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Reo

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  1. Reo

    Etude - I

    L’être humain est actuellement la plus aboutie des créatures évoluant sur notre globe : c’est nous qui l’affirmons, et nos arguments paraissent assez solides, d’après l’analyse des individus et de leur filiation tout au long des âges. Ce qui pose problème, et qui pèse de plus en plus sur notre devenir, c’est la médiocrité de notre intelligence collective, laquelle, au-delà de notre créativité et de nos savoir-faire, repose d’abord sur nos aptitudes à nous organiser ensemble, et c’est là que le bât blesse ; sur ce dernier point l’Histoire, et particulièrement la plus récente, l’a abondamment démontré _ et n’a jamais cessé depuis de nous en administrer les preuves, accessibles à qui veut bien les appréhender. Non qu’il n’existe, partout et continuellement, de très nombreux contre-exemples de réussites bien construites, au premier rang desquelles des entreprises, et aussi toutes sortes de communautés, territoriales ou associatives. Mais c’est justement leur durabilité, leur existence même, qui est à tout moment remise en cause, du fait de l’instabilité désormais persistante du monde humain dans sa généralité. Comment préjuger que l’adaptation des personnes _ et celle du genre Homo lui-même _ puisse se poursuivre dans un tel contexte ? Et comment souffrir que ce qui est possible et faisable à différents échelons de la société soit perçu comme irréalisable à l’échelle de l’humanité ? D’où l’exigence de rechercher les causes de ce hiatus entre l’achèvement organique et l’épanouissement collectif, de nature à compromettre notre maturation psychologique, chaînon fondamental de la viabilité de notre espèce. A l’origine de notre adaptation se trouve en chacun la conscience de sa propre fragilité face au monde, la perception des menaces précises ou diffuses qu’il recèle, induisant le stress, et donc la nécessité impérative de réagir ; d’utiliser tous nos moyens, au premier rang desquels notre cerveau, qui nous permet d’analyser les éléments d’une potentielle agression à notre encontre, et en fin de compte de l’anticiper : d’imaginer la mise en œuvre de dispositifs d’évitement ou de défense, voire d’accommodement. Tout cela ne se fait pas sans dépense d’énergie, d’abord pour éliminer ou atténuer les contraintes subies, ensuite pour organiser le quotidien afin de récupérer au plus tôt l’équilibre, de le maintenir coûte que coûte. Suivant le bilan de cette opération, celle-ci se traduit par une sensation de confort ou de stress plus ou moins marquée. La réponse au stress est orientée grâce à l’identification des contraintes subies, limitée en revanche par le niveau de l’énergie disponible et par le degré d’urgence requise. Il est clair qu’une erreur d’orientation ou d’ajustement, un retard, peuvent la rendre inadéquate. La pertinence de cette réponse repose essentiellement sur l’expérience, vécue ou transmise : l’éventail des options qu’elle peut offrir avec la connaissance des contraintes, subies ou à venir, permet d’en préciser l’objectif, l’ampleur et le délai de réalisation. D’où l’importance capitale de l’information et de l’éducation pour s’adapter.
  2. Reo

    En résumé

    On a affaire à une crise mondiale et globale. Ce qui signifie qu’il existe dans tous les secteurs des obstacles qu’on a les plus grandes difficultés à aborder, des conflits qu’on n’arrive pas à aplanir. L’intérêt qu’il y a à s’organiser, c’est de faciliter l’adaptation individuelle aux difficultés de la vie, physique et sociale. L’élimination des obstacles et la réduction des conflits diminuent les risques de violences; il s’ensuit que l’agressivité, base du dynamisme, est alors acceptée comme telle et trouve plus facilement ses limites. Mais l’organisation elle-même doit s’adapter à l’évolution et le constat de crise apporte un doute sérieux sur son adaptation actuelle. On peut comparer son fonctionnement à celui d’un véhicule, d’une installation industrielle ou domestique : plus il y a de frottements, plus il y a de pertes de rendement et d’usure d’organes. Réduire les frictions, récupérer la chaleur, c’est bien, mais, en même temps, si on ne veut pas ou ne peut pas changer de modèle, il est préférable de se pencher sur les erreurs de conception et/ou les dérives d’utilisation. Lorsque nous nous apercevons que des centaines de millions de gens connaissent les pires difficultés à se nourrir, se loger, se soigner, parce qu’il n’y a pas d’argent pour ça, mais que par ailleurs, on en dépense énormément afin de trouver des consommateurs pour des produits que tous les êtres vivants de la planète et la biosphère elle-même, rencontrent de plus en plus de difficultés à absorber, nous ne pouvons pas nous dire qu’il suffit d’attendre que les mécanismes se remettent en place d’eux-mêmes; c’est le genre de confiance aveugle qu’on retrouve à l’origine de comportements irrationnels, dangereux parce que non maîtrisés. Chercher l’origine de ce déséquilibre dans une approche de la pratique économique me paraît donc logique dans la mesure où les difficultés se situeraient au niveau de l’échange plutôt qu’à celui des techniques de production. Cela ne veut pas dire que pour moi l’économie est la source de tous nos maux, mais que comme tout passe par elle, on est bien obligé d’entreprendre le «démontage» par là. Ayant mis en parallèle d’une part, ménage et entreprise, d’autre part personnes physiques et personnes morales, je crois que c’est dans leurs oppositions et leurs convergences qu’il faudrait rechercher les premiers indices de dysfonctionnement. Et, en tout premier lieu, de s’interroger sur ce renversement des objectifs et des charges qui nous a conduits, sans qu’on y prenne garde : _de _ l’institution des personnes morales, dans le but de faciliter les missions d’appui propres à garantir .la satisfaction des besoins (relationnels autant que biologiques) des personnes tout court, comme une meilleure gestion de leurs contraintes, .par là même, l’amélioration et l’enrichissement de leurs relations mutuelles, _ à _ l’alourdissement progressif de la charge imposée, comme priorité absolue, aux individus et aux collectivités humaines pour pérenniser _ sans réelles garanties en retour _ les revenus des personnes morales qui les représentent,… …les revenus et services destinés aux gens n’étant dorénavant, quant à eux, créés ou maintenus qu’à proportion de la sauvegarde des objectifs comptables, naguère garants d’un équilibre des prestations _ en qualité comme en répartition _ ce qui, à l’évidence, n’est plus le cas.
  3. Reo

    En résumé

    Avis à tous, responsables ou dirigeants, ça ne sert à rien de faire l'autruche, sinon à ne fabriquer que des perdants....Réflexion et concertation s'imposent pour découvrir les solutions et les mettre en œuvre.
  4. Reo

    Crise

    Merci pour ton intérêt, pour ton besoin de comprendre ce que je veux dire. Bien sûr, tout ne peut pas être résumé dans un seul post, et d'autre part je reconnais que je ne suis pas facile à lire avec mes grandes phrases, et parfois des mots employés dans un sens inhabituel, je suis conscient de tout ça. C'est souvent le besoin de bien délimiter la portée de mes arguments qui m'amène à compliquer, laissant au lecteur un effort de concentration pas évident à soutenir. ("En même temps", c'est tout à fait indispensable de faire cet effort !) Néanmoins, à parcourir ces textes, tu as pu te faire une idée de ma démarche, que je veux avant tout humaniste et objective. Si tu as des suggestions à me faire, je suis preneur, et je dis ça au premier degré, sans arrière-pensée. Merci.
  5. Reo

    Richesses

    Avec toutes mes excuses pour ce "replay"...
  6. Reo

    Richesses

    S’adapter pour un être vivant, c’est d’abord acquérir et entretenir son aptitude à se nourrir et à assimiler _ c’est-à-dire transformer ses aliments en énergie pour se construire et se dépenser. De même pour toute personne, toute collectivité humaine, à propos desquelles on emploie couramment le terme de «richesses». Cela passe donc par la quête de ressources. Ce sont tous les biens matériels _ objets manufacturés ou ressources naturelles _ susceptibles, sans délai ou à terme, directement ou par voie médiate, de procurer des jouissances, de satisfaire des besoins et, de ce fait, convertibles en propriétés individuelles ou collectives. Peuvent être rattachés à cette vaste catégorie tous les articles propres à en faciliter l’acquisition ou la confection : outils, armes, monnaie, etc. Au-delà des outils proprement dits _ machines ou prothèses _ les moyens fournis par la vie elle-même : ressources humaines et animales, leurs énergies et leurs savoir-faire. Il s’ensuit que les richesses sont définies : - soit par leur pouvoir de satisfaire immédiatement à une exigence de jouissance, - soit, le plus souvent, par leur utilisation pour réaliser des prestations reconnues (ou estimées) adéquates à la satisfaction d’un certain nombre de besoins répertoriés (sinon identifiés). Avec comme objectif subsidiaire d’écarter tout stress _ objectif atteint si le résultat recherché est réellement obtenu. Aussi toute modification importante de stratégies dans la satisfaction des besoins sera-t-elle susceptible d’amener, par la révision des objectifs poursuivis, au niveau collectif comme à l’échelon individuel, à reclassifier _ éventuellement, à redéfinir _ ce que l’on entend par «richesses». Ces stratégies, pour fonctionner dans notre société, sont connectées entre elles par l’échange, base de notre économie, fondé sur deux éléments : - la prestation d’un service, qui offre une réponse, voulue et/ou revendiquée comme appropriée, à l’exigence de satisfaire la plupart des besoins, quelles qu’en soient la nature et l’origine; - la jouissance d’un revenu, qui rémunère le prestataire de services et constitue pour celui-ci le moyen d’accès quasi-universel à toute la gamme de prestations proposées sur le marché. En effet, sauf dans quelques communautés traditionnelles, de plus en plus rares et réduites, l’échange a presque totalement supplanté l’accès direct de l’individu et de sa famille à la consommation par le moyen exclusif de leur propre travail, y compris pour satisfaire à leurs besoins vitaux (d’où l’on considère le revenu comme un besoin, en tant qu’objectif incontournable). Cependant les richesses d’un ménage, d’une entreprise, leur donnent la faculté, via l’échange, d’assurer au mieux leur autonomie : - pour le ménage, par la satisfaction de l’ensemble de ses besoins, pour vivre et préparer l’avenir des enfants : ce qui nécessite de bénéficier de différents services (ou articles), donc d’en rémunérer les prestataires _ sous réserve de jouir d’un revenu suffisant pour couvrir ces dépenses; - pour l’entreprise, par la consolidation de sa pérennité en droit : ce qui exige qu’elle réalise des bénéfices, lesquels ne peuvent être obtenus qu’à condition qu’elle puisse vendre des services (ou des articles) en quantité suffisante _ et suffisamment rémunérés _ pour demeurer compétitive. Les deux termes de l’échange revenu/service sont complémentaires : - le revenu, dans la mesure où sa valeur, déterminée en espèces monétaires, est purement quantitative _ donc susceptible d’être comparée et ajustée sur une base objective _ et revêt un caractère universel, entériné dans la pratique ; la diversité des services offerts, à laquelle seul il permet ainsi d’accéder, est d’autant plus étendue que son niveau est plus élevé ; les possibilités de choix qui en découlent constituent un élément capital de garantie d’autonomie ; - le service, jaugé selon le type d’exigences, est spécifique par nature; aussi son évaluation ne peut-elle être quantifiée en termes entièrement objectifs ; c’est lui qui répond _ sous réserve de disponibilité et d’accessibilité_ au besoin exprimé ; à noter que cette réserve ne devrait pas s’appliquer aux besoins de base, notamment biologiques (qui réclament _ objectivement et quantitativement _ des réponses sous forme de services) sous peine de nuire à l'équilibre des personnes et de la société _ en tant que fondement de leur développement et comme finalité primale de toute organisation. L’échange est la conséquence directe de la distribution des rôles qu’exige la diversité des services proposés aux personnes, physiques et morales. Sa généralisation permet à la société _ à l’instar d’un organisme vivant _ d’accéder, en principe, à un équilibre - «diététique», grâce à des apports «nutritifs» en quantité (repérable par le volume des revenus) comme en qualité (appréciable par l’efficacité des services), - «métabolique», par une «assimilation» correcte de ces «nutriments», afin de maintenir l’intégrité de toutes ses fonctions…ce qu’il faut là où il faut, sans manque ni abus. Mais il se trouve actuellement que cet équilibre n’est pas atteint, car : - la disponibilité de beaucoup de services courants demeure insuffisante, l’offre ne pouvant en être suffisamment rémunérée, - l’accessibilité de beaucoup de services également nécessaires reste difficile à assurer en raison de leur coût, d’où l’insatisfaction de la demande, - une pléthore de propositions de prestations débouche sur la disqualification des produits (prix trop élevés, concurrence trop forte) et les pertes financières qui l'accompagnent. Ainsi s’expliquent les inégalités et les gaspillages de ressources de la société mondiale d’aujourd’hui.
  7. Reo

    Synthèse/4

    Résumé du contenu des 4 premiers billets : Dans « Stress et politique », Ce qu’est le stress et comment il peut se propager (4), le fait que des stress individuels nombreux et prolongés entraînent la multiplication des conflits dans une population; conflits que la politique a pour rôle de gérer, d’anticiper et, autant que possible, de prévenir. (1) En observant que l’installation durable du stress est en grande partie due à la compétition imposée quotidiennement à chacun.e _ notamment dans sa vie professionnelle _ ce qui isole les individus en les opposant les uns aux autres, amenant de ce fait décohésion et régression de la société. (3) Un des critères à retenir pour apprécier le développement devrait donc être _ a contrario _ le niveau de stress des populations, caractérisé par des repères comme la fréquence des suicides, des agressions, des syndromes d’épuisement (burn out) ou de dépression (bore out) et, bien entendu, des conflits armés. (2)
  8. Reo

    Planète

    La planète apparaît devenir de plus en plus le sujet de nos inquiétudes, et de moins en moins être retenue comme l’objet de nos sollicitudes. Nonobstant la planète va bien, merci. Elle a, sauf accident sidéral 4 ou 5 milliards d’années devant elle, avec le Soleil et son cœur à elle pour la réchauffer et l’entretenir. Avec quelques siècles de flaques barbouillées, de plaques écorchées, ce n’est pas nous qui allons lui faire de l’ombre. De fait, si ça lui chante, pourquoi ne resterait-elle pas capable de maintenir des conditions favorables à la vie ? Envers et contre nous…. Ou avec nous, pourquoi pas ? Offre valable jusqu’au…. C'est nous qui voyons. Ou pas.
  9. Reo

    Voeu pieux ?

    La guerre permanente entre les grands groupes mondiaux, impliquant les États comme forces d'appui, avec des armes à plus ou moins longue portée, tel le dumping fiscal ou social, avec ses offensives et ses replis, se révèle de plus en plus coûteuse en "unités" pour la "piétaille" des ménages et la "cavalerie légère" des PME, sans compter les innombrables "brèches" infligées aux collectivités territoriales. En l'absence d'une réelle gouvernance, c'est bel et bien d'anarchie qu'il s'agit, fragilisant les régimes démocratiques et confortant les autres options, comme les théocraties ou les dictatures, quand ce n'est pas tout simplement le retour à des situations claniques, où s'interpénètrent sectaires et mafieux. Notre trajectoire s'appuie essentiellement, aujourd'hui, sur le principe économique de concurrence, retenu comme repère unique de liberté _ du moins sur le plan pratique _ à travers le concept d'entreprise. Cependant ce dernier, né dans un espace ouvert sur un horizon lointain, propice à des envolées exaltantes, connaît à présent une maturité avancée, dans un monde désormais statique et refermé sur lui-même comme un cercle de sumo : la course de fond open a fait place à l'épreuve de force entre pros de haut niveau. Deux siècles d'histoire ont suffi, en effet, pour rapprocher les habitants de notre planète, plus encore par la technique que par le nombre, nouant entre des institutions, des collectivités que tout séparait, culture et géographie, d'indissolubles liens d'interdépendance. Rien d'étonnant, donc, à ce que le droit, public ou privé, constitutionnel ou international, n'ait pu, en si peu de temps, épouser ou redresser les multiples distorsions imprimées à nos règles et usages. Le monde est devenu un ensemble organique auquel il manque la paix et l'autorité pour obtenir la cohésion indispensable à son développement. Pour cela, il lui faut récupérer l'organisation et la gestion des missions de sauvegarde, que les États ne réussissent à assurer ni ensemble, ni isolément. Rien de plus, mais rien de moins. A nous, citoyen.ne.s de la planète, de trouver _ au plus tôt _ les outils pour que puisse s'exercer cette gouvernance. Excluant une fois pour toutes les errements des autocrates, pour enfin se consacrer à réduire les lacunes de nos démocraties.
  10. Reo

    Crise

    Lorsque tout va mal, ou du moins, que nous nous trouvons dans une situation critique, nous sommes souvent tentés d'accuser la malchance, d'invoquer la fatalité. Tant il est vrai, qu'au fil des luttes quotidiennes, une personne, une famille, une communauté, ne peuvent prétendre garder constamment la maîtrise de leur devenir. L'excuse prête toutefois le flanc à la contestation quand il s'agit d'un Etat, d'une puissance internationale, de l'œuvre humaine même, comme il en est question aujourd'hui. Comment comprendre ce moment de l'Histoire où nos grandes institutions se voient réduites, de l'une à l'autre et d'année en année, à espérer un signe du Marché pour ranimer leurs projets, recouvrer leurs forces vives ? Le progrès n'est-il pas là pour attester de la ténacité de l'être humain dans son combat _ éternel _ contre un sort précaire, de sa volonté _ toujours présente _ de construire en commun un avenir moins fragile ? Dès lors, si l'importance et la répétition des insuccès actuels des politiques nationales ou locales ne saurait être imputée au hasard, ou tout bonnement à la "nature humaine", elle ne peut être attribuée désormais qu'à une défaillance de notre organisation collective. Autrement dit, ce qui avait réussi hier n'aboutit plus qu'à l'échec. Pour en sortir, il faut d'abord en prendre conscience, ensuite avoir la volonté d'y mettre fin. S'il est vrai qu'une multitude de combats sont engagés pour parer aux menaces diverses qui pèsent sur la planète humaine, encore faut-il, pour prétendre les surmonter, appréhender leur cohérence en tant que conséquences d'une réelle dérive. Peut-on croire en effet que, dans un laps de temps de quelques décennies, la survenue de deux guerres mondiales, de débâcles financières réitérées, le dérèglement du climat, l'empoisonnement récurrent des cours d'eau, l'accumulation régulière de polluants atmosphériques, la constitution de nouveaux continents uniquement avec des déchets, l'appauvrissement continu de la biodiversité, la mise en danger répétée _ et diversifiée _ de la santé publique, l'exclusion par le chômage et le mal logement, l'existence _ voire l'accroissement _ en dépit d'un progrès technique exponentiel, de populations dépourvues de ressources vitales, la montée parallèle des violences sociétales et des idéologies populistes, ne soient que fâcheuse coïncidence ? Pour autant, si dans ces événements, la responsabilité des êtres humains est pleinement engagée, la nature du phénomène qui les relie n'est pas clairement perçue. Sauf l'évidence d'un grand désordre, qui écarte la thèse de la mise en œuvre d'un projet délibéré, par quelque personnage ou quelque organisation que ce soit : pas de mobile logique, pas de moyens suffisants. A contrario, c'est plutôt d'une insuffisance ou d'une incohérence qu'il serait question. Donc, ce monde est en proie à de grandes perturbations écologiques et sociétales _ déséquilibres, dysfonctionnements _ qui ne correspondent à aucun projet sensé. Bien au contraire, leur évolution échappe à toutes les velléités de contrôle. Si l'on se réfère à la structure organique des sociétés humaines, on peut évoquer ici et là des déficiences de "nutrition", l'élimination insuffisante de déchets, des défaillances de l'"appareil circulatoire" ou du "système nerveux". Dans un schéma purement mécanique, il sera question de mauvaise répartition des contraintes; et c'est bien de cela qu'il s'agit : la "machine" est grippée, la distribution des ressources et des moyens n'assurant plus aujourd'hui la viabilité de l'écosystème planétaire, dont l'humanité est devenue en quelque sorte le "noyau" actif. Que faut-il mettre en cause ?
  11. Reo

    Approche

    L’ébauche d’analyse entreprise dans ce blog n’est pas développée dans une approche basée sur des normes ou des principes moraux mais dans un contexte «naturaliste». En effet, plutôt que d’en appeler, pour assister une société humaine en situation critique, à la morale avec ses préceptes _ voire ses tabous _ la question est de s’interroger sur sa vitalité et ses ressources, face à une crise qui l’affecte dans sa globalité. C’est la raison pour laquelle, par exemple, l’usage dans ces commentaires, des mots : «liberté», «égalité», «équité», «droit/devoir», ou bien encore : «solidarité», «partage», fait généralement place à celui de termes tels que : «autonomie», «équilibre», «besoin/exigence», «interdépendance», «coopération», qui recouvrent des concepts plus directement liés à la notion de développement. Il y a donc un fil à suivre, des repères à trouver. Sans doute aussi, des convergences avec la morale commune, si l’on veut bien admettre qu’aux racines ancestrales de celle-ci se trouve, très probablement, ce qu’on pourrait appeler l’instinct de conservation de l’espèce (ou du «genre humain»)
  12. Dans ce blog, sont successivement évoquées: - l’agressivité en tant que dynamisme, - l’intelligence comme faculté d’orientation, - l’adaptation comme condition de développement, - l’organisation, associant intelligence et dynamisme, comme outil de l’adaptation. Puis les deux pôles du développement : - la conquête par l’accumulation des techniques, - la construction par la multiplication des relations. La gouvernance mondiale entre ces deux exigences : - pour faire face à la crise globale, - parer les menaces, - résoudre les conflits, a pour rôle de coordonner l’ensemble des activités afin de les harmoniser. Ce rôle doit être déterminé - par sa légitimité, - par la souveraineté qui lui est spécifique, dans le respect des souverainetés respectives identifiées et répertoriées. Il existe déjà des autorités supranationales ou transnationales susceptibles de fournir des modèles (voir note plus bas) de gouvernance : Europe, ONU et filles, ONG, entreprises multinationales. Comment sortir des crises et apprendre à les éviter. Des besoins aux objectifs, du particulier au collectif, de la spécialisation à la coordination. L’économie cloisonnée et doublonnée par la notion de concurrence. Ses limites. Une économie ouverte sur la notion de prestation de services. L’adaptation dans la durée. Croissance et crises comme étapes du développement. Le quantitatif et le qualitatif. Les repères. L’orientation et les choix. Lucidité et confiance. Une esquisse de constituante de gouvernance mondiale. Le besoin de cohésion. Le déséquilibre de l’économie par la compétition et ses conséquences observées. Défaut d’organisation plus que volonté d’affrontement. En revoir le fonctionnement à la base. - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Note : dans le sens de "patron" (du tailleur, de la couturière) ou de l'anglais pattern
  13. Reo

    Parenthèse

    Avant de poursuivre, je reviens sur la "guerre économique" (pour autant que les deux mots, ou les deux concepts, puissent être associés), impliquant le surcroît d'activité à consentir pour conquérir la suprématie, ou simplement tenter de se maintenir coûte que coûte la tête hors de l'eau. Tout bien considéré sous cet angle, dans tout emploi, public ou privé, administratif ou opérationnel, tous secteurs et toutes corporations confondues, une proportion importante de productions _ services ou articles _ ne présente, à vrai dire, une réelle pertinence que dans la garantie d'une partie des revenus de la population, et pour la plupart des gens _ dans l’emploi ou pas _ tout un spectre de nuisances allant de l'inconfort durablement ressenti à la nocivité _ contestée ou reconnue. Je noircis le trait ? Dans une conception "bipolaire" de la société, par exemple "prolétaires" contre "nantis", le problème n'est déjà pas simple à traiter, puisque cette manière manichéenne de voir les choses, à amplifier les crispations et raviver les plaies, perpétue les conflits en versant continuellement "de l'huile sur le feu". Mais l'on se rend bien compte aujourd'hui que cette approche est insuffisante, car, en fonction des créneaux, ce ne sont pas toujours les mêmes "privilégiés", les mêmes "déshérités", encore que privilèges et déshérences puissent (et peuvent effectivement) se trouver cumulés par des individus, ou des groupes, dans des situations ou des circonstances spécifiques qui perdurent _ et pas si rares, dans cette deuxième décennie du troisième millénaire. Dans la recherche de solutions, la quête de "coupables" devient une gageure, et a toutes les chances de s'avérer inadéquate, tant il apparaît indispensable, selon moi, de mener une analyse pour redéfinir les responsabilités mises en cause afin d'en rééquilibrer les attributions.
  14. Reo

    Orteil dans l'eau (tater le terrain)

    Bonjour C'est décevant de ne pas avoir de réponses à ses posts, je connais ça. En même temps, comme tu le soulignes au départ, nous vivons dans des environnements différents, ce qui a tendance à nous éloigner les uns des autres dans nos préoccupations quotidiennes. Si alors on essaie de prendre un peu de hauteur par rapport à nos destins individuels, on entre dans un dilemme perpétuel : chercher à comprendre ou se jeter à l'eau ? Et parfois les deux à la fois, sans véritablement en prendre conscience....L'orteil dans la vase et la lise fait le reste ? Je ne suis pas sûr d'avoir de réponses pour tes interrogations. Tout ce que j'ai à te proposer, c'est ce que j'ai mis dans mon blog. En tous cas, bon courage et meilleure chance pour la suite.
  15. Reo

    Rappel

    Il y a aujourd’hui quelque chose qui ne fonctionne pas dans l’échange. Reste à savoir d’où proviennent les déséquilibres et pourquoi ils s’installent. Pour cela, il est nécessaire de découvrir en quoi les différentes stratégies de développement en sont venues à se contrarier. Essayons de partir d’un exemple pour entreprendre cette analyse. Pourquoi fabriquer (par exemple) des voitures ? - pour les utiliser au quotidien : pour se déplacer, pour le travail et/ou les loisirs. - pour les vendre : pour les revenus (profit, salaires), pour la croissance, pour l’emploi. Demande et offre, en vue d’une satisfaction mutuelle. Ce qui est vrai pour les voitures l’est également pour un très grand nombre de produits et de services…. D’une part, les consommateurs, ménages ou collectivités, recherchent un équilibre budgétaire dans la répartition des postes de dépenses : - plus le niveau de vie est élevé, plus importante pourra être la part réservée aux loisirs, à l’épargne, à l’investissement, - part devenant au contraire très faible lorsque les revenus sont au plus bas : dans ce cas, les dépenses au poste «voiture», dans la mesure où on ne peut s’en passer sans mettre son emploi en péril, sont réduites à l’indispensable et le délai de renouvellement du véhicule est repoussé au maximum; la part réservée aux besoins de logement, aux charges, à la nourriture et à la santé, devient prépondérante. D’autre part, en entreprise, on recherche le plus grand profit, dont le facteur capital est le volume des ventes : - plus on vend d’articles ou de services dans chaque créneau donné, plus on réalise de bénéfices, ceci afin d’assurer la pérennité de l’équilibre économique de la firme, du groupe et des régions d’implantation; et au-delà, son expansion; - mais dans la mesure où, dans des secteurs de plus en plus nombreux, il s’avère difficile _ en raison de la pression d’offres concurrentes et/ou de l’insuffisance relative de solvabilité de la demande _ de conquérir des parts de marché supplémentaires, il est quasiment impératif d’inciter les acheteurs à adopter des délais de renouvellement de plus en plus courts. Mais : plus élevé le rythme des achats, plus restreint le nombre de clients, la capacité à suivre la cadence étant conditionnée par la possibilité d’acheter _ par le niveau du pouvoir d’achat. L’incitation par la publicité va donc cibler en priorité les fractions les plus aisées de la clientèle. Comme, en consommation courante, ces dernières sont déjà pourvues à satiété et que les autres, pourvues ou non, ne renouvelleront leurs achats qu’à un rythme insuffisant pour procurer assez de marge, les autres marchés _ ceux du loisir, de l’accessoire et du prévisionnel _ vont être de plus en plus sollicités, avec une escalade continuelle vers la nouveauté, mais en même temps, toujours au moindre coût, pour éviter la perte de bénéfices et de compétitivité, synonyme de recul. D’où une tendance persistante à la limitation, voire à la diminution de la masse salariale (licenciements, temps partiels, CDD, moindre rémunération…), avec comme effets, de restreindre encore le potentiel d’achat d’une fraction croissante de la population. Par ailleurs, les services de base, les créneaux de consommation courante, limités par nature en volume solvable (rapporté à la durée d’un exercice), ne sont plus assez rentables pour ce qu’ils coûtent : ils sont donc _ logiquement _ contingentés ou délaissés, et/ou sous-traités à des entreprises moins bien armées, qui dès lors luttent pour leur survie. Il ne reste alors à ces dernières que de réduire encore les coûts, aggravant le chômage et la précarité des emplois, diminuant d’autant la solvabilité de la demande. Ainsi, l’éventail des prestations offertes se trouve-t-il progressivement écarté des besoins courants _ qui correspondent à une demande globalement limitée en solvabilité _ pour être réorienté vers des marchés susceptibles de soutenir une croissance, dès lors qu’ils garantissent aux fournisseurs la poursuite de leurs propres objectifs. De fait, il apparaît que l’équilibre comptable de toute entreprise ne puisse être désormais assuré, dans le contexte d’une offre toujours supérieure à la demande (solvable), qu’en s’efforçant de vendre toujours plus, à des prix qui doivent rester compétitifs, donc de dépenser toujours moins : aussi ce dernier impératif, même lorsqu’il entre en conflit avec des besoins de services, individuels ou collectifs, a-t-il tendance à devenir prioritaire. Tout semble se passer comme si, aux objectifs de services que s’étaient initialement assignés les populations et leurs gouvernements, en s’appuyant sur la finance comme moyen, s’étaient, en fin de compte, substitués les objectifs financiers : en particulier, toutes les entreprises _ et autres personnes morales _ doivent à présent obéir en permanence à une même exigence de «déficit interdit», impliquant la recherche incessante d’un profit maximal; ce qui confine leur statut à celui d’auxiliaires de ladite exigence, minimise en conséquence leur fonction institutionnelle de service, et de ce fait, entrave leur progression _ et la nôtre ! _ vers une véritable autonomie. En conséquence, l’adaptation des prestations de services à la satisfaction des besoins humains ne paraît plus, à l’heure actuelle, devoir être réalisée, voire envisagée, que dans la mesure où, non seulement ces prestations permettent de préserver les profits _ comme sources de tous les revenus _ et là est le problème _ mais doivent désormais être, avant tout, conçues comme le moyen de les pérenniser, fût-ce en renonçant, le cas échéant, à satisfaire les besoins basiques. Ce qui pourrait expliquer que, . d’un ajustement naturel de la production de produits et de services à leur consommation, l’offre se contentant de suivre la demande, ou au moins de l’anticiper avec mesure, nous ayons peu à peu évolué, pour tenter de garantir, coûte que coûte, l’ensemble des revenus sous la pression de la concurrence, . vers un développement mal contrôlé de la production entraînant, jour après jour, le détournement systématique de la consommation - d’une part, vers des situations de pénurie, génératrices de sous-équipement et de précarité, dans les secteurs (logement, santé, éducation, sécurité…) délaissés pour cause de moindre rentabilité _ par défaut de solvabilité des besoins de base d’une proportion croissante de consommateurs, particuliers ou collectivités (Etats compris) (*), - d’autre part, vers des situations de pléthore, génératrices de gaspillages de ressources et d’énergie _ ainsi que de pollutions _ dus à une compétition sévère dans la recherche de créneaux et de parts de marché, pour conquérir des clientèles solvables, de plus en plus sollicitées de par leur raréfaction (**). Outre ces inconvénients, le découplage entre les besoins de services et les objectifs de revenus n’a cessé de faire apparaître des incompatibilités de plus en plus nombreuses et profondes dans leur poursuite conjuguée, ce qui constitue un sérieux handicap pour toute gouvernance - fondée en principe sur la synthèse et l’équilibre des diverses exigences, - appuyée en pratique sur la prévision et le contrôle, en ce qu’il rend totalement aléatoires les effets des mesures entreprises et le succès des projets adoptés. - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - (*) défaut de disponibilité de prestations basiques : offre en diminution constante ou croissante pour cause d'insuffisance de rentabilité; (**) défaut d'accessibilité aux prestations non basiques : demande en diminution pour cause de raréfaction de la clientèle solvable. - Ainsi l'offre et la demande sont-elles amenées à se rencontrer de moins en moins, en qualité comme en quantité -
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