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♫ Il y a peu de chances qu'on détrône le roi des kons ♫

Billets dans ce blog

 

Ma gonzesse est une p...

Ma gonzesse est une pute Ma gonzesse, c'est une pute, Me proposa d'une voix forte Vingt euros contre une turlute ; "Combien pour que je vous escorte Mademoiselle jusqu'au bar ?" Bouche bée, la jeune Venus Rangea volontiers ses nibards, Me remercia pour son a... N'eussent-ils pas été bornés, Ses chalands auraient avant moi Trouvé au fond de ses cornées Infiniment plus que la joie Libidineuse d'une nuit ; Je l'ai bien compris et depuis... Ma gonzesse, c'est une pute, Moi, je m'allonge, mais faut voir Les sommes que je lui impute Pour qu'elle veuille bien s'assoir ; Équipée de ses accessoires, Un bloc-notes et un stylo, En se faisant la psy d'un soir, Elle s'essaie au dur boulot De supporter mes jérémiades, Et même de solutionner Les problèmes qui, par pléiades, Ont tendance à s'additionner Dans mon pauvre esprit grabataire ; Je ne peux alors plus le taire... Ma gonzesse, c'est une pute, C'est avant tout pour les kopeks Et non pour moi, je le suppute, Qu'elle veut bien sortir avec Moi qui suis cela dit patient ; Elle m'accompagne au ciné, En promenade, au restaurant Et, quand on m'invite à dîner En famille, elle y est encore ; Mais pas question de s'adonner A la fusion de nos deux corps, Du moins pas avant le beau jour Où ell' le fera par amour.

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Égoïste mais vachement amoureux

Un petit texte gribouillé rapidement pour me faire patienter jusqu'au prochain. Égoïste mais vachement amoureux Qu'est-ce que j' peux avoir d' moins que lui ? Le type t'a connue avant moi, C'est là son seul mérite, je crois ; Faut dire qu'il est plus con qu' la nuit. Appelle-moi prétentieux, je l' suis Mais vachement amoureux, aussi. Je m' sens tellement meilleur que lui Que parfois, disons constamment, J' voudrais qu' tu l' renvoies chez maman, Lui craches à la gueule et le fuies. Appelle-moi égoïste, je l' suis Mais vachement amoureux, aussi. On fait pas plus minable que lui, Le raté fini, le zéro ; Tu ferais mieux d' lourder mon frérot, Hier ou au pire aujourd'hui. Appelle-moi n'importe où, j' te suis Car vachement amoureux, je l' suis.

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L'abribus

L'abribus Je te rends hommage, toi le bel abribus Qui nous quittes à quelques mois de la retraite ; Ce sont toujours les meilleurs qui partent en tête, Ça me reste vraiment en travers de l'anus. Tu étais unique, une belle déco Dans un paysage triste de macadam Avec, pour une pub de parfum, une dame A moitié nue sous l'inscription JCDecaux. Mon vieux, tu en as vu de toutes les couleurs, En particulier le rouge anar bisontin1 Des bombes de peinture de crétins Ignorant qu'un abribus connaît la douleur. Et puis, roulant à l'éthanol, plus de trois grammes Au litre, une voiture est venue s'écraser Dans ta gueule de verre, avant de s'embraser En aplatissant ton électrocardiogramme. Comme je hais ce véhicule inconséquent, Qui, sous l'empire du liquide délétère, A tué mon abribus et foutu en l'air Sept paires de chaussures2, accessoirement. 1 Référence à une actualité de janvier 2011 à Besançon dont les vitres d'abribus étaient la cible de tags anarchistes ; voir article. 2 Référence à une actualité de quelques semaines à Moscou où un conducteur ivre a fait sept morts en percutant un abribus à 200 km/h ; voir article.

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Des roses aux chrysanthèmes (Poème post-mortem)

Des roses aux chrysanthèmes (Poème post-mortem) Dans mon existence d'opposant à la prose, J'ai cru panser mon cœur en composant des vers ; Ce n'est qu'aujourd'hui que des vers me décomposent Que je m'aperçois que j'ai pensé de travers. Décorant ma plume de pétales de roses, Je me suis inventé un amour sous couvert De faire fi de ma réalité morose, De me sortir un tant soit peu de mon calvaire. Si j'avais voulu alimenter ma névrose, Je n'aurais trouvé de remède plus sévère ; Mon encre n'a fait qu'accélérer la nécrose De mes tissus coronaires déjà ouverts. Peut-être le désirais-je, pour être honnête, En érigeant la passion en unique thème Dans les cordes de mon arc d'apprenti poète, Frappant alors les autres sujets d'anathème1 ; Peut-être voulais-je que tombe sur ma tête Un ciel gris cœur chargé des regrets de l'abstème2 Tournant autour du flacon depuis bell' lurette Mais craignant de rendre l'ivresse sémantème3. La Mort a acquitté le bonheur de ses dettes, M'a offert un joli bouquet de chrysanthèmes, Une plume et un encrier pour que je mette Ma gratitude en un poème post-mortem. 1 comprendre ici "frapper d'anathème" comme "faire fi de" 2 personne ne consommant pas d'alcool 3 comprendre ici "rendre l'ivresse sémantème" comme "expérimenter l'ivresse pour la première fois" P.-S. : Désolé pour les mots indigestes que je ne connaissais pour être honnête et que j'ai employés par défaut, les mots rimant en [tem] n'étant pas légion.

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J'ai tué un gendarme

J'ai tué un gendarme J'ai braqué comme un salaud Pour éviter un bouleau, Feignasse que j' suis, Planté au milieu d' la route, P't-êt' un platane, j'ai un doute. Pendant qu' la blonde du soleil Dansait au rythme des abeilles Qui croient qu' pour chanter, suffit de s' gratter les ailes, Ou c'étaient des bourdons, frelons ou grillons, J' sais pas bien, j'étais plus beurré qu'un papillon ; Merde, j'ai perdu la fin de ma phrase. J'ai dû faire un excès d' vitesse, Un gendarme a voulu m'arrêter, Il a fait les frais de ma maladresse ; Je suis pas toubib et j'ai pas vérifié le pou(ls) Mais je crois bien qu'il est clamsé, Il avait l'air tout mort, tout ratatiné Quand j' l'ai décollé d' ma semelle ; Pauvre créature qui, punaise, méritait pas ça !

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Les parcs publics

Les parcs publics Les parcs publics, c'est mélodieux, T'entendras si tu tends l'oreille Des p'tits chants d'oiseaux amoureux Et le bourdonnement des abeilles ; Et, ce même avec des boules Quies, Des vrombissements d' motos, d' bagnoles, Des cris d' gosses et d' chiens qui t'agressent ; Dans les parcs, c'est fou c' qu'on rigole ! Les parcs publics, c'est pittoresque, Tu verras p't-êt' si t'ouvres l'œil De belles fleurs, des arbr' gigantesques Et grimpant d'ssus, des écureuils ; Et, c'est sûr qu' tu les rat'ras pas, Des pneus dans l' ruisseau, des canettes, Des sachets, bref, un débarras ; Bordel ce que les parcs sont chouettes ! Les parcs publics, c'est parfumé, Tu pourras sûrement y humer Selon le temps, l'herbe mouillée, La lavande, le lilas, l'œillet ; Et, même les sinus en vacances, La merde encore toute fraîche d'un chien Qu'aura pollué tous tes sens Ouais, les parcs, ça pue, mine de rien. En bonus, une photo un peu floue d'un écureuil que j'ai rencontré dans le parc mancunien qui m'a inspiré ce poème :

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La vie est un jeu de tarot

Je devrais probablement expliquer les règles du tarot pour que les lecteurs les ignorant puissent comprendre ce poème mais j'ai la flemme. Je me contente alors d'ajouter quelques notes sur des points de jargon mais je doute que ça suffise. Les règles se trouvent cependant facilement sur internet. La vie est un jeu de tarot La vie est un jeu de tarot, J'en ai reçu quelques atouts Assortis de vélos1 surtout, C'est bien ballot ; Même si au début ça roule, Ça finit par ne plus aller, Là, je suis bon pour pédaler Dans la semoule. La vie est un jeu de tarot Que les chiens2 rendent hasardeux, T'es trop souvent à cause d'eux Sur le carreau ; T'y trouves parfois une excuse3 A rendre la partie exquise, Glaçon qui cache la banquise Si tu t'abuses. La vie est un jeu de tarot, J'y ai d'ailleurs perdu ma tête : Une dame de cœur esthète Pour un blaireau Qui est la fine fleur, l'élite Des guillotineurs, apprêté, Sur son vingt-et-un4, m'a quitté ; La messe est dite. La vie est un jeu de tarot, J'en ai reçu quelques atouts Assortis de vélos surtout, C'est bien ballot. 1 Les cartes qui ne sont pas intrinsèquement utiles, c'est-à-dire les cartes de 1 à 10 des quatre couleurs : as, cœur, pique, trèfle, sont familièrement appelées vélos. 2 Chaque joueur reçoit respectivement 24, 18 ou 15 cartes selon qu'il y a 3, 4 ou 5 joueurs, ce qui fait un total de 72, 72 ou 75 cartes réparties entre les joueurs. Les cartes surnuméraires constituent le chien que le joueur qui prend peut, selon le contrat passé, récupérer avant d'en constituer un autre. 3 L'excuse est une carte qui peut se jouer à tout moment (sauf au dernier tour), dont l'intérêt est de ne pas joueur une autre carte et donc de protéger pendant un tour une carte de valeur d'une menace. 4 Le 21 est l'atout le plus puissant, il ramasse à coup sûr les cartes des autres joueurs posées au même tour, sauf éventuellement l'excuse.

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Mes mots interdits

Mes mots interdits Je n'ai pas de scrupule à parler de ma personne, Et pourtant, dire mes sentiments n'est pas mon fort ; Toute ma tendresse, je la cache en métaphores, A la manière de propositions polissonnes. Il y a ainsi des mots que je ne dis jamais, Même communs, comme si je devais blasphémer, Et des verbes que je n'ai jamais su conjuguer. Mais il n'y a pas une âme au monde à déléguer Afin que ces interdits recouvrent la parole ; Il te serait dès lors vain d'effeuiller la corolle, S'ils étaient loquaces, d'un crocus ou d'un muguet. Nul doute pourtant que derrière mes euphémismes Et mes litotes flamboie la moins frêle des flammes, Scintillant seulement pour la plus belle des femmes, Autant par l'esprit épicurien à l'humanisme Inimité que par son enveloppe charnelle Somptueuse et enivrante devant l'éternel. Les mots me manquent, comme toi bientôt ta patience En attendant de m'entendre les souffler un jour. Désolé de n' pas savoir tenir ma langue à jour, Il est des choses que mon cœur comme ma conscience Refusent de céder, jusqu'à ce qu'il soit trop tard, Emmurées dans mon esprit muet comme au mitard.

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Mon poème m'a pas plu

Mon poème m'a pas plu J'avais voulu écrire un poème Qui pour une fois parl'rait pas d' ma pomme Mais qui s'rait intéressant quand même, Un truc bien paradoxal en somme ; Les non-aventures d'un type perdu Qui s'intitule, ben disons comme moi, Avec l'esprit en vrac et l' cœur tordu, Qui sait pas quoi faire de ses dix doigts Ni quoi faire d' sa vie en général Qu'il subit en attentiste parfait ; Vous voyez l' tableau, un truc génial Sur l' papier, excitant, pas surfait. Mais une fois fini mon premier jet, J'ai trouvé qu' ça frisait les pâquerettes, Alors, j'ai acheté un tabouret, Car pour prendre de la hauteur, c'est chouette. Et puis j'ai regardé mon texte de haut, Même que ça m'a donné des vertiges, Comment est-ce qu'il pourrait, mon héros, Etre aussi pathétique à vingt piges ? Là, j'ai fait d' mes cartouches un cul sec Pour réécrire le début d' l'histoire, Mais sans oublier tout l' reste avec, Jusqu'à mon coma à l'encre noire. Quand j'ai enfin r'trouvé mes esprits, Quelque chose comme cinq minutes plus tard, J'ai r'lu mon poème et j'ai compris Qu' c'était quand même un sacré foutoir ; C'était tellement décousu qu' j'ai dû Aller à Casto m'acheter une corde, Après avoir balancé l' pendu Vendu avec, j'ai r'mis un peu d'ordre Dans ce fatras de métaphores molles, Puis j'ai osé soumettre mon poème Au comité des trop rares guignols Dont l'opinion m'intéresse : moi-même. Comme je l' craignais, j' me suis engueulé, Vu qu' j'en avais toujours des haut-l'-cœur, Mais au moins, j'avais tout c' qu'y m' fallait Pour pendre le poème, ou son auteur.

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Reste avec moi

Reste avec moi Te barre pas, je veux me casser le premier, Je te permettrai pas de me laisser tout seul, J'ai trop besoin de toi ; Explique-moi voir ce que tu veux qu'un fumier Comme je l'ai été fasse de sa pov' gueule, Une gueule de bois ? Car les perles poussent rarement aux pommiers, Comment, p'tite idiote, veux-tu que j'en dégote Une telle que toi ? Qui plus est, tu peux pas faire ça au sommier, 'T'a aussi épousée, s'il faut je t'y ligote, Merde, reste avec moi ! T'inscris pas, par pitié, aux abonnées absentes, Je pense pas que mon foie supporterait l'absinthe D'un autre désarroi ; À la rigueur, trouve-toi une remplaçante, Belle, drôle et glauque, surtout pas une sainte, Une copie de toi. L'un dans l'autre, il me faut une âme au moins qui m'aime, Hors de question qu'on me file cette corvée, Je n' sais aimer que toi ; Oublie-toi un instant et pense aux chrysanthèmes, C'est certain que sans toi, ils vont bientôt crever, Merde, reste avec moi ! Mais que lui trouves-tu à ce p'tit trou du cul ? Qu'est-ce que Thanatos, pour qui tu veux m' quitter, A donc de plus que moi ? Après les peines et les joies qu'on a vécues, Il est l'heure de me prouver fidélité En restant avec moi.

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Tant pis pour ma plume

Tant pis pour ma plume Dans toute la foule de mes cadors, J'ai du chien mais n'en déplaise à Médor, Au demeurant très poilant et zélé, Il n'égale pas, j'en suis désolé, Ma presque future poule aux œufs d'or. Ne t'en fais pas, vilain petit canard, Pour tes trois pattes, endors-toi pénard, Elle ne viendra pas te les casser ; Quoique méchante, elle est déjà assez Occupée à s'en prendre à mes panards. Même s'il arrive qu'elle cancane, Je ne l'ai pas volée à une cane ; Pas même pour un hommage posthume, Je n'aurais pu toucher au beau costume De plum's ou à l'œuf de celle de Jeanne*, Tant pis pour ma plume. *Référence à La Cane de Jeanne de Georges Brassens : ♪♪ La cane De Jeanne Est morte sur son œuf Et dans son beau costume De plumes Tout neuf. ♪♪ P.-S. : C'est mon 51e billet, ça se fête.

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Puzzle

Puzzle Les puzzles, ça m'a jamais fait bander, Ça prend des plombes et encore pire, tu penses, Pour çui-là qu'a mille pièces, qu'est en 3D, Mais sans les lunettes, c' qu' est encore une chance ; C' qui craint, c'est qu' t'as pas les bords pour t'aider, Et tu tournes en rond à en perdre patience. Je sais même plus à quoi il doit r'ssembler, Con comme je suis, j'ai paumé l'emballage, Alors comment veux-tu qu' je puisse l'assembler ? Puis, j' crois bien qu' les puzzles, c'est pas d' mon âge Et j'ai assez d' trucs à faire pour pas meubler Mon emploi du temps d' ministre à la plage. J' m'y attendais, j'ai eu c' que j' méritais, J' suis trop con, j' fais toujours la même erreur Quand j'accepte à contre-cœur de l' prêter, A une adorable connasse, horreur !, Qui prend soin de l' casser sans l' remonter, J' devrais faire plus attention à mon cœur.

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Soyons égoïstes à deux

Soyons égoïstes à deux Faire un enfant, c'est on n' peut plus égocentrique Quand tu t' dis qu'il est probable qu'il soit malheureux, D'autant plus avec mon patrimoine génétique ; Mais de toute façon, moi, je suis déjà narcissique, Et toi, tu peux t' permettre de l' dev'nir si tu veux, Allez, soyons fous, soyons égoïstes à deux ! Y'a pas plus égocentrique que d' faire un morveux Quand tu sais qu'il port'ra sûrement une sacrée croix Encore plus si l' petit m' ressemble un tant soit peu ; Mais on cédera tôt ou tard, autant pas l' faire vieux, Pis, après tout, on en a encore l' droit, je crois, Alors, soyons fous, soyons égoïstes pour trois ! Pour faire un rej'ton, faut vraiment penser qu'à soi Quand tu vois toute la misère qu'il y-a sur cette Terre, Surtout s'il a la moitié d' mes gênes, tu l' conçois ; Mais s'il s'en tire avec rien qu'un pourcent de toi, P't-êt' qu'il s' plaindra quand même pas trop d' l'héréditaire, Donc bon, soyons égoïstes, dev'nons père et mère ! "Pas si vite, t'es trop jeune et trop célibataire Et un peu trop schizo pour ça, mon p'tit comique, J' te rappelle que j' vis qu' dans ton esprit grabataire ; Rends-toi compte qu'au-d'là d' ton bagage chromosomique, Même si tu t' sens chaud comme une résistance ohmique, T'as pas encore assez vécu pour dev'nir père."

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La vie ne vaut pas la peine d'être vécue

La vie ne vaut pas la peine d'être vécue Combien de temps faut-il que Zeus maintienne Notre tête sous l'eau pour que ne vienne Apaisant mais timide, un arc-en-ciel ? Combien de parapluies faut-il casser Pour qu'un déluge veuille enfin cesser, Laissant brièvement place au soleil ? Quand bien même l'astre trop infidèle Daigne nous honorer de rayons frêles, Il sèche bien nos os, mais pas nos âmes ; Et l'eau a beau couler sous tous les ponts, Elle n'emporte pas le liquide pon- Ceau, hôte du rhume du dieu infâme. Tu te crois au sec, puis tu es vite déçu Comme la vie se met à te cracher dessus, Jusqu'à ce triste jour où tu t'avoues vaincu ; La vie ne vaut pas la peine d'être vécue. Combien de fois faut-il qu'il s'y reprenne Pour que le pauvre archer Eros parvienne A ne plus se rater un cœur sur deux ? Combien de miettes faut-il ramasser Quand cet incompétent vient de casser Celui d'un innocent fait malheureux ? Quand bien même il vise correctement, Une seule flèche est profondément Plantée tandis que l'autre est en surface ; Et tout le baume que Chronos applique Ne guérit des amours asymétriques, Sources de souffrances quoi qu'il y fasse. Tu remercies la vie pour la tendresse reçue, Comme tu as basé tout ton bonheur dessus, Il s'écroule soudainement, l'amour vaincu ; La vie ne vaut pas la peine d'être vécue. Combien de temps faut-il subir la vie, Elle qu'on nous donne sans notre avis, Avant que Thanatos nous en libère ? Combien de temps faut-il donc la souffrir, Qui a tant de malheur à nous offrir, Avant de rencontrer enfin Cerbère ?

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Dieu, s'il existe, il a de l'humour

Dieu, s'il existe, il a de l'humour A c' qui paraît, Dieu est on n' peut plus sage Mais il aurait fait l'homme à son image, Pourtant, c' dernier est pas très avisé, Alors Dieu, s'il existe, il a d' l'humour. On dit qu'Dieu a créé Eve car Adam Trouvait qu'être seul était pas bandant, L'a laissé croire qu'il allait s'amuser, C'est dire qu'Dieu, s'il existe, il a d' l'humour. D'après un bouquin, Dieu est un triplé Mais pour l'air de famille, faudra r'passer, Surtout que l' Saint-Esprit, il est imberbe, C'est clair, Dieu, s'il existe, il a d' l'humour. Les supporters de l'équipe de Satan S'raient torturés en Enfer un bout d' temps Mais notre p'tite Terre me fout déjà la gerbe, Je crois qu'Dieu, s'il existe, il a d' l'humour. Je doute de toi, p't-être même que je blasphème, Mais va pas m' faire la gueule, dis-moi que tu m'aimes, Allez, Dieu, si t'existes, fais preuve d'humour.

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Le pudique

Le pudique Même si c'est pas ça qui lui manque, Les sentiments, lui, il les planque ; Les trouvant bien trop pathétiques, Il veut pas qu'on en soit témoin, Mais sache qu'il en ressent pas moins, C'est un pudique. Même s'il a l' cœur dans les chaussettes, Il voudra pas baisser la tête ; Pour lui, paraître à l'identique Dans le bonheur, dans la détresse, C'est la moindre des politesses, C'est un pudique. Pas même le miroir, c'est te dire, N'a le droit de l' voir s' dévêtir, Si son corps exècre le public, C'est qu' ses muscles de flanc aux pruneaux* Rendraient sûrement les autres penauds, C'est un pudique. Quand il te raille, qu'il te rudoie, Faut surtout pas le prendr' pour toi ; Bien qu' tu puisses les trouver sadiques, Ses vannes sur un ton d' vérité Sont la preuve de son intérêt, C'est un pudique. Quand on lui fait un compliment, S'il s'en amuse, s'il le dément, S'il prétend trouver ça comique, En son for, il en est flatté Mais il saurait pas le montrer, C'est un pudique. Quand on lui offre l'impossible S'il a l'air d' rester impassible, Faut pas croire c' que sa tête indique, C'est simplement qu'il est songeur Quant au renvoi de l'ascenseur, C'est un pudique. Si d'aventure tu lui confesses Que toi tu l'aimes avec tendresse, Ne le prends pas pour véridique S'il répond, égal à lui-même : "Sans doute pas autant que je m'aime", C'est un pudique. Si tu prends le temps de l' connaître, Si tu cherches à sonder son être, Tu t' rendras compte, c'est fatidique, Que derrière son allure de pierre, Son cœur est en guimauve, mais fier, C'est un pudique. *Mots empruntés à Renaud dans Trois matelots : ♪♪ Le dernier de ces matelots, C'était moi, j'étais parigot, J'étais bon comme la romaine, Rusé, malin comme une hyène, Musclé comme un flan aux pruneaux. ♪♪ Renaud - Trois matelots Ce poème est inspiré du modeste (de) Georges Brassens : J'ai d'ailleurs repris la même structure pour pouvoir m'amuser à chanter mes paroles par-dessus. Dans son trac habituel je suppose, Georges a oublié un couplet et comme j'étais à sec d'inspiration, je l'ai oublié moi aussi.

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Ma verve

Ma verve Voilà des minutes, des heures que j' gamberge, Ayant peur que nos sentiments divergent ; Voyant ses joues tourner au rouge canneberge, J' croyais pourtant avoir bien joué d' ma verve. L'asperge insistait très fort pour que je Lui conte la crème de mes poèmes, ce que J'ai fait avec joie avant de, pour le jeu, Lui demander de me tenir la quille. Elle s'est penchée sur la question de suite Et pour éviter une réponse subite, A tourné sept fois sa langue et ensuite, A commencé à bien m'échauffer la bile. Puis, elle a finalement fermé la bouche Mais la sentant partie pour r'mettre une couche Après disons une simple mise en bouche, J'ai émis la suggestion qu'elle se calme. Mais elle a préféré s'asseoir dessus, J'ai renoncé à m' débattre, convaincu Qu' les idées comme ça, elle r'vient pas dessus, Mais qu'elle voudrait p't-êt' me céder son cœur. Et effectivement, elle s'y est pliée, Là, je l'ai vu tout sombre et fendillé ; Elle m'a laissé entrer pour essayer Et, c'est vrai, je me suis pas fait prendre. "Ça fait un moment, me dis-je, que j' gamberge, Mais faut croire que nos intentions divergent, Ma verve lui met les joues couleur canneberge, C'est pas pour autant qu'elle saute sur ma verge." Comme vous avez pu le remarquer, j'ai laissé tomber l'idée de demander une note. En revanche, je vous demanderais pour ce poème de bien vouloir expliquer comment vous l'avez compris - j'expliquerai ma demande par la suite.

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Hier quand je serai heureux

Petit aparté, je vais intégrer à chaque poème à partir de maintenant, du moins s'il y a suffisamment d'avis pour que ça ait un intérêt quelconque, un sondage pour vous demander de lui donner une note sur 10. Ledit sondage est anonyme, alors n'hésitez pas à noter comme bon vous semble. Le sujet de ce poème étant relativement grave, je précise que bien qu'écrit à la première personne, une fois n'est pas coutume, il n'est pas inspiré de ma vie. Hier quand je serai heureux Monsieur Swatch, je ne vous félicite pas, Car j'ai beau reculer la petite aiguille Depuis probablement des jours et des nuits, Ma montre ne ramène pas du trépas Celle-là qui l'échangea contre mon cœur, Subtilement, sans que je m'en aperçusse ; Puis, me faisant tomber de mon cumulus, Rejoignit la mort comme un cambrioleur Quitte à pas de loup le lieu de son forfait Quand, alors que disparaissent leurs valises De sous leurs yeux, ces gens-là qu'il dévalise Restent sagement dans les bras de Morphée. Monsieur Swatch, je vous le demande à genoux, Persuadé que c'est de votre ressort, Faites réparer mon unique trésor, Envoyez tous vos techniciens sur le coup, Mettez fin à ce silence assourdissant Des doux souvenirs me tenant compagnie ; Avec pour réconfort cette litanie : "Dieu, faites-en un succès retentissant", Ma montre rendue, mi confiant mi peureux, Je reprendrai la molette entre les doigts La tournerai et la tournerai vers moi Jusqu'à vivre hier quand je serai heureux.

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Coma hydraulique

Coma hydraulique I J'ai la tête dans un étau, Peut-être deux ; J'ai attendu qu'il soit trop tôt Pour m' mettre au pieu, Vers trois-quatre heures du matin, Peut-être deux ; Tout ça me paraît bien lointain Et nébuleux. II Je m'en souviens à peine mais c'était hier, Faut dire que j'ai pas bu du dos d' la cuillère ; Enchaînant les verres d'eau minérale plate Et juste pour les copains car ça les épate, Ainsi qu'au dam de Ricard, sans la diluer, Ce qui, je crois, a failli de peu me tuer. J'ai arrêté de compter les Vittel cul-sec, Les bouteilles d'Evian qui m'ont cloué le bec ; De toute façon, je n'en étais plus capable, C'est vous dire à quel point je me suis mis minable ; Ayant trop levé le coude, j'ai fini par terre, L'estomac en vrac et drogué comme à l'éther. Car hier, j'ai frisé le coma hydraulique, Promis, j'arrête les boissons non-alcooliques.

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Mon âme sœur ?

Mon âme sœur ? Je veux dédier ces quelques mots A celle-là Qui, faute de guérir mes maux, Fut toujours là ; La seule qui, par compassion, Chaque matin, Dans la cour de récréation Me tint la main Quand, les garçons comme les filles Qui, eux, jouaient, Au loup, au ballon ou aux billes, Je les enviais. Quand je me meurs, déprimé, Abattu, las, La seule qui ait su m'aimer Est toujours là ; Mais ses sentiments équivoques Et impromptus Ne sont pas vraiment réciproques Et ça me tue ; Lui dire au revoir sur le champ Serait bien rude Et je ne saurais faire sans, Ma solitude.

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J'ai la terre qui ne tourne pas rond

J'ai la terre qui ne tourne pas rond I J'ai honte d'appartenir à l'espèce humaine Dont je méprise l'apanage qu'est la haine ; Qui ne manque au grand jamais d'imagination Et de créativité pour la destruction ; Qui met tout son cœur à montrer jour après jour Que l'argent le dépouille de toute raison ; Qui dit adorer un dieu débordant d'amour Mais qui aime à se faire la guerre en son nom. Je me sens tout drôle, perds le sens de l'humour, Je crois que ma terre ne tourne pas bien rond. Cela ne leur suffit pas de s'entretuer, Les hommes ont ce vice de s'évertuer A étancher leur insatiable soif de sang Sur le dos des autres animaux, impuissants ; Enveloppant sans répit ni ménagement Toute la biodiversité d'un linceul ; Torturant visons et chiens pour des vêtements, Suppliciant des taureaux pour l'amusement seul. Atlas a dû lâcher prise, y'a un bon moment, Vu que j'ai la terre qui s'est cassé la gueule. II Pauvre mère Nature, tu lui tends la main, L'homme te contamine le bras mais demain Ce beau parleur te le soignera comme neuf ; Des milliards d'années que la vie est abritée, Et puis, en quelques siècles de modernité, Homo œconomicus tue, sorti de l'œuf. Pauvre mère Nature, même tes séismes, Éruptions, cyclones et autres cataclysmes N'ont raison de ce virus à l'esprit abscons ; Trop fragiles, tes défenses immunitaires Gagneraient à être plus inhumanitaires, N'illustre pas le proverbe : trop bon, trop con.

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Les cons 2.0

Ce poème est la réécriture du poème Les Cons. Il y a très peu de changements en dehors de l'ajout de la pénultième strophe et des deux derniers vers. Les Cons S'il est un plaisir plus grand encore Que le soulagement de ne pas l'être, C'est sûrement celui de le paraître Aux yeux de ceux qui le sont mais s'ignorent. S'ils en venaient un jour à s'en douter, Les machistes en seraient tout honteux De par leurs propres principes douteux, L'être étant leur part de féminité1. Si seulement l’on put faire saisir Aux racistes qu’ils ne sont pas en reste Et qu’ils devraient d’ailleurs faire la sieste Sur les lauriers arrosés à loisir. Les culs-bénits croyant dur comme fer Que seules leurs doctrines ont du sens, Les athées atteints de condescendance, N’ont de convaincant que le premier tiers. Les braves gens aux idées surannées Réclamant que ceux qui sèment la mort Subissent pire ou bien le même sort, Sont eux-mêmes un peu des condamnés. Les soldats défendant des idées sottes Un peu partout sur leur belle planète Plient rarement sous le poids de leur tête, Car ce sont de sacrés compatriotes. Les fanas du spectacle avilissant D'un taureau qu'on torture et qu'on abat, Qui osent appeler ça un "combat", Ne demeurent qu'au quart compatissants. Bien que pas encore à court, loin s'en faut, Pour tous les cons, de marques d'irrespect, J'arrête là car par certains aspects, J'imagine faire partie du lot, Car je ne suis qu'un prétendant au trône Du roi des cons siégeant sur l'hexagone2. 1Note spécialement adressée à Jedino : obsédé ! 2 Référence à L'Hexagone de Renaud et par transitivité à Brassens dans Le Roi : ♪♪ Être né sous l' signe de l'hexagone, On peut pas dir' qu' ça soit bandant, Si l' roi des cons perdait son trône, Il aurait 50 millions de prétendants. ♪♪ Renaud - L'Hexagone ♪♪ Il y a peu de chances qu'on Détrône le roi des cons. ♪♪ Georges Brassens - Le Roi

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Mon père, ce vitrier

Transparent Quand j'étais gamin, j'avais honte du boulot Que mon père fait depuis toujours malgré moi ; De toute façon, il n'y avait pas un marmot Pour me demander ni ça ni quoi que ce soit. La malédiction héritée du paternel En pousse plus d'un à devenir meurtriers, Voulant conjurer le mauvais sort éternel D'être transparent quand papa est vitrier. Si jamais quelqu'un tombe sur moi dans la rue, Vous vous en doutez, ce n'est qu'au sens littéral, C'est tout simplement qu'il ne m'a même pas vu, Mes rencontres sont toujours unilatérales. Tous les fantômes me demandent des astuces Pour se faire vent afin d'effrayer leurs proches ; Mais je le devins à mon dam, sans que je ne pusse Y faire grand-chose, aussi clair que l'eau de roche. Il est évident que ça ne m'indiffère pas, Le terme est faible mais il me coûte déjà ; Je ne tente plus de cacher la vérité, Toute négation serait pure vanité. La raison en est la cause même du mal Qui, dans mes chaussettes, étouffe mon moral, Anéantit jusqu'à mes rêves de bien-être, C'est qu'on lit en moi comme par une fenêtre.

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Crise de foi

Crise de foi Le fruit de la vérité doit pousser aux arbres, De l'évolution ou bien de la connaissance ; Je les trouve pourtant stériles, ces essences, Et leurs si beaux ramages me laissent de marbre. Athée ? Croyant ? Je n'en ai pas la moindre idée, Et parmi tous mes soucis, c'en est le cadet. Je dirais que je suis, en premier diagnostic, Je-m'en-foutiste, sceptique ou peut-être agnostique. Les réponses doivent se trouver dans un livre, De l'origine des espèces ou la Bible ; Ne sont-ils pas assez fascinants ou crédibles ? Toujours est-il qu'aucun de ces deux ne m'enivre. Athée ou croyant, bonnet blanc ou blanc bonnet, Cela n'affectera en rien ma randonnée. Je dirais que je suis, en premier diagnostic, Je-m'en-foutiste, sceptique ou peut-être agnostique. Je me sens trop cartésien pour être croyant, Je crois pourtant savoir que Descartes l'était ; Je doute trop du hasard pour me dire athée Mais par chance douter ne m'est pas effrayant.

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Un jour comme les autres

Ce poème est une sorte de traduction quelque peu personnalisée de la chanson End of May, rendue célèbre notamment par Michael Bublé. Un jour comme les autres C’est un matin austère, L’aube d’un nouveau jour de pluie sur Manchester ; On est début juillet, Tu es partie, mais pas les factur’s impayées. Et ça ne m’aide pas, Tu le sais, à te croire encore à mes côtés, Non, ça ne m’aide pas, A t’imaginer me dir’ de n’ pas m’inquiéter. Les jours sont des plus longs Je les pass’, nostalgique, à fixer la pendule, Et, c’en est ridicule, Dans mon agenda, déçu d’ n’ plus y voir ton nom. Dans des moments comm’ ça, On dit vouloir être à jamais indifférent, Mais si c’était le cas, On perdrait l’impression grandios’ d’êtr’ différent. Just’ quelques jours de brume, Demain, le soleil séchera cette amertume, Cela est amusant, Comment ils ne font pas long feu, les sentiments. Mais j’ garde dans l’ citron Qu’en attendant, je reste fragile, aux abois Car quand je pense à toi, Tout c’ dont je m’ rappell’, c’est qu’ t’es partie pour de bon. C’est un matin austère, L’aube d’un nouveau jour de pluie sur Manchester ; On est début juillet, Ça fait un an mais la pein’ n’est pas oubliée. Quand on se reverra, Je te demanderai si tu te portes bien, Tu diras que ça va Et tu me demanderas si moi, je vais bien. Et là, je mentirai quand j’ dirai : comm’ les autres, C’est un jour comm’ les autres.

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