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♫ Il y a peu de chances qu'on détrône le roi des kons ♫

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La misère, des larmes et du sang

Fait-on pire muselière que le bonheur ? Ce sentiment de bien-être dégoulinant de mièvreries est à l’inspiration ce que le fascisme est à la liberté ; il vous passe les menottes dans le dos dès lors que vous tentez d’écrire autre chose qu’une carte de vœux. Regardez ! j’ai à peine commencé ce texte que je bâille déjà comme à l’enterrement de mon grand-père. Déjà qu’il n’était pas très passionnant de son vivant, toujours à se vanter de ses exploits pourtant modestes de la guerre de l’an 40. « Tu sais combien de juifs j’ai fait arrêter ? Et des communistes aussi ! Sans oublier les pédés. » Ah, ce bon vieux papy Hans ! Rest in pieces. Où en étais-je avant que ce rustre m’interrompe d’outre-tombe ? Ah oui, je suis convaincu que l’homme fait son propre malheur, et éventuellement celui de son prochain quand le temps le lui permet, donc j’ai évidemment cherché à combattre le bonheur qui me rongeait. Je voulus d’abord me dépouiller de mes biens matériels. Pour cela, je quittai mon appartement à l’aube en prenant soin de laisser les volets ouverts sur mes objets de valeur — une boîte de Prozac devenue caduque, un pyjama Superman et une baguette de pain —, un coq décédé sans jamais avoir été cuit patientant dans le four tout aussi éteint, et la porte entrouverte. Je revins au soir et alors que j’étais au pied de mon immeuble, j’aperçus de la lumière émanant de la fenêtre de mon salon. « Un cambrioleur a dû oublier d’éteindre les lumières après s’être allègrement servi. Enfin, j’espère que je ne vais pas l’interrompre », pensai-je. En actionnant délicatement la clenche, j’eus la surprise de découvrir que la porte de mon appartement était verrouillée. J’avais pourtant emporté mon seul jeu de clés avec moi ! En entrant, comble de la stupéfaction, je sentis une odeur de coq au vin. J’étais dans l’incompréhension la plus totale. Là, une voix familière cria depuis la cuisine : « Où t’étais passé ? C’est l’heure de manger. Tu prends un verre de rouge ? ». J’avais oublié que mon appartement était également peuplé d’un pot de géraniums, d’un chat, de ses puces et d’une concubine — la mienne, pas celle de mon matou. Or, il arrive quotidiennement que cette dernière se mette aux fourneaux, d’où la lumière du salon était allumée. Cela dit, mon chat n’a pas de concubine. Toujours est-il qu’en posant les yeux sur elle — ma concubine, pas celle du greffier, puisque je vous répète qu’il n’en a pas —, je réalisai qu’une rupture serait un excellent moyen de me niquer le moral. Mon mistigri a des vues sur la minette des voisins mais il n’est pas encore prêt à s’engager avec elle. Je lui dis donc — non pas à la minette des voisins, mais à mon minet — : « Il serait temps que tu te décides. Tu ne peux pas sortir et avec la chatte de gouttière que tu m’as présentée la dernière fois et avec une moustache pareille, ça fait vraiment négligé.», mais mon félin de canapé est têtu. Bon, où en étais-je avant qu’on me harcèle de questions superflues sur la sexualité de mon chat ? Ah oui ! ma prise de conscience quant à la félicigénicité de ma concubine. Pour mettre fin à la tyrannie qu’elle exerçait sur ma plume, je lui déclamai avec mon air le plus sérieux : « J’ai bien réfléchi, je suis trop heureux avec toi, ça ne peut plus durer. Je te quitte ». Vous savez ce que la malheureuse m’a répondu ? Rien, elle était trop occupée à se tenir les côtes. Puisque des années de blagues continuelles et autres farces intempestives avaient ôté toute crédibilité à ma menace, je renonçai à me faire briser le cœur et je me rabattus sur l’idée de me faire casser la gueule, the next best thing. Je me postai donc à la sortie d’une école primaire avec le regard lubrique et un T-shirt estampillé « j’aime vos enfants, ils ne portent pas plainte », mais personne ne prit la peine de toucher à mon intégrité physique. Dans l’étourderie qui me caractérise, j’avais laissé mon pull par-dessus. Je passai alors au plan B et contentai de me balader dans des ruelles sombres d’un quartier craignos d’une ville rongée par l’insécurité en arborant un sourire niais, une coupe de cheveux au bol et une montre en or. Vous pensez que je me suis fait refaire le portrait version Picasso ? Que nenni ! Aujourd’hui les rues du cinquième arrondissement sont devenues tellement sûres que les Arabes osent de nouveau sortir seuls le soir. Pour preuve, notre ministre de l’intérieur — dont je tairai le nom pour ne pas lui faire de la publicité — est tellement désœuvré qu’il en est réduit à faire la promotion d’un humoriste — que je ne citerai pas non plus pour ne pas faire davantage de publicité pour Manuel Valls — pour justifier de son salaire. N’est-il pas attristant de penser que sans cette tâche ingrate et futile consistant à, pour le dire élégamment, lustrer les couilles en or de ce comique — qui vendait déjà suffisamment de places au demeurant et de grain à moudre aux demeurés pour remplir ses salles tout seul — ce valeureux républicain n’aurait pas d’emploi et se verrait obligé de puiser dans ses comptes en Suisse ? Soit dit en passant, si notre ministre de l’intérieur ne sait pas quoi faire de nos impôts, je lui présenterais volontiers mon intérieur qui mériterait un bon coup de balai. En effet, je peine davantage à prendre son manche en main que mon destin. Pourtant, après plus de neuf cents mots, je suis toujours aussi heureux qu’au début de ce texte. Le bonheur est-il donc irrémédiable ?

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Rien qui vaille la peine d'en parler

Rien qui vaille la peine d'en parler Quoi de neuf depuis la dernière fois ? Il ne s'est pas passé grand-chose, ma foi, J'ai passé le balai, la serpillière Et mes nerfs sur le pot de géraniums, J'ai posé un nouveau linoléum Puis le pied, levé mon verre de bière ; Rien qui vaille la peine d'en parler. Accessoirement, j'ai passé le bac, Le permis, puis les portes de la fac, Un tas de jours sombres et de nuits blanches, J'ai pris mon temps, mon courage à deux mains, Mes précautions et la sœur de Romain, J'suis monté au filet et sur les planches ; Rien qui vaille la peine d'en parler. Rien qui vaille la peine de t'en parler, T'arrives comme une fleur après vingt ans Mais à mes yeux tu n'es qu'un fruit moisi ; Si c'est l'égoïsme que t'as choisi, On a un point commun, alors, content ? J'imagine pas à quoi tu rêvais En venant mais tu peux toujours crever, Ta famille se démerde toute seule, Sur ce, prends la porte ou mon poing dans la gueule.

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La quête d'Érato

La quête d'Érato Quelques questions me tarabustent, Moi qui suis droit comme un arbuste Dois pourtant me pencher dessus : Quelle est parmi la tripotée De l'unique déculottée Que mon cœur perdu a reçue, L'estocade ayant fait des miettes Des espoirs de cette mauviette Craignant toujours d'être déçue ? Comment s'embarquer pour Cythère Tout en gardant les pieds sur terre Et en se défiant des bateaux ? Quelle est donc cette peur qui m'use, M'empêchant de chercher ma muse, Me privant des mots d'Érato ? Est-ce celle de la défaite, De tomber en visant le faîte, De risquer les maux des râteaux ? Ou celle de la réussite, Le refus net quoique tacite De rendre l'idéal banal ? Saurais-je dans mon arrogance Renoncer à l'extravagance D'un train-train voulu marginal, Morne, pénible, qui m'irrite, Me frustre et dont le seul mérite Est de me rendre original ?

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Le beurre allégeant

♪ Est-il en notre temps rien de plus odieux, De plus désespérant que d'vendre du beurre aqueux ? 1 ♪ En acheter, sans doute. Quel est le raisonnement dément qui peut mener des êtres doués de conscience à succomber à l’oxymore, que dis-je ?, à l’antilogie du beurre allégé ? Qui sont ces gens qui, à défaut d’en rire, se moquent de l’absurde de ce produit infâme ? Ont-ils sacrifié leur cortex préfrontal dans le seul but de perdre du poids et la raison dans la foulée ? Se sont-ils définitivement niqué les papilles gustatives en se brûlant la langue sur la béquille du diable ? Voilà autant de questions auxquelles je ne répondrai pas, n’ayant pas les capacités d’abstraction nécessaires pour rentrer dans l’esprit insondable de ces consommateurs — et oui, dans consommateurs, il y a treize lettres. Est-il besoin de souligner que le beurre allégé n’est grossièrement qu’une dilution des matières grasses — autrement dit de l’intérêt-même du beurre — dans de l’eau ? Vous n’avez peut-être pas encore entendu parler de l’eau, c’est un liquide incolore et sans saveur extrêmement rare et donc très cher. Cependant, altruistes à faire passer l’abbé Pierre pour le squelette d’un connard et aussi soucieux de la santé publique que de leurs profits, les producteurs de beurre allégé la facturent à un coût tout juste supérieur à celui du gras, si bien que vous pouvez acheter cette merveille diététique sensiblement au même prix que l’ignoble beurre doux à 500 % de matières grasses qui obstrue instantanément vos artères, remettant en cause jusqu’à votre droit de vivre ! Bon, je parle d’argent parce que je devine que vous courez après chaque centime, bande de rats ! Mais bordel, ce qu’il y a de plus ignominieux dans le beurre allégé, c’est évidemment l’irrespect le plus total pour les plaisirs de la table qui veulent que l’on réclame et le beurre et le goût du beurre. On pourrait me reprocher de n’avoir jamais essayé de beurre allégé, en dépit de la légitimité établie de la logique expérimentale instinctive qui veut que tout un chacun ait disposé au moins une fois dans sa vie l’un de ses étrons dans son assiette pour connaître le goût de la merde et pouvoir en toute bonne foi affirmer que c’est dégueulasse, mais pas autant que celle de son chien. Mais que voulez-vous ? ma religion me l’interdit. J’ai en effet décidé de dédier ma vie à la quête du saint gras, embrassant la doctrine : « Le gras, c’est la vie » 2. Au nom du père, du fils et de l’esprit saindoux, amen. Bref, j’éprouve un dégoût viscéral pour le beurre allégé que je propose d’ailleurs de rebaptiser dans un souci de transparence « beurre allégeant utilement les portefeuilles que vous vous tuez à remplir, espèces de vaches à lait qui affamez vos quatre estomacs dans la quête aussi ridicule que désolante d’une période de vaches maigres » ou, pour que ça rentre sur le packaging, simplement « beurre allégeant », formule ambiguë qui a toutefois le mérite de mettre en exergue la consternation qui me pousse régulièrement à maugréer un « Ah, les gens ! » presque onomatopéique. Je tiens cependant à féliciter pour leur génie les escrocs qui polluent les rayons de nos supermarchés avec des barquettes, plaquettes et autres rackets de ce beurre estampillé allégé. S’il est presque criminel d’apposer une étiquette « 20 % de matières grasses » sur du beurre — avec une fierté non dissimulée, un sourire en coin des plus sournois et un bras symboliquement enfoncé jusque là —, prouvant que ces capitalistes sans aveu n’ont aucune éthique, ou alors très petite, une éthiquette, il serait de très mauvaise foi de nier qu’ils sont brillants. Moi-même qui ne suis pas l’ombre d’un con, étant donné que c’est elle qui me suit, je me fais tout petit devant ce visionnaire qui osa avancer cette idée révolutionnaire à une réunion des grandes pompes de sa boîte : « Bon, les mecs, le gras, c’est très bien, c’est comme ça qu’on a fait notre beurre jusqu’à présent. Mais en vérité je vous le dis, le beurre de demain sera de la flotte ». Personne avant lui n’aurait soupçonné qu’il puisse exister des gogos pour acheter du beurre à 60 % d’eau et plus si affinité, et pourtant ! Et depuis, c’est à l’enseigne qui se foutra le plus de la gueule des lipophobes primaires qui lui servent de clients.60% de M.G., 40 % de M.G., 30 % de M.G., 20% de M.G. ; j’attends avec impatience le 0%. Il n’y a pas à dire, c’est impressionnant les efforts qu’ils font pour une cause aussi noble… Parce que vous pensiez peut-être que pour faire ces purges à peau de balle en matières grasses, il suffit de plonger du beurre dans l’eau ? Que vous êtes mignons ! Noyer du gras, ça demande tout un tas d’additifs tels que des épaississants, des conservateurs et des émulsifiants. C’est simple, regardons la composition du beurre doux : « beurre à 82% de M.G. ». Et maintenant celle d’un beurre allégeant à 20% de M.G. :« eau, matière grasse de lait, amidon modifié, lactose, maltodextrine, émulsifiants : E471, E472c, E476, sel, conservateur : sorbate de potassium, colorant : béta-carotène, vitamine E, vitamine A » 3. Ils nous entubent, oui, mais ils y mettent les formes ! Malgré toutes les charges qui pèsent contre lui, le beurre allégeant, si abject soit-il, n'est qu'un symptôme de la vision fallacieuse et perverse d’un équilibre dans la privation, ouvrant la voie à toutes les dérives. Aujourd'hui, c'est le beurre, qui nous dit que d'ici quelques décennies, quand la technologie le permettra, on ne trouvera pas de la bière sans alcool, du soda sans sucre, du café sans caféine ou du jambon sans couenne? Qui voudrait vivre dans un monde pareil ? 1 « Est-il en notre temps rien de plus odieux, De plus désespérant que de n’pas croire en Dieu ? » Brassens, Le Mécréant 2 Réplique culte de Caradoc dans la série Kaamelott d’Alexandre Astier. 3 Voir ici.

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Supplique pour que le temps s'arrête

Supplique polie mais ferme pour que le temps s'arrête d'ici peu et pour toujours, sans quoi je me verrai dans l'obligation de recourir à des moyens extrêmes pour parvenir à mes fins, allant jusqu'à la réitération de cette demande Mais tu crois qu'il existe, ou c'est qu'une imposture ? - Mes dabs ont un ami qui l'aurait rencontré, Mais l'gus est un poivrot, fermenteur concentré, Et vaut mieux pas se fier aux rumeurs d'un' biture. - Y a des rumeurs qu'j'suis prêt à avaler d'travers, J'ai entendu des trucs de fou, parait qu'le mieux Dans le bonheur, je cit' : "c'est qu't'es pas malheureux" ! - Eh, pourquoi on s'est mis à discuter en vers ? Vos gueules ! le bonheur c'est rien que de l'éther, Pour te faire planer, il faut qu'il s'évapore Et dès que ton air est de nouveau inodore, Tu peux être certain que la liesse prend cher. À l'heure où j'écris ça, tout ce dont j'ai rêvé Avant d'être un peu plus que l'ombre d'une loque, Putains de job, bagnole, appart et femme en cloque, Risque bien de glisser de mon poing entravé Par la peur lancinante au murmure perçant Clamant que la proba que la drôle de bulle N'éclate pas bientôt est pratiquement nulle, Captive de mes doigts la serrant, l'enlaçant Toujours, sans un arrêt pour la laisser souffler Car après une vie aigre, triste, oisive Comme un con à attendre abattu qu'elle arrive, Ça me déglinguerait de la voir s'envoler. Chronos, je t'en conjure, trompe ton sablier, Fige à jamais l'instant parfait mais éphémère, Lui qui encore hier n'était qu'une chimère Et qui risque demain de se faire oublier. Pour répondre au comment, je te laisse le choix, Mais si tu es sujet à la fainéantise, Mon conseil pour rester dans ton champ d'expertise : Troque ton sable fin pour des gouttes de poix. Mon sort entre tes mains, vieux, je compte sur toi, Je n'veux pas même voir défiler les secondes, J'ai déjà fracassé mes montre et micro-ondes Par anticipation pour te prouver ma foi.

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Le bout du tunnel

Le bout du tunnel Y a cette nana que tu voudrais rencarder, Tu la vois tous les jours sans jamais l'aborder, Poltron, c'est à pein' si t'oses la regarder, Ton plan d'action est clair, c'est de te saborder. Discret, énigmatique, un mystère chiadé Mais invisible, encor' loin d'être décodé, Personne s'intéresse à un barricadé, Du coup ton amour propre est flétri, corrodé. Mais t'inquiète ! tu vas voir le bout du tunnel. Tu traînes à la fac au max pour retarder La recherche d'un job parce qu'appréhender Le futur est un art où tu peux cafarder En laissant libre cours à ta passion, glander. Niais, t'as rêvé ta vie avant de décider Qu'il était plus sérieux de te voir décéder, Maintenant que tu sais comment te trucider, T'es pas plus avancé, t'oses pas procéder. Mais t'inquiète ! tu vas voir le bout du tunnel Et bientôt retrouver la lumière du jour, Comme pendant longtemps tu n'as que poireauté, L'entrée a pas bougé, elle est juste à côté, Il ne te reste plus qu'à faire demi-tour.

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Mauvaise grippe

Mauvaise grippe T'as des frissons, de la fièvre à fair' fondre C'qu'il reste du Groenland sur ton torse, Mais surtout pas question de faire entorse Au principe de ne pas te morfondre Dans un vain combat contre l'infection Sachant que ton système immunitaire, Que tu sois fringant ou bien grabataire, N'pourrait jamais te faire défection. Dans quelques jours tu remettras ton nez Irrité hors de tes Kleenex poisseux Et tu te sentiras presque chanceux De reprendre le cours un tantinet Ennuyant de ta misérable vie, Jusqu'à ce que tu comprennes, patatras ! Que tu n'étais pas si mal sous tes draps, Alors, tu repens'ras avec envie À ce rien de temps qui t'a pris aux tripes, À cet amour passé comme une grippe.

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Les arbres de séduction massive

Les arbres de séduction massive Un beau jour Marguerite assise sur un banc Lisait du Jean Racine à l'ombre d'un chêne Quand un apollon comme on en fait à la chaîne Lui fit une démo de son bagout barbant. Mais au lieu de servir un "Fichez l'camp" cinglant Au mâle inopportun, la voilà sous le charme, Paradoxe insensé car derrièr' son vacarme, L'abruti beau parleur n'était autre qu'un gland. Cela dit, les atouts de la bêt' primitive, Ces charmes ancestraux de séduction massive, Ne demeureront pas l'apanag' des trouducs ! Sentant fort le sapin maintenant je m'active, Cherche au gré des trottoirs un' bell' plante lascive Vendant à qui en veut de ces arbres caducs.

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Pur-sang croisé bourricot

Pur-sang croisé bourricot Chassez-le, il reviendra au galop, Comme le prolo las va au boulot, Au bord du suicide, au bout du rouleau, Comme le pochtron retourne au goulot, Chez lui, dans les bars, dans le caniveau ; Putain de pur-sang croisé bourricot ! Pour t'coller au cul, il est au niveau, Champion du 100 mètres sur haricot. Chassez-le, il reviendra au galop, On n'transforme pas un fieffé salaud En princ' charmant d'un baiser, c'est ballot, Les sombres poltrons manquant de culot Ne risquent pas de briller de sitôt ; Putain de pur-sang croisé bourricot ! Que quelqu'un aille chercher un véto, Faut piquer le naturel illico.

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Vert concombre

Vert concombre Pour retoucher l'imag' que les gens se font d'elle, Même clos, ses yeux sont tout verts comme un concombre, Et elle voit vermeil quand j'ôte les rondelles De cucurbitacé oblong qui les encombre. Elle soutient qu'il faut souffrir pour être belle, La divine Vénus* elle-même en coulisse Se raserait souvent les gambettes rebelles, Aujourd'hui, le 17 peine à donner la peau lisse. Mais pourquoi araser l'enveloppe charnelle Dont les aspérités sont un' ballade en braille Sous mes doigts vagabonds ? Dieu ! que l'originelle M'chante à merveille ou bien, même Polhymni' braille. Je maudis mordicus l'inepti' culturelle, Ses masques de beauté, portant bien leur nom, tâchent En effet de cacher la grâce naturelle D'imperfections flattant beaucoup plus qu'elles ne gâchent. *Non, ceci n'est pas un placement de produit :

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La vie est un navet dont on connait la fin

La vie est un navet dont on connait la fin Pas d'aventure, pas d'action Dans la triste réalité, Ce simulacre de fiction Incapable de l'imiter, Contrainte de se limiter À de telles aberrations Que la loi de la gravité Et la fatale imperfection. L'existence est un cinéma, Tant de bassesse que d'auteur, Et, derrière la caméra En tant que réalisateur, Comme dans le rôle d'acteur, Chacun avec ses petits bras Essaye d'être à la hauteur De ce navet qui le tuera. Dans celui qui aura ma peau, Qui a tout au plus l'intérêt D'être d'un genre tout nouveau, Tragico-comico-navet, Moi le benêt invétéré Ne me fais pas jouer le héros, Accroch'-toi pour me repérer, Mon rôle est juste un caméo. Je n'en peux plus de ce bouzin, L'est si ennuyant et stupide ! Le scénariste est un crétin, Si je le vois, je le lapide ; Les navets me sont insipides, Et c'est pas faute d'avoir faim, Je veux faire avance rapide Jusqu'au générique de fin.

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L'imposture de la petite souris

Chers camarades, chère maîtresse, Je vais vous parler de la petite souris et je vais vous montrer que cet animal est un imposteur, comme le facteur de petite taille de mon quartier. Un jour, je lui ai démandé s'il connaissait Passe-Partout de Fort Boyard et il m'a répondu : "Bien sûr que je le connais, c'est moi Passe-Temps !". Mais moi je sais qu'il a menti parce que Passe-temps il a un pull blanc avec des traits bleus et il porte pas de casquette. La petite souris est blanche avec des yeux rouges, comme le lapin de Mathilde, mais elle ne mange pas de carottes, et Mathilde non plus. Les scientifiques l'appellent Mus musculus dentibus, mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Les avocats l'appellent le rongeur receleur de quenottes. Mon papa l'appelle la bête de "j'ai vos dents". Je comprends pas toujours ce qu'il raconte. Et ma maman l'appelle : "Ah, ah, mon Dieu ! Patrick, fais quelque chose, bon sang !" en montant sur une chaise. La petite souris est avec le singe le seul animal qui a de la monnaie. Quand on perd une dent, elle nous l'échange contre de l'argent pour remplacer les siennes qui sentent pas bon et qui sont toutes jaunes parce qu'elle mange du munster et qu'elle a pas de dentifrice. Mais je crois qu'elle a pas non plus de brosse à dents parce qu'une fois j'ai laissé du dentifrice près de mon lit et elle y a pas touché mais elle a pris ma dent. Enfin, tout ça c'est que les grands nous racontent mais je sais maintenant que la petite souris est une imposterie. Avant-hier, j'ai mangé un carambar au caramel tout dur et j'avais une dent qui bougeait et le carambar a collé à ma dent comme la colle extra-forte colle aux doigts ou comme mon papa colle à sa secrétaire. Après, j'ai tiré sur le carambar et ma dent est partie. Alors, j'ai mis la dent sous mon oreiller avant de me coucher. Je croyais que j'allais avoir un billet de 10 euros, mais quand je me suis réveillé, j'ai regardé sous mon oreiller, et y'avait rien qu'une pièce de 50 centimes. Donc cette fois j'ai compris que les grands se moquent de nous : en réalité, la petite souris est un rat !

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Les euphémismes ou l'art de ne pas rentrer dans le lard

Chers rustres et autres sauvages mal-pensants qui irradiez votre manque d'éducation de vos beuglements grossiers et injurieux aux dépens des contemporains - et dans contemporains, il y a quatre syllabes dont quelques-unes de superflues - qui ont le malheur de vous croiser, ne désespérez pas, il n'est jamais trop tard pour apprendre les subtilités de l'hypocrisie populaire qui différencie les ploucs que vous êtes des modèles de raffinement que sont vos voisins qui daignent vous honorer d'un bonjour distant accompagné d'un petit geste de la main en revenant d'aller promener leurs clébards puants dont les manières sont encore plus infâmes que les vôtres, et ce même si l'intérêt qu'ils vous portent - vos voisins, pas les roquets - est aussi artificiel que cette phrase est longue. Comment cela se pastis ? Eh bien, c'est très simple, il vous suffit de vous exercer à user d'euphémismes en tournant sept fois votre langue autour du pot de miel pour mieux enrober vos paroles de sucre. Vous verrez alors que paraître poli auprès d'un euphémiste est un plaisir comparable à celui de passer pour un non-comprenant aux yeux d'un con. Comme je vous devine hésitants, je vais vous prodiguer quelques exemples. Afin de ménager l'amour propre des bonniches à ovaires et la virilité des femmes de ménage à testicules, veillez désormais à les appeler agents d'entretien, ce qui vous permettra à coup sûr de feindre un tant soit peu de respect pour ces pauvres gens qui, non contents de ne pas avoir eu la bonne d'idée d'exercer un métier estimable, se font encore traiter de femmes de ménage par des monstres d'impolitesse dont l'outrecuidance va jusqu'à appeler un animal domestique à griffes rétractiles, un chat. Dans notre société grisonnante, rares sont les bienheureux échappant à la corvée de devoir supporter les conseils surannés, les opinions réactionnaires et les jérémiades nostalgiques des vieux qui du haut de leur sagesse assommante regrettent le temps de leurs vingt ans, parce que c'était mieux avant. On souhaiterait bien évidemment les euthanasier mais tuer ses parents, si gâteaux soient-ils, n'est pas encore légal, alors on se contente de les mépriser et d'attendre sagement qu'ils veuillent bien calancher. Enfin, toujours est-il que les chanceux qui sont déjà orphelins sont choqués de vous entendre médire de vos ancêtres, sans doute parce qu'ils sentent que le souffle de la Mort ne tardera pas à effleurer leur propre nuque. C'est là que vous vous devez de ne plus parler des vieux mais des personnes d'un certain âge, formule des plus polies qui souligne que vous évoquez des fossiles si avancés en âge qu'eux-mêmes ont oublié le nombre de leurs printemps, mais sans rappeler explicitement qu'ils ont quelques orteils dans la tombe. Si d'aventure vous surprenez votre voisin avec son abruti de chien en train de pisser contre un mur de votre propriété - le cabot, pas le maître -, retenez-vous de le traiter de con fini - que ce soit le sac à puces ou l'autre bout de la laisse. N'oubliez pas d'être subtil et avec l'art de l'euphémisme opportun, qualifiez-le plutôt - le sac à morpions, pas le toutou - de femme ménopausée. Enfin, chers rustres, cessez d'aller aux putes comme le pantalon de Steve Urkel va aux fraises. Est-ce que les gens bien vont aux putes participer à encourager la misère de pauvres Vénus qui se voient obligées de vendre leur cul à des hommes libidineux pour qui il est devenu inconcevable de se satisfaire ou de leur femme ou de leur main ? Non, les gens bien font montre d'une grande générosité en faisant visiter des chambres d'hôtels minables à des filles de joie.

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Dix bonnes raisons d'avoir un œil de verre

Dix bonnes raisons d'avoir un œil de verre (adressé en particulier aux hommes fainéants, pervers, irresponsables, et surtout en particulier aux borgnes) Éros vous a crevé les yeux ? Faîtes-vous du souci, mon vieux, Mais s'il vous en a crevé qu'un, Ne noyez pas votre chagrin Dans le rhum, le vin ou la bière, Mieux vaut s'offrir un œil de verre. Et la raison numéro un, Jeter un œil inopportun, Mais sans passer pour un malpropre Et dorénavant au sens propre, Sous les robes et sous les jupes De souris que vous ferez dupes. Et la raison numéro deux, Rien de mieux pour vous mettre en deux Car avec l'organe amovible, Il ne sera plus impossible Et d'avoir un œil sur les mioches Et de sortir faire un cinoche. Et la raison numéro trois, Un cache-œil sur votre minois Peut s'avérer très ingénieux, Si vous êtes un paresseux, Cachez l'œil valide au boulot, Faîtes la sieste incognito. Et la raison numéro quatre, À tenter si un de ces quatre On vous y surprend à ronfler, N'allez donc pas vous dégonfler, Dîtes en toute bonne foi : "Je n'ai pas fermé l'œil du mois !" Et la raison numéro six, Et la numéro cinq, saucisse ? Je la zappe, la raison cinq, Va trouver un' rime avec cinq, Et la sixième, de raison ? Disons, faire peur aux lardons. Et la raison numéro sept, Pour qu'on vous lâche les baskets À propos d'une dette ou autre, Suivez mon conseil, mon apôtre, Et évitez bien des écueils, Feignez donc de tourner de l'œil. Et la raison numéro huit, Deux ou trois parties à la suite Et l'baby est exorbitant, N'abandonnez pas pour autant, En remplaçant plutôt la balle Par votre œil, jouez pour peau d'balle ! Et la raison numéro neuf, Faîtes-vous passer pour un veuf En clamant d'un ton éperdu : "Consolez-moi car j'ai perdu, Sniff, la prunelle de mes yeux", Pas d'un seul ? forcément des deux ! (Tant pis s'il faut mentir un peu.) Et la raison numéro dix, Personn' n'aura lu jusque là, Je peux dire n'importe quoi, On s'en battra l'œil, et le bon.

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En yacht, en barque ou en galère

En yacht, en barque ou en galère En yacht, en barque ou en galère, Ados, adultes, grabataires, Mais plus les jeunes que les vieux, Gagnent au grand dam des envieux La fameuse île de Cythère. En yacht, en barque ou en galère, Depuis tous les coins de la terre Et même parfois à la nage, Avec la vigueur du jeune âge, C'est l'affluence vers Cythère. Moi qui garde les pieds sur terre, Je regarde d'un œil amer Tous ces braves prendre la mer, Ou le contraire, vers Cythère En yacht, en barque ou en galère, Pris dans l'attente délétère Qu'une fée trouve le culot De vouloir me jeter à l'eau Pour que nous partions pour Cythère En bouée ou en pédalo.

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Remember me?

J'ai fait une petite infidélité à la poésie pour ... ce truc-là : ....................... Salut, tu te souviens de moi ? Moi, je ne t'ai pas oublié, mais je pense que toi non plus. Cela dit, à voir ta tête d'ahuri, bien qu'elle ne change pas tellement de ta tête de con habituelle, j'ai l'impression que t'es surpris de me voir. Allons, tu croyais vraiment t'être débarrassé de moi comme d'un vulgaire cafard ? Comme tu peux le voir, j'ai ramené tout mon fourbi, j'ai bien l'intention de m'installer ici, que tu le veuilles ou non. Tu me fais faire un tour ? j'imagine que l'appart' a pas mal changé depuis la dernière fois. Première chose que je constate, va falloir refaire un peu la déco, c'est beaucoup trop lumineux par ici. Je parie que t'es réveillé par les rayons du soleil le matin, c'est un truc à te faire lever tôt, c'est très mauvais. Je vois que t'as commencé des travaux dans la salle de bains, ça fait combien de temps ? Trois mois ! très bien, je vois que t'as gardé des bonnes habitudes, j'aurai pas besoin de repartir de zéro avec toi. Fais-moi voir un peu ce qu'il y a dans le frigo. Ouh là là, tu manges vraiment autant ? Ça doit te coûter cher, mais ne t'inquiète pas, je vais te faire perdre l'appétit. Bon, je crois que... Ah, ce putain de téléphone ! Ben, vas-y, décroche ! Qui c'est ? Dis-lui que t'es fatigué, que tu sortiras pas ce soir, ni demain, ni jamais, qu'il te lâche les baskets. T'es à moi, rien qu'à moi. Nous deux, c'est à la vie, à la mort, tâche de ne pas l'oublier. Bon, allez, on se bouge, tes antidépresseurs vont pas se faire prescrire tout seuls.

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Ce qui va sans dire

Ce qui va sans dire Paraît que ce qui va sans dire, ça va mieux Encore en le disant donc pour pas répéter Les silences idiots, pudiques de mes vieux, Je vais te balancer plein de banalités. Fatigué le matin d'avoir rien fait la veille, Pour me sortir du lit, t'es le meilleur remède, Tu me fais me lever, pas besoin de réveil, Tu gueul's comme un putois pour avoir ton lait tiède. Complètement gaga depuis qu'je suis papa, J'en viens même, c'est dire ! à être fier de toi Comme si j'avais fait moi-mêm' tes premiers pas, Mais je m'en tire bien, maman l'est plus que moi. Bientôt tu sauras lire et comprendras ce texte Débile que j'écris de peur de demeurer Assez con pour trouver encore des prétextes Pour ne pas avouer de viv' voix t'adorer. Peut-être sauras-tu dir' ces mots avant moi, D'ici là, c'est pratiqu' que tu ne parles pas, Quand maman va rentrer, je dirai que c'est toi Qu'as cassé son vase et pas préparé l'repas.

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Que serais-je avec toi ?

Que serais-je avec toi ? Les honoraires du psy laissent deviner L'ampleur du souci de cœur du nom de légion Qui me pousse constamment à m'imaginer Ce que serait ma vie si nous la partagions. La nuit dernière encore, je nous ai rêvés Si vivement qu'au réveil m'est venue l'envie De retrouver instamment les bras de Morphée, Rouvrir les yeux dans les tiens ; espoir déconfit. Je me laisse alors aller à tous les fantasmes, Me vois mari et père, partir en voyage Au volant d'un monospace et d'un enthousiasme Inespéré supporter les embouteillages ; Mais réalisant avoir emprunté ce songe, Remets illico ces pieds dans leur chanson *, puis Travaille à échafauder mon propre mensonge Avec rien que ta photo comme point d'appui. Que donc serais-je avec toi ? la question m'obsède, Me réveille dans la nuit si jamais je dors, Alimente ma folie dès lors que j'y cède, Répétant à l'oreiller comme je t'adore. * Monospace de Bénabar, pour ne pas la citer

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Un soleil aride

Suite, en quelque sorte, de Premier pas sur la Lune : Un soleil aride Dans l'herbe à lézarder, pas pressé pour un sou, Je laisse libre cours à ma fantaisie sous Un ciel sans nuages, Pas même un tout petit en forme de mouton Mais cela ne fait rien, j'en crée un à menton, Calquant un visage, Pas n'importe lequel, celui-ci a les traits Ronds et doux d'une femme étonnante aux attraits À tomber par terre, Dans l'herbe à lézarder et à s'imaginer Marcher cœur dans la main – rêver un tantinet N'est pas délétère – Dans l'herbe à lézarder et à s'imaginer Notre futur ensemble, à se faire un ciné Mais pas une toile, Et à la nuit tombée, on y sera encor' Caressant nos espoirs et nourrissant nos corps À la belle étoile ; Pour ne rien oublier de ce grandiose âge où J'aurai connu la joie, j'en marquerai mes joues De petites rides, Dans l'herbe à lézarder, gai, euphorique, soûl, Car j'aurai mis la main sur la Lune, et ce, sous Un soleil aride.

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Décrocher

Décrocher Une gonzesse de perdue Et c'est dix copains qui reviennent *, C'est pas le dernier des glandus Çui qu'en a fait une rengaine. Cinq fois que le portable sonne, Les miens veulent pas me lâcher, Mais bordel ! je veux voir personne, J'entends ne jamais décrocher. Voudraient me faire prendre l'air, Les bougres en ont à revendre, Mais l'air qu'ils ont est débonnaire, Je suis pas près de leur en prendre. Et, des fois que mon âme sœur Par hasard y fasse un crochet, Voudraient que j'aille voir ailleurs, Leur mémoire a dû décrocher, Vu que la femme de ma vie, Je l'ai déjà rêvée, cherchée Et trouvée mais, pleine d'envie, La Camarde me l'a fauchée. Et devenu fou sans ma dame, J'ai ma came pour m'accrocher Et supporter mes états d'âme, Comment pourrais-je décrocher ? Je sniffe la coll' d'un album Comme on inhale la blanche et, Intoxiqué jusqu'au sébum, En attendant de calancher, Je noie mon chagrin sur la bière De celle qui me reprochait Déjà avant le cimetière De ne pas pouvoir décrocher D'elle. * Renaud, dans Manu : "Allez, déconn' pas Manu, Va pas t'tailler les veines, Un' gonzess' de perdue, C'est dix copains qui r'viennent."

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Trois petits mots

Trois petits mots Moi qui suis de ces gens stupides Qui ressentent trois petits mots, Trois petits mots et puis s'en vont, J'envie un peu les intrépides Qui prononcent trois petits mots, Trois petits mots et puis s'en font ; Sans une réponse rapide Répétant ces trois petits mots, Trois petits mots, c'est qu'ils sont cons. Que cet être à qui je reproche D'attendre ces trois petits mots Vienne me passer un savon, Oursin en bouche et langue en poche, Je tairai ces trois petits mots Résonnant dans le puits sans fond Qui m'aura servi de caboche Mais qui depuis trois petits mots A un fonctionnement abscons.

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Apprendre à vivre sans

Apprendre à vivre sans L'aveugle authentique est celui qui croyant voir Dans le noir s'en remet au sens le plus trompeur, Puis se cognant l'orteil est frappé de stupeur ; Je suis à mon grand dam bien placé pour savoir. Naïf ayant suivi pour seul guide l'espoir, Par ignorance, un peu, mais avant tout par peur, Ne cherchant la quiétude ailleurs qu'en la torpeur, Je me prends le retour de bâton dans la poir'. Fini mon équilibre instable, artificiel, Me suis cassé la gueul' sur l'une des kyrielles De marches entre Luna et la terre-océan ; Et d'ici à ce que le Graal tombe du ciel, Les clés de mon tourment sont tout juste plurielles, L'obtenir en rêve ou apprendre à vivre sans.

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À Thor et à travers

Je ne saurais que vous recommander d'écouter L'Orage de Brassens, pour comprendre les références que j'y fais dans le poème qui suit, ou simplement pour le plaisir d'écouter une chanson magnifique : À Thor et à travers C'est toujours la même rengaine, Hélios mène son char, puis Zeus montre son nez Et vas-y que je tonne et vous vous étonnez Que le ciel change de dégaine. Lors que la pluie à la volée Vient gratter mes carreaux, c'est l'espoir que j'entends, "Le poète a toujours raison" 1 donc je m'attends À c'qu'une voisine affolée Coure et tambourine à ma porte Cherchant du réconfort, pourtant le sablier S'écoule, Zeus se fait déjà presque oublier Et j'attends toujours qu'il m'apporte Au moins un chat perdu 2, j'enrage Car j'ai dû ravaler ma fierté de travers, J'ai fait confiance à tort, à Thor et ses travers, N'a-t-on donc plus peur de l'orage ? 1 C'est du moins ce que Jean Ferrat chante dans La Femme est l'avenir de l'homme. 2 Référence à Putain de toi de Brassens : "En ce temps-là, je vivais dans la lune, Les bonheurs d'ici-bas m'étaient tous défendus, Je semais des violettes et chantais pour des prunes Et tendais la patte aux chats perdus. Ah ah ah ah putain de moi, ah ah ah ah ah ah pauvre de moi. Un soir de pluie v'là qu'on gratte à ma porte, Je m'empresse d'ouvrir, sans doute un nouveau chat, Nom de dieu, l'beau félin que l'orage m'apporte, C'était toi, c'était toi, c'était toi."

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Robot boy

Robot boy * (Vers le néant et en deçà) Andy n'aime personne et pourvu que ça dure ! L'amour c'est du gâchis de temps et d'énergie, Éros grave aujourd'hui sur ton cœur l'effigie De celle qui demain s'perdra dans la nature. Andy envie un peu son collègue, bourreau De travail, rigoureux, docile et compétent, Tant qu'on y fait appel sans arrêt au bureau ; Le secret de l'ordi, c'est : aucun sentiment. Andy essaie alors de réduire au silence Son cœur inopportun, de le rendre impalpable ; La compassion, c'est bon quand on n'est pas capable De trouver l'affliction dans sa propre existence. Andy sera bientôt plus neutre qu'un robot, Ni larme ni rictus, visage inexpressif, Se désintéressant de tous sauf son cabot, Ne sera jamais plus heureux ou dépressif. *En référence .

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Prison intracrânienne

Prison intracrânienne Je connais la prison sans être un criminel, Si j'ai fait une erreur, c'est celle d'exister, Et je la paie un temps qui me semble éternel, Chronos, c'est fort probable, a dû se désister. Dans ce pénitencier, tout esprit rationnel Songeant à s'évader hésite à insister Devant un paradoxe au prix exceptionnel, Car tenter d'en sortir, c'est vouloir y rester. Ce n'est qu'au revolver qu'on y creuse un tunnel Qui donne, à ce qu'on dit sans pouvoir l'attester, Sur un enfer de feu pris au conditionnel, Ça ne peut être pis, je demande à tester.

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