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Médias : faut-il s'interdire de donner la parole à tout le monde ?

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January

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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 692 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)

Les invitations de personnalités controversées ouvrent plusieurs questionnements : celui de la légitimation d'abord - donner la parole, est-ce déjà valider ?

Celui du cloisonnement ensuite, dans des médias qui ne parlent plus qu'à ceux qui leur ressemblent.

Et celui de la démocratie, à l'heure où les idées autrefois marginales ont acquis un poids électoral.

Alors faut-il refuser de donner la parole à tout le monde ? Y a-t-il des invitations irresponsables ou sont-elles toutes fécondes pour le débat d’idées ? Comment comprendre et écouter sans forcément légitimer ?

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-le-debat/medias-faut-il-s-interdire-de-donner-la-parole-a-tout-le-monde-3172219

 

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Membre, Posté(e)
Pierrot89 Membre 10 167 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

En France, toute personne a la liberté de parler et d'écrire.

Mais la limite juridique ce n'est pas la personne mais les propos : par exemple les appels au meurtre, à la guerre civile, à la prostitution, à la pédophilie, au racisme ...   etc. ne sont pas du domaine de la liberté de pensée, mais condamnable par la justice.

 

 

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Membre, 35ans Posté(e)
Totof44 Membre 8 217 messages
Maitre des forums‚ 35ans‚
Posté(e)

Donner la parole à tout le monde est impossible. Les médias n'ont d'autre choix que de choisir.

Pour ce qui est des politiques, on parle de gens qui soit ont obtenu les suffrages des Français soit les sollicitent. Ils doivent avoir droit à une certaine équité de temps de parole.

Au delà, le principe suivant est celui de la liberté éditoriale. Si je décide que dans ma radio on n'invite plus Michel Onfray parce qu'il n'a plus dit un truc intelligent depuis 15 ans et que j'ai une plus haute idée de mes auditeurs, c'est mon droit.

Néanmoins, si les 4/5 de mes invités hors politiques ne font que faire les perroquets d'un parti en particulier et que les rares voix dissonantes dans mon studio ou plateau ne peuvent finir une phrase sans être interrompues par un présentateur agressif, suis-je toujours dans la liberté éditoriale, ou devrais-je observer un minimum de déontologie ?

Évidemment que cnews est une caricature et qu'elle est devenue un danger démocratique majeur. Évidemment qu'on peut douter de l'indépendance de l'arcom et dénoncer leur indulgence.

Mais attention : ordonnez la fermeture de frontières aujourd'hui et ce sera mediapart demain...

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Membre, Posté(e)
versys Membre 19 080 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 4 heures, PhilippeIIAuguste a dit :

Non

Ce serai la pire décision qui soit que de rester dans l'entre soi, de n'écouter que ceux qui abondent dans son sens

Tout débat doit être contradictoire, c'est même un des fondements de la démocratie

 

il y a une heure, doug1991 a dit :

Il faudrait déjà donner la parole à tout le monde 

Un débat productif doit donc inclure les acteurs politiques de différentes sensibilités, mais également des intervenants issus de la société civile maitrisant les sujets abordés et non seulement des philosophes et autres "intellectuels".

Si les arbitrages politiques ont un impact direct au niveau social et culturel, ils impactent tout autant le secteur économique, et tout est lié.

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Membre, Posté(e)
Orian Membre 2 012 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Contrairement a beaucoup de réponses au dessus de la mienne, je ne crois pas dans le fait de donner la parole à tout le monde. Mon côté dictateur, sans doute. Mais certaines idées doivent rester dans la tête des dégénérés qui les ont et ne devraient jamais avoir une tribune pour s'exprimer malgré les grands principes.....

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Membre, Posté(e)
Orian Membre 2 012 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Vivement que les pédophiles puissent venir expliquer au journal de 20h leurs préférences sexuelles....  ben faudrait quand même pas les censurer !

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Membre, 80ans Posté(e)
PLOUC89 Membre 2 748 messages
Maitre des forums‚ 80ans‚
Posté(e)
Il y a 3 heures, Orian a dit :

Vivement que les pédophiles puissent venir expliquer au journal de 20h leurs préférences sexuelles....  ben faudrait quand même pas les censurer !

C'est ce que dit Pierrot89 plus haut. Il y a des propos qui relèvent de la condamnation eu Justice :

Il y a 11 heures, Pierrot89 a dit :

Mais la limite juridique ce n'est pas la personne mais les propos : par exemple les appels au meurtre, à la guerre civile, à la prostitution, à la pédophilie, au racisme ...   etc. ne sont pas du domaine de la liberté de pensée, mais condamnable par la justice.

On peut remplacer les points de suspension par l'incitation au suicide, par exemple.

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Membre, 35ans Posté(e)
Totof44 Membre 8 217 messages
Maitre des forums‚ 35ans‚
Posté(e)

Je crois que plusieurs se méprennent sur l'intitulé du sujet qui porte davantage sur le curseur entre liberté éditoriale et déontologie journalistique que sur la liberté d'expression.

Ne pas inviter quelqu'un à développer ses opinions n'est pas une censure. Libre à lui de trouver d'autres canaux.

Il y a censure si vous ne pouvez ni écrire, ni parler, ni tracter, ni organiser de rassemblement ni manifestation, ni créer votre maison d'édition... L'emploi du mot me paraît souvent abusif.

Mais il y a la zone grise. Est-ce qu'en laissant s'exprimer en théorie un courant de pensée, mais en l'invisibilisant dans les médias c'est de la censure ? Et si on répond "oui" à cette question, peut on punir un media qui se complait dans l'entre-soi ?

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Membre, 55ans Posté(e)
PhilippeIIAuguste Membre 1 164 messages
Mentor‚ 55ans‚
Posté(e)
Il y a 12 heures, Pierrot89 a dit :

En France, toute personne a la liberté de parler et d'écrire.

Mais la limite juridique ce n'est pas la personne mais les propos : par exemple les appels au meurtre, à la guerre civile, à la prostitution, à la pédophilie, au racisme ...   etc. ne sont pas du domaine de la liberté de pensée, mais condamnable par la justice.

 

 

Le racisme anti blanc et l'antisémitisme ce sont des oublis  où ça fait parti des .......etc

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Membre, 53ans Posté(e)
CAL26 Membre 8 688 messages
Maitre des forums‚ 53ans‚
Posté(e)
il y a une heure, Totof44 a dit :

Je crois que plusieurs se méprennent sur l'intitulé du sujet qui porte davantage sur le curseur entre liberté éditoriale et déontologie journalistique que sur la liberté d'expression.

Ne pas inviter quelqu'un à développer ses opinions n'est pas une censure. Libre à lui de trouver d'autres canaux.

Il y a censure si vous ne pouvez ni écrire, ni parler, ni tracter, ni organiser de rassemblement ni manifestation, ni créer votre maison d'édition... L'emploi du mot me paraît souvent abusif.

Mais il y a la zone grise. Est-ce qu'en laissant s'exprimer en théorie un courant de pensée, mais en l'invisibilisant dans les médias c'est de la censure ? Et si on répond "oui" à cette question, peut on punir un media qui se complait dans l'entre-soi ?

Le sujet est sur les médias dans leur ensemble donc la question est bien sur une nouvelle forme de censure : si un type d'invités ne peut s'exprimer dans aucun média subit-il une censure tacite, non officielle ? 

Cette censure supposée ne peut pas être punie et c'est peut-être sa plus grande force. Mais le sujet de la liberté d'expression est complexe : comme on l'a vu avec les réseaux sociaux sans modération, une liberté d'expression qui serait à priori absolue parce que sans contrôle limite paradoxalement la liberté d'expression pas la violence qui règne et si on veut l'optimiser tout ne peut pas être dit et n'importe comment. 

Le problème est donc de trouver l'équilibre pour que le contrôle (le choix de ceux qui peuvent s'exprimer) n'appauvrisse pas la liberté d'expression mais en même temps qu'une forme de violence ne vienne pas prendre le pouvoir de cette forme d'expression très puissante que sont les médias. Pour Taddeï la limite dans le choix de ceux à qui il accepte de donner la parole est fixée par le ministère de l'intérieur voire par la loi mais en gardant une certaine "ligne éditoriale" ; pour Schneidermann les invités les plus sulfureux doivent avoir en face d'eux des contradicteurs de force au moins égale. Je pense comme Schneidermann qu'en dehors des propos punis par la loi, toute pensée doit pouvoir s'exprimer à grande échelle à condition qu'un équilibre suffisant des forces vienne nuancer les propos. 

Modifié par CAL26
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Membre, 126ans Posté(e)
chanou 34 Membre 27 098 messages
Maitre des forums‚ 126ans‚
Posté(e)

Tout le monde doit pouvoir s'exprimer. Mais à chacun de contrôler ce qu'il dit/écrit, parce que quand on s'exprime dans la sphère publique, tous ceux qui écoutent/lisent lesdits propos peuvent ensuite y réagir....

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 50 086 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)
Il y a 8 heures, CAL26 a dit :

Le sujet est sur les médias dans leur ensemble donc la question est bien sur une nouvelle forme de censure : si un type d'invités ne peut s'exprimer dans aucun média subit-il une censure tacite, non officielle ? 

Cette censure supposée ne peut pas être punie et c'est peut-être sa plus grande force. Mais le sujet de la liberté d'expression est complexe : comme on l'a vu avec les réseaux sociaux sans modération, une liberté d'expression qui serait à priori absolue parce que sans contrôle limite paradoxalement la liberté d'expression pas la violence qui règne et si on veut l'optimiser tout ne peut pas être dit et n'importe comment. 

Le problème est donc de trouver l'équilibre pour que le contrôle (le choix de ceux qui peuvent s'exprimer) n'appauvrisse pas la liberté d'expression mais en même temps qu'une forme de violence ne vienne pas prendre le pouvoir de cette forme d'expression très puissante que sont les médias. Pour Taddeï la limite dans le choix de ceux à qui il accepte de donner la parole est fixée par le ministère de l'intérieur voire par la loi mais en gardant une certaine "ligne éditoriale" ; pour Schneidermann les invités les plus sulfureux doivent avoir en face d'eux des contradicteurs de force au moins égale. Je pense comme Schneidermann qu'en dehors des propos punis par la loi, toute pensée doit pouvoir s'exprimer à grande échelle à condition qu'un équilibre suffisant des forces vienne nuancer les propos. 

Notre voix et notre opinion, au milieu d'une population qui s'agrandit sans cesse, n'est que le clapotis d'une goutte d'eau tombant au milieu des chutes du Niagarail faut être réaliste et cesser de croire qu'elle a de l'importance...

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Membre, Posté(e)
Pierrot89 Membre 10 167 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 10 heures, PLOUC89 a dit :

C'est ce que dit Pierrot89 plus haut. Il y a des propos qui relèvent de la condamnation eu Justice :

On peut remplacer les points de suspension par l'incitation au suicide, par exemple.

Ma liste n'était pas exhaustive, mais faire comprendre qu'il ne peu s'agir de priver de parole et d'écrit à personne mais interdire et condamner juridiquement les propos intolérables.

Tout cela est bien précisé dans les textes de lois.

 

 

 

 

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Membre, Posté(e)
Orian Membre 2 012 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 11 heures, Totof44 a dit :

Je crois que plusieurs se méprennent sur l'intitulé du sujet qui porte davantage sur le curseur entre liberté éditoriale et déontologie journalistique que sur la liberté d'expression.

 

Aucune méprise dès lors que le sujet porte sur "a qui peut-on tendre un micro". Il est donc bien question de la liberté d'expression de celui qui sera derrière le micro tendu. 

Il y a 2 heures, chanou 34 a dit :

. Mais à chacun de contrôler ce qu'il dit/écrit, 

Et le contrôle est, en lui meme, déjà a géométrie variable. 

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Membre, 35ans Posté(e)
Totof44 Membre 8 217 messages
Maitre des forums‚ 35ans‚
Posté(e)
Il y a 1 heure, Orian a dit :

Aucune méprise dès lors que le sujet porte sur "a qui peut-on tendre un micro". Il est donc bien question de la liberté d'expression de celui qui sera derrière le micro tendu. 

Je n'avais pas eu le temps d'écouter l'émission donnée en lien quand j'ai commencé à répondre au sujet. J'ai commencé à prendre le temps ce matin avant d'être interrompu par des impératifs personnels.

La question posée se justifie avec l'expérience de Léa Salamé au 20 heures qui tend le micro en direct, à distance et à un interlocuteur non francophone qui n'est autre que le ministre des affaires étrangères russe. Et au cours du débat, Taddei et Schneidermann réorientent légèrement la question sur les conditions dans lesquelles on donne la parole à quelqu'un de sulfureux. Car une interview mal préparée dans laquelle le personnage n'a aucun contradicteur solide, où l'intervieweuse ne saisit pas les nuances et subtilités du discours, où le personnage retire son oreillette lorsqu'il parle, empêchant Léa Salamé de l'interrompre, de le stopper quand il sort des inexactitudes, des mensonges ou qu'il esquive une question gênante, devient une véritable tribune de propagande. Dans d'autres conditions, l'interview pourrait avoir du sens.

J'insiste, il ne s'agit pas exactement de liberté d'expression. La preuve : le Kremlin trouve bien d'autres canaux que le 20 heures pour être présent dans le débat public.

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