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Reo

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  1. Les oubliés du pouvoir d’achat, les invisibles du service au public, ont pu se faire voir et entendre de tout le monde avec : - leurs protestations multiples et croisées sur le net, - le gilet jaune comme symbole commun de protection individuelle, - leur présence sur les lieux publics d’accès obligé pour circuler ou se ravitailler. Et aussi des manifestations en ville ayant débouché sur des confrontations violentes. La durée des blocages qui en ont résulté a contraint le pouvoir à infléchir sa politique sociale, sans toutefois renoncer au cap économique qu’il s’était fixé pour la durée de son mandat. Au-delà d’une prise de conscience et d’une reconnaissance de ces personnes, ménages, entrepreneurs, en grande difficulté, cela a amené des décisions, d’application à court terme, et l’entame publique d’un dialogue. Beaucoup de commentateurs, y compris dans le mouvement, préconisent de le personnaliser dans une représentation nationale, admise à la discussion selon le schéma classique du parti ou du syndicat. L’aspect paradoxal de cette invitation à instaurer le débat est d’ignorer le rejet, par la grande majorité des revendicants, de ce mode de représentation …qui confirme pourtant le rejet du corps électoral vis-à-vis des partis, aboutissant à la victoire du rassemblement «En marche» _ lui-même mis en cause aujourd’hui, après 18 mois d’exercice. Il devrait être possible de mieux comprendre ce paradoxe eu égard à la grande diversité - des revendications, sur les thèmes communs de la précarité et de la reconnaissance, - des opinions politiques déclarées ou écartées par leurs porte-parole. Sans doute en s’appuyant sur le fait que chaque parti _ ou syndicat _ s’éloignait le plus souvent de l’électorat de par : 1- sa ligne politique trop étroite pour retenir les aspirations communes au plus grand nombre, 2- la gestion de son appareil, ayant tendance à l’absorber dans des préoccupations exclusives, au détriment de sa mission de service. De sorte que les électeurs se sont peu à peu détachés de leurs représentants nationaux, au point de renouveler la quasi-totalité de l’Assemblée. Ce qui a eu pour effet de substituer à un lien très affaibli un «greffon» qui tarde à prendre. Et ce qui les a confortés, semble-t-il définitivement, dans la conviction de l’inadaptation de ce mode de représentation à l’expression de leur souveraineté. C’est pourquoi, indépendamment de la mise en place d’une forme de dialogue _ à définir _ avec le gouvernement, il est indispensable de renouer le lien au plus près pour reconstruire une représentation mieux débattue des questions qui touchent les citoyens. Après les contacts sur le net prolongés par les rencontres sur le terrain, voire le soutien des élus locaux, nul doute que cette phase révélatrice de la détresse sociale _ et sociétale _ parvienne et cède la place à une étape constructive salvatrice.
  2. Le monde actuel fait penser à un établissement de jeux, où les joueurs seraient les États et les multinationales, engagés dans une perpétuelle surenchère. Il leur faut donc continuellement miser de plus en plus et user de tous les moyens pour se maintenir à flot. C’est le lot du joueur invétéré qui, avant d’en venir à jouer sa propre chemise, aura bradé tous ses biens, jusqu’à dépouiller sa famille, son épouse, ses enfants, les abandonnant à la mendicité et à l’errance. Ainsi va la finance, laquelle abuse l’économie en détournant la totalité de ses ressources vers un jeu stérile et dévastateur, lui laissant croire à un retour d’investissement, sans cesse différé. Car il ne peut jamais y avoir de fin, les chances de survie des participants étant liées à leur poursuite inconditionnelle de la compétition, en jetant pêle-mêle armes et bagages, toutes leurs forces vives dans une guerre sans merci. Le précédent des guerres mondiales pourrait laisser espérer la venue d’un accord de paix, pour autant qu’il puisse être respecté. Mais on peut en reconnaître la difficulté, dès lors que cette guerre financière connaît une durée bien plus longue, incluant plusieurs générations. C’est pourquoi, lorsque l’on supporte la situation, même tant bien que mal, plutôt que de l'envisager, on préfère généralement soutenir la croissance, en dépit des dégâts _ croissants _ qui en résultent. En espérant, malgré ces démentis quotidiens, pouvoir repousser indéfiniment l’instant fatidique du burn-out général… qui ne nous laisserait aucune option pour reprendre le chemin du développement.
  3. La gravité des événements que nous vivons inspire à l’un de mes amis la réflexion que nous revenons à l’âge de pierre de notre préhistoire. Comme un peu partout en Europe, où le populisme réapparaît avec son cortège de violences. Blocage du dialogue, blocage de la rue, blocage de l’économie. A chaque fois qu'une situation se bloque, l'action tend à prendre le pas sur la réflexion. De ce fait l’absence de lucidité dans l’action, la privant d’un nécessaire contrôle, l’entraîne du brouillon au désordre, puis du désordre à la violence, et le blocage perdure. Quand on se trouve «au pied du mur», il arrive, faute de moyens ou faute de patience, de renoncer à la réflexion; et voilà la démarche simplificatrice, qui consiste à s'isoler «dans sa bulle» et à nier ou minimiser les problèmes du voisin. Le mérite des gilets jaunes _ ceux qui ne veulent pas de la violence _ est d'autant plus grand. Il leur faut calmer tous les extrémistes, et ce n'est pas une mince affaire quand les institutions se révèlent impuissantes à faire barrage à cette violence. Pour ma part, j'incline à penser que si l'être humain, individuellement, est l'être vivant le plus intelligent, il est collectivement l'un des plus stupides, car, face à ce double handicap _ social et écologique _ qu’il s’est à lui-même infligé, il se révèle incapable d'assurer sa propre conservation, alors même que, bien tardivement, il commence à se rendre compte de cette fatale lacune. L'intelligence ne consiste pas uniquement dans d'exceptionnelles facultés de compréhension et de création individuelles, mais bien au-delà, dans la faculté de nous organiser et surtout de savoir faire évoluer le mode d'organisation dans la pleine conscience de notre propre évolution.
  4. Le texte ci-après, déjà paru fin novembre 2017, est plus que jamais d'actualité. Il permet de se rendre compte que nous n'avons en rien progressé, depuis sa parution, dans la recherche d'une solution qui ne peut être que concertée, compte tenu de l'emprise de l'utilisation des carburants fossiles sur tous les secteurs économiques. 30/03/2010 Contre-exemple Si ce blog a une raison d’être, c’est bien d’affirmer la conviction que rien d’essentiel, en ce monde désormais globalisé, ne peut être bâti sans intelligence _ au sens premier du terme _ c’est-à-dire en se dispensant de comprendre les problèmes du voisin et les intérêts de chacun, sans omission ni discrimination. C’est pourquoi, tout au long des messages, je me suis efforcé de montrer que seule une approche globale des différentes crises, résultant de conflits sans recherche sincère de solutions, serait de nature à éclairer les démarches à effectuer, pour en espérer des solutions durables, parce que rationnelles. Un contre-exemple parmi les fréquentes tentatives (simulacres ?) d’arbitrages entre les exigences socio-économiques et celles de l’écosystème planétaire : la proposition dite «taxe carbone». Basée sur le principe du pollueur-payeur, c’est un prélèvement d’argent, sur les particuliers comme sur les entreprises, à effectuer en raison directe de la quantité de dioxyde de carbone dégagée par la consommation de combustibles fossiles, dans la mesure où son accumulation représente un risque de déstabilisation du climat. L’augmentation du coût de tout service incite en effet à en user au plus juste, et il est équitable qu’aucun utilisateur n’en soit exonéré : en l’occurrence, nul n’est censé y échapper, puisque nous consommons tous des énergies issues de ces combustibles, que ce soit pour le chauffage, les transports ou la production. Cependant, l’organisation de notre société est telle qu’il subsiste de par le monde, d’un continent ou d’un État à un autre, de grandes différences entre les lois et règlements, et de plus, dans chaque pays, de très importantes disparités de situations entre ménages et entre entreprises. Il en résulte que : - la mesure, quelle qu’en soit la forme, a une très faible probabilité de réussite sans un consensus effectif au plan réglementaire, comme en attestent les échecs renouvelés depuis celui de Copenhague, - dans l’hypothèse d’un tel consensus, les disparités économiques existantes en rendent l’efficacité hautement improbable. On n’imagine pas en effet se restreindre ceux qui ne font pas d’abus, sans pénaliser, pour les uns leurs conditions de vie, pour les autres (voire les mêmes) la compétitivité de leur entreprise et l’emploi de leurs salariés. De même, on ne voit pas se limiter ceux, particuliers ou sociétés, qui en ont les moyens, en tant que cibles de toutes les sollicitations et de toutes les incitations à préserver de l’étouffement le moteur de la croissance. Dans un pareil contexte, l’application de cette taxe risque de s’avérer à la fois économiquement (et socialement) contre-productive et insuffisamment dissuasive écologiquement, pour poursuivre l’objectif revendiqué, à plus forte raison pour l’atteindre.
  5. S’adapter, c’est pouvoir disposer de plusieurs options pour accéder à plus de confort _ ou moins de stress _ dans notre existence : en somme, arriver à échapper à l’alternative immobiliste et, à terme, destructrice, entre le recours à l’agression et le repli sur soi. C’est donc savoir, d’abord s’appuyer sur la mémoire des événements, ensuite sur la faculté d’en tirer des leçons _ être capable d’anticiper, de s’organiser, non seulement dans la conjoncture mais aussi dans la durée. C’est vrai pour la personne ; c’est vrai pour la société, dans son ensemble comme dans ses parties. Et justement, que découvrons nous quotidiennement à ce sujet? L’obligation permanente des décisionnaires de choisir entre le maintien d’emplois, de bassins d’activités, de la croissance économique, et la sauvegarde de la biodiversité, du bilan carbone, et jusqu’à des exigences de santé publique. De fait, des alternatives binaires conduisant à léser gravement l’une des parties pour préserver les chances de l’autre. Où la décision, quelle qu’elle soit, équivaut à une agression, clairement ressentie comme telle par la partie adverse. Où l’absence de décision conduit au marasme, où tout le monde est perdant. Ce qui s’observe également en géopolitique, où les multiples menaces de déstabilisation se dissolvent dans un statu quo infernal, qui condamne des populations entières à l’errance misérable ou au confinement meurtrier. Un constat sans appel de la perte de capacité du monde humain d’aujourd’hui à s’adapter et, bien au-delà d’une régression largement entamée, d’une involution désormais programmée.
  6. Reo

    En résumé

    Aucun doute sur la nécessité _ l'urgence _ de mettre en œuvre une autre gestion de notre espace planétaire, ce qui implique une autre économie (re-fondée sur le service). Cependant, c'est de l'exercice de conducteurs du train actuel dont il importe de se débarrasser préalablement, et non des personnes physiques qui y ont été promues, quelles que soient les origines de ces promotions. Et on ne peut pas sauter du train. C'est la prise de conscience d'une immense majorité de personnes sur le globe, indépendamment de leurs opinions politiques, qui seule peut faire la décision, prise de conscience du caractère dérisoire (*) de leurs attentes (*) actuelles devant la réalité du danger. Et leur permettre de prendre les initiatives constructives susceptibles de ralentir, voire de l'arrêter, pour être en mesure de lui donner cette nouvelle orientation. (*) NB : Contrairement aux préoccupations quotidiennes, qui ne sont pas dérisoires, mais qui, elles, sont de plus en plus menacées par la dérive actuelle.
  7. L’objectif de cette étude est de rechercher pourquoi notre espèce, si riche en potentialités individuelles, demeure à ce jour incapable de maîtriser collectivement sa propre destinée. Certes, les défaillances individuelles peuvent entraîner des ratages collectifs et vice-versa, avec des diagnostics divers généralement bien étayés, mais si comme moi, on est conduit à penser qu’ils recouvrent une raison profonde inhérente à nos modes de fonctionnement, alors il paraît indispensable de mettre en cause le phénomène de stress. Avec lui, on tient le processus élémentaire de l’adaptation individuelle, soit l’impact d’un événement sur une personne, suivi de la réaction de cette dernière, qui comporte : - une résonance interne sur son organisme et son psychisme, - une réponse en direction de la source de l’événement. Cependant, si la réponse est inadéquate, les effets internes de l’impact subsistent avec elle, accroissant le risque de non-adaptation; il ne reste alors, pour les réduire _ c’est-à-dire supprimer ou amoindrir une partie des contraintes subies _ que l’alternative suivante: - éviter ou atténuer l’impact (fuite, évasion, déni de la réalité), - en effacer l’origine (intervention non négociée, agression). Dans ce cas, le seuil d’inadaptation est atteint, puisque les options d’accommodement ou de négociation n’ont pas pu être considérées, et surtout parce que la conduite à tenir dans l’avenir face à une telle situation n’a pu être définie. Il est évident que ce seuil dépend, d’une part, du type d’événement, d’autre part de la personne et de son vécu. Et que tout un chacun peut, le cas échéant, y trouver ses limites de résistance ou d’endurance. Dans une certaine mesure, grâce à la vie en société, l’implication mutuelle ou collective des individus leur a permis d’élever le niveau de performance adaptative de chacun pour un nombre sans cesse croissant de situations. Mais, a contrario, la persistance de nombreuses réponses inappropriées peut compromettre la bonne adaptation de l’ensemble des personnes impliquées dans les situations qu’elles doivent gérer, en communauté ou en solo. Ce qui signifie que, si la vie sociale apporte indéniablement des avantages adaptatifs, elle peut aussi introduire des contraintes supplémentaires _ génératrices de stress _ en raison de l’interaction des relations mutuelles de dépendance, matérielles ou affectives. Cela implique également que les effets négatifs de situations non maîtrisées collectivement soient susceptibles de s’étendre au groupe impliqué, voire de se propager à d’autres groupes également concernés. Le problème de toute insuffisance d’adaptation collective, c’est qu’elle efface les possibilités d’accommodement ou de négociation et que les situations qui en sont entachées ne puissent être tranchées que par la force ou l’autorité, cette dernière fût-elle collégialement consentie. Comme lorsqu’il s’agit d’adaptation individuelle, la réussite de l’adaptation collective repose essentiellement sur l’expérience, vécue ou transmise : l’éventail des options qu’elle peut offrir avec la connaissance des contraintes, subies ou à venir, permet d’en préciser l’objectif, l’ampleur et le délai de réalisation. Il faut donc en revenir à la conclusion du billet «Etude - I» : «D’où l’importance capitale de l’information et de l’éducation pour s’adapter.»
  8. Couramment, pour tenter d’expliquer le divorce entre les potentialités individuelles et cette faillite collective de l’humanité (même s’il est possible de retenir des avancées, il subsiste et malheureusement s’étend, de par le globe, une prépondérance de barbarie et d’incurie), c’est l’agressivité qui est stigmatisée, avec des motivations comme la convoitise ou la vengeance. Cependant, l’usage de ces termes ne donne pas la clé du mécanisme et des processus qui conduisent à ces dérives dans les relations humaines. Nous sommes obligés, pour d’indispensables éclaircissements, de remonter à la source, c’est-à-dire à l’exigence pour notre espèce de s’adapter, sous peine de voir les situations de stress se prolonger et s’intensifier. Le terme de stress désignant indifféremment - un syndrome d’inconfort organique et/ou psychosomatique lié à la perception d’un assortiment de contraintes ou de menaces, ou - un épisode banal constitutif de notre vie relationnelle, plutôt que de considérer qu’il s’agit de deux phénomènes distincts, il me semble plus juste d’y voir des manifestations de même nature intervenant avec plus ou moins d’intensité. Le processus est le même : un événement survient qui implique notre personne, nos affects, ou intéresse notre organisme, puis une réaction, d’abord spontanée, qui évolue plus ou moins rapidement selon l’expérience acquise et l’importance de l’impact, et ensuite, sauf sérieux dommages, un «débriefing» des sentiments et des pensées qui nous permet d’enchaîner, avec ou sans modification immédiate de notre conduite. En haut de l’échelle se situe l’urgence vitale, où toute notre énergie est dépensée à lutter pour échapper au pire. Puis, en descendant les échelons, des situations de souffrance qui laissent peu de place à l’accommodement ; celles dans lesquelles la douleur ou la colère nous privent plus ou moins durablement de lucidité et d’objectivité. Enfin, les plus courantes, qui sont le lot de tout un chacun, avec la grille de lecture de son éducation et de son vécu, avec un répertoire de recettes plus ou moins limité. Auxquelles nous ne consacrons généralement que le strict nécessaire. Dans tous ces cas, le curseur de notre énergie spontanément disponible parcourt la gamme de l’agressivité, avant même que nous soyons capables d’en déterminer la cible. Et, le plus souvent, nous n’allons guère plus loin, soit par insuffisance, soit par économie. Toutefois, la vie en société, en nous libérant des préoccupations basiques de survie au jour le jour, et en nous alimentant de motivations non égocentrées, nous a conduits à affiner nos conduites et orienter notre énergie _ vers l’élaboration commune de processus adaptatifs plus performants que des comportements individuels non socialisés. Une première civilisation de proximité, rudimentaire pour les gens de la glèbe, un peu mieux dégrossie chez leurs protecteurs et donneurs d’ordre.
  9. L’être humain est actuellement la plus aboutie des créatures évoluant sur notre globe : c’est nous qui l’affirmons, et nos arguments paraissent assez solides, d’après l’analyse des individus et de leur filiation tout au long des âges. Ce qui pose problème, et qui pèse de plus en plus sur notre devenir, c’est la médiocrité de notre intelligence collective, laquelle, au-delà de notre créativité et de nos savoir-faire, repose d’abord sur nos aptitudes à nous organiser ensemble, et c’est là que le bât blesse ; sur ce dernier point l’Histoire, et particulièrement la plus récente, l’a abondamment démontré _ et n’a jamais cessé depuis de nous en administrer les preuves, accessibles à qui veut bien les appréhender. Non qu’il n’existe, partout et continuellement, de très nombreux contre-exemples de réussites bien construites, au premier rang desquelles des entreprises, et aussi toutes sortes de communautés, territoriales ou associatives. Mais c’est justement leur durabilité, leur existence même, qui est à tout moment remise en cause, du fait de l’instabilité désormais persistante du monde humain dans sa généralité. Comment préjuger que l’adaptation des personnes _ et celle du genre Homo lui-même _ puisse se poursuivre dans un tel contexte ? Et comment souffrir que ce qui est possible et faisable à différents échelons de la société soit perçu comme irréalisable à l’échelle de l’humanité ? D’où l’exigence de rechercher les causes de ce hiatus entre l’achèvement organique et l’épanouissement collectif, de nature à compromettre notre maturation psychologique, chaînon fondamental de la viabilité de notre espèce. A l’origine de notre adaptation se trouve en chacun la conscience de sa propre fragilité face au monde, la perception des menaces précises ou diffuses qu’il recèle, induisant le stress, et donc la nécessité impérative de réagir ; d’utiliser tous nos moyens, au premier rang desquels notre cerveau, qui nous permet d’analyser les éléments d’une potentielle agression à notre encontre, et en fin de compte de l’anticiper : d’imaginer la mise en œuvre de dispositifs d’évitement ou de défense, voire d’accommodement. Tout cela ne se fait pas sans dépense d’énergie, d’abord pour éliminer ou atténuer les contraintes subies, ensuite pour organiser le quotidien afin de récupérer au plus tôt l’équilibre, de le maintenir coûte que coûte. Suivant le bilan de cette opération, celle-ci se traduit par une sensation de confort ou de stress plus ou moins marquée. La réponse au stress est orientée grâce à l’identification des contraintes subies, limitée par contre par le niveau de l’énergie disponible et par le degré d’urgence requise. Il est clair qu’une erreur d’orientation ou d’ajustement, un retard, peuvent la rendre inadéquate. La pertinence de cette réponse repose essentiellement sur l’expérience, vécue ou transmise : l’éventail des options qu’elle peut offrir avec la connaissance des contraintes, subies ou à venir, permet d’en préciser l’objectif, l’ampleur et le délai de réalisation. D’où l’importance capitale de l’information et de l’éducation pour s’adapter.
  10. On a affaire à une crise mondiale et globale. Ce qui signifie qu’il existe dans tous les secteurs des obstacles qu’on a les plus grandes difficultés à aborder, des conflits qu’on n’arrive pas à aplanir. L’intérêt qu’il y a à s’organiser, c’est de faciliter l’adaptation individuelle aux difficultés de la vie, physique et sociale. L’élimination des obstacles et la réduction des conflits diminuent les risques de violences; il s’ensuit que l’agressivité, base du dynamisme, est alors acceptée comme telle et trouve plus facilement ses limites. Mais l’organisation elle-même doit s’adapter à l’évolution et le constat de crise apporte un doute sérieux sur son adaptation actuelle. On peut comparer son fonctionnement à celui d’un véhicule, d’une installation industrielle ou domestique : plus il y a de frottements, plus il y a de pertes de rendement et d’usure d’organes. Réduire les frictions, récupérer la chaleur, c’est bien, mais, en même temps, si on ne veut pas ou ne peut pas changer de modèle, il est préférable de se pencher sur les erreurs de conception et/ou les dérives d’utilisation. Lorsque nous nous apercevons que des centaines de millions de gens connaissent les pires difficultés à se nourrir, se loger, se soigner, parce qu’il n’y a pas d’argent pour ça, mais que par ailleurs, on en dépense énormément afin de trouver des consommateurs pour des produits que tous les êtres vivants de la planète et la biosphère elle-même, rencontrent de plus en plus de difficultés à absorber, nous ne pouvons pas nous dire qu’il suffit d’attendre que les mécanismes se remettent en place d’eux-mêmes; c’est le genre de confiance aveugle qu’on retrouve à l’origine de comportements irrationnels, dangereux parce que non maîtrisés. Chercher l’origine de ce déséquilibre dans une approche de la pratique économique me paraît donc logique dans la mesure où les difficultés se situeraient au niveau de l’échange plutôt qu’à celui des techniques de production. Cela ne veut pas dire que pour moi l’économie est la source de tous nos maux, mais que comme tout passe par elle, on est bien obligé d’entreprendre le «démontage» par là. Ayant mis en parallèle d’une part, ménage et entreprise, d’autre part personnes physiques et personnes morales, je crois que c’est dans leurs oppositions et leurs convergences qu’il faudrait rechercher les premiers indices de dysfonctionnement. Et, en tout premier lieu, de s’interroger sur ce renversement des objectifs et des charges qui nous a conduits, sans qu’on y prenne garde : _de _ l’institution des personnes morales, dans le but de faciliter les missions d’appui propres à garantir .la satisfaction des besoins (relationnels autant que biologiques) des personnes tout court, comme une meilleure gestion de leurs contraintes, .par là même, l’amélioration et l’enrichissement de leurs relations mutuelles, _ à _ l’alourdissement progressif de la charge imposée, comme priorité absolue, aux individus et aux collectivités humaines pour pérenniser _ sans réelles garanties en retour _ les revenus des personnes morales qui les représentent,… …les revenus et services destinés aux gens n’étant dorénavant, quant à eux, créés ou maintenus qu’à proportion de la sauvegarde des objectifs comptables, naguère garants d’un équilibre des prestations _ en qualité comme en répartition _ ce qui, à l’évidence, n’est plus le cas.
  11. Reo

    En résumé

    Avis à tous, responsables ou dirigeants, ça ne sert à rien de faire l'autruche, sinon à ne fabriquer que des perdants....Réflexion et concertation s'imposent pour découvrir les solutions et les mettre en œuvre.
  12. Reo

    Crise

    Merci pour ton intérêt, pour ton besoin de comprendre ce que je veux dire. Bien sûr, tout ne peut pas être résumé dans un seul post, et d'autre part je reconnais que je ne suis pas facile à lire avec mes grandes phrases, et parfois des mots employés dans un sens inhabituel, je suis conscient de tout ça. C'est souvent le besoin de bien délimiter la portée de mes arguments qui m'amène à compliquer, laissant au lecteur un effort de concentration pas évident à soutenir. ("En même temps", c'est tout à fait indispensable de faire cet effort !) Néanmoins, à parcourir ces textes, tu as pu te faire une idée de ma démarche, que je veux avant tout humaniste et objective. Si tu as des suggestions à me faire, je suis preneur, et je dis ça au premier degré, sans arrière-pensée. Merci.
  13. Reo

    Richesses

    Avec toutes mes excuses pour ce "replay"...
  14. S’adapter pour un être vivant, c’est d’abord acquérir et entretenir son aptitude à se nourrir et à assimiler _ c’est-à-dire transformer ses aliments en énergie pour se construire et se dépenser. De même pour toute personne, toute collectivité humaine, à propos desquelles on emploie couramment le terme de «richesses». Cela passe donc par la quête de ressources. Ce sont tous les biens matériels _ objets manufacturés ou ressources naturelles _ susceptibles, sans délai ou à terme, directement ou par voie médiate, de procurer des jouissances, de satisfaire des besoins et, de ce fait, convertibles en propriétés individuelles ou collectives. Peuvent être rattachés à cette vaste catégorie tous les articles propres à en faciliter l’acquisition ou la confection : outils, armes, monnaie, etc. Au-delà des outils proprement dits _ machines ou prothèses _ les moyens fournis par la vie elle-même : ressources humaines et animales, leurs énergies et leurs savoir-faire. Il s’ensuit que les richesses sont définies : - soit par leur pouvoir de satisfaire immédiatement à une exigence de jouissance, - soit, le plus souvent, par leur utilisation pour réaliser des prestations reconnues (ou estimées) adéquates à la satisfaction d’un certain nombre de besoins répertoriés (sinon identifiés). Avec comme objectif subsidiaire d’écarter tout stress _ objectif atteint si le résultat recherché est réellement obtenu. Aussi toute modification importante de stratégies dans la satisfaction des besoins sera-t-elle susceptible d’amener, par la révision des objectifs poursuivis, au niveau collectif comme à l’échelon individuel, à reclassifier _ éventuellement, à redéfinir _ ce que l’on entend par «richesses». Ces stratégies, pour fonctionner dans notre société, sont connectées entre elles par l’échange, base de notre économie, fondé sur deux éléments : - la prestation d’un service, qui offre une réponse, voulue et/ou revendiquée comme appropriée, à l’exigence de satisfaire la plupart des besoins, quelles qu’en soient la nature et l’origine; - la jouissance d’un revenu, qui rémunère le prestataire de services et constitue pour celui-ci le moyen d’accès quasi-universel à toute la gamme de prestations proposées sur le marché. En effet, sauf dans quelques communautés traditionnelles, de plus en plus rares et réduites, l’échange a presque totalement supplanté l’accès direct de l’individu et de sa famille à la consommation par le moyen exclusif de leur propre travail, y compris pour satisfaire à leurs besoins vitaux (d’où l’on considère le revenu comme un besoin, en tant qu’objectif incontournable). Cependant les richesses d’un ménage, d’une entreprise, leur donnent la faculté, via l’échange, d’assurer au mieux leur autonomie : - pour le ménage, par la satisfaction de l’ensemble de ses besoins, pour vivre et préparer l’avenir des enfants : ce qui nécessite de bénéficier de différents services (ou articles), donc d’en rémunérer les prestataires _ sous réserve de jouir d’un revenu suffisant pour couvrir ces dépenses; - pour l’entreprise, par la consolidation de sa pérennité en droit : ce qui exige qu’elle réalise des bénéfices, lesquels ne peuvent être obtenus qu’à condition qu’elle puisse vendre des services (ou des articles) en quantité suffisante _ et suffisamment rémunérés _ pour demeurer compétitive. Les deux termes de l’échange revenu/service sont complémentaires : - le revenu, dans la mesure où sa valeur, déterminée en espèces monétaires, est purement quantitative _ donc susceptible d’être comparée et ajustée sur une base objective _ et revêt un caractère universel, entériné dans la pratique ; la diversité des services offerts, à laquelle seul il permet ainsi d’accéder, est d’autant plus étendue que son niveau est plus élevé ; les possibilités de choix qui en découlent constituent un élément capital de garantie d’autonomie ; - le service, jaugé selon le type d’exigences, est spécifique par nature; aussi son évaluation ne peut-elle être quantifiée en termes entièrement objectifs ; c’est lui qui répond _ sous réserve de disponibilité et d’accessibilité_ au besoin exprimé ; à noter que cette réserve ne devrait pas s’appliquer aux besoins de base, notamment biologiques (qui réclament _ objectivement et quantitativement _ des réponses sous forme de services) sous peine de nuire à l'équilibre des personnes et de la société _ en tant que fondement de leur développement et comme finalité primale de toute organisation. L’échange est la conséquence directe de la distribution des rôles qu’exige la diversité des services proposés aux personnes, physiques et morales. Sa généralisation permet à la société _ à l’instar d’un organisme vivant _ d’accéder, en principe, à un équilibre - «diététique», grâce à des apports «nutritifs» en quantité (repérable par le volume des revenus) comme en qualité (appréciable par l’efficacité des services), - «métabolique», par une «assimilation» correcte de ces «nutriments», afin de maintenir l’intégrité de toutes ses fonctions…ce qu’il faut là où il faut, sans manque ni abus. Mais il se trouve actuellement que cet équilibre n’est pas atteint, car : - la disponibilité de beaucoup de services courants demeure insuffisante, l’offre ne pouvant en être suffisamment rémunérée, - l’accessibilité de beaucoup de services également nécessaires reste difficile à assurer en raison de leur coût, d’où l’insatisfaction de la demande, - une pléthore de propositions de prestations débouche sur la disqualification des produits (prix trop élevés, concurrence trop forte) et les pertes financières qui l'accompagnent. Ainsi s’expliquent les inégalités et les gaspillages de ressources de la société mondiale d’aujourd’hui.
  15. Résumé du contenu des 4 premiers billets : Dans « Stress et politique », Ce qu’est le stress et comment il peut se propager (4), le fait que des stress individuels nombreux et prolongés entraînent la multiplication des conflits dans une population; conflits que la politique a pour rôle de gérer, d’anticiper et, autant que possible, de prévenir. (1) En observant que l’installation durable du stress est en grande partie due à la compétition imposée quotidiennement à chacun.e _ notamment dans sa vie professionnelle _ ce qui isole les individus en les opposant les uns aux autres, amenant de ce fait décohésion et régression de la société. (3) Un des critères à retenir pour apprécier le développement devrait donc être _ a contrario _ le niveau de stress des populations, caractérisé par des repères comme la fréquence des suicides, des agressions, des syndromes d’épuisement (burn out) ou de dépression (bore out) et, bien entendu, des conflits armés. (2)
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