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épixès

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À propos de épixès

  • Rang
    Forumeur alchimiste
  • Date de naissance 07/25/1974

Informations Personnelles

  • Sexe
    Homme
  • Pays
  • Lieu
    Héricourt, 70400
  • Intérêts
    Philosophie, histoire des sciences, physique, sociologie, histoire, psychologie, cinéma, littérature

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  1. Qu'il existe quoi que ce soit d'immatériel reste à prouver. L'amour possède un substrat biologique constitué de diverses hormones et neurotransmetteurs tout à fait tangibles. La science étudie la réalité matérielle; la religion suppose une réalité spirituelle, affirme sur elle des énoncés indémontrables et irréfutables sans fournir la moindre preuve.
  2. épixès

    De la foi

    Pour moi la foi est une forme d'abdication de la raison, une cessation parfois même volontaire de l'esprit critique. «Si on soumet tout à la raison, notre religion n'aura rien de bien mystérieux et de surnaturel. Si on choque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule» Pascal formule bien ici la tension qui est celle de la foi et du savoir. Si la foi ne peut pas du tout se justifier par des raisons, elle s'avoue pure superstition; si elle cherche à se fonder sur la seule raison, elle se vide de ce qui fait sa substance. Il y a donc un paradoxe de la foi qui ne peut, sans doute, pas être supprimé mais qui à toujours cherché à s'expliciter par la réflexion. Ainsi s'est-on toujours efforcé, dans le passé, d'éclairer la foi par les lumières de l'intelligence. La conciliation des vérités de la foi avec l'exercice de la raison à été tenté par la théologie rationnelle dont la prétention n'était rien moins que de démontrer l'existence de Dieu. Il ne faut pas voir dans cette tentative une subordination de la foi au savoir mais le souci de mobiliser les ressources de la raison au service de la foi. Dès lors que la raison cesse d'être la servante de la théologie comme elle le fut dans la scolastique, les domaines de la foi et du savoir se séparent irréductiblement. La question de Dieu cesse d'être de l'ordre du savoir rationnel pour relever de l'ordre de la croyance. La finitude de la créature humaine face au mystère du divin le place devant un abîme et le condamne à ressentir, non à connaitre.
  3. Je ne suis pas contre les LGBT, les féministes ou les anti racistes: je suis contres les groupuscules minoritaires et activistes au sein de ces mouvements. Je suis contre non seulement parce qu'en effet j'estime que la plupart de leur revendications sont ridicules mais aussi parce que je réprouve leurs méthodes (notamment les appels au lynchage sur les réseaux sociaux) et surtout parce que, par confusion, leur mauvaise image déteint sur leur groupe d'appartenance et en entrave les causes plus nobles, ou plus réalistes. Je comprends la souffrance de ces personnes et croyez-moi, j'y compatis. Comme je compatis avec les souffrances de n'importe quel être vivant. Malheureusement nous vivons dans un monde où vouloir supprimer toutes les souffrances relève de l'utopie alors j'estime que l'on devrait consacrer notre temps et nos ressources à celles qui peuvent être soulagées, pas à celles qui nécessiteraient de modifier la biologie et la psychologie humaine. Car oui, on peut et on doit légiférer pour imposer une égalité de droits mais il est vain de vouloir changer les gens en promulguant des lois, cela se fait avec le temps, ou cela ne se fait pas.
  4. Il y a bien des domaines dans lesquels les définitions académiques ne me conviennent pas et je ne m'en suis jamais offusqué. Les non binaires ont commencé par choisir ce terme pour les définir mais actuellement nous en sommes a plus de 80 identités de genre différentes, et ce chiffre augmente presque chaque semaine, doit-on tous les satisfaire ? Ne voyez vous pas le ridicule de la chose qui fera que bientôt une identité ne définira qu'une poignée d'individus ? Quel intérêt-y-a-t-il à céder a ces revendications ridicules quand il y a encore de vraies causes à défendre ? Est-ce donc cela le combat de ce siècle, accorder un énième jouet à un enfant trop gâté ? Mais le problème que je soulevais est pire encore car il ne s'agit pas d'approuver un néologisme mais bel et bien de remplacer un terme par un autre: lait maternel par lait humain, et ce par le personnel soignant donc par des personnes extérieures à la communauté visée.
  5. L'évolution du langage se fait par l'usage, cela ne se décrète pas. Que quelques académiciens décatis se piquent de faire entrer ou sortir un terme d'un dictionnaire n'a que peu d'influence, le plus souvent ils se contentent d'entériner la validité d'un mot nouveau que l'usage a de toute façon déjà imposé. Malheureusement évolution ne signifie pas nécessairement progrès et je doute qu'une société où l'on commence à instaurer une police du langage constitue un mieux pour qui que ce soit, hormis les censeurs. Mais surtout les 2 principaux problèmes que posent toutes ces minorités revendicatives c'est: -Comment fera-t-on pour satisfaire les doléances langagières de tout le monde si celles-ci s'excluent mutuellement ? Si un groupe, quel qu'il soit, s'offusque que l'on appelle le lait maternel autrement que par lait maternel, quel groupuscule activiste et non représentatif de sa communauté doit-on contenter et selon quels critères ? -Cette politique va à l'encontre du modèle d'intégration Français qui veut fondre les différences dans l'identité républicaine, au profit de l'exemple américain exaltant la diversité et l'expression des diverses communautés.
  6. Êtes-vous d'accord avec la définition que je donne du terme ?
  7. Si par justifier vous voulez dire expliquer, donner un sens à une action, alors oui bien entendu que l'amour peut rendre compte de certains de nos comportements. Si comme c'est plus probable vous demandez si l'amour peut rendre justes les actions commises en son nom, donner raison à notre conduite, lui trouver des raisons valables, alors là aussi la réponse est oui. Que ces raisons soient valables pour tout le monde est hors de propos puisqu'elles ne sont pas objectivables. Aucune justification au monde, pour quelque cause que ce soit, ne recueille l'assentiment de tout le monde, on ne peut donc pas demander à l'amour de le faire. L'amour peut donc justifier n'importe quelle action commise en son nom, au moins aux yeux de celui qui les commets. La moralité est un ensemble de principes moraux, une hiérarchie des valeurs et comment elles se subordonnent, ou résistent, à l'intérêt personnel et à celui d'autrui. Les comportements prosociaux étant pour une bonne part innés, personne ne nait vierge de toute intuition morale, et donc de moralité, aussi rudimentaire soit-elle. La religion peut donc remplacer la moralité préexistante d'une personne par de nouveaux préceptes moraux mais pas la créer ex nihilo. Mais ce que fait la religion en terme de morale c'est principalement offrir un ensemble de justifications pour lesdits préceptes, un argumentaire construit se substituant à l'analyse critique, une forme de prêt-à-penser axiologique.
  8. Je ne doute absolument pas que la limitation de notre entendement soit un facteur prépondérant mais je pense que c'est en tout premier lieu un problème de connaissance. L'invraisemblable multiplicité des facteurs à connaitre pour anticiper les conséquences de nos actes excède de loin ce qu'un cerveau humain est capable d'assimiler en l'espace de quelques dizaines d'années. Toute la connaissance humaine est probablement bien peu de chose face à tout ce qu'il y a à savoir, très insuffisante pour nous permettre de prévoir toutes les répercussions de nos actes mais même ce "peu" prendrait des centaines de vies pour être assimilé par un cerveau humain, pour peu qu'il puisse le faire.
  9. La difficulté n'est pas tant de trouver des actions qui auraient un impact positif dans le monde, c'est d'en trouver qui n'auraient pas de conséquences nocives cachées. La plupart des hommes sont bien intentionnés mais le monde est bien trop complexe et la vie humaine bien trop courte pour que nous puissions entrevoir toutes les répercussions de nos actes, ce qui a pour corollaire que la plupart de nos agissements à grande échelle engendrent des complications systémiques néfastes, non désirées et non anticipées. L'esprit humain étant ce qu'il est, tout nouvel avantage une fois intégré à la société est généralement considéré comme acquis, comme une sorte de droit fondamental qu'il nous serait impossible, ou plutôt trop couteux d'abandonner, quelles qu'en soient les conséquences par ailleurs. Notre aversion à la perte et l'abstraction des conséquences à long terme jouent contre notre rationalité et même l'intérêt des élus à complaire à la masse leur interdit d'entreprendre des mesures salvatrices mais trop impopulaires. La situation est inextricable: il faudrait être dirigés par un gouvernant doté d'un cerveau capable d'assimiler l'ensemble de la connaissance humaine et susceptible d'une rationalité quasi parfaite pour en inférer les meilleures décisions mais même un tel super ordinateur se heurterait au paradoxe humain qui veut que ce que nous voulons coïncide rarement avec ce dont nous avons besoin et nous vivrions alors probablement malheureux dans le meilleur des mondes possibles.
  10. épixès

    Post matérialisme

    Avoir la prétention de révolutionner le paradigme scientifique sans même évoquer l'épistémologie ou l'histoire des sciences me semble du plus haut ridicule. La science à mis des siècles à s'établir sous la forme qu'on lui connait aujourd'hui, au travers d'erreurs, de tâtonnements et d'impasses, et ce avec la contribution de milliers de philosophes, de scientifiques et de penseurs divers et ce monsieur se pique, avec quelques hurluberlus de ses pairs, de nier la valeur de l'histoire et des accomplissements de la pensée humaine. Mario Beauregard est croyant, ce qui n'est pas incompatible avec la pratique de la science dès lors qu'on ne laisse pas lesdites croyances dicter les résultats à trouver: Il aimerait affranchir la recherche scientifique du matérialisme qui, selon lui, l'enlise dans une ornière naturaliste qui réduirait sa vision à des processus purement mécanistes guidant l'univers. Mais la science n'est pas matérialiste philosophiquement, elle l'est méthodologiquement. En effet après avoir émis une hypothèse, comment peut-on procéder à une vérification de celle-ci si ce n'est en interrogeant la nature, et donc à travers la matière ? La science n'a pas décidé que l'univers était matérialiste mais ayant remarqué que celui-ci répondait invariablement et avec constance lorsqu'on lui posait des questions via la matière, c'est à dire en se comportant comme si l'univers était matérialiste, elle à décidé de s'en tenir à une méthode qui permettait empiriquement d'obtenir des résultats objectifs. Le matérialisme est donc moins une injonction de la science que le diktat du réel. Avant M. Beauregard, la fondation Templeton, le Discovery Institute, l'université interdisciplinaire de Paris, Deepak Chopra, la méthode Tomatis, Jean Solomidès, la cure Aslan, l'homéopathie, l'iridologie, les médecines quantiques, l'urinothérapie, la gemmothérapie, la chiropaxie et combien d'autres centaines d'organisations, individus ou pratiques diverses ont critiqué le matérialisme et prétendu s'en être affranchis mais où sont leurs résultats ? où sont les études prouvant leur efficacité ? Enfin concernant les résultats mis en avant par M. Beauregard à propos des EMI, j'invite quiconque voudrait avoir un condensé des recherches dans ce domaine à consulter le chapitre 6 de Tout ce que la science sait de la religion, de Daniel Baril.
  11. C'est une vision très positiviste que de corréler évolution et religion, c'est même très précisément la position d'Auguste Comte. La loi des 3 états affirme en substance que la rationalité scientifique est destinée à s'imposer à l'esprit humain par une sorte de processus inexorable, une nécessité historique, et distingue donc 3 périodes théoriques successives correspondant à -l'état théologique -l'état métaphysique -l'état scientifique Cependant, si je reconnais volontiers la valeur de certains des travaux et contributions de ce brillant penseur, la loi des 3 états partage avec beaucoup d'autres travaux philosophiques le défaut de n'être que pure spéculation: un édifice conceptuel plausible, reposant sur une assise rhétorique brillante et rien de plus. Aucun fait pour l'appuyer. A la lueur des travaux les plus récents, la religion est un sous-produit de notre structuration cérébrale et de certaines de nos aptitudes sociales (je développerai ce point une autre fois dans l'onglet "religion et culte"). Elle en serait une conséquence probable mais fortuite, non nécessaire. On serait alors tentés de répondre par la négative mais ce serait vite oublier l'existence des athées et à moins de les considérer comme le prochain stade de l'évolution, ce qui parait farfelu, nous devons conclure que biologiquement, psychologiquement, évolutivement, l'homme pourrait se passer de religion mais que des mécanismes sociaux et culturels s'ajoutent à notre penchant naturel à la croyance religieuse et qu'ils se renforcent mutuellement , ce qui explique la persistance desdites croyances.
  12. épixès

    Qu'est-ce que le réel ?

    Comme je le précise juste après les mots que vous avez choisis de citer, il s'agit moins de dénier le caractère réel aux idées que de ne pas leur accorder le même statut ontologique qu'aux choses concrètes. Une idée ne se manifeste nullement, ce sont les gens qui agissent en leur nom, qui les expriment et les partagent. Il me semble que pour qu'une chose puisse être véritablement qualifiée de réelle, elle doit posséder des propriétés objectives. Mais si vous avez une meilleure définition du réel, je vous en prie, proposez la.
  13. épixès

    Qu'est-ce que le réel ?

    Oui, en l'occurrence je l'utilise dans son acception synonymique.
  14. épixès

    Qu'est-ce que le réel ?

    Le réel a trait à l'ontologie, donc l'existence. De là il convient de préciser ce qui existe, par exemple on peut dire d'une idée qu'elle existe mais plus difficilement qu'elle est réelle, elle a ce caractère virtuel qui lui dénie le droit de l'être au même titre que le sujet qui la pense. Le réel est précisément une extériorité à la conscience, qui n'en est qu'un épiphénomène émergent. Ainsi il me semble qu'une définition minimale de la réalité serait de dire que c'est ce qui existe dans le temps et dans l'espace. Définition nécessaire, certes, mais certainement pas suffisante car cela suppose que le temps et l'espace, eux, ne sont pas réels. De la même manière, comme les pensées, les phénomènes ne sauraient avoir le même statut ontologique que l'en soi des choses qui les produit. Mais pour autant que noumènes et phénomènes ne soient pas sur un pied d'égalité dans le théâtre de l'existence, peut-on vraiment en exclure ces derniers ? Il me semble qu'il faut savoir accepter la polysémie et le flou de termes tels qu'exister ou réel car leur imprécision relève moins d'un constat d'échec que de la reconnaissance de nos limites à connaître les choses et a les séquestrer dans une définition.
  15. Je ne sais pas si cela correspond à la problématique que vous tentez d'évoquer mais plutôt qu'un véritable paradoxe, j'y vois une limite de l'énonçable, l'impuissance de la pensée à appréhender totalement le réel ou du symbole à les traduire authentiquement. Il y a aussi une forme de confusion des genres qui apparait: dès lors que nous pouvons penser une chose, nous la réifions. L'exemple du bien et du mal que vous présentez me semble tout à fait symptomatique de cette tendance, nous ne cessons de les envisager et d'ajuster nos comportements comme s'ils existaient réellement. La représentation que nous avons des objets constituant le réel en est une forme très approximative, incapables que nous sommes de le percevoir dans son entièreté. Les mots que nous utilisons pour exprimer ces idées en sont encore un forme appauvrie, un degré plus loin donc dans l'imprécision. Vous mentionnez également l'existence des contraires pour illustrer le paradoxe mais dans le paradoxe, la contradiction n'est qu'apparente. Par définition la réalité est possible, il n'y a que dans nos esprits que l'eau et le feu sont des contraires ou que le bien et le mal existent. Ce que cette opposition concret/abstrait m'évoque c'est ce jeu pour enfant avec des objets de formes géométriques à insérer dans les cavités correspondantes, le réel est un rond que nous essayons vainement de faire rentrer dans le carré de l'abstrait mais nous surestimons grandement notre capacité à percevoir, connaître et exprimer la réalité et surtout nous confondons cette dernière avec l'idée que nous en avons. Là me semble être le paradoxe, si jamais il y en a un.
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