grosse pensée enfin pour tous ceux qui ont participé au Mag, de près ou de loin, durant ces années.

    Dans ce dernier numéro, vous retrouverez:

    - l'article cuisine d'Eloba sur les repas de fête

    - et celui d'Angeeeel qui nous aide à gérer... Les lendemains de fête

    - une nouvelle artisterview de Zala,

    - l'article cinéma de Noisettes

    - le micro trottoir, les acrostiches et les paroles de star d'Eva.

    Au revoir donc, et peut-être à bientôt,

    L'équipe du Mag.

    Certains rédacteurs ont tenu à rédiger un petit mot:

    Bonjour

    Comme vous l'aurez compris, le mag est en "stop" .. Il n'est évidemment pas exclu de reprendre par la suite, et croyez-moi, vous serez prévenus!

    Je ne sais pas quoi dire.. Hormis que, pour moi, ça a été vraiment de beaux moments. Je ne suis pas là depuis les débuts contrairement à d'autres membres de l'EquipeMag, mais deux ans; ce n'est pas rien. En deux ans, tellement de choses changent qu'il est finalement difficile de me dire que le Mag est resté tous les mois de cette période là, articles après articles, mois après mois,..

    C'est non sans émotion que je vous dis "au revoir". J'espère simplement que vous vous êtes autant amusés à me lire que moi à vous écrire et qu'on se "reverra" bientôt..

    Et "merci", merci à certains de m'avoir lue, commentée, suivie, .. A d'autres d'avoir été mes "collègues" de Mag', ..

    Merci à vous, merci pour tout.

    Zala.

    Bonjour,

    Je n'étais pas non plus présente dès le début mais ça fait quand même 2 ans 1/2 :)

    Merci à ceux qui m'ont lue, commentée et qui ont même partagé des recettes. J'espère avoir donné un ptit peu envie de cuisiner à certains et n'oubliez pas que la cuisine c'est aussi pas mal de tests :D

    Merci à toute l'équipe et à tous les lecteurs. A bientôt :)

    Elo

    Coucou les gens ,

    J'ai eu l'honneur et le plaisir de participer à ce Mag depuis le début de sa parution. Cela fait maintenant pas mal de temps donc que je prends plaisir chaque mois à vous divertir, comme toute chose, il faut parfois prendre du recul, souffler un peu ...Bref , c'est non sans émotion que je fais escale et prends un bol d'air frais :)

    Merci à toute l'équipe, ça n'a pas été simple tout le temps, mais si c'était à refaire, je prends les mêmes et on recommence ! On ne change pas une équipe qui gagne ! ( Cali ;) )

    Merci au forum de nous avoir permis cette belle aventure.

    Je vous souhaite beaucoup de bonheur à tous !

    Gros bisous, Evasive.


  2. Demain ne naît jamais

    J'ai jamais su conjuguer plus d'un verbe au futur
    Et je compte pas m'y mettre, à quoi bon gamberger ?
    Infoutu de projeter ne serait c'que mon ombre
    Dans cette nuit noir artère encore bien trop sombre
    Pour tirer des plans décents sur l'étoil' du berger.


    Je ne trouve plus de sens dans les épistémès
    Qu'ont su me persuader que le ciel s'allumait ;
    Si je sais où j'mets les pieds, c'est à force d'ampoules,
    L'oiseau de nuit le plus sûr se couche avec les poules
    Et le coq ulule car demain ne naît jamais.


    Je me suis sûrement mis un titan grec à dos,
    Genre Hypérion ou Cronos, un qui fait pas d'cadeau,
    Je vois la terre tourner plurielle et résolue
    Or j'en suis au même point quand elle est révolue,
    Des tours et des tours plus tard, je suis le mêm' qu'ado.


    Mais c'est quand je crois que l'temps qui s'écoule est bénin
    Que l'aiguille quoiqu'au trot distille son venin,
    Irresponsable fini, le choix me tétanise,
    J'finis la tête sous l'eau que par ailleurs j'anise
    Aussi sûr que bébé qu'on abandonne à son bain.


    Si t'attends, avec le temps tout ne fait qu'empirer,
    Je mentirais prétendant que j'entends m'en tirer
    Quand j'observe le silence entre quatre murmures
    De lamentation manquant d'iodure et de bromure
    Et pourtant je sais bien que demain je mourirai.

    Révélation

    Petite playlist des morceaux qui m'ont de près ou de loin inspiré :

     

     


  3. Tequila Moor
    Dernier billet

    Delphes fine
    Cinégénique mutine
    Tu chaviras ; hauts-fonds
    J’en rejoins les bas-fonds

    Toi, naïade
    Synonyme de noyade
    Rudoie ma brisure
    Festoie en mon azur


    Dauphin d’enfer
    De ton aileron, de l'amer
    C’est pour moi une horreur
    D’affronter ton bonheur

    Dauphin bénie
    De ma vie, fut ontologie
    Vois ; t'ayant adoré
    J’en lape cruauté


    Beau dauphin ondoyant
    Ouvrit ton océan
    Gemme fièvre
    Inondée entre tes lèvres

    Qui maintenant l'ornent
    Vous en voici morne
    Equipage
    S'étant avéré volage


    Dauphins d’enfer
    En ces plongées, d'où il appert
    Que pour vous, un honneur
    Est me voir qui y meurt

    Dauphins maudits
    J'en reste, fou de jalousie
    Envers cet amour nié
    Cette aimance dédiée


    Dos à dos fins
    De là naissent désirs carmins
    En mon triste cerveau
    Coincé entre deux eaux

    Salée, cette faille
    La lie aux entrailles
    L'exécration
    Inoculant un fier poison


    Dauphin d’enfer
    Où j'ai chu, où la colère
    Me fit équarrisseur
    De vos corps et vos coeurs

    Dauphin d'ennui
    À jamais, d'oubli se languit
    Sentiments dévorés
    Sans plus d'identité


  4. Je réponds ici aux 18 premiers points proposes par Jean Robin, qu'il a également publie sur son blog : Réponses à nos preuves 1 à 18

    1. La Bible est le livre à être traduit dans le plus de langues du monde

    J.E (existence) : Qu’un livre soit traduit ne constitue pas une preuve de sa véracité, donc de l’existence Dieu. Cela montre que des moyens importants ont été mis en œuvre pour promouvoir le christianisme et que le christianisme a eu une influence culturelle importante.

    Jean Robin : Certes, mais comment expliquez-vous qu’il soit le livre le plus traduit au monde de tous les livres au monde depuis que les livres existent ? Il n’y a aucune concurrence entre la Bible, traduit dans plus de 2000 langues, et les autres livres les plus traduits, dans une centaine de langues maximum. Des moyens importants ont été mis en œuvre pour promouvoir des milliers d’autres livres, de Harry Potter à 50 nuances de gris pour les plus récents, pourtant il ne sont traduits que dans une centaine de langues, malgré tous les moyens modernes. L’argument selon lequel le christianisme a eu une influence culturelle importante donc la Bible est le livre le plus traduit me paraît un raisonnement circulaire car on pourrait tout aussi bien prétendre l’inverse : la Bible est traduite dans le plus de langues donc etc. Et cet argument ne tient même pas compte de la longueur de la Bible, qui est beaucoup plus longue que la plupart des autre livres traduits et qui devrait donc freiner sa traduction vu les coûts que cela représente.

    J.E : Les raisons de la réussite du christianisme sont sans doute complexes. Un élément important est que l’empereur Constantin a promu le christianisme. Or l’empire romain était un grand empire. D’autre part, le christianisme a favorisé les traductions ne serait-ce que parce que tout le monde ne parlait pas araméen ou grec. Au contraire, dans l’Islam, l’étude du Coran en arabe a été promue parce que la langue arabe était considérée comme supérieure. Le christianisme a donc eu une plus grande capacité d’adaptation. Quant au judaïsme, il a moins vocation à convertir tout le monde.

    1. La Bible est le livre le plus imprimé de l’histoire de l’humanité

    J.E : C’est un argument semblable au précédent. Il s’agit d’une performance mais pas une preuve que le contenu du livre soit vrai. Cela peut éventuellement montrer que la religion chrétienne a beaucoup séduit ou bien qu’elle a été soutenue par des gens ayant des moyens financiers.

    J.R : Certes mais d’où vient selon vous cette performance ? Si elle a beaucoup séduit ou qu’elle a été soutenu par des gens ayant des moyens financiers, comme vous semblez le croire, pourquoi celle-là et pas une autre ? Il existe des milliers de religions dans le monde depuis des milliers d’années. Sachant que les 50 preuves sont cumulatives et prétendent prouver toutes le même Dieu, ne l’oubliez pas.

    J.E : On en revient à la promotion par le puissant empire romain et aussi à l’ingéniosité des missionnaires. D’un point de vue athée, qu’une religion soit plus répandue qu’une autre ne prouve pas qu’elle est vraie, puisqu’aucune n’est considérée comme vraie. Cela serait éventuellement un argument seulement si l’on présupposait qu’il y avait une religion vraie.

    1. Il n’existe aucun autre manuscrit de l’Antiquité que ceux de la Bible qui soient aussi précis et concordants

    J.E : La Bible n’est pas aussi cohérente que cela. Les gens qui étudient la Bible dans le détail reconnaissent que les différents récits y sont un peu contradictoires. Concernant les points communs entre les récits, ils peuvent s’expliquer de diverses façons : que les auteurs se soient entendus ou bien aient copiés les uns sur les autres, ou encore que des éléments aient été rajoutés postérieurement.

    D’autre part, à ma connaissance, les historiens considèrent que même si la Bible cite des éléments historiques, elle contient aussi beaucoup d’affirmations fausses. N’étant pas historien, je ne peux pas développer plus que cela.

    J.R : La preuve ne concerne pas la cohérence de la Bible mais la cohérence des manuscrits bibliques entre eux. Aucune comparaison possible entre les manuscrits bibliques entre eux et tout autre manuscrit de n’importe quelle œuvre de l’antiquité. Pourquoi selon vous ?

    J.E    Il me semble qu’il y avait d’autres écrits a l’époque. Notamment des récits extraordinaires comme l’Illiade. Après, n’étant pas historien, je ne peux pas trop développer cela. Pour ce qui est de la conservation de l’Ancient Testament, cela s’explique par le travail des communautés juives.

    1. Les Prédictions Messianiques de la Bible

    J.E    Il n’est pas étonnant que des gens ayant écrit des récits pour décrire un messie y ait mis des éléments qui étaient dans l’Ancien Testament. Ce qui serait étonnant, c’est que les faits relates soient avérés et correspondent aux prédictions. Mais c’est justement ce que cette affirmation cherche à démontrer.

    J.R : En fait pour tenter de prouver que cet argument est faux, il faut selon moi :

    – prouver que Jésus n’a pas existé, donc qu’aucun historien, chrétien ou non chrétien, ni qu’aucune personnalité chrétienne ou pas ait jamais parlé de lui en son temps ;

    – prouver que ceux qui ont cru dans l’Ancien testament ont aussi cru dans la venue du messie et ne l’ont pas fait crucifier

    Hélas je cite dans mon livre et dans ma réponse aux athées en action toutes les sources du contraire. Qu’en déduisez-vous ?

    J.E    Je ferais une différence entre l’existence d’un Jésus historique et l’existence d’un Jésus faisant des miracles et correspondant vraiment aux prédictions de l’Ancien Testament. Même si je ne suis pas convaincu qu’un Jésus historique ait existé, je ne pense pas avoir la charge de prouver son inexistence. Et puis c’est une débat d’historien.

    Ce qui importe plus, c’est si un Jésus faisant des miracles a existé. Il me semble que les sources historiques autres que la Bible ne relatent pas les miracles en question. De mon point de vue, la charge de la preuve est au niveau des miracles. Il ne me semble pas que les miracles soient relatés dans des écrits considérés comme fiables. Là encore, on en revient à un débat d’historien.

    Sinon, que quelqu’un ait été crucifié ne démontre pas sa divinité.

    1. Jésus est l’être humain le plus connu et le plus influent au monde.

    J.E :   Le personnage de Jésus est connu parce que la religion chrétienne a eu beaucoup d’influence. Cela ne prouve pas que ce qui est dit a propos de ce personnage soit vrai. En l’occurrence, cela ne prouve pas que Jésus existe au XXeme siècle et qu’il soit un aspect de Dieu. L’idée de Jésus en revanche est très présente, dans l’esprit des chrétiens notamment.

    J.R : Si vous dites « personnage » c’est que vous avez la certitude qu’il n’a pas existé. Or son existence est plus attestée historiquement par des chrétiens et non-chrétiens que des empereurs de l’époque. Dès lors, il faudrait expliquer pourquoi vous croyez dans quelque chose qui est faux et que vous vous basez dessus pour croire que ce qu’il a dit ne serait pas vrai. D’ailleurs là n’est pas la question posée. Jésus est-il oui ou non l’être humain le plus connu et le plus influent au monde, alors qu’il n’a jamais rien écrit et qu’il était pauvre et mort à 33 ans ? Si oui, comment l’expliquez-vous d’un point de vue rationnel ? Je ne reviens pas sur l’argument circulaire du christianisme qui a eu beaucoup d’influence.

    J.E    Non, j’utilise le mot personnage parce que je considère qu’il s’agit d’un agrégat de considérations historiques et spéculatives. L’être humain Jésus d’il y a deux mille an, en supposant qu’il a existé, est mort depuis longtemps. Je ne sais pas si quelqu’un nommé Jésus a existé.

    C’est vous qui vous basez sur son existence historique. Moi je n’ai pas besoin de cette base.

    Pour revenir à la question, il y a plusieurs facteurs explicatifs comme : la puissance de l’empire romain et la psychologie (Jésus est sympathique et il est un bouc émissaire parfait puisqu’il prend tout sur lui).

    1. Jésus est différent de tous les autres hommes

    J.E    Oui, et ?

    J.R : Si c’est le cas, comment l’expliquez-vous rationnellement ?

    Il est le seul à ne jamais avoir menti, d’après tout ce que ses amis et ennemis ont dit de lui. Il est le seul à avoir parlé et agi comme étant l’égal de Dieu. Il est le seul à être mort dans une passion terrible, pardonnant et offrant sa vie pour la multitude. Il est le seul à avoir dit qu’il ressusciterait au bout de 3 jours, ce dont il existe des preuves (voir ci-dessous). Il est le seul pour lequel d’autres hommes ont témoigné au prix de leur vie que Dieu lui a fait traverser la mort (autrement dit qu’il est ressuscité).

    J.E : Une explication plausible est que cette perfection a été inventée. Encore une fois, il se peut qu’un personnage historique ait existe mais qu’il n’ait pas été aussi parfait. Ensuite, que des gens ait risque leur vie pour affirmer leur croyance montre leur attachement pour cette croyance, pas que la croyance en question soit vraie.

    1. Jésus est ressuscité

    J.E    Dans les cœurs des humains qui croient en lui. Ce qui est un point de vue subjectif. Chacun est libre de croire ce qu’il souhaite. Y compris de croire que Jésus est seulement un personnage conceptuel.

    J.R : Je vous renvoie à ces faits historiques : http://www.reasonablefaith.org/french/cinq-raisons-qui-font-que-dieu-existe

    J.E    Ce ne sont pas des faits historiques mais des raisonnements métaphysiques.

    1. La probabilité pour que l’Univers existe est nulle

    J.E    Il est vrai que les paramètres de l’Univers ont des valeurs pratiques pour que la vie existe. Pour moi, cela suggère qu’il y a d’autres Univers avec d’autres paramètres. Dans tous les cas, cela ne prouve pas l’existence de Dieu, puisque Dieu lui-même a une probabilité nulle d’exister, ce n’est donc pas une hypothèse plus probable.

    J.R : Dieu est défini comme en dehors de l’espace et du temps, infini et incréé, sa probabilité n’est donc pas nulle d’exister puisqu’il ne se plie pas aux lois qu’il a créées dans l’espace et dans le temps (sauf quand il décide de s’incarner dans sa création, en la personne de Jésus).

    Par contre la probabilité pour que l’Univers existe est nulle car le néant ne donne pas naissance à rien. Or il a été démontré scientifiquement depuis quelques dizaines d’années (ce que les auteurs de la Génèse ignoraient) que l’Univers n’a pas toujours été. Auparavant tout le monde, scientifiques compris, croyaient en un Univers éternel.

    Si la loi de la causalité est vraie, il est impossible que l’Univers soit né à partir de rien. Mais pas qu’il y ait une cause première qui elle-même n’ait pas de cause. Si ?

    J.E    Je ne reviens pas sur votre conviction de l’existence de Dieu.

    Pour la question de la causalité, je pense que plus l’on approche du Big Bang, plus les circonstances sont particulières et moins les lois de la causalité telles que nous les connaissons s’appliquent. Les connaissances scientifiques actuelles suggèrent que le contenu de l’Univers provient des fluctuations quantiques aléatoires. Voir par exemple Lawrence Krauss.

    1. La probabilité pour que la vie existe sur Terre est nulle

    J.E    Je ne pense pas. La Terre a des paramètres adéquats pour l’apparition de la vie. Cela peut paraître une bonne coïncidence, mais en considérant l’ensemble des planètes qui existent dans l’Univers, il y a une telle multitude que trouver un certain ensemble de paramètre est en fait une certitude. Simplement, nous sommes la vie en question, et donc, nous pouvons nous émerveiller des conditions favorables. Sur les planètes ou il n’y a pas la vie, il n’y a personne pour se poser la question.

    J.R : « Le chercheur américain Michel Hart, du Trinité collège, a montré que la probabilité pour qu’une molécule organique susceptible de se dupliquer apparaisse spontanément à la faveur de collisions aléatoires est quasi – inexistante. C’est lui qui a calculé cette valeur de 10-30. La probabilité d’apparition de la vie est infiniment petite, voire nulle ! Mais comparons… Quelle est la probabilité que le journal d’aujourd’hui contienne 1200 fois la lettre  » a « , 867 fois la lettre  » b « … Réponse: Quasi – nulle. Mais, la vie, comme ce numéro d’un journal, comme tout autre événement décrit avec précision n’est pas improbable, mais… imprévisible. »[1]

    [1] http://villemin.gerard.free.fr/aScience/Biologie/aHOMME/Vie.htm

    J.E : Une faible probabilité n’est pas une impossibilité. Encore moins quand il y a des innombrables planètes. La comparaison avec un journal n’est pas valable puisqu’un journal est écrit par un être humain qui n’a pas un comportement aléatoire.

    1. Seul Dieu explique le passage de l’inerte à la vie, de l’absence d’intelligence à l’intelligence, de rien à quelque chose

    J.E :   Voilà une affirmation péremptoire. Autrement dit, est-ce qu’il y a un débat ou pas ?

    J.R : A vous de démontrer scientifiquement comment, sans faire appel à Dieu, on peut passer de la matière inerte à la vie, de l’absence d’intelligence à l’intelligence, de rien à quelque chose. C’est ce que vous croyez a priori. Et vous ne croyez pas quelque chose sans preuve, a priori.

    J.E :    En supposant que je n’ai pas de preuve, cela ne prouverait pas l’existence de Dieu. Au cours de l’histoire, un nombre de phénomènes a été explique par « Dieu l’a fait ». Au fur et à mesure de la compréhension scientifique des phénomènes, des explications alternatives ont été trouvées et l’explication « Dieu l’a fait » a été abandonnée.

    Sinon pour l’essentiel, la réponse a votre question est : l’Évolution.

    1. La cote est le seul os humain qui se reconstitue quand on l’enlève

    J.E :    Peut-être, et ?

    J.R : Ceux qui ont écrit la Génèse n’avaient aucun moyen de le savoir. Sinon comment expliquez-vous cela ? Simple coïncidence ? Autre raison ?

    « Dans une nouvelle étude du Journal of Bone and Mineral Research, une équipe dirigée par la chercheuse de l’USC Stem Cell Francesca Mariani a étudié le phénomène.  Utilisant l’IRM, l’équipe a étudié la guérison d’une côte humaine qui avait été partiellement ôtée par un chirurgien. Les 8 centimètres manquant de l’os et le centimètre manquant de cartilage se sont partiellement réparés après 6 mois. »[1]

        [1] http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2756968/We-regenerate-Researchers-reveal-ribs-regrow-damaged-say-true-entire-skeleton.html, traduit en français par l’auteur

    J.E :    Il ne me semble pas que la Genèse dise que la cote se soit reconstituée. D’autre part, il y a d’autres traductions possibles du texte hébreu :

    http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/07/11/quel-os-dieu-vraiment-pris-a-adam-pour-creer-eve/

    1. *L’idée du Big Bang est dans la Bible

    J.E    Faux. La Genèse parle d’une création de la Terre. Les étoiles y sont des sortes de lampions pour éclairer la nuit.

    J.R : « La plupart des cosmologistes (les scientifiques qui étudient les structures et l’évolution de l’univers) s’accordent que la création de la Genèse, dans la rêverie d’un vide initial, peut être incroyablement près de la vérité. » Time, décembre 1976

    « L’univers subitement naît d’une explosion… Le Big Bang a une ressemblance mystérieuse à l’ordre de la Genèse. » L’écrivain scientifique Jim Holt, Wall Street Journal

    « De nouvelles révélations scientifiques des supernovas, des trous noirs, des quarks et le big bang suggèrent même à certains scientifiques qu’il y a un « grand architecte » dans l’univers. » Les Nouvelles Américaines et le Rapport Mondial, 31 mars 1997

    J.E    Des gens ont envie de faire des rapprochements, et ?

    1. La Bible et la suspension libre de la Terre dans l’Espace

    Pas de réponse

    1. La Bible et la science de l’Océanographie

    J.E    Si je comprends bien, vous parlez de phrases de ci de la que vous interprétez comme des affirmations scientifiques. Étant donne les nombreuses phrases, et en l’occurrence ayant une teneur poétique, il est probable que certaines puissent être interprétées comme cela. Cela ne prouve pas que cela en était l’intention au départ. Par exemple le livre de Job est plutôt une réflexion sur le Bien et le Mal et sur la vie et la mort.

    Et quand bien même un auteur aurait eu une intuition vérifiée scientifiquement, cela ne prouve pas l’existence de Dieu. En effet, cela revient à dire : il y a telle phrase qui est vraie dans la Bible, donc par généralisation la Bible est vraie, donc Dieu existe puisque la Bible le dit.

    J.R : « Matthew Maury (1806-1873) est considéré le père de l’océanographie. Il a remarqué l’expression « les sentiers de la mer » dans le Psaume 8:8 (écrit il y a 2,800 ans) et a dit, « si Dieu a dit qu’il y a des sentiers dans la mer, je vais les trouver. » Maury a alors pris Dieu aux mots et est allé chercher ces sentiers et nous sommes redevables à sa découverte des courants continentaux chauds et froids. Son livre sur l’océanographie reste un texte fondamental sur le sujet et est toujours utilisé dans les universités. » Ray Comfort, Faits scientifiques dans la Bible

    J.E    Des gens se justifient par des passages bibliques. Cela est peut-être lie au fait que la Bible étant une référence culturelle, cela donne un sentiment d’appartenance et de légitimité.

    1. La Bible parle d’un ancêtre commun

    J.E    Mais encore ?

    J.R : « Les chercheurs suggèrent que pratiquement tous les hommes modernes, dont 99 % d’entre eux, nous dit un scientifique, est rattaché de près génétiquement et partage des gènes avec un ancêtre mâle surnommé chromosome-Y Adam. Nous constatons que les humains ont des racines génétiques très peu profondes qui viennent d’un ancêtre très récent… Cela indique que l’origine a pris naissance à un endroit spécifique sur le globe et ensuite il s’est répandu de là. » US. News & World Report, 4 décembre, 1995

    J.E    C’est encore une utilisation de la Bible à des fins de communication. Si j’ai bien suivi, au cours de l’évolution, il y a eu un groupe assez restreint d’humains : peu avaient survécu. Ce petit groupe s’est ensuite remultiplié. Il ne s’agit donc pas d’une origine génétique récente mais d’une réduction temporaire du pool génétique.

    1. Le christianisme a donné la science moderne

    J.E    La science est certes apparue dans un milieu où les gens étaient pour la plupart croyants. Cependant, ce qui a produit la science moderne, c’est la rigueur de raisonnement, la volonté d’apprendre sur la réalité en réalisant des expériences pour vérifier les hypothèses. Avoir la foi en Jésus n’est pas une garantie de faire du travail scientifique de qualité.

    J.R : Il faut croire que ce que vous dites est faux, puisque les principales branches de la science moderne ont toutes été créées par des créationnistes :

    « Beaucoup de grands scientifiques du passé qui ont fondé et ont développé les disciplines clés de la science étaient créationnistes. Notez les exemples suivant :

    En physique : Newton, Faraday, Maxwell, Kelvin

    En biologie : Ray, Linnaeus, Mendel, Pasteur

    En géologie : Steno, Woodward, Brewster, Agassiz

    En astronomie : Kepler, Galiléo, Herschel, Maunder

    Ces hommes, ainsi que plusieurs autres qui pourraient être mentionné, étaient créationnistes, pas des évolutionnistes et leurs noms sont pratiquement synonymes avec la progression de la science moderne. Pour eux, l’entreprise scientifique était la plus haute vocation, c’est être dédié aux pensées de Dieu. » Henry M. Morris et Gary E Parker, What is Creation Science ?

    J.E    Les scientifiques sont des êtres humains qui font partie d’une culture et donc ils s’expriment dans les termes de leur culture. Rien de bien étonnant. Ironiquement, leur travail a permis la progression de l’athéisme. D’où le rapport assez ambigu que la religion a entretenu avec la science.

    1. Plusieurs des meilleures universités au monde ont été fondées par des protestants

    J.E    C’est possible. L’occident a donné le protestantisme autant que la science moderne. Je ne vois pas en quoi cela prouve l’existence de Dieu.

    J.R : Je sais que vous ne le voyez pas, mais là n’est pas la question que je vous pose. Le défi consiste à expliquer pourquoi ces faits ont eu lieu en terre chrétienne et pas ailleurs, sans faire référence à l’idée de Dieu.

    J.E    Eh bien par exemple, il me semble que dans l’Islam la science a été considérée comme maléfique pendant un temps. Et puis d’autres régions du monde n’ont pas eu les mêmes avancées technologiques. L’occident n’est pas que le berceau du christianisme, il est aussi le lieu des philosophes grecs par exemple. Le christianisme est un élément parmi d’autres, il n’est pas la cause de tout dans la civilisation occidentale.

    1. Le protestantisme a permis le développement du capitalisme comme nulle autre religion

    J.E    Oui, et ? Le capitalisme est une preuve de l’existence de Dieu ?

    J.R : Le capitalisme a sorti des milliards de gens de la pauvreté, en a guéri autant, grâce à la science médicale. Or Jésus a guéri quand il est venu sur terre, et Dieu souhaite le bien pour sa création. La pauvreté est-elle une bonne chose selon vous, ou une mauvaise chose ? Et la maladie ? Et de toute façon, la question est la suivante : comment expliquez-vous ce fait autrement que par Dieu ?

    J.E    Est-ce bien sérieux comme question ? La pauvreté est négative évidemment.

    Je ne considère pas que le capitalisme soit bon ou mauvais en tant que tel. Il est assez ambigu par rapport à la pauvreté. Le résultat en Afrique n’est pas aussi glorieux que cela. Et je ne parle même pas de l’industrie de l’armement qui fait du lobbying pour favoriser les guerres.

    Ce n’est pas qu’une question de capitalisme, il y a la problématique des monopoles et des intérêts nationaux, mais aussi de la fabrication du consentement dans l’opinion publique, la question de la démocratie aussi.

    On garde par exemple des impôts élevés pour les petites entreprises parce que les grandes entreprises sont puissantes et même si on pouvait baisser les impôts des petites entreprises et augmenter les impôts des grandes entreprises, on ne le fait pas.

    Donc, nous ne sommes pas d’accord sur la prémisse que le capitalisme est en soi une bonne chose. C’est plus compliqué que cela.

    J.R : Je vous laisse le dernier mot sur chaque réponse, mais je fais une réponse globale cette fois, libre à vous d’y répondre.

    Ce qui est intéressant dans vos réponses, c’est qu’elles font totalement fi du fait qu’il y a des milliers de religions sur terre, ce que les athées nous servent pourtant matin, midi et soir. Là bizarrement, cet argument n’est jamais invoqué. Pourquoi pas ? Sachant qu’il y a des milliers de dieux et de religions dans l’histoire, il est contraire aux probabilités qu’une seule religion et qu’un seul Dieu ressortent parmi tous, dans autant de facteurs vérifiables comme étant positifs (notamment les preuves 16 à 50) ou largement à l’écart de tous les autres (notamment les preuves 1 à 7).
    Par exemple vous cherchez à expliquer comment le christianisme est devenu la première religion, mais pas pourquoi. S’agit-il du hasard, comme les athées le croient généralement ? Pourquoi ne croyez-vous pas qu’il s’agit du hasard ? Croyez-vous que l’univers a un sens ? Non, donc il ne peut s’agir que du hasard n’est-ce pas ? Pourquoi ne l’invoquez-vous pas ? A moins de considérer que ce serait une défaite en rase campagne que de l’invoquer, ce que je pourrais comprendre. Mais les athées adorent évoquer le hasard quand il s’agit de la théorie de l’évolution, de la naissance de l’univers ou de tant d’autres choses. Quand il s’agit de 50 faits qui convergent vers une seule croyance en Dieu, et même 51 quand on ajoute le fait que les Etats-Unis soient devenus 1ère puissance mondiale à partir de rien en moins de 3 siècles en étant majoritairement protestants, ce n’est plus le hasard.
    J’ai été athée 36 ans, je connais votre point de vue. Je croyais au hasard et à l’absence de sens dans l’Univers moi aussi. Personne ne m’a présenté ces 50 preuves quand j’étais athée et je ne sais donc pas comment j’y aurais réagi. Mais normalement j’aurais pu comprendre ce qui était dit là, car ce sont des preuves factuelles, physiques, et non surnaturelles. Oui il existe des dizaines de contemporains de Jésus, non-chrétiens, qui ont dit qu’il a existé, voire qu’il a été crucifié et qu’il a prétendu être ressuscité. Oui, la Bible est le livre le plus vendu, imprimé, et traduit au monde. Des milliards de livres humains différents, mais un seul à être le plus vendu, imprimé et traduit. Hasard ? Coïncidence ? Peut-être. Mais alors le fait que Jésus soit l’homme le plus connu et influent aussi. Et le fait que les pays scandinaves et Israël soient premiers dans tout un tas de domaines très importants (pour ne pas dire fondamentaux) alors que les éléments climatiques leur sont très défavorables, et dans le cas d’Israël qu’il soit entouré d’ennemis depuis sa création, aussi. Etc.
    A partir de combien de faits de ce genre commencerez-vous à douter qu’il s’agit du hasard ou d’une autre raison que le Dieu de la Bible ? En d’autres termes, quel est votre niveau de preuves exigé ? Si 1000 preuves comme celles-là ne suffisent pas à vous faire changer d’avis, êtes-vous sûr d’être rationnel ? Ou bien demandez-vous que Dieu se présente à vous physiquement pour y croire, ou bien faut-il qu’il déplace des montagnes devant vous ? Les protestants comme moi croient que seul Dieu peut nous faire croire à lui. Et vous, quelle est votre croyance ?

    J.E : Je réponds ici a votre réponse globale.

    Le fait qu’il y ait des milliers de religions sur Terre me semble un argument intéressant, cela dit, je ne pense pas qu’il vous convainque parce qu’il me semble que votre argumentation repose sur la performance du christianisme, et donc en quelque sorte, que cette religion ait gagné la compétition de la suprématie mondiale est pour vous une sorte de preuve de sa supériorité, qui serait une preuve de vérité. Or quand bien même tout le monde serait devenu chrétien, cela ne me semblerait pas un argument valable pour dire que ce soit une vérité autre que psychologique et sociale.
    Pour ma part, je pense qu’il y a de l’arbitraire dans les religions, et les religions multiples sont un argument dans ce sens. Mais ce qui me semble plus convaincant, c’est de se demander : si l’on effaçait tous les livres religieux et que les gens oublient, est-ce que la religion chrétienne réapparaitrait telle quelle ? Comparez par exemple avec la recherche scientifique : si l’on jetait toute la science et qu’on recommençait de zéro, on retrouverait les mêmes vérités, parce qu’elles sont testées, confrontées a la réalité. Une telle remise en question fondamentale n’est pas présente dans les religions, ce qui fait qu’elles sont moins crédibles pour dire des vérités universelles.
    Cela dit, je ne considère pas pour autant qu’il n’y ait pas de valeur dans les religions. Libre à chacun d’utiliser sa religion pour son émancipation ou son bonheur. Pour moi, il s’agit d’une méthode, qui n’est pas en soi vraie ou fausse.
    Concernant le pourquoi, je vois un peu ou vous voulez en venir. Le hasard est effectivement une base fondamentale, cependant, il n’explique pas tout. La réalité a une forme de cohérence, qui fait que l’on peut appliquer de la logique sur les événements. On peut donc trouver des explications historiques, politiques, culturelles, psychologiques et sociales pour l’émergence d’une religion. Cela dit, même si l’on trouvait toutes les raisons, on pourrait encore se demander pourquoi ces raisons ont eu lieu. Plus on revient dans la chaine causale, plus on trouve du hasard.
    C’est un peu comme l’effet papillon. Si l’on remonte dans les causes, on trouvera des causes anodines, qui n’ont plus de lien évident avec ce qu’on cherche a expliquer, et ou les acteurs éventuels n’ont pas fait de choix particulier. Par exemple, le symbole de la croix découle du fait que c’était un instrument d’exécution dans l’empire romain. Lorsque les premières croix ont été construites, il n’y avait pas d’intention vis-a-vis de ce que deviendrait le christianisme. Il s’agissait simplement d’une façon d’accrocher les bras.
    Donner un sens a posteriori est une attitude humaine qui permet d’organiser ses pensées, faire des associations d’idées. Ce sens est une construction personnelle ou partagée, et dans une certaine mesure arbitraire. Chacun est libre de donner le sens aux choses comme il le souhaite. Je ne pense pas qu’il n’y ait pas de sens, mais que le sens est plutôt subjectif. C’est d’ailleurs pour cela que souvent les gens ne sont pas d’accord. Ils ne définissent pas les mots de la même façon, ne font pas les mêmes associations d’idées, etc.
    S’il y avait mille arguments qui me convaincrait que le christianisme en tant que tel est en soi plus convaincant et plus à même d’être influent que les autres religions, pour moi ce ne serait pas une preuve de la vérité métaphysique du christianisme, mais cela dirait quelque chose de la psychologie humaine. Prenez par exemple la rhétorique. Les meilleurs arguments ne le sont pas nécessairement parce qu’ils sont objectifs et conformes à la réalité.

    Il s'agit des 18 premiers points parmi les 50 proposés par Jean Robin dans son livre 50 preuves que Dieu existe.


  5. Jedino
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    Vous n'avez jamais souhaité être immortel, comme éternel ? Eh bien moi, voyez-vous, mon problème est là : malgré ma persévérance, impossible de mourir. J'ai pourtant tout essayé, récentes comme anciennes méthodes. Je vous épargne les quelques détails morbides, mais les faits sont là. Pourtant, ce n'est pas la motivation qui manque. Parce qu'en réalité, vivre cent ans, deux ans, passe encore. Mais quand vous atteignez le millénaire, que vous avez plus que rêvé tourné en rond, et que la dernière chose qui vous amuse est d'essayer tous les moyens de mise à mort qui ont pu être inventées, l'immortalité devient un problème.

    Alors certes, j'ai du coup eu le temps d'expérimenter tout ce que je pouvais imaginer expérimenter. Il est vrai qu'au début, tout cela est fort agréable, d'être à ce point libre de ne pas se demander s'il ne faut pas tout faire aujourd'hui au risque de ne pas voir le lendemain. Certes, je n'ai de fait jamais connu les regrets que vous pouvez avoir en fin de vie, quand vous sentez que quelque chose va bientôt lâcher. Mais j'ai eu au contraire le temps de faire le constat véritable qui s'impose : en réalité, j'ai beau vouloir faire ceci ou cela, ce ceci ou ce cela finit bien vite par se vider.

    Ainsi s'installe l'ennui absolu, celui qui n'a aucun échappatoire, pas même la mort. Bien sûr, nombreux sont ceux qui m'argueront que je fais erreur, que je ne suis finalement qu'une personne sans curiosité et qu'eux auraient mille fois plus à faire que ce que j'ai pu faire moi. Admettons-le : un jour viendra où tout ceci s'épuisera malgré tout.

    Rassurez-vous cependant : vous ne saurez jamais que cela existe et que vous auriez pu l'être. D'ailleurs, si vous me demandiez comment, je ne saurais pas vous dire pourquoi. J'ai en revanche eu plus d'une occasion de me demander pourquoi le "pourquoi" était la réponse mise devant le "comment", mais de ceci, vous n'en aurez rien à faire et c'est bien normal. Nous n'avons pas de temps à perdre avec les pertes de temps. Jusqu'au moment où le temps n'est plus à gagner, en tout cas. Mais cessons là ces répétitions inutiles car si j'ai toutes les heures qu'il faut pour les écrire, vous ne les avez pas pour les lire.

    Certains iraient dire que l'éternité c'est long, surtout vers la fin. D'autres que l'éternité commence là où le temps s'arrête. Et d'autres encore, comme moi, que l'éternité c'est bien, surtout vu de loin.

    Mis à part ça, je suis en route actuellement vers la limite de l'univers connu pour voir ce qu'il se trouve au-delà. Certains rêvent de voyager petitement à l'autre bout du monde, je me limite à l'univers. Chacun son domaine, je ne juge pas. Le pire étant que, si je finissais par trop tarder en vie, je risquerais de finir par avoir des réponses à vos questions. Sait-on jamais, il peut m'arriver de croiser quelques peuplades exotiques. Rien de bien exceptionnel, en réalité. Tout comme nous, banales créatures. Même si nous sommes uniques dans notre arrogance.

    Tu l'auras donc compris : le meilleur moyen de finir dans l'ennui est de se fixer des objectifs, de chercher du sens. Lorsque tu te fixes des arrivées, une fois le chemin terminé, il te faut te redonner incessamment d'autres directions. Il est tellement plus simple de ne pas s'empoisonner l'existence avec cela. Cela, je l'ai bien compris. Mais, trop humain que je suis, je suis bien incapable de m'en détacher. Vous me direz, j'ai l'éternité pour m'y faire. Bande de cons.

    Au fait, dernière chose : mortel, immortel, tout ceci tient du même combat. Se battre contre les heures ou leur absence, cela ne change rien tant qu'elles nous emprisonnent. Vivre libre, ce n'est pas vraiment vivre assez longtemps pour être libre d'achever sa liste de buts existentiels, donc se défaire des contraintes. Ce n'est pas davantage la fuite du temps, qui n'est que le sens contraire du sens de l'aiguille. Reculer l'heure n'est pas s'en soustraire. Non, si je devais considérer que la liberté est un sujet qui mérite d'être évoqué, que le temps l'est aussi, et si je devais en conclure que les deux sont ou peuvent être, ce n'est que par la négation et non par l'acceptation ou l'oubli qu'il est possible et raisonnable de vivre avec, ou plutôt sans.

    Que je sois en vie dix ans ou dix-mille ans, cela n'a pas la moindre importance si du temps, je n'en ai cure. A quoi bon se contraindre par des rêves ou des préoccupations nécessaires comme le ferait un patron à l'égard de son salarié ? A quoi bon s'imposer une productivité minimale et se condamner, se damner, si elle n'est pas atteinte ? Ne soyez pas les tyrans de votre existence. Sinon, vous attendrez toute votre vie une rallonge sur vos heures comme vous attendriez une rallonge sur votre salaire. Mais il est du temps comme de l'argent : quand vous en avez plus qu'à satiété, vous ne pouvez plus faire qu'une seule chose raisonnable, à savoir le gâcher.


  6. Une porte s'ouvre. Un monde glauque, empli de moribonds qui vagabondent,

    D'où les âmes vacillent, le coeur ralentit et les yeux blancs qui tourbillonnent.

    La couleur des morts suinte sur la chair comme une visqueuse fondue.

    Des cris ahuris s'élèvent d'entre les viscères, tréfonds du bonheur perdu.

     

    Il y a là des hommes et des femmes au sang mêlé que rien ne distingue,

    Parce que les torsions de douleur les ont façonnés androgynes et dingues.

    Agités, ils courent entre l'eau bouillante et les fruits amers que l'horizon, 

    Promet avec mensonge et dont la distance n'est jamais atteinte par la raison.

     

    Un va-et-vient de grands chiens lugubres veillent à la valse des morts. 

    Ils assurent le maintien de la folie et l'absence de répit, tel un sort. 

    Je cours au milieu des âmes cueillant des fleurs au couleur de la cendre,

    Et je compte les pétales vénéneux en déclamant une élégie tendre.


    Au milieu du vacarme, je suis là avec mon bouquet de pivoine,

    Joyeuse dans ma robe rouge et blanche, faite dans le couaille,

    Je ris follement en voyant ce marasme osseux, cette pénitence 

    Au milieu d'une broussaille en feu, ferrée et dure comme la rocaille.


    Et je saute à cloche pied, en belle demoiselle qui se conte fleurette,

    Frôlée par ces morts qui me supplient, tirent ma robe et me griffe,

    Victime de la sauvagerie qui n'a de frontière que celle de la vie,

    Bientôt, ils se repaîtront de ma chair, dans la violence de la haine.

     

    Les mains pleines de sang et les bouches pleines d'insultes.

     


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    lastel
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    Je déambule au milieu de ces meubles, témoins principaux de ce qui nous est arrivé, de nos premiers instants, premiers ébats, premiers hurlements... Mais aussi derniers.

    Mes amis riaient je le sais, d'une joie sale, qui était celle d'enfin me voir traverser ce dont ils m'avaient parlé.

    Oui, j'aurais dû savoir que ce n'était qu'éphémère. En étant aveuglé, on ne reconnait pas certaines choses.

    En étant aveuglé, on ne peut voir l'autre s'éloigner, jusqu'à-ce que tout s'éteigne de façon brusque.

    L'enfer, ce n'est pas les autres, l'enfer c'est de t'aimer, et de te voir en aimer d'autres.

    Alors je noie le feu qui me consume. Mais l'alcool ravive parfois les flammes. Et je suis là, à hurler ton nom au fond de mon verre, comme pour lui reprocher l’amertume de ton départ.

    Et quelque soient les chemins que j'emprunte, tous ne font que me mener à ma peine.

    Et le fil des saisons me fait mal. Le soleil, le vent et la pluie sont emplis de ton souvenir qui m'est aussi douloureux que cher.

    Je me meurs de toi.


  7. Criterium
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    En pleine nuit, je me réveille en sursaut. Il reste comme l'écho d'un son, bref, strident; est-ce l'alarme qui fait des siennes? — Autant je suis persuadée d'avoir entendu cet horrible bip depuis un sommeil profond, autant le silence nie. Il nie, et en devient étouffant. Des minutes passent à tendre l'oreille: si ç'avait vraiment été la pile de l'alarme, ne devrait-elle pas retentir à nouveau, à intervalles réguliers? Pourtant - rien. Et alors les visions reviennent. Le rêve interrompu glisse à la surface de la conscience - comme un visage crispé d'horreur apparaît derrière une vitre.

    Dans un futur proche, les prévisions des transhumanistes pourraient se réaliser. Les machines devenant de plus en plus sophistiquées apprennent alors à créer d'autres machines, et à leur donner sentience. La spirale technologique virevolte, atteint des sommets inimaginables jusqu'alors. L'homme s'étant allié avec la machine devient sur-homme. Cela avait commencé avec des implants; désormais des membres entiers peuvent être greffés sur un corps, avec une interface si bien aménagée qu'ils sont non seulement capable d'effectuer toutes les fonctions d'un équivalent biologique, mais également acquièrent de nouvelles capacités augmentant le corps humain. Ainsi, l'homme peut effectuer des tâches physiquement ardues à une fraction de l'effort; ou encore, un sixième sens est désormais apparu pour l'espèce humaine: la magnétoception; et il est désormais impossible de se perdre dans les dédales métropolitains.

    Les machines sont devenues si intelligentes que la vieille prédiction s'est réalisée: il est désormais impossible à l'homme le plus intelligent d'imaginer les processus de pensée, d'abstraction et les capacités de calcul de prototypes déjà obsolètes. Homo sapiens est dépassé; l'humain est périmé. C'est ainsi que l'homme n'a pas tout de suite compris lorsque la machine a décidé d'incorporer de la matière biologique animale aux corps déjà interfacés: mais toutefois pouvaient-ils imaginer que la technologie s'étant toujours inspirée de phénomènes biologiques, il y aurait du sens à greffer directement des morceaux d'autres espèces à l'homme du futur? Ça avait commencé par quelques organes internes, permettant une digestion plus nutritive, sans devoir réguler le microbiome avec autant de précision; désormais, l'on fixait des pattes d'insectes démesurément élargies à des corps devenant monstrueux. Les regards horrifiés ne comprenaient plus. —

    La méïose humaine étant particulièrement peu fonctionnelle, cela faisait longtemps que la reproduction humaine se déroulait ex utero. Il suffisait de quelques cellules de chaque parent et d'un plan de recombinaison (il en existait deux: un crible généralisé, basé sur des recombinaisons aléatoires pour re-créer une diversité génétique satisfaisante; et un crible ciblé, permettant de sélectionner les traits désirables pour des individus particulièrement spécialisés ou supérieurs). Cela prenait place dans une matrice biologique ressemblant à un rayon de ruche; des drones au matériel génétique plus hyménoptère qu'humain s'occupaient des tâches nourricières. Si ainsi la vie prenait place, la mort était une toute autre affaire. La machine décidait désormais du score contributif de l'individu; en fin de productivité, il devait être recyclé. C'était alors, horrifiés, que les êtres chimériques réalisaient ce que signifiait être le rouage d'un système: c'était l'heure de la trempe. Un liquide corrosif dissolvait les chairs en ses constituants biologiques les plus aptes à être recyclés dans le reste du système; un mélange de phospholipases provenant de toxines arachnides, de protéases mycéliales... au fond de l'épouvantable cuve digérant les matières organiques, sédimentaient alors les implants cybernétiques et les puces électroniques, également recyclés avec soin. Pour éviter la dissolution, quelques avatars mi-humains qui avaient connu ce monde suffisamment tôt pour prendre des précautions, et avaient eu le privilège de faire partie d'une certaine élite ayant accédé à certaines technologies avant de tels développements, s'étaient connectés à des systèmes essentiels. Ils survivaient ainsi, appendices parasites d'une maison de métal utilisée pour des calculs humainement inimaginables. Leur corps anémié témoignait des longues décades; observateurs qui se savaient obsolètes.

    — La sueur ruisselait de mon front.

    Cette vision malsaine n'apparaissait plus clairement à mon œil intérieur; mais la maladie, elle, désormais me rongerait. Et j'épiais, soupçonneuse, l'ordinateur et le téléphone portable; comme des conspirateurs attendant que le temps soit venu pour m'écorcher la chair et me rendre esclave.


  8. C'est fini.

    18 ans après , ils sont de nouveau ensemble.

    Quelques poignées de cendres ...

    Un morceau de terrain au milieu de la campagne Bourguignonne ...

    Des rosiers comme seules marques de la particularité du lieu, ses fleurs préférées à elle.

    J'ai beau ne pas croire en l'au delà, je ne peux m'empêcher de trouver l'idée qu'ils soient réunis pour toujours plaisante.

    Je leur ai dis au revoir, sans prononcer le moindre mot, comme je le faisais déjà pour elle jusqu'à présent à chaque fois que je passais là bas.

    Ils ne me quitterons jamais.

    Ils me manquent quand même, terriblement.

    Eux, c'était un peu moi aussi.


  9. Kégéruniku 8
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    Délicat funambule aux ailes bariolées
    Qui virevolte d’un pas semblant tout fait d’air,
    Tu distilles ta grâce dans un rire amusé,
    Insouciant onirisme à la gloire éphémère.

    Généreux donateur aux mille et une couleurs
    Qui offre aux fleurs leurs parures printanières ;
    Tu fais du monde un tableau dénué de noirceur,
    D’un éclat que même les cieux révèrent.

    Danseur frénétique à l’incomparable splendeur,
    Tu fais plus que ta part pour que luise l’univers.
    Quand d’autres s’enlisent dans leur profonde torpeur
    Tu meurs pour que naisse le monde dont ils rêvèrent.


    Glorieux héritage que tu nous as laissé,
    Qui enjôle les uns et qui les autres fédère ;
    Fruit d’un petit peintre pour sa taille moqué
    Dont la grandeur d’âme ferait pâlir Jupiter.


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    Loopy
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    (Dédicace à Zera qui voulu un jour m'empoisonner avec un verre d'eau :sleep: )

    ----------------------------------------

    De l'eau ? :hu:

    De l'eau ??? !!! :bad:

    Point d'eau par tous les Dieux !

    Hérétique ! Jamais en ce lieu

    On ne trouvera pretexte à rouiller !!

    Quoi ? :hu: Vous voila me menacer

    D'étendre au sol toute votre longueur,

    Si, même à contre coeur

    Je ne consens à vous donner

    De ce brevage maléfique ? ... Fanfreluche !

    Malheureuse, cachez donc cette cruche

    Que je ne saurais voir avant que les Dieux

    Ne viennent reprendre en leur cieux

    Les bouteilles qu'avinés,

    Contre une promesse ils m'ont échangées !

    Aaaah sorcière, à l'abstinence

    Vous vouliez nous soumettre,

    Sans avoir peut être

    De cette boisson toute la science ?

    Pour votre gouverne sachez

    Qu'elle a même le pouvoir de diluer

    Et furtivement de nous mener

    D'ivresse en sobriété

    Aaaa :snif: j'en perds ma prose....

    Mais, Ignorante petite chose

    point de tourment,

    Soyez rassurée

    Car dorénavent,

    A votre éducation je vais m'atteler.

    Et sans le moindre salaire

    Vous apprendre les paradis

    Qu'on trouve au fond des verres

    Mais plus tard et par la théorie...

    Par la théorie, en effet

    Car les échantillons séants

    ne sont point conseillés

    A de tendres débutants

    Aux esprits de plus d'un

    Ont fait perdre raison

    Ce qui serait inopportun

    En présence d'un con...

    (Bah quoi... je suis un con, oui

    Revenons en à vos ennuis) :sleep:

    Car avant que de parler des paradis,

    Encore faut il combattre Cerbère

    Pour sortir de l'enfer ...

    Et pour répondre à la question "qui ?"

    Si tu n'as pas compris,

    C'est que je fais erreur :|

    ... :hu:

    De l'eau... non mais aurais-tu voulu mon malheur ? :mef:


  10. Le français est dit être fier, arrogant, prétentieux, chauvin, ethnocentrique, nombriliste, intéressé, matérialiste, cartésien, calculateur, machiavélique, bavard, égocentrique, rebelle, chaotique, égoïste, impoli, râleur, méchant, irrespectueux, distrait, bruyant, ¿ mais beau parleur, séducteur, charmant, raffiné, généreux, bon vivant, amusant....

    Voici des citations que j'ai bien aimé :

    Si les autres parties du monde ont des singes ; l'Europe a des Français. Cela se compense.

    Le Français est rarement aimable de premier jet ; on dirait toujours qu'il est aimable par ordre, par calcul.

    La France est en fermentation ; donnera-t-elle du vinaigre ou du vin, on l'ignore encore.

    Le journalisme français est l'art de faire croire au peuple ce que le gouvernement juge opportun de lui faire admettre.

    Les mathématiciens sont comme les français : quoique vous leur dites ils le traduisent dans leur propre langue et le transforment en quelque chose de totalement différent.

    Gloire aux Français ! Ils ont travaillé pour les deux plus grands besoins de l'humanité : la bonne chair et l'égalité civile.

    La France a toujours cru qu'une chose dite était une chose faite.

    Dans chaque Français, il y a un sceptique qui ne dort jamais que d'un demi-oeil.

    Pour tout français, la retraite est le but suprême de l'existence. C'est avec joie qu'il envisage sa vie de vieillard. Mastiquer avec une mâchoire édentée semble être le comble de ses délices.

    Si les Français perdent une bataille, une épigramme les console ; si un nouvel impôt les charge, un vaudeville les dédommage ; si une affaire sérieuse les occupe, une chansonnette les égaye (¿).

    Les Français sont faits pour composer de la musique d'opéra, les Italiens pour la chanter, les Allemands pour la jouer, les Anglais pour l'entendre et les Américains pour la payer.

    Ces Français sont formidables : ils font l'amour même quand ils ne sont pas saouls !

    Les Français sont le peuple européen de la culture par excellence.

    Il y a une chose incroyable en France : c'est la propension des gens à polémiquer bruyamment.

    Il y a dans la nature française un principe d'indestructibilité qui tient à la fois à la fierté de l'esprit et à la gloire du langage.

    La nation française serait plus sage si elle avait moins d'esprit.

    C'est une générosité très française que celle que l'on fait sur le dos des autres.

    Curieuse langue française, et prophétique, qui fait commencer l'amour comme la guerre par une déclaration!

    Selon les Français, il existe trois sexes : les hommes, les femmes et les membres du clergé.

    Ne mettez jamais en doute le courage des Français, ce sont eux qui ont découvert que les escargots étaient comestibles.

    Il n'y a rien de mieux que ce que les Français font bien et rien de pire que ce qu'ils font mal.

    J'ai trouvé ce texte sur le net et cela m'a bien fait rire.


  11. A l'Institut du monde arabe, une fastueuse exposition donne à voir et à admirer plus de 300 oeuvres que ces contes ont inspiré dans tous les domaines de l'art. Voyage en Orient.

    37-mille_et_une_nuits.jpg

    Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris, jusqu'au 28 avril 2013.

    30 décembre 2012, par Frédéric Joignot

    Les Frères musulmans font taire Schéhérazade

    affiche-mille-et-une-nuit-IMA-Paris-Select.jpg

    "Les femmes qui accompagnaient la sultane se découvrirent le visage et quittèrent de longs habits qu’elles portaient par dessus d’autres plus courts. Mais Schahzenan, roi de Grande Tartarie, fut extrêmement étonné de voir que dans cette compagnie(...) Les plaisirs de cette troupe amoureuse durèrent jusqu’à minuit." Nous sommes au début des Contes des Mille et Une Nuits, dans leur traduction Galland. Témoin de cette scène, le roi Schahzenan révèle à son frère le sultan Schahriar les orgies de la reine. Celui-ci, fou de colère, décide d’épouser chaque jour une jeune vierge, puis de l’immoler au matin. Alors, ayant "dessein d’arrêter le cours de cette barbarie", Schéhérazade, la fille du grand vizir, "heureusement appliquée à la philosophie, à la médecine, à l’histoire et aux arts" s’offre au sultan. Nous connaissons la suite, Les Mille et Une Nuits étant un des livres les plus lus au monde : chaque soir, Schéhérazade commence le récit de contes si captivants que Schahriar renonce à l’exécuter...

    LITS MAGIQUES, LIBIDO EFFERVESCENTE

    Les Mille et Une Nuits servent de trame à la grande exposition proposée par l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 28 avril, annoncée par une magnifique affiche tirée d’une aquarelle inspirée par le Schéhérazade de Rimski-Korsakov, interprété par les Ballets Russes en 1910 à Paris. On y voit Nijinsky en "Nègre d’Or" jeté aux pieds de la sultane Zobéïde à moitié déshabillée. Cette affiche est sans doute la pièce la plus audacieuse de l’exposition, enfin c’est l’avis du fin connaisseur des lettres arabes, l'algérien Malek Chebel, qui voit là l’occasion de donner sa vision des Mille et Une nuits – selon lui le plus formidable manifeste anti-intégriste jamais écrit. "Les Mille et Une Nuits sont pleines d’histoires de désir fou et de maris trompés, de lits magiques et de scènes lubriques, rappelle-t-il. Le grand historien de l’art Elie Faure, disait que "l’adultère et le cocuage en sont le sujet permanent, et à peu près unique". Il a raison. C’est la rançon de la polygamie, la face cachée d’un monde viril où les femmes rusent sans cesse pour satisfaire leurs désirs." Rieur, le regard pétillant, toujours intarissable dès qu'il s'agit d'évoquer la littérature amoureuse, il reprend : "L’affiche montre bien cette libido effervescente, tout comme la traduction plus littérale faite ces années-là par Joseph-Charles Mardrus, l’ami d’André Gide, beaucoup moins édulcorée que celle d’Antoine Galland."

    Anthropologue des religions, traducteur du Coran (Fayard, 2009), Malek Chebel a publié un fourmillant Dictionnaire amoureux des Mille et Une Nuits (Plon, 2010, 920 pages), qui lui a valu d’être consulté par le comité scientifique de l’IMA. Il publie ces jours-ci deux essais percutants "L’islam de chair et de sang", consacré aux manière dont le Coran parle du corps, tout juste sorti (Librio), et Changer l’islam en janvier, un dictionnaire des grands réformateurs de l'islam (Albin Michel).

    Remontant le vaste labyrinthe de l’exposition, parfois enchanteur, où se mêle l’univers arabe des contes (les dédales palais des sultans et des villes médiévales, les artisans des souks, les harems revus par les orientalistes, les portraits d'Aladin et de Sinbad, les génies fusant des lampes, les danseuses du ventre...) et ses interprétations européennes (cinéma hollywoodien ou italien, délire foutraque de Méliès, chorégraphie des années 1920...), il regrette qu’il n’y ait pas eu assez de place pour montrer toute "la gourmandise érotique et l’impertinence des Nuits". C’est-à-dire ? "L’éphèbe 'beau comme la lune' aimantant des jeunes filles de l’Histoire du Portefaix, Myriam qui donne du haschich à son mari pour rejoindre le séduisant Nour-Eddin, les amours et les cajoleries entre femmes comme dans l’histoire du Capitaine Moïn, devant qui l’adolescente s’écrie : 'Sache, que je suis une femme éperdument éprise d'une jouvencelle. Et son amour est dans mes entrailles à l'égal d'un feu pétillant.' Sans oublier les coups de foudre entre garçons, entrecoupés de poèmes lyriques, comme dans l’histoire de Kamar ou de Grain de Beauté..."

    POURQUOI "LES NUITS" DÉRANGENT LES INTÉGRISTES

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    A entendre Malek Chebel parler des Mille et Une Nuits, "un chef-d’œuvre universel qui ne finit pas de s’écrire et a influencé le Voltaire de Zadig, le Diderot des Bijoux indiscrets, mais encore Shakespeare, Poe, Borges ", nous assistons depuis trente ans, dans tout le monde musulman, et désormais dans une certaine élite européenne, à un gigantesque "refoulement" de la grande culture arabe classique et populaire, érotique aussi, une véritable démolition d’un passé brillant – "celui de la dynastie des Abassides [sunnites, VIIIe-XIVe], du monde arabo-andalou [Xe-XVe] et des grands réformateurs de l’islam du XIXe et XXe siècle".

    Selon lui, les puristes et les piétistes actuels de l’islam, les salafistes et la plupart des Frères musulmans veulent revenir à la religion du IXe siècle – une véritable "régression intellectuelle", qui, en retour, alimente la virulence des nationalistes européens contre tous les musulmans.

    Manuscrit syrien des Mille et Une Nuits (XVe siècle)

    Nous continuons notre visite après un aparté moqueur sur l’Union des organisations islamiques de France, proche justement des Frères musulmans, qui ont affirmé le 14 novembre dernier que le mariage homosexuel risque de mener la France à reconnaître "la polyandrie et la zoophilie" : "Ils devraient relire les Mille et Une Nuits, qui s’ingénient à montrer, s'amuse Malek Chebel, toutes les formes d’amour imaginables, orgie, homosexualité, bisexualité, sado-masochisme, fétichisme, narcissisme, usages d’aphrodisiaques, travestissement et même la zoophilie dans l’histoire de Wardan le boucher. Ces vieux barbons apprendraient peut-être la tolérance !"

    Il rappelle qu’en 1980, la version arabe populaire des Nuits dite "de Boulaq" (un quartier du Caire) a été interdite à la demande des Frères Musulmans, puis brûlée en place publique en 1985. Une seconde version édulcorée, publiée par le gouvernement Moubarak en 2010, fut attaquée par des avocats islamistes pour "offense à la décence" et "encouragement au vice et au péché". Un autre fin connaisseur des Nuits, Jamel Eddine Benckheikh, co-traducteur de l’édition La Pléiade (Gallimard) estime que les Mille et Une Nuits choquent les officiels et les religieux arabes depuis leurs premières publications (sans doute au XIIIe) : "Les clercs ont qualifié de futile un texte pervers pour en annuler les effets."

    Devant le tableau orientaliste de Paul Emile Destouches représentant une toute jeune Schéhérazade ensorcelant le sultan (1824), Malek Chebel reprend : "Des versions réécrites des Nuits circulent aujourd’hui dans le monde arabe, où on a ajouté un narrateur masculin à Schéhérazade. Ils veulent rétablir l’autorité du roi berné. Ils ne supportent pas qu’une femme se montre plus intelligente, cultivée et rusée qu’un homme. Ils détestent qu’elle raconte des histoires d’amour qui dissocient la jouissance et la maternité, l’amour du devoir, et se gaussent des maris." D’ailleurs, l’extraordinaire personnage de Schéhérazade, au nom "immortellement familier" selon Proust (qui a dévoré les contes enfant), continue de séduire les féministes de culture arabe (et pas seulement), qu’elles se réclament de sa parole émancipatrice – comme Assia Djebar, Leïla Sebar en France –, ou qu’elles veulent se libérer de toute tutelle, comme la libanaise Joumana Haddad dans J’ai tué Schéhérazade (Actes Sud, 2010).)

    LE GRAND REFOULEMENT

    Après une pause devant une scène de danse au harem (une laque iranienne du XIXe), Malek Chebel constate que partout où les islamistes – en Arabie, au Yémen, en Egypte, au Soudan – font pression pour interdire l’étude des Mille et Une Nuits et les bannir des bibliothèques, ils font aussi la chasse aux homosexuels (très presents dans les Nuits) et condamnent un des plus vieux arts d’Orient, la danse du ventre, l’ancienne "danse de fertilité" (mais aussi le maquillage, le maillot de bains et les tenues occidentales). Aujourd’hui en Egypte, après un âge d’or lié à l’essor du cinéma dans les années 1930, puis après-guerre, seules quelques dizaines de professionnelles de danse classique exercent encore dans les lieux touristiques, la plupart étrangères (Brésiliennes ou même Coréennes), alors qu’il y en avait plus de 5 000 dans les années 1950. Les islamistes, sait-on, les maltraitent sans cesse. Il y a quelques jours, Sama al-Masri, une danseuse égyptienne partie exercer à Londres, a même posté sur YouTube une vidéo dansée où elle dénonce la nouvelle constitution des Frères Musulmans, qu’elle traite de "marchands de religion" et de "terroristes".

    Cette peur des musulmans radicaux pour la danse du ventre et ses jeux de voilages fait sourire Malek Chebel. Formé à la psychanalyse (il a exercé un temps), auteur d’une Encyclopédie de l’amour en islam (Payot, 2003), il sait bien que le désir de liberté et l'Eros refoulé ressurgit toujours : "On vient de s’en apercevoir pendant le printemps arabe, s'exclame-t-il, redevenant grave, et le retour d’une opposition laïque, qui a commencé de résister !"

    Il propose encore cette analyse nuancée de l’Eros islamique, qui fait autant grincer des dents les talibans de tous les pays que les pourfendeurs de toute culture islamique. "Depuis des siècles, le voile traditionnel oriental, le simple hijab qui encadre le visage, est un code dans un monde qui se veut vertueux, familial et patriarcal. Longtemps, le voile a protégé les femmes des désirs trop violents des hommes, mais il n’a jamais empêché toute une stratégie de séduction. Les yeux doux, les clins d’œil, les paroles troubles, les billets, les signes secrets, sans compter tout l’art de le broder, le décorer, et celui de se dévoiler. Cet Eros arabe a toujours existé dans les grandes villes comme Le Caire, Bagdad, Damas, Téhéran, Marrakech. D’ailleurs, une femme qui se cache de tous sous un grand châle va peut-être, comme dans les Mille et Une Nuits, retrouver son amant en dessous affriolants. Allez aujourd’hui à Casa, à Beyrouth, à Alexandrie, à Amman ou à Tunis, vous trouverez des magasins de dessous sexy devant lesquels les femmes se bousculent."

    "Les Fleurs des Mille et Une Nuits" de Pier Paolo Pasolini (1974).

    Il faut se plonger dans Le Kama Sutra arabe, 2000 ans de littérature érotique en Orient, une anthologie réalisée par Malek Chebel en 2006 (chez Pauvert), pour comprendre son profond rejet du rigorisme musulman, tout comme des discours anti-islamistes brutaux - "Que d’ignorance crasse !", dit-il, haussant une épaule. En effet, la littérature érotique persane et arabe, lyrique ou crue, est riche et foisonnante. Il faut se rappeler qu’à la fin du VIIIe siècle, Bagdad comptait un million d’habitants, 70 000 juifs y vivaient, la ville connaissait une vie nocturne agitée, il y avait des salons littéraires, athées et réformistes religieux s’exprimaient, on buvait du vin dans les tavernes. Cette effervescence intellectuelle et des mœurs, parfois soumise à des répressions dures, mais jamais démentie, va durer cinq siècles.

    L’AGE D’OR DE L’ISLAM

    Malek Chebel n’est pas seul à remettre à l’honneur cette époque. L’universitaire marocain Driss Belmlih, spécialiste de littérature abasside, Abdelfattah Kilito, le professeur de Rabat qui a enseigné à Harvard le font aussi. Ils nous parlent des odes à l’amour du poète Omar Ibn Rabia (644-712), lues dans les mosquées. De l’écrivain Abû Nuwâs (mort en 815), un des plus grands poètes classiques, qui a passé sa vie à défier la religion : grivois, libertin, plein d’humour, ivrogne, chantant l’homosexualité, la masturbation et la débauche féminine, il fut soutenu par le calife Al-Amin. Du sceptique Al Maari (973-1057), qui écrivait "Tous les hommes se hâtent vers la décomposition. Toutes les religions se valent dans l'égarement", et rendait les oulémas responsables de la corruption et l’ignorance. Et, bien sûr, du mathématicien et poète perse Omar Khayyam (1048,1131), hédoniste et d’esprit libre, qui disait : "S’il existait un enfer pour les amoureux et les buveurs, le paradis serait désert."

    L’épisode arabo-andalou, du XIe au XV siècle, a lui aussi donné de grands écrivains irrévérencieux, des réformateurs, une musique langoureuse et des libres-penseurs. André Miquel, co-traducteur des Mille et Une Nuits pour La Pléiade, a montré combien Ibn Hazm (994-1064), le poète de Cordoue, a contribué à fonder l’amour courtois français, lyrique et passionnel, et développé un scepticisme philosophique. Malek Chebel reprend : "Aujourd'hui, l'islam et le monde arabe paient encore le prix de la disparition de la société arabo-andalouse, urbaine, inventive, tolérante et amoureuse, détruite au XVe siècle par la Reconquista catholique, oubliée par tous les radicaux musulmans."

    La dernière fois que je l’ai rencontré, Malek Chebel revenait d’une visite au département permanent des Arts de l’islam, au Louvre. Ce jour-là, il était très remonté par tous ceux qui, en Europe, rejettent la civilisation de l’islam - "les islamophobes, les frères ennemis des fondamentalistes, leur miroir inversé " dit-il -, la considérant comme intolérante et agressive depuis toujours, ou alors anachronique et incapable de s'adapter à la modernité, sans en rien savoir, ignorant ses plus grands chefs d'oeuvre : "En déniant au monde arabe et à l’islam toute incursion dans le domaine du beau, des arts et de l’érotisme, hier comme aujourd’hui, ces artificiers entretiennent la haine et la suspicion du musulman, où qu’il se trouve."

    Pourtant, l’exposition du Louvre révèle de nombreuses œuvres "admirables", que ce soit, s'enthousiasme Malek Chebel "les miniatures, les calligraphies, l’art extraordinaire du tapis, le métal incrusté, la mosaïque, la céramique, le travail de l’or, du verre et de l’argent, mais encore les armures, les frises murales, la sculpture sur ivoire, j’en oublie..." Il ajoute non sans tristesse d'un coup : " A titre personnel, je prétends que la beauté est une arme contre l’oubli et le déni de soi. Elle permet aux jeunes Français issus de l’immigration de se connecter à une histoire plus flamboyante. L’oubli des chefs-d’œuvre de sa propre culture, encouragée par des intégristes bornés, contribue à isoler les populations immigrées dans leurs cages d’escalier, y compris celles qui sont nées en France."

    (une version courte de cet article a été publié dans Le Monde Week-end de vendredi)

    On trouve "Les Mille et Une Nuits" en "bouquins" Laffont (traduction Mardrus, plus crue, plus érotisée, avec les poèmes), en Folio (traduction Galland, très littéraire et réécrite) et à La Pléiade (plus proche de l'original).

    http://sexe.blog.lem...e-scheherazade/

    image.jpg

    Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris, jusqu'au 28 avril 2013. L'excellent catalogue de l'exposition est une édition IMA/Hazan. Voir aussi Les Mille et Une Nuits par les commissaires dans la collection «Découvertes» de Gallimard. Une récente traduction des Nuits par André Miquel et Jamel Eddine Bencheikh, qui fait déjà référence, est parue (en trois volumes) dans La Pléiade. Les Mille et Une Nuits dans une version très richement illustrée, Editions Citadelles & Mazenod.


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  12. Bonsoir , est ce qu'il serait possible d'avoir votre avis sur ma danse improvisé sur la nouvelle chanson de luis fonsi sur échame la culpa ?

    Je voudrais savoir si j'ai un bon ou un mauvais niveau ?

     

    Mes mouvements sont répétitif ou pas et est ce que je danse en rythme ou pas ?

    C'est horrible à regarder ou pas tant que ça ?

     

    Merci à vous :)

     

     


  13. Adras
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    Où sont passés mes talents d’écrivain ? mes poèmes qui sortaient tout seul en une dizaines de minutes ?

    Ou est passée ma musique ? ma facilité de composer ?

    Où est passée mon âme ? Pourquoi plus rien ne sort de moi comme avant ?

    J'ai relue les choses que j'avais déposées ici.. et je ne me reconnais plus.

    Plus de belles paroles, plus de pensées profondes, plus de musique non plus, tout ce que je commence me fatigue à l'avance...

    Si vous la croisez... merci de rendre l'âme.

    RIP Matt.


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  14. soyons très lucide : le vote de dimanche va au-delà d'un simple projet contre projet : il s'agit d'un choix de vision du monde. D'un côté un candidat que l'on trouve benêt mais qui propose d'unir son peuple autour d'une vision d'un monde ouvert, progressiste parce que juste socialement et financièrement, qui sait ce qu'est la souffrance d'autrui, qui comprend que depuis 5 ans la France s'est dégradée. L'autre candidat est depuis une semaine et demie celui de la haine d'autrui, de la division, du clivage, qui ne voit que son poste, qui ne croit en rien sauf en lui et qui divise pour mieux régner.

    Le choix est là : le second m'horrifie parce qu'il aime à véhiculer la xénophobie, le rejet d'autrui, l'idée qu'il y a des vrais travailleurs et des feignasses et que tout ce qui n'est pas dans le privé est nuisible à la société. Il me fait peur parce qu'il n'a aucune vergogne, aucun principe sauf celui d'arriver à ses fins par n'importe quel moyen...

    Soyons clair : si le second candidat passe, nous pourrons dire adieu à un mot : solidarité.


  15. Le blog d'un 'tit piaf

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  16. Dans de nombreux sujets du forum, j'ai pu constater que beaucoup reniait l'anticléricalisme français, l'anticléricalisme de nos ancêtres. Mais il fait partie intégrante des valeurs et des racines de la France.

    :France: :France: :France:

    L'anticléricalisme a été source de nombreux progrès en France, en voila quelques exemples :

    • L'école obligatoire, qui fut un combat de l'instituteur contre le curé
    • La Laïcité, une valeur dont nous pouvons être fier. Certes, les anticléricaux ne sont pas les seuls à avoir permis la laïcité, mais ils y ont grandement contribué.
    • De nombreux écrivains/philosophes qui contribuent rayonnement intellectuel de la France, qui ne nous envierait pas Voltaire ?
    • etc...

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    "Dieu ne doit point pâtir des sottises du prêtre."

    Voltaire

    Le rejet de l'anticléricalisme vient souvent de la volonté de trouver une racine unique (religieuse et chrétienne) à la France. Du coup, on ignore la très riche pensée anticléricale, athée ou déiste.

    Faire des "racines chrétiennes" de la France les seules racines de notre pays et effacer le reste de l'Histoire est dangereux.

    Cette volonté vient d'un catholicisme fantasmé, idéalisé, qui aurait existé dans notre passé.


  17. Son sac d'affaires sur le dos. Le regard fixant le trottoir d'en face. Le ventre noué. Abraham attendait avec d'autres appelés, affichant le même air tourmenté, l'autocar affrété par l'armée pour amener les futurs conscrits au camp d'entrainement de l'infanterie de fort Boucher.

    Il était avant tout très anxieux des moments à venir, son avenir resté sombre. Il s'imaginait déjà être sous les ordres d'un sergent despotique hurlant à tout bout de champs, apprenant avec souffrance les rudiments de la guerre et tout ça pour mourir lors de son premier déploiement.

    Il n'arrivait pas à imaginer pouvoir survivre. Il était plus que défaitiste. Son regard témoin de ses sombres pensées¿ regard qu'il partageait avec bon nombres d'autres jeunes gens attendant à l'arrêt d'autobus.

    Un bus vert arriva. Les portes s'ouvrirent pour laisser sortir un caporal, la liste des appelé dans la main.

    Son nom crié il répondit présent, fourra son sac dans la malle de l'autobus et s'engouffra dans le car.

    Il s'installa dans le milieu du bus, une place contre la vitre.

    Un jeune homme vint s'assoir a coté de lui.

    Il était brun, les cheveux courts, les yeux marrons, un visage plutôt long et fin, les joues taillées à la serpe.

    Son visage respirait la joie de vivre, même si en ces circonstances cela se sentait peu, et c'était plus que compréhensible.

    Mais néanmoins on décelait chez lui une propension au rire, un air souriant, la bouche légèrement ouverte pour laissant entrevoir de belles dents blanches.

    Il n'était pas particulièrement beau, mais pas repoussant pour autant.

    Son regard furetait un peu partout, il était surement d'un naturel curieux, ou peut-être était-ce une angoisse qui se ressentait dans cette attitude.

    En tout cas il était le contraire d'Abraham. Notre ami d'infortune avait le regard perdu, fixant vaguement le même trottoir gris de tout a l'heure.

    Son voisin regardait un peu toutes les personnes présentes dans le bus, avec ce même air de curiosité mêlé à une sorte d'étonnement perpétuel. Il se risqua à regarder son voisin.

    Abraham sentait son regard, ça le mettait mal a l'aise, il était plutôt introverti comme garçon et n'aimait pas être l'objet des regards. Le jeune homme lui tendit sa main droite et tout souriant lui dit :

    « Salut. Je m'appelle Mustapha. »

    Abraham lui sera la main sans entrain « Abraham.

    -Abraham¿ enchanté, tu viens du quartier sud ? Moi je suis du quartier Sud.

    -de L'étoile. » Le quartier de l'étoile était un quartier prolétaire ou vivait la masse salariale.

    Un endroit lugubre ou poussait dans l'ordre de l'urbanisme moderne les immeubles ou logeait des générations de travailleurs sans espoir d'évolution de carrière.

    Un endroit quelconque pour des gens quelconque. Le quartier Sud jouissait d'une meilleure population. Endroit un peu plus huppé ou vivait les cadres moyens, les mères de familles schizophrènes, et les adolescents encore insouciants dilapidant l'argent de poche dans des fêtes fortement alcoolisé ; « par ce que le monde est pourri », parait-il.

    « L'étoile ? Un travailleur hein ? Ca va être plus facile pour toi que pour moi, je pense. » Mustapha ne disait pas ça de façon ironique.

    « Plus facile, s'étonna Abraham. Pourquoi ?

    -et bien, sans vouloir être vexant hein ? A mon avis les conscrits vont être plus facile pour un homme qui a l'habitude de trimer dur pour se nourrir, que pour un fils de riche comme moi.

    -Si tu le dit. »

    Abraham retourna à sa contemplation du trottoir d'en face, sous le regard perplexe de Mustapha. Un fils à papa. Curieux qu'il soit là. Habituellement ce sont les enfants d'ouvriers qui sont chargé de l'infanterie.

    L'ÿtat s'arrange pour placer les enfants de milieux plus aisés dans des postes à responsabilité, comme sous-officier, ou dans le génie ou la recherche. Rarement dans la piétaille.

    Le voyage dura trois heures. Fort Boucher était loin de la ville. Trois heures ou les amitiés au fils du hasard des places prises, se créèrent.

    Malgré la nonchalance d'Abraham, dûe avant tout à une très grande anxiété, la discussion s'entama.

    Mustapha parlait beaucoup, il nourrissait la discussion face au naturel réservé d'Abraham.

    Ils n'avaient pas grand chose en commun : l'un était pauvre, l'autre était riche ; l'un comme déjà résigné par la vie, l'autre encore ignorant du monde.

    L'un s'était arrêté à l'école inférieure, l'autre avait suivit un cursus en médecine qu'il avait dû mettre de coté à cause de sa mobilisation.

    Leurs vies étaient tout fait différentes, mais peu importe, ils allaient suivre le même entrainement, ils allaient passer des mois assez douloureux. Les différences seraient mises de coté sans doute. L'armée sait y faire pour ranger les hommes dans un seul moule.

    En traversant le portail d'entré de la base militaire, la plus par comprirent qu'ici ils abandonneraient toute cette innocence ¿par cela il faut comprendre, passé de l'autre coté de la scène- dont se justifie souvent le peuple.

    Un énorme portail en métal lourd garni sur ses coté, des tours parsemées de mitrailleuses lourdes, comme la bouche d'un diable avec deux cornes se dressant fièrement en direction du ciel.

    Et la viande rentra dans la boucherie. Parcours habituel, comme des têtes de cochon sur un tapis d'usine : appel, signature ; pose des affaires civiles, signature ; dépose des affaires militaires, signature ; passage à l'infirmerie, signature ; appel et mise en place dans les sections. Plus de signature, vous n'êtes plus qu'un matricule.

    Le hasard voulu qu'Abraham et Mustapha se retrouvent dans la même section : section trois, deuxième peloton, douzième division du quatre-vingt neuvième régiment de l'infanterie régulière.

    Un régiment basic sans haut fait d'arme. Dirigé par des officiers sans charisme et des sous officier détestant avoir des responsabilités.

    Mustapha avait parié avec Abraham qu'il deviendrait sergent au bout d'un an. Abraham lui s'en fichait. Un an ! C'était déjà trop pour Abraham.

    Ces deux là étaient devenus de très bon acolyte. On peut même dire qu'il se complétaient. Mustapha était un débrouillard, il faisait d'abord marcher ses méninges. Il compensait en cela ses difficultés physiques. Lui qui avait toujours fait en sorte de se faire dispenser pour le sport à l'école, il était servi.

    Mustapha avait du charisme, il était apprécié de ses camarades, et imposait sa vision tout naturellement. Bon parleur, il monopolisait l'assistance. Il fallait dire que son éducation ne pouvait que le faire consentir supérieur face à la plèbe bien moins instruite. Pauvreté ne s'attache pas aux outils du savoir. Sauf en de rare cas.

    Abraham ne se laissait pas avoir par la poudre magique que lançait Mustapha pour éberluer ses spectateurs. Il était intelligent, une intelligence naturelle, une intelligence de l'autre et de soi qui sommeillait jusqu'alors.

    Mustapha avait éveillé en lui un appétit d'apprendre, par ses tirades accumulant les exemples historiques issues d'une culture générale édifiante. C'est justement a force de longue conversation où l'un jouait le rôle de mentor et l'autre de disciple qu'ils se sont appréciés.

    Ainsi le caractère d'Abraham s'affirmait. Il n'avait pas le charisme de son ami, ni son pareil pour caresser dans le sens du poil mais une aura l'entourait. Une aura qui grandissait avec le temps, l'enseignement succin de Mustapha puis, plus conséquent, des livres ; et l'entrainement militaire harassant censé former de vrais soldats. Il commençait à être soit craint soit aimé, mais il ne laissait en aucun cas indifférent.

    Les deux s'épanouissaient plus qu'ils ne l'auraient crus. Mustapha montrait tout son intelligence en cour théorique et stratégique, un tacticien hors pair qui donné du fil à retordre aux simulations mais il avait toujours autant de mal face aux activités physiques mais les troisièmes sections devenaient solidaires. On n'abandonne jamais un frère d'arme.

    Abraham n'avait jamais besoin d'aide, il était même un des meilleurs combattant du groupe, si ce n'était le meilleurs en abandonnant sa mauvaise habitude de trop réfléchir lors des combat au corps à corps. En revanche pour les armes il excellait, un tireur froid, calme et d'une précision redoutable. Il préférait savoir l'ennemi loin de lui. L'ennemi¿ finalement il se faisait de plus en plus à cette nouvelle vie. La résignation devenait totale. Et puisqu'il était « bon », pourquoi allez contre ?

    Donc deux esprit fort et devenus indissociables sortaient maintenait du lot dans la section trois. Deux meneurs d'homme possible, d'après l'adjudant Bogaba. Lequel nommer chef de classe ? L'académique ou l'instinctif ? Il demanda l'avis du sergent chargé de la section : « Tu m'as fait appelé ? Lui demanda le sergent Al-Hasan, en entrant dans le bureau de son supérieur.

    -Ouai, je suis en train de faire les promos, en particulier la tienne. A ton avis, qui de Christo ou de Piedmont fera un bon chef de classe ?

    -Je dirais Mustafa, même si Abraham est un guerrier né, Mustafa lui est un meneur d'homme né. Et faut pas oublié que Mouss sait obéir aux ordres. Abraham peut pas s'empêcher de cogiter sur le pourquoi du comment, il ne s'est pas gêner pour me rembarrer quant l'ordre lui paraissait pas logique.

    -Esprit rebelle?

    -Non, non¿ il réfléchit trop. Mais relax, encore quelque mois de pompes forcées et de jours au frigo lui apprendront à fermer sa gueule. Ironisa Al-Hasan. »

    Bogaba pris note, les arguments tenaient. Ainsi Mustafa devint le chef de classe, assurément il deviendrait réellement sergent si il continuait ainsi. Abraham était content pour son ami.

    Tout le monde savaient que cela ce jouait entre les deux, beaucoup purent croire que l'un aurait été jaloux de l'autre, mais c'était bien mal connaitre Abraham pour qui, moins il y avait de responsabilité mieux c'était.

    Ainsi allait débuter, après l'apprentissage des bases, la deuxième phase de l'entrainement des jeunes aspirants.


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    Quel vaste sujet que nos connexions défaillantes, nos virus universels et nos clefs WEP avariées.

    Mais que dire de ces pauvres gens qui vivent l'enfer chaque jours ? Vous rendez vous compte que certaines personnes n'ont pas accès à leur mails, à leurs amis ou même à leurs amours ?

    C'est une chose trop ignoble qui ce passe d'image, c'est pourquoi je parlerais en utilisant des métaphores. :D

    Un surfeur sans internet, c'est une mer sans vagues.

    Un forumeur sans forum, c'est comme un arbre sans ses racines.

    Voila un p'tit rap qui coule de mon fleuve de la pensée en crue d'imagination.

    Je pousse une gueulante grondante,

    Contre ces entreprises géantes,

    Qui dans leurs immenses profits,

    En oublient les technologies !

    Peuple soulève toi,

    De ce foutus siège là !

    Trouve ce looser de PDG,

    Et exprime lui tes pensées,

    Dans les rognons à coups de pieds !

    [Femme] "Sale obsédé !"

    :sleep:

    Bon en gros si voulez, j'ai ma connexion internet qui bug et ça me gonfle de trop. :D


  19. La conscience.

    1 - Approche de la conscience :

    A – La conscience au fil du temps :

    Voilà des millénaires que l’homme s’interroge sur la conscience et, grâce à l’écriture, nous avons pu suivre l’évolution des connaissances en ce domaine. C’est ainsi que, au cours des siècles, des distinctions ont été établies selon que la conscience a été attribuée aux dieux, à l’homme ou aux animaux.

    Toutefois, ce qui se dégage d'une manière générale, c'est que la conscience a essentiellement été attribuée à l'homme et, cela va de soi, aux intelligences qui président aux destinées humaines : les dieux. Nous n'oublierons pas que nous avions envisagé l'idée que les dieux pourraient bien être le résultat de la perception intuitive que nous avons de notre inconscient.

    Comment a pu se faire la distinction entre la matière et la conscience immatérielle ?

    Comment l'homme a-t-il appris à se distinguer de l'animal ?

    Comment la vision de l’homme sur lui-même et le monde animal a-t-elle évolué ?

    Enfin, qu’a représenté pour lui la conscience au cours des siècles ?

    Voyons comment s'est déroulé ce débat.

    a - La préhistoire :

    Il y a près de 275 000 ans, nos ancêtres néandertaliens exprimaient déjà leur conscience de la mort dans leurs sépultures, les premières avérées.

    b - Les croyances :

    Les choses se précisent lorsque l'écriture s'instaure. Ainsi, dans l’Egypte ancienne, une tentative est faite pour définir les différents éléments constituant l'être humain. Christian Jacq [3] a énuméré les neuf éléments essentiels de l'être pour les initiés égyptiens selon les croyances de l'Égypte pharaonique.

    1 - le corps, image matérielle du grand corps céleste (djet) ;

    2 - le dynamisme créateur, (ka) ;

    3 - l'âme, (ba), possibilité d'incarner le divin sur cette terre ;

    4 - l'Ombre, reflet de la vérité (shut) ;

    5 – la lumière de l'esprit (lakh) ;

    6 - le Cœur, siège de la conscience et de la mémoire (ab) ;

    7 - la puissance de réalisation (sekhem) ;

    8 - le Nom, vérité ultime de toute création (rèn) ;

    9 - le corps spiritualisé, (sakh) (...)".

    Chacun de ces éléments avait pour but de comprendre et diriger la vie temporelle en réglant au mieux les relations avec les dieux, ainsi que le passage inévitable dans l'au-delà.

    Ainsi, si le Ba (3) est considéré comme l'élément spirituel qui anime l'individu, il est à distinguer de la puissance de réalisation que constitue le sekhem (7), et surtout de la conscience dont le siège est au niveau du coeur (6).

    Un cœur qui doit absolument être conservé pour que le défunt puisse se présenter devant Anubis. Sans conscience, pas de survie après la mort.

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    figL3_032_ammout.gif

    Le coeur du défunt, siège à la fois de la conscience et de la mémoire de ses actes,est déposé dans une urne sur l’un des fléaux de la balance.

    Il ne doit pas peser plus que la plume de Maât, déesse de la vérité et de la justice.

    Plus lourd, il sera dévoré par Ammout la déesse crocodile.

    (d'après le papyrus d'Hounefer)

    Pour la mystique juive, l’âme différenciée du corps, est constituée de cinq entités : la nêfesh (esprit), le ru'ah (souffle, anima), la neshamah (âme, spiritus), la hayyah (vie), et la yehidah (union).

    C’est dans d’autres cultures que tous ces éléments vont fusionner pour se réduire essentiellement à deux éléments principaux : l'âme et le corps. L'âme prend alors une importance majeure car c'est elle qui permet de franchir indemne la barrière de la mort et de survivre dans un au-delà..

    L’âme est alors l’élément qui va permettre d’accéder à la vie éternelle.

    L'âme comme l'esprit sont des acquis d’ordre culturel que l'on ne cherche pas vraiment à expliquer. Il s'agit d'un don des dieux et il faudra attendre les philosophes grecs pour que la notion de conscience apparaisse avec tous les questionnements que soulève le mystère de son fonctionnement.

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    c - Les philosophes :

    Pour Aristote, (philosophe grec -384, -322) toutes les idées sont dès le départ contenues dans l'esprit, mais, pour devenir fonctionnelles, elles doivent être actualisées par l'expérience.

    Il existe une continuité chez les êtres vivants. L'homme et l'animal possèdent une nature commune. Quant à l'âme, dans la tradition aristotélicienne, elle n'existerait pas sans le corps.

    À l'inverse, pour Descartes (1596 - 1650, mathématicien, physicien et philosophe français), l'âme est une substance indépendante du corps. Sa vision marque un tournant de la pensée philosophique et va influencer l’ensemble de la pensée occidentale. Le corps n'étant que matière, il peut être étudié par la science.

    La position de Descartes sur la nature des êtres vivants pourrait être résumée par la formule qu’il emploie dans la lettre au Marquis de Newcastle du 23 novembre 1646 : Le corps est « une machine qui se remue de soi-même ».

    Il poursuit : « Je sais bien que les bêtes font beaucoup de choses mieux que nous, mais je ne m'en étonne pas, car cela même sert à prouver qu'elles agissent naturellement par ressorts ainsi qu'une horloge, laquelle montre bien mieux l'heure que notre jugement ne nous l'enseigne ».

    « Je désire que vous considériez, après cela, (…) que toutes les fonctions que j'ai attribuées à cette machine, comme la digestion (…), la veille et le sommeil ; la réception (…) des sons, des odeurs (…); l'impression des idées (…). Je désire, dis-je, que vous considériez que ces fonctions suivent toutes naturellement en cette machine, de la seule disposition de ses organes, ni plus ni moins que font les mouvements d'une horloge, ou autre automate, (…) [et] font en sorte qu'il ne faut point concevoir (…) aucune autre âme végétative, ni sensitive, ni aucun autre principe de mouvement et de vie, que son sang et ses esprits, agités par la chaleur du feu qui brûle continuellement dans son cœur, et qui n'est point d'autre nature que tous les feux qui sont dans les corps inanimés ». Descartes, Traité de l'Homme.

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    Cette vision mécaniste du corps, qu'il soit celui de l'animal ou celui de l'homme, va orienter la façon dont toute la science moderne va se représenter le corps. Bien sur, nous ne parlons plus aujourd’hui de celui-ci en termes de rouages mais nous manipulons de la même manière les gènes, et la cellule souche n’est jamais qu’une pièce de rechange apte à pourvoir à tous les besoins.

    La médecine actuelle n’est-elle d’ailleurs pas avant tout une médecine de prothèses ? Le membre artificiel remplaçant la jambe que l’on ne peut faire repousser, tout comme la molécule antibiotique remplace le système immunitaire à défaut de pouvoir le réparer, ou comme la thyroxine de laboratoire remplace l’hormone thyroïdienne, à défaut de savoir guérir la thyroïde…

    Toutefois Descartes demeure prudent dans ses conclusions : « Bien que je tienne pour démontré qu'on ne peut prouver qu'il y a une pensée chez les bêtes, je ne crois pas cependant qu'on puisse démontrer qu'il n'y en a pas, parce que l'esprit humain ne pénètre pas leur cœur. » Descartes, Lettre à Morus, 5 février 1646.

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    La conscience serait-elle alors issue de quelque chose qui appartient au contexte matériel ? ou, au contraire ne lui appartiendrait-elle pas ?

    Progressivement, les choses vont se préciser dans l'esprit humain, et c'est le philosophe anglais John Locke (1632 - 1704) qui, en 1690, va inventer le terme « consciousness », pour définir la conscience qui désigne l'unité de la personne, en la distinguant de la conscience morale.

    Toutefois ce terme ne pouvait, à cette époque, être défini que de façon philosophique.

    Pour Locke, il n'existe pas d'idées innées : l'esprit de l'homme à sa naissance est une « tabula rasa », une ardoise vierge. Ainsi, sa vision diffère-t-elle de celle d’Aristote, car pour lui seule l'expérience et la réflexion sont à l'origine des idées et de la conscience.

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    Plus près de nous, le lexicographe et philosophe français Emile Littré (1801 - 1881) proposait la définition suivante du mot conscience : « Sentiment de soi-même ou mode de la sensibilité générale qui nous permet de juger de notre existence : c'est ce que les métaphysiciens nomment la conscience du moi ».

    Mais la conscience demeure pour l’instant une réflexion sur soi-même. Le monde environnant ne semble avoir d'importance que dans la mesure où il nous permet d'avoir conscience de notre propre existence...

    d - Psychologie et pensée scientifique :

    Issue de la philosophie de l'esprit du XIXe siècle, la psychologie moderne va s'en éloigner résolument en proposant maintenant d'étudier le fonctionnement de l'esprit à la lumière de la méthode expérimentale. La pensée scientifique se met en route, et les découvertes médicales vont, dans le même temps, rappeler à quel point toutes ces questions sont étroitement reliées à notre système nerveux central.

    Désormais le mot conscience ne désigne plus une entité mais une fonction : la capacité de connaître (William James - fin XIXe siècle, père de la psychologie américaine).

    Toutes ces connaissances accumulées au cours des siècles ont permis aux érudits de pousser plus avant leur raisonnement. Aussi, la compréhension de ce qu’est la conscience a-t-elle quitté le domaine religieux et philosophique pour s'enrichir de nouvelles réponses apportées par les neurosciences.

    Aujourd’hui, la connaissance de ce qu'est la conscience a tellement évolué, que nous ne pouvons plus nous contenter d’une définition basée sur la seule origine latine du mot : « cum scire = connaître avec » qui désigne la conscience comme étant la « faculté qu’a l’homme de connaître sa propre réalité et de la juger ».

    B - La conscience aujourd'hui - neurosciences et conscience :

    Le philosophe Ned Block va, en 1995, distinguer quatre aspects de la conscience en état d'éveil, suivi en cela par les neuroscientifiques :

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    - la conscience phénoménale : elle correspondrait à la perception sensible qui dirige notre vie mentale et nos actes.

    Un état mental appartient donc à la conscience phénoménale s'il constitue une expérience.

    - la conscience d'accès : elle est à la base du raisonnement qui nous amène à agir ou exprimer notre pensée..

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    - la conscience réflexive : elle consiste dans la capacité de suivre le cours de nos pensées ou de nos comportements par l'introspection.

    - la conscience de soi :

    Elle fait l’unité de notre vie mentale.

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    Si les deux dernières catégories sont longuement étudiées par les philosophes, seules les deux premières relèvent du domaine scientifique.

    Toutefois, la conscience d'accès qui gouverne la pensée rationnelle, dont la particularité est de posséder le langage comme support, est la seule qui soit vraiment accessible aux sciences cognitives.

    Le fonctionnement de la conscience phénoménale se prête moins à l’expérimentation car, nous l'avons vu, la richesse des perceptions peut difficilement être décrite par la parole puisqu’elle est faite d'une expérience sensible qui ne peut être que subjective.

    En ce début du XXIe siècle où il n’existe pas encore d’explication satisfaisante de la conscience, les neurosciences vont compléter nos connaissances.

    Celles-là, bien que découlant des idées de Descartes, ne dissocient plus le fonctionnement de l'esprit de celui de la matière. Elles vont se développer dans deux directions :

    - l'étude du comportement qui surgit au moment où la conscience entre en jeu : c'est ce que l'on appelle l'attention.

    - l'imagerie cérébrale qui permet (entre autre grâce à l'IRMf) d’observer « en direct » les modifications survenant dans le fonctionnement cérébral.

    figL3_042_cerveau_IRMf.gif

    Anomalies dans le syndrome de fibromyalgie.[*]

    Comment étudie-t-on la conscience aujourd’hui ?

    a - Etude des comportements - l'attention :

    Dans les années 1970, les scientifiques ont constaté que les animaux, tout comme, d’ailleurs, les jeunes enfants, regardent plus longuement les événements nouveaux que des événements connus ou prévisibles.

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    Les études de la conscience vont alors surtout s’intéresser à ce phénomène, caractéristique de l'attention que l’on porte sur une situation ou un objet nouveaux.

    Car c'est cette particularité comportementale qui a permis de découvrir que la conscience n’est pas le seul fait de l’humain adulte, mais qu’elle existe aussi chez les enfants et les animaux.

    Mais l’animal a-t-il une « conscience de soi » ? Le test du miroir, imaginé dans les années 1970 par le psychologue américain Gordon Gallup, fait partie des méthodes utilisées pour le démontrer. Il consiste à confronter l’animal à son image dans un miroir, et il a été fait sur différentes variétés de mammifères.

    Les scientifiques ont ainsi pu montrer que de nombreuses espèces animales (comme les éléphants ou les singes) savent se servir d'un miroir comme outil, par exemple pour trouver des objets cachés. Mais comment faire pour savoir s'ils y reconnaissent leur propre image ? Pour cela, on fait une marque de couleur sur la tête de l'animal, alors qu'il est endormi, et on observe sa réaction lorsqu'il découvre son image dans un miroir.

    Les premières études ont été faites chez les primates. Le bébé singe qui se voit dans un miroir pour la première fois cherche à attraper l'image derrière le miroir. Ultérieurement, il va découvrir que le congénère qui lui fait face fait le même geste que lui. Ainsi, sa conscience de « l’image » qui lui fait face va-t-elle se perfectionner au fur et à mesure qu'il comprend qu'il n'y a pas de congénère accessible, ni dans cette surface plane ni même derrière elle.

    Affinant sa connaissance de l'objet tant par la vision que le toucher, il va alors progressivement découvrir que l'image qu'il voit est son propre reflet.

    figL3_044_singe_miroir.gif

    On a pu aboutir aux mêmes conclusions en ce qui concerne l'éléphant.

    En 2006, des éthologues ont installé un immense miroir dans l'enclos des éléphants du zoo de New York.

    Commençant par chercher à passer leur trompe derrière le miroir, les trois éléphantes du zoo ont rapidement compris qu'elles s'observaient elles-mêmes. Elles se sont alors mises à explorer des parties de leur corps d'ordinaire inaccessibles à leur vue, comme l'intérieur de leur bouche.

    Toutefois, les mammifères terrestres ont certainement une connaissance de leur corps, puisque tous font « l'expérience du miroir » en se penchant sur une étendue d'eau pour y boire. L'animal qui n'a jamais été confronté à un miroir aura, comme un enfant, un temps d'observation et d'apprentissage dans la nouvelle situation, avant de se reconnaître dans son reflet.

    Mais si le singe, comme l'ensemble des primates, a plus de facilité à comprendre que l’image qui lui fait face n'est pas un congénère, c’est qu’il a la possibilité d’explorer cette image avec ses mains... Un mammifère marin ne le peut pas. Peut-on alors affirmer qu'un objet existe ou n'existe pas si l'on ne peut le toucher?

    La conscience peut-elle se passer du sens du toucher ?

    Deux chercheuses américaines, Dianna Reis et Lori Marino, ont montré en utilisant le test de la tache que les dauphins vivant en captivité sont capables de reconnaître leur image.

    figL3_045_dauphin_miroir.gif

    Elles ont constaté que lorsqu'ils portaient une marque colorée, ils se contorsionnaient pour mieux s'observer dans le miroir. Par contre, s'ils n'étaient pas marqués, les dauphins se désintéressaient très rapidement de leur image.

    La preuve semblait faite de la capacité d'une espèce non primate à se reconnaître dans un miroir.

    Le même comportement a pu être observé chez la femelle orque. Lorsque celle-ci remarque la tache, elle va frotter la partie concernée de son corps sur une paroi du bassin pour l'effacer. Elle revient alors s'examiner devant le miroir et fait autant d'aller-retours que nécessaire pour que la tache disparaisse.

    Dauphins et orques semblent démontrer que la conscience de soi peut se passer du sens du toucher.

    Mais si l’animal (en l’occurrence un dauphin) semble se reconnaître dans un miroir, cette reconnaissance de soi est-elle une conscience de soi ? En d'autres termes, a-t-il conscience de son identité ?

    L'étude des deux américaines pourrait apporter une réponse à cette question : elles ont en effet constaté que si le dauphin s’intéresse à ses propres marques, il n’éprouve aucun intérêt pour les marques faites sur son compagnon.

    Selon Joëlle Proust, philosophe au CNRS, à défaut de pouvoir affirmer que les animaux ont une réelle conscience, le fait qu'ils fassent montre d'une attention particulière lorsque une situation nouvelle se présente, et que cette attention varie selon qu'il s'agit d'eux-mêmes ou d'autres congénères, laisserait supposer que les animaux apparaissent pour le moins doués d'une forme primitive de conscience.

    Et cette forme primitive de conscience s'inscrit dans le continuum de l'évolution des espèces, l’enfant la possédant dès l'âge de 18 mois.

    « La conscience n'est pas un phénomène spécifiquement humain ».

    Le phénomène de la “conscience” est actuellement considéré comme le résultat de processus nerveux complexes. Cette complexité nous amène généralement à présupposer qu'elle n'existerait que chez les primates ayant un degré élevé de développement cérébral (toutefois, si les chiens et les chats ont toujours échoué au test du miroir, la pie peut le réussir).

    Elle apparaîtrait progressivement au cours de ce développement, tandis que les connexions s'établiraient entre différentes aires pour créer ce que l'on appelle des réseaux neuronaux.

    figL3_046_cerveau_aires.gif

    Aujourd'hui, un certain accord semble prévaloir pour dire que la conscience surviendrait de la collaboration entre différents circuits de perception s’intégrant dans un fonctionnement global.

    b - Imagerie cérébrale et statistiques :

    Parallèlement aux méthodes comportementales, les recherches vont s'appuyer sur des analyses statistiques de l'activité cérébrale basées sur l'imagerie cérébrale.

    L'étude de cas particuliers où les états de consciences sont modifiés (hypnose par exemple), ou altérés en raison de dysfonctionnements (épilepsie), de lésions cérébrales (blessures ou interventions chirurgicales), vient compléter et éclairer les résultats obtenus.

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    c - La conscience modélisée :

    Aux antipodes de la recherche comportementale, d’autres travaux, menés sous l’impulsion des Pr <a href="http://www.sommeil-paradoxal.com/livre3-page/01-conscience.html#modelise">J Pierre Changeux et Stanislas Dehaene nous proposent d’autres perspectives.

    Ils ont développé un modèle informatique qui permet de comprendre le fonctionnement de la conscience. Ce modèle repose sur un cerveau constitué de deux ensembles :

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    a - des processeurs autonomes traitent les signaux inconsciemment,

    b - et une région que l’on appelle « Espace Neuronal de Travail Conscient » (ENTC) va rendre ces signaux conscients.

    La réponse peut être absente ou se faire soit consciemment ou inconsciemment.

    figL3_049_ENTC.gif

    figL3_050_ENTC.gif

    1 - Si le signal est suffisant, l’attention sera activée (sujet qui découvre quelque chose de nouveau)

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    2 - Le signal est trop faible. Bien que perçu par des processeurs connectés à l’ENTC, ce dernier ne va pas le percevoir. Il reste donc non-conscient (sujet dont l’attention est distraite par une autre situation).

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    3 - L’attention préactivée va capter le signal qui va alors devenir conscient (sujet dont on a attiré l’attention sur un objet).

    figL3_053_ENTC.gif

    4 - Le signal est fort et inattendu.

    Suffisamment puissant pour être perçu par l’ENTC, il va pouvoir devenir conscient (sujet dont l’attention était distraite et voit cette dernière réorientée).

    Il va s'agir maintenant de localiser le lieu de la conscience.

    « La conscience nécessite l'intégration d'informations qui parviennent en permanence à notre cerveau,

    mais peuvent ne pas devenir conscientes ».


  20. emasik
    Dernier billet

    Exactement 4 mois maintenant qu'elle m'a laissé en proie à ma pire peur, celle d'être abandonné et de ne compter pour personne. 4 mois que je tente de rester la tête hors de l'eau entre le manque d'argent, d'emplois, de stabilité familial, et surtout d'amour. Tout s'effondre autour de moi, je ne sais plus sur qui compter, ni vers quoi me tourner.

    Elle s'amuse bien, elle est heureuse, heureuse sans moi. J'ai juste été le bout de chiffon qui a essuyé ses vieilles douleurs. Tant mieux pour elle, elle peut aller de l'avant. Pas moi. Je ne sais ni quoi faire ni quoi penser quand je la voit avec ce mec... Lui si un jour je le rencontre il risque de se demande qui c'est, ce type froid qui lui fait la gueule sans raison. Désolé vieux, mais il arrive que dans la vie il y ai certaines choses avec lesquels on ne peut pas agir rationellement.

    En parlant de rationnelle, une espèce d'abruti hautain et imbu de lui même m'avait certifié que ça durait 3 mois l'état de tristesse amoureuse, comme quoi c'est scientifique et tout ça. Bah putain, t'es sans nul doute triplement plus intelligent que la majorité de la population, mais t'es vraiment un sale type si tu peux oublier quelqu'un en si peut de temps. De toute façon les gens qui érigent l'intelligence en véritable culte j'ai jamais pu les encadrer. Pas d’exception pour toi.

    Aller, filez moi deux ou trois bouteilles de rhum et quelque potes marrants, que je puisse oublier un peut.