FFr Mag' 2.0

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À propos de ce blog

Reprise du webzine bénévole FFr. :drinks:

Nouvelle équipe rédactionnelle :

- Melie-

- Noisettes

- Titenath

- Jedino

- Nathaniel

- Tequila Moor

Equipe technique :

- _Dolph

- Caez

L'ancienne formule peut être consultée ici :

Billets dans ce blog

Tequila Moor

Bonjour à toutes et tous, bienvenue sur ce quatrième volet du Magazine Ffr, qui sort en juin 2017 mais ne vous y trompez pas, c'est bien celui de mai. En retard, encore !

Trêve de parlote, lisons plutôt :

 

1) Titenath nous donne en partage un Entretien consacré au modérateur Nephalion.

Rubrique "Interview du mois" :

 

2) Noisettes nous invite à découvrir le cinéma muet afro-américain, avec le film Within the Gates.

Rubrique Cinéma :

 

3) Jedino nous dit tout ce qu'il sait sur Les serious games (oui les jeux sérieux, non rien de sexuel).

Rubrique Science :

 

Merci aux lecteurs, aux commentateurs, aux avions & magazines qui arrivent à l'heure, tout ça.

Un exemplaire PDF de ce numéro du Magazine est également disponible, à télécharger ici : Mag' N°4 / mai 2017 / version PDF

Nous passons trop de temps sur internet, bon retour chez nous... ^_^

Tequila Moor

Il passe, il repasse et parfois ça trépasse. Cette semaine pour l'interview j'ai le plaisir d'accueillir Nephalion, le modérateur qui doit compter le plus de topics à son sujet de la part de membres pas toujours très contents. Mais en attendant il fait parler de lui, c'est peut être sa méthode pour être populaire. :hehe:

Bonjour Nephalion et merci d'avoir accepté cette interview.

Bonjour Titenath. Merci à toi pour me l'avoir proposée si spontanément. :p

Pourrais-tu te présenter en quelques mots (ou en photos :wub:) ?

J'avais déjà trouvé la présentation sur le forum compliquée quand je m'y suis inscrit il y a quelques années déjà.

En résumé, Père, Mari, Automaticien, Gourmand, Idéaliste, Rêveur, ...

En fait, je crois qu'il faudrait que ce soient les autres qui me présentent et je ferai le tri. :D

Pour les photos, il y en a dans le Temple, je dois être aussi dans le trombi des bébés forumeurs, et dans certains topics de rencontres IRL pour lesquelles des photos avaient été faites et publiées sur le forum.

Naphalion, Nephtalion, Nefalion, Nepalion, et j'en oublie beaucoup... De toutes les fois où on a écorché ton pseudo, tu as un préféré ?

Je crois que je préfère Nephalion.

Pis d'ailleurs, Nephalion, ça sort d'où ?

Dans une autre vie, sur un autre forum, j'avais choisi un pseudo pour lequel Google ne renvoyait aucune réponse. J'en étais assez content. Quand je me suis inscrit ici, j'ai choisi un pseudo qui lui ressemblait, une variation qui cette fois renvoyait à quelque chose sur Google. Le nephalion est un papillon. A cette époque là, j'avais l'impression d'être un papillon qui sortait enfin de sa chrysalide. J'ai donc choisi Nephalion.

('tain, si après ça ma réputation de modérateur sérieux en prend pas un coup ... :D )

Quand on te voit débarquer sur un sujet, les forumeurs serrent les fesses (sauf sur le Temple évidemment f-0-148.gif?w=550), es-tu si méchant qu'on le pense ?

Certains forumeurs modérés (surtout sanctionnés) pensent que je suis bien pire même.

Mais la très grande majorité des membres n'ont jamais affaire à la modération.

Tu modères sur le forum depuis de nombreuses années, est-ce que par déformation forumesque tu modères aussi dans la sphère privée ?

Ca marche pas en réel. C'est pas faute d'avoir essayé.

C'est dommage, ça pourrait rendre service parfois. :D

Qu'a à craindre ton fils quand son niveau d'avertissement est atteint ? Il est banni lui aussi ? :snif:

Il essaye de jouer avec les règles, comme n'importe quel enfant.

Parfois ça passe, d'autres fois non. :D

Mais il sait que je tiens toujours mes promesses.

Impossible de le bannir, il est bien trop extraordinaire.

C'est mon bébé, même s'il est désormais bien grand pour un bébé.

Dans quelle(s) section(s) peut on te croiser le plus souvent en tant que membre ?

En tant que membre, je ne sais même pas trop.

Je passe régulièrement en bricolage, informatique, sexualité, et tant d'autres ...

Tu connais la règle maintenant, c'est l'heure de l'interview dans l'interview, et comme je trouve que tu es payé à ne rien faire ici, tu auras droit à l'interview "question/réponse". Tu as le champ libre pour t'auto interviewer sur ce que tu veux. Tu fais tes questions et tes réponses, moi je vais faire une sieste pendant ce temps là. C'est à toi !!

Je connais quoi ???

Payé à rien faire ? (ça me fait penser qu'il faudrait que je demande à Caez si c'est possible d'être payé tiens !)

Quelle est ta douceur préférée ?

Le chocolat !!!!!

C'est quoi ton métier exactement ?

Je travaille dans l'automatisme industriel. Il faudrait que j'en fasse un topic un jour. Certains membres de ma famille ne savent toujours pas exactement à quoi ça correspond. :D

Quel est ton style musical préféré ?

J'écoute un peu de tout, du classique à la techno, en passant par de la pop ou du rock.

Tu as un Chuck Norris Fact préféré ?

Dieu dit : "Tu ne tueras point". Et Chuck Norris répondit : "on parie ?"

Quel est le film dont tu attends la sortie avec impatience?

Sans hésiter Blade Runner 2049.

Quelle sera ta prochaine question ?

Quelle sera ta prochaine question ?

Quelle sera ta prochaine question ?

Quelle sera ta prochaine question ?

Quelle sera ta prochaine question ?

Quelle sera ta prochaine question ?

(fichtre j'ai buggué ! Je me suis perdu dans une boucle récursive !)

Bon en fait on s’en fout. :sleep: Je pense que les forumeurs seront bien plus intéressés par ton côté féminin que par ta vie, c’est donc moi qui vais te faire l’interview « si j’étais une femme »  f-0-0021.gif?w=550

 

String, shorty ou culottes ?

String pour provoquer un peu.

Dentelle ou coton ?

Dentelle, tant qu'à faire.

Faut souffrir pour être belle ou le mieux c'est le naturel ?

Le naturel est toujours mieux. (Mais ça c'est mon côté masculin qui parle. Pas sûr que si j'étais une femme je verrais les choses de la même manière. Je laisse aux femmes le soin de confirmer ou infirmer. :D )

Romantique ou mangeuse d'hommes ?

Romantique sans hésiter.

Cheveux courts ou cheveux longs ?

Cheveux courts, c'est hyper sexy. (En tout cas j'adore moi :blush:)

Ce que tu regardes en premier chez les hommes ?

Le regard (c'est un truc dingue, ce qui peut se dévoiler dans un regard) puis les fesses.

Ce que tu préfères dans ton physique ?

Mes seins ? (comment ça c'est une réponse d'homme qui rêve d'être une femme ? :D)

Dominante ou dominée ?

Ni l'un ni l'autre, jamais. J'ai toujours préféré les rapports d'égalité, et que je sois un homme ou une femme n'y changerait rien.

Quitte à avoir 24 ans d'écart avec ton mari, tu serais plutôt Brigitte Macron ou Mélania Trump ?

Clairement et sans hésiter Brigitte, parce que si la différence d'âge est secondaire pour moi, être marié à un déglingo comme Donald Trump, très peu pour moi.

Question subsidiaire : et après avoir réfléchi à ta condition féminine, tu regrettes d'être un mec ?

J'aurai bien aimé être une femme, pour bien des côtés.

(et même pas que pour avoir des seins d'abord ! :D )

Avant de terminer cet entretien, quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?

Celle à laquelle je n'aurai pas pensé.

Merci Nephalion ce fût un plaisir

Le plaisir était partagé, sois en sûre. :blush:

Tequila Moor

within-our-gates-2.jpgBonjour chers amis lecteurs. Ce mois-ci, nous restons toujours dans le cinéma muet, mais nous allons passer de l'autre côté de l'Atlantique pour un genre de cinéma que j'ignorais : le cinéma muet afro-américain. Le film que je vais vous présenter est intéressant à plusieurs points de vue : c'est l'un des rares films réalisés par un réalisateur afro-américain qui soit parvenu jusqu'à nous (dans l'ancienne version du Mag, pour ceux qui s'en souviennent, j'avais fait un article sur les débuts du cinéma et la problématique de la conservation des films avant la création des médiathèques), c'est un film qui est classé depuis 1992 au National Film Registry de la bibliothèque du Congrès au vu de son importance historique et c'est un film qu'on a cru perdu à jamais, jusqu'en 1993 où l'American Film Institut parvint à acquérir une copie du film trouvée en Espagne et restaurée par la bibliothèque du Congrès. Les intertitres anglais ayant disparu avec la version originale, ce sont les intertitres espagnols qui ont servi à les recréer dans cette version ainsi que ceux d'un autre film du même réalisateur, qui est parvenu complet jusqu'à nous.

Within our Gates est un film du réalisateur Oscar Micheaux, qui est également écrivain et producteur de cinéma. Il adapte en film son troisième roman éponyme, sorti dans les salles en 1920, racontant l'histoire d'une jeune institutrice afro-américaine, Sylvia Landry (interpréter par Evelyn Preer) qui va devoir trouver des fonds afin que l'école destinée à de jeunes noirs dans laquelle elle enseigne ne ferme pas faute de trésorerie, dans le sud des États-Unis. C'est un plaidoyer pour le droit à l'éducation des jeunes Afro-américains et à la tolérance.

Sylvia Landry, jeune institutrice afro-américaine vivant dans le sud des États-Unis, est en vacances chez sa cousine Alma Prichard, dans le nord du pays. Elle reçoit une lettre de son fiancé, Conrad Dreter, qui lui annonce qu'il attend un mutation pour le Brésil et qu'avant son départ, il veut officialiser leur relation par un mariage. Sylvia est heureuse de ces nouvelles mais elle ignore que sa cousine nourrit des sentiments à l'égard de son fiancé. Il se trouve que le demi-frère d'Alma, Larry Prichard, la courtise. Ils se retrouvent à discuter ensemble dans le salon et Alma, d'un air mutin, entre dans la pièce afin d'y récupérer un mouchoir avant de les laisser ensemble. Sylvia dit au jeune homme que son cœur appartient à Conrad. Il est déçu de l'apprendre et quitte les lieux. Alma a tout entendu de la discussion car elle s'est postée devant la porte du salon.

Pendant ce temps, le détective de la ville, Philip Gentry, prend connaissance de son courrier et en ouvrant une lettre émanant du commissaire, apprend que Larry Prichard dit « La sangsue » a disparu de la circulation, lettre qui lui demande d'ouvrir l’œil car Prichard fait partie de la pègre. Il examine les photos qui accompagnent la lettre et qui montre l'individu à surveiller si jamais il est dans les parages.

Le facteur sonne chez Alma, et celui-ci lui remet un télégramme pour sa cousine, Sylvia. Elle prend le télégramme et, au lieu de le remettre à Sylvia, le garde pour elle et le lit : c'est Conrad qui dit qu'il sera en ville le jeudi qui arrive en début de soirée. Elle a une information que sa cousine n'a pas et va utiliser contre elle. Alors que la demi-sœur complote contre la cousine, Larry, qui est discrètement filé par le détective Gentry, entre dans un troquet dans lequel l'attendent deux hommes et deux femmes qui ont l'air de bien le connaître. Ils s'installent tous les cinq autour de la table et prennent un verre avant que les hommes ne commencent une partie de poker. Au cours de cette partie, celui qui assure la distribution des cartes a trouvé une astuce pour tricher sans se faire remarquer : utiliser sa boîte à cigarette comme miroir posé sur la table. Cependant, l'un des joueurs ayant découvert son manège, un bagarre éclate entre les hommes présents et pour une raison inconnue, la police investit les lieux et des coups de feu partent de partout. Alma et Sylvia, s'étant endormies sur le sofa du salon, sont réveillées par l'entrée de Larry dans la maison et Sylvia dit à sa cousine qu'elle a rêvée que ce dernier avait tué un homme.

Le jour prévu, Conrad se présente chez Alma afin de revoir sa bien-aimée et il est accueilli par la cousine de cette dernière qui le conduit dans le salon. Au bout d'une heure d'attente, Conrad montre des signes d'impatience et se décide à monter vers la chambre de Sylvia et Alma le suit, faisant mine de l'empêcher de monter vers les chambres. Il s'arrête devant la chambre voulue et tendant l'oreille sur la porte, il entend une voix d'homme et il en déduit que Sylvia lui est infidèle. Il redescend, furieux, dans le salon suivie d'Alma. Quelques minutes plus tard, Sylvia entre dans le salon et elle est toute heureuse de revoir Conrad qui, lui, n'est pas du même avis après ce qu'il a surpris et dans une crise de rage, tente de l'étrangler. Il quitte la maison sans avoir écouté ce que Sylvia voulait lui dire et quitte la ville.

Quelque part dans le sud des États-Unis, le révérend Wilson Jacobs, aidé de sa sœur Constance, a fondé Piney Woods qui accueille les jeunes Afro-américains afin de leur donner une éducation pour qu'ils puissent s'élever dans la société. En effet, la population noire n'est pas éduquée et vit dans l'ignorance, ce qu'il refuse pour les enfants. Sylvia répond à l'annonce que le révérend Jacob a déposé. Si l'école du révérend ambitionne à donner une éducation aux jeunes issues de la communauté afro-américaine, elle se heurte à un problème de taille : ses caisses se vident progressivement sans qu'elles puissent se remplir. Constance et Sylvia, tout comme le révérend Wilson, sont conscients du problème mais le révérend refuse de ne pas répondre aux demandes de parents, pour la plupart très pauvres, concernant l'entrée de leurs enfants dans l'école. Sylvia est révoltée par le fait que le gouvernement accorde seulement 1,49 dollar par an à chaque enfant noir scolarisé alors que l'école a besoin de 5000 dollars pour fonctionner correctement. Après cette conversation avec Constance, elle n'arrive pas à trouver le sommeil et se demande comment empêcher la fermeture de l'école car, pour elle, seule l'éducation peut permettre à ses enfants de trouver leur place dans la société et de ne plus subir la discrimination qui est très forte dans le sud du pays. Le lendemain, elle décide de remonter dans le nord afin de trouver un financement.

Quelques jours plus tard, elle arrive à Boston afin de rencontrer le docteur Vivian qui est très impliqué dans les questions sociales. En l'attendant, il lit un journal dans lequel dans lequel un article attire son attention : un religieux, le révérend Thurston qui fait campagne en faveur de l'éducation des Afro-américains et demande au gouvernement de s'investir plus sur la question. Pendant ce temps, un homme accepte de guider Sylvia chez le docteur Vivian et quand cette dernière ouvre sa bourse pour chercher quelque chose, il voit une liasse de billets enroulés et n'hésite pas à lui voler sa bourse. Elle court à sa poursuite. Le docteur ayant été témoin de la scène qui a eu lieu sous ses fenêtres, prend un raccourci et stoppe le voleur dans sa fuite. Un policier qui passait par là prend la relève et le docteur rend la bourse à sa propriétaire qui poursuivait le voleur. Le voleur en question ose protester de son arrestation.

Madame Géraldine Stratton, une riche sudiste est également en déplacement dans le nord. Cette dernière milite contre le droit de vote des femmes. Elle ne peut pas imaginer une femme noire avoir le droit de voter. Un article dans un journal attire son attention : un sénateur milite contre le droit de vote qui pourrait être accordé aux Noirs car ce sont des être inférieurs aux Blancs. Elle est rassuré par ce propos. Pendant ce temps, Sylvia se désespère car elle n'a encore trouvé personne pouvant l'aider à financer l'école. Alors qu'elle est dans ses pensées, assise sur un banc, elle voit un jeune enfant qui s'apprête à se faire renverser par une voiture. Elle accourt vers l'enfant pour le protéger et l'inévitable arrive : elle se fait renverser par la voiture de madame Elena Warwick, une riche philanthrope de Boston. Des passants ainsi que le chauffeur de madame Warwick la prennent en charge et la mettent dans la voiture afin qu'elle soit conduite à l'hôpital. Quelques jours plus tard, madame Warwick vient lui rendre visite à l'hôpital et la voyant anxieuse, lui demande ce qui la travaille. Sylvia pense aux enfants, à l'école, aux soucis financiers du révérend et de Constance pour maintenir l'école à flot et au financement qu'elle n'arrive pas à trouver pour empêcher la fermeture de l'école. Sylvia montre à madame Warwick le télégramme qu'elle a reçu du révérend Wilson qui lui annonce la fermeture de l'école dans les prochains jours. La vieille dame dit à Sylvia de venir chez elle quand elle pourra et elle verra ce qu'elle peut faire pour sauver l'école, ce qui remplit le cœur de Sylvia de joie.

Quelques jours plus tard, Sylvia se rend chez madame Warwick qui lui apprend qu'elle est très intéressée par la cause des Afro-américains et qu'elle fera ce qu'elle pourra pour aider l'école de Sylvia, ce qui rassure la jeune femme avant de prendre congé de la vieille dame. Le même jour, madame Warwick a la visite de madame Stratton qu'elle a fait venir car étant originaire du sud du pays, elle voudrait avoir son éclairage sur la cause des Noirs. Cette dernière lui dit que les Noirs ne valent pas la peine qu'on dépense des sommes dans leur éducation dans la mesure où il sont inférieurs à l'homme Blanc. Il ne sont pas intéressés pour faire des études, en plus de ne pas en avoir les capacités intellectuelles et que tout ce qui les intéresse, c'est la pratique de la religion pour leur permettre d'accéder au paradis. Ils n'ont pas besoin d'être éduqués. Madame Stratton dit à madame Warwick que les 5 000 dollars qu'elle veut donner pour faire fonctionner l'école de Piney Woods sera du gaspillage, qu'il vaudrait mieux donner 100 dollars au révérend Ned afin qu'il laisse les Noirs à leur place.

Le révérend Ned est un pasteur afro-américain qui n'incite pas ses semblables à vouloir s'élever intellectuellement et socialement. Il prêche le fait que l'homme blanc soit supérieur à l'homme noir et que le pays appartient prioritairement à l'homme blanc. De plus, l'argent, le pouvoir et les études corrompent l'âme des blancs alors que l'homme noir a la garantie d'aller au paradis en n'ayant pas les mêmes pratiques que les Blancs. Les croyants abondent dans son sens. A la fin du sermon, avant de faire la quête, le révérend Ned apprend aux fidèles que l'argent de la quête a été volé pendant l'office et que le responsable du vol, s'il se reconnaît, devrait remettre l'argent à sa place. Le lendemain, le révérend rend visite à des Blancs avec lesquels il entretient de bonnes relations. Ces derniers lisent un article dans un journal dans lequel il est question du droit des votes des Noirs et ils demandent au révérend ce qu'il en pense, ce à quoi il répond que les Blancs étant supérieurs aux Noirs, les faibles ne devraient pas décider de la politique du pays. En prenant congés d'eux, le révérend Ned comprend qu'il s'est encore fait rouler dans la farine car les hommes, quelque soit leur race, sont égaux.

Quelques jours plus tard, Sylvia retourne chez madame Warwick qui lui dit qu'elle est prête à l'aider pour que l'école continue de fonctionner, à la grande joie de la jeune femme qui découvre qu'elle éprouve des sentiments pour le docteur Vivian. Elle envoie un télégramme au révérend Wilson lui disant que les fonds sont trouvés pour sauver l'école et qu'elle donnera plus de détails dans la lettre qui suit le télégramme. Madame Warwick fait venir madame Stratton chez elle afin de lui dire qu'elle n'était pas de son avis concernant les populations noires et qu'elle a accepté de venir en aide à l'école de Piney Woods non à hauteur de 5 000 dollars mais à hauteur de 50 000 dollars. Cette dernière n'en croyant pas ses oreilles décide de partir, sonnée par la nouvelle. Pendant ce temps, Sylvia et le docteur passent leurs derniers jours ensemble avant que la jeune femme retourne chez elle. Le docteur en profite pour lui dévoiler ses sentiments.

Pour des raisons que lui seul connaît, Larry Prichard est dans le Sud et il en profite pour rencontrer une connaissance à qui il demande son avis sur des bijoux qu'il possède. Celui-ci lui dit de les vendre à des Noirs qui n'ont pas grand chose dans le crâne et que cela peut se faire le samedi, près de la fabrique qui se trouve derrière l'école. Le samedi arrivant, il se rend à la fabrique et il rencontre Sylvia qui conduit les élèves en récréation. Quel n'est pas son étonnement de le voir ici. Il n'a pas renoncé à lui faire la cour. Il vient la voir les samedis suivants avant que la jeune femme lui dise que sa place n'est pas ici et que son travail la comble de joie. A ces paroles, il se fait menaçant et après quelques échanges vifs, il quitte Sylvia. Le soir, elle éclate en sanglots dans sa chambre car elle ne cesse de penser au docteur Vivian et alors qu'un orage éclate, elle se décide de nouveau à quitter l'école pour rejoindre le docteur. Lui aussi pense beaucoup à Sylvia depuis son départ.

Larry retourne chez Alma qui lui dit qu'il n'aurait jamais du revenir car le détective Gentry a mis la maison sous surveillance, ce qui ne l'empêche pas de continuer ses activités. Pendant ce temps, le docteur Vivian a appris que Sylvia était de retour en ville et il la parcourt dans tous les sens pour la retrouver. Larry s'apprête à commettre un cambriolage quand il est surpris par le détective Gentry qui est sur ses talons depuis son retour. Une fusillade éclate entre les deux hommes et Larry est gravement blessé. Il croise la route du docteur Vivian qui le raccompagne chez sa sœur tout en se repentant de ses méfaits pensant qu'il va mourir. Une fois Larry installé dans une chambre, Alma raconte qu'elle a joué un mauvais tour à sa cousine Sylvia, en lui tendant un traquenard car elle était éprise de son fiancée, Conrad. Elle lui explique également que Sylvia a été adoptée par la famille Jasper et que ses parents ont été lynchés, il y a quelques années, par une foule en colère à la suite d'un meurtre pour lequel son père adoptif été injustement accusé.

La jeune Sylvia a été adoptée par Jasper Landry qui la considère comme sa propre fille. Comme tous les Afro-américains du sud, c'est un ignorant et un illettré mais il aspire à une vie simple entouré de sa famille et espère mieux pour eux et plus particulièrement pour ses enfants, Sylvia et son fils Émile. En effet, Sylvia est le seul membre de la famille à être éduquée et être allée à l'école et elle tient les comptes de son père. Les derniers comptes faits, elle annonce à ses parents que leurs dettes sont épongées et qu'elle va pouvoir enfin retourner à l'école et y emmener son jeune frère Émile, ce qui la ravit ainsi que ses parents, et elle explique à son père qu'il doit tenir scrupuleusement ses comptes, afin qu'ils ne puisse être contestés par personne.

Les terres sur lesquelles est installée la famille appartiennent à un gros propriétaire terrien, Philip Gredlestone, qui est craint des Noirs mais haït et envié des Blancs du fait de sa fortune. Il a comme valet un homme Afro-américain du nom d'Efrem dont le seul passe-temps est colporter des ragots et c'est ainsi qu'il apprend à son maître que la fille de Jasper Landry est une personne qui est allée à l'école, ce dont ne doutait pas Gredlestone mais cela le contrarie car il aura des difficultés à lui faire croire ce qu'il dit. Le lendemain, Jasper se rend chez monsieur Gredlestone afin de régler ce qu'il lui doit et Gredlestone lui fait savoir que le droit et la force sont du côté des Blancs et qu'il n'a pas intérêt à jouer au plus malin. Efrem est caché sous une fenêtre et il jouit du spectacle mais sous une autre fenêtre est caché un homme avec un fusil qui veut se venger du propriétaire terrien qui lui a manqué de respect en le comparant à un Noir. Alors que Jasper s'apprête à prendre congé de Gredlestone, celui-ci voit le canon de l'homme et prend l'arme qu'il a dans un tiroir de son bureau et se précipite vers cette fenêtre. Se sentant menacé, Jasper Landry l'arrête dans sa course et il est mortellement blessé par le coup de fusil tiré par l'homme en embuscade.

Dans sa lutte avec Gridlestone, Jasper se retrouve avec l'arme de Gridlestone à la main et il en conclut qu'il l'a tué, il n'a pas remarqué l'homme qui a tiré. La femme de Jasper dit à sa fille qu'elle a le pressentiment qu'une chose horrible s'est produite. Efrem, voyant Jasper Landry avec l'arme de son maître, il en conclut que c'est lui le meurtrier et va ameuter la ville en répandant la nouvelle de la mort de Gredlestone, tué par Landry, ce qui va être le point de départ d'une chasse à l'homme et parmi les hommes qui vont y participer se trouve le véritable assassin de Gredlestone qui ne fait rien pour innocenter. Jasper quitte sa maison avec sa famille afin qu'ils ne soient pas tous lynchés par la foule en colère. Ils se cacheront dans la forêt pendant une semaine avant qu'on les retrouve. Alors que les Afro-américains du comtés se cachent, craignant pour leur vie, Efrem est le seul à pouvoir se promener dans la ville sans crainte mais comme la population est sans nouvelles des fugitifs, des hommes décident de l'arrêter pour calmer la foule en colère. Après s'être vanté de pouvoir circuler librement auprès des Blancs, il se voit pendu à une corde et il les suit.

Alors que la famille de Sylvia se cache dans la forêt, cette dernière retourne dans la maison pour prendre des vivres mais elle ignore que pendant son absence, ses parents et son frère ont été capturés par les assaillants et qu'ils veulent les pendre haut et court, sans le moindre procès. Si le jeune Émile parvient à leur échapper, ce n'est pas le cas des parents qui sont lynchés par la foule en colère. Le comté reprend le récit fantaisiste d'Efrem (qui a eu un accident dans lequel il a laissé sa vie) de l'assassinat de Philip Gredlestone qui dit que Jasper Landry était ivre quand il entra dans le bureau du propriétaire terrien et qu'il s'est acharné sur lui pour justifier la pendaison de Jasper et de sa femme. Après la mort, les deux corps sont brûlés. Sylvia, elle doit lutter contre le frère de Gredlestone qui parvient à la trouver dans la maison alors qu'elle venait récupérer des affaires. Une lutte s'engage entre elle et lui qui dure de longues minutes et c'est au cours de cette lutte, alors que Sylvia est épuisée et débraillée, qu'il voit une cicatrice sur le partie gauche de son torse : il comprend qu'il est en face de la fille qu'il a eu d'une relation avec une Noire lors de ses jeunes années. Il prend en charge les études de Sylvia mais se garde bien de lui dire qu'il est son père.

Le docteur Vivian retrouve Sylvia et lui dit qu'elle n'a pas à avoir honte de son histoire personnelle, aussi dramatique soit-elle et qu'elle fait partie de la population américaine, ce qu'elle doit accepter malgré la part sombre qu'a connue et que connaît le pays. C'est une patriote qu'elle le veuille ou pas et qu'il tient toujours autant à elle. Après quelques jours de réflexion, elle pense que le docteur n'a pas tort et ils se retrouvent ensemble.

 

« Within Our Gates », film complet :

https://archive.org/details/WithinOurGates

Tequila Moor

Difficile de ne pas savoir ce qu’est aujourd’hui un jeu vidéo, quand bien même nous n’y avons pas joué personnellement. Difficile aussi de ne pas savoir que ces jeux sont devenus tant des divertissements parfois très chronophages pour certains d’entre nous qu’une industrie qui, aujourd’hui, génère des revenus bien plus importants que la cinématographie à laquelle elle est souvent comparée. Que dire, en effet, d’un jeu tel que Grand Theft Auto V dont le coût du développement se chiffre en centaine de millions de dollars ? Il est un fait qu’actuellement l’industrie du jeu vidéo met dans ses « blockbusters » autant de moyens que l’industrie du cinéma pour atteindre des résultats toujours plus époustouflants pour ses joueurs, résultats qui grandiront sans doute encore avec l’arrivée de la réalité virtuelle et de ladite immersion totale.

Mais avez-vous déjà entendu parler des « jeux sérieux » ? Bien que ce ne soit pas nouveau, le jeu sérieux ne représente aujourd’hui qu’une branche assez marginale de l’industrie du jeu vidéo (2,6 milliards de dollars en 2016). Pour mettre cela en perspective, le jeu le plus rentable de 2016, League of Legends, a rapporté à lui seul 1,7 milliards de dollars. Cette marginalité ne doit cependant pas masquer la croissance importante prévue d’ici 2020 puisque ses revenus devraient doubler.

Qu’entend-on donc par jeu sérieux ? Très banalement, cela signifie que le jeu, outre son aspect distrayant, apporte quelque chose considéré comme « utile », que ce soit par exemple une formation, une simulation ou des informations sur des sujets utiles dans l’enseignement ou la santé. Autrement dit, c’est un jeu dont le contenu peut être considéré comme pédagogique.

De nombreux exemples pourraient être donnés, y compris parmi ceux qui déjà utilisés pour former des personnes. Si l’histoire du simulateur de vol est en quelque sorte inverse (le simulateur de vol étant devenu un type de jeu après avoir été une application permettant de former des pilotes), nous pouvons citer plusieurs exemples que vous pouvez trouver sur le site suivant :

http://myseriousgame.com/

Vous y trouverez autant un jeu vous permettant de vous préparer à l’entretien d’embauche face à un recruteur qu’un jeu qui s’adresse aux patients atteints de pathologies particulières comme l’Alzheimer ou l’adaptation d’un jeu (Farmerama) par l’ONU pour « sensibiliser à la problématique de l’eau ».

Si cela ne vous paraît pas nécessairement sérieux, cela me permet de rebondir sur les acteurs qui s’intéressent aujourd’hui beaucoup à ce sujet : l’Éducation nationale, le monde de la santé et toutes les instances pouvant être amenées à sensibiliser les personnes sur des sujets très divers, en particulier la santé et l’environnement. Comme France Info peut le dire à propos d’un jeu censé aider à prévenir le diabète de type 2, la première étape consiste bien souvent à acquérir des connaissances, ces connaissances pouvant éventuellement amener à une adaptation du comportement de la personne. Mais tout comme la frénésie des objets connectés en médecine, démonstration reste toujours à faire de la fiabilité et de l’efficacité de ces nouveaux outils dans l’éducation des personnes.

Le monde éducatif n’est cependant pas en reste puisqu’aujourd’hui la question de savoir s’ils peuvent apporter quelque chose à l’école et, si oui, quoi et comment, se pose. En effet, le numérique est en train de modifier la façon de mener la pédagogie, et les Formation en Ligne Ouverte à Tous (FLOT, ou MOOC en anglais) en sont un bon exemple. Si le FLOT a pour objectif de rendre accessible du contenu partout, à tout le monde et par des supports divers, le jeu sérieux pourrait représenter tant un type de support utilisé dans ce contexte qu’un moyen de rendre du contenu plus attrayant. La réalité virtuelle apportera sans doute un moyen supplémentaire de rendre ce type de formation plus efficient puisqu’il sera dès lors possible de simuler véritablement des actions ou situations concrètes. Ainsi, le personnel soignant pourra répéter des gestes qu’il devra faire en réalité, le pompier pourra simuler son rôle dans une intervention, etc., tout comme un pilote peut déjà aujourd’hui simuler son vol dans un cockpit de simulation.

Mais ce type de support ne pourra pas remplacer la formation en situation réelle ou le savoir, la cohérence d’une pédagogie, qu’un enseignant peut apporter. Si le jeu sérieux représente un nouvel outil, il n’est intéressant qu’à la condition d’être pertinent et véritablement vecteur de connaissances. Il semble particulièrement intéressant pour s’exercer et donc apprendre de ses erreurs si la situation est systématique et bien cadrée (apprendre, par exemple, les bases de l’informatique, apprendre des gestes de base tenant de la procédure), il semble déjà moins intéressant pour ce qui tient du particulier et de l’abstrait. Ainsi, tout comme la formation hybride entre le cours du professeur et le FLOT, il sera nécessaire de trouver un équilibre entre les apports d’un professeur et d’un jeu sérieux qui représente aujourd’hui un moyen de diversifier les formes d’apprentissage.

Si le sujet vous intéresse particulièrement, un dossier sur les jeux sérieux est disponible sur le lien suivant, celui-ci renvoyant à de nombreuses références selon les aspects qui vous intéressent le plus :

http://eduscol.education.fr/numerique/dossier/apprendre/jeuxserieux

 

Bibliographie :

http://www.serious-game.fr/

http://myseriousgame.com/

http://ja.games.free.fr/ludoscience/PDF/EtudeIDATE08_VF.pdf

Tequila Moor

Bonjour à toutes et tous, bienvenue sur ce troisième volet du Magazine Ffr, qui sort en mai 2017 mais ne vous y trompez pas, c'est bien celui d'avril. En retard, donc !

Trêve de parlote, lisons plutôt :

 

1) Titenath nous revient avec un Entretien consacré à Marpletree.

Rubrique "Interview du mois" :


2) Noisettes nous invite à redécouvrir le cinéma muet, en particulier le film Au bonheur des Dames.

Rubrique Cinéma :


3) toile toujours, Nathaniel termine sa présentation du cinéaste Ed Wood.

Rubrique Cinéma :


4) en conclusion, Melie- nous dit tout ce qu'elle sait sur Les sites d'enquêtes rémunérées.

Rubrique "J'ai testé" :

Merci aux lecteurs, aux commentateurs, aux trains & magazines qui arrivent à l'heure, tout ça.

Un exemplaire PDF de ce numéro du Magazine est également disponible, à télécharger ici : Mag' N°3 / avril 2017 / version PDF

Nous passons trop de temps sur internet, bon retour chez nous... ^_^

Tequila Moor

Bonjour Marpletree et merci d'avoir accepté cette interview.

Bonjour Titenath !

Et bien... merci à toi d'avoir pensé à moi, quelle surprise ! :fille: (zut, comment résister à tes yeux de chien battu de biche :p )

Tu es originaire du pays de Lucy, tu es une cousine Canadienne, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots Québécois ?

Crime de câline ! D'habitude on me demande de parler avec l'accent, pour l'écriture c'est une première. J'avoue humblement que ces 30 années passées en France ont quelque peu émoussé mon vocabulaire, alors je ne ferai point affront à mes chers compatriotes.

Toutefois, pour ne pas "trop" m'éloigner de la Belle Province, je traîne dans l'Ouest de la France.

Pour me résumer je dirais que j'ai gardé les pieds sur terre mais la tête dans les nuages :) (et parfois dans les étoiles !).

Est-ce que tu pourrais nous refaire ta présentation mais avec l'accent cette fois-ci ?

Ayoye ! T'es tu donc tannante avec ton mosus d'accent québécois ! :p

Cela fait quelques mois que tu arpentes le forum avec ta bonne humeur ! Tu as vu de la lumière et tu es entrée ou tu cherchais quelque chose de particulier en venant ici ?

Je cherchais un forum de discussion généraliste (marre de discuter bébé/bobo/psycho) afin d'assouvir ma grande curiosité et d'exprimer justement cet humourrespectueux qui m'est très cher.

ForumFr est arrivé en haut de la page Google (merci le référencement). Je suis venue, j'ai vu et me suis inscrite. La suite est connue (ou pas, je ne fréquente pas toutes les sections !).

En tout cas merci pour l'accueil qui m'a été fait.

Tu travailles, tu as 3 enfants, tu fais de très jolies photos pour le Temple, tu postes régulièrement sur le forum et tu as une vie privée. Ta mère est une pieuvre et en vrai tu as 8 bras ou tu es du genre "super organisée" ?

Ah, je pensais taire cette tentaculaire ascendance, mais soit... :sleep:

Je suis plutôt (hyper)active et organisée. Toutefois l'idée est tout de même de ne pas se laisser déborder car le forum peut vite devenir chronophage (mais pourquoi j'ai accepté cette interview ! :gurp: ).

C'est plutôt une bulle d'évasion dans une vie bien remplie !

On te croise souvent dans le sujet "vous en avez rien à foutre, mais je vous le dis quand même", au quotidien ça t'arrive souvent de parler pour ne rien dire ?

Pardon, tu disais ?!

Mouarf, écrire pour ne rien dire, oui ! (je vois les rires moqueurs !).

Je taquine beaucoup mes proches, certes. Mais j'ai plutôt l'oreille attentive, plus que la langue facile.

Un coup de coeur forumien ?

Là en l'occurrence il s'agirait du Temple et de la possibilité d'y poster des photos. Manière pour moi de vaincre quelques complexes et de m'accepter.

Pas du tout dans une optique d'hameçonnage (passez votre chemin...), je le fais pour moi et les photos exposées sont toujours temporaires (mon choix).

Je dois dire que les commentaires sont toujours respectueux et que l'on y croise beaucoup de diversité.

Tes photos font beaucoup d'heureux et de jalouses. :blush: Mais maintenant que les hommes apprennent qu'ils peuvent passer leur chemin quant à la possibilité d'apprendre à te connaître (au sens biblique du terme), tu vas faire des malheureux. :snif:

Tu me fais rougir (je précise en couple depuis 20 ans ;) ).

Et un coup de gueule ?

Pas spécialement dans le sens où je viens sur le forum par plaisir.

Les esprits s'échauffent parfois sur les sujets d'actualité, libre à moi d'y participer ou pas.

On peut lire sur ton avatar "kiss me". Est-ce ta manière de marquer ton soutien à Philippe Poutou ?

No comment ! :ninja:

Voilà maintenant, je ne peux plus remettre mes feuilles d'érable avant un bon moment.

(Sinon personnage croqué lors d'un voyage. La p'tite demoiselle... pas Poutou :o )

J'avais envisagé de te faire une interview "si j'étais Présidente", mais vu que personne n'a encore posté de sujets récemment sur les élections, je ne voudrais pas faire jurisprudence. Yin ou Yang ça te tente ?

Tout me tente ! :ange2: ... Oui... enfin... allons-y quoi !

Mer ou montagne ?

J'habite près de la mer, j'adore m'y promener. Mais coup de cœur pour la montagne.

Jupe ou pantalon ?

Jupe, robe, j'aime beaucoup. Je suis plus souvent en pantalon, question de praticité.

Le "magasinage", ma petite faiblesse.

Hémisphère sud ou hémisphère nord ?

Plutôt hémisphère droit, esprit de synthèse.

Chien ou chat ?

Les deux. Actuellement un chat, son petit surnom : "deux de tension". :dort:

Sucré ou salé ?

Sucré sans conteste !

Films ou livres ?

J'alterne.

Les livres, c'est plutôt roman policier ou thriller.

Les films, mes goûts sont plus iconoclastes et j'aime bien me faire surprendre.

Zen ou stressée ?

J'hésite.... une fausse zen : calme à l'extérieur, speedée à l'intérieur.

Rire ou pleurs ?

Rires !

Soft ou alcool ?

Sam est mon deuxième nom.

(NDLR : Je ne balancerai pas, mais récemment tu as fait une sortie filles, et de mémoire tu avais laissé Sam au placard :ange2: )

Sport d'extérieur, sport en chambre ou sport devant la télé ?

Sport en salle, mon exutoire.

Quelle question aurais-tu aimé que je te pose et qu'y aurais-tu répondu ?

Quels étaient mes honoraires ? :hehe:

Je t'aurais répondu : mais Titenath, c'était avec plaisir ! (oui fayotte la Marpletree, mais j'ai tout de même obtenu 6 mois d'abonnement gratuit à FFr Mag ! :sleep: )

Le mot de la fin ?

Quoi c'est déjà fini !?

Puisque tu insistes (et comme j'adore avoir le dernier mot), peux-tu répondre en un mot à chaque proposition ci-dessous :

Ton pêché mignon ?

Une religieuse au chocolat. :ange2:

Ton principal défaut ?

Colérique, parfois.

Ta plus grande qualité (c'est le moment de te jeter des fleurs, fais toi plaisir :fleur: ) ?

L'empathie.

Merci Marpletree, ce fut un plaisir. :hi:

Merci à toi pour cet exercice ! Bizzzzzzzz.

Tequila Moor

Bonheur_Dames_1.jpg

Bonjour cher amis lecteurs, ce mois-ci ma chronique «Cinéma» nous transportera de nouveau à l'époque du muet et le film que j'ai choisi est l'un des derniers films muets du cinéma français. Il s'agit du film de Julien Duvivier, Au bonheur des Dames, librement inspiré de l’œuvre d’Émile Zola. Le film prend pour décor Paris et le chantier d'agrandissements du magasin Les Galeries Lafayette qui avaient débutés à la fin des années 20. Les intérieurs du magasins servent également de décor au film et plus particulièrement le grand hall avec sa coupole en verre. Le film, dont le rôle principal est tenu par une jeune actrice allemande, Dita Parlo, n'a pas vraiment suscité l'engouement du public car le cinéma parlant vient de faire son entrée dans les salles de cinéma françaises. Cependant, il ne signe pas l'arrêt de la carrière de Julien Duvivier en tant que réalisateur.

Denise, une jeune provinciale, débarque à Paris suite à une lettre que son oncle Baudu, drapier à Paris, lui a adressée au décès de son père l'invitant à le rejoindre pour faire fonctionner sa petite boutique. Elle arrive dans une ville en effervescence et fourmillant d'activité autour de la gare. Cela s'explique par la présence d'un grand magasin, Au bonheur des Dames aux abords de la gare qui attire les gens, et plus particulièrement les femmes de la bonne société. De plus, une grande opération publicitaire pour le grand magasin est organisée dans les rues de Paris afin de le faire connaître. Denise, qui doit se rendre dans la boutique son oncle, traverse cette foule compacte et dense avec ses bagages et elle-même est éblouie par la présence du grand magasin, surtout qu'il est en face de la petite boutique de draps tenue par son oncle.

Elle entre dans la boutique de son oncle qui essaie de vendre un drap à une cliente mais celle-ci préfère se rendre Au bonheur des Dames car les prix y sont plus attractifs. Baudu voit une fois de plus sa clientèle s'effacer mais il est à la fois surpris et heureux de voir sa nièce. Il l'invite à prendre un bon repas et ferme la boutique le temps de la pause déjeuner. Il la présente à sa fille, Geneviève, et au fiancé de cette dernière, Colomban, qui est aussi son bras droit. Il lui explique qu'au moment où il lui a écrit cette lettre, les affaires allaient et qu'il pouvait l'accueillir afin qu'elle puisse travailler avec lui. Mais avec la présence d'Au bonheur des dames, les affaires se sont effondrées et il est au bord de la faillite. S'il peut l'accueillir, il n'est pas en mesure de lui garantir un emploi dans sa boutique et il demande à sa nièce d'aller chercher un emploi afin d'assurer sa subsistance. C'est ce qu'elle fera en traversant la rue pour voir si elle peut trouver un emploi.

En se rendant Au bonheur des Dames, Denise découvre un magnifique magasin avec de nombreux produits dont les prix défient toute concurrence. Les clientes appartiennent aux classes aisées. Or ce qu'elle cherche, ce n'est pas des biens de consommation mais un emploi, et elle demande à une vendeuse où elle doit s'adresser. Elle se présente devant le bureau du chef du personnel et en attendant qu'elle soit reçue, elle sympathise avec un homme peu attirant et timide qui, lui aussi, est à la recherche d'un emploi au sein du grand magasin. Le chef du personnel la fait entrer dans son bureau et quand elle lui demande s'il y un emploi de disponible, il lui dit qu'il doit y avoir un poste comme mannequin. Ils sortent du bureau et Denise intervient auprès du chef du personnel afin que l'homme avec lequel elle a sympathisé puisse avoir un poste au sein du magasin. Ils se dirigent vers la salle où se trouvent les mannequins et le chef du personnel discute avec la femme qui gère le secteur. Elle demande à Denise de se déshabiller afin de voir sa silhouette et comment elle se déplace. Denise s’exécute et elle devient la cause des railleries de certaines jeunes femmes à cause des sous-vêtements qu'elle porte et qui sont loin d'être à la mode. Elle est gênée de se trouver en petite tenue et elle commence à défiler devant la femme gérant ce secteur du magasin et le chef du personnel. Ce n'est pas un succès et la femme dit au chef du personnel qu'elle n'a pas sa place parmi les mannequins. Entre temps, Denise remarque que l'une des filles, Clara, fait de l’œil à Colomban et fait savoir à Clara que ce dernier est fiancé. Clara dit simplement à Denise de se mêler de ses affaires. Suite à cette altercation, la femme explique au chef du personnel que la jeune femme ne fait pas l'affaire pour le poste de mannequin.

Pendant ce temps, le directeur du grand magasin, monsieur Mouret, fait le tour des différents secteurs, accompagné d'un homme à qui il explique son ambition d'agrandir son magasin sur les terrains environnants. Il explique qu'il doit rencontrer le soir même un investisseur qui pourra financer son projet mais l'homme qui l'accompagne lui fait savoir que la boutique du drapier Baudu ne se laissera pas faire. Mouret lui explique que c'est un homme pris dans les dettes, menacé par les huissiers, que c'est une question de temps avant que la petite boutique ferme. En arrivant dans la pièce dédiée aux mannequins, il assiste à l'altercation entre Denise et Clara et quand il entre dans la salle, Denise est toujours gênée de se trouver en sous-vêtements. Il tombe sous son charme et, prenant le chef du personnel à part, lui dit qu'il veut qu'on engage la jeune femme. Il va le dire à la femme gérant ce secteur ainsi qu'à Denise qui est heureuse.

Le soir même, le jeune homme avec lequel Denise avait sympathisé le matin lui apprend que, grâce à elle, il a été engagé comme vendeur au rayon produits de beauté. Monsieur Mouret veut aller à la rencontre de Denise après le jeune homme, et c'est là qu'il découvre qu'elle est la nièce de Baudu. Une fois rentrée chez son oncle, elle lui annonce la bonne nouvelle. Même s'il est ravie pour sa nièce, il ne peut s’empêcher de penser à sa propre banqueroute causée par la proximité d'Au bonheur des Dames. Monsieur Mouret se rend à une réception à laquelle il est convié par madame Desforges afin qu'elle lui présente l'homme qui pourra investir dans l'agrandissement de son grand magasin, le baron Hartmann, qui a une grosse fortune qu'il n'est pas capable d'évaluer. Il lui explique son projet d'agrandissement et celui-ci accepte de le financer mais, avant de s'engager complètement, voudrait savoir à quelles fins. Mouret harangue les femmes présentes à la réception pour dire qu'il travaille pour elles et qu'elles doivent lui donner son soutien. Cependant, le baron lui dit de faire attention car son attrait pour la gente féminine pourrait causer sa chute. Le plan d'agrandissement se fait autour de la boutique de Baudu.

Quelques jours plus tard, les travaux commencent autour de la boutique de Baudu qui font fuir les éventuels clients. Lui et sa famille vivent sur un chantier permanent avec le bruit et la poussière. Alors que sa famille vit dans la crainte de perdre sa boutique, Denise, faisant partie du personnel du grand magasin bénéficie des nombreux avantages qu'ont les employés, dont l'accès au réfectoire. Denise, une collègue qui l'a prise en amitié suite à son altercation avec Clara, et le jeune homme du rayons produits de beauté accèdent ensemble au réfectoire. Une fois leur plateau pris, ils vont s'asseoir chacun à leur place : dans le réfectoire, existe une séparation homme-femme. Alors que Denise s'avance avec son plateau, Clara se lève brusquement de sa chaise, faisant tomber le plateau de Denise, cherchant la confrontation avec la jeune provinciale. Ses deux amis prennent sa défense, ce que ne supporte pas Clara qui va du côté des hommes pour remettre l'ami de Denise à sa place. Les hommes parviennent à la calmer pendant que Denise, à l'aide de son autre amie, ramasse son plateau et va prendre place plus loin. L'agitation dans le réfectoire attire le chef du personnel qui vient voir ce qui se passe et Clara lui fait de l’œil, indiquant que tout va bien.

Le repas prend fin et le réfectoire se vide rapidement. Denise s'y retrouve seule et le chef du personnel vient à sa rencontre, pas dans un cadre amical. Il essaie d'abuser d'elle mais elle se défend en lui échappant, arrive Mouret qui demande ce qu'il se passe, tous les deux disent qu'il n'y a rien. Le chef du personnel quitte les lieux. Mouret est seul avec Denise, qui ignore toujours qu'il est le directeur du magasin, il lui annonce que le directeur va offrir aux employés du magasin un jour de congé à l'Isle-Adam pour célébrer l'anniversaire de l'enseigne et il veut savoir si elle sera du voyage. Elle ne lui répond pas et retourne au travail. Alors qu'elle défile, madame Desforges est présente dans la salle pour voir le défilé et le chef du personnel attire son attention sur la proximité de Denise avec Mouret et lui disant qu'il l'a employée suite à une recommandation, attisant ainsi la jalousie de madame Desforges envers la jeune femme. Quand cette dernière s'approche, elle fait fait tomber intentionnellement son éventail et Denise le lui ramasse. Elle le fait de nouveau tomber et Mouret, qui a vu la scène, s'approche de madame Desforges, demande pourquoi elle fait cela avant de lui rendre l'éventail qu'il a ramassé, prenant ainsi la défense de son employée, ce qui déçoit madame Desforges. Par une collègue, Denise apprend qu'il est le directeur du magasin. C'est un choc pour elle car elle éprouve de tendres sentiments pour cet homme dont elle ignorait la véritable fonction au sein du magasin, mais elle est troublée car son entreprise mène à la ruine celle de son oncle.

Quelques temps plus tard, tous les employés se trouvent à l'Isle-Adam pour la célébration de l'anniversaire du magasin. Alors que les employés s'amusent, Denise est plongée dans ses pensées. Mouret est également présent. Elle sort de ses pensées quand une annonce est faite d'une prime exceptionnelle pour le premier employé se présentant en costume de bain devant la piscine. Tous les employés s’exécutent dans la joie et la bonne humeur. Denise se retrouve nez-à-nez avec Mouret, alors qu'elle est en tenue de bain, et il lui demande pourquoi elle le fuit. Elle ne répond pas directement à sa question, se sentant mal à l'aise en étant devant lui en costume de bain. Colomban, le fiancé de Geneviève, a suivi Clara dont il est éperdument amoureux et il lui annonce qu'il va quitter tout ce qu'il a pour vivre avec elle et ne tardera pas à quitter le domicile des Baudu. Une violente discute éclate entre lui et Baudu qui lui en veut de les quitter pour aller travailler ailleurs, après l'avoir formé au métier de vendeur et lui avoir ouvert son foyer. Colomban dit au vieil homme qu'il veut une vie meilleure, ce dernier lui réplique que sa fille également. Geneviève est anéantie par cette rupture, ce qui la rend malade. Denise arrive et essaie de convaincre Colomban de ne pas quitter Geneviève qui ne s'en remettra pas. Il n'écoute personne et quitte le domicile des Baudu qui est au centre des travaux d'agrandissement du magasin Au bonheur des Dames.

L'état de santé de Geneviève se dégrade. Son père et sa cousine sont à son chevet et elle exprime un souhait à sa cousine : revoir Colomban avant que la vie ne la quitte. Denise se prépare à aller le chercher. Cependant, au magasin, le chef du personnel annonce, non sans une certaine joie dissimulée, l'absence de Denise, ce qui contrarie Mouret et celui-ci sort du magasin pour aller chez Denise quand il la voit sortir de chez elle. Il décide de la suivre jusqu'à un hôtel. Il l'attend dehors lors qu'elle y rentre. Elle arrive à convaincre Colomban, qui a compris que la belle Clara s'était jouée de lui, de l'accompagner chez son oncle afin que Geneviève, qui est est mourante, puisse le voir une dernière fois. C'est en sortant de l'hôtel, main dans la main, que Mouret les intercepte, demande une explication à Denise qui lui dit de les suivre. Il arrive, pénètre avec Denise et Colomban dans la chambre de la jeune mourante et se tient en retrait, alors que Colomban est au chevet de Geneviève qui pousse son dernier soupir, auprès de son bien-aimé. Baudu pleure la disparition de sa fille et, voyant le directeur du grand magasin, lui ordonne violemment de quitter son domicile. Mouret s’exécute mais semble troublé par les événements. Quelques minutes plus tard, Baudu trouve trois huissiers dans sa boutique qui lui annoncent son expulsion pour diverses dettes non réglées et, pris dans une fureur incontrôlable, il les chasse à coup de chaises et de tabourets qu'il leur jette à la figure. Sans demander leur reste, les huissiers quittent les lieux. Lors de sa fureur, il se cogne la tête après s'être pris les pieds dans une étoffe qui traînait par terre. Il se relève et prend une arme qu'il gardait dans un tiroir.

Il sort de sa boutique, traverse la rue et se rend Au Bonheur des Dames pour régler ses comptes avec l'enseigne. Comme il est blessé à la tête et que du sang coule de sa blessure, il attire l'attention des hommes en charge de la sécurité qui se dirigent à sa rencontre. Les hommes n'ont pas le temps d'arriver sur lui qu'il tire sur les personnes présentes, les accusant de les avoir conduit à la ruine. Il ne fait pas de différence entre le personnel et les clients, les estimant tous coupables, et le chef du personnel se fait tirer dessus en voulant l'empêcher de se rendre dans les locaux de la direction. Cela crée un mouvement de panique parmi clientèle et personnel qui quitte le magasin. Les hommes chargés de la sécurité essaient de l'arrêter et, au cours de cette arrestation, Baudu se fait renverser par une voiture de l'enseigne. Mouret est présent mais est impuissant à empêcher l'accident, Denise, qui était partie à la recherche de son oncle est dévastée de le voir mourir sous les roues d'une voiture, elle dit à Mouret qu'elle le hait car son magasin est responsable de la mort de sa cousine et de son oncle.

Alors que Denise doit faire face à la disparition de son oncle et de sa cousine, les créanciers de son oncle viennent récupérer tout ce qu'il y a dans la boutique et dans l'appartement. Mouret, depuis cette tragédie, se désintéresse de son entreprise et des travaux d'agrandissement, au grand dam du baron Hartmann qui a investi des fortunes dans le projet. Il lui dit de se reprendre avant de rejoindre madame Desforges, qui pense avoir un ascendant quelconque sur le directeur du magasin qu'elle a aidé dans son entreprise. Mouret évoque une démission probable et se décide à aller rendre visite à Denise. Cette dernière, ayant mené des réflexions sur le grand magasin et les sentiments qu'elle a pour Mouret, lui dit qu'il ne doit pas abandonner le rêve qu'il a façonné et que ses drames à elles ne sont pas dus à lui mais au progrès. Il œuvre pour le progrès alors que sa famille était à l'opposé mais elle peut l'aider à réaliser ses rêves. Il comprend qu'il peut compter sur Denise, et madame Desforges qui pensait le tenir, ne peut que voir l'échec de son emprise sur le directeur d'Au bonheur des Dames.

 

« Au Bonheur des Dames », film complet :

https://www.youtube.com/watch?v=lzLuXlX4Z34

Tequila Moor

Après le cuisant échec de Plan 9 from outer space, Ed Wood se retrouve ruiné, au bout du rouleau aussi bien physiquement que moralement.

Souffrant d'une réputation bien peu flatteuse, il déprime totalement depuis la mort de son ami Bela Lugosi.

Cependant, grâce à quelques-uns de ses amis les plus fidèles, il parvient à mettre en chantier « Night of the ghouls », obscur film d'épouvante.

Nightoftheghouls.jpg

Night of the ghouls raconte l'histoire d'un médium, le Dr. Acula (notez le jeu de mots fort habile) communiquant avec les défunts. Le métrage est une espèce de suite de Bride of the monster, toujours avec Tor Johnson dans le rôle du monstre Lobo.

Comme toujours avec Ed Wood, le scénario est s'il existe on ne peut plus alambiqué. Le Dr. Acula organise des séances de spiritisme pour le compte de riches clients désireux de communiquer avec leurs défunts. S'en suit une séance de spiritisme assez... Bizarre dirons-nous, où une trompette, mue par une force invisible (ou plutôt des fils bien mal dissimulés) retentit. Puis un fantôme surgit du néant, avant d'enchaîner sur un homme noir parlant à l'envers un dialecte étrange. Ah, et il y a aussi une espèce d'ombre fantomatique qui assassine les gens, sans aucune raison…

L'étendue du désastre en VO :

Night of the ghouls est tourné dans des conditions bien particulières. Wood n'a plus un dollar en poche, de sorte que ses amis doivent lui en donner pour qu'il puisse se payer de la pellicule, qui fera cependant défaut. De plus, ces mêmes amis doivent jouer dans ce film gratuitement, ce qui se ressent dans le jeu d'acteurs, pitoyable. Sans oublier qu'il faut en permanence surveiller Wood pour qu'il ne picole pas trop durant les tournages, car il ne maîtrise plus sa consommation de whisky.

Wood est tellement aux abois qu'il ne pourra jamais faire développer son film, qui ne sera redécouvert que bien après sa mort. Night of the ghouls sera donc le dernier film officiel de Wood, qui en est réduit à jouer les assistants sur divers nanars érotico-macabres.

Désormais, Wood ne vit plus que de charité, ses amis lui donnant régulièrement de l'argent afin qu'il ne sombre pas totalement dans la misère. Argent qui malheureusement lui sert à payer ses verres d'alcool. Il meurt en décembre 1978 à l'âge de 54 ans, juste après s'être fait expulser de son appartement, dont il ne payait plus le loyer, entouré de ses amis restés fidèles.

Bien que rares soient les réalisateurs aussi peu doués, Wood était un vrai passionné, qui a consacré sa vie et sa réputation au cinéma, dont il avait une vision toute personnelle. Il faisait du cinéma par amour de l'art, non pour la gloire et la fortune : en cela Ed Wood mérite un peu plus de considération.


 

Pour aller plus loin…

Ed Wood aimait tout particulièrement s'entourer de personnes toutes aussi atypiques que lui. Petit trombinoscope de cette galerie de personnages hauts en couleurs.

Bela Lugosi

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Né en 1840 en Transylvanie, Lugosi incarna le célèbre Dracula dans un grand nombre de films, ce qui le condamna à jouer dans des films d’épouvante plus ou moins bons. Quand il rencontre Ed Wood pour la première fois, Lugosi est alcoolique et morphino-dépendant, ses addictions lui coûtant ses économies. Il pense alors que Wood lui permettra de redevenir une star.

Il n'a jamais réellement maîtrisé l'anglais et a conservé toute sa vie un fort accent. Il meurt juste avant le tournage de Plan 9.

 

 

 

Tor Johnson

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Né en 1903, il devient à l'age adulte catcheur professionnel. Doté d'un physique hors du commun, ce colosse d'1 mètre 91 a pesé jusqu’à 180 kilos. Bien qu'il ait souvent joué les méchants monstres dans divers films souvent même sans être crédité il était en réalité aimable et doux comme un agneau.

 

 

 

 

 

Vampira

Vampira.jpgVampira, ou Maila Nurmi, est surtout connue pour son personnage gothique et sexy. Le mystère entourant sa naissance divise ses biographes, ne sachant si elle est née en Finlande ou à Los Angeles.

Elle est d’abord présentatrice, chargée du lancement de films de séries B, et aura par la suite ses propres rôles au cinéma.

Mise à mal à cause de ses opinions politiques jugées trop communistes, durant le plus fort du maccarthysme, elle a de plus en plus de mal à exercer. Elle accepte bon gré mal gré de tourner pour Ed Wood.

Elle fut un temps fiancée à l'acteur James Dean, qui la quitte sur les conseils de ses proches, craignant que la réputation sulfureuse de Vampira ne soit un frein pour sa carrière. Selon la rumeur, elle lui jeta une malédiction (car, disait-on, elle pratiquait des rites sataniques). Dean mourut peu après leur rupture au volant de sa voiture.

De plus, Vampira intenta un procès contre Cassandra Peterson, jugeant que son personnage d'Elvira était un plagiat.

 

Tequila Moor

Ce mois-ci, je me suis intéressée aux sites de sondages rémunérés. Rester devant mon écran, répondre à des questions et gagner de l’argent, rien de bien compliqué, me suis-je dit. Je n’y connaissais rien du tout. Dans cet article, je vous énoncerai en premier lieu les similitudes entre ces sites, ce à quoi il faut s’attendre. Puis je vous détaillerai chaque site où je me suis inscrite, en nommant leurs atouts et leurs inconvénients. Enfin, je vous donnerai mon opinion.

Il m’a fallu, tout d’abord, rechercher ces fameux sites qui nous promettent « presque » la richesse. Je suis tout simplement allée sur Google et ai tapé « site d’enquête/sondage rémunéré ». Là, vous en avez tout un tas qui apparaît. Je n’ai pas réfléchi longtemps et les ai pris dans l’ordre d’apparition, en me disant que c’était certainement les plus connus.

Bien sûr, je ne les ai pas tous testés. Il y en a beaucoup. La liste que je vais donc vous proposer ci-dessous est loin d’être exhaustive. Mon objectif n’était pas de vous indiquer les meilleurs sites de sondage, mais d’avoir un aperçu global de ce qu’ils peuvent proposer. Cela fait seulement deux mois que j’ai commencé cette démarche, mon expérience est donc courte mais cela permet tout de même d’avoir une vue d’ensemble. J’ai essayé de tirer les avantages et inconvénients pour chacun d’eux.

Avant de les passer en détail, voici ce à quoi il faut vous attendre pour la majorité d’entre eux :

  • Une inscription avec adresse e-mail est nécessaire. Pour ma part, j’ai créé une adresse spécialement pour ces sites et je vous le conseille vivement. J’ai très vite été envahie de messages puisque je me suis inscrite sur beaucoup de sites.

  • Votre adresse postale, votre numéro de téléphone et des informations personnelles (telles que votre situation familiale, votre âge, votre situation professionnelle) sont très souvent nécessaire dès l’inscription.

  • Ayez du temps, beaucoup de temps, si vous voulez que cela vous rapporte de l’argent. Répondre à une simple enquête prend environ une vingtaine de minutes (voire plus). Prévoyez-vous des temps dédiés à cela.

  • Ne soyez pas de nature méfiante vis-à-vis de vos informations personnelles. Ces sites posent des questions qui concernent votre vie privée, votre mode de consommation, vos préférences dans un tas de domaine. Si vous avez tendance à ne rien divulguer sur internet, passez votre chemin.

  • Soyez un « bon consommateur ». J’entends par cela qu’il faut avoir les projets d’acheter, être dans les dernières tendances pour espérer correspondre au profil recherché. Si vous ne fumez pas, ne buvez pas, ne partez jamais en vacances, n’achetez rien sur internet, ne comptez pas changer de voiture/téléphone/ordinateur/console dans les prochains mois, on ne vous proposera pas grand-chose. J’ai, pour les besoins de cet article bien sûr, un peu menti sur ma situation. Sinon, je ne correspondais jamais aux critères recherchés.

Voici à présent la liste des sites sur lesquels je me suis inscrite :

  • IPSOS I-SAY : pour l’inscription, vos coordonnées sont nécessaires. Je ne correspondais pas au profil géographique, je n’ai donc rien à vous dire de plus sur ce site. Les sélectionnés doivent être rares.

  • Quot’&Vous, la grande communauté de la Presse quotidienne régionale : après inscription, vous répondez à un questionnaire sur la presse régionale et nationale (moins de 5 minutes pour y répondre). Voici la page que vous obtiendrez :

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Ce site m’a proposé très peu d’enquêtes, moins d’une par semaine. Il est donc très difficile d’obtenir des points échangeables contre des bons cadeaux Amazon. Les rares enquêtes auxquelles j’ai participé portaient sur le monde télévisuel et sur la presse en général.

  • Joinhiving.com : après l’incontournable inscription, vous avez une première enquête de 15 questions, pour gagner 300 points.

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Les questions sont incorrectes d’un point de vue syntaxique, elles semblent être mal traduites. Je commence alors le sondage qu’on me propose pour 520 points. Malheureusement, après quelques questions (en partie sur mes moyens de contraception) on m’annonce que je ne fais pas partie des critères...

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Deux jours après, je reçois un mail pour répondre à un questionnaire de 20 minutes. Après 3 questions qui n’ont rien à voir les unes avec les autres (prenez-vous l’avion ? avez-vous des enfants ? utilisez-vous un smartphone ?) le questionnaire sous forme de QCM commence.

Sachez qu’il vous faut obtenir 8000 points pour pouvoir les convertir en argent via Paypal, ou en bons cadeaux Amazon (8000points = 10€). Les enquêtes proposées valent quelques centaines de points en général, j’en recevais environ tous les deux ou trois jours qui prennent de 5 à 30 minutes de votre temps. Cela me paraît donc raisonnable si on veut répondre à toutes celles proposées.

Ce site est donc intéressant pour ceux qui veulent y passer peu de temps, et ne sont pas pressés d’accumuler des points.

  • Avis Panel : après avoir répondu au questionnaire de profil, vous gagnerez 0,20c ! C’est le seul site sur lequel je me suis inscrite où vous gagnez directement de l’argent et non des tickets pour un tirage au sort ou des bons à échanger. Seul bémol : pour pouvoir bénéficier de vos gains, il vous faudra tout de même accumuler 10€.

Voici la page que vous aurez, une fois inscrits :

Sondage4.png

Plus vous compléterez votre profil, plus vous obtiendrez de sondages. Je remplis alors la plupart des profils, puis reçois une demande pour un « questionnaire téléphonique » de 3 minutes qui est en réalité un questionnaire sur internet… adressé à mon conjoint ! Tout ça pour... 0€ bien sûr ! Plusieurs jours sont passés avant que je ne reçoive une demande pour un sondage, il s’agissait d’une enquête à 1€ : je commence à répondre aux questions, au bout d’une dizaine de questions, soit 25% du questionnaire, on m’annonce que mon profil ne correspond pas, je ne gagne donc que 0,5€.

Au bout de quelques semaines, je reçois beaucoup plus de mails, environ un par jour, pour répondre à des sondages. Voici ce que cela donne sur mon compte sur ce site :

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Ce site présente l’avantage d’offrir directement des euros, d’avoir un grand panel d’enquêtes, mais celles-ci sont très peu rémunérées voire pas du tout si vous ne correspondez pas au profil recherché.

  • My Survey : le site le plus prolifique concernant les enquêtes. J’ai vite été envahie de mails. Votre page d’accueil ressemblera à l'image ci-dessous. Même chose que pour le site précédent, plus vous compléterez votre profil, donnerez des informations sur votre mode de vie, plus on vous proposera des enquêtes.

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Deux jours après, je reçois un mail pour répondre à une enquête, qui porte sur les voitures. Il est écrit enquête de 15 minutes, mais comptez bien 30 minutes.

Les mails sont réguliers par le biais de ce site (environ un par jour) pour des enquêtes diverses. Mais plusieurs fois je n’ai pas réalisé l’enquête entièrement car je ne correspondais pas au profil recherché.

Je ne peux pas mettre de copie d’écran de ces enquêtes, puisque je suis soumise à la confidentialité (on ne sait jamais).

Si votre profil ne correspond pas au bout de quelques questions, vous ne gagnez pas de points, seulement des tickets pour des lots.

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Sachez que si vous n’êtes pas un grand consommateur, votre profil ne correspondra jamais. J’ai parfois un peu menti, en affirmant que j’allais acheter l’objet en question dans les semaines à venir ou alors que je venais de l’acheter, pour pouvoir continuer le questionnaire.

Vos points sont échangeables en chèques cadeau, en dons, ou peuvent être convertis par Paypal. Comptez entre 20 et 80 points, en général, selon la durée du sondage. Ces derniers sont souvent longs, minimum 20 minutes. Ils consistent souvent en un classement des marques selon vos connaissances, préférences.

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Ce site est fait pour ceux qui ont beaucoup de temps. Cela peut vous prendre plusieurs heures par jour tellement il propose d'enquêtes. Il y a beaucoup d’enseignes partenaires, cela est donc intéressant une fois que l’on a accumulé assez de points.

  • Médiamétrie : là, il s’agit d’un système différent. C’est par le biais du site « avis.panel » que je l’ai découvert : on m’a proposé une inscription au site Médiamétrie. Celui-ci s’occupe des audiences télévisuelles, radio et internet. J’ai été sollicitée pour faire partie du panel des personnes qui utilisent internet au travail via leur ordinateur personnel. Si vous choisissez de vous inscrire, sachez qu’il vous faudra installer un logiciel (un peu espion il faut bien le dire) qui contrôlera toutes vos données internet. Ceci est bien sûr confidentiel. Enfin, confidentiel sur internet… Chacun l’interprète comme il le veut. Une fois ce logiciel installé, vous n’avez plus rien à faire, mis à part surfer sur le web, comme à votre habitude. Vous serez automatiquement désinscrit du site « avis.panel » car il n’est pas possible de cumuler les deux. Sauf, si comme moi, vous êtes inscrits sur chacun des sites avec une adresse mail différente.

On vous promet, je cite « une fois votre profil complet et validé, vous entrerez alors dans notre programme de fidélisation avec, à la clé, des tirages au sort et événements ponctuels mais surtout la possibilité de gagner de 45 € à 110 € par an en chèques cadeaux multi-enseignes, selon le nombre d'équipements mesurés ». Je n’ai pas assez de recul sur ce site pour vous en dire plus, sinon que je n’ai rien gagné pour l’instant.

 

 

En conclusion, la plupart des sites d’enquêtes rémunérées se ressemblent : les sondages proposés vous rapportent points ou euros. Il vous faut répondre à un nombre assez important de sondages pour pouvoir gagner quelque chose. Votre vie privée ne sera plus privée puisque les questions sont parfois assez personnelles. Il faut aimer passer du temps sur internet. Je compterai un bon quart d’heure en moyenne par sondage.

Personnellement, ces sites ne sont pas pour moi, je n’ai pas assez du temps pour m’y consacrer pleinement. Je n’aime pas informer mes préférences. Choisissez un site seulement pour pouvoir vraiment vous y consacrer et obtenir une récompense.

 

Liens utiles si ces sites vous intéressent :

 

Tequila Moor

Bonjour à toutes et tous, bienvenue sur ce second opus de la nouvelle formule du Magazine FFr.

Pour ce mois de mars 2017, le numéro sera compact et concis, les plus courageux de nos rédacteurs ayant affronté milles dangers pour concocter des articles sur un thème en filigrane, à savoir la meilleure amie de l'humanité, à savoir la peur : et sur les 5 qui sont partis, seuls 3 sont revenus...

 

Trêve de parlote, lisons plutôt :

1) honneur aux dames avec Titenath qui, poursuivant le tour de ForumFr, nous invite à découvrir l'indicible poète Konvicted, sous forme d'un étrange Entretien qui convoque tartiflette, amour et fantôme de Brassens.

Rubrique "Interview du mois" :

2) salutations à l'angoisse avec Jedino, qui invoque ces jours pas si lointains où l'Homme ne sera plus l'Homme, introduisant les plus naïfs d'entre nous au Transhumanisme, ce champ de bataille à venir qui remettra en cause notre identité.

Rubrique Science :

3) au delà du réel, Nathaniel évoque la filmographie d'Ed Wood, légendaire figure du nanar, l'homme qui se croyait femme, dans l'esprit duquel germait des histoires de morts-vivants ressuscités par des extra-terrestres voulant aider les humains.

Rubrique Cinéma :

Merci d'avance aux téméraires lecteurs, pour leur lecture avisée et leurs commentaires, pour leurs éventuelles idées de futurs articles, pour leurs possibles envies de devenir rédacteurs à leur tour !

Un exemplaire PDF de ce numéro du Magazine est également disponible, à télécharger ici : Mag' N°2 / mars 2017 / version PDF

Nous passons trop de temps sur internet, bon retour chez nous... ^_^

Tequila Moor

Doté d’un esprit que plus d’un forumeur lui jalouse, sa plume est à son image : exigeante, pertinente et parfois chiante. ^^ Ce mois-ci Konvicted a gentiment accepté de répondre à mes questions (même si le chèque que je lui ai promis doit y être pour quelque chose:fille:).

Bonjour Konvicted et merci d'avoir accepté cette interview.

Bonjour Titenath, bonjour vous qui lisez les premières lignes de cette interview avant de réaliser que vous n'en avez rien à foutre, et bonjour à toi qui me lis parce que tu t'y sens obligée bien que tu saches déjà tout de ce qui suit.

Tout le plaisir n'est pas pour moi, je t'en laisse un morceau, mais quand même, je ne crache jamais sur une occasion de raconter ma vie.

Comment vas-tu ?

Le plus souvent sur mes deux jambes, parfois à cloche-pied. Mais c'est quand qu'on va où ?

Cela fait quelques années maintenant que nous avons le plaisir de voir un Simpson arpenter les rubriques du forum, mais qui se cache derrière cet illustre personnage ?

Un skateboard et un lance-pierre, mais si tu veux en savoir plus, je te suggère de demander directement à Bart_Sylvain.

Attends, tu parlais de moi ? Moi qui n'ai plus d'avatar à l'effigie du dernier homme parfait sur terre, ce tire-au-flanc gras du bide dégarni exécrable et éminemment stupide, depuis la dernière version du forum. Erreur de débutante ! Me poser une question ouverte sur ma personne, c'est s'exposer à une réponse longue comme un jour sans pain. Je vais vous faire regretter Sophie la tortue, croyez-moi !

J'ai un quart de siècle, je suis apprenti en développement logiciel ; je développe une application de gestion pour la PME qui a eu la lucidité de m'embaucher. Quand je ne code pas, je m'affaire volontiers à bouffer de la tartiflette à m'en faire péter la panse, marcher sur les quais de la Seine et sous la pluie, écouter du Brassens en caressant un chat, remettre les gens à leur place et hier à demain. J'aime les esprits de velours dans des plumes de fer et les cœurs gros dans des poitrines décolletées.

J'aime beaucoup moins les pannes de signalisation en gare du Nord, le cocktail nauséeux des effluves de parfums des passagers trop nombreux du métro qui n'arrange pas la réputation des Français relativement à l'hygiène corporelle, l'odeur du RER B même vide, les connards qui ne comprendront jamais que tout le monde gagne à laisser les gens sortir avant d'entrer, les touristes imprudents et les fumistes impudents qui affichent leur nonchalance provençale en campant sur la file de gauche de l'escalator, j'aimerais ne pas passer ma journée dans les transports, moi, bordel ! Parce que, oui, comme cette énumération peine à le cacher, je passe beaucoup trop de temps de train en train et de bus en tram.

J'ai bien d'autres aversions, cependant. J'ai horreur des superstitions, des contradictions et des vendredi 13. Cette dernière est évidemment une pure fiction servant l'intérêt de la blagounette, mais je suis véritablement pétri de contradictions. Je pense que toute vérité est bonne à entendre mais je pratique le mensonge par commodité. Je méprise l'humanité dans sa globalité mais j'ai grand mal à détester mon prochain dans son individualité. Je suis épicurien en esprit, torturé en fait. Je suis un grand pessimiste mais je trie mes déchets et je suis fan de Grand Corps Malade. Je suis un modèle de bon goût et pourtant il m'arrive d'écouter du Calogero.

On constate que ton avatar s'arrache les cheveux, est-ce que tu essayes par ce biais de faire passer un message à Caez aux forumeurs ? Si oui lequel ?

Non mais tu t'es lu quand j'ai bu ?

Si on te cherche, où est-ce que l'on te trouve ?

Tu peux m'trouver sur un téton comme un poupon trentenaire.

Si tu pouvais supprimer toutes les rubriques du forum pour n'en garder qu'une, ça serait laquelle et pourquoi ?

« Amour et Séduction » parce qu'on peut y lire autant d'énormités que dans les débats mais avec l'animosité en moins quoique !et la tension sexuelle en plus.

Tu es obligé d'organiser une rencontre IRL, à qui proposes-tu ?

Je ne propose pas. Je suis formé pour déléguer le sale boulot à des petites mains, alors j'impose à January de l'organiser à ma place, elle m'a l'air d'être une fille aussi sérieuse que la raison de son pseudo est à mourir d'ennui. Sitôt qu'on est plus de quatre on est une bande de cons, alors je n'invite que trois personnes.

Je me suis récemment fait la réflexion que l'animosité accrue qu'on peut constater dans les échanges sur les réseaux sociaux et autres forums relativement à la « vraie vie » n'est pas tant encouragée par l'anonymat que par la conséquence de la réduction de la personne humaine à du texte, l'abstraction ultime qui nous fait intellectualiser l'autre plutôt que de le ressentir, privés de cette fenêtre sur l'empathie qu'est le croisement de regards. Je me dis que même les personnages les plus improbables et déconcertants, parfois méprisables, du forum pourraient bien nous sembler aussi humains que nous si on les voyait en face à face.

Du coup, j'invite Dr Love, Monsieur montre-moi-ton-âme-je-te-dirai-si-on-va-passer-l'éternité-ensemble et n'importe quel fanatique religieux pour un débat sur la fellation.

Quelle question aurais-tu aimé que je te pose et qu'y aurais-tu répondu ?

Que serais-je sans toi que cette heure arrêtée au cadran de la montre ?

Que veux-tu que j'y réponde ? C'est une question rhétorique. Fort bien formulée, certes, même qu'on la croirait empruntée à Aragon, mais rhétorique tout de même.

N'y vois là aucun message subliminal mais je me suis dit qu'une petite interview « nulle » serait la bienvenue. Prêt ?

Merde, mais c'est à quoi que j'ai répondu jusqu'à présent ?

Tu préfères ton père ou ta mère ?

La question ne se pose pas. C'est mon père qui fait la tartiflette. Comment ma mère pourrait-elle rivaliser ?

Le mot le plus con en amour : merci, alors, oui-oui ?

Si. Enfin, c'est le seul que je connaisse.

Tu croises un extra-terrestre, il te dit : « t’es qui ? » ; tu réponds quoi ?

Celui qui a mal tourné, mais toi, qui t'es pour me tutoyer ? On n'a pas élevé les buggalos ensemble.

Si tu étais en vente dans un sex-shop, tu serais … ?

Un petit compagnon de bain. Je suis en effet, à l'instar du canard, laquais des désirs de la dame pour laquelle je vibre. :hehe:

Sais-tu pourquoi les abri-bus n’abritent pas les bus ?

Parce que pour faciliter leur transport, on préfère mettre les cars en sac.

Si tu avais un perroquet, tu lui apprendrais : « t’as fermé le gaz », « t’as pensé à la capote », « coco arrête la coco » ?

Il serait dissimulé derrière la porte d'entrée et cueillerait les invités avec un :

Révélation

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Tu accordes plus de circonstances atténuantes à un vieux qui se tape une jeune ou un jeune qui tape sur une vieille ?

J'aime les percussions alors je serais sans doute plus indulgent envers le jeune mélomane un peu naïf qui croyait pouvoir obtenir un son décent en frappant une peau fripée. Pis si la vieille a du mal à s'en remettre, on pourra toujours la retaper.

Tu préfères passer la nuit avec Anne Sinclair, Laure Sainclair ou Bret Sinclair ?

Ouh là là, que le choix est difficile ! Anne Sinclair n'est plus de première fraîcheur, faut dire qu'épouser Dodo la Saumure n'était pas la plus sage décision et, question de génération, sans vouloir t'offenser, je n'ai jamais vu ce monsieur Sinclair à l'écran. Ne reste plus que Laure, tu m'en vois bien emmerdé.

Aimes-tu les chiens ?

Pas comme Metal Guru les aime, si c'est la question. IK2.gif

Je n'aime pas le côté servile et dépendant des chiens et je trouve bien des races de clébards disgracieuses.

Ton fan club me harcèle pour que je te demande ton 06... :cool: Peux-tu les satisfaire ?

Ah bon, j'ai des fans ? Mais quelqu'un leur a dit ?

Le mot de la fin ?

Salut les trouducs !

Merci Konvicted, ce fut un plaisir. ;)

C'est ce qu'elles disent toutes. Avant d'ajouter : « que tu n'étais pas tenu de garder pour toi ». :unknw:

Jedino

        Aberration et folie des grandeurs pour les uns, rêve ultime pour les autres, le transhumanisme (ou, aussi, « homme augmenté ») est un sujet qui fait de plus en plus parler de lui à l’heure où certains progrès laissent miroiter un possible, celui de vaincre ou dépasser nos propres limites et maux existentiels que sont des capacités intellectuelles et physiques « limitées », la souffrance, la vieillesse ou la mort.

        Ce sujet pose bien évidemment des questions d’ordre éthique et je n’aurai pas l’ambition de trancher le débat. Mon rôle se limitera à apporter des éléments concrets de réflexion à quiconque pourra lire cet article. Libre à chacun de se faire son avis par la suite.

        Il existe une documentation importante sur le sujet, il est donc assez facile de s’informer plus largement sur ces sujets. Sur le principe, l’article se fera en cinq temps : la définition du transhumanisme, ses tendances, les technologies actuelles et futures qui y participeront sans doute, l’évocation du débat qui entoure le transhumanisme, et une conclusion.

 

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Source : https://consciencesansobjet.blogspot.fr/

 

I. Quelle définition pour le transhumanisme ?

        Selon Bernard Stiegler, « depuis la préhistoire, l’humanité s’augmente par la technique ». En effet, pour lui, tout outil, entendu comme moyen de s’offrir des moyens que le corps humain n’offre pas lui-même, est une augmentation. Mais un outil, et plus largement la technologie, a aussi vocation à graver dans le temps notre capacité à connaître toujours davantage. Autrement dit, l’augmentation humaine traverse les générations par la possibilité de préserver le savoir.

        Le terme « transhumanisme » apparaît avec Julian Huxley en 1957. Il va être repris quelques décennies plus tard par les futurologues tels que Max More qui vont construire la pensée transhumaniste et lui donner le sens que nous lui donnons aujourd’hui et sur laquelle nous finirons dans cette partie. A la même époque, et en particulier à la fin du XXème siècle, les NBIC (Nanotechnologies, Biologie, Informatique, Sciences Cognitives) vont croître de façon importante et nourrir de grands espoirs de par leur mise en relation permettant d’obtenir de nouvelles technologies et de nouveaux usages.

        Mais revenons tout d’abord sur la notion de « réparation ». On parle d’humain « réparé » lorsqu’il s’agit par exemple de compenser un handicap. Si l’exemple des lunettes permettant de palier le défaut de la vue semble parfois abusif, les prothèses de membres ou les cœurs artificiels sont typiquement les exemples permettant d’illustrer la notion de « réparation ».

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EMY, l'exosquelette du CEA. © Clinatec

        On parle d’humain « augmenté » (« human enhancement » en anglais) lorsqu’il s’agit non plus de compenser le manque d’une capacité quelconque mais, au contraire, de pousser au-delà des limites humaines ces capacités. Cela peut être modestement le fait de porter un casque à vision nocturne, mais cela peut surtout aller plus loin grâce à des technologies nouvelles et en recherche qui seront abordées plus largement dans la partie suivante. Il est donc possible de créer des outils comme cela se fait depuis longtemps pour un humain, ou de façon plus intrusive dans le corps d’une personne.

        Il existe en réalité une distinction à faire entre le transhumanisme « idéologique » et le transhumanisme comme « vecteur scientifique ». L’idéologie a en effet pour projet d’atteindre à certains objectifs (non exhaustifs ici) que sont accroître la longévité (idéalement jusqu’à l’immortalité), les capacités physiques (force ou endurance importante), physiologiques (nouveaux sens) et cognitives  (contrôle par la « pensée » des objets), tandis que le vecteur scientifique ne fait que véhiculer certains thèmes autour desquels des projets de recherche se construisent.

        Cette augmentation passe en tous les cas par l’usage des technologies : nanotechnologies, robotique, génétique, sciences de la cognition, ne sont là que quelques exemples de ce qui peut participer à ce projet ou faire l’objet de ces thèmes.

        Certains proposent encore d’autres concepts pour expliquer plus finement l’évolution vers laquelle nous tendrions : d’abord instrumenté, c’est-à-dire capable de mieux se connaître et de s’alerter grâce à des capteurs (objets connectés), puis connecté, c’est-à-dire capable de rejoindre des données lui apportant la connaissance dont il a besoin quand et où il le souhaite, c’est amélioré et enfin hybridé que l’être humain finira, c’est-à-dire un mélange fusionnel entre le corps humain et la machine, aussi nommé parfois « cyborg ». Il existerait un stade ultime que serait la fabrication, à savoir un « être humain » complètement artificiel, voire dématérialisé (la fameuse conscience stockée dans un ordinateur).

        Nous nous contenterons ici de retenir surtout les notions de réparation et d’augmentation. Il est important de garder en tête cependant que la distinction entre réparation et augmentation n’est pas si nette que cela : ce qui est une augmentation un jour finit par devenir une réparation le lendemain, à l’image par exemple du pacemaker.

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Symbole du transhumanisme h+

        Nous garderons donc finalement la définition que pose l’Association Mondiale Transhumaniste (AMT), dite Humanity + ou h+ : « le transhumanisme est le mouvement intellectuel et culturel qui affirme la possibilité et la désirabilité d’améliorer radicalement la condition humaine grâce à la raison appliquée, notamment en développant les technologies et en les rendant largement disponibles pour éliminer le vieillissement et améliorer fortement les capacités humaines sur le plan intellectuel, physique et psychologique. »

        Notez qu’il en existe une autre que propose l’AMT en 2002 : le transhumanisme est « l’étude des répercussions, des promesses et des dangers potentiels de techniques qui nous permettront de surpasser des contraintes inhérentes à la nature humaine ainsi que l’étude des problèmes éthiques que soulèvent l’élaboration et l’usage de telles techniques. » Cette définition intègre une réflexion sur ce que l’on fait que ne possède pas la première.

        Une déclaration du transhumanisme existe si cela vous intéresse :

https://iatranshumanisme.com/a-propos/transhumanisme/la-declaration-transhumaniste/

        De même, un article détaillé et bien moins caricatural que ce que je peux exposer ici retrace l’humain augmenté sous le regard de la sociologie :

https://sociologies.revues.org/4409

 

II. Qu’est-ce que le transhumanisme ?

        Avez-vous déjà souhaité pouvoir vous affranchir du sommeil, courir autant que vous le souhaitez, ne plus être malade, avoir une santé « meilleure » qu’elle ne l’est déjà ? Avez-vous rêvé de pousser votre intellect au-delà de ses capacités, votre corps au-delà du possible ? En ce cas, ce qui va suivre devrait vous intéresser et vous rassurer. Sinon, peut-être appréhenderez-vous un peu le tournant que certains aimeraient prendre. En effet, la limite entre le matériel et le corporel a vocation à se réduire ou, plutôt, à fusionner.

        Par exemple, une personne déficiente visuellement pourrait retrouver la vue par optogénétique, c’est-à-dire par utilisation d’un génome d’un autre être vivant (une algue, ici). Il y aurait aussi l’optimisation du sang, donc des globules qui le composent, tant dans ses capacités à transporter l’oxygène que dans sa résistance, en s’inspirant notamment et à nouveau du vivant puisqu’un ver possède des globules « 50 fois plus efficaces que les nôtres ».

        Bien évidemment, la prothèse qui rendrait l’être humain aussi fort, résistant, endurant et rapide qu’une machine est au programme. C’est vrai aussi, et de façon moins intrusive, des exosquelettes. Le cerveau n’y échappe pas et pourrait, si l’on en croit Ray Kurzweil, bientôt « penser » grâce à la connectique plutôt que le biologique. Bien sûr, les maladies neurodégénératives seront vaincues et la possibilité de manipuler sa mémoire, ses émotions, une banalité.

        Inutile de dire que les organes auront tous leurs équivalents artificiels, voire biotechniques (culture de cellules-souches) probablement conçus grâce à des modèles sur des imprimantes 3D. L’utilisation des cellules-souches a l’intérêt majeur d’éviter le rejet du corps étranger par le corps. La peau elle-même pourrait, plus peut-être que le reste, avoir en elle nombre de capteurs qui permettraient à la fois de surveiller les paramètres du corps et de se connecter au monde qui nous entoure pour interagir avec lui.

        Enfin, objectif ultime, les cellules elles-mêmes seront augmentées pour combattre leur vieillissement (et donc notre vieillissement) puisqu’en effet certains éléments s’usent avec le temps, à savoir l’oxydation des membranes de la cellule (la membrane, c’est ce qui sépare la cellule de son environnement direct).

        Il est possible d’imaginer aussi donner de nouveaux sens : pouvoir entendre des ultra-sons, pouvoir voir dans les infrarouges, etc. Cela est d’autant moins fantasque que cela a pu être fait sur les rats :

http://www.maxisciences.com/vision/des-rats-acquierent-un-sixieme-sens-grace-a-un-implant-cerebral_art28655.html

        A côté de cela, des « médicaments de la personnalité » permettront de corriger les défauts qui empoisonnent nos existences : timidité, jalousie, se « soigneront » comme un rhume se soignerait, tandis que nous pourrons booster notre sens de la créativité ou notre empathie comme nous boosterions nos capacités sexuelles à coup de viagra.

        Mais il faut aborder aussi d’autres sujets : la notion de « superintelligence » est à introduire. En effet, la dite « singularité technologique » serait le point de l’Histoire où la technologie atteindrait un niveau d’évolution qui échapperait à l’être humain, ce pas étant souvent imaginé comme celui de l’intelligence artificielle (mais n’exclut pas une autre discipline). Selon les théoriciens-futurologues, ce point de non-retour serait moins lointain qu’il ne semble l’être après les récentes réussites en intelligence artificielle face aux joueurs humains de go et de poker, parlant en effet des premières décennies de notre siècle. Cette intelligence serait là pour de nombreuses choses, que ce soit pour gérer des systèmes qui échapperont à la compréhension humaine ou pour nous faciliter la vie, peu importe la manière.

        Tout cela s’accompagnera d’un monde déjà commencé où tout serait connecté. Humains, objets : le monde ne serait plus qu’un système immense. Cela passera notamment par la connexion de tout ce qui nous entoure, en premier lieu nos vêtements, mais aussi nos bâtiments, bref, tous les éléments de notre environnement. La principale difficulté réside dans l’autonomie énergétique et dans la fiabilité des données que reçoivent ces capteurs. Par exemple, les objets connectés surveillant (en théorie) nos constantes vitales ne sont pas aujourd’hui d’une fiabilité sans limite, loin de là. Cette précision de la mesure est une étape obligée pour devenir un équipement certifié et donc utile en médecine. Mais il est indéniable qu’à terme cela permettra sans nul doute de pratiquer une médecine plus juste au niveau des dosages et au plus proche de notre personne. Certains existent aujourd’hui déjà pour suivre certaines pathologies comme le diabète.

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http://blog.innovation-artisanat.fr/linternet-des-objets-au-service-de-la-gestion-de-la-production-et-de-la-maintenance-2/

        Autre problématique cependant importante : l’usage d’un objet connecté, qui est une curiosité au départ, ne s’installe que rarement dans le quotidien de quelqu’un et finit par être délaissé, ce qui ne permet évidemment pas un suivi à long terme. Si ce désintérêt pour la personne saine existe, cela peut aller au rejet pour la personne atteinte d’une pathologie, puisque cet élément le lui rappellerait constamment à bout de bras.

        Certains rêvent enfin de pouvoir « télécharger » leur conscience dans la machine, de façon à ne plus dépendre de leur corps. Outre les questions philosophiques que cela peut bien poser, la faisabilité même de ceci reste à démontrer puisque nous sommes bien incapables de dire ce qu’est la conscience, et donc de dire si le fait de l’extraire et de l’exporter ailleurs est possible.

        La fusion entre matériel et corporel commence dès lors que l’on cherche à intégrer en soi des éléments artificiels par nécessité (prothèses) ou envie, à l’image de la greffe d’électrodes faite par Kevin Warwick sur lui-même pour pouvoir « contrôler un ordinateur à distance ».

            Cette partie-là part un peu dans tous les sens sans aller au fond des thématiques, mais il est difficile d’embrasser sans trop détailler l’ensemble des thèmes que le transhumanisme entend exploiter. Je vous invite donc à approfondir les sujets s’ils vous intéressent plus particulièrement.

 

III. Quels sont les acteurs du transhumanisme ?

        Principalement anglo-saxon, le transhumanisme est porté tant par des personnalités célèbres que par des entreprises qui ne vous sont pas inconnues.

        Le célèbre Ray Kurzweil, qui aujourd’hui travaille chez Google sur les thématiques en lien avec l’intelligence artificielle, est l’une de ces personnalités qui théorise le transhumanisme et l’idée de singularité technologique qu’il annonce pour 2045. Dans le cadre de la singularité technologique, Ray Kurzweil a également créé une université dédiée à la formation de personnes capables de répondre aux défis qu’impose une telle singularité. Il est à noter aussi que c’est bien Google qui a récemment battu avec AlphaGo les champions mondiaux de Go, même si ce n’est pas le dernier fait d’arme de l’intelligence artificielle ces dernières années. Google, toujours, possède des filiales travaillant sur l’ADN (23andMe).

 

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AlphaGo joue contre Lee Sedol

        Mais d’autres pays sont aussi concernés par des travaux allant en ce sens. La Chine, par exemple, cherche à sélectionner les embryons ayant le plus de chance d’aboutir à des enfants et adultes « intelligents ». En Russie, c’est un milliardaire qui souhaite en deux décennies parvenir à transférer sa conscience dans une machine pour vivre éternellement.

        Autre acteur intéressé et assez évident, les armées s’intéressent évidemment à ces thématiques en vue d’arriver à des « super-soldats », forts de leurs exosquelettes demain, et de toujours plus au-delà. L’armure de combat Talos, conçu par la DARPA, est assez éloquente.

        Les laboratoires de recherche, comme des chercheurs du MIT, ne sont pas en reste et œuvrent à des fins utiles comme cette pilule d’« insuline intelligente » qui permettrait de délivrer une dose au meilleur moment et ainsi améliorer la vie des patients diabétiques. Le HRL Laboratories cherche lui à rendre possible « d’accélérer l’apprentissage et d’améliorer la mémoire » par neurostimulation, c’est-à-dire une stimulation de zones par implantation d’une sonde qui donnerait des décharges électriques comme cela peut se faire aujourd’hui pour des douleurs chroniques persistantes malgré tout traitement.

        Autre exemple de projet : la cartographie du cerveau, le « Human Brain Project », projet qui se fait en Suisse et qui est soutenu par l’Union Européenne en vue de mieux comprendre et ainsi mieux soigner les maladies neurodégénératives.

 

IV. Le transhumanisme est-il souhaitable ?

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Source : https://www.lecercledesliberaux.com/?p=20824

        Le transhumanisme est l’objet de vives critiques, alors même qu’il considère que l’augmentation ne comporte « aucun risque fondamental ». Par exemple, il peut être vu comme une réduction de l’être humain à sa seule pensée, à son cerveau, occultant ce qu’il est aussi, à savoir des émotions, des sens, voire une âme ou conscience. Pour Jean-Michel Besnier, le transhumanisme n’est jamais qu’un « refus pathétique d’accepter que la mort donne son sens à la vie elle-même ».

        Bernard Stiegler, que nous avons déjà évoqué, tient une position critique sur le sujet : pour lui, il est aberrant de laisser aux marchés la possibilité de décider de ce que sera le transhumanisme puisqu’en ce cas son programme est « la prolétarisation de tous au service d’une oligarchie » qui vivrait alors éternellement et laisserait de côté « les autres ». Mais il ne conteste pas la possibilité d’apporter de véritables évolutions sociales et économiques permettant de sortir de certaines impasses aujourd’hui. En fait, il ne faudrait pas arriver à une « fracture numérique » entre ceux qui ont les moyens de s’offrir de tels progrès et ceux qui ne l’ont pas.

        François Berger combat le transhumanisme comme étant un courant de pensée qui, sous couvert d’assurer le bien-être, se permettrait tout et, surtout, s’affranchirait de la limite entre le normal et le pathologique. Or, l’humain augmenté n’est pas la finalité de la médecine et c’est pourquoi les scientifiques doivent se positionner contre. De fait, il s’agit de porter des actions sur des personnes en mauvaise santé et non pas sur des personnes saines, prenant dès lors le risque d’avoir des effets indésirables sur la personne alors même qu’elle se portait bien avant cela. En effet, des patients atteints de pathologies incurables, en particulier au cerveau (glioblastome), pourraient bénéficier de la nanotechnologie. De plus, le transhumanisme se fonde sur des principes invalides et datés, simplifiant grandement la problématique : il n’est pas évident qu’une augmentation d’une capacité particulière du cerveau comme la mémoire puisse se faire aisément, et surtout sans conséquence néfaste pour les autres capacités restées à même niveau.

        Nicolas Le Dévédec et Fany Guis défendent l’idée que toute augmentation n’est pas une libération de notre condition mais, qu’au contraire, et comme cela est vrai aujourd’hui des psychotropes, ce ne sera qu’un moyen de se conformer à une exigence toujours plus grande en termes d’efforts, une exigence de performance, de productivité, qui fait de nous des consommateurs d’éléments « augmentant » nos capacités. Selon eux, c’est aussi la question du handicap qui est posée : le transhumanisme aborde la problématique sous un angle essentiellement biologique quand la question est bien souvent davantage « sociale et politique ». Surtout, les moyens qui apparaissent de pouvoir « choisir » son enfant illustre le fantasme de l’« enfant parfait », sur-mesure. Mais n’oublions pas que ces technologies offrent aussi la possibilité à des parents qui ne pouvaient l’être de le devenir.

        Les cellules-souches, elles, posent aussi un problème éthique qui est qu’elles sont abondantes sur l’embryon et qu’il faut donc les y prélever, ce qui n’est pas acceptable aujourd’hui en France mais se pratique ailleurs dans le monde.

        Plusieurs personnalités ont mis en garde publiquement contre les risques qu’il existait à développer une intelligence artificielle qui nous échappe, à l’image de Stephen Hawking, Elon Musk ou Bill Gates. Ce n’est pas une crainte du progrès mais de notre perte de contrôle sur ce progrès qui ne serait pas en accord avec nos propres objectifs, le risque étant que « nous ne pourrions pas plus intervenir que les chimpanzés ne peuvent le faire actuellement contre nous », donc que cette intelligence artificielle ne soit pas bienveillante à notre égard comme le met régulièrement en scène le cinéma ou la littérature. D’autres problèmes peuvent être imaginés en génétique, mais il existe ceux auxquels nous songeons moins comme la « perte de notre humanité » ou le contrôle de nos existences par la puissance du calcul et de l’algorithme.

        Plus radical, il existe évidemment un mouvement « bioconservateur » fermement opposé à ce type de technologies, le rapport « Beyond Therapy » de 2003 en étant le point d’orgue, et dont l’argument premier serait que le transhumanisme porte atteinte « aux droits fondamentaux de l’être humain » : « Cela est fondamental, dirai-je, parce que la nature humaine existe, qu’elle est un concept signifiant et qu’elle a fourni une base conceptuelle solide à nos expériences en tant qu’espèce. Conjointement avec la religion, elle est ce qui définit nos valeurs les plus fondamentales » (Francis Fukuyama).

        Mais ne soyons pas que négatif : il serait parfaitement possible aussi, par ces moyens-là, de mieux parvenir à comprendre l’autre, en simulant le ressenti et le vécu d’une personne atteinte d’un quelconque handicap, ce que laisse finalement miroiter aussi le jeu vidéo 3D qui est une « expérience totale », une immersion. C’est également un courant de pensée qui a le mérite de vouloir toujours aller plus loin dans « l’augmentation », et donc nécessairement aussi dans la « réparation ». Autrement dit, et de façon moins « mécanique », c’est un moyen de motiver des projets de recherche sur des sujets permettant d’améliorer la qualité de vie de bon nombre de personnes qui ont l’une ou l’autre déficience.

        En tous les cas, une réflexion par les sciences humaines semble devoir accompagner l’émergence de ces technologies et de leurs usages. C’est pourquoi en 1998 fût créé « L’Association Transhumaniste Mondiale » qui a vocation à entretenir la flamme du transhumanisme à travers le monde, et notamment la discussion des questions d’ordre éthiques.

        D’autre part, il existe un ensemble de valeurs censées cadrer et guider l’œuvre transhumaniste, par exemple celles que posent Nick Bostrom (co-fondateur de l’Association Transhumaniste Mondiale) :

-       « La sécurité totale : en aucun cas les choix exploratoires ne doivent entraîner de risque sur l’existence de notre espèce, ou abîmer son potentiel de développement »,

-       « Le progrès technologique : c’est lui qui permet l’émergence des avancées transhumaines, il va de pair avec et découle de la croissance économique et de la productivité »,

-       « L’accès à tous : le projet posthumain ne doit pas être exploré par quelques élus, mais accessible à tous. »

        A ceux-ci Bostrom ajoutent aussi d’autres principes qui en découlent tels que « l’absolue nécessité de faire ses choix en étant informé et donc formé », la « coopération internationale », le « respect et la tolérance généralisées », le « respect de la diversité », la « nécessité impérative de prendre soin de la vie », etc.

       Mais il est parfaitement légitime de se demander dans quelle mesure ces valeurs sont respectées et ont une influence sur les activités des acteurs qui font véritablement ce qu’est actuellement le transhumanisme.

        Il est à noter aussi qu’un mouvement transhumaniste propre à l’Europe a émergé, bien plus proche de ce qu’il serait souhaitable : les technoprogressistes. Opposés au transhumanisme ultra-libéral américain, ils n’ont pas cette totale confiance quasi-naïve dans la technologie. Surtout, ils se préoccupent des conséquences sociétales de façon à se poser des questions avant de créer la technologie possible : réfléchir d’abord, développer ensuite. On peut par exemple citer l’association transhumaniste française (AFT), dite Technoprog, créée en 2010. Mais ce mouvement n’a pas la puissance du transhumanisme américain porté par les géants du numérique.

       Mais concluons avec les bioéthiciens qui jugent qu'au final, l’augmentation de l’humain est déjà pratique courante : banalement, le café que nous buvons, ou surtout le dopage que nous huons mais qui est relativement courant sous couvert de performance et de socialisation. Et si cela est vu négativement dans ce contexte, il devient très positif dans d’autres, où il est essentiel de rester attentif et performant, les trois exemples les plus éloquents restant le transport aérien, la chirurgie ou l’armée. Quoi que favorables à l’humain augmenté, les bioéthiciens ne sont pas pour une activité en totale liberté et souhaitent que celle-ci soit encadrée et se fasse selon des principes et une mise en question éthique nécessaire sur certains aspects. Hypothèse reste faite que le progrès sera positif en soi une fois que les aspects collectifs seront maîtrisés et qu’ils se feront dans la justice et l’équité.

 

V. Conclusion

       Le transhumanisme est donc un défi tant technique, collectif, juridique qu’éthique. Le débat est d’une grande complexité et apporte des éléments qui peuvent sembler aussi bénéfiques que regrettables. Je ne prétends pas avoir brossé un portait complet des thématiques qu’il entend aborder pour parvenir à ses fins, mais la plupart, je crois, y sont.

       Au-delà de la question éthique qui cherche à savoir si le transhumanisme est acceptable et, si oui, dans quelle mesure, la question qui n’a pas été posée était de savoir ce qu’il adviendrait de ceux refusant toute augmentation car, en effet, une société à deux vitesses pourrait bien apparaître alors et pourrait aboutir de fait à des inégalités. D’autre part, cet optimisme radical en l’apport que la science aura dans nos vies pourrait très bien être interrogé.

      Toutefois, et comme le rappelle sentencieusement Anne-Laure Boch, « le plus grand risque du transhumanisme, c’est de décevoir ». En effet, compte-tenu des espérances qui lui sont accordées, les futurologues à l’origine de cette pensée attribuent à la technologie la capacité à répondre à toutes nos craintes et difficultés, ce qui n’a rien d’évident tant notre ignorance est grande, particulièrement sur le fonctionnement même du cerveau qui est, il faut le dire, le centre des préoccupations du transhumanisme.

       En tous les cas, notre réalité se restreint de moins en moins à notre personne pour se projeter vers le monde, un monde où le réel et le virtuel s’entremêlent et interagissent. Vers une fusion avec la machine comme le mettrait en scène Avatar ? Probable que le robot compagnon ou l’algorithme d’aide à la décision se démocratise avant tout risque d’une superintelligence. Probable aussi que d’autres questions cruciales se poseront avant celles de savoir si nous devons restreindre une intelligence qui peut nous dépasser, s’il est acceptable de pouvoir vivre plusieurs centaines d’années ou même d’abandonner ses membres biologiques pour lui préférer des membres robotiques, à l’image de l’utilité du travail dans la vie ou de l’utilité de l’argent dès lors qu’un robot, métallique et/ou algorithmique, peut nous remplacer sur (presque) tout.

       A force de rêver d’être augmenté, il faudrait aussi prendre garde à ne pas au contraire se diminuer, devenant des automates qui ne sont plus que les ombres d’êtres humains ou des victimes de la surcharge que nous impose le progrès jusqu’à l’aliénation ou la surcharge cognitive.

Finissons sur une citation de Hannah Arendt tirée de La Condition de l’homme moderne de 1958:

       Depuis quelques temps, un grand nombre de recherches scientifiques s'efforcent de rendre la vie « artificielle » elle aussi, et de couper le lien qui maintient encore l'homme parmi les enfants de la nature. C'est le même désir d'échapper à l'emprisonnement terrestre qui se manifeste dans les essais de création en éprouvette, dans le vœu de combiner « au microscope le plasma germinal provenant de personnes aux qualités garanties, afin de produire des êtres supérieurs » et de « modifier leurs tailles, formes et fonction » ; et je soupçonne que l'envie d'échapper à la condition humaine expliquerait aussi l'espoir de prolonger la durée de l'existence fort au-delà de cent ans, limite jusqu'ici admise. Cet homme futur, que les savants produiront, nous disent-ils, en un siècle pas davantage, paraît en proie à la révolte contre l'existence humaine telle qu'elle est donnée en cadeau venu de nulle part (laïquement parlant) et qu'il veut pour ainsi dire « échanger contre un ouvrage de ses propres mains ».

 

       Pour aller plus loin sur le sujet, je vous propose une petite lecture : Bernard Claverie et Benoît LeBlanc, dans « L’humain augmenté », discutent du sujet bien mieux que je ne saurais le faire. Je vous y renvoie donc si la thématique vous intéresse et vous interroge.

 

Bibliographie :

Partie I.

https://www.franceculture.fr/conferences/universite-de-nantes/lhomme-augmente-un-fantasme-qui-devient-realite

https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/le-transhumanisme-est-un-neodarwinisme-dangereux-avertit-bernard-stiegler_108864

http://www.ecologiehumaine.eu/les-penseurs-du-transhumanisme/

Partie II.

https://humanoides.fr/homme-augmente-fantasme-devient-realite/

http://www.20minutes.fr/sante/1831643-20160603-transhumanisme-quoi-ressemblera-homme-augmente-2050

https://www.fondation-telecom.org/wp-content/uploads/2016/01/2015-CahierDeVeille-HommeAugmente.pdf

Partie III.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/de-l-homme-repare-a-l-homme-augmente_28253

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/google-et-les-transhumanistes_3162104_1650684.html

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/homme-augmente-ou-en-sont-les-recherches-32803/

Partie IV.

 

https://iatranshumanisme.com/a-propos/transhumanisme/la-declaration-transhumaniste/quest-ce-que-le-transhumanisme-version-3-2/

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/francois-berger-le-transhumanisme-est-un-charlatanisme-dangereux_104462

http://www.cnetfrance.fr/news/transhumanisme-en-route-vers-l-homme-augmente-39793020.htm

 

 

 
   

 

 

 

 

Tequila Moor

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Aujourd'hui chers explorateurs du cinéma bis, nous parlerons d'un réalisateur culte, au sommet du panthéon des réalisateurs de nanars. Un réalisateur en fait si peu doué qu'il gagna le titre, aussi injustifié que peu flatteur, de "pire réalisateur de l'histoire".

Magouilles, vols, amitié avec des vampires, et même une malédiction au sommaire, l'existence d'Edward Davis Wood Junior est aussi atypique que sa carrière.

Dès sa naissance le 10 décembre 1924, la vie d'Ed Wood est déjà peu banale. En effet Lillian, sa mère, se réjouissait déjà de mettre au monde une fille. Las, la fille est en fait un garçon, qu'elle appellera Edward. Pas un problème, elle l'habillera durant toute son enfance en fille.

 

Cette particularité n’empêche cependant pas le jeune Ed Wood de rêver de folles chevauchées dans l'Ouest américain, celui de ses bandes dessinées. C'est probablement à cette époque que la passion de la mise en scène lui est venue : en effet, il recrute des gamins de son quartier pour rejouer des scènes entières de western, avec Ed comme metteur en scène.

En 1942, peu après l'entrée en guerre des USA contre le Japon et l'Allemagne, Ed est tout juste âgé de 18 ans. Il est enrôlé dans le corps des Marines des Etats-Unis. Il affirma plus tard craindre une blessure, car il portait sous son uniforme des dessous féminins. Du reste, il ne s’illustra guère dans les combats et finit la guerre comme dactylo.

Après la guerre, Wood vivote en réalisant diverses productions mineures aujourd'hui perdues. Mais en 1953, un producteur cherche un réalisateur pour mettre en scène un projet de film d'exploitation sur Christine Jorgensen, premier homme à subir une opération de réassignation sexuelle.

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Pour « Glen or Glenda », Wood réussit – on ne sait comment, mais probablement avec un chèque confortable à engager Bela Lugosi, ancienne star du cinéma, mais drogué et presque ruiné. Le film est une succession de plans sans rapport les uns avec les autres, l'histoire – s'il y en a une – est aussi incompréhensible que la diction de Lugosi.

Le film est un échec artistique et commercial, mais Wood ne désespère pas.

Beaver ? Bivère ? Beware ? Lugosi a bien du mal à articuler :

 

 

Deux ans plus tard, Wood met en chantier son deuxième long métrage, « The bride of the monster ». En plus de Lugosi, Wood engage l'ex-lutteur Tor Johnson, gentil colosse de 400 livres, mais acteur tout à fait raté.

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Le scénario : depuis des semaines, des gens disparaissent mystérieusement. La rumeur prétend qu'un monstre rôde dans les marais. Un soir, deux chasseurs égarés croient pouvoir se réfugier dans un manoir qu'ils pensent abandonné : en fait, la demeure appartient à un savant fou (Bela Lugosi) ayant donné vie à un monstre (Tor Johnson), tel le docteur Frankenstein.

Encore une fois le ratage est à peu près total : Wood use et abuse de stock shots (images d'archive) hors sujet afin de prolonger la durée de son film, de plans inutiles...

Wood va même jusqu'à voler dans un studio de cinéma une pieuvre mécanique afin de l'utiliser dans son film, mais oublie de dérober le moteur censé l'animer. En résulte une des scènes les plus ridicules de la cinématographie de Wood, avec un Lugosi luttant contre un animal en mousse bien peu vivace.

Malgré tout, et c'est un cas unique dans la carrière de Wood, cela sera le seul de ses films à être un peu rentable.

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En 1956, Wood travaille sur ce qu'il pense être son chef d’œuvre : les profanateurs de tombes venues de l'espace. En bon magouilleur, il fait financer son film par une Eglise Baptiste à la condition qu'il renomme son film « Plan 9 from outer space ». Pour ce film, outre Lugosi et Johnson, il réussit à embaucher "l'actrice" Maila Nurmi, mieux connu comme étant Vampira, sur laquelle Wood fait une véritable fixation (pour la petite anecdote, elle fut fiancée à l'acteur James Dean, contre qui elle aurait lancé une malédiction peu avant le décès de ce dernier, suite à leur rupture).

 

Cependant, Lugosi décède le 16 août 1956, ce qui contraint Wood à engager le médecin de sa femme pour le remplacer. Ce dernier devra cacher son visage durant tout le film avec sa cape, la ressemblance avec Lugosi n’étant franchement pas frappante. Lugosi est néanmoins crédité au générique, car il apparaît dans une scène, tournée au hasard par Wood.

Le film est légendaire de par ses nombreux faux raccords (la cicatrice sur le visage de Tor Johnson changeant sans cesse de place) et maladresses (une pierre tombale en carton qui tombe à peine effleurée, le fil d'une soucoupe volante très bien visible à l’écran...) ou encore des perches de micro apparaissant en plein champ.

Le scénario est lui tout aussi ridicule : des extra-terrestres, inquiets de la montée en puissance de l’énergie atomique, décident d'avertir les humains de leur erreur. Mais, devant le déni des humains, les extra-terrestres décident de les punir en ressuscitant les morts...

Plan 9, ridicule à souhait et faisant plus penser à une blague de vidéastes amateurs, est totalement fauché avec un budget d'à peine 60000 dollars et peine à trouver un distributeur, et le film ne sortit qu'en 1959.

Depuis, Plan 9 from outer space à été élu pire film du monde.

Vérification en VOSTFR :

(fin de la première partie de l'article)

 

Tequila Moor

Bonjour à tous, et bienvenue sur ce 44ème magazine... Oups pardon... Premier Mag' de la nouvelle formule ! Ce numéro est un redémarrage du Magazine FFr après un arrêt de quelques années, avec nouvelle équipe et nouvelle version de forum mais, nous l'espérons, la même saveur. ^_^

Pour ce mois de février 2017, mois du renouveau selon les anciens, les rédacteurs ont concocté un numéro sur le thème du voyage (sans même s'être concertés, c'est dire s'ils sont forts) alors laissons ces guides intrépides nous emmener par monts et par vaux. Trève de parlote, lisons plutôt :

1) nous démarrons en douceur avec Titenath, qui nous invite à découvrir une figure du paysage connu de ForumFr, l'ineffable January, sous forme d'un Entretien espiègle et exempt de fables, où ça cause tortues ou bien dessous de table.

Rubrique "Interview du mois" :

2) nous basculons dans l'aventure et le suspens avec Jedino, qui commence par nous présenter la carte du Système solaire, avant de nous y catapulter sans garde-fous en exposant les projets actuels d'Exploration spatiale.

Rubrique Science :

3) retour sur Terre mais voyage dans le passé, car Noisettes nous envoie vers Le temps des cerises, via une description du Paris de 1936, une peinture des troubles de l'époque, entre déchirements politiques et drames personnels.

Rubrique Fiction :

4) de nouveau au XXI° siècle, de nouveau sur le plancher des vaches, ne soyons pas pour autant tranquillisés : Nathaniel nous conduit au coeur de la nanardophilie, cet amour immodéré pour Le nanar, bazar du bizarre du cinoche.

Rubrique Cinéma :

5) pour finir, et parce qu'il ne peut y avoir de voyages sans acquisition de connaissances, Melie- nous enseigne les secrets de La lessive faite maison, ce qui réjouira les baroudeurs en herbe et les enchanteurs du quotidien.

Rubrique "J'ai testé" :

Merci à l'équipe de ForumFr qui nous permet d'utiliser cet espace. Et merci aux lecteurs, pour leur lecture mais aussi, osons l'espérer, pour leurs commentaires !

Un exemplaire PDF de ce numéro du Magazine est également disponible, à télécharger ici : Mag' N°1 / février 2017 / version PDF

A vous les studios...

 

Tequila Moor

Elle est belle, elle est brillante, elle est drôle, elle sait ce qu'elle veut et surtout ce qu'elle ne veut pas, elle est d'une gentillesse inouïe, mais elle est surtout une très jolie plume du forum. Accueillons tout de suite January.

Bonjour January et merci d'avoir accepté cette interview !

Bonjour Titenath, bonjour tout le monde. :fille:

Tout d'abord peux-tu te présenter en quelques mots ?

Warf c’est difficile et puis t’as tout dit plus haut. :D

Quand j’étais môme j’ai eu une tortue qui s’appelait Sophie. J’ai colorié chacun des carrés de sa carapace d’une couleur différente pour pouvoir la retrouver facilement. Comment ça c’est pas ça qu’il faut raconter ? Bon d’accord. Sophie est morte si vous voulez tout savoir, elle s’est faite bouffer par le chien. Bah oui c’est triste c’est comme ça j’avais quatre ans faut bien apprendre la vie ! Ah non c’est toujours pas ça ? Bon d’accord… Le temps a passé depuis. Je suis grande maintenant (et j’ai plus de tortue). Mais quand on perd sa tortue à quatre ans, je peux vous dire qu’on devient bougrement combative, déterminée, ambitieuse. Je pense avoir réussi ma vie, et je crois pouvoir faire encore de chouettes trucs. Je suis animée par la curiosité, l’apprentissage, le partage, le challenge. Je milite contre la maltraitance infantile depuis des années (perdre sa tortue laisse des traces). Je fais difficilement confiance, et si vous vous aventurez à me trahir vous mourrez dans d’atroces souffrances (la tortue… bah oui, traumatisme majeur).

Comment tu as atterri sur le forum et pour quelles raisons es-tu restée ?

Par hasard, en faisant une recherche sur Google, je suis tombée sur un sujet dans FFR. Je me suis baladée, j’ai trouvé des interventions intéressantes, alors je suis restée, par curiosité. Ensuite est venu l’apprentissage, le partage, puis le challenge (comment ça je me répète ? Bah je suis cohérente voilà tout).

Pourquoi January et pas February ou September ?

Parce que je suis née en Janvier. ;)

Peux-tu nous dévoiler tes coups de coeur forumiens ?

Je ne donnerai aucun nom parce que je risque d’oublier beaucoup de monde et que je ne veux blesser personne. Mais tu n’ignores quand même pas que j’ai un mari ici ? Un ex-mari virtuel plutôt, on a fini par divorcer mais visiblement on ne peut pas se passer l’un de l’autre. On a deux enfants, virtuels eux aussi, des espèces de sangsues dont l’aîné qui est entré à polytechnique cette année.

Allez, tout le monde sait qui c’est. :D

Et ton coup de colère ?

Le seul qui ait réussi à se faire carrément blacklister (et c’est la seule fois où j’ai "ignoré" quelqu’un) c’est Chapati.

Qu'est-ce qui t'agace sur le forum sans pour autant te faire partir ?

Quand je suis mal virée beaucoup de choses m’agacent, mais il n’y a rien qui m’énerve au point de me faire partir pour l’instant.

Depuis quelques années je te vois comme une animatrice dévouée, impliquée, affirmée, dévoreuse de livres, à la pointe de l'actualité. Entre ton travail, ta vie perso, le forum, tes associations, est-ce qu'il te reste un peu de temps pour dormir ?

Je prends mes engagements (tous mes engagements) très au sérieux, c’est sujet à plaisanterie parfois dans mon entourage d’ailleurs. J’ai très peu de contraintes (je suis une princesse qui ne s’occupe pas de l’intendance de la maison). Je dors peu, je bosse à moins de dix minutes de chez moi. J’effectue énormément de tâches à partir du net (voilà pourquoi j’ai souvent un œil sur FFR ou ailleurs).

Depuis très jeune (mais quand même bien après la perte de Sophie la tortue), je cherche à choisir strictement mes contraintes. Pour avoir le temps de s’instruire, pour les loisirs, pour le partage, pour s’enrichir.

Ton avatar est très sage et très studieux. Est-il à l'image de ce que tu es dans la vie ?

Je suis bien plus facétieuse que mes avatars. Francine Van Hove a ce talent de l’image nonchalante, paresse, langueur… Pour le côté studieux c’est plutôt vrai, je suis sans cesse à la recherche de nouvelles connaissances.

Qui aimerais-tu rencontrer IRL et pour quelles raisons ?

Pour rencontrer quelqu’un IRL il faut que j’ai une confiance solide en la personne et comme on l’a vu plus tôt, pas simple pour moi d’accorder ma confiance (la tortue… oh mon dieu faut qu’j’arrête d’en parler je vais pleurer !). Il y a quelques personnes que je pourrais rencontrer oui, mais pas de noms, je ne veux blesser personne (et puis on ne se connaît que depuis cinq ans bon sang ! C’est pas comme si on se connaissait depuis quinze ans, faut être patient dans la vie quoi !).

Quelle image penses-tu que les autres ont de toi ?

Je pense qu’on me voit bienveillante en général.

Quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?

Ton premier souvenir ?

Et qu'y aurais-tu répondu ?

Quand j’étais môme j’ai eu une tortue qui s’appelait Sophie…

Avant le mot de la fin, je te propose de te prêter à l'interview "Si j'étais Présidente". Prête ?

Quelle serait la première loi que tu ferais voter ?

Un soutien systématique à tous les nouveaux parents et sans aucune limitation de fréquence ou durée aux parents considérés à risques, et des visites à domicile étendues et renforcées.

Le Dalaï Lama est à Paris ; si tu le reçois la Chine annule une commande de 80 Airbus : que fais-tu ?

Je reçois le Dalaï Lama et je me débrouille pour que les américains qui vont récupérer la commande grâce à moi n’oublient pas ma commission au passage. :p

On te remet une cassette vidéo qui décrédibilise un adversaire, qu’en fais-tu ?

Je la visionne et je la détruis. Je devrais ensuite pouvoir le décrédibiliser sans brandir des images, sinon je suis nulle.

Kim Jong-Un meurt, tu es conviée aux obsèques et tu auras le droit de visiter pendant 5 jours la Corée du Nord ; y vas-tu ?

J’ai fait quelque chose de mal ? :snif:

Quel journaliste serait choisi pour l’entretien du 14 juillet ?

Gilles Bouleau.

Merci January de t'être prêtée à cet exercice. Le mot de la fin ?

Longue vie au forum. :)

 

Tequila Moor

Le regard de l’être humain se porte depuis longtemps au-delà du ciel. Les étoiles ont pu guider nombres de personnes, y compris spirituellement. Certaines planètes autour d'autres étoiles sont devenues les espoirs de l'existence d'autres Terres. C’est heureux ! Nous ne sommes peut-être donc pas seuls au sein de ces innombrables systèmes stellaires. Combien rêvent de trouver LA planète, non loin d’une étoile relativement proche de nous, qui pourrait abriter la vie ? Vieux rêve d’une espèce qui garde espoir de trouver d’autres semblables, là-bas, dans un lointain espace-temps.

Et pourtant ! Connaissons-nous tout de ce qui est au plus proche de nous ? Après plus d’un demi-siècle d’exploration et de défis, de moyens mis à toujours porter plus loin notre regard dans l’univers visible, nous prenons conscience que le système solaire peut encore receler quelques secrets bien gardés. Je vous propose donc deux temps dans cet article : le premier reviendra sur ce qu’est le système solaire, ce qui le compose de connu ou d’inconnu ; le deuxième sera davantage prospectif et esquissera les enjeux devenus pluriels de la conquête spatiale, entre sciences, économie, défi et technologie. Il faudra m’excuser si je n’entre pas dans tous les détails, je risquerais sinon de devenir véritablement trop long. D’autre part, je me contenterai d’une photographie présente du système, je n’en ferai pas donc l’histoire. Si toutefois elle vous intéresse, je vous propose le lien suivant qui est assez bref :

https://www.le-systeme-solaire.net/formation.html

 

  1. Le système solaire

    1. présentation générique

    2. les dernières nouveautés

  2. L’exploration spatiale

    1. un enjeu scientifique, technologique et humain

    2. un enjeu économique

 

I. Le système solaire

A) présentation générique

Le système solaire, qui est le nom donné à notre système planétaire (à savoir un ensemble de planètes ou d’autres objets gravitant autour d’une étoile), se situe dans notre galaxie nommée Voie Lactée :

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Source : http://slideplayer.fr/slide/7037535/

Il a pour élément principal le Soleil, nom donné à une naine jaune, une naine jaune étant une étoile de taille relativement moyenne ayant une couleur jaune (la couleur étant déterminée par la température). Une étoile n’est pas un objet fixe : au cours du temps, elle passera dans différentes catégories d’étoiles. Typiquement, le Soleil finira par devenir une géante rouge lorsque son hydrogène sera presque totalement consommé. Il y aurait beaucoup à dire sur le Soleil, mais il est ici important de noter que sa taille moyenne lui permet de consommer plus lentement qu’une étoile plus massive ses éléments constitutifs, et donc lui permet de perdurer plus longtemps dans le temps qu’une étoile massive, sa durée de vie se chiffrant en milliards d’années (cinq actuellement, à la moitié supposée de son existence).

Le Soleil étant l’objet le plus massif du système solaire, il est celui qui exerce la plus forte attraction, c’est-à-dire la plus forte déformation de la courbure de l’espace, sur tous les autres éléments que nous verrons par la suite. C’est pourquoi tous ceux qui sont relativement proches de lui gravitent autour de lui. C’est tout à fait la même situation que pour la Terre et la Lune sur l’image suivante :

J20.jpg

Source : http://anarchies.e-monsite.com/pages/l-espace-temps.html

Actuellement, huit éléments principaux gravitent autour du Soleil : les planètes. Celles-ci n’intègrent plus Pluton qui a été rétrogradée en planète naine en 2006 en raison de l’insuffisance de sa force de gravitation. En effet, une planète se définit d’une part par son orbite autour du Soleil, mais aussi par sa capacité à « nettoyer » son environnement, c’est-à-dire repousser les éléments plus petits que lui. C’est le cas de Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Celles-ci peuvent être telluriques (rocheuses) ou gazeuses. Vous trouverez sur le lien suivant un simulateur permettant de visualiser les planètes, leurs orbites et donc leurs positions les unes par rapport aux autres, y compris les planètes naines dont nous allons parler juste en dessous :

http://www.astronoo.com/fr/articles/positions-des-planetes.html

Le système solaire est également constitué de planètes dites naines, à savoir des planètes trop petites pour être des planètes (ou de force gravitationnelle trop faible) mais suffisamment massive pour être un petit corps. Il en existe actuellement cinq : Cérès, Makemake, Haumea, Eris et Pluton. Celles-ci sont visualisables également sur le simulateur ci-dessus.

Comme vous le savez, il existe des corps orbitant autour des planètes : les lunes (ou satellites naturels). Si la Terre possède la sienne, la Lune, il faut savoir qu’une seule lune est un chiffre relativement faible à côté d’autres planètes, bien que certaines n’en aient pas (Mercure, Vénus). Je vous laisse apprécier cette liste sur le lien suivant et vous comprendrez donc que les planètes les plus massives sont aussi celles qui ont le plus de satellites naturels :

https://www.le-systeme-solaire.net/satellite.html

Vous noterez qu’il en existe un certain nombre qui ne sont pas encore confirmés comme tels. Il est à noter également que s’ils peuvent tourner autour d’une planète ou du Soleil, il existe aussi des satellites pour les astéroïdes que nous allons aborder, un astéroïde étant un élément rocheux relativement « petit ». Ces éléments sont massés essentiellement dans deux ceintures : la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter (dans laquelle se trouve Cérès, la planète naine) mais aussi la ceinture de Kuiper au-delà de Neptune, la planète la plus éloignée du Soleil. Ces éléments rocheux sont essentiellement de petites tailles mais peuvent atteindre pour une poignée d’entre eux le kilomètre, voire la centaine de kilomètres. Il en existe 26 de plus de 200 km qui sont aujourd’hui connus.

Enfin, il existe également une poignée de comètes, à savoir des éléments faits de glaces et de poussières (ce qui explique la nuée visible à l’œil nu lorsqu'une comète passe non loin du Soleil par réflexion de la lumière). Celles-ci proviennent surtout de la ceinture de Kuiper et du nuage d’Oort, un lieu qui se situerait au-delà de la ceinture de Kuiper. Je ne développerai pas le nuage hypothétique de Hills, mais les zones au-delà de la ceinture de Kuiper restent encore aujourd’hui à préciser et découvrir plus nettement. La différence fondamentale est que, contrairement au nuage d’Oort qui est susceptible d’être perturbé par l’attraction d’autres étoiles (ce qui explique la venue de comètes à l’intérieur du système solaire), le nuage de Hills serait lui plus proche et les éléments qui s’y trouvent seraient « figés » dans le temps, c’est-à-dire qu’ils sont trop loin pour être attirés par le Soleil mais trop loin aussi des autres étoiles pour que celles-ci les attirent vers elles ou les repoussent au centre du système solaire.

En résumé, nous avons :

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Source : http://hitek.fr/actualite/nouvelle-planete-naine-decouverte-systeme-solaire_10014

B) les dernières nouveautés

Peut-être l’avez-vous lu ou vu récemment : une neuvième planète serait à détecter. Actuellement, nombres d’équipes sont en course pour être la première à observer cette planète qui serait plus massive que la Terre, très peu lumineuse et, surtout, très éloignée du Soleil. Pourquoi croyons-nous qu’il en existe une neuvième ? Car celle-ci serait en mesure d’expliquer l’inclinaison du Soleil puisque, de par son éloignement et son poids, elle ferait incliner très légèrement le système solaire, donc le Soleil lui-même :

https://goforlaunch.nl/has-planet-x-finally-been-discovered-it-doesnt-look-that-way/

Mais cette planète hypothétique, qui n’est pas la première histoire de planète nouvelle dans le système solaire, pourrait ne pas être issue du système solaire. En effet, il arrive « fréquemment » que des astres passent non loin des limites du système solaire et finissent par en sortir, le cas le plus récent étant celui d’une étoile, de ça 70.000 ans, qui serait passée à la limite du nuage d’Oort. Dans notre cas, nous parlerions d’une planète qui, voilà quelques milliards d’années, aurait été de passage dans le système solaire pour ne jamais en ressortir parce que captée par l’attraction du Soleil. Nous saurons dans les années à venir si cette planète existe bel et bien, confirmant l’idée qu’il existe nombre de choses à découvrir encore dans notre système, ou si ce n’était là qu’une spéculation théorique invalide.

Vous pouvez en tous les cas participer à votre échelle à cette quête puisque, comme l’indique cet article, la NASA propose le visionnage des images pour tenter d’y détecter une planète :

http://www.20minutes.fr/high-tech/2016791-20170219-internautes-peuvent-aider-nasa-trouver-9e-planete-systeme-solaire

En tous les cas, le système solaire recèle probablement des secrets bien gardés qui feront les joies de demain. Si cela se fait plus en rare en termes d’observations, malgré l’effervescence autour de la neuvième planète lointaine, le système solaire est plus que jamais d’actualité en termes d’explorations.

II. L’exploration spatiale

A l’heure où les premières sondes sont allées au-delà de Pluton et de ce qui est pour nous « directement » observable, à savoir les sondes Voyager et Pioneer tirées dans les années 1970 qui sont aujourd’hui dans le vide interstellaire, l’exploration spatiale reste un domaine porteur et avec de grandes ambitions pour les décennies à venir.

A) un enjeu scientifique, technologique et humain

L’exploration spatiale comporte plusieurs enjeux, le premier étant généralement la science, science qui tente de répondre à nos interrogations les plus anciennes. Certaines missions mettent en scène des humains, bien souvent pour les défis que cela peut supposer. Mais les défis existent aussi quand les humains ne sont pas directement impliqués. Les enjeux scientifiques ne sont jamais très loin des enjeux politiques, les missions prévues par la Chine, la Russie, L’Europe ou les États-Unis étant parfois conjointes, parfois très différentes.

Il en est ainsi des stations spatiales autour de la Terre. A l’heure où l’ISS approche de sa fin (arrêt en 2024 prévu), à l’heure du regain d’intérêt créé par Thomas Pesquet auprès de la population autour de ce sujet, les agences spatiales russes, américaines et européennes prévoient de poursuivre leur coopération pour lancer un nouveau projet qui succédera à l’ISS, mais avec des objectifs différents, par exemple créer une station proche de la Lune de façon à être un point intermédiaire vers une destination plus éloignée comme Mars, voire vers des astéroïdes. L’idée serait donc davantage de créer une base de passage et de maintenance que de recherche.

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Source : https://simple.wikipedia.org/wiki/International_Space_Station

La Chine ambitionne elle de mettre en orbite dès 2022 sa propre station spatiale, étant exclue jusque-là par les États-Unis dans ce projet. A plus long terme, elle souhaite aussi retourner sur la Lune pour y installer, peut-être, une base lunaire, ce qui permettrait notamment d’avoir un tremplin vers des missions impliquant des humains en direction d’autres planètes.

Vous l’aurez compris (et avez sans doute déjà eu écho de cette idée), Mars est la prochaine étape, éloignée certes, de l’être humain. Si tous les aspects « techniques » ne sont pas élucidés, la préparation et le travail sur la façon qu’un humain peut vivre un tel voyage (loin de tout, dans un espace relativement petit avec d’autres personnes et sur une durée longue de presque deux ans) sont importants, à l’image de Mars 500, mais aussi de Mars One qui a déjà mené une sélection de volontaires souhaitant mener un tel voyage, cette fois sans retour puisqu’il s’agirait de créer une colonie sur Mars permanente et capable d’y vivre de façon autonome, l’envoi de nouvelles personnes étant fait régulièrement. Si le concept Mars One reste loin d’être envisagé (bien que le délai était fixé à 2026 en 2015), cela démontre d’un intérêt pour la « jumelle » de la Terre. Plus modestement, l’objectif est d’y poser une base où des êtres humains pourraient explorer pendant quelques mois cette planète à des fins principalement scientifiques, ce vers quoi tendent évidemment les agences spatiales ayant pour objectif Mars.

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Source : https://www.youtube.com/watch?v=JSTSnBhKwAM

Autre mission mettant en jeu des humains, dans un but davantage scientifique cette fois : les ballons dirigeables dans l’atmosphère de Vénus. En effet, la planète est invivable à sa surface pour un être humain, mais aussi pour le matériel envoyé sur place. Toutefois, l’environnement pourrait être « supportable » dans son atmosphère, ce qui explique l’idée de ballons à 50 km d’altitude. Par le jeu des orbites, Vénus a également l’avantage d’être par intermittence plus proche de Mars que de la Terre, ce qui pour certains représenterait une étape intermédiaire intéressante avant d’aller vers la planète rouge. Ce serait aussi un moyen de tenter de mieux observer cette planète qui, vous l’aurez compris, n’est pas clémente à l’égard des explorateurs.

Autre exemple, les projets d’exploration de la lune Europe non loin de Jupiter qui comporterait des océans sous une épaisse couche de glace, ainsi que l’existence d’une tectonique des plaques. En effet, l’eau (liquide) étant vue comme un élément essentiel d’une hypothétique présence de vie, la mission aurait pour but de traverser la glace et d’analyser l’environnement sous-marin à l’aide d’un robot conçu spécialement pour cela. Mais avant cet horizon lointain, d’autres missions d’exploration par sondes autour d'Europe seront menées pour y trouver de quoi conforter l’idée que la vie puisse s’y trouver.

Dans le même ordre d’idée, l’exploration des océans de Titan (océans faits d’hydrocarbures), une lune de Saturne, est également en projet. Les océans étant en surface comme sur la Terre, il est plus aisé d’aller les explorer, bien que de nombreux défis soient encore à relever, le plus important étant de rendre le robot suffisamment autonome pour pouvoir explorer sans la moindre intervention humaine, qui sera à presque trois heures de délais. Impossible, donc, de guider ce probable sous-marin qui devra être en mesure de prévenir et éviter les risques et dangers qui pourraient altérer son matériel. Ici encore, la mission ne serait lancée au plus tôt que dans plusieurs décennies. La plupart de nos ambitions sont en préparation et devraient être programmées pour la deuxième partie du centenaire.

D’autre part, et pour montrer que certaines visées dépassent notre système solaire, nous avons des projets comme Starchip qui a l’ambition de construire une sonde qui soit capable de rejoindre Alpha du Centaure, l’étoile la plus proche, en vingt ans (là où celles qui sont les plus éloignées aujourd’hui de notre propre système en mettraient 40.000). Pour y parvenir, il s’agirait d’accélérer une sonde comme jamais auparavant pour atteindre une vitesse qui soit d'un cinquième de celle de la lumière. Cela serait possible à la condition de réduire à un poids dérisoire la sonde.

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Source : http://www.journaldugeek.com/2016/04/13/espace-stephen-hawking-presente-son-nano-vaisseau-1000-fois-plus-rapide-que-nos-fusees-actuelles/

Vous comprendrez aisément que pour un vol spatial aussi lointain avec être humain, tout est à inventer encore, et en particulier le moyen de propulser un véhicule aussi rapidement sur des distances si importantes compte tenu du véhicule nécessaire et donc de son poids. Ce travail passera nécessairement par des modes de propulsion qui ne sont aujourd’hui pas encore fonctionnels mais qui sont pour certains en étude, le mode de propulsion chimique actuellement utilisé étant le mode le moins efficace énergétiquement parlant. La NASA, notamment, travaille sur plusieurs concepts.

B) un enjeu économique

Les missions chinoises sur la Lune évoquées dans la partie précédente ont un objectif qui serait d’y exploiter l’Hélium-3, rare sur Terre et abondant sur notre satellite. Le but serait donc d’y installer une base pour mener l’exploitation des sols. Une telle base serait évidemment aussi un moyen de créer un système d’exploitation d’astéroïdes géo-croiseurs (que nous sommes voués à « croiser », donc relativement proches de nous, en tout cas à certains moments dans leur orbite) puisque ceux-ci ont des minerais qui peuvent être rares sur Terre et nécessaires à exploiter, mais aussi des ressources comme l’eau, utiles pour alimenter les fusées en carburant. C’est là que des sociétés privées, en collaboration avec les agences spatiales, entrent en scène, comme DeepSpace avec la NASA.

Sur le principe, ces géo-croiseurs sont intéressants car ils limitent la consommation de carburant pour les atteindre. Une autre solution, plus aisée pour l’exploitation, serait de faire dévier l’astéroïde et de le mettre en orbite autour de la Lune, de façon à pouvoir sans difficulté extraire ce qui peut « nous » intéresser. Chose étonnante, le Luxembourg est très intéressé par ce sujet et tente depuis plusieurs années de réunir les fonds nécessaires à de telles missions. Cette capacité à dévier pourrait être intéressante aussi pour, qui sait, remorquer du matériel et des humains jusque vers d’autres planètes en utilisant un astéroïde comme nous prendrions le bus.

Sans aller aussi loin, le spatial devrait devenir un lieu touristique « comme un autre » prochainement, moyennant évidemment le billet qui ne sera pas accessible au premier venu, en tout cas à ses prémices. Si un voyage à longue durée n’est pas pour demain, malgré le test actuellement fait de « bulles gonflables » qui auraient l’avantage du coût, de la place et du poids, si les essais faits sur l’ISS sont concluants, les voyages suborbitaux sont davantage proches de nous et permettraient de profiter du paysage pendant quelques instants. Si l’histoire des voyages suborbitaux vous intéresse, un dossier existe sur Futurasciences :

http://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/aeronautique-voyage-espace-tourisme-suborbital-1345/page/2/

Si vous avez les moyens et l’envie, vous pouvez même réserver votre vol auprès de cette agence pour un futur vol suborbital :

http://www.uniktourspace.com/

 

Vous l’aurez (je l’espère) compris, le système solaire est encore un lieu de découvertes pour l’être humain, peut-être même de réponses à des questions qui le hantent énormément comme la vie extraterrestre, qui le rendraient enfin moins seul dans ce si vaste univers. Vous l’aurez (je l’espère) surtout compris, la deuxième partie du siècle s’annonce mouvementée tant dans l’exploration robotique qu’humaine, après des décennies nécessaires de recherches, d’innovations et de préparation.

 

Bibliographie :

Partie I. A.

http://system.solaire.free.fr/soleil.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_solaire#Soleil

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/systeme-solaire/pourquoi-pluton-n-est-plus-une-planete_21789

https://www.le-systeme-solaire.net/planetesnaines.html

https://www.le-systeme-solaire.net/asteroides.html

http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/univers-comete-2498/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuage_d%27Oort

Partie I. B.

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/systeme-solaire/neuvieme-planete-la-traque-est-lancee_101780

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/et-si-la-neuvieme-planete-etait-un-monde-solitaire-capture-par-notre-soleil_1868036.html

http://www.maxisciences.com/%E9toile/une-etoile-a-frole-notre-systeme-solaire-il-y-a-70-000-ans_art34338.html

Partie II. A.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Voyager#Statut_du_programme_en_2010

http://www.numerama.com/sciences/163017-comment-starchip-veut-atteindre-alpha-centauri-en-20-ans-seulement.html

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronautique-systemes-propulsion-futur-nasa-1249/

http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20150204.OBS1705/europe-destination-numero-un-pour-la-recherche-de-vie-extraterrestre.html

http://www.generation-nt.com/nasa-sous-marin-exploration-titan-lune-saturne-actualite-1912034.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20160711.OBS4394/la-chine-l-autre-puissance-spatiale.html

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/utilisation-espace-apres-iss-future-station-proche-lune-63709/

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/exploration/coloniser-mars-une-mission-sans-retour_101955

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mars500

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/nasa-nasa-envisage-coloniser-venus-dirigeables-56505/

Partie II. B.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1454702-l-exploitation-des-asteroides-autorisee-dans-20-ans-on-verra-des-mineurs-de-l-espace.html

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/01/22/97001-20130122FILWWW00663-les-asteroides-attisent-les-convoitises.php

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-scenarios-a-letude-pour-capturer-ou-devier-un-asteroide-2253/

http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/26/iss-piece-gonflable-nasa-beam_n_10139682.html

Tequila Moor

Bonjour amis lecteurs du Mag nouvelle formule. Je reprends ma rubrique littérature avec des nouvelles pour notre ami reporter Blèmia Borowicz, plus connu sous le nom de Boro : la dernière fois, nous l'avions quitté alors qu'il avait regagné Paris en compagnie de sa cousine Maryika. Il se savait pas qu'il était aux premières loges pour assister à la manifestation du 6 février 1934 suite au scandale de l'affaire Stavisky. De nouvelles aventures vont le conduire dans la France de 1936, celle du Front Populaire et de la guerre civile espagnole. Il va devoir faire face à de nouveaux danger avec ses nouveaux amis. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir ces nouvelles aventures qui s'ouvrent sur une manifestation.

Le 13 février 1936, d'anciens Poilus et des membre de l'Académie française rendent un dernier hommage à Jacques Bainville, historien et membre de l'Académie, en suivant son cortège funèbre qui défile dans les rues du quartier de Saint-Germain-des-Prés. Les membres de la droite traditionaliste et de l'extrême-droite sont également présents. Parmi eux se retrouve Monsieur Paul, homme de main de l'une de ces organisations proches de l'extrême-droite, dont la mission principale est de cogner sur ses prétendus ennemis. Alors que les rues regorgent de jeunes nationalistes un peu échaudés par l'événement, une voiture fend la foule sans crier gare. Un homme vêtu d'un long manteau, le teint mât et une canne à la main sort de cette voiture. Le chauffeur lui propose de retourner à son point de départ mais pour toute réponse, l'homme hoche la tête et paie sa course. Il se dirige d'un pas décidé et rapide vers un endroit précis, tout en étant suivi par une horde de jeunes gens à l'allure quasi militaire et Monsieur Paul se trouve parmi eux. Cette silhouette ne lui est pas étrangère, mais il n'arrive pas à se souvenir des circonstances de leur première rencontre. Des jeunes suivent l'inconnu tout en lui posant des questions sur ses opinions politiques car tout en étant étranger (ce qui s'entend à son accent de l'Est), cela ne peut pas l'empêcher d'éprouver le même amour qu'eux pour la patrie. L'étranger refuse de leur répondre, ce qui amplifie leur colère. Le cortège arrive à la hauteur d'une voiture et là, l'inconnu veut empêcher la foule d'y toucher. Avec une dextérité et une rapidité hors du commun, il fouette l'air avec le lacet de sa canne mais comprend vite qu'avec ce geste, il risque de gros ennuis. Il trouve refuge dans la voiture et le groupe commence à l'entourer avant de la balancer de droite à gauche. L'un d'eux lui dit qu'il aurait mieux fait de quitter les lieux, mais l'inconnu, avec sa désinvolture habituelle, dit qu'il ne peut pas conduire à cause de sa jambe, ce qui stupéfie la foule dans un premier temps avant de reprendre l'attaque. C'est à ce moment-là que la mémoire de Monsieur Paul se réactive : cet homme est à l'origine d'un cliché photographique qui a fait le tour du monde : Adolf Hitler dans une situation pour le moins compromettante. Il est aussi celui qui a fait tomber l'Ordre de Parsifal, l'ancêtre de La Cagoule, obligeant son maître, le marquis d'Abrantès, à rejoindre la clandestinité. C'est un reporter. Monsieur Paul demande à la foule de lui laisser l'inconnu, se dirige vers la portière passager et lui assène un bon coup de gourdin sur la tête. Blèmia Borowicz ne peut rien tenter.

Boro se souvient alors du poing de Monsieur Paul qui, quelques années auparavant, l'avait étourdi. Bien qu'il ait trouvé refuge dans sa voiture, une Aston Martin qu'il avait acquise en compagnie de la marquise d'Abrantès, il n'en est pas pour autant en sécurité car Monsieur Paul et ses acolytes sont attroupés autour de la voiture qu'ils commencent à détériorer. Quelques instants plus tard, la foule quitte les lieux pour aller plus loin. Les réflexes professionnels reprenant le dessus, Boro sort de sa voiture et se met à suivre la foule tout en vérifiant que son Leica est équipé d'une pellicule neuve afin de prendre des photos qui feront éventuellement l'objet d'un reportage. La foule, toujours aussi survoltée, stoppe une voiture et en sort violemment les occupants. Parmi ses occupants se trouve le président du Conseil, Léon Blum, et une femme, également passagère de la voiture, qui tente de le protéger de la foule en furie. Des injures antisémites accompagnent le retrait de la voiture du président du Conseil qui est blessé au cours de la rixe. L'arrivée d'un agent de police, appelé par deux peintres travaillant sur un échafaudage au Ministère de la Guerre, met la foule hostile au chef du gouvernement en déroute.

Une fois les manifestants dispersés, le petit groupe, composé de l'agent de police, du député et de son épouse passagers de la voiture et présents au cours de la rixe, Boro et les deux peintres, accompagne le président du Conseil vers un immeuble haussmannien pour se mettre en sécurité et recevoir les premiers soins. Cependant, il se heurte au refus de la gardienne de les laisser entrer dans sa loge le temps d'aller chercher un médecin pour soigner le blessé, malgré les efforts faits par le député pour qu'elle puisse accueillir momentanément le président du Conseil. Le petit groupe capitule et va chercher refuge vers un endroit plus accueillant. Durant le trajet, Boro écoute Léon Blum lui expliquer sa conception de la lutte sociale qui ne peut se faire dans la violence mais par la prise du pouvoir par les ouvriers dans les entreprises qui bloqueront la production si le patronat ne prend pas en compte leurs revendications. Le petit groupe parvient à trouver refuge chez une dame qui propose au blessé d'attendre le médecin, qui est en visite, dans son vestibule. C'est à ce moment-là que vient le préfet de police afin de prendre la déposition de tous les témoins présents lors de la rixe et pour prendre des nouvelles du blessé. L'arrivée du préfet gêne le plus jeune des deux ouvriers et son collègue, voyant la gêne du jeune homme, lui fait savoir de ne pas faire parler de lui. Une fois les dépositions faites, Boro et les deux peintres laissent Léon Blum avec ses compagnons et la police et partent ensemble dans la même direction, chacun perdu dans ses pensées.

Au même moment, à l'autre bout de la rive gauche de la Seine, au niveau du parc Montsouris, deux hommes se sont donnés rendez-vous. Ce sont deux gradés militaires, le colonel Barassin-Ribancourt et le lieutenant Jaunivert de Coquey, qui ont pour mission principale d'infiltrer une organisation secrète pour y découvrir ce qu'elle trafique. Cette organisation s'est donnée pour mission principale de débusquer les militaires ayant des sympathies pour Moscou. Mais le colonel Barassin-Ribancourt craint que le chef de cette organisation veuille faire un coup d'état. Les deux militaires attendent l'indicateur qui doit les introduire dans le cercle et lorsque celui-ci se présente à eux, il reconnaît le colonel avec lequel il servit dans l'armée lors de la Grande Guerre. Le colonel ne reconnaît Alphonse Charpallez qu'au moment où celui-ci lui parle du jour où il lui a sauvé la vie. Les deux hommes sont introduits par Alphonse Charpallez dans l'immeuble dans lequel est abritée l'organisation. Une fois dedans, ils sont conduits dans une salle dans laquelle ils doivent décliner leur identité et leur qualité. Une fois cela fait, ils sont autorisés à pénétrer dans une autre pièce dans laquelle des torches brûlent et où ils sont accueillis par une foule qui revêt une robe semblable à celle des magistrats alors que le chef est vêtu d'une simple toge. Les deux militaires sont inquiets car l'ambiance des lieux est lourde mais le chef s'adresse à eux et demande au colonel de prêter serment à leur cause sur un ouvrage de Malaparte, ainsi que sur le drapeau tricolore en disant cette phrase : « Ad majorem Galliae gloriam ». C'est ensuite au lieutenant de prêter le même serment mais à la différence de son aîné, il doit attester qu'il n'est ni juif, ni franc-maçon. Un fois que les deux hommes ont prêté serment d'allégeance à l'organisation, ils sont autorisés à pénétrer dans une nouvelle salle où sont réunis tous les membres de l'organisation. Parmi eux, le jeune lieutenant reconnaît un militaire peu recommandable mais qui connaît tous les secrets de chaque militaire français et ce militaire est un proche du maréchal Pétain. A ce moment-là, un homme d'approche du colonel Barassin-Ribaucourt pour lui dire que le chef de l'organisation, Eugène Deloncle, veut le voir en privé. Le colonel n'a d'autre choix que de suivre cet homme jusqu'à son chef. Ce dernier accueille le militaire en lui disant qu'il est ravi de l'avoir dans ses rangs pour défendre la patrie. Si le colonel ne souscrit pas aux idées de Deloncle, il est patriote et c'est ce qui compte. Il connaît également les faits d'armes de son hôte et il lui dit qu'il est prêt à tout pour sauver la France du péril rouge, mais pas de se faire complice d'un coup d'état, ce à quoi Deloncle répond qu'ils doivent accomplir leur mission par tous les moyens.

Pendant ce temps, Boro est toujours avec les deux peintres en bâtiment. Ils sont toujours dans le quartier de Solférino et le plus jeune des ouvriers, André Mésange, dit Dédé, fait remarquer à son collègue et ami, non sans une forme de mépris, que les personnes qui vivent dans le coin ne sont pas à plaindre. Ce dernier, qui répond au nom d'Albert Fruges, esquisse un sourire avant d'évoquer rapidement que le préfet qui a pris leur déposition était en poste à Arras quelques années plus tôt. Au cours de leur conservation, Boro apprend par le jeune Dédé qu'après avoir accumulé quelques bêtises d'adolescents qui l'ont conduit quelques temps au bagne, Albert lui avait tendu la main en lui offrant un emploi. Cependant, Albert Fruges précise que le petit est passé par la case service militaire et que cela ne s'est pas très bien passé à cause son passé de délinquant et que c'est l'une des raisons pour lesquelles Dédé ne porte pas dans son cœur les représentants de l'ordre d'où son tatouage avec les initiales « M.A.V. », ce qui signifie « Mort aux vaches » ou plus exactement mort aux flics pour les anarchistes. Ces initiales, le jeune Dédé les a écrites sur un mur avec du charbon et Boro, ne comprenant pas ce que cela voulait dire, se fait expliquer la signification par Albert. De plus, il constate, par l'accent de Boro, que celui-ci n'est pas d'ici, ce à quoi Boro lui répond qu'il vient de Hongrie, un pays entre « un fleuve et des collines ». Albert Fruges consulte sa montre et constate qu'il est trop tard pour retourner au travail et il propose à Boro de leur payer un verre dans une gargote qu'il connaît bien près du Ministère de la Guerre. Les trois compères s'y dirigent et quand il entre dedans, Dédé apostrophe le propriétaire des lieux, Arthur Terizolles, originaire d'Auvergne, en lui disant qu'il fait des économies sur le charbon et l'électricité. Le tenancier lui dit qu'il n'est pas nécessaire de gaspiller inutilement les ressources énergétiques quand la visibilité est correcte et qu'il n'y a personne dans le bistro. Albert commande un bière belge alors que le tenancier essaie de lui donner une bière allemande en disant que ce sont les meilleurs. Le peintre lui répond que c'est fasciste et le cabaretier annonce que le Führer est socialiste car il fait construire des routes dans toute l'Allemagne et que l'ouvrier peut avoir sa propre automobile, la « Volewagaine » (Volkswagen). Albert Fruges, excédé par cet éloge de l'Allemagne nazie, le menace d'aller chez la concurrence s'il n'arrête pas et le tenancier s'exécute. Après quelques bières, alors que Dédé est parti nettoyer et ranger le matériel à la demande d'Albert Fruges, Boro lui demande s'il veut bien conduire sa voiture jusqu'à chez lui. Le peintre s'étonne de cette demande et Boro lui explique qu'il ne peut pas conduire à cause de sa jambe. Il accepte mais à une seule condition, qu'ils passent d'abord aux Galeries Lafayette, ce que Boro accepte.

Du coté du parc Montsouris, Alphonse Chapaillez est posté à proximité de la grande maison dans laquelle il a introduit le colonel Barassin-Ribancourt. C'est un ancien Poilu, gradé caporal sapeur, qui été gazé à Ypres et dont les poumons sont en très mauvaise état. En plus d'avoir laissé sa santé dans les tranchées, sa femme est partie avec un autre hommes et ce qui lui reste dans la vie est son métier de policier. Il infiltre et espionne actuellement les membres de cette organisation et n'a de compte à rendre à personne à l'exception du préfet de la police, monsieur Guichard. Il note tout ce qui concerne les membres de l'organisation et fait une fiche pour les nouveaux entrants. Il note également ce que les différents membres pensent des uns et des autres. Alors qu'il relisait rapidement ses notes tout en ayant un œil sur la maison, il voit qu'un colosse, dont la méfiance se lit sur le visage, arrive. Après avoir fait un repérage rapide, celui-ci fait signe au chef de l'organisation et à son invité de venir et un voiture les prend tous deux à bord. Après cela, Alphonse Chapaillez se décide à suivre le colosse. Il reprend la fiche de ce dernier : il s'appelle Pierre-Joseph Briguedeuil et il est boucher du côté de Montmartre. Il vit avec sa mère et il est le frère jumeau de Paul-Émile Briguedeuil, plus connu sous le nom de Monsieur Paul. Il doit ses entrées dans les différentes organisations d'extrême-droite à son frère. Les deux frères n'ont aucun scrupule à user de la violence, ce qui les rend très dangereux. Il serait « mêlé à la disparition de certains francs-maçons ». Alors que Pierre-Joseph Briguedeuil se dirige vers sa boutique, il ne songe qu'au navarin de mouton que lui aura préparé sa douce maman et à des bottes de cavalières rouges qu'il aimerait avoir. Tout comme son frère, la réflexion n'est pas son point fort. Il disparaît au coin d'une rue et Chapaillez en profite pour sortir de sa cachette et hèle un taxi pour le conduire aux Quais des Orfèvres. Il demande au chauffeur de taxi de ne pas rouler trop vite car la douleur qu'il ressent aux poumons est vive. Il repense aux circonstances dans lesquelles il est entré dans la police et ce qu'il doit au préfet Guichard et son métier lui permet d'oublier sa santé chancelante. Il arrive dans le bureau du préfet de police et celui-ci lui demande ce qu'il a découvert. Chapaillez lui dit que quelque chose se trame qui dépasse la fiction et sort son carnet de notes à la page d'un grand magasin parisien.

En regagnant le boulevard Saint-Germain, Albert Fruges s'étonne du nom de Boro qui est difficile a prononcer et Boro explique qu'il porte le nom de sa mère hongroise mais que son frère était un Français de confession juive. Albert Fruges lui dit qu'il vient du Nord et que ses ancêtres sont de cette région. Le peintre interroge le reporter sur sa jambe et quand il lui dit qu'il fut blessé lors de l'incendie du Reichstag, ce dernier ne le croit pas et lui demande pourquoi il raconte des « bobards ». C'est bien la première fois qu'on lui pose la question et il le dit franchement au peintre. Sur le boulevard Saint-Germain, les manifestants ont laissé place aux riverains et rien ne laisse croire que quelques heures auparavant, une manifestation avait eu lieu. Arrivé à la hauteur de l'Aston Martin, Boro ne peut que constater les dégâts qu'elle a subis et le peintre reste à bonne distance, étonné de voir avec quelle facilité le reporter se déplace malgré sa boiterie. Il en veut à Pázmány d'avoir laissé sa voiture sur cet axe fréquenté de la capitale, surtout en période de manifestation. Après avoir fait un état des lieux rapide des dommages, Albert Fruges prend le volant et tous deux se dirigent vers le Boulevard Haussmann. Cependant, il dit à Boro qu'il connaît un mécanicien qui pourra remettre en état son Aston Martin et lui fait savoir que ce gars est l'oncle du jeune Dédé. Boro est sceptique sur ce point mais le peintre le rassure. Alors qu'Albert Fruges est concentré sur sa conduite, Boro se demande à qui son agence de presse va vendre son reportage sur les Camelots du Roi et il se refuse à vendre les photos de l'agression de Léon Blum. Même s'il est concentré sur sa conduite, le peintre demande au reporter ce qu'est l'appareil photo qu'il a et Boro lui explique que c'est un Leica très simple d'utilisation. Il demande au conducteur de le déposer au siège de l'agence avant qu'il puisse se rendre aux Galeries Lafayette mais Albert Fruges refuse et dit à Boro qu'il doit s'y rendre car il a « une sale commission à faire ». Il explique à Boro qu'il est descendu à la mine quant il avait seize et qu'il y a travaillé pendant dix-neuf ans et que de nombreux copains y travaillent encore. Il a appris le matin même qu'un coup de grisou a dévasté la mine dans laquelle travaille son meilleur ami, qu'il considère comme son frère. Il ne sait pas s'il est vivant ou pas mais il doit annoncer la nouvelle à sa fille qui travaille aux Galeries Lafayette. Elle est orpheline de mère et maintenant, il est possible que son père ne soit plus de ce monde. Mais cette petite, qui répond au nom de Liselotte Declercke, n'est pas n'importe qui. Elle a dix-sept ans et elle est déjà à l'université. Son père met tout ce qu'il peut de sa paie pour sa fille et elle, elle finance le reste en travaillant en tant que vendeuse. C'est une jeune fille courageuse. Avant d'aller lui annoncer la mauvaise nouvelle, Albert Fruges demande à Boro de lui expliquer comment fonctionne son Leica, afin de se changer les idées et le peintre fait une série de photos que Boro lui promet de lui remettre une fois qu'elles seront développées. Il demande à Boro de l'accompagner afin de parler à Liselotte et lui dit qu'elle vaut la peine qu'on fasse sa connaissance car cette petite est « une valeur ».

Tequila Moor

Loin des blockbusters Hollywoodiens ou du cinéma dit plus "respectable" comme les films d'auteurs, ou des essais pseudo-intellos, il existe une branche sombre, moins "branchée", boudée par les festivals et même par les critiques et les personnes sérieuses : le nanar.

Et alors que de plus en plus de cinéphiles se passionnent pour cette branche ignorée du cinéma, elle reste pour le grand public une énigme, voire un passe-temps inutile pour des incultes manquants de goût.

Dans cet article je vais donc m'attacher à rendre au nanar ses lettres de noblesse...

Mais avant, un nanar, c'est quoi au juste ?

Et bien la difficulté à définir ce qu'est le nanar est la frontière floue et ténue entre le nanar et le navet.

Le premier est un film si mal réalisé, si raté, si mal exécuté qu'on le regarde non pour ses qualité mais pour ses défauts. Un film si raté qu'il en devient amusant... Il va sans dire que la pratique du nanar demande une sacrée dose de second degré.

Un navet au contraire est un film mal réalisé, mais en plus chiant. L’intérêt du nanar vient donc de son accumulation de défauts.

Cependant, la tentation est grande de qualifier un mauvais film de nanar, mais ce serait là une grave erreur.

Prenez par exemple un bon vieux film bien de chez nous, « Le Jour et La Nuit » (film de Bernard "regardez-comme-je-suis-intello" Henri Lévy).

La réalisation est grotesque, les acteurs mauvais malgré la présence d'Alain Delon et de Lauren Bacall, une intrigue ridicule : bref le film est raté.

Tous les ingrédients d'un nanar, non ? Pourtant, non. Pourquoi ? Tout simplement qu'il est aussi ennuyant qu'un dimanche pluvieux à regarder Michel Drucker.

Prenons maintenant un monument du nanar : « Birdemic ».

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OVNI réalisé par le génialement mauvais James Nguyen, Birdemic se veut à la fois comme un hommage aux « Oiseaux » d'Alfred Hitchcock et comme une fable écologique, avec en sus des effets (très) spéciaux, dignes de 2008.

Le film commence par nous présenter Rod, au sommet de sa carrière, qui vient de signer le contrat de sa vie. Ne me demandez pas plus de précisions, le scénario ne le sait même pas. Aussi beau gosse que BHL, aussi expressif qu'une tranche de foie de veau, Rod est un winner.

Fort de sa vente à 1 million de dollars il fait la rencontre d'une jolie jeune femme, mannequin internationale (bon, on se fout de savoir comment elle s’appelle, vu qu'elle n'est là que pour faire joli). Après l'avoir harcelée et suivie dans la rue un bon moment, il obtient son numéro et ne va pas tarder à la séduire armé de son regard ténébreux.

Mais rien ne saurait être parfait dans ce monde, et les deux amoureux se font attaquer par des oiseaux qui n’hésitent pas à égorger les humains à coup d'ailes-lames de rasoir et à leur envoyer aux visages des fientes acides.

Ensemble ils se battront contre les terribles volatiles à coup d'armes aussi dangereuses que des cintres, recueilleront des enfants ayant vu leurs parents "massacrés" par les piafs démoniaques (rassurez-vous, les mômes eux-mêmes n'en ont rien à fiche)...

 

Présenté comme un film écologique (roulons électriques, installons des panneaux solaires, luttons contre le réchauffement climatique), Birdemic atteint un niveau d’incompétence jamais vu auparavant.

Les acteurs sont mauvais, mais MAUVAIS à un point où cela en devient un art. La prise de son est dégueulasse, les effets spéciaux horribles : Birdemic cumule les clichés et les défauts, rien n'est à sauver dans ce naufrage, chaque scène étant plus bâclée que les autres, et c'est ce qui le rend si bon.

Et voilà ce qui fait la différence entre nanar et navet.

 

Tequila Moor

 

Pour mon premier test, j’ai décidé de m’attaquer à des domaines en vogue en ce moment : l’écologie et le fait maison. J’entendais beaucoup parler de la lessive faite maison. Je me suis donc dit pourquoi pas ? Allier mon côté économe à l’écologique, ça me semble être une bonne idée !

Première étape : trouver une recette. Ça n’a pas été difficile, il y en a des dizaines sur internet, et beaucoup de livres et magazines en proposent également. Deux sortent du lot :

  • La lessive au savon de Marseille

  • La lessive à la cendre

Celle au savon de Marseille, ça me paraissait logique, celle à la cendre beaucoup moins… Je décide tout de même de tester les deux.

1ère recette : la lessive au savon de Marseille

Les recettes dénichées se ressemblent toutes. Voici donc la liste des ingrédients :

  • 100g de savon de Marseille (en bloc ou bien en copeaux)

  • 2 cuillères à soupe de bicarbonate de soude

  • 2L d’eau (1L avec le savon, puis 1L une heure après)

Il ne me reste plus qu’à acheter du savon de Marseille et du bicarbonate de soude. Un petit tour au supermarché et hop me voilà prête, pleine d’enthousiasme, à me lancer dans la concoction de ma lessive. Ça a l’air rapide à faire.

On coupe en copeaux un savon de Marseille, on fait porter à ébullition, on rajoute le bicarbonate de soude. On laisse reposer une heure, on rajoute de l’eau. On met le tout dans un grand bidon et c’est fini. Et bien, facile à faire ! C’est vraiment top la lessive faite maison !

Je décide d’attendre quelques jours avant de tester mon linge avec. Et là, ce fut le drame. Ma lessive a complétement durci à l’intérieur du bidon ! Un vrai caillou. J’ai beau délier en rajoutant de l’eau, rien à faire. J’ai dû me planter quelque part. Je me replonge donc dans mes recherches et trouve l’ERREUR du débutant.

Il y a savon de Marseille ET savon de Marseille. Le vrai, l’authentique est plus rare à trouver et seules quelques marques en fabriquent encore. Avec ma chance, j’avais pris un faux savon de Marseille. D’ailleurs la plupart des supermarchés ne proposent que de faux savons.

J’aurais dû me méfier, un savon de Marseille « enrichi en huile d’olive » c’était un peu louche ; le savon de Marseille étant à la base déjà composé d'huile d'olive.

Pourtant, à voir l'emballage, ça paraissait vrai :

 

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Assurez-vous donc de vous procurer le véritable savon de Marseille, voici la liste des savonneries qui le fabriquent encore : La Savonnerie du Midi, le Sérail, le Fer à Cheval et Marius Fabre.

Il ne se compose que de 4 ingrédients :

  • Sodium olivate et/ou sodium cocoate

  • Aqua

  • Sodium chloride

  • Sodium hydroxide

S’il en contient plus, c’est un faux.

Je retourne donc au supermarché acheter DU VRAI savon de Marseille et recommence ma recette.

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Je coupe 100g de savon de Marseille que j’ajoute à un litre d’eau.

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Je porte à ébullition et éteins le feu. L’odeur est peu agréable, ça sent le chaudron et pas trop le savon !! La couleur est un peu ragoûtante. J’ajoute mes deux cuillères à soupe de bicarbonate, ça mousse un peu !

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Je laisse reposer une heure. Puis j’ajoute un litre d’eau. Je mets le tout dans un bidon et j’attends quelques jours. Mon mélange n’a pas durci ! Il suffit juste de le secouer pour que les éléments se mélangent bien ensemble.

C’est le grand jour, nos vêtements et ceux de ma fille pleins de tâches de lait et nourriture n’attendent que ça ! Je sais qu’avec ma lessive industrielle habituelle ces tâches partent au premier lavage. Un gros bouchon (soit un verre à eau) dans la machine et c’est parti.

Machine terminée, je sors mon linge. Bon, l’odeur n’est pas terrible. Forcément, je n’ai ajouté volontairement ni huile essentielle ni adoucissant. Ça sent juste le savon de Marseille, odeur que je n’apprécie pas vraiment. Mais bon, l’important n’est pas là, mon linge est-il propre ? Là est la mission de ma lessive.

Et là je vous avoue que c’est la déception. Aucune de mes tâches ne sont parties. La lessive n’a fait que rafraîchir mon linge peu sale mais n’a pas vraiment lavé. J’ai retenté plusieurs fois l’expérience. La seule façon de faire partir les tâches est de mettre du détachant avant. La recette du détachant écolo existe (il suffit d’appliquer du bicarbonate de soude avec de l’eau tiède sur les tâches) mais bon, ça devient un peu galère de laver son linge.

2ème recette : la lessive à la cendre

Recette totalement différente et plus étrange au premier abord. La cendre a le pouvoir de dégraisser. Il vous faudra ici un peu plus de matériel et de patience. Voici la liste de ce qu’il vous faut :

  • De la cendre bien sûr. J’ai la chance d’avoir une cheminée donc ça me débarrasse. La cendre des bois durs, de chauffage est meilleure que celles des résineux.

  • 1L d’eau

  • Un tamis ou une passoire

  • Un seau

  • Un tissu qu’il faudra jeter ensuite

  • Une bouteille pour stocker la lessive

Première étape, une fois que vous avez récupéré votre cendre, il faut la tamiser. Je m’installe dans une pièce que je peux aérer : mon arrière cuisine. J’avais du temps devant moi, j’en profite donc pour tamiser ma cendre, il ne reste plus qu’une poudre grise toute lisse. Pour mon essai, je n’ai tamisé que 50g de cendre, si vous voulez en faire une quantité importante, sachez qu’il faut un certain temps pour la passer au tamis. Ma cendre déposée dans un seau, j’ajoute mon litre d’eau, cela crée un peu de poussière, d’où l’intérêt de le faire dans une pièce aérée (ou dehors si le temps le permet). Il faut maintenant attendre toute la nuit que le mélange macère.

Le lendemain, rien n’a bougé. La cendre s’est déposée dans le fond du seau. Je suis censée obtenir un mélange visqueux, il n’en est rien. De l’eau un peu grisâtre stagne. Je décide de rajouter de la cendre tamisée, en me disant que les proportions ne doivent pas être bonnes. Et j’attends 24 heures de plus. Le surlendemain, j’obtiens toujours la même mixture : la cendre boueuse au fond et de l’eau grise au-dessus. Je décide tout de même de faire ma lessive avec ce mélange. Tant pis pour le mélange visqueux.

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Je prends donc un tissu que je plie en quatre, une passoire, et je filtre le tout. Je m’aide d’un bâton pour faire couler le mélange à travers ce filtre. J’obtiens un liquide un peu jaune, ça a l’air de ressembler aux lessives à la cendre que j’ai pu voir sur différents sites internet.

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Honnêtement, à ce stade, je n’ai aucune envie de tester mon linge avec cette préparation. On dirait de l’eau sale, tout simplement. Je mets donc à laver des tissus sans grande importance et quelques bavoirs que j’ai moi-même tâchés de chocolat, à 30°.

Et voici le résultat : le linge est ressorti propre ! Sans odeur, sans mauvaise odeur plutôt. J’étais très sceptique et me voilà assez convaincue.

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3ème étape : résumé des tests

La lessive au savon de Marseille

Points positifs : cette lessive ne revient pas chère du tout ! Elle est facile à faire, et c’est 100% écologique.

Points négatifs : son efficacité est limitée. L’odeur n’est pas des plus agréables même si cela reste personnel. Fabriquez également votre détachant, vous en aurez besoin, elle sert, pour moi, à rafraîchir le linge peu sale. Il paraîtrait qu’elle encrasse les machines à force...

La lessive à la cendre

Points positifs : elle ne coûte rien du tout si vous pouvez récupérer de la cendre. Son efficacité est prouvée sur des tâches qui partiraient avec une lessive habituelle. Pas d’odeur désagréable.

Points négatifs : un peu plus compliquée et plus longue à fabriquer.

 

Vous l’aurez compris, à choisir, je pencherais plutôt pour la lessive à la cendre, en rajoutant quelques écorces d’orange ou citron pour aromatiser le mélange. Le bicarbonate de soude est aussi un excellent détachant pour les tâches coriaces avant de laver son linge. Bien sûr, ce n’est que mon expérience. Peut–être avez-vous eu des résultats différents des miens. Mais, laver son linge en préservant la planète, c’est possible !

N’hésitez pas également à me faire part de vos idées pour un prochain « J’ai testé » !