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yacinelevrailefou

Tout vent contraire dépend de la nécessité à lui opposer une force. Au cimetière Saint konogan le vent y est breton. Mon père y est enterré. Je lui parle quelques fois du haut de ma vie, debout à ses côtés, près du massif fleuri qui fait sa tombe. Je lui indique parfois la date, le jour et ma situation, puis je prie pour son âme, sorte de demande intermédiaire de miséricorde au Tout-Puissant. Le vent y est chagrin mais à la fatalité rime la réalité qu il nous faut accepter tous, nous, mortels. Arrive le moment de la salutation après avoir lu la sourate YaSin pour tourner le dos a mon père vers les habitants du royaume de la vie. Ceux-là habitent partout autours des cimetières. Ils y trouve le désir , celui de vivre. Vivre pour mourir, s effacer alors que l on ne cesse de porter les traces et empreintes que nous même nous faisont

yacinelevrailefou

Etat d'âme  au commissariat ou hystérie maternelle grave.

«- Allo  ?...oui, bonjour  ; je suis le brigadier Schminhg de Villeneuve d'Ascquon...- Oui... - Madame Zapati Mouche  ?- Oui...-Voilà  : je vous appelle car j'ai devant moi la fiche de recherche que vous avez faite concernant votre fils. Il a 57 ans, grand, une cicatrice sur le nez et un regard belliqueux, c'est bien ça? - Oui...-...Psychopathe et sociopathe, il est armé et fait parti d'une secte mondiale terroriste liée à l'extrême centre, responsable entre autres de la tarte à la choucroute, de la mélasse de St-Pierre-et-Miquelon en novembre 1999 et de l'omelette aux yaourts  ?- Ah oui  ! J'en pleure de joie, encore et déjà  ! ...Et vous l'avez abattu où  ? Sûrement dans un bois... C'est à côté de chez moi  ? A quelle heure aura lieu l'office funéraires  ? Il faut quand même que je lui dise au revoir, c'est que je suis mère  ; et pour avoir été la sienne, la meilleure et la plus digne, croyez moi  ! Surtout que les derniers sacrements n'ont sans doute pu être donnés vue l'état avancée de la présence du malin en mon cher fils dont l'agressivité à provoquée le juste trépas...- Euh, non Madame, comment dire  ; ce n'est pas...- … Comment  ?! Vous voulez interdire à sa mère de faire honneur à son sang, de mon rang, la dernière jetée de terre sur le tombeau de la chair de ma chair que j'ai tant aimé  ?! Il faut bien que tout cela finisse  !- Ce n'est pas...- ...Dites-moi au moins à quand remonte le décès... si il a beaucoup souffert et quel est le grade de l'officier me rendant ainsi justice, faisant de lui le héros de La France de toujours. Ainsi que dès à présent je désire le citer aux dictionnaires des noms propres et en faire le titre de tous les manuels scolaires d'Histoire de France et Navarre  ! Que l'on se souvienne de lui comme le sauveur de naguère  ! Vous savez, je suis française  et, bien plus je suis La France et encore bien plus  ; je suis une femme, une mère sacrée qui a énormément souffert de ce démon que j'ai chié à la maternité s'en retrouvant souillée. Grâce à vous, La France, Monsieur le Brigadier, et le monde entier en est sauvé. Que l'on dise bien loin que vous nous avez sauvé, nous et le monde, de la folie que portait hélas, mon fils adoré. Je n'ai eu de cesse de le maintenir en vie malgré son mal incurable... Votre nom, Monsieur le Glorieux  ! A moi le sauveur, laissez moi embrasser votre couronne de laurier dont je vois proche s'avancer vos ornement  ! Venez à moi, vous, la gloire que retient encore le devoir  ; celui, achevé, du sang impur de cet être maintenant répandu qui se fut mon fils malgré moi  ! Et pour vous le redire en toutes justices et l'affirmer plus grandement en d'autres thèmes appartenant au mérite invincible  : je ne suis en rien responsable de lui tant ses atrocités se firent dans toutes les villes qui l'ont pu voir traverser, violer, égorger... et que savons nous de ce qu'il ne peux plus avouer de pire encore  ?... D'ailleurs j'ai alerté toutes les autorités de ce pays – quand on est femme  ; vous savez, Monsieur le Brigadier... -… Schminhg...- Oui, Schminhg  ; dans ce monde d'hommes  , on ne peut que guère de choses mais ce peu est souvent assez grand pour sauver le monde...-...Oui, je comprend...- Nous sommes d'accord, vous connaissez ma valeur superbe pour avoir vous aussi une mère formidable  !... Concernant sa description physique, je m'y suis appliqué, ne connaissant que trop sa folie furieuse, criminelle et sa morale de violence maladive, de ses pulsions meurtrières... Et c'est moi qui mis à la beauté du monde ce monstre...  ! Ô rage  ! ô désespoir  !ô vieillesse ennemie  ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie  ?, juste ciel,... J'aurais préféré, vous savez, qu'on l'enferme en prison, qu'on lui laisse la vie  ; c'était quand même un fils... Mais le sort en a voulu autrement... Vous même en votre arme furent la volonté de Damoclès, fière et fatale justice dont déjà je ressent, sur mon chef, les bienfaits de son cadre.- Je comprend bien, Madame Mouche...-… Zapati, Madame Zapati...- Excusez moi, Madame, et écoutez moi  : sachez que je suis de tout cœur avec vous et que je vous comprend très bien. Et à ce propos, en vous écoutant, considérez que la cible vous a entendue, car, et j'en suis navré, il est devant moi vivant. Mes agents l'on interpellé  ; un habitant de l'immeuble (Monsieur Frissons-Roches, élu du Front National en Savoie) nous l'a dénoncé la main tendue vers le ciel, les doigts «  éclairs  » en ordre et l'alerte en bouche d'abord au téléphone, chez lui aux étages, puis à la police en voiture faisant mine d'une tranquille patrouille. La perspicacité et la sagacité de ce brave homme égalent la haute altitude de vos principaux sentiments contre le «  prévenue  »  : votre fils, en son très lourd sommeil, a été cette nuit à 1 heure 40 du matin, un élément très dangereux, sournoisement placé, discrètement allongé dans l'entrée du hall. Il menaçait d'ailleurs son labrador joufflu de ses yeux fatigué par la route incessante, étant S.D.F.. A sa décharge, il me soutient ne pas pouvoir mieux faire, vous, l'y contraignant par des motifs cachés dont mon service en est ce matin, véritablement informé, ...je suis, en ma très haute hiérarchie, brigadier comme vous le savez Madame... Ceci dit, j'ai une question à vous poser  : il me dit, en toute cohérence avec une politesse des plus rare, qu'il fait grands efforts pour ne pas sombrer dans un comportement antisocial grave alors qu'il a toutes les raisons de l'avoir... On le pousse à hésiter, me dit-il entre le AK 47 à la sortie du Mac DO' et "la villageoise" à la sortie de la banque... Et tout cela est bien entendue improuvable, accusant non l'invisible mais d'obscure autorité  ; bien loin du mysticisme à la mode où sortie de son esprit... Un très court récit de ce qu'il vécut ailleurs m'en a assurer la réelle matière qu'il ne put inventé et correspondant à ce qui est fait et appartenant à des protocoles qui sont, outre plausibles, vérifiés... ailleurs.- Ah  ?! Mais comment  ?!... Méfiez-vous  !!!! C'est un Docteur Hannibal  !... Sous ses airs inoffensifs, il vous manipule pour ensuite combler son appétit et avoir le champs libre pour commettre encore d'autres de ses crimes affreux dont chaque instants il tempère les pulsions et en rumine que mieux la perversité et l'horreur...- Ah  ?- Attention  !!! Je vous aurais prévenue  !- Ah  ?- Oui, oui, oui  ! Je vous le dis  ! Arrêtez le  ! Il veut me tuer  ! Et toutes les femmes avec  ! Vous même aussi  !... et, de source sûr, il prépare un attentat sur J.P. II  !!!- Hein  ?- Oui, sa pathologie le pousse à vouloir tuer sa mère  ! J'ai, ici chez moi, un grand dossier de psychiatres très importants (et comme dirait Molière  : très éminents  ! ). Dans ce dossier que j'ai du mal à porter  ; il pèse une humanité et demi ( d'ailleurs je vous le laisse à disposition. Vous devez venir ici le consulter, je vous invite!), cette douzaine de professeurs attirés de toute la francophonie ainsi que leurs docteurs asservis aux doigts d'étudiants des derniers cycles l'affirment  ; Freud à l'appuie  ! Arrêtez le  ! Il est dangereux  !- Ah, vous avez monté un dossier médical contre lui ?- Oui ! Il a une cicatrice sur le nez et mesure plus de la moyenne... Je n'ai plus le fax mais je peux vous montrer son visage la dernière fois que je l'ai vu... J'avais très peur et pour mieux le coincer une fois qu'il m'aurait tué, pour vous facilité la tache, j'ai trois dizaines de clichés quand, au toilette, il s'est curé le nez... Je peux vous prouver aussi, par la facture du vivarium du quartier, remplacé il y a de ça neuf ans et demi par une boutique qui change de franchise tous les ans...bref, encore de la faute de ses arabes de bases  (!) qu'il a toujours eu une prédominance au mal et à la folie, et ce depuis la maternelle  : plus jeune donc, son serpent favori s'appelait Roberto Succo  ! Alors, là, personne ne peut plus dire quoique ce soit... Une bavure, Monsieur, juste une, la seule de votre carrière  ; ce n'est pas demander autre chose que votre avancement et la paix investie en votre ville, en La France toute entière  !- Oui,... c'est cela... Oui, on l'a attrapé, et ma foi,...- Ses propos incohérents ne vous ont pas échappés... Ah la fierté que d'être policier...  ! J'en étais sûr  ! C'est lui  ! Enfermez le  ! Arrêtez le  ! Tuez le  ! Il est dangereux et fais courir de très grave risque à quiconque s'en approche car c'est en lui même Le Mal, il est le mal en soi et ne peut plus courir de risque autre que sa mort à laquelle je vous somme de procéder... ou extradez le au Texas où en Érythrée -je ne sais où-, un crime en porte-figure... Je ne sais plus quoi faire... Je suis dépassé, j'ai peur, extrêmement peur. Peur de lui  !- De qui  ? (je n'ai pas entendu  …) De vous  ?- Non  ! De ce monstre  ! - Roberto Succo  ?- Oui  ! ...Euh, non... presque,... peut-être pire  : mon fils  ! Il n'a plus le droit à la vie, ne l'a jamais eu, c'est un imposteur  ! Ce n'est pas mon fils... On l'a échangé pendant mon sommeil à la maternité et son père, complice, m'a volé mon véritable fils... Il me manque, lui que je n'ai jamais pu connaître, le fruit de mes entrailles disparu avant que je puisse pour la première fois le porter  ! La seule fois que je n'ai pas eu l'occasion d'avoir  ! Et me voilà sur les bras ce monstre  ! Cet être d'imposture... Même pas français  ! Et musulman communiste avec ça  ! Quel toupet  ! Faut vraiment le tuer, ou... l'enterrer vivant, tiens ! Ça ne se verra pas et puis, loin d'être un crime déguisé, ce ne sera pas un meurtre non plus...  ? On l'aura laissé respirant, attaché certes mais en vie... Je lui mettrais des biscuit à côté, avec un peu de lait  ; ça lui fera plaisir, et puis l'honneur sera sauf  ! Ah la Ste Mère que je suis, que je vous dis être et dont vous comprenez les meilleures et les plus grandes aspirations  ! Que je suis «  humaine  »  ! Ne trouvez vous pas  ? Et pour vous en dire rassuré, tenez  : dés à présent, de par ma signature, je m'engage à faire tout mon possible pour qu'il soit maudit par son ordre islamiste de musulmans cancer de mon pays, pourriture de communiste chiant sur la cathédrale comme sur ma Jeanne de France que je suis... Qu'on l'enterre maudit ! Il est encore plus malfaisant que ce que, d'après mes dires, vous en avez compris toute l'horreur de ce type, de ce parasyte, criminel, imposteur, trafiquant international, corrupteur des mœurs, de la morale, de nos ancêtres, de l'histoire de l'humanité, communiste, extremiste, islamiste, integriste, terroriste... Vous avez la haine contre qui, vous, Monsieur  ? - Moi  ?- Oui, quelles sortes de haine animent vos peurs  ?- Bin,.. je hais les araignées  !- Et bien, Monsieur, saviez vous que ce qui se prétend Homme face à vous, Monsieur, vous trompe ainsi que tout le monde ? Malgré son apparence semblable à vous, aux hommes, aux vrais, il n'est en fait que le produit d'une manipulation génétique entre la semence de mon ex-mari biologiste - meurtrier aussi (les chien ne font pas des chats) – et une araignée appelée «  Phyton  ». Phyton qui, pour les besoins du labo' alors basée dans la forêt burkinabé, avait déjà au préalable reçu des rayonnements radio-actif appelés «rayonnement  Marvel-Ponti  » par injections destinées à faire de «  Phyton  » la première mygale mi-poilue mi-poilant. Et je vous le jure sur la République et sur mes ancêtres morts à la guerre, en martyr, face aux allemands, pour défendre le pays  ! Avec ses yeux, mon ex-mari, a pu, à force d’expérimentations, fabriquer le laser le plus sophistiqué de l'histoire et, en l'essayant sur sa semence, la technologie sur son support biologique «  Phyton  » se réalisa en cet être, «  homme  » assis, je suppose, devant vous. Regardez bien au-dessus de ses yeux, vous y verrez alors la preuve des restes de Phyton la poilue... Le connaissant bien, je suis sûr que là, il vous cligne de l'oeil, non  ?- Si fait  !- Attention  ! Cela veut dire que si dans 3 heures il n'a pas son traitement que son père à mis au point , il sera automatiquement en proie à des accès de folie pure et où son regard surgira, le chaos et le feu portera  ! Vite  ! Monsieur le Brigadier  ! ...appelez les urgences psy' et enfermez le dans une cellule sûr à la maison d'arrêt des dangereux triple X ceux là qui au 7ème chromosome se partage en une nouvelle paire, unie à ce chromosome qu'en apparence  ! … C'est une question de temps avant qu'il ne soit trop tard  ! Courez  ! Faites ce que je vous dis  ! C'est une priorité nationale, code noir foncé  ! Une question de vie ou de mort  !- De mort surtout...- Oui  !!! Je vois que vous êtes intelligent et que vous respectez la femme et la grandeur de Mère  ! Faites moi honneur et du votre défendez moi..., je vous sens admirateur de la vertu  ! A moi  ! A moi  ! Tuez ce fléau avant qu'il ne vous tue  ! C'est lui ou l'humanité  !- Ne bougez surtout pas Madame  ! Nous arrivons... Allumez votre télé et regardez tranquillement votre série, ne raccrochez cependant pas votre téléphone et éloignez vous de la gazinière et de vos fenêtres  ; renversez toutes vos chaises et tabourets, faites un peu de ménage...Mais surtout Madame, surtout, ayez confiance en nous... Nous sommes quand même policier  !- Et pour l’exécution de mon fils  ?... Il est dangereux et il faut...- Oui, oui... Tiens d'ailleurs mon collègue vient de glisser et sans aucune gloire vient de lui loger une balle en pleine tête  ! Sale mort et sale histoire, enfin... C'était pas beau à voir, mais, que voulez vous... notre devoir avant tout  !- Vive La France  !- Comme vous dites, Madame Zapati, vive la France et ne raccrochez pas, j'envoie une équipe.- Très bien, j'attends... Vous croyez que c'est sans doute un peu tôt pour me vêtir de noir  ? Mmm  ? Ne croyez vous pas  ?- Un peu, oui, en effet... [la main sur le combiné, discrètement, Brigadier Schminhg s'adresse à son collègue  : "... Euh, Christophe, tu m'envoies une équipe du Samu chez Madame Zapati Mouche, elle est en grande souffrance psychique, et appelle une unité, qu'ils les accompagnent, direction les urgences psy... Aller  !... On se dépêche  !... Euh, pour vous Monsieur, c'est bon, comme vous l'avez entendu Madame votre mère va mal... vous pouvez y aller, j'enlève l'avis de disparition «  personne dangereuse  » et bonne chance pour le logement... De rien... Au revoir... Vous aussi..." ] ...- Allo  ?... Allo  ?...- Oui madame... Vous allumez la télé  ?- Ah oui..., je vous attend alors  ?- Oui, voilà, c'est ça... On va s'occuper de vous. Attendez nous...

yacinelevrailefou

Paris, 5ème. Métro Place Monge.

C'est bientôt l'heure de la prière de la nuit. Je marche d'un pas tranquille jusqu'à la porte de La Grande Mosquée de Paris, splendide édifice construit peu après la grande guerre en l'honneur des musulmans d'Afrique du Nord morts aux combats. Ce soir encore, on se bouscule pour tenter d'atteindre la miséricorde d'Allah... Incha Allah. Je file vers la salle des ablutions : énorme capharnaüm où sur un parterre de scandales, chaussures s'entrelacent les flaques d'eau, les bruits et vapeurs berbères, ainsi que les odeurs. Ces odeurs sont les vestiges de cette journée d'été, conséquence de la pauvreté, des errances dans la saleté parisienne, qui, une fois lavé, s'évaporeront vers la lune. La sueur alliée à la crasse parfois vagabonde au gré des mouvements des fidèles dans l'enceinte de cette salle d'eau. Là, un homme enveloppé dans une couverture marron-jaune, à la chevelure dense et sauvage, semble déraisonner à mi-voix, le regard fixé sur les mosaïques d'un lavoir; ici, un groupe d'amis plaisantant sur l'atrait qu'ont leurs compatriotes tunisiens pour la France ou sur l'élegance des démarches administratives pour obtenir un récepissé de séjour, se rasent au savon de Marseille... et moi, voyageur, surveillant ma valise noire du coin de l'oeil, je me lave les mains, le visage, jusqu'à passer de l'eau sur mes chaussettes en guise de purification rituelle.

Avant de partir de cet endroit, à la sortie, un vieil homme, un bâton à la main, m'adresse le salut pour me vendre une montre Cartier de contre-bande. Je n'ai pas un sous, mais je fais semblant d'être interressé... Je marchande pour rien, mais cela fait du bien de parler "affaire". Un autre homme, plus petit et coiffé d'une taguia, vient se coller à notre discussion. Il se dit médecin autodidacte. Son blouson est rappiécé et il sent les pieds. Après nous avoir donné quelques conseils odonthologiques, notamment de faire frequemment des bains de bouche avec du gros sel, l'appel à la prière retentit au fond du haut-parleur usé, tenant au dessus de nos têtes par une bobine de fil de fer rouillée... La salle de prière est bondée. Plusieurs lecteurs de coran ferment leur livre tandis que d'autres prient. L'office va commencer. J'arrive à me faufiler jusqu'au premier rang : quel bonheur !

En suite de la prière en commun, les invocations fusent. Toutes demandes sont adressées à Allah, Dieu unique de la création. Je fais les miennes. Je fais le voeux de dormir dans un endroit sûr et confortable. Avec beaucoup d'espoir, j'ai foi en mon seigneur.

Puis, le monde sort de la mosquée. Elle va fermer pour la nuit. Nul ne doit plus s'y trouver. Je suis embêté, ne sachant où aller je tente de repérer les lieux. Non loin de la salle des ablutions, un vieux puit couvert d'une planche de bois décort l'allée. Me souvenant du récit coranique sur le prophète Youssef, je soulève la planche. Surprise,au fond de ce puit, je peux voir une salle de cours vide encore éclairée. Il y a donc un sous sol et on y fait la classe... Mais j'entend le gardien du lieu qui s'approche. Je rentre dans le puits, m'aidant de mes jambes et de mon dos pour me tenir aux parois. Comme suspendue, je repense à la sagesse et à la patience de Youssef. Voilà bien une heure que je tiens en place à l'interieur du puits quand les lumières de la classe que je surplombe s'éteignent. Prétant l'oreille vers l'extérieur, je n'entend plus rien. Je sors de ma cachette. La Grande Mosquée était alors tout à moi ! Et du haut des remparts, la rue paraissait loin.

Cette nuit, j'ai bien dormi. Merci mon Dieu !

yacinelevrailefou

Chamonix 2012

Chamonix, Juillet 2012.

Un éboueur trouva au sol un sac de sport noir. A l’intérieur, près d'un million d'Euro. On ne sait si c'est par honnêteté ou maladresse mais on eut vent de cette découverte et ce sac fut remis au service de police... Le sac disparut avec tout ce qu'il contenait.

Quelques jours plus tôt, un très gros casse fut orchestré par une équipe de quatre à cinq personnes dans la région. En effet, plus de dix-neuf millions d'euro furent dérobés lors d'un braquage resté hors toutes médiatisations pour les besoins de l'enquête.

La gendarmerie nationale s'occupant de l'affaire recoupa les deux faits car l'équipe de braqueurs avaient pris , quelques temps après le casse, des chambres d’hôtel à Chamonix. Vivant en incognito, ils se planquaient. Le sac noir fut trouvé le matin, après leur départ, à côté de cet hôtel. Il semblerait que ces grands voyous auraient oubliés un peu de leur butin.

Les gendarmes sont sur le qui-vive...

C'est en ce contexte que je suis dirigé par le 115 d'abord sur Aix-les-Bains où je dormis sur les berges du lac du Bourget puis Annecy. A Annecy, c'est au commissariat que je passa la nuit à cause d'un homme promenant son chien vers les deux heure du matin. En effet, il me surpris allongé, caché sous les boites aux lettres dans le hall son immeuble. J'essayais de dormir sans grand succès malgré les nombreuses mauvaises nuits que j'avais alors collectionnées. Me menaçant avec son gros chien, il réussit à me mettre dehors... S'en suit une altercation verbale dans laquelle je me posais en victime, plaidant que je n'étais qu'un vagabond à bout de force. Lui, avec son chien, me tint des propos racistes, se félicitant de connaître la famille Frison-Roche dont l'un des membres briguait un mandat politique. Sa fierté tenait dans le fait que cette personne était d'extrême droite. Je l'ai traité de nazi. Sûrement alertée par le voisinage, une voiture de police arriva à vive allure vers nous. Le nazi se mit au milieu de la route et encouragé par mes provocations fit le salut nazi à maints reprises en direction des policiers.

Je fis ma version, lui la sienne. Je fus emmené au commissariat où l'on m'installa libre, à l'accueil,sur un banc pour dormir après m'avoir donner à manger. Les policiers étaient très compréhensifs, on m'offrit même plusieurs cigarettes que je fumais à l'extérieur, côté cours. J'eus le plaisir de rencontrer l'ami d'un homme placé en garde à vue pour conduite en état d'ébriété... On parla. La nuit touchait à son terme et c'est donc au petit matin, après avoir été entendu par un officier, que je quittais cette ville non sans avoir le 115 au téléphone.

Après avoir décliné mon identité,on me demanda si je pouvais aller à Chamonix. Je répondis par l'affirmative. Un chalet était mis à la disposition des services sociaux et il restait une place. Ce serait pour une dizaine de jours,pas plus. Je devais m'y rendre le jour même avant 17 heure. J'avais rendez-vous à la mairie avec une certaine dame. On devait m'y enregistrer et me donner dix euro en bons d'achat -hors alcool- dans une épicerie de la ville.

En train, au départ d'Annecy, il faut prendre jusqu'à La Roche-sur-Foron puis changer en direction de St-Gervais-le-Fayet pour enfin prolonger vers Chamonix. J'arrive un quart d'heure en avance.

Assis sur un banc en pierre, dos à la mairie, un homme fume sa pipe en bois. Lui aussi attend d'être conduit au chalet Saint-Michel. C'est alors un retraité aux traits tirés, coiffé d'un bonnet bleu, il portait un manteau de marine. La cause de sa misère était, d'après lui, que sa pension de retraite ne lui avait pas été versé depuis des mois. Il venait de Saint-Malo.

Les formalités faites, à l'abri dans ce beau chalet, je pris une douche. De plain-pied, ce chalet était une ancienne dépendance de l'église... Quatre lits étaient disposés dans deux pièces suivant la cuisine. Nous y serons alors quatre personnes. Les mêmes à cohabiter pendant dix jours.

Une fois sorti de la salle-de-bain, je fis la connaissance de Thomas. Il sortait de trois années de prison pour hacking. Il avait la vingtaine, rêvait de fonder un foyer... Il se rendait souvent sur Genève. Il me confia qu'il s'adonnait à un trafic de cartes-bleues achetées en Suisse. C'était de toutes évidences un escroc... Mais un escroc sympathique.

Peu avant la nuit, Eddy apparut. De petite taille et d'allure propre, une casquette pour cacher son début de calvitie, il me salua. Je me présenta en lui montrant ce que j'avais épinglé sur une porte : un tract que j'avais écrit pour le parti communiste français. Après quelques notes d'humour,on décida des places que chacun allait prendre pour cette nuit...Cette nuit, je dormis très mal. J'ai écouté un opéra retransmis à la radio : le festival d'Orange, avec les chœurs des opéras de Marseille et de Nice, fut cette année-là magnifique... Avignon était aussi en fête et je pus même écouter la folle jalousie d'Othello sur les ondes de Radio-France.

Le lendemain, Eddy, qui avait garder son sac à ses pieds toute la nuit tel un paquetage, se réveilla. Il me retrouva attablé dans la cuisine à écrire sur mon petit ordinateur portable. En effet, j’avais acheté cette« machine-à-écrire » premier prix avec l'argent de mon chômage. Dans cette vie de vagabond où peu d'espoir vient vous occuper, je me mis en tête d'écrire. Écrire pour ne pas devenir fou, pour avoir un lien avec le monde, celui de l'écriture.

On discuta longuement, et c'est alors que je compris que Eddy n'était pas un vagabond ; bienqu'officiellement il l'était. Les gens de la rue ont une sagacité très poussée du fait de leur malheur et de ces conséquences. Leurs sens se sont aiguisés au fur-et-à-mesure des nuits sans sommeil passées dehors, à errer...

Il est évident que Eddy évoluait dans notre sphère sociale sans lui appartenir... Trop de détails clochaient. Il y avait une différence entre ce qu'il était et ce qu'il montrait... De plus, il savait énormément de choses sur la survie, la Corse, les pays asiatiques, le pétrole, le sultanat de Bruneï, etc... Et il ne peut y avoir que quelqu'un de réellement très bien informé pour donner ce genre de détails.

Il me dit notamment une chose à propos d'une famille saoudienne. Les riches saoudiens vont souvent de leurs personnes jusqu'en Suisse déposer des lingots d'or. Mais parfois,les hôtels correspondant à leurs attentes sur Genève sont complets. Ils doivent donc prendre une chambre dans un des grands hôtels en France, non loin de leurs banques.

Un jour, un équipier d'étage travaillant dans un de ces hôtels fit l'erreur qu'il paya de sa vie : tenter de voler les Ben Laden. Un grand coups d'épée suffit.

Je vis dans les yeux d'Eddy, lorsqu'il me fit part du nom de cette famille, beaucoup de peur... Il exprima le regret de me l'avoir dévoilé ainsi qu'il me prévint qu'ils étaient très dangereux.

Bref, Thomas se leva, puis ce fut autour du malouin. Et Eddy, le regard fuyant nous raconta qu'un million d'Euro avait disparu dans Chamonix il y a quelques jours et que les gendarmes surveillaient la ville. Après nous avoir dit un peu sur ce qu'il savait sur cette affaire, je lui demandais comment cela était-il possible. Il me répondit : « Tu sais,même les flics aiment le fric... »

Qui était-il vraiment ? Que venait-il faire en notre compagnie au pied du Mont-Blanc ?

yacinelevrailefou

Qu'y a t il de plus élevé à la justice ? La justice est utile, elle est nécessaire aussi... Mais on peut faire fi de la justice dans un combat dépassant celle ci, dans un combat non pas juste ou injuste mais le dernier combat, l'ultime combat, celui où l'on a que faire de la justice ou même de l'injustice. La dernière guerre... La paix ne s'embarrasse pas de la justice, elle l'ignore parfaitement : dans un monde en paix, la justice n'existe plus car aucun acte injuste vient former la société de sa jurisprudence, aucun acte contraire à l'état de paix ne vient troubler la société... Pourquoi encore créer la justice ? Et la dernière guerre de l'humanité, par sa définition ultime, recèle en elle même cet état de paix, une paix ultérieure qui n'aura de fin que celle de l'humanité. Vraiment la justice n'est pas la véritable cause en rapport de quoi il faut lutter. Non, la véritable cause est celle de la paix. On peut crier à l'injustice, souhaiter la justice, etc... Mais réellement, ce qui objectivement arrêterait tout désir, toute douleur, c'est la paix. Aller au delà de la justice c'est aussi aller vers la paix mais toujours dans ce souci de la dernière guerre, ce dernier mouvement libérateur, libérateur de toute douleur, de tout désir. Libérateur même de ce qu'est la justice, de ce que nous éprouvons comme injustice. Aller au delà de la justice c'est faire la guerre selon la seule cause qui mérite d'être, celle de la paix. Et en vérité, nous connaissons ce qu'est la paix, tous, chacun de nous en avons une idée, une grande idée, la plus grande d'ailleurs. Et c'est bien en cela qu'il faut s'interroger : la cause de ma lutte est elle bien la plus grande et sinon qu'elle est la plus grande des causes ? Allahou alam ! Allahou akbar !

yacinelevrailefou

...EnSuisse : « Gutentag Berne ! », ou confidencesd'un écrivain...

Unjour, un écrivain fou fut trompé. Sa femme et leur mariagevoyageait tantôt à l'Ouest, tantôt à l'Est ; selon lemeilleur parti d'un divorce qui se doit d'être - et ne le peutseulement - prononcé. Voici ses sentiments... Ses écrits.

-« De conséquences en conséquences, il y a des lecteurs quifont l'amour. Par exemple, ce qu'ils ont lu de moi les font plus queréfléchir. Ils y pensent et, plus grave, ils y mettent le cœur.Ils font péter leurs cœurs jusque vers les étoiles. Qu'est ce queces étoiles leur donnent ou, de quel espoir puisse se matérialiserun désir au même titre qu'un souhait ? Quel étrange affairececi que ne pourrions nous pas en conclure à de délirantesimpressions ?... En lecture, voici ma véritable visite deBerne, un soir de Septembre.

Mevoilà à Berne. Il ne manquerait plus que j'écrive en dansk pour unbeau jour me retrouver à Copenhagen ! Me voilà à Berne sansréellement le savoir... Comme happé dans un chemin qui ne devaitêtre que le mien, à ce moment... Comme intrigué par le destin,guidé vers une femme dont l'appel résonnait en des sphèredépassant les choses physiques et même de l'esprit. Une descriptionde ce phénomène ne réussirait pas à donner son entière étendue.C'est une succession de circonstances envoûtantes que j'attribue aupouvoir de l'écrivain et donc en cela de l'écriture et encore plussûrement : de la lecture. Mais à vrai dire, seul la poésie oule théâtre absurde peuvent faire entrevoir dans l'imaginaire devous, lecteurs, la vraie nature de ce que j'ai vécu... La trahison,l'effet de la fornication. En voici un court extrait.

Jesuis seul. Dans la cohue et le bourdonnement de la ville, mais seul.Que fais-je ici, dans le froid, avec mes remords, mes divagations,pendant que toi tu baises... Seul. Me prélassant tel un survivant,je suis sur des marches non loin de la gare, n'ayant pour nourritureque le voyage à l'ardeur vitale ; j'écris, le papier penchésur la pierre, à demi couché, soulevant la tête parfois commescrutant l'oracle de la manipulation phénoménale dont je montre làla preuve :

« J'écris,tu baises, je galère, tu penses et j'écris...

J'écriston mal ainsi qu'avec intelligence ta stupidité qui me meurt.

J'écris,tu baises, je me meurs, tu baises , je meurs, tu baises,j'écris, tu y penses, je galère à en mourir, tu baises et celam 'achève ; tu baises encore...

C'estvraiment très intelligent d'écrire ; les imbéciles en baisenttoute la gloire de l'auteur, ces lecteurs tuent l'auteur tropécrivain et condamné à le rester par leurs fautes, entre autres lafornication. Car j'affirme qu'il y a un sens caché qui fait officede conséquences en chaque acte de l'homme. Sans doute à la mortnous informera-t-on de ce que nous faisions véritablement. L'hommehistorique en témoigne. Et de par cette responsabilité, de faitspour causes et en tant que conscient moralement du mal de l'acted'aimer sans sacralisation de l'union ; la chose anodine, lebadinage, n'est en fait que la source invisible, caché, d'un malheurbien réel et palpable en chacun de nous. Ainsi la morale aurait unpouvoir sur nous, hommes historiques et d'un degrés moins rationnelque le bon sens.

Tubaises, je galère, j'écris, tu y penses, tu baises, je galère,j'écris...

Deconséquences en conséquences ; d'écrits en écrits,d'aventures en aventures, je meurs quand tu baises. Fusses-tu àBerne. Peut-être suis-je en bas de ta chambre, assis misérable,côtoyant pauvreté comme de riches industriels côtoie sans doute tachambre. Cette chambre où je ne suis pas, où je ne serais plus.Peut-être m'as tu aimé, peut-être m'aimes-tu encore en teslectures, faisant de ton amant le réceptacle de ta jouissance dem'avoir plus que lu, connu ? Peut-être m'as tu appeler sans levouloir, guidé jusqu'à toi sans le savoir. Inconsciente du mal quetu fais, auquel tu t’adonnes avec je ne sais qui...

Tume répètes sans cesse : « fais cela ! Et tu verras,tu ne galéreras plus ! »... Quel triste fin de t'avoirgarder pour amie... Mais je m'y atèle, je prend tes conseils, lessuis avec la bonté qu'ils inspirent. J'écris donc, je produit, jetravaille. Je fais alors tout cela, ce que tu me dis. C'est alors queje réussi presque. Presque, car une fois que tu baises, pensant àmes écrits, à moi, ma galère ; tout ce que je fais dans lesens de ne plus gérer la misère est empêchements, comme ne pouvantêtre finalisé, ceci restant comme inabouti est devenu comme ayantété une peine inutile et stérile.

Jen'ai plus d'eau pour me laver afin d'aller à ce rendez-vousimportant ; pas de crédits téléphoniques pour appeler afinque je récupère la chose qui en la donnant à un tel ferait que magalère s’arrêterait. Aujourd'hui, sous sans doute ton balcon, jeressens une vérité. Celle qu' avec même la plus grande courtoisieet un sens plus qu'aiguisé de l'angle le plus aigu de la chose, enl'expliquant, malgré tous les bons arguments et le peu de raison quel'on trouvera à me dire non, l'on me refusera. « Non. »L'on me dira non !

Toiaussi tu ne cesse de me dire non... quand je ne suis pas là et quetu baises. Et quand tu me parles, une fois réuni, toi et moi, tu mereproches de ne pas faire cela, de n'avoir point fait tout ceci,etc... Ces reproches et conseils sont comme tu dis, pour ma santé.Ce que tu dis... car tu m'aimes. Tu m'aimes tellement, tu aimestellement ce que j'écris, ce que je fus pour toi, tellement tu ne lecomprends pas, tellement mes écrits te touchent, toi, intelligenteet tellement belle ; tellement tu existes par ce que j'écris,tellement tu me connais, que tu veuilles que je t'aime, toi, end'autre bras pour en définitive m'oublier... Tellement tu baises.

Tellementtu baises, tu me tues. Et en ma galère, par et de ta faute, tu mevoues à la misère, au feu !

Mauditetu es, et tes maudissures pleuvent nues sur ma vie, l'évaporant toutcomme la mort se fait de la pensée. Tu ne peux pas penser autrechose, baisant ce que je suis, tuant mon œuvre. Me voilà mort queje serais encore maudit par tes soins coupables vis-à-vis de mamémoire. Me voilà mort et tu baises encore le fait que tu m'asconnu, aimé, que j'ai écris sur toi, sur ta beauté, tonintelligence, mes incompréhensions magnifiques, mes ratés... Surton existence aussi, ceci qui m'a fait être ce que mes écrits sont,sur l'amour que j'ai eu pour toi, sur tes bons sentiments envers masanté...

Auvue que nous ne pouvons plus être ensemble, écrire ensemble, etc...et sachant que tu ne puis pas m'oublier, une solution semble êtrel'ultime moyen de réchapper à ces temps maudits : tu doisdisparaître pour que je ne souffre plus de tes écarts. Me voilàici à Berne, et toi, sirène des sommets helvètes, ne m'auras pointà l'amour mais à la mort comme la haine que j'ai de toi. Toi quifis que je sois à ta recherche. »

Aprésent Berne est au loin, oublié dans le cours du temps, gisantsous un amoncellement d'effets, de causes, ne subsistant à chaqueinstant que plus timidement. Je reprend ma marche avec toujours cettehaine qui m'y amena. Toi, femme, instant de vie, de la force de lamienne, la forçant, l'intensifiant même si elle fait mal ;j'aime ma vie telle toi, Femme, l'a voulant à ta façon. »

yacinelevrailefou

La course aux flingues ou La société du pauvre. (Petit texte alambiqué écrit entre Orléans et Bordeaux)

Dans mon emploi du terme "civilisation" et de ses nombreux sens qu'il contient, ainsi que les régressions épistémologiques que l'on lui attribut généralement historiquement -en réalité universelle- et plus particulièrement en langue française; je n'y vois qu'un foin électoral qu'il est convenu d'appeler démagogique ou plutôt hégémonique - d'un impérialisme oligarchique de l'injuste finance. Mais pourquoi ne pas en développer l'image pour non pas en apprécier la force véritable mais bien sa faiblesse que certains et même beaucoup trop s'efforcent de soutenir. Des menteurs qui renient leurs forces en s'associant en faiblesse, principe de la faute. C'est l’intelligence au service de la bêtise; si connues l'une et l'autre qui malheureusement peuvent faire sourire, mais qui n'ont de prétentions que les larmes et le sang.

La contre-offensive nécessaire aux opprimés et à leurs propres survies s'égare parfois dans les réflexions de l'oppresseur, à savoir le désespoir "néant" et la logique avoisinant cela : Perdu pour perdu cessons le combat, jetons nos flingues, explosons les vers le néant, on ne sera pas touché... Or, l'on pourrait craindre qu'une fois jetés, l'explosion des flingues retentirait non pas dans le mensonge mais dans la matérialisation de ce mensonge niant l'univers physique par cette "vérité alors ontologiquement attestée" : le néant. Désastre humain, catastrophe planétaire, égarement éthique, production logique d'une science inhumaine élevée par orthodoxie humaniste/protestante à être l'image suprême, blasphème libérateur de l'inconscience... destructrice et destruction. C'est alors que subsisterait deux choix pour les survivants : la guerre pour la bataille, la bagarre pour se taper dessus, se battre pour pouvoir se battre... ou, concourir à la beauté de ce qu'ils sont... Et dans la mesure qu'il leur resterait ce qu'il suffit : le vie; ils s’évertueraient à pouvoir courir pour être premier dans la compétition que jamais nous ne devons gagner, ceci est vital, et c'est La Course aux Flingues :

Quand la civilisation sera dépouillée de toutes ses attributions et qu'il ne restera que son nom majestueux. Ce nom ne sera plus le port de toutes les connaissances admises et reconnues par un ensemble alors "civilisationnel".

Il ne dépendra que de celui qui s'en sera fait acquéreur. Le peuple politicien n'a déjà pas la souveraineté de la totalité de sa civilisation; l'arme de défense de celle-ci est entre les mains de personnes niant toutes implications dans ce qu'est "civilisation". Leur éducation est monétaire, leurs motivations sont financières et leur but est lucratif.

C'est une association de malfaiteurs indépendants. Leur union réside finalement en une entente à appuyer sur le bouton de la Bombe persuasive et non à gérer un quelconque intérêt commun ou suprême par la maîtrise de la puissance destructrice nucléaire dans des schèmes interférant à ces intérêts unifiés en eux-même. Ces intérêts sont alors considérés détenus par d'autres puissants, puissants tout autant que leurs considérations à posséder ou à être la possession, leur liberté. La définition de la liberté est dans tous les cas une définition de puissance destructrice; la faiblesse attestée, envisagée et renouvelée par ces êtres la recherchant au lieu de la fuir. C'est, en somme, le propre de l'éternel insatisfait, ou l'insatisfait devant l’Éternel. Se croire libre est se croire éternel, or cela est faux; tout simplement et aussi simplement que la simplicité. Le penseur a sa responsabilité même si il ne peut rien, il doit dire "attention" comme à celui qui se dit posséder sa propre peau selon les couches épidermiques que la science ne cesse de disséquer, dissociant l'unité propre à la matière... Les puissants, donc. Mais la version du pouvoir appuyant l'inverse entre en désaccord par exemple, avec la sexualité freudienne, qui en toute logique s'y oppose et ce, comble mythique, envers Mr Freud et sa perversité synthétisée "analytique" ( farce à laquelle beaucoup trop ont cru et qui tient encore par supercherie et orgueil de cocu stupide. A n'en point douter, le recul fait apparaître de cette contre-science, cette anti-émancipation humaine, le fait même qu'il n'y a aucune recherche à guérir une pseudo-pathologie présent en syndromes "analysés" le plus objectivement (?) mais à émanciper ces derniers en tant que conscience d'une sale vérité; c'est l'essence de la passion des insensés, la teneur de la blancheur maculée du sang des bourreaux des tyrans, la perdition rendu pureté, ...oui, c'est cela, et non la folie et ces "pauvres fous").

Je rajoute à ces évidences/injustices une autre qui est peut-être la mère de toutes les précédentes et qui nourrit littéralement ce auquel il nous faut lutter: le monde appartient à chacun.

Loin de désavouer non plus l’irréalisable et dangereux projet de la vision où le monde appartient à tous; j'essaie moi-même de cultiver ma conscience en ce que le monde ne nous appartient pas, sans en renier l'existence.

Ces puissants, donc, sont les ennemis d'eux-même en étant celui des peuples, de leurs civilisations, de l'humanité; de Dieu.

Inconscients, je l'espère, de se vouloir homme en dépit de l'humanité, délivrons-les de ce mal pour le Droit. En justice, en vérité, cela est le bien du monde; et c'est bien..., et parce que c'est bien que cela en est évidence. Et pourquoi ne pas aimer en cette bonne évidence, celle que finalement nous aimons en Dieu ?

Apprenons les consciences à être "consciencieusement". Être c'est parfois se battre pour les armes. Elles sont moyens du moyen pour aboutir à être. La pauvreté est la lutte du riche. Pour ou contre, il ne peut être le frère politique du pauvre qu'à moyens identiques, ou bien par l'amour sincère qu'il porte à Dieu lui-même en le portant lui-même à son frère. La fraternité dépasse la condition du pauvre, cet homme matériel, spirituellement trop ou trop peu. Elle ne se cache pas non plus en ce qu'elle est humaine/naturelle/historique... Non ! Elle est évidente en amour, en ce qu'elle est Amour de Dieu.

La nécessité de se battre pour avoir les armes est la lutte du pauvre insoumis car oppressé. La "liberté" du peuple passe par la lutte armée. De quelle "liberté" ? , serait-on curieux de demander que je répondrais, en m'offrant à ses charognes légitimant l'absence en leurs inventions due à leur orgueil "d'êtres créateurs" de leurs destinés (de qui se moque-t-on !) en ce mensonge "liberté" - qui l'est d'ailleurs tout autant que leurs propres aperçus du "libre arbitre", ma liberté est celle que je ne reconnais pas en m'y soumettant de tout mon coeur. C'est hélas ma charogne, la noirceur dans mon coeur, l'impureté de celui-ci, ma mort repentie. Mon âme, donc, qui (ne -?-) peut vous l'expliquer. C'est l'âme que j'invente en ce que vous en avez (en vous y penchant de plus prêt) maintenant la très minime connaissance de la mienne. La lutte armée est la véritable lutte, celle pour le véritable pouvoir qui lui même la permet; la présence politique qu'atteste la lutte politique qui est permise par ce même politique. La lutte du pauvre c'est Le pouvoir, l'unique pouvoir, celui que ni vous ni moi n'avions, la volonté de pouvoir se soumettre. Se soumettre à l'échelle du pauvre (en mon cas seulement); c'est aussi à l'échelle du riche tout comme à l'échelle de la femme, à celle de l'homme ou plus simplement de l'Homme, mesure de toutes choses... Et l'Homme, en tant qu'être de raison, tend vers...

Le devoir du pauvre est d'être 1er à la course aux flingues.

yacinelevrailefou

J'ai énormément voyager dans ma vie, et j'ai aussi eu la brillante idée pendant mes voyages, d'écrire sur divers choses, un peu incohérentes mais qui correspondaient à une réalité mise sous une forme prosaïque. Et bienque parfois j'écrivais pour être lu (moteur de l'écriture), j'ai tout le temps voulu échapper à toute compréhension; mes écrits ne sont un souvenir que pour moi et moi seul. C'est une richesse égoïste, ma production littéraire fut souvent intense mais ne concerne que moi. Tenter une approche raisonnée sur mes écrits n'est pas possible. Je fonctionnais ainsi , un peu à la faveur d'un Rousseau aux rêveries solitaires... Je m’entraînais à décrire mon état ou situation présente. Par exemple, en ce moment je suis assis sur mon sac noir sur le trottoir, écrivant... Voici comment ma phrase se tourne : " Assis côté jardin sur ma maison noire coté cours, je resplendis en écrivant cette phrase..." Et ensuite l'inspiration me vient. Et j'écris, j'écris sans plus finir, n'ayant aucun objectif seulement écrire... "Seul dans la nuit, ma plume vogue par les halos et mouvements des songes. Tout le monde dort dans cette ville, les âmes endormies vagabondent dans la rue, imperceptibles, je les sens pourtant, claquant mon visage, volant au dessus de moi... Moi qui ne dors pas, faute de maison plus grande que mon sac. Mais j'écris. J'écris les rêves qui tournoient là, juste au dessus, sortant d'une fenêtre pour s'abattre sur moi et repartir courir la nuit.

Le sommeil a ces fantômes et qui se perd dans la nuit, éveillé, ne peut que ressentir leurs présences. Ils disparaissent au levé du jour lorsque la ville se réveille. Mais voici que ma tête bascule, un fantôme veut en sortir, c'est le mien qui m'appelle déjà à dormir... Je résiste mais voilà qu'il est bien trop tard. Je vous laisse, plume, avec regrets et vous souhaite une bonne nuit"

yacinelevrailefou

Je me fou de l’or des Indes, j’aime voyager et les flots des atlantes.

Je me fout des Louis d’or ou d’argent, c’est les gloires qui scintillent en poitrine par-dessus mon Nom, mon écharpe blanche sur le plat de mon bouclier puissant voilà mon bel accord.

Je me fout des chaumières des décors gros en cocotiers de souffrances inconnues, j’aime les champs, la pierre neuve et les remparts, les murs ouverts aux vents, bien fiers, debout en dedans.

Je me fout d’une adresse, j’ai mon nom dans mon cœur et veut le placer en dessus des sûretés. Mon esprit est mon nom, mon âme est à Dieu et mon service à celui qui les reconnaitra ! Et Dieu seul me garde, Lui qui me connait.. Oua Allahou AkbAr !

Et nous n’irons pas en Syrie faire le jeu d’Israël, car découvrir un secret c’est être dans le secret ; et en le divulgant c’est admettre en son pouvoir d’autres à mettre au secret !

DIRECTION Mont Royal, Québecques.

Le vent de liberté, mon vœux inestimable, je veux et je n’ai pas de prix. Aucune perle n’en sera mon gage pas plus que les fouets de cuires d’où qu’ils se firent, quand bien même les terres australes défient les courronnes...

***

Aux remparts de St Malo, je vois tranquile. De devant moi, le vent est proche. A quelques pas, pourtant baigné dans l’Océan, certains ont encore pieds jusqu’à la garnison qui fait face au Fort, la prison.

Dans la garnison, au mat, rien n’est levé. On y est pourtant pour garder le front, regarder l’horizon, la mer.

La route qui y mène est sans entrave. Gardons le bonheur des sables estivaux, la flèche hérissée en l’hermine érigée qu’un goeland couvre aux aguets : nul à secourir, la victoire est proche et, à couvert, l’enfant qui naitra aura , ici, la paix de Surcouf !

yacinelevrailefou

Dans cet appartement, le rideau métallique baissé, je m'imagine dormir. Comme reposé de toutes luttes, ma vie n'aurait plus aucun goût. On ne vit bien qu'en luttant, d'ailleurs Dieu nous a assigné une vie de lutte... Dans cet appartement, disais-je, j'imagine la peine de cet autre monde, qui derrière le rideau métallique baissé se bat dans la division et se meut à l'unisson. Comme il est étrange de penser ! Je pensai curieusement à La Palestine... ainsi qu'à tous les conflits de la Terre. Les hommes se battent dans la division mais en sorte ne se meuvent sur terre qu'à l'unisson.

Regardant un homme stupide élever la voix à la terrasse d'un café -souvenir lambda-, ma mémoire ne pourrait restituer en son entier son discours mais il s'entretenait de vive voix avec une femme , juive. Lui avait l'air arabe. Tous deux était assis côte à côte à la même tale, en d'autres occasions, en d'autres bavardages se devait être de bons camarades... Mais là, à cette heure tardive de la nuit et considérant la situation internationale d'alors, ce fut un jolie débat où chacun n'avait raisonnablement rien à dire, aucun fait explicite pouvant étayer les positions de l'un ou de l'autre... Ils ne parlaient qu'avec passion ! La raison n'avait pas de place et seuls leurs sentiments respectifs menaient la danse des mots qui bientôt se furent cris.

Chacune des deux personnes campait sur ses positions, on essayait de prouver que la morale était d'un côté , tantôt de l'autre, si bien que le bien et le mal disparaissaient dans un flou passionnel...

Mais à retenir, de cette guerre de bistrot, les deux avis se faisant face n'étaient pas conciliables, ils étaient donc différents et s'opérait alors intellectuellement une division spatio-temporelle. Or, le sujet ; cette bataille, emmenait nos deux belligérants au même endroit, au même moment, servir les mêmes injustices, ou plus surement apportait leurs intellects aux mêmes sphères, celles de la guerre,ce sur quoi ils débattaient.

Le même phénomène est observable selon une autre échelle... Comme par exemple, porter attention au discours fasciste/raciste. Entrer dans les faux (pseudo) débats des personnes stupides revient à se battre contre la stupidité et sans contredire le fait que nos opinions sont tout autre car face à la stupidité c'est quand bien même évoluer dans la même sphère... C'est donc se mettre au même niveau que son adversaire que de tenter de le battre.

La solution ? Elle est de deux types.

Premièrement, le réflexe existentialiste : l'indifférence. Une idée n'existe que si on y prête attention, imaginez une idée inconnue car ignoré ? L'idée , hormis toutes les étiquettes qu'elle peut avoir en conscience ou non, n'a de valeur que selon la considération que l'on en fait. Aucune considération pour le fascisme/racisme et vous n'en avez plus.

Deuxièmement, la logique anti-coloniale ou la fuite d’Afghanistan. Les américain et les autres sont aller en Afghanistan lutter contre les talibans... Il s'en suivit guerre sang horreur et regret. Enlevez les occidentaux d'Afghanistan et le problème taliban n'existe plus. Comme quoi, en Afghanistan, le problème taliban n'était en fait que le problème occidental...

Alors à y appliquer l'un de ces deux moyens en Palestine, il ne reste plus qu'aux défenseurs des droits des oppresseurs que de quitter ce qui ne leur appartient pas, la terre qu'ils ne cessent de spolier. Moralement c'est bien, chacun y gagnera y compris la paix dans le monde. Ainsi que de ne plus prêter attention et surtout de sérieux aux thèses sionistes comme un banquier duquel vous sollicitez un prêt ou une petite avance correspondant à un projet et qu'il vous répond par la négative vous informant que votre niveau de crédibilité est nul et qu'il a déjà assez perdu de temps à vous écouter...

Historiquement, même religieusement l'état d'israël, aujourd'hui n'est pas crédible. Tous bons juifs vous le dira. Les autres (le reste), sionistes écervelés ou de 200 de Q.I., vous sortiront de grands arguments tous plus immoraux que les autres afin de se donner une crédibilité que même le Dieu du peuple d'Israël leur refuse. C'est par la provocation aboutie, celle qui obtient un retour, que l'on se donne de l'importance. L'erreur ici est de prêter à ces gens là un caractère sérieux dans leurs propos.

yacinelevrailefou

Ne vous offusquez pas de ce texte, il est volontairement "alambiqué".

Hangar 20 – Quai de Bacalan- Bordeaux, la ville où il ne faut surtout pas vous rendre, vous y trouverez sans doute plus à y cultiver que la suffisance de votre peine. Travaillez, prenez de la peine c'est de cultures qui, ici, en manquent le moins.

Entrez-observez-découvrez..

Entrez ou non dans l'univers des ponts, magnifiques ouvrages d'art ou véritables exploits techniques. L'exposition permanente de Cap Sciences, conçue et réalisée par Cap Sciences et CUBE INGENIEURS, avec le soutien de la Communauté Urbaine de Bordeaux et la participation de Vinci.

Ce dernier saura vous plongez au cœur du chantier du pont désormais "Pont Chaban-Delams", au nom d'un illustre libérateur de La France aux côtés du Général Leclerc; désigné comme un "homme hors du commun" par un élu communiste l'ayant connu de son vivant dans l'exercice de la fonction de Maire de la ville de Bordeaux, tout comme Monsieur Alain Juppé au sein de la CUB.

Sans être mécontent de l'air des anciennement mauvaises eaux coulant en cet estuaire bien que critiquant vivement l'étendue de cette mode qui a prétention de faire de la Nation un ensemble de sujets autonomes-sortes de Barons républicains pour un état absolutiste; de renommer une administration en vertu de communautés de communes-métropoles liberticides par un "centralisme" appauvrissant et le paysage et nos concitoyens; desservant l'intérêt même d'entreprendre pour celui d'une administration conquérante, privative, privé, soumise aux marchés plus centrés encore sur le monde. Monde qui, hélas, est de finance (réalisation d'une machine "trop humaine", nihiliste, œuvre des monnaies de métal, fusion des œuvres de la monnaie)… Finances de métal et non métallurgiste des finances, la ferronnerie des âmes, les âmes fêlons, le feu du fer et non le fer du feu… L'enfer de nos réalisations, la réalisation de nos âmes brûlantes trempées dans la finance qui n'est pas d'eau mais de feu. Feux d'inconsciences, feu la conscience, l'oubli de la culture, celui de la réalisation du bien-être de tous, de chacun ou d'un Soi à travers une volonté au dessus de nos yeux, de notre tête : l'épée circulaire, le tranchant de nos vies, le tableau de nos guerres, celui de nos espoirs, La Vie.

A noté que les avancées techniques et hydrographiques en cette région furent d'une importance capitale dans l'effort d'ingénierie français. Je souligne le caractère exceptionnel de tous les secteurs liés à la construction : ouvriers, cadres, ingénieurs, architecte, héritiers du savoir-faire non pas d'une civilisation mais du monde entier à travers la communication de chaque rives, à travers tous les ponts que l'homme à su entreprendre, construire et utiliser dans l'intérêt du monde, de tous; hommes et femmes, de leur région, de la Gironde autant que de La France ou du Japon.

Il est nécessaire au monde d'admettre la spécificité de la culture en ce qu'elle soit socialement neutre; au sein d'un monde qui derrière chaque fleuve, chaque mur, toutes les barrières visibles ou non. Cet effort de conscience de Soi, de l'autre, de ce "extérieur" qui nous entoure tous, se doit d'être en chacun de ce "tous", d'être sans cesse défini, redéfini et plus encore construit. Construisons tous les ponts dont nous réclamons la nécessité afin d'entreprendre un enrichissement dépassant le fait ouvrier ou bien financier et autre accumulation de n'importe- quelles richesses, dans le simple but que l'inévitable demeure cette paix extérieure en nos intérieure définitivement reliés. Construisons de par la science universelle les ponts entre les mondes pour que soit reconnu l'éducation suprême, celle qui est et non celle que nous sommes légitimement à la recherche, non pas la nôtre, ni la leur, mais la découverte de ce permanent, de cet invariant qui nous fait être parmi les hommes, parmi les mondes, dans l'univers.

L'éducation ne se transmet pas, ni ne se construit, ni ne s'apprend; elle se découvre à mesure que nous prenons conscience des intentions qui nous animent, celles que nous observons dans ce qui ne peut s'animer, n'y trouvant pas nos âmes ni ne se reconnaissant en tant que nous, mais bien en tant qu'appartenant à ce qui nous dépasse, se faisant alors notre culture, celle que notre éducation se doit sans cesse au bien, la Connaissance de Soi, de l'autre, des mondes; le Bon : la miséricorde, et non l'outil qui se dit meilleur car l'avenir nous en apprendra ce qu'il y avait de pire à abolir le bon de nos sociétés, la justice qui marquait l'appartenance de Soi en cet autre aux mondes; ce qui fît Lois et miséricorde et non ce qui se veut Règles et laxisme. Du dogme et des doctes, il n'y a que l'aspect exceptionnel, ce qui est révélé, l'extrahumain, l'extra-universel… Ou bien, non; le sujet métaphysique voire l'au-delà de l'ontologie, l'acte de discourir en nous, ce nous qu'il nous faut chercher par le discours non dans son origine mais par delà, cet au-delà qu'il est nécessaire à nous, aux mondes, de désirer pour qu'universellement nous construisions de bons ponts. Et qu'il soit le meilleur atout d'un bon jeu, la girondine des stades; le Louvre de Bordeaux, l'œuvre d'un Chaban-Delmas…du Japon à l'Aquitaine : le pont Chaban-Delmas.

yacinelevrailefou

La peste. Place Pelletan.

La cité "cécité" ou la nécessité de la citer : la nécessaire naissance de la conscience de la cité; son essence, la Santé.

Un rat gît et l'indifférence le nettoie. Place Pelletan, aucune mode ne veut y voir la mort ou plus sûrement un cadavre… L'annonce même pestilentielle d'un tel dégoût ne ravive nullement l'esprit de voisinage ni celui patriotique de la Nation en danger… Au cœur de la ville, la mort est plantée. Personne n'y prend garde et bien plus, tout le monde s'en garde ; à croire que ce cadavre gît depuis des habitudes trop commerçantes pour en avoir l'air pauvre. Pauvre quartier en effet, qui se voulait pourtant de carrière sanitaire et sociale. La santé est l'indifférence générale, à moins biensûr que des âmes charitables baisse leurs fonctions à ce qu'il sont devenu de par leur amour du quartier, de la Nation. Fiers patriote, ils œuvreraient pour la santé publique. La conscience de ce rat mort, la conscience d'un danger que d'autres cultivent le risque de voir se propager La Peste, autre virus d'un temps oublié, d'un temps oublieux comme ce jour, où trois jours suivant ce constat, je fus aux désolations planétaire sujet de cette réprobation, celle qui me fut encore en ma vue : le corps gras d'un rongeur étalé de dos, me faisait face. Comme la mort, il ne bouge pas. Comme la mort, personne ne vient le nettoyer, excepté les âmes charitables, innocentes et non naïves, ne voyant en cette place plus aucun beau pavé mais l'annonce d'un danger qui à l'approche ne demeure pas en suspend, ni de dos ni immobile : La peste d'Alger est trop lucrative pour que d'un seul coup d'un seul truc, elle disparaisse pour ne plus revenir. Sa forme rätzen effraie jusqu'à même les katzen de la ville, de La France, du pèlerin magnifique via Tours, Stockholm, ou Jeddah.

-"Appelez la Mairie ! Moi, la dernière fois que je leur ai demandé un avantage injuste ils m'ont répondu trop poliment pour que je puisse en profiter ! Alors, voyez… Je ne ramasserai rien, et retourne en mon salon des coiffes lesbos. Et débrouillez vous, je n'y vois rien !"

-"Ah non, je n'ai ni pelle, ni balai dans mon garage aux multiples engins… Et bien que Camus fut un familier de mon bureau d'étude d'adolescent; sa lecture m'a échappé comme… la vue de ce rat ! Au revoir Monsieur, et je vous espère en d'autre découverte plus heureuse !"

La santé serait elle à ce point le prix de l'indifférence ? La charité serait elle devenu bassesses ? A tout voir, je préfère tourner la rue et diligenter une rumeur en la bonne personne généreuse qui à mon écoute, s'indigna tout en me souhaitant la sincérité de son don qui l'affirme plus hautement encore que dit ici :

-"bonne journée!"

-"Vous de même, Madame, et merci pour la cigarette !"

yacinelevrailefou

La nuit

Aux douceurs du soir, le fou préfère le repas de la nuit profonde. Comme un dessin sur l'eau, il ne peut que l'imaginer bien que pourtant la nuit est accomplie. La nuit du fou est semblable à ce parc dans Séville, à son soleil de juin, aux bassins et fontaines vides, aux contours de poussières, sable fin et dépôt de lumière. De grands rosiers courent sur le marbre et les mosaïques bleues, laissant aux épines le blanc des statues. Et je suis là, parmi l'inanimé, je pèse ma faim. Les orangers des rues de cette ville donnent en cette saison des fruits pourris. Je me meurs de faim jusqu'à la nuit, une nuit de marche et d’errances. La nuit du fou c'est aussi le devant d'un rêve, d'un espoir, d'une volonté farouche. Comme débarqué du sommeil depuis des mois, je suis au port de Tarifa fasciné par ce vent, cette mer, ce tout qui me dépasse, ces rues noires où vogue parfois un rat, une ombre, une mort rapprochée. J'ai envie de mourir, là, sur ce muret, face à l'Afrique. Ou bien non, je partirai en barque volé. Ou bien non, je m'endormirai sur ce muret pour oublier de mourir cette nuit, cette nuit chaude comme le sang, comme

le ciel aveugle qui ne sent plus rien, le noir de mon existence. La nuit du fou, c'est à ciel fermé la raison de tout l'univers bercé en lui avec les étoiles. Ma nuit est emplie de liberté que j'ai en moi, prisonnière tout comme moi de ma folie. Folie que je peine à appeler nuit, ce que je suis.

yacinelevrailefou

Fumisterie

- Fumisterie -

Lors d'un festival du livre, un écrivain philosophe me posa cette question tout en se doutant de ma réponse -réponse majoritairement admise : "-Comment détermineriez vous la liberté ?" Je lui réponds scolairement en dépit de la dimension déterministe que : " la liberté, euh... c'est, euh... de pouvoir dire oui ou non, de pouvoir choisir."

A cela il me répondit une chose que je n'oublierait jamais, une chose qui améliora mon rapport à moi-même ainsi qu'aux autres : " Votre détermination de la liberté est un état indéterminé du sujet. C'est l'espace qui se situe entre la proposition et la détermination qui n'est déjà plus une liberté en soi. La détermination objective est l’indéterminisme du sujet. Le caractère de cette dernière proposition ascrit le sujet et l'objet comme conscience unilatérale projetée ou provenue de par la situation, l'espace, voire bien évidemment le temps. Le pré-verbe ou l’auto-détermination de l'objet sans autre besoin que d'être l'objet propre à lui-même sans équivoque ou association à lui-même en tant que sujet est un "non-dit" que j’appellerai alors "tolérance". "

"Évidemment, dis-je, et c'est si simple que je me demande pourquoi personne ne le sait.... enfin, vous les philosophes..." Et je me perdis dans d'immense flatterie puis me défila à l'annonce faite d'une conférence à propos des mythes et légendes sur le scarabée. Mon cerveau fumait encore...

yacinelevrailefou

Après m'être fait viré d'un lieu public par deux vigiles pas très tendre, je partis dormir sur un banc, dans un parc... Avant de m'allonger, je pensais encore à ceux-là... Les combattre ? Je suis fatigué, ainsi que faire la guerre aux cons, on le devient forcément :"Mieux vaut deux cons qu'en être le troisième", me dis-je... Enfin, j'ai mal dormi sur ce banc, dans ce parc grillagé et fermé du 92. J'y ai mal dormi parce que c'était la nuit. Etrange ? Non, seulement y a plein de bruit autour, des voitures avec du son à fond ; ce sont des cons qui jalousent votre pauvreté, votre sommeil... Y a des cons partout ! Même dans les parcs la nuit ! 'Sont éveillés ces cons ! 'Peuvent même venir vous tuer par dessus un grillage, dans un parc fermé la nuit... J'essaie de dormir tranquille. Un bruit. Je me relève brusquement puis me recouche doucement. Cette nuit, pour moi, un banc c'était mieux qu'un brancard : j'ai pu y passer la nuit.... avec comme couverture mon keffier rouge et blanc par dessus la tête.

Au matin, ça fait plus d'un quart d'heure que le balayeur balaye dans les vingt mètres carré qui m'entoure. Il ne dit rien, il balaye. Mais il balaye quoi depuis un quart d'heure autour de moi ? Je me lève. Bismillah ! Vais à la fontaine. Me lave le visage. Station service. Toilette. Rasage. Savon sur la gueule. Dent-qui-frissent. Brosse-à-dent. A la caisse, l'employé et un client qui paie... "excusez-moi, personne n'a soixante centimes à dépanner?". Café à la machine. Je bourre ma pipe à l'exterieur de la boutique par les mégots dans le cendrier en hauteur. Je bois et je fume. Une matiné et qu'est ce que Allah va faire de moi aujourd'hui? Inchallah kheir !

D'une voix douce et compatissante, l'employé vient me voir en me disant que je dois m'en aller, son chef le demande... Même pas huit minutes que j'étais là-bas à consommer devant la porte ! "Appelez moi vot' chef ! - il n'est pas là, il est derrière la camera je ne sais où... - Vous avez le téléphone ? dis-je en me moquant de lui. - Non mais moi je suis gentil et... dégagez maintenant, ça commence à suffir ! - Non, vous n'êtes pas gentil...Moi aussi, je peux parler avec douceur et dire que je suis gentil, espèce de (...)...

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Hôpital Tenon. 20ème arrondissement. Paris.

Un nouveau bâtiment a été construit juxtaposé à la bouche de métro Pelleport sur l'emplacement d'un lieu de socialisation et de solidarité pour personnes sans-abris, sans ressource ou bien en détresse sociale. C'était un lieu où les démunis de tous horizons pouvaient s'y distraire, avoir de quoi survivre. Café, thé, biscuits, petite bibliothèque, livres, personnel à l'écoute, espoir, repos, électricité, eau, chaleur humaine et, en période hivernale, une température ambiante salvatrice : en somme un lieu de vie.

Anciennement derrière la Mairie du 20ème, après la Place Gambetta, cet espace fut celui d'une association qui y menait un rude combat contre la précarité, la pauvreté : là-bas, on aimait les pauvres...

Aujourd'hui, à Palais-Royal, une autre association de bienfaisance et de charité a fermé et cela depuis deux jours. « Une histoire de subvention ou un truc comme ça.... » m'a à peu prés dit ce soir le standardiste du 115 (Samu social). On chasse les pauvres de Paris ! On y achète des mètres carrés pour ne pas y habiter... Les murs de la capitale sont devenus plus qu'un produit et moins qu'une marchandise : ce sont des valeurs immobilières (de la finance...)... Elles s'échangent avec intérêts sans aucune autres fonctions que le renom des murs, de la plaque en fer collée sur les bâtisses extérieures avec dessus le nom de la rue et l'arrondissement... Ces riches n'aiment pas les pauvres, leur être est fonction de l'avoir, de la côte du quartier, de la rue , de l'arrondissement. Achat-vente. Acheter et vendre, puis parfois construire. Construire pour vendre et acheter. Il n'est plus question de loger mais de vendre, d'acheter.

Ainsi l'hôpital Tenon s'est agrandit.

Cette nuit les urgences sont combles : personne à part moi... Les agents de sécurité en ronde, le bureau de l'accueil vide : l'infirmière après en avoir eu assez d'internet est partie ; peut-être pour tailler la bavette avec ce service « over-booké »... Et moi qui écrit, assis, attendant quelques soins... Le moteur de l'ordinateur flambant neuf fait un bruit « d'enfer ». On veille, tranquille et calme. J'ai compté les sièges de la salle d'attente qui fait face à l'accueil : 12 x 3 sièges + 1 x 2 sièges + 3 fauteuils roulants d'un style simple et épuré, d'allure sportive, je pense aisément que l'on va vite avec, surtout que les pneus sont gonflés... Je m'emmerde... J’attends dans ce silence de « achat-vente ». Ici rien, le silence, mais ça doit sentir la mort ailleurs, d'ailleurs je la sens d'ici, en ce silence. Un cimetière sans âme, sans décédé ni malade ou presque : moi, mes pieds me font mal... « La pauvreté, vous comprenez, c'est pas bon pour la santé... »

L'infirmière qui a donc fort à faire a pris ma tension, histoire de facturer quand bien même il n'y aurait rien à faire : 13,8. C'est avec une machine dernier cri qui permet aujourd'hui de ne plus remplir des papiers inutiles qu'elle me prend la tension. Grâce à elle on peut faire mille et une choses, rendant inutile les anciennes pratiques... Inutile, à la vie... ? A la mort ? J'ai intérêt d'en profiter... 13,8... Et rien pour nettoyer mes pieds ni aucuns bandages ou pansements.

« - Auriez-vous l'obligeance de me mettre à disposition une bassine ou quelques choses de ce genre, avec de l'eau iodée (bétadine ou même gros sel) ?

Le médecin va arriver... non, je ne peux pas... il me faut l'autorisation du médecin.

Non mais, je n'ai juste que quelques contusions à cause de mes marches incessantes car je n'ai pas de domicile, et ….

Non, désolé, je ne peux rien...

Vous êtes infirmière ?

Oui, pourquoi ? »

… Infirmière, une vocation … Ah tiens, on passe l'aspirateur à l'étage... Je l'entends bien car il n'y a aucun bruit, plus personne et moi qui a mal d'avoir trop marcher pour mes pieds d'errant...

On a détruit un endroit simple mais ô combien utile pour construire la suite d'un hôpital dernier cri où personne ou presque ne vient s'y faire soigner . Achat-vente.

yacinelevrailefou

Veridique

...Véridique.

Être véridique, n'est-ce pas tout simplement de ne pas perdre la raison ? Et de quelle folie se part l'univers si ce n'est en mensonges ? Être véridique c'est de ne pas perdre la raison, et non l'inverse. Le plus fou des hommes est sans doute plus véridique que le plus menteur de tous les hommes, et ce dernier a moins de raison que le fou a de véritables visions de l'univers. En aucun cas la raison vous fera mentir et la vérité vous fera fou. Pourtant c'est aux autres menteurs le soin de vous rendre raisonnable ainsi qu'à la folie de vous montrer l'univers tout entier.

Voyez bien : je suis fou.

yacinelevrailefou

...Le Comte de Savoie.

Un beau jour le Comte de Savoy s'en alla en mer. Il eut pour infortune le visage d'une femme trop clément à son compte. La couche au fond du bateau fut rebâti fièrement. Selon la rumeur, le Comte s'en déballa à grand frais... Elle s'appelait bel et bien comme dans un rêve, je crois bien... Une beauté magnifique. L'air, quand il était sa parure avait les tourbillons de l'enfer. Les yeux à ne croiser que d'amour embellissaient les vagues de dunes par un soleil brûlant et le miel des Athos en banquets... Mais Princesse n'avait d'yeux que pour un élégant fumeur de tabac. De lui, trop rien, rien ne saurait le faire montrer. Un espèce de je ne-sais-pas-quoi, un je-ne-sais-qui trop banal. Le simple commentaire sur ce Monsieur est une peine, inutile. La cigarette en bouche, il côtoie, aime à rappeler son importance. Toujours à court de sous, il s'amuse. Ne se soucis de rien, il plane.

Tout comte qu'il fut, de ce Monsieur à Monsieur, il renversa la table et sortit son pistolet. Une arme allemande prend maintenant en joue le porte-mégot à l'audace incisive... Je ne sais si c'est une question de femme, mais un seul coup est parti. Un seul. Le comte tomba en laissant s'échapper son pistolet sur le tapis. Le sang coule. Dorénavant il coule et un meurtrier est déjà en cavale. Un fumeur. Le comte est mort une balle bien logée dans la poitrine. Une dernière cigarette éteinte sur le balcon, et le voilà qu'il fuit les lieux et lui-même. Affolé, conscient de plus en plus de son crime, il court. S'éjecte de la foule de meubles du bateau, s'engouffre vers un escalier et sort sur le pont. Tout l'équipage était regroupé face à lui. Deux cent milles plus loin. Un certain Comte de Savoie fit son apparition sur une île Napolitaine. Aussi, un certain homme mystérieux aurait échoué en mer, attaqué par des pirates. Chose plausible d'à lors. Mais alors que tout contribuait à une disparition, le bruit à couru qu'un notable aurait séjourné aux finances d'un autre, dans un repère de pirates ou officine pour l'emploi, tables des commerces perdus d'avance, et autres fonctions que la morale réprouve... Des histoires, tout ça. Moi, je vous jure que je l'ai vu, le connaissant très bien, je peux vous affirmer que cet homme là, cet espèce-ci n'est pas racontable. Certaines limites n'ont aucune importance, lui en est une. Le définir serait une erreur. Un héros trop banal qui un jour a vécu des choses trop banals. Le Comte se fit fumeur et le fumeur se fit mort. Aussi mort que pourchassé. Fleuretant avec le monde comme un fait-divers ; se laissant bercer au creux des montagnes pour migrer au confluent des deux Mers : la Terre n'a pas d'exilés... Ou bien des personnes tel le Comte de Savoie ? Qui peut savoir ?...

yacinelevrailefou

Dans une fourmilière.

Au fond de la fourmilière, bien placé, je dors. Cela fait plus d'un millénaire que je regarde le ciel et rien ne me fascine plus que cette magnifique construction. Celui qui m'y a mis est très bien informé ainsi qu'il ne m'a pas mis là par hasard. A travers l'amoncellement de poussières et de grains de terre, j'y vois tout d'abord le disque solaire. Bizarrement, il ne m'éblouit pas. Je le regarde pourtant droit, à travers toute la hauteur de la fourmilière. Je l'observe bien, étant à un niveau très profond de la très haute fourmilière. Peut-être au centre même. Je contemple : belle conception. Autour du centre, d'une vision centrale de l'édifice quotidien, du travail journalier, les fourmis s'affairent à construire une protection contre le soleil mais non contre sa lumière. Voici donc le secret des fourmis, le pourquoi de leurs travaux. L'édifice est alors de taille, moi même au centre de cette fourmilière. Elles s'activent à la construction toujours changeante de faire amener la lumière dans l'endroit le plus sombre ; dans la terre même ; dans des galeries, sans la puissance aveuglante du soleil. Elles veulent la lumière et non sa personnification terrestre qui n'est que nuisance et, elles le prouvent, mensonge. Ceci car il se peut y avoir la lumière du soleil sans le soleil. La vision de la fourmis, à l’intérieur de la fourmilière défit les étoiles bienqu'elles soient lumineuses à plus d'un titre. Contemplation.

Cela fait plus d'un millénaire que je suis mort et pas même le soleil n'a l'audace, face à moi, de rompre mon abri ; la construction de mes petites amies, les fourmis.

yacinelevrailefou

"Sarajevo ou le setze de Vouïadine le Haïkou."

Maroc, le maroc "französisch" : Vers l'an 2000; 99-2004, j'étais habillé tout en croco' : casquette-bascket-survêt'(le bleu, t' sâîs…)-8.6-polo-Stan-Smith-Air-Max-BW-Startak-Motorola, etc… Ma conversation ? Un agencement de trois mots dont le sens prenait à répétition de ces expressions : "V'là !"; "T'as vu !" et "Vite fait!". J'aurais pu très bien parler de politique internationale que du lieu où se situe la fontaine dans la ville ou comment "j'ai niqué le neman" ou encore le prix d'une liasse de fausses lires, d'un 12, etc…

Aujourd'hui ? Combinaison "marine" et distinguée. Le bleu se voit moins la nuit et ça diffèreaussi des anciennes modes bien qu'ayant les mêmes avantages que celles telles que des habits noires sombres de nuit des parisiens ou le clinquant blanc des marseillais…et je vous parle pas de costard. Ma conversation ? Un grain de roumain avec beaucoup d'italien ponctuée d'anglais et appuyé d'Allemand pour qu'en espagnol mon français parle portuguais selon un aspect slave ou serbe dans une la culture de la peur typiquement russe. Pas de Néerlandais, inutile, car les grecs parlent bien anglais… enfin, on se comprend… Des nouvelles de la rue ? "Mutzumesk !"*…

*Merci, en roumain.

yacinelevrailefou

"Le sourire de la peur"

Isère, aéroport d'eau douce , 4 heure du matin : une voiture grise est posté sur le pont. L'ancienne, la rouge, va brûler après que le bateau soit reparti. Trois heures plus-tard, les mêmes sur l'autoroute dans une grosse Audi blanche et "vide" im. 38, rient. Ils sont chargés, une histoire nasale, plus du tout de bagage. La voiture tourne et s'engouffre dans la ville : R-Raï-R-Raï-R-Raï….

La police enquête. Ils "font chier" tout-le-monde, eux y compris. Le plus dur pour un chef d'état est de manier en un; l'armée, et en deux; la police. Heureusement que Le général De Gaulle a inventé les barbouzes, invention… Bref. Sous l'ère sarkozy, le temps où les aires de jeux étaient à lui, un repère de criminel récidiviste, le portail "H.S." étant la barre des tribunaux et le parc une prison. Pour sauver son ami des assises, il fallut mettre tous les gosses qui ne ressemblaient pas à cet ami en véritable prison. Ce fut, à ce moment, ce qu'il fallait croire et sur quoi nous parlâmes alors. "Les gosses, définis par des critères socio-psychologique selon un manoir de la justice française, se devait d'aller en prisons". Prison ? Oui, mais attention : hors les coups de feu bien-entendu. ( ça y est, on peut dire qui était cet ami ou pas encore ? Bien, attendons…).

Un débat donc et comme cela était du sarko tout craché face au parc pour enfant et à l'assemblée : La France fut dans l'embarras, devisant dans les cafés, divisant les conseils, et sans nul doute pire, …bien pire.

"-Grenoble ? Pourquoi Grenoble ?...Et n'allez pas me sortir l'excuse qui à cours au sein de votre force politique ou de ses étudiants d'Hiver 54…

- Comme ça… Parce que ça me chante… Vous avez entendu le discours de ce matin ?... Mais si ! devant ma glace ! Quel bel homme je fais !

-Oui, mon cher… et pas n'importe lequel, celui des français et des françaises!...

-…(…)…Mes chers concitoyens…(…)…compatriotes…debout…ensemble…connasse…ah putain la connasse !... Mais non Choupinette, pas celles-ci, ce sont les disco' et tu sais pourquoi je les garde et que je les remettrais pas,…plus,…jamais…euh, non, pas jamais, enfin plus, enfin…mêrdeeeeeee… Aller dégage moi la poudre du sofa, y a Shahira qui doit m'y tenir informé de ses avancées sur la langue française à l'école de la république… Ah c'est Farouka ? Comment ?...Farah ? enfin, c'est une compagne très proche en tous cas… Non pas loin, à deux pas d'ici… Tiens, fais la entrer et toi, pendant c'temps là, va faire tes ongles devant Solfé', ça te passera peut-être l'envie d'me… .

Les gendarmes lui ont été très utile car ils sont efficace, et ils ont des lunettes opaques, du matériel français, c'est du sûr, du politique donc. La particularité de ces lunettes réside aussi dans l'opacité et l'alternance de la puissance de "la regardance" (terme scientifique, mesurant le degré de conscience au sein de la quantité de toutes les qualités. Utilisé surtout économiquement voire en pays budgétaire). Ces lunettes opaques derniers cris (bling-bling project-set) sont opaques pour mieux observer la délinquance. Elles s'opacifiaient à mesure que la police faisait son travail bien que dépourvu d'une telle technologie. a l'époque, il fallait aussi justifier non pas les moyens de sa politique mais sa politique (tout-simplement) intérieure qui dépend, on le sait de celle plus extérieure, à l'heure de la mondialisation : "Mais…quelle heure se fait-il à Tel-Aviv ?... Allo ? Tu vas bien ? Yes ! Al bright !... Vous avez quel temps à Chicago ? ". Extérieur, donc.

La criminalité grimpe à Grenoble, l'indice tf1 est au mieux de sa forme ! Et cela pour la fierté de ses habitants et donc leurs bonheurs. Cela se voit encore sur leur visage ! Le sourire sarkozy…

Les visages grenoblois ont effacé le souvenir d'une vie paisible, heureuse et bienveillante d'une autre époque. Le sourire est toujours aujourd'hui celui de la peur… Et bien, que la peur change de visage !

yacinelevrailefou

Cinémascope

***

Aller, « Valsez saucisses » !

Le pauvre de la Comédie Française, Place de la Bourse est la ruine du Bourgeois Gentil-Homme. Ce Républicain fauché aux blés de la colère et du raisin aux vinaigres boit le fond d’un jus d’haricots accompagnés de carottes saignantes, pressés elles-aussi. De ces détails gastronomiques, il ne faut y voir que le ucq entre les fesses ; un cul dans la face des âmes brûlées de conjonctivite. Ceux-là, d’aspect lisse et brillant, ce font les chauves aux yeux de poussières. Accoudés au chapiteau des Rois-Bouquiniste, ils parlent de l’Aurore et des horreurs déblatérées par les crieurs du lendemain. Le coffre dégoulinant, ils y puisent leurs matières pour s’en faire déverser au levé du jour, après la douche quotidienne, dans l’armoire des graisses utiles… : « On ne sait jamais, je pourrais toujours servir… » .

***

« T’as un nez en deux épisodes. »

Jean Gabin, en cette phrase, instruisait de bonnes manières la curiosité nonchalante des repos instinctifs et du rire éthologique de ces Messieurs Grangier et Audiard, sur sa famille, ou plus drôlement sur l’étrange bonne figure qui le fît vedette et 7ème artiste tout comme un autre cinéaste français ; nôtre Verneuil sacré.

Doucement, assis sur ma maison noire, dans le jardin coté cours et à sec, je me regarde en Louis-Ferdinand. Ma mort à crédit fait tituber « Les grandes familles » où, au « Gala des vaches », elles dansent « Le menuet du haricot ». Albert Paraz avait aussi, semble-t-il, de l’humour pour les femmes ; mais plus encore l’amour pour lui-même.

Comme peut-être ce « lui-même » du poème de Jacques Prévert dont l’édition tira un rideau rouge sur un rideau noir ; éclairant le temps d’une allumette de pluie, le trottoir de la Régie sur le chanteur des menus fretins et des cours de Seine ; Paris des ombres opulentes : Yves Montand.

***

Ma Floride.

Sur Nice, à tes seins et sous l’allée des sombrages Africains, je pince ma Citroën des 70’s, un modèle américain, berline de bleu et de soleil circonflexes :

-Mode à Cannes des misfiths et des fifties : qui donc pour tailler le costume de bruines de Chevalier, version « Ma pomme » dans les brumes 2012 ?...Sortie prévue Printemps 2013, aux bons soins de l’Opéra Haute-Coutures, une autre Melle Garnier en « Gare du Nord ».

-Silence,…j’y retourne !... Coupez ! C’était très mauvais… Quand tu prends les bras de ta Cadillac, tu ne la regarde pas comme un cimetière au carré des fous ! Tu l’aimes comme si tu voudrais lui donner à manger un oiseau sur un pont de train… Aller, pompiste ! retournes sous le projo’ , mets y du fioul et tire’z y au cul !... Oh, là ! Jean ni Depp ! Tu sais quoi ?!! Tu me casses les couilles, ok Sire Aschlore ? Alors on fait comme « on » a dit : le volant à gauche, tu tire à droite sur l’autoroute ;… oh pompiste de merde ! Tu te crois encore sur le tournage de « Jean Moulin » avec ta Citroën en compagnie de ta pute de monteur, ou quoi ?... Aller, hop, tu dégages…dégage moi du champs ce connard, et pi vire le du plateau, il m’emmerde !... Bon, ok…(je suis génial, soupirs…) ; tout le monde et prêt ? J’ai rien entendu… Ca va, toi ? On se voit au Bunga-bunga Hotel rue de la croisette, tu m’f’ras visiter ton impasse, ça marche ?... Bon,… eh, les bandes de cons, quand « Madame » aura finit de se peigner la patchole, on pourra p’t-être commencer à faire du fric, non ? Aller, tous en mouvement, et tu te prépares déjà à sortir de la boutique façon Hitchcock et ses deux chiens… Moteur…J’ai dit « Moteur », bordel…

-Bordeaux, 2ème .

-Atttention, ça tourne !

-Fioul : Gitane Filtre.

-Citroën : C6, vitre fumée, passation de pouvoir au péage, bagage à main dans le coffre, lunette desperado pour interieur, gants d’explorateur vaginale, cheveux forêt-vierge, la touffe de la truffe à l’arrière dans le linceul bancaire de toute une vie… Ah, La Costa-Azzura…

***

Je suis partout nul-part.

-T’habites où ?

-J’habite pas.

-« Pas » ? C’est où ? A Calais ?

- Pas par là, non ; c’est plutôt par là mais surtout ici.

-Hein ?

-Et toi, t’es d’où ?

-De Villeneuve-la-Casconne, c’est pas le pays du vin cuit, plutôt le contraire…J’aime y marcher longtemps…c’est mon Païs,… le Pays du crû de jatte ; y a des crues et des jattes.

-Ch’en suis ravi, mais encore ; que fait-on habituellement de bien ailleurs, quand on vient de… La quoi déjà…?

-La Castagne !

- C’est en Castille ?

- Non, en Cocagne !

-Ah, c’est pareil, et même que du pareil au même c’est chez moi également.

-Aussi ?

-Non, toujours…

-Et c’est quand « toujours » ?

-Quand t’y réfléchit…

-[silence]…

-Ca y est, t’y es ?

- Attend, je suis en chemin…

-[silence]… Puis-je voyager avec toi ?

- Si tu veux,… t’as des clopes ?

-Non.

-Moi, oui. Aller viens, on reste là…

-Ok, bonne journée !

-Egalement !

yacinelevrailefou

Maison close

Maison close d'un autre temps.

Dans la chambre rose, un gardien est en poste. La porte est ouverte et il en détient la clef. Sur le lit, une femme passablement vêtue, laissant sa gorge découverte est allongée. Balbutiant un anglais plaintif, elle pleure. A son chevet, une seringue et une fiole. Sur celle-ci est noté « Morphine ». Mademoiselle a vraiment trop mal. Un mal qui vient du plus profond de ses entrailles. Un mal qui est passé dans le sang, et au travers de ses veines se voit sur son visage mince et esquissé d'une couleur changeante.

Son mal ? La douleur de ne pas voir son enfant, séquestrée pour le plaisir de ces Messieurs, soignée aux anti-douleurs morphiniques et aux ordres de ses esclavagistes.

La pièce n'est que faiblement éclairés. Les volets sont complètement fermés. Dans le couloir, une odeur de vomis tapisse la moquette qui a été aussi posée sur les murs. Un moquette marron passé. L'endroit est vieux. Quelques tâches de merde se devine au sol, au fond du couloir.

La fumée côtoie la lumière qui perce en filigrane l'onde épaisse comme un espoir dans la brume.

Un petit lustre à moité détruit par les nuits de débauches semble par petits à-coups faillir de plus en plus.

C'est, enfin, Une prison, sans fin, et dont le labeur est poison. Plus de vaccin, l'année se boira aux Champagnes pour garder l'amertume des années volées, des années volages où pour l'amour d'un rubis sertie d'un brun aux yeux bleus, lors d'une grande vie avortée voulue aux côtés de la grande classe aux grandes promesses, ces années où elle tomba trop rapidement dans l'abîme. Abîme, dont sa naïveté eut l'orgueil de feindre de voir. Elle y tombe encore et y finira sa vie, le cœur gros d'une ultime trahison, d'un poids, d'une erreur qui scella définitivement son sort. Un sort attaché à une rencontre, à une maison, à une ville, à une langue, au monde, tout ceci, enfin, car c'est en fait à elle-même.

Prostituée tu as été, prostituée tu resteras, quelque soit la maison où l'époque.

yacinelevrailefou

Chamonix

Dans Chamonix, je traverse, je marche le temps.

Sur les nets chemins, ruelles éclairs, le dôme blanc mêle nuages et halos pointus. La brume et le soleil se noient en des glaces intérieures : ma vue de dedans est déjà sur Montenvers. J'y monte la grandeur de mon adoration et quand j'en descends, c'est la gloire du Magnifique.

Il y a de curieux aux détours des bâtisses ; au loin suspendu aux virages de ses sentiers et du village, petit centre riche et actif ; l'attrait du temps que l'on a peur de ne plus voir.

Je regarde alors souvent, au gré de mes inquiètudes, de mes promenades ; le Mont Blanc de peur qu'il n'y soit plus, de peur de ne plus le voir, qu'il ne se montre plus à moi ou bien, que je parte de cette ville comme ce fut le cas de beaucoup d'autres, de toutes les autres.

Alors, le souvenir dans le dos, je me retourne pour m'assurer qu'il est toujours là, qu'il m'assure toujours, là. Là pour ne pas perdre le temps a regarder ailleurs ce que cet immense éphémère disparaîtra un jour certain - éternellement et tout comme moi. Et avec lui mourir peut-être sur la charpente du toit de l'Europe... Peut-être.

yacinelevrailefou

Misère et pauvreté.

*

Au premier acte, aucun des personnages ne sauraient être nommés, on les considèrera par le lien qu'ils ont entre eux :

-Le grand-père.

- L'oncle.

- Le petit-fils.

*

Un feu de cheminée éclaire une pièce où cinq chaises sont disposées autour d'une table. Un large couloir en prolonge l'espace qui donne vers une porte fenêtre où un vaste jardin enneigé.

*

Acte I, scène I.

-Grand-père -

Tu vas finir en prison !

-Petit-fils-

Pourquoi ?

-Grand-père-

Tu fraudes le train !

-Petit-fils-

Je n'ai pas les moyens de le payer, ni le chez-moi qui pourrait m'en dispenser l'obligation... Pas d'adresse, pas de travail, pas de sous, pas de travail, pas d'adresse...

-Grand-père-

Et les services sociaux ?

-Petit-fils-

Tout m'est bloqué... Mon nom, mon visage exotique, vous... Et c'est parce que tout m'est dû que devant trop, l'on ne m'en donne pas même la considération... En voudrais-je exprimer le simple et juste droit que l'on en bloquerait l'écoute. Et à défaut, les plus justes s'en feront mérites à ne point me reconnaître valeurs. La justice m'ordonne de faire, et son autorité m'en empêche.

-Oncle-

Tu es indigne de nous, du pays ! Pour moi, tu es mort !

-Petit-fils-

Où cette haine trouve-t-elle honneur ?

-Grand-père-

Ta mère te connais parfaitement et pour m'entretenir régulièrement avec elle, nous te connaissons aussi. J'ai d'ailleurs eu de tes affreuses nouvelles la semaine dernière... N'étais-tu pas à Monaco à insulter les dames du Secours Catholique ?

-Petit-fils-

Ma mère ? Cela fait une éternité ennemie que je ne l'ai vu. Ma piété filiale m'y obligeant, mes dernières excuses lui sont parvenues il y a plus d'un an... Courrier sans réponse...

-Grand-père-

Mais, à Monaco, tu as faits encore des sottises...

-Oncle-

Du grabuge !

-Petit-fils-

Je n'avais plus un kopec et vu ma couleur de peau, mes yeux corbeaux, même avec l'aide de Molière en déclamant de ses "Femmes savantes" les vers; la dame à jurer ma perte ! M'interdisant l'accès de son honorable boutique par le barrage flétrie de tout son corps, je lui ai poliment fait courtoisie en l'informant que je ne mangeais pas de ce pain là et que de sa vertu était ma chasteté... Voilà tout.

-Oncle-

Et le poste de police de Monte-Carlo... c'est ma chasteté peut-être ?

-Petit-fils-

Pardon, mais le vagabond au faciès délinquant etc...c'est moi ! Ce n'est sûrement pas la vigile du St Esprit !

-Grand-père, soudainement inspiré-

Amen...

-Oncle, désolé-

Papa...

-Grand-père-

Bon... Et dis moi, tête de linotte... Ne t'étais-tu pas fait un copain, là où tu logeais à Montauban ?

-Petit-fils-

Lui ? Monsieur Cacauète ? Il tête encore le sein de T'chita... Mais tu es, à mon sujet, au courant de tout bienque très mal informé... Je perds ma santé sur les routes, dans les gares, et tu rêves de me laisser en prison, mon oncle ne me pense déjà plus et, si je suis encore, fait tout son possible pour j'en demeure chaque jour un peu moins. Et pourquoi cela ?

-Oncle-

Oui, pourquoi ?

-Petit-fils-

Parce que la folie d'une autre fait sa réputation sous les faux-semblants de ses soins et bons mensonges, se disant pour moi. Elle lutte alors pour vous tous, le pays... à ma perte. Ma mère se l'ai juré et j'en suis alors le seul menteur, vous et le monde qui la tenez pour véridique...

-Oncle-

Mais pas du tout... Il y a des preuves !

-Petit fils-

Celles-ci, en m'accusant, m'innocentent et condamnent... Mais à forcer la misère du Saint, on ne reconnait du voleur que la morale...

-Oncle-

La morale du voleur n'est sûrement pas celle d'un Saint !

-Petit-fils-

En effet, et n'est pas saint qui veut... A ce sujet ma mère...

-Grand-père-

Et bien... Quoi ?

-Petit-fils-

Cette sainte femme ne forcerait-elle pas ma misère, et n'ai-je pas porté beaucoup de la sienne ?... Comme sur toute la planète, il y a des preuves en ce pays qui sont très clairement expliquées, pour peu que toutes les attentions qui y sont peut-être encore porté en dégage de par leurs esprits la juste clareté... ma misère.

-Oncle-

Voleur !

-Petit-fils-

Ah ! Me voilà fait comme un rat... Et comme le vice, je voudrais courir loin de St Estephe et me meurt, prisonnier au fond d'une bouteille. Famille ! Votre lumière m'aveugle ! Les trop nourri accusent toujours la famine, mes ténèbres. Souffrez donc que, pour moi, je fuis l'obscurité maternelle... C'est, croyez-le bien, une démarche salutaire qui seul me concerne : la saine garantie de la naturelle beauté de mon esprit, en mon âme et conscience... Que vous y restiez, brûlant des ailes dont vous vous ignorez, cela n'en fait pas moins les miennes. Même mieux, elles n'en sont que plus larges et... claires !

Mais avant de finir en terres, géôles patriarcales ou autres établissements paroissiales ou médicales... loin de la maison de vos saints sentiments et des privations financières; j'aurais une requête dont vous connaissez parfaitement la teneur et qui me tient extrêmement à coeur. Pour vous faire mieux comprendre ; ce peut être le noeud de mon malheur, mais sachez que ça l'est certainement !

-Oncle-

Quoi encore ?

-Grand-père-

Encore !

-Petit-fils-

Oui. Et toujours... jusqu'à ce que Justice m'en soit satisfaite ou bien que la mort s'en occupe.

-Oncle-

Aller... annonce, ma soeur tirera la première.

-Petit-fils-

Ma mémoire se doit de cultiver l'insigne de mes ancêtres, leurs honneurs qui m'ameneront en terre... Je ne veux pas être enterré sous le faux-nom, celui que je porte de par la folie stupide de cette mère qui travaille à me mourir prématurément. Que, puisqu'il vous est insupportable que je veuille porter ma sincérité au monde, au moins, donnez la moi mort. Et cela, tout voleur que je suis, que vous m'en faîtes et que pour ma mère s'y forçant, je semble être.

-Oncle-

...

-Grand-père-

...

-Petit-fils-

Je veux être enterré selon ma religion, l'Islam et être connu, ou reconnu au besoin, comme le fils de mon père et non celui d'un imposteur, ce qui me donna folie trop longtemps, étant à tort sincère avec le mensonge; le nom de l'imbécilité et de la folie de ma mère. En vérité, le mot perverse n'est pas loin de ma bouche. Car blessant il pourrait en être plus proche, mais il perdrait, avec votre compagnie, en vérité.

De la folie de ma pauvre mère que trop longtemps je porte, soulagez-moi ! De ce nom, de ce mensonge, imposture qu'ici-bas je souffre et que, au moins, une fois ne plus être, je ne veux encore porter pas ! Ma sincérité m'a déjà perdu, et, plus que retrouvé aujourd'hui, en mon âme et esprit, ayez le corps d'en être autant que moi afin qu'elle ne vous perde pas ainsi que moi en ce monde, et plus en avant, outre-tombe.

-Oncle-

Schluss !

-Grand-père, sourire satisfait et moqueur-

Aller... Au lit bonhomme ! Demain, tu prendras le train.

-Petit-fils-

Je n'ai pas de sous...

-Oncle, ironisant-

Prison !

-Grand-père-

Non, mais ce n'est pas la question, on te prendra un billet pour... Mais au fait, où veux tu aller ?

-Petit-fils-

Non loin d'ici, visiter un être cher.

-Grand-père-

Pas question ! On est bien gentil de t'avoir ouvert la porte, de t'emmener à la...

-Oncle-

Prison !

-Grand-père-

...gare. Tu prendras le train, et voilà tout !

-Petit-fils-

Merci, d'ailleurs pour ce morceau de pain et ce bout de fromage... Trois jours que je ne pouvais me reposer. Je peux me servir un verre de limonade ?

-Oncle-

Plus tard.

-Petit-fils-

Quand ?

-Oncle-

Jamais !

-Petit-fils-

Dis, grand-père,...une douche, c'est possible ?

-Grand-père-

Bon, d'accord. Mais tu as 6 minutes. Pas une de plus !

-Petit-fils-

Vraiment, merci beaucoup, le ciel vous le rendra !