Aller au contenu

« Lettres pour un avortement illégal » : appels au secours

Noter ce sujet


Marcuse

Messages recommandés

Membre, 26ans Posté(e)
Marcuse Membre 1 277 messages
Forumeur vétéran‚ 26ans‚
Posté(e)

L’ONG Choisir la cause des femmes a rassemblé dans un livre des lettres envoyées, au début des années 1970, par des femmes désespérées à un professeur de médecine pro-IVG, afin de lui demander de l’aide.

À l’origine du livre Lettres pour un avortement illégal (1971-1974), de Choisir la cause des femmes, on ne sera pas surpris de trouver Gisèle Halimi, la cofondatrice avec Simone de Beauvoir de cette association historique. Nous sommes en 1972, l’avocate a construit sa défense au procès de Bobigny notamment en appelant à la barre plusieurs personnalités favorables à la légalisation de l’IVG, dont le professeur de médecine Paul Milliez (qui se revendique catholique), très médiatisé en raison de ses prises de position.

libertalia lettrespourunavortementillegal TEXTE 250829 14h20 96 699x1024.avif2

 

 

 

https://www.politis.fr/articles/2025/09/lettres-pour-un-avortement-illegal-appels-au-secours/

 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Membre, 77ans Posté(e)
hybridex Membre 10 140 messages
Maitre des forums‚ 77ans‚
Posté(e)

On peut espérer qu'avec l'inscription du droit dans la constitution les obstacles légaux aient été durablement écartés

Reste l'accès réel à l'exercice de ce droit. C'est plutôt là qu'aujourd'hui ça peut être compliqué

  • Like 3
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 58ans Posté(e)
Témoudjine Membre 2 015 messages
Forumeur vétéran‚ 58ans‚
Posté(e)
Il y a 5 heures, hybridex a dit :

'inscription du droit dans la constitution

Tu es trop optimiste. Ce qu’une loi a fait, une autre loi peut le défaire.

Ce qu’une conjonction politique spécifique a permis, une conjonction politique différente  peut très bien le modifier dans l’autre sens.

Pour ce qui est de l’accès à l’application de cette mesure, il est parfaitement réel et appliqué.

Dans chaque département une agence du Planning Familial fonctionne sans entrave particulière. Nous ne sommes pas en Amérique.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, aventurière petit format, 47ans Posté(e)
arwena Membre 9 653 messages
47ans‚ aventurière petit format,
Posté(e)
Il y a 6 heures, hybridex a dit :

On peut espérer qu'avec l'inscription du droit dans la constitution les obstacles légaux aient été durablement écartés

Reste l'accès réel à l'exercice de ce droit. C'est plutôt là qu'aujourd'hui ça peut être compliqué

Tout le monde se trompe mais non, ça n'est pas "le droit" qui a été inscrit dans la constitution mais "la liberté de" et ça fait toute la différence.

Dans le premier cas, il y a obligation de moyen, pas dans le second

  • Like 3
  • Merci 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 77ans Posté(e)
hybridex Membre 10 140 messages
Maitre des forums‚ 77ans‚
Posté(e)
Il y a 15 heures, arwena a dit :

Tout le monde se trompe mais non, ça n'est pas "le droit" qui a été inscrit dans la constitution mais "la liberté de" et ça fait toute la différence.

Dans le premier cas, il y a obligation de moyen, pas dans le second

Merci. Je n"avais pas eu le courage d'aller rechercher le texte exact

 

Il y a 17 heures, Témoudjine a dit :

Tu es trop optimiste. Ce qu’une loi a fait, une autre loi peut le défaire.

 

Ce qu’une conjonction politique spécifique a permis, une conjonction politique différente  peut très bien le modifier dans l’autre sens.

 

Pour ce qui est de l’accès à l’application de cette mesure, il est parfaitement réel et appliqué.

 

Dans chaque département une agence du Planning Familial fonctionne sans entrave particulière. Nous ne sommes pas en Amérique.

 

Il est plus difficile de modifier ce qui est inscrit dans la constitution, il faut une conjonction politique très favorable qui limite fortement le risque

Je ne suis vraiment pas certain que toutes les femmes qui ont besoin d'avorter puissent le faire sans trop de difficultés

Une question qui est rarement abordée c'est pourquoi donc y a t il un besoin toujours aussi important malgré la contraception et la pilule du lendemain

 

 

Modifié par hybridex
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 37ans Posté(e)
Pensée philo Membre 2 475 messages
Forumeur vétéran‚ 37ans‚
Posté(e)

L'avortement, c'est supprimer la vie. Les pro-avortement évitent ce sujet et utilisent la fausse argumentation : Mon corps. Mon choix.

Si l'enfant n'est pas désiré, je comprends que les non-futurs parents veulent l'avortement, un homme et une femme qui ne sont pas en couple ne voudront pas garder le bébé, mais il faut que ce soit le plus tôt possible avant que le foetus n'est une conscience. Evolution foetus/bébé.

On fait passer les anti-avortement pour des monstres mais ils sont pour la vie. C'est vrai que sur d'autres sujets, une partie des gens contre l'avortement ont moins de conscience morale.

 

Il y a un sujet très politique avec l'avortement sur le grand remplacement.

Modifié par Pensée philo
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 58ans Posté(e)
Témoudjine Membre 2 015 messages
Forumeur vétéran‚ 58ans‚
Posté(e)
il y a 35 minutes, Pensée philo a dit :

L'avortement, c'est supprimer la vie. Les pro-avortement évitent ce sujet et utilisent la fausse argumentation : Mon corps. Mon choix.

Si l'enfant n'est pas désiré, je comprends que les non-futurs parents veulent l'avortement, un homme et une femme qui ne sont pas en couple ne voudront pas garder le bébé, mais il faut que ce soit le plus tôt possible avant que le foetus n'est une conscience. Evolution foetus/bébé.

On fait passer les anti-avortement pour des monstres mais ils sont pour la vie. C'est vrai que sur d'autres sujets, une partie des gens contre l'avortement ont moins de conscience morale.

 

Il y a un sujet très politique avec l'avortement sur le grand remplacement.

 

Réflexions qui sont celles habituelles chez les ultra cathos qui traquent, pour le condamner,  tout ce qui dans la vie des individus normaux pourrait avoir une relation avec la vulve des femmes.  Suivant les directives du Vatican, et suivant les mots d’ordre des adeptes du professeur Lejeune et de monseigneur Lefebvre.

Mais sous un discours apparemment modéré qui n’est qu’une tentative d’approche.

Et toi, pour qui tu roules ?

Encore que cela demeure évident. 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 107ans Posté(e)
Atipique Membre 10 450 messages
Maitre des forums‚ 107ans‚
Posté(e)
Il y a 6 heures, Pensée philo a dit :

L'avortement, c'est supprimer la vie. Les pro-avortement évitent ce sujet et utilisent la fausse argumentation : Mon corps. Mon choix.

Si l'enfant n'est pas désiré, je comprends que les non-futurs parents veulent l'avortement, un homme et une femme qui ne sont pas en couple ne voudront pas garder le bébé, mais il faut que ce soit le plus tôt possible avant que le foetus n'est une conscience. Evolution foetus/bébé.

Il faut en premier lieu penser au bien de l'enfant! Ce n'est pas seulement une question de désir, mais encore faut-il pouvoir élever et s'occuper de l'enfant convenablement; sinon, autant ne pas en faire.

Il y a 6 heures, Pensée philo a dit :

On fait passer les anti-avortement pour des monstres mais ils sont pour la vie. C'est vrai que sur d'autres sujets, une partie des gens contre l'avortement ont moins de conscience morale.

Oui mais quelle vie? Ce sont souvent les mêmes qui ne sont surtout pas pour aider les mères célibataires. Ce qu'il advient de ces bébés une fois nés, ils s'en foutent complètement; ils ne semblent concernés que quand ils sont lilliputiens.

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 45ans Posté(e)
DrSchnock Membre 32 messages
Forumeur balbutiant‚ 45ans‚
Posté(e)
Il y a 7 heures, Pensée philo a dit :

L'avortement, c'est supprimer la vie. Les pro-avortement évitent ce sujet et utilisent la fausse argumentation : Mon corps. Mon choix.

 

Exact.

Ca me rappelle une image de fœtus avec une bulle style BD qui dit "mon corps m'appartient. Laisser moi vivre !".:hello:

Ce serait plus intelligent si l'Etat allouait une aide financière aux mères seules (comme c'était le cas à une époque pas si lointaine) plutôt que de dépenser de l'argent pour les pousser à tuer chimiquement la vie qu'elles portent en elles.

Les mères qui avortent ont souvent des regrets et ont des séquelles psychologiques qui durent toute la vie.

L'avortement n'est pas un besoin mais plutôt un déni. Une façon de fuir ses responsabilités.

  • Like 2
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 58ans Posté(e)
lysiev Membre 10 387 messages
Maitre des forums‚ 58ans‚
Posté(e)
il y a une heure, DrSchnock a dit :

 

L'avortement n'est pas un besoin mais plutôt un déni. Une façon de fuir ses responsabilités.

Une femme qui avorte car elle ne veut pas garder l'enfant de son violeur, ou à des femmes qui ont avorté pour des raisons médicales, tu vas leur dire  cette connerie ?:facepalm:

 

 

 

Modifié par lysiev
  • Like 3
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 45ans Posté(e)
DrSchnock Membre 32 messages
Forumeur balbutiant‚ 45ans‚
Posté(e)
il y a 2 minutes, lysiev a dit :

Une femme qui avorte car elle ne veut pas garder l'enfant de son violeur, ou à des femmes qui ont avorté pour des raisons médicales, tu vas leur dire  cette connerie ?:facepalm:

 

 

 

Les cas de "viols" ou de "raisons médicales" sont les plus rares.

Dans la plupart des cas, ils s'agit de raisons "psycho-sociales". Ce qui veut dire "à peu près tout et n'importe quoi".

Souvent des femmes qui choisissent mal leur mec. Le mec se barre. Ensuite la nana essaie de se trouver un couillon gentil et naïf.

Et avec un peu de chance, ça pourrait bien être lui le père.

Dans le temps, les choses s'arrangeaient comme ça.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, aventurière petit format, 47ans Posté(e)
arwena Membre 9 653 messages
47ans‚ aventurière petit format,
Posté(e)
Il y a 5 heures, DrSchnock a dit :

Exact.

Ca me rappelle une image de fœtus avec une bulle style BD qui dit "mon corps m'appartient. Laisser moi vivre !".:hello:

Ce serait plus intelligent si l'Etat allouait une aide financière aux mères seules (comme c'était le cas à une époque pas si lointaine) plutôt que de dépenser de l'argent pour les pousser à tuer chimiquement la vie qu'elles portent en elles.

Les mères qui avortent ont souvent des regrets et ont des séquelles psychologiques qui durent toute la vie.

L'avortement n'est pas un besoin mais plutôt un déni. Une façon de fuir ses responsabilités.

Encore une fois, tu dis n'imp'

https://www.midilibre.fr/2020/01/13/avortement-95-des-femmes-ne-le-regrettent-pas,8658124.php

Ensuite, non une femme qui avorte n'est pas dans une "fuite de responsabilité". Elle est au contraire très responsable en assumant le fait que ce n'est pas le moment/son désir d'avoir un enfant.

Que vous le vouliez ou non, les femmes ont toujours avorté et ce même lorsque c'était interdit et certaines l'ont payé de leur vie.
Quand à dire que les anti avortement sont "pour la vie", laissez moi rire. Ils se foutent bien de la vie de ces mères à qui ont imposerait une grossesse, ils se foutent bien du devenir du nourrisson non désiré. La seule chose qui leur importe c'est le contrôle du corps des femmes!

L'ivg est une décision personnelle, personne ne vous impose d'y avoir recours, et vraiment les mecs qui viennent "théoriser" sur le pourquoi du comment elles ne devraient pas avorter, je peux plus.

  • Like 3
  • Merci 2
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 200 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 6 heures, DrSchnock a dit :

L'avortement n'est pas un besoin mais plutôt un déni. Une façon de fuir ses responsabilités.

Forcément, pour le mec, c'est beaucoup plus facile de fuir. Il y a un Enfant quand il y a une envie d'Enfant. Et si pas d'I.V.G. légal, c'est d'office le retour des " sorcières " et des aiguilles à tricoter. Et des cliniques too much, pour celles qui ont les moyens. 

Modifié par Neopilina
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 58ans Posté(e)
lysiev Membre 10 387 messages
Maitre des forums‚ 58ans‚
Posté(e)
Il y a 12 heures, DrSchnock a dit :

Les cas de "viols" ou de "raisons médicales" sont les plus rares.

Dans la plupart des cas, ils s'agit de raisons "psycho-sociales". Ce qui veut dire "à peu près tout et n'importe quoi".

Souvent des femmes qui choisissent mal leur mec. Le mec se barre. Ensuite la nana essaie de se trouver un couillon gentil et naïf.

Et avec un peu de chance, ça pourrait bien être lui le père.

Dans le temps, les choses s'arrangeaient comme ça.

Des raisons qui sont propres à chaque femmes.

Mais bien sûr la femme est la seule responsable si des mecs sont de pauvres cons.....:o°

 

  • Like 3
  • Haha 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Grégairophobe..., Posté(e)
Mite_Railleuse Membre 41 931 messages
Grégairophobe...,
Posté(e)
Il y a 3 heures, lysiev a dit :

Des raisons qui sont propres à chaque femmes.

Mais bien sûr la femme est la seule responsable si des mecs sont de pauvres cons.....:o°

 

La Femme c’est le diable ! Salope et avorteuse. Entre autre... :dev:

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 50ans Posté(e)
Elisa* Membre 15 911 messages
Maitre des forums‚ 50ans‚
Posté(e)
il y a 12 minutes, Mite_Railleuse a dit :

La Femme c’est le diable ! Salope et avorteuse. Entre autre... :dev:

C’est quand même consternant de se dire que certains individus puissent avoir de tels jugements, raisonnements, pensées… 

  • Like 2
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Forumeur discret, 63ans Posté(e)
Kid_Ordinn Membre 9 747 messages
63ans‚ Forumeur discret,
Posté(e)
Il y a 18 heures, DrSchnock a dit :

L'avortement n'est pas un besoin mais plutôt un déni. Une façon de fuir ses responsabilités.

Déni mon cul...Pensez-y un instant,vous êtes une femme,vous subissez un viol,vous tombez enceinte,vous garderiez cet enfant non désiré ? 

Mettez vous 5 secondes à la place des autres,imaginez leurs réactions...Vous parleriez toujours de "déni" et de "fuites de responsabilités" ? C'est vous,l'irresponsable,monsieur.

  • Like 1
  • Merci 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Grégairophobe..., Posté(e)
Mite_Railleuse Membre 41 931 messages
Grégairophobe...,
Posté(e)
à l’instant, Elisa* a dit :

C’est quand même consternant de se dire que certains individus puissent avoir de tels jugements, raisonnements, pensées… 

Effrayant aussi. On peut penser que finalement il suffirait de pas grand chose pour basculer du côté obscur...

il y a 1 minute, Kid_Ordinn a dit :

Déni mon cul...Pensez-y un instant,vous êtes une femme,vous subissez un viol,vous tombez enceinte,vous garderiez cet enfant non désiré ? 

Mettez vous 5 secondes à la place des autres,imaginez leurs réactions...Vous parleriez toujours de "déni" et de "fuites de responsabilités" ? C'est vous,l'irresponsable,monsieur.

Mais même sans viol. Un enfant non désiré, quelle que soit la raison, reste un enfant non désiré.

  • Like 4
  • Merci 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Forumeur discret, 63ans Posté(e)
Kid_Ordinn Membre 9 747 messages
63ans‚ Forumeur discret,
Posté(e)
il y a 11 minutes, Mite_Railleuse a dit :

Mais même sans viol. Un enfant non désiré, quelle que soit la raison, reste un enfant non désiré.

Peu importe,je voulais lui donner un exemple...Mais oui,tu as raison

  • Like 2
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

  • 2 mois après...
Membre, 150ans Posté(e)
Forumeur Débutant‚ 150ans‚
Posté(e)

Le problème central de l'IVG, (pour savoir si on peut, et les délais), réside dans le statut juridique et philosophique du fœtus.

Pour être clair d’emblée, la religion n’a rien à voir ici. Ce qui suit n’est pas un discours moral ou religieux, mais une démonstration de ce qu’est réellement l’humain.

L'idée de la séparation du statut biologique et du statut moral et juridique est en soi séduisante. En effet, en philosophie l'homme est bien défini comme un animal rationnel, et non par son seul ADN humain. Il paraît donc cohérent de séparer ces deux choses. Il devient ensuite facile de définir que les droits humains viennent avec le statut moral et non avec le statut biologique. Pourtant, une subtilité critique rend ce jugement erroné. Prenons un homme qui a une grave pathologie mentale, ce qui le rend inapte au jugement, il n'est donc plus responsable de ses actes. Cet homme, appelé communément fou n'est juridiquement pas responsable s'il commet un meurtre. Cet homme fou a perdu ce qui le différencie de l'animal, sa rationalité et ainsi sa capacité de jugement. Philosophiquement, il peut être considéré comme un animal, mais peu nombreux sont ceux qui le considèrent comme tel. Pourquoi ?

Pour mieux le comprendre, voici une analogie : Une machine à café se définit par sa capacité à faire du café. Lorsqu'on l'achète neuve, elle n'a jamais (on l'espère) fait de café. Elle n'a donc jamais exercé l'action qui lui permet de s'identifier comme telle. Pourtant, tout un chacun reconnaitra en elle une machine à café. Et cela pour une raison bien précise. Cette machine à café dispose de tous les éléments pour faire du café. En l'état, si on lui apporte de l'énergie, et du café (en grains de préférence), elle pourra nous faire un café. Elle ne l'avait pourtant jamais démontré par l'accomplissement de sa définition.

Notons quelque chose d'essentiel. La machine à café ne peut faire du café que si elle est alimentée en électricité et en grains. Ces éléments sont nécessaires à son fonctionnement, mais pas à son être. La machine EST une machine à café parce qu'elle possède intrinsèquement le principe organisateur — la structure spécifiquement ordonnée vers la production de café. On peut déduire ce que va produire la machine à café en observant les composants qui la constituent et comment ils sont agencés. On peut donc déduire par là ce qu'est cette machine, par la présence des éléments qui lui permettront d'accomplir sa définition. L'électricité et les grains sont des conditions instrumentales : ils fournissent l'énergie et la matière, mais ne contiennent pas le programme qui détermine qu'il s'agira de café plutôt que de thé, ni comment ce café sera fait. Ce programme réside dans la machine elle-même, dans l'agencement de ses composants. Ainsi, la machine EST ce qu'elle est avant et indépendamment de son fonctionnement actuel, précisément parce qu'elle possède en propre le principe qui définit sa nature.

Cela amène un point très intéressant. Si l'on considère que l'être est l'organisation orientée vers la fonction qui définit l'être, alors une graine d'un chêne peut déjà être considérée comme étant le chêne. Cela pose un paradoxe : on ne peut condamner un homme qui a volé un sachet de graines de la même manière que l'on condamne un homme qui a volé une centaine de chênes. Il apparaît alors évident que tout ce qu'on a énoncé auparavant n'était que pure affabulation et discours sophistique. Pourtant, ici encore, une subtilité se cache. La valeur. La graine du chêne n'a pas la même valeur que le chêne, tout comme la jeune pousse n'a pas la valeur du chêne bicentenaire. La différence qui réside entre ces différentes formes est de nature financière. Et le Code Noir de 1685 étant aboli, on ne peut pas appliquer de valeur à un être humain. On ne peut pas définir que l'homme de 40 ans, qui travaille à plein temps mérite davantage de vivre que l'homme tétraplégique. Cela fait partie de notre humanité que de considérer cela.

La jeune pousse est un chêne, le chêne bicentenaire en est un, et la graine en est un. Lorsque l'on voit le chêne dans chacun de ces états, on peut dire : "ça, c'est une graine de chêne, ça, c'est une jeune pousse de chêne, ça, c'est un vieux chêne". Car dans chacun de ces états, l'objet observé est organisé pour devenir un chêne. Il est organisé pour utiliser les éléments extérieurs afin de se développer dans la forme qui le définit. Mais pourtant, on différencie bien la graine de l'arbre, ils sont donc différents. On sait bien que la graine devient un arbre à un moment précis, lorsque le germe sort. Mais c'est là justement toute la nuance. La graine est devenue un arbre, mais elle était déjà un chêne. Elle n'est pas devenue un chêne au moment où est sorti son germe. L'arbre est un des états du chêne, tout comme la graine est un état du chêne. Mais alors, lorsque le chêne est mort et qu'on en fait une planche ? Ce n'est plus un chêne car il n'est plus organisé de manière à accomplir sa définition. Mais c'est DU chêne. C'est un matériau. La branche qui est tombée est du chêne, pas un chêne, et la branche sur l'arbre encore verte est elle-même du chêne, et non un chêne.

De même, un être humain est humain parce qu’il possède intrinsèquement le principe organisateur de l’humanité, tout comme la machine à café possède en elle le programme qui déterminera qu’elle produira du café dès qu’on lui fournira énergie et grains. Le fœtus n’a peut-être pas encore manifesté les caractéristiques propres à l’humain — rationalité, conscience, interaction sociale — tout comme la machine à café n’a jamais fait de café. Mais ces éléments extérieurs ne déterminent pas ce que sont ces êtres : ils ne sont que des conditions instrumentales, nécessaires pour le développement ou l’exercice de ce qui est déjà contenu dans l’organisation interne de l’être.

La structure interne du fœtus, sa composition biologique et génétique, constitue le principe organisateur de ce qu’il est. Ce principe, tel que la machine contient le programme du café, suffit à déterminer sa nature humaine. Il n’a pas besoin d’exercer ses facultés pour être humain : il est déjà humain en vertu de ce que son organisation interne permet et ordonne.

Il est important de distinguer cette logique des cas où l’on possède des éléments biologiques issus de l’humain mais non organisés en un tout susceptible de développement autonome. Les spermatozoïdes, les ovules ou un cheveu contiennent certes du matériel génétique humain, mais ils ne possèdent pas le principe organisateur qui définit un être humain en développement. Un spermatozoïde isolé, ou un ovule, n’est pas structuré pour se développer en individu ; il ne contient pas en lui-même l’organisation nécessaire au déploiement d’un corps humain complet. De même qu’un grain de café ou un brin de bois n’est pas en soi une machine à café, ces éléments corporels ne sont pas des êtres humains : ils sont des composants matériels potentiellement utilisables dans la reproduction, mais ils ne sont pas un tout organisé vers l’accomplissement de la nature humaine.

La dépendance du fœtus à la mère, réelle et nécessaire pour sa survie et son développement, n’altère en rien le principe organisateur qui définit son humanité. Tout comme une machine à café a besoin d’électricité et de grains pour fonctionner, mais reste une machine à café même avant de produire un café, le fœtus a besoin des conditions fournies par la mère. Ces éléments externes ne constituent pas sa nature : ils ne sont que des conditions instrumentales permettant le déploiement d’un principe déjà en lui.

Ainsi, tout comme l’on reconnaît immédiatement une machine à café comme telle avant qu’elle ait fonctionné, on doit reconnaître que le fœtus est humain avant même d’exercer sa rationalité. Ce qui définit son humanité n’est pas l’accomplissement actuel de ses fonctions, mais l’organisation interne qui le rend capable de les accomplir : le principe même de son développement, de sa maturation, de son action future. Supprimer ou nier cette humanité en raison de l’absence d’exercice de ces fonctions ou de sa dépendance à la mère reviendrait à nier l’être lui-même, à confondre l’acte avec l’essence, la manifestation avec le principe.

En résumé, le fœtus, tout comme la machine à café, est pleinement ce qu’il est déjà, indépendamment des conditions extérieures, de sa dépendance ou des actes encore non réalisés. Sa nature humaine est contenue en lui dès le départ, et les conditions instrumentales — nutrition, oxygène, environnement maternel — ne font que permettre le déploiement d’une organisation déjà intrinsèquement orientée vers la réalisation des capacités caractéristiques de l’humain. L’humanité du fœtus ne dépend donc ni de la conscience, ni de la rationalité actuelle, ni de son autonomie : elle réside dans la structure interne qui ordonne son développement vers ces fonctions et qui le distingue ontologiquement de tout autre être ou objet.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant

Rejoindre la conversation

Vous pouvez publier maintenant et vous inscrire plus tard. Si vous avez un compte, connectez-vous maintenant pour publier avec votre compte.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×