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La pudeur


Kégéruniku 8

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Enjôlée par les arabesques du combat d'épées,
Appesantie par la torpeur de l'homme-enclume,
Mandragore endormie se rêvait canopée,
Désireuse du ciel comme serpent à plumes.
Abîmée, mise en terre comme les titans anciens,
Prisonnière des enfers et de leur triste gardien,
Elle avait mis en bière tous les songes lumineux
Qui auraient pu la tirer du séjour ignominieux.
Blessée, délaissée, comme laissée en jachère
Dans un monde où toute vie n'était que rampante.
Elle se dit qu'immobile valait mieux que destin en pente.
Et ainsi s'endormit pour mieux passer l'hiver.

Approche le renouveau et qu'enfin sonne l'heure
Du trépas annoncé de ta placide pudeur.
Que n'en reste que lambeaux, que flétrisse son cœur ;
Je la veux terrassée par les armes de l'oiseau moqueur.

Digne héritier de Teumesse,
Retraité des cinq roues, vadrouilleur insaisissable,
Qui dessine ses peines et sculpte ses liesses
Comme le ferait philosophe avec la pierre et le sable.
Éternel badineur, dont la voix ne s'aggrave
Que pour contraster la légèreté d'une humeur toujours suave,
S'est approché, curieux, de la racine frileuse
Se donnant pour mission de la rendre amoureuse.
Déterre la dormeuse et lui montre ses tours.
Se confronte au refus, se risque au rejet,
Se consacre à la réalisation de son unique projet,
Trébuche en chemin et tombe fou d'amour.

Approche le renouveau et qu'enfin sonne l'heure
Du trépas annoncé de ta placide pudeur.
Que n'en reste que lambeaux, que flétrisse son cœur ;
Je la veux terrassée par les armes de l'oiseau moqueur.

Facétieux et rieur, l'âme toujours légère,
Enhardi par sa belle, se découvre des ailes.
Lui propose alors de prendre le chemin des airs
Pour graver dans sa chair, les délices du ciel.
Éblouie, ébahie et maintenant libérée des supplices
Celle qui fut Pénélope se changeait en Ulysse.
Désireuse d'un voyage par delà les nues
Se laisse charmer à l'idée de ces mondes inconnus.
Se jette dans la gueule du doucereux prédateur.
Abandonne sa pudeur et se donne toute entière
En priant pour des lendemains plus doux que l'hier.
Puisque plus jamais on ne les vit, chacun y va de son interprétation du bonheur.

3 Commentaires


Commentaires recommandés

:D « Déterre la dormeuse et lui montre ses tours »… j’ai l’image et elle est loin d’être poétique hein !

L’envie d’une fin heureuse pour ma part donc pas de prédateur, ni de proie mais le bonheur d’un amoureux conquérant sa douce ac passion.

C’est un joli poème bigrement bien écrit !

Tu commences bien ce début d’année ✨

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il y a 16 minutes, Elisa* a dit :

:D « Déterre la dormeuse et lui montre ses tours »… j’ai l’image et elle est loin d’être poétique hein !

L’envie d’une fin heureuse pour ma part donc pas de prédateur, ni de proie mais le bonheur d’un amoureux conquérant sa douce ac passion.

C’est un joli poème bigrement bien écrit !

Tu commences bien ce début d’année ✨

Il est possible que des doubles sens que l'on pourrait qualifier d'audacieux aient étés glissés intentionnellement dans le texte. Le passage que tu cites n'en fait pas parti, c'est accidentel. 🤣🤣🤣

Merci bien. ^^ Et même si ce n'est pas franchement dans les habitudes, j'en profite pour te souhaiter une bonne année. :D

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