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À propos de ce blog

La fatuité est le privilège des ratés

Billets dans ce blog

 

Rab' de sens

Suite à perte d'identité
Enfin pouvais-je prospérer
Affranchi des lois et morales
Sur tout : les pleurs, stupres ou râles Jolie sensation de flotter
Manquer de personnalité :
Sans le bon gène, être génial
Jouer famélique ou familial Hélas ça n'aura pas duré
L'ego s'étant recomposé
Mais un truc n'était pas normal
Comme une erreur dans le mental Être en absence de soi-même
C'est un rab' de sens, requiem
Juste l'illusion pénultième   À mesure que revenaient
Qualités, défauts, m'étonnait
Qu'ils soient vraiment miens, inconnus
Qu'étaient ces vices et vertus Surprise ! Ce moi ne semblait
Ni trop gentil ni trop mauvais
Un que le vrai ne blesse plus
Dont le mensonge est le vécu Donc, comme son poids ne pesait
Rien, qu'en sus il me séduisait
Se divisait l'individu
Rébus restant irrésolu Être en absence de soi-même
C'est un rab' de sens, c'est idem
À l'accent virant prosodème   Mon identité véritable
Disparue en de mouvants sables
L'autre, m'engluant en son spalme
Me fait là mendier du napalm Me sciant les pieds sous la table
Faisant un festin de mon râble
Ô non, ce moi n'est pas la palme
Désirée : belle, noble, calme Plus film d'horreur que fine fable
Puit psychotique, puis minable
Bain décapant d'un acide alme
J'en renais enfin anophtalme Être  en absence de soi-même
C'est un rab' de sens, un oedème
D'où : la mort, le rien en tandem
 

Port de l'Alliance

Un jour, tout un après-midi, il accompagne la femme de sa vie en ce cabotage nommé lèche-vitrine, dans le but avoué de lui offrir un cadeau – sans calendaire raison, pour le plaisir comme miaulait l'autre. Peut-être les verrez-vous, naviguer entre les boutiques d'une galerie commerciale, quelconque puisque interchangeable, avant qu'elle ne jette l'ancre dans un magasin au contenu affriolant : couleurs sensuelles et tissus chatoyants s'y retrouvant en vêtements de forme bohème. En cette escale, après quelques mouvements d'approche, la chère tendre se résout à essayer des jupes, point de départ pour constituer sa panoplie de poupée. Certes, ni elle ni lui ne nous dévoileront le nombre d'habits emportés en cabine d'essayage : qu'on sache du moins que le chiffre est à l'honneur de sa coquetterie, toute féminine. Les essais pour elle se succédant – formes diverses qui enveloppent ses mollets et cuisses, ses fesses, ses hanches – il participe à la représentation en se plaçant comme, et son seul public et son costumier : le plaisir de la femme convoitant la beauté, voulant la faire sienne, rallie le plaisir de l'homme s'inclinant devant cette magie ; vision du corps aimé portant des accessoires qui subliment, de façon publique, l'effet opéré par sa nudité dans l'intimité. Moments de complicité certaine. Elle, qui recherche la plus juste parure pour ce qu'elle estime don, inné : inhérent reflet qu'elle a d'elle-même, de son corps, synonymes de vie en devenir. Lui, qui convoite le plus bel écrin pour ce qu'il redoute, avide, de voir disparaître de ses mains : en admiration devant la chair tendre, poussé à charmer l'enveloppe pour atteindre ce qu'il considère mystère, de par son désir... Mais ne se rejoignent-ils pas ? Tels de proches phares, n'émettent-ils pas de vives lumières – brasiers réciproques – qui parfois se révèlent aveuglantes pour chacun, ou parfois font apparaître des ombres derrière l'un que l'autre appréhende ? Ainsi, ils cherchent, vous cherchez, nous cherchons : la chaleur de l'autre soi-même ; jusque en ses erreurs, son apparence, son ennui : là se tient la complicité, dans une envie commune de l'à venir, vision partagée d'une identique œuvre. L'alliance est : ce que l'on sait être doux, ce vers quoi ils se dirigent, ce qui nous attire, ce qui éloigne les autres… Cette journée fut rituel fondateur pour eux : l'homme sait maintenant tisser, avec son goût et son regard, pour elle une aimable trame sur le corps ; la femme sait maintenant être devenue île primordiale pour lui, sur la ligne d'horizon. Ce que nous formons puis ce qui nous entoure est alliance, ce qui est offrande ou parfois est demande est alliance : havre franc où vivre de constance, suivre l'amour en confiance ; monde secret qui n'est en rien obligé d'imiter les autres. Y compris quand il s'agit d'aller faire les boutiques... Quand ils rejoindront le large, la jouissance des habits ne sera pas seule possession, mais souvenir du moment vécu. Non seulement illusoire décoration, mais symbole durable de cette étape. Ils repartiront, affronter la vague, affronter le vague. Deux sortes de pièges, de silences qui peuvent s'instaurer entre leurs feux, tel qu'entre tous leurs semblables qui osent briller. Instants étranges où « un plus un » ne forme point « eux plus que deux » : instants fatals du narcissisme conjoint, de la haute mer. Un soir, sur le port – comme d'habitude, comme encore – juchés sur les cœurs, les corps se sont dressés : incendies d'incidents, indécents et nus.
 

Sonnet d'Aversion

Petit pastiche du célèbre Sonnet d'Arvers ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Sonnet_d'Arvers ) ...   Etrange, que mon corps arpente cette Terre, Qu'une âpre vérité, peu à peu, soit perçue : L'ego n'est qu'un pantin, en moi le rien se terre, Et des fils le soutiennent... Instincts aperçus.   « Dieu » est mot pour ce qui ne sera jamais su, « Âme » est mot dédié à des espoirs solitaires ; La science nous le dit : nos « Je » ne sont qu'éthers Qu'il faut bien inhaler pour se croire conçus.   Nos cerveaux sont matières, horrifiées d'entendre Qu'issues des étoiles, elles n'en sont que cendres : Rebuts de mise en scène contraints au trépas.   Le fier lecteur dira, restant toujours fidèle À son identité qu'il se donne en modèle : « Quel est donc ce mystère ? » Il ne l'admettra pas.   ... commis afin de participer au jeu poétique de la revue l'Etrave : http://www.psf-letrave.fr/pg/nos-concours_voulez-vous-jouer-avec-nous-__.html  
 

Thalatta

Des soi, l’Autre
Déçois nous, mère nôtre
Déçois la chère de tes apôtres Tendre obole
Machine molle Joue à j’aimais
Suie, nous
À jamais
Nuitée Défibriller l’allonge
Des raisons qui pourrissent
Que le silence ronge Pour savourer, augustes
Tes hydres qui fleurissent
En ce sommeil du juste Equarrir tes remèdes
Précipité d’abysse
En faire que tu cèdes À nos coups de butoir
Nappage d’immondices
Centré en vil espoir Hydrocellulose
Amphibiose Où tu t’épuises en bruits
S’échangent des ovaires
Dont la vie est violeur
Qu’on souhaite impérissables Tu attises nos fruits
Dont le goût est colère
Sertie en déshonneur
Evolution jetable Âme-nous à j'aimais
Puis aspire à ta foi
En nous qui assurions
L’amorce à trépasser Aime-nous à jamais
Puis expire en tes rois
En nous qui centurions
De force à t’effacer Aurore
Sémaphore Ou styliser nos lames
En déforme de hure
Au moyen d’oriflammes D’une couleur étrange
En l’acquêt de luxure
À séduire tes anges En leur cubique ronde
Fracasse fière allure
Anomiale faconde Naître ou pas dans un bouge ?
Telle est la question sûre
Que se posent tes rouges Lumierrante
Malévoluante Ça, vouloir vaut tant
Ça, valoir veut temps
Ça, pouvoir ne peux Attend
 

Ç'te chance !

Tous vos vers perpétuels m'ennuient : votre somme
Asservie à ma loi, qui nie l'altérité,
Est moins qu'une dague de fer, désincarnée,
Egorgeant les enfants de votre mère – hommes !
 
J’ai tout affronté : vide ou air, feu, terre et eau ;
Et tout couché : la mort, les femmes, le fatum ;
Tout vu : du pic solitaire au secret tombeau…
Ç'te chance, est-ce le son par lequel on me nomme ? J'élève certains, puis réduis d'autres – égaux
Dès qu'il s'agit de venir dans ma main manger,
Ou qu'il s'agit de jouer aux libres mendigots... Vous m'êtes soumis : chez vous, nulle volonté
Mais la peur et l'espoir et les airs saligauds
De qui me donne ou me tente. Hélas, j'ai tourné !
 

La vie est belle

Hier, dominicale balade en centre ville,
J'y ai vu un graffiti, trônant fièrement
Sur un panneau de pub, expression malhabile
Ecrite à la va-vite, à côté d'un mendiant. Ainsi était tracé, parmi de petits coeurs,
Parmi la pollution, le gris, l'odeur de merde,
"La vie est belle" et c'était joyeux comme un choeur
De pieux scouts en camping - avant qu'ils ne se perdent. Pour d'autres, "la vie est dure" ; cela s'avoue
De plus en plus. Zut, voici que le rire afflue :
En cette époque où l'absurde est au garde-à-vous,
J'avais omis que ce refrain m'était connu. Lalala vie est belle...
Lalala vie est dure...
J'y crois, d'ailleurs j'ai renommé ma bite Vie
Car c'est mon zèle, c'est mon hure, c'est mon vit.
Oui j'avais oublié, ceux qui disaient "on t'aime",
Ces parents qui m'imaginaient comme eux : esclave.
Puis ceux des autres, noyés en dettes... problèmes...
Faisant des enfants, leur souhaitant d'être des caves. De leurs gamètes, voulant la reproduction :
Excuse bidon habituelle ? L'amour
En point de mire, sans aucune réflexion,
Juste inconscience, belles fesses, cerveau gourd. Citoyens ! Si vous désirez vous reproduire !
Au choix : commencez par changer de société
Ou devenez riches, donnez un avenir
À qui vous forcez de vivre, puis décéder. Lalala vie est belle...
Lalala vie est dure...
J'y crois, d'ailleurs j'ai renommé ma bite Vie
Car c'est mon zèle, c'est mon hure, c'est mon vit.
Mon refrain ? Pour ne pas le laisser dans les limbes,
Le coucher par écrit de peur qu'il ne s'envole.
Reste à trouver une musique qui le nimbe
Bien : j'aurai l'air de rien, et même les paroles. Comment font-ils donc pour se convaincre du mieux -
Voire du meilleur - que le monde ouvre les bras
À leurs engeances, à leurs ventres, à leurs yeux :
Ils se voudraient moutons, se révèlent cobras. Le temps les mènera sans doute à la raison :
L'horizon fini, sa ligne sera trompeuse.
En attendant, je lis leurs idées, leur graillon.
L'optimisme ? Toujours pas maladie honteuse. Lalala vie est belle...
Lalala vie est dure...
J'y crois, d'ailleurs j'ai renommé ma bite Vie
Vu qu'elle est ridée, flasque, enfin manque d'envie.      
 

On avale

D'aucuns s'estiment libres de par leur logique,
Leur pensée, leur raison... Pure ou relativisme ?
D'autres ne savent d'où provient leur hédonisme :
Emotions reptiliennes, sentiments limbiques. Mais qui voici ? L'intelligence artificielle
Qui amène rumeur de la mort du bon sens
Ou du cerveau humain, lorsqu'on se dit  « je pense »
Et que ceci ne donne – hélas – rien de réel. Tous ces vils trucs qu'on ose mettre sur YouPorn :
Norme morne de l'apprentissage profond,
Triste licorne de nos données, de nos fions,
Tout ce gai gaspi de nos paquets de pop corn. Ovale, en aval, on avale.
C'est festival :
On n'a pas assez de valises
Pour faire bref, qu'on dévalise
Ou avalise.
Toutes croyances malignes – en fier progrès,
En chère science, en ces histoires malhabiles –
Qu'on invite en nos existences... Tous regrets
De ne pas être des machines, au babil Automatique, à l'artificiel jugement...
D'aucuns veulent prochaine singularité :
L'exécrable événement, est-ce un excrément ?
D'autres veulent rester tranquilles, alités. Las ! Quêter un refuge est fort compréhensible,
Pas plus mauvais calcul que lorgner vers la mort :
Tous deux aident à vivre ou gérer l'indicible,
Sans aider à trépasser – ironie du sort. Ovale, en aval, on avale.
Ne surtout point voir qu'on dévale.
Dans l'intervalle,
Ces couleuvres rivales...
Vaut mieux qu'on les ravale.
Au passé : le soir, avec les soeurs et les frères,
Ça parlait, chantait, voulait le monde refaire.
Certains parmi ceux-ci, actuels dirigeants,
S'avérèrent avec ce monde intransigeants. Au présent, relevons qu'existe ce beau choix,
Se débattre ou accepter. Rappel que l'on choie :
Hâter le court trajet avant notre épilogue ?
Forger nos faire-part en auto-nécrologues ? Au futur, ne reste plus grand-chose : à savoir
Enfin porter l'inintelligence au pouvoir,
Dotée d'une personnalité juridique –
Moins personnalité qu'oracle algorithmique. Ovale, en aval, on avale :
Preuve ? Ces quelques lignes, rimes digital,
Furent écrites par &2x-k@pital.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Mignonne

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait éclose
De radiations prit une dose
En cause ? Soleil qui implose Mignonne, allons jouir du bleu nuit
Bleu où nulle étoile ne luit
D'éclairage public, produit
Pollution visuelle nuit Mignonne, allons ouïr gazouiller
En forêt, les jeunes couvées
Qui bientôt finiront crevées
De n'avoir nib en leur becquées Mignonne, allons braver la crise
Dans la rue : cloches, mégots gisent
S'y trouvent : méprises, traîtrises
Celles-là : de mèche ou de mise ? Mignonne, allons faire l'amour
Dans la nature ou les labours
Avant que le compte à rebours
De la Terre soit sans retour Mignonne, allons jouer du fouet
Demain n'est plus ce qu'il était
Alors faisons ce qu'il nous plait
Ou pas : le plaisir, c'est surfait Hélas, si  tu me crois, mignonne
Tandis que ton âge fleuronne
Vieillir ou bien devenir conne
Ne sera ton destin aphone

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Aux jours de l'an

On rit
Au dernier jour de l'an
On pleure
Etants équivalents On se confie
On se confise
On se ravit
On se ravise De la gaie poussière d'étoiles
Ou triste poussière qui parle
Mais gaie ou triste, c'est idem
On reste poussière quand même Que on soit mien ou tien ou sien
On est part du décor immonde
Dont la parole ne peut rien
Devant future fin du monde
On vit
Au premier jour de l'an
On meurt
Les doigts gourds, les doigts lents On est un con
Mais qui s'y fit ?
Y'a qu'à, faut qu'on
Et qui s'y fie ? De la gaie poussière d'étoiles
Ou triste poussière qui parle
Mais gaie ou triste, c'est idem
On reste poussière quand même Que on soit biens ou liens ou fiens
On est part du décor immonde
Dont la parole reste en chien
Devant future fin du monde

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Dauphins d’enfer

Delphes fine
Cinégénique mutine
Tu chaviras ; hauts-fonds
J’en rejoins les bas-fonds Toi, naïade
Synonyme de noyade
Rudoie ma brisure
Festoie en mon azur
Dauphin d’enfer
De ton aileron, de l'amer
C’est pour moi une horreur
D’affronter ton bonheur Dauphin bénie
De ma vie, fut ontologie
Vois ; t'ayant adoré
J’en lape cruauté
Beau dauphin ondoyant
Ouvrit ton océan
Gemme fièvre
Inondée entre tes lèvres Qui maintenant l'ornent
Vous en voici morne
Equipage
S'étant avéré volage
Dauphins d’enfer
En ces plongées, d'où il appert
Que pour vous, un honneur
Est me voir qui y meurt Dauphins maudits
J'en reste, fou de jalousie
Envers cet amour nié
Cette aimance dédiée
Dos à dos fins
De là naissent désirs carmins
En mon triste cerveau
Coincé entre deux eaux Salée, cette faille
La lie aux entrailles
L'exécration
Inoculant un fier poison
Dauphin d’enfer
Où j'ai chu, où la colère
Me fit équarrisseur
De vos corps et vos coeurs Dauphin d'ennui
À jamais, d'oubli se languit
Sentiments dévorés
Sans plus d'identité

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Tout ça pour ça

[ texte non conseillé aux personnes sensibles et aux enfants, car comportant quelques mots crus : vous pouvez donc continuer à lire si, adultes, vous aimez le fantasme de supermarché... ]   Tout ça pour ça ? Trois petits tours et puis s'en va ?
Là tu sors, livide, d'un lit vide, un lit froid.
Sûr que, malin, tu as eu ce que tu voulais
Mais tu pensais que ce serait mieux, attendais Tous les clichés du genre : plaisirs frémissants...
Dans tous les sens, ta salope... Désir ardent...
En fait d'ardeur, t'as surtout eu du rose aux joues
A force de faire floc-floc, mal aux genoux A force de la donner : ta force, ta sève.
Tu en aurais fait des choses pour ta belle Eve.
D'ailleurs vous avez, le catéchisme YouPorn,
Pratiqué mais pourquoi, alors, ces pensées mornes ? Si c'est toujours ainsi, tu comprends mieux tes potes
Qui te disaient souvent que, tu vois, la capote
Empêche MST, réduit les sensations,
Mais surtout, et c'est cool, détruit toute émotion.
Tout ça pour ça ? Trois petits tours et puis s'en va ?
Là tu rhabilles, remaquilles, sans ses bras,
L'image toute faite, essence de ton être,
Qui l'attire, lui ou d'autres, sans rien omettre. Tu avais envie, ou de sa tenue d'Adam
Ou de sa tenue, pas des deux en même temps.
C'était très bien, tous ces papillons dans le ventre,
Ces frissons aux ovaires tapis en ton antre. L'après fut laborieux, et un peu méthodique :
Sans la rigueur de ton dildo, électronique,
Absente était la folie, mais goûts et odeurs
Ont rattrapé un peu toute cette tiédeur. Tu ne sais ce que tu diras à tes copines :
Tu pourrais montrer une photo de sa... mine ?
Si c'est toujours ainsi, vive l'excitation
Vite lassée, bite massée, sans émotion.
Tout ça pour ça ? Trois petits tours et puis s'en va ?
Petit ange, baisse d'un ton, bon débarras !
Il y a beau temps, tu eus certes la part belle,
À tous les coeurs, faisais oublier le réel. Mais maintenant, c'est fini, pour toi plus d'espoir.
C'est bien pourquoi tu coucheras tout seul ce soir,
Oui, pourquoi tu as intérêt à t'habituer :
C'est fini, mon petit amour, t'es destitué. Oubliés tes médiocres trucs de passe-passe
Et oubliés tes excès souvent dégueulasses :
L'exaltation, le désespoir, la jalousie ;
Tes sacrifices, mélancolies, frénésies. Il n'y aura plus que dans ta version filiale
Que l'on t'acceptera : te plains pas, c'est pas mal.
Il te faudra, à la rationalisation,
Te soumettre : te voilà vulgaire émotion.  

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Amorce

Je ne sais comment vous le dire
Ayant perdu le goût des rimes,
Mais de vous s’offrent des sourires :
Au final, radiant la déprime. Une surprise, un petit rien,
Douces paroles, tendres gestes,
Sont tant pour vous – instants sereins –
Quand d’autres, cela les déleste. Vous le connaissez, ce monseigneur Inconnu
Que vous tutoyiez : drôle d’individu...
Vous l'avez rencontré, en cherchant autre chose :
Imitant la rosée sur fleurs à peine écloses.
Des questions en averse ? Ou laisser enchanter
Mon cœur à la renverse : il faudrait s’y frotter,
Ouvrir l’écoutille, faire amende honorable.
Ce savoir défibrille – amorce du croyable. Vous le connaissez, ce monseigneur Inconnu
Que vous tutoyiez : drôle d’individu...
Vous l'avez rencontré, en menant d’autres causes :
Riant des sclérosés, vous moquant du morose.
Immobile, on hésite trop –
Mais qu'est-ce que cela engendre ?
Dedans, hériter du zéro :
Pourquoi, de votre vie s’éprendre ? Mollo, l'admiration devient inspiration,
Ombre de futurs voyages à entreprendre.
Yolo ! Aguerris à guérir, soyons bourgeons
Pour un jour, peut-être, cet espoir vous le rendre. Vous le connaissez, ce monseigneur Inconnu
Que vous tutoyiez : drôle d’individu...
Vous l'avez rencontré, en pratiquant des pauses :
Aidant des névrosés à peindre gris en rose.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Faner

Oui, vous allumez une chétive chandelle. La lumière la rend moins pâle ; elle est si belle
À voir, la nudité soyeuse de son corps ; alanguie, offrant son hâle, elle veut encore. Elle a avoué ce qui fut nôtre
– s'en est laissée déposséder –
Telles bien d'autres. Tout ce que j'aurais voulu être :
Aujourd'hui qu'elle s'est donnée
Je peux renaître. Je ne saurais léguer grand-chose :
Autre qu'une ultime tendresse.
Poème ou prose. Au pire ? Offrir un simple espoir
De la boîte, vieille caresse.
Dire au revoir. Oui, l'univers ne dégage aucune lumière, propre ou sale : elle est falote copie d'hier.
L'univers est ombre de ce qui fut avant, quand ce tout qui est encore était tout enfant. Alors ces amours l'obscurcissent,
Tentent son monde vers le gris
– elle en esquisse – Assombrissent son devenir,
Et se moquent de ce qui suit :
Juste un plaisir Pour tuer ces cancers qui les rongent,
Se resservir de son bonheur.
Simples éponges... Fasse que s'éloigne l'effroi :
Une plongée dans la torpeur
Ornée de foi. Oui, fasse que ce soleil jamais ne renonce, celui que vous portez dedans : votre réponse
Au froid, à l'entropie planant sur son visage, à ses envies de déguerpir du paysage. Que votre quête ne soit vaine :
Entre le marteau et l'enclume,
Enfouir la peine. Que vos larmes tournent au miel,
Les veines vides d'amertume :
Elle, de ciel. Vous serez aussi radiante
Que cette étoile dans ses yeux.    
Resplendissante. Ensuite, couchant sous les trembles :
À y éteindre vos vieux feux,
Enfin ensemble.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

J'ai tué l'îlotier

J'ai tué l'îlotier
Mais je n'ai pas tué le député, non
J'ai tué l'îlotier
Mais je n'ai pas tué le député
Non, non, non Toute la journée, dans ma cité
L'îlotier me faisait suer
Toujours en train de me demander
Mes papiers
5 ou 6 fois d'affilée
5 ou 6 fois d'affilée   Mais je l'affirme haut et fort ! J'ai tué l'îlotier
Même sans avoir fait de self-défense
J'ai tué l'îlotier
Et il semble que ce soit une grave offense
Oui, oui, oui L'îlotier Jean Marron m’a toujours haï (normal, avec un nom pareil) Pour qui ou pour quoi, je ne sais pas
À chaque fois que je plantais un fruit (ou autre plante qui se fume) Il voulait le tuer avant qu’il ne croisse  
Il voulait nous tuer avant qu’on ne croisse     À lire demain dans le journal ! J'ai tué l'îlotier
Même sans avoir fait de self-défense
J'ai tué l'îlotier
Et il semble que ce soit une grave offense
Oui, oui, oui Un jour la liberté est venue à moi (la saloooooooooooooope) Et j'ai décidé de quitter la ville (rapport à mes plantations) Soudain, je vis brigadier Jean Marron (oui le même, suivez un peu) Me viser pour faire que je mourrons (pour chat) Alors je l'ai tué, tué, tué (oui 3 fois de suite) Si je suis coupable je dois payer (merci captain obvious)   J'ai tué l'îlotier
Mais je n'ai pas tué le député, non
J'ai tué l'îlotier
Mais je n'ai pas tué le député
Non, non, non C'est ainsi, j'ai d'excellents réflexes
Avez-vous aimé ma chanson complexe ?
Chaque jour, doit se remplir le seau
Un jour, on arrive au fond du seau
Pour chercher de l'eau, faut pas faire de sauts
Ça ne veut rien dire, c'est pour les sots
Je n'ai tué ni député ni garde des Sceaux
Lalalalalalala là-haut   Petite parodie de :  

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Sûrs

Ici, tout est bien comme il convient
Arrivée tard : la fin de soirée
Table mise, petit déjeuner
De proches amis à qui l'on tient Pour leur écoute, encore merci
Pour les discussions, énonciations
De nos points de vue non raccourcis
Pour les promenades, le jambon Là, au coeur, en dedans
Un endroit accueillant
Chez des gens doux, et sur
Qui on peut compter : sûrs   Ici, même le chien me convient
Souvenirs d'enfance conjugués
À l'envie de m'infantiliser
La proche famille à qui l'on tient Pour leur accueil, encore merci
Pour le fait qu'ils soient encore ensemble
Cela m'aura apporté l'oubli
Voir un couple qui jamais ne tremble Là, au coeur, en dedans
Un lieu revigorant
Des gens pas fous, mais sur
Qui on peut compter : sûrs   Oui cette vie de rien me convient
Dorloter patiemment, t'enlacer
Pour l'amour des absents, nous serrer
Ce n'est pas grand chose mais j'y tiens Pour le fait de déposer les armes
Pour le fait d'y voir un peu plus clair
Loin de la poussière, du vacarme
Pour le fait d'y voir un peu plus chair C'est au coeur, en dedans
Où l'on se sent vivant
De nous deux saouls, ou sur
Qui on peut compter : sûrs  

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Merci mais

Ce n'est pas que je sois fort
Juste habitué, dorloté
A résister à la mort
Seul, d'ivresse auréolé Mais j'ai aimé vos efforts
Mieux : ils me touchent, m'émeuvent
Me remettent en accord
Avec le combat, l'épreuve Lutte vaine qu'on arbore
Routine sans rêve aucun
Inscrite au-delà du corps
Le sens viendra à la fin Oui, j'ai aimé votre port
De tête qui me supporte
Fasse que louer vos apports
Soit bon pour votre cohorte Ainsi, merci mais...
Bonne mère ! Si même
En mer s'immerger
Au pers ce submersible
Impair, je vous aime
Il y a vous, au dehors
Qui aimez parler de tout
Dont le silence est confort
Sans le vouloir : garde-fou Vous abattez le décor
Pour en découvrir l'écorce
Vous bâtissez le décor
Pour s'en tirer fier à force Là, il y a faune et flore
Tuteurs qui semblent une arche
Avec l'absence à enclore
Jambes qui font la démarche Dans des tons argent et or
Loin des visages livides
Pour un peu de temps, encore
Fasse que j'en sois gravide Aussi, merci mais...
Bonne mère ! Si même
En mer s'immerger
Au pers ce submersible
Impair, je vous aime

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Freemium & Premium

Journalistes dépassés par les termes techniques
Aiment répéter « c'est la crise »
Et les experts de débattre de façon critique
Du saint moral des entreprises
Ménages apeurés se tournent vers politiques
Pour sauver leur sous de la mouise
C'est alors que médiocres et sphère médiatique
Entonnent, choeur vibrant, cette belle analyse (de façon logorrhéique) Au marché, la demande a rendez-vous avec l'offre
Mais l'offre ne le sait pas et la demande attend
Ici-bas envers son coffre
Chacun doit en faire autant   Amis économistes, ce qui suit est pour vous
La croissance est un bien volage
Qui, tout comme la confiance, échappe au rendez-vous
Quand le gratuit, lui, s'en voyage
Donc autant s'en servir, vu qu'il est tout près de nous
En user comme achalandage
Ensuite retenir, les clients passe-partout
Ne faire payer que services, emballages (et ma commission itou) Au marché, la demande a rendez-vous avec l'offre
Mais l'offre ne le sait pas et la demande attend
Ici-bas envers son coffre
Chacun doit en faire autant Et oui, la demande est là
Mais l'offre ne la voit pas
Pour se voir il faut l'argent
Mais l'offre ne le sait pas : au vent, toujours se vend L'offre en souffrance se rendrait bien à la demande
Si celle-ci était là, se confiant au marchand
L'offre ne vire à l'offrande (faudrait-il un bon d'achat ?)   Sur le toit de l'agence où je fais du marketing
Beau décor de linoléum
Se tourna la question en réunions et meetings
Jus de cerveaux au maximum
On vous a déjà vendu : footing, baby-sitting
Marques, ou cartes palladium
Voici venir le moment du gratuit en pudding
Voici venir les temps du freemium & premium (on vend aussi le coaching) Au marché, la demande a rendez-vous avec l'offre
Mais l'offre ne le sait pas et la demande attend
Ici-bas envers son coffre
Chacun doit en faire autant Pendant ce temps, on se gaufre
On se goinfre, oui, engouffrant
Demain viendra la contre-offre
Pour vous, nos meilleurs clients     PS : tout le monde aura bien sûr reconnu la lointaine parodie de ce qui suit...  

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Adipocire

Le jour où je me suis tu
Sera un jour comme un autre :
Sans doute aurai-je discuté avec un apôtre
Du mieux, de l'espoir, de la tentation de ne pas passer outre
Les commandements de sa foi, la vie, à qui il faut dire d'aller se faire... Oui : la vie, comme l'amour, se fait.
Merci de ne pas me demander comment.
Demandez aux bactéries, surtout extra-terrestres : elles s'y connaissent. Le jour où je me suis tu
Sera au jour d'avoir patienté assez longtemps :
Avec moins d'après qu'il n'y aura d'avant,
Être sûr et certain que rien n'est à sauver –
Orée de la vieillesse, enfin soulagé, plus d'arôme neuf à goûter. Pouvoir rêver de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, belle affaire.
Quand ne trouver comme infini à déguster qu'un pieu qui s'érige ou une crevasse qui se fend.
Être ainsi coincé entre potentiel et réalité, autre définition de la solitude. Le jour où je me suis tu
Sera jour de compréhension, de clarté détendue :
Les mots dits ne correspondant jamais au sens qui se cache
En mon crâne, tapi.
Les vies menées ne correspondant jamais au sens qui se cache
En ma mort, tapi. Peut-être que ce sera simple, en fait.
Peut-être que le gras de mes tissus nécrosés sera réponse suffisante.
Le gras, c'est la mort. Le jour où je me suis tu
Sera, pour l'évolution, jour de victoire :
Non que je sois important, faut pas croire.
Mais tout silence nous unit vers l'avenir de l'univers :
En la sélection pour l'extinction déchoir,
Disparaître en l'urinoir, troublant trou noir. Car s'il faut croire en un dieu.
Logique de croire en un dieu qui n'a rien voulu créer, mais dont la solitude était éternelle : un dieu qui voulut disparaître pour échapper à cette solitude, dieu qui s'est annihilé.
Et les forces cosmiques résultant de cette première mort devinrent la création, le corps mort du dieu devint l'univers : décomposition divine, putréfaction entropique. Et la vie encore se maintient dans cet univers, de loin en loin, de moins en moins, par une mécanique hasardeuse.
L'univers est encore traversé par la volonté de mourir de son créateur : ainsi, tout ce qui y fut créée, qui y est créée, qui y sera créée n'a qu'une seule direction.
Être seul, voler de la matière alentour, voler du gras. S'agglutiner.
Puis mourir. Le jour où je me suis tu
Sera le jour où je me tue :
Autant rester au lit, rester bête,
Autant profiter de la retraite ?
Non merci,
D'accord je serai habitué à l'ennui,
Mais sûrement plus à ma lâcheté drue.
Allez hue.     PS : texte également titré Adipocere, histoire de se la péter en anglais...

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Suie

Suis les sens interdits
Suis ce que l'on te dit
Suis ce que montre un doigt
Suis le chaud ou le choix Suis l'envers du décor
Suis le contre en accord
Suis l'odeur lycaon
Suis la sur le clayon Suis de précieux conseils
Suis ceux de ton oreille
Suis si des fois en l'autre
Çui-ci trouve un apôtre
Quoi que ce soit
Caché en bas, fin fond du soi
Ce sera soie
Et moi-je ?
Suie
Suis aux confins du sombre
Suis là où meure l'ombre
Suis l'abus de bévues
Suis là d'où vient la vue Suis l'haro sur les mots
Suis le frais ou le faux
Suis ta mort le sachant
Suis la chair ou le chant Suis ton coeur en sa gangue
Suis le yeah ou le yang
Suis cette anthologie
Suicide ontologie
Qui que ce soit
Caché en bas, fin fond du soi
Ce sera soie
Et moi-je ?
Suie

Tequila Moor

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Mario Zéro

Si minuscule
Via ses pixels, en la matrice,
Mario a plusieurs vies
Et se faufile Hors de l'asile
Du Royaume Champignon. Vice
Collé à ses envies
De tentacules. Il est habile,
Connaît tous les métiers. Complice,
À ses côtés : Luigi
Sous la férule. Las ! Les ovules
De Princesse Procréatrice
Vivent dans son esprit,
Au ludophile. Désolé Mario :
Ta princesse est dans un autre château.
Game over / Fin de partie.
Tel un reptile,
Il avance sans bruit
Vers l'adorable inspiratrice.
Surtout son cul ! Et il ondule
Puis présente son fruit :
Celui caché en haut des cuisses,
Le défendu. Fleur juvénile,
Elle apprend qu'icelui
Est idiot, au dernier supplice
De la bévue. Un ridicule
Laboureur de l'ennui,
Trop fier de son macho pubis.
Un m'as-tu-vu... Désolé Mario :
Ou jardiner... Ou se prendre un râteau...
C’est bien joué mais c’est fini.
Mamma Mia !
C'était censé être facile :
Jouer des doigts – qu'elle jubile
Du clitoris. Mamma Mia !
Or, elle a des envies crapules :
Embauche un groupuscule,
Pas la police Mamma Mia !
La belle inassouvie
T'enverra des nervis :
C'est son caprice... Désolé Mario :
T’étais pas vraiment héros mais zéro.
C’est bien joué mais c’est fini. Game over / Fin de partie.     Autre histoire de Mario qui finit mal :  

Tequila Moor

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Vilaine

Vilaine est de retour sur le net.
Elle est promesse de galipettes :
Va s'offrir à tous, la midinette –
Va s'ouvrir à toutes, la nénette. Elle pourrait être ta promise
Ou pourrait faire ton analyse.
Elle pourrait être ta soumise ;
Choisis ! Car l'apparence est de mise. Dites, les garçons ? C'est bon d'être de retour...
Avez-vous serré vos oreillers dans vos lits
Quand j'étais partie ? Frustrés, m'aimiez-vous d'amour ?
Etais-je citée dans vos insultes, vos cris ?
Vilaine encore va t'exciter
Aidée d'une fausse identité,
De faux attraits, d'un faux sexe : armée
De tout pour te voir participer. Elle pourrait être ta masseuse
Ou pourrait faire sa chatouilleuse.
Elle pourrait être ta vicieuse ;
Oui ! Les apparences sont trompeuses. Dites, les filles ? C'est bon d'être de retour...
Jalouses, me décriviez-vous à vos amis ?
Etais-je vue comme un modèle ? Mes atours
Ont-ils changé vos tenues viles en sexy ?
Vilaine sur le net fait sa loi :
Exquise, mystérieuse est sa voie.
Inutile de chercher pourquoi
Elle fait tant d'effet chaque fois... Pourquoi doit-elle être si Vilaine ?
Pourquoi ce désir teinté de haine ?
Que dans les cerveaux, la morne plaine
Se dispute aux caresses de l'aine ? Dites, les garçons ? C'est bon d'être de retour...
Avez-vous poissé vos claviers durant vos nuits
De solitude aigrie, voire durant vos jours ?
Mes photos sont-elles toutes sur vos ordis ? Dites, les filles ? C'est bon d'être de retour...
Imitez-vous mon style ou tout mot que je dis :
Suis-je pour vous la source même du glamour ?
Voudriez-vous être Moi, mais en moins jolies ?  

Tequila Moor

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Printemps prochain, 20 après

Elle est lève-tard, lui lève-tôt
À peine sort-elle du coltard
Qu'il se remue déjà au boulot Bénévolat ou associations
Elle s'active, de ci de là
Tandis qu'il s'entraîne au triathlon
Aussi, leur vie est douce caresse
3 enfants et tout l'amour qui reste
À donner : en cadeaux ou en liesses
Puis en taquineries ou en siestes
Elle est couche-tard, lui couche-tôt
Elle l'aura changé en motard
Lui ne l'a pas ralliée au vélo Il rentre mais s'impose silence
Elle dort : il lui bise le ventre
Elle s'éveille en toute innocence...
Ainsi, leur vie est douce caresse
3 enfants et tout l'amour qui reste
À donner : en cadeaux ou en liesses
Puis en taquineries ou en siestes
Ils ont mots sereins ou petits voeux
L'un pour l'autre quand elle est chagrin
L'une pour l'autre s'il est soucieux Et puis ce projet, bien singulier
Au printemps prochain, 20 après
Enfin dire "oui" et se marier  

Tequila Moor

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Caïd

Il m'est revenu qu'être idiot
Est idéal : même être beau
Ne garantit un bonheur chaud
Et doux et fou du ciboulot J'ai longtemps pensé le contraire
L'intellect fier, ou mieux, austère
Me raidissait le derrière
Plus bombé qu'un Pater Noster
Ma culture semblait accorte
Dans le monde, m'ouvrait des portes
J'allais ainsi, sous bonne escorte
Avec le goût des choses mortes Enfin... c'est ce que je croyais
Prenant mon cerveau pour un chai
Bien sûr qu'un grand cru y naissait
Ne suivais-je la voie du Vrai ?
Depuis j'ai compris mon erreur
Grâce à votre spécieux labeur
M'intimant d'écouter mes peurs
Et mes intestins ; et ta soeur ! Le "travail, famille, patrie"
De notre époque est l'idiotie
Et le caca et le vomi :
Le médiocre est ce qui ravit
Gonzes, gonzesses, vieillards, gosses
Pauvres choux, vous devenez rosses
Sous l'influence du négoce
De vos dealers, de votre boss Pas question que passe ma chance
J'embrasse votre malséance
Mais permettez une déviance
Tout ceci manque de violence
Oui, je me rêve en tueur de masse
Celui que l'impuissance agace
Celui qui aux stars et au strass
Préfère la peur et sa crasse Oui, voici que me prend la fièvre
Du meurtre, au moins du bec-de-lièvre
À vous en décorer les lèvres
À vous en décoller la plèvre
En mon amène solitude
S'aplatissent vos platitudes
S'écrêtent vos décrépitudes
J'achève mon inaptitude À la vie... L'avis impavide
Tous mes dégoûts sont dans l'avide
En celle ayant horreur du vide
Ma nature ? Je suis caïd  

Tequila Moor

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Pigments

plus tard, Pluton : demeure inévitable
Dégoût rampant, sous le seuil se cache l'innommable Ici, que reste-t'il à faire ?
Crier les vents, sabler la mer
Puis le départ austère Là, se tenant devant
Veto de s'évider lévitant
Serrer le peu qu'il reste de dents Dans un sourire diaphane
Sous la peau, l'ichor fane Une fleur, flânant en ce fleuve
Noire et délicate, la veuve
d'Elie en sursis
Extase de la menthe
Esclave d'attente Bonheur ressenti, las
L'anévrisme s'enivrera Douleur en accessoire
Âmes et corps, à moire
Sacerdoce du soir Ou, désir des extrêmes
Manifeste d'ébahissements bohèmes
ça, Narcisse aime Le cœur terreux, une fois de trop
Se décolore illico
Trololo

Tequila Moor

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Charade

Désinvolte salpêtre,
Les mots vont se repaître
Du mal ou du bien-être,
Du on se croyant maître. En premier ? Errement primal. Tu n'existe qu'en eux.
Je s'y invente au mieux.
Elle est fort merveilleux.
Il en obtient les cieux. En second ? Nier l'animal. Dispensable "que sais-je",
Le sens – flocon de neige –
De nos cerveaux fait siège :
Nul silence n'allège. En tertio ? Racine du mal. D'où vient cette langue : âge
Ou pitrerie ? Lent gage
Pour humains – qui l'engage,
Quoi nous le rend vital ? En tout, ne reste que langages.

Tequila Moor

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