Aller au contenu

Messages recommandés

Membre, 34ans Posté(e)
LeBreton66 Membre 549 messages
Baby Forumeur‚ 34ans‚
Posté(e)

La « théorie du juste équilibre » souvent invoquée pour contrebalancer les supposés excès du libéralisme est appliquée de manière partiale.

Par Domi

Souvent, les critiques du libéralisme se font au nom de la modération.

Ceux qui les formulent affirment rejeter indifféremment les excès dans les deux sens. C’est l’équilibre qu’ils visent. Ils ne s’opposent pas à l’économie de marché en tant que telle mais aux excès du libéralisme.

Ce discours, sans être scientifique, peut sembler conforme au bon sens. Puisque le marché et l’État sont les deux modes de production utilisés par les sociétés industrialisées, il est probable que la meilleure solution sera intermédiaire entre le tout marché et le tout État.

Lorsque les dysfonctionnements d’un secteur économique précis (le marché de l’emploi, le marché du logement) sont en cause, le politique, l’expert, ou le commentateur expliquera pareillement leur origine par les excès du marché.

Pour fixer les termes, ce que j’appellerai ici « théorie du juste équilibre » ou du juste milieu est dans ce cas appelé en renfort de la démonstration de manière implicite. Si celui qui s’exprime fait référence à un excès du marché, c’est qu’il considère qu’un équilibre existe entre les deux solutions extrêmes et qu’il peut exister aussi un excès d’État. Sinon, il expliquerait simplement le problème par le recours au marché.

Pourtant, le commentateur ne donnant pas les raisons pour lesquelles l’exagération concerne le marché, tout se passe comme s’il s’agissait d’une évidence incontestable. Cela serait vrai si le recours au marché était toujours à proscrire, l’État convenant à la gestion de l’ensemble de l’activité économique, mais une telle proposition serait en contradiction avec la théorie du juste équilibre.

Ainsi, à chaque fois qu’un commentateur explique les défauts de la situation économique par l’excès de marché sans donner plus d’explications, il a recours à deux arguments implicites contradictoires : il faut viser un équilibre implicite entre l’État et le marché, et l’excès ne peut provenir que du marché.

La théorie du juste équilibre implique que l’excès peut venir des deux côtés. Le recours abusif à l’État devrait effrayer autant que la surabondance du marché et l’identification de l’excès être menée avec une précaution particulière.

On pourra rétorquer que celui qui tient un discours peut, pour diverses raisons (manque de temps ou de place, élégance et sobriété de l’argumentation…) exposer certaines positions sans les démontrer (comme celle attribuant l’origine d’un problème donné au marché plus qu’à l’État).

Mais ce qui est admissible dans le détail des discours particuliers est inexcusable sous la forme d’une tendance généralisée à l’échelle d’une société.

En France, le marché est toujours le seul coupable présumé de la rupture d’équilibre. Le vocabulaire est révélateur d’un déséquilibre des craintes à cet égard. Les expressions désignant les excès supposés du libéralisme sont pléthoriques : « ultralibéralisme », « libéralisme sauvage », « libéralisme à tout crin », « libéralisme triomphant », « libéralisme sans frein », « le tout marché ». Il n’en existe pas d’équivalent pour qualifier une intervention excessive de l’État (sauf à inverser ceux qui ont d’abord été conçus pour dénoncer l’excès contraire).

C’est donc systématiquement une intervention publique (par une loi ou par la prise en charge par l’État d’un secteur économique) qui sera la solution envisagée. À terme cette attitude aura pour conséquence une mainmise généralisée de l’État sur l’économie, excès que les faux modérés ne semblent pas inquiets de juguler.

Pourtant l’expérience nous incite à craindre davantage les excès de l’État que ceux du marché.

Les États-unis au XIXème siècle ont été une des sociétés les plus proches d’un système de laissez-faire. Par exemple, la part des dépenses publiques dans le PIB a été la plupart du temps comprise entre 1 et 5% contre plus de 35% aujourd’hui. Or, la croissance économique a été soutenue tout au long de la période, le niveau de vie a été multiplié par quatre entre 1820 et 1913 (Angus Maddison, 1820-1992 analyse et statistiques page 20) alors que la population a été multipliée par neuf dans le même temps !

La suite ici

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Membre, 29ans Posté(e)
economic dream Membre 3 028 messages
Baby Forumeur‚ 29ans‚
Posté(e)

"C’est donc systématiquement une intervention publique (par une loi ou par la prise en charge par l’État d’un secteur économique) qui sera la solution envisagée. À terme cette attitude aura pour conséquence une mainmise généralisée de l’État sur l’économie, excès que les faux modérés ne semblent pas inquiets de juguler.

Dire que l'Etat est responsable de la crise de 2008 n'est que pur mensonge!

Ce n'est pas l'Etat qui a preté de l'argent à des gens insolvables.

Les marchés et les banques pouvaient faire n'importe quoi( aujourd'hui aussi d'ailleurs): c'est un manque de régulation qui a causé la crise.

Laisser exploser les bulles est beaucoup plus couteux que d'avoir un Etat luttant contre les bulles.

Dire le contraire est tout simplement faux.

Pourtant l’expérience nous incite à craindre davantage les excès de l’État que ceux du marché.

Allez les libéraux resortent la diabolisation de l'intervention étatique en évoquant le communisme.

Pfff...

On continue comme aujourd'hui alors?

Toujours plus de dérégulations donc toujours plus de bulles, de dette , de spéculation, d'économie artificielle?

Les États-unis au XIXème siècle ont été une des sociétés les plus proches d’un système de laissez-faire. Par exemple, la part des dépenses publiques dans le PIB a été la plupart du temps comprise entre 1 et 5% contre plus de 35% aujourd’hui. Or, la croissance économique a été soutenue tout au long de la période, le niveau de vie a été multiplié par quatre entre 1820 et 1913 (Angus Maddison, 1820-1992 analyse et statistiques page 20) alors que la population a été multipliée par neuf dans le même temps !

Avec une population en forte croissance, une forte croissance économique n'est pas tellement spéciale.

C'est aussi le temps où il n'y avait pas de Sécurité Sociale aux USA. C'est aussi le temps où les inégalités explosaient.

Et j'aimerais bien voir les taux de pauvreté et de criminalité à cette période d'ailleurs.

Bon si on veut un rapport budget de l'Etat/ PIB de moins de 10 % , c'est toute la Sécu qu'il faut privatiser. Vous prêcher dans le désert, personne ne veut de ça en France!

Et d'ailleurs je peux resortir un exemple beaucoup plus récent d'une croissance très forte: les 30 Glorieuses.

C'est l'époque de l'Etat-Providence et de l'hyper-régulation des marchés par l'Etat.

Et si vous diriez que cette époque n'est pas comparable à aujourd'hui, je répliquerai que votre exemple l'est encore moins."

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×