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Écrire un premier roman


Guillaume_des_CS

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Tequila Moor Membre 16 701 messages
`,
Posté(e)
il y a 4 minutes, Guillaume_des_CS a dit :

Tu énonces, comme elle, une vérité... Vos vérités vous appartiennent ; je ne vois pas de différence (entre vous, tu ne fais qu'inverser sa proposition, mais au final... tu fais la même ! Ensuite, tu argumentes "ta" vérité...) ; quant à moi, qui n'en ai pas (de vérité)... je reste dans mes limbes. 

Maintenant, essaye seulement d'imaginer que, comme moi, TU voudrais écrire ton premier roman. Ce qui m'aiderait vraiment, c'est de savoir comment TU t'y prendrais en regard de cette considération du "sens" de l'acte de l'écrire ? (ou quelque chose de proche...) Pourquoi (et non "comment", et non "dans quel but", et non "pour justifier quoi", etc.), juste... le sens... d'écrire ?...

Pourquoi l'écrivain écrit-il ? (Ici, l'écrivain est romancier, et il écrit son premier roman...)

STP : Tu l'auras compris, j'en suis sûr : je ne pose pas la question au premier degré...

Ah non, je ne t'assénais aucune vérité : la vérité ne m'intéresse pas, car elle m'est inconnaissable. Je réutilisais juste tes mots, et te filais une recette pratique au passage, au cas où tu décides de suivre la voie que ton amie t'a indiquée.

Sinon l'écrivain écrit parce que ça donne un sens à sa vie, parce qu'il croit qu'il a quelque chose à apporter au monde, tout du moins à la portion du monde qui a suffisamment de temps libre pour s'adonner à ce loisir étrange qu'est la lecture. Loisir dont Georges Perros disait : "aimer lire est une passion, un espoir de vivre davantage, autrement, mais davantage que prévu". Donc écrire serait apporter une façon de vivre autre via l'écriture, coucher de la vie supplémentaire sur le papier ou le pixel, afin de l'offrir aux lecteurs. Et l'écrivain fait ceci avec soin, en pensant que c'est une des choses les plus importantes qu'il puisse faire. Sinon il fait autre chose.

Cependant, il y a aussi les gens qui veulent écrire parce que c'est une activité valorisée dans leur milieu culturel : dans ce cas, l'envie d'écrire ne leur est pas propre, ils sont juste sous influences. Ils peuvent écrire quand même, bien entendu : sans apporter du sens à leur vie, ça leur apportera une occupation en attendant la mort. C'est pas mal aussi.

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
il y a 4 minutes, Tequila Moor a dit :

Ah non, je ne t'assénais aucune vérité : la vérité ne m'intéresse pas, car elle m'est inconnaissable. Je réutilisais juste tes mots, et te filais une recette pratique au passage, au cas où tu décides de suivre la voie que ton amie t'a indiquée.

Sinon l'écrivain écrit parce que ça donne un sens à sa vie, parce qu'il croit qu'il a quelque chose à apporter au monde, tout du moins à la portion du monde qui a suffisamment de temps libre pour s'adonner à ce loisir étrange qu'est la lecture. Loisir dont Georges Perros disait : "aimer lire est une passion, un espoir de vivre davantage, autrement, mais davantage que prévu". Donc écrire serait apporter une façon de vivre autre via l'écriture, coucher de la vie supplémentaire sur le papier ou le pixel, afin de l'offrir aux lecteurs. Et l'écrivain fait ceci avec soin, en pensant que c'est une des choses les plus importantes qu'il puisse faire. Sinon il fait autre chose.

Cependant, il y a aussi les gens qui veulent écrire parce que c'est une activité valorisée dans leur milieu culturel : dans ce cas, l'envie d'écrire ne leur est pas propre, ils sont juste sous influences. Ils peuvent écrire quand même, bien entendu : sans apporter du sens à leur vie, ça leur apportera une occupation en attendant la mort. C'est pas mal aussi.

Whaoo ! Merci. 

Mais... je savais déjà tout cela, tout. En "gros", tu m'expliques la réponse que fait l'individu "écrivain" à la question fondamentale qu'il se pose de la métaphysique de sa propre existence, non? Mais MA question est : pourquoi ? 

Autrement dit : pourquoi ce besoin absolu d'écrire ? 

Donner un sens à ma vie ? Je sais que c'est impossible. Croire ? Je sais que c'est illusoire. "Apporter au monde" ? Je sais que "le monde est illusion". La "lecture" ? Je sais que je ne lis que moi-même (Proust, ci-devant...). Etc.?

Non, non... Cher Tequila Moor, il y a autre chose qui nous échappe ici...

OK, regarde : dans ma prochaine réponse à mon amie, j'ai mobilisé Céline, Yourcenar et Romain Gary. (Je te jure bien, sur mon honneur d'écrivain, que pour l'instant, tous trois pataugent à l'égal de moi-même...)
Comment les rapproches-tu de tes affirmations ? Tu vas très vite voir, je crois, que c'est impossible. Ne sont-ils pas, pourtant, tous trois et chacun d'eux... Écrivains ?

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
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Il y a 1 heure, Guillaume_des_CS a dit :

J'essaie d'écrire mon premier roman. 

Une amie (bienveillante donc), me dit : « ...qu'il n'est d'écrivain que celui qui "mérite d'être payé pour être lu" ! »

Aidez-moi à lui répondre, svp.

(Moi, je ne suis pas d'accord avec elle ; mais en même temps, je dois avouer que je comprends son point de vue.)

C'est compliqué de mêler l'art aux finances, normalement le boulot de l'écrivain c'est d'écrire: La vente c'est le boulot de la maison d'édition. Mais reprenons: écrivain c'est à la fois une fonction et un statut. Toi tu le considère comme une fonction, le fait d'écrire fait de toi un écrivain. Et ton amie le considère comme un statut, le fait d'être rémunéré par ses écrits fait de toi un écrivain.

Si vraiment tu veux être taquin, tu lui réponds que cheminot c'est aussi un boulot même si la SNCF n'est pas rentable et qu'elle vit des subventions. Ce n'est pas pour autant un hobby que de conduire des trains. Idem pour pas mal de film de cinéma, des festival... ou Renault, Air France, le Chateau de Versailles...

 

Bref, à toi de voir ce que tu veux, mais au fond de toi tu voudrais être payé pour tes écrits bien évidemment... Le piège c'est de viser le salaire et de compromettre ton art en pensant à d'abord satisfaire tes "clients". 

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
il y a 1 minute, Crabe_fantome a dit :

C'est compliqué de mêler l'art aux finances, normalement le boulot de l'écrivain c'est d'écrire: La vente c'est le boulot de la maison d'édition. Mais reprenons: écrivain c'est à la fois une fonction et un statut. Toi tu le considère comme une fonction, le fait d'écrire fait de toi un écrivain. Et ton amie le considère comme un statut, le fait d'être rémunéré par ses écrits fait de toi un écrivain.

Si vraiment tu veux être taquin, tu lui réponds que cheminot c'est aussi un boulot même si la SNCF n'est pas rentable et qu'elle vit des subventions. Ce n'est pas pour autant un hobby que de conduire des trains. Idem pour pas mal de film de cinéma, des festival... ou Renault, Air France, le Chateau de Versailles...

 

Bref, à toi de voir ce que tu veux, mais au fond de toi tu voudrais être payé pour tes écrits bien évidemment... Le piège c'est de viser le salaire et de compromettre ton art en pensant à d'abord satisfaire tes "clients". 

Merci Crabe fantome,

Hélas, ce n'est pas si simple : elle est écrivaine (publiée et primée déjà deux fois !)... Ce qu'elle me dit vaut de l'or pour moi, je dois bien l'avouer... C'est d'ailleurs ce qui m'amène ici ce soir, pour en parler "entre nous" ? 

Et crois-moi, la SNCF... 

Par contre, la fonction et le statut, je t'avoue que tu m'ouvres un champ de réflexion. La question suivante (la première qui me vient à l'esprit) étant : quelle est leur promiscuité ? 

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
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il y a 11 minutes, Guillaume_des_CS a dit :

Merci Crabe fantome,

Hélas, ce n'est pas si simple : elle est écrivaine (publiée et primée déjà deux fois !)... Ce qu'elle me dit vaut de l'or pour moi, je dois bien l'avouer... C'est d'ailleurs ce qui m'amène ici ce soir, pour en parler "entre nous" ? 

Et crois-moi, la SNCF... 

Par contre, la fonction et le statut, je t'avoue que tu m'ouvres un champ de réflexion. La question suivante (la première qui me vient à l'esprit) étant : quelle est leur promiscuité ? 

Comme le disait Epictète; il y a les choses qu'on maitrise et celle qu'on ne maitrise pas. Ce que tu maitrises c'est ton travail, tes recherches en amont (ça peut être 90% du travail selon les auteurs) et ton style. Je mets dans le style la structure même du roman: de l'accroche, les tensions et les résolutions, jusqu'au final, en plus du phrasé.

Ce que tu ne maitrise pas c'est le gout du public et bien sur celui des éditeurs (ceux là même qui refusé de sortir Harry Potter à l'époque). Du coup tu peux être génial mais incompris, ce qui est la loose parce que c'est comme si on disait que Van Gogh n'est pas peintre parce qu'il ne vend pas ses peintures... c'est ultra anecdotique mais c'est l'idée. 

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
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il y a 44 minutes, Crabe_fantome a dit :

Comme le disait Epictète; il y a les choses qu'on maitrise et celle qu'on ne maitrise pas. Ce que tu maitrises c'est ton travail, tes recherches en amont (ça peut être 90% du travail selon les auteurs) et ton style. Je mets dans le style la structure même du roman: de l'accroche, les tensions et les résolutions, jusqu'au final, en plus du phrasé.

Ce que tu ne maitrise pas c'est le gout du public et bien sur celui des éditeurs (ceux là même qui refusé de sortir Harry Potter à l'époque). Du coup tu peux être génial mais incompris, ce qui est la loose parce que c'est comme si on disait que Van Gogh n'est pas peintre parce qu'il ne vend pas ses peintures... c'est ultra anecdotique mais c'est l'idée. 

C'est amusant que tu cites Épictète, que je hais, évidemment (lis-moi dans la rubrique "philo", tu comprendras...), mais n'ai pu moi-même m'empêcher de le mobiliser dans mon ébauche de réponse à mon amie... D'accord, je le fais autrement ; mais c'est le même esclave... Bien peu habilité, à mes yeux, si philosophe qu'il se proclame (ou que le christianisme le proclame... Car oui...), à me donner leçon de liberté...

N'oublies jamais cependant, qu'Épictète (le philosophe) parle (à mes yeux) comme esclave. 

Dès lors, à nouveau, les inductions de l'idée...

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)
il y a 30 minutes, Guillaume_des_CS a dit :

C'est amusant que tu cites Épictète, que je hais, évidemment (lis-moi dans la rubrique "philo", tu comprendras...), mais n'ai pu moi-même m'empêcher de le mobiliser dans mon ébauche de réponse à mon amie... D'accord, je le fais autrement ; mais c'est le même esclave... Bien peu habilité, à mes yeux, si philosophe qu'il se proclame (ou que le christianisme le proclame... Car oui...), à me donner leçon de liberté...

N'oublies jamais cependant, qu'Épictète (le philosophe) parle (à mes yeux) comme esclave. 

Dès lors, à nouveau, les inductions de l'idée...

J'avais pourtant en tête cette histoire où des barbares avaient assiégé un village de stoïciens, et puis au bout de plusieurs semaines de famille, un villageois sort rencontrer le chef des barbares sous sa tente en train de diner, réchauffé par des braises incandescente. Sans un mot, sans un soupir, le villageois stoïcien plonge ses poings dans les braises jusqu'à ce qu'ils se consument, puis, toujours sans un mot, retourne dans son village. Le chef barbare comprend alors qu'il n'y a rien à attendre des stoïciens... 

Cette liberté a un prix mais je crois au contraire qu'ils sont beaucoup plus libre que nous... mais moins libre que Diogène de Sinope, même si je crois en réalité qu'il n'avait plus de cortex préfrontal et que sa liberté de parole est lié à un accident.

 

Bref, invoquer des stoïciens est toujours intéressant ;) 

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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 111 messages
Forumeur confit,
Posté(e)
Il y a 11 heures, Guillaume_des_CS a dit :

J'essaie d'écrire mon premier roman. 

Un écrivain c’est d’abord une personne qui écrit pour elle-même et qui est seule maître à bord de son projet. C’est un ouvrage de solitaire et de solitude. (C’est la représentation que je m’en fais)

S’il s’agit d’écrire un roman pour conjuguer le verbe paraître à tous les temps, en ce cas mieux vaut ne rien écrire, c’est une mesure de bon sens. Et de plus c’est recommandé pour la santé mentale de celui qui tenterait l’expérience avec objectif-là, qui n’a en fait aucun intérêt pour quiconque.

Toute personne qui écrit s’expose au rejet, à l’ignorance, à la critique, il faut vraiment y croire pour aboutir.

Toute personne qui écrit ne sera pas nécessairement lu.

Bref, c’est le lot des artistes en général, qui sont des êtres sensibles, qui souhaitent ardemment partager leur art et être reconnus comme tels. Convaincu intimement en leur for intérieur, que ce qu’il produise à intérêt supérieur à celui du calcul vénal ou immédiat.

Certains d’entre eux, sont incontestablement écrivain, notamment ceux qui ont suffisamment de talent pour vivre de leur plume. Mais le nombre d’écrivain élu et reconnu de leur vivant, sont une relative exception.

Si vous déduisez au travers mes propos que je n’ai jamais rien écrit de ma vie pour écrire cela, vous avez parfaitement raison ! :D

il y a 3 minutes, Enchantant a dit :

 

 

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

bonjour

n'importe qui peut écrire ce qu'il veut et le faire éditer à compte d'auteur .

quand au succès de son histoire , cela est très relatif .des auteurs ont écrits des choses très valables , mais n'ont eut aucun succés . c'est comme certains films à grandes mises en scènes qui ont étés un fiasco .

des auteurs sans prétentions aucune ont écrit un romans et ont réussit au dela de toutes espérence ?

à part les grands auteurs reconnus qui ont beaucoup de lecteurs qui les suivent , le succés d'un roman ou pas est : de l'écrire et de le publier à compte d'auteur et de le faire connaître sur les sites de diffusions ( les éditeurs s'en occupent .)

ne pas oublier ce proverbe : qui ne tente rien .

bonne journée

 

 

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 496 messages
80ans‚ Talon 1,
Posté(e)
Il y a 13 heures, Guillaume_des_CS a dit :

'il n'est d'écrivain que celui qui "mérite d'être payé pour être lu" ! »

Antiphon le Sophiste disait de même de l'enseignement de Socrate, qui lui a répondu que sa façon d'être payé est celle du prostitué.

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
Il y a 13 heures, Enchantant a dit :

qui écrit pour elle-même

Je n'ai pas lu la suite, mais je vais le faire bien sûr...

Merci déjà. Car il y a un peu de ce que j'aimerais croire... (Salinger va plus loin... Mais je m'en méfie...)

Il y a 13 heures, Enchantant a dit :

Toute personne qui écrit s’expose au rejet, à l’ignorance, à la critique, il faut vraiment y croire pour aboutir.

Toute personne qui écrit ne sera pas nécessairement lu.

Whaoo ! Comme je partage...

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
Il y a 13 heures, Enchantant a dit :

ceux qui ont suffisamment de talent pour vivre de leur plume.

Whaoo ! (again, sorry), tout ce qui précède, c'est moi qui l'ai dit ! Tu n'as fait que l'écrire. (Merci quand même, en passant...)

Mais là, nous nous séparons. Tu rejoins mon "écrivaine" d'amie, sans la justifier, l'expliquer, la démontrer...

Il y a 11 heures, Talon 1 a dit :

Antiphon le Sophiste disait de même de l'enseignement de Socrate, qui lui a répondu que sa façon d'être payé est celle du prostitué.

En Français  maintenant ? (Que je puisse au moins me positionner, moi qui ne suis pas philosophe...)

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)
Il y a 14 heures, Guillaume_des_CS a dit :

En Français  maintenant ? (Que je puisse au moins me positionner, moi qui ne suis pas philosophe...)

Socrate en bon père des philosophes rejette le principe de faire payer pour son enseignement alors que d'autres, les sophistes en l'occurrence, ne se gênaient pas... Ce qui fait qu'aujourd'hui les sophistes ont mauvaise réputation. Du moins en France parce que ça met le doigt sur un bon paradoxe made in France: l'argent, le snober le jour, et l'espérer la nuit.

On sait pas grand chose de la vie de Socrate, tantôt pauvre pour Platon, tantôt radin pour Xénophon, Socrate est connu pour être le philosophe dans sa plus grande pureté, comme si on l'avait créé pour ça. Reste que l'immense majorité des philosophes grecs avaient du temps pour penser, et comme le temps c'est de l'argent, on les suppose riche. 

Cependant ils n'étaient pas riche de part leur art, ils possédaient une richesse qui leur permettait de se livrer à leur art, la philosophie et l'écriture (par laquelle la philosophie est arrivée jusqu'à nous). 

 

J'en profite pour faire une parenthèse sur l'invention de l'écriture qui est né non pas de livrer les philosophies et les poèmes mais pour des besoins "bassement" comptables. Les premiers mots sont destinés au commerce, pour se rappeler qui achète quoi et en quelle quantité... l’expansion du commerce a obligé l'humanité, en défaut de mémoire, d'inventer un système pour chacun se souvienne exactement ce qu'il a commandé: l'écriture. Historiquement l'écriture est associé à l'argent. 

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
il y a 6 minutes, Crabe_fantome a dit :

Socrate en bon père des philosophes rejette le principe de faire payer pour son enseignement alors que d'autres, les sophistes en l'occurrence, ne se gênaient pas... Ce qui fait qu'aujourd'hui les sophistes ont mauvaise réputation. Du moins en France parce que ça met le doigt sur un bon paradoxe made in France: l'argent, le snober le jour, et l'espérer la nuit.

On sait pas grand chose de la vie de Socrate, tantôt pauvre pour Platon, tantôt radin pour Xénophon, Socrate est connu pour être le philosophe dans sa plus grande pureté, comme si on l'avait créé pour ça. Reste que l'immense majorité des philosophes grecs avaient du temps pour penser, et comme le temps c'est de l'argent, on les suppose riche. 

Cependant ils n'étaient pas riche de part leur art, ils possédaient une richesse qui leur permettait de se livrer à leur art, la philosophie et l'écriture (par laquelle la philosophie est arrivée jusqu'à nous). 

 

J'en profite pour faire une parenthèse sur l'invention de l'écriture qui est né non pas de livrer les philosophies et les poèmes mais pour des besoins "bassement" comptables. Les premiers mots sont destinés au commerce, pour se rappeler qui achète quoi et en quelle quantité... l’expansion du commerce a obligé l'humanité, en défaut de mémoire, d'inventer un système pour chacun se souvienne exactement ce qu'il a commandé: l'écriture. Historiquement l'écriture est associé à l'argent. 

Très intéressant. Merci.

Mais je crois que Socrate n'a jamais rien écrit, n'est-ce pas ? Il me semble l'avoir comparé à Jésus quelque part ailleurs... N'est-ce pas d'ailleurs un peu ce que tu fais ? ("...comme si on l'avait créé pour ça.") Moi (Socrate, Jésus, et Guillaume... Hoonn... Comme c'est bon...), je veux écrire ! Un premier roman... 

Et je veux qu'il soit payant ! Ça, c'est sûr.

Par contre, ce que je cherche à comprendre, c'est en quelque sorte si le désir d'enrichissement d'une part, et l'acceptation de la sanction du marché d'autre part, peuvent être des moteurs suffisants pour Écrire. Je les verrais plutôt comme des moteurs auxiliaires... (D'ailleurs, je crois que mon amie a surtout voulu donner dans la provoc... Mais avec les femmes, on ne sait jamais trop, hein ?)

Pour l'écriture, je savais déjà, mais c'est peu connu. (Que je le savais... ;-) Je vais même un peu plus loin que toi : je date la naissance du capitalisme (marchand) à l'apparition de l'écriture. Mais bon, on va sortir de mon sujet là... 

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)
il y a 19 minutes, Guillaume_des_CS a dit :

Très intéressant. Merci.

Mais je crois que Socrate n'a jamais rien écrit, n'est-ce pas ? Il me semble l'avoir comparé à Jésus quelque part ailleurs... N'est-ce pas d'ailleurs un peu ce que tu fais ? ("...comme si on l'avait créé pour ça.") Moi (Socrate, Jésus, et Guillaume... Hoonn... Comme c'est bon...), je veux écrire ! Un premier roman... 

Et je veux qu'il soit payant ! Ça, c'est sûr.

Par contre, ce que je cherche à comprendre, c'est en quelque sorte si le désir d'enrichissement d'une part, et l'acceptation de la sanction du marché d'autre part, peuvent être des moteurs suffisants pour Écrire. Je les verrais plutôt comme des moteurs auxiliaires... (D'ailleurs, je crois que mon amie a surtout voulu donner dans la provoc... Mais avec les femmes, on ne sait jamais trop, hein ?)

Pour l'écriture, je savais déjà, mais c'est peu connu. (Que je le savais... ;-) Je vais même un peu plus loin que toi : je date la naissance du capitalisme (marchand) à l'apparition de l'écriture. Mais bon, on va sortir de mon sujet là... 

Oui, Socrate n'existe que dans l'écriture (encore elle) des autres.

Je crois qu'il faut se méfier des moteurs extérieurs. Le besoin d'enrichissement et de la reconnaissance du public peuvent te conduire à pervertir ton art, au même titre que ce pote qui était toujours en train de coller à la mode pour sortir ses albums... lesquels furent des échecs justement parce qu'il était à la traîne de tout, en suivant, en restant derrière.

 

Est ce que tu penses avoir le talent de l'écriture déjà? Est ce que tu penses avoir le pouvoir de faire sourire, pleurer, rire, angoisser, surprendre, soulager tout en gardant ton lecteur jusqu'au bout, juste avec des mots?

Ensuite, est ce que tu penses avoir le temps et l'énergie pour écrire et ré écrire et ré écrire encore un roman?

Enfin, ta motivation, le thème. Ce que tu voudrais écrire, ce démon qui vit en toi et qui va t'obliger à l'exorciser sur des pages blanches... Est ce que tu as cette motivation? 

 

Ces questions sont pour toi, tu n'as pas à y répondre... Mais si pour toi la perspective d'enrichissement et la reconnaissance sont des moteurs suffisants, ma foi, lance toi. Écris plutôt ton roman au lieu d'écrire ici sur tes éventuelles motivations à écrire ton roman ;) 

 

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Membre, 36ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 174 messages
Mentor‚ 36ans‚
Posté(e)
Le 14/08/2020 à 20:17, Guillaume_des_CS a dit :

J'essaie d'écrire mon premier roman. 

Une amie (bienveillante donc), me dit : « ...qu'il n'est d'écrivain que celui qui "mérite d'être payé pour être lu" ! »

Aidez-moi à lui répondre, svp.

(Moi, je ne suis pas d'accord avec elle ; mais en même temps, je dois avouer que je comprends son point de vue.)

Dans un monde pragmatique, elle a raison.

Mais celui qui écrit n'est pas forcément dans l'optique de faire de l'argent. Bien sûr que si l'argent se pointe ce sera sans doute accepté, mais la motivation pécuniaire n'est sans doute pas la première.

Je ne peux au final que parler de ma propre motivation à écrire, ou celle que je perçois de ceux que je lis ou ai lu. Alors je me mouille! Ecrire, pour moi, a surtout pour vocation d'ordonner mes pensées, les énoncer, leur "donner vie", les extraire de moi pour m'en détacher, prendre du recul et pouvoir ou non y revenir. Ecrire est un façon pour moi d'extraire de moi ce qui ne peut l'être d'une autre façon. Ecrire, dessiner, danser ou "jouer" de la musique a presque le même but chez moi.

Pour ce que je perçois des autres, écrire est un besoin de témoignage. Ecrire procure à l'écrivain un support pour la mémoire, la mémoire de ce qui n'a pu être transmit autrement. Ecrire est souvent le moyen utilisé par ceux qui n'arrivent pas à trouver un seul ou plusieurs interlocuteurs pour être le réceptacle du trésor qu'ils possèdent et dont ils veulent faire don. C'est un acte plus ou moins désespéré car c'est une bouteille lancée à la mer, un cri confié au vent en espérant que l'écho le transmettra et que ce trésor ne sera pas perdu à tout jamais.

Ecrire c'est confier au "monde" un trésor que l'on aurait trouvé. C'est une façon de transmettre en laissant le "monde" décider de qui et combien recevront le trésor. C'est admettre que n'importe qui puisse lire et salir ce trésor, c'est accepter que personne ne lise et qu'il se perde; c'est accepter que la vie d'un lecteur puisse en être bouleversée, ou que ça ne touche jamais personne.

Je me laisse toucher par ce que je lis, c'est pourquoi je lis très peu. Je sais que mes lectures me changent, alors je ne lis que si je suis prête à accepter un changement que je ne maîtriserai pas.

Bon courage pour ton écriture

Ambre

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Membre, Cóínnéóídh mé do bhás, Posté(e)
Mórrígan Membre 14 045 messages
Cóínnéóídh mé do bhás,
Posté(e)

Bonjour Guillaume, 

Pensez-vous que des auteur(e)s tel(le)s que Mary Shelley, Edgar Allan Poe, Emily Dickinson et encore Franz Kafka se soient inquiétés de ne pas être à la hauteur d'un cachet pour être lu(e)s ? Ils ne pensaient ou ne voulaient pas être lu(e)s. 

L'écriture est un moyen d'expression et une catharsis, tout comme la danse, la peinture... Si vous avez quelque chose à écrire, faites-le pour vous, égoïstement. 

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
Le 18/08/2020 à 14:03, Ambre Agorn a dit :

Ecrire, pour moi, a surtout pour vocation d'ordonner mes pensées, les énoncer, leur "donner vie", les extraire de moi pour m'en détacher, prendre du recul et pouvoir ou non y revenir. Ecrire est un façon pour moi d'extraire de moi ce qui ne peut l'être d'une autre façon. Ecrire, dessiner, danser ou "jouer" de la musique a presque le même but chez moi.

Whaoo ! Merci. Tu m'aides beaucoup. Je ne l'avais jamais envisagé sous cet angle. (Je vais y réfléchir...)

 

Le 18/08/2020 à 14:03, Ambre Agorn a dit :

Pour ce que je perçois des autres, écrire est un besoin de témoignage.

Je me retrouve totalement dans le [besoin] de témoigner...

 

Le 18/08/2020 à 14:03, Ambre Agorn a dit :

Pour ce que je perçois des autres, écrire est un besoin de témoignage. Ecrire procure à l'écrivain un support pour la mémoire, la mémoire de ce qui n'a pu être transmit autrement. Ecrire est souvent le moyen utilisé par ceux qui n'arrivent pas à trouver un seul ou plusieurs interlocuteurs pour être le réceptacle du trésor qu'ils possèdent et dont ils veulent faire don. C'est un acte plus ou moins désespéré car c'est une bouteille lancée à la mer, un cri confié au vent en espérant que l'écho le transmettra et que ce trésor ne sera pas perdu à tout jamais.

Bravo ! Comme je t'admire... Je suis en train d'écrire un essai sur le sujet ; j'en suis à peu près à la moitié. Tout (presque...) ce que tu viens de dire en huit lignes y est ! Seulement, moi, il m'a déjà fallu douze pages :( 

Oui, je sais, cela semble contradictoire avec mon premier commentaire ; ça ne l'est pas : je n'ai jamais envisagé d'ordonner et/ou de libérer mes pensées ; dans mon schéma, c'est l'autre partie de mon être que je veux libérer. Cette partie étouffée par la culture que la société des hommes "m" 'a imposée (à mon véritable "moi" donc...). En fait, ton idée m'intéresse vraiment car tu me proposes quelque chose de plus concret, de plus accessible, de plus... "maléable" : me préoccuper de libérer des pensées serait peut-être plus productif... En tout cas ce serait plus facile que libérer un "être" totalement inconnu, et qui, au final n'est pas un être à part entière mais seulement une entité... 

Cependant, nous ne sommes pas si éloignés car évidemment je cherche une définition (de ce qu'est "écrire" et en même temps de ce qu'est l'écrivain) ; donc je peux (dois!) aussi faire très court ; pour l'instant, j'en suis là de ma définition :
"Écrire, c'est tenter de survivre délibérément. Souvent, désespérément.
Et c'est aussi mourir dans chaque phrase pour mieux renaître dans la suivante.
"

Ta réaction à cet essai de définition (non définitive, tu l'auras compris) m'intéresse, tu le sais. Je te remercie d'avance de me la livrer. Après, je t'embrouillerai (amicalement) avec "le génie de l'écrivain" (et de l'artiste d'une manière plus générale). Le "génie" me pose encore problème... (Pas le mien, hein ? Je m'y suis habitué...  ;) )

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
Le 18/08/2020 à 15:57, Léna-Postrof a dit :

Bonjour Guillaume, 

Pensez-vous que des auteur(e)s tel(le)s que Mary Shelley, Edgar Allan Poe, Emily Dickinson et encore Franz Kafka se soient inquiétés de ne pas être à la hauteur d'un cachet pour être lu(e)s ? Ils ne pensaient ou ne voulaient pas être lu(e)s. 

L'écriture est un moyen d'expression et une catharsis, tout comme la danse, la peinture... Si vous avez quelque chose à écrire, faites-le pour vous, égoïstement. 

Chère Léna, quel plaisir de vous croiser ce soir ! 

Hélas, je vais vous décevoir : je ne connais, à peine un peu mieux qu'à peine, qu'Emily (observez que je m'abstiens d'accentuer la majuscule !... Bon dieu, comme c'est difficile d'échapper à ce carcan...) ; bon, Kafka ne m'est pas totalement étranger, je crois... Mais il est si loin... Quant aux deux premiers, non. Je n'en sais rien. Ah ! Si ! J'ai entendu leurs noms je crois...

Cela dit, je pense vous avoir comprise. Dans l'essai que j'écris actuellement (et dont je parle dans mon précédent commentaire en réponse à @Ambre Agorn) , je dis ceci (c'est une sorte "d'infirmation par la preuve d'incomplétude" [je viens de l'inventer ;) , "l'infirmation par la preuve d'incomplétude" ! C'est beau, non ?], ou quelque chose dans le genre...) 

"Mais il y a plus, car ce faisant, j'ai posé une hypothèse : s'il y a salaire, il y a écrivain ; autrement dit : si le travail de "l'écriveur" donne à son auteur le mérite d'un salaire, alors c'est un travail d'écrivain. Ce qui, immédiatement met en lumière que tout travail d'écriture qui ne sert pas salaire à son auteur le prive automatiquement du titre d'écrivain ! Quelque soit par ailleurs la qualité de son travail ? Car ici, c'est bien le salaire qui seul fait qualité, non ? Qu'en advient-il des Brontë (Émilie, notamment), des Melville (Herman) et autres Kafka, qui ne furent célèbres qu'à titre posthume et ne reçurent jamais pécule de leurs œuvres ?"

Quant à la "catharsis", pardonnez-moi chère Léna, mais je ne vous suis pas. Je ne connaissais pas ce mot, je l'avoue. J'ai donc mobilisé ma "bible" habituelle (cnrtl.fr) qui me dit tout un tas de choses... presque contradictoires à mes sens. Dans lequel (de sens) l'employez-vous ? (Je n'ai pas pu le déduire de l'extension aux autres arts que vous suggérez...)

Enfin, pour ce qui est de l'égoïsme de "l'écrivain", regardez comme on se rejoint ! J'écris aussi cela dans le début de la deuxième partie de mon essai

"Vous voulez être romancier ? Il vous faudra payer. L'argent vous aidera peu cependant : le prix est d'une autre nature... Préparez votre esprit à des tourments qu'il ne peut imaginer. Préparez votre corps aussi, car les heures du labeur seront si longues et douloureuses que vous souhaiterez n'avoir jamais pensé. Préparer vos proches ? Vous savez depuis toujours, si vous portez vraiment l'écrivain, que vous n'en avez point. Épargnez-vous donc cette hypocrisie. Concentrez-vous plutôt sur les provisions car vous n'avez que six litres de sang. Il vous en faudra bien davantage pour Écrire..."

 

 

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)

Pour un tueur en série, le meurtre est une catharsis...

Un match de foot pour un supporter...

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