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Liutprande

soyons très lucide : le vote de dimanche va au-delà d'un simple projet contre projet : il s'agit d'un choix de vision du monde. D'un côté un candidat que l'on trouve benêt mais qui propose d'unir son peuple autour d'une vision d'un monde ouvert, progressiste parce que juste socialement et financièrement, qui sait ce qu'est la souffrance d'autrui, qui comprend que depuis 5 ans la France s'est dégradée. L'autre candidat est depuis une semaine et demie celui de la haine d'autrui, de la division, du clivage, qui ne voit que son poste, qui ne croit en rien sauf en lui et qui divise pour mieux régner.

Le choix est là : le second m'horrifie parce qu'il aime à véhiculer la xénophobie, le rejet d'autrui, l'idée qu'il y a des vrais travailleurs et des feignasses et que tout ce qui n'est pas dans le privé est nuisible à la société. Il me fait peur parce qu'il n'a aucune vergogne, aucun principe sauf celui d'arriver à ses fins par n'importe quel moyen...

Soyons clair : si le second candidat passe, nous pourrons dire adieu à un mot : solidarité.

Liutprande

Cycle verlainien 1

après les cycles Beaudelairiens, quoi de plus logique de lancer le cycle verlainien...autre style et pourtant...

A une femme

A vous ces vers de par la grâce consolante

De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,

De par votre âme pure et toute bonne, à vous

Ces vers du fond de ma détresse violente.

C'est qu'hélas ! le hideux cauchemar qui me hante

N'a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux,

Se multipliant comme un cortège de loups

Et se pendant après mon sort qu'il ensanglante !

Oh ! je souffre, je souffre affreusement, si bien

Que le gémissement premier du premier homme

Chassé d'Eden n'est qu'une églogue au prix du mien !

Et les soucis que vous pouvez avoir sont comme

Des hirondelles sur un ciel d'après-midi,

- Chère, - par un beau jour de septembre attiédi.

Liutprande

Cette question peut paraître bien étrange, mais elle se pose pour moi en tout cas. En effet je suis père et dans les deux naissances survenues, ma paternité en conscience n'allait pas de soi. J'ai du la construire alors que pour d'autres amis, cette paternité était présente dès la grossesse de leur conjointe...

Il est difficile pour un homme d'être père : il est mis parfois à l'écart de la grossesse, moment privilégier pour la maman mais parfois aussi il rejette toute volonté de rapprochement lors de la grossesse, et ce fût mon cas pour les deux grossesses.

A la seconde grossesse, je me disais que devenu une première fois papa, cela irait de soi, mais non, une fois de plus je n'ai pas ressenti l'atteinte terrible de l'accouchement, je ne trépignais pas d'impatience...rien! Je me suis même dit que j'étais un mauvais père parce que je ne ressentais pas la joie de la paternité. Pourtant je voulais mes deux enfants, mais pas de ressenti fulgurant à sauter au plafond...

Du coup je me demande si la paternité n'est pas quelque chose qui s'acquerrait et non pas quelque chose d'innée...ou encore si chaque individu étant ce qu'il est, chaque futur père serait unique. Mais alors comment expliquer que chez certains cela coule de source et d'autres pas? Degré de maturité? Egoïsme versus altruisme? Sensibilité versus insensibilité? Bref :gurp:

Est-ce à dire que l'on est un "monstre" lorsqu'une paternité se construit sur le long terme?

Liutprande

j'ai cette faiblesse d'aimer et les femmes et les violons et violoncelles...je n'y peux rien la douceur de l'instrument et ses accents rythmés me font penser à la féminité...les courbes de l'instrument me rappellent forcément celles enchanteresses et désirables des femmes...un échantillon de la symbiose du corps féminin et de cet instrument :

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Parce qu'on ne peut se quitter sans un prélude de Bach...voici :

Et voici le maître...un moment de bonheur:sleep:

Liutprande

ferais-je l'injure de dire que c'est du CABREL... un de ses plus beau texte...

"Mon enfant nu sur les galets

Le vent dans tes cheveux défaits

Comme un printemps sur mon trajet

Un diamant tombé d' un coffret

Seule la lumière pourrait

Défaire nos repères secrets

Où mes doigts pris sur tes poignets

Je t' aimais, je t' aime et je t' aimerai

Et quoique tu fasses

L'amour est partout où tu regardes

Dans les moindres recoins de l' espace

Dans le moindre rêve où tu t' attardes

L' amour comme s' il en pleuvait

Nu sur les galets

Le ciel prétend qu' il te connaît

Il est si beau c' est surement vrai

Lui qui ne s' approche jamais

Je l' ai vu pris dans tes filets

Le monde a tellement de regrets

Tellement de choses qu' on promet

Une seule pour laquelle je suis fait

Je t' aimais, je t' aime et je t' aimerai

Et quoique tu fasses

L' amour est partout où tu regardes

Dans les moindres recoins de l' espace

Dans le moindre rêve où tu t' attardes

L' amour comme s' il en pleuvait

Nu sur les galets

On s' envolera du même quai

Les yeux dans les mêmes reflets

Pour cette vie et celle d' après

Tu seras mon unique projet

Je m' en irai poser tes portraits

A tous les plafonds de tous les palais

Sur tous les murs que je trouverai

Et juste en dessous j' écrirai

Que seule la lumière pourrait

Et mes doigts pris sur tes poignets

Je t' aimais, je t' aime et je t' aimerai"

Liutprande

Rarement je m'épanche sur une production cinématographique, mais force est de constater que le film "Intouchables" que j'ai vu hier est tout simplement une bouffée de bonheur.

Un scénario inspiré d'une histoire vraie...j'y suis allé un peu méfiant tant le baroufe autour de ce film me faisait dire qu'il ne devait pas être si bien que cela...

Premières scènes : Omar SY et François CLUZET au volant d'une voiture haut de gamme, roulant dans les rues de Paris, échanges de regards inquiétés...

Et puis accélérations de la scène et premiers éclats de rire! Et cela jusqu'au bout du film...

Simple film comique? Non! Film comique et chargé d'émotion...mais pas l'émotion "guimauve" : pas d'effusions de sentiments bleus ou roses, pas de grandes phrases philosophiques, tout est dans le non-dit, dans le regard des acteurs, dans ce qu'ils passent d'émotions sans rien dire!

Omar SY est tout bonnement excellent : une banane à bouffer des haubans, une présence devant la caméra pour celui qu'on ne voit qu'à moitié sur Canal et dont on percevait me concernant des qualités d'acteur...mais pas à ce point!

Il vanne sec, il n'est pas moralisateur, il joue à la perfection celui qui sent qu'il est à un moment charnière de sa vie : il prend l'occasion, il sort de la banlieue et de ses facilités, il recule, il est fini...

Il joue à la perfection tout au long du film ce type qui est sur un fil de fer et qui parfois regarde en bas (la banlieue) et parfois devant lui...ce devant lui c'est CLUZET et son fauteuil roulant...

Ils sont intouchables...oui ils le sont : ils sont comme deux éléments indissociables, comme une complémentarité impensable parce qu'aux antipodes, mais tellement évidente parce que l'un apporte à l'autre ce qui lui manque : SY ne prend pas CLUZET pour un handicapé et inversement SY n'est pas vu comme une racaille de banlieue...

Alors oui, c'est une bouffée d'oxygène en ce moment, alors oui cela fait du bien de voir une complémentarité dans un monde où l'on divise! Oui cela donne envie de sourire parce que ce film montre une chose : à deux,on s'en sort toujours mieux qu'en écrasant son voisin...

Certains diront que c'est neuneu, que cela ne mange pas de pain, que c'est du bisounours : eh bien non! Ce n'est pas du bisounours mais bel et bien un beau film, qui donne envie d'aller vers l'autre...pour une fois, ne boudons pas le plaisir de voir le bonheur où il est...

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Liutprande

Ode à Cassandre

Cher ami oublié, cher RONSARD, je vous ai mis de côté, vous qui êtes dans mes veines parce que de ma Touraine...je vous rends votre place...

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu cette vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,

Mignonne, elle a dessus la place,

Las, las ses beautés laissé choir !

Ô vraiment marâtre Nature,

Puisqu’une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que votre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur, la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

Liutprande

très largement sur ce forum une antienne revient systématiquement lorsqu'on parle du FN : le vote ouvrier!

Pourquoi en parler ?

  1. parce que le fait de dire que le vote ouvrier bénéficierait (conditionnel obligatoire) au FN, lui donnerait d'emblée une caution sociale, une valeur que le PCF avait d'antan.
  2. parce que le dire, c'est vouloir montrer qu'il y a un parti du prolétariat pauvre contre tous les autres.
  3. parce que le dire, c'est affirmer que seul le FN peut défendre la cause ouvrière alors que le Front de gauche ou le PS les auraient oubliés...
  4. parce que le dire, c'est aussi rameuter un électorat qui s'est toujours méfié des idées d'extrême droite
  5. parce que cela permet aussi de se dire social-nationaliste

Une fois ces explications, qu'en est-il?

Le monde ouvrier est bien moins important qu'avant puisque la majorité des activités est dans le secteur tertiaire plus des deux tiers sont des emplois de service en France. Le monde ouvrier représente 24% de la population active...quant on sait que sur ces 24% seulement un tiers compterait voter FN, on est en droit de se demander si on ne fait pas peur pour faire peur!

Les ouvriers ne représentent plus un poids gigantesque dans le vote puisque 50% d'entre eux s'abstiennent!

2.5 millions d'électeurs ouvriers se tourneraient vers un parti qui les ruinerait parce que la relocalisation serait suicidaire pour notre économie! Le FN tente de se donner une caution sociale alors que le social serait sacrifié sur l'autel des IDE qui n'entreraient plus du tout et qui ne financeraient plus notre système social.

Il faut permettre aux ouvriers de se former à de nouveaux métiers plus porteurs en leur assurant une sécurité sociale tout au long de la vie qui les laisserait loin de toute misère.

Le vote ouvrier ne fera pas changer la donne électorale : le FN ne sera pas au second tour (encore faut-il que la Blonde puisse se présenter) et le duel droite-gauche aura lieu...

le FN est et restera un parti stigmatisant les plus faible, les immigrés et la jeunesse! Il est et restera un parti rétrograde dont l'unique but est la fin de toute liberté fondamentale : son programme faisant de la presse un instrument du pouvoir (il prévoit d'interdire tout groupe presse), la laïcité est un prétexte pour assurer au catholicisme extrémiste une place au soleil (rappelons-nous où les enfants de la Blonde ont été baptisés)...ce parti est néfaste pour notre démocratie qui, si elle est imparfaite, n'en reste pas moins une garantie des libertés individuelles et collectives.

Liutprande

Les résultats des dernières élections législatives en Espagne montrent que c epeuple ne sait plus à qui se vouer pour se sortir du marasme économique. Car que propose la droite populiste espagnole? La rigueur...que proposait la gauche espagnole? La rigueur...donc on va se retrouver avec une droite qui va serrer encore plus la vis!

Un exemple de ce qu'attend les Espagnoles...Tolède! Et voici ce laboratoire :

après avoir dirigé pendant vingt-huit ans ces terres, au sud de Madrid, qui incarnent l'Espagne éternelle, les socialistes du PSOE ont été défaits par les conservateurs du Parti populaire. À sa tête, Maria Dolores de Cospedal, numéro deux et porte-parole la plus en vue du PP, personne de confiance du leader Mariano Rajoy. Sa première décision a été d'amputer de 20 % le budget de la région, soit une coupe de 1,8 milliard d'euros. De serrer la vis dans l'éducation et la santé. Objectif : combattre les déficits.« Cette réduction est un exemple à suivre pour l'Espagne », a insisté Cospedal. Les commentateurs et la gauche y ont vu les prémices du programme qu'appliquera la droite en arrivant au pouvoir. Jusqu'à présent, Mariano Rajoy s'est bien gardé d'embrayer sur ce terrain, tout occupé à en dire le moins possible pour ne pas effrayer. « On nous teste ici, lâche José Luis Gil Gonzalez, leader des Commissions ouvrières, non pour mesurer l'impact de ces décisions, mais pour évaluer la façon dont la population répond à cette politique. Si la société se rebelle, on peut espérer que ce sera moins néo-libéral que prévu. »

Les syndicats craignent que ces coupes budgétaires n'entraînent la suppression de 30 000 à 35 000 emplois, dans une région qui compte déjà 207 000 chômeurs. « Castilla-La Mancha revient de loin, rappelle Pedro de La Cruz, du syndicat UGT. Elle reste une région plus vulnérable que d'autres à la crise. Si on coupe trop de budgets, la stimulation économique s'arrête. »

Comme d'habitude, le secteur public dans sa dimension sociale (école et hôpitaux) vont faire les frais d'une cure d'austérité sans précédent, rendant plus fragiles encore plus fragiles...:censored:

Bref le régime sec d'une Espagne qui n'en a pas besoin s'annonce difficile et puis...l'austérité morale des culs serrés et autre défenseur d'un pseudo ordre moral annonce aussi le retour sur les lois progressistes du PSOE de ZAPATERO concernant le mariage gay...

L'Espagne ne sait plus à quel sein se nourrir mais il se peut que celui-ci ait un goût très amer :sleep:

Liutprande

Cycle baudelairien 5

Une ode au corps féminin...sous la plume du poète maudit :

Le Serpent qui danse :

Que j'aime voir, chère indolente,

De ton corps si beau,

Comme une étoffe vacillante,

Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde

Aux âcres parfums,

Mer odorante et vagabonde

Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille

Au vent du matin,

Mon âme rêveuse appareille

Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle

De doux ni d'amer,

Sont deux bijoux froids où se mêle

L'or avec le fer.

À te voir marcher en cadence,

Belle d'abandon,

On dirait un serpent qui danse

Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse

Ta tête d'enfant

Se balance avec la mollesse

D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge

Comme un fin vaisseau

Qui roule bord sur bord et plonge

Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte

Des glaciers grondants,

Quand l'eau de ta bouche remonte

Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,

Amer et vainqueur,

Un ciel liquide qui parsème

D'étoiles mon cœur !

Liutprande

Cycle baudelairien 4

La Chevelure

O toison, moutonnant jusque sur l'encolure!

O boucles! O parfum chargé de nonchaloir!

Extase! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure

Des souvenirs dormant dans cette chevelure,

Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,

Tout un monde lointain, absent, presque défunt,

Vit dans les profondeurs, forêt aromatique!

Comme d'autres esprits voguent sur la musique,

Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,

Se pâment longuement sous l'ardeur des climats;

Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève!

Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve

De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:

Un port retentissant où mon âme peut boire

A grands flots le parfum, le son et la couleur;

Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,

Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire

D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse

Dans ce noir océan où l'autre est enfermé;

Et mon esprit subtil que le roulis caresse

Saura vous retrouver, ô féconde paresse!

Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,

Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond;

Sur les bords duvetés de vos mèches tordues

Je m'enivre ardemment des senteurs confondues

De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde

Sèmera le rubis, la perle et le saphir,

Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde!

N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde

Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

Liutprande

Cycle baudelairien 3

La Beauté :

Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,

Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,

Est fait pour inspirer au poète un amour

Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;

J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes;

Je hais le mouvement qui déplace les lignes,

Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,

Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,

Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,

De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:

Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!

Liutprande

cette citation d'Antonio GRAMSCI est d'une force toute contemporaine. La crise est belle et bien l'annonce d'une fin mais si elle dure c'est parce qu'un système nouveau peine à sortir...pourquoi? Parce que des forces conservatrices politiques mais aussi syndicales s'accrochent à un monde alors qu'il faut en inventer un autre. On peut toujours croire qu'on peut sauver celui-ci : on peut faire payer les sociétés civiles mais qu'en sera-t-il quand la tasse sera vide? On attaquera l'émail?

On peut toujours réduire les acquis de tout à chacun, mais si ce n'est pas pour en inventer d'autres alors les peuples seront en colère et cela aboutira à une forme de violence incontrôlable.

On peut toujours s'accrocher à son statut alors que le changement peut être motivant...

La crise des années 2000 n'est pas nouvelle : elle est la suite logique des autres crises...jusqu'ici on a courbé l'échine, accepté de laisser partir un peu plus tous les jours de Welfare State...mais là les coups de boutoir sont tels que la seule solution sera d'inventer autre chose!

Et c'est la que GRAMSCI nous donne une clé de compréhension de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui : parce que le nouveau système ne sort pas, alors on s'enfonce encore, on s'asphyxie comme un nouveau né qui a le cordon autour du cou!

Antonio GRAMSCI a raison : il faut inventer du nouveau! L'écologie, le commerce équitable, le raisonnable économiquement parlant, les égalités au coeur des sociétés, un système éducatif dont l'élève serait le centre d'intérêt et non une variable d'ajustement économique, la répartition équitable des richesses,...j'en passe...tout est à inventer...

Tout est question de courage, de volonté politique : il faut que le politique sous l'impulsion citoyenne prenne le pas sur la ploutocratie qui sonne la fin du système. Si le politique ne prend pas le pas et vite, alors la fin du système se fera dans le chaos.

Les différentes réformes n'ont jamais eu d'autres buts sous couverts de s'attaquer à des soit-disant privilège que de donner plus de pouvoir aux privilégiés : les nantis!

On a attaqué tout ce qui sécurisait, on a tout fait porter aux mêmes et à la fin, plus personne n'a rien...terrible constat mais constat lucide! Il faut inventer un nouveau Welfare State et vite...

Il faut que le jeune naisse...soyons des maïeutes...à nous de prendre les choses en main!

Liutprande

Cycle baudelairien 2

voici une prose intéressante et qui en intéressera plus d'un, plus d'une...l'automne, saison propice au spleen et les artistes sont les premier(e)s concerné(e)s...les saisons influent toujours sur la psyché de l'Homme mais quand cette sensibilité s'exacerbe dans l'art, alors l'automne entre en l'artiste comme une lame pénètre un corps...souffrance positive ou souffrance négative...à vous la parole cher Charles :

"Que les fins de journées d'automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu'à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité ; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'infini.

Grand délice que celui de noyer son regard dans l'immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l'azur ! une petite voile frissonnante à l'horizon, et qui, par sa petitesse et son isolement, imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles ( car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

Toutefois, ces pensées, qu'elles sortent de moi ou s'élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L'énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positives. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

Et maintenant la profondeur du ciel me consterne; sa limpidité m'exaspère. L'insensibilité de la mer, l'immuabilité du spectacle, me révoltent... Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu."

Liutprande

Cycle Baudelairien 1

Envie de remettre au goût du jour ce poète qui a bercé mon adolescence tortueuse...des poèmes en prose qui m'ont touché...voici le premier : le Fou et la Vénus, bonne lecture à vous

Quelle admirable journée ! Le vaste parc se pâme sous l'oeil brûlant du soleil, comme la jeunesse sous la domination de l'amour.

L'extase universelle des choses ne s'exprime par aucun bruit; les eaux elles-mêmes sont comme endormies. Bien différentes des fêtes humaines, c'est ici une orgie silencieuse.

On dirait qu'une lumière toujours croissante fait de plus en plus étinceler les objets ; que les fleurs excitées brûlent du désir de rivaliser avec l'azur du ciel par l'énergie de leurs couleurs, et que la chaleur, rendant visibles les parfums, les fait monter vers l'astre, comme des fumées.

Cependant, dans cette jouissance universelle, j'ai aperçu un être affligé.

Aux pieds d'une colossale Vénus, un de ces fous artificiels, un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le remords ou l'ennui les obsède, affublé d'un costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et de sornettes, tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l'immortelle déesse.

Et ses yeux disent : "Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d'amour et d'amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux. Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l'immortelle beauté ! Ah ! déesse ! Ayez pitié de ma tristesse et de mon délire."

Mais l'implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.

Liutprande

Les événements grecs ont le mérite de mettre les choses au clair : on se fiche royalement de la démocratie, on se fiche royalement de ce que le peuple Grec voudrait, on fait passer les marchés avant tout!

Papandréou avait le mérite de vouloir demander au peuple d'être maître directement de son destin : ils pouvaient choisir directement!

Seulement voilà, Sarkozy et Merkel dont les opinions publics rendent un zéro pointé sur toute la ligne, mettent en demeure le gouvernement grec comme un vulgaire vassal de renoncer!

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est alors remis en question : à quoi bon élire un parlement si au bout du compte on se fait envoyer paître ?

Comment contrecarrer les extrêmes quand des dirigeants occidentaux bafouent le droit élémentaire d'un citoyen d'être maître de son vote?

L'extrême gauche et droite auront beau jeu de venir récolter les fruits de la discorde semés par nos dirigeants si bien avisés!

Car au bout du compte, nos deux comparses ont donné raison une fois de plus- une fois de trop - aux marchés...le mal est fait! C'est trop tard!

Liutprande

Voir ce corps nu allongé sur un lit,

S'approcher de lui et lui souffler

Sur son dos si adouci un air d'envie,

De la nuque jusqu'au bas des reins s'adonner.

Voir en elle cette possibilité d'un moment tendre,

Mais tout faire pour que ce moment doux et voluptueux,

Ne soit pas un acte de plus à s'y méprendre,

Mais bel et bien un temps à ne faire qu'un à deux.

Embrasser délicatement ce corps et sentir ce frisson

Parcourir la belle allongée de long en large,

Et la sentir se cambrer de tout son long

Comme si la sensation était une décharge.

Puis retourner la dormeuse pour la caresser,

Découvrir son corps fait de reliefs attrayant,

Pour qui sait voir la beauté partout où elle est,

Et embrasser fougueusement ce portulan.

Alors se prendre pour un navigateur au long court,

Qui navigue sans savoir ce qu'il va découvrir

Mais n'être jamais pris de court

Face à la volonté de lui donner ce très grand plaisir.

Ne jamais oublier que ce corps qui se donne volontiers,

Est un cadeau que l'on doit patiemment ouvrir,

Ne jamais ô grand jamais le brusquer,

Toujours à travers mes gestes, l'accomplir.

Et quand la belle dormeuse finit par ne plus en pouvoir,

Savoir la calmer par des baisers doux comme un nuage,

Pour mieux la contempler toute une nuit et se savoir

Repus du plaisir donné à ce corps sage.

Le plaisir charnel de deux corps enlacés

Le plaisir tactile de deux corps l'un de l'autre envieux,

Le plaisir complice de deux corps rassasiés,

Le plaisir de deux corps qui ne font qu'un à deux.

Liutprande

Simplicité

J'avoue ne jamais trop réagir à chaud après une émission ou une déclaration et prendre le temps de la réflexion...mais là...ce n'est pas possible...quelle formidable émission que "Retour en Terre inconnue"...quelle magnifique découverte que cette ethnie des Lolos noirs au Vietnam...pas tant Michalak mais vraiment les valeurs véhiculées par cette peuplade : ils sont courageux (mais quand on sait la dureté de la vie dans cette contrée, on n'est pas étonné) mais ils sont accueillant, souriant, hospitaliers, partageurs et surtout vivent en harmonie avec les différences des autres...ils ont accueilli des occidentaux alors même que certains ont voulu voler leurs tambours de bronze qui est un saint des Saints pour eux...ils sont TOLERANTS...

Une énorme leçon pour nous qui rejetons, qui excluons, qui refusons d'aider notre prochain parce que celui-ci serait un profiteur...alors même qu'un membre du village a besoin d'une nouvelle rizière, toute la communauté est sur le pont! Alors même que nous regardons notre voisin mourir sans se bouger le petit doigt, alors même que ceux qui sont dans la misère auraient besoin d'aides...

Non franchement, chapeau bas, c'est une belle claque que nous recevons!:sleep:

Liutprande

Mon corps cet ennemi

Je hais ce corps hideux que je me suis façonné au cours de ma vie. Ce poids lourd que je traine comme un boulet et qui me gâche la vie, qui me gâche la vue...forme disgrâcieuse, empêcheur de s'aimer en rond et de plaire...tu es ce que je hais le plus en moi...il faudra un jour que je te liquide...ce jour viendra...

Liutprande

Avoir le corps d'une femme au bout de ses doigts,

c'est comme avoir une vie dans tous ses émois,

Frôler, toucher, caresser, ressentir,

autant de verbes pour permettre à une belle de s'épanouir.

Toucher ce corps, le parcourir dans tous ses états,

C'est comme rechercher un trésor de haut en bas.

Ne jamais forcer, toujours proposer et écouter

Ce que ce corps alors bien inspiré

Vous dit de cette femme et de ses volontés

A arriver à un plaisir que l'on sent gonfler.

Toujours se dire que rien n'est jamais futile,

Que la moindre parcelle de cette terre promise

Doit être mérite une attention tactile,

Pour qu'au bout du bout sa courbure devienne exquise.

Et quand on ose caresser l'intimité la plus intime,

Le Saint des Saints de ce temple fragile,

On sent au bout de ses doigts la féminité la plus infime,

et c'est alors que l'on se doit d'être des plus agile.

Quand on vous offre ce corps et que par vos caresses alors,

L'ensemble de son être se contracte, que ce corps si sublime se raidit

On se sent comme un orfèvre touchant le plus pur des ors,

Et l'on ressent ce sentiment de sensualité comme des plus beaux contes des Mille et une Nuits.

Enfin vient le moment où le plus bel être hurle son plaisir,

L'ensemble de son corps de met alors à tressaillir,

Son coeur s'emballe comme un cheval au galop,

Et le souffle court, proche du chaos.

Alors on peut s'endormir ensemble enlacés,

Sans avoir d'autres plaisir que celui donné,

Pas de frustration de ne pas l'avoir soi-même accompagné,

Car un corps de femme au bout de ses doigts c'est un paradis qui nous est donné.

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Liutprande

j'ai cette sensation désagréable que tout me glisse entre les doigts, que j'arrive pas à retenir ce que je devrais retenir pour que ma vie soit celle que je souhaite. Je sens que ce qui ne m'appartenais pas mais m'étais prêté s'en va doucement et que les temps jolis sont derrières moi.

Je sens que tout cela part à vau-l'eau et que tout tombera...rien ne me plaît dans tout cela, j'essaie de réagir mais rien, non rien y fait, une sensation désagréable de déjà vu m'apparaît soudain et la sensation qu'une claque ne va pas tarder à m'arriver devient de plus en plus forte.

suis-je donc perpétuellement "condamné" à devoir revivre encore et toujours les mêmes situations de construction-déconstruction, ou cela finira-t-il un jour?

Je crois que ma ligne de vie n'est pas franchement quelque chose qui me plaît, je m'enfonce doucement dans une morosité patente, essayant de donner le change ici ou là le temps venu pour faire figure de...mais en fait je n'aime pas ma vie et ne m'aime pas moi-même.

Quand on en est arrivé là, il est grand temps de se dire que tout est fait et que rien ne va plus...à voir les résultats de ce petit jeu, la fatigue finit par l'emporter, la lassitude s'est installé, je rentre dans un hivers profond qui ne me plaît pas, mais que je subis parce que quoi que je fasse, je n'y arrive plus.

Liutprande

un poids

Parfois la vie m'ennuie,

Parfois la vie me fuit.

Je n'en suis jamais satisfait,

En elle parfois plus rien ne me plait.

Bien des heurts j'ai connu,

Peu de bonheur j'ai eu.

Toujours envers les autres me tourner,

Pour l'injustice réparer.

Combien de temps ai-je eu pour moi?

Combien de fois ai-je osé penser à moi?

Je n'ai jamais eu la possibilité de voir en moi

la possibilité de m'épanouir vers des émois.

A 15 ans je ne voyais pas mes 20 ans,

A 20 ans je ne voyais pas mes 30 ans.

Un petit crabe s'est montré pour me faire comprendre

Que la vie n'est pas quelque chose que l'on peut reprendre.

Une fois perdue, on ne la récupère plus.

On m'a enlevé la chaire de ma chaire,

Que je ne partage plus qu'en alternance

M'enlevant une paternité cousue d'avance.

Bien sûr que je suis exigeant avec ma vie,

Mais j'en ai le droit parce qu'elle ne m'a rien épargné,

Une apparition non désirée d'un côté

Une disparition paternelle qui de ma jeunesse en a fini!

Ce père qui de moi ne voulait,

S'en est senti le besoin de le vider.

Ne pas se sentir aimer est une mauvaise augure,

Et explique que l'on se construise un mur.

Père disparu par un matin de mai,

Jeunesse éconduite sans être ménagée.

Avoir les épaules assez solides,

Pour supporter les commentaires sordides.

"Regardez ce fils indigne qui n'a pas pleuré,

Lorsque son père dans la tombe a été posé."

Qu'en savait-il de ma vie et de mon enfance?

Que savaient-ils de ce que je ressentais de mes errances?

Quand on n'a pas reçu l'amour d'un père,

Quand on n'a jamais reçu que de l'indifférence,

Il ne faut pas s'attendre à voir dans les cimetières,

Des larmes qui seraient envers la vérité une indifférence.

Souvent dans mes cauchemars ce père me revient,

Comme j'aurais aimé qu'il soit avec moi!

Au réveil un goût amer me tient,

L'impression de n'avoir pas su lui dire qu'il comptait pour moi.

Jeune à avoir des responsabilités

Jeune à vouloir à deux s'engager,

Oublier de vivre à cent pour cent

Et parfois le ressentir jusque dans mon sang.

Un jour ou l'autre il faudra bien que tout ceci

D'une manière ou d'une autre

Explose comme une bombe ou autre

Qui sera une fin d'une bien harassante vie.

Elle me pèse cette vie passée,

Elle me renvoie des images de nausée

Bien trop lourde à porter,

Il est trop tard pour s'en débarrasser.

Liutprande

Nous serions sensés vivre dans UNE société mais qui dit une société dit solidarité, partage, entraide, ouverture à l'autre, tolérance,...

Je n'ai pas l'impression de voir une société vraiment telle quelle!

Parlons de la solidarité : aujourd'hui nous en sommes tous et toutes à un chacun pour soi qui fait ressortir l'individualisme. On ne s'accomplit plus à travers les autres, mais seulement à travers soi!

Le SOI a pris le pas sur le NOUS : parlez de donner plus pour équilibrer une société complètement déstructurée par un capitalisme financier ravageur, demandez aux personnes de donner de leur temps pour aider autrui, pour s'occuper des soucis des autres...la réponse est cinglante : pas le temps, j'ai trop de choses à faire pour moi!

La réussite personnelle est passée par dessus tout, quitte à écraser son voisin, ses amis, ses collègues! Penser à soi, ne voir que soi...

Parlons tolérance : nous sommes devenus intolérants pour tout et pour rien! La religion (la sienne est la meilleure), la politique (les idées les plus intolérantes sont populaires, celles qui ont le malheur d'être humaniste sont taxé de cela dans un sens dénigrant), les cultures, les libertés...

Rien, vraiment plus rien ne donne de nous l'image d'une société mais plutôt une mosaïque : les communautés quelles qu'elles soient veulent la peau du multiculturalisme qui est la synthèse des cultures, les plus riches se fichent des plus pauvres, les nationalistes/xénophobes/racistes veulent la peau de tous ceux qui ne sont pas Fdesouche...

Nous n'avons plus rien d'une société soudée parce que les politiques n'ont jamais fait que monter les Français les uns contre les autres : diviser pour mieux régner, individualiser pour mieux déstructurer! Les grands éléments de la finance ont tout fait pour placer leur pion et empêcher toute possibilité de se révolter, de manifester unitairement...regarder ce que l'autre a et pas vous permet de se dire qu'on peut taper sur le premier...mais qu'en est-il de celui qui jalousait? Qu'a-t-il gagner d'une amélioration de sa situation?

Le social reviendra en force quand le plus de solidarité, le plus de tolérance reviendront en force : donner plus à l'autre pour gagner plus pour soi, c'est cela le seul moyen du progrès social!

Je pense sincèrement que parce que l'on donnera à l'autre, que sa situation s'améliorera et que cette amélioration contribuera à l'amélioration de tout le système...cette volonté émise par le politique face au financier permettra de remettre l'humain au coeur de tout et une fois que l'humain est au coeur de tout, tout le monde y gagne, collectivement et non individuellement!

Liutprande

être et paraître

beaucoup d'entre nous s'exhibent (moi le premier) à travers leurs postes : nous nous montrons tel que nous voudrions que l'on nous voit à travers nos écrits ou à travers nos photos.

Mais n'est-ce pas uniquement du paraître? Nous ne sommes pas ce que nous donnons à voir sur ce forum! Nous nous mentons souvent à nous même!

L'introverti use du forum pour parler avec autrui, le complexé peut se montrer sans peur d'être trop jugé, l'angoissé cherche à se rassurer de ce qu'il voit ou pense,...on pourrait multiplier à l'infini les exemples.

Mais une fois le PC éteint, le clavier et la souris rangés...que reste-t-il de tout cela? L'introverti ressort-il plus serein comme l'angoissé?

Il m'est arrivé de poster une fois une photo dans le temple des délices...mais je n'aime toujours pas mon enveloppe charnelle! Est-ce un palliatif ou une illusion passagère que de croire que nous guérissons nos maux et nous satisfaisons nos envies ici?

Ce forum n'est rien qu'une vitrine alléchante pour certains d'entre nous : mais comme toute vitrine, la promotion est alléchante mais quand on sort du magasin on part avec un consommable qui s'use...

Alors on retourne au magasin pour faire nos provision et on devient addicte à ce forum...

Notre Etre n'est pas ce que nous sommes ici, du paraître! De l'artifice...

Bien sûr nous faisons parfois de belles rencontres dans la vraie vie mais si peu par rapport à tout ceux et celles que nous pourrions rencontrer en sus!

Nous ne sommes jamais dans l'Etre, toujours dans le Paraître...souvenons-nous en!

Liutprande

Comment ne pas se sentir concerné, hébété par ce qui s'est passé en Norvège? Comment ne pas se dire qu'avec les propos du FN ou encore de la droite populaire de l'UMP, nous ne pourrions pas avoir un jour un fanatique qui cherche à imiter voir pire, innover dans l'horreur du terrorisme?

Cet homme qui n'est pas un fou à mon sens, mais quelqu'un embrigadé idéologiquement, a passé le rubicon de ce que les démocraties peuvent accepter. Il a transgressé ce que la démocratie vénère : le débat d'idée! Sur ce forum, nous discutons parfois paisiblement parfois vivement sur les tourments de la vie, les idées politiques...mais à dire vrai les topics les plus chauds sont et resteront ceux qui concernant l'identité!

Or, cet homme s'est dit défenseur d'une identité Norvégienne, tout comme certains ici défendent l'idée fausse que l'identité française serait en danger!

Mais cette identité même s'est forgée au fil des siècles par le mélange, le multiculturalisme qui n'est pas communautarisme mais entremêlement des cultures! Tout dans notre culture française est métissage, mais par malhonnêteté intellectuelle, certains nient cela et tels des prédicateurs belliqueux prônent la haine, l'intolérance ou encore le rejet pure et simple de tout ce qui ne serait pas Français.

Bon nombre ici défendent ces thèses haineuses et intolérantes : ce n'est pas in extenso du racisme, mais bel et bien de la xénophobie ; ils sont peu ou prou sous-marins des identitaires voire sans s'en cacher du FN...ou de la droite populaire de l'UMP.

Il serait facile de tomber dans la facilité de suivre ces idées : l'équation est fort connue...à problème complexe, adhésion des peuples aux idées simplistes apportant des solutions...mais un élément doit nous dire à tous et toutes ici et ailleurs que ces solutions sont néfastes : elles ne respectent en rien les droits fondamentaux des Etres humains! La naissance égale de tous et l'accès égal de tous à tout selon ses capacités. Quand au fond de nous, on sent, on perçoit, on a l'intuition que cette idée là ou autre ne colle pas avec les valeurs universelles propre à l'Etre humain, à son intégrité physique et morale, alors il convient non seulement de s'en éloigner telle la peste mais aussi de la combattre.

Ce combat peut prendre deux formes : belliqueuse et auquel cas on prend le même chemin que ce terroriste Norvégien et cela n'est pas acceptable pour nos idées démocrates ; ou alors on les combats par le verbe, par l'idée, par le courage politique, par la volonté de changer la société sans jamais se départir des valeurs essentielles!

Face à la haine, la violence et ce qui va avec, il faut développer les idées d'accueil, de respect, de tolérance et d'ouverture d'esprit! Comprendre l'autre, l'accepter avec ses différences garantit une société pacifiée et équilibrée!

La crise cherche toujours des boucs émissaires : l'islam, l'étranger, la mondialisation, l'argent, le patronat, les fonctionnaires, les syndicats,...qu'en restera-t-il sinon un rejet et un déséquilibre des sociétés parce que l'on aura stigmatisé untel.

Face à ce qui s'est passé en Norvège, il faut de la tolérance, plus de démocratie et plus d'ouverture!