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Jedino

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Tout ce qui a été posté par Jedino

  1. Jedino

    Emilie [Conte].

    Sympathique histoire ! Bienvenue par ici
  2. En majorité, oui. Mais tu as des exceptions à la règle : Thatcher, Victoria, Indira Gandhi, Merkel, etc. D'où l'idée du féminisme qui cherche à changer ce rapport de force. Mais il ne faudrait pas, effectivement, qu'elles tombent dans le même travers que nous avons, nous, les hommes. Les choses évoluent. Doucement, mais elles évoluent.
  3. Autant pour moi ! Tout à fait arbitraire, le deux générations au minimum. Rien ne le justifie, si ? La mante religieuse femelle dévore le mâle après reproduction. Souvent le cas chez les araignées aussi. Le mâle des hippocampes porte l'enfant. Les sociétés de fourmis et de termites sont des sociétés qui tournent grâce à des "reines" qui produisent des membres. Dans ce cas précis, il y a un type de fourmi en particulier qui, en général, s'occupe des larves. Si nécessaire, d'autres peuvent le faire aussi, tout comme une fourmi "ouvrière" peut être amenée à se battre. Reste que la plupart des espèces de fourmis ont une reine ou des reines sexuées et des fourmis asexuées. Chez les suricates, certains membres restent surveiller les plus jeunes. Quand il s'agit d'apprendre aux jeunes à se nourrir (notamment de scorpions), ils y vont par groupe : certains surveillent, d'autres montrent et éduquent. Il n'y est pas question de sexe. En revanche, les femelles tuent parfois les petits, effectivement. Chez l'éléphant, c'est la femelle alpha, c'est-à-dire la plus ancienne qui connait les points d'eau et de nourriture. Ce n'est donc pas si simple.
  4. Comme je le disais plus tôt, le roi n'est pas une entité isolée. Il n'empêche que le roi décide de ce qui sera fait, les autres ne font que conseiller. Vu le contexte actuel, mettre l'équivalent d'une IVème République aujourd'hui ne risque pas d'aider. La IVème République a eu le malheur d'arriver dans une période où les crises politiques se sont enchainées. Si les choses vont pas trop mal, pourquoi pas l'essayer. Là, ça me semble assez risqué. Sauf que ça n'a rien d'une monarchie. La reine n'a aucun rôle politique. Elle n'est pas l’exécutif.
  5. Vous jouez sur des nuances qui n'ont pas grand sens sur ce qui nous concerne, même si vous avez raison et que personne n'a affirmé le contraire. La question est de savoir qui prend les décisions. Et j'en suis heureux, car je sais aussi que la démocratie peut être tyrannique. Je ne suis en rien dans le désir d'un absolu. L'exemple d'Athènes est classique, sur le sujet. La nuance avec le "mais", également. Mais le "mais", même si nous aimerions le contraire, est beaucoup. Non, Athènes n'est pas une vraie démocratie, quand bien même ce qu'elle définit comme étant un citoyen vote et décide effectivement. Il n'empêche que vous n'avez absolument pas répondu au critère d'efficacité. J'ai bien saisi votre souhait d'une démocratie à l'athénienne, mais vous ne démontrez en rien le réalisme de ce souhait à une échelle qui est, comme vous le soulignez vous même, toute autre, ne serait-ce qu'en terme de population. Je tiens quand même à préciser ma pensée : idéalement, la proportionnelle est meilleure démocratiquement parlant. Dans les faits, j'ai conscience que cela peut avoir des conséquences plus que négatives. Il ne s'agit pas uniquement de pouvoir s'exprimer et d'avoir une expression reflétée parfaitement, il s'agit aussi de rendre possible une action politique. Je ne parlerai que du cas que je connais un minimum, à savoir le Royaume-Uni. Le terme "monarchie" renvoie au fait qu'il y a une reine qui existe et est présente, mais elle n'a absolument aucun rôle politique autre que donner symboliquement le pouvoir au premier ministre et à son gouvernement. Toi qui insiste tant sur la différence entre régner et gouverner, tu comprends sans doute qu'elle règne peut-être mais ne gouverne en rien. Celui qui gouverne, c'est le gouvernement, à savoir le premier ministre et ses ministres. Le terme "monarchie" ne fait que renvoyer au fait que le Parlement a été institué dans un régime monarchique, tout comme le Parlement en France a été institué dans un régime républicain (d'où le terme de République). Mais la différence majeure, c'est que le représentant de la République chez nous est au gouvernement, et à sa tête : il est le Président de la République. Dans le cas du Royaume-Uni, la reine n'est pas à la tête de ce gouvernement. Le régime du Royaume-Uni a beau porter le nom de "monarchie", il n'en a absolument pas le fonctionnement. De même, l'URSS avait beau se nommer "démocratie populaire", elle ne l'était pas, loin de là.
  6. Je te taquinais Je n'irai pas dire que nous sommes deux camps faisant face. J'espère bien que ce n'est pas si simple ! Le rapport que tu considères évident ne l'est pourtant pas. Il existe des matriarchies, ce qui montre que la domination de l'homme ne va pas de soi. De même, dans la nature, le mâle ne domine pas forcément (et en fait, assez rarement). Mais effectivement, ça a été le cas chez nous, même si ce n'est pas si simple encore. Les reines n'ont pas été que des soumises, et il y a eu des reines à la place des rois aussi. Oh, si quelqu'un t'as attaqué sur ton orthographe, ce n'est pas moi. La seule chose que j'ai faite, c'est de demander l'ajout du "s" dans le titre parce que ça me troublait particulièrement à chaque fois que je venais. Mais je ne l'ai pas annoncé (en fait, les modérateurs corrigent en général les titres) et ne te l'ai pas reproché nul part. Mais il me semble que quelqu'un a parlé plus tôt dans le sujet de ton orthographe qui est ce qu'elle est. Je n'irai pas t'attaquer là-dessus, ce serait trop bas. Qu'est-ce que j'attends, moi ? Mais tu sais, pour ma part, je ne vois que des Français. Il peut être noir, jaune, violet, ou je ne sais quoi, il est Français. En fait, je suis même plus large : il est humain. A partir de là, qu'importe sa situation, il a le droit à mon respect. Parler de droit est quasiment une insulte. Ca devrait aller de soi. Je ne crache sur personne, à côté de ça. Je ne suis pas de gauche et n'ai pas voté Hollande, si là est ton propos. D'autre part, je ne méprise personne. Je respecte autant celui que tu appelles "immigré" que celui qui se dit "nazi". En revanche, dans le deuxième cas, je ne peux pas respecter l'idéologie que la personne défend. Mais je ne fais pas l'amalgame entre la personne et ses idées. C'est pour cette raison d'ailleurs que je trouve que les attaques personnelles n'ont pas leur place dans un débat, quel qu'il soit. Enfin, j'ai pu remarquer sur un autre sujet ne pas entrer dans la définition du "Français de souche". A écouter la définition de cette personne, je serais en fait un étranger alors que je suis né en France, mais dans une région qui accueille des particularités. D'où ma question de la définition du "Français de souche". Je tiens quand même à souligner le fait que tu supposes que je méprise ces "bons Français". Je te défie de le prouver. Accepter celui qui ne viendrait pas de chez nous n'implique pas que tu méprises celui qui y est déjà. Mais non, les Français de souche ne sont pas les seuls à faire tourner ce bon vieux pays. Désolé de devoir te l'annoncer.
  7. Sans chercher à défendre le féminisme, il s'explique par le fait que la femme a longtemps été soumise à l'homme. Son émancipation passe du coup par une expression plus forte. Mais les masculinistes existent néanmoins. Je ne sais pas s'il y en a un parti, je ne me suis jamais posé la question. Mais ça existe. Et quel est le rapport de force naturel ? L'homme domine la femme ? La femme devient homme, l'homme devient femme, du coup ? J'attends de voir. Et effectivement, un "français de souche", c'est assez curieux comme expression. Déjà, parce qu'il s'agirait de le définir, notamment dans ses limites. Ensuite, la religion d'Etat, il y a bien longtemps que ça n'existe plus. Plus d'un siècle maintenant. A raison, d'ailleurs. Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, ne m'intéressant pas plus que ça à sa personne, mais je te remercie de tirer dans les pieds de celui qui défend globalement ta position depuis le début :D
  8. Par définition, si. La monarchie est le pouvoir mené par une personne, la démocratie par tous. Je vois mal comment tu peux avoir un homme qui gouverne et tout le monde qui gouverne en même temps. S'il existe des rois dans certains pays, et s'ils règnent, ils ne gouvernent pas, comme tu l'as dit (il me semble que c'est toi, en tout cas). Or, la monarchie qui ne gouverne pas n'est pas une monarchie comme nous en parlons au départ, à savoir avec le droit de gouverner. Le nier reviendrait à nier la justesse du titre et du sujet global qui veut que la monarchie gouvernerait mieux que la démocratie qui n'en est pas vraiment une.
  9. Ah mais la politique n'est pas rose, non. Il faudrait être naïf pour le croire. Et effectivement, ils ne se font aucun cadeau. Maintenant, je n'irai pas jusqu'à penser que Dieudonné est une pauvre victime innocente. Il l'a quand même bien cherché, dans l'histoire. Et il continue à chercher, avec la création de son parti co-dirigé avec Soral. Entre nous, un parti qui se veut à la droite de l'extrême droite, je trouve ça très limite. Ca défend encore moins l'hypothèse de la pauvre victime.
  10. La IVeme République a ses réussites, mais globalement, elle n'en est pas une, et notamment à cause de la faiblesse de ses institutions au départ. Si nous sommes en sommes là où nous en sommes, c'est-à-dire dans une Vème République avec un pouvoir exécutif fort, c'est parce qu'il a été jugé préférable à l'époque de mettre un exécutif fort capable de régler les problèmes qui existaient à cette époque et que la IV ème République n'arrivait pas à régler. On en revient à la question de l'efficacité. Nous ne sommes pas dans un pays dirigé par un premier ministre ou un président du conseil, même si le président du conseil est une fonction qui a existé fût un temps chez nous aussi. De même, il ne faudrait pas idéaliser l'extérieur sous-prétexte qu'à l'intérieur cela semble moins bien aller qu'ailleurs. La période à la proportionnelle en France (la IVème) a connu une réussite mitigée à côté de la IIIème, qui reste la plus longue, et de la Vème qui, malgré ses faiblesses, comme il en existe partout, parvient à survivre. D'autre part, la proportionnelle a la faiblesse de favoriser les grands partis au détriment des petits, sauf à considérer strictement que chaque vote fait une voix et permet un siège (ce qui, même dans le cas allemand, n'est pas vrai). Or, il existe des effets de correction qui mettent à mal ce fait-là. Ce n'est donc pas parfait non plus. Le débat pourrait se poser sur d'autres faiblesses : est-ce que deux Assemblées, dont l'une est votée par seulement une partie de la population, est réellement démocratique ? Ne serait-il pas plus démocratique de faire comme la Serbie, avec une Assemblée élue directement par le peuple et un couple Président-vice Président élu également par ce même peuple ? Est-ce qu'un système représentatif quelconque est réellement démocratique ? Si le peuple élit effectivement ces personnes, il ne prend pas les décisions. Ce n'est donc pas parfait non plus. En fait, cette quête de l'idéale démocratie est aussi illusoire qu'inutile : il faut une dose certaine de démocratie, mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas la seule question en jeu. Quelque chose de parfait démocratiquement, mais qui ne fonctionne pas, cela ne mène à rien. Prenez la République de Weimach, vous avez votre exemple.
  11. Si par corrompu on entend uniquement le fait de soudoyer par de l'argent, c'est en effet difficile. Mais la corruption ne se limite pas à cela. Tu peux corrompre quelqu'un par l'influence que tu as sur lui : là, tu as déjà l'exemple de Charles IX qui, sous influence de sa mère et de ses conseillers, a lancé le massacre de la Saint-Barthélémy. Corrompre quelqu'un est plus large que simplement le soudoyer. De même, il ne faut pas croire que le roi est une entité isolée en son royaume : il reste un humain, capable d'être influencé et manipulé. Maintenant, vous me faites dire ce que je n'ai pas dit : je n'ai pas dit que les rois sont corrompus par de l'argent. En revanche, ils ont largement corrompu, et cette fois-ci, avec de l'argent. Donc oui, la corruption du gouvernement (ou d'Etat, qui correspond mieux à notre période) n'est pas un fait tout à fait nouveau, loin de là.
  12. Tout comme il est simple de comprendre que le vote à la proportionnelle est certes plus démocratique, mais bien moins efficace. Pour gouverner, il te faut une certaine marge de manoeuvre. Donc effectivement, si nous avions cinq partis à 20%, donnant du coup à 20% de représentants de chaque parti pour parfaitement représenter les Français, ce serait démocratiquement mieux. Mais je demande à le voir, ce gouvernement. Il faut une certaine homogénéité pour faire tourner un minimum la machine, même si cela déplait du coup à une partie des gens. Nous pourrions aussi nous plaindre de notre non entière liberté, ce que certains font : ne pas avoir le droit d'exprimer des idéologies considérées comme intolérantes est une privation de liberté, en tout cas pour la personne qui le fait. Mais ce n'est pas dans l'intérêt général de laisser faire cela. Alors oui, la démocratie n'est pas idéale. Mais a-t-elle à l'être ? Si le but est de témoigner parfaitement des tendances qui existent, oui. Si le but est de tendre vers quelque chose qui peut agir, ou avoir au moins la possibilité théorique de le faire, non. Non, parce que je vois très mal toutes les grosses tendances politiques actuelles se mettre d'accord histoire de faire avancer les choses.
  13. Et c'est vrai que les gens aux extrêmes sont évidemment moins corrompus par rapport aux autres. C'est vrai aussi que, parce que dans la "guerre politique" entre les partis, certains caricaturent la situation avec des termes comme "umps" pour mieux se faire valoir, la chose est évidemment vraie. Je tiens quand même à te préciser que les gouvernements sans aucune corruption (que l'individu soit seul ou non) sont assez rares, ce qui contredit d'autant plus l'idée d'un roi parfait qui voudrait le bien de tous. Si Montesquieu a proposé de séparer les pouvoirs à cette époque-là, ce n'est pas pour rien. Et ton deuxième paragraphe, comme je le comprends, est terrifiant. Tu es en train de nous dire que De Gaulle a été viré par les enfants de ceux qui ont inventé des termes aussi divers que laïcité, féminisme et judéochrétien ? Autrement dit, que c'est un complot ?
  14. C'est quoi, la démocratie, pour toi ? Il a inventé l'Europe ? C'est vrai que tous les européens étaient à ce point heureux de l'être, européens, qu'ils se sont battus jusqu'à dégager Napoléon Ier de sa place. S'il a mis toutes ces choses dans ces pays, c'était pour mieux les soumettre et, surtout, pour entretenir ses troupes pour ses guerres. Si l'acte peut être salué, l'intention réelle ne l'est pas. Du coup, l'acte ne l'est plus vraiment.
  15. On parle bien du mec qui a persécuté les protestants et les juifs ? Qui se prenait pour un Dieu ? Qui n'a pas cessé de faire la guerre à tout le monde, ce qui a coûté bien cher à la France (et donc à son peuple, qui évidemment finance ces guerres)? Je préfère garder mon Président imparfait et ses institutions imparfaites. Et si j'ai bien appris une chose en m'intéressant à l'Histoire, c'est que le nationalisme, même patriote, n'a pas que des vertus, loin de là.
  16. Je ne suis pas nostalgique des guerres et des maladies. Mais pour le coup, nous saurions ce que c'est, de payer des impôts. Sauf à être parmi les nobles. Remarque, les riches ne meurent toujours pas sous les impôts et le gouvernement penserait toujours qu'à soi, à en écouter certain. Vous êtes sûr que nous ne sommes pas encore au temps des monarchies? Mais les rois éclairés, va falloir m'en citer. Loin de là, effectivement.
  17. Jedino

    Equilibre

    Une telle structure donne une musicalité très étrange, saccadée. Comme si un message devait passer mais avait du mal à être transmis. Comment ne pas penser aux situations classiques de film où le message d'un personnage ne passe pas alors qu'il tente de le communiquer à quelqu'un ?
  18. Hahaha ! Je suis le 15eme plus gros posteur du forum, il me semble. Les spécimens sont donc assez rares. Mais fût un temps, il existait un "Ray" avec dit fois plus que ça ;)

  19. - Ca mord, chez toi ? - Ah non ! C'est mort de chez mort. - On doit pas avoir de bol, aujourd'hui. Tu te souviens, l'autre jour, quand tu as eu la Peur ? J'ai bien cru qu'il allait nous sauter dessus. Féroce, la bête ! - Ouai, je me souviens très bien. Paraît que quelqu'un a déjà chopé la Liberté. T'imagines ?! Mais j'y crois pas franchement. - Raconte pas n'importe quoi ! T'as vu le mec tout comme moi, quand il s'est pointé dans le village. Un foutu chanceux, moi j'te l'dis ! - Ouai. Ils continuent dans cette ambiance de camaraderie. Se pointe alors le troisième. - Salut les mecs ! - Salut ! T'as pris quoi comme hameçon, toi ? - Alors ça ! Vous n'allez pas y croire. Vraiment ! J'ai du lourd. Du très, très lourd. Si j'ne rentre pas avec la Patience ce soir, je suis bon pour arrêter ! C'est que je suis mauvais, foutrement mauvais. - Arrête donc ton suspens ! - Attendez, je vous sors ça. C'est bien mieux sous les yeux. Il s'installe à la droite des deux autres. Il sort ensuite une boîte de son sac, boîte qu'il ouvre et qu'il tourne en direction de ses amis. - Ma parole ! - Bonté divine ! - Eh ouai ! Je vous avais prévenu. - Mon Dieu, tu sors ça d'où ? Admets-le, tu l'as fauché ! - Même pas ! Je l'ai hérité. Un parent éloigné qu'est mort, apparemment. J'ai reçu ça par colis, ce matin. - Divine bonté ! Installe-toi, vite ! Faut qu'on voit ça en action. Et il lance effectivement sa canne à pêche au loin, dans l'étendue noire de la Connaissance, nom du lac dans lequel nage tout ce qui se sait ou se ressent. Si ces savoirs ne peuvent s'échapper du lac, l'intrusion d'une canne crée une opportunité de sortie à ces choses, choses dont l'aspect change selon sa nature : avec l'évolution, les plus terribles cherchent à se faire discrètes et se confondent parfaitement avec la couleur du lac, tandis que les meilleures sont d'une éclatante blancheur. Parfois, elles se font visibles à travers le milieu aqueux dans lequel elles se déplacent. Mais l'essentiel de ces choses sont d'un gris banal, synonyme d'aucune anecdote à conter par la suite. L'Espoir attend sagement au gré des vaguelettes. Tous les trois observent ce qu'ils espèrent qu'il va se passer. - Ca mord ! crie le premier. Ca mord ! - Remonte-le, ajoute le deuxième. Et le premier tire hors du lac un petit spécimen. A la couleur, ils comprennent que ce ne sera jamais plus qu'un autre Evenement Quotidien. De quoi s'occuper un peu, rien de plus. - Fais pas cette tête, dis le troisième. Vaut mieux ça que que dalle. Mais là, ce sont les deux autres qui semblent avoir attrapés quelque chose. Chacun se démène pour maîtriser sa prise et la remonter à la surface, bien à terre. Le deuxième parvient à l'extraire, le troisième une seconde après aussi. Une fois au sol, ils restent tous les trois encore étonnés : si la prise du troisième, la Sérénité, est d'un beau blanc, la couleur du deuxième est étrange. Jamais personne n'avait entendu parler d'une pareille chose. Ni blanche, ni noire, pas davantage grise : elle est d'un magnifique jaune or. - Faut qu'on aille montrer ça aux autres ! suggère le premier. - Ah non ! Hors de question. Elle est à moi, je ne compte pas la partager. Pas même du regard. D'ailleurs, je vais la ranger. - Non, attends ! réagit le troisième. Si tu ne nous laisses pas en profiter nous aussi, nous l'annoncerons à ta place. - Tu n'oserais pas ? Me faire ça à moi ?! - Tu es tout à fait prêt à nous la confisquer, toi ! - Arrêtez ! crie le premier. Ils se taisent tous. Songent. Réfléchissent d'un côté à comment le garder sans la partager, de l'autre à la prendre. Enfin, le propriétaire de la chose trouve une solution. - Je sais comment régler le problème. En échange des moments que vous passerez à l'admirer, vous me payerez de quelques prises chacun, et à chaque fois. Ils retournent chez eux. La nouvelle se propage rapidement. Et plus rapidement encore, du monde s'invite devant sa porte en l'attente de pouvoir, à son tour, prendre plaisir à regarder l'objet tant convoité. Ainsi, le deuxième est devenu d'une richesse incomparable. L'intérêt grimpant, la splendeur des objets cédés aussi, accumulant de plus en plus de choses d'un blanc pur. Personne, pourtant, ne s'est préoccupé de quoi est faite la chose : seule son allure a compté. L'Illusion a donc, par son évolution, gagné le monde.
  20. Disons qu'après 22 heures, j'ai tendance à ne plus réussir à faire dire à mes doigts ce qu'ils doivent socialement dire ! Du coup, ils se mettent à dire la vérité.

  21. Il faut bien un péage quelque part !

    Eh bien, moi, je te souhaite de ne pas devoir t'arrêter trop tôt.

  22. konnard de temps ! Voilà qu'il est temps de te souhaiter de ne pas crever trop tôt.

  23. Il était une fois un couple heureux. Ne voyez point de l'ironie de ma part, je ne suis là que pour conter. Ils eurent évidemment beaucoup d'enfants, bien assez pour qu'ils s'en soient satisfaits. Beaux, jeunes, éduqués comme il convient : tous étaient parfaits, à leurs façons. De qualités, ils ne manquaient pas. Mais quoi qu'heureuse, cette sympathique famille restait modeste : les acquis ne devenaient pas religion. Mais comme les histoires qui devraient se finir avec la joie et le sourire, il y arrive toujours le pire. Qu'est-ce à dire ? Sinon que tout soleil qui avance doit se coucher. Tout comme mes yeux qui, eux, sont fatigués. J'allais d'ailleurs débuter à raconter ce qui doit l'être, quand l'envie de trouver une idée s'est égarée. Où ? Je ne le sais. Qu'importe ! Voilà que l'inutilité me gagne, et que je la transmets. Parle. Parle. Les feuilles tombent. L'automne se promène. Promène-toi. Et tout ira. Oui, tout ira. Vers un après. Un après coloré. Et ils continueront à aller comme il faut, à poursuivre dans cette existence chaque chose qui, jusqu'ici, leur a apporté du plaisir. Allons ! Allons ! Un peu d'entrain ! Il est l'heure de se coucher, à demain.
  24. Il était un nain qui, habitant sur les lunes, Y verdissait gaiement courgettes, pommes et prunes. Voyageur de l'univers, il était chez lui Partout. Serait-ce donc son lointain monde qu'il a fui ? Nul ne le sait. Mais, quand il a ici fini De donner la vie, il retourne à l'infini Retrouver un ailleurs qui l'attend en dormant. Car, si en partant la paix y règne en chantant, Ce n'est bien là que le temps de le voir allé. Rapidement, le chaos s'y est installé : Les fleurs luxuriantes donnent de larges ronces Et les plaines se recouvrent des pierres ponces. A son grand retour, l'ordre alors réapparaît. Elle est, pour sa visite, ce qu'elle paraît, Cette lune où tout ne fait jamais que sembler. Tout le long, elle ne cessera pas de trembler Que son terrible secret ne soit découvert. Triste vérité ! Que celle cachée en vert. Une journée et le voilà déjà reparti, Ce nain qui a aimé vivre et s'est dégarni Pour offrir aux autres une simple heure éphémère, Heure sur laquelle il veille telle une mère. Il est, cependant, joué par ses protégés Qui, en son absence, se sont désagrégés. D'abord une, elle chemine vite vers des plusieurs Où les tensions précèdent toutes les terreurs.
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