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épixès

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À propos de épixès

  • Rang
    Forumeur alchimiste
  • Date de naissance 07/25/1974

Informations Personnelles

  • Sexe
    Homme
  • Pays
  • Lieu
    Héricourt, 70400
  • Intérêts
    Philosophie, histoire des sciences, physique, sociologie, histoire, psychologie, cinéma, littérature

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  1. Supercalifragilisticexpidélilicieux
  2. J'étais plus ou moins arrivé aux mêmes conclusions morales que Ruwen Ogien par mon propre cheminement, ponctués de nombreuses erreurs et intolérances de ma part, quand j'ai découvert son œuvre il y a quelques années. Nous n'avons en effet de devoirs qu'envers les autres, nul n'étant tenu de réaliser son potentiel, ce qui peut éventuellement être considéré comme stupide mais en aucun cas immoral. A l'égard d'autrui l'essentiel de sa pensée peut être réduite au fameux «ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse», toute intervention devant se limiter aux cas de préjudices physiques ou moraux évidents. Il explore même les limites de ce principe en l'interrogeant au travers du cas d'Armin Meiwes qui publia plusieurs annonces sur le Net dans lesquelles il déclarait rechercher un homme voulant être mangé. Parmi les répondants, un certain Bernd Jürgen Armando Brandes, un ingénieur berlinois de 43 ans, accepte d’abord d’un commun accord de se laisser sectionner le pénis et de le cuisiner puis de le manger ensemble (scène qui dura 9 heures et fut filmée), puis donne son consentement pour mourir et être mangé. Meiwes tua donc Brandes au couteau, l’éviscéra et congela environ 30kg de viande.
  3. C'est bien pour cela que j'ai parlé de dévots plutôt que de croyants, être dévot implique une forme de radicalité que le simple croyant n'a pas. De plus j'ai dis «le plus souvent», ce qui signifie que le phénomène, s'il est majoritaire, est loin d'être systématique. Quoiqu'il en soit veuillez me pardonner si je vous ai blessé, telle n'était pas mon intention.
  4. Pour avoir lu Il était une foi, l'Islam de Majid Oukacha et avoir suivi plusieurs de ses interventions numériques, je n'ai aucun doute sur la sincérité de son apostasie. Comme beaucoup de ceux qui ayant investi beaucoup de leur temps dans une croyance, l'abandon de celle-ci provoque une réaction en retour où l'apostat voit son ancienne dévotion se muer en mépris ostensible et plutôt que d'accepter le vide laissé par la perte de sa foi, continue à orienter sa vie en fonction de celle-ci. C'est fort commun, les anciens dévots deviennent le plus souvent adorateurs d'une nouvelle religion, démystificateurs en croisade, athées militants ou rejoignent une association. S'il est difficile de renier des idées, il l'est plus encore de s'en détacher vraiment. La vacuité subséquente exige de réinventer sa vie et beaucoup font le choix de la rebâtir sur les ruines de leurs croyances défuntes. Bien qu'athée convaincu je n'ai pas beaucoup apprécié le livre et les interventions d'Oukacha: il suinte le mépris et refuse d'accorder aux croyants la clémence et le respect qu'il semble s'être consenti. Il se qualifie d'intellectuel mais il lui manque le recul, le détachement et la culture pour en être un bon, cependant il est jeune et a encore le temps d'acquérir ce qui lui fait défaut pour satisfaire à ses prétentions. La radicalité de ses orientations politique me semble répondre au phénomène de réaction en retour que j'évoquais plus tôt, n'ayant su se départir de la conviction qui a guidé sa vie pendant plus de 15 ans, elle continue à régir ses choix puisque désormais sa plus mortelle ennemie.
  5. J'ai cherché en vain une phrase compréhensible, c'est un sujet parfait pour la rubrique philosophie.
  6. Je suis confus de tant accaparer vos pensées lors même que vous occupez si peu des miennes.
  7. épixès

    Idéalisme et Réalisme

    Si tout n'est qu'idée, de qui suis-je l'idée ? Comment mon esprit peut-il s'étendre d'un nouveau savoir, d'une nouvelle idée ? Il faudrait penser une temporalité aux idées, ce qui impliquerait une ontologie différente entre temps et idées, ou une idée de temporalité qui affecterait les autres idées, leur permettant d'évoluer. Mais il faudrait encore que cette idée de temporalité soit chronologiquement première, sans quoi aucune autre idée ne pourrait apparaitre avant elle mais comment pourrait-elle elle-même apparaitre sans s'affecter elle-même avant d'exister ? Ce qui me semble nous renvoyer à un temps ontologiquement distinct des idées, et donc à une réalité extérieure. L'hypothèse réaliste me semble préférable en cela que la réalité extérieure dicte sa loi, si nous ne pouvons pas la connaitre totalement, nous pouvons l'interroger et obtenir des réponses discriminant les fausses hypothèses tandis que l'idéalisme nous condamne à supposer sans jamais distinguer le vrai du faux. Que pourrait d'ailleurs signifier l'idée de faux dans une réalité où toutes les idées existeraient de façon égale ? L'idée même de vérité saurait-elle subsister en dehors d'une réalité extérieure à interroger pour qu'une correspondance entre idée et réalité soit infirmée ou confirmée ?
  8. L'univers bloc est une théorie de la conception du temps dérivant des conséquences de la relativité restreinte. Cette dernière impose que la simultanéité absolue n'existe pas et qu'un observateur placé dans la position et la vitesse appropriée pourrait voir notre passé ou notre avenir, ce qui implique que ce dernier préexisterait à son avènement. L'idée principale est que le continuum espace-temps existe d'un bloc où tous les évènements passés, présents et futurs coexistent de façon égale, que tout comme il y a extension spatiale, il y a extension temporelle. Notre perception du présent et d'un temps qui s'écoule serait un artefact de la conscience dont il faudrait se détourner pour ne considérer l'univers que dans sa totalité et donc dans toute sa dimension temporelle. Or, la relativité restreinte niant l'existence d'une simultanéité absolue et enseignant au contraire que le présent est une notion relative à un référentiel, ce qui implique qu'un même évènement peut se situer dans le passé d'un observateur et dans le futur d'un autre, a été maintes fois vérifiée, ce qui semble accréditer la nature déterministe de l'univers. Je pense que cette quête doit se faire en gardant à l'esprit que dans certains domaines (notamment en éthique) plusieurs vérités contradictoires peuvent coexister, reflétant l'immense complexité et continuité du monde dans lequel nous vivons. Et pourtant bien des hommes sincères, épris de justice et animés par un esprit bienveillant, ont vu leur idéal peu à peu oblitérer leurs autres valeurs jusqu'à commettre des actes monstrueux au nom d'un avenir meilleur. Une idée trop assurée de ce qu'est la vérité, la certitude d'agir pour une cause juste et supérieure est le dénominateur commun des plus terribles bourreaux de l'histoire. Conquérants souhaitant unifier les peuples, inquisiteur torturant le corps de ses victimes pour sauver leur âme immortelle, révolutionnaires purgeant la société, terroristes agissant au nom d'un dieu vengeur….tous agissent au nom d'un bien souverain. De la même manière un ensemble d'actes ou de décisions, tous bénéfiques pris indépendamment des autres, peut s'avérer extrêmement nuisible à l'arrivée. La complexité du monde ainsi que la finitude de notre capacité à repérer, collecter, trier et intégrer les informations scelle l'imprédictibilité de chaines de causalités trop étendues, les effets systémiques émergents de la multitude des facteurs nous sont nécessairement imprévisibles et peuvent dénaturer les meilleures intentions et les actions les plus louables. Tout cela pour dire que si je suis d'accord avec vous sur les vertus d'une quête de la vérité, du bon et du juste, la conscience de notre rapport avec nos propres convictions me semble au moins aussi importante. Ignorer ou oublier que nous errons dans les ténèbres de l'incertitude et que le doute est notre seule lanterne est le plus sûr moyen de se perdre. L'inceste choque la majorité des gens, tout comme les relations amoureuses intergénérationnelles et personnellement je n'y vois aucun mal, le nombre établit la norme socialement acceptée qui par essence est fluctuante et ne traduit qu'une tendance ponctuelle et locale. La vérité n'est pas un scrutin où la multitude impose sa loi, où la subjectivité détrône l'objectivité. On attend de la vérité d'être absolue, de n'avoir besoin d'aucune condition et d'aucune relation pour être et de ne dépendre de rien d'autre qu'elle même, une vérité qui se décide ou change au gré du temps et des humeurs aurait peu des attributs qu'on lui accorde ordinairement. Qu'il existe ou non une vérité transcendante de ce qui est juste ou équitable n'a absolument aucune importance et aucune incidence pour nous. Les vérités de faits sont importantes car objectivables, le réel répond à nos interrogations car celles-ci se traduisent par des expériences auxquels des réponses sont apportées, la matière répond à la matière. Quelle valeur pourrait bien avoir une vérité inaccessible et invérifiable ? La vérité est la correspondance avec le réel et les concepts moraux n'y résident pas, qu'ils n'existent que dans une réalité transcendante ou dans l'abstraction de nos esprits les exclut de la réalité, de notre capacité d'objectivation et de la possibilité d'être qualifiés de vrais ou d'absolus. Le bien, le mal et tous les concepts moraux proviennent de décharges hormonales se traduisant par des impulsions émotionnelles répondant à des stimuli internes et environnementaux, ressentis comme expérience subjective par la conscience qui tente ensuite de les justifier afin de les intégrer à sa vaste entreprise d'auto préservation de l'image de soi comme être censé et rationnel, cherchant désespérément à les ancrer dans la réalité extérieure pour en extraire une légitimation. Partant de là l'esprit analytique se déploie, transforme petit à petit ces expériences subjectives en idées qu'il va peu à peu raffiner en concepts et en théories morales faisant preuve de subtile casuistique mais échouant toutes à prouver leur véracité, à s'extraire de leur subjectivité intrinsèque. Mais l'esprit s'en moque, comme bien souvent ignore les faits et lui préfère la belle histoire qu'il se raconte, persiste à poursuivre une chimère rassurante plutôt que d'accepter une vérité décevante. Nous en tant qu'humains, c'est à dire comme machines biologiques. Si comme le laisse supposer la théorie de l'univers bloc l'univers est entièrement déterminé, nos choix le sont également, ou plus précisément n'en seraient pas et toute valeur associée à ces choix s'évanouirait avec eux.
  9. Lorsqu'une vendeuse du rayon chaussettes d'un supermarché fait une erreur cela ne prête guère à conséquence mais quand il s'agit d'un neurochirurgien ou d'un juge, elles peuvent être tragiques. Et pourtant commerçants, médecins et magistrats ont pour caractéristique commune d'être des humains, avec tous les failles et les défauts que cela suppose. Tout le monde à le droit à l'erreur, personne ne devrait être tenu à la perfection, tout simplement parce que c'est impossible. Bien entendu cela ne signifie pas qu'il ne faut pas une vigilance accrue pour les professions pouvant potentiellement avoir de graves répercussions, mais c'est déjà le cas et quoiqu'il en soit d'autres erreurs seront encore commises. Sans doute est-ce déplorable mais combien faudra-t-il créer de coupables pour satisfaire l'indignation populaire ? Combien de gens ordinaires ayant fait une toute petite erreur mais ayant eu d'effroyables conséquences faudra-t-il encore punir ? Ce sentiment de révolte qui transforme une foule en tribunal populaire et fait un juge d'un citoyen lambda, cette vague d'émotion qui aveugle nos sens et oblitère la raison est un cancer pour l'objectivité qui châtie autant d'innocents que de coupables et confond la justice avec la vengeance.
  10. C'est moi qui l'ai recontactée quelques années après. Quelques minutes m'ont suffit pour comprendre que là où je croyais n'être plus que cendres, de faibles braises subsistaient n'attendant qu'une étincelle, un regard, pour s'embraser à nouveau et que renaisse la flamme ardente d'une passion oubliée. Nous avons passé une agréable soirée entre amis et je ne l'ai jamais revue. Je ne pourrai jamais n'être que son ami.
  11. La valeur des liens du sang est très surévaluée. Nous sommes des mammifères altriciaux, ce qui implique que le recours à l'allomaternage soit naturel et courant. Nous sommes biologiquement programmés pour nous attacher aux petits dont nous prenons soin, et eux à nous aimer en retour. Les liens affectifs se tissent au fil du temps sans tenir compte de la proximité génétique des intervenants, un enfant adopté ne sera pas moins aimé de ses nouveaux parents parce qu'ils n'en sont pas les géniteurs. ………………………………………………………………...………………………………………………………………. Concernant les drames familiaux médiatisés que vous déplorez tous, ils sont le signe que les choses s'améliorent. Je m'explique. A l'époque médiévale l'espérance de vie était de 35 ans. Peu de grossesses arrivaient à terme, peu de nouveau-nés survivaient et les rescapés devaient s'attendre à traverser des guerres, des épidémies et des famines sans commune mesure avec ce que nous connaissons aujourd'hui. La mort était tellement banale que la torture et l'exécution publique d'un homme était prétexte à des réjouissances populaires. Aujourd'hui aucun nouveau-né ne saurait défuncter sans que madame Michu ne s'émeuve tandis que des charretées de vieux trépassent dans l'indifférence générale. Pourquoi ? Pas parce que nous sommes meilleurs que nos aïeux mais simplement parce que la mort de jeunes enfants est devenue beaucoup plus rare, et parce qu'il est rare le fait frappe l'imagination et prend un caractère inadmissible que la banalité ne permet pas. De la même manière, si les drames familiaux évoqués nous bouleversent jusqu'à animer certains d'entre nous d'une colère vengeresse et d'une juste réprobation, si ils sont devenus si inacceptables que les médias s'en emparent lorsqu'ils surviennent, c'est parce qu'ils ne représentent plus la norme mais qu'au contraire ils constituent une exception intolérable au standard de la vie occidentale contemporaine.
  12. Pourquoi supposer que la personne qu'on a le plus aimé nous a aimé en retour ? J'ai toujours été frappé par la facilité et le naturel avec lequel mes congénères réussissent à s'apparier, personnellement mes amours ne furent jamais payées de réciprocité et si quelqu'un m'a un jour aimé (d'amour romantique) je ne l'ai jamais su.
  13. Cela me semble discutable: l'esprit aime l'aisance cognitive et c'est précisément ce qu'offre la routine, d'autant plus lorsque ladite routine ne sollicite guère l'intellect. De plus la société propose un mode de vie relativement uniforme et normalisé duquel il est difficile de dévier sans payer un coût social allant de la difficulté à communiquer par manque de références communes à un ostracisme total. Vouloir échapper à cet accaparement de l'esprit suppose d'être conscient des alternatives et de leur supériorité. Or, et c'est bien le nœud du problème, nous ne sommes pas conscients de ce que nous ignorons. Qui désirerait un surcroît de rationalité lorsqu'il est persuadé d'en avoir à suffisance ? Qui souhaiterait se débarrasser de ses biais lors même qu'il ignore en avoir ? C'est un énorme problème. Je suis bien persuadé qu'il existe des experts ayant des propositions valables voire même souveraines mais je m'inquiète plus de qui décidera de mettre en œuvre un tel programme. En effet si nos dirigeants ont des conseillers à leurs côtés pour pallier leurs lacunes, ils n'ont pas les compétences requises pour discriminer les experts entre eux: il n'est pas rare de voir tel ministre ou secrétaire d'état suivre les suggestions d'un pseudo-scientifique, quand ce n'est pas d'un astrologue. En cette époque de cacophonie informationnelle et de relativisme cognitif, l'homme d'état, tout éduqué qu'il soit, est tout aussi ingénu et perplexe que le quidam devant des discours prétendant tous dire le vrai, et ce à l'exclusion des autres. Un esprit critique demande de la méthode et souvent d'avoir un peu étudié l'histoire des sciences et l'épistémologie, et rien de tout cela n'est enseigné à ceux qui se préparent à diriger un état. En d'autres mots pour prendre la décision que l'esprit critique soit systématiquement enseigné, il faudrait déjà l'avoir acquis soi-même. C'est le serpent qui se mord la queue…. C'est parfaitement juste. Pour autant la culture et l'environnement social émergent d'une multitude d'initiatives personnelles et non concertées: la société est comme un train fou fonçant vers l'inconnu sans personne pour le diriger. Nous avons choisis la liberté individuelle comme principe souverain et celle-ci s'oppose à une organisation sociale trop rigide ou a l'établissement d'une ambition commune. A l'échelle individuelle comme collective, ce que nous voulons est très différent de ce dont nous avons besoin et nous faisons presque systématiquement le mauvais choix, ou tout au moins le choix irrationnel. L'universalité d'un phénomène n'en établit pas la valeur et ne dit absolument rien de la valeur de nos valeurs. Quand bien même un comportement répondrait systématiquement à une situation donnée que cela ne nous dirait rien de la «qualité» intrinsèque de ce comportement, et encore moins sur la réponse à apporter dans une autre situation. L'efficacité d'un acte peut être mesurée en fonction de sa capacité à atteindre un but donné et grâce à des critères d'évaluation fournis par le réel, mais la valeur de cet acte n'a rien d'objectif, elle dépend autant du contexte que de celui qui le juge. Là où l'univers offre le moyen de départager des avis contraires par des données objectives à propos de comment faire telle chose, il laisse à notre seule appréciation la question de savoir si nous devons la faire. On pourrait également ajouter que les comportements altruistes au niveau individuel sont probablement le fruit d'une nécessité évolutive ancrée dans notre biologie. La théorie du gène égoïste et d'autres interprétations permettent de relativiser la réelle fonction de l'altruisme ou d'autres comportements sociaux. Pour terminer je m'interroge sur l'éventuelle valeur d'actes accomplis par des robots programmés pour le faire. Si rien ne permet de trancher définitivement la question à l'heure actuelle, la théorie de l'univers bloc indique un univers parfaitement déterminé. La valeur saurait-elle exister en dehors du choix ou de la contingence ?
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