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politique, religion, société, cinéma

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Benny T

J'accepte...

Silence des pantoufles, repli sur soi, narcissisme, frilosité, pusillanimité, lâcheté, résignation, fatalisme, passivité, compétition, cupidité.

«

1) J'accepte la compétition comme base de notre système, même si j'ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l'immense majorité des perdants.

2) J'accepte d'être humilié ou exploité à condition qu'on me permette à mon tour d'humilier ou d'exploiter quelqu'un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale.

3) J'accepte l'exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que la prise en charge de la société a ses limites.

4) J'accepte de rémunérer les banques pour qu'elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu'elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront à dévaliser les pays pauvres, ce que j'accepte implicitement). J'accepte aussi qu'elles prélèvent une forte commission pour me prêter de l'argent qui n'est autre que celui des autres clients.

5) J'accepte que l'on congèle et que l'on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s'écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année.

6) J'accepte qu'il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement. En revanche je tolère qu'on le fasse lentement en inhalant ou ingérant des substances toxiques autorisées par les ÿtats.

7) J'accepte que l'on fasse la guerre pour faire régner la paix. J'accepte qu'au nom de la paix, la première dépense des ÿtats soit le budget de la défense. J'accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d'armes et faire tourner l'économie mondiale.

8) J'accepte l'hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu'il s'agisse d'une énergie coûteuse et polluante, et je suis d'accord pour empêcher toute tentative de substitution, s'il s'avérait que l'on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l'énergie, ce qui serait notre perte.

9) J'accepte que l'on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les ÿtats décrètent qu'il s'agit d'un ennemi et nous encouragent à le tuer.

10) J'accepte que l'on divise l'opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l'impression de faire avancer le système. J'accepte d'ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu'elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux.

11) J'accepte que le pouvoir de façonner l'opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd'hui aux mains d'affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les ÿtats, car je suis convaincu du bon usage qu'ils en feront.

[¿]

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http://www.journalvachefolle.net/article-353.html

http://www.facebook.com/topic.php?uid=47376277001&topic=7828

Benny T

Hiver

Photos

Hiver

Liège

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Je reprends mon vélo et pose mes fesses sur la selle trempée, en pleine ville sous les yeux des passants sans un geste secourable de leur part, n'en voyant que des regards fuyants, que le frileux repli sur soi.

Contre la pluie avant le beau temps

Parce que vous aussi vous trouvez que c'est une injustice qui vaut la peine d'être dénoncée.

Ensemble, nous serons plus forts : pour le bow et contre la rain !

http://www.facebook.com/home.php?#/group.p...7001&ref=mf

Benny T

Politesse

Michel Onfray : « La politesse, ce n'est pas le degré zéro de l'éthique, c'est le premier degré de l'éthique. Et c'est une façon de dire à l'autre : ¿j'ai vu que tu étais là, j'ai vu que tu existes¿. C'est : ¿pardon, s'il vous plaît, merci¿, toutes ces micro-choses qui sont l'occasion de mettre de l'éthique là où a priori il n'y en a pas. »

La politesse du désespoir ¿ nov. 2004

La médiocrité, c'est, non pas de rappeler que Mathilde [Mathilde Marie Christine Ghislaine d'Udekem d'Acoz, femme du prince héritier de la couronne de Belgique, Philippe] chie de la merde, mais de s'incliner béatement et servilement devant la famille royale. De même, l'impolitesse, c'est, non pas d'éructer « Putain ! », « Merde ! », « Bordel de merde ! », mais de traverser la vie en tirant la gueule et sans rien donner aux autres. L'impolitesse, c'est d'emmerder les autres avec ses épanchements. Rappel : « l'ironie est la politesse du désespoir ».

Mais peut-être vivons-nous dans un monde où aimer une femme, aimer les animaux signifie les mettre en cage ? Dans un monde où l'on se plaint de tout : du réchauffement climatique et, en hiver en Belgique, de la semaine de neige et de la pluie et du froid. Un monde où l'on dit n'importe quoi pour parler et où on fréquente n'importe qui pour avoir de la compagnie. Où il y a plus d'imbéciles moqueurs ¿ de ce qu'ils ne comprennent pas ¿ que d'intelligents ironiques ¿ pour comprendre ¿.

Soyons concrets. Parlons individus concrets. Qu'est-ce qui mène ce monde ? On dit que Staline, Hitler, Amin Dada, Ceausescu, Khomeyni, , Pol Pot, Karadzic, Saddam Hussein, Milosevic, Ben Laden, Kim Jong-il sont des psychopathes. Je ne les ai pas fréquentés. On suppose que Ronald Reagan, George W. Bush sont des psychopathes. Je ne les ai pas fréquentés. Certains « faits divers » sont « l'¿uvre » de psychopathes. Des psychopathes, moi j'en connais qui ne défrayeront peut-être jamais la chronique des faits divers, mais qui salissent le monde.

On peut vilipender l'extrême droite et la pédophilie, mais pas le narcissisme ? On peut railler George W. Bush mais pas des camarades narcissiques ? On peut fustiger le fascisme, mais sans analyser ses composantes individuelles ? Car le narcissisme, la possessivité, la jalousie, la misogynie peuvent mener à des positions politiques liberticides. Et même si ces sentiments n'ont pas d'expression politique, ils sont blâmables en tant qu'entraves à la communication entre les hommes.

Au comptoir, on peut entendre tous ces mecs qui s'apitoient sur eux-mêmes, tenant ce discours : « Avant, je me tapais les femmes que je voulais, et des belles. Souvent j'en profitais même pas. Maintenant, je ne demande pas un canon, juste une femme gentille ». Et le mec baratine toutes les gonzesses pas moches, interchangeables, qui, se comprenant baratinées, interchangeables, pas uniques à ses yeux, refusent d'être des proies. C'est ça ! une femme gentille, qui t'attendra à la maison, qui t'f'ra la bouffe et le linge, que t'iras retrouver après avoir tiré ton coup ailleurs, et chez qui t'iras t'consoler, t'rassurer quand tu reviendras bredouille de la chasse aux nanas. Elle sera tes arrières assurés ; elle te donnera la confiance pour pouvoir draguer tout c'qui bouge de pas trop moche, pour pouvoir continuer comme avant sans te remettre en question. Elle sera gentille, c'est-à-dire résignée vis-à-vis de tes escapades.

Tu veux une femme qui t'attende chez toi, coupée du monde pour qu'elle ne connaisse que toi, pour qu'elle dépende de toi, pour qu'elle n'aime personne d'autre, pour qu'elle n'ait pas d'ambition, pour qu'elle n'ait pas d'intérêts sauf toi, pour qu'elle soit à ta disposition, à ton service. Même si tu ne l'aimes plus, tu ne veux pas qu'elle en aime un autre, parce que tu veux qu'elle t'appartienne. On n'est pas loin du syndrome de Münchhausen, cette pathologie qui consiste à surprotéger l'autre, faire croire à l'autre qu'il a besoin de toi, pour te mettre en évidence ; à s'arranger pour que l'autre ait besoin de toi ; à maintenir l'autre dans une position de dépendance à toi pour te donner du pouvoir ; à te donner de l'importance auprès de l'autre en lui faisant croire qu'il a besoin de toi, que les autres sont de mauvaises fréquentations, de faux amis, contrairement à toi, qu'il est incapable de reconnaître ses vrais amis...

La vraie asociabilité est dans le narcissisme. Tout ce que fait le narcissique est bien, tout ce qu'il aime est bien, tout ce qu'il connaît est vrai. Pour le narcissique, n'existe, n'est vrai que ce qu'il sait. Le narcissique confond « je n'aime pas » et « c'est con », « je suis contre ». Le narcissique met ses " spécialisations " (tel sport, la bagarre, le militantisme, écrire, jouer de la musique...) au-dessus des " spécialisations " des autres : « Moi je sais faire ça, et pas toi ! » ; « I'sait même pas faire ça ! ». Le narcissique lance une attaque contre autrui, puis se casse, pas moyen de discuter avec lui. Le narcissique croit qu'il est mieux que les autres ; les autres, il ne sait pas qui ils sont, il ne s'intéresse pas à eux, il les voit comme il veut qu'ils soient. Le narcissique a une seule interprétation de l'irritation que cause chez autrui une de ses piques, une de ses critiques... : il n'y a que la vérité qui blesse. Le narcissique pense que c'est la raison pour laquelle il a fait sortir l'autre de ses gonds. Tu n'envisages pas que tu aies pu te tromper, et qu'il s'emporte contre ta prétention, ou parce qu'on se trompe à son sujet, tu n'envisages pas qu'il s'énerve d'autant plus quand se trompe sur lui une personne à qui il a essayé de faire comprendre quelque chose. Le narcissique ne croit que ce qui l'arrange. Le narcissique aime trop s'écouter parler pour que je le crois.

Pour le narcissique, autrui n'a de la valeur que si autrui est d'accord avec lui. La relation que le narcissique a avec autrui correspond, à une autre échelle, à la relation qu'ont beaucoup d'hommes avec les animaux. Le narcissique qui dit qu'il aime les animaux, n'"aime", en réalité, que les animaux qui ne le contrarient pas ¿ par une attitude qui lui est incompréhensible, donc incontrôlable, par une opposition ¿. Ce n'est pas parce que l'être humain ne sait rien sur la souffrance d'animaux ¿ d'un embryon, de plantes ¿ qu'ils ne souffrent pas. Ignorer une chose ne signifie pas qu'elle n'existe pas. Le dauphin n'est-il pas considéré comme intelligent par l'être humain pour la raison que le dauphin semble manifester de la sympathie pour l'être humain ? Une intelligence qui se manifeste autrement, une intelligence qui est indifférente ou hostile à l'égard de l'être humain, une intelligence différente, n'est-elle pas méprisée, niée par l'être humain ? L'être humain appelle intelligents les animaux qu'il comprend, de la même manière que des mâles humains n'appellent intelligentes que des femmes qu'ils comprennent, de la même manière que des vieux, des hommes âgés, se permettent de distribuer des bonnes notes aux jeunes qu'ils comprennent, qui ne les contredisent pas, qui sont d'accord avec eux.

http://www.journalvachefolle.net/article-453.html

Le psychopathe, selon le Dr Walter Denys, se caractérise par une absence de sentiments, de remords, un narcissisme surdéveloppé, un égocentrisme absolu. Il est indifférent à l'autre, à l'amour, à l'humour, à l'honneur, à l'horreur.

Marc Metdepenningen, in : le Soir, 06 mai 2004

http://www.journalvachefolle.net/article-346.html

Pierre Thys

« Il existe aussi des psychopathes très convenables »

Pierre Thys ¿ Le psychopathe n'est pas nécessairement intelligent. Il n'est même pas nécessairement délinquant non plus. Il faut savoir que des psychopathes évoluent dans des domaines sociaux très divers sans être asociaux, dangereux et tomber sous le coup de la loi. Il existe aussi des psychopathes très convenables. Dans le monde politique, dans les entreprises ¿ ce ne sont que des exemples ! ¿ vous trouverez des individus qui, sans être absolument asociaux, ont cette façon de vivre en ne tenant aucun engagement, en retombant toujours sur leurs pattes, en étant toujours à la limite de la légalité. Impulsifs, imprévisibles, ne planifiant pas les conséquences de leurs actes, ne tenant pas compte de l'expérience, ils présentent les traits caractéristiques d'un comportement psychopathe, mais ils ne sont pas pour autant délinquants.

¿ C'est plutôt inquiétant¿

Pierre Thys ¿ Peut-être, mais socialement admis et relativement jugulé par notre organisation sociale. En ce monde, il faut parfois faire preuve de qualités opérationnelles exigeant qu'on marche sur les autres, qu'on imprime une certaine brutalité à ses actions. On retrouve ainsi des traits d'organisation de personnalité psychopathique dans certaines unités policières, dans certaines unités de l'armée. Dans les corps d'ambulanciers ou chez les pompiers peuvent également évoluer de ¿ petits psychopathes ¿, tout à fait socialisés, attirés par le perpétuel mouvement offert par ces professions. Le psychopathe a besoin de cette juxtaposition d'épisodes de vie ancrés dans le présent.

[¿]

Propos de Pierre Thys, recueillis par Jean-Laurent Van Lint ;

in : Télé Moustique, 29, 4094, 14 juillet 2004

http://www.journalvachefolle.net/article-446.html

Domination au quotidien (2) ¿ nov. 2004

[¿]

Petit confort

Triomphe de la faiblesse, de la médiocrité, de la grossièreté, de la vulgarité, de la facilité, de l'intérêt immédiat. On se méfie plus des intellectuels que des cons. La lucidité et le sens critique font surtout peur à ceux qui sont foncièrement critiquables. Les franches déclarations sur le sens de l'amour, de l'amitié sont retournées contre leur auteur par des personnes qui sentent que ses critiques peuvent s'appliquer à elles. Accusées potentielles, ces personnes deviennent les accusateurs. Triomphe de la médiocrité et de l'hypocrisie! On ne critique pas de peur d'être critiqué à son tour; on n'est pas exigent envers les autres parce qu'on n'est pas exigent envers soi-même; on ne se mouille pas; on ne prend aucun risque; on mange à tous les râteliers. Faire des reproches est acceptable s'ils sont émotionnels, pas s'ils relèvent de l'analyse critique, rationnelle, raisonnée, réfléchie, construite, argumentée et profonde, qualifiée entre autres de " froide logique " par quelqu'un qui s'en sent menacé. Une doléance intellectuelle est considérée comme ternissant l'ambiance, ce qui n'est pas le cas d'un tirage de gueule non expliqué, d'une remarque non argumentée, d'une désapprobation non motivée, qui sème le doute et culpabilise. Non, ça c'est admis, à l'instar du verdict du jury de cour d'assises, qui ne doit pas être motivé; c'est populaire, donc c'est bien. C'est ça l'humanité qui attendrit ?! C'est facile de ne pas s'expliquer : quand on ne dit rien, on ne dit pas de stupidités. Dans ce monde, on pardonne la goujaterie, pas la critique, la contestation, la remise en question. Chacun y va de sa bouderie, et ainsi personne ne se remet en question. Et quand on rejette quelqu'un, c'est sans risque: c'est parce qu'il a commis une des fautes, une des infractions communément réprouvées, comme avoir cocufié un copain...

Nombreux sont ceux qui traversent la vie en distribuant des notes: « ÿa c'est génial », « ÿa c'est con », sans les motiver, sans jamais se justifier ni rien créer ! Selon l'étalon qu'est leur personne !

Nous vivons dans une société où la maîtresse d'un homme marié est considérée, par la plupart des femmes, comme une briseuse de ménage, une piqueuse de mecs mariés, pire qu'une pute, qui, elle au moins, se fait payer ; où les sentiments amoureux sincères que celle-là pourrait éprouver pour le mari d'une autre sont plus blâmables qu'un calcul vénal. Où les donneuses de leçons, les gardiennes de la vertu n'osent pas boire plus de deux verres de peur de se laisser submerger par leurs pulsions sexuelles refoulées, et sont donc moins maîtrisées et plus libidineuses que celles dont elles fustigent la débauche.

Est-ce cela communiquer... aimer ?

L'humanité. L'humanité se limite-t-elle à s'agenouiller dans une église, à jouer aux cartes ou aux jeux vidéo, à comparer son look, à soumettre un animal domestique, à conter fleurette, à énumérer ses conquêtes galantes, à qualifier les choses de bien, con, dégueulasse, mauvais..., à insulter les femmes ou les hommes ou les pédés ou les pédophiles ou les étrangers ou les Juifs ou les Arabes ou les Nègres ou les flics ou les fonctionnaires ou les socialistes ou les grévistes...? Avoir des qualifications toutes prêtes, clés en main, sans les motiver, sans expliquer pourquoi: ¿ Ils sont restés dignes ¿, ¿ C'est un très grand monsieur ¿, ¿ Je l'aime ¿, ¿ C'est la tradition ¿, ¿ Il est cocu ¿, ¿ C'est dégueulasse ¿, ¿ C'est une salope ¿, ¿ C'est une pute ¿, ¿ C'est un fils de pute ¿, ¿ C'est un raté ¿, Il est con ¿, ¿ C'est un faux-cul ¿, ¿ Je suis son bouche-trou ¿, ¿ C'est un profiteur ¿, ¿ Il ne respecte rien ¿, ¿ C'est un menteur ¿, ¿ C'est un manipulateur ¿, ¿ Il est sans scrupules ¿, ¿ Il est cynique ¿, ¿ Il est pervers ¿, ¿ Il est sataniste ¿, ¿ Il est parano ¿, ¿ Il est asocial ¿, ¿ Quel égoïste ¿...

[¿]

http://www.journalvachefolle.net/article-459.html

La non-domination au quotidien (1) ¿ nov. 2004

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Lynchage

Peur du lynchage ? Penses-tu ! Quelle idée ?! Dans un monde où on témoigne masqué à des débats sur la prostitution, l'homosexualité ?! Dans un monde où il y a des salopes, des fils de pute, des sales juifs, des sales pédés !? Dans un monde où il y a du mobbing, du harcèlement moral, cette violence perverse au quotidien. Dans un monde où tu peux être tué(e) ¿ socialement ou physiquement ¿ parce que tu es une femme adultère, un(e) homosexuel(le), un incroyant, parce que ¿ partout, en tout temps ¿ tu es un bouc émissaire, parce que tu es un objet de défoulement ¿ défoulement dont une expression est l'addition viol et meurtre sur la même personne ¿, tué(e) par des congénères, des êtres humains comme toi. Traverser la vie avec la méfiance face à l'existence du lynchage n'est pas pire que vivre dans la dépendance d'une femme, d'un homme, d'une famille. Les uns se rangent du côté du nombre, hurlent avec les loups, les autres n'appartiennent qu'à eux-mêmes. Reconnaître ce dont l'homme est capable et le potentiel liberticide de certaines valeurs qui fondent ¿notre¿ société, ne signifie bien sûr pas s'a(ban)donner au manichéisme, au misérabilisme, à l'autovictimisation, à la paranoïa (... parano de la conjuration des imbéciles...), à la contre-attaque individualiste, au Moi contre le reste du monde. ÿ ce propos, il ne faut évidemment pas oublier cette logique qui attribue une dangerosité à des anticonformistes, alors que ce ne sont pas ceux-ci qui (se) rassemblent pour s'imposer à autrui, pour aller tuer. Notre société a sa panoplie de termes péjoratifs pour qualifier ceux qui la contestent au nom de la jouissance individuelle, pour les dénigrer.

[¿]

http://www.journalvachefolle.net/article-461.html

Doute actif et débat contradictoire

Je prône la rigueur, la cohérence, l'honnêteté intellectuelles, en tenant compte du fait que l'homme est un être complexe, changeant, en mouvement, en conflit, ce que la rigueur, la cohérence et l'honnêteté intellectuelles devraient rappeler. Cette ligne de conduite me rend vigilant, méfiant vis-à-vis du recours à l'insulte à l'égard de ses contradicteurs, de ses opposants, méfiant vis-à-vis des penseurs qui se contredisent¿

Je m'oppose à la pensée communautaire. Autrement dit : je ne catalogue pas les personnes, je ne les range pas dans des catégories (¿ les Juifs ¿, ¿ les Palestiniens ¿, ¿ les Arabes ¿, ¿ les Américains ¿, ¿ les Allemands ¿¿), et je critique les personnes qui se laissent ranger dans des catégories (¿ nous les Juifs ¿, ¿ nous les Belges ¿¿), les personnes grégaires, les personnes qui ne pensent pas par elles-mêmes, les personnes dont la pensée est tributaire des appartenances et des dogmes, dictée par ceux-ci. Autrement dit : je ne crée pas de catégories et je critique les catégories existantes.

Aux dogmes, aux affirmations communautaires, j'oppose le doute actif, le débat contradictoire, l'analyse systémique¿

http://www.journalvachefolle.net/article-379.html

Sarkozy. Ploutocratie et voyoucratie

Voyous

« Sarkozy parle comme les racailles de banlieues. » (gpas, 24.02.2008, http://www.20minutes.fr/article/214954/commentaires)

« la FRancede NS est une societé ou les gens passe leur temps a s'insulter, se bagarrer entre eux » (etoui, 24.02.2008, idem)

« Sarkozi est un voyou comme tous les patrons qui le soutiennent. » (jeff, 24.02.2008, idem)

« L'Elysée aussi a ses voyoux il serait temps d'y passer un coup de karcher. » (FredPerry, 25.02.2008, idem)

« Voyous, racailles... Il parlait vraiment d'un sujet qu'il maitrise. » (Cmoi, 25.02.2008, idem)

« Notre président est tout simplement un beauf. Ca nous revient en pleine tronche, c'est tout. » (zelmak2003, 25.02.2008, idem)

« Oui bon, d'accord que c'est un être humain comme les autres, mais il nous la joue un peu trop Zidane notre président...! » (alaouen, 25.02.2008, idem)

« là ou le bat blesse c'est quand un président se permet de souligner les incivilités des autres (jeunes des banlieue qu'il faut nettoyer au karcher) et qu'il se permet de parler comme un de ces jeunes qu'il stigmatise » (barbara430, 25.02.2008, idem)

Show, spectacle, médiatisation, culte de l'image, démagogie, frime, « avoir les couilles », logique de Cour royale, narcissisme, soif de pouvoir, culte de la force. Sensationnalisme médiatique, vendre de la merde, faire consommer. Presse relais du pouvoir. Du pain et des jeux.

Ploutocratie et voyoucratie

« Une civilisation fondée sur le culte de l'argent et le mépris de l'ÿtat ¿ valeurs portées par le président comme par trop de jeunes de nos quartiers pour lesquels les principes républicains ne signifient plus rien ¿ produira toujours de la ¿ voyoucratie ¿. » « Le désengagement de l'ÿtat ¿ école, Justice, Santé, services publics ¿ » « Les fausses valeurs comme le culte de la force, de la compétition, de l'argent facile, le non respect du service public et des institutions » [Citoyenrj, le 30/11/2007 ; http://www.lepost.fr/article/2007/11/29/10...es-enrages.html]

« les pseudo-valeurs du ¿ fric pour le fric ¿ et la haine de l'ÿtat, partagées par le président comme par une partie des jeunes de nos ¿ cités ¿ » [Citoyenrj, le 01/12/2007 ; idem]

« La ploutocratie se protège et compte sur la police pour taper sur la ¿ voyoucratie ¿... Or, ploutocratie et voyoucratie sont les deux faces de la même médaille ! » [Citoyenrj, le 01/12/2007 ; http://www.lepost.fr/sondage/2007/12/01/10...quel-titre.html]

Culte de l'image, culte de la force

Sarkozy et voyous des cités, c'est la même logique. Qu'il s'agit de dénoncer. Dénoncer la violence érigée en valeur chez certains jeunes. Le culte du ¿ respect ¿ dû au caïd, de ¿ l'honneur ¿. Les ¿ couillus ¿ comme modèles ; avoir pour modèles des stars du sport, de la musique, des stars du crime (les gangsters Mesrine, Scarface); suivre des leaders providentiels, des ¿ sauveurs ¿ ; à l'opposé d'une réappropriation de la politique, d'une repolitisation. Des opprimés reprennent les ¿ valeurs ¿ de leurs oppresseurs. Attachement « à tous les symboles de la réussite dans son acception capitaliste : violence, respect seulement des siens, fermeture évidente au monde et à la connaissance » [hermaphrodite.fr/article350 ; 8 septembre 2005]. Le modèle de l'argent, du prix de la voiture. L'industrie fonctionne sur cette envie, sur la convoitise. On aime celui qui vous écrase par sa course au fric.

[http://www.lepost.fr/article/2007/11/29/10...ns-flouees.html]

http://www.journalvachefolle.net/article-792.html

Le show de Sarkozy

Zidane et son coup de boule, Sarkozy et ses répliques sont des modèles. « Avoir les couilles », « ne pas se faire marcher sur les pieds », culte de la force et de l'honneur. Honneur ou bas instincts animaux, honneur ou réactions primaires ?

« Trois hypothèses s'offrent: Il est calculateur. Il pense que c'est bon pour son image, il cherche à être le type qui réagit "comme tout le monde", qui ne se fait pas marcher sur les pieds, etc. Il est à l'ouest, étourdi, il a la tête ailleurs. Il s'en fiche. » (lafayette | 24.02.2008 - 16h09 ; http://www.20minutes.fr/article/214954/commentaires)

« Bah, c'est comme le coup de boule de Zidane ... si on excuse l'un, pas de raisons de ne pas excuser l'autre ... Je sais bien que l'Honneur n'est plus vraiment une valeur sure, mais après tout on est pas non plus obligé de se laisser insulter sous prétexte que l'on est connu. » (Delanouille | 24.02.2008 - 16h24 ; idem)

« le monde entier dit: enfin un président qui à des couilles!!! » (gilbert029 | 25.02.2008 - 08h57; idem)

« A vous entendre on croirait que personne n'a voté pour ce voyoucrate ! Prenez les 5 ans dans vos tronches ... Vous avez voté , vous l'avez eu ! » (AfricanNatur | 24.02.2008 - 17h21 ; idem)

« On a le president que l'on merite » (potager | 24.02.2008 - 17h29 ; idem)

« sarkozy n a pas raison! le propre du faible qui n a aucun argument à présenter c est d insulter .... s il ne peut pas répondre sans insultes il n est pas digne d être président.... on m a appris depuis toute petite à ne pas répondre par des grossièretés pour montrer que je vaux mieux alors lui il vaut quoi ? » (bettyboop2212 | 24.02.2008 - 17h35; idem)

« Ce Monsieur se prend pour le roi, dans quelques temps il faudra faire la reverence sur son passage » (prsa | 25.02.2008 - 08h14 ; idem)

« @gilbert : ce quime dérange c'est cette vulgarité de la part d'un homme d'état, ainsi que cette impulsivité qui fait peur. » (jagx | 25.02.2008 - 08h21; idem)

Show, spectacle, médiatisation, « communication », culte de l'image, démagogie, frime, « avoir les couilles », logique de Cour royale, narcissisme, soif de pouvoir, culte de la force, politique politicarde, politique people. Sensationnalisme médiatique, vendre de la merde, faire consommer. Presse relais du pouvoir. Du pain et des jeux.

Sarkozy et voyous des cités, c'est la même logique. Qu'il s'agit de dénoncer. Dénoncer la violence érigée en valeur chez certains jeunes. Le culte du ¿ respect ¿ dû au caïd, de ¿ l'honneur ¿. Les ¿ couillus ¿ comme modèles ; avoir pour modèles des stars du sport, de la musique, des stars du crime (les gangsters Mesrine, Scarface); suivre des leaders providentiels, des ¿ sauveurs ¿ ; à l'opposé d'une réappropriation de la politique, d'une repolitisation¿

http://www.journalvachefolle.net/article-793.html

Interview de Michel Onfray par Stéphan Bureau ¿ mars 2007

Morceaux choisis

Michel Onfray : « La politesse, ce n'est pas le degré zéro de l'éthique, c'est le premier degré de l'éthique. Et c'est une façon de dire à l'autre : ¿j'ai vu que tu étais là, j'ai vu que tu existes¿. C'est : ¿pardon, s'il vous plaît, merci¿, toutes ces micro-choses qui sont l'occasion de mettre de l'éthique là où a priori il n'y en a pas. »

http://contacttv.net/i_extraits_texte.php?id_rubrique=507

Le retour des couilles

par Philippe Val

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Au XVIIIe siècle, par la bourgeoisie qui cherche, comme Le Bourgeois gentilhomme de Molière au siècle précédent, à singer les « grands », les règles de bienséance se démocratisent, si l'on peut dire. Mais l'autre face, positive, de la politesse est une arme dont disposent les penseurs des Lumières pour fourbir une autre conception de la société et du pouvoir. Formulée sans égard, elle aurait été inacceptable par les censeurs de l'époque. D'un côté, la politesse induit un conformisme et une frustration des m¿urs, de l'autre côté, elle permet l'expression des critiques et des pensées les plus subversives. Ses règles offrent un cadre, finalement très large, qui, pourvu qu'on joue avec et non contre, permet d'esquiver la sanction qui guette l'irrespectueux.

Sans la culture de la politesse, aurait-on pu, aurait-on même eu l'idée de rédiger la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, laquelle, au fond, est un manuel radical du savoir-vivre moderne ? Les bonnes manières, à partir du moment où elles s'imposent à tous, bénéficient aussi à tous, aux femmes, aux métèques, aux Juifs, aux protestants, aux enfants, aux homosexuels, aux riches et aux pauvres, etc.

Sans cette reconnaissance de la vie et de l'existence de l'autre, sans les mutations successives de la politesse, jamais on n'aurait inventé les démocraties modernes dans lesquelles nous vivons depuis le XXe siècle. Elle permet tout simplement le débat contradictoire et la discussion des lois au sein du Parlement, quelque rude et passionnée soit la confrontation. Elle permet aussi la polémique la plus virulente, et l'humour le plus débridé, sans rejeter l'autre en dehors de l'humanité. C'est d'ailleurs la différence avec le pamphlet, qui est le genre de prélidection de l'extrême droite. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que la grande saison du pamphlet ait été la période qui va de l'affaire Dreyfus à la Seconde Guerre mondiale. Le pamphlet transgressait brutalement les règles de la politesse en stigmatisant non des idées, mais des gens ¿ alors que la politesse permet de stigmatiser les idées en épargnant les gens. Le pamphlet exclut son objet de l'espace humain civilisé en tenant toute réponse pour nulle, non avenue et, pour tout dire, non humaine. Céline a porté le pamphlet au rang d'un art, alors qu'avant lui il était un genre littéraire mineur.

De l'exclusion par les mots à l'exclusion par les actes, le chemin est plus court que celui qui va de la politesse à l'exclusion. Affronter quelqu'un en reconnaissant ses droits, ce n'est pas la même chose que l'affronter en les lui déniant. Le philosophe Clément Rosset le formule ainsi : « La politesse, c'est la déférence à l'égard de la différence. » Elle accorde à l'autre le bénéfice du doute.

Je me souviens d'un vieux Vietnamien francophone, à Hué, colonel de l'armée vietcong, qui me racontait qu'il était chargé de rééduquer les pilotes américains prisonniers : « Je leur demandais f'apprendre par c¿ur des fables de La Fontaine, pour qu'ils apprennent la politesse. J'ai fait la guerre aux Américains pour leur apprendre la politesse. »

La question des femmes est au centre de la politesse. Elle s'appelle alors la galanterie, et elle est un abandon de la supériorité masculine devant la femme, voire un abaissement. Bien que parfois momentanée ou superficielle, cette attitude de soumission n'en est pas moins réelle. Sans ce moment d'abdication où le pouvoir change de main, où le dominant se proclame dominé, aurait-on trouvé le chemin de l'égalité des droits ? ÿ quel autre moment le débat aurait-il pu s'initier, sinon à celui qui, quand bien même par jeu, permettait à la femme d'exprimer son désir, sans se voir rabrouer grossièrement ? Sans ce moment où s'appliquent les règles de la galanterie, la plupart des personnages féminins de Molière seraient muets.

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Et puis, il y a eu Internet, et la possibilité de s'adresser au monde entier sans même apparaître à la fenêtre. Nous sommes en train d'édifier autour de la planète l'image même de notre cerveau tel que nous nous le représentons. Nous sommes aux premiers âges d'un cerveau primitif électronique planétaire constitué de la rumeur de toute la pensée humaine. Comme dans un cerveau, il y a les zones du rut et de la prédation, les zones de mémoire, des continents de névroses et de psychoses paranoïaques, une jungle de synapses et de neurones aux fonctions barbares et non indentifiées. Au loin, vers le front, minoritaire, le siège de l'intelligence, encore inaudible dans le tumulte assourdissant des instincts criards, mais destiné sans doute un jour ou l'autre à exercer une domination relative sur les autres zones, selon un processus darwinien.

Sur Internet, l'heure n'est pas encore à la politesse et à la galanterie : on a des couilles ou on n'a pas de couilles. Alors que depuis trente ou quarante ans les femmes ont le pouvoir sur leur corps et les mêmes droits que les hommes, alors que les homosexuels ne sont plus discriminés, et que l'expression « avoir des couilles » a un parfum d'obsolescence, alors que, précisément, les couilles ne sont plus l'apanage suprême de la supériorité, Internet redevient le lieu où classer les gens entre sans couilles et avec couilles est tout à fait naturel.

Récemment, j'ai pu lire sur mon mail, répétée à l'envi et reprise ici ou là, cette condamnation sans appel concernant la rédaction de Charlie et moi-même : « Vous n'avez pas de couilles. » Comme si la couille était devenue une matière pensante infiniment supérieure à la tête. Comme si, brutalement, les femmes étaient de nouveau privées d'un attribut suprême.

Le XVIIIe siècle a également été celui d'un débat violent à propos de la politesse. Pendant la Révolution, il y a eu un moment, de 1792 à 1794, précisément la période de la Terreur, où la politesse était mouche, interdite, et le tutoiement obligatoire. Celui qui n'obéissait pas à l'interdiction de la politesse prouvait qu'il n'avait pas les couilles d'être révolutionnaire, alors on lui coupait la tête. Faute de couilles, Madame Roland a été décapitée, comme Danton, qui commit l'erreur de ne pas faire de ses couilles le siège de sa vertu.

Si, au XXIe siècle, quarante ans après le début de la révolution féministe, l'expression « avoir des couilles » survivait, c'était dans un second degré prudent. Son retour dans le premier degré, l'emploi fréquent d'invectives et d'insultes sexuelles de nature voisine sur les blogs et les réactions de lecteurs des sites de journaux, à quoi s'ajoute l'expression de haines spontanées, jamais freinées par le souci de laisser à l'autre le bénéfice du doute, appellent une réflexion. En dix ans, Internet a détricoté le travail fragile de deux siècles. Dans cette brutalité règnent les grandes peurs irrationnelles, les imaginations de complot et l'idée que la violence seule est susceptible de répondre au désaccord. On réagit immédiatement aux affects, sans prendre le temps de percevoir la réalité et de tenter de la comprendre. C'est la planète des singes, où le totem est une grosse couille érigée sur la place du village. Un jour, parce que la haine nous aura épuisés, parce que la souffrance sera devenue à la fois insupportable et dérisoire, nous apprendrons la politesse.

Philippe Val, in : Charlie Hebdo, 23 juillet 2008

Benny T

Suis-je raciste ? Suis-je colonialiste ? Suis-je un nouveau réactionnaire ? Suis-je un suppôt de l'empire israélo-américain ? Suis-je de la mouvance identitaire ?

Pourquoi je ne suis pas musulman

Ibn Warraq

Ibn Warraq est le pseudonyme d'un écrivain américain, qui serait né en 1946 dans un pays musulman non arabe. Son livre le plus connu, traduit en français, est Pourquoi je ne suis pas musulman.

Chercheur et islamologue américain, Ibn Warraq serait né en Inde dans une famille musulmane. Il aurait grandi et aurait été éduqué au Pakistan. Son nom est un pseudonyme, qui signifie " fils du feuillet " en arabe, en référence à la qualité d'écrivain. Il défend un humanisme laïc universaliste.

Il se présente comme un critique de toutes les religions, mais en particulier de l'islam, qui, d'après lui, pervertissent et étouffent la raison, et sont, de plus, toujours exposées au danger de permettre au pouvoir politique, de les utiliser à son profit. Le pouvoir politique, quel qu'en soit la nature et la forme, s'il s'empare de la religion à laquelle croient les membres d'une société ou d'une communauté et utilise celle-ci à des fins de gouvernement des hommes, acquiert ainsi une emprise démesurée sur leur esprit. Ce faisant le pouvoir politique, lorsqu'il prend appui sur les croyances les plus profondes et les plus précieuses aux hommes, peut atteindre à une dimension et une puissance extraordinaires.

Cette possibilité, avérée dans les faits, est dénoncée par Ibn Warraq comme constituant un danger pour l'esprit et pour la liberté. Les principes de liberté, de libre jugement, et de la raison induisent que la force de la croyance religieuse ne puisse être politiquement reprise et exploitée par le pouvoir sans aliéner les individus et interdire une société libre et un ÿtat de droit.

Son livre Pourquoi je ne suis pas musulman se veut une étude historique et théologique, comprenant l'étude des incidences politiques de l'islam et des civilisations musulmanes. Ibn Warraq soutient une critique, d'un point de vue qui privilégie la raison sur la croyance religieuse, et qui est très sévère à l'égard de l'islam. Selon son étude, ce qu'il considère comme un problème n'est pas seulement l'intégrisme d'une certaine forme de l'islam, mais l'islam lui-même. Taslima Nasreen présente ainsi l'ouvrage de Ibn Warraq : « L'idée maîtresse contenue dans l'argumentation d'Ibn Warraq est énoncée avec force: le problème n'est pas simplement l'intégrisme musulman, mais l'islam lui-même. »

Par ailleurs, l'islam liant la politique et la religion de manière intrinsèque, Warraq estime que cela le place devant la difficulté de se réformer et se transformer. (Voir l'article Droit musulman).

Ibn Warraq écrit : « Le plus nocif des legs de Muhammad est peut-être d'avoir soutenu que le Coran est la parole même de Dieu, vraie à jamais, faisant ainsi obstacle à tout progrès intellectuel et oblitérant tout espoir de liberté de pensée qui seuls permettraient à l'islam d'entrer dans le XXIe siècle. »

Le jihad, comme Warraq le présente, serait prôné par la loi islamique. Warraq explique qu'il n'existe pas de tolérance islamique : « l'islam a conquis par l'épée, et ce faisant il a détruit la chrétienté en Orient et la culture persane séculaire, pillant et brûlant les églises et les temples ; il a dévasté l'Inde et a littéralement mis à sac des milliers de temples hindous. »

Warraq analyse la situation des femmes dans le monde islamique, et affirme que c'est une conséquence logique des principes musulmans, qu'il estime misogynes, dans le Coran, les Hadiths, et la Charia. » [1]

Droits de l'homme et théologie musulmane

Ibn Warraq défend les droits de l'homme et la laïcité, d'un point de vue politique occidental moderne, à partir duquel il étudie l'islam, pour en donner une critique aux aspects aussi bien théologique que politique.

A propos des Droits de l'Homme, il rappelle la non-reconnaissance des grands principes de ceux-ci par de nombreux gouvernements de pays islamiques, à commencer par l'interdiction légale de quitter l'islam. L'apostasie est proscrite et punie de mort par la charia.

Il dit dans son livre Pourquoi je ne suis pas musulman : « Les militants islamistes n'ignorent pas que l'islam est incompatible avec les principes de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Ils se sont réunis à Paris en 1981 pour rédiger une Déclaration Islamique des Droits de l'Homme qui occulte toutes les libertés qui contredisent la loi islamique. Plus préoccupant encore est le fait que sous la pression des ÿtats musulmans, l'article 18 de la Déclaration des Nations unies a été révisé en novembre 1981. La liberté de religion et le droit de changer de religion ont été supprimés et seul le droit d'avoir une religion fut conservé. » [2]

Ibn Warraq doute donc des capacités internes de l'islam à adopter des principes théologiques qui pourraient davantage convenir à une certaine notion de modernité.

« Même si nous concédons que les musulmans conservateurs ont interprété la charia à leur façon, qu'est-ce qui nous donne le droit de dire que leur interprétation est fausse et que celle des musulmans libéraux est authentique ? Qui peut dire ce qu'est l'islam authentique ? Pour beaucoup de spécialistes, la charia demeure l'essence de la civilisation islamique. En fin de compte, on peut interpréter la charia avec une certaine souplesse, mais elle n'est pas pour autant indéfiniment élastique. » (in Pourquoi je ne suis pas musulman)

Le pouvoir des chefs religieux de l'Iran est aussi dénoncé par Ibn Warraq.

« Il est difficile pour l'Occident d'imaginer le pouvoir qu'exercent les mollahs sur les masses, les poussant à perpétrer les actes les plus vils, au nom de Dieu. Un groupe de musulmans hystériques, manipulés par un mollah, a lapidé un enfant abandonné, au motif qu'il était probablement le fruit d'une union illégitime et donc qu'il ne pouvait pas être toléré. Une autre foule a coupé la main d'un homme parce que le mollah qui la menait avait prétendu que cet homme était un voleur, sans preuve, sans procès, juste sur la parole du mollah. » (Ib.)

Une critique politique

Sa critique de l'islam est essentiellement politique. En historien il affirme que la civilisation musulmane a enseigné et permis la conquête nombreux pays. Ce faisant il met en perspective la position supposée anti-impérialiste de nombreux pays arabes et musulmans. Il pense que l'islam est une religion guerrière ; il voit au c¿ur de l'islam même un motif de conflictualité dans ses rapports à l'autre.

« Alors qu'on culpabilise tous les Européens avec le colonialisme et l'impérialisme occidentaux [...], l'impérialisme arabe est au contraire présenté comme un objet de fierté pour les musulmans. [...] Personne ne s'avise de faire remarquer que l'islam a colonisé des territoires qui appartenaient à des civilisations anciennes, et que ce faisant, il a écrasé et réduit à néant de nombreuses cultures. » (Ib.)

« L'essor du fascisme et du racisme en Occident est la preuve que tout le monde n'est pas amoureux de la démocratie. Par conséquent, la bataille finale ne sera pas nécessairement entre l'islam et l'Occident mais entre ceux qui attachent du prix à la liberté et ceux qui n'en attachent aucun. » (Ib.)

[1] http://www.c-e-r-f.org/fao-252bis.htm

[2] La révision à laquelle Ibn Warraq fait allusion est celle du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dont l'article 18 ne prévoit pas la liberté de changer de religion contrairement à la Déclaration universelle des droits de l'homme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Warraq

Cercle d'ÿtude de Réformes Féministes

Face aux obscurantismes (l'islamiste et les autres) : le Devoir de Liberté

Ibn Warraq

Pourquoi je ne suis pas musulman [1]

Ibn Warraq se présente lui-même ainsi :

« Je suis né dans une famille musulmane et j'ai grandi dans un pays qui est aujourd'hui fier d'être une république islamique ... Avant même de pouvoir lire ou écrire ma langue maternelle, j'avais appris le Coran par coeur, en arabe, sans en comprendre un traître mot; ainsi en est-il pour des centaines de millions d'enfants musulmans. Dès que j'ai été capable de raisonner par moi-même, j'ai rejeté tous les dogmes religieux que l'on m'avait fait ingurgiter. Je me considère aujourd'hui comme un humaniste laïc, qui croit que toutes les religions sont des rêves d'hommes débiles, de toute évidence fausses et pernicieuses. »

Taslima Nasreen présente ainsi l'ouvrage de Ibn Warraq :

« L'idée maîtresse contenue dans l'argumentation d'Ibn Warraq est énoncée avec force: le problème n'est pas simplement l'intégrisme musulman, mais l'islam lui-même. (...) »

Ibn Warraq démontre de façon convaincante que les atrocités commises en Algérie ou en Afghanistan ou encore au Soudan, par exemple, sont la conséquence logique des principes gravés dans le Coran, les Hadiths, la Sunna et la Charia. Autrement dit, ce que l'ayatollah Khomeiny a mis en pratique en Iran c'est l'islam, l'islam véridique, et non pas quelque aberration. (...)

Le jihad, comme Warraq le démontre, est clairement prôné par la loi islamique, et le Coran foisonne de passages qui exhortent le croyant à tuer l'incroyant ou le non-musulman. Warraq fait également éclater le mythe de la tolérance islamique : l'islam a conquis par l'épée, et ce faisant il a détruit la chrétienté en Orient et la culture persane séculaire, pillant et brûlant les églises et les temples; il a dévasté l'Inde et a littéralement mis à sac des milliers de temples hindous.

La situation déplorable des femmes dans le monde islamique est aussi analysée par Warraq comme une conséquence, une conséquence logique des principes misogynes qui sont parsemés dans tout le Coran, les Hadiths et la charia. (...)

Warraq insiste sur la nature totalitaire de l'islam, montrant en quoi il est incompatible avec le respect des Droits de l'Homme. Ce ne sont pas seulement les femmes qui sont inférieures selon la loi islamique, mais aussi les non-musulmans vivant dans des pays islamiques. De même que nul n'a le droit de changer de religion : un apostat doit être tué.

Warraq aborde également les récentes découvertes sur les origines de l'islam, découvertes qui jettent de lourdes suspicions sur l'authenticité des sources islamiques (...) Le Coran est également considéré comme un document extrêmement humain, grouillant d'erreurs grammaticales et historiques, dont il n'existe non pas une, mais des milliers de versions."

Son préfacier, le général Salan, note, en bon connaisseur des rapports de force physique :

« Battre sa femme est autorisé (...). Aujourd'hui, des théoriciens islamiques justifient encore cette subordination par des considérations absurdes, alors que la médecine moderne n'a constaté qu'une différence entre l'homme et la femme: la force physique. »

« Il existe des Musulmans modérés, l'Islam n'est pas une religion modérée »

Le livre de Ibn Warraq est une sorte d'encyclopédie critique de l'islam. Entre autres, Ibn Warraq analyse et critique les textes de nombreux islamologues.

Ibn Warraq dénonce l'« impérialisme arabe et le colonialisme islamique » :

« Alors qu'on culpabilise tous les Européens avec le colonialisme et l'impérialisme occidentaux (...), l'impérialisme arabe est au contraire présenté comme un objet de fierté pour les musulmans. (...) Personne ne s'avise de faire remarquer que l'islam a colonisé des territoires qui appartenaient à des civilisations anciennes, et que ce faisant, il a écrasé et réduit à néant de nombreuses cultures. »

En prenant l'exemple de l'Inde, il parle même des apports du colonialisme européen, et il espère que « l'histoire rendra justice à l'impérialisme européen ».

Pour expliquer le rapport entre cet impérialisme et l'islam; il résume la thèse terrible de Schumpeter :

« D'après Schumpeter, les Arabes ont toujours été un peuple de guerriers qui vivaient du pillage et de l'exploitation des populations sédentaires. L'islam était une machine de guerre qui ne pouvait être arrêtée une fois qu'elle était lancée. Faire la guerre était une activité tout à fait ordinaire dans cette théocratie militaire. Les Arabes ne cherchaient même pas de raison pour mener leurs guerres. Leur organisation sociale réclamait la guerre et sans victoire elle se serait effondrée. Ici nous voyons un expansionnisme dépourvu d'objectif concret, brutal et né d'une nécessité de son passé. Les conquêtes arabes auraient existé sans l'islam. Certaines particularités de l'impérialisme arabe peuvent être expliquées par les paroles du Prophète, mais leur force demeure ailleurs. Muhammad n'aurait pas gagné s'il avait prêché l'humilité et la soumission. Pour ses soldats, vraie religion signifiait victoire, et fausse religion signifiait défaite. Par conséquent la religion n'était pas la raison des conquêtes; elle était la manifestation d'un instinct guerrier. »

Il explique la " djihad " :

« La nature totalitaire de l'islam n'est nulle part plus apparente que dans le concept de Jihad, la guerre sainte, dont le but final est de conquérir le monde entier et de le soumettre à la seule vraie religion, à la loi d'Allah. (...). Les musulmans ont le devoir de se battre et de tuer au nom d'Allah. »

Ibn Warraq donne une citation très étonnante d'Averroès, juriste, médecin et philosophe, ayant vécu de 1126 à 1198 en Espagne :

« D'après lui [Averroès], la pauvreté et la détresse du monde proviennent du fait que les femmes sont maintenues « comme des animaux domestiques ou des plantes vertes pour le seul plaisir (des hommes) (...) au lieu d'être autorisées à prendre part à la production des richesses matérielles et intellectuelles ou à leur préservation ».

Commentaire :

900 ans après Averroès, la situation est toujours la même et les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Un rapport d'experts des pays arabes de 2002 parvenait au même diagnostic. (" Des experts arabes, sur commande de l'ONU, remettent un rapport absolument dévastateur sur l'état du monde arabe", article de www.proche-orient.info ).

Des économistes s'interrogent sur le fait de savoir si l'islam est incompatible avec le développement, certains trouvent pertinent de comparer le développement de pays musulmans avec le développement de pays voisins, pour en conclure que l'islam ne serait ni plus ni moins favorable qu'une autre religion au développement.

En réalité, c'est la condition des femmes qui permet ou pas le développement. Les pays qui maltraitent autant ou presque les femmes que les pays musulmans, ont le même problème de développement. René Dumont avait également cité ce facteur en Afrique. C'est la situation des femmes dans l'islam qui fait de cette religion un facteur contraire au développement.

Ibn Warraq parle du pouvoir des mollahs sur les foules :

« Il est difficile pour l'Occident d'imaginer le pouvoir qu'exercent les mollahs sur les masses, les poussant à perpétrer les actes les plus vils, au nom de Dieu. Un groupe de musulmans hystériques, manipulés par un mollah, a lapidé un enfant abandonné, au motif qu'il était probablement le fruit d'une union illégitime et donc qu'il ne pouvait pas être toléré. Une autre foule a coupé la main d'un homme parce que le mollah qui la menait avait prétendu que cet homme était un voleur, sans preuve, sans procès, juste sur la parole du mollah. »

Citons à ce propos les évènements les plus récents en Afghanistan :

« La question, posée dans un article de l'hebdomadaire Aftab, paraissait anodine : « Si l'islam est la dernière religion révélée, la plus aboutie, pourquoi les pays musulmans sont-ils à la traîne du monde moderne ? » Une remarque jugée blasphématoire par certains milieux de Kaboul puisqu'elle remettait en cause la valeur du Coran. « La démocratie nécessite des sacrifices », répond sereinement le « blasphémateur », Sayyed Mahdawi, libéré après une semaine de prison. En attendant, Sayyed Mahdawi se sait en danger. Il est presque étonné de ne pas encore avoir été tué alors qu'il a refusé la protection offerte par le ministère de l'Intérieur. Dans l'entourage du Président, on assure que le mettre en prison était le meilleur moyen de le protéger. La presse s'est déchaînée contre lui, des manifestations ont été organisées et on a pu craindre l'embrasement. » Libération, 29 juillet 2003.

Sur l'évolution possible de l'islam Ibn Warraq affirme :

« Même si nous concédons que les musulmans conservateurs ont interprété la charia à leur façon, qu'est-ce qui nous donne le droit de dire que leur interprétation est fausse et que celle des musulmans libéraux est authentique? Qui peut dire ce qu'est l'islam authentique? Pour beaucoup de spécialistes, la charia demeure l'essence de la civilisation islamique. En fin de compte, on peut interpréter la charia avec une certaine souplesse, mais elle n'est pas pour autant indéfiniment élastique. »

« La vérité, c'est que l'islam ne parviendra jamais à la démocratie ni au res­pect des droits de l'homme aussi longtemps qu'il s'en tiendra à la charia et qu'il n'y aura pas de séparation de l'ÿglise et de l'Etat. Mais, comme Muir le fait si justement remarquer : « Une religion réformée qui remettrait en question l'autorité divine sur laquelle elles (les institutions de l'islam) reposent ou qui essayerait, par des choix rationnels ou des compromissions, de mener à bien un changement, ne serait plus l'islam. » »

Sa conclusion est :

« L'occident ne doit pas jouer avec la démocratie et doit renoncer à des politiques qui compromettent ses principes pour des gains à court terme aussi bien chez lui qu'à l'étranger.

L'essor du fascisme et du racisme en Occident est la preuve que tout le monde n'est pas amoureux de la démocratie. Par conséquent, la bataille finale ne sera pas nécessairement entre l'islam et l'Occident mais entre ceux qui attachent du prix à la liberté et ceux qui n'en attachent aucun. »

[1] ÿditions L'ÿge d'Homme (1999)

http://www.c-e-r-f.org/fao-252bis.htm

Religion

La nature veut qu'on jouisse de la vie le plus possible et qu'on meure sans y penser. Le christianisme a retourné cela.

Charles Sainte Beuve [né en 1804]

L'idée de Dieu et les religions sont source et maintien de l'ignorance, de l'abrutissement, par conséquent de l'esclavage et de la misère.

Auguste Blanqui [né en 1805]

La religion est le plus grand obstacle dont les hommes de progrès doivent tout d'abord débarrasser la route.

ÿmile Zola [né en 1840]

Vénération : L'attitude spirituelle d'un homme envers un dieu, et d'un chien envers un homme.

Ambrose Bierce [né en 1842]

Nous sommes empoisonnés de religion. Nous sommes habitués à voir des curés qui sont à guetter la faiblesse et la souffrance humaines, afin d'achever les mourants d'un coup de sermon qui fera réfléchir les autres. Je hais cette éloquence de croque-mort. Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort ; répandre l'espoir, non la crainte ; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C'est le secret des grands sages,et ce sera la lumière de demain.

ÿmile Chartier, dit Alain [né en 1868], Propos sur le Bonheur

La religion aujourd'hui, a beau jeu de se targuer d'avoir aidé aux progrès de l'esprit. Comme les patrons qui se targent des conventions collectives qu'il fallu leur arracher en un long, en un sanglant combat

François Cavanna [né en 1923]

http://www.fortunes-fr.org/data/religion

Citations : Lettre ouverte aux culs-bénits (1994)

François Cavanna (né en 1923)

"Une religion dite "universelle" n'est qu'une secte qui a réussi commercialement parlant."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Une religion établie n'est qu'une magie devenue "respectable"."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"C'est bien connu: dans les périodes d'inquiétude générale, l'animal humain perd les pédales, rejette - plus encore qu'à l'accoutumée - les arguments de sa raison et plonge à corps perdu dans les tentations de l'irrationnel rassurant et exaltant. La crédulité s'engraisse sur le désarroi comme la mouche verte sur la charogne."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"L'athée qui irait proclamant que l'inexistence de Dieu est démontrée serait en contradiction avec lui-même : il ferait acte de foi, cette foi fût-elle négative. En effet, ayant admis que la question même de l'existence d'un Dieu se situe hors du domaine des questions "permises" et n'a donc pas à être posée puisqu'on ne pourrait y répondre, dans un sens ou dans l'autre, que par des affirmations indémontrables, il la pose quand même et y répond péremptoirement.

"Non" est tout aussi téméraire que "Oui". L'athée cohérent se garde bien d'accepter la discussion sur ce terrain. Une fois pour toutes, il ignore Dieu et le problème de son existence, il se conduit en tout sans tenir compte de ces chimères."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Ce qu'on a appelé "liberté de conscience", au long de l'Histoire, c'est la liberté, pour les insatisfaits du culte officiel massivement majoritaire dans un certain pays, de pratiquer une religion différente, généralement simple version légèrement déviante du culte officiel, à proprement parler : une hérésie.

Il n'a jamais été question de liberté de conscience pour les non-croyants. Quand le protestantisme version Calvin se fut imposé à Genève comme religion dominante, le simple soupçon d'athéisme vous conduisait au bûcher plus sûrement que la persistance dans la religion catholique, devenue à son tour "hérésie".

Aujourd'hui encore, surtout hors de France, ne pas croire en une version quelconque de Dieu est proprement impensable. L'athée est regardé avec une certaine répugnance, comme une espèce de monstruosité, d'ébauche humaine inachevée à qui il manque une faculté essentielle."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Si vraiment ce monde où nous sommes a été créé, créé par quelqu'un qu'il est convenu d'appeler Dieu, alors tout se passe comme si ce personnage doué du pouvoir de créer (par définition) était un arriéré mental incohérent et brouillon, un impulsif à tendances sadiques, un caractériel infantile...

En somme, un enfant dieu débile et dangereux qu'on aurait isolé dans un coin lointain d'univers pour qu'il fiche la paix au monde en faisant joujou sur son tas de sable à arracher les pattes des mouches. Les mouches, c'est nous."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Toutes les religions ont une explication de la "création" du monde, tous les livres sacrés commencent par là. Pas une seule religion n'a soupçonné quelle est la véritable forme de la Terre, la nature du ciel et des étoiles, les lois de la gravitation, les rapports entre la Terre, la Lune, le Soleil et les planètes, la constitution du corps humain, le rôle des micro-organismes dans les maladies, etc. Tous les livres saints, dès qu'ils se mêlent d'expliquer ce monde créé par le dieu qu'ils exaltent, déconnent à perdre haleine.

[¿]

Tout se passe comme si les livres "sacrés", fondements intouchables de la foi, étaient les ¿uvres d'ignorants fumeux et prétentieux, d'illuminés en état d'excitation, de monomaniaques en proie à une idée fixe et n'en sachant pas plus sur la nature des choses que ce qu'en savaient les bonnes gens de leur époque."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Au commencement était le Verbe, dit le supposé ÿvangile du supposé Jean. Le Verbe, c'est à dire la parole, mais vous aviez compris. C'est-à-dire aussi le baratin, pour le cas où vous n'auriez compris que jusqu'à un certain point.

Quel aveu!"

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Dites voir, s'ils l'avaient empalé, leur Jésus-Christ, où les porteraient-ils, les stigmates, les élus de Dieu ?"

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Cette histoire d'âme, entité invisible, invérifiable et tellement flatteuse pour celui à qui l'on en concède une, est une invention formidable. Elle n'est pas la seule, toute religion est bâtie sur un système d'affirmations du même genre, impossible à démontrer et donc irréfutables, tout à la fois consolatrice et terrifiantes, mais, là, on est obligé d'admirer. Affirmer à une espèce animale, en l'occurrence la nôtre, qu'elle n'est qu'en apparence semblable aux autres par son aspect et la matière dont elle est faite, mais qu'elle possède, elle, une chose essentielle et sublime, immortelle de surcroît (vas y voir !), que les autres créatures de chair et de sang n'ont pas, que cette entité invisible est son véritable "moi" qui survivra à tout, le reste n'étant que vase provisoire, vile dépouille vouée à la putréfaction, et que cette "étincelle divine" la rend non seulement supérieure à toute espèce vivante, mais surtout différente en essence car procédant de la nature même de Dieu, ce qui lui donne droit de vie et de mort sur tout ce qui vit, quelle trouvaille ! C'est là le bon vieux coup de la race élue¿"

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"La grande trouvaille des inventeurs du christianisme : "Dieu est amour !"

Et alors ? Qu'est-ce que ça change ?

Tu peux toujours prêcher aux hommes un dieu d'amour, ils se serviront de lui pour sanctifier leurs crapuleries et leurs crimes "pour la bonne cause" ainsi que les massacres de masse, curés bénisseurs en tête.

Dieu, on lui fait dire ce qu'on veut. C'est d'ailleurs à ça que ça sert."

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Conseils pour la route :

Pars de zéro.

Mets tout à plat.

Rejette toute tradition.

Méprise tout rituel

Ne respecte aucun tabou.

Tiens tout symbole pour ce qu'il est : du vent

Pisse sur le sacré.

N'écoute aucune parole "révélée".

Fuis ceux qui ont la vérité par la foi.

Crache à la gueule des charlatans du "merveilleux".

Ris de tout, pleure de tout, mais selon ton humeur.

ÿduque ta raison, tu n'as rien d'autre.

N'admets pour provisoirement acceptable que ce que ta raison estime dûment démontré.

Laisse de côté les questions sans réponse.

Fuis la métaphysique.

Ne te conduis pas en fonction d'une morale transcendante.

Mais que ta morale soit faite des règles nécessaires à la vie de chacun dans une société harmonieuse et fraternelle.

... Sauf, bien sûr, si les hommes noirs prennent le pouvoir et rallument les bûchers. Dans ce cas, mon fils, fais semblant !"

(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

http://atheisme.free.fr/Biographies/Cavanna_lettre_ouverte.htm

Charlie Hebdo

[¿]

En novembre 2002, le chroniqueur philosophe Robert Misrahi publie une tribune sur l'ouvrage d'Oriana Fallaci La Rage et l'orgueil intitulée « Courage intellectuel » dans laquelle il fait un éloge de l'ouvrage.

Il écrit notamment : « Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. [¿] Elle ne proteste pas seulement contre l'islamisme assassin. [¿] Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l'opinion européenne, qu'elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c'est l'Islam qui part en croisade contre l'Occident et non pas l'inverse. »

Cet article crée une polémique auprès de plusieurs associations qui estiment que l'ouvrage contient des propos racistes et le soutien de Misrahi à l'auteur italienne est vivement critiqué dans des publications comme Acrimed.

La semaine suivant la publication de l'article, plusieurs lettres de lecteurs choqués sont publiées dans Charlie Hebdo et une réponse de l'hebdomadaire à ces courriers désavoue le chroniqueur.

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Individualisme versus identitarisme, communautarisme (8)

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (9)

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Individualisme versus identitarisme, communautarisme (13)

Benny T

Suis-je raciste ? Suis-je colonialiste ? Suis-je un nouveau réactionnaire ? Suis-je un suppôt de l'empire israélo-américain ? Suis-je de la mouvance identitaire ?

Collectif Les mots sont importants

http://lmsi.net/

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Individualisme versus identitarisme, communautarisme (4)

« personne ne croira sincèrement que l'immense majorité des jeunes filles impliquées veuillent choisir spontanément une logique claustrale. » « le voile islamique à l'école ne constitue, cela va de soi, que le totem du communautarisme. Il implique directement la revendication d'une identité religieuse qui n'a pas sa place à l'école publique, voire - cela dépend des ressorts véritables des jeunes filles concernées - une volonté de différenciation, incompatible à coup sûr avec les principes jumeaux de la laïcité et de l'intégration.. »

Alain Duhamel, « Le totem du communautarisme », Libération, 26/11/2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

« [Le voile] symbolise ouvertement un statut subordonné de la femme, en contradiction flagrante avec la règle de l'égalité, comme d'ailleurs avec celle de la liberté, puisque personne ne croira sincèrement que l'immense majorité des jeunes filles impliquées veuillent choisir spontanément une logique claustrale. »

Alain Duhamel, « Le totem du communautarisme », Libération, 26/11/2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

« Que dit-on parfois pour défendre les partisans du voile ? Que, dans les classes à dominante maghrébine, c'est affirmer une différence que de ne pas le porter, et que c'est en tout cas s'exposer à une réputation de libertinage. L'argument n'est pas indifférent. Mais en même temps c'est une attitude qui consiste à accepter une soumission à une pression rétrograde, et c'est risquer de paraître vouloir donner une leçon aux musulmanes libérées, légalistes ou simplement polies. »

Jean Daniel, « Décidément, non au voile ! », Nouvel Observateur, N° 2010, 15-21/05/2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

« dans toutes les grandes religions monothéistes, juive, chrétienne ou musulmane, il ne fait pas bon être femme. Dans la religion juive, il est une prière que les hommes font tous les matins et qui dit : "Je vous remercie, mon Dieu, de ne pas m'avoir fait femme." »

« Une loi serait une saloperie », Daniel et Gabriel Cohn-Bendit, Le Monde, vendredi 17 octobre 2003. Repris dans Le Monde 2, n° 34, novembre 2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

« L'islam n'est pas contre la liberté des êtres humains et de la femme, C'est la culture patriarcale qui est contre ce concept de l'égalité. (...) La situation des femmes dans les pays musulmans est très mauvaise. J'ai dit et dirai toujours que l'islam n'est pas un bon prétexte pour justifier l'oppression et la répression à l'égard des femmes. »

Shirin Ebadi

Dante Sanjurjo, « Shirin Ebadi, le Nobel de l'espoir », Politis, n° 781, jeudi 25 décembre 2003. Voir aussi : www.politis.fr/article797.html

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

« Est-il si difficile de comprendre la relation existant entre ce rapport de domination et la situation économique et sociale de ces dizaines de milliers (au minimum) de jeunes hommes, étrangers ou d'origine étrangère, privés de perspective d'insertion économique, donc aussi de perspective de formation d'un couple et d'une famille, connaissant une misère sexuelle, recroquevillés sur la vie ultra-locale où ils tentent de sauver leur fierté ? Ceci n'excuse pas leur erreur et leur bêtise (...) mais permet d'en comprendre l'origine. Femmes et hommes sont ensemble victimes de cet enfermement. Il n'est pas juste, ici non plus, d'absoudre la société française en mettant tout sur le dos de la « culture » des Arabes ou de la religion des Musulmans. »

« L'islamophobie : une myopie intellectuelle ? », Laurent Mucchielli. http://laurent.mucchielli.free.fr/Docs/L'islamophobie.doc

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

il n'y a ni un seul type de « voile », ni une seule raison qui expliquent que certaines filles le portent, et d'autres non

Lire Le foulard et la République, Françoise Gaspard et Farhad Khosrokhavar, La Découverte, 1995. Lire aussi L'une voilée, l'autre pas. Le témoignage de deux musulmanes françaises, Dounia Bouzar et Saïda Kada, Albin Michel, 2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

« Il suffit d'ailleurs de regarder autour de soi dans la rue pour constater qu'il est temps de stopper le flux communautariste dont les signes - symboles religieux, vêtements caractéristiques, nourriture particulière, cités-ghettos - tendent à se multiplier depuis dix ans. »

Alain Duhamel, « Le totem du communautarisme », Libération, 26/11/2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

Jean Daniel :

« j'en ai parlé avec quelques amis musulmans. Pas n'importe lesquels, bien sûr. Certains d'entre eux viennent de signer l' « Appel de mai », rédigé à l'initiative du Mouvement des Musulmans laïcs de France, « face à l'offensive des adeptes du foulard islamique ». Cela fait connaître au public qu'il existe un tel mouvement. »

Jean Daniel, « Décidément, non au voile ! », Nouvel Observateur, N° 2010, 15-21/05/2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

« Plus décisives encore, des femmes de divers bords politiques viennent dans Elle d'appeler à la loi contre « un symbole de soumission ». [16] Elles savent qu'à leur encontre le discours islamiste tient tout entier dans cet alexandrin qu'un barbon de Molière jette à sa « prisonnière » : « Votre sexe n'est là que pour sa dépendance »... » [17]

[16] Lire « Le magazine Elle profite du voile », Véronique Maurin. Publié en ligne sur le site ACRIMED : http://acrimed.org/article1432.html

[17] Claude Imbert, « Derrière le voile », Le Point, N° 1630, semaine du 12 décembre 2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

L'Affaire Fallaci

Oriana Fallaci, La Rage et l'Orgueil [18]

« [Les musulmans] sont de plus en plus, ils seront de plus en plus, ils veulent de plus en plus, ils voudront de plus en plus, et ceux qui aujourd'hui vivent sur notre territoire ne peuvent être considérés que comme des pionniers. Donc négocier avec eux est impossible. Raisonner avec eux, impensable. Les traiter avec indulgence ou tolérance, ou bien espoir, un suicide. »

« Au lieu de contribuer au progrès de l'humanité, [les fils d'Allah] passent leur temps avec le derrière en l'air à prier cinq fois par jour (...) Ils se multiplient comme des rats (...) Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût. »

Pierre-André Taguieff : « Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules. » [19]

Alain Finkielkraut : « Oriana Fallaci a l'insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s'efforce de regarder la réalité en face. » [20]

Le philosophe Robert Misrahi :

« Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. (...) Elle ne proteste pas seulement contre l'islamisme assassin (...) Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l'opinion européenne, qu'elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement que c'est l'islam qui part en croisade contre l'occident et non pas l'inverse » [22]

[19] Pierre-André Taguieff (Actualité juive, 20 juin 2002), cité dans « Anthologie de la connerie pseudo-laïque », Ce Qu'il Faut Détruire (CQFD) : http://www.cequilfautdetruire.org/article.php3 ?id_article=206

[20] Alain Finkielkraut (Le Point, 24 mai 2003), cité dans « Anthologie de la connerie pseudo-laïque », op. cit.

[22] Charlie Hebdo, novembre 2002, cité dans « Anthologie de la connerie pseudo-laïque », op. cit.

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

Le cas Chahdortt Djavann

Bas les voiles ! [23] de l'écrivaine iranienne Chahdortt Djavann.

« Que répondez-vous aux jeunes femmes musulmanes qui disent : "Le foulard, c'est ma liberté, c'est ma culture " ? »

Chahdortt Djavann :

« De quoi sont-elles libérées au juste ? Elles affirment leur ¿identité¿ disent-elles. Quelle identité ? Les femmes n'ont pas choisi d'être voilées, c'est le plus grand mensonge de l'histoire : tout le monde sait qu'il a été imposé par l'homme depuis la nuit des temps. » [25]

[23] Gallimard, 2003

[25] Chadorrt Djavann, interview au Matin de Bruxelles, septembre 2003

http://lmsi.net/spip.php?article333#nb1

Islam & Laïcité >> Revue de presse

"Je n'ai rien à attendre de ma famille, poursuivit-elle avec une colère rentrée. Non seulement ils sont pauvres, mais en plus ils sont cons. Il y a deux ans, mon père a fait le pèlerinage de La Mecque ; depuis, il n'y a plus rien à en tirer. Mes frères, c'est encore pire : ils s'entretiennent mutuellement dans leur connerie, ils se bourrent la gueule au pastis tout en se prétendant les dépositaires de la vraie foi, et ils se permettent de me traiter de salope parce que j'ai envie de travailler plutôt que d'épouser un connard dans leur genre.

¿ C'est vrai, dans l'ensemble, les musulmans c'est pas terrible¿ émis-je avec embarras."

Michel Houellebecq, Plateforme

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Individualisme versus identitarisme, communautarisme (5)

Benny T

Suis-je raciste ? Suis-je colonialiste ? Suis-je un nouveau réactionnaire ? Suis-je un suppôt de l'empire israélo-américain ? Suis-je de la mouvance identitaire ?

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (1)

b. oppose l'Europe de culture chrétienne à l'islam. J'oppose l'individu au christianisme, à l'islam.

Non à l'identitarisme, au communautarisme.

Individualiste et anti-autoritaire signifie : contre toute domination, qu'elle soit sexiste, raciste, capitaliste ; critique de toute culture installant un rapport dominant-dominé. Toute société évolue et peut à un moment donné se fonder sur une culture de domination.

Individualisme signifie : la seule identité c'est l'identité de l'individu, dans la relation avec lui-même, et pas dans le cadre d'une relation à une communauté.

Le but que je garde à l'esprit est : de sortir des divisions communautaires (l'identité est individuelle) et de la religion.

Affirmation de l'autonomie individuelle

Libération, en opposition au remplacement d'une prison par une autre prison, à la prison-refuge de la théocratie, de la religion en réponse à la prison de l'impérialisme, du « despotisme universel américain », des dictatures locales.

Dénoncer le repli sur soi communautariste en réponse à un repli sur soi communautariste. Au communautarisme on n'oppose pas un autre communautarisme, mais l'inaliénabilité de l'individu. Je dénonce le principe qui consiste à s'opposer à une culture dominante et oppressante par une contre-culture tout aussi autoritaire, uniformisante. Quand je critique des cultures, c'est parce qu'elles menacent ou nient l'inaliénabilité de l'individu ¿ la liberté sexuelle, la liberté des femmes, la liberté de chacun de disposer de son corps. Quand je critique des cultures, c'est par anti-communautarisme.

Je dénonce l'impérialisme américain et les régimes dictatoriaux arabes, le terrorisme d'ÿtat israélien et le terrorisme du Hezbollah.

Pas de tabou. Je critique autant

· la religion, la domination religieuse ¿ la menace de la religion sur la liberté d'expression ¿, que

· le colonialisme, l'impérialisme, la domination impériale, la domination capitaliste ¿ la menace de « ¿ l'argent des dominants ¿ », de « la concentration de la presse occidentale dans les mains de groupes industriels » sur la liberté d'expression ¿.

Prendre en considération :

· les relations internationales, les enjeux géopolitiques ; le colonialisme, l'impérialisme, le « despotisme universel américain » et les dictatures locales, qui manipulent, instrumentalisent ;

· la liberté d'expression, l'émancipation, la liberté ; la lutte contre la soumission et l'exclusion des femmes ; la lutte contre la condamnation de la « sexualité érotique » ; la contestation de l'idée de « respect des idées, des opinions, des convictions » ; l'affirmation de l'opposition à la croyance.

Libération :

· du colonialisme, de l'impérialisme, du « despotisme universel américain » ;

· des dictatures locales ;

· des dogmes, de la religion, de la croyance.

Dans ¿ les banlieues ¿, il y a une régression de l'image de la femme chez les garçons, concomitante aux intégrismes chrétiens, islamiques. Régression : disparition de la mixité, séparation des garçons et des filles, mainmise de la religion. Le retour au religieux, l'intégrisme religieux, est-ce une réaction à la libération de la femme, pour que le mec retrouve la position du dominant ?

Des jeunes musulmanes voilées affirment que leur voile, c'est leur identité. L'identité ? Comment est-ce que tu te construis une identité avec toute cette autorité, toutes ces obligations ? En effet, l'identité, c'est personnel et non imposé. Il s'agit de donner aux filles les outils pour être indépendantes, autonomes.

« La sixième perversion [de la gauche], l'identitarisme, est particulièrement pernicieuse. Elle consiste à valoriser non pas les individus réels mais les catégories sociales auxquelles ils appartiennent, généralement malgré eux : le prolétariat, les femmes, les noirs, les autochtones, les gays et lesbiennes et ainsi de suite. Cet identitarisme est une forme particulièrement perverse d'action revendicative où les individus opprimés choisissent de s'identifier à la catégorie sociale par laquelle leur oppression s'exerce, dans un objectif supposé de rébellion et de défiance envers ladite oppression. Or, l'identification continuelle à ce rôle social limite la capacité des individus qui adhèrent à cette stratégie d'analyser en profondeur leur situation sociale et d'agir en tant qu'individus contre leur propre oppression. Ceci garantit ainsi la pérennité des relations sociales à la source de cette oppression. Pourtant, ce n'est qu'à titre de membres de catégories sociales opprimées que ces individus sont utiles à la gauche et à ses man¿uvres politiciennes, parce que ces catégories sociales agissent comme des groupes de pression et de pouvoir dans un contexte démocratique.

Cette logique mène tout droit à l'anti-individualisme, car l'organisation n'a de cesse d'exiger que l'individu se sacrifie à une cause ou une autre, liée évidemment aux programmes et aux organisations de gauche. Derrière ces appels au sacrifice se cache les idéologies manipulatrices de l'identité collective, de la responsabilité collective et de la culpabilité collective. Les individus qui par définition font partie d'une catégorie sociale privilégiée ¿ les hétéros, les blancs, les mâles, les petits bourgeois ¿ sont tenus responsables de toutes les oppressions attribuées à leur groupe. Ils sont ensuite manipulés de sorte qu'ils expient leurs crimes en appuyant aveuglément les mouvements politiques de ceux qui sont plus opprimés qu'eux-mêmes. Quant aux individus qui sont considérés comme membres d'une catégorie sociale opprimée, ils sont tout aussi manipulés de sorte qu'ils acceptent l'identité collective de leur groupe, marquée par une solidarité obligatoire ¿ qu'elle soit féministe, tiers-mondiste, gay, etc. Si par malheur ces individus rejettent ou même se mettent simplement à critiquer cette identité collective, la gauche les considère comme des aliénés qui acceptent leur propre oppression. En fait, l'individu qui contre sa propre oppression et sa propre exploitation agit de son propre chef, ou alors avec seulement ceux avec qui il a développé des liens d'affinité réelle, est généralement accusé d'individualisme bourgeois, malgré le fait qu'il lutte justement contre l'aliénation capitaliste et étatique imposée par la société bourgeoise. »

http://archet.net/?s=gauchisme

« Seulement, l'ÿtat ne fait que feindre de s'opposer à l'intégrisme. En mettant en scène cette opposition et en médiatisant l'islamisme, il le prescrit paradoxalement aux banlieues comme ¿ bon ¿ moyen de révolte (c'est-à-dire le moins dangereux pour lui-même), tout en le maintenant dans certaines limites. Désigner l'islamisme comme une nouvelle théologie de la libération pour les banlieues permet d'éloigner celles-ci de la Révolution sociale qui comporte le désavantage pour les dominants de viser la totalité du système et de rassembler au-delà des différences ¿ ethnique ¿ et religieuse . L'Islam peut alors, comme l'a fait le Christianisme avant lui, servir de force de maintien de l'ordre dans les quartiers pauvres. »

Moustapha, in : Alternative libertaire n°34 (270), mars 2004

http://www.journalvachefolle.net/article-317.html

Complot ? Les dirigeants font exprès d'interdire le port du voile pour renforcer l'attrait du signe religieux comme signe de résistance, au détriment de l'attrait de l'union des opprimés et de la lutte contre le capitalisme ? Un plan pour que les Arabes, en réaction de résistance à l'interdiction du voile, s'identifient à lui et se regroupent dans la communauté du voile ? Pour que le communautarisme étouffe la solidarité entre tous les opprimés, la lutte mondiale contre le capitalisme, la lutte contre toute domination ? L'interdiction légale du voile vise le repli communautariste, la division en communautés dans la logique du ¿ Diviser pour régner ¿ ? La division communautariste amène à enfermer les personnes dans des blocs, l'un amalgamant occidental et chrétien ¿ non voilé ¿, un autre amalgamant arabe et musulman ¿ voilé ¿.

http://www.journalvachefolle.net/article-314.html

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (1)

« Enfermant l'individu dans le déterminisme de ses appartenances et revendiquant, dans le champ du politique, la transgression des sphères privée et publique, l'identitarisme [¿] est l'anti-individualisme et l'anti-universalisme par excellence. »

http://www.lefigaro.fr/debats/2007/04/02/0...on_du_monde.php

Je critique l'islam. Suis-je raciste ? Suis-je colonialiste ? Suis-je un nouveau réactionnaire ? Suis-je un suppôt de l'empire israélo-américain ? Suis-je de la mouvance identitaire ? Non. Je m'intéresse aux questions sur l'explication officielle du 11 septembre 2001. Est-ce que je fais partie d'une alliance extrême gauche ¿ extrême droite ¿ islamiste anti-américaine et anti-israélienne ? Est-ce que je suis un adepte de Thierry Meyssan ? Est-ce que je vois des avatars du Da Vinci Code ou de 24 [24 Heures Chrono (titre donné à la série par Canal + et Télé-Québec), renommé par TF1 24 - Vingt-Quatre - (titré 24 - Twenty-Four - dans sa version originale)] partout ? Je ne suis pas croyant, ni en les versions d'ÿtat ni en les thèses conspirationnistes. Il y a des secrets d'ÿtat, des manipulations d'ÿtat, des intérêts hégémonistes cachés, des fausses raisons invoquées à l'attention des populations par les autorités pour étendre leur pouvoir. Les autorités censurent ou discréditent les contestataires. Je veux le débat ouvert, constructif, et non l'anathème contre l'anathème. Le débat ne se réduit pas à l'affrontement de deux camps. Je ne suis pas adepte d'Alain Finkielkraut. Je ne suis adepte de personne. Chacun devrait penser par lui-même, avoir une pensée singulière. Alain Finkielkraut dit des choses avec lesquelles je suis d'accord.

Le Rappel à l'ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires

Le Rappel à l'ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires est un pamphlet de l'historien et essayiste français Daniel Lindenberg, publié en 2002. Cet ouvrage très médiatisé met en cause de nombreux intellectuels français et crée la polémique dans le milieu culturel français.

Dans ce livre, l'appellation de « nouveaux réactionnaires » désigne des intellectuels contemporains, dans les médias, dont Daniel Lindenberg juge les idées conservatrices ou réactionnaires, voire racistes ou sexistes. Certains médias opposent couramment les « nouveaux réactionnaires » aux intellectuels « progressistes » ou « de gauche ».

Les arguments de Daniel Lindenberg (repris ou développés par certains médias) concernent notamment :

les écrivains Maurice G. Dantec, Michel Houellebecq, Philippe Muray ; et parfois Pascal Bruckner et Alain Minc ;

les philosophes Alain Finkielkraut, Alain Badiou, Pierre Manent, Marcel Gauchet, Luc Ferry, Alain Besançon, Jean-Claude Milner ;

les historiens Pierre-André Taguieff, Pierre Nora, Shmuel Trigano.

[¿]

Pierre-André Taguieff [¿] écrit : « [...] Le " conseiller " Lindenberg ne prend pas la peine de discuter les thèses de penseurs tels que Pierre Manent, Marcel Gauchet, Alain Finkielkraut, Alain Besançon, Shmuel Trigano, Jean-Claude Milner ou Alain Badiou, il se contente d'épingler leurs noms sur sa liste noire ». En 2007, Pierre-André Taguieff poursuit sa contre-attaque dans un ouvrage intitulé Les Contre-réactionnaires où il passe au crible ce qu'il nomme la " fabrication de la légende des nouveaux réactionnaires ", inscrivant cette entreprise dans l'histoire des dérives du progressisme, proche du terrorisme intellectuel voire de l'inquisition.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouveaux_r%C3%A9actionnaires

Pensée binaire, totalitarisme

« Dans un livre, « Le Rappel à l'ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires » (Seuil), Daniel Lindenberg dénonce une offensive dirigée, tout ensemble, contre « la culture de masse, contre les droits de l'homme, contre 68, contre le féminisme, contre l'antiracisme, contre l'islam ». Suspectant « une nouvelle synthèse idéologique de combat » qui aurait pour hérauts des écrivains et philosophes aussi différents que Pierre Manent, Pierre-André Taguieff, Michel Houellebecq, Marcel Gauchet¿ l'auteur pointe une menace majeure pour la « société ouverte ». Mis en cause, notamment dans le chapitre consacré aux intellectuels juifs accusés de « virer à droite », le philosophe Alain Finkielkraut le philosophe Alain Finkielkraut explique au Figaro que la notion même de «nouveaux réactionnaires» ramène le débat public à un univers à deux dimensions, à l'affrontement de « deux camps ¿ l'humanité et ses ennemis ». »

http://olivier.hammam.free.fr/actualites/d...eacs/figaro.htm

Le Figaro. ¿ Qu'est-ce qui a changé dans le paysage intellectuel français ?

Alain Finkielkraut ¿ La haine a renversé toutes les digues. Deux exemples: dans Le Rappel à l'ordre, un livre publié par les éditions du Seuil, à l'enseigne de la « République des idées », collection que dirige Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France et président du Centre Raymond-Aron, Daniel Lindenberg, membre du comité de rédaction de la revue Esprit, vient de m'apprendre, non seulement que j'étais un fieffé réactionnaire ¿ y a-t-il d'ailleurs des réactionnaires qui ne soient pas fieffés ? ¿, mais qu'avec Régis Debray, Pierre Manent, Pierre-André Taguieff, Marcel Gauchet, Philippe Muray, Maurice Dantec, Michel Houellebecq, Shmuel Trigano et quelques autres, j'avais préparé la catastrophe du 21 avril, c'est-à-dire la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle, et qu'en trouvant à redire à la culture de masse, à l'idéologie des droits de l'homme, à mai 68, à l'omniprésente apologie du métissage, je m'inscrivais dans la lignée de ces intellectuels qui, au temps de la peste brune, se déchaînaient contre les métèques et les valeurs de la démocratie. Comme un bonheur ne vient jamais seul, je découvre dans Le Monde diplomatique, sous la signature de Maurice T. Maschino, qu'en compagnie cette fois de Pascal Bruckner, d'André Glucksmann, de Pierre Nora, de Jacques Julliard, de Bernard-Henri Lévy, je suis un « nouveau réactionnaire », c'est-à-dire un suppôt de l'empire israélo-américain.

Le retour tonitruant de la catégorie de « réac » signifie que la parenthèse antitotalitaire se ferme. De son aile radicale à son extrême centre, l'intelligentsia engagée militarise la vie de l'esprit. Il n'y a plus d'¿uvre singulière, il y a deux camps ¿ l'humanité et ses ennemis.

Le Figaro. ¿ Comment expliquez-vous ce retour apparent à la pensée binaire ¿ pour autant que cette dernière ait jamais cessé de se déployer ?

[¿]

Le Figaro. ¿ En confondant réactivité du penseur et pensée réactionnaire, cette position ne pèche-t-elle pas par anti-intellectualisme ?

Alain Finkielkraut ¿ Les robespierristes de toutes obédiences tiennent le président américain pour un imbécile heureux parce qu'il a dénoncé l'« axe du Mal », alors même qu'ils évoluent dans un espace à deux dimensions et qu'ils considèrent ceux qui ont des idées adverses comme des scélérats, destinés à remplir, au plus vite, les poubelles de l'histoire.

[¿]

Alain Finkielkraut ¿ [¿] Je compte quelques amis chers dans cette revue [la revue Esprit]. J'espère pouvoir m'expliquer avec eux et leur demander ce qui leur reste de la pensée antitotalitaire et de son refus de réduire la pluralité humaine au schéma manichéen d'une lutte entre le Bien et le fascisme, jamais plus vivant que depuis qu'il a été vaincu.

Le Figaro. ¿ Orwell n'avait-il pas raison de déplorer que la gauche fût toujours antifasciste, mais rarement antitotalitaire ?

Propos recueillis par Joseph Macé-Scaron et Alexis Lacroix

14 novembre 2002

http://olivier.hammam.free.fr/actualites/d...eacs/figaro.htm

Querelle entre républicains et démocrates

Qui est « réactionnaire » ? Qui est « progressiste » ?

« [¿] la signification de l'offensive menée à l'intérieur de la gauche sous la signature de Daniel Lindenberg et avec la bénédiction de Pierre Rosanvallon contre quelques intellectuels emblématiques commence à se découvrir. L'apparence était un pamphlet, assez mal ficelé [¿], contre les dérives « réactionnaires » d'une génération en rupture avec l'héritage de Mai 68.

Qui est « réactionnaire » ? Qui est « progressiste » ? [¿]

[¿]

Le débat de fond auquel Pierre Rosanvallon voudrait apparemment attacher son nom est plus subtil. C'est un avatar, revu à la lumière des sciences sociales, de la querelle entre républicains et démocrates, qui remonte à 1989. Cette querelle oppose les tenants de l'individualisme universaliste hérité des Lumières aux adeptes du multiculturalisme identitaire. Ce qui rend le débat particulièrement complexe et sensible est qu'il divise de l'intérieur la droite et la gauche.

Nul ne sait, sinon les intéressés eux-mêmes, si Debray, Finkielkraut, Manent ou Taguieff sont de droite ou de gauche. Ce qui est sûr est qu'il faut n'avoir rien compris à l'histoire et à la géographie des mouvements d'idées dans notre pays pour prétendre que ceux-ci sont du côté de l'identitarisme et de la « réaction ». Il est vrai que chacun, à sa manière, s'inquiète, avec nombre d'autres, des dérives de la culture de masse, du « droit-de-l'hommisme », de l'égalitarisme et de l'islam. Cela n'en fait pas pour autant des « réactionnaires ». Le point de vue qui détermine leurs critiques est même rigoureusement inverse de celui qui leur est reproché.

Le procès du « droit-de-l'hommisme », par exemple, n'est en aucune façon celui des droits de l'homme. [¿] Le problème posé par les critiques du « droit-de-l'hommisme » est celui de la défense de droits particuliers, droits des minorités et des identités sexuelles, ethniques ou religieuses, au nom d'une conception pervertie, retournée contre elle-même, des droits universels de l'homme.

[¿]

Le danger du « droit-de-l'hommisme » est la tentation de répondre, en son nom, à des revendications de discriminations positives qui bafouent la simple dignité humaine. [¿]

Il est, de même, deux manières de faire le procès de l'islam. L'une consiste à reprendre à son compte l'idée d'un conflit de civilisations, conflit à l'intérieur duquel l'Occident se place sous l'étendard de sa vieille tradition catholique. L'autre consiste à s'inquiéter, pour les sociétés libérales, quelles qu'elles soient, des offensives menées par les pratiquants de la religion musulmane contre les contraintes de la laïcité. Cette inquiétude, qui se place dans la perspective du projet émancipateur des Lumières, n'est pas, que l'on sache, de la « réaction ». »

[¿]

Alain-Gérard Slama

14 avril 2002

http://entrezlibres.catallaxia.org/Lumiere...on-liquide.html

Les nouveaux réactionnaires

« [¿] si mai 1968 a pu encore avoir, pour beaucoup, des airs de révolution, la découverte du goulag et du « socialisme réel », comme l'évolution des pays d'Afrique et d'Asie nouvellement indépendants ont provoqué chez beaucoup d'intellectuels français un véritable traumatisme.

La perte de leurs illusions, ou de leurs espérances, en a conduit beaucoup, dans les années 1970 et 1980, à se réfugier dans un silence gêné et à renier les engagements de leur jeunesse. Ou à intervenir, bruyamment, avec la fougue et la mauvaise conscience de repentis, en sens inverse. En battant leur coulpe, ou celle de leurs aînés, accusés de « s'être toujours trompés ». Ou encore, en se ralliant à grands cris à l'américanisation du monde, à la mondialisation économique et à l'idéologie néolibérale qu'ils dénonçaient si énergiquement auparavant. Certains n'hésitent pas à assumer désormais, sur telle ou telle question (politique, économique ou culturelle), des positions qu'ils auraient eux-mêmes qualifiées, il y a quelques années, de « furieusement réactionnaires ».

D'autres restent marqués par le choc subi dans leur jeunesse. Si le temps des autocritiques est révolu, l'échec de la perestroïka, l'éclatement de l'Union soviétique les ont convaincus que la construction d'un socialisme à visage humain relevait de l'utopie. Loin de les revigorer, la politique que François Mitterrand et la gauche ont mise en ¿uvre dans les années 1980 les a confortés dans leur scepticisme, et ils restent décidés à ne plus se laisser piéger par les « apparences de l'histoire ».

[¿]

Comme n'a rien de raciste, toujours selon Finkielkraut, le récent pamphlet antimusulman d'Oriana Fallaci, La Rage et l'Orgueil [Oriana Fallaci, La Rage et l'Orgueil, Plon, Paris, 2002]. En injuriant « les fils d'Allah », qui « se multiplient comme des rats », elle nous oblige à « regarder la réalité en face » et à voir enfin, en toute bonne conscience, ce que sont vraiment les Arabes. Briseuse de tabous, « elle a l'insigne mérite de ne pas se laisser intimider » et libère la parole [Alain Finkielkraut, Le Point, 24 mai 2002.].

Certes, troublé par les réactions que ces propos ont provoquées, l'« humaniste » se reprend et décrète que, tout compte fait, le livre d'Oriana Fallaci est « indéfendable ». Après l'avoir défendu. Mais dans l'entretien qu'il nous accorde, il ne peut s'empêcher de lui trouver des vertus et, derechef, de le défendre : « J'ai été saisi par une certaine force. Oriana Fallaci a entrepris de dire ses quatre vérités à l'Europe. Son livre est un livre antieuropéen. » Bref, anti-tout.

Plus :

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (2)

Plainte contre Alain Finkielkraut pour incitation et provocation à la haine raciale

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Individualisme versus identitarisme, communautarisme (2)

Voici le texte intégral de l'entretien avec Alain Finkielkraut réalisé vendredi 25 novembre par Jean-Pierre Elkabach sur Europe-1.

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Individualisme versus identitarisme, communautarisme (3)

Benny T

De la sexualité : Je trouve cela grotesque (¿). J'ai vu des garçons de dix-huit ans qui cherchaient à s'amuser de cette manière : je leur disais de prendre une Play Station s'ils voulaient s'amuser (¿). Avant le mariage, un homme et une femme ne doivent pas rester seuls ni se toucher (¿).Personnellement je n'irais pas au cinéma car il fait noir et c'est donc un lieu qui favorise le péché (¿)

http://forums.france2.fr/france2/Election-presidentielle-2007/sexuelle-liberte-menacee-sujet_29918_1.htm

Le 21-06-2008 à 14:25:31, magaly4 a écrit :

[¿]

Le 21-06-2008 à 15:47:10, Desdaymone a écrit :

[¿]

Le 21-06-2008 à 16:50:17, El Chitane a écrit :

[¿]

Le 21-06-2008 à 17:55:21, Humourix a écrit :

[¿]

Le 21-06-2008 à 18:31:54, BennyT a écrit :

Le 21-06-2008 à 16:44:04, El Chitane a écrit :

« Et Alors????????????????????????????????????????????? ?

Liberté sexuelle avec le SIDA qui pointe son nez à tous les extrêmités!!!! »

La liberté inclut la responsabilité.

Responsabiliser au lieu d'interdire.

Citation :

Le port du voile est-il obligatoire partout ? C'est un commandement de notre religion et nous avons envie de le pratiquer (¿).Lorsque j'enlevais mon foulard, je commençais à me sentir toute nue (¿). Maintenant, je ne serais plus capable de le retirer (¿). Ce que l'on peut montrer a été réduit au visage et aux mains.

[¿]

L'homosexualité ? Il y avait des filles de mon lycée qui s'embrassaient sans vergogne. Or, je n'aime déjà pas tellement quand je vois une fille avec un garçon, car je trouve cela impudique (¿). Que ce soit un homme avec un autre homme, un homme avec une femme, une femme avec une autre, ou même avec un chien, cela me fait le même effet de les voir s'embrasser (¿). Je trouvais cela dégueulasse.

[¿]

De la sexualité : Je trouve cela grotesque (¿). J'ai vu des garçons de dix-huit ans qui cherchaient à s'amuser de cette manière : je leur disais de prendre une Play Station s'ils voulaient s'amuser (¿). Avant le mariage, un homme et une femme ne doivent pas rester seuls ni se toucher (¿).Personnellement je n'irais pas au cinéma car il fait noir et c'est donc un lieu qui favorise le péché (¿)

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_291.htm

le 04-06-2008 à 18:35:25

Citation :

« « On nous reproche parfois de faire du prosélytisme, mais c'est faux. On n'a pas le droit de juger quelqu'un qui ne porte pas le voile, car pour nous, c'est un choix personnel. En classe, il arrive que des professeurs s'habillent en minijupe, ce qui est très choquant pour nous, mais on ne dit rien. Nous sommes tolérantes à l'égard des tenues vestimentaires qui nous dérangent. Mais apparemment, l'inverse n'est pas vrai ! » [¿] « [¿] Si l'on m'interdit de le porter l'année prochaine, je ne m'imagine pas enlever mon voile. Ce serait comme me mettre à nu. Je n'aurais que la solution de partir. » »

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_292.htm

le 06-06-2008 à 09:19:47

Citation :

« Le 17 novembre 2004, dans " le grand journal de Canal + ", Florian Zeller ¿ " prix interallié " en novembre 2004 pour son roman " La fascination du pire " ¿ dit que la frustration sexuelle est un ressort des rapports de force, de la violence¿ dans le monde. Il semble à l'écrivain que quelqu'un qui ne tolère pas qu'une femme ne porte pas le voile ne tolère pas ce qu'il y a derrière le voile, c'est-à-dire un corps, un potentiel de jouissance. Dans l'islamisme, il y a un problème posé par la jouissance de la femme. »

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_292.htm

le 06-06-2008 à 09:25:12

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_292.htm

le 07-06-2008 à 10:25:14

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_295.htm

le 16-06-2008 à 12:24:22

Le 22-06-2008 à 10:17:49, BennyT a écrit :

Le 22-06-2008 à 01:11:06, El Chitane a écrit :

« Les musulmans ont une solution à vos délires de persécution. Ils vont dorénavant aller d'abord se marier au bled comme ils l'ont fait durant ces dernières décennies!! Occupez-vous donc de l'extrêmisme religieux américain.

Ces derniers sont bien plus dangereux que tous les musulmans vivant en Europe car ils sèment la panique sur tout le globe!

Le sida me semble-t-il n'est pas un fait de l'Islam.

Autant je trouve aberrant que les musulmans réclament des repas spécialement réservés, des endroits pour instaurer leur philosophie autant je trouve aberrant que les grands penseurs occidentaux viennent s'occuper des problèmes de couples musulmans!

Encore une fois l'occident ne détient pas le monopole de la vérité!!! »

Problèmes de couples musulmans ou problèmes de liberté individuelle, d'égalité des sexes ?

Citation :

[¿]

« Il y a une question élémentaire, à laquelle tout démocrate, et a fortiori tout socialiste, doit répondre sans ambages : y a-t-il ou pas des valeurs qui sont universelles, non pas « occidentales », mais simplement universelles parce qu'humanistes, en ce compris l'égalité des hommes et des femmes ? Et donc des valeurs supérieures aux dogmes religieux que d'ailleurs les « docteurs de la foi » accommodent diversement selon les lieux et les époques ? »

Robert Falony, in : le Journal du mardi, n°342, 04 mars 2008

http://www.journalvachefolle.net/article-887.html

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_290.htm

le 04-06-2008 à 13:27:43

Citation :

Entretien

« Les religions sont anti-femmes »

ÿcrivain et militante, la Bangladaise Taslima Nasreen se fait l'avocate de la laïcité. Pas seulement dans les pays musulmans

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_292.htm

le 06-06-2008 à 09:25:12

Citation :

« Nous refusons le « relativisme culturel » consistant à accepter que les hommes et les femmes de culture musulmane soient privés du droit à l'égalité, à la liberté et à la laïcité au nom du respect des cultures et des traditions.

Nous refusons de renoncer à l'esprit critique par peur d'encourager l' « islamophobie », concept malheureux qui confond critique de l'islam en tant que religion et stigmatisation des croyants.

Nous plaidons pour l'universalisation de la liberté d'expression, afin que l'esprit critique puisse s'exercer sur tous les continents, envers tous les abus et tous les dogmes. »

Le Manifeste des Douze : " Ensemble contre le nouveau totalitarisme "

1 mars 2006

http://www.prochoix.org/cgi/blog/2 [...] alitarisme

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_295.htm

le 15-06-2008 à 10:39:16

Citation :

Je dénonce le relativisme culturel d'une certaine gauche. « Des groupes musulmans dénoncent le relativisme culturel d'une certaine gauche. De peur de passer pour un raciste, une certaine gauche se réfugie derrière un soutien aveugle aux représentants des minorités ethniques, du moment qu'ils sont anti-impérialistes. Conscientes que les immigrantes font l'objet de nombreuses discriminations au Canada comme ailleurs, les forces progressistes abandonnent pourtant tout esprit critique à leur égard de peur d'être accusées d'islamophobie et de racisme. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_295.htm

le 15-06-2008 à 10:39:16

Le 22-06-2008 à 01:11:06, El Chitane a écrit :

« Occupez-vous donc de l'extrêmisme religieux américain »

Pour moi il faut s'occuper de toutes les religions. Et l'extrémisme, c'est la religion.

Citation :

« Un croyant ne peut être qu'intolérant. Le fanatisme n'est pas un aspect fâcheux et dévoyé de la religion: il est la religion même

[¿]

Un croyant ne peut être qu'intolérant, ou alors il est incohérent. Se satisfait d'un à-peu-près tiédasse. Ne va pas au fond des choses. Quiconque n'est pas fanatique ne croit pas vraiment.

[¿]

Le réveil actuel des fanatismes est tout bonnement un sursaut du sentiment religieux. Manipulé, bien sûr, par les politiques, mais la résurgence religieuse a précédé la manipulation politique, qui ne fait qu'utiliser ce qu'elle a sous la main.

[¿]

La pulsion imbécile du fanatisme, son étroitesse de pensée, son intransigeance ne sont pas des aspects fâcheux et dévoyés de la religion, ils sont la religion même "dans sa pureté originelle, dans la touchante dévotion des âges naïfs", comme disent ceux qui parlent comme ça. C'est elle qui s'arrache à l'indifférence où elle s'enlisait et flambe en ce moment un peu partout dans le monde. Il en est pour s'en réjouir. Car, en désespoir de cause, ils fondent leurs ultimes espoirs sur la foi, n'importe quelle foi, pour régler dans l'harmonie ces problèmes écrasants qui les dépassent, problèmes posés par la civilisation technico-ploutocrate et la pullulation insensée de l'espèce humaine. C'est aller voir la cartomancienne pour guérir son cancer...

Aucun régime politique n'a su éliminer l'esprit religieux. Les bolcheviks, semble-t-il, n'ont fait que persécuter, sans éduquer. Aussi n'est-ce pas la raison (l'intelligence, si vous préférez) qui mène les affaires humaines, mais bien les ancestrales pulsions instinctives, purement animales, qui déjà faisaient agir l'homme de Cro-Magnon : peur, avidité, agressivité, cupidité, sexe, besoin de vaincre, d'humilier... L'intelligence n'étant admise qu'au titre de fournisseur d'armes et de fourberies. »

Cavanna, in: le nouvel Observateur, n°1300, du 05 au 11 octobre 1989

http://www.journalvachefolle.net/article-104.html

Citation :

« Entre les religions les différences ne sont que de forme. Pas de fond. Il n'y a pas de bonnes et de mauvaises religions. Le choix n'est pas entre la peste et le choléra mais entre la maladie et la santé. L'humain ou le divin. La liberté, l'égalité et la fraternité ou l'esclavage, le troupeau. L'imposture religieuse est¿ universelle quelles que soient ses déclinaisons folkloriques et, notamment, cultuelles. Elle participe d'une même vision totalitaire du monde. Imaginer (croire !) le contraire n'est pas seulement une erreur, une faute mais un¿ crime. Un crime contre l'humanité dans la mesure où le projet religieux est humanicide : il est l'instauration de l'ordre divin au prix de l'anéantissement de l'humain.

Se focaliser sur les seules ingérences musulmanes serait donc fermer les yeux sur celles conduites, avec plus de discrétion et, sinon d'intelligence, du moins de ruse, par les autres sectes. L'islam ne doit pas être ce miroir aux alouettes, ce moulin donquichottesque qui accaparerait notre vigilance pour l'endormir à l'égard des assauts menés par d'autres. Aujourd'hui comme hier, le combat humaniste est le même : la lutte contre l'imposture religieuse en général, la lutte contre toutes les religions de telle sorte que, les dieux déchus du piédestal de l'aliénation du troupeau, l'humanité puisse enfin naître à elle-même. L'avènement de l'humain ne se fera que par l'anéantissement de l'imposture religieuse. »

[http://jccabanel.free.fr/mt_contre [...] ligion.htm]

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_298.htm

le 20-06-2008 à 12:41:08

Citation :

« L'aliénation absolue

La religion ¿ toutes les religions, c'est-à-dire aussi bien les convictions religieuses que les pratiques religieuses et les ordres religieux ¿ constitue l'aliénation absolue de laquelle découlent toutes les autres aliénations et, par conséquent, et sans que je donne à l'expression le moindre sens religieux ou moral, tous¿ les maux dont peuvent souffrir les êtres humains. »

[http://jccabanel.free.fr/mt_irreli [...] sbolue.htm]

http://forums.france2.fr/france2/E [...] 19_298.htm

le 20-06-2008 à 12:41:08

Le 22-06-2008 à 12:47:55, BennyT a écrit :

Le 22-06-2008 à 01:11:06, El Chitane a écrit :

« Le sida me semble-t-il n'est pas un fait de l'Islam. »

Le 22-06-2008 à 10:26:41, Desdaymone a écrit :

« le SIDA est une maladie, pas un châtiment divin. »

Le 22-06-2008 à 11:44:21, Desdaymone a écrit :

[¿]

« Au final, je vois qu'il est encore difficile d'admettre qu'une femme a des formes propres à son sexe car, voyez-vous, une jeune fille plate comme une limande qui porte un débardeur, ne sera nullement gênée - elle est pourtant une fille ! Mettez le même vêtement à une autre jeune fille plus gâtée par la nature en matière de seins et vous entendrez des cris indignés. Certes, une fille habillée légèrement est en situation vulnérable : il faut l'aider à en prendre conscience mais ne pas la culpabiliser parce qu'elle a des formes. Cela dit, quelle que soit sa tenue, elle doit être respectée en tant qu'undividu responsable à qui on a appris le sens des responsabilités. »

[¿]

Citation :

« Paris-Berlin : à poil ou pas ?

Comme personne au monde ne peut l'ignorer, je rentre de Berlin (ma nouvelle ville, ma nouvelle vie, mon nouvel anniversaire). Et il faut que j'en parle.

Ici à Paris, terre des droits de l'homme, rien n'empêche les femmes de se balader dans la tenue qu'elles veulent ¿ surtout pendant une canicule. Ok, ça c'est la théorie. Je vous racontais il y a quelque temps comment la mini-jupe est galère dans la rue, même en pleine journée, même dans un quartier cool. ÿvidemment, on peut avoir envie de batailler toutes les deux minutes avec des connards, mais qui a envie de lutter non-stop ? Pas moi. Ce matin, sortant du train par 40° à l'ombre en tenue limite burqa (débardeur, jupe au genou), j'ai redécouvert les joies de la France.

Des mecs qui sifflent. Des mecs qui font des petits bruits de bouche. Des mecs qui vous font comprendre que soit tu te fous en pull, soit tu mérites bien de te faire emmerder.

Ne croyez pas une seule seconde que c'est flatteur. Le harcèlement sexuel de la part d'inconnus moches, c'est pas vraiment des " preuves d'amour ".

ÿ Berlin ces dix derniers jours, j'ai vu des femmes seules faire du nudisme dans les parcs publics, et des filles en haut de maillot de bain se balader dans le tram. Y'avait pas douze racailles ou gamins ou touristes en train de les gonfler. C'était très reposant. Et les mecs qui voulaient se rincer l'¿il et profiter des joies de l'été, ils pouvaient. A condition de se comporter comme des humains et pas comme des animaux.

Les droits des femmes en France, ce sera bien quand ils seront rentrés dans la pratique. D'ici-là, décidément, la majorité des hommes (normaux) vont continuer à subir des filles pas sexy, tout ça à cause de quelques machos qui croient que leur attention est un honneur (et ils sont bien plus nombreux que vous ne pouvez l'imaginer).

Quant aux filles, elles vont continuer à crever de chaud. J'espère qu'avant dix siècles, on arrivera à vivre tous ensemble, sans que certains nous ramènent toujours au Moyen ÿge. »

Posté par Maia Mazaurette le 26.07.06 à 18:02

http://sexe.fluctuat.net/blog/index-p15.html

http://www.journalvachefolle.net/article-784.html

Citation :

« Paris sans string

Forte de la philosophie à coup de tête du demi-dieu Zinedine Zidane qui déclara « Il faut punir le provocateur, c'est lui le vrai coupable », la mairie de Paris vient de rendre un arrêté spécial pour Paris-Plage condamnant le bronzing en string d'une amende de 38¿. « Nous étions obligés de faire un règlement intérieur pour Paris-Plages et, par mesure de sécurité, nous avons décidé d'y interdire les tenues indécentes. Cela aurait pu provoquer des tentations et des comportements dangereux alors que nous sommes au bord d'un fleuve », explique Pascal Cherki, l'adjoint chargé des sports.

Condamner les " tentatrices ", quelle divine idée pour un ÿtat laïque! »

Posté par Maia Mazaurette le 31.07.06 à 09:57

http://sexe.fluctuat.net/blog/index-p13.html

http://www.journalvachefolle.net/article-784.html

Le 22-06-2008 à 23:36:09, El Chitane a écrit :

[¿]

Benny T

Il s'agit d'être vigilant à toutes les offensives religieuses et d'argumenter contre l'imposture religieuse, contre la croyance et la servitude, contre l'aliénation. Ne cédons pas notre individualité à une religion, à une culture. Je défends l'individu contre les droits de sa culture.

Aliénation : la dépossession de l'individu et la perte de maîtrise de ses forces propres au profit de puissances supérieures, que celles-ci s'exercent à un niveau individuel (aliénation mentale) ou à un niveau social (aliénation sociale et économique). [http://fr.wikipedia.org/wiki/Objet_de_l'ali%C3%A9nation]

Aliénation dans le marxisme :

L'aliénation du travail est une thématique importante chez Karl Marx : dans le monde capitaliste, le travailleur vend sa force de travail. La finalité de son travail lui échappe complètement. En ce sens, le travail humain étant assimilable à celui de la machine, le risque est grand pour que le gestionnaire de la production considère l'homme comme un rouage parmi d'autres, comme une pièce interchangeable. En conséquence, il s'instaure un climat aliénant lorsqu'une activité humaine est dépossédée de sa finalité immédiate et que l'individu n'agit que sous les impératifs de lois (économiques) qui échappent à sa compréhension. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Objet_de_l'ali%C3%A9nation]

Marx a aussi écrit que la religion conduisait à l'aliénation ; c'est le sens de sa phrase sur l'opium du peuple. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Objet_de_l'ali%C3%A9nation]

[¿] la critique marxiste, comme celle des Lumières, repose sur un projet politique visant à libérer les hommes soit de l'emprise du religieux, soit d'une situation qui l'amène à se réfugier dans le religieux [¿] [http://fr.wikipedia.org/wiki/Critique_de_la_religion#Feuerbach_et_Marx]

[¿] [Max Stirner] analyse les diverses formes de soumission que subit « l'individu ». Stirner proclame que les religions et les idéologies se fondent avant tout sur des superstitions. Ainsi, le nationalisme, l'étatisme, le libéralisme, le socialisme, le communisme ou encore l'humanisme sont dénoncés comme des superstitions, des idées auxquelles on se soumet contre son intérêt. Stirner, comme le dit Camus, « fait place nette » , et le Dieu chrétien, l'Esprit hégélien, l'ÿtat, l'Homme de Feuerbach et des humanistes sont ainsi dénoncés comme autant de fantômes, comme des idées sans corps ni vie, toujours distincts de l'Unique [l'individu singulier concret, Moi, l'Unique], comme des idoles s'opposant à la suprématie de l'Unique. Stirner se dresse contre toutes les doctrines, tous les dogmes qui exigent le sacrifice de l'individu à une cause prétendue supérieure à lui-même.

L'Unique est souverain, il ne s'aliène à aucune personne ni aucune idée [¿] [http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Stirner]

L'aliénation absolue

La religion ¿ toutes les religions, c'est-à-dire aussi bien les convictions religieuses que les pratiques religieuses et les ordres religieux ¿ constitue l'aliénation absolue de laquelle découlent toutes les autres aliénations et, par conséquent, et sans que je donne à l'expression le moindre sens religieux ou moral, tous¿ les maux dont peuvent souffrir les êtres humains.

Elle est l'aliénation absolue car :

¿ elle est d'abord l'aliénation des humains à¿ l'humain puisqu'elle nie l'humain pour le soumettre à un ordre non-humain : l'ordre divin. Pour elle, l'humain n'est pas une condition, une catégorie, une essence¿ mais un état, un état qui est celui de la déchéance, de la soumission, de l'inachèvement, de la transition, de l'errance¿ Elle est dépossession de l'humain de ce qui lui est propre : l'humain. Elle est l'anéantissement de l'humain et, à ce titre, constitue la forme la plus achevée de l'anti-humanisme.

¿ elle est ensuite l'aliénation de l'Un à lui-même puisque, ne le considérant pas comme un être en soi et pour soi ¿ une fin à l'égard de lui-même et donc, aussi, de l'humain -, elle le pose comme une créature, c'est-à-dire un objet entre les mains d'un ordre, divin donc, dont il est le jouet, privé qu'il serait de toute liberté de conscience et, plus généralement, d'être. La religion médiatise la relation de l'Un à lui-même puisqu'elle pose dieu comme sa conscience ¿ son deus ex-machina ¿, une conscience qui, par ailleurs, n'est ni libre, ni même autonome puisque l'ordre religieux ¿ éventuellement assisté de l'ordre temporel qui lui est soumis ou dont elle s'est assuré la complicité agissante : l'ÿtat, la Justice, la Morale¿ - se charge d'en assurer l'enrôlement, le contrôle, la surveillance, le conditionnement, la sanction (que cette sanction soit une peine ou une récompense). Elle est la négation de l'individualité, de l'unicité.

¿ elle est en outre l'aliénation de la relation de l'Un à l'Autre ¿ à tous les autres ¿ puisque cette relation est médiatisée par l'ordre divin et ses représentants terrestres ¿ le clergé ¿ mais également par les convictions ¿ avec tout ce que cela emporte comme impératifs moraux, interdits, obligations¿ - et, surtout, les pratiques religieuses, c'est-à-dire le rite comme codification/normation de l'être et du paraître. Elle est le sceau de l'assujettissement, de la domination, de l'appropriation, de l'exclusion, de la confusion¿ Elle est le meurtre permanent de l'Un et le triomphe du troupeau.

¿ de surcroît, elle est l'aliénation de l'humain au naturel ¿ la vie en général, c'est-à-dire l'univers au sens cosmogonique : le végétal, le minéral, l'animal¿ - puisque, soit elle ignore la nature qui n'est ni le temps, ne l'espace de la vie mais, tout au plus, le temps et le lieu du passage vers la vraie vie qui est¿ ailleurs et antérieure/ultérieure, soit elle prétend soumettre ¿ en l'objectivant - la nature aux humains alors que ceux-ci n'en sont pas les propriétaires mais, tout au plus, de simples locataires.

¿ elle est enfin aliénation au temps et à l'espace alors que ceux-ci sont la seule mesure objective de l'unique possible existentiel de l'humain : la vie, une vie humaine, ici et maintenant.

Comme je l'ai dit d'entrée, l'aliénation religieuse est le fondement ¿ idéologique, moral, politique, culturel¿ - de toutes les autres aliénations et, par delà, l'alibi, la légitimation, l'explication¿ de tous les maux dont souffrent les humains : injustice, inégalité, violence, exploitation¿ [¿]

[http://jccabanel.free.fr/mt_irreligion_lal...n%20asbolue.htm]

Au lieu de parler de " respect des cultures ", on devrait dire que l'irrespect consiste à empêcher les autres de penser librement. Je n'empêche pas un chrétien, un musulman de s'adonner à sa croyance ; je critique et je conteste, et je propose mes critiques au public, au lieu d'imposer ma pensée aux autres ; mais certains croyants, à cause de mes critiques, vont me censurer, m'anathématiser, me diaboliser, me menacer. Qui est irrespectueux dans l'histoire ? J'essaie de ne pas nuire aux autres, mais, évidemment, il n'y a pas que ma volonté qui me guide. Je ne me laisse pas dicter ma vie par des croyances. Je ne me laisse pas écraser par la société. Mon sens moral, je me le construis moi-même.

Dénoncer le repli sur soi communautariste en réponse à un repli sur soi communautariste. Au communautarisme on n'oppose pas un autre communautarisme, mais l'inaliénabilité de l'individu. Je dénonce le principe qui consiste à s'opposer à une culture dominante et oppressante par une contre-culture tout aussi autoritaire, uniformisante. Quand je critique des cultures, c'est parce qu'elles menacent ou nient l'inaliénabilité de l'individu ¿ la liberté sexuelle, la liberté des femmes, la liberté de chacun de disposer de son corps. Quand je critique des cultures, c'est par anti-communautarisme.

Individualiste et anti-autoritaire signifie : contre toute domination, qu'elle soit sexiste, raciste, capitaliste ; critique de toute culture installant un rapport dominant-dominé. Toute société évolue et peut à un moment donné se fonder sur une culture de domination.

Individualisme signifie : la seule identité c'est l'identité de l'individu, dans la relation avec lui-même, et pas dans le cadre d'une relation à une communauté.

Le but que je garde à l'esprit est : de sortir des divisions communautaires (l'identité est individuelle) et de la religion.

ÿtre antireligieux ne signifie pas être raciste. Le racisme c'est croire en une hiérarchie de races. S'opposer à une culture de domination chez un groupe n'est pas du racisme.

La culture est ce que les membres d'un groupe font à un moment donné ; elle n'est pas figée, immuable, elle évolue ; la culture n'est pas ce que sont, définitivement, les membres du groupe. Dans son évolution, toute culture peut devenir basée sur la domination, l'oppression. Critiquer une culture, puisque c'est critiquer ce que font à un moment donné des hommes quels qu'ils soient, n'est pas du racisme, lequel consiste à classer les hommes dans des catégories qui déterminent ce qu'ils sont.

Confrontons. Revoyons. Mettons à plat. Où est la différence entre le judaïsme, le christianisme, l'islam et le pastafarisme ? Le pastafarisme est la foi en la création de l'Univers par un monstre volant fait de nouilles et de deux boules de viande en sauce : le Flying Spaghetti Monster. Les prières adressées à Sa Nouilleté se terminent généralement par Ramen, et le souhait à un autre pastafarien peut être adressé comme suit : « Puisse Son appendice nouillesque vous toucher » (« May He touch you with His Noodly Appendage ») ou « Que la Pasta soit avec vous » (« May the Pasta be with you »).

Church of the Flying Spaghetti Monster

http://www.venganza.org/

Plus :

http://bennyth.spaces.live.com/blog/cns!544A53B3A16DB1A0!4423.entry

http://bennyth.spaces.live.com/blog/cns!544A53B3A16DB1A0!4429.entry

Benny T

Islamophobie ?

Islamophobie ?

port du voile

fatwa contre l'écrivain Salman Rushdie, condamnation à mort de Taslima Nasreen

assassinat de Theo van Gogh, qui a réalisé, en collaboration avec Ayaan Hirsi Ali, sur la base d'un scénario de celle-ci, Submission, un court métrage dénonçant la soumission des femmes dans l'Islam

affaire des caricatures du prophète Mahomet

conflit isrélo-palestinien

attentats du 11 septembre 2001

Turquie candidate à l'adhésion à l'Union européenne

« islamophobie », « racisme anti-musulmans », « choc des civilisations »

Islamophobie ? Phobie ? Je n'ai pas une peur irrationnelle de l'islam. « L'utilisation de la racine phobie qui possède en psychiatrie et psychanalyse une connotation de peur bloquante, irrationnelle, d'angoisse immaîtrisable à propos d'un objet donné, est reprochée par certains observateurs comme Philippe Muray ou le psychanalyste Daniel Sibony. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie). « Je suis frappé depuis quelques années par l'opération de médicalisation systématique dont sont l'objet tous ceux qui ne pensent pas dans la juste ligne : on les taxe de phobie. » (Philippe Muray, Exercices spirituels, tome 3). « Homophobie, xénophobie, judéophobie... Autant de mots détournés de leur sens. Ne pas aimer n'est pas phobie » (Daniel Sibony, titre d'un texte pour le journal Libération, jeudi 09 décembre 2004 ; http://analytique.ouvaton.org/ne%20pas%20aimer.php)

Je critique l'islam, comme toute autre religion.

« L'argument anti-islamique » n'est pas pour moi « un alibi commode qui habille de respectabilité la haine de l'Arabe et le refus de l'accueillir » (Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur, 23 novembre 1989)

Je constate le peu de réactions fermes et vigoureuses chez les musulmans dénonçant les crimes intégristes islamiques. « Trop de musulmans tolèrent l'islam radical » (Ayaan Hirsi Ali)

Je combats l'irrationnel, le sexisme. Je défends la liberté de pensée, d'expression, l'égalité des hommes et des femmes. « Une partie de la gauche refuse la critique de l'islam, qu'elle assimile à de l'islamophobie et donc à du racisme. » (Sylvain Ephimenco, éditorialiste au quotidien " Trouw ")

Je suis pour le débat. « [La définition de l'islamophobie donnée par l'organisation antiraciste Runnymede Trust] semble relever d'une sensibilité exacerbée, d'une tentative de disqualifier toute critique de l'islam. Plutôt que d'inviter les musulmans au débat, les non-musulmans seraient supposés marcher sur des ¿ufs de crainte de causer une offense. » (Josie Appleton)

Les accusations d'islamophobie sont destinées « à faire taire les critiques de l'islam, voire les musulmans qui luttent en faveur de réformes dans leurs communautés » (Kenan Malik ; " Islamophobia myth " | Prospect Magazine February 2005 issue 107)

Je dénonce le relativisme culturel d'une certaine gauche. « Des groupes musulmans dénoncent le relativisme culturel d'une certaine gauche. De peur de passer pour un raciste, une certaine gauche se réfugie derrière un soutien aveugle aux représentants des minorités ethniques, du moment qu'ils sont anti-impérialistes. Conscientes que les immigrantes font l'objet de nombreuses discriminations au Canada comme ailleurs, les forces progressistes abandonnent pourtant tout esprit critique à leur égard de peur d'être accusées d'islamophobie et de racisme. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

Je défends la liberté de toutes les opinions sur tous les sujets, y compris religieux. La condamnation active de l'islamophobie met en place de facto une censure ayant pour effet d'interdire toute critique envers l'islam, sous couvert de lutte contre la discrimination.

Est-ce que « le terme " islamophobie " est le résultat d'un " complot islamiste " visant à interdire la critique de la religion » ? (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

Le terme islamophobie permet de qualifier de racistes, qui donc tombent sous le coup de la loi, les critiques formulées à l'encontre de l'islam.

« L'usage du terme constituerait également une transformation indue de la lutte antiraciste, comme l'affirme par exemple le site athéisme.org, pour qui le MRAP [Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples] assure désormais la défense de l'islam, ceci au nom de la lutte contre l'islamophobie et quitte à délaisser la lutte contre le racisme. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

« En France, la Commission nationale consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) remet en mars 2004 un rapport au premier ministre où on peut lire « certains courants intégristes tentent d'obtenir la requalification du racisme anti-maghrébin en " islamophobie " pour mieux tirer bénéfice des frustrations, jouer sur les replis identitaires religieux de la population d'origine maghrébine et faire du religieux le critère absolu de différenciation, de partage ». » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

« Selon la journaliste Caroline Fourest, c'est Tariq Ramadan qui a apporté au MRAP le concept de lutte contre l'islamophobie pour faire condamner le blasphème et les critiques de l'islam en France. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

« L'extrême-gauche antiraciste et tiers-mondiste, a également été critiquée, ainsi que les altermondialistes face aux mouvements musulmans. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

« Pascal Bruckner interprète ainsi l'assimilation au racisme : « Il s'agit donc de réhabiliter le délit d'opinion afin de clouer le bec aux contradicteurs et déplacer la question du plan intellectuel au plan pénal, toute objection ou réticence étant immédiatement passible de poursuites. [...] . Or l'assimilation de l'esprit d'examen avec le racisme est trompeuse sachant que celui-ci s'adresse aux personnes en tant qu'elles existent et pour ce qu'elles sont, le Juif, le Noir, l'Arabe, autant la discussion critique porte sur de notions mobiles, variables, les idées, les dogmes, les principes, toujours susceptibles de transformations. » » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

« Le Haut Conseil à l'Intégration Français rappelle qu'« en République, la critique de la religion, comme de toutes les convictions, est libre, est constitutionnellement garantie et fait partie de la liberté d'opinion et d'expression, et ne saurait être assimilée au racisme et à la xénophobie ». » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

« Claude Imbert, membre du Haut Conseil à l'intégration, fondateur et éditorialiste de l'hebdomadaire Le Point, affirme le 24 octobre 2003 sur la chaîne LCI :

« Moi, je suis un peu islamophobe. [...] Nous avons le droit de combattre le racisme, d'accepter une pratique paisible de l'islam. Et j'ai le droit, je ne suis pas le seul dans ce pays à penser que l'islam - je dis bien l'islam, je ne parle même pas des islamistes - en tant que religion apporte une débilité d'archaïsmes divers, apporte une manière de considérer la femme, de déclasser régulièrement la femme [et] en plus un souci de supplanter la loi des ÿtats par la loi du Coran, qui en effet me rend islamophobe » » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie)

« Le mot "islamophobie" a été pensé par les islamistes pour piéger le débat et détourner l'antiracisme au profit de leur lutte contre le blasphème. Il est urgent de ne plus l'employer pour combattre à nouveau le racisme et non la critique laïque de l'islam. C'est la conclusion de Caroline Fourest et Fiammetta Venner après une longue enquête sur ce mot parue dans leur dernier ouvrage, Tirs Croisés¿ »

Caroline Fourest & Fiammetta Venner

Fondatrices de la revue ProChoix et auteures de Tirs Croisés

Islamophobie ?

http://www.prochoix.org/frameset/26/islamophobie26.html

« Nous refusons le « relativisme culturel » consistant à accepter que les hommes et les femmes de culture musulmane soient privés du droit à l'égalité, à la liberté et à la laïcité au nom du respect des cultures et des traditions.

Nous refusons de renoncer à l'esprit critique par peur d'encourager l' « islamophobie », concept malheureux qui confond critique de l'islam en tant que religion et stigmatisation des croyants.

Nous plaidons pour l'universalisation de la liberté d'expression, afin que l'esprit critique puisse s'exercer sur tous les continents, envers tous les abus et tous les dogmes. »

Le Manifeste des Douze : " Ensemble contre le nouveau totalitarisme "

1 mars 2006

http://www.prochoix.org/cgi/blog/2006/03/01/412-manifeste-des-douze-ensemble-contre-le-nouveau-totalitarisme

« Les lecteurs d'atheisme.org qui se reconnaissent dans l'opposition radicale aux religions sont vivement encouragés à se déclarer publiquement islamophobes afin de créer un mouvement courageux de contestation de cette religion qui ne vaut pas mieux que les autres. »

Islamophobes, dénonçons-nous !

Décembre 2003

http://www.atheisme.org/islamophobe.html

L'Union des Athées condamne l'amalgame entre islamophobie et racisme

Décembre 2003

http://www.atheisme.org/ua.html

Du droit d'être islamophobe

http://www.atheisme.org/islamophobie.html

« [C]e terme d'islamophobie n'exprime rien d'autre que le dégoût et le rejet de l'islam en tant que religion, en tant que système de pensée totalisant. L'islamophobie c'est le rejet de l'islam, pas le rejet des musulmans ni le rejet des arabes ou des maghrébins. Dans le premier cas, les musulmans, dans leur immense majorité, sont loin d'adhérer à l'ensemble des diktats coraniques ou de calquer leur vie sur celle, supposée, de Mahomet, et dans le second cas, les arabes et les maghrébins sont loin d'être tous musulmans. C'est d'ailleurs une tromperie qui est entretenue par les fanatiques qui refusent de voir que quantité d'arabes et de maghrébins exècrent ce système puisqu'ils en sont les victimes, qu'ils soient athées, agnostiques ou autre. Leur donner la parole est précisément l'ambition de ce colloque. Tant que, en France, une personne d'origine arabe ou maghrébine ne pourra pas exprimer publiquement sa non-adhésion à l'islam, la liberté d'expression ne pourra pas être considérée comme acquise. »

Pour le droit à la libre critique des religions

Novembre 2004

http://www.atheisme.org/colloqueislam2.html

Benny T

Islamophobie (11)

La Turquie peut-elle rejoindre l'Europe ?

16 novembre 2002

Giscard d'Estaing a fait l'événement en déclarant : « La Turquie n'est pas un pays européen ; son adhésion signifierait la fine de l'Union ». L'écrivain Max Gallo l'approuve à coups d'arguments historiques et politiques. Robert Anciaux (ULB) dénonce une attitude réactionnaire.

Propos de Max Gallo ¿ ancien député européen et ancien ministre français, écrivain, auteur de " Les chrétiens " ¿

recueillis par Denis Ghesuière

Max Gallo : [¿] Un éditorialiste turc écrivait en substance : " Si vous refusez l'adhésion de la Turquie, vous allez voir ce que vous allez voir, avec la réaction de vos musulmans établis dans les pays d'Europe ". [ndBennyT : N'est-ce pas une forme d'agressivité musulmane ?] Je trouve inadmissible ce procédé qui s'apparente à du chantage. Certains commentateurs, notamment français, expriment ce genre de craintes et invitent à la prudence. C'est faire preuve de lâcheté. De deux choses l'une : ou l'on pense que c'est bien pour l'Europe et alors on dit oui, on y va. Ou on fait une analyse qui conclut que c'est mauvais pour l'Europe, et alors on dit non. C'est ce qu'a fait Giscard d'Estaing.

Le Soir : Construire l'Europe n'implique-t-il pas de faire table rase de certaines références du passé, comme les notions d'Empire ottoman et d'Europe chrétienne ?

Max Gallo : J'invoque des réalités. Par exemple le fait qu'un des premiers soucis de Erdogan, leader de l'AKP, est de lever l'interdiction du port du voile islamique dans les administrations publiques et les universités. Je suis très inquiet lorsque j'entends parler d'islamisme modéré.

Le Soir : Votre opposition à l'adhésion est donc aussi inspirée par les récentes élections et la montée d'un parti islamique ?

Max Gallo : Bien sûr, l'islamisme est une donnée qui touche le monde musulman : Algérie, Maroc, Pakistan et, entre autres, la Turquie, comme on vient de le voir. Les élections montrent l'importance de ce courant. Je crois qu'une réflexion sage conduit à ne pas du tout s'enfermer dans un rideau de fer, mais à dire qu'il faut se donner le temps, établir des partenariats. Ce sont les partisans d'une Europe confédérale qui sont vraiment les réalistes, qui veulent construire l'Europe. C'est peu à peu, en voyant ce qu'il advient d'une association intime, que l'on peut construire pas à pas une Europe politique. Ce n'est pas en décrétant brutalement l'adhésion de la Turquie [¿].

Max Gallo : [¿] la dimension chrétienne est constitutive de l'histoire de l'Europe. Comme la laïcité : l'anticléricalisme et le combat pour la laïcité ont été concomitants à la puissance de l'ÿglise, et l'on est arrivé à une cohabitation dans la plupart des pays, avec des modalités diverses, entre un ÿtat politique et la reconnaissance d'un fait religieux. Ca, c'est une caractéristique fondamentale de la vie européenne. [1] [¿]

Propos de Max Gallo, recueillis par Denis Ghesquière,

in : le Soir, 16 novembre 2002

[1] [¿] la formulation retenue [dans le nouveau traité européen, élaboré et signé à Lisbonne par les chefs d'ÿtat des 27 ÿtats membres le 13 décembre 2007] constitue un amalgame imprécis ; il laisse entendre que les religions ont contribué à libérer l'individu, à assurer l'égalité des droits (entre homme et femme¿ ?) et à instaurer la démocratie¿ L'histoire nous enseigne une réalité un peu différente : les libertés modernes ont été conquises en dépit de l'oppositiondes pouvoirs religieux, et non grâce à eux. [¿]

Caroline Sägesser, in : Points critiques, n°287, juin 2008

[1] Imagine-t-on ce que serait l'humanité aujourd'hui si depuis la nuit des temps elle avait respecté les croyances ? En serions-nous encore à invoquer les puissances du ciel pour que le tonnerre allume du feu ou à défendre mordicus que, puisque Dieu a créé l'homme à son image, il est naturel et obligatoire que le soleil tourne autour de la terre et non l'inverse ? Ne peut-on avancer au contraire que l'humanité s'est bâtie contre les croyances et qu'à chaque fois que celles-ci ont pris le pas, les hommes se sont étripés [¿]

Léon Michaux, in : le Journal du mardi, n°255, 14 février 2006

Propos de Robert Anciaux ¿ Professeur à l'ULB, spécialiste du monde musulman contemporain ¿

recueillis par Dominique Berns

Le Soir : Votre réaction à la déclaration de Giscard d'Estaing ?

Robert Anciaux : Il exprime la crainte d'une majorité d'Européens face à l'entrée possible d'un pays musulman dans l'Union européenne, une crainte instinctive qu'a éprouvée historiquement l'Europe chrétienne à l'égard de l'islam et, de même, l'islam à l'égard de la civilisation chrétienne. Nombre d'Européens, partant d'une idée préconçue, estime qu'il y aurait incompatibilité entre les valeurs véhiculées par l'islam et les valeurs véhiculées par les démocraties européennes. C'est, à mon sens, une vision figée et en quelque sorte réactionnaire, que ne justifie pas l'évolution historique de certains pays musulmans, dont la Turquie.

Le Soir : L'idée que l'Union serait un " club chrétien " peut convenir à des chrétiens. Pas à des laïques. Or l'opposition à l'adhésion de la Turquie n'est pas uniquement le fait de chrétiens...

Robert Anciaux : [¿] il y a une même prévention à l'égard de l'islam chez les laïques qui estiment qu'un musulman, même s'il n'est plus pratiquant, ne peut pas intégrer le concept de laïcité, du fait de sa formation culturelle de base.

Le Soir : La victoire de l'AKP ne serait-elle pas un prétexte qui permet de dire tout haut ce qu'on pensait mais qu'on n'exprimait pas ouvertement ?

Robert Anciaux : La victoire électorale des "islamistes" conforte la prévention des Européens à l'égard de la Turquie. Mais l'AKP elle-même récuse l'étiquette. Au cours de la campagne électorale, à aucun moment, il n'a été fait référence à l'islam, sinon de manière implicite aux valeurs sociales de l'islam, égalité [ndBennyT : des sexes ?], fraternité [ndBennyT : entre mâles ?], solidarité [ndBennyT : grégaire ?], etc. La campagne de l'AKP a été essentiellement de nature socio-économique. Les dirigeants de l'AKP ont fait partie précédemment d'un parti qui se réclamait de l'islam. Mais ce parti, le Refah, même s'il faisait allusion à la solidarité islamique mondiale, se définissait avant tout comme un parti national turc et défendait les valeurs de l'islam en tant que valeurs sociales et morales assurant la solidarité et la cohésion de la société [ndBennyT : un peu comme la glu assure la cohésion entre la branche et l'oiseau ?].

[¿]

Le Soir: Au niveau politique, en revanche, la démocratisation est loin d'être achevée ; l'armée conserve un rôle prééminent...

Robert Anciaux : En 1960, un coup d'ÿtat militaire a conduit la Turquie à adopter la Constitution la plus libérale d'Europe, la constitution italienne. Cela a ouvert la voie à la maturation et à la diversification de la culture politique de la population turque qui n'a cessé d'évoluer depuis. Des opinions se sont exprimées à gauche comme à droite, y compris au niveau religieux. Et, chaque fois que les coups d'Etat militaires ont restreint, en 1971 et 1980, les libertés publiques, les électeurs ont réussi petit à petit à grignoter toutes ces restrictions et à réinstaller le paysage politique diversifié que l'armée avait tenté d'étouffer. Pour l'immense majorité des électeurs turcs, toutes tendances confondues, le seul gouvernement légitime est celui qui se forme à partir du verdict des urnes [ndBennyT : après élimination des opposants ?]. Cela prouve qu'il y a un fossé entre le régime politique encadré par l'establishment militaire et l'électorat. Les Turcs sont parvenus à réimposer les partis politiques et les politiciens de leur choix, bien que les militaires aient tenté de tempérer ces avancées que j'appellerai " démocratiques ". Mais il reste un problème de taille : l'establishment militaire continue à développer une vision jacobine, centralisatrice et homogénéisante de l'ÿtat-nation, héritée de l'Europe et que l'Europe a, au départ, encouragé. L'ÿtat-nation, selon cette vision, doit être un bloc homogène sur le plan culturel, et l'existence affirmée de minorités ethniques et culturelles n'est pas tolérée dans la mesure où elle constituerait une menace pour l'unité de la République une et indivisible. D'où la répression exercée contre les milieux, y compris les plus modérés, affirmant leur identité kurde. Ce niveau reste le seul où la liberté d'expression reste muselée. La conformité de la Turquie à tous les standards caractérisant les démocraties européennes ¿ particulièrement en matière de respect des droits de l'homme ¿ dépend essentiellement de la solution politique qui sera apportée au problème kurde. Cette question évoluera en fonction des rapports de forces en Turquie, mais, dans cette évolution, le rôle de l'Europe sera primordial.

Le Soir : Un rejet de la candidature turque conforterait les forces les plus rétrogrades en Turquie ?

Robert Anciaux : On risque d'isoler ceux qui estiment que la voie naturelle de la Turquie est européenne et donc de renforcer le poids de ceux qui veulent se tourner vers l'Asie centrale et l'orient islamique, même si un régime " à l'iranienne " n'est pas envisageable, en raison de l'évolution de la culture politique du peuple turc. On risque aussi de favoriser un blocage de la situation quant à l'acceptation par les tenants du pouvoir de la diversité culturelle et ethnique et de renforcer les militaires et les partis ultranationalistes dans le maintien de la négation de l'identité culturelle des Kurdes.

[¿]

Robert Anciaux : [¿] l'Europe doit savoir ce qu'elle veut faire politiquement : a-t-elle un projet politique à l'échelon régional, qui en fasse un gestionnaire à part entière de l'ordre international ; ou veut-elle simplement rester un club fermé de pays industrialisés prospères recouvrant l'aire culturelle héritière de la civilisation chrétienne occidentale, laissant aux Etats-Unis le monopole de la gestion politique de l'Ordre international ?

Propos de Robert Anciaux, recueillis par Dominique Berns,

in : le Soir, 16 novembre 2002

http://www.journalvachefolle.net/article-940.html

Entrée de la Turquie dans l'Union européenne

[¿] en Turquie, les droits de la femme et des homosexuels n'existent pratiquement que sur le papier, tant les coutumes et les pratiques religieuses obscurantistes ont la vie dure. [¿]

[¿] L'adhésion à l'Europe suppose avant tout l'adhésion à l'idée européenne. Là aussi, la Turquie d'un nationalisme fervent, inflexible sur Chypre et négationniste du génocide arménien, se doit de rassurer.

[¿] [une politique d'élargissement] doit se faire à un rythme qui garantisse que l'intégration sociologique soit préalable à l'adhésion. Même si cela doit prendre un siècle. L'Union européenne n'a de sens que pour autant qu'elle repose sur une réelle volonté de vivre ensemble selon un socle de valeurs communes.

[¿] Le respect des critères ne donne pas droit à l'adhésion, tout simplement parce que la Turquie doit d'abord le réaliser pour elle-même, pas pour l'Union européenne. C'est d'un tel constat que peut découler la nécessaire confiance mutuelle qui autorise une adhésion effective. [¿]

Laurent Arnauts, in : le Journal du mardi, n°195, 14 décembre 2004

Benny T

Islamophobie (10)

« La tolérance n'est pas passive »

Paul Sheffer

En novembre 2004, Theo van Gogh est abattu et poignardé en pleine rue à Amsterdam par un homme d'origine marocaine proche des milieux islamistes. « Journaliste et écrivain, Theo van Gogh s'illustrait régulièrement par ses propos polémiques et provocateurs, notamment à l'égard de l'islam » (Didier Burg, in : le Soir, 04 novembre 2004)

Chroniqueur politique au " NRC Handelsblad ", Paul Sheffer se définit comme un publiciste indépendant. Il a consacré plusieurs ouvrages à la société multiculturelle hollandaise et à l'histoire européenne.

[¿]

Paul Sheffer : [¿] Ce n'est pas une culture de neutralité, mais de libertés qu'il faut défendre face à ceux qui ont longtemps vécu dans une société autoritaire.

Vous écrivez : « La tolérance a été trop longtemps confondue avec l'indulgence envers l'extrémisme ». C'est une phrase terrible¿

Oui. La tolérance n'est pas un principe passif. C'est une attitude active. La diversité est un concept vide. La diversité, c'est tout, donc rien. La diversité, c'est aussi le fanatisme religieux, l'analphabétisme. Il faut donc désigner les limites de la société libérale dans laquelle on veut vivre ensemble.

Y a-t-il une place pour les idées-choc dans ce débat ? Theo van Gogh et la députée libérale Ayaan Hirsi Ali sont en butte à de nombreuses critiques pour la manière dont ils ont dénoncé la piètre condition de la femme musulmane dans leur film " Soumission " ?

Dans une démocratie, il faut être impatient. L'Islam doit trouver une place dans la société. Il y a une tradition dans l'Islam qui veut le mettre au-dessus du débat démocratique. Nous, nous disons qu'il fait partie du débat démocratique. Celui qui ne veut pas accepter cela ne peut pas vivre ici. Le film de van Gogh n'était pas pour moi un coup de force, mais une invitation à l'autoréflexion et à l'autocritique dans les milieux musulmans. Ils sont nombreux parmi la seconde génération de l'immigration à dire ¿ en privé seulement car ils subissent la pression du conformisme ¿ qu'il faut poser de telles questions. Les musulmans doivent accepter les autres religions et ceux qui ne croient pas. [¿]

Propos de Paul Sheffer, recueillis par Pascal Martin ; in : le Soir, 04 novembre 2004

Respect ?

Patrice Dartevelle

¿ Président de la Ligue pour l'abolition des lois réprimant le blasphème

et le droit de s'exprimer librement ¿

« Face aux caricatures du Jyllands Posten, les musulmans, les pas très intégristes, les Occidentaux prudents invoquent le respect dû aux croyants ou, pire à mes yeux, à leurs convictions.

Remettons les pendules à l'heure. Dans une société démocratique, le respect des personnes est obligatoire, mais faire un agglomérat entre ce respect et celui des idées ou convictions est tout à fait inconsistant. Le débat démocratique exige le conflit des idées. Depuis le XIXième siècle, celui-ci fut virulent ; il l'est certes moins depuis une génération sans qu'on voie toujours ce que nous y avons gagné. Les idées (y compris les miennes) ont tout à craindre d'un respect qui ne leur sied pas.

Personnellement, si je respecte bien des idées qui ne sont pas les miennes, je n'en respecte pas d'autres sans voir pourquoi je dois pour ce seul fait les criminaliser.

Qu'on ne respecte pas certaines idées est jugé aujourd'hui le plus souvent comme une preuve de sectarisme. En réalité, cette réaction est le fruit de l'évolution des cinquante dernières années. En 1950, la moitié des Français estimait que leur conviction religieuse ou philosophique était la seule vraie. En 2000, ils n'étaient plus que 6 % à juger de la sorte.

Les idées d'autrui sont par conséquent devenues respectables, ce qui est avantageux pour la sécurité publique. L'ennuyeux est que cette position n'est pas possible et que l'on doit alors se précipiter pour faire adopter une collection de lois excluant du débat toutes sortes d'opinions : la négation des génocides, les sectes et bien d'autres.

Le résultat est une situation étouffante pour la liberté d'expression. Les musulmans y ajoutent un retour à des pratiques qui n'étaient pas rares dans l'Occident chrétien jusqu'à Vatican II et qui me donnent le sentiment d'un retour à un passé témoin de tant de luttes pour la liberté.

Theo van Gogh (NDLR : cinéaste hollandais assassiné le 2 novembre 2004 en pleine rue) était l'expression de notre liberté et il est mort pour elle.

Il ne faudrait pas pour autant croire que la question fondamentale est le conflit avec les musulmans. Même aujourd'hui, le cas de l'Europe n'est pas si clair. Remarquons tout d'abord que le Code pénal danois contient toujours un article punissant le blasphème. Il n'y a plus eu de condamnation depuis 1938, je l'admets, mais n'empêche. Pour complaire à ses électeurs musulmans, l'actuel gouvernement britannique a tenté à plusieurs reprises depuis 2001 de faire adopter une loi réprimant la haine religieuse (c'est plus correct que le terme médiéval de blasphème). La dernière tentative vient d'aboutir le 31 janvier après une terrible bataille d'amendements. Malgré quelques précautions obtenues grâce à Rowan Atkinson (l'acteur qui joue le rôle de Mister Bean), on ne peut s'attendre qu'à des restrictions de la liberté d'opinion.

Le cas n'est pas isolé. La France partage avec la Belgique le rare bonheur de ne disposer d'aucune législation pénale réprimant le blasphème. Mais la situation semble si insupportable aux juges français que les condamnations pleuvent. L'acquittement de Houellebecq est l'exception.

Sinon on n'a que l'embarras du choix entre la condamnation d'une revue satirique niçoise pour avoir dit que le suaire de Turin était une loque sentant la pisse d'âne, une autre condamnant des jésuites pour avoir écrit que la circoncision était une coutume folklorique.

Tout récemment, il a fallu un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme pour casser un jugement de la cour d'appel d'Orléans visant un essayiste qui avait osé écrire que l'antijudaïsme des ÿcritures chrétiennes a conduit à l'antisémitisme et à l'Holocauste. Le concile de Vatican II, devant l'évidence, avait pourtant pris la peine de détacher pour la première fois l'ÿglise d'une évidente tradition.

Une fois de plus, on se découvre des vertus laïques ou libertaires face aux seuls musulmans. Tant mieux : c'est une liberté qui a trop régressé en Europe pour céder quoi que ce soit aux musulmans d'ici ou d'ailleurs. »

Patrice Dartevelle, in : le Soir, 07 février 2006

« On tente d'imposer l'idée que la liberté d'expression se heurterait au respect des convictions d'autrui, alors qu'elle ne connaît qu'une seule limite : le respect des individus. La diffamation est un délit punissable chez nous. Mais aucune idée, aucune opinion, aucune conviction n'est « respectable » en ce sens qu'elle ne souffrirait ni critiques ni caricatures. Toutes doivent pouvoir être combattues sur le terrain des idées, que ce soit par le mot ou le dessin. Sans choc (le combat d'idées peut être violent) des idées, il n'y aurait pas de lumière, la terre serait toujours plate, le soleil tournerait autour d'elle. « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire » : cette citation attribuée à Voltaire devrait être enseignée dans les mosquées du monde entier. »

Michèle Coerten, in : le Soir, 08 février 2006

« [...] Second ahurissement devant le profil de « coupable » que prennent peu ou prou la plupart des intervenants occidentaux, admettant soit que les dessins incriminés n'étaient pas indispensables (euphémisme), soit qu'ils n'étaient pas « d'actualité » (quand chaque jour, des allumés se font sauter, croyant rejoindre les 10.000 houris), soit qu'ils n'étaient pas « de bon goût », soit qu'ils « pourraient choquer, dans notre société pluriculturelle ». Je prends vraiment peur. Il y a longtemps que je constate une réserve croissante ¿ pudibonderie, autocensure, frilosité, peur de choquer, « parapluies ». Tout spécialement dans le domaine religieux. (¿) »

Jacqueline Hellin, in : le Soir, 08 février 2006

« [...] Substituer une bombe au visage de Mahomet procède par amalgame, mais un amalgame qui dérange seulement les aveugles, car il illustre et dénonce une effrayante réalité, à savoir que c'est au nom du Coran que l'islam non seulement réserve aux femmes un statut de soumission et d'inégalité, mais promet l'accueil d'Allah et les plaisirs de la chair aux kamikazes. Cet amalgame est créé non par les caricaturistes, mais par les leaders islamistes eux-mêmes, une infime minorité (?) si on en croit une écrasante (?) majorité de musulmans, mais une majorité dont la volonté jusqu'ici bien secrète pourrait s'exprimer librement ¿ au moins dans les pays européens, mais on attend toujours ¿ et réussirait alors peut-être à contrebalancer les débordements indécents de ces derniers jours, qui rappellent furieusement les cortèges « spontanés » de dizaines de milliers d'enfants hurlant leur joie haineuse au lendemain du 11 Septembre [les attentats du 11 septembre 2001]. Oui, amalgame il y a et il ira sans cesse croissant si devait se poursuivre le silence des musulmans d'Europe, un silence assourdissant. »

Maurice-André Flamme ¿ professeur ordinaire émérite, ULB ¿ ; in : le Soir, 08 février 2006

« [...] une série de croquis [¿], parus, il y a cinq mois, à Copenhague, déchaîne [¿] une jihad bien orchestrée via la Syrie et l'Iran qui, comme par hasard, traînent quelques casseroles¿

[...]

Le feu bouté à diverses ambassades scandinaves ¿ et même, au passage, à une représentation chilienne. [...] Et puis, dans la foulée, des slogans du genre : « ÿ bas les Danois ! ÿ bas les Juifs ! » ou celui-ci, sinistrement hilarant : « Décapitez ceux qui disent que l'Islam est violent ! » ou encore : « Liberté, va au Diable ! »

En se référant, comme toujours, à « l'humiliation populaire ». Qui a bon dos.

Lorsqu'on met sur orbite, ici ou là, un concours de caricatures antisémites ¿ où l'on voit, entre autres, Hitler baiser Anne Frank ¿, on ne voit nul pyromane s'en prendre à la moindre institution musulmane¿ Et même, on apprend qu'un éditorialiste jordanien se retrouve menacé de mort parce qu'il trouve que la représentation sanguinaire d'un attentat-suicide lui paraît plus sujette à caution qu'une caricature¿

[¿]

Le même journal télévisé où l'on dénonce l'image d'un prophète porteur d'une bombe enturbannée nous laisse voir, aussitôt après, de jeunes porteurs de kalachnikofs tiraillant dans tous les sens¿

N'oublions pas l'affaire Rushdie, où un grand esprit voltairien du XXième siècle fut mis en joue pour avoir montré certaine impertinence à l'endroit de tous les théocrates. Le seul fait d'avoir tissé une fiction autour du Prophète apparaissait déjà répréhensible. [¿]

Le plus singulier, cependant, c'est le soutien « inespéré » que reçoivent les intégristes de la part de quelques penseurs occidentaux qui font le jeu de la violence.

On connaît le « syndrome de Stockholm », qui pousse la victime à justifier, jusqu'à un certain point, son bourreau. [¿]

Voici que pointe, aujourd'hui, le syndrome de Copenhague¿ [¿] se montrer prêt à justifier, demain, l'innommable. [¿] tendre les verges pour se faire battre.

[¿]

[¿] Je me souviens de ce correspondant de presse en Amérique qui m'assurait, après la réélection de Bush : « Soyons confiants : il changera ! » Et ce fut la seconde guerre d'Irak. Un autre (ou le même), après la victoire du Hamas, en Palestine : « Ils changeront¿ » Mais voyons. Le premier acte politique de l'organisation, ce fut de stigmatiser rageusement les caricatures danoises¿ [¿] »

Pierre Mertens, in : le Soir, 10 février 2006

« Derrière la question des caricatures du Prophète, c'est notre rapport avec le monde islamique qui est soulevé »

Réaction de Max Gallo ¿ écrivain, ancien porte-parole du gouvernement socialiste français et compagnon de route de Jean-Pierre Chevènement ¿à l'affaire des caricatures de Mahomet. Dans une tribune [...] publiée dans Le Figaro, titrée : « Islam : ne rien abandonner à la politique de l'apaisement », Max Gallo écrit : « Derrière la question des caricatures du Prophète, c'est notre rapport avec le monde islamique qui est soulevé¿ ÿcartons les hypocrites, les timorés, les habiles, les aveugles qui récusent l'évidence. Il y a bien un choc de civilisations¿ La foi vive, exigeante, du musulman, envahit l'espace social¿ Doit-on chaque fois reculer au nom du respect de l'Autre, de sa sincérité ? Faut-il pratiquer cette politique d'apaisement ? » Pour Max Gallo [¿] c'est non. [¿] « Que sommes-nous prêts à abandonner ? Par réalisme ? Par sagesse ? Ou par lâcheté ? Au temps de Munich, en 1938, ce dernier mot avait un synonyme, employé par les diplomates : apaisement » [¿]

In : le Journal du mardi, n°255, 14 février 2006

[...] Les ÿtats arabes n'ont cessé de se servir du peuple palestinien au lieu de le servir. [...] le monde arabe se complait dans un mythe, qu'on appellera le mythe de Saladin, ce sultan qui repoussa les croisés et reconquit Jérusalem. Incapacité de se hisser au niveau des réalités universelles, complexe du colonisé face au colonisateur, et qui se réfugie alors dans la religion sous les formes les plus passéistes.

[...]

[...] Quand même : ces « musulmans en colère » sont à une année-lumière des concepts de laïcité et de démocratie¿

[...]

Robert Falony, in : le Journal du mardi, n°255, 14 février 2006

« On ne peut attribuer à Israël tous les malheurs du monde arabe. Mais la question palestinienne a été utilisée par les potentats arabes pour éluder les nécessaires réformes et pour écarter toute voix discordante. Ce problème a dominé l'imaginaire du monde arabe. »

Boutros Boutros-Ghali, dans un article de Baudouin Loos ; in : le Soir, 17 février 2006

Propos de René Pétillon

¿ dessinateur de presse, auteur de bande dessinée,

créateur du personnage de Jack Palmer,

dont sort l'album " L'affaire du voile " ¿

[...]

Le Soir ¿ Dans le débat sur l'intégrisme religieux, les femmes sont souvent les grandes oubliées. Vous, vous les mettez au centre de votre histoire.

René Pétillon ¿ Dès que je me suis intéressé au sujet, je me suis dit que tout était là. Je me suis toujours demandé ce que ces femmes pensent, sous ce voile qu'elles portent ou qu'on leur fait porter. Plus généralement, je ne supporte pas la contrainte, ni l'embrigadement. Et, lors des travaux de la commission Stasi sur le voile (commission sur la laïcité instituée lors de la polémique sur le voile islamique en France en 2003, NDLR), j'ai entendu des témoignages terribles sur ces contraintes, culturelles et religieuses, mais aussi clairement familiales et conjugales.

[...]

René Pétillon ¿ [...] Soit dit en passant, on peut noter que la question des Palestiniennes et de ce qui risque bien de leur arriver a complètement passé à la trappe dans les commentaires après la victoire du Hamas.

Le Soir ¿ Dessinateur de presse au " Canard enchaîné ", vous êtes directement concerné par la polémique sur les caricatures de Mahomet, comment réagissez-vous ?

René Pétillon ¿ Ces dessins font des amalgames à la limite crétins, mais peu importe, c'est un problème de liberté de presse pur et simple, il ne faut pas y toucher. Qu'on en arrive à des réactions jusqu'à vouloir faire interdire les atteintes à la sensibilité religieuse, c'est inadmissible. [...] On a mis assez de temps à se libérer de ces interdits, on ne va pas recommencer ! C'est ce que j'essaie de dire dans ce livre [" L'affaire du voile "].

Le Soir ¿ Comment vous êtes-vous documenté pour viser aussi juste ?

René Pétillon ¿ J'ai lu beaucoup de livres, de portraits de personnalités musulmanes, et il y a très longtemps que je découpe la presse sur ce sujet, et je me suis baladé sur le Net, sur les sites salafistes et autres, on y apprend beaucoup de choses. Y compris qu'il est interdit de vendre des cartes de Noël, c'est un commerce impur : c'est cette volonté de contrôler la vie des gens de A à Z qui m'est odieuse. [¿]

Le Soir ¿ Vous campez un personnage qui fait penser à Tariq Ramadan, qui prône un moratoire sur la lapidation, c'est lui ?

René Pétillon ¿ En tout cas, c'est une phrase de lui. J'ai suivi son débat télévisé avec Sarkozy (NDLR : le 19 janvier 2004 sur France 2), qui lui a fait dire des choses qui m'ont fait sursauter, il s'est vraiment dévoilé. [...] Malheureusement, à gauche, on s'aveugle sur ces questions, et par tolérance on accepte des choses intolérables sous prétexte qu'elles sont « culturelles » ou « religieuses ». Non ! Je ne parle même pas d'une partie de l'extrême gauche et des altermondialistes, qui invitent Ramadan sous prétexte d'anti-impérialisme¿ C'est fou furieux !

[¿]

Propos de René Pétillon, recueillis par Ariel Herbez ; in : le Soir, 18 février 2006

Propos de Jean Giraud Moebius

¿ auteur de bande dessinée,

de " Blueberry ", " l'Incal " ¿

[...]

« L'auteur de la caricature qui présente Mahomet avec une bombe en guise de turban a fait très fort. Tous les commentateurs qui affirment que c'est un dessin faible sont des lâches. Il est d'une puissance extraordinaire : il ne montre pas la réalité de Mahomet, mais la façon dont les terroristes se le sont approprié. Les foules musulmanes modérées devraient manifester en brandissant cette caricature. Pour la jeter à la face des intégristes. »

Moebius n'hésite pas à dénoncer l'instrumentalisation de l'humiliation islamique : « Cet état de faiblesse psychique collective est une posture. Il relève d'une stratégie de conquête bien connue en sociologie qui consiste à se mettre en danger, en situation de faiblesse, pour pouvoir asseoir une légitimité. [...] Il faut résister à cette sensiblerie¿ qui revient à se laisser manipuler par un enfant qui veut des bonbons ! »

Propos de Jean Giraud Moebius,

dans un article de Daniel Couvreur et Ricardo Gutierrez ;

in : le Soir, 18 février 2006

« ce n'est pas une demande de respect, c'est une demande de soumission »

Ayaan Hirsi Ali

« Je suis une dissidente de l'islam »

Invitée à Berlin le 9 février [2006], Ayaan Hirsi Ali a prononcé, suite à l'affaire des caricatures de Mahomet, un discours de combat, contre l'islamisme et pour la liberté.

Ayaan Hirsi Ali, d'origine somalienne, est députée au Parlement néerlandais, membre du parti libéral (VVD). Scénariste du court-métrage " Submission ", qui dénonce le sort fait aux femmes musulmanes et qui a valu au cinéaste Theo van Gogh d'être assassiné par un islamiste en novembre 2004, elle vit sous protection policière. Elle s'était réfugiée aux Pays-Bas en 1992, alors que son père voulait la marier contre son gré à un de ses cousins vivant au Canada. Après avoir obtenu l'asile politique, elle a d'abord été traductrice pour les services sociaux qui accueillent des femmes en fuite. Elle a ensuite étudié les sciences politiques et a travaillé dans un centre de recherche du parti travailliste (PVDA). Ses positions tranchées déplaisant à ce parti de gauche, elle a rejoint le parti libéral. Son livre " Insoumise " a été publié en français chez Robert Laffont.

« Je suis ici pour défendre le droit d'offenser. J'ai la conviction que cette entreprise vulnérable qu'on appelle démocratie ne peut exister sans libre expression, en particulier dans les médias. Les journalistes ne doivent pas renoncer à l'obligation de parler librement, ce dont sont privés les hommes des autres continents.

Mon opinion est que le Jyllands Posten a eu raison de publier les caricatures de Mahomet et que d'autres journaux en Europe ont bien fait de les republier.

Permettez-moi de reprendre l'historique de cette affaire. L'auteur d'un livre pour enfants sur le prophète Mahomet n'arrivait pas à trouver d'illustrateur. Il a déclaré que les dessinateurs se censuraient par peur de subir des violences de la part de musulmans, pour qui il est interdit à quiconque, où que ce soit, de représenter le Prophète. Le Jyllands Posten a décidé d'enquêter sur le sujet, estimant ¿ à juste titre ¿ qu'une telle autocensure était porteuse de lourdes conséquences pour la démocratie. C'était leur devoir de journalistes de solliciter et de publier des dessins du prophète Mahomet.

Honte aux journaux et aux chaînes de télévision qui n'ont pas eu le courage de montrer à leur public ce qui était en cause dans « l'affaire des caricatures » ! Ces intellectuels qui vivent grâce à la liberté d'expression, mais acceptent la censure, cachent leur médiocrité d'esprit sous des termes grandiloquents comme « responsabilité » ou « sensibilité ».

Honte à ces hommes politiques qui ont déclaré qu'avoir publié et republié ces dessins était « inutile », que c'était « mal », que c'était « un manque de respect » ou de « sensibilité » ! Mon opinion est que le Premier ministre du Danemark, Anders Fogh Rasmussen, a bien agi quand il a refusé de rencontrer les représentants de régimes tyranniques qui exigeaient de lui qu'il limite les pouvoirs de la presse. Aujourd'hui, nous devrions le soutenir moralement et matériellement. Il est un exemple pour tous les dirigeants européens. J'aimerais que mon Premier ministre ait autant de cran que Rasmussen.

Honte à ces entreprises européennes du Moyen-Orient qui ont mis des affiches disant « Nous ne sommes pas Danois », « Ici, on ne vend pas de produits danois » ! C'est de la lâcheté. Les chocolats Nestlé n'auront plus le même goût après ça, vous ne trouvez pas ? Les ÿtats membres de l'Union européenne devraient indemniser les sociétés danoises pour les pertes qu'elles ont subies à cause des boycottages.

La liberté se paie cher. On peut bien dépenser quelques millions d'euros pour la défendre. Si nos gouvernements ne viennent pas en aide à nos amis scandinaves, alors j'espère que les citoyens organiseront des collectes de dons en faveur des entreprises danoises.

Nous avons été submergés sous un flot d'opinions nous expliquant que les caricatures étaient mauvaises et de mauvais goût. Il en ressortait que ces dessins n'avaient apporté que violence et discorde. Beaucoup se sont demandés tout haut quel avantage il y avait à les publier.

Eh bien, leur publication a permis de confirmer qu'il existe un sentiment de peur parmi les écrivains, les cinéastes, les dessinateurs et les journalistes qui souhaitent décrire, analyser ou critiquer les aspects intolérants de l'islam à travers l'Europe

Cette publication a aussi révélé la présence d'une importante minorité en Europe qui ne comprend pas ou n'est pas prête à accepter les règles de la démocratie libérale. Ces personnes ¿ dont la plupart sont des citoyens européens ¿ ont fait campagne en faveur de la censure, des boycottages, de la violence et de nouvelles lois interdisant l'« islamophobie ».

Ces dessins ont montré au grand jour qu'il y a des pays qui n'hésitent pas à violer l'immunité diplomatique pour des raisons d'opportunité politique. On a vu des gouvernements malfaisants, comme celui d'Arabie saoudite, organiser des mouvements « populaires » de boycottage du lait ou des yaourts danois, alors qu'ils écraseraient sans pitié tout mouvement populaire qui réclamerait le droit de vote.

Je suis ici aujourd'hui pour réclamer le droit d'offenser dans les limites de la loi. Vous vous demandez peut-être : pourquoi à Berlin ? Et pourquoi moi ?

Berlin est un lieu important dans l'histoire des luttes idéologiques autour de la liberté. C'est la ville où un mur enfermait les gens à l'intérieur de l'ÿtat communiste. C'est la ville où se concentrait la bataille pour les esprits et les c¿urs. Ceux qui défendaient une société ouverte enseignaient les défauts du communisme. Mais l'¿uvre de Marx était discutée à l'université, dans les rubriques opinions des journaux et dans les écoles. Les dissidents qui avaient réussi à s'échapper pouvaient écrire, faire des films, dessiner, employer toute leur créativité pour persuader les gens de l'Ouest que le communisme n'était pas le paradis sur Terre.

Malgré l'autocensure de beaucoup en Occident, qui idéalisaient et défendaient le communisme, malgré la censure brutale imposée à l'Est, cette bataille a été gagnée.

Aujourd'hui, les sociétés libres sont menacées par l'islamisme, qui se réfère à un homme nommé Muhammad Abdullah (Mahomet) ayant vécu au VIIe siècle et considéré comme un prophète. La plupart des musulmans sont des gens pacifiques ; tous ne sont pas des fanatiques. Ils ont parfaitement le droit d'être fidèles à leurs convictions. Mais, au sein de l'islam, il existe un mouvement islamiste pur et dur qui rejette les libertés démocratiques et fait tout pour les détruire. Ces islamistes cherchent à convaincre les autres musulmans que leur façon de vivre est la meilleure. Mais quand ceux qui s'opposent à l'islamisme dénoncent les aspects fallacieux des enseignements de Mahomet, on les accuse d'être offensants, blasphématoires, irresponsables ¿ voire islamophobes ou racistes.

Ce n'est pas une question de race, de couleur ou de tradition. C'est un conflit d'idées qui transcende les frontières et les races.

Pourquoi moi ? Je suis une dissidente, comme ceux de la partie est de cette ville qui passaient à l'Ouest. Moi aussi, je suis passée à l'Ouest. Je suis née en Somalie et j'ai passé ma jeunesse en Arabie saoudite et au Kenya. J'ai été fidèle aux règles édictées par le prophète Mahomet. Comme les milliers de personnes qui ont manifesté contre les caricatures danoises, j'ai longtemps cru que Mahomet était parfait ¿ qu'il était la seule source du bien, le seul critère permettant de distinguer entre le bien et le mal. En 1989, quand Khomeiny a lancé un appel à tuer Salman Rushdie pour avoir insulté Mahomet, je pensais qu'il avait raison. Je ne le pense plus.

Je pense que le Prophète a eu tort de se placer, lui et ses idées, au-dessus de toute pensée critique.

Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de subordonner les femmes aux hommes.

Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de décréter qu'il fallait assassiner les homosexuels.

Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de dire qu'il fallait tuer les apostats.

Il avait tort de dire que les adultères doivent être fouettés et lapidés, et que les voleurs doivent avoir les mains coupées.

Il avait tort de dire que ceux qui meurent pour la cause d'Allah iront au paradis. Il avait tort de prétendre qu'une société juste pouvait être bâtie sur ses idées.

Le Prophète faisait et disait de bonnes choses. Il encourageait la charité envers les autres. Mais je soutiens qu'il était aussi irrespectueux et insensible envers ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui.

Je pense qu'il est bon de faire des dessins critiques et des films sur Mahomet. Il est nécessaire d'écrire des livres sur lui. Et tout cela pour la simple éducation des citoyens.

Je ne cherche pas à offenser le sentiment religieux, mais je ne peux me soumettre à la tyrannie. Exiger que les hommes et les femmes qui n'acceptent pas l'enseignement du Prophète s'abstiennent de le dessiner, ce n'est pas une demande de respect, c'est une demande de soumission.

Je ne suis pas la seule dissidente de l'islam, il y en a beaucoup en Occident. Et s'ils n'ont pas de gardes du corps, ils doivent travailler sous de fausses identités pour se protéger de l'agression. Mais il y en a encore beaucoup d'autres à Téhéran, à Doha et Riyad, à Amman et au Caire, comme à Khartoum et Mogadiscio, Lahore et Kaboul.

Les dissidents de l'islamisme, comme ceux du communisme en d'autres temps, n'ont pas de bombes atomiques, ni aucune autre arme. Nous n'avons pas l'argent du pétrole comme les Saoudiens et ne brûlons ni les ambassades ni les drapeaux. Nous refusons d'être embarqués dans une folle violence collective. D'ailleurs, nous sommes trop peu nombreux et trop dispersés pour devenir un collectif de quoi que ce soit. Du point de vue électoral, ici en Occident, nous ne sommes rien.

Nous n'avons que nos idées et nous ne demandons que la possibilité de les exprimer. Nos ennemis utiliseront si nécessaire la violence pour nous faire taire. Ils emploieront la manipulation ; ils prétendront qu'ils sont mortellement offensés. Ils annonceront partout que nous sommes des êtres mentalement fragiles qu'il ne faut pas prendre au sérieux. Cela n'est pas nouveau, les partisans du communisme ont largement utilisé ces méthodes.

Berlin est une ville marquée par l'optimisme. Le communisme a échoué, le Mur a été brisé. Et même si, aujourd'hui, les choses semblent difficiles et confuses, je suis sûre que le mur virtuel entre les amoureux de la liberté et ceux qui succombent à la séduction et au confort des idées totalitaires, ce mur aussi, un jour, disparaîtra. »

Ayaan Hirsi Ali, in : le Soir, 27 février 2006

Benny T

Islamophobie (9)

Port du voile

Certains veulent réduire le débat à l'opposition entre, d'une part, un camp de racistes islamophobes, voire partisans de l'axe Bush-Poutine-Sharon, adeptes du choc des civilisations, et, d'autre part, le monde arabo-musulman.

Pour moi, il s'agit d'attaquer les tendances qui, hier et aujourd'hui, veulent serrer l'individu dans un carcan : religion, nationalisme, marxisme-léninisme, fascisme, nazisme, communautarisme, intégrisme.

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Débat

Arguments contre l'interdiction du port du voile

    • [¿] il n'est nullement question d'être pour ou contre le foulard. Le propos, exclusif, concerne l'interdiction ou non du port du foulard à l'école.

      [¿]

      Interdire le foulard à l'école publique, c'est, de fait, qu'on le veuille ou non, favoriser la création d'écoles communautaristes, d'écoles-ghettos.

      Ces nouvelles écoles islamiques qui ne manqueront pas de se créer et de se remplir offriront aux fondamentalistes et radicaux islamistes de tous poils un terreau extraordinaire pour y distiller leur venin face à une population jeune et donc, par définition, fragile et vulnérable.

      [¿]

      Jacques Ravedovitz

      Union des progressistes juifs de Belgique

      Points Critiques

      Le Mensuel

    • [¿]

      Qu'une communauté, une culture, une ethnie méprisées, exploitées, colonisées, se choisissent des signes et des repères qui relèvent aussi de l'oppression n'est nullement étonnant. Le problème est que plus ces symboles seront combattus de manière législative par ceux-là même qui furent les colons et sont les dominants, et plus ils prendront de la force comme signes de reconnaissance et de résistance.

      Que les intégristes laïcs fassent ainsi le jeu de l'intégrisme musulman n'est pas non plus étonnant ; ils préfèrent cela plutôt que de voir les masses musulmanes choisir comme symboles de reconnaissance et de cohésion l'union des opprimés et la guerre contre le capitalisme !

      Une chose est certaine, c'est qu'une critique, pour être efficace, ne peut venir que de l'intérieur de la communauté visée. Apportée de l'extérieur, surtout de la part d'une entité dominante (le monde chrétien occidental), cette critique non seulement tombe sous le signe de la énième domination impérialiste avec son cortège de paternalisme et de pseudo-universalisme, mais encore est totalement inefficace si elle s'exerce au nom de la loi.

      Une critique légiférée et portée par le dominant sur des aspects de la culture du dominé ne fera qu'en exacerber et renforcer les aspects les plus clos, frileux ou agressifs.

      La seule chose qu'on puisse faire de l'extérieur, c'est créer un environnement favorable au développement des éléments critiques qui ne manquent certainement pas d'exister au sein même de cette communauté. Et, pour ce faire, il est bien entendu indispensable de combattre au sein même de sa propre culture les éléments étrangement identiques à ceux que l'on voudrait voir disparaître chez l'autre. Balayer devant sa porte est la condition sine qua non à une efficacité politique minimum.

      [¿]

      JPD, in : Courant Alternatif 135

    • De nombreuses consciences de ¿ gauche ¿ [¿] ne verront comme autre moyen de combattre le voile que d'approuver son interdiction par l'ÿtat. Ce qui revient à remplacer un maître réactionnaire par un nouveau maître ¿ émancipateur ¿. Mais, une libération partielle n'est qu'une nouvelle servitude. Il nous reste donc à nous libérer de nos libérateurs, et tout d'abord du mythe d'un pouvoir émancipateur. Cette dernière expression est en effet une contradiction dans les termes : le pouvoir ne peut chercher à émanciper ses sujets sous peine de disparaître. Mais il peut arriver qu'il paraisse rechercher cette fin ; en réalité, il vise alors à se légitimer et se conserver face à d'autres pouvoirs qui rivalisent avec lui. En paraissant combattre l'oppression exercée par ses rivaux, il masque son intention de les éliminer pour se substituer à eux.

      [¿]

      Seulement, l'ÿtat ne fait que feindre de s'opposer à l'intégrisme. En mettant en scène cette opposition et en médiatisant l'islamisme, il le prescrit paradoxalement aux banlieues comme ¿ bon ¿ moyen de révolte (c'est-à-dire le moins dangereux pour lui-même), tout en le maintenant dans certaines limites. Désigner l'islamisme comme une nouvelle théologie de la libération pour les banlieues permet d'éloigner celles-ci de la Révolution sociale qui comporte le désavantage pour les dominants de viser la totalité du système et de rassembler au-delà des différences ¿ ethnique ¿ et religieuse. L'Islam peut alors, comme l'a fait le Christianisme avant lui, servir de force de maintien de l'ordre dans les quartiers pauvres.

      [¿]

      L'interdiction du voile, justifiée avec des motifs défendables (liberté de la femme), constitue un précédent facilitant l'extension future de cette mesure à d'autres modes d'expression d'opinions indésirables par l'ÿtat.

      [¿]

      La méfiance face à tout pouvoir se proclamant défenseur de nos droits doit donc être de mise. Une dernière précision : nous, communistes libertaires, nous ne nous engageons pas à libérer les femmes voilées.

      Nous n'avons pas plus l'intention de leur dicter leur conduite. Si nous agissions ainsi, nous leur adresserions une injonction paradoxale : en se libérant, elles nous obéiraient. D'une certaine manière, elles resteraient donc dominées. Leur seul moyen d'affirmer leur liberté, face à notre suggestion, serait alors de demeurer soumises !

      En réalité, la libération des femmes musulmanes sera l'¿uvre des femmes musulmanes elles-mêmes ou ne sera pas. Par contre, si comme nous l'espérons, cette ¿uvre d'auto-émancipation a lieu, notre solidarité leur est acquise sans limites. Non par générosité, mais parce que leur affranchissement, loin de se limiter à elles-mêmes, s'étendrait aussi à nous, pour qui il est très difficile de se sentir libre quand d'autres sont asservis. Tout le monde le sait, la liberté individuelle reste imparfaite si elle souffre ne serait-ce que d'une seule exception. « La liberté d'autrui, loin de limiter la mienne, l'étend à l'infini¿ »

      Moustapha, in : Alternative libertaire n°34 (270), mars 2004

    • [¿]

      Les tenant(e)s de la laïcité du XIXième siècle avaient compris que l'ÿcole était un champ de bataille de première importance et que les aspirations philosophiques, essentiellement humanistes, de la Révolution, avec, en particulier, son idéal de Liberté, d'ÿgalité et de Fraternité, ne pourraient être réalisées que par la non-ingérence des religions dans l'Instruction et donc de l'ÿcole.

      Mais, ce combat n'a pu être mené que parce que, au préalable, au prix de la chair et du sang de millions de victimes, des individus ont su se libérer de l'emprise religieuse. Les Lumières ne sont pas venues de la Loi mais de la lutte incessante de la Raison contre l'imposture religieuse. Ce n'est pas la Loi qui a su faire reculer les ténèbres de l'obscurantisme religieux et éclairer les consciences mais les sciences, les connaissances, la libre pensée¿

      Ce n'est donc pas une Loi qui fera tomber en désuétude le port du voile musulman de même que ce n'est pas la Loi qui a permis aux femmes des pays occidentaux de se libérer de l'accoutrement vestimentaire et corporel auquel les condamnaient les diverses sectes chrétiennes et, plus généralement, aux individus d'organiser leur vie privée et publique sans considération et, a fortiori, sans prescription religieuse.

      Une loi prohibitive risque d'avoir un effet contraire : celui de fabriquer des martyr(e)s qui seront autant d'alibis aux croisé(e)s de tous poils pour légitimer les actes les plus excessifs qu'ils-elles commettront au nom de leur dieu arguant d'un état de¿ légitime défense au regard de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, de la Constitution¿ !

      La religion est un cancer qui ronge l'humanité au point de l'anéantir dans son essence même -- l'humanité --. En médecine, on ne traite pas les cancers à coups de lois mais bien par des traitements et remèdes appropriés et, au besoin, par la¿ chirurgie. De même que, en busherie, la Loi n'avait pas prohibé réellement la fabrication, la distribution et la consommation d'alcool, de même qu'aucune loi ne pourra éradiquer le sida, ce n'est ni la Loi, ni des lois qui libéreront l'humanité de l'oppression religieuse et la pensée humaine de l'imposture religieuse.

      Pour reprendre une image, la laïcité est, au mieux, un préservatif qui doit permettre un rapport à l'ÿcole préservé du virus religieux, sachant que la capote n'éradique pas pour autant le virus et que l'élimination du virus passe donc par d'autres méthodes, d'autres moyens.

      ÿ bien réfléchir, en définitive, je suis pour la libération des ports ostentatoires de signes religieux. Que les sinistres corbeaux de toutes les sectes religieuses sortent de leurs trous à rats ! que les enturbané(e)s, les ensoutané(e)s, les enfoulardé(e)s, les envoilé(e)s, les embarbouzé(e)s, les embadgé(e)s, les ensigné(e)s¿ de toutes les sectes sortent au grand jour et accomplissent au vu et au su de tout le monde le travail de sape des libertés individuelles et des droits fondamentaux auquel, comme des taupes, ils-elles se livrent, en toute discrétion mais avec une grande efficacité, dans les galeries et les coulisses de tous les pouvoirs (politiques, économiques, culturels¿) ! Qu'ils-elles nous facilitent la tâche en quelque sorte car il est sûrement plus facile de viser une cible bien¿ visible !

      [¿]

      JC, in : Alternative libertaire n°34 (270), mars 2004

Complot ? Enfermer les gens dans le communautarisme est-il le but caché recherché de cette loi ?]

Complot ? Les dirigeants font exprès d'interdire le port du voile pour renforcer l'attrait du signe religieux comme signe de résistance, au détriment de l'attrait de l'union des opprimés et de la lutte contre le capitalisme ? Un plan pour que les Arabes, en réaction de résistance à l'interdiction du voile, s'identifient à lui et se regroupent dans la communauté du voile ? Pour que le communautarisme étouffe la solidarité entre tous les opprimés, la lutte mondiale contre le capitalisme, la lutte contre toute domination ? L'interdiction légale du voile vise le repli communautariste, la division en communautés dans la logique du ¿ Diviser pour régner ¿ ? La division communautariste amène à enfermer les personnes dans des blocs, l'un amalgamant occidental et chrétien ¿ non voilé ¿, un autre amalgamant arabe et musulman ¿ voilé ¿.

http://www.journalvachefolle.net/article-377.html

Benny T

Islamophobie (8)

Jean-François Bastin, dit Abdullah

28 mai 2003, RTBF [Radio-Télévision belge de la Communauté française],

« Tout ça ne nous rendra pas le Congo » :

Jean-François Bastin, dit Abdullah,

Fondateur du PARTI CITOYENNETÿ ET PROSPERITÿ (PCP)

Jean-François Bastin : « Toutes les solutions aux problèmes de l'Occident sont dans l'islam ».

« Les non-musulmans sont des égarés qu'il faut discipliner, à qui il faut enseigner ce que veut Dieu. »

« L'islam est la seule religion que veut Dieu. »

Jean-François Bastin : « En serrant la main à une femme pour notre campagne, tu fais quelque chose d'interdit par Allah ; tu trompes Allah, tu trompes ta religion, tu trompes celle à qui tu donnes la main en lui faisant croire que vous êtes d'égal à égal, et tu te trompes toi-même. »

« Les communistes, les libéraux, les fascistes, c'est la même chose, ça n'a rien à voir avec nous. »

Slogans du PCP aux manifs contre l'invasion US en Irak.

Jean-François Bastin : « Le PCP dit non à la guerre » ; « Bush, Sharon, assassins ! »

ÿ une réunion de musulmans appartenant aux partis traditionnels,

Jean-François Bastin : « Je suis atterré par vos lamentations. J'attendais de vous un esprit plus vindicatif, centré sur les convictions que vous prétendez suivre. Venez chez nous. »

Invité syrien : « Nous n'acceptons pas d'être traités d'étrangers ici. Le croyant a priorité par rapport à quiconque sur terre. Nous devons définir notre ennemi commun, qui est le lobby sioniste, qui oriente les politiques vers l'appui d'Israël ».

Femme musulmane à propos des candidates aux élections :

« On sait qu'une femme doit faire à manger, repasser, tandis qu'un homme ne fait pas tout ça et a donc du temps à consacrer à la politique ».

Jean-François Bastin : « Les musulmans ont le droit d'établir un ÿtat qui nous permettra de vivre selon la loi divine. Mais, dans l'état actuel, nous ne voulons pas établir la charia en Belgique ».

Jean-François Bastin : « On ne donne pas la main aux femmes, la religion l'interdit, vous l'avez oublié ? Je vous embrasserais sur les deux joues si je le pouvais. »

Réponse de la candidate musulmane PS : « On peut donner la main quand on n'a pas les idées mal placées »

Jean-François Bastin

à Philippe Moureaux [bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, Parti socialiste], qui organise dans sa commune une fête avec la communauté musulmane : « Nous sommes ici pour dire à cette communauté qu'elle doit prendre en main ses propres destinées, et vous les enfermez dans une image colonialiste. Vous nous humiliez en montrant une musulmane en train de se tortiller comme une pute. Nous voulons la propreté. Je pleure de voir ces femmes utilisées par les partis traditionnels pour tromper les musulmans. »

Femme musulmane à propos de candidates musulmanes sans voile aux élections : « Le port du voile, dans le Coran, c'est clair. Ce n'est pas en contredisant le Coran qu'on va se justifier. Il y a des gens bien éclairés qui savent ce qu'il faut faire »

ÿpouse musulmane à Bastin, qui lui demande si elle est contente de porter le voile : « Inch allah, Allah il va aider pour qu'on puisse porter le voile, il va aider toi »

Un musulman : « Une femme prof de français a dit à une élève qu'il ne fallait pas porter le voile dans la rue. Il ne faut pas dire ça à une fille de 14 ans, parce qu'elle va dire que c'est son père qui l'oblige, alors qu'il y a des hommes de science qui savent ce qu'il faut faire »

28/05/2003, RTBF,

Tout ça ne nous rendra pas le Congo :

Jean-François Bastin

Benny T

Islamophobie (7)

Sur " L'Islam bloqué "

Propos de Fereydoun Hoveyda ¿ Iranien, frère de l'ex-Premier ministre du Shah exécuté par le régime de Khomeyni, ancien ambassadeur de l'Iran à l'ONU, écrivain et historien, auteur de " L'Islam bloqué ", où il constate avec angoisse le sous-développement du monde musulman, à la veille de l'an 2000, alors qu'en l'an 1000 ce même monde était à la pointe de la civilisation mondiale ¿

[¿]

Le Soir : Certains pays musulmans n'ont-ils pas évolué récemment ?

Fereydoun Hoveyda : En introduisant un certain développement matériel, oui, mais ils n'ont fait aucun choix sur le développement intellectuel, sur la liberté de pensée, l'acceptation d'opinions contraires, la tolérance religieuse : cette atmosphère de liberté des débats qui est l'environnement indispensable au développement scientifique et technologique. Ces pays veulent les réalisations matérielles sans ce qui les a rendues possibles en Occident. Ce blocage existe, sous différentes formes, à l'université du Caire, d'Alger, de Qom, par exemple. On n'y admet pas la discussion, la remise en question des "dogmes".

Le Soir : Et la laïcité ?

Fereydoun Hoveyda : La laïcité est une notion qui n'a pas sa place dans l'Islam. L'Islam ne connaît ni les Eglises ni les institutions qui ont rendu facile la séparation entre l'Etat et la religion en Occident. Dans l'Islam, tout vient de la religion et ramène à la religion. L'existence collective ou individuelle en est tout entière imprégnée. Il y a des chefs religieux, des oulémas, mais inorganisés ; on ne peut donc établir une séparation de cette manière-là. Il faut concevoir une laïcité absolument différente, qui tolérerait à l'intérieur du monde islamique la pluralité. Ce qui existait au XIIième siècle.

[¿]

Propos de Fereydoun Hoveyda,

recueillis par Jacques Cordy,

in : le Soir, 23/12/1992

http://www.journalvachefolle.net/article-93.html

Benny T

Islamophobie (6)

« Le foulard, une discrimination de la femme »

[¿]

Si le foulard " islamique " choque tant de gens, ce n'est pas pour une question de religion, comme la presse le laisse régulièrement entendre depuis l'attitude de la France. Ce qu'une majorité ressent profondément sans avoir les mots pour le dire (puisque la presse évite de le dire), c'est que les femmes qui portent (volontairement) le foulard en question témoignent ouvertement en faveur d'une discrimination de la femme par rapport à l'homme. Et actuellement en France, c'est aussi ce qui a été formuléau niveau politique par Fillon [François Fillon est membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et Premier ministre de la France depuis le 17 mai 2007] et Amara [Fadela Amara est la présidente de l'association Ni putes ni soumises et devient, le 19 juin 2007, secrétaire d'ÿtat chargée de la politique de la Ville dans le Gouvernement Fillon II] notamment. Interdire le foulard à l'école et dans les institutions publiques au nom de la neutralité républicaine permettait d'éviter de parler de discrimination de la femme.

[¿]

[¿] Il est clair que la signification ou la justification de l'exigence du foulard s'inscrit dans le rapport homme-femme et ne représente pas un bout d'étoffe purement symbolique. En se couvrant du foulard " islamique ", les femmes disent être dans la nécessité d'assumer la responsabilité des dérapages toujours possibles de la concupiscence des hommes à leur égard : elles admettent que les hommes ont une sexualité par nature très forte qu'ils ne sont jamais assurés de contrôler totalement, tandis qu'elles-mêmes ont une sexualité naturellement faible (alors que biologiquement parlant, c'est l'inverse qui est vrai). La discrimination que représente le foulard, c'est une minimisation de la sexualité de la femme au profit de l'homme qui ne doit plus guère se remettre en question. Le foulard ce n'est pas pour lui et, si on suit la logique de protection du corps de la femme, le moyen le plus sûr serait encore la burqa. Entre la burqa, le voile et le foulard, il n'y a que des différences de degré, les valeurs qui les sous-tendent sont de même nature.

[¿] Admettre le foulard dans nos écoles, c'est faire comprendre aux élèves que les enseignants, et donc la société tout entière, approuve cette discrimination. Il va de soi qu'on ne peut l'accepter sans renier certaines valeurs démocratiques et citoyennes. Ce qui vaut d'ailleurs aussi pour la mini-jupe, à laquelle il est fait allusion dans l'article. Mini-jupe et foulard, deux extrêmes qui se touchent dans le rapport de l'homme au corps de la femme. Et que la femme ou la jeune fille choisisse librement de porter l'un ou l'autre, cela n'ôte rien à leur signification.

[¿]

Marc Peeters, in : le Journal du mardi, n°338, 06 novembre 2007

Voile à l'école, Belgique

[¿]

Le mercredi 30 mai dernier [2007], devant l'Athénée royal Andrée Thomas, à Forest, une commune de Bruxelles « multiculturelle ». Une manifestation d'élèves sème le trouble en période de révisions. [¿]

[¿]

ÿ l'origine de ce mécontentement de ces jeunes ce jour-là, une « rumeur » sur l'interdiction imminente du port du voile dès l'année académique suivante. C'est très vite que garçons et filles, mêlés, se sont organisés pour scander : « ni père, ni mari, le voile, on l'a choisi¿ ! ». Le slogan, crié à tue-tête, le poing tendu, est une réaction au slogan de la branche belge de l'association « Ni putes, ni soumises », qui dénonce le voile comme principal instrument de soumission de la femme musulmane. Une maman, voilée elle aussi, venue soutenir ses filles, ricane en jouant avec les clés de sa voiture : « Comme si on avait besoin d'être libérées¿ ! »

Des professeurs pour la neutralité et contre le voile

[¿] Marc Evrard, le préfet, invoque, le regard inquiet, fixé sur les jeunes, l'initiative du corps enseignant de procéder à un vote sur l'interdiction ou non du port du voile. « Plus de 60 % des professeurs se sont exprimés en faveur de l'interdiction de tenue ou symbole religieux ». Leurs arguments sont la neutralité de l'enseignement et leur volonté de ne pas encourager les ghettos. [¿]

[¿]

Karima est l'une des 130 jeunes filles, sur les 370 que compte l'établissement, à porter le voile. Elle fait signer une pétition. Avec une autre élève (non voilée), elle argumente. « On nous reproche parfois de faire du prosélytisme, mais c'est faux. On n'a pas le droit de juger quelqu'un qui ne porte pas le voile, car pour nous, c'est un choix personnel. En classe, il arrive que des professeurs s'habillent en minijupe, ce qui est très choquant pour nous, mais on ne dit rien. Nous sommes tolérantes à l'égard des tenues vestimentaires qui nous dérangent. Mais apparemment, l'inverse n'est pas vrai ! » [¿] « [¿] Si l'on m'interdit de le porter l'année prochaine, je ne m'imagine pas enlever mon voile. Ce serait comme me mettre à nu. Je n'aurais que la solution de partir. » [¿]

[¿]

Les garçons, aux côtés des jeunes filles, parlent surtout de « tradition » à respecter voire de bienséance. Abdel dénonce gentiment ses copains qui se frottent les mains à l'idée de découvrir la chevelure des filles. « C'est hchouma (la honte), quand même ?! ». Le sourire figé, il semble se demander si l'argument est sensé.

Un garçon à l'allure autoritaire intervient auprès d'un groupe de jeunes filles. « Mettez vous devant, et les garçons derrière, c'est vous que l'on doit entendre ! » Mais les filles lui prêtent une attention distraite, l'une d'elles harangue soudain un barbu habillé, à la Pakistanaise, d'un sarouel (pantalon) et qamis (chemise longue). « Ah non, pas question de récupération politique ! » On est effectivement à la veille des élections fédérales de juin 2007 et Abdulaziz Bastin, fils de Jean-François, converti à l'Islam, vient de sortir d'une camionnette de campagne du PJM (Parti des Jeunes Musulmans). « Nous sommes contre ces extrémistes, claironne Karima. Nous, on ne veut pas islamiser le pays ! On veut être des citoyens belges à part entière avec des droits et des devoirs. »

Paternalisme ou émancipation

Il semble que ce soient souvent les jeunes filles elles-mêmes qui se soient emparées du combat pour le voile comme d'un étendard, symbole de revendications multiples, y compris religieuses, bien sûr, mais aussi d'émancipation pour certaines. Ce constat est contraire au postulat de soumission à une figure masculine que mettent en avant certaines organisations féministes comme la créature médiatique, en Belgique, « Ni putes, ni soumises », dont le combat original en France était incontestablement pertinent dans ses banlieues, mais ne semble rien apporter de neuf au réseau féministe combatif et actif de longue date sur le terrain. En Belgique, cette association est surtout une plate-forme supplémentaire des dogmatiques de la laïcité. Une étude réalisée par Agnès d'Arripe, licenciée en communication de l'UCL (Université Catholique de Louvain) et journaliste à l'Agence Alter, le confirme : « Les élèves voilées ne sont pas toutes soumises. Leur diversité est aussi vaste que dans n'importe quel groupe habillé plus conventionnellement. La plupart des jeunes filles portent désormais le voile comme un étendard. Elles ont retourné les stigmates dont elles se sentaient victimes dans l'autre sens. Elles arborent fièrement le voile comme une identité à part entière. Leur revendication, de pouvoir le porter librement, est devenu une question de principe. Elles refusent aussi d'être réduites à une catégorie et ont prouvé qu'elles avaient les capacités et la force de se défendre seules sans que l'on vienne les délivrer de quelque joug que ce soit. » Quant à l'épineuse question de l'interdiction, pour Agnès d'Arripe, le risque principal est de fermer la porte de l'école au nez de certaines de ces jeunes filles.

[¿]

Malika Es-Saïdi, in : le Journal du mardi, n°337, 02 octobre 2007

Sexualité. Religion.

Le 17 novembre 2004, dans " le grand journal de Canal + ", Florian Zeller ¿ " prix interallié " en novembre 2004 pour son roman " La fascination du pire " ¿ dit que la frustration sexuelle est un ressort des rapports de force, de la violence¿ dans le monde. Il semble à l'écrivain que quelqu'un qui ne tolère pas qu'une femme ne porte pas le voile ne tolère pas ce qu'il y a derrière le voile, c'est-à-dire un corps, un potentiel de jouissance. Dans l'islamisme, il y a un problème posé par la jouissance de la femme.

http://www.journalvachefolle.net/article-510.html

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« Le voile est un symbole politique de soumission. »

[Nawal Al Saadawi] a beaucoup travaillé sur les racines du judaïsme, du christianisme et de l'islam. Dans ces religions, la femme est mal considérée. La différence, c'est qu'en Occident, la révolution industrielle a mis la femme au travail, la libérant du même coup du voile de l'oppression. La religion ne dirige plus la société, ni la politique. Rien de tel ne s'est passé pour l'islam. J'ai rencontré à Bruxelles de jeunes musulmanes voilées qui m'ont affirmé que leur voile, c'était leur identité, un défi. Je ne suis pas du même avis : le voile est un symbole politique de soumission. Le vrai défi, ce serait de travailler, hommes et femmes, à changer la société¿

Nawal Al Saadawi ; Véronique Kiesel ;

in : le Soir, 18 octobre 2005

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Entretien

« Les religions sont anti-femmes »

ÿcrivain et militante, la Bangladaise Taslima Nasreen se fait l'avocate de la laïcité. Pas seulement dans les pays musulmans

En 1994, Taslima Nasreen, 43 ans aujourd'hui, a dû laisser derrière elle son pays, le Bangladesh, sa famille et son métier de gynécologue pour échapper à une fatwa lancée contre elle par des fondamentalistes musulmans. Sa faute : avoir osé s'élever contre l'oppression des femmes.

Vous êtes venue à Paris pour défendre les droits des femmes dans le cadre de la Semaine mondiale de l'éducation. Mais votre première cible reste la religion¿

¿ Toutes les religions, sans exception, sont fondamentalement anti-femmes. Elles vont à l'encontre de la liberté et des droits des femmes, qu'elles oppriment, au même titre que la tradition, la culture, les coutumes et le système patriarcal. Je m'en prends particulièrement à l'islam parce qu'il s'oppose à la démocratie, aux droits de l'homme et à l'émancipation des femmes. Dans les pays musulmans, la situation est pire qu'ailleurs, faute de séparation claire de la religion et de l'ÿtat. La loi y est fondée sur la religion, ce qui est la source de tous les maux des femmes.

Pourtant, n'assiste-t-on pas à un retour en force des religions, aux Etats-Unis comme au Moyen-Orient ?

¿ Il est extrêmement alarmant de constater que certains ÿtats américains s'opposent à l'enseignement de la théorie de l'évolution et promeuvent le créationnisme. C'est un dangereux retour en arrière ! Là comme ailleurs, la religion est un outil et une arme entre les mains des dirigeants pour maintenir le peuple dans l'ignorance.

Quant au fondamentalisme contre lequel les Etats-Unis sont en guerre, il ne faut pas oublier que ce sont eux qui l'ont engendré et encouragé dans leur propre intérêt, à l'époque de la guerre froide ! Maintenant que l'Union soviétique est morte, ils essaient de combattre l'islamisme et d'imposer la démocratie et les droits de l'homme à coups de bombes. Ils font fausse route. C'est le contraire qui se produit : des musulmans modérés versent dans l'extrémisme. Pour progresser, la démocratie et les droits de l'homme doivent s'appuyer sur des mouvements laïques internes aux pays musulmans.

L'émancipation des femmes est-elle possible dans le cadre d'un ÿtat islamique ?

¿ Non, je ne le pense pas, contrairement à Shirin Ebadi [avocate iranienne, Prix Nobel de la paix 2003]. Le Coran dit clairement que les hommes sont supérieurs et les femmes inférieures. On ne peut pas donner une interprétation positive de pareilles affirmations !

Pour être libres, les musulmanes n'ont d'autre choix que de s'affranchir de la religion et du système patriarcal. Une société fondée sur l'égalité et la justice passe par la séparation claire de la religion et de l'ÿtat. L'éducation, l'ÿtat et le système politique doivent être laïques. La religion est une affaire de croyance individuelle et de liberté personnelle.

Propos de Taslima Nasreen, recueillis par Anne Vidalie ;

in : le Vif/l'Express, 17/06/2005

Benny T

Islamophobie (5)

Islamophobie et racisme

En ce qui me concerne, je suis antireligieux ; pour moi, la religion en soi est intolérante.

Pour moi, la seule identité est celle de l'individu

Je m'interroge sur le sexisme et sur le rapport au corps dans les religions. Le voile me semble être une manifestation du sexisme et du rejet du corps.

Je pense qu'on combat le harcèlement sexuel en favorisant l'affirmation du corps, de sa sexualité, et ce sans modèles imposés, bien sûr.

Je suis contre tout communautarisme, qu'il soit français ou arabo-musulman.

Je défends l'individu contre les droits de sa culture.

ÿtre antireligieux ne signifie pas être raciste. Le racisme c'est croire en une hiérarchie de races. S'opposer à une culture de domination chez un groupe n'est pas du racisme.

La culture est ce que les membres d'un groupe font à un moment donné ; elle n'est pas figée, immuable, elle évolue ; la culture n'est pas ce que sont, définitivement, les membres du groupe. Dans son évolution, toute culture peut devenir basée sur la domination, l'oppression. Critiquer une culture, puisque c'est critiquer ce que font à un moment donné des hommes quels qu'ils soient, n'est pas du racisme, lequel consiste à classer les hommes dans des catégories qui déterminent ce qu'ils sont.

En un véritable appel à la croisade contre les "islamophobes", comme tous les religieux, vous faites un amalgame entre racisme et athéisme.

Personnellement, je suis islamophobe parce que, athée, je suis contre TOUTES LES religions sans aucune exception. En tant qu'humaniste, je ne considère absolument pas qu'il y a de "bonnes" religions et de "mauvaises" religions ou, du moins, de "moins mauvaises : elles sont toutes à rejeter en raison de leur a-humanisme, voire même de leur anti-humanisme, sous prétexte d'un ordre "divin" ! je ne suis pas plus ou pas moins contre l'islam que contre le catholicisme, le judaïsme, le bouddhisme, le shintoïsme, la scientologie...,le navetisme (les adorateurs du navet)...

Vous ne pouvez qu'abusivement assimiler islamophobie et racisme. Le racisme visent des personnes alors que l'athéisme visent des idées, des chimères, des impostures, des mensonges..., bref des "croyances".

JC

Le 11 décembre 2003

Voici ce que j'ai envoyé à Ternisien, du « Monde »

Cher monsieur,

Dans vos articles, vous n'avez de cesse d'affirmer que "l'islamophobie" s'explique essentiellement par un sentiment de racisme anti-arabe.

Sans toutefois vouloir insinuer que vous faites dans ce cas du racisme vous-même, en amalgamant les croyances à des races, (musulman = arabe), et ce d'une manière particulièrement maladroite (pourriez-vous nous définir une race "arabe" ? Et est-ce que pour vous « sémite » = « juif » ?) il n'en reste pas moins que vous affirmez - indirectement peut-être mais sans sourciller - que "de facto" sont racistes tous les incroyants, tous ceux qui critiquent les religions quelles qu'elles soient et surtout tous ceux qui ne supportent pas et ne veulent pas que des endoctrinements religieux intolérants par nature s'imposent à la société entière.

[¿]

Vous êtes suffisamment cultivé pour savoir qu'aucun régime politique fondé sur des bases religieuses ou des croyances incontestables ne laisse s'exprimer librement aucune autre croyance, et aussi pour comprendre le ridicule qu'il y a, aujourd'hui, à laisser faire des leçons de démocratie laïque par les tenants et les adeptes de religions dont certaines ont été de tous temps d'une intolérance inhumaine lorsqu'elles en avaient le pouvoir politique ou d'autres dont on voit les effets désastreux encore aujourd'hui.

Si vous accusez ceux qui critiquent certaines croyances trop vertement à votre goût d'être racistes, n'est-ce pas plutôt que ce sont les religions, précisément, qui sont dans beaucoup de cas à l'origine des racismes les plus répugnants et les plus absurdes, sentiments racistes exploités à leur tour par des régimes autoritaires ?

Johannès Robyn

Président de l'Union des Athées

Pour un militantisme antireligieux

La mode est à l'¿cuménisme, à la fraternité religieuse. (¿) Les rencontres ¿cuméniques du Vatican ne sont qu'un nouveau Yalta.

Les religions requièrent pour s'établir deux éléments essentiels: un gourou (JC, Mahomet, Bouddha) suffisamment populiste, agitateur, sectaire, thaumaturge pour grouper une communauté, et des dogmes qui interdiront à ces membres fraîchement captés de retourner à leur croyance ou incroyance ancienne. L'esprit communautaire s'occupe de la suite où chacun doit à son tour non seulement conserver la foi mais la propager par tous les moyens, l'épée étant d'une efficacité reconnue. En outre, la morale enseignée doit être suffisamment vaste pour rassembler le maître et l'esclave, l'homme et la femme, le riche et le pauvre, le guerrier et le pacifiste. En un mot, elle doit être populiste. 2000 ans de christianisme et 1400 ans d'islam apportent la preuve que la formule était bien adaptée.

Fidèles à leurs préceptes discriminatoires, christianisme et islam ont propagé croix et croissant par-delà les mers et les continents dans un colonialisme religieux inavoué. Si leur passé est bien connu, aucune garantie n'existe quant à un avenir qui ne lui ressemblerait pas. La prétendue maturité des religions n'est qu'un v¿u pieux et l'actualité de ce 20ème siècle est là pour le démontrer. Le soutien de l'Eglise catholique à diverses dictatures et les régimes islamistes racistes envers tout ce qui n'est pas musulman sont moins des reliques du passé que le signe de religions despotiques sacrifiant l'individu à la prospérité de l'institution. L'avenir est donc extrêmement prévisible: soit les religions disparaîtront et seront remplacées (réactualisées, un processus qui rappelle leur naissance) par d'autres illusions paralysantes, soit elles auront l'habileté de mieux se fondre dans la vie politique et économique pour la façonner à leur image dans une diversion cléricale. Je n'envisage pas un retour à une domination religieuse dictatoriale, un optimisme qui n'est, certes, en rien justifié par le passé. La première hypothèse n'est pas pour demain alors que la seconde est déjà à l'¿uvre. Quelques exemples parmi d'autres: le Vatican surveille de près tout texte régissant l'organisation de la Communauté Européenne, Israël est tiraillé entre des laïques soucieux de progrès et des ultras voulant imposer une chape de plomb à toute la population, l'islam en France tente de se soustraire aux lois républicaines acquises contre l'avis des religions, la catholique principalement. Laïcité, démocratie et droits de l'homme ne sont pas des conquêtes religieuses.

Les freins et obstacles toujours posés par les religions contre l'évolution démocratique justifient alors la permanence et la vigilance d'une action militante qui ne peut se contenter d'afficher son anticléricalisme ou son horreur devant les fondamentalismes mais doit clamer qu'une humanité juste ne peut être construite sans la disparition des religions. Mais militantisme antireligieux n'est pas l'interdiction de la croyance de chacun dans la mesure où celle-ci n'entrave pas la liberté d'autrui ni ne soumet le croyant à une autorité qui l'abuse. Une foi sans prêtre ni dogme est-elle un exutoire bancal mais unique à une religiosité faite d'obéissance aveugle? Aux mystiques de répondre.

(¿)

J. Bézecourt

http://www.atheisme.org/

http://www.journalvachefolle.net/article-372.html

Benny T

Islamophobie (4)

Intégrisme laïc

Certains accusent les opposants au port du voile d' ¿ intégrisme laïc ¿, de ¿ racisme ¿ et d' ¿ islamophobie ¿.

Existe-t-il un intégrisme laïque ?

Le croyant est-il opprimé par la séparation des pouvoirs de la religion et de l'ÿtat ? Interdire un tribunal religieux est-il une offense à la liberté ?

Les religions, spiritualités, ésotérismes, sectes, et autres pensées circulaires érigent une morale et des vertus hors desquelles tout leur est condamnable. C'est leur spécialité.

Les retenir de condamner est-il si condamnable ?

Les structures qui en découlent, tout comme leurs représentants, imposent une vérité hors de laquelle tout leur est mensonge et errance, ce qui est une profonde allergie à l'altérité. Rétablir, grâce à la laïcité, le droit d'exister d'autrui, est-il une offense à autrui ? Poser la question, c'est y répondre.

La laïcité n'est ni une vertu, ni un concept, ni une vérité, elle n'est rien en soi sinon un espace d'existence et ne s'impose pas ; elle n'est que le refus des tyrannies, le rejet du délire, la recherche de l'objectivité, d'une éthique applicable qui ne soit pas une «vérité», mais un outil civilisateur, qui ne se base pas sur des proverbes tout crus pondus il y a des milllénaires, mais sur un esprit critique aiguisé et conscient des réalités contemporaines.

Elle n'est pas un système, ni une religion, ni un regroupement, elle n'a pas de pape, d'iman, de rabbin ou de moine, de décideur, de gourou. Elle est un concensus social. La religiosité n'est jamais un concensus, puisqu'elle se présente comme indiscutable et issue d'une force « supérieure ».

L'adoration de Dieu est une bien subtile adoration de soi. L'on érige une réalité qui serait supérieure à autrui, et par son biais, l'on impose notre narcissisme au monde.

La religiosité étant le culte exalté de soi compensant un Moi morcelé, forcément, autrui y est hautement compromis. Elle ne tente de réaliser l'humain que par le biais de « vertus » cloisonnées en concepts irréductibles.

Le croyant ne peut pas vous parler de pertinence ou d'adéquation de votre comportement ; il ne vous évaluera qu'en termes de « luxure » ou de « pureté », de « piété » ou d'« impiété », d'« orgueil » ou « d'humilité », de « péchés » ou de «vertus», qu'il nomme « valeurs » alors qu'elles n'en ont aucune, ni sur le plan éthique, ni sur celui de la raison. Orgueil, humilité, luxure, pureté, n'ont pas de sens sur le plan de la raison formelle, ce ne sont que des moyens de réduire autrui à l'esclavage d'une vision du monde qui met celui-ci en péril. Oscillant entre reproches et encensements, jugements et magnanimités, le croyant n'atteint jamais l'objectivité et rate la cible par cinquante lieues ou cinquante psychiatres.

Ne pouvant ainsi s'extirper de la morale, les religiosités n'atteignent jamais l'éthique.

[¿]

Refréner la dérive religieuse n'est jamais une dérive ; contrer les effets néfastes de la pensée religieuse n'est jamais néfaste ; combattre le fanatisme de la religiosité n'est jamais du fanatisme ; contrer le crime, n'est pas un crime.

De même, combattre l'intégrisme religieux n'est pas de l'intégrisme. L'association des termes : « intégrisme » et « laïcité » est un non-sens, une formule sans queue ni tête, indéfendable.

Contrer les terribles conséquences de la religion sur la société en répandant l'humanisme, l'éducation, la science, la civilisation, comporte des paradoxes, oui ; des orthodoxies, non. De l'intégrité, oui ; de l'intégrisme, non.

L'Humanité évoluera et grandira laïque ou périra religieuse.

http://atheisme.ca/articles/samael [...] ue_fr.html

Laïcité

Certains accusent les opposants au port du voile d' ¿ intégrisme laïc ¿, de ¿ racisme ¿ et d' ¿ islamophobie ¿.

Laïcité

Centre d'Action Laïque, Belgique

Qui sommes-nous, laïques ?

Un mot, deux aspects

La laïcité que nous revendiquons comporte deux aspects : le premier concerne l'organisation de la cité, c'est la laïcité politique, le second relève de la conception de la vie, c'est la laïcité philosophique.

La laïcité politique

L'Etat laïque est celui qui réalise une séparation effective entre l'espace public et ses institutions (qui sont le patrimoine commun) et les églises et convictions religieuses ou philosophiques diverses (qui relèvent de la sphère privée des citoyens). Il est le seul à garantir l'égalité des citoyens quelles que soient leur conviction et l'impartialité du pouvoir en cette matière. Il est le seul garant d'une entière liberté de conscience, d'une liberté de pensée... et de religion. Il s'ensuit que la défense du principe de laïcité de l'Etat et des pouvoirs publics n'est pas l'apanage des agnostiques et des athées puisqu'à proprement parler, il n'y a pas de liberté de religion en dehors de l'Etat laïque.

Dès que l'Etat se qualifie explicitement ou implicitement de catholique, d'islamique, de chrétien, de juif ou de tout ce qu'on voudra (cela vaut aussi pour l'appropriation athée de l'Etat qui est aussi anti-laïque que l'Etat théocratique), il réduit à la sous-citoyenneté toutes les minorités qui ne professent pas la confession officielle... et même ceux qui, tout en appartenant à la religion majoritaire, prétendent y défendre un point de vue marginal ou dissident.

En réalité aucune démocratie n'est possible sans laïcité politique et cette exigence est commune à tous les démocrates qu'ils soient libres penseurs, chrétiens, musulmans, israélites.

Dans ce sens-là, la laïcité n'est donc pas un sous-groupe de la société qu'il conviendrait de « reconnaître » au même titre que les autres sous-groupes que sont les catholiques, les protestants, les musulmans,¿ mais un principe d'organisation de la chose publique fondé sur une vision universelle de la société.

La laïcité philosophique

Mais dans un autre sens, le même mot « laïcité » vise non plus seulement une exigence d'impartialité et de parfaite indépendance des pouvoirs publics à l'égard des convictions religieuses ou philosophiques, mais aussi une conception de vie dont les fondements non confessionnels sont étrangers à toute référence divine, surnaturelle ou transcendante.

Dans ce second sens, à la fois plus large (puisqu'il implique plus qu'une « simple » exigence de séparation de l'Etat des églises) et plus étroit (puisqu'il n'a pas vocation à concerner la totalité des citoyens, à moins de considérer stupidement que l'aphorisme nietzschéen « Dieu est mort » serait en passe de conquérir à bref délai la généralité de nos contemporains).

C'est dans cette acception-là que nous utilisons le terme « laïque » quand nous nous définissons à titre individuel ou lorsque nous nous reconnaissons en tant que « communauté philosophique non confessionnelle ». Cette conception de vie implique non seulement l'émancipation à l'égard de nos traditions religieuses et de leurs archaïsmes, mais surtout l'adhésion à un ensemble de valeur positives : humanisme, libre examen, altérité, conquête de la citoyenneté, émancipation, autonomie, quête du bonheur, réhabilitation du plaisir, capacité de révolte, exigence de justice,... avec lesquelles nous tentons de construire une éthique étrangère à toute référence transcendante.

[¿]

http://www.ulb.ac.be/cal/

Certains accusent les opposants au port du voile d' ¿ intégrisme laïc ¿, de ¿ racisme ¿ et d' ¿ islamophobie ¿.

Par laïcité, il faut entendre d'une part :

la volonté de construire une société juste, progressiste et fraternelle, dotée d'institutions publiques impartiales, garante de la dignité de la personne et des droits humains assurant à chacun la liberté de pensée et d'expression, ainsi que l'égalité de tous devant la loi sans distinction de sexe, d'origine, de culture ou de conviction et considérant que les options confessionnelles ou non confessionnelles relèvent exclusivement de la sphère privée des personnes.

Et d'autre part :

l'élaboration personnelle d'une conception de vie qui se fonde sur l'expérience humaine, à l'exclusion de toute référence confessionnelle, dogmatique ou surnaturelle, qui implique l'adhésion aux valeurs du libre examen, d'émancipation à l'égard de toute forme de conditionnement et aux impératifs de citoyenneté et de justice.

Liberté de conscience

On peut affirmer que la liberté de conscience est toujours garante de la liberté religieuse. Par contre, la revendication de la liberté religieuse n'implique pas toujours celle d'une liberté de conscience. Mais il ne peut y avoir de liberté religieuse et à fortiori de liberté de conscience hors d'un ÿtat laïque, c'est à dire respectueux du pluralisme des convictions de ses citoyens.

Le principe de liberté de conscience n'a pas toujours été (l'est-il vraiment aujourd'hui ?) en odeur de sainteté.

Pour preuve, voici ce qu'en disait le pape Grégoire XVI dans son encyclique " Mirari Vos " en 1832:

« De cette source empoisonnée de l'indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire : qu'on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ; erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l'ÿglise et de l'ÿtat, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d'impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion. Eh ! " quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l'erreur ! " disait saint Augustin (S. Aug. Ep. CLXVI). En voyant ôter ainsi aux hommes tout frein capable de les retenir dans les sentiers de la vérité, entraînés qu'ils sont déjà à leur perte par un naturel enclin au mal, c'est en vérité que nous disons qu'il est ouvert ce " puits de l'abîme " (Apoc. IX, 3). »

Libre examen

Valeur laïque par excellence, le libre examen implique non seulement l'affirmation d'un droit, celui de l'absolue liberté de conscience, mais surtout l'affirmation d'un devoir: celui de ne reconnaître aucun dogme et de procéder avec esprit critique à la mise en question des idées reçues, toutes les idées reçues, y compris celles ancrées en soi, les plus pernicieuses, celles de la bonne conscience et du préjugé.

« Le libre examen ne se réclame pas de vérités définitives; il se préoccupe du renouvellement méthodique des idées et répugne à leur conservation obligatoire.

On a dit que cette attitude d'esprit est trop sceptique et critique, qu'elle sème l'inquiétude et le désordre et mène à détruire sans reconstruire; qu'elle laisse les jeunes surtout, sans idéal positif, voire sans refuge spirituel.

Ce reproche est injuste, car au delà de toute idée particulière, révélant telle ou telle prétendue loi du monde, le libre examen propose une méthode efficace, un style de la pensée, qui écarte la solution facile de l'engagement doctrinal, en lui substituant une discipline intellectuelle et morale, où la maîtrise de soi et l'objectivité jouent un rôle majeur.

Le libre examen prépare à une action éclairée par la réflexion scrupuleuse et méthodique sur les fins et les moyens. »

Maxime Glansdorff

« Adhérer au principe du libre examen, c'est non seulement revendiquer un droit inaliénable, celui de l'absolue liberté de conscience, mais c'est surtout assumer une responsabilité : celle de développer sa réflexion critique personnelle et de garantir aux autres le droit et la possibilité d'en user de même. »

Philippe Grollet

« S'il faut définir le libre examen par une formule très brève, je choisis de dire que c'est la méthode scientifique étendue et adaptée à toute question non scientifique.

Limité au domaine des sciences, le libre examen n'aurait rien de spécifique : il est monnaie courante chez tous les scientifiques du monde.

Mais il y a beaucoup de questions capitales pour l'homme qui ne sont pas susceptibles d'un traitement scientifique : les questions métaphysiques, philosophiques, la question du bien et du mal, du beau et du laid, le monde des valeurs, où nous avons nos croyances, nos convictions, nos principes, nos options...

Mais le libre examen n'est pas seulement une méthode : c'est une attitude à laquelle nous attachons une valeur, une valeur éminente, non seulement dans notre travail scientifique, mais dans notre vie. Le libre examen, pour nous, est une valeur, une valeur haute, et cela aussi comporte des implications. »

Robert Joly

Libre pensée

Dans notre civilisation, la libre pensée s'éveille en Ionie, dès le VIe siècle avant notre ère, lorsque certains penseurs, récusant les mythes religieux explicatifs des origines du monde et de l'ordre des choses, tentent de leur substituer l'observation et l'analyse rationnelle. Au cours de son histoire, elle se voudra, à travers difficultés et obstacles, revendication de l'autonomie de la conscience humaine contre les règles qui prétendent la limiter.

Liée à l'apparition d'autres systèmes explicatifs de l'origine des choses, à l'essor du matérialisme et de l'athéisme, à l'histoire de la tolérance, au progrès des sciences, son développement est sans frontières.

Le dogmatisme religieux a été longtemps le principal adversaire de la libre pensée, mais l'expérience historique l'a montré, elle peut se heurter à d'autres formes de contraintes et d'obscurantisme. Il en ressort que la libre pensée ne peut exister que dans une société pluraliste acceptant la diversité des systèmes de valeurs et respectant la dignité de l'individu.

Blasphème

La répression du blasphème est loin d'être un trait spécifique aux pays islamiques, comme l'affaire Rushdie pourrait le faire croire. La plupart des pays européens (la France et la Belgique étant des exceptions) possèdent une législation contre le blasphème même si, hors la Grèce, les cas d'application sont peu nombreux. L'Allemagne, par exemple, a tenté en 1986 de faire condamner des athées pour blasphème avant d'abandonner les poursuites. La Cour européenne des droits de l'Homme de Strasbourg elle-même, après avoir estimé, en 1976 ¿ dans une affaire anglaise - que la liberté d'expression valait "même pour les idées qui heurtent, choquent ou inquiètent" ¿ a jugé en 1994, dans une affaire autrichienne, qu'il était légitime d'empêcher les attaques injurieuses contre les objets de vénération religieuse.

La Ligue pour l'Abolition des lois réprimant le Blasphème et le droit de s'Exprimer Librement (LABEL) a publié une Déclaration " Pour l'insolence et le blasphème ".

Ce texte dénonce la tendance au conformisme qui progresse depuis plusieurs années, le recul de la liberté d'expression et plaide pour les vertus du blasphème.

Suite au raz-de-marée provoqué par quelques caricatures, le Centre d'Action Laïque prend position

[¿]

Le CAL soutient par ailleurs ceux qui, dans la communauté musulmane de Belgique, sont prêts à affronter, en profondeur, la question délicate de la violence et de certains prescrits coraniques qui sonnent comme des appels permanents à la haine du juif, du chrétien et de l'incroyant, à l'humiliation de la femme et à la guerre sainte [¿].

http://www.ulb.ac.be/cal/

Ceci n'est pas une caricature

Nos islamologues patentés le serinent en permanence dans les médias : l'Islam est une religion de paix, d'amour et de tolérance. Ben voyons¿ Demandez à Salman Rushdie, au cadavre de Theo van Gogh, aux homosexuels torturés dans les geôles musulmanes, aux femmes soupçonnées d'adultère abattues dans un stade afghan. Interrogez aussi les dessinateurs danois assez sots pour croire universelle la liberté d'expression !

Sur toute la surface du globe, des musulmans - dont on précise qu'ils sont fanatiques - incendient, brûlent et menacent de mort au motif qu'une image du Prophète le caricature avec un turban en forme de bombe. Une caricature ? Où sont l'outrance, l'excès, la démesure qui la définissent ? Une quantité incroyable de sourates du Coran montrent Mahomet invitant à passer par le fil de l'épée les Juifs, les infidèles, les incroyants, les chrétiens et autres rebelles à sa vision du monde ¿ homosexuels, libertins, libres penseurs. Croit-on que revenu en nos temps ledit Prophète hésiterait à remplacer le cimeterre par la bombe ?

Par ailleurs, quand la poudre musulmane parle partout sur la planète on ne voit pas les tenants de cette fameuse religion de paix, d'amour et de tolérance descendre massivement dans les rues pour manifester leur réprobation contre les criminels revendiquant un Coran qui n'empêche pas qu'on s'en inspire pour commettre pareils forfaits, bien au contraire. Sont-ils modérés ceux qui consentent au fanatisme des autres ?

Qu'un musulman croie la viande de porc immangeable, l'alcool imbuvable, la chevelure d'une femme obscène par définition, blasphématoire la représentation du visage d'un prophète qui fut un homme, libre à lui. Mais pourquoi devrai-je le croire moi aussi sous peine de mort ? L'affaire des soi disant caricatures (comme celle dite du voile) met à jour un symptôme de plus qu'elle : désormais l'islam place des coins dans le vieux marbre d'une Europe qui ne croit plus en elle, en ses valeurs, en ses vertus, et ce avant destruction définitive.

Pour cesser de débiter les habituels lieux communs sur l'islam, quiconque n'a pas lu au moins une fois intégralement le Coran devrait s'interdire d'émettre un avis. Une fois l'ouvrage lu, chaque lecteur informé des propos misogynes, antisémites, intolérants, violents, belliqueux récurrents pourrait légitimement porter un jugement. Alors nous pourrions aborder ce défi jeté au visage de l'occident : suite aux Lumières ou retour aux barbaries féodales ? Autrement dit : la liberté ou la mort ?

Michel Onfray

http://pagesperso-orange.fr/michel [...] Mars06.htm

Benny T

Islamophobie (3)

Individualiste et anti-autoritaire

N'est-il pas plus facile de cataloguer « lepenophiles » ceux qui critiquent l'islam , « antisémites » ceux qui critiquent le gouvernement israélien, « pro-soviétiques » les anticapitalistes, « intégristes » les écolos, « Brigitte Bardot » ceux qui respectent la vie non-humaine, « passion » les coups de Bertrand Cantat, « immoral » le discours de Marilyn Manson, « pro-Sharon » les frères Dardenne, « vieux con » Cavanna, que de s'interroger sur les causes et conséquences de l'être humain patriote, croyant et consommateur ?

Certains accusent les opposants au port du voile d' ¿ intégrisme laïc ¿, de ¿ racisme ¿ et d' ¿ islamophobie ¿.

Est-il encore permis de dénoncer le caractère intolérant de l'islam et des autres religions par la même occasion sans être taxés de racistes islamophobes, antisémites ou cathophobes ?

« Un croyant ne peut être qu'intolérant. Le fanatisme n'est pas un aspect fâcheux et dévoyé de la religion: il est la religion même. » (Cavanna)

Le dogmatisme et le communautarisme sont des problèmes. Certains font de cette affaire une question de RACISME, prétendant qu'on fera toujours l'amalgame entre arabe et musulman, alors que ¿ à côté des fidèles à la tradition chrétienne en rapport conflictuel avec l'islam ¿ et à côté des racistes qui profitent du débat pour se lâcher ¿ il y a ceux pour qui c'est une question de CRITIQUE DE LA (toute) RELIGION, de ce qu'elle aurait de dogmatique, d'autoritaire, de liberticide, du rapport de la religion avec l'autonomie individuelle. Le terme ¿ islam ¿ signifie « soumission totale à la volonté divine », et ¿ musulman ¿, « soumis entièrement à la volonté divine ».

Religion signifie : sens qu'on impose à la vie des autres ; on dicte leur vie aux autres ; règles imposées de l'extérieur et non développées de l'intérieur de soi-même.

Individualiste et anti-autoritaire signifie : contre toute domination, qu'elle soit sexiste, raciste, capitaliste ; critique de toute culture installant un rapport dominant-dominé. Toute société évolue et peut à un moment donné se fonder sur une culture de domination.

Individualisme signifie : la seule identité c'est l'identité de l'individu, dans la relation avec lui-même, et pas dans le cadre d'une relation à une communauté.

Le but que je garde à l'esprit est : de sortir des divisions communautaires (l'identité est individuelle) et de la religion.

« [¿] Je rêve d'un monde ouvert, pluriel, où les différences sont enrichissement mais avec une juste répartition des richesses. Dans cette optique, je m'indigne évidemment quand j'entends ou quand je lis des propos qui réduisent un groupe ethnique à des stéréotypes affligeants.

Dans le souci de lutter contre ces caricatures, [le Journal du mardi dénonce] les propos islamophobes de Claude Imbert et Jack-Alain Léger. Fort bien. Mais je m'interroge : j'ai deux filles, adolescentes, et je me demande quelle serait leur destinée dans un ÿtat islamique. C'est alors que je lis [dans le même Journal du mardi] cette phrase : « En Iran, toute femme refusant un mariage arrangé, ne respectant pas le code vestimentaire islamique ou communiquant avec des hommes qui ne font pas partie de sa famille, risque de perdre la vie¿ »

Alors le Journal du mardi se contredit-il ? Loin de moi l'idée de vous soupçonner de schizophrénie patente, mais je me dis que parfois peut-être, il est bien difficile de maintenir le cap d'une parfaite cohérence. Bien sûr, il s'agit de l'Iran, mais tout de même, l'islam ne véhicule-t-il pas une anthropologie difficilement compatible avec notre humanisme dans ce qu'il a de plus abouti ?

Nous ne nous privons pas de dénoncer l'ÿglise romaine lorsqu'elle s'accroche à ses tabous les plus rétrogrades : refus de la contraception, privation pour la femme de l'accès au sacerdoce et pour le prêtre de la possibilité de se marier ou de fonder famille, culte pathétique (pathologique ?) de la souffrance incarnée par Jean-Paul II¿ Seulement voilà, l'ÿglise catholique s'enracine dans nos traditions, donc nous ne risquons pas d'être taxés d'intolérance. Par contre, quels propos pouvons-nous tenir lorsqu'il s'agit de critiquer l'idéologie de l'Autre, celui qui vient d'ailleurs ? Sans doute la prudence est-elle alors nécessaire mais doit-on rester strictement dans le langage diplomatique donc hypocrite ? Difficile question ! »

Claude Jonette, courrier, in : le Journal du mardi, n°140, 18 novembre 2003

http://www.journalvachefolle.net/article-314.html

Benny T

Islamophobie (2)

Les femmes dans les religions

Toutes des sorcières

Comme l'a rappelé la polémique sur le foulard, la place de la femme dans la religion musulmane pose problème. Seulement dans la religion musulmane ? « Toutes les religions, qui sont interprétées majoritairement par des hommes, souligne la sociologue Françoise Gaspard, ont un problème avec les femmes. Les quelques rares femmes qui se sont risquées à interpréter les textes ont été qualifiées de sorcières ». Et ce n'est pas demain la veille que le Vatican accueillera une papesse¿

In : le Journal du mardi, n°155, 09/03/2004

Des opinions comme les autres

[Le 08 mars 2004], pour célébrer la Journée de la femme d'une manière intelligente, c'est-à-dire pour prendre connaissance de ce que pensent et préconisent des adolescentes dynamiques et conscientes dans une société comme la nôtre, j'ai lu avec attention Des filles comme les autres (La Découverte, 16,10 euros).

C'est une longue interview des demoiselles Levy, Alma et Lila (16 et 18 ans), qui furent exclues de leur lycée d'Auvervilliers pour avoir refusé d'ôter leurs foulards, ce qui déclencha en France la problématique du voile à l'école.

Comme il est précisé en quatrième de couverture, les auteures expliquent de façon à la fois posée et précise leur conception du monde¿ C'est ainsi qu'elles parlent entre autres choses de religion, des relations garçons-filles, d'homosexualité, de certaines pratiques sociales (la lapidation, la polygamie¿), des rapports entre la religion et le pouvoir politique, etc.

Elles le font d'une manière claire, avec un sérieux entrecoupé parfois d'expressions enjouées. Elles ne donnent presque jamais l'impression d'être agressives.

Et cela donne par exemple ceci :

Le port du voile est-il obligatoire partout ? C'est un commandement de notre religion et nous avons envie de le pratiquer (¿).Lorsque j'enlevais mon foulard, je commençais à me sentir toute nue (¿). Maintenant, je ne serais plus capable de le retirer (¿). Ce que l'on peut montrer a été réduit au visage et aux mains.

De la science : Les quatre savants les moins contestables sont ceux des trois premiers siècles de l'Hégire (¿). Nous, nous croyons que Dieu possède la science parfaite.

Les filles qui sont décolletées ou qui portent des strings ? C'est un comportement non naturel !

L'homosexualité ? Il y avait des filles de mon lycée qui s'embrassaient sans vergogne. Or, je n'aime déjà pas tellement quand je vois une fille avec un garçon, car je trouve cela impudique (¿). Que ce soit un homme avec un autre homme, un homme avec une femme, une femme avec une autre, ou même avec un chien, cela me fait le même effet de les voir s'embrasser (¿). Je trouvais cela dégueulasse.

De la sexualité : Je trouve cela grotesque (¿). J'ai vu des garçons de dix-huit ans qui cherchaient à s'amuser de cette manière : je leur disais de prendre une Play Station s'ils voulaient s'amuser (¿). Avant le mariage, un homme et une femme ne doivent pas rester seuls ni se toucher (¿).Personnellement je n'irais pas au cinéma car il fait noir et c'est donc un lieu qui favorise le péché (¿).

De la pudeur des hommes. Quand les hommes jouent au foot en short, ils ne respectent pas le hadith (NDLR : recueil des actes et paroles de Mahomet). Les hommes doivent se couvrir du nombril au genou et en principe ils doivent couvrir également le torse et les épaules¿ idéalement des poignets jusqu'aux chevilles.

Le mariage. Il est conseillé de se voir, de se rencontrer au moins une fois.

La polygamie. Nous n'avons pas le droit d'en juger (¿). Il nous est impossible de contester quelque chose que Dieu a légalisé.

L'hôpital. Quand j'étais aux urgences, mon frère est venu avec moi car je n'ai pas le droit de rester seule avec un homme.

La lapidation. Si une personne ayant commis l'adultère souhaite se repentir par la lapidation, c'est son choix et elle y va librement.Mais je ne conçois pas que l'on puisse lapider quelqu'un contre sa volonté (¿). C'est une expiation volontaire du péché.

La politique. Ce que j'entends dans les assemblées de croyants, c'est la volonté marquée de se donner un poids politique.

Ces propos, prononcés par des jeunes filles considérées comme emblématiques par un bon nombre de partisans du voile à l'école, doivent nous permettre, dit l'éditeur du livre, de dépasser les simplifications et les préjugés.

Voilà qui est fait.

Cela étant, au lieu d'ânonner sempiternellement que la religion est l'opium du peuple, nous ferions mieux d'apprendre par c¿ur la citation complète de Karl Marx. La voici : La misère religieuse est d'une part l'expression de la misère réelle et d'autre part la protestation contre la misère réelle. Le religieux est le soupir de la créature accablée par le malheur, l'âme d'un monde sans c¿ur, de même qu'elle est l'esprit d'une époque sans esprit. C'est l'opium du peuple.

Répétons-le aussi souvent qu'il le faut : c'est en préconisant à la fois la défense des conquêtes de la laïcité, du féminisme et tout bonnement de la démocratie, et la nécessité de traiter socialement et économiquement le problème, qu'on commencera à le résoudre. Je te défends en tant qu'exploité mais je te combats en tant que représentant d'une religion qui opprime les femmes, disait un jeune homme à un barbu qui accompagnait des femmes voilées à une manifestation pour la Journée des femmes.

En rompant une lance en faveur de l'intelligence, je devais m'attendre à prendre quelques baffes. Elles sont venues. Car il faut se faire une raison : l'intelligence, surtout quand elle s'exprime par le biais des intellectuels (ce qui arrive), est une denrée insupportable à la plupart des gens qui, paradoxalement, la méprise intimement tout en s'en proclamant aussi bien pourvu qu'un autre.

(¿)

Yvon Toussaint, in : le Soir, 15 mars 2004

http://www.journalvachefolle.net/article-322.html

Benny T

Islamophobie (1)

port du voile

fatwa contre l'écrivain Salman Rushdie, condamnation à mort de Taslima Nasreen

assassinat de Theo van Gogh, qui a réalisé, en collaboration avec Ayaan Hirsi Ali, sur la base d'un scénario de celle-ci, Submission, un court métrage dénonçant la soumission des femmes dans l'Islam

affaire des caricatures du prophète Mahomet

conflit isrélo-palestinien

attentats du 11 septembre 2001

Turquie candidate à l'adhésion à l'Union européenne

« islamophobie », « racisme anti-musulmans », « choc des civilisations »

Voici de quoi on taxe ceux qui critiquent l'islam : conservateurs chrétiens, néocolonialistes, racistes, extrémistes de droite sous couvert de défense de la liberté d'expression ¿ comme ceux qui font de l'antisémitisme sous couvert d'antisionisme, de critique d'Israël ¿, racistes qui peuvent se lâcher grâce à la critique de l'islam.

Je prône la liberté ¿ la liberté d'expression ¿, l'anticléricalisme, l'anti-phallocratie.

Je suis opposé à la croyance, au communautarisme, à la consommation.

Pour moi, le voile est un outil d'emprisonnement de la femme et de la sexualité.

Je dénonce l'impérialisme américain et les régimes dictatoriaux arabes, le terrorisme d'ÿtat israélien et le terrorisme du Hezbollah.

Pas de tabou. Je critique autant

  • la religion, la domination religieuse ¿ la menace de la religion sur la liberté d'expression ¿, que
  • le colonialisme, l'impérialisme, la domination impériale, la domination capitaliste ¿ la menace de « ¿ l'argent des dominants ¿ », de « la concentration de la presse occidentale dans les mains de groupes industriels » sur la liberté d'expression ¿.
Prendre en considération :

  • les relations internationales, les enjeux géopolitiques ; le colonialisme, l'impérialisme, le « despotisme universel américain » et les dictatures locales, qui manipulent, instrumentalisent ;
  • la liberté d'expression, l'émancipation, la liberté ; la lutte contre la soumission et l'exclusion des femmes ; la lutte contre la condamnation de la « sexualité érotique » ; la contestation de l'idée de « respect des idées, des opinions, des convictions » ; l'affirmation de l'opposition à la croyance.
Libération :

  • du colonialisme, de l'impérialisme, du « despotisme universel américain » ;
  • des dictatures locales ;
  • des dogmes, de la religion, de la croyance.
Affirmation de l'autonomie individuelle

Libération, en opposition au remplacement d'une prison par une autre prison, à la prison-refuge de la théocratie, de la religion en réponse à la prison de l'impérialisme, du « despotisme universel américain », des dictatures locales.

Dans ¿ les banlieues ¿, il y a une régression de l'image de la femme chez les garçons, concomitante aux intégrismes chrétiens, islamiques. Régression : disparition de la mixité, séparation des garçons et des filles, mainmise de la religion. Le retour au religieux, l'intégrisme religieux, est-ce une réaction à la libération de la femme, pour que le mec retrouve la position du dominant ?

Des jeunes musulmanes voilées affirment que leur voile, c'est leur identité. L'identité ? Comment est-ce que tu te construis une identité avec toute cette autorité, toutes ces obligations ? En effet, l'identité, c'est personnel et non imposé. Il s'agit de donner aux filles les outils pour être indépendantes, autonomes.

Dénoncer le repli sur soi communautariste en réponse à un repli sur soi communautariste. Au communautarisme on n'oppose pas un autre communautarisme, mais l'inaliénabilité de l'individu. Je dénonce le principe qui consiste à s'opposer à une culture dominante et oppressante par une contre-culture tout aussi autoritaire, uniformisante. Quand je critique des cultures, c'est parce qu'elles menacent ou nient l'inaliénabilité de l'individu ¿ la liberté sexuelle, la liberté des femmes, la liberté de chacun de disposer de son corps. Quand je critique des cultures, c'est par anti-communautarisme.

Du blasphème au racisme

Ni la Bible juive, ni les évangiles et les écrits des « pères » chrétiens n'ont échappé aux moqueries et aux critiques les plus virulentes. Il n'y a donc aucune raison que le Coran, livre sacré des musulmans, ne soit pas soumis aux mêmes critiques.

Il semblerait pourtant, pour différents motifs qui touchent plus à la démagogie politique et à la finance géopolitique, qu'il n'en soit pas ainsi.

Les critiques virulentes de l'islam, une des dernières-nées des religions les plus intolérantes qui soient, sont d'abord assimilées à de « l'islamophobie », mot copié sur la « christianophobie » lancée par Jean-Paul II, mais on en étend le sens. D'après les dirigeants du Mouvement pour le Rapprochement des Peuples comme Mouloud Aounit, ou le prédicateur impénitent du « Monde » Xavier Ternisien, se moquer ou critiquer l'islam est de l'islamophobie, et l'islamophobie est du racisme anti-arabe. C'est aussi simple que ça. Pour eux, l'athée qui est christianophobe, judéophobe, islamophobe est un simple raciste.

Ne veut-on se souvenir du danger qu'il y a à assimiler les termes « race » et « religion » ?

[¿]

Johannès Robyn

morale laïque

trimestriel d'information de la fédération des amis de la morale laïque

N°151, 2ième trimestre 2006

Dossier blasphème

De la nécessité du respect

http://www.journalvachefolle.net/article-942.html

Valeurs universelles

[¿]

Il y a une question élémentaire, à laquelle tout démocrate, et a fortiori tout socialiste, doit répondre sans ambages : y a-t-il ou pas des valeurs qui sont universelles, non pas « occidentales », mais simplement universelles parce qu'humanistes, en ce compris l'égalité des hommes et des femmes ? Et donc des valeurs supérieures aux dogmes religieux que d'ailleurs les « docteurs de la foi » accommodent diversement selon les lieux et les époques ?

Robert Falony, in : le Journal du mardi, n°342, 04 mars 2008

http://www.journalvachefolle.net/article-887.html

Respect des croyances

Patrice Dartevelle

¿ Président de la Ligue pour l'abolition des lois réprimant le blasphème

et le droit de s'exprimer librement ¿

« Face aux caricatures du Jyllands Posten, les musulmans, les pas très intégristes, les Occidentaux prudents invoquent le respect dû aux croyants ou, pire à mes yeux, à leurs convictions.

Remettons les pendules à l'heure. Dans une société démocratique, le respect des personnes est obligatoire, mais faire un agglomérat entre ce respect et celui des idées ou convictions est tout à fait inconsistant. Le débat démocratique exige le conflit des idées. Depuis le XIXième siècle, celui-ci fut virulent ; il l'est certes moins depuis une génération sans qu'on voie toujours ce que nous y avons gagné. Les idées (y compris les miennes) ont tout à craindre d'un respect qui ne leur sied pas.

Personnellement, si je respecte bien des idées qui ne sont pas les miennes, je n'en respecte pas d'autres sans voir pourquoi je dois pour ce seul fait les criminaliser.

Qu'on ne respecte pas certaines idées est jugé aujourd'hui le plus souvent comme une preuve de sectarisme. En réalité, cette réaction est le fruit de l'évolution des cinquante dernières années. En 1950, la moitié des Français estimait que leur conviction religieuse ou philosophique était la seule vraie. En 2000, ils n'étaient plus que 6 % à juger de la sorte.

Les idées d'autrui sont par conséquent devenues respectables, ce qui est avantageux pour la sécurité publique. L'ennuyeux est que cette position n'est pas possible et que l'on doit alors se précipiter pour faire adopter une collection de lois excluant du débat toutes sortes d'opinions : la négation des génocides, les sectes et bien d'autres.

Le résultat est une situation étouffante pour la liberté d'expression. Les musulmans y ajoutent un retour à des pratiques qui n'étaient pas rares dans l'Occident chrétien jusqu'à Vatican II et qui me donnent le sentiment d'un retour à un passé témoin de tant de luttes pour la liberté.

[¿] »

Patrice Dartevelle, in : le Soir, 07 février 2006

« On tente d'imposer l'idée que la liberté d'expression se heurterait au respect des convictions d'autrui, alors qu'elle ne connaît qu'une seule limite : le respect des individus. La diffamation est un délit punissable chez nous. Mais aucune idée, aucune opinion, aucune conviction n'est « respectable » en ce sens qu'elle ne souffrirait ni critiques ni caricatures. Toutes doivent pouvoir être combattues sur le terrain des idées, que ce soit par le mot ou le dessin. Sans choc (le combat d'idées peut être violent) des idées, il n'y aurait pas de lumière, la terre serait toujours plate, le soleil tournerait autour d'elle. « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire » : cette citation attribuée à Voltaire devrait être enseignée dans les mosquées du monde entier. »

Michèle Coerten, in : le Soir, 08 février 2006

http://www.journalvachefolle.net/article-543.html

« Comment pratiquer la tolérance sans sombrer dans le relativisme ? ÿtre tolérant, il me semble, c'est admettre que l'autre peut se tromper et qu'il en a le droit. J'en reviens au sujet le plus brûlant, celui de la religion. Pour moi, aucun livre saint, aucune religion n'est jamais tombé du ciel, aucune parole n'est sacrée et tous les avocats d'Allah ou de Dieu (mollahs, rabbins, curés et autres exégètes autoproclamés de la parole divine) devraient avoir des préoccupations plus directement terrestres. Mais j'admets que les représentants des religions et ceux qui les suivent puissent se tromper et penser le contraire de ce que je pense. Je ne leur demande que la réciproque : qu'ils respectent mon droit à ne pas penser comme eux, à penser faussement, à me tromper selon leurs critères. Ce que je respecte, ce n'est pas la croyance de l'autre, une croyance à laquelle je n'adhère pas, mais c'est son droit à l'avoir, son droit à la liberté. Ce que chacun de nous doit respecter, c'est l'être humain en tant qu'individu libre de penser et de vivre sa vie comme il l'entend, hors de toute contrainte. [¿] »

Chandortt Djavann

« Imagine-t-on ce que serait l'humanité aujourd'hui si depuis la nuit des temps elle avait respecté les croyances ? En serions-nous encore à invoquer les puissances du ciel pour que le tonnerre allume du feu ou à défendre mordicus que, puisque Dieu a créé l'homme à son image, il est naturel et obligatoire que le soleil tourne autour de la terre et non l'inverse ? Ne peut-on avancer au contraire que l'humanité s'est bâtie contre les croyances et qu'à chaque fois que celles-ci ont pris le pas, les hommes se sont étripés [¿]. Et puis de quelle croyance parle-t-on ? Les religions n'étant jamais que des sectes qui ont réussi, pourquoi pourrais-je me moquer de l'ÿglise de la Scientologie et pas de ceux qui mangent le corps du Christ, pourquoi, si j'en avais le talent, pourrais-je caricaturer les Raëliens tout nus et pas le mec à papillotes qui psalmodie devant le Mur des lamentations ? »

Léon Michaux, in : le Journal du mardi, n°255, 14 février 2006

« Robert Joly est convaincu qu'un certain islam pose problème, aujourd'hui, dans nos sociétés occidentales. « Ce fut longtemps le cas de l'ÿglise catholique qui, pendant un millénaire et demi, a été le persécuteur obstiné de toutes les libertés et ne s'est convertie à la tolérance que deux siècles après Voltaire. ÿ présent, l'islam paraît plus redoutable, parce que c'est une foi dure, beaucoup plus militante et grégaire que le catholicisme. Celui-ci a été obligé d'évoluer ¿ mais sans changer officiellement de doctrine ¿ sous la pression de ses fidèles. En Europe, tout au moins, pas aux Etats-Unis ». Robert Joly enfonce le clou : « L'homme est toujours dépossédé, peu ou prou, en religion. C'est plus vrai encore en islam ¿ surtout pour les femmes ¿ parce que la foi musulmane reste encore très peu distanciée et peut mener vers des fanatismes dangereux ». »

Robert Joly, in : le Journal du mardi, n°148, 20 janvier 2004]

Une croyance en vaut une autre.

La croyance est une affaire personnelle.

Je ne me laisse pas dicter ma vie par des croyances.

Des humains ont toujours été victimes de la "bêtise humaine" et de ses croyances.

Au lieu de parler de " respect des cultures ", on devrait dire que l'irrespect consiste à empêcher les autres de penser librement. Je n'empêche pas un chrétien, un musulman de s'adonner à sa croyance ; je critique et je conteste, et je propose mes critiques au public, au lieu d'imposer ma pensée aux autres ; mais certains croyants, à cause de mes critiques, vont me censurer, m'anathématiser, me diaboliser, me menacer. Qui est irrespectueux dans l'histoire ? J'essaie de ne pas nuire aux autres, mais, évidemment, il n'y a pas que ma volonté qui me guide. Je ne me laisse pas dicter ma vie par des croyances. Je ne me laisse pas écraser par la société. Mon sens moral, je me le construis moi-même.

La force des prêtres c'est la faiblesse des hommes.

Qu'est-ce qui est plus important : la célébration de Dieu (« God bless America ») ou d'Allah ? ou la promotion de l'intelligence, de la raison, de la volonté, de l'empathie, de la solidarité, de la conciliation entre les individus ?

La raison pour laquelle le croyant ne commet pas le mal, c'est la crainte d'une punition dans l'au-delà, par obéissance à un être supérieur, qui récompensera les bons et punira les mauvais. La raison pour laquelle le non-croyant ne commet pas le mal, c'est le fait qu'il pense aux autres.

Il s'agit d'avoir conscience des caractères ponctuel, provisoire, non-définitif, relatif, non-absolu de réponses, refuser les réponses tant qu'elles sont extérieures à soi, et ne pas se laisser surprendre par certaines questions, comme les questions existentielles.

Je ne fais pas de différence entre secte et religion. Je ne fais pas de différence entre le scénario de Raël, le scénario de la Bible et celui du « grand pouvoir du Chninkel ». C'est le fruit de l'imagination humaine ; et l'imagination est libre. Avec mon imagination, moi je peux concevoir un Dieu qui ignore la notion de " blasphème ", dont la " perfection " signifie qu'il n'est pas jaloux, susceptible, rancunier, vengeur, qu'il a le sens de l'humour, de l'autodérision.

Le pouvoir se fonde sur la croyance en une menace, sur la peur, sur la peur d'être puni par le pouvoir ¿ malveillant... ¿ si on lui désobéit, ou sur la peur de ne plus être protégé par le pouvoir ¿ bienveillant... ¿ contre une menace.

« Si ces religions pactisent allègrement avec les politiques et les militaires c'est qu'elles sont de parfaites gardiennes de troupeaux. »

Religion signifie : sens qu'on impose à la vie des autres ; on dicte leur vie aux autres ; règles imposées de l'extérieur et non développées de l'intérieur de soi-même.

http://www.journalvachefolle.net/article-789.html