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Florilège des derniers débats à caractère politique de la section Culture > Philospohie de ForumFr


Marzhin

Messages recommandés

Membre, 45ans Posté(e)
Marzhin Membre 640 messages
Baby Forumeur‚ 45ans‚
Posté(e)

Salut les glosateurs politiques !

Une petite incursion chez vous, en me disant que ces débats en Culture > Philosophie sur ForumFr pourraient vous intéresser. Ceci partagé depuis les deux dernières pages de topics seulement, creusez plus loin si ça vous intéresse, sachant que ce topic-ci présent n'a pas spécialement vocation à entraîner des débats, puisque les sujets sont relativement divers et variés, mais après tout vous faîtes bien ce qui vous chante !

A chaque fois, il vaut mieux creuser le topic, les meilleures interventions n'étant pas toujours les premières.

Bien à vous !

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Membre+, Posté(e)
Doïna Membre+ 19 713 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Bonjour Marzhin,

personnellement, je n'aime pas beaucoup quand les philosophes utilisent la philosophie à des fins politiques ou, pire, pour la retourner contre une catégorie de personnes (les femmes, les libertaires, etc.). Suffit de voir comment cela a fini en France après que les philosophes aient eu droit de citer tant dans les salons que dans les bistrots dès l'époque des Lumières. Enfin, c'est l'impression que cela me fait.

Mais qu'en penses-tu toi ? De cette utilisation de la philosophie en politique ? Est-ce que cette philosophie-là (politisée s'entend) peut apporter du bon ou du mauvais à la société ? 

Je te pose la question car j'ai remarqué tes interventions dans la rubrique philo te crois en conséquence plus à même que moi pour m'apporter des réponses sur ce point. 

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Membre, 45ans Posté(e)
Marzhin Membre 640 messages
Baby Forumeur‚ 45ans‚
Posté(e)

Pour commencer, je tiens à dire que je ne cherchais pas à dire que la philosophie vaudrait mieux, mais uniquement à croiser les débats afin de nourrir les réflexions, sans garantie, chacun(e) étant juge sur pièce de ce qu'il peut ou non en faire. Ensuite, je dirais que je trouve votre commentaire tout à fait intéressant pour un tel topic ou suggestion de topic. Or il me semble que tout soit à méditer dedans.

Il y a 8 heures, Doïna a dit :

personnellement, je n'aime pas beaucoup quand les philosophes utilisent la philosophie à des fins politiques

Il faut s'entendre sur cette utilisation potentielle. D'abord, est-elle possible ? Je me demande si toute utilisation philosophique en politique n'est pas une façon de ne plus faire de la philosophie, pour faire de la politique justement, et en l'occurrence certainement défendre pragmatiquement ses façons de penser (idéologie) sans possibilité de respecter la philosophie comme telle ... En tout cas ce n'était pas du tout mon intention en publiant ce topic-là, quant à ceux publiés en philosophie vous aurez remarqué que je ne suis l'initiateur d'aucun pour ainsi dire, sachant que je n'interviens parfois pas sur certains. C'était purement gratuit de ma part, je le répète, afin que chacun(e) s'en nourrisse (ou pas), sans garantie.

Maintenant, il faut bien comprendre qu'il existe 1. des philosophies politiques, 2. des politiques à caractère philosophique, et 3. des politiques de la philosophie.

  1. Sur les philosophies politiques, notre actuel président prétend avoir écrit un (introuvable) mémoire sur Machiavel, éminent philosophe politique, théoricien du gouvernant entre lion et renard, force et ruse, mais aussi comme non-menteur (ne pas dire toute la vérité n'est pas mentir ... ) ainsi qu'en non-teneur de promesses (ne tenir que les promesses que les circonstances permettent de façon propice à la viabilité). Bon. Vous en avez bien d'autres. Il s'agit d'une philosophie qui se veut d'emblée utile en politique.
  2. Mais quand un François Mitterrand arrivait au pouvoir, il prétendait mettre en œuvre un socialisme largement inspiré de Karl Marx, et sa politique s'avéra à caractère philosophique au moins dans ses trois premières années.
  3. Enfin, quand un État tel que le français, décide qu'on peut enseigner la philosophie en terminale, il met en œuvre une politique de la philosophie ... de même que l'Allemagne nazie pratiquant l'autodafé ... chacun dans son genre politique, pourtant inspiré par des philosophies plus libérales ou absolues - voire de nature philosophique-même, telles que le républicanisme ou le totalitarisme, qui ont chacun plus d'une théorie (il y a des républicanismes et des totalitarismes) : la philosophe Hannah Arendt en est une grande penseuse.
Il y a 8 heures, Doïna a dit :

pire, pour la retourner contre une catégorie de personnes (les femmes, les libertaires, etc.)

Un philosophe géopolitique tel que Carl Schmitt, rattaché à l'extrême-droite, estime que la politique, c'est la définition de l'ennemi. Un autre tel qu'Alain Badiou, rattaché à l'extrême-gauche, estime que la politique, c'est la gestion de la haine, à supposer qu'il y a une inévitabilité de la haine à gérer. Eh bien, quelle que soit les profils désignés, vous aurez toujours des "têtes de Turcs".

En ce qui vous concerne, vous semblez vouloir lutter contre toutes les catégorisations. Ce faisant, rendez-vous compte : vous êtes bien obligée de catégoriser l'humanité entre "celleux qui évitent de catégoriser" et "celleux qui catégorisent". De toutes façons, si vous vous retrouvez en face d'un(e) catégoriel(le), que vous le vouliez ou non, vous vous sentirez plus ou moins consciemment d'une autre sorte, d'une autre "espèce", d'un autre profil politique, d'une autre catégorie humaine.

Vous-mêmes, vous réalisez alors - que cette expérience vous soit pénible ou non - que vous rejetez des formes d'être au monde, et qu'ainsi la politique est pour vous une forme de désignation de l'ennemi et de gestion de la haine (vos propres ennemis, vos propres sentiments haineux, aussi désagréables vous soient-ils).

Il y a 8 heures, Doïna a dit :

Suffit de voir comment cela a fini en France après que les philosophes aient eu droit de citer tant dans les salons que dans les bistrots dès l'époque des Lumières. Enfin, c'est l'impression que cela me fait.

Tout à fait, mais je pense que c'est humain, trop humain, parce que de toutes façons les philosophes sont aussi des citoyens qui s'impliquent, et que comme on voit toute citoyenneté implique 1. une philosophie politique, 2. une politique à caractère philosophique et 3. une politique de la philosophie - seraient-elles minimales et/ou impensées. D'une manière ou d'une autre, même si ça n'est pas notre tasse de thé ni notre spécialité, on peut tirer de nos façons d'être au monde des implications quant à  tout ça, serait-ce pour dire que "la philosophie n'a aucune place".

Si vous voulez, votre façon de voir les choses se manifeste en forme d'une politique de la philosophie écartante voire rejetante, d'une politique à caractère anti-philosophique (philosophie ou anti-philosophie, c'est toujours philosophie, dans son genre, voire anti-intellectualisme sommaire, qui est pourtant une philosophie simple au profit d'une forme de praticisme politique jusqu'à l'aveuglement), enfin une philosophie politique théorisant que la philosophie serait un problème en politique, pour X ou Y raison, telle que "les salons ou les bistrots d'époque des Lumières".

Il y a 8 heures, Doïna a dit :

Mais qu'en penses-tu toi ? De cette utilisation de la philosophie en politique ? Est-ce que cette philosophie-là (politisée s'entend) peut apporter du bon ou du mauvais à la société ? 

Après tout mon développement, je pense avant tout que ces questions, là, sous-entendent une malhonnêteté intellectuelle, qui en fait n'est pas philosophique, mais idéologique. Du moins, cela se discute aussi.

Tout idéologue n'est pas intellectuellement malhonnête, pas plus que toute idéologie n'est une malversation. Le tout est d'y avoir une éthique intellectuelle, une honnêteté intellectuelle, justement. C'est-à-dire que le (la) militant(e) peut, comme tout, faire preuve de mauvaise foi dans sa démarche fatalement idéologique (fatalement, puisqu'elle vise la réalisation d'idées initialement posées) c'est-à-dire, en l'occurrence, se servir de brins de philosophie détournés pour faire dire à la philosophie, c'est-à-dire aux philosophies et leurs philosophes, des choses qu'ils ne disaient pas.

Et pourtant, cela n'ôte rien au fait qu'en dehors de l'idéologie, la philosophie entretienne des rapports complexe avec la politique, ni non plus, par ailleurs, l'intérêt d'une armature idéologique en politique. C'est même de philosophie politique, que de reconnaître l'intérêt de l'idéologie.

Il y a 8 heures, Doïna a dit :

Je te pose la question car j'ai remarqué tes interventions dans la rubrique philo te crois en conséquence plus à même que moi pour m'apporter des réponses sur ce point. 

C'était fort décent de votre part.

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Membre+, Posté(e)
Doïna Membre+ 19 713 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Merci @Marzhin pour ce message qui répond à toutes les questions que je pouvais me poser.

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  • 4 semaines après...
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