Aller au contenu
  • billets
    187
  • commentaires
    1 386
  • vues
    773 641

À propos de ce blog

♫ Il y a peu de chances qu'on détrône le roi des kons ♫

Billets dans ce blog

 

C'est quoi l'amour ?

C'est quoi l'amour ? Dites-moi que l'amour n'est autre qu'égoïste, Ce n'est que pour mieux s'aimer qu'on s'éprend d'autrui ; Je veux croire que le cœur ne se montre altruiste Qu'afin qu'on ne préfère pas un autre fruit Que sa pomme, que sa pomme. Avouez-moi que l'amour ne peut pas durer, Que dès lors qu'on le connaît, il est ennuyeux ; Je veux croire que le cœur ne peut endurer Plus que le temps d'un clin d'œil de battre pour deux, Même pour deux balconnets. Sinon, se pourrait-il qu'il me soit inconnu ? Je me serais fourvoyé, ne portant aux nues Rien que des ersatz d'amours. Confirmez-moi qu'il n'y a pas d'amour heureux, Qu'il m'est légitime de m'estimer heureux D'en être encore exempté.

konvicted

konvicted

 

Je te dirai pas que t'es belle

Dans la lignée d' Érato faite humaine, Je te dirai pas que t'es belle Ne t'avise surtout pas de t'imaginer, Sous peine d'être déçue, en me faisant boire Pouvoir me faire avouer que t'es belle ce soir, Alors que ton visage laisse deviner La salle de bains longtemps monopolisée Par tous tes cosmétiques, ton fer à friser. L'est pas laid, ton fardage, l'idée pour laquelle Je refuse de te dire à quel point t'es belle, C'est que les magazines beauté que tu lis, Pour te vendre l'inutile, ils sont émérites ; Tes parents t'ont réussie, t'as pas de mérite, T'es déjà sensationnelle au sortir du lit. Ne t'avise pas non plus de m'imaginer Chantant Wonderful tonight 1 sous prétexte que Mon discours pourrait presque faire un tête-à-queue Au vu de ta robe qui laisse deviner Tout le temps que t'as passé devant le miroir À en essayer avant d'opter pour la noire. L'est pas laide, ta robe, l'idée pour laquelle Je refuse de te dire à quel point t'es belle, C'est que si tu regardes bien mes yeux, t'y lis L'envie de te l'arracher dans l'instant qui vient ; Si tu veux, si tu me dis que ma peau convient, Je chante Rien à te mettre 2 à l'entrée du lit. Balance tes talons hauts dans la cheminée, Ça te flingue les genoux, t'en as pas besoin, Tes pieds nus touchent déjà par terre 3 ou pas loin, Ça me dépasse que tu te laisses miner Quand même par ta taille pourtant idéale ; Allez, pense un minimum à tes omoplates, On va courir t'acheter des chaussures plates, S'il le faut, on va faire tout le tour des Halles. Balance, tant que t'y es, dans la cheminée L'image de toi-même que tu t'es forgée, L'appareil photo et moi nous sommes gorgés De visions de ta personne immortalisées, Je crois plus réalistes, plus avantageuses ; Vénus peut se retourner dans sa sépulture, Déesse de la beauté, c'est une imposture, N'égalant pas Érato, peut être rageuse. 1 Chanson d'Eric Clapton. 2 Chanson de Benoît Dorémus. 3 "La bonne longueur pour les jambes, c'est quand les pieds touchent par terre", Coluche.

konvicted

konvicted

 

Érato faite humaine

Érato faite humaine Il est des femmes belles mais dès lors que celle À qui je rends hommage met le pied dehors, Les plus polis lui jettent, et cela l'honore, Un œil d'émerveillement devant ce recel De la beauté de Vénus. Bien que les plus vulgaires la sifflent, quand elle A le malheur de porter une jupe, alors Voulant la lui soulever contre un moindre effort, Démontrant ne pas valoir mieux que des mortels, Voilà qu'Éole s'y met. Mais ses appas ne sont pas tout de ses atouts ; Quand on a cette chance d'un peu la connaître, Chez les plus dogmatiques son esprit fait naître Des suspicions les sommant de douter de tout, Commençant par l'adage prêtant à sourire, Si absurde qu'il clame : trop bonne, trop conne. Mais elle a bien un défaut, en ce qu'elle donne À des nigauds comme moi des envies d'écrire Cette Érato faite humaine.

konvicted

konvicted

 

Cœur d'artichaut

Cœur d'artichaut Peut-être qu'il me trouve être une bonne pomme Quand il tâte de son arc pour la viser tel Que ferait à l'arbalète un Guillaume Tell ; Quoi qu'il en soit, Cupidon, ce vil semblant d'homme Par son manque d'adresse n'atteint que mon cœur Et comme un mauvais perdant finira vainqueur Ou pas du tout, j'en ai peur. Pointant dans la direction d'une demoiselle Délicieuse s'il en est, le tout premier trait Au mur de ma mémoire cloua son portrait ; Mais lorsque la malheureuse avec bien du zèle Me soulagea de la flèche en travers du tronc, Elle sortit de ma vie et de mon citron, J'eus recouvré la raison. Depuis, les projectiles d'Éros se succèdent, Se partageant son carquois puis le même sort, Chacun d'entre eux arrachant sitôt qu'il en sort Une feuille de mon cœur d'artichaut qu'il cède Contre une simple promesse ou même un espoir De dire à la solitude enfin au revoir, Mais qu'on laisse toujours choir. Sitôt la page tournée, une feuille neuve Supporte l'encre amère d'un énième amour Pris comme une boutade d'un mauvais humour ; Mais si ces sursauts d'humeur mettent à l'épreuve Mon cœur risquant tantôt de finir tout nu, Je veux quand même croire qu'au-dessus des nues La lune ne roule que vers du jamais vu, Un vrai bonheur imprévu.

konvicted

konvicted

 

Célibarbe

Célibarbe Comme certains comptent leurs années de mariage, J'additionne celles que je passe seul ; C'est vite calculé, c'est à peu près mon âge. Les plus sympathiques se foutent de ma gueule, Les plus cons se disent las du concubinage ; Ils seraient bla bla bla moins libres qu'ils le veulent. Mon célibat vieillit et sa barbe me pique, Mais l'âme désirée pour enfin la raser, Un hameçon encore ancré dans le gosier, N'en a rien à ferrer ; ça m'est des plus typiques. Ça m'hérisse le poil mais je relativise, Y'a pire qu'être seul, y'a ne pas être à deux ; Mais c'est qu'une question de temps et d'ici peu Je serai imberbe, la Mort est ma promise.

konvicted

konvicted

 

Errer à perdre la maison

Le titre fait référence, en en étant une contrepèterie, à une chanson d'un grand moustachu de la chanson française dont je vous laisse deviner le nom sachant qu'il a cassé sa pipe, même s'il n'en fumait pas à ma connaissance, en 2010 et qu'on en retient La femme est l'avenir de l'homme, C'est beau la vie mais encore bien d'autres non-sens. En dehors de ça, le poème n'a rien à voir avec Jean Ferrat. Errer à perdre la maison Fermer la porte pour de bon Et puis fuguer comme un ado Sans rien d'autre qu'un sac à dos, Divaguer comme un vagabond. Choisir de renoncer incon- Sidérément à son boulot, Prétendre à prendre du goulot Mais depuis un autre flacon. Quitter parents, amis, félins, Oublier jusqu'au mot liaison, Seul au monde tel l'orphelin. Quitter contre toute raison Sa vie, son job, son patelin, Errer à perdre la maison.

konvicted

konvicted

 

Me taper dans l'œil

Me taper dans l'œil "Je t'ai bien regardé, tu t'y prends comme un manche. Y'a vraiment des soirées où tu remplis ton pieu ? - Tu serais surprise, tiens, ce dernier dimanche Par exemple, chez Pat, c'est quand même pas vieux. - Mais elle s'en souvient ? C'est pas toujours facile Avec le GHB que t'as dû lui fourguer. - Déjà je t'emmerde, c'était du Lexomil Et si t'es si douée, montre comment draguer." C'est à ce moment-là qu'elle m'a mis un gnon Disant avoir ainsi su me taper dans l'œil, Qu'après ce beau geste, je serais bien mignon À honorer les gens d'un éternel clin d'œil. J'y vois beaucoup plus clair maintenant estropié, Ça paraît évident, c'est elle qu'il me faut, Et depuis, à force de lui faire du pied, J'ai le mollet gauche d'un flacon d'EPO. Mais elle refuse de me prendre au sérieux, Mes piètres avances la font même marrer ; Elle ne me verra, je le crains et au mieux Que comme un bon ami, putain c'est mal barré ! Ça ne me suffit plus, pourtant au poil hier ; À la jambe gauche, je porte un pantacourt Et à la droite un jean car de cette manière, Seule ma belle jambe est exposée au jour.

konvicted

konvicted

 

Six pieds sous taire

Six pieds sous taire Il est des vérités à jamais inaudibles, Des mots cadenassés que nul ne peut soustraire ; Il est des silences à l'écho peu crédible, Des non-dits assaillant les esprits grabataires D'un fantôme impoli. J'en ai des souvenirs et autant de regrets ; La Mort ayant porté ses mains à mes paupières, Je ne peux déterrer mon éternel secret Enfoui dans mon jardin jusque six pieds sous terre, Au pied du mimosa. J'étais froid bien avant que la Mort ne me fauche ; Cela m'a coûté cher d'avoir un cœur trop fier Car pour encercler d'or un annulaire gauche, Au préalable il faut mettre un genou à terre, Son amour propre en jeu. Entre mes six planches, ne cesse de peser Le poids de mon secret ; si tu voulais l'extraire, Si ça t'intéresse, je t'indique où creuser, Promène ta pelle pile six pieds sous taire, Au pied des chrysanthèmes.

konvicted

konvicted

 

Le non de la rose

I - Ma (notre ?) certitude Je suis agnostique, suspicieux, Sceptique, méfiant et parano ; Ma confiance s'accorde piano, Je doute des hommes et des cieux. Mais j'ai quand même une certitude, Celle que j'ai trop peur du bonheur Qui me tend ses gros bras de boxeur, Je n'en ai vraiment pas l'habitude. Alors par pitié, prends-moi la main Voire même les deux à la fois, Fais-moi oublier que j'ai les foies Et ne me lâche pas en chemin. Je sais n'avoir jamais tant aimé Le goût du sang que lorsque j'ai mis Le doigt sur l'aiguillon promis Au piètre jardinier qui se met En tête d'essayer de cueillir La plus exceptionnelle des fleurs De la roseraie comme d'ailleurs, Parce que je peux m'enorgueillir D'avoir alors deviné que sous Les pétales rouge hémoglobine Je trouverais mieux que la bibine Et bien plus sain pour me rendre soûl. Je fais là trêve de métaphores, De peur d'être compris de travers Si jamais je te noie dans mes vers, Car je t'adore encore plus fort Que je ne m'en serais cru capable Et j'approuve cette déraison. J'en arrive donc à la raison De mon petit poème minable ; J'ai une question à te poser, Qui te paraîtra peut-être osée Bien que sensée, j'ose supposer : Dis voir, tu voudrais pas m'épouser ? II - Le silence des anneaux Bon sang ! elle attend quoi pour répondre ? Le silence abrupt dont ma question Est coupable me fait gamberger. Ma confiance commence à fondre Sous les rais que darde ma passion Que je pensais pourtant partagée. La rose rouge m'a-t-elle cru, Moi le narcisse, de son genre et À cause de ma couleur, volage ? Ou mes pétales au nombre accru Par ignorance auraient égaré La belle au cours de mon effeuillage. A-t-elle trouvé meilleur amant ? Me veut-elle encore dans sa vie ? M'a-t-elle d'ailleurs jamais aimé ? Que vais-je faire de mon diamant ? Faut croire qu'elle en a pas envie ; Je l'offrirai peut-être à mémé. Attends, je me fais tout un ciné ; Et si elle prenait son temps pour Me répondre par un calembour ? Elle sait me faire halluciner ; Y'a qu'à voir comment mon cœur bat pour Me jouer un roulement de tambour. III - Au fond de mes poches Du fin fond de ma poche de jean, En retirant ma main soulagée Que le tissu bleu l'ait protégée Du froid de la saison à angines, J'ai fait tomber mon bon vieux stylo Et, pliée, une feuille souillée Sur laquelle j'avais gribouillé Des mots doux, rien qu'un peu mégalo, Brouillon d'une demande en mariage Soldée par un échec, des remords Et de quoi désirer une mort Des plus prématurées pour mon âge. Au fin fond des poches des valises Que mes yeux ne cessent de porter Depuis que ce "non" a escorté Mon cœur d'artichaut jusque la mouise, Reposent des jours à questionner Des cadres photo sur les raisons Du vide nouveau dans la maison, Et des nuits blanches à sillonner Les souvenirs de ses derniers mots, Mais tout ce sur quoi je suis tombé C'est l'amour dont je reste nimbé Dont ma souffrance est une démo.

konvicted

konvicted

 

Adieu mon pote

Adieu mon pote Certes, tu n'as jamais été un bon vivant Mais maintenant que t'es un plus vivant du tout, Je t'assure, tu fais moins la gueule que nous ; Si tu nous voyais, tu la ferais plus qu'avant, Histoire de paraître le plus malheureux, Je te jure, on te croirait cette fois, mon vieux. Tu nous avais dit que t'avais raté ta vie Et qu'avant tout la vie t'avait raté aussi, Que tu ne raterais sûrement pas ta mort ; Toi qui nous avais habitué à masquer Ta détresse infinie sous un humour musclé, Pensant que tu blaguais, on t'avait donné tort. Nous avons bien ri mais toi jaune, c'est probable, Quand on t'a dit que malgré ta vie à gerber, Tu n'aurais pas les cojones de te plomber ; On a été cons de ne pas te voir capable De te donner la mort en buvant un toxique, Y'avait des signes, t'avais été alcoolique. Comme tu l'aurais voulu, on a convaincu Les parents anéantis qui t'ont survécu De donner tes organes contre leurs principes ; Je sais que tu as toujours donné de bon cœur Mais je plains celui à qui on greffe ton cœur, Il ne pourra qu'être plus malheureux, ce type. Et puis, comme spécifié dans ton testament, On a versé tes cendres dans ton pot de fleurs, Et on l'a privé d'eau pour que vienne son heure ; Par pitié, on lui a mis le feu instamment Pour qu'il souffre moins longtemps, ce narcisse-là, Pour qu'il souffre moins longtemps, ce narcisse-là. Et une lettre d'adieu en bonne et due forme ! Maintenant, où est ma fiole de chloroforme ?

konvicted

konvicted

 

Tombe la pluie !

Tombe la pluie ! Quatre vérités, ça en fait du bruit, Glissées à l'oreille de mon narcisse ; J'ai grand besoin que Morphée l'assourdisse, Que tombe la nuit, que tombe la nuit ! Sur l'ego vexé mais bien établi, Que tombe la nuit, ainsi que l'oubli ! Je suis attendu par le fond du puits, Poussé dans le dos par l'accès de honte ; Ne peux que prier que Zeus me remonte, Que tombe la pluie, que tombe la pluie ! Ou qu'il me descende, il a bien le choix, Que tombe la pluie, et qu'elle me noie !

konvicted

konvicted

 

Jet de chrysanthèmes

Jet de chrysanthèmes Le docteur a revu les calculs de mes reins, Dit qu'on allait devoir bientôt m'en soustraire un Mais pour tout vous dire, ça ne m'étonne en rien, Cela fait un moment que la Camarde a l'œil Sur mes prises de sang, les virus vénériens Et autres infectieux à qui je fais accueil ; Sitôt qu'elle aura mis la main sur un linceul, Ma famille entière se sentira bien seule. Que j'ouvre les vannes, que je coule un airain, Je sens la Faucheuse qui gagne du terrain. Si la tuyauterie ne fonctionne plus bien, C'est vraisemblablement que j'ai tapé dans l'œil De diverses faunes des habitats pubiens ; Comme j'ai entrouvert la porte du cercueil, La Mort n'a de cesse de se payer ma gueule : "T'y pousser, bonhomme, j'y arriverai seule !" Je lui réponds alors que même en rejoignant, Rétif, à cloche-pied la tombe qui m'attend, Dès lors qu'elle insiste pour me tenir la dent, Je mettrai à coup sûr le second pied dedans. "Ce n'est pas par plaisir, dit-elle, que je sème Des urnes et cercueils ; tes maladies essaiment Sans la moindre raison, car même ceux que j'aime M'observent leur jeter des fleurs de chrysanthèmes."

konvicted

konvicted

 

Le bleu de tes yeux

Le bleu de tes yeux J'ai, non sans vouloir, brisé un miroir ; Certains disent que ça rend malheureux, Sûrement pas autant que de m'y voir, N'en déplaise aux superstitieux. Ses réflexions m'avaient mis sur les nerfs ; Désormais, pour mon reflet, je ne veux Plus demander le désespérant verre, Mais juste le bleu de tes yeux. Jusque là, seuls ces deux globes sur terre Ont décelé matière à faire taire Mes complexes les plus honteux. Il m'importe peu s'ils ont inventé, Et non vu car atteints de cécité, Percés par l'arc de l'enfant-dieu.

konvicted

konvicted

 

Un peu, beaucoup, et tout le tintouin

Un peu, beaucoup, et tout le tintouin Empruntant à Venus l'un de ses miroirs prune, Je m'enquiers de ma valeur aux yeux de ma brune ; Elle m'aime pas du tout, dit le spéculaire. On ne peut plus contrarié par la réflexion, Je veux un second avis, porte l'attention Sur une pensée à l'air moins patibulaire ; Mais elle encore me sert la même salade. Alors je suis énervé, l'envoie en balade, Moi avec par là même, je cherche la porte Mais marchant vers la sortie, vois dans les allées Me narguant de leur beauté, quelques azalées ; Prévisible, leur discours aussi m'insupporte. Au seuil de la boutique me vient une idée Que j'essaie tout de suite sur une orchidée, Vérifie sur un narcisse et c'est concluant, Les deux disant à raison que je m'aime un peu. Mais si tous ces ornements vifs et adipeux S'avèrent finalement aussi influents... Le fleuriste m'arrache à mes soucis de cœur, M'éclaire de sa science, me dit que la fleur Que je tiens ne compte pas six mais trois pétales, Qu'il va me falloir payer pour celle effeuillée ; Je devrais recommencer pour être sûr, quiet Mais je suis à court d'oseille, alors je détale.

konvicted

konvicted

 

Ouvrir les vannes

Ouvrir les vannes Deux nuages chargés de pluie Intimident mon ciel gris cœur, Mais leur crime n'est pas tout cuit Car Jupiter jamais ne pleure. Dans l'atmosphère lourde plane De ce fait la crainte pérenne De ne jamais vider mon crâne De ces baudruches d'eau trop pleines. Je ne peux m'expliquer la peur Et donc l'inaction qui s'ensuit ; L'idée de chercher l'âme sœur Me fout la tête dans le puits. Je ne vis pas, vivote à peine ; Je ferais mieux d'ouvrir les vannes, Au pire de m'ouvrir les veines Mais j'ai la volonté en panne.

konvicted

konvicted

 

Saint-Valentin d'enfer

Saint-Valentin d'enfer En un tapis rouge, les pétales de roses Allongés sur le sol de la chambre au palier, La table du salon ornée d'un chandelier, De flûtes attendant qu'un mousseux les arrose ; Tout est exactement comme l'année dernière, Comme l'image dont ma mémoire a fait prêt, Soirée déjà vécue, au petit détail près Que tu ne rentreras pas de toute manière. Alors, cette année-ci, je mange et bois pour deux, Mais je ne viendrai pas à bout du ballotin, J'aime les chocolats mais pas les liquoreux. À peine un mois après que ton cœur s'est éteint, Je sais on ne peut mieux et en suis malheureux Ce que c'est d'être seul pour la Saint-Valentin. Poème inspiré de Valentine's Day de Linkin Park, et en particulier du passage suivant : And the clouds above move closer Looking so dissatisfied, And the ground below grew colder As they put you down inside; But the heartless wind kept blowing, blowing. So now you're gone, and I was wrong, I never knew what is was like, to be alone On a Valentine's Day, on a Valentine's Day.

konvicted

konvicted

 

What I haven't done

Un petit texte sans grand intérêt, juste pour le plaisir d'écrire un peu en anglais : What I haven't done My hell's paved with more should'ves Than I could ever recall; Regrets, I believe, are all My memories are made of. My mind's stuck on yesterday, Hoping for no tomorrow; I cannot feel but sorrow As I while my life away. I can't afford to should've Myself any longer, so Today's the day I let go Of the past I'm dying of, The day I finally give My life a chance and forgive What I haven't done*. *Référence à What I've done de Linkin Park : "For what I've done, I start again And whatever pain may come Today this ends, I'm forgiving what I've done."

konvicted

konvicted

 

Baptême du feu

Baptême du feu Maman m'a fait mettre un costume flambant neuf, Celui que j'avais au mariage de tonton Est trop petit et il lui manque des boutons. Nous nous étions tous bien marrés à cette teuf, Aujourd'hui par contre, on va pas rire beaucoup Dit p'pa me mettant ma cravate autour du cou. Maman me dit que mamie fait un gros dodo, Elle est morte en fait mais j'ose pas l'avouer À maman qui est déjà assez retournée. La mort, papa dit que c'est un peu un cadeau De Dieu en personne, il m'en a fait la promesse, Et il s'y connaît, lui, il dort pas à la messe. Papi dit que c'est parce que mamie était Trop vieille et conne, qu'elle buvait pas assez D'eau dans son pastis, qu'elle a pas passé l'été ; Il m'a pas l'air d'être abattu ou agacé Que sa femme soit clamsée, juste un peu inquiet, Il doit se savoir le prochain à y passer.

konvicted

konvicted

 

Pour nos vingt-et-un ans

Pour nos vingt-et-un ans Nous ne sommes pas toujours d'accord, tous les deux, Fréquents sont les jours où je te hais ou t'en veux ; Je t'accuse par tous les mots de tous mes maux, Je te laisse honte et désespoir pour mémos. Mais, partis pour vivre ensemble encore un moment, Efforçons-nous de cohabiter gentiment ; Je m'avance à faire le premier pas vers toi, Tu en feras de même si tu es courtois. Alors, comme c'est notre anniversaire aujourd'hui, Je me débarrasse à jamais de ce produit Très toxique qui nous nuit depuis trop longtemps ; Je repose les bouteilles de scotch d'antan. En prétextant n'être pourvu que d'une vie, J'ai vite sauté à pieds joints dans l'eau-de-vie ; J'en sortirai, s'il faut en beuglant comme un veau, Je nous dois bien ça, après tout, j'ai qu'un cerveau.

konvicted

konvicted

 

Ma femme idéale

Ma femme idéale Ma femme idéale, non contente De ne vouloir que moi pour bonhomme, Est sublime à tomber dans les pommes. Je peux bien exiger ce qui me chante, Les gonzesses dans ma vie affective Sont de toute façon toujours fictives. Ma femme idéale est un prix Goncourt, Également un Nobel de chimie, Ce à tout juste vingt ans et demi. Là où elle est carrément hors concours, C'est qu'elle a découvert une raison De me donner de l'amour à foison. Ma femme idéale est une comique, La fine fleur de l'esprit corrosif, Le verbe acide, le rire explosif. Et ils connaissent, ses zygomatiques, Une autodérision à toute épreuve ; Elle est même en couple avec moi, pour preuve.

konvicted

konvicted

 

Ramasser des cailloux

Ramasser des cailloux Notre feignasse d'étoile encore couchée, Je finis par me sortir du lit, pas trop tôt ! Trop tard pour le petit-déj' ou pour me doucher, J'enfile mes fringues et après le manteau, Je n'oublie pas mon masque, mon seul accessoire Pour jouer le rôle de Monsieur Tout-le-monde, Prétendre ne pas souffrir du tout de m'asseoir Parmi mes semblables au conformisme immonde, Vachement semblables entre eux, indiscernables, À l'image de leurs conversations minables. Je repense avec envie à cette époque où Je jouais sans masque, sans me soucier d'autrui Et sans l'ombre d'une corde autour de mon cou. J'avais quatre ans, je n'étais ni con ni instruit, J'ignorais l'ennui et les problèmes d'ego. Où sont donc passés mes dinosaures en plastoque, Mon tricycle, mes voitures et mes Lego ? J'aimais à ramasser des cailloux, à l'époque ; J'en rejetterais bien quelques-uns dans la mare, Voire carrément des pavés tant j'en ai marre.

konvicted

konvicted

 

Ma certitude

Ma (notre ?) certitude J' suis agnostique, suspicieux, Méfiant, sceptique, parano ; Ma confiance s'accorde piano, Je doute des hommes et des cieux. Mais j'ai bien une certitude : J'ai vachement peur du bonheur Qui me tend ses bras d' boxeur, J'ai vraiment pas l'habitude. J' compte sur toi pour m' prendre la main Voire même les deux à la fois, M' faire oublier qu' j'ai les foies, Sans me lâcher en chemin. J' sais qu' j'ai jamais tant aimé L' goût du sang que quand j'ai mis L' doigt sur l'aiguillon promis Au brave nigaud qui se met En tête de vouloir cueillir La plus singulière des fleurs De la roseraie qui affleure, Car je peux m'enorgueillir D'avoir alors d'viné qu' sous Les pétales hémoglobine J' trouverais bien mieux qu' la bibine Et plus sain pour m' rendre soul. J' vais faire trêve de métaphores, Craignant d'être compris d' travers Si je te noie dans mes vers. Je t'adore encore plus fort Que j' m'en serais cru capable Et j'approuve cette déraison. J'en arrive à la raison De mon p'tit poème minable ; J'ai une question à t' poser, Tu vas la trouver osée Mais sensée, j'ose supposer : Tu voudrais pas m'épouser ? À suivre...

konvicted

konvicted

 

À quand le silence ?

À quand le silence ? Mon cœur s'est découvert un' passion, Il est batteur dans un group' de rock ; Il aim' la musiqu' plus que d' raison, Le problème est qu' c'est pas réciproque. D'ailleurs, dans son groupe, il est tout seul, Seul's ses baguett's ont bien voulu d' lui, Et encor', just' pour s' fout' de sa gueule, Bien qu'il boss' comme un fou jour et nuit. C'est en premier lieu pour les groupies Qu' mon cœur a monté son group' de rock ; Elles l'ont toujours boycotté, tant pis, Et l'amour, d' tout' façon, c'est d' l'escroqu'. N'empêch' qu'il a un côté maso Et qu'il aimerait quand mêm' tenter l' coup, Au point où il en mouill' le museau ; Certains en sont heureux par à-coups. Mon cœur en a marre d' jouer qu' pour sa pomme, Il pens' démonter son group' de rock, Tant mieux pour ses oreillett's, en somme ; Il baiss' le rideau, les bras, le froc. Lui manqu' plus qu'un' p'tit' dos' de courage Pour qu'on entend' le silenc' de mort D'un cœur résigné dans les parages, Si quelqu'un s'intéresse à son sort.

konvicted

konvicted

 

La vie en rose

La vie en rose Une bouteille de bière en guise de vase Pour une rose rouge, ça prête à sourire ; J'ai d'ailleurs probablement perdu une case, Le bien-être m'habite, comme les fous rires, Et je vois la vie en rose. Les murs, les plafonds repeints en rose bonbon, Mes branches de lunettes pris's au forsythia, Mes assiettes bien pourvues en rose jambon, Jusqu'à mon joli poster au soutif fuchsia, Je vois mon appart' en rose. Je laisse en outre pousser ma barbe à papa, Je suis miel et guimauve, sucre pur en barre ; Méchanceté et malheur ne m'atteignent pas, Je vis dans une bulle, mais de Malabar, Sur notre planète rose. Je suis venu au monde, non dans une rose, Mais sûrement dans un chou, autre qu'un chou-fleur ; Ma teinte favorite, c'est pourtant le rose Car depuis que je filtre les autres couleurs, Je ne me sens plus morose.

konvicted

konvicted

 

Les feuilles joufflues de l'automne

Les feuilles joufflues de l'automne Rouges comme mes joues sur lesquelles Éole Dépose une bise, la plus froide qui soit, Plus froide encore que la dernière de toi ; Rouges comme mes joues, les feuilles dégringolent, Délaissant leur arbre, sûrement à jamais, Reconnaissant pourtant croire encore m'aimer. Trempées comme mes joues sur lesquelles roulent Les durs crachats de Zeus se déversant du toit, Bien moins ardents que mes larmes pensant à toi ; Trempées comme mes joues, les feuilles dégaroulent Sur le triste pavé de la ville enrhumée, Malade à la vue de notre idylle inhumée. Alors que Zeus gronde, qu'Éole s'époumone A aider la chute des organes caducs, Provisoires comme le bonheur sur sa nuque Violemment renversé en cette nuit d'automne, Les genoux à terre, mes deux joues s'abandonnent A ouvrir les vannes ; ma fierté leur pardonne !

konvicted

konvicted

×

Information importante

Ce site internet utilise des cookies pour améliorer l'expérience utilisateur. En naviguant sur ce site vous acceptez que des cookies soient placés sur votre navigateur. Conditions d’utilisation Politique de confidentialité