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Le Solarpunk

yourself91

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Pourriez-vous être un Solarpunk radical optimiste?

Les premières idées de solarpunk remontent à 20085 ; cette année-là, un blog nommé Republic of the Bees a publié le post, From Steampunk to Solarpunk. La publication commence la conceptualisation du solarpunk en tant que genre littéraire inspiré du steampunk.

En 2012, la première anthologie de Solarpunk, Solarpunk: Histórias ecológicas e fantásticas em um mundo sustentável, a été publiée au Brésil; la traduction anglaise a été publiée en 2018.

Solarpunk a attiré un public plus large en mai 2014 lorsque Mlle Olivia Louise a publié un article Tumblr qui a commencé à établir une esthétique solarpunk. En septembre 2014, Solarpunk: Notes vers un manifeste été publié. L'auteur, Adam Flynn, a crédité le message de Miss Olivia Louise comme source d'inspiration.

En octobre 2019, un manifeste Solarpunk, a creative re-adaptation of ideas about solarpunk written by many people (une réadaptation créative des idées sur le solarpunk écrites par de nombreuses personnes) a été publié, signé sous le nom de The Solarpunk Community.

La lignée directe de Solarpunk est issue du steampunk et du cyberpunk. Steampunk imagine une nouvelle histoire et un monde avec la vapeur comme principale source d'énergie plutôt que l'électricité traditionnelle d'aujourd'hui, tandis que solarpunk imagine les sources d'énergie renouvelables comme la principale source d'énergie. Cyberpunk imagine un avenir avec des technologies avancées qui montrent souvent un manque d'appréciation pour l'humanité. Le cyberpunk et le solarpunk imaginent tous deux des futurs potentiels du point de vue des préoccupations actuelles, mais alors que le cyberpunk met l'accent sur la façon dont les choses peuvent mal tourner, le solarpunk imagine comment les choses peuvent s'améliorer.

L'esthétique solarpunk utilise des motifs naturels et est très ornementale et c'est une réaction contre l'esthétique contemporaine utilisée dans le courant dominant. Son esthétique s'inspire de l'Art nouveau et du mouvement Arts and Crafts utilisant l'accent mis à la main sur le mouvement Arts and Crafts.

Solarpunk n'a pas d'idéation politique spécifique, bien qu'il pratique la politique préfigurative, créant des espaces où les principes d'un mouvement peuvent être explorés et démontrés en les mettant en pratique dans la vie réelle. Les Solarpunks sont encouragés à agir conformément aux croyances du Solarpunk ainsi qu'à contribuer à la création de l'avenir optimiste qu'ils envisagent. Les Solarpunks pratiquent le mouvement de différentes manières, des efforts utopiques comme la création d'écovillages aux actions plus petites telles que la culture de sa propre nourriture et le bricolage .

source

 

Pour trouver le premier recueil officiel de nouvelles Solarpunk, il faut aller chiner du côté du Brésil : en 2012 l’éditeur de SF et de Fantasy « Editora Draco » publie l’ouvrage Solarpunk: Histórias ecológicas e fantásticas em um mundo sustentável (« Solarpunk : histoires écologiques et fantastiques dans un monde durable »). Des récits d’anticipation qui roulent aux carburants biologiques boostés aux nanotechnologies, où l’on contrôle la puissance de la foudre et fait voler d’immenses navires spatiaux grâce au rayonnement solaire. Parmi les auteurs portugais et brésiliens, un certain nombre de journalistes scientifiques et d’ingénieurs accolent leurs plumes à celles des littéraires, donnant au projet un air de manifeste. À l’été 2017 sort en anglais l’anthologie Sunvault, stories of Solarpunk and Eco-speculation, qui consolide le genre : le Solarpunk est une anti-dystopie. Notre planète pourrait finir dans un état catastrophique, l’espèce humaine aurait trouvé le moyen de relever la tête et même d’abattre les barrières culturelles. Loin de l’ethnocentrisme blanc traditionnel déjà craquelé par l’influence grandissante des récits d’anticipation dans le monde arabe, en Afrique subsaharienne, en Chine ou en Inde, les récits Solarpunk intègrent également une évolution positive des mœurs : éducation, sexualité et genre sont passés à la moulinette de l’optimisme social de gauche. Occuper Mars et terraformer la planète au moyen d’une organisation martiale ? Trop colonial, allons plutôt nous nicher dans la haute atmosphère terrestre à manger du ramen en boubou, sur un air latino.

L’esthétique visuelle du Solarpunk oscille entre art nouveau et maquette d’architecte de « ville durable » : des silhouettes elfiques adeptes de technologies propres déambulent dans des villes à la végétation luxuriante, avec une pointe d’afrofuturisme (le royaume autoritaire du Wakanda de Black Panther serait-il Solarpunk ?). Comme son nom l’indique, le genre fait la part belle aux technologies solaires, vouant à l’astre de jour un culte quasi mystique. Alors que la planète ne cesse de monter en température, la puissante étoile par laquelle vient la destruction deviendrait par une ingéniosité technique notre sauveur. L'omniprésence des technologies solaires dans le Solarpunk rappelle la naïveté de l’ère atomique, quand dans les histoires de l’écrivain Isaac Asimov le nucléaire était miniaturisé et inséminé dans la vie quotidienne, comme une solution magique à tous nos problèmes.

 

Comment donc le Solarpunk peut-il mériter son suffixe « -punk », qui suppose une certaine dose de subversion ? Certains pensent déjà flairer l’arnaque, persuadés d’avoir débusqué une utopie technologique portée par une nouvelle génération de scientistes déguisés. Alors que la philosophie punk peut être résumée par une déconstruction méthodique qui fait beaucoup de bruit, il ne faut pas oublier sa capacité à user de son pessimisme pour redonner à tous la banane (et des droits sociaux). D’après la chercheuse en sciences sociales Jennifer Hamilton, la subversivité du Solarpunk réside surtout dans le fait que son optimisme apparent n’incite pas à suivre les règles du système établi, mais bien à les contourner. Le mouvement a ainsi comme particularité de se développer en parallèle de la littérature et de l’image par le design (appliqué comme spéculatif), grâce à ses adeptes environnementalistes, ingénieurs, développeurs et spécialistes de l’open source. Des expérimentateurs issus d’une culture de réseau, non linéaire, ouverte, à une période marquée par ce que le pionnier du Cyberpunk Bruce Sterling nomme l’atemporalité. Finie la mémoire unique de l’histoire, le récit linéaire et à sens unique de notre passé politique. À l’ère du réseau tout se passe simultanément, des voix discordantes diffusent en même temps leur propositions. Malgré le péril du trou noir numérique (voir nos deux articles à ce sujet), l’archivage est bien moins sélectif et l’amnésie plus ardue. Lors d’une conférence, Sterling décrit une « ère de décomposition et de réaffectation de structures obsolètes, de nouvelles inventions sociales au coeur de réseaux, un maillage anarchique d'histoire et de futurisme, plutôt qu’une cathédrale érigée pour l’histoire comme toile de fond d’une utopie du futurisme. » (We are into an era of decay and repurposing of broken structures, of new social inventions within networks, (...) a crooked networked bazaar of history and futurity, rather than a cathedral of history, and a utopia of futurity. )

 

Si les artisans du Solarpunk voient leur mouvement comme un successeur du cyberpunk, c’est qu’ils empruntent beaucoup aux théories des auteurs majeurs du genre. Neal Stephenson et son concept du « héroglyphe », le récit politique inhérent à un genre artistique qui va stimuler et inspirer créateurs et ingénieurs, donne la légitimité aux tenants du Solarpunk pour leur projet de sauvetage du monde. William Gibson, dissertant sur l’atemporalité décrit des utopies à la date de péremption connue par ses instigateurs, conscients des limites de leur perspective et voués aux réajustements constants : « Ne vous laissez plus hypnotiser par l’idée d’innovation technologique ». (No longer allow yourself to be hypnotized by the sense of technical novelty). Ainsi, plutôt qu’un successeur à tous les autres genres de science fiction, le Solarpunk se pense comme le prolongement d’un idéal politique qui existe parmi d’autres dans le vaste champ des récits d’anticipation. Les adeptes de l’église de l’homme augmenté comme les cyniques qui se résignent à vivre bientôt dans les restes de la modernité déchue, ou font la sieste dans leur bunker en attendant la fin du monde, eux devront peut-être faire de la place à une autre esthétique. En attendant d’en voir un peu plus, on vous laisse avec cette tentative de radeau alimenté par des panneaux solaires, comme un Waterworld dont le scénario aurait été réécrit par les écolos du XXe siècle :

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