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Maison close

yacinelevrailefou

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Maison close d'un autre temps.

Dans la chambre rose, un gardien est en poste. La porte est ouverte et il en détient la clef. Sur le lit, une femme passablement vêtue, laissant sa gorge découverte est allongée. Balbutiant un anglais plaintif, elle pleure. A son chevet, une seringue et une fiole. Sur celle-ci est noté « Morphine ». Mademoiselle a vraiment trop mal. Un mal qui vient du plus profond de ses entrailles. Un mal qui est passé dans le sang, et au travers de ses veines se voit sur son visage mince et esquissé d'une couleur changeante.

Son mal ? La douleur de ne pas voir son enfant, séquestrée pour le plaisir de ces Messieurs, soignée aux anti-douleurs morphiniques et aux ordres de ses esclavagistes.

La pièce n'est que faiblement éclairés. Les volets sont complètement fermés. Dans le couloir, une odeur de vomis tapisse la moquette qui a été aussi posée sur les murs. Un moquette marron passé. L'endroit est vieux. Quelques tâches de merde se devine au sol, au fond du couloir.

La fumée côtoie la lumière qui perce en filigrane l'onde épaisse comme un espoir dans la brume.

Un petit lustre à moité détruit par les nuits de débauches semble par petits à-coups faillir de plus en plus.

C'est, enfin, Une prison, sans fin, et dont le labeur est poison. Plus de vaccin, l'année se boira aux Champagnes pour garder l'amertume des années volées, des années volages où pour l'amour d'un rubis sertie d'un brun aux yeux bleus, lors d'une grande vie avortée voulue aux côtés de la grande classe aux grandes promesses, ces années où elle tomba trop rapidement dans l'abîme. Abîme, dont sa naïveté eut l'orgueil de feindre de voir. Elle y tombe encore et y finira sa vie, le cœur gros d'une ultime trahison, d'un poids, d'une erreur qui scella définitivement son sort. Un sort attaché à une rencontre, à une maison, à une ville, à une langue, au monde, tout ceci, enfin, car c'est en fait à elle-même.

Prostituée tu as été, prostituée tu resteras, quelque soit la maison où l'époque.



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2 Commentaires


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A mon avis... Il doit y avoir du vrai. En tous les cas, j'ai rencontré pas mal de prostituée ayant réussi à se sortir plus ou moins bien de leur ancienne condition : elles sont marquée à vie.

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