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" Islamophobie " (6)

Benny T

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Islamophobie (6)

« Le foulard, une discrimination de la femme »

[¿]

Si le foulard " islamique " choque tant de gens, ce n'est pas pour une question de religion, comme la presse le laisse régulièrement entendre depuis l'attitude de la France. Ce qu'une majorité ressent profondément sans avoir les mots pour le dire (puisque la presse évite de le dire), c'est que les femmes qui portent (volontairement) le foulard en question témoignent ouvertement en faveur d'une discrimination de la femme par rapport à l'homme. Et actuellement en France, c'est aussi ce qui a été formuléau niveau politique par Fillon [François Fillon est membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et Premier ministre de la France depuis le 17 mai 2007] et Amara [Fadela Amara est la présidente de l'association Ni putes ni soumises et devient, le 19 juin 2007, secrétaire d'ÿtat chargée de la politique de la Ville dans le Gouvernement Fillon II] notamment. Interdire le foulard à l'école et dans les institutions publiques au nom de la neutralité républicaine permettait d'éviter de parler de discrimination de la femme.

[¿]

[¿] Il est clair que la signification ou la justification de l'exigence du foulard s'inscrit dans le rapport homme-femme et ne représente pas un bout d'étoffe purement symbolique. En se couvrant du foulard " islamique ", les femmes disent être dans la nécessité d'assumer la responsabilité des dérapages toujours possibles de la concupiscence des hommes à leur égard : elles admettent que les hommes ont une sexualité par nature très forte qu'ils ne sont jamais assurés de contrôler totalement, tandis qu'elles-mêmes ont une sexualité naturellement faible (alors que biologiquement parlant, c'est l'inverse qui est vrai). La discrimination que représente le foulard, c'est une minimisation de la sexualité de la femme au profit de l'homme qui ne doit plus guère se remettre en question. Le foulard ce n'est pas pour lui et, si on suit la logique de protection du corps de la femme, le moyen le plus sûr serait encore la burqa. Entre la burqa, le voile et le foulard, il n'y a que des différences de degré, les valeurs qui les sous-tendent sont de même nature.

[¿] Admettre le foulard dans nos écoles, c'est faire comprendre aux élèves que les enseignants, et donc la société tout entière, approuve cette discrimination. Il va de soi qu'on ne peut l'accepter sans renier certaines valeurs démocratiques et citoyennes. Ce qui vaut d'ailleurs aussi pour la mini-jupe, à laquelle il est fait allusion dans l'article. Mini-jupe et foulard, deux extrêmes qui se touchent dans le rapport de l'homme au corps de la femme. Et que la femme ou la jeune fille choisisse librement de porter l'un ou l'autre, cela n'ôte rien à leur signification.

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Marc Peeters, in : le Journal du mardi, n°338, 06 novembre 2007

Voile à l'école, Belgique

[¿]

Le mercredi 30 mai dernier [2007], devant l'Athénée royal Andrée Thomas, à Forest, une commune de Bruxelles « multiculturelle ». Une manifestation d'élèves sème le trouble en période de révisions. [¿]

[¿]

ÿ l'origine de ce mécontentement de ces jeunes ce jour-là, une « rumeur » sur l'interdiction imminente du port du voile dès l'année académique suivante. C'est très vite que garçons et filles, mêlés, se sont organisés pour scander : « ni père, ni mari, le voile, on l'a choisi¿ ! ». Le slogan, crié à tue-tête, le poing tendu, est une réaction au slogan de la branche belge de l'association « Ni putes, ni soumises », qui dénonce le voile comme principal instrument de soumission de la femme musulmane. Une maman, voilée elle aussi, venue soutenir ses filles, ricane en jouant avec les clés de sa voiture : « Comme si on avait besoin d'être libérées¿ ! »

Des professeurs pour la neutralité et contre le voile

[¿] Marc Evrard, le préfet, invoque, le regard inquiet, fixé sur les jeunes, l'initiative du corps enseignant de procéder à un vote sur l'interdiction ou non du port du voile. « Plus de 60 % des professeurs se sont exprimés en faveur de l'interdiction de tenue ou symbole religieux ». Leurs arguments sont la neutralité de l'enseignement et leur volonté de ne pas encourager les ghettos. [¿]

[¿]

Karima est l'une des 130 jeunes filles, sur les 370 que compte l'établissement, à porter le voile. Elle fait signer une pétition. Avec une autre élève (non voilée), elle argumente. « On nous reproche parfois de faire du prosélytisme, mais c'est faux. On n'a pas le droit de juger quelqu'un qui ne porte pas le voile, car pour nous, c'est un choix personnel. En classe, il arrive que des professeurs s'habillent en minijupe, ce qui est très choquant pour nous, mais on ne dit rien. Nous sommes tolérantes à l'égard des tenues vestimentaires qui nous dérangent. Mais apparemment, l'inverse n'est pas vrai ! » [¿] « [¿] Si l'on m'interdit de le porter l'année prochaine, je ne m'imagine pas enlever mon voile. Ce serait comme me mettre à nu. Je n'aurais que la solution de partir. » [¿]

[¿]

Les garçons, aux côtés des jeunes filles, parlent surtout de « tradition » à respecter voire de bienséance. Abdel dénonce gentiment ses copains qui se frottent les mains à l'idée de découvrir la chevelure des filles. « C'est hchouma (la honte), quand même ?! ». Le sourire figé, il semble se demander si l'argument est sensé.

Un garçon à l'allure autoritaire intervient auprès d'un groupe de jeunes filles. « Mettez vous devant, et les garçons derrière, c'est vous que l'on doit entendre ! » Mais les filles lui prêtent une attention distraite, l'une d'elles harangue soudain un barbu habillé, à la Pakistanaise, d'un sarouel (pantalon) et qamis (chemise longue). « Ah non, pas question de récupération politique ! » On est effectivement à la veille des élections fédérales de juin 2007 et Abdulaziz Bastin, fils de Jean-François, converti à l'Islam, vient de sortir d'une camionnette de campagne du PJM (Parti des Jeunes Musulmans). « Nous sommes contre ces extrémistes, claironne Karima. Nous, on ne veut pas islamiser le pays ! On veut être des citoyens belges à part entière avec des droits et des devoirs. »

Paternalisme ou émancipation

Il semble que ce soient souvent les jeunes filles elles-mêmes qui se soient emparées du combat pour le voile comme d'un étendard, symbole de revendications multiples, y compris religieuses, bien sûr, mais aussi d'émancipation pour certaines. Ce constat est contraire au postulat de soumission à une figure masculine que mettent en avant certaines organisations féministes comme la créature médiatique, en Belgique, « Ni putes, ni soumises », dont le combat original en France était incontestablement pertinent dans ses banlieues, mais ne semble rien apporter de neuf au réseau féministe combatif et actif de longue date sur le terrain. En Belgique, cette association est surtout une plate-forme supplémentaire des dogmatiques de la laïcité. Une étude réalisée par Agnès d'Arripe, licenciée en communication de l'UCL (Université Catholique de Louvain) et journaliste à l'Agence Alter, le confirme : « Les élèves voilées ne sont pas toutes soumises. Leur diversité est aussi vaste que dans n'importe quel groupe habillé plus conventionnellement. La plupart des jeunes filles portent désormais le voile comme un étendard. Elles ont retourné les stigmates dont elles se sentaient victimes dans l'autre sens. Elles arborent fièrement le voile comme une identité à part entière. Leur revendication, de pouvoir le porter librement, est devenu une question de principe. Elles refusent aussi d'être réduites à une catégorie et ont prouvé qu'elles avaient les capacités et la force de se défendre seules sans que l'on vienne les délivrer de quelque joug que ce soit. » Quant à l'épineuse question de l'interdiction, pour Agnès d'Arripe, le risque principal est de fermer la porte de l'école au nez de certaines de ces jeunes filles.

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Malika Es-Saïdi, in : le Journal du mardi, n°337, 02 octobre 2007

Sexualité. Religion.

Le 17 novembre 2004, dans " le grand journal de Canal + ", Florian Zeller ¿ " prix interallié " en novembre 2004 pour son roman " La fascination du pire " ¿ dit que la frustration sexuelle est un ressort des rapports de force, de la violence¿ dans le monde. Il semble à l'écrivain que quelqu'un qui ne tolère pas qu'une femme ne porte pas le voile ne tolère pas ce qu'il y a derrière le voile, c'est-à-dire un corps, un potentiel de jouissance. Dans l'islamisme, il y a un problème posé par la jouissance de la femme.

http://www.journalvachefolle.net/article-510.html

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« Le voile est un symbole politique de soumission. »

[Nawal Al Saadawi] a beaucoup travaillé sur les racines du judaïsme, du christianisme et de l'islam. Dans ces religions, la femme est mal considérée. La différence, c'est qu'en Occident, la révolution industrielle a mis la femme au travail, la libérant du même coup du voile de l'oppression. La religion ne dirige plus la société, ni la politique. Rien de tel ne s'est passé pour l'islam. J'ai rencontré à Bruxelles de jeunes musulmanes voilées qui m'ont affirmé que leur voile, c'était leur identité, un défi. Je ne suis pas du même avis : le voile est un symbole politique de soumission. Le vrai défi, ce serait de travailler, hommes et femmes, à changer la société¿

Nawal Al Saadawi ; Véronique Kiesel ;

in : le Soir, 18 octobre 2005

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Entretien

« Les religions sont anti-femmes »

ÿcrivain et militante, la Bangladaise Taslima Nasreen se fait l'avocate de la laïcité. Pas seulement dans les pays musulmans

En 1994, Taslima Nasreen, 43 ans aujourd'hui, a dû laisser derrière elle son pays, le Bangladesh, sa famille et son métier de gynécologue pour échapper à une fatwa lancée contre elle par des fondamentalistes musulmans. Sa faute : avoir osé s'élever contre l'oppression des femmes.

Vous êtes venue à Paris pour défendre les droits des femmes dans le cadre de la Semaine mondiale de l'éducation. Mais votre première cible reste la religion¿

¿ Toutes les religions, sans exception, sont fondamentalement anti-femmes. Elles vont à l'encontre de la liberté et des droits des femmes, qu'elles oppriment, au même titre que la tradition, la culture, les coutumes et le système patriarcal. Je m'en prends particulièrement à l'islam parce qu'il s'oppose à la démocratie, aux droits de l'homme et à l'émancipation des femmes. Dans les pays musulmans, la situation est pire qu'ailleurs, faute de séparation claire de la religion et de l'ÿtat. La loi y est fondée sur la religion, ce qui est la source de tous les maux des femmes.

Pourtant, n'assiste-t-on pas à un retour en force des religions, aux Etats-Unis comme au Moyen-Orient ?

¿ Il est extrêmement alarmant de constater que certains ÿtats américains s'opposent à l'enseignement de la théorie de l'évolution et promeuvent le créationnisme. C'est un dangereux retour en arrière ! Là comme ailleurs, la religion est un outil et une arme entre les mains des dirigeants pour maintenir le peuple dans l'ignorance.

Quant au fondamentalisme contre lequel les Etats-Unis sont en guerre, il ne faut pas oublier que ce sont eux qui l'ont engendré et encouragé dans leur propre intérêt, à l'époque de la guerre froide ! Maintenant que l'Union soviétique est morte, ils essaient de combattre l'islamisme et d'imposer la démocratie et les droits de l'homme à coups de bombes. Ils font fausse route. C'est le contraire qui se produit : des musulmans modérés versent dans l'extrémisme. Pour progresser, la démocratie et les droits de l'homme doivent s'appuyer sur des mouvements laïques internes aux pays musulmans.

L'émancipation des femmes est-elle possible dans le cadre d'un ÿtat islamique ?

¿ Non, je ne le pense pas, contrairement à Shirin Ebadi [avocate iranienne, Prix Nobel de la paix 2003]. Le Coran dit clairement que les hommes sont supérieurs et les femmes inférieures. On ne peut pas donner une interprétation positive de pareilles affirmations !

Pour être libres, les musulmanes n'ont d'autre choix que de s'affranchir de la religion et du système patriarcal. Une société fondée sur l'égalité et la justice passe par la séparation claire de la religion et de l'ÿtat. L'éducation, l'ÿtat et le système politique doivent être laïques. La religion est une affaire de croyance individuelle et de liberté personnelle.

Propos de Taslima Nasreen, recueillis par Anne Vidalie ;

in : le Vif/l'Express, 17/06/2005


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