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Le son des choses

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Tout nu

Une fois n’est pas coutume, c’est pour moi cette fois, que j’ai décidé d’écrire. Sans masque, sans fiction, sans paraboles ni interface si ce n’est celle de ce cher Loopy. Ces temps-ci je suis fatigué. Peu de choses me réjouissent et les sujets de conversation d’ici-bas ne m’inspirent guère plus que la feuille blanche devant moi. Les mots ne me viennent pas, ou alors dans le désordre. Quand je range, c’est trop rangé, quand je les laisse, c’est incompréhensible. Tout me semble lointain. Tant pis, je jette. Nous verrons si du sens en ressort. J’ai le sentiment d’être hors de mon corps, de flotter au-dessus de mon esprit sans ressentir la moindre empathie. Chronique d’un jeune cadre perdu dans la forêt urbaine où il ne fait pas bon bouder les « afterwork » et autres « teambuilding » consensuels pour lesquels on s’acharne à trouver des noms plus ridicules les uns que les autres. On monte chez moi par un de ces escaliers qui vous font penser que le Syndic vous coute trop cher, mais j’ai un faible pour le charme de cette insalubrité qui me renvoie une image de rustique. Je dois calmer les ardeurs de mes conquêtes, à peine la porte poussée, faute de quoi je suis assuré de trouver au matin un mot dans ma boite aux lettres. Sur la porte de l’appartement, pas de signe, pas de nom sur la sonnette. Je n’ai pas souvenir de l’avoir entendue sonner d’ailleurs, on préfère frapper ou appeler au téléphone. La porte sans poignée ouvre sur une petite entrée ou pendent les manteaux et écharpes en hivers, aux pieds desquels quelques paires de chaussures. Passée cette entrée, ce n’est pas bien grand. Le minimum pour quelqu’un de ma condition. Une chambre, un salon et un bureau en enfilade. Les toilettes et la salle de bain, bien sûr séparés, bien sûr une baignoire. Je ne m’en sers jamais, et n’ai encore jamais réussi à me laver tout en chiant… Au sol quelques tomettes, et du faux parquet. Les murs sont blancs, maculés. Je n’y ai accroché que quelques imageries diverses et bon marchés, je ne suis pas amateur d’art, je n’y connais rien. Le salon est sur la gauche. Une pièce rectangulaire de bonne taille pour un homme seul quoiqu’un peu petit pour recevoir. Deux fenêtres dont une porte fenêtre donnant sur un petit balcon. Il y a peu de meubles. Rien ne me fait plus horreur que de manquer d’espace quand il fait noir ou que je suis bourré. Une table chinée, un buffet en bois massif que j’ai pris le temps de retaper, ça m’a occupé mais a brisé le dos de quelques amis. Les suspensions de mon ancienne voiture doivent également s’en souvenir. J’y range un bazar incroyable. Dessus, il y a mon ampli. Toujours en marche. J’ai une trouille bleue du vide acoustique et bien que n’étant ni un fin mélomane si un musicologue averti, je me laisse porter par tout type de sons sans en connaitre ni l’origine ni le nom. J’ai installé la télé directement au mur, un canapé-lit plus destiné à mes paresses nocturnes qu’à des invités lui fait face séparée d’elle par une table basse, classique, je manque décidément d’imagination dans mon intérieur. En hivers, j’y mets un tapis au sol. Dans un coin, il y a mon Piano.   Le salon donne sur un petit balcon. Petite chaise, petite table, grand cendar, toujours plein. De chez moi, je ne vois ni la mer ni la montagne. Seulement la rue et l’immeuble d’en face. Ses habitants sont discrets, ce n’est pas un quartier très vivant. Il convient finalement plutôt bien à mon état intérieur. Je n’ai aucun gout des couleurs, tout est noir, ou blanc, ou gris, ou ne s’accorde pas du tout avec le reste. Bref, Marseille dehors, Marseille dedans. Je sens bien que ça ne va pas, mais à quoi bon changer, ça ne sera guère mieux. Je n’ai pas bibliothèque au salon. Peu de livres me divertissent, les ouvrages qui m’occupent trouvent leur place au bureau, ils me servent à travailler. Quoique de moins en moins, internet aura eu raison d’eux à la fin. Je n’en conserve que quelques-uns qui ont une valeur sentimentale ou bien réelle. J’ai 3 PC. Un fixe, 2 portables, dont un ancien qui ne me sert plus guère que de dessous de plat pour la seule plante que j’ai. Je l’avais acheté pour faire joli il y a 2 semaines car je savais que la fille qui venait ce soir-là aimait plantes. Manque de peau, celle-ci ne lui a pas fait plus d’effet que moi, je finissais la soirée seul. Tout parait en ordre de prime abord, mais je ne suis pas un maniaque du rangement. Je suis même assez bordélique. Toutefois mon bordel est localisé et contenu. Aucun de mes vêtements n’est plié, sauf mes chemises et mes vestes, tout est en boule dans l’armoire de la chambre. Mon bureau est un véritable écosystème à lui tout seul, je ne trouve que rarement le courage de tout ranger, tout trier. C’est souvent la destination finale des papiers qui trainent et des gadgets en tout genre dont je ne sais pas ou plus quoi faire. Mon immeuble est tranquille. Je sais que mes voisins me dépanneront sans hésiter et ma porte leur sera également ouverte. Tout le monde va bien, personne ne manquant de rien, on connait seulement nos prénoms, nous nous saluons, sans plus et cela convient à tout le monde. Je suis quelqu’un de très lunatique, j’en ai conscience. Je fonctionne par phase. J’ai la chance de gagner suffisamment bien ma vie pour me priver de peu de choses et ai les moyens de me faire des amis dans les bars (ou plutôt les grottes) où je traine quand je sors. Quand je sors, ce sont mes phases sociables. Souvent, je prends rendez-vous avec un groupe d’amis. On fait la tournée des bars, ou un concert, ou on va dans ces « boites » qui hurlent des sons distordus. Je m’amuse et quand je rentre, je suis heureux, parfois je ne suis pas seul. Je me laisse bousculer volontiers par les autres sans moyens efficace de les congédier. Ces quelques amis sont rarement de vieux amis, ils vont et viennent dans ma vie, comme les femmes que je rencontre au grès de ces sorties ou sur des sites dédiés.   Je n’aime pas trop ces filles des sites de rencontre. Ca fait l’affaire de temps en temps, il faut bien que le corps se défoule un peu, il faut bien se croire encore beau mais je n’aime pas trop le sexe. Je ne suis tactile ni physiquement, ni psychologiquement. Je savais depuis longtemps que les caresses du corps me faisaient qu’un effet trop éphémère, mais j’ai mis du temps à le comprendre, encore plus à l’admettre... Je pensais trouver dans l’esprit des plaisirs plus durables et la séduction par les mots, sur ces sites me plaisait dans le principe. Il n’en fut rien. Tout nous ramène à la chair et au besoin naturel de deux humains qui se croisent. En réalité, ce que j’aime, c’est la tension, la sensible, la frustration qui précède le moment où tout est déjà joué. Ces moments où on prend le risque d’un baiser volé, d’un mot plus intime, d’un geste, d’une phrase, d’un message. L’angoisse dans l’attente de la réaction, du retour. Ce moment où on se lance dans l’inconnu. C’est ce désir entretenu qui me fait vibrer. La suite, n’est que son assouvissement et s’évanoui si vite qu’il faut tout refaire. Alors on parle, clope au bec, nu dans un lit, avant de s’endormir à deux, exalté et en apparence satisfaits. Mais le lendemain, ne reste que les ruines d’un monde à peine construit, à peine détruit, dans les vapeurs d’alcool bon marché et de tabac froid à quelques cheveux sombres que j’ai aimé une seconde et que j’oublie quand il me faut faire l’effort de changer les draps.  On tente d’entretenir une flamme. On se revoit, parfois, j’écris de temps en temps. Elles trouvent ça ringard, mais me disent que c’est mignon. C’est étrange une fille. Les garçons aussi. Je m’y suis essayé une fois, sans plus de succès et me suis convaincu que ce n’était pas pour moi. J’ai bien eu une relation plus longue il y a quelque temps maintenant. Je ne saurai lui en vouloir d’avoir finalement conclu cette page, elle à qui revient tous le mérite des moments qui l’ont remplie. Je ne suis pas certain de l’avoir vraiment aimée. Je serai toutefois malhonnête si je disais que cela ne me rend pas malheureux. J’ai essayé de la récupérer. Mes efforts furent vains, il est trop tard, la page est tournée. Pourtant j’ai aimé et j’aime encore, impossiblement, mais d’une force incroyable. Le temps a dilué ce souvenir encore plus ancien mais reste la trace, encore, comme reste la trace de l’océan dans le désert. Un souvenir qui me viole dès que le silence s’impose, entre deux morceaux, entre deux mots, entre deux jours, entre deux nuits. Ces démons sont coriaces et j’ai renoncé à les combattre. Je leur ai offert un bail illimité qui me coute moins que les murs qu’il aurait fallu construire pour m’en protéger. J’ai tout de même bâti des murs, mais pour les garder au-dedans, sans les laisser sortir. Mon cœur n’a pourtant rien d’un désert. J’aime encore me mettre au balcon, voir passer les gens. Imaginer leur vie, leur histoire, ce qu’ils font, où ils vont, quand ils reviendront, s’ils reviennent. J’aime regarder les jolies filles qui passent, me dire que si elles ne voient guère, c’est parce qu’elles sont timides, et rêver un instant quand nos regards se croisent. J’aime aller au hasard des rues voler des images qui ne me serviront à rien d’autre qu’à les décrire dans ma tête, comme faire l’amour à la beauté du monde.   Puis il y a les phases plus sombres où rien ne dérange la monotonie des heures qui passent. Tous ceux qui m’entourent sont silencieux. Coutumiers de mes humeurs et de ma nonchalance devant l’effort, ils ne m’approchent plus guère que quand aucun autre choix ne leur est offert. Je serai mal avisé de m’en plaindre, moi qui ai mis tant d’ardeur à ce que ce fut le cas. Je reste seul, comme un enfant qui boude. Je mets de la musique, un porno, un piano, une guitare, une réflexion, une idée, tout et n’importe quoi tant que sa présence n’occupe guère plus qu’une portion de moi-même que je peux congédier à l’envie, à l’humeur. Je pourrais encore raconter tant de choses. Ce métier qui ne me plait plus trop, le monde affligeant dans lequel nous vivons, ces combats que j’aime porter, le féminisme, la solidarité, la tolérance, la diversité, le respect, l’écoute, la créativité, la générosité… Mais ça fait un moment que j’écris maintenant, depuis le milieu de la nuit, et la paresse est venue me rendre visite. Pour le reste, dans ces moments, je ne sors plus. Je préfère la compagnie électronique des pseudonymes facile à ignorer. Je passe par ici, pose une prose, m’exprime sur des sujets qui me sortent un peu de l’ordinaire quotidien et lis un peu les mots de celles et ceux qui me touchent, à mon rythme, à ma manière. J’écris beaucoup et jette ici quelques morceaux en pâture à qui veut les dévorer, des lambeaux de moi tout nu. L_

Loopy

Loopy

 

Very Bad Trip

La scène se passe dans une rame de métro. Madame Q est debout, dos à la scène, face à la porte de la rame. Derrière elle se tient Monsieur P, de profil, regardant vers le sol.  A 3 pas de là, Monsieur V jette des coup d'oeil discret. Plus loin, un contrôleur approche en s'arrêtant à chacun des figurants.  Madame Q : (se retournant)
                    Eh bien je vous en prie ! prenez vos aises !  Monsieur P :                                                    Pardon ?  
        
Madame Q : Ne faites pas l’innocent, vous êtes démasqué.
                  Il suffit ! allez-vous oser nier ? 
    
Monsieur P    :                                          Voyons, 
                     Madame, je ne sais pas de quoi vous me parlez Madame Q : Je vous parle de vos mains, qui se promènent, monsieur
                  Comme de braves gens promèneraient au ciel bleu
                  Dans des campagnes aux alentours de mon derrière
                   Si celui-ci en avait les champêtres airs. Monsieur P  : Mais…  Madame Q :  Il suffit vous dis-je ! Arrêtez, ou je crie ! Monsieur P    : Vous criez déjà ! Et mes mains sont occupées
                   L’une dans ma poche, l’autre à m’éviter de tomber Madame Q : Ah ? Monsieur P    :    Mais oui ! Madame Q :                  Dites alors
       
Monsieur P    :                             Quoi ? 
    
Madame Q :                                           Là, votre main
                   Que fait-elle donc dans cette poche… Des va et viens ?  Monsieur P    : Mais …  Madame Q :              Cessez cela, sale pervers, c’est dégueulasse,  Monsieur P    : Oh ! Madame Q :      Je vous dénonce, inutile de resister, 
                    C’est décidé. En attendant, changez de place.
                   Ah ! Voila justement un contrôleur.
                                      (lui faisant signe)     Monsieur ?
    
Monsieur P    : Qu'est ce que ...  Le contrôleur : (se dirigeant vers la scène)
                                      Madame ? Qu'y a-t-il ?
        
Madame Q :                                           Il y a, Monsieur
                    Que certains passagers ne savent bien se tenir
                     Et je souhaite me plaindre de ce que je les subit Monsieur P    : Je m'insurge ! Le contrôleur :                    Ola, Attendez, que voulez vous dire ? Monsieur P    : C'est un...     Madame Q :                   Je veux dire que le pervers que voici
    
Monsieur P    : Scandaleux... ! Madame Q :                           S'ammuse à me tripoter les fesses !  Le contrôleur : (se tournant vers Monsieur P, l'air menançant) 
                     Oh !  Monsieur P    :         Ne croyez pas cette folle, je n'ai rien fait ! Le contrôleur : Madame ment alors ? Madame Q :                                 Non ! C'est un pervers ! ... Qu'est ce ? 
                    Il tremble comme une feuille, salaud, il se sait pris ! Monsieur P    : C'est de colère, petite folle, que ma moustache frétille !
                   Vous m'accusez car croyez avoir senti ...  Madame Q :  "Croyez" ? Il me tripopte, au moins depuis bastille ! Le contrôleur : Arrêtez, stop. Quelqu'un a-t-il vu quelque chose ? Monsieur V  : Moi, j'ai bien vu une main sur un cul, ou l'inverse
                  C'est de cela que nous discutons je suppose ? Le contrôleur : Ah! (se tournant vers Monsieur P)
                            Il semble que monsieur se permet des largesses ! 
      
Monsieur P    : Quoi donc ? Il ment ! il est de mèche avec cette timbrée !  Madame Q : Non !  Le contrôleur : (se retournant à nouveau vers Monsieur V)
                            Allons, dites moi tout, n'omettez rien ! 
      
Monsieur V  : Eh bien, à cette première loge j'ai contemplé,
                   Dès lors que Madame me l'a sans dire proposé
                    La beauté des atours dont les femmes ont le secret Madame Q : Quoi ? Je n'ai rien proposé ! mais ou suis je tombée ? Le contrôleur : Madame, une chose à la fois je vous prie ! Madame Q :                                                                Mais... Le contrôleur : Laissez pour le moment. Monsieur, allez au fait ! Monsieur V  : Oui, je matais. Et donc ?  Le contrôleur :                                 Au fait, vous dis je  Monsieur P   :   Ah mais... Le contrôleur :                Vous, ne la ramenez pas ! Monsieur, dépéchez ! Monsieur V  : Oui, dans ma trans je fus troublé par une rature
                   Sur ce tableau jusque là parfait. Une main.
                   Une main, c'est ainsi que l'a voulu mère nature
                   n'est à rien d'autre plus semblable qu'à une tierce main
                  Aussi ne suis-je pas en mesure, maintenant
                   De dire si elle était à tel ou tel châlant. 
    
Monsieur P       : Puis-je vous aider en vous la mettant dans la figure ? Monsieur V  : Quelle bonté ! Mais je gouterai plus volontier 
                    De votre main ses dernières avantures  Madame Q :                                   Et puis quoi ?                      (se tournant vers le contrôleur)
                   Combient encore dois je endurer ?
                    Vous restez planté ? Vous n'allez donc rien faire ? 
          
Le contrôleur : Je ne peux punir ce que je ne peux prouver
                      Je me demande bien maintenant qui faire taire
                      De votre agresseur ou de votre témoin
    
Monsieur P       : Je suis innocent, lui, avoue être un voyeurs
                        Faut il donc, pour tout, vous tenir la main ? 
    
Le contrôleur : Venir me parler de main serait une erreur ! Madame Q : L'erreur, c'est vous, c'est vous tous autant que vous êtes,
                  Voyeurs, lâches, Vous ne valez quère mieux que des bêtes 
                  Ce que vous ne savez prouver, je dois le subir
                  Sans plainte, sans dire, et bientôt même en jouir ?
                 Et vous croyez peut être, que parce qu'elles sont en vers
                 Vos faiblesses resteront pardonnées et impunies ? Monsieur P       : Mais diable, je n'ai rien fait ! Le contrôleur :                                   Que puis je ?  Monsieur V  :                                                      Une main, à qui ?
                      Un cul, le votre ! 
    
Madame Q :                              Ah ? le mien ? je vous remercie,
                       Et il vous est défendu à jamais de croire
                        Qu'il puisse un jour vous être accordé de le voir.
                        Et vous autres là, qui faites semblant, cafards
                      Que vous êtes et resterez, Allez au diables, je pars.
                      C'est ici que je descend
    
Le contrôleur :       Madame, attendez ! Monsieur P       : Bon débaras... Folle dingue Monsieur V  :                                           Quel cul quand même... Monsieur P       : Vous, sale con, dire que vous n'etes pas inquité ? Monsieur V  : Et pourquoi donc ? Avoir contemplé ce que j'aime ?
                   Niez pas l'évidence, dites ce que vous faisiez
                    Ce n'est qu'avec les yeux, moi, que je l'ai touchée
    
Monsieur P       : Si je l'ai effleurée, ce n'était pas volontaire
                        C'est à peine si j'osais.... Monsieur V  :                     effleurer ?! la belle affaire
                        Comme le forgerons lui aussi effleure le fer ? Monsieur P  :    Mais à la fin il m'ennuie... Admettons que j'ai
                      Une seconde, cédé à une faiblesse passagère
                       pour un instant de plaisir subtile et léger Monsieur V  : Alors ma foi, vous méritiez une punition !  Monsieur P  :    Oh, Pas plus que vous, ce n'était rien de méchant
                        La belle aurait même pu aimer cette attention
    
Monsieur V  : Peut être bien, mais là, dans notre position
    J'arreterai sur le champs de parler encore
    De ce cul qui nous causerait bien du tort
    Si de tout ce train nous devenions la risée ------------------------------------------------------------------ Le contrôleur : Madame, pardon, je suis confus, je ne savais... Madame Q : Vous saviez, et vous n'avez rien fait. Partez. Le contrôleur : Je peux encore...  Madame Q :                               Il est trop tard, le mal est fait Le contrôleur : Mais ...  Madame Q :   Laissez moi. Je ne veux plus que le silence
    Vous n'avez donc pas de ticket à contrôler ?
    Allez traquer et destribuer vos sentences
    (sortant un ticket de sa poche)
    Tenez, là, déjà le mien, faut-il le prouver ?     
Le contrôleur :  Permettez au moins que je présente des excuses ! Madame Q : Pourquoi donc ? N'avoir pas su tenir votre rôle 
    Quand pourtant devant vous, un homme que tout accuse
    Se joue de vous comme il se jouerait d'un drôle
    D'excuse vous n'en avez guère, aucune d'entre elles,
    Non, aucune, Ne saurait vous rendre moins complice
    D'avoir laisser, sans autre forme de querelle
    Ces bêtes, sur moi et d'autres, assouvir leur vice
    Que croyez vous faire à me suivre ? Me défendre ? 
    Si d'aventure d'autres malheurs m'arrivaient
    Mon bon monsieur, de vous je ne saurais dépendre.
    Alors prenez vos excuses inutiles et partez.
     (elle part, il reste) Le contrôleur : Si j'avais su que c'est ainsi que ma journée
Trouverait sa fin, j'aurais peut être ce matin
Eu moins d'entrein à fuir la nuit pour travailler 
Ah on ne m'y reprendra pas, c'est certain.      
[To Be Continued... Ou pas... je sais pas, on verra... ]

Loopy

Loopy

 

Le Vélo

Il pleut. Il n'y a rien de plus con comme décors que la pluie… C’est con, c’est cliché et c’est humide. J’ai passé  10 minutes à allumer chacune des clopes que j’ai fumées. Franchement, ça ne devait pas être simple pour Cro-Magnon de s’allumer le barbecue avec deux pauvres silex quand il faisait ce temps-là. C’est encore pire de se dire qu’on est capable d’envoyer des trucs en orbite autour d’autres truc en orbite, mais qu’on n’est pas foutu de trouver un moyen pour allumer sa clope sous la pluie. Peut-être devrais-je rentrer au foyer avant le couvre-feu. J’ai déjà fini mon paquet. J’ai la nausée. Je ne suis pas certaine que c’est d’avoir trop fumé. Je tremble. Je ne suis pas certaine que c’est à cause du froid. Au fond de ma poche, ma main droite joue machinalement avec ton petit cadeau. Comment réagiras-tu ? Est- ce que je te reconnaitrais ? Oh ça oui… Je n’ai pas oublié ton parfum, ta démarche, ton allure. Je vais attendre. L’envie de vomir ne passe pas. Ce n’est pas franchement sexy comme état. Les draps de ma portent encore une profonde trace de ton passage. Ce fut certes bref, avant qu’on ne nous éloigne, mais intense. Je n’avais pas bien compris alors, mais le temps a passé et j’ai mûri. Je me demande ce que tu diras. Te souviens-tu vraiment ? As-tu des regrets ? Moi oui. J’aurais voulu te retrouver plus tôt. M’as-tu aussi cherchée ? Quand je t’ai appelé, tu m’as semblé ailleurs. Comme si tes souvenirs peinaient à remonter. Pourtant tu m’as assurée que tu viendrais. Je ne devrais pas attendre… On m’a dit de ne pas le faire, que rien de bien n’en sortirait. On m’a prévenue que tu as changé, mais je suis convaincue qu’au fond, tu es toujours le même, que tu me verras et te souviendras de tout. Quand nous courions dans les parcs, quand tu me rejoignais au lit, quand tu me disais de ne pas m’en faire, que tu seras toujours là et que tu veillais sur moi…Je ne dois pas me laisser submerger. Et si j’étais déçue ? Je veux savoir. Je devrais faire demi-tour. Trop tard, te voilà. Je serre mon cadeau, avance d’un pas. Non, non. Celui-ci est trop grand et trop pressé. Mais l’autre derrière, lui, semble chercher quelque chose. Est-ce toi cette fois ? Peut-être. Le pas semble plus hésitant, plus laborieux que le tien. L’âge peut être. Il n’arrange rien, pour moi non plus. C’est toi, j’en suis sûre. Tu ne m’as pas vue. Ou alors ne m’as-tu pas reconnue ? J’avance.  Ma main se crispe dans ma poche. Je ne sais pas si je vais te parler d’abord, ou te l’offrir. J’avance. Je suis certaine que tu comprendras sans un mot, d’un seul regard. Ce regard que tu portes sur moi à l’instant. Oui, c’est toi. Tes yeux interrogent ta mémoire, ils se demandent si c’est bien moi.  J’avance. Ce regard. Tu avais le même quand nous courions dans le parc. J’avance.  Quand j’essayais de fuir tes coups. J’avance. Quand tu me rejoignais au lit. J’avance. J’avais peur. Je m’arrête. J’ai encore peur. Tu me disais que tu serais toujours là, je voulais que tu te trompes… J’avais mal, j’ai mal, je sors la main de ma poche. Tu tends les mains, entre surprise et panique. Je vois maintenant dans ton regard le miroir de mes angoisses. Alors c’était cela qui te faisait bander ? Je ne tremble plus, presse la détente, le coup part. Tu t’écroules. Un cri a retenti derrière moi. Depuis que je rêvais de ce moment je pensais que ma colère s’évanouirait en pressant la gâchette. Il n’en n’est rien, alors j’essaie encore et encore. J’ai entendu ton hurlement se fondre dans l’écho des coups de feu. Je sens l’agitation autour de moi. Ça pue la poudre, la folie et la panique autour. Ma main vibre encore, mon poignet me fait mal, mes oreilles sifflent, je n’entends plus rien. Sous la pression de mon index, l’arme ne fait maintenant qu’un cliquetis inoffensif. C’était si simple. Je m’approche. Je veux être certaine. Sur le trottoir, le sang se mêle à la pluie qui file dans le caniveau. Les goutes sur ton manteau font vibrer ta silhouette. Tu parais presque encore en vie. Tu sembles jeune. Tu es trop jeune. Ce n’est pas toi. Une sirène retentie. Elle est toute proche. C’est trop tard. J’ai échoué. Comme toujours Papa, tu auras tout gâché, ma vie comme ta mort… --- Il pleut. Je ne sais pas pourquoi Maman m’a amenée ici. J’ai froid et je suis mouillée. Moi j’avais envie de faire du vélo ce matin, mais Maman m’a donnée une fleur et m’a dit d’aller la poser sur le trottoir. Alors je me suis approchée et j’ai fait ce que Maman m’a demandé. Les grands demandent parfois des choses bizarres, et il faut faire comme si c’était normal, parce que sinon ils sont tristes ou fâchés. Papa n’est pas là. Maman m’a dit qu’il était parti au ciel, mais je ne l’ai pas vu quand j’ai regardé par la fenêtre. Maman était triste alors j’ai fait comme si c’était normal. J’ai fait un dessin avec Papa et Maman et Mamy et la Maison, mais Maman était encore triste. Je me demande si c’est normal. Moi aussi je suis triste, un peu. Mamy est rentrée avec nous à la maison. Quand on est à la maison, Papa est toujours là après le Dodo et on joue tous les deux. Quand il pleut on fait des légos ou des puzzles, même si j’ai envie de du vélo. Mais ça fait plein de Dodo maintenant, et Papa n’est toujours pas là. J’ai peur. Peut-être qu’on peut prendre la voiture et aller au Ciel ? Je suis sûre que Maman dira oui. Je vais préparer mes affaires. Je prends Doudou. C’est obligé. Puis je vais prendre aussi un pyjama, des livres pour lire des histoires. Les légos. Pas tous, seulement lui, là, et le jaune, là-bas. J’irai demander à Maman de mettre le vélo dans le coffre. Il va être content Papa quand je vais lui dire que j’ai préparé mes affaires toute seule !   ----   La pluie s’est arrêtée. Tant qu’elle tombait, j’avais une bonne excuse, mais maintenant, je n’ai plus le choix, je dois monter sur ce vélo ou laisser filer Paul avec la grognasse qui essaye de le brancher - genre je n’existe pas -  et je ne lui ferais pas ce plaisir, à la grognasse. On m’a dit que j’avais su faire du vélo quand j’étais petite. Il parait que j’en faisais avec mon père dans la rue. Je ne m’en souviens pas. Tout ce que je sais, c’est que mon père a été tué par une folle dans la rue un jour. Elle est sortie de son truc pour tarés et bien que Maman a tout fait pour qu’elle aille en prison, elle s’est évanouie dans la Nature. Maman ne s’en est jamais remise. Moi je ne sais pas trop. J’ai vu un type pendant longtemps et je devais lui raconter comment j’allais, ce que je faisais à l’école et tout. Maman insistait beaucoup pour que j’y aille, mais depuis que j’ai 15ans, elle m’a lâché la grappe. Alors je n’y suis plus allée. J’ai pas mal pensé à mon père ces derniers temps parce que mamy-folle-dingue n’arrête pas d’en parler. Tout le monde me dit qu’il était chanmé le daron. Moi je ne sais pas. J’aurais bien aimé savoir, au fond, mais je fais comme si c’était cool. En plus les mecs ça les fait graves kiffer mon histoire. Ils se la jouent genre protecteur, grands chevaliers, et tout… Je crois que ça leur plait. J’en profite. Sauf quand ça tourne en pitié. C’est pourri la pitié. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit oui à une ballade en vélo. Je sais juste que Paul est beau-gosse, qu’il joue de la gratte et qu’il écrit des textes de slam super sensibles. Il m’en a même écrit un à moi. Ca ne parlait pas de mon père. Et ça valait bien que je sorte avec lui au moins 2 semaines. Ça fait 3 mois. Putain on est un vieux couple. On n’a pas encore couché, mais genre on se tient la main dans la rue et tout. Sauf qu’il y a la grognasse. Sa pote. Je suis obligée faire la niaise avec elle parce qu’il l’aime bien. J’ai peur qu’il l’aime un peu trop. Je suis sûre qu’elle aussi l’aime un peu trop. Hors de question de laisser ces deux-là ensembles. Paul c’est mon mec, et la grognasse n’y touche pas. Point barre. Ca y est… Elle fait sa belle sur son vélo. Putain de fille à papa pourrie gâtée. Nous on est en vélib, alors qu’elle se pavane sur sa bécane toute neuve. C’est bon grognasse arrête de faire ta bombasse là… J’enfourche la bête. Merde, c’est haut quand même, je touche à peine les pédales… C’est sensé tenir debout ce machin ? Faut faire quoi ? Ca ne tient pas ! … Et voila… je suis tombée comme une loque. La grognasse se fout de ma gueule. J’ai eu un flash. Je crois que je me suis rappelée mon père. En tout cas, je me souviens qu’une fois j’étais tombée. J’ai eu mal. Mais après Papa m’a fait un câlin et un bisou. Paul cours vers moi. Il me prend dans ses bras. …je me sens bien…. J’en profite un peu. Je le serre fort contre moi. Il m’embrasse, l’air de rien. Je le laisse faire. La grognasse ne sourit plus. Bien fait. --- Alors c’est ici. Je vais laisser le vélo contre le mur. Les gens vont me prendre pour une folle à rester là sur le trottoir, en plein cagnard. Tant pis, je ne suis plus à ça près. Depuis que Paul a insisté pour que je retourne chez le psy, après la mort de mamy-folle-dingue – si t’es là-haut aussi, mamy, le prend pas mal, mais t’étais quand même mal câblée  -  j’ai eu pleins de flash. Je me suis même rappelée de la voix de mon père et je crois que ça m’a fait remonter plein de sentiments en vrac, en même temps. C’est encore un peu confus. Je suis devenue ingérables, je n’arrête pas de rire et de pleurer pour rien. Le pauvre Paul est perdu. Faut dire que la grossesse n’aide pas. C’est le psy qui m’a conseillée de venir ici. Il m’a dit c’était un peu comme le dernier endroit que j’avais en commun avec mon père. Il m’a dit qu’il était tant que j’ai une discussion avec moi-même à cet endroit et que si je voulais, je pourrais peut être même avoir une petite conversation avec toi. Je ne crois pas trop à ces trucs, mais je suis allé voir maman à la maison de vieux et la fille qui s’occupe d’elle – Christine je crois - m’a dit qu’elle se laissait dépérir depuis qu’elle ne pouvait plus aller au cimetière. Pas certain qu’elle a compris que j’étais enceinte. Hors de question que je finisse comme ça. Tout va bien avec Paul, on a des bons taffs et je suis sûre que la petite sera heureuse. Le gynéco n’est pas encore sûr, mais moi je le sens, c’est une fille… A chaque fois que je bouffe du chocolat, c’est soirée disco dans mon utérus. Tu penses que tu lui aurais appris à faire du vélo ? … Tu penses que je n’ai pas l’air d’une conne à tailler la bavette avec un trottoir ?... Après tout pourquoi pas. Si tu veux savoir, Paul est un type bien. On est avocat tous les deux. Son truc à lui, c’est les petites frappes. Il aime bien défendre les jeunes de quartiers qui se sont fait choppés en train de dealer 3 pauv’ barettes de shit derrière la tour de leur cité. Il dit qu’il se sent utile, je n’ai pas encore vraiment compris à quoi. Il voudrait l’appeler Bérénice. Du coup au passage, je sais pas trop si ça se fait, mais si tu croises le grand manitou là-haut, ça m’arrangerai s’il pouvait envoyer une sorte de révélation à Paul pour le faire changer d’avis. Genre je ne sais pas, lui faire voire la vierge… Marie ça me va mieux comme prénom. Moi, mon truc, c’est les affaires familiales. Les divorces, tout ça. J’ai appris à pardonner. A l’évidence je ne tiens pas ça de Maman… J’ai aussi retrouvé la fille qui t’avait vidé un chargeur dessus. Enfin, retrouvée… J’ai juste retrouvé sa trace. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai fait ça. Peut-être parce que je cherchais des réponses. J’y ai trouvé beaucoup de tristesse et pas que la mienne. J’aurais peut-être due venir te voir ici, c’est plus apaisant. En plus il fait bon. Quand j’ai quitté la maison, Maman n’est pas restée longtemps. Elle ne voulait pas être toute seule. Alors on a vidé la maison et elle a déménagé dans un petit appartement d’étudiant pas loin de chez moi. Elle est en maison de retraite maintenant. C’est ironique la vie, tu finis comme tu commences : tu quittes ta grande maison pour aller dans un appart en loc’, puis tu finis chez des sortes de nouveaux parents. Tout l’inverse du début… Finalement tu vois, t’as pas raté grand-chose du film... Une part de mon innocence s’est certainement envolée avec toi, mais pas complètement je crois. En rangeant les affaires de Maman, j’ai retrouvé une petite pochette plastique pleine de gribouillages. Je me suis souvenu de ces dessins, je les avais fait pour toi et je disais que je voulais te les apporter au ciel – tu m’étonnes que Maman voulait que j’aille voir un psy… Maman me répondait alors de les laisser au père noël, c’est drôle, je m’en souviens bien, tous les ans ce petit rituel. Elle me disait qu’il se chargerait de te les apporter. Au début il y avait beaucoup de dessin, puis de moins en moins. Finalement, vers 7-8 ans je pense, je n’en n’ai plus fait 1 par an. Bon, à 25ans, j’étais passé au-dessus de la déception d’apprendre que le père noël ne l’avait pas fait, mais je me suis dit qu’après tout, je pouvais bien te les donner moi-même. Alors je te les laisse, juste là. T’es pas obligé de les encadrer rassures toi. Le dernier, je l’ai fait hier. Je ne dessine pas beaucoup mieux tu verras, mais c’est quand même moins brouillon. Au sujet du vélo, je ne pourrais bientôt plus en faire pendant un bout de temps… Les joies de la grossesse et pire peut être, celles de l’accouchement. Mais j’y remontrais, promis. Quand ta petite fille apprendra, qu’elle tombera, j’essaierai de faire comme dans mes souvenirs. Tu vois, quelque part, il y a toujours un petit quelque chose de toi dans tout ça.  … Voilà Papa. Je ne pensais pas que ce serait si dur… c’est le moment de te dire adieu. Je ne repasserai plus par ici de sitôt. Tu n’es plus là, tu ne l’as pas été. Je ne t’en veux pas. J’ai trouvé d’autres bras, d’autres mains tendues, et aujourd’hui, je vais bien. Il avait raison le psy. Je ferais bien de l’écouter plus souvent. Peut être que je te repasserai un petit coup de fil un de ces 4 si je tombe. J’espère que toi aussi, tu as un vélo au-dessus des nuages.

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De l'Eau

(Dédicace à Zera qui voulu un jour m'empoisonner avec un verre d'eau ) ---------------------------------------- De l'eau ? De l'eau ??? !!! :bad: Point d'eau par tous les Dieux ! Hérétique ! Jamais en ce lieu On ne trouvera pretexte à rouiller !! Quoi ? Vous voila me menacer D'étendre au sol toute votre longueur, Si, même à contre coeur Je ne consens à vous donner De ce brevage maléfique ? ... Fanfreluche ! Malheureuse, cachez donc cette cruche Que je ne saurais voir avant que les Dieux Ne viennent reprendre en leur cieux Les bouteilles qu'avinés, Contre une promesse ils m'ont échangées ! Aaaah sorcière, à l'abstinence Vous vouliez nous soumettre, Sans avoir peut être De cette boisson toute la science ? Pour votre gouverne sachez Qu'elle a même le pouvoir de diluer Et furtivement de nous mener D'ivresse en sobriété Aaaa j'en perds ma prose.... Mais, Ignorante petite chose point de tourment, Soyez rassurée Car dorénavent, A votre éducation je vais m'atteler. Et sans le moindre salaire Vous apprendre les paradis Qu'on trouve au fond des verres Mais plus tard et par la théorie... Par la théorie, en effet Car les échantillons séants ne sont point conseillés A de tendres débutants Aux esprits de plus d'un Ont fait perdre raison Ce qui serait inopportun En présence d'un con... (Bah quoi... je suis un con, oui Revenons en à vos ennuis) Car avant que de parler des paradis, Encore faut il combattre Cerbère Pour sortir de l'enfer ... Et pour répondre à la question "qui ?" Si tu n'as pas compris, C'est que je fais erreur ... De l'eau... non mais aurais-tu voulu mon malheur ?

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Préliminaires

Obscur. Silencieux. Vide. Dans ce monde les mouvements sont lents, emprunt d’un dynamisme paradoxalement discret et continu. L’esprit se rempli d’idées sans lien, sans justification. Nul besoin de ce qui n’existe qu’au pluriel. Dans le sombre se cache une présence.Un ressenti. Quelque chose se trame dans la solitude qui aiguise l’inconscient et déguise le réel. On se prend à parler à voix haute, mais peu importe. On se dévoile les plus horribles secrets cachés sous nos sourires quotidiens. L’hypocrisie, plurielle, n’a plus aucun sens ici. Nous sommes tels que nous sommes. C’est alors qu’on ressent dans le noir notre propre présence comme étrangère. On l’aborde doucement, sans brusquerie, et on la déshabille de son imaginaire. Les sens s'ouvrent une voie à la profondeur. La solitude… Pensée par pensée, on dépoussière l’esprit, on l’effeuille lentement, sensuellement. On met à l’épreuve de la plus pure des folies le moindre sentiment, rejetant, plus que de raison, le « bien-fondé» commun des rues moutonnières, des sens interdits et des jeux dangereux. On se laisse envahir par notre être, par notre propre réalité. La solitude, c’est se faire l’amour à soi-même, égoïstement. Le paroxysme de la réciprocité.

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Des Vies

Au matin, bercé de primes illusions Quand les yeux s’ouvrent et que les mots viennent Assimiler le langage de la raison L’ivresse, la passion et la nature Humaine Rester las, timides larves atrophiées Plier l’échine au nuage qui passe Croyant ainsi qu’une voix qui se tait Suffit à ce que l’orage s’efface Faire passer les non-dits pour de l'élégance User chaque route, genoux contre terre Dans l’espoir imbécile qu’une révérence Aux yeux de nos belles finissent par plaire Soumettre l’envie à la bienséance Refouler son attirance pour l’Enfer Enfermer les naturels dans le silence S’assoir, fier, sur une morale délétère Perdre son temps à de vaines fadaises Cependant que le monde luit encore Et tourne, dans les presque vides, à son aise Perdre son âme en oubliant son corps S’oublier au dictat des numéraires Pour sauver de piteuses apparences Malgré nos brides, se croire téméraires Sans jamais une fois dire ce que l’on pense Ronger nos vies de plaintes abrasives Attendre demain, délaisser aujourd’hui Et ferrer l’ardeur des colères les plus vives Sans profiter des caresses tendres de la nuit Rêvasser, enfin, d’un monde meilleur Sans ne jamais tenter de rien y faire Espérant que loin, quelque part, ailleurs Un autre forgeron batte le fer Bêcher la terre sans y planter la graine Dans l’inconfort d’une sieste patiente Croire que germent les avenirs pérennes Irrigués par la seule force de nos attentes Puis lever l’œil aux premières étoiles Prêt à récolter les fruits de nos vertus Sans rancune, devant la faux lever le voile Et pleurer sur notre passé perdu Dans un dernier souffle chercher la raison Accuser le temps de toutes les fraudes Le traiter vainement de tous les noms Et voir l’aiguille s’arrêter avant l’aube. L_

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Eteinte

Laissez le crépuscule s’accrocher et mourir Aux frontons des portes sordides de la grève, Ici, il n'est ni retour, ni avenir. Sur les pavés trop usés du marché au rêve, Sans un mot, enivrez le passant, Enveloppez d'illusions les délices de vos corps Zébrés par la lumière éclose des battants. Miel et douceur, oubliées au fond des ports, Ôtez aux marins leurs vertus onéreuses, Intimes, feignez donc d’être heureuses Feignez donc, si l’éphémère nourrit sa faim. Un râle apaisant soufflé au froid du matin Imaginez-vous loin de ces puanteurs... et enfin, Ravalez l'amer de votre injuste destin. Jusqu'à l'offrande suivante revêtez vos haillons Unique voile qui à l’œuvre divine sert de rideaux Soulevé d’un simple regard, votre baillons. Tenez hautes vos têtes, soyez dames de châteaux, Esquissez le paraître puisqu’il vous manque l’habit. Usurpatrices, infidélités d'une vie, Nihilistes et désinvoltes déesses Montrez leur toute la tendresse Offerte dans votre délicat sillage Maintenez le charme, qu’importent les âges Et tirez à vous l’aveugle transi de vice, Nue Tapie aux pieds des injustices … Feignez alors, si l’éphémère nourrit sa faim. Un râle apaisant soufflé au froid du matin Imaginez-vous loin de ces puanteurs... et enfin, Ravalez l'amer de votre sinistre destin.

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7 janvier 2015

Il n'y a pas de mot. Ou alors je ne les ai pas trouvés. D'ailleurs, je n'ai jamais été très fort pour "trouver Charlie"... Irronie du sort... Il n'y a ni peur, ni haine. Le rire serait le plus bel hommage, mais impossible de rire... Il ne me reste qu'un silence triste à offrir en hommage à toutes les victimes de l'obscurentisme. Au pays des Lumières, ce jour, quelques ampoules ont grillé.

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Equilibre

Equilibre Incertain Cependant Démontré Théorique En tout cas En physique. Suffisant A lui-même : En trois points Passe un plan Poétique Comme ici Dans ces vers De trois pieds A la valse Arythmique Par le verbe Composée Aux extrèmes Quand les astres Se confondent Quand terre, lune Et soleil Dansent à trois Je puis croire A ces heures Q'une force Suppérieure Nous guidât En ces lieux Nait alors L'harmonie Sensuelle D'un matin Ou d'un soir Mais à trois Dans la vie Il y a Un de trop. Deux seuls Suffisent : Deux Pieds Portent seuls Le verbe Aimer Mais c’est Pour tout Vous dire Bancal ! Quelle est donc Cette tierce ? Ce point d'orgue Qui se veut Suspension ? Est ce l’enfant En pratique Qui soutient A lui seul L’équilibre Incertain ? Je ne sais Et pourtant En veux Un Un de toi Un deux trois ...

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Les Gravités

J'ai lancé une pierre dans l'eau. Elle est restée au fond. Je ne sais pourquoi, cependant, j'ai attendu sur le quai Qu'elle remonte. Puis, me sentant idiot, j'ai tourné les talons, Et suis parti... Demain encore, je combattrai la gravité. J'ai lancé une pierre au ciel. Elle m'est tombée sur la tête. Je ne sais pourquoi, cependant, je l'ai à nouveau jetée Elle retomba. Puis j'ai tourné les talons, me sentant bête, Et suis parti... Demain encore, je combattrai la gravité. J’ai lancé un poème dans le silence. Tu ne m'as pas répondu. Je ne sais pourquoi, cependant, à tout rompre j’ai hurlé Que tu me manques. Puis, me sentant seul, je me suis tue, Et suis parti... Demain encore, je combattrai la gravité.

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Orage

Je suis assis sous les nuages Et les écoute se parler Se raconter leurs voyages Contre vents et marées Des histoires de rivages Perdus dans l’océan J'attrape leur message Au faveurs de l’instant J’embrasse leur lumière Naissante. Un éclair, Des cris de leurs amants Et des larmes des absents Tant de rage, de solitude Se laisser partir là bas Vers d'autres altitudes S'envoler, tendre les bras S'accrocher à la Lune - Y poser son oreille - Son sable froid, Ses dunes Et son affront au soleil Toi, tu viens de là haut Et je ne sais ni pourquoi ni comment, Petit Oiseau Tu vins t'écraser près de moi ?

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Au Bout (du) Quai

- Amour ? – Ah non !! Maudit mot, je te hais ! Gardes-toi bien de ne jamais m'atteindre. L’ivresse, seule, a une place que je cède. Je suis tombé ivre du toit, saoul de ton charme. Toi qui flirtes étrangement avec ce qui n'a pas de nom - ou n’en a pas encore. Crois-tu que l'on puisse, au plaisir de la chaire, s'adonner avec des mots ? Pour le savoir je me graverai la peau jusqu'au sang - qui coule derrière moi, sèche doucement. Mais il sèchera. Laissera une trace, mais finira simple peinture. Je m'inquiète de celui qui colore tes murs. Il m'est inconnu. Est-ce bien du sang d’ailleurs ? Ca me gratte. Comme hier, le train sera encore parti sans moi. Lassé de mon hésitation, il aura fini par abandonner ses appels. Repassera-t-il ? Je veux qu'il me tente encore, je veux un jour céder et le laisser m’en aller. Le diable m'emporte – drôle de train que celui-ci - Si je ne me perds pas cette fois, je me jetterai comme un Lyon, je prendrai la Part de Dieu. Il parait qu'un jardin existe quelque part au bout du chemin. De faire ritournelle aux jolies demoiselles qui y trainassent, larves imbéciles dorées au soleil, j’en rêve ! Et tant pis si elles manquent d’esprit, j'aimerais trouver ce jardin et m'aventurer dans les fleurs qui y poussent. Ivresse… Je reviendrai demain, et me laisserai emporter par un tourbillon déraillé. Je viendrai. Et toi là-bas, train qui part, cesse de me railler ou sur mon honneur je t’occis !! Misérable fer de terre… Bon il est tard. Il faut rentrer… Mais que vais-je faire de ce bouquet ?

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Morphée-ine

Ne cueille pas cette fleur, fragile Vivante. Aux désirs des entrailles elle ne servira pas. Laisse la en paix, Belle, fraîche et flamboyante Aux milles couleurs. Tends ton cœur, écoute là. Sent sa petite présence emplir ton être. En ces heures où gouvernent trop les paraîtres Oubli un peu les étranges manèges tournoyants Dans le regard de la fleur éclose - Envoûtant. Étend toi près d'elle, avec délicatesse. Cherche aux cieux les réconforts à ta détresse, Dans l'argent d'une lune éteinte. Inspire lentement. Ta résistance est vaine, dans tes veines maintenant Coule le courrant chaud des ivresses enfouies. Qu'importe. Expire la douleur et part avec lui.

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Les médiocres, Histoire molle

C’est l’histoire d’un escargot. Sauf qu'un escargot, ça n’a pas d’histoire sinon une brève qui se termine sous une chaussure un jour humide… ou en sauce persil et ail. Il faut dire qu’un escargot n’est pas très passionnant. Bien que cultivant une certaine ressemblance avec certains artistes pré-pubères et avec leur virilité naissante, moux, petit et baveux, l’escargot ne déchaine pas les hormones. L’escargot ne défraie pas les chroniques pour ses exploits immémoriaux, comme l’ascension courageuse d’un arbuste, ou la périlleuse traversée d’un balcon parisien. Il aurait pu se tailler la part belle du crime pédérastique, nature oblige, ou, sacrifiant sa dignité se faire disciple des apparences, mais même pas, l’escargot n’est pas un animale de mode. Aucun spécimen n’a, au péril de sa vie, montré quelconque férocité à l’égard d’autre chose que de la laitue (qui on le sait n’as pas un cœur d’artichaut et ne lui en veut guère…). On ne le met pas un escargot autour du coup, on ne le pend pas à l’oreille ni ne l’empaille pour l’afficher fièrement entre le cerf et le sanglier. L’escargot n’est victime que de la maladresse. Il sort quand il pleut, il n’a pas de conversation, aucun charisme ni aucune classe, … L’escargot n’est pas sportif. Il ne s’exhibe pas dans les calendriers accrochés aux toilettes. Ni atout physique ni romantisme, il ne fait pas parti des discussions sérieuses et n’y participe pas. Pire encore… il n’est pas sexué. Il n’est pas coté en bourse, il n’est pas extrémiste, il ne se fume pas, il ne se boit pas, c’est le rom des fourmis, mis au banc comme inutile parmi d’autre, il a perdu ses rares mérites sans jamais montrer un enthousiasme farouche à les retrouver. Pourtant, il y a un escargot dont je voudrais vous raconter l’histoire. Une histoire étonnante et passionnante, d’autant plus qu’il est peut être le seul a en avoir une. Le seul problème, je crois c'est que je l'ai oubliée. Tant pis, demain je vous raconterai l’histoire d’un poisson rouge. Même si un poisson rouge, ça n’a pas d’histoire…

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Fragile

C’est une princesse à la robe noire, aux paillettes brillantes et aux cheveux d’argent, qui laisse parfois tomber son mouchoir blanc. Quel chevalier aura le courage d’attraper le cœur de cette fragile, et de suivre une Voie Lactée pour le lui rendre ? La nuit n’est pas assez sombre ce soir… Mollement perdu, entre ici et un peu plus loin, je vais de divagations nocturnes en réflexions amorphes. La nuit est un refuge. Elle nous cache, nous conseille, nous calme. Elle apaise. Ne parlons pas de ces nuits à se rendre sourd, à partir aux artifices d’autres rêves. Ceux qu’on fait les yeux ouverts. Parlons de cette nuit effrayante, Frissonnante, Diabolique. Elle parle, écrit, lit, pleure, rie, écoute, murmure doucement les ensorcellements de somnambules fantomatiques… Secret pour secret, confidente et discrète, elle est aussi muette que nos tombeau de pierre. Dans ce noir, on tourne nos regards vers nous. On voit un rêveur un peu fou, un clown un peu triste, un amant un peu seul, un imbécile un peu heureux… Qu’importe. La nuit ne ment pas. Elle dévoile. Courte. Intense. Honnête, Silencieuse et imposante. La nuit nous apporte des morceaux d’un lointain, des mythes, des plans sur des comètes. Profonde. Sereine. Ephémère. Elle est vierge. Innexplorée. Froide. Intime. Aux clients du paraître elle brise l’arme. Elle combat sans violence les brulures du monde. Et si les jours sont comptés, la nuit perdurera. Douce. Belle. Unique. C’est une Dame à cheval entre le passé et le futur. Intemporelle. Universelle. Immortelle. Souvent nous nous observons fixement, elle et moi, jusqu’au matin… Comme deux étrangers qui pensent se connaître. Puis elle s’envole … sans jamais parler, sans réalité, elle ne m’emporte pas avec elle, et m’offre simplement sa promesse de retour… Simple. Maternelle. Fragile… C’est une princesse à la robe noire, aux paillettes brillantes et aux cheveux d’argent, qui laisse parfois tomber son mouchoir blanc. Quel chevalier aura le courage d’attraper le cœur de cette fragile, et de suivre une Voie Lactée pour le lui rendre ?

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Le Diable pleure quand Il danse

Le Diable a dansé, hier Et j’étais sa cavalière Le Diable danse encore Solitaire aux abords De l'enfer, en trans Le Diable est beau quand il danse Virevoltant et voltant face Virant et occupant la place Il trace, il efface, il inscrit Dans ses gestes son corps cri Et décrit sans le son le décor Et peint sans couleur de l’or Le Diable tente ma chance Qu’il est beau quand il danse La musique d'une pluie fine La compagne assassine L’accompagne à la cime De forêts qu’il dessine Dans l’effort complet Gestes désarticulés Qui des goûtes font fit Découpent la nuit Et traînent leur cadence Le Diable est beau quand il danse. Un rayon de lune qui passe par là Allume la scène d’un nouvel éclat Et comme un défis lancé en pature Dévoile du Diable l’autre nature Le Diable a dansé hier Et j’étais sa cavalière Sous la lune qui épiait Je vis une larme qui coulait Comme une humide fulgurance : Le Diable pleure quand il danse

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Illuminé III - Le gardien

Balancier régulier, sur miroir d’argent, Transcendant les espaces habités Par quelques monstres errants, Tu avances, sans craindre les devants. Assis sur une berge tranquille J’admire ce courage délibéré. Dans ma main, une vieille jonquille, (De celle que tu ne connus jamais). J’écoute ton « Invitation Au Voyage »… La décline, et m’en retourne vivre Au gré de quelques nuages… J’attends un jour, petit radeau ivre, Où tu joindras ton éternité à la mienne. Je te vois remplir l'océan parfois, Mais ne fais qu’attendre que tu viennes. Je suis certaine que toi, tu sauras, Un jour, égayer ce paradis accusant De trop de Noir sur trop de Sang...

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Illuminé II - Illuminé

Suis-je fou ? ... Quand je me promène aux bords des ravins Caressé par la brise marine, quand au petit matin J’attrape la timide lueur naissante de la citée Qu’un temps certains appelèrent Phocée. Quand la fumée épaisse de mon amour Qui se consume entre mes doigts jaunis Me rappelle qu’il ne reste plus qu’un tour. Quand nous voguons à l’astre qui pâli Sur les calmes océans de blé… Quand malgré cela, je plonge aux tourments Des esprits Humains… Fourmis aveuglées. Je te demande… Est-ce vivre que de marcher tous ensembles, Vers d’hypothétiques « lendemains » -qui chantent?- En se contentant d’attendre que l’un d’eux Soit le dernier ? Un doute certain me hante... Cherchons nous vraiment une âme sœur, Dans ce monte d’infraternité ? Entre nos erreurs Passées et les vies brisées, quelques fissures… Qui souvent d’ailleurs, nous traversent la figure. De cette étoile qui brille dans le noir A cette feuille, morte, qui danse doucement, J’entends ta voix. J’entends l’espoir. Mais dois-je faire toute la route vraiment ? A genoux… J’use les routes, j’use les sentiers, j’use le monde, J’use même le temps. J’avance, pourquoi ? Pour où ? J’observe parfois même cette lune blonde Qui de ses accents argentés me répond « oui, tu es fou… » Et pourtant je conçois, je pense, comme tous le font. Il n’y adonc pas de place pour moi ici… Non… Si,aux méandres,… Dis moi alors… si où tu es, où tu brilles, Ma belle étoile, dis moi si quand je vacille… Quand je te brûle de mes voeux Si, il y a de la place pour deux… Je sais bien que tu ne répondras pas, mais Je suis avide de tes silences. Ils parlent plus Que tu ne l’imagineras jamais. Ils me sortent de cet esprit trop confus. Dis moi, je t’en prie, parle moi de nous… Suis-je fou ? … « Je pense que oui.» ...merci.

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Illuminé I - Le dernier mot

Prend ma main et va, maintenant... Comme le soleil poursuit sa route File sa toile de rayons au couchant N’aie ni crainte ni doute Au fond de mon regard, Marie Tu danses Tu souries Ô ma reine des silences J’irai revoir les instants volés A Diane qui s’éveille Au feu de son frère brûler Une dernière fois nos ailes Au bout du monde Ne connaître aucune loi Rêver des colombes Et me prendre pour un Roi Et même si L’Atlantique brûlant Et même si Les chutes Argentines Ont maintenant La pâleur assassine D’un passé révolu J’irai en ces lieux qui t’ont plu Offrir au monde tes pensées Qui lui rendront sa toute beauté Aujourd’hui A la rosée de l’enfance Se mêle la tristesse du soir L’aube des absences Et le crépuscule de la vie... Ta main est glacée Ton sourire figé. Il est temps, je crois

Loopy

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La fille en boite

On ne reste jamais bien longtemps, et finalement, nous serons pour elle des anonymes et elle pour nous qu’une fille en boite, en boite d’allumette. C’est mieux ainsi. Dans sa boite elle dévalise quelques pièces à ceux qui souhaitent emprunter ses voies. Nous qui voguons d’un départ à une arrivée, on pourrait la plaindre ainsi coincée dans sa boite, entre deux destinations, au passage. Mais elle, elle aime voler de brefs instants de vie à ceux qui ne la voient pas. Elle se demande où iront-ils ? D’où viennent-ils ? Pourquoi sont-ils là ? Elle rêve et s’inspire. Elle a même espéré une fois qu’un prince l’emmènerait. Mais c’était il y a longtemps, et de prince il n’y eu bien sûr pas. Elle n’est que le passage, payant, sur le bord d’une route qui mène pour tous à une destination. Pour les princes, sa demeure n’est qu’une brève étape vers ailleurs. La fille en boite, en boite d’allumette… Celle que le monde ignore, n’a d’autre choix que de griller sa dernière cigarette sur le bord de cette route. Le monde va trop vite, et ne se préoccupe guère des fleurs qui poussent parfois dans les caniveaux. Le matin, quand elle termine son office, elle ramasse les deniers, s’étire, et s’en va rendre sa boite pleine à celui qui l’emploie. Ainsi, touchera-t-elle à la maigreur des centimes qui y traînent, et pourra-t-elle s’acheter le croissant dont elle rêve depuis la veille. Elle quitte la lugubre aire qui accueille le péage de la Barque, sans se retourner vers sa boite qui porte le numéro 8. Pourtant, c’est un joli numéro, le 8. Mais sur le chemin, elle s’attriste déjà de devoir y revenir lever, puis rabaisser la barrière rouge et blanche d’une autoroute dont elle n’a encore jamais vu ni l’une, ni l’autre des extrémités. Elle se dit alors que si le monde devait être une autoroute, elle aimerait bien être le chemin de Terre et de gravier qui la longe. Un chemin qui nous mène très lentement vers la même destination et dont on sent le crépitement sous les pieds à chaque pas. Un chemin où les moucherons ne s’écrasent pas, victime de notre allure, sur les pares brise, et où rien ne pare la brise fraîche. Elle se dit qu’elle ne mettrait pas de péage sur ce chemin, et qu’elle aimerait que beaucoup de promeneurs y viennent. Elle aimerait bien qu’on y joue, qu’on s’en écarte et qu’on y revienne, qu’on construise un refuge en pierres où dormir le soir pour rallonger encore un tout petit peu la route… Peut-être avait-elle rêvé un peu trop tôt. Sa route pris un étrange virage, une impasse et la fille en boite fut mise dans une autre boite. Elle ne porte pas le numéro 8, mais est près d'un chemin de Terre, quelque part. Sur sa boite, pousse une fleur, de celle qu'on trouve sur les bords de la route. Il y a sur ce chemin quelques promeneurs, des moucherons, de la brise et même parfois des lapins traversant rapidement avant de disparaître dans les lavandes. Il y a plus loin un refuge dans la garrigue qui offre ses pierres dorées au soleil couchant en abris un peu rustique, mais agréable. En levant les yeux, on peut voir le ciel s'enflammer d'un rose oranger qui dessine le contour d'une Provence Cézannienne d'aspect étrangement aride et fertile, parsemée de pins. Comme taillée au couteau, la Sainte Victoire domine le tableau, portant son ombre étalée par le soir aux abords d'un olivier qui depuis cent ans au moins repose contre un muret bien plus vieux que lui. Plus loin, là où le soleil arrose encore un peu les champs, on devine des vignes qui donneront un vin réputé pour son arrière-goût de thym, de soleil, et l'accent chantant que nous force à prendre le nom inscrit sur l'étiquette. On sent en marchant les crépitements de chaque caillou, de chaque grain de sable. Il faut rester une journée entière à transpirer sous la chaleur écrasante de l'été pour apprécier à sa juste valeur le soir, puis la nuit. Elle doit aimer cette boite là, la fille en boite, car au plus sombre des nuits du mois d’août, quand elle gratte ses allumettes, on peut apercevoir des étincelles qui se promènent dans le ciel de la Provence.

Loopy

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La Lettre

C’était une journée de septembre, qui sentait l’été. Des âmes éteintes, mues par d’invisibles ficelles Coulaient vers leurs cercueils de rues en ruelles. Dans le tumulte fluvial de ces vies, j’errais… Le soleil, résigné, inondait la ville bouillonnante Des ultimes instants à s’affairer dans la foule bruyante. Seul comme tous, les yeux rivés sur le sol, La musique guidant mes jambes ballantes, La main moite, le regard fuyant, la tête molle J’esquivais les « non-présences » environnantes Quand tu sortis. Légère, souriante, fière et heureuse. Dégageant cette espèce d’aura métaphysique Dont les poètes s’amusent, tu semblais Amoureuse Tu piétinais en une seconde des jours pathétiques, Terrassais d’un regard l’amorphe des heures. Quelle maladie étrange. Mes entrailles tremblent encore. Cette nuit là fut bavarde à m’offrir une Petite Mort Vibrante de ton souvenir. Le temps s’était accroché A la toile de ta beauté sobre et sincère. Il y est resté. Alors j’écris une lettre, que jamais tu ne liras Je préfère le secret. Si c’est à d’autres que moi Que tu réserves ta magie, laisses moi les chimères Ignore que chaque soir, je commet l’impair De perdre mes yeux dans ta robe volage Et dérobe la joie à tes charmes de passage Secrètement, X.

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Confession

Bonjour "petite fleur". J’avais envie de t’emmener dans un lieu qui défit la morale. Inventer une histoire de sang, de sexe, de violence et de tous les stupéfiants interdits qui nous sont tabous. Sans conscience ni scrupule, je voulais bousculer les esprits et les rendre perméables à un peu d’immondice pour que tu sentes ma véritable puanteur. J’aurais craché sur ta pitié et ri de ta souffrance, sadique à m’en trancher la gorge devant l’innocente vierge violée, je ne vis que pour détruire. Tel est mon don si encore je devais m’en trouver un. Je voulais te faire visiter mon univers malade, saccagé par ma propre arrogance. Mais je ne peux me résoudre à faire de toi une victime de mon enfer. Alors je me suis assis et ai jeté sur le papier, sans ordre ni logique, une confession, unique trace d’un pardon que je refuse. Ma tendre petite fleur La nuit, quand je parle à la lune dans le vide des "gravités", les étoiles m’observent. J’y vois bien plus qu’un univers mystérieux qui résiste à nos théories. La poésie a décidé qu’en ce royaume gouverné par des Dieux inconnus, les sujets soient ceux qui partirent. Ecoutant les vers de ces illustres (h)auteurs, je me suis moi-même pris à croire qu’il y avait en cet endroit des yeux accusateurs et qu’il n’y avait pour me cacher que la profondeur d’un enfer. C’est ici que pour la première fois j’ai rencontré celui qui devint mon Pendu. Le Roi des abimes de mon inconscient me fit comprendre que c’est moi que je fuyais et qu’à travers les autres, c’est moi que je cherchais à détruire en vain. Pourquoi ne me suis-je pas mort? Je dis souvent que c’est parce que je respecte trop la vie, mais c’est un mensonge car j’ai peur de ce qui m’attends après, je me demande si, en mourant, je ne serais pas confiné éternellement dans cet Enfer. Oui petite fleur, il y a de beaux jours ici. Quand je vois pétiller tes yeux, quand j’entends qu’on me parle des libertés, quand je vois le vent qui se lève sur la Méditerranée et le soleil qui se couche sur l’atlantique. Quand je vois ceux-là, qui combattent cœurs et âmes à leur conviction, qui veulent briser tous les murs pour un avenir meilleur. Quand je vois ceux qui se battent face à eux même, les yeux plongés dans la connaissance des Hommes, prêt à en ingurgité toute l’imbuvable substance. Quand je vois le monde qui se dresse, comme uni, enfin, contre l’injustice. Oui, il y a de beaux jours ici-bas, et je veux y rester encore un peu pour sentir monter moi l’excitation de la joie. Je veux encore pouvoir regarder les étoiles et me confier à la nuit, je veux voir le "Diable qui danse ,larmoyants". Je veux croire, une seconde, au sentiment et connaitre encore la paix de leur acceptation. Petite fleur, sur ma route tu m’as demandé de te protéger, mais de Petit Prince il n’y a en moi que le désir de voyager. Sans aucune pitié, je t’ai déracinée et pour ce prix ne t’ai offert que la glace de mon regard, la froideur de mes caresses et la souffrance de mon âme. Je le regrette petite fleur presqu’autant que je regrette ce qui m’a conduit là. Je n’attends aucun pardon pour cela, comme je n’attends aucun pardon d’un passé encore plus lointain. Je n’ai pas toujours été un monstre, je te supplie au moins de la croire. Autant de haine ne peut venir que d’un profond amour et même moi, j’ai su aimer… S’il est un sujet sur lequel je suis maladroit, c’est bien celui-ci. Tu le sais, je ne parle pas d’amour, je le conchie. Sauf aujourd’hui. Ignorant des choses de la vie, j’avais alors à peine passé l’âge d’être un puceau boutonneux, quand me sont tombés dans les bras, le bonheur et celle qui l’enfanta. Unique, belle, aimante, elle avait des cheveux blond clair, lumineux, des yeux d’océans où pour tout ce que je possédais j’aurais été marin. Elle avait le charme insaisissable d’une tendre timidité et malgré cela un esprit piquant et fin, qui ne manquait aucunement d’intelligence et de répartie. Elle avait surtout, un air de liberté qui plus d’une fois nous a ébouriffé les cheveux, aux quatre coins du monde. Je me souviens d’un soir d’été, sur le bord d’un chemin à la fin d’une belle promenade, où son sourire se perdait dans ses fins cheveux d’or mêlés des derniers rayons du soleil Argentin. Tu es, petite fleur, ce que j’ai jamais connu de plus semblable, et à l’instant précis où tu posa ton regards sur moi, j’aurais pu mourir. J’aurais peut-être dû, car l’oubli que je recherchais était la dernière chose que tu pouvais m’offrir : tu es le souvenir de ce qui fut, et qui ne sera plus. Revenir sur les circonstances d’un tel drame n’est pas à l’ordre du jour. Je ne saurais l’écrire. J’ai essayé, pour libérer ma haine, mais je ne suis allé que de rature en "rature". Incapable d’exprimer mon mal, je me suis noyé dans les pires atrocités pour l’oublier. J’ai voulu prouver qu’on pouvait souffrir plus que moi, et y suis arrivé. J’ai voulu voir en pleine face toute la douleur du monde, et m’en réjouir. J’ai voulu briser tout ce qui m’entourait, et m’en réjouir. Mais toutes les réjouissances n’ont jamais eu le gout que j’ai senti auparavant. J’ai erré dans mon propre cerveau, l’ai détruit lui aussi. Quelques mains aidantes se sont tendues. Je les ai attrapées, mais aucune ne m’a vraiment extraite de l’huile visqueuse dans laquelle je m’étais depuis longtemps enfoncé. Depuis, sur mon chemin je ne sème que le mal et la destruction, pour me convaincre que ce qu’il y a devant est mieux que ce qui est derrière. Tu es, petite fleurs, une tristesse de plus dont se nourri ma folie. Vas t’en, avant qu’il ne soit trop tard, vas-t-en offrir tes pétales à d’autres qui sauront les sentir, vas-t-en planter tes épines dans ceux qui en sentiront la douleur. Car pour moi, petite fleur, tu es en retard, mon cœur est déjà parti. Regarde dans le ciel l’étoile qui brille au fond, c’est lui… Quand tu la verras, dis-toi que tu as été mon plus beau et mon plus douloureux remède. J’ai failli t’aimer, et pour cela, ai renoncé à te détruire. Fuis, avant que le pendu ne nous voit. Adieu.

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Jeux d'enfants

Ce temps est si loin. Où les mondes baignaient de choses étranges. Autant de créatures et d’inconnues imaginaires, produits des rêves tissés par nos yeux d'enfants. Nous foulions les grandes étendues sauvages, nous les partagions de vallées en montagnes. Les plus petits espaces se transformaient en immenses contrées, verdoyantes souvent, enneigées parfois. Puis quand les fabriquer ne suffisaient plus nous sautions à en perdre les altitudes au fond de ces images. Et cette chaise, qui était un dragon, et cette table, qui était une maison, en sont aujourd'hui les ultimes témoins. Affreusement pentu ce couloir n’avait d’horizontale qu’une réalité qui ne nous touchait guère. Nous descendions ce ravin vers les trésors que les pirates enterrèrent près de la porte. Nous traversions les marécages dangereux d’une tonnelle sans verrières. Nous éborgnions des cyclopes, et campions dans une forêt sombre. Enfoncés dans la noirceur des grottes, sous l'évier, se cachaient nos trophés de chasse et nos trésors durement volés. Puis, en un pas de géant, les sept lieux parcourus nous menaient dans la clairière isolée, respirant le bonheur d’une chambre. Les mondes habitées d’âmes solitaires et errantes du grenier nous effrayaient, tu m’y attrapais la main, et dans cette confiance commune, laissais évaporer un peu de nos craintes. Et cette chaise qui était un dragon, et cette table, qui était une maison, ont pudiquement cessés de compter ces souvenirs. Je voudrais m’envoler encore vers ces pays abandonnés. Avec toi, recommencer nos voyages sans fin. Découvrir encore des elfes au fond des bois endormis d’un salon. Sous une pluie de rires, encore t’emmener vers de ces quêtes d’enfants, où les bonbons étaient de l’or, et quelques plastiques, de précieux diamants. Partir si loin, pour ne jamais revenir. Tendre un espoir vers les lendemains qui n’existent que les heures passant, et rêver, doucement, d’un futur qui nous échappe. Reprendre ta main, pour voir s’envoler mes peurs, et sourire aux sombres destinées, rassurer d’une douceur sans faille. Effleurer ta lèvre d’un regard tendre, et danser sans mouvement dans une joie qui toi seule peut comprendre. Rire au nez des monstres sur une balançoire. Faire de ces souvenirs le matelas de notre vie. Mais tu as tout oublié. Et, seul au fond d’un grenier, j'ai peur de combattre le sérieux des adultes, ces monstres qui t’ont fait grandir, ces monstres qui transformèrent notre maison en table et notre dragon en chaise. Je voudrais encore porter sur ton front, la couronne charmante de l’univers que nous avions construit, le faire revivre, par ta magie, d’entre les morts pour s’y blottir, quand il fait froid, quand les temps sont durs, ou quand nous le voulons. Ma reine, pour que les contes existent, il faut des enfants pour les faire naître, de l'insouscience pour les arroser, de la folie pour les rendre plus beau. Il faut cette chaise qui est un dragon et cette table qui est une maison. Peut être un jour, te souviendras tu. Au détour d’une musique, d’une histoire ou d’une route parsemée de lilas. Peut être te rappelleras tu tout ce que nous vécûmes, d’une seule âme. Peut être viendras tu à la mémoire de nos esprits complices qui s’aimaient à tout rompre. Peut être te souviendras tu que les aventures perdurent encore dans ces mondes qui n'ont de limites que celles qu'on leur impose. Peut être referas tu le voyage d’une exploratrice pour faire une exception à la réalité. Ce jour là, rejoins moi dans ce monde, suis la route que tu souhaites, et tu me trouveras et enfin cette chaise, sera un dragon, et enfin cette table sera une maison. Je t’accueillerai d’une fleur violette, le sourire aux lèvres, et t’embrasserai. Je te donnerai la main pour effacer tes peurs, et nous irons nous venger des infâmes ennemis adultes, en leur lançant à la figure, d’un geste moqueur, et d'un rire bruyant, une maison, un dragon, et la folie heureuse qui nous lie encore...

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Arménédia

A l’ouest palpitent les néants. Scylla Ri et dans le noir – mon cher ami – Miroitent ses sourires où s’accroche le Nid Ephémère d’une trop ancienne alchimie. Nul doute qu'au plus sombre l’Eden Embrume encore mon coeur atone. Danses ton frénétique mobile perpetuum, Irreversible, danses encore sans céder Aux tristesses enragées, Arménédia

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Requiem

Te voilà qui arrive, arrogante et fière sur ton nuage noir, Ton outil à la main qui ma tête tranchera. Viens voir. Viens voir les Dieux que je vénère, plein de panache Encore, dans le dernier souffle que tu m'arraches... Note bien, divine faucheuse, impatiente dramatique, Dans le creux de ta mémoire, mes dernières rondes. Ah tu voudrais entendre de tristes musiques, Quand enfin mon corps restera en ce monde Cependant que mon âme fugue, discrète Toccata ? Mais non, je veux des Adieux aux sons de l'Appassionata. Sous un Requiem au Lacrymosa Pathétique Quand Mozart rencontre Beethoven,sous le Clair D'une Flûte enchantée par la palette symphonique, Sous l'Hymne à la joie, je souhaite que l'on m'enterre Point de Bagatelle ! Près de Waldstein, où l'on posera La dernière stèle, j'aimerais que reposent avec moi Mes quelques Lettres pour Elise. Et dans la profonde Musique d’un Dvorak, je trouverai le Nouveau Monde Alors quand je prendrais avec Rachmaninov Mes envols sur les airs légers de Korsakov Aux ténébreuses heures... Point de recueillement C'est plein de joie, de frissons et sans rancune Que je veux voyager. Aux lèvres un sourire célébrant Ce tout dernier mouvement à l'ombre de Ma Lune

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