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MACRON CONTRE L'INFO de Matéo Larroque Étienne Millies-Lacroix sujets : Benalla, Ventes d'armes, surveillance de journalistes
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Chaque année, des millions de Français ayant recours à un découvert paient des frais exorbitants. L’UFC-Que Choisir dénonce aujourd’hui la pratique de plus en plus répandue au sein des banques des « minima forfaitaires » : des frais fixes imposés sur les petits découverts (moins de 400 €), même lorsqu’ils sont autorisés. Ces frais, appliqués sans justification économique, remplacent les agios habituels et s’ajoutent au coût du découvert, pénalisant encore davantage les ménages précaires. L’association appelle donc à un renforcement du cadre réglementaire. Des frais de découvert bancaire largement supérieurs aux taux d’usure Utiliser ponctuellement un découvert, souvent pour faire face à un imprévu, concerne un très grand nombre de Français. 45 % des consommateurs déclarent ainsi être à découvert au moins une fois par an. Lorsqu’un consommateur utilise son découvert, il pense payer des agios proportionnels à la somme empruntée. Or, pour un montant de découvert inférieur à 400 €, ces agios sont trop faibles et un grand nombre de banques applique alors un montant minimum forfaitaire pouvant aller jusqu’à 12,50 € (Banque Populaire du Sud). Par exemple, si un client du CCF utilise son découvert autorisé et son compte passe à -2 € pendant une semaine. Les agios dus devraient être de 0,01 €. Mais la banque applique un minimum forfaitaire de 10 € par trimestre. Coût total du découvert : 10 €. Si l’on annualise ce coût, cela représente un TAEG de 26 000 %, soit 1 140 fois le taux d’usure (22,93 % en janvier 2025). Et si ce même consommateur dépasse son découvert autorisé, d’autres frais peuvent s’ajouter : Commission d’intervention : 8 € par opération (jusqu’à 80 € par mois). Rejet de prélèvement : montant du prélèvement (plafonné à 20 €). Lettre d’information pour compte débiteur : jusqu’à 15 €. Un dépassement du découvert peut donc coûter plusieurs dizaines d’euros en quelques jours, alors que le découvert initial était dérisoire. https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-frais-de-decouverts-bancaires-les-minima-forfaitaires-des-frais-immoraux-n165552/#:~:text=Commission d'intervention %3A 8 €,(plafonné à 20 €).
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"La chasse au bonheur est ouverte tous les matins" Stendhal
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Le projet néo-libéral, des rapports contractuels individuels
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L'argent liquide va être inscrit dans la Constitution suisse L'initiative «Oui à une monnaie suisse libre et indépendante sous forme de pièces ou de billets» veut garantir le maintien de l'argent liquide en Suisse. Elle exige aussi que tout projet de remplacement du franc suisse par une autre monnaie soit soumis au vote du peuple et des cantons. «Le Conseil fédéral reconnaît l'importance de l'argent liquide pour l'économie et la société» La ministre des finances Karin Keller-Sutter https://www.watson.ch/fr/suisse/economie/358240946-l-argent-liquide-va-etre-inscrit-dans-la-constitution-suisse
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Des enseignants appellent à boycotter les manuels scolaires édités par le groupe Bolloré Les syndicats Sud Education et FSU-SNUipp ainsi que les Soulèvements de la Terre dénoncent la mainmise du groupe Bolloré sur les manuels scolaires, notamment via Hachette. Ils appellent au boycott dans une tribune. « Dans le cadre de la campagne « Désarmer Bolloré » et en continuité de l’appel signé par plus d’une centaine de collectifs, syndicats, associations… nous voulons mettre un focus particulier sur les manuels scolaires et les ressources pédagogiques en ligne des éditeurs », appellent dans une tribune des syndicats, enseignant·es, chercheurs·euses. « Dans notre pays et jusqu’à aujourd’hui, les enseignant·es sont libres de leur pédagogie et du choix des manuels ou ressources utilisées à condition de respecter des programmes définis nationalement. Or, cette liberté pédagogique est attaquée de toutes parts », alerte le texte, qui s’inquiète d’autant plus de voir l’emprise que prend le groupe du milliardaire ultra-conservateur Vincent Bolloré sur l’édition de manuels scolaires en France. « Ce monsieur détient aujourd’hui une majorité des éditions de manuels scolaires parmi lesquelles Hachette Éducation qui publie actuellement des manuels de la maternelle à l’enseignement supérieur et possède également Hatier, Dunod, Foucher, Lelivrescolaire.fr… » En effet, le groupe Hachette est le principal éditeur de livres scolaires et aussi de livres jeunesse avec Castelmore, Didier Jeunesse, Grasset Jeunesse, Hatier Jeunesse, La bibliothèque verte, La bibliothèque rose, Le livre de poche Jeunesse, Rageot… Si les éditeurs n’ont pas directement la main sur les programmes, « ils sont toutefois libres de les présenter sous certains angles rédactionnels ou avec des illustrations qui correspondent à une “ligne éditoriale” très orientée. Pire encore pour les manuels parascolaires (les fameux cahiers de vacances et autres livres de soutien scolaire) qui ne sont soumis à aucun cadrage officiel », poursuit le texte. Les syndicats enseignant craignent en conséquence une réduction de la liberté pédagogique. « Ni les enseignant·es, ni les élèves ne se ressemblent tous et toutes. C’est cette richesse de diversités et d’approches pédagogiques multiples qui fondent la formation d’adultes en devenir capables d’une pensée libre, autonome et critique. On peut aussi s’alarmer quant à la garantie, au sein de ces groupes tentaculaires et de leurs filiales, de la liberté éditoriale accordée aux nombreux·ses auteurs·ices, chercheurs·euses qui jusqu’ici y publiaient des ouvrages de qualité et d’une grande diversité fournissant des ressources précieuses dans les classes. » « Pour une école émancipatrice, solidaire et inclusive, boycottons les manuels scolaires édités par l’empire Bolloré », appelle la tribune. https://basta.media/des-enseignants-appellent-boycott-manuels-scolaires-edites-Bollore
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Quelle place pour les hommes dans la lutte féministe ? Comment changer, concrètement, et se détacher des schémas patriarcaux dans le couple et dans sa vie ? Dans un ouvrage destiné aux autres hommes, Quentin Delval esquisse des solutions. Entretien. Le titre de son livre a le don d’intriguer. Dans Comment devenir moins con en dix étapes, paru en 2023, Quentin Delval se demande comment faire pour, concrètement, devenir un homme meilleur malgré un système patriarcal dominant. Ancien formateur en milieu carcéral, chercheur et employé au sein de structures promouvant la diversité et l’inclusion, il a également été père au foyer. Son essai prend à bras le corps la question de la place des hommes dans la lutte féministe, et a le mérite de proposer des solutions concrètes, quotidiennes, et à hauteur d’individu. La maison d’édition féministe qui publie son ouvrage, Hors d’atteinte, prévient en préambule, que « ce livre est le fruit d’une longue réflexion, loin d’être aboutie, sur la place des hommes dans la révolution féministe et la production éditoriale actuelles ». Nous avons rencontré Quentin Delval pour parler de ces pistes de réflexion ainsi que de l’enjeu de comprendre et repenser les masculinités. Basta! : Il n’y a pas qu’une seule masculinité, écrivez-vous : « On peut parler de masculinité bourgeoise ou ouvrière, de masculinité “raciale et culturelle”, blanche, noire, arabe ou juive, ou encore hétéro ou gay ». Cet ouvrage ne s’adresse donc pas qu’aux gens comme vous – un homme blanc, hétéro, ayant pris conscience des questions d’égalité femme-homme grâce à ses expériences professionnelles ? Quentin Delval : Je m’adresse à des hommes dont le plus petit dénominateur commun est de se penser en accord avec les valeurs et les objectifs des luttes féministes, sans forcément savoir comment se mettre en mouvement ou surmonter certains obstacles. Des hommes qui vivent leur masculinité mais sont prêts à l’adapter, à la transformer, au vu des enjeux actuels. Je n’essaye donc pas de parler à des gens qui n’en auraient rien à faire. La suite ici https://basta.media/On-pense-etre-le-meilleur-mec-anti-patriarcal-alors-qu-on-rejoue-masculinite-dominante-interview-Quentin-Delval
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Il y a quatre-vingts ans naissait la Sécurité sociale. La socialisation d’une part de la richesse allait permettre d’éradiquer la misère des retraités. Mais, plutôt que la célébration de cet anniversaire, 2025 pourrait marquer un tournant pour des citoyens français transformés en « actionnaires malgré eux », et inaugurer le retour de la pauvreté parmi ceux qu’on avait cherché à protéger. C’est une figure éculée du discours conservateur : plaider l’audace pour justifier un tête-à-queue sur l’autoroute du progrès social. « Osons la retraite par capitalisation ! », s’intitulait une tribune signée par quarante-quatre sénateurs dans Le Figaro du 2 mars 2023. Tandis que des centaines de milliers de Français défilaient contre le projet de réforme du gouvernement de Mme Élisabeth Borne, la prise de position des parlementaires participait de la contre-offensive (1). Car, au fond, on connaîtrait la solution miracle pour sauver le système. Au sein du « conclave » réuni depuis fin février à la demande du premier ministre François Bayrou, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et le Mouvement des entreprises de France (Medef) y reviennent. Les futurs retraités devraient épargner auprès d’institutions privées chargées de faire fructifier leur pécule avant de le leur reverser sous forme de rente. « Sur la capitalisation, nous n’avons pas de tabou », déclare pour sa part la secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) Marylise Léon (Le Figaro, 22 mai 2025). Le gouvernement saura opposer cet état d’esprit, constructif, à la rigidité des autres syndicats. Car la ministre du travail Astrid Panosyan-Bouvet regrettait précisément un « tabou dans les discussions sociales » dans Le Parisien (25 avril 2025). Alors, oui, levons-le. En passant en revue les idées reçues qui érigent la capitalisation en évidence. MYTHE n°1 : « La générosité de la répartition creuse l’écart entre retraités et actifs » « Les retraités ont un meilleur niveau de vie que la population française », avance le site de BFM TV (22 janvier 2025). À cet égard, pour ses promoteurs, l’instauration d’un dispositif par capitalisation serait vectrice de justice sociale, par rapport au système par répartition. Si le niveau de vie des retraités — apprécié en tenant compte de la propriété éventuelle de leur logement — se compare à celui des actifs (une catégorie qui comprend les chômeurs), voire l’excède légèrement, ce constat général masque des disparités. Le montant moyen des pensions s’élève à 1 662 euros net par mois ; 15 % des retraités ont un niveau de vie mensuel — après soustraction du coût du logement — égal ou inférieur à 1 020 euros. Plus bas que celui de l’ensemble de la population (14,5 %), le taux de pauvreté des retraités (10 %) reste supérieur à celui des salariés (6,1 %) (2). Certes, il y a des retraités riches. Mais leur niveau de vie repose moins sur les retraites qu’ils perçoivent que sur leur patrimoine accumulé. Bref, les retraités riches ne le sont que parce qu’ils ont été des actifs riches. MYTHE n°2 : « La capitalisation est une solution novatrice » « La retraite par capitalisation est l’incontournable solution d’avenir », clame M. Marc Fiorentino, cofondateur du site Meilleurtaux Placement (Midi libre, 21 février 2025). Il s’agit pourtant d’un mécanisme éprouvé, aux défauts bien connus. Les premières caisses de retraite mises en place au milieu du XIXe siècle puis le premier système de retraite national instauré en France en 1910 reposaient sur cette logique. Incapables de servir des pensions permettant aux retraités d’échapper à la pauvreté et inadaptés aux périodes de forte inflation (fréquentes à l’époque), ils furent abandonnés. À la création de la Sécurité sociale, on leur préféra la répartition. Elle a depuis démontré sa capacité à faire face aux crises financières et à progressivement sortir les retraités de l’indigence : leur taux de pauvreté en France est l’un des plus faibles d’Europe (3). MYTHE N°3 : « La capitalisation existe, la justice sociale implique de l’ouvrir à tous » Les pharmaciens ou les fonctionnaires jouissent déjà de retraites qui s’appuient en partie sur la capitalisation. La tribune des sénateurs précitée vante les mérites d’une généralisation : « Passer d’une capitalisation limitée qui ne bénéficie qu’à quelques-uns à une capitalisation collective permettra de limiter les inégalités patrimoniales et de faire bénéficier à tous des plus-values du capital. » « Un vrai rêve marxiste ! », renchérit l’économiste Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet de lobbying propatronal Asterès (L’Express, 28 novembre 2024). Pour l’heure, le projet réjouit surtout les assureurs et les sociétés proposant des produits financiers. La capitalisation permet d’ouvrir au privé la plus grosse part du gâteau de la protection sociale, soit 355 milliards d’euros en 2022. Si le projet devenait réalité, ils ne seraient d’ailleurs pas seuls à festoyer : le développement de la capitalisation — tout comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sociale promue par le patronat et soutenue à demi-mot par le chef de l’État lors de son intervention télévisée le 13 mai — permettrait d’envisager une diminution des cotisations des employeurs. Karl Marx aurait-il applaudi à cette adhésion contrainte des futurs retraités au capitalisme boursier ? Ou encore au remplacement de la solidarité qui, aujourd’hui, lie les générations par une autre, entre retraités et actionnaires ? Les premiers en viendraient à plaider pour qu’on satisfasse les seconds — quitte à nuire aux travailleurs, aux générations futures et à la planète. Le « capitalisme malgré soi », celui qui contraint les actifs à recourir à l’emprunt, promeut l’actionnariat salarié ou, avant même l’entrée sur le marché du travail, fait ployer les étudiants sous le poids de la dette. Ne manquait plus qu’un moyen de toucher les seniors. En faire des actionnaires offre de surcroît des perspectives intéressantes en matière de maintien de l’ordre social dans un pays où les plus de 60 ans, toujours plus nombreux, votent davantage que les autres. MYTHE N°4 : « On n’introduit qu’une dose de capitalisation, de façon à sauvegarder le système actuel » « Il ne s’agit pas d’une révolution, plaident les sénateurs, mais d’une optimisation. Un système à deux étages dont le socle serait la retraite “universelle” garantie par notre système de répartition actuel, auquel viendrait s’adosser une retraite par capitalisation. » L’expérience suggère toutefois que l’introduction d’un dispositif à deux vitesses, même généralisé, enfonce un coin entre les classes sociales. Il devient plus facile pour les gouvernements de réduire encore les contributions alimentant le mécanisme solidaire, et de circonscrire peu à peu les logiques de répartition. Plutôt que de préserver la nature « universelle » de la protection sociale, la capitalisation accentue son individualisation. M. Jean-Philippe Delsol ne s’y trompe pas : la capitalisation, explique cet avocat fiscaliste, « contribuerait à responsabiliser chacun et favoriserait ainsi la résolution de cette crise de la responsabilité qui est peut-être la crise majeure que vit notre société biberonnée depuis trop longtemps à l’État-providence » (L’Opinion, 9 octobre 2024). MYTHE N°5 : « Les oppositions à la capitalisation sont avant tout idéologiques » « À la gauche du spectre politique, estime M. Bertrand Martinot, ancien conseiller de M. Nicolas Sarkozy et auteur d’une étude pour la Fondapol, un think tank libéral, l’idée selon laquelle les salariés seraient liés au capital et non pas uniquement aux fruits de leur travail, c’est-à-dire les salaires, pose un problème doctrinal. » D’un côté, donc, la rigidité idéologique ; de l’autre, le bon sens, à chacun selon son mérite — un principe que peuvent défendent aussi les tenants de la retraite à points tels que Thomas Piketty (4). La capitalisation s’inscrit, en réalité, dans un projet au long cours : la casse de la Sécurité sociale comme instrument de solidarité et de socialisation. L’ancien numéro deux du Medef Denis Kessler fixait l’objectif aux réformateurs de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance » et « tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception » (Challenges, 4 octobre 2007). On a connu pragmatisme moins doctrinaire. MYTHE N°6 : « La capitalisation permet de doper la croissance » « En dotant l’ensemble des travailleurs d’un portefeuille d’épargne-retraite collectif, on orienterait l’épargne nationale vers des secteurs stratégiques », conjecture Bouzou, plein d’enthousiasme. Avant d’ajouter : « Une fois en place, ce système (…) alimenterait l’innovation et réconcilierait justice sociale et performance économique. » « Les cotisants seraient ainsi indirectement impliqués dans l’économie de leur pays », renchérit M. Delsol, qui semble oublier que, pour cotiser, il faut le plus souvent travailler, ce qui n’est pas la moindre des « implications » dans l’économie de son pays. En achetant des actions, soutiennent les partisans d’un changement de système, les particuliers doteraient les entreprises des fonds requis pour investir et croître. Toutefois, la capitalisation ne donne pas naissance à une myriade d’investisseurs sensibles à l’intérêt national, mais à une poignée de fonds de pension : des mastodontes dont la priorité reste d’obtenir les meilleurs rendements possibles. Dans ces conditions, « investir » revient en réalité à spéculer. Aux États-Unis, la durée moyenne de détention des actions était de cinq mois et demi en juin 2020, alors qu’elle se situait autour de cinq ans des années 1940 aux années 1980 (5). À un tel rythme, le marché ne consolide pas les finances des entreprises, il en fragilise le pilotage et dénature le fonctionnement même de l’économie réelle. MYTHE N°7 : « Les marchés croissent plus vite que l’économie réelle » « La capitalisation est (...) significativement plus performante que la répartition », soutient le rédacteur d’une note récente pour le think tank Terra Nova (6). Pourquoi ? Car « le rendement du capital est structurellement supérieur à la croissance », explique Bouzou, qui semble ignorer que la finance ne produit aucune richesse. Les profits qu’elle dégage sont tirés de l’économie réelle. De surcroît, la financiarisation de l’économie et l’extraction de rendements supérieurs à ceux de l’économie productive sont facteurs d’instabilité. Donc de crises. Ce qui explique leur retour à partir de la dérégulation enclenchée au cours des années 1970. « C’est compter sans l’encadrement des pratiques ! », rétorqueront ceux qui, comme Bouzou, misent sur la réglementation pour tempérer l’esprit animal du capitalisme. Des mesures d’encadrement similaires à celles imposées aux institutions financières à la suite de leurs « dérives » ? Ces initiatives interviennent toujours après que les petits porteurs ont été détroussés. Avant, on lâche la bride aux spéculateurs. Ainsi Washington vient-il d’annoncer la levée des mesures prises à la suite de la crise des subprime, en 2008 (Financial Times, 15 mai 2025)… MYTHE N°8 : « Les autres pays ont choisi la capitalisation, il nous faut en faire autant » « Choisir la capitalisation, c’est aussi faire le pari de ce qui fonctionne à nos portes. Nos voisins, l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore la Suisse, l’ont fait », plaident les sénateurs. Aux États-Unis, par exemple, elle contribue à environ 40 % des pensions perçues. Avec certains risques : lors de la crise financière de 2008, par exemple, la valeur des actifs détenus par l’ensemble des fonds de la planète a reculé de 25 % (7), contraignant les Américains qui le pouvaient à retarder de plusieurs années leur départ à la retraite, et les autres à accepter une diminution significative du montant de leurs pensions. Et au Chili ? Le premier pays à avoir imposé la capitalisation individuelle privée, sous la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), tend à en revenir. Les trois quarts des retraités y touchent une pension plus faible que le salaire minimum (Le Monde, 2 février 2025). MYTHE N°9 : « De toute façon, le modèle actuel est condamné par le vieillissement de la population » « Le système français par répartition est à bout de souffle pour des raisons démographiques », plaide Le Figaro le 24 mars 2023. « Lorsque la population vieillit, détaille Sud-Ouest, le nombre de retraités augmente par rapport au nombre d’actifs et le système peut devenir moins soutenable financièrement » (27 février 2025). Pourtant, de l’avis même de l’ancien chef économiste de la banque Natixis, l’introduction d’une dose de capitalisation ne serait « pas efficace » (Le Point, 18 janvier 2025). Dans une société qui vieillit, explique Patrick Artus, le rendement des actions peut diminuer faute de bras en quantité suffisante pour créer de la richesse et du fait de retraités qui consomment moins que leurs cadets. À cela s’ajoute, selon Artus, le problème des années de transition d’un système à l’autre, pendant lesquelles les actifs subiraient une double contribution. « Une fois pour leur propre retraite (dans le cadre de la capitalisation) ; une autre pour celle de leurs aînés (dans le cadre de la répartition), admet Terra Nova. Le coût est colossal ! » En vérité, les discours sur le déficit du système de retraite français — que les cassandres annoncent abyssal au cours des prochaines décennies — doivent être relativisés. Les prévisions les plus pessimistes ne le placent qu’à 1 % du produit intérieur brut (PIB), loin d’un « dérapage » incontrôlé. L’accent mis sur l’urgence à réformer et sur la capitalisation comme solution permet surtout d’esquiver la discussion d’autres options. Comme la contribution de certains revenus, notamment issus de placements et du patrimoine, au financement de la protection sociale. Ou l’augmentation des salaires — et la suppression des inégalités salariales entre les femmes et les hommes (8) —, qui se traduirait par une hausse des cotisations favorisant l’équilibre du régime. Dans de telles conditions, faut-il vraiment « oser » la retraite par capitalisation ? (1) Lire Grégory Rzepski, « Capitalisation, l’autre nom de la réforme des retraites », Le Monde diplomatique, mars 2023. (2) « Les retraités et les retraites. Édition 2024 », direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 30 octobre 2024. (3) Lire Michael Zemmour, « Bientôt, la retraite à 70 ans ? », Le Monde diplomatique, novembre 2022. (4) Lire Martine Bulard, « Retraite à points… de non-retour », La valise diplomatique, 4 décembre 2019. (5) Thibault Le Flanchec, « Investir n’est pas spéculer », 1er janvier 2023. (6) Éric Weil, « La retraite par capitalisation obligatoire : l’obstacle du coût de la transition », 19 mai 2025. (7) François Charpentier, « Selon l’OCDE, les fonds de pension ont perdu 5 400 milliards de dollars de 2008 et appauvri des millions de retraités », 23 juin 2009. (8) Lire Christiane Marty, « Emplois, salaires, pensions, debout les femmes ! », Le Monde diplomatique, mars 2023
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« C’est une nécessité sociale et fiscale » Pour faire ruisseler, il faut taxer. Les sénateurs examineront jeudi 12 juin une proposition de loi visant à instaurer une taxation d’au moins 2 % sur les patrimoines excédant 100 millions d’euros, inspirée par l’économiste Gabriel Zucman. « Il serait logique que les grandes fortunes contribuent au budget de l’État, comme les classes moyennes », défend le sénateur Thomas Dossus, du Groupe écologiste – Solidarités et territoires (GEST), qui a inscrit le texte dans sa niche parlementaire. Car c’est l’un des paradoxes de la situation présente : « à partir d’un certain niveau de fortune, le taux d’imposition réel s’effondre par rapport à celui des taxes moyennes », explicite le sénateur. Les ultrariches ne contribuent que très peu à l’impôt. « La question posée à notre assemblée est : y a-t-il un niveau de fortune où on est exempté d’impôt ? », soumet le parlementaire. Lors d’une conférence de presse ce mardi au palais du Luxembourg, la sénatrice écologiste Ghislaine Senée ironisait, lançant « un appel aux millionnaires à se battre avec nous car, eux, ne seront pas touchés ». Une mesure de salubrité budgétaire et sociale Le dispositif proposé est simple. Il ne toucherait que les 4 000 contribuables les plus fortunés, soit les 0,01 % les plus riches, ceux dont le patrimoine excède 100 millions d’euros. Si la somme de leur impôt sur le revenu, de leur impôt sur la fortune immobilière, de leur contribution sociale généralisée (CSG), de leurs contributions au remboursement de la dette sociale (CRDS) et de leur contribution exceptionnelle sur les hauts revenus est inférieure à 2 % de leur patrimoine, ils se doivent de verser la différence. Le rendement escompté d’un tel prélèvement est de 15 à 20 milliards d’euros. « Le patrimoine des plus riches doit faire nation. C’est une nécessité sociale et fiscale. C’est une volonté majoritaire des Français », estime le sénateur communiste Pascal Savoldelli, interrogé par l’Humanité. En effet, la taxe dite Zucman est une mesure de salubrité budgétaire, alors que les exemptions fiscales depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017 s’amoncellent, pour un total de 62 milliards d’euros. Environ quatre milliards d’euros sont ainsi perdus tous les ans du fait de la seule suppression de l’impôt sur la fortune en 2017. La taxe Zucman est aussi une mesure de justice sociale. Les 500 premières fortunes françaises ont, ces dix dernières années vu leur fortune passer de 200 milliards d’euros à 1 200 milliards d’euros ! Celle du premier d’entre eux, Bernard Arnault doté d’un patrimoine de 144 milliards d’euros selon les calculs du magazine Forbes « équivaut au produit intérieur brut du Maroc », compare Ghislaine Senée. L’un des enjeux du prochain budget Le texte, déposé par la députée Eva Sas, est déjà passé à l’Assemblée nationale le 20 février, où il est passé, par 116 voix pour (venant des bancs de la gauche) 39 contre (venant des groupes macronistes, de la Droite républicaine et de l’UDR), et 31 abstentions (essentiellement sur les bancs du Rassemblement national). Les sénateurs écologistes espèrent un vote favorable à leur proposition de loi à la Chambre haute. https://www.humanite.fr/politique/gabriel-zucman/cest-une-necessite-sociale-et-fiscale-la-taxe-zucman-sur-les-001-les-plus-riches-examinee-au-senat
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Pourquoi Shein et Christophe Castaner sont visés par un signalement adressé au « gendarme des lobbies » ? Les Amis de la Terre France et l’Observatoire des multinationales demandent que les rôles de l’ex-ministre Christophe Castaner, de l’ancienne secrétaire d’État Nicole Guedj et de l’ex-dirigeant du Medef Bernard Spitz soient clarifiés. Ces trois personnalités ont été recrutées en décembre 2024, officiellement pour conseiller Shein en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE). Mais Pierre Condamine, chargé de campagne aux Amis de la Terre, a des doutes sur la réelle nature de leur mission : « Nous demandons à la HATVP de vérifier que MM. Castaner et Spitz et Mme Guedj n’ont pas effectué de représentation d’intérêts pour le compte de Shein », indique-t-il. https://www.humanite.fr/societe/christophe-castaner/pourquoi-shein-et-christophe-castaner-sont-vises-par-un-signalement-adresse-au-gendarme-des-lobbies
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L'art est le plus court chemin de l'homme à l'homme. André Malraux
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Je préfère mourir debout que vivre à genoux. Stéphane Charbonnier, dit, Charb
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Le 29 mars 1988, Dulcie September, une militante sud-africaine, figure de la lutte anti-apartheid, était assassinée en plein Paris. Retour sur un meurtre qui jette une lumière crue sur les relations de la France avec le régime raciste alors en place en Afrique du Sud. Paris, 10ᵉ arrondissement, rue des Petites écuries. Une petite voie, située à deux pas du métro Château d’Eau. C’est ici qu’a été assassinée, le 29 mars 1988, Dulcie September, une militante sud-africaine, figure de la lutte anti-apartheid. Cinq balles silencieuses tirées à bout portant, dans la tête et dans la nuque, devant la porte de son bureau au 4ᵉ étage de cet immeuble. Dulcie September était alors en pleine investigation sur les relations troubles entretenues par la France et l’Afrique du Sud. Elle enquêtait sur le trafic d’armes illégal et la collaboration nucléaire entre les deux pays et se savait menacée. Une enquête bâclée, un non-lieu quatre ans plus tard et un crime politique toujours non élucidé, 35 ans après. Une chose est certaine, cette combattante acharnée embarrassait la France et l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, sa famille est toujours engagée dans un combat pour faire reconnaître une défaillance de la justice française dans le dossier. Et obtenir justice et vérité sur ce crime d’Etat, commandité par les services secrets sud-africains avec des complicités françaises. Un âpre combat judiciaire Plus de 35 ans après l’assassinat de Dulcie September, sa famille n’abdique pas et mène un âpre combat judiciaire pour obtenir la vérité. Suite au refus de la justice d’ouvrir de nouvelles investigations après une nouvelle plainte en 2019 – sous motif de prescription – la famille a engagé une nouvelle procédure en 2021 contre l’État français. Elle l’accuse de « faute lourde » et de « déni de justice » dans le traitement de l’affaire et le non-lieu prononcé en 1992. Déboutés en première instance, les neveux et nièces de Dulcie September ont fait appel, mais ont été déboutés de leurs poursuites contre l’État français. Le seul espoir de voir rouvrir cette enquête semble résider dans la demande d’entraide judiciaire que l’Afrique du Sud pourrait transmettre à la France.
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Patrick Baronnet et sa femme sont les pionniers de la vie autonome. Il y a presque 50 ans, ils ont transformé leur maison pour la rendre indépendante en eau et en électricité. Alors qu’ils étaient vus comme des marginaux à l’époque, ils ne payent aujourd’hui plus du tout de factures énergétiques. "On a tout le confort qui nous intéresse"
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Comment les ultrariches tentent de sauver leur peau face au changement climatique
Marcuse a répondu à un(e) sujet de Doïna dans Environnement
TotalEnergies devant la justice pour greenwashing : la multinationale doit répondre d’accusations de « pratiques commerciales trompeuses » concernant sa communication depuis son changement de nom. https://www.greenpeace.fr/les-faux-arguments-de-totalenergies/ -
La question des nationalisations revient en force avec les scandales industriels d’ArcelorMittal et de Vencorex. Une ambition soutenue par une majorité de Français et partagée à gauche, même si le poids de la puissance publique dans l’économie reste discuté. Le mot n’est plus tabou : nationalisation. Et les initiatives de la gauche s’enchaînent en ce sens. Les députés Stéphane Peu (PCF) et Aurélie Trouvé (LFI) y sont allés de leur proposition de loi pour nationaliser les sites français d’ArcelorMittal. Suivis de près par le numéro un du PS, Olivier Faure, pour qui le président « aurait pu annoncer que la nationalisation temporaire est possible », comme il l’a déclaré sur TF1 le 15 mai. Autant de réponses à une situation industrielle inquiétante. ArcelorMittal a annoncé la suppression de plus de 600 postes dans le Nord et l’Est et fait la grève des investissements nécessaires à la décarbonation du site de Dunkerque. En Isère, Vencorex vient de passer sous pavillon chinois et les dirigeants du PS, du PCF, des Écologistes et des insoumis demandent là aussi une prise de contrôle public de ce fleuron de la chimie. Malgré l’unité et la volonté partagée de restaurer un « État stratège », l’engouement pour les nationalisations n’est pas partagé par tous à la même hauteur. Les Écologistes ont déposé une proposition de loi qui se borne à une mise sous tutelle sans prise de contrôle du capital, un dispositif qui existe chez nos voisins britanniques. Ainsi, ce texte porté par Charles Fournier vise à « pouvoir réagir vite et mettre sous gestion publique temporaire une entreprise dès lors qu’elle a un caractère stratégique », expose le député. « Il faut défendre l’appareil productif pour éviter un décrochage définitif" https://www.humanite.fr/politique/arcelormittal/arcelormittal-vencorex-pour-combattre-la-desindustrialisation-la-nationalisation-re-fait-son-chemin-a-gauche
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rebelote chez Air France, la culture d’entreprise machiste en pilote automatique Quatre mois après l’enquête de Radio France, qui avait levé le voile sur des faits récurrents et largement impunis, la révolution espérée par les victimes n’a pas eu lieu. Si la compagnie aérienne met en avant des mesures volontaristes, elles ne font pas le poids face aux résistances liées à une culture d’entreprise encore imprégnée de codes machistes. Depuis l’irruption de #MeToo, elle guettait fébrilement le moment où l’onde de choc allait enfin secouer l’entreprise et dénouer les langues. Après l’avalanche de témoignages recueillis auprès d’hôtesses de l’air victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS) par la cellule investigation de Radio France il y a quatre mois, Alice*, cheffe de cabine à Air France, pensait enfin venue l’heure de cette prise de conscience collective. Le voile levé sur l’ampleur des cas de VSS au sein de la compagnie aérienne, les propos dégradants ciblant les salariées, leur normalisation et le sentiment d’impunité des agresseurs – autant de faits pointés par un rapport d’audit daté de septembre 2024 et sur lesquels l’inspection du travail se penche actuellement – ne pouvaient à ses yeux manquer de provoquer un sursaut. Ce fut la douche froide pour celle qui, en trente ans de carrière, n’a jamais pu s’accommoder du climat sexiste omniprésent dans son quotidien professionnel. Un chef de cabine qui colle à plusieurs reprises son sexe dans le dos d’une hôtesse en plein vol, la harcèle en escale, mais échappe aux sanctions de la direction ; steward qui empoigne la poitrine d’une autre dans une chambre d’hôtel sous les ricanements du pilote… les témoignages sont édifiants. Et pourtant. « Quand les révélations sont sorties, c’était : ”Circulez, il n’y a rien à voir.” Un collègue a carrément nié le problème quand j’ai abordé le sujet. En fait, il s’en fichait. Ce n’était pas son affaire. La plupart des gens ici n’arrivent toujours pas à mettre de mots sur ce qui se passe », analyse Alice. https://www.humanite.fr/social-et-economie/air-france/il-sapproche-de-moi-pose-son-doigt-sur-mon-sein-chez-air-france-la-culture-dentreprise-machiste-en-pilote-automatique
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Seize militants d'un groupe d'ultradroite sont jugés à partir de mardi à Paris pour participation à une association de malfaiteurs terroriste. Ils sont accusés d'avoir voulu s'en prendre à la communauté musulmane en empoisonnant de la nourriture halal ou en faisant exploser la porte d'une mosquée. Ils se faisaient appeler Richelieu, Mirabeau, Attila, et rêvaient de "combattre l'emprise musulmane" notamment en empoisonnant de la nourriture halal : seize militants d'un groupe d'ultradroite sont jugés à partir de mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour participation à une association de malfaiteurs terroriste. Ils sont en apparence des monsieur et madame Tout-le-Monde, ingénieur, comptable à la retraite, infirmière et même diplomate. Ces treize hommes et trois femmes se définissent comme patriotes et partagent un attrait pour l'armée. Bascule vers l'extrême droite en 2015 Tous ont rejoint entre 2017 et 2018 le groupe "Action des forces opérationnelles" (AFO), une organisation "hiérarchisée et structurée" planifiant des "actions violentes concrètes dans des lieux symboliques" de l'islam, selon l'ordonnance dont l'AFP a eu connaissance. Pour beaucoup, les attentats de 2015 et 2016 ont été l'étincelle, le signe "que la guerre a commencé". "Le premier choc a été janvier 2015 où ils basculent vers l'extrême droite. Ensuite, la radicalisation violente s'est faite après le 13 novembre", selon Nicolas Lebourg, historien, spécialiste de l'extrême droite. L'enquête a révélé que l'objectif revendiqué de AFO était de "faire prendre conscience (...) du risque de pénétration islamiste", dans le but de "rétablir pour nos enfants et nos petits-enfants l'héritage bâti par nos ancêtres". "L'assimilation à la Résistance, à une vision fantasmée en tout cas, est fondamentale" pour eux, ajoute Nicolas Lebourg, qui a étudié leurs profils. Pendant leur garde à vue, plusieurs des prévenus ont ainsi fait référence à la Seconde Guerre mondiale, comme cette femme qui expliquait aux enquêteurs avoir à un moment donné "vraiment cru faire partie de la Résistance, comme dans les films". Terroriser la communauté musulmane Le groupe avait imaginé une "opération halal" prévoyant de dissimuler les femmes d'AFO sous des niqabs pour empoisonner de la nourriture dans les rayons halal de supermarchés avec du cyanure ou de la mort aux rats. L'objectif final n'était pas de tuer, mais d'intoxiquer les acheteurs "pour discréditer la nourriture halal". Pour marquer les esprits et terroriser les musulmans, AFO imaginait aussi tuer "200 imams radicalisés" et faire exploser la porte d'une mosquée de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Les seize personnes jugées sont considérées comme les plus radicales et les plus impliquées. Elles sont soupçonnées d'association de malfaiteurs terroriste et de recherches d'armes, avec des implications diverses. Guy S, alias "Richelieu", soupçonné d'être le créateur d'AFO Guy S., nom de code "Richelieu", retraité de la police nationale, a été identifié par les enquêteurs comme étant à l'origine de la formation d'AFO. Sa compagne, Marie-Véronique R., était elle chargée d'animer le blog "Réveil patriote", organe prosélyte du groupe. "Notre client conteste fermement avoir nourri un quelconque projet d'action violente ainsi que plus généralement les faits de terrorisme qui lui sont reprochés", indiquent à l'AFP ses avocates, Me Lucile Collot et Me Olivia Ronen. Autre prévenu dans cette affaire, Philippe C., 61 ans aujourd'hui, téléopérateur de nuit auprès d'une société de taxis, fan de tir et de survivalisme. Un "patriote" selon ses propres mots aux enquêteurs, "prêt à prendre les armes pour son pays menacé", "convaincu qu'une guerre civile allait arriver". Des armes à feu et des milliers de munitions avaient été trouvées lors de perquisitions, y compris des éléments entrant dans la fabrication d'explosifs de type TATP. Des faits correctionnalisés Suivant les réquisitions du Parquet national antiterroriste (Pnat) de mai 2023, la juge d'instruction a correctionnalisé les faits, initialement considérés comme criminels, ce qui fait encourir une peine moins longue aux 16 prévenus. "En dépit de la gravité des projets proposés", le Pnat avait expliqué à l'AFP avoir appliqué sa "politique pénale habituelle (...) lorsque les projets d'action violente ne sont pas pleinement finalisés". La juge endosse dans son ordonnance l'analyse du Pnat rapprochant AFO d'une "idéologie alimentée par l'assimilation du terrorisme jihadiste à l'islam en général, la crainte du grand remplacement, et une vision décliniste de la société française à laquelle répondait le survivalisme déviant vers l'accélérationnisme". Les 16 prévenus comparaitront libres, sous contrôle judiciaire. Le procès doit durer jusqu'au 27 juin. https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/ultradroite-ils-voulaient-cibler-des-musulmans-seize-militants-juges-a-partir-de-mardi-a-paris-8239956
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L’Etudiant dévoile son nouveau classement des meilleures villes étudiantes 2025. Pour cette édition, la rédaction de l’Etudiant a comparé 47 villes françaises qui accueillent plus de 8.000 étudiants. A partir de la 11e place, les villes sont classées par intervalles de dix rangs et sont donc à égalité sur ces intervalles. Ainsi, il faut lire pour Paris : "Entre la 11e et la 20e place", etc. Le top 3 des meilleures villes étudiantes Quel est le top 3 des meilleures villes étudiantes en 2025 ? La rédaction de l'Etudiant a comparé les 47 villes sur la base de ses critères habituels (voir le détail ci-après). En 2025, Toulouse (31) est la meilleure ville étudiante de France. En comparaison avec ses concurrentes, la Ville rose progresse sur à peu près tous les critères, de la part d'étudiants aux transports en passant par les initiatives locales. Seules légères baisses : le logement et l'offre culturelle. La deuxième ville est Besançon (25). Déjà très bien classée en 2024, la capitale de la Franche-Comté profite de l'étoffement de deux critères de notre classement : la santé et les transports. Nous prenons désormais en compte l'accessibilité à des spécialistes de santé rares et précieux sur un territoire, comme les dermatologues et gynécologues, et la part des actifs de l'agglomération qui utilisent le réseau de transport. Enfin, Montpellier (34), double tenante du titre de notre classement, perd une place et prend la deuxième place ex-aequo. La capitale héraultaise reste première sur les transports avec sa gratuité totale pour les habitants du territoire. Mention honorable à Caen (14), troisième meilleure ville étudiante de notre classement en 2024 et cinquième cette année. La capitale du Calvados connaît des évolutions contrastées sur plusieurs critères que nous avons étoffés : du positif sur la santé et une baisse conséquente sur l'offre de logement. Cette dernière corrobore les retours de terrain que nous avons eus, évoquant des difficultés à se loger dans l'agglomération caennaise ces dernières rentrées. https://www.letudiant.fr/classements/classement-des-villes-etudiantes.html
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Les femmes arabes en Occident subissent une misogynie racialisée – l’arabisogynie –, qui les enferme entre hypercontrôle et invisibilisation. (Par Nesrine Slaoui) "J’ai cherché à formuler comment et pourquoi les femmes arabes vivant en Occident ne sont pas perçues comme des femmes et sont pourtant traitées avec une misogynie bien spécifique. De la même manière que l’intellectuelle queer afro-américaine bell hooks a démontré que les femmes noires ne sont pas perçues comme des femmes non plus. Et pourtant ! Ne sommes-nous pas de celles qui ont peur en marchant seules dans la rue le soir ? Ne sommes-nous pas de celles qui portent la charge mentale* et émotionnelle dans l’espace intime, familial et communautaire, surplombée de la charge raciale partout ailleurs ? Ne sommes-nous pas de celles qui subissent agressions sexuelles et sexistes, violences conjugales et écart salarial aggravé par le racisme ? Ne sommes-nous pas de celles qui, en plus, subissent le syndrome méditerranéen – ce préjugé de la femme forte et résistante, donc pas soignée correctement – pour finir par en mourir sans aide, comme Naomi Mussenga ? Ne sommes-nous pas de celles qui risquent d’être tuées lors d’un contrôle de police, comme Rayana ? En écrivant mon essai féministe et antiraciste Notre Dignité, cette phrase m’est apparue comme une évidence : « Je suis une femme, le racisme empêche de le voir. » Évidemment, elle n’est pas le fruit seulement de ma réflexion mais de mes lectures attentives des afro-féministes, d’Audre Lorde à Kimberlé Crenshaw, des militantes nord-africaines, de Fatima Mernissi à Gisèle Halimi autant que des sociologues françaises comme Nacira Guénif Souilamas – qui a fourni les premières analyses sur la beurette – et Hanane Karimi qui mène une réflexion sur la place des femmes qui portent le voile dans le féminisme. Après des années à observer la pop culture – la téléréalité comme les réseaux sociaux – et à échanger avec des figures publiques comme anonymes, j’en étais déjà venue à la conclusion que les femmes maghrébines, perçues comme arabes malgré le profond héritage amazigh, étaient détestées, profondément, de toute part. Cette détestation est alimentée en permanence par le discours politico-médiatique. Le harcèlement vécu récemment par Léna Situations, de son vrai nom Mahfouf, au Festival de Cannes en a été l’un des trop nombreux exemples. L’entrepreneuse-influenceuse, multicasquettes, est apparue un soir en robe longue et coiffée d’un foulard, et le lendemain dans une tenue laissant apparaître son ventre et son décolleté. Allégorie du féminisme qui normalement devrait laisser chaque femme s’habiller comme elle le désire. Léna a d’abord été qualifiée de menace islamiste, en plein délire retailleaudien sur l’entrisme des Frères musulmans, puis de femme vulgaire. Catégories L’arabisogynie, c’est exactement cela : juger qu’une femme arabe est soit trop, soit pas assez couverte, c’est présupposer également de sa religion. C’est s’autoriser le droit de lancer un débat national sur sa tenue quand personne ne souligne le tissu sur les cheveux de Juliette Binoche lors de ce même festival ; comme d’ailleurs personne ne remarque le fichu sur la tête des femmes blanches qui dévoilaient les Algériennes dans des cérémonies publiques en 1958, pendant la colonisation, se faisant ainsi les vectrices d’une guerre psychologique orchestrée par l’armée. L’arabisogynie est une misogynie spécifique envers les femmes perçues comme arabes qui nous classe en deux catégories : la beurette et la voilée. La première étant celle qui est perçue comme (trop) émancipée de ses traditions et la seconde comme une femme soumise à libérer par les uns ou à mieux contrôler par les autres. Et comme la misogynoir, terme créé par Moya Bailey dont je me suis inspirée, cette misogynie s’exprime aussi bien dans les milieux dominants qu’au sein même des dominées, dans les représentations populaires. " https://www.politis.fr/articles/2025/06/intersections-arabisogynie-une-constance-mediatique/
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« Les gilets jaunes sont un très bon exemple d'éducation populaire » "Les Gilets jaunes sont un autre très bon exemple d’éducation populaire : personne n’est venu les éduquer, ils ont créé des connaissances à partir de leur expérience sur les ronds-points. Les cahiers de doléances nés de ce mouvement sont le témoignage d’une appropriation politique, d’un désir d’égalité… rien d’étonnant à ce que le pouvoir en place ne soit pas pressé de les rendre publics !" (Le 11 mars 2025, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une résolution demandant la diffusion et la restitution de ces cahiers, NDLR.) https://www.socialter.fr/article/education-populaire-ecologie-associations-pedagogie-politique
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Expressions et tendances courantes désuètes pourtant toujours utilisées.
Marcuse a répondu à un(e) sujet de Boniface dans Langue française
"Qu'est-ce que c'est que ces patacouèques ?" -
Un capitaine à la la retraite et atteint de la maladie de parkinson teste la marijuana médicale. Effets sur la dyskinésie (un symptome de la maladie)
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Petite parenthèse sur le mal-être au travail Lundi de Pentecôte : qui travaille ? Est-ce qu’on est payé ? Le lundi de Pentecôte, qui tombe cette année le lundi 9 juin 2025, est un jour férié chômé… ou pas. Et il doit être payé, sauf s’il est prévu comme Journée de solidarité. Bref, ça mérite encore explications ! Lundi de Pentecôte est un jour légal férié, mais pas chômé comme le 8 mai ou autres jours fériés, sauf le 1er mai, qui lui est obligatoirement chômé pour tous les salariés (toutes entreprises et catégories confondues). Mais ce lundi de Pentecôté, qui tombe le 9 juin cette année, peut être prévu comme Journée de solidarité. Dans le secteur privé, il y a deux possibilités : Le lundi de Pentecôte n’est pas la Journée de solidarité dans votre entreprise C’est donc un jour légalement férié mais pas chômé, ce qui veut dire que tout employeur peut donc imposer à ses salariés, en CDI comme en CDD, de travailler ce jour-là (sauf pour les jeunes travailleurs de moins de 18 ans hors secteurs du commerce, restauration et hôtellerie). Ceux et celles (en CDI comme en CDD) qui travaillent ce jour-là perçoivent leur rémunération habituelle mais pas de majoration, sauf conventions collectives, usages ou accords d’entreprise le prévoyant. Celles et ceux qui ne travaillent pas sont payés (il s’agit d’un jour férié payé). Attention les salariés au service de l’employeur depuis moins de 3 mois peuvent ne pas être rémunérés ce jour-là. Référence : l’article du code du travail. Le lundi de Pentecôte est prévu comme Journée de solidarité dans votre entreprise Celles et ceux qui travaillent ce jour-là ne sont pas payés. Même chose pour celles et ceux qui ne travaillent pas, sauf si un accord collectif ou une convention collective prévoient que c’est payé ou encore possibilité de donner une journée de RTT (c’est souvent le cas) voire un jour de congé. Référence : l’article du code du travail. Et dans le public ? La journée de solidarité dans la fonction publique se traduit par une journée supplémentaire de travail non rémunérée. Elle peut être accomplie selon l’une des modalités suivantes : travail le lundi de Pentecôte ou un autre jour férié précédemment chômé (autre que le 1er mai) ; suppression d’une journée de RTT ; toute autre modalité permettant le travail de 7 heures précédemment non travaillées, à l’exclusion de la suppression d’un jour de congé annuel (par exemple, travail un jour supplémentaire, hors temps scolaire pour les enseignants). Comment fonctionne la Journée de solidarité ? À l’origine elle avait lieu le lundi de Pentecôte. Depuis 2008, elle est fixée n’importe quel jour férié chômé (sauf le 1er mai) par accord collectif (d’entreprise, de branche, interprofessionnel), à défaut par l’employeur après consultation du comité d’entreprise ou des délégués du personnel s’ils existent. Selon ces accords, cette journée de solidarité consiste pour les salariés à : travailler une journée de 7 heures gratuitement (pas de rémunération), ou à prendre une journée de RTT ou un jour de congé comme c’est le plus souvent le cas, ou encore à effectuer 7 heures supplémentaires non rémunérées fractionnées dans l’année. Ce n’est pas compensé par un repos compensateur, mais attention : les heures travaillées au-delà de 7 heures doivent être payées comme heures supplémentaires À noter : les salariés qui changent d’employeur en cours d’année et ont déjà donné une journée de solidarité, ne sont pas tenus à en effectuer une autre et s’ils le font, cette journée donne lieu à rémunération supplémentaire et repos compensateur. Pour les employeurs cette solidarité prend la forme d’une CSA (contribution solidarité autonomie) de 0,30 % sur les salaires. En lien : Accédez à votre convention collective ou votre accord collectif. https://www.humanite.fr/vie-quotidienne/vos-droits/lundi-de-pentecote-qui-travaille-est-ce-quon-est-paye
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DJ Mehdi : Made in France (1/6) | Les enfants du rap
