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Blogapart-13

24/02/2009 Richesses   De richesses, il n'est pas question dans le message précédent, qui se veut une synthèse.
Un oubli ? Un rejet ? Une difficulté à intégrer le concept dans cette construction ?
Le fait qu'il ne participerait pas à la formation ou à la résolution d'une crise ?
Nœud gordien à trancher ou pur fantasme à dissiper ? En fait, rien de tout cela.

 Si l’on revient à la démarche préconisée pour le dépannage et la remise en route de la machine (§3), il est question de revoir les objectifs par rapport aux besoins. Pourquoi ?
 Parce qu’il est question de résoudre des conflits, eux-mêmes occasionnés par l’incompatibilité entre la poursuite de différents objectifs reconnus par les parties en cause comme inconciliables.
 Plutôt donc que de proclamer, comme unique point d’accord, que ces objectifs représentent des exigences de jouissance non négociables et qu’en conséquence, une épreuve de force est la seule issue, même si elle est la moins raisonnable, n’est-il pas plus rationnel de vérifier point par point si, parmi ces objectifs revendiqués de part et d’autres comme vitaux, donc incontournables, certains ne seraient pas obsolescents ? Mais pour cela (§2), il faut réunir impérativement deux conditions :
 - placer le débat au niveau de l’intérêt général, défini comme l’intérêt commun à toutes les parties,
 - ne pas perdre de vue les intérêts spécifiques de chacune des parties concernées, qu’elles soient ou non impliquées dans le conflit.

 C’est là qu’intervient la notion de « richesses ».
  On désigne généralement par « richesses » des biens matériels, objets manufacturés ou ressources naturelles, susceptibles, sans délai ou à terme, directement ou par voie médiate, de procurer des jouissances, de satisfaire des besoins et, de ce fait, convertibles en propriétés individuelles ou collectives. Peuvent être rattachés à cette catégorie tous les articles propres à en faciliter l’acquisition ou la confection : outils, armes, monnaie, etc. Au-delà des outils proprement dits –machines ou prothèses- les moyens fournis par la vie elle-même : ressources humaines et animales, leurs énergies et leurs savoir-faire.
 Ce qu’on appelle « richesses » est donc défini soit par la faculté de satisfaire immédiatement à une exigence de jouissance, soit, le plus souvent, par la poursuite d’une stratégie jalonnés d’objectifs jugés adéquats à la satisfaction d’un certain nombre de besoins répertoriés, sinon identifiés.
 Toute modification importante de stratégie amène donc, par la révision des objectifs poursuivis, à redéfinir ce qu’on entend par « richesses ».

 C’est pourquoi la notion essentielle dans la répartition des réponses aux exigences humaines est, non pas, celle de « richesses », mais celle de prestation de services.

Reo

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Synthèse/4

Résumé du contenu des 4 premiers billets : Dans « Stress et politique », Ce qu’est le stress et comment il peut se propager (4), le fait que des stress individuels nombreux et prolongés entraînent la multiplication des conflits dans une population; conflits que la politique a pour rôle de gérer, d’anticiper et, autant que possible, de prévenir. (1) En observant que l’installation durable du stress est en grande partie due à la compétition imposée quotidiennement à chacun.e _ notamment dans sa vie professionnelle _ ce qui isole les individus en les opposant les uns aux autres, amenant de ce fait décohésion et régression de la société. (3) Un des critères à retenir pour apprécier le développement devrait donc être _ a contrario _ le niveau de stress des populations, caractérisé par des repères comme la fréquence des suicides, des agressions, des syndromes d’épuisement (burn out) ou de dépression (bore out) et, bien entendu, des conflits armés. (2)  

Reo

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Issue ?

Dans une société, quelle qu'elle soit, les conflits sont inévitables : ils font partie de son fonctionnement ordinaire et participent à son développement, dans la mesure où leur issue appelle, et peut amener, de nouvelles perspectives d'organisation. Ce qui apparaît inquiétant dans la conjoncture actuelle, c'est l'impression largement partagée que nombre d'entre eux, non seulement restent sans issue, mais s'amplifient et en alimentent de nouveaux : un effet «boule de neige» créateur de stress pour tout un chacun. Impression qui s'appuie sur le fait, confirmé quotidiennement, qu'il n'existe de par le monde aucune institution possédant quelque efficacité pour enrayer au plus haut niveau ce processus potentiellement autodestructeur.   Or, à l'heure actuelle, notre conception _ universellement admise _ du développement, repose essentiellement, pour toutes les entreprises, et pratiquement pour l'ensemble des personnes morales, sur l'absolue priorité à donner, avant tout autre impératif, à la recherche de bénéfices, sous menace de liquidation. D'où notre conviction profondément ancrée que la réussite, pour toute collectivité, ne puisse s'apprécier autrement qu'au rythme d'évolution du taux de profits que constitue la «croissance». Laquelle n'a de chances d'être maintenue qu'à la condition, aujourd'hui devenue incontournable pour tous ces acteurs, de se montrer «compétitifs».
  Ce qui explique que, dans tout secteur d'activité, chaque partie prenante, pour subsister, demeure tributaire de la conquête de parts de marché sur ses concurrents. Et qui dit gagnants, dit perdants… Ce qui fait que la croissance ici repose sur la régression ailleurs et vice-versa. Petites entreprises, ménages modestes, territoires délaissés doivent, au mieux, se contenter de végéter sans autre perspective. Et en outre, le plus souvent, de subir les innombrables dégâts collatéraux provoqués par le sous-équipement et les pollutions et nuisances en tous genres, quand ce ne sont pas les conflits armés…. A ce jeu, le développement général n'est qu'une illusion.   Aussi longtemps qu'aucune limite de quantité, de durée, de domaine, ne semble devoir être fixée à l'arbitraire comptable, nous nous trouverons confrontés, sans alternative, dans une compétition générale où l'enchaînement des conflits ne connaît nulle trêve. Humainement parlant, il s'agit d'une guerre.
 La lucidité, ce serait de se rendre compte que les institutions décidantes ont perdu de vue le principe conducteur du développement, à savoir le service des populations.
La perte de repères provient de ce que les outils de contrôle, qui se sont diversifiés avec les techniques, n'ont pas été régulièrement étalonnés par rapport aux exigences de ce service. Pour des raisons de commodité, ces étalonnages n'ont été réalisés que par l'application de critères logistiques, les critères qualitatifs requérant beaucoup trop d'investissement.
  Comment sortir de l'impasse, dans l'hypothèse d'une lucidité et d'un volontarisme revenus au sommet ?   Quelle issue ?  

Reo

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Crise

Lorsque tout va mal, ou du moins, que nous nous trouvons dans une situation critique, nous sommes souvent tentés d'accuser la malchance, d'invoquer la fatalité. Tant il est vrai, qu'au fil des luttes quotidiennes, une personne, une famille, une communauté, ne peuvent prétendre garder constamment la maîtrise de leur devenir.  L'excuse prête toutefois le flanc à la contestation quand il s'agit d'un Etat, d'une puissance internationale, de l'œuvre humaine même, comme il en est question aujourd'hui. Comment comprendre ce moment de l'Histoire où nos grandes institutions se voient réduites, de l'une à l'autre et d'année en année, à espérer un signe du Marché pour ranimer leurs projets, recouvrer leurs forces vives ? Le progrès n'est-il pas là pour attester de la ténacité de l'être humain dans son combat _ éternel _ contre un sort précaire, de sa volonté _ toujours présente _ de construire en commun un avenir moins fragile ?   Dès lors, si l'importance et la répétition des insuccès actuels des politiques nationales ou locales ne saurait être imputée au hasard, ou tout bonnement à la "nature humaine", elle ne peut être attribuée désormais qu'à une défaillance de notre organisation collective.
 Autrement dit, ce qui avait réussi hier n'aboutit plus qu'à l'échec.

 Pour en sortir, il faut d'abord en prendre conscience, ensuite avoir la volonté d'y mettre fin. S'il est vrai qu'une multitude de combats sont engagés pour parer aux menaces diverses qui pèsent sur la planète humaine, encore faut-il, pour prétendre les surmonter, appréhender leur cohérence en tant que conséquences d'une réelle dérive.  Peut-on croire en effet que, dans un laps de temps de quelques décennies, la survenue de deux guerres mondiales, de débâcles financières réitérées, le dérèglement du climat, l'empoisonnement récurrent des cours d'eau, l'accumulation régulière de polluants atmosphériques, la constitution de nouveaux continents uniquement avec des déchets, l'appauvrissement continu de la biodiversité, la mise en danger répétée _ et diversifiée _ de la santé publique, l'exclusion par le chômage et le mal logement, l'existence _ voire l'accroissement _ en dépit d'un progrès technique exponentiel, de populations dépourvues de ressources vitales, la montée parallèle des violences sociétales et des idéologies populistes, ne soient que fâcheuse coïncidence ?  Pour autant, si dans ces événements, la responsabilité des êtres humains est pleinement engagée, la nature du phénomène qui les relie n'est pas clairement perçue.
Sauf l'évidence d'un grand désordre, qui écarte la thèse de la mise en œuvre d'un projet délibéré, par quelque personnage ou quelque organisation que ce soit : pas de mobile logique, pas de moyens suffisants. A contrario, c'est plutôt d'une insuffisance ou d'une incohérence qu'il serait question.  Donc, ce monde est en proie à de grandes perturbations écologiques et sociétales _ déséquilibres, dysfonctionnements _ qui ne correspondent à aucun projet sensé.
Bien au contraire, leur évolution échappe à toutes les velléités de contrôle.  Si l'on se réfère à la structure organique des sociétés humaines, on peut évoquer ici et là des déficiences de "nutrition", l'élimination insuffisante de déchets, des défaillances de l'"appareil circulatoire" ou du "système nerveux".
 Dans un schéma purement mécanique, il sera question de mauvaise répartition des contraintes; et c'est bien de cela qu'il s'agit : la "machine" est grippée, la distribution des ressources et des moyens n'assurant plus aujourd'hui la viabilité de l'écosystème planétaire, dont l'humanité est devenue en quelque sorte le "noyau" actif. Que faut-il mettre en cause ?

Reo

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En résumé

On a affaire à une crise mondiale et globale. Ce qui signifie qu’il existe dans tous les secteurs des obstacles qu’on a les plus grandes difficultés à aborder, des conflits qu’on n’arrive pas à aplanir.
 L’intérêt qu’il y a à s’organiser, c’est de faciliter l’adaptation individuelle aux difficultés de la vie, physique et sociale. L’élimination des obstacles et la réduction des conflits diminuent les risques de violences; il s’ensuit que l’agressivité, base du dynamisme, est alors acceptée comme telle et trouve plus facilement ses limites.
 Mais l’organisation elle-même doit s’adapter à l’évolution et le constat de crise apporte un doute sérieux sur son adaptation actuelle. On peut comparer son fonctionnement à celui d’un véhicule, d’une installation industrielle ou domestique : plus il y a de frottements, plus il y a de pertes de rendement et d’usure d’organes. Réduire les frictions, récupérer la chaleur, c’est bien, mais, en même temps, si on ne veut pas ou ne peut pas changer de modèle, il est préférable de se pencher sur les erreurs de conception et/ou les dérives d’utilisation.
 Lorsque nous nous apercevons que des centaines de millions de gens connaissent les pires difficultés à se nourrir, se loger, se soigner, parce qu’il n’y a pas d’argent pour ça, mais que par ailleurs, on en dépense énormément afin de trouver des consommateurs pour des produits que tous les êtres vivants de la planète  et la biosphère elle-même, rencontrent de plus en plus de difficultés à absorber, nous ne pouvons pas nous dire qu’il suffit d’attendre que les mécanismes se remettent en place d’eux-mêmes; c’est le genre de confiance aveugle qu’on retrouve à l’origine de comportements irrationnels, dangereux parce que non maîtrisés.
 Chercher l’origine de ce déséquilibre dans une approche de la pratique économique me paraît donc logique dans la mesure où les difficultés se situeraient au niveau de l’échange plutôt qu’à celui des techniques de production. Cela ne veut pas dire que pour moi l’économie est la source de tous nos maux, mais que comme tout passe par elle, on est bien obligé d’entreprendre le «démontage» par là.
 Ayant mis en parallèle d’une part, ménage et entreprise, d’autre part personnes physiques et personnes morales, je crois que c’est dans leurs oppositions et leurs convergences qu’il faudrait rechercher les premiers indices de dysfonctionnement.  Et, en tout premier lieu, de s’interroger sur ce renversement des objectifs et des charges qui nous a conduits, sans qu’on y prenne garde :

   _de
       _ l’institution des personnes morales, dans le but de faciliter les missions d’appui propres à garantir
 .la  satisfaction des besoins (relationnels autant que biologiques) des personnes tout court, comme
une meilleure gestion de leurs contraintes,
 .par là  même, l’amélioration et l’enrichissement de leurs relations mutuelles,
 
  _ à
       _ l’alourdissement progressif de la charge imposée, comme priorité absolue, aux individus et aux collectivités humaines pour pérenniser _ sans réelles garanties en retour _ les revenus des personnes morales qui les représentent,…
…les revenus et services destinés aux gens n’étant dorénavant, quant à eux, créés ou maintenus qu’à proportion de la sauvegarde des objectifs comptables, naguère garants d’un équilibre des prestations _ en qualité comme en répartition _ ce qui, à l’évidence, n’est plus le cas.

Reo

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Gilets jaunes : et maintenant.

Les oubliés du pouvoir d’achat, les invisibles du service au public, ont pu se faire voir et entendre de tout le monde avec :
- leurs protestations multiples et croisées sur le net,
- le gilet jaune comme symbole commun de protection individuelle,
- leur présence sur les lieux publics d’accès obligé pour circuler ou se ravitailler.
 Et aussi des manifestations en ville ayant débouché sur des confrontations violentes.

 La durée des blocages qui en ont résulté a contraint le pouvoir à infléchir sa politique sociale, sans toutefois renoncer au cap économique qu’il s’était fixé pour la durée de son mandat.
 Au-delà d’une prise de conscience et d’une reconnaissance de ces personnes, ménages, entrepreneurs, en grande difficulté, cela a amené des décisions, d’application à court terme, et l’entame publique d’un dialogue.

 Beaucoup de commentateurs, y compris dans le mouvement, préconisent de le personnaliser dans une représentation nationale, admise à la discussion selon le schéma classique du parti ou du syndicat. L’aspect paradoxal de cette invitation à instaurer le débat est d’ignorer le rejet, par la grande majorité des revendicants, de ce mode de représentation …qui confirme pourtant le rejet du corps électoral vis-à-vis des partis, aboutissant à la victoire du rassemblement «En marche» _ lui-même mis en cause aujourd’hui, après 18 mois d’exercice.

 Il devrait être possible de mieux comprendre ce paradoxe eu égard à la grande diversité
- des revendications, sur les thèmes communs de la précarité et de la reconnaissance,
- des opinions politiques déclarées ou écartées par leurs porte-parole.
 Sans doute en s’appuyant sur le fait que chaque parti _ ou syndicat _ s’éloignait le plus souvent de l’électorat de par :
 1- sa ligne politique trop étroite pour retenir les aspirations communes au plus grand nombre,
 2- la gestion de son appareil, ayant tendance à l’absorber dans des préoccupations exclusives, au détriment de sa mission de service.

 De sorte que les électeurs se sont peu à peu détachés de leurs représentants nationaux, au point de renouveler la quasi-totalité de l’Assemblée. Ce qui a eu pour effet de substituer à un lien très affaibli un «greffon» qui tarde à prendre. Et ce qui les a confortés, semble-t-il définitivement, dans la conviction de l’inadaptation de ce mode de représentation à l’expression de leur souveraineté.

 C’est pourquoi, indépendamment de la mise en place d’une forme de dialogue _ à définir _ avec le gouvernement, il est indispensable de renouer le lien au plus près pour reconstruire une représentation mieux débattue des questions qui touchent les citoyens.
 Après les contacts sur le net prolongés par les rencontres sur le terrain, voire le soutien des élus locaux, nul doute que cette phase révélatrice de la détresse sociale _ et sociétale _ parvienne et cède la place à une étape constructive salvatrice.

Reo

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Schéma (2)

Agresser, étymologiquement, c’est «avancer vers» : l’agressivité animale n’est, en fait, rien d’autre que l’esprit de découverte, de conquête, orienté, il est vrai, par la recherche de ressources alimentaires _ qui peuvent être des proies vivantes.
 Que l’on retrouve chez l’humain qui, curieusement, n’en retient que cette dernière image, en réservant le terme d’agression à la violence exercée sur personnes (cf Blogapart-1). C’est le mirage de la ligne droite, considérée comme le chemin le plus facile, parce que le plus court _ même s’il est semé d’embûches _ pour parvenir à ses fins....

 Cela, à première vue, peut interroger, quand nous savons, grâce à la faculté d’anticiper que nous permet notre mémoire, disposer de moyens d’évitement souvent plus économiques pour atteindre nos objectifs.
 Mais de ce fait, notre cerveau possède l’intelligence, qui ouvre aussi la voie à l’utilisation de moyens qui, non seulement, nous dispensent de puiser dans nos réserves, mais nous procurent une puissance infiniment supérieure à nos ressources musculaires ou mentales.

 Ce qui explique que, dans notre impatience du présent ou notre crainte du lendemain, nous soyons le plus souvent tentés de faire fi des pertes et des risques encourus.  D’où ce déséquilibre persistant entre un désir d’organisation et une volonté de domination, au profit de cette dernière, privilégiant le développement au détriment de la cohésion, et trop souvent, l’agression plutôt que la concertation.

Reo

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Métamorphose

Nous avons affaire à une crise globale, mondiale.
Ce qui signifie qu’il y a, dans la plupart des secteurs d’activité et sur la quasi-totalité des territoires, des problèmes qu’on connaît les plus grandes difficultés à aborder, des conflits qu’on n’arrive pas à aplanir. En effet :
- d’une part, il existe un déséquilibre socio-économique et écologique général,car des millions de gens ici et là rencontrent les plus grandes difficultés pour se nourrir, se loger, se soigner, élever les enfants _ parce qu’il n’y a pas assez d’argent pour ça _ alors que par ailleurs, on en dépense abondamment, et au-delà, afin de trouver des consommateurs pour une profusion de produits, de services _ d’énergie dilapidée _ que les êtres vivants de la planète _ la biosphère elle-même _ éprouvent de plus en plus de difficultés à absorber (ou à tolérer) tels qu’ils ont été réalisés et associés (puis disséminés) ; - d’autre part, parce que les diverses tentatives de conciliation et/ou de coopération internationales amorcées, quelquefois engagées, pour la résolution de problèmes communs, récurrents ou persistants depuis des décennies (embrasements géopolitiques, drames humanitaires, réchauffement climatique, pollutions marines répétées, crise(s) financière(s)…) n’ont livré jusqu’à présent aucune véritable perspective de solution, les intérêts à court terme de chacune des parties représentées demeurant _ de façon tacite et reconductible _ privilégiés par rapport à leurs intérêts à long terme, tant respectifs que partagés avec l’ensemble des parties concernées. L’entrée de la société humaine dans notre ère de modernité correspond, avec l’essor des techniques qui a précédé, puis accompagné la mondialisation, à une véritable transformation «organique», caractérisée par l’accélération sans précédent de ses cadences de production et de distribution, notamment grâce à la mise en œuvre d’un «appareil circulatoire» diversifié et d’un «système nerveux» réactif, organes de nature à améliorer ses chances d’adaptation. Néanmoins, force est de constater que le fonctionnement de ces «appareils» est extrêmement perturbé.
En effet, la distorsion, apparue depuis lors, entre
- l’accroissement très important des capacités de traitement de l’information et de son débit de circulation, l’instantanéité et la multiplicité des transactions _ avec ou sans contrôles associés _ étendues à l’ensemble du globe et
- les difficultés grandissantes pour tous les Etats, face à cette complexité croissante, à prendre des décisions politiques adéquates pour maintenir une garantie de services et de revenus aux citoyens et aux collectivités,
n’a fait, notamment en contribuant à la crise financière, qu’aggraver les déséquilibres évoqués ci-avant.
La métamorphose en cours serait-elle sur le point d’avorter, ou n’est-elle tout simplement pas achevée ? Si la situation de crise, renforcée par l’absence de consensus quant à une issue, laisse redouter l’échec, le potentiel représenté par le progrès technique, encore présent, par notre organisation, largement perfectible, et avant tout, par l’être humain lui-même, évoque plutôt des lacunes à combler.
Qu’en est-il ? Je tente un parallèle entre un individu et notre monde tel qu’il est :
Lorsqu’un individu présente des virtualités d’adaptation sociale, mais joue avec sa santé et ne se soucie pas de son entourage, c’est qu’il veut vivre comme bon lui semble, sans s’occuper du lendemain.
Cependant, à l’occasion d’un sérieux revers, il n’est pas impossible qu’il revienne sur cette attitude et décide de se donner une règle de vie ou au moins, des repères pour son jugement. Sur cette prise de conscience, en recouvrant de la lucidité, il peut reconnaître l’opportunité de reprendre le contrôle de lui-même et, s’il le désire, parvenir à exercer quelque maîtrise sur son comportement. Il lui suffit, pour cela, d’utiliser son cerveau. Mais, problème : l’ensemble comprenant le monde vivant et son substrat terrestre, auquel nous participons, n’est pas aujourd’hui doté d’un dispositif global de régulation ou de référence comme l’est le cerveau.
Dans ces conditions, il apparaît impossible à la communauté mondiale, malgré la multiplicité de mécanismes technologiques et sociaux dont elle est pourvue, de s’adapter autrement que par réaction aux évènements, sans être capable de les anticiper _ et, faute d’un contrôle approprié de ces mécanismes, cela devient de plus en plus difficile à réaliser. En effet, toute organisation, pour atteindre la meilleure adaptation possible, nécessite coopération, spécialisation et coordination, schéma qui a fait ses preuves tout au long de l’Histoire, naturelle, puis humaine : dans l’évolution animale, en particulier, puis dans celle des groupes humains, depuis le clan et la tribu jusqu’à la constitution d’États, voire d’empires, en passant par les communautés territoriales et citadines _ et en les conservant.
Pour chacune de ces étapes, il a fallu une référence et une autorité apte à projeter et à coordonner. Or, ce qui distingue la communauté mondiale d’une personne, ou bien d’une organisation unifiée ou fédérée, c’est que ces dernières, l’une disposant de son cerveau, l’autre, d’un gouvernement ou d’un directoire, sont susceptibles d’une adaptation autre que réactive, dans les limites qui leur sont propres, sinon dans celles qu’elles sont susceptibles de s’assigner collectivement.
La question posée par la crise concerne les évolutions respectives de ces deux catégories de limites et la manière dont peut s’en trouver affectée la répartition des contraintes pour tous : Vers plus de stress ou vers plus d’autonomie ? Si l’on s’en tient au statu quo, celui où le monde ne peut se réguler seul et que, à l’instar des individus, chaque structure de la société _ en panne de dialogue _ ne cherche alors qu’à évacuer des contraintes en utilisant systématiquement le déni, le stress ne cessera de s’accumuler partout et la crise de s’enrichir de conflits et de s’amplifier. La crise générale présente est une crise du développement de notre monde.

Reo

Reo

 

Parenthèse

Avant de poursuivre, je reviens sur la "guerre économique" (pour autant que les deux mots, ou les deux concepts, puissent être associés), impliquant le surcroît d'activité à consentir pour conquérir la suprématie, ou simplement tenter de se maintenir coûte que coûte la tête hors de l'eau.

  Tout bien considéré sous cet angle, dans tout emploi, public ou privé, administratif ou opérationnel, tous secteurs et toutes corporations confondues, une proportion importante de productions _ services ou articles _ ne présente, à vrai dire, une réelle pertinence que dans la garantie d'une partie des revenus de la population, et pour la plupart des gens _ dans l’emploi ou pas _ tout un spectre de nuisances allant de l'inconfort durablement ressenti à la nocivité _ contestée ou reconnue. Je noircis le trait ?

 Dans une conception "bipolaire" de la société, par exemple "prolétaires" contre "nantis", le problème n'est déjà pas simple à traiter, puisque cette manière manichéenne de voir les choses, à amplifier les crispations et raviver les plaies, perpétue les conflits en versant continuellement "de l'huile sur le feu".
Mais l'on se rend bien compte aujourd'hui que cette approche est insuffisante, car, en fonction des créneaux, ce ne sont pas toujours les mêmes "privilégiés", les mêmes "déshérités", encore que privilèges et déshérences puissent (et peuvent effectivement) se trouver cumulés par des individus, ou des groupes, dans des situations ou des circonstances spécifiques qui perdurent _ et pas si rares, dans cette deuxième décennie du troisième millénaire.

Dans la recherche de solutions, la quête de "coupables" devient une gageure, et a toutes les chances de s'avérer inadéquate, tant il apparaît indispensable, selon moi, de mener une analyse pour redéfinir les responsabilités mises en cause afin d'en rééquilibrer les attributions.

Reo

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Richesses

S’adapter pour un être vivant, c’est d’abord acquérir et entretenir son aptitude à se nourrir et à assimiler _ c’est-à-dire transformer ses aliments en énergie pour se construire et se dépenser.   De même pour toute personne, toute collectivité humaine, à propos desquelles on emploie couramment le terme de «richesses». 
Cela passe donc par la quête de ressources. Ce sont tous les biens matériels _ objets manufacturés ou ressources naturelles _ susceptibles, sans délai ou à terme, directement ou par voie médiate, de procurer des jouissances, de satisfaire des besoins et, de ce fait, convertibles en propriétés individuelles ou collectives.
 Peuvent être rattachés à cette vaste catégorie tous les articles propres à en faciliter l’acquisition ou la confection : outils, armes, monnaie, etc. Au-delà des outils proprement dits _ machines ou prothèses _ les moyens fournis par la vie elle-même : ressources humaines et animales, leurs énergies et leurs savoir-faire.
 Il s’ensuit que les richesses sont définies :
 - soit par leur pouvoir de satisfaire immédiatement à une exigence de jouissance,
 - soit, le plus souvent, par leur utilisation pour réaliser des prestations reconnues (ou estimées) adéquates à la satisfaction d’un certain nombre de besoins répertoriés (sinon identifiés).
Avec comme objectif subsidiaire d’écarter tout stress _ objectif atteint si le résultat recherché est réellement obtenu.

 Aussi toute modification importante de stratégies dans la satisfaction des besoins sera-t-elle susceptible d’amener, par la révision des objectifs poursuivis, au niveau collectif comme à l’échelon individuel, à reclassifier _ éventuellement, à redéfinir _ ce que l’on entend par «richesses».
 Ces stratégies, pour fonctionner dans notre société, sont connectées entre elles par l’échange, base de notre économie, fondé sur deux éléments :
 - la prestation d’un service, qui offre une réponse, voulue et/ou revendiquée comme appropriée, à l’exigence de satisfaire la plupart des besoins, quelles qu’en soient la nature et l’origine;
 - la jouissance d’un revenu, qui rémunère le prestataire de services et constitue pour celui-ci le moyen d’accès quasi-universel à toute la gamme de prestations proposées sur le marché.
En effet, sauf dans quelques communautés traditionnelles, de plus en plus rares et réduites, l’échange a presque totalement supplanté l’accès direct de l’individu et de sa famille à la consommation par le moyen exclusif de leur propre travail, y compris pour satisfaire à leurs besoins vitaux (d’où l’on considère le revenu comme un besoin, en tant qu’objectif incontournable).

 Cependant les richesses d’un ménage, d’une entreprise, leur donnent la faculté, via l’échange, d’assurer au mieux leur autonomie :
 - pour le ménage, par la satisfaction de l’ensemble de ses besoins, pour vivre et préparer l’avenir des enfants : ce qui nécessite de bénéficier de différents services (ou articles), donc d’en rémunérer les prestataires _ sous réserve de jouir d’un revenu suffisant pour couvrir ces dépenses;
 - pour l’entreprise, par la consolidation de sa pérennité en droit : ce qui exige qu’elle réalise des bénéfices, lesquels ne peuvent être obtenus qu’à condition qu’elle puisse vendre des services (ou des articles) en quantité suffisante _ et suffisamment rémunérés _ pour demeurer compétitive.

 Les deux termes de l’échange revenu/service sont complémentaires :
 - le revenu, dans la mesure où sa valeur, déterminée en espèces monétaires, est purement quantitative _ donc susceptible d’être comparée et ajustée sur une base objective _ et revêt un caractère universel, entériné dans la pratique ; la diversité des services offerts, à laquelle seul il permet ainsi d’accéder, est d’autant plus étendue que son niveau est plus élevé ; les possibilités de choix qui en découlent constituent un élément capital de garantie d’autonomie ;
 - le service, jaugé selon le type d’exigences, est spécifique par nature; aussi son évaluation ne peut-elle être quantifiée en termes entièrement objectifs ; c’est lui qui répond _ sous réserve de disponibilité et d’accessibilité_ au besoin exprimé ; à noter que cette réserve ne devrait pas s’appliquer aux besoins de base, notamment biologiques (qui réclament _ objectivement et quantitativement _ des réponses sous forme de services) sous peine de nuire à l'équilibre des personnes et de la société _  en tant que fondement de leur développement et comme finalité primale de toute organisation.
  L’échange est la conséquence directe de la distribution des rôles qu’exige la diversité des services proposés aux personnes, physiques et morales.
Sa généralisation permet à la société _ à l’instar d’un organisme vivant _ d’accéder, en principe, à un équilibre
 - «diététique», grâce à des apports «nutritifs» en quantité (repérable par le volume des revenus) comme en qualité (appréciable par l’efficacité des services),
 - «métabolique», par une «assimilation» correcte de ces «nutriments», afin de maintenir l’intégrité de toutes ses fonctions…ce qu’il faut là où il faut, sans manque ni abus.
 
Mais il se trouve actuellement que cet équilibre n’est pas atteint, car :
 - la disponibilité de beaucoup de services courants demeure insuffisante, l’offre ne pouvant en être suffisamment rémunérée,
 - l’accessibilité de beaucoup de services également nécessaires reste difficile à assurer en raison de leur coût, d’où l’insatisfaction de la demande,
 - une pléthore de propositions de prestations débouche sur la disqualification des produits (prix trop élevés, concurrence trop forte) et les pertes financières qui l'accompagnent.
 Ainsi s’expliquent les inégalités et les gaspillages de ressources de la société mondiale d’aujourd’hui.

Reo

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Gouvernance

Notre développement, si c’est bien celui d’un monde pour l’homme que nous prétendons rechercher, ne diffère nullement, dans son principe, du développement biologique de l’être vivant : comme lui, il consiste à tendre sans cesse à une meilleure adaptation mutuelle avec le milieu et c’est, semble-t-il, le but que les hommes, où qu’ils soient, ont toujours pensé poursuivre en se donnant leurs institutions. Vu l’extension planétaire de nos moyens de communication et d’échange, ce principe, loin de s'arrêter aux frontières, ne peut dès lors que s'appliquer à la société humaine dans son ensemble. Car les Etats comme les organisations internationales, si tant est que demeure leur vocation originelle, apparaissent aujourd’hui désarmés devant l’imbrication croissante de leurs responsabilités, qui les dessaisit de plus en plus brutalement de leurs prérogatives.
Une telle situation, faute d’être aménagée, remet en question, au-delà de leurs développements respectifs, celui de leur mandant et fondateur, la personne humaine. Aussi ce développement conjugué, actuellement anarchique et soumis à tous les aléas, réclame-t-il une gouvernance, qui prenne le relais à l’échelon mondial. Cependant une autorité supranationale ne peut tirer sa légitimité que d’une prise de conscience générale de cette interdépendance planétaire et de la nécessité de la prendre en charge.
Ce qui revient à dire que, parmi les communautés de notre planète, aucune, quels qu'en soient l’origine et le statut, ne puisse encore ignorer les autres et se comporter comme si certaines d’entre elles n'existaient pas.
Condition indispensable pour la découverte de cette souveraineté commune et l’adhésion à son exercice. Si l’option d’une gouvernance mondiale devait être retenue, son premier objectif, préalable naturel à de nouveaux choix de développement, serait, pour évacuer les désordres écologiques et socio-économiques et les crises qui en dérivent, de rechercher au plus tôt un premier équilibre de solvabilité entre l’offre et la demande des prestations de services, et un équilibre correspondant dans la distribution des missions et des charges. Avec la fragilisation, puis la rupture de ces équilibres, entraînée par une mondialisation inéluctable, l’armature de droit international politique et économique, telle qu’elle est perçue et appliquée, est devenue _ sans doute définitivement _ inadaptée au développement des personnes et des populations. En effet, au lieu de les soulager des charges confiées _ comme naguère dans chaque Etat _ à différentes institutions, elle a, dans sa configuration actuelle, incité la plupart de celles-ci à s’en débarrasser, en les autorisant à poursuivre _ au grand large _ leurs propres objectifs. Aujourd’hui revendiqués comme prioritaires, ces derniers s’avèrent _ paradoxalement _ de moins en moins compatibles avec la poursuite du développement. Dès lors, en reprenant à son compte les vocations chancelantes des puissances continentales, avec cette part de souveraineté qu’elles sont désormais incapables d’assumer, l’institution d’une gouvernance mondiale aurait comme objectif essentiel de libérer la planète et ses occupants de cette situation d’assujettissement.
Et pour cela, de faire en sorte de restituer :
- aux instances locales, régionales, nationales, un réel pouvoir de décision _ attestant la part respective de souveraineté qui leur est dévolue _ en leur permettant d’y voir plus clair sur les problèmes généraux et de faire bénéficier les citoyen(ne)s de cette transparence,
- aux citoyen(ne)s, grâce à cela, la possibilité à tous les échelons de responsabilités, techniques et territoriaux, de se déterminer sur des options concrètes et de compléter les informations sur les problèmes particuliers qui se posent sur le terrain. En retour, il reviendrait à chacun(e) _ dûment informé(e) _ de se prononcer sur :
- le contenu de la mission de régulation à proposer pour assurer cette gouvernance,
- la structure de droit la mieux appropriée à sa réalisation. De ce fait, les mesures spécifiques, parmi les plus urgentes, éventuellement adoptées contre… le chômage, les diverses pollutions, les anomalies de la finance, le gaspillage de l’énergie, etc. …pourraient retrouver quelque efficacité dans la mesure où, insérées dans une politique générale, elles ne risqueraient plus d’entrer en conflit.

Reo

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Résumé

Résumé du contenu des 4 derniers billets :  «Constat»
 - mentionne un déséquilibre entre une offre mondiale pléthorique de produits et services, des basiques aux plus élaborés, et une demande en retrait, du fait de la rareté relative de la clientèle solvable,
 - attribue cette situation à une absence d’organisation du marché,
 - propose d’en rechercher la cause,
 - évoque l’hypothèse d’une inversion des objectifs et des missions dans la société. «Déphasage»
 - développe cette hypothèse en faisant état, pour expliquer ce renversement, d’un glissement progressif de l’offre vers les rentabilités maximales.

 «Métamorphose»
 - joint au constat du déséquilibre économique _ et social _ celui d’une extension et d’une aggravation des conflits dégénérant en crises quasi-pérennes,
 - relie cette double constatation à un essor sans précédent dans les techniques de transport et de communication au cours des dernières décennies,
 - observe que de ce fait la maîtrise de gestion politico-économique échappe de plus en plus aux Etats et autres unités territoriales,
 - en tire la conclusion que c’est l’absence d’une fonction de contrôle à l’échelle mondiale qui se trouve à l’origine de l’installation des déséquilibres et des crises. «Gouvernance» - propose de revisiter la notion de souveraineté au vu des menaces planétaires, qu’aucun État n’est en mesure de traiter seul avec succès,
- suggère, au vu des immenses possibilités offertes par les techniques de communication, de promouvoir une gestion citoyenne concertée à chaque étage de territorialité.

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Stress et politique (4)

Le stress répond à une souffrance, liée à une accumulation, brutale ou progressive, de contraintes physiologiques et mentales dans notre vécu, ou à leur mauvaise gestion, sous la pression de l'environnement, de la société. Ce peut être le cas lorsque se présente un obstacle à la réalisation d'une décision, ou que pèse une menace sur l'intégrité de notre personne, sur notre avenir, matériel ou affectif. Une importante dépense d'énergie devient alors nécessaire pour se libérer si possible de contraintes conflictuelles; mais le plus souvent, elle se consume dans des efforts de neutralisation pour tenter de rétablir ou de maintenir un équilibre provisoire; en fait, un arbitrage effectué dans l'urgence compromet généralement la satisfaction des exigences biologiques et/ou la réalisation des projets envisagés; de même, pour anticiper de probables situations de stress. Ainsi, consciemment ou non, des perturbations sont provoquées, des dommages subis; si le déséquilibre persiste, c'est la crise, le conflit n'ayant pas été résolu. A l'origine du stress se trouve la crainte de l'inconnu, de ce qui échappe à notre expérience _ en fait, de ce qui peut se produire _ maintenant ou plus tard. En animal évolué, pour s'y préparer, l'être humain se sert de sa mémoire. Nous avons, de plus, la faculté de nous donner des objectifs pour répondre à nos besoins, et de les redéployer au vu de la diversité des situations rencontrées. En tant que facteur d'adaptation, la qualité de cette gestion de notre conduite repose donc sur la diversité des choix qu'elle peut nous offrir. Dit autrement : notre niveau d'autonomie est directement lié à l'équilibre que, dans l'immédiat ou dans la durée, nous serons amenés à maintenir entre les contraintes vécues. A l'inverse, lorsque l'on ne parvient pas à préserver cet équilibre, s'installe une perturbation, émotionnelle ou physiologique : le doute efface le sentiment de sécurité quant à la satisfaction prochaine de besoins biologiques et relationnels. Notre adaptation n'est plus suffisante, nous perdons de l'autonomie, c'est un recul pouvant conduire à une régression. Celle-ci intervient dès lors que la seule alternative qui se présente à nous est - soit d'investir notre énergie vitale _ notre "agressivité" _ dans la violence, contre soi-même ou l'entourage (l'escalade), - soit de consacrer ce qu'il nous en reste à une addiction (le repli sur soi). Comment minimiser ou harmoniser les contraintes ? Sans doute en les analysant pour ensuite les restructurer _ si on en a le temps et les moyens _ grâce à un judicieux redéploiement de nos options, à un réajustement lucide de nos objectifs. Sinon, il faudra rechercher des compensations, c'est-à-dire des approximations qui permettront d'en différer les effets nuisibles, ou au moins de les atténuer, afin de se donner ce temps et de se procurer ces moyens. Cependant, comme il s'agit, presque toujours, de modifier des comportements, des situations qui ne dépendent pas uniquement de la personne stressée, la difficulté de l'opération est telle qu'on en reste généralement à ce type de compromis, lequel a bien souvent tendance à se fragiliser avec le temps. Il n'est donc pas rare que nous ayons recours au déni, attitude qui consiste, pour préserver nos choix _ alors même que nous les pressentons précaires _ à rejeter certaines contraintes, à en reporter la pression sur notre environnement, faisant ainsi l'économie d'un examen mieux approfondi. Avec l'espoir, souvent fallacieux, de maintenir un «statu quo» en deçà de la limite du stress. Il est évident que la généralisation de cet expédient commode contribue grandement à multiplier les contraintes superflues : de là, une intensification des situations de stress, avec des risques croissants de ruptures d'équilibres se traduisant par des violences accrues. A n'en pas douter, vu la diversité de leurs objectifs et des contraintes inhérentes à leur poursuite, ce schéma s'applique aussi, dans son intégralité, aux communautés, aux institutions de toute nature et de tous statuts. A un monde stressé …. En effet le même processus de stress intervient lors du développement des sociétés humaines. La croissance et la multiplication des individus entraînent une augmentation exponentielle des relations qu'ils sont susceptibles d'entretenir entre eux, encore accrue par la diversité des situations et des réactions adaptatives. Comme à toute relation correspond un assortiment de contraintes dont les contours exigent d'être définis pour en assurer la viabilité _ et l'équilibre des parties prenantes _ il n'est pas surprenant que l'histoire de la civilisation abonde en confrontations destructrices, et que les épisodes mondialisés du XXe siècle aient réalisé l'amalgame entre toutes les formes prévisibles (ou non !) de déstabilisation de la personne et des institutions. Et continuent à faire école.

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Développement

Ce terme s’attache à un concept universel : il peut concerner aussi bien la croissance d’un organisme, la construction de la personne, que la mise au point de techniques novatrices, les activités d’une entreprise ou l’émergence d’un pays dans le concert mondial. Bien que toutes les notions de cet ordre puissent être abordées séparément (et le sont effectivement), les activités qu’elles recouvrent sont peu ou prou dépendantes entre elles.
 Aussi, lorsqu’on souhaite définir, ou déterminer, ce que peut être le progrès dans le monde, est-il impossible, à mon avis, d’envisager qu’il ne s’applique qu’à l’organisation sociale, ou inversement, qu’à la promotion de l’individu. Pas possible non plus que ses applications doivent uniquement à des efforts personnels, de même qu’exclusivement à l’action publique.
 C’est ce qui fait la complexité de la tâche à accomplir et sème le doute quant à notre capacité à la mener à bien.

 Que représente le progrès pour le développement _ d’un organisme ou d’une espèce, de la personne ou d’un bassin d’activités ? C’est la perspective d’évoluer vers davantage de choix, ce qui amène plus d’autonomie, plus de cohérence dans les options retenues, et ainsi permet de renforcer la viabilité des projets.
 Par contre, lorsque les choix sont insuffisants, les effets des contraintes ressenties sont amplifiés, fragilisant la cohésion entre les parties prenantes, induisant un stress : s’il s’agit d’un être vivant qui subit des privations ou des traumatismes, ses organes souffrent et certains peuvent céder; si c’est une personne, elle peut «craquer» et tomber en dépression ou agresser ce qui l’entoure; s’il est question de la société d’un pays, des failles apparaissent et se creusent dans la cohésion nationale.

 C’est pourquoi l’appréciation d'un niveau de développement par la seule observation d’avancées sectorielles, même spectaculaires, même objectivement étayées par des chiffres, n’est probablement pas la plus adéquate, si l’on ne prend pas en compte l’équilibre à réaliser, que ce soit pour l’individu (la réussite scolaire ou professionnelle est-elle une fin en soi ?), ou pour des collectivités _ à toutes échelles territoriales _ (la prospérité des grandes entreprises apporte-t-elle à elle seule la sécurité et des conditions de vie décentes _ logement, santé…._ à la population dans son ensemble ?).

 En réalité, autant qu’à la largeur de l’éventail des services offerts et à leur niveau de qualité, c’est aussi à leur disponibilité et à leur accessibilité qu’il faut s’intéresser : les critères à retenir pour en tirer des enseignements étant le degré de satisfaction des citoyens et leur envie de participer à la vie de la cité. Plutôt que de mesurer la quantité de travail fournie, c’est bien son rendement social et sociétal qu’il faut appréhender pour connaître le niveau effectif de développement.

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Le monde aujourd'hui

Dans ce blog, j’ai tenté de montrer combien la piste empruntée pour assurer notre développement est devenue incertaine, voire dangereuse, encombrée qu’elle est par une multitude croissante de convois de bagages dont on n’a pas eu le loisir ou le courage de faire le tri, sans doute parce que la question de leur destination n’a _ de longtemps _ plus été posée. Si on ne fait rien pour amender, réparer ou transformer le « système », on risque de se retrouver en très mauvaise posture. Et déjà, modestement, on peut essayer d'en discuter. Tout système a ses imperfections, qui ne l'empêchent pas de fonctionner _ la perfection n'est pas de ce monde _ mais à mesure que celui-ci évolue, elles peuvent se révéler gênantes, puis gravement invalidantes, et fatales enfin, si on n'a pas su les pallier. Comme une machine qu'on n'entretient pas et/ou qu'on soumet à des sollicitations trop élevées ou inadaptées à l'usage auquel elle était destinée (*cf note de bas de page). Les dérégulations, sans aucun doute, font partie de ces contraintes brutales et inadaptées au développement des populations. Que je ne crois pas devoir confondre avec celui qu’on a coutume de repérer _ et même de quantifier _ par des PNB, des balances commerciales ou des taux de croissance. Chaque Etat essaie d’attirer à lui cette croissance annoncée comme salvatrice. C’est donc l’escalade des moins-disants fiscaux, donc sociaux, et la dégringolade pour ceux qui, comme au poker, ne peuvent pas suivre. Cela surtout depuis qu’est intervenue ce qu’on appelle la mondialisation. Avant celle-ci, chaque pays, au moins parmi les plus développés, était maître chez lui, en ce sens qu’il ne dépendait pas aussi étroitement qu’actuellement du commerce avec ses pairs. Et plus encore, d’un réseau financier global aujourd’hui omnipotent. Dont il est impossible de suivre les transactions, dans leur instantanéité et leur multiplicité. Il pouvait aussi remédier à ses insuffisances en exploitant des terres vierges ou en colonisant le tiers-monde. Mais l’émergence continue de nouveaux concurrents a banalisé ce schéma et porte désormais la guerre économique à son paroxysme, en « quart-mondisant » du même coup des collectivités jusque dans les pays les plus développés. L’objectif primordial du revenu _ profit ou salaire _conditionne le fonctionnement de l’économie. Toutes les entreprises, grands groupes en tête, se disputent les créneaux les plus rentables, avec une surenchère de produits, aux moindres coûts. Il s’ensuit une double élimination de produits et de producteurs, les uns et les autres éjectés vers la poubelle : faillites et chômage d’une part, mévente et pollution d’autre part, créant partout déséquilibres et conflits. C’est un désordre mondial, réfractaire jusqu’à présent à toutes les concertations de dirigeants, préoccupés qu’ils sont, avant toutes choses, de conserver le pouvoir et de préserver leur confort personnel. A chacun de réfléchir, à tous d’en discuter, pour trouver une solution par des moyens intelligents, c’est-à-dire non violents (*bis repetita). Cela passe par la prise de conscience que nous sommes tous _ sans exceptions _ plus que jamais solidaires de fait, ce qui n’a rien à voir avec l’abnégation que l’on prête ordinairement à l’altruisme. *Cependant il existe une option qui permet de faire l’économie d’un entretien a priori fastidieux : c’est d’admettre la fatalité de la victoire de l’agressivité de l’être humain sur le génie dont il a pu faire preuve dans la conquête de la planète;c'est cette option qui est actuellement retenue.

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Incohérence

Pour apprécier le niveau de développement d’un pays, d’une région, trois types de situations peuvent être observées :

 1 - Les moyens d’un pays ne suffisent pas à assurer protection et ressources vitales à l’ensemble de la population : il n’est pas surprenant d’y constater des inégalités.
 2 - Le potentiel technique est suffisant pour atteindre ces objectifs basiques, mais il y subsiste en la matière d’importantes disparités : vraisemblablement, une partie de la population a pu s’organiser pour bénéficier, au détriment des autres citoyens, d’un confort incomparable en abondance comme en qualité.
 3 - Si, de plus, à l’échelle de la planète :
a) Les situations 1 et 2 perdurent,
b) Une grande partie de la population se trouve au chômage,
c) Il y a pléthore de produits obsolescents (ou non consommés) et de ressources dilapidées,
d) Il existe, en même temps, une prolifération planétaire de diverses nuisances,
il est difficile de s’en tenir à cette simple hypothèse du point 2 pour expliquer la persistance et l’extension des conflits sociaux et géopolitiques.  Comment imaginer, en effet, tout en reconnaissant l’animosité que peuvent se manifester entre elles différentes catégories ou communautés, qu’un tel désordre ait pu être concerté à cette échelle et durablement mis en œuvre à travers le monde, à seule fin de maintenir certaines d’entre elles dans la pauvreté, le dénuement ?
 Comment comprendre, surtout, la coexistence
 d’avancées exceptionnelles dans les techniques et certaines formes d’organisation
 avec une perte manifeste des fondamentaux de la société, la menaçant de régression ?
Clairement, la maîtrise du développement mondial échappe à tous les intervenants, les plus puissants y compris.

Ce qu’on peut observer, c’est un glissement progressif de schéma de la société mondiale :
- d’un modèle de souveraineté des États et d’autonomie des ménages et des entreprises
- vers un modèle de dépendances mutuelles _ souvent de dépendances tout court _ entre les un(e)s et les autres.
En effet :
- d’une part, la notion d’États souverains est fortement battue en brèche, au point que leur indépendance _ dans l’Union Européenne, par exemple _ vienne à être de plus en plus mise en question, notamment sur le plan financier,
- d’autre part, se multiplient les mises en œuvre de plans d’assistance, tant pour les entreprises, y compris bancaires, que pour de nombreux ménages, voire des populations entières.
  Rien d’étonnant à ce que se fassent entendre des revendications d’autonomie, voire d’indépendance et que se développent des économies parallèles.

 Quant au marché, sa "bonne santé" s'appuie en principe sur l'abondance et la diversité des investissements engagés et des transactions réalisées, garantes de la fluidité de circulation des biens. Sur le maintien de l'équilibre entre offre et demande.
 Par ailleurs, l'existence de conflits nombreux et répétés est de nature à lui porter atteinte, en fragilisant les entreprises et les collectivités, en dissuadant les investisseurs.

Malheureusement, force est de constater :
1) la réalité des déséquilibres entre offre et demande dans différents secteurs et territoires, essentiellement parce que l'une au moins des deux conditions favorables à cet équilibre n'est pas réalisée :
- la disponibilité suffisante de services basiques _ publics ou non _ pour couvrir la demande correspondante (compte tenu de perspectives de rendement limitées),
- l'accessibilité des demandeurs potentiels à nombre de services ou produits disponibles _ limitée qu'elle est par leur faible solvabilité _ (cette offre se trouve donc pénalisée);

2) l'évolution régulièrement conflictuelle des confrontations sur le terrain :
- d'une part,
  .entre la logique écologique, celle des exigences biologiques des animaux, des plantes, des êtres humains qui tous en vivent
et la logique économique, celles des exigences éthiques de responsabilité comptable des personnes morales représentant les différents acteurs économiques,
- d'autre part,
 .entre ces mêmes acteurs économiques, la réussite des uns reposant _ selon les critères de la responsabilité comptable _ sur la liquidation des autres, en fonction du rapport des forces, seul autre élément constitutif du marché.

 En soi, il n'y a rien d’anormal à ce qu'apparaissent des conflits entre différentes exigences, particulièrement entre besoins biologiques _ au sens le plus large _ et nécessités économiques. Le fait qu'ils soient de plus en plus fréquents et étendus _ n'est-ce pas ce qu'on observe ? _ tend à démontrer que les arbitrages sont de plus en plus difficiles à réaliser, ce qui signifie que soit les uns, soit les autres, selon les cas de figure, voire les deux, ne peuvent plus être tempérés.

 Si, malgré cela, on postule qu'il n'est pas réalisable _ ou pas souhaitable _ de réviser significativement projets et objectifs, tels qu'ils sont définis et déterminés, il est clair que les acteurs économiques poursuivront leurs périlleuses surenchères....
Sans égards particuliers pour les personnes physiques (leur personnel, celui des fournisseurs ou sous-traitants, voire les "utilisateurs finaux") qu'ils sont censés représenter : en effet, dans une compétition sans limites ni répit, leurs objectifs demeurent prioritairement concentrés autour des créneaux de rentabilité les plus recherchés.
 Il s’ensuit que les secteurs les moins rentables sont délaissés : services non disponibles, emplois supprimés, revenus, notamment salariaux, comprimés, d'où prestations de base non accessibles pour une part grandissante de la population...ce n'est pas de la fiction. D’où les déséquilibres désormais structurels entre offre et demande.
A part revoir mondialement les objectifs économiques, définis sans concertation préalable, quel autre chemin ? Nous sommes aujourd’hui prisonniers d’un système dans lequel les moyens et les objectifs sont inversés.
Nous produisons d’abord pour constituer des revenus ; la destination des produits est devenue secondaire devant cette finalité, leur justification résidant essentiellement dans les bénéfices retirés de leur vente et les salaires qu’ils procurent _ le cas échéant….

Cependant la vocation primordiale des entreprises, des établissements publics ou privés, est de fournir des services et des biens consommables pour les personnes dans leur vie quotidienne.
Si cette fonction, l’une des fondatrices de la société, n’est plus assurée, les garanties individuelles deviennent illusoires et les relations sociales se détériorent.
Dans le projet apparemment insurmontable, utopique, de restaurer cette vocation, le plus gros défi n’est-il pas, à l’heure où s’installe la défiance vis-à-vis de la classe politique _ ainsi que de la finance actuelle qui perturbe gravement l’économie réelle _ de retrouver la confiance en nous-mêmes et entre nous ? 

 

Reo

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Approche

L’ébauche d’analyse entreprise dans ce blog n’est pas développée dans une approche basée sur des normes ou des principes moraux mais dans un contexte «naturaliste». En effet, plutôt que d’en appeler, pour assister une société humaine en situation critique, à la morale avec ses préceptes _ voire ses tabous _ la question est de s’interroger sur sa vitalité et ses ressources, face à une crise qui l’affecte dans sa globalité. C’est la raison pour laquelle, par exemple, l’usage dans ces commentaires, des mots : «liberté», «égalité», «équité», «droit/devoir», ou bien encore : «solidarité», «partage», fait généralement place à celui de termes tels que : «autonomie», «équilibre», «besoin/exigence», «interdépendance», «coopération», qui recouvrent des concepts plus directement liés à la notion de développement. Il y a donc un fil à suivre, des repères à trouver. Sans doute aussi, des convergences avec la morale commune, si l’on veut bien admettre qu’aux racines ancestrales de celle-ci se trouve, très probablement, ce qu’on pourrait appeler l’instinct de conservation de l’espèce (ou du «genre humain»)

Reo

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Compilation de Blogapart 1 à 20

Dans ce blog, sont successivement évoquées:
 - l’agressivité en tant que dynamisme,
 - l’intelligence comme faculté d’orientation,
 - l’adaptation comme condition de développement,
 - l’organisation, associant intelligence et dynamisme, comme outil de l’adaptation.
Puis les deux pôles du développement :
 - la conquête par l’accumulation des techniques,
 - la construction par la multiplication des relations.
La gouvernance mondiale entre ces deux exigences :  - pour faire face à la crise globale,
 - parer les menaces,
 - résoudre les conflits,
a pour rôle de coordonner l’ensemble des activités afin de les harmoniser. Ce rôle doit être déterminé
 - par sa légitimité,
 - par la souveraineté qui lui est spécifique,
dans le respect des souverainetés respectives identifiées et répertoriées. Il existe déjà des autorités supranationales ou transnationales susceptibles de fournir des modèles (voir note plus bas) de gouvernance :
Europe, ONU et filles, ONG, entreprises multinationales.
 Comment sortir des crises et apprendre à les éviter.

Des besoins aux objectifs, du particulier au collectif, de la spécialisation à la coordination.
 L’économie cloisonnée et doublonnée par la notion de concurrence. Ses limites.
 Une économie ouverte sur la notion de prestation de services. L’adaptation dans la durée. Croissance et crises comme étapes du développement.
 Le quantitatif et le qualitatif. Les repères. L’orientation et les choix. Lucidité et confiance.
 Une esquisse de constituante de gouvernance mondiale. Le besoin de cohésion.

Le déséquilibre de l’économie par la compétition et ses conséquences observées.
 Défaut d’organisation plus que volonté d’affrontement.
 En revoir le fonctionnement à la base.
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Note : dans le sens de "patron" (du tailleur, de la couturière) ou de l'anglais pattern
 

Reo

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Voeu pieux ?

La guerre permanente entre les grands groupes mondiaux, impliquant les États comme forces d'appui, avec des armes à plus ou moins longue portée, tel le dumping fiscal ou social, avec ses offensives et ses replis, se révèle de plus en plus coûteuse en "unités" pour la "piétaille" des ménages et la "cavalerie légère" des PME, sans compter les innombrables "brèches" infligées aux collectivités territoriales.  En l'absence d'une réelle gouvernance, c'est bel et bien d'anarchie qu'il s'agit, fragilisant les régimes démocratiques et confortant les autres options, comme les théocraties ou les dictatures, quand ce n'est pas tout simplement le retour à des situations claniques, où s'interpénètrent sectaires et mafieux.  Notre trajectoire s'appuie essentiellement, aujourd'hui, sur le principe économique de concurrence, retenu comme repère unique de liberté _ du moins sur le plan pratique _ à travers le concept d'entreprise.
Cependant ce dernier, né dans un espace ouvert sur un horizon lointain, propice à des envolées exaltantes, connaît à présent une maturité avancée, dans un monde désormais statique et refermé sur lui-même comme un cercle de sumo : la course de fond open a fait place à l'épreuve de force entre pros de haut niveau.  Deux siècles d'histoire ont suffi, en effet, pour rapprocher les habitants de notre planète, plus encore par la technique que par le nombre, nouant entre des institutions, des collectivités que tout séparait, culture et géographie, d'indissolubles liens d'interdépendance. Rien d'étonnant, donc, à ce que le droit, public ou privé, constitutionnel ou international, n'ait pu, en si peu de temps, épouser ou redresser les multiples distorsions imprimées à nos règles et usages.  Le monde est devenu un ensemble organique auquel il manque la paix et l'autorité pour obtenir la cohésion indispensable à son développement.
Pour cela, il lui faut récupérer l'organisation et la gestion des missions de sauvegarde, que les États ne réussissent à assurer ni ensemble, ni isolément. Rien de plus, mais rien de moins. A nous, citoyen.ne.s de la planète, de trouver _ au plus tôt _ les outils pour que puisse s'exercer cette gouvernance.
Excluant une fois pour toutes les errements des autocrates, pour enfin se consacrer à réduire les lacunes de nos démocraties.

Reo

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Planète

La planète apparaît devenir de plus en plus le sujet de nos inquiétudes, et de moins en moins être retenue comme l’objet de nos sollicitudes.
Nonobstant la planète va bien, merci. Elle a, sauf accident sidéral 4 ou 5 milliards d’années devant elle, avec le Soleil et son cœur à elle pour la réchauffer et l’entretenir.
Avec quelques siècles de flaques barbouillées, de plaques écorchées, ce n’est pas nous qui allons lui faire de l’ombre. De fait, si ça lui chante, pourquoi ne resterait-elle pas capable de maintenir des conditions favorables à la vie ? Envers et contre nous….
Ou avec nous, pourquoi pas ? Offre valable jusqu’au….

C'est nous qui voyons.
Ou pas.

Reo

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Mondialisation ?

La décision unilatérale du Président Trump souligne l’actuelle incapacité de l’humanité à se prendre en charge pour affronter des problèmes communs vitaux, tels ceux que posent les répercussions des activités humaines sur le climat.  Outre celles concernant la perturbation du climat, les diverses tentatives de conciliation et/ou de coopération internationales amorcées, quelquefois engagées, pour la résolution de problèmes communs, récurrents ou persistants depuis des décennies _ embrasements géopolitiques, drames humanitaires, pollutions marines répétées, crise(s) financière(s)… _ n’ont livré jusqu’à présent aucune véritable perspective de solution, les intérêts à court terme des parties représentées dans les enceintes de discussion demeurant _ de façon tacite et reconductible _ privilégiés par rapport à leurs intérêts à long terme, tant respectifs que partagés avec l’ensemble des parties concernées.
 Cette décision annoncée du président américain fait voir, en même temps, que la souveraineté d’un État, fût-ce le plus puissant de la planète, pourrait annihiler la souveraineté de l’ensemble des citoyens du monde, hors celle _ en l'occurrence illusoire autant qu’éphémère _ de ceux que représente la majorité qui dirige les États-Unis.
 S’il y a conflit de souveraineté, c’est que ce concept n’est pas un absolu, ou du moins ne l’est plus, au regard de l’interdépendance de tous les pays du monde entraînée par l’extrême complexité des réseaux de relations logistiques et diplomatiques qui existent entre eux.    On voit bien qu’aujourd’hui les Etats apparaissent désarmés devant l’imbrication croissante de leurs responsabilités, qui les dessaisit de plus en plus brutalement de leurs prérogatives.
Une telle situation, faute d’être aménagée, remet en question, au-delà de leurs développements respectifs, celui de leur mandant et fondateur, la personne humaine.
 
 D’où la nécessité d’instituer une autorité supranationale dédiée à la gestion de ces problèmes généraux, qui tirerait sa légitimité d’une prise de conscience mondiale de cette interdépendance de tous les citoyens, où qu’ils vivent : les protestations unanimes à la décision de Donald Trump montrent que cette prise de conscience est en train de se réaliser.  

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Blogapart-1

J’ai commencé à bloguer dans un forum voilà bientôt dix ans, sous le titre «Blogapart».
Le thème n’a pas changé : une critique de l’évolution de l’organisation de l’humanité dans son ensemble et sur les diagnostics couramment posés sur ses travers, plutôt que sur ses dérives. Ci-dessous les trois premiers billets et la suite par éditions les samedis.
 Bonne lecture ! 20/10/2008
Agresser

Larousse :
 agresser : attaquer
 attaquer : agresser, assaillir
 assaillir : attaquer, se jeter sur, donner des coups...

L'agressivité est chose courante dans les faits et les conversations. Mais qu'entend-on par là ?
A lire les définitions du dictionnaire, on peut y voir l'aptitude à - ou le besoin de - s'affirmer en recourant à la force, à la violence.
On entend parfois aussi parler d'agressivité "dans le bon sens" (du terme). En quoi y aurait-il matière à interprétation ?
   Le mot latin "aggredi" se traduit par "attaquer". C'est un composé de la racine -gred- (avancer, marcher) et du préfixe ad- (vers). Il y a là une précision, car la cible représentée par "ad-" est soit l'objectif, soit un obstacle, par définition interposé entre "l'agresseur" (celui qui va vers) et ce (ou celui-celle) qu'il se donne pour objectif....Dans cette étymologie, on n'est pas encore entré "dans le vif du sujet", puisqu'on comprend dorénavant une agression comme un affrontement direct engagé unilatéralement. Depuis bien longtemps, l'agression n'est plus qu'un épisode brutal, sans les intentions que recèle le préfixe, dont il ne reste en français que la lettre a. A mon avis, on a donc perdu de la signification.
20/10/2008 Agressivité  Si on s'en tient à l'origine du concept désigné par le verbe "agresser", être agressif, c'est chercher à atteindre son but en prenant pour cible l'objectif propre à satisfaire cette recherche, et par voie  de conséquence tout ce qui est susceptible de l'entraver.
 Sans vouloir "chercher la petite bête", cette définition autorise des développements que l'interprétation actuelle laisse de côté, et nous laisse espérer qu'existe effectivement ce "bon sens du terme" auquel j'ai fait allusion ci-dessus. Mais naturellement, comme la ligne droite en géométrie, force ou violence est le chemin le plus court pour faire aboutir sa quête. Quoique,... depuis Einstein, on reconnaisse que même la lumière doit s'écarter (un peu) pour frayer son chemin dans l'"éther"! 21/10/2008
Agressifs de nature  Vu l'évolution des mots, alors posons-nous la question : l'agressivité implique-t-elle le recours systématique à l'agression ?
 Oui, lorsqu'on parle d'un individu agressif, c'est qu'on le croit capable à tout moment de s'en prendre, physiquement ou verbalement, à qui, selon lui, le provoque.
 Non, si l'on considère que l'agressivité est une propriété basique de l'espèce humaine comme de tout être vivant. Dans ce cas, plutôt que d'une tendance naturelle à se quereller, j'y vois la volonté de conquérir pour se réaliser, en affrontant l'obstacle, que ce soit par la force, le contournement, ou... l'adaptation à la situation responsable du blocage, qui consiste à effacer l'obstacle sans en éliminer l'origine. Cette dernière option présente l'avantage de préserver les possibilités de choix qui auraient pu être éliminées ou ignorées dans l'alternative de base : combat ou repli. C'est vrai qu'elle ne peut pas être retenue à tout coup, vrai aussi qu'on passe quelquefois à côté.
Cette faculté de développement existe dans la matière vivante sous ces différentes formes : pensons aux champignons, aux racines, aux virus...
 Ceci pour dire, bien sûr que l'agressivité, tout indispensable qu'elle soit, ne fait rien toute seule : elle a une coéquipière de choix que, sous sa forme humaine, on a coutume d'appeler l'intelligence.

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Le jour d'après

C’est le jour à partir duquel, ayant épuisé depuis la veille les ressources annuelles disponibles, nous sommes obligés, nous les humains, d’entamer les réserves planétaires. Il est question d’une habitude prise dans les années 70, avec une date qui s’est éloignée au fil du temps du 31 décembre, d’où un crédit de 151 jours pour l’année 2017. Cela donnerait donc, sur 40 ans, avec une progression constante, environ 3000 jours de crédit cumulé, soit à peu près 9 années de renouvellement.

Vu l’ancienneté de l’information, il s’agit d’un fait avéré. Et, compte tenu de son importance, un problème qui concerne l’ensemble des habitants du globe, car cela implique des actions de préservation et, vraisemblablement, de restriction dans nombre d’activités. D’où quelques conseils rituellement dispensés par les médias aux consommateurs et usagers de services.
Cependant, il est permis de s’interroger sur le possible épuisement des réserves, selon les ressources : de combien seraient-elles entamées, et à combien d’années cela correspond-il ?
Il va de soi que cette question n’est pas essentiellement destinée à connaître la durée pendant laquelle on pourrait continuer à s’en désintéresser, mais plus sérieusement à élaborer un programme mondial cohérent pour remédier durablement à une situation ainsi compromise.

D’ores et déjà, il a été révélé qu’une bonne moitié de toutes les espèces d’animaux vertébrés avait disparu depuis le début du siècle dernier, ce qui signifie que nous sommes capables d’évaluer le niveau de certaines réserves, donc le temps d’action qui nous serait imparti pour redresser la situation.
Mais cela ne suffit pas. On ne peut pas se contenter de dire aux gens : faites ceci, ne faites pas cela, car en général les économies préconisées se situent radicalement à l’encontre des politiques de consommation convenues et pratiquées, pour soutenir croissance et compétitivité.
Donc la nécessité d’un programme mondial est impérative, pour d’une part, déterminer la pertinence des gestes de préservation à réaliser, d’autre part infléchir la politique générale en fonction de ces gestes à faire.

Et pour ça, il faut une information exhaustive pour tous. La panique, c’est quand on ne sait pas à quoi s’en tenir.  

Reo

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Blogapart-2

23/10/2008
Adaptation  Guerres et crises socio-économiques sont des conflits résultant d'un défaut d'adaptation aux difficultés rencontrées.
 L'absence de solution à terme entraîne l'affrontement ou le renoncement (le combat ou le repli) et mène à la régression dans tous les secteurs.
 Pour la société humaine comme pour l'espèce elle-même, si le moteur de l'évolution est l'esprit de conquête -l'agressivité-, son itinéraire s'appelle le développement -l'adaptation avec le milieu- et c'est à l'intelligence -la gouvernance- que revient la charge du pilotage.

 Ce n'est donc pas tant, à mon avis, à la (bonne) agressivité, comme caractéristique générale des espèces vivantes, ou à un excès d'agressivité chez les individus en particulier, qu'il faut attribuer les à-coups de l'Histoire passée ou contemporaine, qu'aux imperfections, souvent récurrentes, mais pas fatalement, de la coordination entre ce besoin de développement et les moyens de le réaliser, qui nécessite une recherche incessante d'organisation pour anticiper sur les obstacles.
  24/10/2008
Et maintenant ?   Comment peut-on envisager le développement de l'Homme comme espèce (ou genre) et comme acteur du monde physique ?
 Après l'apparition de la vie sur la planète et la colonisation de celle-ci par un monde vivant, l'être humain en fait rapidement la conquête et recrée un environnement à sa discrétion. Il y a là une alternative :
 - consommer la rupture entre l'avant- et l'après-Homo, instigateur d'une ère nouvelle,
 - remodeler le globe tout en rétablissant et en approfondissant l'harmonie du monde vivant, dans lequel, et à partir duquel il assoit désormais son développement.
 Les deux options restent-elles ou non d'actualité ?
25/10/2008
Les deux options de développement  Rappelons-les :
 Dans l’une, nous substituons aux productions spontanées du monde vivant des produits plus efficaces, plus adaptés à nos besoins tels que nous les ressentons ou les concevons. C’est un objectif de rupture avec les origines.
 Dans l’autre, nous nous insérons –ou nous nous réinsérons- dans l’ensemble des écosystèmes, quitte à nous adapter aux rythmes qui en conditionnent la pérennité. C’est un objectif de retour aux sources.
 Mais les choses sont-elles aussi simples ?

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Améliorer

Une opinion largement répandue est que nous ne pouvons pas améliorer la société, pour la bonne raison que l’idée d’une société parfaite est utopique ; et d’ailleurs, qu’est-ce que c’est, «améliorer» la société ? Au nom de quels principes, de quelle morale ?  Il reste que personne ne peut se sentir vraiment à l’aise dans un climat de tensions journalières, et que, au fil des années, cela n’est «pas une vie». Sans doute n’est-ce pas partout le cas, mais l’actualité ne nous fournit guère d’espérances de relâchement au plan général.
Tout au contraire, des motifs d’inquiétude se font jour et se précisent, non pas quant à l’avenir de la planète, mais plutôt pour le nôtre, dans le sens où nous lui procurons de plus en plus d’occasions de se débarrasser des hôtes encombrants, limite malveillants, que nous sommes devenus. Et que du même coup nos espoirs d’adaptation risquent de se trouver radicalement contrariés si nous persistons à ne pas prendre au sérieux cette situation.
 Alors il n’est question ni de perfection, ni de «morale», mais de stratégie, laquelle ne peut se passer ni de déterminer des objectifs, ni de définir une éthique adéquate à leur poursuite.

 Mais quels objectifs, et quelle éthique ?

Reo

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