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Ces 25-35 ans qui défie le système capitaliste


Bluehawk

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Membre, NegMarron, 31ans Posté(e)
Bluehawk Membre 2 757 messages
31ans‚ NegMarron,
Posté(e)

Vie active ou vie rêvée ? Pour certains jeunes diplômés sur le point de se lancer dans le monde du travail, le choix est clair. Pour vivre heureux, ils ont décidé de ne pas travailler, ou juste assez pour économiser et satisfaire d’autres envies. Une décision mûrement réfléchie. Et une remise en cause d’un modèle qu’ils jugent obsolète.

«Choisis un travail, une carrière, une famille, une énorme télévision.» Ces épisodes balisés d’une vie bien tracée, magistralement épinglés par Irvine Welsh dans son célèbre roman Trainspotting (Éditions du Seuil, 1996), ne font plus l’unanimité. De plus en plus de jeunes diplômés, issus de tous les milieux sociaux, refusent de s’y conformer. L’idée même d’une voie unique leur donne le tournis, quand eux rêvent de vertige. D’imprévu, d’espace, d’une liberté nouvelle, où l’identité et l’accomplissement de soi se jouent ailleurs que dans le choix de sa profession.

Appelez-les paresseux, rebelles ou marginaux, ils sont pourtant nombreux à s’être impliqués dans de longues et prenantes études pour, une fois sur le marché du travail, être emportés par l’envie d’autre chose. Issus d’une génération à laquelle l’allongement des études a promis un emploi passionnant, confrontés au manque de sens d’un job fatigant, ultraconnecté et chronophage, biberonnés aux discours sur le revenu universel, ces jeunes jouent avec les codes du travail pour mieux le fuir.

L’historien américain James Livingston défend leur position dans son ouvrage au titre évocateur, Fuck Work ! Pour une vie sans travail(Éditions Flammarion, 2018) : «Les jeunes ne me semblent pas cyniques ou désillusionnés, mais idéalistes.» «Et si nous n’étions pas faits pour travailler ainsi», disent-ils ? Immaturité ? Rêve bourgeois ? Utopie pour une jeunesse privilégiée ? Le choix de ne pas travailler ou d’emprunter des chemins sinueux est souvent mûrement réfléchi. De quelle vie rêvent ces jeunes qui bouleversent des codes suivis (ou subis) par leurs parents ? Comment s’en sortent-ils financièrement ? Sont-ils des cas isolés ou est-ce l’amorce d’un mouvement plus large, qui annoncerait une révolution ?

 

«Tu fais quoi dans la vie ?» En France, c’est l’une des premières questions que l’on pose. C’est le règne du je-bosse-donc-je-suis. La preuve que le travail reste un puissant marqueur social. Selon l’Insee, 80 % des Français le considèrent comme l’une des composantes essentielles de l’identité. Mais à 26 ans et après des études littéraires (hypokhâgne, khâgne, une licence en lettres modernes à Paris-IV), Quentin a décidé de s’extraire du monde professionnel : «J’ai regardé ceux qui triment et je me suis dit : "Refuse de faire d’un métier le manifeste de ton existence." Le travail moderne tue la partie onirique, florale, le fantasme. Je pense à mon amie Laura, qui fait du marketing-commerce-communication. Là, on s’aliène, on se fait lobotomiser. Je me rends bien compte que je suis un pur produit de l’individualisme, celui qui n’estime pas devoir redistribuer quoi que ce soit à la société. Et, en même temps, je n’ai pas envie de me donner pour des entreprises qui ne veulent faire que du profit.»

Ce dandy espiègle a trouvé sa forme d’épanouissement : l’oisiveté. Le travail commun l’irrite, les livres l’apaisent. «Il y a toujours quelque chose à lire, à créer, à voir.» Seul dans son petit appartement au centre de Paris, il a pour compagnons Victor Hugo, Antonin Artaud et George Romero. «Mais quand je suis en soirée chez des amis et que tout le monde parle boulot, je suis sur la défensive. Je ressens une honte sociale. Pourtant, j’écris une critique de chaque œuvre que je lis. Je ne fais pas rien !» Si Quentin peut s’appuyer sur ses parents (une mère en politique et un père ingénieur informaticien), ce n’est pas le cas de tout le monde.

 

 

Il faut bien gagner sa vie. C’est ce à quoi s’attellent toutes les jeunes recrues, vissées derrière leur bureau, montrant une motivation à toute épreuve… et qui rêvent d’évasion. Embauchée dans un hebdomadaire national, après des études à puis dans une grande école de journalisme, Marine, 24 ans, constate que sa vie de journaliste est loin de ses attentes. Dans son lycée, l’un des meilleurs de Paris, «la réussite scolaire était valorisée, comme une fin en soi. En classe de seconde, on nous a dit : "Vous êtes l’élite de la nation, tâchez d’être à la hauteur." Puis, je suis entrée dans une formation professionnalisante. En commençant à travailler, j’ai eu des moments de désespérance. Les exigences n’étaient plus seulement intellectuelles mais avant tout de rendement. À une heure du matin, je me demande parfois si je n’ai pas mal placé un guillemet dans un texte.»

Marine travaille sur des outils numériques. «Ils sont devenus indispensables pour répondre aux sollicitations du marché dans un univers hyperconcurrentiel, où l’immédiateté des réponses et l’optimisation des tâches sont primordiales», décrypte le sociologue Thierry Venin, auteur d’Un monde meilleur ? (Éditions Desclée de Brouwer, 2015). Plutôt que d’adapter les technologies au travail, c’est lui qui a dû se plier aux temps technologiques. «Les facteurs de (stress, difficulté à déconnecter…) sont plus marqués chez les jeunes que chez les séniors», poursuit-il. Ce que confirme Marine : «Après une journée sur l’ordinateur, je n’ai pas la force de faire autre chose. Le week-end, je suis épuisée. Je regrette ce sentiment de vide.»

Dans ce contexte, les résultats du Baromètre de l’humeur des jeunes diplômés, publié par le cabinet Deloitte, n’ont rien d’étonnant : ils sont 4 sur 10 à considérer que les compétences qu’ils ont acquises «correspondent rarement» aux attentes des entreprises. Un désenchantement que l’économiste Pierre-Yves Gomez attribue à la financiarisation de l’économie : «Les entreprises visent avant tout le résultat. Le travail est devenu une marchandise comme une autre. En résumé, quand on aime le travail, on n’aime plus travailler.»

Marine croit au revenu universel, versé à tous les citoyens et calculé de manière à couvrir les besoins de base. Elle se projette : «S’il était mis en place, je prendrais six mois par-ci, six mois par-là, pour me retrouver et trouver ma voie.» Aura-t-on vraiment le choix ? Le rapportJobs Lost, Jobs Gained (2017) du McKinsey Global Institute estime que «50 % des emplois ont le potentiel d’être automatisés avec les technologies actuelles.» « Nos scénarios dans 46 pays suggèrent qu’entre zéro et un tiers des activités pourraient être remplacées en 2030. D’ici là, 75 à 375 millions de travailleurs devront changer de domaine», précisent les experts. Une troisième voie s’impose, et ces jeunes sentent l’urgence de la trouver.

Hélène, 28 ans, pousse ce désir de simplicité, d’aventure et de nature à un autre niveau. Originaire d’Apt, un BEP en charpenterie en poche, elle est embauchée en CDI, un emploi qu’elle quitte au bout de quatre années. «Mon employeur était un génie. On travaillait le châtaignier, le bois sec. On posait des toitures en roseaux de Camargue. On construisait des cabanes dans les arbres, des structures d’ombrages…» Pourquoi s’en aller, alors ? Les charges, le loyer, l’essence, les assurances, un salaire de 1 350 euros… la poussent à démissionner. Elle achète un camion qu’elle aménage. «Et là commencent tous mes rêves. Je n’ai plus de loyer, et j’ai réduit mes charges grâce aux panneaux solaires que j’ai installés.» Elle vit de chantiers occasionnels et, le reste du temps, dort au bord d’un lac ou se promène dans la forêt. Elle habite dans une yourte à Montjay, à 1 000 mètres d’altitude. Bilan mensuel : de 500 à 800 euros de dépenses.

Il s’en dégage une «conception polycentrique de l’existence», pour Dominique Méda, philosophe et coauteure avec Patricia Vendramin de l’enquête Les générations entretiennent-elles un rapport différent au travail ? (revue Sociologies, 2010) : «La famille, les relations sociales et amoureuses, les loisirs, l’engagement militant et les amis sont aussi prioritaires que le travail. Les jeunes recherchent une cohérence entre les différents aspects de leur vie, ce qui les amène parfois à préférer l’insécurité. Cette contestation de la place hégémonique du travail peut s’expliquer par différents éléments, dont un niveau d’instruction plus élevé, le refus de reproduire un modèle parental centré sur le travail ou les désillusions liées aux phénomènes de déclassement.»

Dans cet état d’esprit, la vie est un peu plus dure. Hélène vit au gré des saisons. En hiver, ses affaires sont humides, et elle ne sait pas de quoi sera fait demain. «Mais ce n’est rien à côté de la sensation de liberté que je ressens. Lorsque j’ai assez d’argent de côté, je pars au Brésil pour plusieurs mois. Je rentre pour renflouer les caisses et je repars.» Jusqu’à quand ? Jusqu’au premier enfant ? Jusqu’à la quarantaine ? Ces perspectives sont-elles durables, ou une parenthèse enchantée qui offre le luxe d’avoir tout vu, tout parcouru, tout goûté, avant de tomber dans une routine perçue comme assommante ? L’avenir le dira. Ces choix, eux, nous interrogent. Notre modèle est-il à bout de souffle ?

Article ici http://madame.lefigaro.fr/societe/jeunes-et-travail-un-autre-monde-est-possible-260319-164443

 

 

 

 

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)

On peut changer de modèle, ce qui implique de changer aussi les aides et les allocations. Si quelqu'un peut refuser le système alors il doit refuser tout le système, y compris les aides et s'assumer lui même. Être capable de trouver sa propre nourriture et son propre toit. 

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Membre, 52ans Posté(e)
CAL26 Membre 8 010 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)

On est incontestablement dans une période de transition : parce que les technologies récentes modifient le monde du travail et parce que les ressources qui se raréfient (ou qui vont se raréfier) appellent à une décroissance. 

D'un côté la finance qui tend à se débarrasser de la masse des employés, surtout au niveau intermédiaire et qui conserve soit des emplois de conception, d'innovation, de stratégie sur le marché (marketing); soit des emplois sous-payés déqualifiant. Alors les diplômés, de plus en plus nombreux, qui ne sont pas issus des grandes écoles connaissent une frustration grandissante depuis une trentaine d'année.

De l'autre la catastrophe écologique qui arrive à grand pas , qui appelle à la décroissance économique mondiale, et dont les plus jeunes commencent à prendre une réelle conscience (et oui, on leur souhaite tout le bonheur du monde).

Ils ont réellement un monde à réinventer dans les plus grandes difficultés.

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Membre, 75ans Posté(e)
Morfou Membre 64 425 messages
Maitre des forums‚ 75ans‚
Posté(e)

Combien ne font de longues études que pour ne pas y aller, au boulot?

Jusqu'à 25 pris en charge par les parents et la société...ya bon!

Et puis un jour, faut retrousser ses manches...

Et là, c'est une autre paire de manches...:miam:

 

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Membre, Mr.Préfait, 44ans Posté(e)
Mak Marceau Membre 6 548 messages
44ans‚ Mr.Préfait,
Posté(e)

Le problème est surement que quand ils sont jeunes, ils ne savent pas comment avoir de l'argent. Et après, plus vieux ils le savent.

Il faut des forces de l'ordre pour forcer le travail et forcer à ce que tout les travaux soient fait.

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Membre, 80ans Posté(e)
marine10 Membre 3 172 messages
Baby Forumeur‚ 80ans‚
Posté(e)

À force de briser dans mes mains des guitares
Sur des scènes violentes, sous des lumières bizarres
À force de forcer ma force à cet effort
Pour faire bouger mes doigts pour faire vibrer mon corps

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Invité Quasi-Modo
Invités, Posté(e)
Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
Posté(e)

Cette situation était inévitable : il y a une pleine contradiction entre la conjoncture économique dans laquelle il faut se battre toujours plus fort, aller toujours plus vite pour engranger plus de profits, avec un droit du travail qui fond comme neige au soleil et un rapport de force de plus en plus favorable à l'employeur, et d'autre part ce besoin de sens dans son travail, d'être reconnu et respecté.

C'est tout à fait ma génération : la génération millénials en bref :D

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Membre, Beluga-Pangolin, Posté(e)
BELUGA Membre 15 220 messages
Beluga-Pangolin,
Posté(e)

Moi je les comprends, à une nuance près : comme l'a dit plus haut Crabe Fantôme, on va jusqu'au bout et on refuse tout ce qui vient du système: les aides, la sécu,  etc... Pas facile...Sinon, une quête de sens de sa vie, ça paraît logique: la vie ne passe qu'une fois les plats, il faut pas les rater. L'essentiel est de s'assumer . Mais ce qui me gêne un peu dans certains témoignages, c'est qu'ils utilisent malgré tout les facilités de notre monde: celle qui part au Brésil régulièrement pollue en prenant l'avion. Donc elle ne peut se prévaloir d'une vie totalement exempte du système, puisqu'elle participe à la dégénérescence de l' atmosphère. ..

Même s'ils sont sincères et essaient de s'exclure du système, ils sont malgré tout partie prenante et ce n'est pas de leur faute.

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Invité Quasi-Modo
Invités, Posté(e)
Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
Posté(e)
Il y a 7 heures, Crabe_fantome a dit :

On peut changer de modèle, ce qui implique de changer aussi les aides et les allocations. Si quelqu'un peut refuser le système alors il doit refuser tout le système, y compris les aides et s'assumer lui même. Être capable de trouver sa propre nourriture et son propre toit. 

N'a-t-on pas collectivement intérêt à ce que chacun se sente bien sur le poste qu'il occupe ? Tout le monde peste contre ces petits jeunes qui n'ont aucune conscience professionnelle, mais quel intérêt, c'est comme pester contre le mauvais temps sachant que la situation et leurs aspirations ne changeront pas du jour au lendemain. A-t-on vraiment le choix de ne pas changer le système ou n'allons nous pas sinon complètement dans le mur ?

Franchement je ne vois rien de mal à ce que la communauté casque un peu pour aider à trouver sa voie et essayer diverses alternatives. Et je dis ça sans être concerné, puisque j'ai un boulot que j'adore et qui a du sens pour moi, mais justement j'ai trimé aussi pour l'obtenir !

De toute manière avec la robotisation il conviendrait d'entretenir de plus en plus de gens au chômage. Et puis à quoi bon travailler comme un esclave pour le profit de quelqu'un d'autre qui vous tend un chèque minimaliste avec condescendance à la fin du mois sans parfois un brin de reconnaissance ? Je ne peux que comprendre ceux qui sont dans la démarche indiquée dans le premier message.

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Invité Quasi-Modo
Invités, Posté(e)
Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
Posté(e)

Finalement ce qu'on reproche à ces jeunes là c'est de ne pas plier l'échine et se soumettre comme les autres l'ont fait ;)

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Invité Quasi-Modo
Invités, Posté(e)
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Posté(e)
il y a 39 minutes, Quasi-Modo a dit :

Franchement je ne vois rien de mal à ce que la communauté casque un peu pour aider à trouver sa voie et essayer diverses alternatives. Et je dis ça sans être concerné, puisque j'ai un boulot que j'adore et qui a du sens pour moi, mais justement j'ai trimé aussi pour l'obtenir !

Et puis sans forcément aller jusqu'au revenu universel, la gratuité des études supérieures ou des aides spécifiques, voir des formations payées seraient une bonne idée.

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Membre, 126ans Posté(e)
chanou 34 Membre 26 419 messages
Maitre des forums‚ 126ans‚
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Ils s'excluent du système? Vraiment? Combien d'entre eux ont un smartphone et un profil facebook ou twitter? Combien  utilisent les réseaux sociaux?

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

bonjour

je pense que le problème est beaucoup plus grave que cela et que c'est un véritable changement de civilisation qui va et doit s'opérer .

les machines vont , avec l'intelligence artificielle , contrôler et fabriquer presque tout . l'humain ne sera plus nécessaire dans la plupart des cas ( je parle de la grosse masse de mains d'oeuvre ) et ensuite , une partie des techniciens .

la population mondiale augmente trop vite et les gens ne trouveront plus de travail .

en plus , un gros risque pointe le nez à l'horizon : l'informatique deviendra plus rapide et plus intelligente que l'homme en ayant plus de connaissances , personne ne pourra plus la comprendre ?

vision de science fiction ? je ne crois pas , mais plutôt la réalité de demain ?

bonne journée

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)
Il y a 5 heures, Quasi-Modo a dit :

N'a-t-on pas collectivement intérêt à ce que chacun se sente bien sur le poste qu'il occupe ? Tout le monde peste contre ces petits jeunes qui n'ont aucune conscience professionnelle, mais quel intérêt, c'est comme pester contre le mauvais temps sachant que la situation et leurs aspirations ne changeront pas du jour au lendemain. A-t-on vraiment le choix de ne pas changer le système ou n'allons nous pas sinon complètement dans le mur ?

Franchement je ne vois rien de mal à ce que la communauté casque un peu pour aider à trouver sa voie et essayer diverses alternatives. Et je dis ça sans être concerné, puisque j'ai un boulot que j'adore et qui a du sens pour moi, mais justement j'ai trimé aussi pour l'obtenir !

De toute manière avec la robotisation il conviendrait d'entretenir de plus en plus de gens au chômage. Et puis à quoi bon travailler comme un esclave pour le profit de quelqu'un d'autre qui vous tend un chèque minimaliste avec condescendance à la fin du mois sans parfois un brin de reconnaissance ? Je ne peux que comprendre ceux qui sont dans la démarche indiquée dans le premier message.

Pourquoi je voudrais me faire chier au boulot pour qu'un mec s'amuse à faire le tour du monde sur mon dos ? Si les entreprises veulent payer une taxe sur la rentabilité de leurs robots, welcome. Mais tu ne peux pas demander de préserver un système qui t'arrange tout en te débarrassant du même système qui te dérange. 

Notre solidarité se fait pour réduire la détresse de nos compatriotes. Elle n'a pas vocation à leur offrir des loisirs. Le système est ainsi fait mais on peut revoir le système si tu m'expliques comment moi aussi je peux arrêter de travailler et vivre mieux. Moi et 80% de la population... Je dis 80% parce-qu'on a tous un prix qui fait qu'on arrêterait de travailler. T'adore ton travail et c'est cool mais si je te proposes 5000€ mensuel pour te lever à midi, bouquiner au soleil et finir ta soirée à jouer de la musique, tu poseras ta démission.

Aujourd'hui le travail n'est pas une option, c'est une condition de survie. Et je n'imagine pas le retour de l'esclave pour forcer des gens à vider mes poubelles, m'envoyer de l'électricité, réparer ma chaudière ou fabriquer de la nourriture et me la faire parvenir... Le jour où les robots le feront je signe des 2 mains et je rend grâce à la technologie... Aujourd'hui c'est mort. 

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Invité Quasi-Modo
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Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
Posté(e)
Il y a 1 heure, Crabe_fantome a dit :

Pourquoi je voudrais me faire chier au boulot pour qu'un mec s'amuse à faire le tour du monde sur mon dos ?

Tu le fais bien (te faire chier au boulot) pour que des hauts dignitaires, banquiers et financiers fassent la même chose : se dorer la pilule et jouer de la musique du matin au soir ... sauf que là ce serait vraiment d'utilité publique. Tu me demandes pourquoi, alors que la question serait plutôt pourquoi pas, d'autant plus que la robotisation guette et que si plus personne ne veut tirer la charrette et bien elle n'avancera plus. Je soupçonne d'ailleurs l'afflux d'immigrés d'être en parti voulu pour cette raison ; pour que la charrette continue d'avancer, tirée par des gens qui fuient la misère, contre ceux qui aspireraient à des idéaux plus nobles.

Il y a 1 heure, Crabe_fantome a dit :

T'adore ton travail et c'est cool mais si je te proposes 5000€ mensuel pour te lever à midi, bouquiner au soleil et finir ta soirée à jouer de la musique, tu poseras ta démission.

Tout bien réfléchi je ne suis même pas certain que ça soit vrai. Ou alors c'est que le boulot qu'on fait n'a pas vraiment le sens qu'on aimerait y voir mais que ce sont des histoires qu'on se raconte. C'est une vision pessimiste de l'humain tout de même : si nous n'étions pas contraints par la société à travailler pour survivre personne ne ferait rien si on t'écoute. Pourtant les retraités qui gagnent de l'argent (parfois beaucoup) sans avoir à travailler n'ont jamais été si heureux et ... occupés !

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)
il y a 51 minutes, Quasi-Modo a dit :

Tu le fais bien (te faire chier au boulot) pour que des hauts dignitaires, banquiers et financiers fassent la même chose : se dorer la pilule et jouer de la musique du matin au soir ... sauf que là ce serait vraiment d'utilité publique. Tu me demandes pourquoi, alors que la question serait plutôt pourquoi pas, d'autant plus que la robotisation guette et que si plus personne ne veut tirer la charrette et bien elle n'avancera plus. Je soupçonne d'ailleurs l'afflux d'immigrés d'être en parti voulu pour cette raison ; pour que la charrette continue d'avancer, tirée par des gens qui fuient la misère, contre ceux qui aspireraient à des idéaux plus nobles.

Tout bien réfléchi je ne suis même pas certain que ça soit vrai. Ou alors c'est que le boulot qu'on fait n'a pas vraiment le sens qu'on aimerait y voir mais que ce sont des histoires qu'on se raconte. C'est une vision pessimiste de l'humain tout de même : si nous n'étions pas contraints par la société à travailler pour survivre personne ne ferait rien si on t'écoute. Pourtant les retraités qui gagnent de l'argent (parfois beaucoup) sans avoir à travailler n'ont jamais été si heureux et ... occupés !

Ramasser mes poubelles enrichit qui au juste ? Me soigner le dimanche enrichit qui ? Tu crois que c'est fun de foutre son réveil à 4h du matin pour respirer des ordures en te caillant le cul ? Tu crois que les mecs se disent que si ça peut permettre à des gens de rien foutre ou de lire Kant, ça vaut le coup de faire ça pour eux ? 

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Membre, 55ans Posté(e)
kilitout Membre 2 679 messages
Mentor‚ 55ans‚
Posté(e)
Il y a 19 heures, Bluehawk a dit :

Vie active ou vie rêvée ? Pour certains jeunes diplômés sur le point de se lancer dans le monde du travail, le choix est clair. Pour vivre heureux, ils ont décidé de ne pas travailler, ou juste assez pour économiser et satisfaire d’autres envies. Une décision mûrement réfléchie. Et une remise en cause d’un modèle qu’ils jugent obsolète.

«Choisis un travail, une carrière, une famille, une énorme télévision.» Ces épisodes balisés d’une vie bien tracée, magistralement épinglés par Irvine Welsh dans son célèbre roman Trainspotting (Éditions du Seuil, 1996), ne font plus l’unanimité. De plus en plus de jeunes diplômés, issus de tous les milieux sociaux, refusent de s’y conformer. L’idée même d’une voie unique leur donne le tournis, quand eux rêvent de vertige. D’imprévu, d’espace, d’une liberté nouvelle, où l’identité et l’accomplissement de soi se jouent ailleurs que dans le choix de sa profession.

Appelez-les paresseux, rebelles ou marginaux, ils sont pourtant nombreux à s’être impliqués dans de longues et prenantes études pour, une fois sur le marché du travail, être emportés par l’envie d’autre chose. Issus d’une génération à laquelle l’allongement des études a promis un emploi passionnant, confrontés au manque de sens d’un job fatigant, ultraconnecté et chronophage, biberonnés aux discours sur le revenu universel, ces jeunes jouent avec les codes du travail pour mieux le fuir.

L’historien américain James Livingston défend leur position dans son ouvrage au titre évocateur, Fuck Work ! Pour une vie sans travail(Éditions Flammarion, 2018) : «Les jeunes ne me semblent pas cyniques ou désillusionnés, mais idéalistes.» «Et si nous n’étions pas faits pour travailler ainsi», disent-ils ? Immaturité ? Rêve bourgeois ? Utopie pour une jeunesse privilégiée ? Le choix de ne pas travailler ou d’emprunter des chemins sinueux est souvent mûrement réfléchi. De quelle vie rêvent ces jeunes qui bouleversent des codes suivis (ou subis) par leurs parents ? Comment s’en sortent-ils financièrement ? Sont-ils des cas isolés ou est-ce l’amorce d’un mouvement plus large, qui annoncerait une révolution ?

 

«Tu fais quoi dans la vie ?» En France, c’est l’une des premières questions que l’on pose. C’est le règne du je-bosse-donc-je-suis. La preuve que le travail reste un puissant marqueur social. Selon l’Insee, 80 % des Français le considèrent comme l’une des composantes essentielles de l’identité. Mais à 26 ans et après des études littéraires (hypokhâgne, khâgne, une licence en lettres modernes à Paris-IV), Quentin a décidé de s’extraire du monde professionnel : «J’ai regardé ceux qui triment et je me suis dit : "Refuse de faire d’un métier le manifeste de ton existence." Le travail moderne tue la partie onirique, florale, le fantasme. Je pense à mon amie Laura, qui fait du marketing-commerce-communication. Là, on s’aliène, on se fait lobotomiser. Je me rends bien compte que je suis un pur produit de l’individualisme, celui qui n’estime pas devoir redistribuer quoi que ce soit à la société. Et, en même temps, je n’ai pas envie de me donner pour des entreprises qui ne veulent faire que du profit.»

Ce dandy espiègle a trouvé sa forme d’épanouissement : l’oisiveté. Le travail commun l’irrite, les livres l’apaisent. «Il y a toujours quelque chose à lire, à créer, à voir.» Seul dans son petit appartement au centre de Paris, il a pour compagnons Victor Hugo, Antonin Artaud et George Romero. «Mais quand je suis en soirée chez des amis et que tout le monde parle boulot, je suis sur la défensive. Je ressens une honte sociale. Pourtant, j’écris une critique de chaque œuvre que je lis. Je ne fais pas rien !» Si Quentin peut s’appuyer sur ses parents (une mère en politique et un père ingénieur informaticien), ce n’est pas le cas de tout le monde.

 

 

Il faut bien gagner sa vie. C’est ce à quoi s’attellent toutes les jeunes recrues, vissées derrière leur bureau, montrant une motivation à toute épreuve… et qui rêvent d’évasion. Embauchée dans un hebdomadaire national, après des études à puis dans une grande école de journalisme, Marine, 24 ans, constate que sa vie de journaliste est loin de ses attentes. Dans son lycée, l’un des meilleurs de Paris, «la réussite scolaire était valorisée, comme une fin en soi. En classe de seconde, on nous a dit : "Vous êtes l’élite de la nation, tâchez d’être à la hauteur." Puis, je suis entrée dans une formation professionnalisante. En commençant à travailler, j’ai eu des moments de désespérance. Les exigences n’étaient plus seulement intellectuelles mais avant tout de rendement. À une heure du matin, je me demande parfois si je n’ai pas mal placé un guillemet dans un texte.»

Marine travaille sur des outils numériques. «Ils sont devenus indispensables pour répondre aux sollicitations du marché dans un univers hyperconcurrentiel, où l’immédiateté des réponses et l’optimisation des tâches sont primordiales», décrypte le sociologue Thierry Venin, auteur d’Un monde meilleur ? (Éditions Desclée de Brouwer, 2015). Plutôt que d’adapter les technologies au travail, c’est lui qui a dû se plier aux temps technologiques. «Les facteurs de (stress, difficulté à déconnecter…) sont plus marqués chez les jeunes que chez les séniors», poursuit-il. Ce que confirme Marine : «Après une journée sur l’ordinateur, je n’ai pas la force de faire autre chose. Le week-end, je suis épuisée. Je regrette ce sentiment de vide.»

Dans ce contexte, les résultats du Baromètre de l’humeur des jeunes diplômés, publié par le cabinet Deloitte, n’ont rien d’étonnant : ils sont 4 sur 10 à considérer que les compétences qu’ils ont acquises «correspondent rarement» aux attentes des entreprises. Un désenchantement que l’économiste Pierre-Yves Gomez attribue à la financiarisation de l’économie : «Les entreprises visent avant tout le résultat. Le travail est devenu une marchandise comme une autre. En résumé, quand on aime le travail, on n’aime plus travailler.»

Marine croit au revenu universel, versé à tous les citoyens et calculé de manière à couvrir les besoins de base. Elle se projette : «S’il était mis en place, je prendrais six mois par-ci, six mois par-là, pour me retrouver et trouver ma voie.» Aura-t-on vraiment le choix ? Le rapportJobs Lost, Jobs Gained (2017) du McKinsey Global Institute estime que «50 % des emplois ont le potentiel d’être automatisés avec les technologies actuelles.» « Nos scénarios dans 46 pays suggèrent qu’entre zéro et un tiers des activités pourraient être remplacées en 2030. D’ici là, 75 à 375 millions de travailleurs devront changer de domaine», précisent les experts. Une troisième voie s’impose, et ces jeunes sentent l’urgence de la trouver.

Hélène, 28 ans, pousse ce désir de simplicité, d’aventure et de nature à un autre niveau. Originaire d’Apt, un BEP en charpenterie en poche, elle est embauchée en CDI, un emploi qu’elle quitte au bout de quatre années. «Mon employeur était un génie. On travaillait le châtaignier, le bois sec. On posait des toitures en roseaux de Camargue. On construisait des cabanes dans les arbres, des structures d’ombrages…» Pourquoi s’en aller, alors ? Les charges, le loyer, l’essence, les assurances, un salaire de 1 350 euros… la poussent à démissionner. Elle achète un camion qu’elle aménage. «Et là commencent tous mes rêves. Je n’ai plus de loyer, et j’ai réduit mes charges grâce aux panneaux solaires que j’ai installés.» Elle vit de chantiers occasionnels et, le reste du temps, dort au bord d’un lac ou se promène dans la forêt. Elle habite dans une yourte à Montjay, à 1 000 mètres d’altitude. Bilan mensuel : de 500 à 800 euros de dépenses.

Il s’en dégage une «conception polycentrique de l’existence», pour Dominique Méda, philosophe et coauteure avec Patricia Vendramin de l’enquête Les générations entretiennent-elles un rapport différent au travail ? (revue Sociologies, 2010) : «La famille, les relations sociales et amoureuses, les loisirs, l’engagement militant et les amis sont aussi prioritaires que le travail. Les jeunes recherchent une cohérence entre les différents aspects de leur vie, ce qui les amène parfois à préférer l’insécurité. Cette contestation de la place hégémonique du travail peut s’expliquer par différents éléments, dont un niveau d’instruction plus élevé, le refus de reproduire un modèle parental centré sur le travail ou les désillusions liées aux phénomènes de déclassement.»

Dans cet état d’esprit, la vie est un peu plus dure. Hélène vit au gré des saisons. En hiver, ses affaires sont humides, et elle ne sait pas de quoi sera fait demain. «Mais ce n’est rien à côté de la sensation de liberté que je ressens. Lorsque j’ai assez d’argent de côté, je pars au Brésil pour plusieurs mois. Je rentre pour renflouer les caisses et je repars.» Jusqu’à quand ? Jusqu’au premier enfant ? Jusqu’à la quarantaine ? Ces perspectives sont-elles durables, ou une parenthèse enchantée qui offre le luxe d’avoir tout vu, tout parcouru, tout goûté, avant de tomber dans une routine perçue comme assommante ? L’avenir le dira. Ces choix, eux, nous interrogent. Notre modèle est-il à bout de souffle ?

Article ici http://madame.lefigaro.fr/societe/jeunes-et-travail-un-autre-monde-est-possible-260319-164443

 

 

 

 

Donc... déjà pas n'importe quels jeunes...mais des diplômés!! Autrement dit des jeunes capables de penser à moyen voire long terme.

Enfin, avant eux, d'autres moins jeunes ...ont agi de la même façon en "quittant" le monde du "travail" A

 

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Membre, 55ans Posté(e)
kilitout Membre 2 679 messages
Mentor‚ 55ans‚
Posté(e)
à l’instant, kilitout a dit :

Donc... déjà pas n'importe quels jeunes...mais des diplômés!! Autrement dit des jeunes capables de penser à moyen voire long terme.

Enfin, avant eux, d'autres moins jeunes ...ont agi de la même façon en "quittant" le monde du "travail" AVANT "l'âge LEGAL de la ...retraite" (donc percevant une pension avec "décote"...).

Au regard des réactions de nombreux habitants de ce pays sur le sujet des "retraites" bien peu ont réfléchi  au problème INTELLIGEMMENT posé par ces jeunes....et au bout du bout, à dénoncer le système actuel de retraite dit par "répartition" (complètement OB SO LETE!!!!!!! = fabriquer massivement des petits humains pour payer des pensions de retraite aux anciens actifs qui les précèdent...un non sens pour ne pas dire une HONTE!!)

Et HONTE à ceux qui ont imaginé un tel système alors qu'il suffisait de CONSTRUIRE CHACUN/ESA PENSION de retraite PAR SON ....ACTIVITE! Evidemment il FAUT "se bouger" pour cela voire, avoir ENVIE de...se bouger!!

Avis: au- delà de la restau du BTP et de l'imformatique mais...niveau INGENIERIE....

- l'agriculture a besoin de bras et têtes: avant de faire du bio et notamment de la BIODYNAMIE...il faudrait désempoisonner les terres pourries par des décennies de pratiques "dégueu"!

- services aux personnes âgées: partout des offres d'emplois et TRES TRES TRES PEU de...candidats/tes!! Pourquoi?

BRAVO aux jeunes diplômés de l'article!

à l’instant, kilitout a dit :

 

 

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Invité Alf-a-blondi
Invités, Posté(e)
Invité Alf-a-blondi
Invité Alf-a-blondi Invités 0 message
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Le 07/04/2019 à 01:48, Crabe_fantome a dit :

On peut changer de modèle, ce qui implique de changer aussi les aides et les allocations. Si quelqu'un peut refuser le système alors il doit refuser tout le système, y compris les aides et s'assumer lui même. Être capable de trouver sa propre nourriture et son propre toit. 

Ce jour là, prépare toi à te battre et à défendre tes biens rigolo ^^

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Membre, 52ans Posté(e)
Crabe_fantome Membre 47 126 messages
Maitre des forums‚ 52ans‚
Posté(e)
Il y a 1 heure, Alf-a-blondi a dit :

Ce jour là, prépare toi à te battre et à défendre tes biens rigolo ^^

J'y suis autant préparé qu'une invasion extraterrestre... Parce-que j'ai autre chose à faire de ma vie que d'élaborer des révoltes sanguinaires dans ma tête. 

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