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PASCOU

poursuite suite....

La nuit commençait à tomber et l'éclairage public de s'allumer, les rues étaient désertes avec ce vent même si la pluie n'était plus, ça n'incitait pas à flâner.

Le café des voyageurs était ouvert, la terrasse en demi cercle vide ;

Je poussais la porte, au bar, les habitués!

La patronne me faisait toujours la bise comme si j'avais encore vingt ans !

Son mari lui m'évitait soigneusement, m'ignorant !

Couilles molles, c'était son surnom !

Tout ça remontait il y a une dizaine d'années, il était toujours au Pastis ce fainéant ..

Puis un jour qu'il avait picolé plus que de coutume il s'était embrouillé avec sa femme et s'était mis à lui taper sur la figure, là au bout du bar sous les yeux des clients !

Et surtout sous mon nez, je lui avais dit calmement :

- « Couilles molles ».

Il s'était retourné vers moi, laissant sa femme Fanfan.

- « tu disais ? »

je restais silencieux , il se mis à me brailler dessus, son visage rouge s'approchant du mien.

Le café était devenu silencieux, les derniers mots entendu étaient , belote et ….restés en suspend des joueurs de cartes derrière moi.

Sur mon tabouret haut perché mon visage se trouvait maintenant à hauteur de celui du patron de bistrot.

Je n'ai jamais aimé entendre crier, à la maison mes parents expliquaient sans le faire.

Je me souviens du jour ou j'avais voulu taper le chien m'ayant complètement détruit un modèle réduit de voiture, une Renault quatre chevaux offerte par mon oncle.

Papa m'avait attrapé le bras au vol et crié - « Non Pascou ! »

On ne frappe pas le chien,et puis il m'avait expliqué que le chien ne faisait pas mal, pour lui ce n'était qu'un objet sans importance.

Il m'avait aussi expliqué comment le reprendre d'une voix ferme mais sans violence !

Je voyais se balancer devant moi comme une grosse pivoine rouge de colère .

Je n'entendais plus rien,juste les mouvement de sa bouche à l'odeur fétide qui devait hurler, puis sa main esquissa un geste contre moi, j'esquivais le coup, détendis le bras avec force et précision, au centre de la pivoine sur sa grosse truffe de connard, je vis presque les pétales s'éparpiller comme les feuilles mortes en automne.

Sa bouche s'ouvrit si grand qu'on aurait pu voir le fond de son slip.

Il tituba en reculant et s'affala dans les caisses de bouteilles vides derrière le comptoir et disparu un moment.

PASCOU

poursuite

Un courant d'air entra sitôt la porte ouverte !

Se tenant sur le pas de la porte, l'air hagard , Joe Cocker,enfin c'est le surnom de celui qui me fixe.

Faut dire que la taille, la corpulence et la tignasse faisait penser à celui ci qu'il écoutait en boucle.

Et lui: « mais putain, comment t'es entré »

- « par la porte Joe, par la porte elle était ouverte »

- « merde, je perds les pédales ! »

Curieux le contraste entre sa corpulence et son coté parano !

Un jour qu'il fumait un joint , j'avais crié ; « putain, les flics »

Pas eut le temps de faire ouf ,qu' il était déjà passé par la fenêtre comme un type qui n'a rien à se reprocher!Il s'était cassé le bras, faut éviter de sauter dans le vide quand on ne sait pas ou on atterri !

Les jours suivants,même peut être bien les mois, il racontait son agression par une bande de voyous qu'il avait tabassé.

- « Joe,il n' y a rien à voler chez toi ,Je cherche la Mouche ,tu l'as vu ? »

- « je ne lui parle plus »

- « je ne te demande pas si tu couches avec lui, juste si tu l'as vu » !

- « il traîne le soir dans un petit bar , dans la ruelle près des bains douches »

- « Je suppose que toi tu traînes aux bains douches »

- « Ta gueule »

- « Et ton bras? »

- « Ta gueule »

Je me levais et décampais, Joe, c'était tout un poème.

Je l'ai revu il y a quelques temps, je prenais un café à une terrasse, en lisant lejournal, quand sortant du bus, en jupe, un sac en bandoulière ,mon Joe !

Et lui, tout heureux de me voir qui me saute dessus, avec sa dégaine de travelo sur le retour !

Avec sa voix de ténor, génial pour passer incognito.

Bonjour la dégaine !

- « t'es en string la dessous Joe »

- « ta gueule, toujours aussi con, tu payes un coup, je suis fauché »

- « Ah !Le tapin ça eu payé ? »........

PASCOU

suite2

Mes pieds nus s'enfonçaient légèrement dans le sable qui semblait s'échapper entre mes orteils que je battais doucement.

Le flux et le reflux me faisait perdre par moment l'équilibre, à force de le fixer!.

L'eau salée en montant et descendant formait des arabesques et des motifs en encerclant mes pieds.

Je reculais d' un pas pour ne pas mouillé mon pantalon, suivant la marée montante.

Un chien arriva de loin sur la plage et jappant autour de moi il m'éclaboussait en tournant dans une ronde joyeuse.

Je sortais subitement de mes songes, dans l'escalier étroit, les marches craquaient violemment sous le poids de quelqu'un qui montait d'un pas pesant et lent.

PASCOU

suite 1

...je ne sens pas la pluie qui ruisselle dans mon cou.

Les nuages sombres et bas semblent accrochés au préau ou il manque quelques ardoises. Je me réfugie à l'abri , me retournant sur une cour déserte et sur mes souvenirs.

....dans mes souvenirs, la cour était rectangulaire, en fait elle formerait plus un triangle rectangle avec le sommet coupé par un petit appentis, ancienne remise à charbon du temps passé ou le poêle à charbon trônait au fond des classe, enfin il me semble.

La pluie ayant cessé, je me dirigeais vers le portail en fer forgé, lourd, me souvenant du jour ou je m'étais coincé le doigt en me balançant dessus avec mes petits camarades, du sang et des femmes qui accourent.

Curieux comme les souvenirs remontent , le porte bagage sur le vélo de ma mère qu'en elle était en retard. De son rire et de sa joie, puis de ses:

tiens toi bien Pascou!

Comment aurais je pu la lâcher ,ma tête contre son dos!.

Mais c'est elle qui me lâcha, enfin le destin, quelques années plus tard.

Laissant derrière moi la cour et mes souvenirs, je traversais la place à grande enjambées, me retrouvant devant une bâtisse ancienne ou une petite cour dessinée par des murs en pierres surmontés de grilles rouillées, était commune. La porte était ouverte, étroite, donnant un escalier tout autant montant de façon très raide en deux quarts de tours, Un porte sale au rez de chaussée donnait sur ce qui se prétendait un appartenant, une odeur de mauvaise cuisine et de crasse .

De la musique , Brassens il me semble.

Je cognais à la porte du premier et dernier étage, coté droit, aucune réponse je poussais la porte sur une seule pièce, sur la gauche une cheminée ou quelques planches se consumaient en fumant. Dans le prolongement une fenêtre masquée en partie par une sorte de couverture épaisse accrochée à deux clous.

Plus loin un évier en grès blanc à deux bacs, sur l'égouttoir un verre sale, une fourchette et un saladier ou un reste de riz était couvert de moisi .La musique s'était tue et seul le bruit sur les vitres troublait les lieux. Dehors la pluie tombait.

Sur la droite un matelas posé à même le plancher de bois ou des moutons trainaient entre les lattes disjointes. De part et d'autre des sortes de tabourets ou petits bancs mais haut, comme ceux de l'église ou on pose les cercueils, noirs, avec des objets divers posés dessus dont un poste radio, un paquet de cigarette ouvert sur une cartouche de Dunhil .

Une lampe au bout de de deux fils électriques pendait de travers , couverte de merde de mouche.

Un fauteuil voltaire je pense, seul mobilier potable, je remuais le bois dans la cheminée, m'enfonçais dans le fauteuil et commençais à attendre patiemment.....

PASCOU

SOUVENIRS

Un amour d'enfance

Mon premier amour de jeunesse.

Elle était jeune, je l'étais, c'est sur les bancs et dans la cour de la maternelle que j'ai fait mes premiers pas à deux en compagnie de Nenette.

De son vrai nom Annette G.. En ses vertes années, c'est main dans la main que nous parcourions de long en large la cour goudronnée.

Notre liaison fut cafetée à mes parents par des sœurs insouciantes et jalouses au cours d'un souper. Maman me regarda droits dans les yeux et me dit: c'est vrai Pascou ? Pour ne pas faiblir devant des sœurs contentes de leur pauvre victoire j'avouais.

Alors des... :il est amoureux de mes deux sœurs mal embouchées, ce fût papa qui me dit :- et tu veux te marier avec qui Pascou? Avec Nenette répondis je fièrement.

Devant le rire de mes parents je compris qu'ils acceptaient cette union et m'en trouvais soulagé pouvant enfin dire au monde entier mon amour de Nenette. Notre rencontre était née le jour de la fête de l'école Il y avait une petite représentation et je faisais partie du spectacle,blanche neige et les sept nains. Tout se passait très bien lorsque ma pelle en contreplaqué et sous les coups répétés de , eh ho eh ho on rentre du boulot se brisa . Toute la salle se mit à rire et moi à pleurer c'est blanche neige, enfin Nenette qui se prenant à son rôle vint, devant ma détresse et mon monde qui s'écroulait , me faire un bisou! La salle redoubla de ses rires.....

Cette union dura jusqu’au jour jour la vie active nous appela et nous éloigna, elle école des filles coté est, moi école des garçons coté ouest.

La rupture fut brutale et dévastatrice, je m'engageais immédiatement pour les croisades et c'est chaque mercredi que pendant des années je repoussais l’ennemi! Me protégeant de mes armoiries (un vieux couvercle de poubelle)contre les épées en noisetier qui tombaient drues en faisant un boucan d'enfer. Ces quelques années de guerre de quartiers à coup de pommes , de marrons et autres projectiles me poussèrent jusqu'aux frontières de l'adolescence. Puis ce fut comme un mauvais garçon qui rejoint le pénitencier que par un bel après midi de septembre je me retrouvais dans un pensionnat. Ces deux années de bagne me firent presque oublier Nenette. Quand le surveillant général fit la levée d'écrou et que je me retrouvais sur le trottoir libre comme l'oiseau , je me retournais en faisant un bras d'honneur à ce bâtiment lugubre . Mon baluchon à la main je rêvais de prendre le monde dans mes bras et de le conquérir,

Pascou

PASCOU

peur

La terre humide et noire collait à mes pieds nus, je courrais entre les bambous emmêlés frottant la peau.

Je sentais qu'ils allaient me rattraper, m'efforçant de garder la tête froide bien que la panique commençait à s'insinuer, j'avais entendu les portières claquer et des gens crier dans ma direction.

La nuit tombait et j'avançais chutant sur des racines et m'écorchant les pieds.

Je savais qu'au bout il y avait une clôture que je devais suivre, la longer pour trouver la seule issue possible,

La peur s'installait en moi démultipliant mes forces, je me doutais que c'était l'ultime combat je pressentais mon destin et le refusais obstinément.

Enfin l'issue et et une lueur d'espoir,je dévalais dans le noir une pente , comme englué de leur présence ,pesante, collante et qui me nouait le ventre...Ils se rapprochaient dangereusement.

Je sentais presque leur odeur, et comme un ronronnement curieux puis un sifflement dans la nuit ,strident et court puis de plus en plus long...

Je tendais le bras pour étendre la sonnerie du réveil et repoussais mon chat qui me cachait le visage....

Le soleil au travers la vitre était déjà levé.

Curieux cauchemar. :smile2: