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Tout ce qui a été posté par Jedino
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Spinoza " les hommes se croient libres parce qu'ils ignorent qu'ils sont déterminés "
Jedino a répondu à un(e) sujet de deja-utilise dans Philosophie
Faisons l'hypothèse que nous soyons déterminés entièrement. Supposons, comme tu le supposes, que l'essentiel de nos actions, les plus évidentes, les plus banales, soient effectivement déterminées. L'un de tes arguments est : comment démontrer que l'invention, le génie, puisse exister, sinon par une distance à ce monde définitivement décidé ? C'est très simple : nous n'avons pas fait l'hypothèse que, bien que déterminés, nous soyons tous égaux et semblables. De fait, rien n'interdit que quelques uns soient capables de faire des rapprochements étonnants, en tout cas aux yeux de tous les autres. L'impression d'un écart énorme entre l'entrée et la sortie donnera le sentiment que seul un être libre le peut, alors même que l'explication pourrait être donnée par quelques talents rares qui n'ont rien à voir avec un quelconque libre-arbitre. Je répondrai aussi au problème que tu sembles soulever tout à la fin, à savoir la question éthique. Comment condamner en effet les actes d'un être qui n'est pas libre de pouvoir en changer ? Comment, de même, idéaliser les actes bons s'ils ne sont pas davantage souhaités par ces personnes ? Pour répondre à un tel problème, il faut répondre au problème déjà soulevé précédemment au premier paragraphe : sommes-nous effectivement en mesure de décider de nos actes ? Je vois un énorme problème avant de pouvoir répondre à une telle question, et celui-ci est le fait même de préciser ce qu'est le "nous", donc le "je", qui est ici dans la phrase. Et là, tout est affaire de croyance. Suis-je un esprit, une âme ? Suis-je une conscience, un "moi" ? Suis-je le produit de mon cerveau, suis-je le cerveau ? Est-il seulement pertinent de parler de "je" ? En effet, avant de comprendre ce que peut "je", il me semble important de le définir. Pour ma part, je suis plus proche de dompteur que de toi puisque j'estime que le "je" est une fumisterie énorme de notre cerveau pour parvenir au départ à répondre aux besoins primaires du corps. De fait, il nous donne la clef de la maison tant que la maison est sous-contrôle. Et pour que tout se passe bien, il est suffisamment malin pour nous donner l'illusion du choix et de la décision, nous faisant oublier à quel point ce que nous faisons est déterminé dans et par notre cervelle, mais aussi à quel point notre cervelle est déterminée par ce qui vient interagir avec l'ensemble du corps. Je note en tout cas que ta conclusion est très spinoziste, faisant de la conscience de notre déterminisme la liberté-même. Personnellement, j'ai comme souvent le sentiment que la réponse que nous cherchons à formuler, enfermée par le couple binaire liberté/déterminisme, touche à côté de ce qui est vraiment. Le fait est que notre construction intellectuelle qui vient tenter d'élucider toute la genèse de nos actions se borne à un imaginaire qui manque cruellement de faits. Nous nous emprisonnons dans un conceptuel qui n'est en lui-même sans doute pas adapté, qui n'est sans doute qu'un voile de sens sur notre fonctionnement. Mais le cerveau, comme le corps, n'a que faire de liberté, et il ne lui importe pas davantage de savoir si ce qu'il fait est bon ou mauvais, déterminé ou pas. Il n'a que faire aussi de ce qu'il peut faire lorsqu'il est satisfait : et c'est bien pour cela que je peux écrire sans souci à présent, n'étant ni trop fatigué, ni affamé. Comment "je" m'occupe ? Qu'importe à ses yeux : tous les voyants sont au vert. Mon activité pourrait être spirituelle qu'elle n'y changerait rien. -
C'est au mieux un manque de culture, au pire de la connerie. Sans intérêt, donc.
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C'est bien gentil. Et, en effet, il manque effectivement un mot. Merci !
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Je vous invite à relire le propos que j'ai commenté et mon commentaire demain ou un tout autre jour où vous serez plus apte à ne pas lire ce que vous souhaitez lire. Peut-être verrez-vous que ce que j'ai écrit ne dit pas que ce ne sont pas des "islamistes" qui ont fait ce qu'ils ont fait, mais que je ne fais que dire une banalité ô combien oubliée ces temps-ci, à savoir que n'importe qui peut en arriver à tuer (en particulier quand la haine ou une idéologie la vantant habite cette personne) et, surtout, que les "musulmans modérés" dont il parle et qu'il associe à des tueurs en puissance ne le sont pas davantage que vous et moi. Et histoire de prévenir votre remarque, ce n'est pas là une négation de l'existence de personnes complètement aveuglées par une idéologie de haine et de mort. Maintenant, Magus n'a pas tort, j'aurais sans doute dû attendre le lendemain avant de réagir, surtout quand je vois certaines réactions récentes extrêmement agressives et allant manquer de respect à des personnes qui sont leurs concitoyens et qui ont, contrairement à nous, assez de sensibilité pour se montrer un minimum respectueux. Le désaccord et la colère ne justifie pas d'aller insulter et agresser d'autres personnes ici.
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Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je n'ai pas nié l'existence d'une idéologie voulant mettre à mort les gens et à l'origine des derniers drames chez nous et ailleurs dans le monde. Ce que j'ai dit, en revanche, c'est qu'il ne s'agit pas de diaboliser tout le monde de façon mesquine (ou plutôt, une partie bien ciblée du monde ici), à savoir ce qu'il appelle les "musulmans modérés", sous-prétexte qu'un se montre sous un très mauvais visage. Ce serait se fourvoyer autant que les personnes que vous cherchez à combattre. Que vous soyez en colère et révolté va de soi, mais il ne s'agirait pas de tomber dans la même haine qui habite ces personnes - au risque d'avoir un comportement qui ne soit là non plus pas approprié. Maintenant, si vous estimez que mon discours est décorrélé de la réalité, libre à vous.
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Il aurait pu être catholique, protestant, bouddhiste, de gauche, de droite, blanc, noir, violet ou fluo que ce serait tout aussi vrai que du jour au lendemain n'importe qui peut en arriver à tuer une ou des personnes. Que ce soit avec ou sans raison, d'ailleurs.
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Wow, un romantique !
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Journal des rêves 3 : fantaisies inexpliquées
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Eventuellement dans "..."
Ah les efforts ! -
Vous n'avez jamais souhaité être immortel, comme éternel ? Eh bien moi, voyez-vous, mon problème est là : malgré ma persévérance, impossible de mourir. J'ai pourtant tout essayé, récentes comme anciennes méthodes. Je vous épargne les quelques détails morbides, mais les faits sont là. Pourtant, ce n'est pas la motivation qui manque. Parce qu'en réalité, vivre cent ans, deux ans, passe encore. Mais quand vous atteignez le millénaire, que vous avez plus que rêvé tourné en rond, et que la dernière chose qui vous amuse est d'essayer tous les moyens de mise à mort qui ont pu être inventées, l'immortalité devient un problème. Alors certes, j'ai du coup eu le temps d'expérimenter tout ce que je pouvais imaginer expérimenter. Il est vrai qu'au début, tout cela est fort agréable, d'être à ce point libre de ne pas se demander s'il ne faut pas tout faire aujourd'hui au risque de ne pas voir le lendemain. Certes, je n'ai de fait jamais connu les regrets que vous pouvez avoir en fin de vie, quand vous sentez que quelque chose va bientôt lâcher. Mais j'ai eu au contraire le temps de faire le constat véritable qui s'impose : en réalité, j'ai beau vouloir faire ceci ou cela, ce ceci ou ce cela finit bien vite par se vider. Ainsi s'installe l'ennui absolu, celui qui n'a aucun échappatoire, pas même la mort. Bien sûr, nombreux sont ceux qui m'argueront que je fais erreur, que je ne suis finalement qu'une personne sans curiosité et qu'eux auraient mille fois plus à faire que ce que j'ai pu faire moi. Admettons-le : un jour viendra où tout ceci s'épuisera malgré tout. Rassurez-vous cependant : vous ne saurez jamais que cela existe et que vous auriez pu l'être. D'ailleurs, si vous me demandiez comment, je ne saurais pas vous dire pourquoi. J'ai en revanche eu plus d'une occasion de me demander pourquoi le "pourquoi" était la réponse mise devant le "comment", mais de ceci, vous n'en aurez rien à faire et c'est bien normal. Nous n'avons pas de temps à perdre avec les pertes de temps. Jusqu'au moment où le temps n'est plus à gagner, en tout cas. Mais cessons là ces répétitions inutiles car si j'ai toutes les heures qu'il faut pour les écrire, vous ne les avez pas pour les lire. Certains iraient dire que l'éternité c'est long, surtout vers la fin. D'autres que l'éternité commence là où le temps s'arrête. Et d'autres encore, comme moi, que l'éternité c'est bien, surtout vu de loin. Mis à part ça, je suis en route actuellement vers la limite de l'univers connu pour voir ce qu'il se trouve au-delà. Certains rêvent de voyager petitement à l'autre bout du monde, je me limite à l'univers. Chacun son domaine, je ne juge pas. Le pire étant que, si je finissais par trop tarder en vie, je risquerais de finir par avoir des réponses à vos questions. Sait-on jamais, il peut m'arriver de croiser quelques peuplades exotiques. Rien de bien exceptionnel, en réalité. Tout comme nous, banales créatures. Même si nous sommes uniques dans notre arrogance. Tu l'auras donc compris : le meilleur moyen de finir dans l'ennui est de se fixer des objectifs, de chercher du sens. Lorsque tu te fixes des arrivées, une fois le chemin terminé, il te faut te redonner incessamment d'autres directions. Il est tellement plus simple de ne pas s'empoisonner l'existence avec cela. Cela, je l'ai bien compris. Mais, trop humain que je suis, je suis bien incapable de m'en détacher. Vous me direz, j'ai l'éternité pour m'y faire. Bande de cons. Au fait, dernière chose : mortel, immortel, tout ceci tient du même combat. Se battre contre les heures ou leur absence, cela ne change rien tant qu'elles nous emprisonnent. Vivre libre, ce n'est pas vraiment vivre assez longtemps pour être libre d'achever sa liste de buts existentiels, donc se défaire des contraintes. Ce n'est pas davantage la fuite du temps, qui n'est que le sens contraire du sens de l'aiguille. Reculer l'heure n'est pas s'en soustraire. Non, si je devais considérer que la liberté est un sujet qui mérite d'être évoqué, que le temps l'est aussi, et si je devais en conclure que les deux sont ou peuvent être, ce n'est que par la négation et non par l'acceptation ou l'oubli qu'il est possible et raisonnable de vivre avec, ou plutôt sans. Que je sois en vie dix ans ou dix-mille ans, cela n'a pas la moindre importance si du temps, je n'en ai cure. A quoi bon se contraindre par des rêves ou des préoccupations nécessaires comme le ferait un patron à l'égard de son salarié ? A quoi bon s'imposer une productivité minimale et se condamner, se damner, si elle n'est pas atteinte ? Ne soyez pas les tyrans de votre existence. Sinon, vous attendrez toute votre vie une rallonge sur vos heures comme vous attendriez une rallonge sur votre salaire. Mais il est du temps comme de l'argent : quand vous en avez plus qu'à satiété, vous ne pouvez plus faire qu'une seule chose raisonnable, à savoir le gâcher.
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Journal des rêves 3 : fantaisies inexpliquées
Jedino a commenté un(e) billet du blog de Eventuellement dans "..."
Ah non, pas de l'anglais ! PAS TOI ! -
Mouai. Fait aller voir les dix derniers matchs qu'ils ont fait par rapport à nos dix derniers. Mis à part la Géorgie (qui est trois fois moins bien classé que l'Ecosse au classement Fifa, alors qu'on s'est promenés contre l'Ecosse, nous), franchement, j'y crois pas du tout au hold-up de la Roumanie. Trois victoires, et faut voir les pays en face pour la Roumanie, et une rallonge de nul. A côté de ça, le seul match qu'on a perdu, c'est les Anglais le 17 novembre. Les neuf autres sont gagnés. Alors j'attends franchement de voir ça vu qu'on semble (offensivement) bien plus en forme qu'eux.
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24 ans et je n'ai jamais eu de copain!
Jedino a répondu à un(e) sujet de DjiDji7 dans Amour et Séduction
Si tu n'en as pas véritablement l'envie, inutile de te forcer. Ce doit être une envie, pas une nécessité. Tu n'as nullement besoin de devoir suivre ce qu'on te dicte de faire comme étant ce qu'il est commode de faire. Cela dit, comme le dit Cryda, la vraie question est de savoir si c'est vraiment de toi que vient toutes ces questions ou si ce sont les questions que l'on veut te faire te poser. Dans le premier cas, il existe pas mal de moyens pour tenter de trouver quelqu'un qui te conviendra. Dans le deuxième cas, il va falloir apprendre à prendre du recul. -
Il n'est pas un choix mais la dernière option, celle qu'il te reste quand rien d'autres dans l'artillerie médicale ne fonctionne. Et le fait est que, même si on parle de "la" dépression, la gravité et la capacité à s'en défaire dépend de chacun et que donc, parfois, il existe des cas que nous ne savons pas gérer. On peut faire le postulat que c'est une méconnaissance de notre part, sans aucun doute. Et donc, du coup, une défaite si tu veux. Le problème, c'est que justement ici on est à mi-chemin entre le psychologique et le physiologique, et nous ne maîtrisons absolument pas cette interaction, en particulier quand ça se met à déconner méchamment. Tu peux donc à la limite le voir comme un état transitoire en attendant de trouver, un jour, quelque chose qui fonctionne et permettra de sortir cette personne de son état chronique qui tend à devenir, je le crains, un état vu comme son état réel avec le temps pour elle. Et une fois que t'es convaincu/persuadé d'être "ça" et que les gens autour de toi essaient des trucs en voulant te montrer que tu fais erreur mais que rien ne marche, en général, c'est terminé. Mis à part cela, il me semble qu'on est plutôt d'accord sur la question. Après, le débat de savoir si le droit de mourir est un droit que nous avons ou non, accomplissant notre liberté totale de et par nous-même, je n'en suis pas convaincu. Ici, l'acte ressemble plus à la volonté de "se libérer de quelque chose" que d'être "libre". Vouloir se défaire de, ce n'est pas être. Ici, c'est donc chercher à se défaire d'une contrainte, une contrainte qui est trop grande et dont la seule solution qu'on estime encore est la mort. Mais être libre, ce n'est pas le fait d'avoir le choix de vivre ou de mourir, d'avoir plus de possibilités qu'hier dans la palette des possibles qui s'offrirait à nous : c'est le fait de ne pas avoir besoin d'avoir à faire ce choix. En cela, elle est un luxe, un luxe auquel on ne pense pas quand on se lève le matin.
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Je ne connaissais pas ce terme, non. Mais que Kant soit le coupable ne m'étonne pas. Et je vais donc aller lire ça.
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En effet :)
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S'interroger. Sur le temps, sur la vie, sur l'interrogation elle-même. S'interroger sur les raisons qui font que tout s'érode, que tout passe et se meurt, sur le sens unique de l'écoulement des secondes ou l'intérêt de terminer des vies pour en lancer d'autres. S'interroger sur toutes ces choses, et quelques unes à côté encore aussi. Dans quel but ? Assurément trouver des réponses, se rassurer, en somme. Car, en effet, comment concevoir qu'une question formulée ne puisse pas admettre de réponse précise ? Il n'existe de problème que parce qu'il en existe une solution, telle une équation admettant un résultat. Pensée déterministe d'un esprit ô combien cartésien. Tout doit y être ordonné, bien à sa place : l'ordre vaut mieux que le désordre. Il est le seul que nous puissions comprendre, contrôler. Nous serions prêts à effacer des paramètres pour le permettre. La complexité ne mérite d'être étudiée que si elle se simplifie assez pour être appréhendée. Et pourtant, nous ne nous comprenons pas. Que ce soit les autres, que ce soit notre personne, que ce soit même notre corps. N'est-il pas idiot que notre corps, notre personne, accepte sans s'insurger de se laisser mourir ainsi, bêtement ? Qu'il se soumette en toute heure, en tout lieu, à l'inéluctable continuité de notre échec ? Alors que chaque jour, depuis tant d'années, il se défend sans relâche contre les intrus voulant l'abattre. N'y a-t-il pas là un paradoxe ? Certains l'éludent en donnant une suite à notre fin. D'autres la déposent dans un placard, pensant ne plus jamais la voir. Et les derniers s'y soumettent et s'angoissent de la pensée de ne pouvoir vivre assez. Alors que faire ? Peu importe. Peut-être n'est-ce finalement qu'une erreur dans notre raisonnement. Mais cette erreur porte en elle une beauté, celle d'être universelle : que la vie commence après la mort ou qu'elle se termine avec, elle hante l'ensemble de nos cervelles. Ce n'est pourtant qu'une question parmi d'autres. Mais à l'existentiel, complexe par essence, il faut donner une réponse personnelle, à défaut d'avoir la réponse. Personne, cependant, ne se demande si la question elle-même mérite d'être posée. En fait, toutes nos craintes découlent de ce que nous estimons certaines croyances comme véridiques : un événement qui commence doit se terminer ; un événement qui commence ne peut qu'aller de l'avant ; un événement qui existe doit consumer quelque chose pour continuer à exister ; ce qui existe est forcément fait de quelque chose ; etc. Ces lieux communs de notre patrimoine culturel, certains étant érigés au titre de lois et de principes, ne sont jamais remis en cause. Et pourquoi le seraient-ils ? Notre état et nos connaissances ne font que confirmer de jours en jours ces assertions. Imaginons un peu. Prenons le cas d'un être qui, se savant en mesure d'être conscient parce qu'il est conscient, cherche à connaître le lieu où il évolue (afin, entre autres, de mieux le maîtriser). Puisqu'il ne voit aucun autre être ériger quelques lieux de culte à quelques divinités matérielles ou immatérielles, il lui paraît évident qu'il est le seul à en être capable. La conscience est ainsi définie comme étant la faculté à savoir que nous construisons des objets dits complexes. De fait, son raisonnement l'amène à se considérer comme étant le seul être doué de conscience. Un être qui serait en mesure de marcher sur la tête qui définirait la conscience de cette manière n'aurait aucune difficulté non plus à estimer qu'il est le seul à en être doué : en fait, cela consiste à faire d'une caractéristique particulière, singulière, la description universelle de la caractéristique. Autrement dit, cela a autant de sens que de définir le déplacement d'une chose comme étant uniquement la faculté à avoir deux membres. La comparaison ne tient pas ? Vous avez raison. Transposons ce principe à une autre situation. Prenons le cas d'un être qui, cherchant à connaître le monde tel qu'il est (et non tel qu'il le perçoit), ce qui est louable, crée un système lui offrant la possibilité de s'en approcher. Prenons ce même être qui, à force de s'en approcher, a le sentiment qu'il touche de son savoir ce qui est : sa vérité particulière devient dès lors, pour lui, la réalité. Il le confond tellement que les deux termes ne sont à ses yeux que de vulgaires synonymes, remplaçables l'un et l'autre selon son gré. Prenez un tel être, prenez du recul sur sa façon d'être, et vous obtiendrez la même erreur de raisonnement que précédemment : d'une vision singulière qui est la sienne, il cherche à comprendre ce qui est universel ; l'heure d'après, il s'imaginera si proche de ce qui est qu'il fera de sa singularité ce qui est. C'est ainsi qu'arrive les malentendus et les maux, bien entendu : parce que j'ai raison, le tort est ailleurs, et il me faut amener à la raison celui qui a tort. Prenez un peu de recul, et vous verrez : toutes nos constructions, toutes nos manies et croyances, tiennent de ce principe. Religion, science, philosophie, banalités et vies sociales : tout se résume à penser l'autre dans l'erreur à travers notre vision singulière, érigeant notre singularité, notre vérité, au trône de réalité. Vous comprendrez donc pourquoi je me demande comment un philosophe peut prétendre éduquer un profane ; comment un croyant peut prétendre guider une personne ; comment un scientifique peut prétendre décrire la réalité ; comment un dieu peut prétendre nous conter ce que nous ne savons voir ; bref, comment quiconque, sinon par l'erreur, peut prétendre effacer l'autre sous prétexte d'un "moi" bien méconnaissable. Tout cela n'est jamais qu'une intuition, la mienne. Bornée par ma personne, limitée par ma perception, mes croyances et mes connaissances. Mais je me demandais un jour pourquoi je devais considérer que j'allais mourir, comment je pouvais savoir que j'allais réellement mourir avant que ce ne soit effectivement le cas. Aujourd'hui, je ne le sais pas davantage, mais je sais au moins d'où cela vient.
