• billets
    22
  • commentaires
    5
  • vues
    17 106

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (I)

Benny T

52 vues

Suis-je raciste ? Suis-je colonialiste ? Suis-je un nouveau réactionnaire ? Suis-je un suppôt de l'empire israélo-américain ? Suis-je de la mouvance identitaire ?

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (1)

b. oppose l'Europe de culture chrétienne à l'islam. J'oppose l'individu au christianisme, à l'islam.

Non à l'identitarisme, au communautarisme.

Individualiste et anti-autoritaire signifie : contre toute domination, qu'elle soit sexiste, raciste, capitaliste ; critique de toute culture installant un rapport dominant-dominé. Toute société évolue et peut à un moment donné se fonder sur une culture de domination.

Individualisme signifie : la seule identité c'est l'identité de l'individu, dans la relation avec lui-même, et pas dans le cadre d'une relation à une communauté.

Le but que je garde à l'esprit est : de sortir des divisions communautaires (l'identité est individuelle) et de la religion.

Affirmation de l'autonomie individuelle

Libération, en opposition au remplacement d'une prison par une autre prison, à la prison-refuge de la théocratie, de la religion en réponse à la prison de l'impérialisme, du « despotisme universel américain », des dictatures locales.

Dénoncer le repli sur soi communautariste en réponse à un repli sur soi communautariste. Au communautarisme on n'oppose pas un autre communautarisme, mais l'inaliénabilité de l'individu. Je dénonce le principe qui consiste à s'opposer à une culture dominante et oppressante par une contre-culture tout aussi autoritaire, uniformisante. Quand je critique des cultures, c'est parce qu'elles menacent ou nient l'inaliénabilité de l'individu ¿ la liberté sexuelle, la liberté des femmes, la liberté de chacun de disposer de son corps. Quand je critique des cultures, c'est par anti-communautarisme.

Je dénonce l'impérialisme américain et les régimes dictatoriaux arabes, le terrorisme d'ÿtat israélien et le terrorisme du Hezbollah.

Pas de tabou. Je critique autant

· la religion, la domination religieuse ¿ la menace de la religion sur la liberté d'expression ¿, que

· le colonialisme, l'impérialisme, la domination impériale, la domination capitaliste ¿ la menace de « ¿ l'argent des dominants ¿ », de « la concentration de la presse occidentale dans les mains de groupes industriels » sur la liberté d'expression ¿.

Prendre en considération :

· les relations internationales, les enjeux géopolitiques ; le colonialisme, l'impérialisme, le « despotisme universel américain » et les dictatures locales, qui manipulent, instrumentalisent ;

· la liberté d'expression, l'émancipation, la liberté ; la lutte contre la soumission et l'exclusion des femmes ; la lutte contre la condamnation de la « sexualité érotique » ; la contestation de l'idée de « respect des idées, des opinions, des convictions » ; l'affirmation de l'opposition à la croyance.

Libération :

· du colonialisme, de l'impérialisme, du « despotisme universel américain » ;

· des dictatures locales ;

· des dogmes, de la religion, de la croyance.

Dans ¿ les banlieues ¿, il y a une régression de l'image de la femme chez les garçons, concomitante aux intégrismes chrétiens, islamiques. Régression : disparition de la mixité, séparation des garçons et des filles, mainmise de la religion. Le retour au religieux, l'intégrisme religieux, est-ce une réaction à la libération de la femme, pour que le mec retrouve la position du dominant ?

Des jeunes musulmanes voilées affirment que leur voile, c'est leur identité. L'identité ? Comment est-ce que tu te construis une identité avec toute cette autorité, toutes ces obligations ? En effet, l'identité, c'est personnel et non imposé. Il s'agit de donner aux filles les outils pour être indépendantes, autonomes.

« La sixième perversion [de la gauche], l'identitarisme, est particulièrement pernicieuse. Elle consiste à valoriser non pas les individus réels mais les catégories sociales auxquelles ils appartiennent, généralement malgré eux : le prolétariat, les femmes, les noirs, les autochtones, les gays et lesbiennes et ainsi de suite. Cet identitarisme est une forme particulièrement perverse d'action revendicative où les individus opprimés choisissent de s'identifier à la catégorie sociale par laquelle leur oppression s'exerce, dans un objectif supposé de rébellion et de défiance envers ladite oppression. Or, l'identification continuelle à ce rôle social limite la capacité des individus qui adhèrent à cette stratégie d'analyser en profondeur leur situation sociale et d'agir en tant qu'individus contre leur propre oppression. Ceci garantit ainsi la pérennité des relations sociales à la source de cette oppression. Pourtant, ce n'est qu'à titre de membres de catégories sociales opprimées que ces individus sont utiles à la gauche et à ses man¿uvres politiciennes, parce que ces catégories sociales agissent comme des groupes de pression et de pouvoir dans un contexte démocratique.

Cette logique mène tout droit à l'anti-individualisme, car l'organisation n'a de cesse d'exiger que l'individu se sacrifie à une cause ou une autre, liée évidemment aux programmes et aux organisations de gauche. Derrière ces appels au sacrifice se cache les idéologies manipulatrices de l'identité collective, de la responsabilité collective et de la culpabilité collective. Les individus qui par définition font partie d'une catégorie sociale privilégiée ¿ les hétéros, les blancs, les mâles, les petits bourgeois ¿ sont tenus responsables de toutes les oppressions attribuées à leur groupe. Ils sont ensuite manipulés de sorte qu'ils expient leurs crimes en appuyant aveuglément les mouvements politiques de ceux qui sont plus opprimés qu'eux-mêmes. Quant aux individus qui sont considérés comme membres d'une catégorie sociale opprimée, ils sont tout aussi manipulés de sorte qu'ils acceptent l'identité collective de leur groupe, marquée par une solidarité obligatoire ¿ qu'elle soit féministe, tiers-mondiste, gay, etc. Si par malheur ces individus rejettent ou même se mettent simplement à critiquer cette identité collective, la gauche les considère comme des aliénés qui acceptent leur propre oppression. En fait, l'individu qui contre sa propre oppression et sa propre exploitation agit de son propre chef, ou alors avec seulement ceux avec qui il a développé des liens d'affinité réelle, est généralement accusé d'individualisme bourgeois, malgré le fait qu'il lutte justement contre l'aliénation capitaliste et étatique imposée par la société bourgeoise. »

http://archet.net/?s=gauchisme

« Seulement, l'ÿtat ne fait que feindre de s'opposer à l'intégrisme. En mettant en scène cette opposition et en médiatisant l'islamisme, il le prescrit paradoxalement aux banlieues comme ¿ bon ¿ moyen de révolte (c'est-à-dire le moins dangereux pour lui-même), tout en le maintenant dans certaines limites. Désigner l'islamisme comme une nouvelle théologie de la libération pour les banlieues permet d'éloigner celles-ci de la Révolution sociale qui comporte le désavantage pour les dominants de viser la totalité du système et de rassembler au-delà des différences ¿ ethnique ¿ et religieuse . L'Islam peut alors, comme l'a fait le Christianisme avant lui, servir de force de maintien de l'ordre dans les quartiers pauvres. »

Moustapha, in : Alternative libertaire n°34 (270), mars 2004

http://www.journalvachefolle.net/article-317.html

Complot ? Les dirigeants font exprès d'interdire le port du voile pour renforcer l'attrait du signe religieux comme signe de résistance, au détriment de l'attrait de l'union des opprimés et de la lutte contre le capitalisme ? Un plan pour que les Arabes, en réaction de résistance à l'interdiction du voile, s'identifient à lui et se regroupent dans la communauté du voile ? Pour que le communautarisme étouffe la solidarité entre tous les opprimés, la lutte mondiale contre le capitalisme, la lutte contre toute domination ? L'interdiction légale du voile vise le repli communautariste, la division en communautés dans la logique du ¿ Diviser pour régner ¿ ? La division communautariste amène à enfermer les personnes dans des blocs, l'un amalgamant occidental et chrétien ¿ non voilé ¿, un autre amalgamant arabe et musulman ¿ voilé ¿.

http://www.journalvachefolle.net/article-314.html

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (1)

« Enfermant l'individu dans le déterminisme de ses appartenances et revendiquant, dans le champ du politique, la transgression des sphères privée et publique, l'identitarisme [¿] est l'anti-individualisme et l'anti-universalisme par excellence. »

http://www.lefigaro.fr/debats/2007/04/02/0...on_du_monde.php

Je critique l'islam. Suis-je raciste ? Suis-je colonialiste ? Suis-je un nouveau réactionnaire ? Suis-je un suppôt de l'empire israélo-américain ? Suis-je de la mouvance identitaire ? Non. Je m'intéresse aux questions sur l'explication officielle du 11 septembre 2001. Est-ce que je fais partie d'une alliance extrême gauche ¿ extrême droite ¿ islamiste anti-américaine et anti-israélienne ? Est-ce que je suis un adepte de Thierry Meyssan ? Est-ce que je vois des avatars du Da Vinci Code ou de 24 [24 Heures Chrono (titre donné à la série par Canal + et Télé-Québec), renommé par TF1 24 - Vingt-Quatre - (titré 24 - Twenty-Four - dans sa version originale)] partout ? Je ne suis pas croyant, ni en les versions d'ÿtat ni en les thèses conspirationnistes. Il y a des secrets d'ÿtat, des manipulations d'ÿtat, des intérêts hégémonistes cachés, des fausses raisons invoquées à l'attention des populations par les autorités pour étendre leur pouvoir. Les autorités censurent ou discréditent les contestataires. Je veux le débat ouvert, constructif, et non l'anathème contre l'anathème. Le débat ne se réduit pas à l'affrontement de deux camps. Je ne suis pas adepte d'Alain Finkielkraut. Je ne suis adepte de personne. Chacun devrait penser par lui-même, avoir une pensée singulière. Alain Finkielkraut dit des choses avec lesquelles je suis d'accord.

Le Rappel à l'ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires

Le Rappel à l'ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires est un pamphlet de l'historien et essayiste français Daniel Lindenberg, publié en 2002. Cet ouvrage très médiatisé met en cause de nombreux intellectuels français et crée la polémique dans le milieu culturel français.

Dans ce livre, l'appellation de « nouveaux réactionnaires » désigne des intellectuels contemporains, dans les médias, dont Daniel Lindenberg juge les idées conservatrices ou réactionnaires, voire racistes ou sexistes. Certains médias opposent couramment les « nouveaux réactionnaires » aux intellectuels « progressistes » ou « de gauche ».

Les arguments de Daniel Lindenberg (repris ou développés par certains médias) concernent notamment :

les écrivains Maurice G. Dantec, Michel Houellebecq, Philippe Muray ; et parfois Pascal Bruckner et Alain Minc ;

les philosophes Alain Finkielkraut, Alain Badiou, Pierre Manent, Marcel Gauchet, Luc Ferry, Alain Besançon, Jean-Claude Milner ;

les historiens Pierre-André Taguieff, Pierre Nora, Shmuel Trigano.

[¿]

Pierre-André Taguieff [¿] écrit : « [...] Le " conseiller " Lindenberg ne prend pas la peine de discuter les thèses de penseurs tels que Pierre Manent, Marcel Gauchet, Alain Finkielkraut, Alain Besançon, Shmuel Trigano, Jean-Claude Milner ou Alain Badiou, il se contente d'épingler leurs noms sur sa liste noire ». En 2007, Pierre-André Taguieff poursuit sa contre-attaque dans un ouvrage intitulé Les Contre-réactionnaires où il passe au crible ce qu'il nomme la " fabrication de la légende des nouveaux réactionnaires ", inscrivant cette entreprise dans l'histoire des dérives du progressisme, proche du terrorisme intellectuel voire de l'inquisition.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouveaux_r%C3%A9actionnaires

Pensée binaire, totalitarisme

« Dans un livre, « Le Rappel à l'ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires » (Seuil), Daniel Lindenberg dénonce une offensive dirigée, tout ensemble, contre « la culture de masse, contre les droits de l'homme, contre 68, contre le féminisme, contre l'antiracisme, contre l'islam ». Suspectant « une nouvelle synthèse idéologique de combat » qui aurait pour hérauts des écrivains et philosophes aussi différents que Pierre Manent, Pierre-André Taguieff, Michel Houellebecq, Marcel Gauchet¿ l'auteur pointe une menace majeure pour la « société ouverte ». Mis en cause, notamment dans le chapitre consacré aux intellectuels juifs accusés de « virer à droite », le philosophe Alain Finkielkraut le philosophe Alain Finkielkraut explique au Figaro que la notion même de «nouveaux réactionnaires» ramène le débat public à un univers à deux dimensions, à l'affrontement de « deux camps ¿ l'humanité et ses ennemis ». »

http://olivier.hammam.free.fr/actualites/d...eacs/figaro.htm

Le Figaro. ¿ Qu'est-ce qui a changé dans le paysage intellectuel français ?

Alain Finkielkraut ¿ La haine a renversé toutes les digues. Deux exemples: dans Le Rappel à l'ordre, un livre publié par les éditions du Seuil, à l'enseigne de la « République des idées », collection que dirige Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France et président du Centre Raymond-Aron, Daniel Lindenberg, membre du comité de rédaction de la revue Esprit, vient de m'apprendre, non seulement que j'étais un fieffé réactionnaire ¿ y a-t-il d'ailleurs des réactionnaires qui ne soient pas fieffés ? ¿, mais qu'avec Régis Debray, Pierre Manent, Pierre-André Taguieff, Marcel Gauchet, Philippe Muray, Maurice Dantec, Michel Houellebecq, Shmuel Trigano et quelques autres, j'avais préparé la catastrophe du 21 avril, c'est-à-dire la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle, et qu'en trouvant à redire à la culture de masse, à l'idéologie des droits de l'homme, à mai 68, à l'omniprésente apologie du métissage, je m'inscrivais dans la lignée de ces intellectuels qui, au temps de la peste brune, se déchaînaient contre les métèques et les valeurs de la démocratie. Comme un bonheur ne vient jamais seul, je découvre dans Le Monde diplomatique, sous la signature de Maurice T. Maschino, qu'en compagnie cette fois de Pascal Bruckner, d'André Glucksmann, de Pierre Nora, de Jacques Julliard, de Bernard-Henri Lévy, je suis un « nouveau réactionnaire », c'est-à-dire un suppôt de l'empire israélo-américain.

Le retour tonitruant de la catégorie de « réac » signifie que la parenthèse antitotalitaire se ferme. De son aile radicale à son extrême centre, l'intelligentsia engagée militarise la vie de l'esprit. Il n'y a plus d'¿uvre singulière, il y a deux camps ¿ l'humanité et ses ennemis.

Le Figaro. ¿ Comment expliquez-vous ce retour apparent à la pensée binaire ¿ pour autant que cette dernière ait jamais cessé de se déployer ?

[¿]

Le Figaro. ¿ En confondant réactivité du penseur et pensée réactionnaire, cette position ne pèche-t-elle pas par anti-intellectualisme ?

Alain Finkielkraut ¿ Les robespierristes de toutes obédiences tiennent le président américain pour un imbécile heureux parce qu'il a dénoncé l'« axe du Mal », alors même qu'ils évoluent dans un espace à deux dimensions et qu'ils considèrent ceux qui ont des idées adverses comme des scélérats, destinés à remplir, au plus vite, les poubelles de l'histoire.

[¿]

Alain Finkielkraut ¿ [¿] Je compte quelques amis chers dans cette revue [la revue Esprit]. J'espère pouvoir m'expliquer avec eux et leur demander ce qui leur reste de la pensée antitotalitaire et de son refus de réduire la pluralité humaine au schéma manichéen d'une lutte entre le Bien et le fascisme, jamais plus vivant que depuis qu'il a été vaincu.

Le Figaro. ¿ Orwell n'avait-il pas raison de déplorer que la gauche fût toujours antifasciste, mais rarement antitotalitaire ?

Propos recueillis par Joseph Macé-Scaron et Alexis Lacroix

14 novembre 2002

http://olivier.hammam.free.fr/actualites/d...eacs/figaro.htm

Querelle entre républicains et démocrates

Qui est « réactionnaire » ? Qui est « progressiste » ?

« [¿] la signification de l'offensive menée à l'intérieur de la gauche sous la signature de Daniel Lindenberg et avec la bénédiction de Pierre Rosanvallon contre quelques intellectuels emblématiques commence à se découvrir. L'apparence était un pamphlet, assez mal ficelé [¿], contre les dérives « réactionnaires » d'une génération en rupture avec l'héritage de Mai 68.

Qui est « réactionnaire » ? Qui est « progressiste » ? [¿]

[¿]

Le débat de fond auquel Pierre Rosanvallon voudrait apparemment attacher son nom est plus subtil. C'est un avatar, revu à la lumière des sciences sociales, de la querelle entre républicains et démocrates, qui remonte à 1989. Cette querelle oppose les tenants de l'individualisme universaliste hérité des Lumières aux adeptes du multiculturalisme identitaire. Ce qui rend le débat particulièrement complexe et sensible est qu'il divise de l'intérieur la droite et la gauche.

Nul ne sait, sinon les intéressés eux-mêmes, si Debray, Finkielkraut, Manent ou Taguieff sont de droite ou de gauche. Ce qui est sûr est qu'il faut n'avoir rien compris à l'histoire et à la géographie des mouvements d'idées dans notre pays pour prétendre que ceux-ci sont du côté de l'identitarisme et de la « réaction ». Il est vrai que chacun, à sa manière, s'inquiète, avec nombre d'autres, des dérives de la culture de masse, du « droit-de-l'hommisme », de l'égalitarisme et de l'islam. Cela n'en fait pas pour autant des « réactionnaires ». Le point de vue qui détermine leurs critiques est même rigoureusement inverse de celui qui leur est reproché.

Le procès du « droit-de-l'hommisme », par exemple, n'est en aucune façon celui des droits de l'homme. [¿] Le problème posé par les critiques du « droit-de-l'hommisme » est celui de la défense de droits particuliers, droits des minorités et des identités sexuelles, ethniques ou religieuses, au nom d'une conception pervertie, retournée contre elle-même, des droits universels de l'homme.

[¿]

Le danger du « droit-de-l'hommisme » est la tentation de répondre, en son nom, à des revendications de discriminations positives qui bafouent la simple dignité humaine. [¿]

Il est, de même, deux manières de faire le procès de l'islam. L'une consiste à reprendre à son compte l'idée d'un conflit de civilisations, conflit à l'intérieur duquel l'Occident se place sous l'étendard de sa vieille tradition catholique. L'autre consiste à s'inquiéter, pour les sociétés libérales, quelles qu'elles soient, des offensives menées par les pratiquants de la religion musulmane contre les contraintes de la laïcité. Cette inquiétude, qui se place dans la perspective du projet émancipateur des Lumières, n'est pas, que l'on sache, de la « réaction ». »

[¿]

Alain-Gérard Slama

14 avril 2002

http://entrezlibres.catallaxia.org/Lumiere...on-liquide.html

Les nouveaux réactionnaires

« [¿] si mai 1968 a pu encore avoir, pour beaucoup, des airs de révolution, la découverte du goulag et du « socialisme réel », comme l'évolution des pays d'Afrique et d'Asie nouvellement indépendants ont provoqué chez beaucoup d'intellectuels français un véritable traumatisme.

La perte de leurs illusions, ou de leurs espérances, en a conduit beaucoup, dans les années 1970 et 1980, à se réfugier dans un silence gêné et à renier les engagements de leur jeunesse. Ou à intervenir, bruyamment, avec la fougue et la mauvaise conscience de repentis, en sens inverse. En battant leur coulpe, ou celle de leurs aînés, accusés de « s'être toujours trompés ». Ou encore, en se ralliant à grands cris à l'américanisation du monde, à la mondialisation économique et à l'idéologie néolibérale qu'ils dénonçaient si énergiquement auparavant. Certains n'hésitent pas à assumer désormais, sur telle ou telle question (politique, économique ou culturelle), des positions qu'ils auraient eux-mêmes qualifiées, il y a quelques années, de « furieusement réactionnaires ».

D'autres restent marqués par le choc subi dans leur jeunesse. Si le temps des autocritiques est révolu, l'échec de la perestroïka, l'éclatement de l'Union soviétique les ont convaincus que la construction d'un socialisme à visage humain relevait de l'utopie. Loin de les revigorer, la politique que François Mitterrand et la gauche ont mise en ¿uvre dans les années 1980 les a confortés dans leur scepticisme, et ils restent décidés à ne plus se laisser piéger par les « apparences de l'histoire ».

[¿]

Comme n'a rien de raciste, toujours selon Finkielkraut, le récent pamphlet antimusulman d'Oriana Fallaci, La Rage et l'Orgueil [Oriana Fallaci, La Rage et l'Orgueil, Plon, Paris, 2002]. En injuriant « les fils d'Allah », qui « se multiplient comme des rats », elle nous oblige à « regarder la réalité en face » et à voir enfin, en toute bonne conscience, ce que sont vraiment les Arabes. Briseuse de tabous, « elle a l'insigne mérite de ne pas se laisser intimider » et libère la parole [Alain Finkielkraut, Le Point, 24 mai 2002.].

Certes, troublé par les réactions que ces propos ont provoquées, l'« humaniste » se reprend et décrète que, tout compte fait, le livre d'Oriana Fallaci est « indéfendable ». Après l'avoir défendu. Mais dans l'entretien qu'il nous accorde, il ne peut s'empêcher de lui trouver des vertus et, derechef, de le défendre : « J'ai été saisi par une certaine force. Oriana Fallaci a entrepris de dire ses quatre vérités à l'Europe. Son livre est un livre antieuropéen. » Bref, anti-tout.

Plus :

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (2)

Plainte contre Alain Finkielkraut pour incitation et provocation à la haine raciale

Plus :

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (2)

Voici le texte intégral de l'entretien avec Alain Finkielkraut réalisé vendredi 25 novembre par Jean-Pierre Elkabach sur Europe-1.

Plus :

Individualisme versus identitarisme, communautarisme (3)




0 Commentaire


Aucun commentaire à afficher.

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !


Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.


Connectez-vous maintenant